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Intitulée « Le dispositif de stations et centres de recherches », cette planisphère stylisée paraît en 1971 dans un document au titre court « Gerdat » mais dont l’éditorial éclaire le contenu « 1945-1970. Un quart de siècle d’activité française en matière de recherche tropicale ». Publié par le secrétaire d’état aux Affaires étrangères, Yvon Bourges, ce document présente, avec de nombreuses et belles photos à l’appui, les activités des instituts qui quinze années plus tard seront réunis au sein du Cirad par Hervé Bichat. © Inra

HERVÉ 14

BICHAT

INGÉNIEUR GÉNÉRAL HONORAIRE DU GÉNIE RURAL DES EAUX ET FORÊTS

ARCHORALES n° 17 > AGRONOMES DU CIRAD

H

omme de passion et de profondes convictions, Hervé Bichat s’est investi dans la recherche agronomique pour le développement d’abord en Afrique puis partout dans le monde. Dans les années 1980, il a été au cœur des changements institutionnels de l’agronomie. Fondateur du Cirad et son premier directeur général, il est ensuite directeur général de l’Inra à un moment historique de la transformation de l’Institut. Au ministère de l’agriculture, il a été un fervent promoteur d’un enseignement agricole lié à la recherche.

Quel chemin professionnel vous a amené à commencer votre carrière en Afrique ? Je suis né en 1938. J’appartiens à une famille de notables lorrains, de Lunéville plus particulièrement. Mon arrièregrand-père, Ernest Bichat, était fils de jardinier, très brillant élève, poussé par ses professeurs. Il est entré à l’École normale supérieure, où il a préparé un doctorat en physique sous la conduite du meilleur ami de Pasteur, Bertin. Comme c’était la coutume à l’époque, Bertin a donné sa fille en mariage à mon arrière-grandpère. C’était pour mon arrière-grandpère une promotion sociale formidable. D’ailleurs, il a eu Pasteur comme témoin à son mariage. Mais pour mon arrièregrand-mère, habituée à vivre dans la haute société parisienne, l’intégration dans une famille modeste et provinciale n’a pas été facile. Après quelques années d’enseignement dans des lycées provinciaux, E. Bichat est revenu en Lorraine pour y exercer en tant que professeur de physique de la faculté des sciences de Nancy. Rapidement, il en est devenu le doyen. Très marqué par la défaite de 1870, il a entrepris de créer des écoles d’ingénieurs, sur le modèle des universités allemandes autour de sa faculté, dans le cadre de partenariat avec les entreprises. Ces écoles constituent toujours la marque du système universitaire lorrain. Son fils, mon grand-père, était chirurgien

et maire de Lunéville. Il est mort prématurément. Mon père, qui au départ souhaitait exercer le même métier que son père, est devenu médecin généraliste parce qu’il n’a pas voulu quitter sa ville natale où aucun poste de chirurgien n’était plus disponible. Il a été députémaire de Lunéville. Je pensais faire carrière également en Lorraine. J’ai choisi le Génie rural car mon grand-père maternel avait un ami, René Brunotte, ingénieur en chef du Génie rural à Nancy. Mon grandpère m’a présenté à cet ingénieur au moment où j’étais un très mauvais garnement. Je ne m’intéressais pas du tout à l’école, j’étais passionné par le scoutisme. Quand j’ai rencontré cet ingénieur, je me suis dit : « C’est intéressant, j’ai envie de faire le Génie rural ». C’était un métier de plein air, un métier d’ingénieur, qui joignait à la fois les aspects techniques et les aspects pratiques, le contact avec les gens... Donc après les études secondaires, j’ai fait « Ginette », c’est-à-dire que j’ai été accepté en classes préparatoires au lycée Sainte-Geneviève de Versailles. Il y avait deux filières pour faire le Génie rural : soit via Polytechnique soit via l’Agro. Sachant que je n’arriverai jamais par Polytechnique, je suis entré à l’Agro et ensuite j’ai fait le Génie rural. J’étais bon élève à partir du moment où je me suis dit : « Je veux faire le Génie rural ».

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