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L’INVENTION DU PROJET CROQUIS D’ARCHITECTURES


SOMMAIRE

Programme p. 3 Introduction p. 4 Regards p.6 Fil de soi p.7 Les architectes p.8 Elvire Bonduelle p.18 Carnets d’Architectes, extraits p.19 À table ! scénographie p. 20 Plan p. 21 Jasper Morrison p. 22 Remerciements p. 23 2


PROGRAMME

L’invention du projet, croquis d’architectures Exposition du 17 mars au 18 avril 2014 Vernissage le 14 mars 2014 à 19h

DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION Conférence - jeudi 10 avril à 19h Marie-Ange Brayer, Directrice du Fonds Régional d’Art Contemporain du Centre (FRAC Centre), Orléans – France Journée d’étude - mardi 15 avril à 10h Avec Gilles Rion et Lucie Hofbauerdu Frac centre, Orléans et Alejandro Scarpa, enseignant. 3


INTRODUCTION

École Spéciale d’Architecture et Fonds Régional d’Art Contemporain du Centre, ensemble Pour la première fois, l’École Spéciale d’Architecture accueille des dessins de la collection du FRAC Centre. Depuis 1992, le FRAC interroge les rapports entre art et architecture à travers l’acquisition de projets d’architectes prospectifs des années 50 à nos jours, enrichie par des œuvres de jeunes artistes français et internationaux. Avant-gardes radicales des années 1960-1970, déconstruction des années 1980 jusqu’à la révolution du numérique, la collection du Frac Centre est constituée aujourd’hui d’un fonds unique attaché à l’idée du processus de conception en architecture. Le FRAC Centre se donne ainsi comme un vaste terrain de questionnements, d’expérimentation ou de recherche, semblable à celui des lieux d’enseignements. C’est sous cette bannière commune que s’est engagée la collaboration entre École Spéciale d’Architecture et le Fonds Régional d’Art Contemporain du Centre. L’exposition l’invention du projet, croquis d’architectures rassemble près de vingt croquis d’architectes qui rendent compte de la place occupée par le dessin dans le processus de conception du projet architectural : premier jet d’une idée, exploration de principes ou de système, outil de dialogue, de recherche, ... Autant d’usages qui témoignent de la position singulière du croquis dans l’invention du projet en architecture. L’exposition présente également des dessins à la règle de l’artiste Elvire Bonduelle, résonance de ce dialogue propre à la collection du FRAC, entre art et architecture. C.S. 4


Avec les dessins de Paul Andreu, Architecture Principe - Claude Parent, Paul Virilio, BIOTHING - Alisa Andrasek, Frédéric Borel, Coop Himmelb(l)au, Peter Eisenman, Antti Lovag, Jean Renaudie, Bernard Tschumi, UNStudio et de l’artiste Elvire Bonduelle.  

Les textes de présentation des architectes ont été réalisés par l’équipe du Frac Centre

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REGARDS

Non pas alors simple intention mais au delà, porteur d’une l’épaisseur... Laquelle ? La matérialisation d’une fonction rhétorique. Redonner pertinence aux premiers dessins d’architectes et laisser se déployer l’intensité de l’espace en friche qu’ils représentent. Voir qu’ils ne répondent pas à un genre codifié mais qu’ils ne tirent au contraire leur plus-value qu’à s’auréoler d’une singularité. Quoi ? Des gestes Processus de déconstruction Quête d’une nouvelle spatialité Exploration architectonique Développement d’un concept opératoire Exploration spatiale d’une figure mathématique Recherche de nouvelles combinaisons urbaines Investigations anti-conformistes Spontanéité revendiquée du geste Expression du mouvement Expérience des logiques du vivant... Aucune hiérarchie ne préside ici, la multiplicité encourage la pluralité des expériences. Des écritures Alphabet (graphique), comparable à celui d’un document manuscrit. Des lettres changées en signe. Opportunité d’exercer une analyse en détail qui nous transforme provisoirement en graphologue, scrutant les traits, leur trajectoire... une série d’événements et de signes. 6

Pensée en acte Le croquis revendique, le droit à une écriture parfois « accidentée » - traits multipliés, effacés, réajustés,.. Il témoigne de l’évolution d’un résonnement, moment plus libre, sans doute, avant la nécessaire artillerie savante à venir. Ce qu’il ambitionne est de faire venir au jour une « substance » , prolongement de la pensée de l’architecte. C’est le processus cognitif qui domine pour faire » œuvre » . Ce qu’il engage simultanément : une fabrique du visible et de l’intelligible.   Des matérialités plurielles Du papier toujours, chez les architectes... feuille, carnet, bloc... D’une expérience synesthésique et difficilement substituable, il est question : toucher, vue, ouïe et même odorat sont rassembler là. Le dessin sur papier reste unique et chargée d’une aura particulière connectée avec son auteur. Le dessin numérique lui, est une promesse nouvelle. Il s’intéresse au processus de la formation qui est à l’origine de la forme. On parle de morphogénèse numérique, déterminée en fonction d’un certain nombre de paramètres. Neutralisant la logique de l’auteur ? le dessin numérique renvoie à une écriture plurielle. Association de compétences, dit-on. Ancré alors dans un renouveau du « faire » . A lui d’ouvrir à d’autres réels... Céline Saraiva


FIL DE SOI

Arme de traits paramétrés, tracé tacticien, brindille d’encre subtile et spontanée, volutes de fil de soi étiré sur le papier, le calque, la nappe de restaurant ou, enchaînant les pixels d’un quelconque écran, comment ne pas succomber à l’attrait quasi magnétique de ces dessins? La tentation est grande de les prendre pour des oeuvres d’art, des aboutissements, des finalités, alors que leur importance tient d’avantage au fait qu’ils ne soient après tout que des instants rares, volés à l’histoire de l’architecture. Presque aucun d’entre eux ne sont nés pour être vus, encore moins pour être exposés; Mais pour interroger ! Qu’ils soient griffonnés ou appliqués, ils restent suspendus entre incertitude et déterminisme. Le plus souvent, comme la parole ou l’écriture, ils sont pour une idée le moyen d’exister d’avantage, d’incarner un chemin de choix conscient et inconscient qui pourrait, in fine, devenir concret. Si l’architecture a le pouvoir au moins pour un moment d’enchanter nos quotidiens, il y a quelque chose de fascinant voire d’émouvant à percevoir dans la prolifération du trait, une sorte d’envahissement qui engendre des ombres précises, et de penser que dans la valeur même de ces ombres, se joue peut-être le destin de l’espace. Lionel Lemire 7


PAUL ANDREU

Aérogare de Paris, Roissy I, 1968 - Projet réalisé Vue d’escalator - Dessin, Crayon graphite sur calque - 23 x 36.5 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Philippe Magnon

Polytechnicien (1958), ingénieur des ponts et chaussées (1963) et architecte (1968), Paul Andreu (1938) travaille pour Aéroports de Paris de 1963 à 2003 comme architecte en chef puis comme directeur de l’Architecture et de l’Ingénierie. Il fonde sa propre agence Paul Andreu Architectes Paris en 2004. Il est l’auteur d’ouvrages sur l’architecture (J’ai fait beaucoup d’aérogares, 1998…) et de romans (La Maison, 2009, sélection pour le prix Goncourt du premier roman). Membre de l’Académie des BeauxArts depuis 1996, Paul Andreu a reçu de nombreuses distinctions, dont le Grand Prix National d’Architecture (1977) et le Grand Prix du Globe de Cristal (2006). www.paul-andreu.com 8

Dans l’œuvre de Paul Andreu, usage, fonctionnalité, technique et construction sont sublimés grâce au rôle fondamental qu’il accorde à l’idée de passage et à la lumière. Dans l’Aérogare Roissy-I, les fonctions sont organisées verticalement dans une membrane épaisse de béton brut, fermée et centrée sur elle-même : l’aérogare est un échangeur qui concentre les espaces fonctionnels pour réduire le plus possible le trajet jusqu’à l’avion. Aux deux niveaux traditionnels (départ et arrivée), Paul Andreu ajoute un étage intermédiaire pour le transfert. Celui-ci se fait par un » cratère » central, véritable nœud et seule source de lumière naturelle dans le bâtiment. Espace interdit à tout visiteur, il inaugure le voyage. Le ciel n’est visible que depuis ce point. L’architecte a fait de cet espace non seulement un lieu de circulation traversant le vide en ligne droite mais aussi un espace poétique, allégorie du voyage et de l’ascension vers le ciel.


ARCHITECTURE PRINCIPE - CLAUDE PARENT ET PAUL VIRILIO

Eglise Sainte-Bernadette-du-Banlay, Nevers, 1963-1966 - Projet réalisé Etude pour le presbytère, dessin de Paul Virilio Dessin, Crayon graphite sur papier - 21 x 27 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Philippe Magnon

Architecture Principe - Claude Parent et Paul Virilio Claude Parent (1923) et Paul Virilio (1932) fondent le groupe Architecture Principe en 1963. Refusant l’orthogonalité de l’espace euclidien considéré comme micro-ghetto, ils développent ensemble la théorie de la fonction oblique, afin d’offrir une réponse à la crise profonde des villes : le basculement du sol à l’oblique doit permettre l’enrichissement des rapports humains par la fluidité d’un mouvement continu. La fonction oblique sera le fil conducteur des neuf numéros de la revue Architecture Principe, qui paraîtront de février à décembre 1966. Ils mettront un terme à leur collaboration après les événements de Mai 1968. Claude Parent a reçu le Grand Prix national de l’architecture en 1979 et est membre de l’Académie des beaux-arts depuis 2005. En 2009, une exposition monographique à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine fut consacrée à cette figure-phare de l’histoire de l’architecture du XXe siècle. Auteur de nombreux essais sur la vitesse et la technologie, Paul Virilio dirige la collection Espace critique (Ed. Galilée) et collabore régulièrement à de nombreuses publications. Il a été professeur et directeur de l’École Spéciale d’Architecture et a reçu le Grand Prix national de la Critique d’Architecture en 1987. 9

Construite à Nevers en 1966, cette église consacrée à Bernadette Soubirous frappera les esprits d’une époque marquée par la Seconde Guerre Mondiale et la guerre froide. L’édifice est en béton armé, lui donnant une apparence volontairement répulsive. Le projet porte la marque des recherches photographiques de Paul Virilio sur les bunkers du Mur de l’Atlantique et de celles de Claude Parent sur la fracture de l’espace. Mais il incarne également la théorie de la fonction oblique dans un langage liturgique : l’inclinaison des sols favorise la convergence des regards vers l’autel tout en créant un mouvement d’élévation.


BIOTHING – ALISA ANDRASEK

Mesonic Fabric, 2009 Dessin, impression numérique - 80.5 x 79.7 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : François Lauginie

Mesonic Fabrics, 2007-2009 Conception Kyle Steinfeld, Alisa Andrasek Méson, n : _toute particule subatomique participant à de fortes interactions _intervalle _médium Alisa Andrasek est née en Croatie. Elle vit et travaille à Londres, où elle enseigne à la Bartlett School of Architecture depuis 2011, après l’Architectural Association (2008-2011). Diplômée de l’université de Zagreb, elle obtient un Master in Advanced Architectural Design à l’Université de Columbia en 2000. Elle fonde BIOTHING en 2001, laboratoire concentrant ses recherches sur le potentiel génératif des systèmes computationnels, physiques ou numériques. En 2005, elle lance le collectif CONTINUUM, un groupe de recherche spécialisé dans le développement de logiciels. Elle a reçu en 2004 le FEIDAD Design Merit Award et a été co-lauréate du Metropolis Next Generation Design Competition en 2005. Ses travaux ont fait l’objet de plusieurs expositions, notamment aux Biennales de Prague en 2003 et de Sidney en 2004, au New Museum of Contemporary Art de New York en 2005, à la Maison Rouge à Paris en 2007. En 2009, elle intègre les collections du Centre Pompidou et du FRAC Centre, qui présente ses recherches dans l’exposition BIOTHING [Alisa Andrasek] a_maze et publie sa première monographie. www.biothing.org 10

Le principe de Mesonic Fabrics permet de générer des structures aux formes fluides et perméables à l’environnement. Pour son concept de » tissus mésoniques » , BIOTHING explore des états algorithmiques intermédiaires grâce au transcodage de trois algorithmes différents : Le champ électromagnétique conçu via le plug-in Flower Power – créé par BIOTHING pour le logiciel Rhino – a été utilisé au départ pour l’élaboration de trajectoires structurelles pour la configuration de toitures. Un système résonnant a ensuite été imprimé au sol, créant des émetteurs pour l’exécution du second algorithme, et enfin les données des ondes ont été traitées par le logiciel Cellular Automata de Classe 4 pour reproduire les micro-articulations du sol. Une étude a ainsi mis en évidence des distorsions dans la nature de la structure. Cet effet, amplifié par le comportement de l’Automate Cellulaire fait glisser la structure d’états géométriques rigides aux caractéristiques bien distinctes vers d’autres états plus organiques. Avec leur allure de dentelle, de corail ou de coquillage, les maquettes de BIOTHING (réalisées par stéréolithographie) se donnent ainsi comme des organismes vivants, se fondant à l’écorce terrestre.


FRÉDÉRIC BOREL

Institut de Développement Local, Agen, 2001 - Projet réalisé Dessin - Crayon graphite sur papier, 24 x 29 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : François Lauginie

Frédéric Borel (1959) est diplômé de l’École Spéciale d’Architecture. En 1984, il gagne le concours PAN XIII. L’année suivante, il ouvre son agence et devient lauréat des Albums de la Jeune Architecture puis de la Villa Médicis Hors les Murs. En 1999, il est fait Chevalier des Arts et des Lettres et a reçu le Grand Prix National d’Architecture 2010 pour l’ensemble de sa carrière. Ses projets sont régulièrement exposés en France et à l’étranger (Biennale de Venise, 1996, 2002 et 2008 ; ArchiLab, 2000). Plusieurs ouvrages lui ont été consacrés (Richard Scoffier, Frédéric Borel, 2004 ; Ecole Nationale d’Architecture Paris Val-deSeine, 2008).

www.fredericborel.fr

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Le langage architectural de Frédéric Borel se nourrit d’éléments formels iconiques de l’architecture moderne (ponts, cheminées de paquebots, ailes et cockpits d’avions…) ainsi que d’éléments figuratifs (comme les masques africains et orientaux) et de références à la culture populaire (films et dessins animés de science-fiction). De 1997 à 2001, l’architecte conçoit à Agen un ensemble de deux bâtiments pour l’Université Michel Serres, dont l’Institut de Développement Local. Ce petit édifice massif et opaque s’offre au regard comme une boule de papier froissé. Le volume de l’institut semble émerger d’un processus de » déconstruction » formelle, fruit d’un assemblage de vecteurs. La complexité asymétrique de l’enveloppe masque en fait un plan intérieur orthogonal qui prolonge parfaitement celui de l’autre bâtiment, parfaitement lisible de l’extérieur.


COOP HIMMELB(L)AU

Open House, 1983-1992 - Conceptual Sketch Drawing 1 Dessin - Crayon graphite sur calque, 30 x 53.5 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Olivier Martin-Gambier

Coop Himmelb(l)au a été créé à Vienne en 1968 par Wolf D. Prix, Helmut Swiczinsky et Michaël Holzer, qui quitte le groupe en 1971. À côté de leurs projets non construit (Villa Rosa, 1967-68) – parfois pour des raisons fortuites (Open House, 1983-92) –, ils ont réalisé plusieurs bâtiments qui attestent de leur démarche, comme l’usine Funder Werk III (1988), le Musée de Gröningen (1994), le Musée Akron (2001-2006), le Musée des Confluences à Lyon (en cours de construction) ou le Musée BMW inauguré à Münich en 2007, parmi tant d’autres projets majeurs de l’agence. www.coop-himmelblau.at 12

Icône du mouvement déconstructiviste, présenté dans l’exposition Deconstructivist Architecture au MoMa à New York en 1988, ce projet de Coop Himmelb(l)au s’émancipe du programme pour faire valoir une architecture libérée de ses carcans, ouverte à la subjectivité et à l’indéterminé. Renouant avec l’écriture automatique des surréalistes, la maison est née d’un croquis réalisé les yeux fermés : la main a enregistré et transcrit des émotions fortes liées à l’ombre et à la lumière, à la vue et à l’air. Les maquettes successives du projet ont retenu l’énergie du croquis original, rendu constructible. Rencontre d’une boîte inclinée et d’une enveloppe-voûte, l’Open House se développe sur deux niveaux selon une base carrée d’environ 100 m2. Dissymétrique, avec des avancées en porte-à-faux, la maison semble flotter, tel un nuage. « Architecture ouverte » , marquée par l’instabilité et prête à l’envol pour Coop Himmelb(l)au.


PETER EISENMAN

Guardiola House, Santa Maria del Mar, 1986-1988 Dessin - Encre sur calque, 27.8 x 21.7 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Olivier Martin-Gambier

Actuellement professeur à l’université de Yale, membre de l’académie américaine des arts et des sciences et de celle des arts et des lettres, Peter Eisenman (1932) a reçu le Lion d’or de la Biennale de Venise en 2004 pour l’ensemble de sa carrière. Fondateur en 1967 de l’Institute for Architecture and Urban Design (IAUS) qu’il préside jusqu’en 1982, représentant des États-Unis avec Frank Gehry à la Biennale de Venise en 1991 et rédacteur en chef jusqu’en 1982 de la revue Oppositions, Peter Eisenman a rédigé de nombreux ouvrages théoriques. Au moment de l’exposition Deconstructivist Architecture organisée au MoMA à New York en 1988, Peter Eisenman a déjà derrière lui une longue carrière de théoricien et d’enseignant. Membre du groupe des New York Five, il a développé une approche radicalement conceptuelle de l’architecture au travers, notamment, d’une série expérimentale de treize maisons individuelles au sein desquelles il tentait de rendre compte de la capacité de la géométrie seule à définir l’espace. www.eisenmanarchitects.com 13

Conçue pour la baie de Cadix en Espagne, la Guardiola House résulte d’opérations de manipulation d’une figure géométrique de base : le cube. La maison évoque la trace laissée par la décomposition du mouvement de cette forme glissant le long de la pente, comme celle d’une vague sur le sable. Dans ce projet de l’architecte américain Peter Eisenman, l’architecture ne fait référence qu’à elle-même et au processus qui l’a générée : elle ne présente plus aucun signe évoquant traditionnellement une maison. Au contraire, son organisation complexe crée une désorientation et une perception fragmentée de l’espace.


ANTTI LOVAG

Maison Bulle Antoine Gaudet, 1968-1996 - Projet réalisé Projet d’habitat expérimental, Tourrettes-sur-Loup. Plan coupe Dessin - Feutre et crayon graphite sur calque, 37 x 57 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Philippe Magnon

Né en 1920 en Hongrie, Antti Lovag a étudié la construction navale et la construction mécanique en Suède, avant d’étudier l’architecture en France où il s’installe en 1947, après avoir vécu en Turquie, en Finlande, en Suède et combattu comme aviateur lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après des premières recherches dans les années 1950 aux côtés de Jean Prouvé ou Vladimir Bodiansky, il expérimente avec Jacques Couëlle coques et autres » bulles » selon différentes techniques. Il conçoit les maisons pour Antoine Gaudet à Tourrettes-sur-Loup, Pierre Bernard à Port-la-Galère et Pierre Cardin à l’Esquillon selon ce principe. Il vit aujourd’hui à Tourrettes-sur-Loup, dans le premier petit module expérimental qu’il avait construit au début des années 1970.

www.anttilovag.org

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L’architecte hongrois Antti Lovag réalise en 1969 son premier prototype de » maison-bulle »  : des espaces cylindriques et sphériques sont développés, notamment à partir de voiles de béton projeté sur ferraillage ou de ciment armé de fibres. La Maison pour Antoine Gaudet est sa première réalisation. L’espace est structuré par le mobilier et les espaces de circulation, qui conduisent à l’élimination des angles. L’Espace Cardin constitue l’aboutissement de ses recherches. Initialement prévu pour Pierre Bernard, il est racheté par le célèbre couturier en 1992 et terminé en 1993. L’agencement de cellules-sphères permet la coexistence de plusieurs secteurs de vie.


JEAN RENAUDIE

Les Gorges de Cabries, Vitrolles, 1974-75 Dessin - Feutre sur calque, 41 x 51 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : François Lauginie

Jean Renaudie (1925 - 1981) est diplômé en architecture de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts (Paris). En 1956, il rejoint l’agence de Philippe Ecochard où il rencontre Pierre Riboulet, Gérard Turnhauer et Jean-Louis Véret. Ensemble, ils fondent en 1958 l’Atelier de Montrouge, que Renaudie quittera dix ans plus tard, en 1968. La même année, il est invité par Renée Gailhoustet, rencontrée lors de ses études au sein de l’Atelier Lods, à participer à la rénovation du centre ville d’Ivry-sur-Seine (Danielle Casanova, 1970-72 ; Jeanne Hachette, 1970-75 ; Ecole Einstein, 1979-82), projet auquel succéderont plusieurs réalisations importantes (Centre ville de Givors, 1974-81 ; Villetaneuse, 1976-83 ; Saint-Martin d’Hères, 1979-82). Il a obtenu en 1978 le Grand Prix national de l’Architecture pour l’ensemble de son œuvre. 15

Les » solutions d’architecture » proposées par Jean Renaudie évacuent la distinction entre architecture et urbanisme. À partir de la répétition et de la combinaison de formes géométriques, il dessine des configurations nouvelles et variées de logements, comme en témoignent ses réalisations à Ivry-sur-Seine. À propos des Gorges de Cabries, Renaudie écrit : » La création d’un ensemble de 600 logements doit s’organiser sur une structure complexe qui évite la dissociation et la ségrégation des éléments ; c’est par des solutions basées sur des combinaisons de fonctions, dans une organisation continue des volumes construits et des espaces, que pourront s’épanouir les phénomènes qui caractérisent la vie urbaine. » L’esquisse fait partie intégrante de la recherche de l’architecte. Ces dessins révèlent une prise en compte du site à partir de « tourbillons » géométriques : l’élément de base est constitué de deux cercles et de tangentes. Puis, progressivement, les courbes de la trame épousant certaines courbes de niveaux laissent place à des architectures angulaires déjà expérimentées à Ivry.


BERNARD TSCHUMI

Parc de la Villette, Paris, 1983-1992 - Projet réalisé Premières esquisses Dessin - Encre, crayon de couleur et peinture sur papier, 35.5 x 28 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Philippe Magnon

Après des études à Paris et à l’École Polytechnique de Zürich, Bernard Tschumi (1944), fils de l’architecte moderniste suisse Jean Tschumi (1904-1962), se tourne d’abord vers l’enseignement, à l’Architectural Association de Londres (1970-1980) puis à l’Université de Princeton (1980-1981) ainsi qu’à la Cooper Union (1980-1983). Il se consacre alors entièrement à la théorie et à la rédaction de » Manifestes » , les Manhattan Transcripts et les Screenplays. Ceux-ci sont à l’origine d’une première série de constructions expérimentales, les Folies. Suivront plusieurs essais, rassemblés dans l’ouvrage Architecture and Disjunction (1996). Il ouvre son agence à Paris en 1983, puis une autre à New York en 1988 (Bernard Tschumi Architects -BTA), qui deviendra en 2002 Bernard Tschumi urbanistes Architectes (BtuA). C’est avec l’une des commandes publiques les plus prestigieuses des années 1980, l’aménagement du Parc de la Villette, que Tschumi s’affirme comme l’un des bâtisseurs majeurs de la » déconstruction » en France. Doyen de la faculté d’architecture de l’Université de Columbia à New York (1988-2003), membre du Collège International de Philosophie, Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres, Bernard Tschumi a reçu en 1996 le Grand Prix national d’Architecture de France pour le Fresnoy Art Center (Tourcoing, 1991-97). Nombre de ses travaux ont été récompensés et exposés dans le monde entier (MoMA de New-York, Biennale de Venise, Centre Pompidou…). http://www.tschumi.com 16

Dans ce projet, l’architecte suisse Bernard Tschumi a dessiné une grille régulière sur les 55 hectares du parc de la Villette à Paris, sur laquelle il superpose trois systèmes : les lignes, droites ou courbes, pour les circulations ; les surfaces, définies par de grands espaces verts dégagés pour les terrains de jeux ; enfin, les points, matérialisés par les vingt-cinq » Folies » rouges qui se répartissent tous les cent vingt mètres sur la grille. Dotée ou non d’une fonction, chacune est conçue sur le principe de déclinaison d’un cube de 10,8 mètres selon une structure de 27 cubes plus petits, de 3,6 mètres de côté. Ces trois systèmes répondent aux activités, déambulations et espaces de jeux. Ici, la grille ne clôt pas mais au contraire démultiplie les possibilités du parc et invite les usagers à écrire de manière cinématique et ludique leur parcours.


UNSTUDIO - BEN VAN BERKEL, CAROLINE BOS

Möbius House, Het Gooi, 1993-98 - Projet réalisé Dessin - Encre sur papier, 45 x 60.5 cm Collection FRAC Centre, Orléans Photographie : Philippe Magnon

Après leur rencontre à l’Architectural Association de Londres en 1981, Ben van Berkel (1956), architecte, et Caroline Bos (1959), historienne de l’art, fondent en 1988 à Amsterdam le Bureau d’architecture Van Berkel & Bos, qui deviendra en 1998 UNStudio (United Net studio, littéralement » réseau uni » ). Marqués par la transversalité, rassemblant des experts issus de disciplines très diverses et salués par de nombreux prix, les projets de cette agence de renommée internationale vont du service à thé (Alessi Tea and Coffee Piazza, 2000) à la scénographie d’exposition, en passant par des programmes de tours, de gares, de théâtres, de musées ou encore de centres commerciaux. 17

http://www.unstudio.com

Dans ses projets, l’agence néerlandaise UNStudio intègre des données diverses en s’appuyant sur l’outil informatique et des modèles mathématiques pour développer des logiques singulières. Destinée à un couple travaillant à la maison et à leurs deux enfants, la Möbius House d’une superficie de 550 m2 se déroule comme une bande sans début ni fin. Elle résulte d’un croisement de « forces mobiles »  : ruban de Möbius, paysage, mouvement, déploiement du temps... Les espaces se distribuent en une séquence continue qui conduit du jour à la nuit et du travail au repos avec des lieux de rencontre possibles. Sur ces parcours, espaces de vie commune et espaces de repos et de travail s’emboîtent et s’enlacent en une enfilade complexe. Ce mouvement se traduit par un plan ouvert, des espaces non-cloisonnés, une ambiguïté spatiale, des jeux de transparence de parois de verre qui accentuent la fluidité.


ELVIRE BONDUELLE

Bibliothèque de ma mémoire vide, 2012 dessin au feutre sur papier, 42 x 29,7 cm Production Le Pavillon Blanc

Elvire Bonduelle est née en 1981 à Paris. Elle entre à l’École des Beaux-arts de Paris en 2000 où elle travaille principalement dans le studio de Richard Deacon et obtient son diplôme en 2005. Basée à Paris, elle travaille et expose en France et à l’étranger, et développe également une activité de commissaire d’exposition. Elle vit actuellement à Los Angeles pour un projet de recherche sur l’architecture domestique mené grâce au soutien du CNAP. www.elvirebonduelle.com 18

Performance solitaire, le dessin à la règle exerce la pensée, organise l’espace de la feuille, lie l’art à la notion d’activité, offre des moments sans contraintes, réservés à une pratique en acte dans les règles de l’art ! Des maisons, des ébauches de constructions, des architectures inachevées, parfois absurdes, souvent ludiques… proches d’un travail de dessin à la facture enfantine. Imagerie simple et naïve, la maison convoque l’autre, le signale comme un invité possible. Sur le mur dressé avec soin, des portes comme accès possible. Procédé irrationnel en quête indécise de hiérarchisation, la série de dessins de la Bibliothèque de la mémoire vide cherche sa composition…elle reste l’expérience d’une incertitude où le dispositif ne montre rien qu’une mise en scène du vide. Toujours l’humour est érigé en principe esthétique, une manière désinvolte de renvoyer à l’imaginaire. Céline Saraiva


CARNETS D’ARCHITECTES, EXTRAITS Will Alsop dit : « Il m’arrive d’être assis dans mon atelier le samedi matin et de tracer quelque chose sur une grande feuille de papier. L’impression que cela vous donne est presque aussi agréable que celle qu’on ressent lorsqu’un de vos bâtiments vient d’être achevé. Il ne s’agit pas de concevoir quelque chose dans un but précis, mais de découvrir ce que quelque chose pourrait être. » Sean Godsell dit : « L’architecture est, au bout du compte, une chose construite : un croquis est tout à la fois tout et rien. Mais la capacité à conférer de la complexité à un simple croquis, à instiller les nuances d’un projet dans un simple diagramme, c’est là que commence l’architecture, et c’est cet instant que le croquis capture à jamais » . Rafael Vinoly dit : « Je dessine tout le temps, où que je sois, car pour moi c’est un moyen d’exercer mon esprit et de chercher la prochaine pensée qui deviendra une forme. Vous ne pouvez pas faire ça avec un ordinateur car nous n’avez pas la même liberté.» Carlos Jiménez dit : « Je dessine principalement sur des carnets de croquis de 21cm par 27 à couverture toilée. J’aime la présence loyale de chaque page blanche, le fait d’ignorer ce qui va surgir l’instant d’après ou ce qui se passera le mois prochain. » Ana Rocha dit : « Nous dessinons d’abord pour découvrir les problèmes et ensuite nous nous attachons à trouver des solutions.»

Glowacka Rennie dit : « Des maquettes, des maquettes, des maquettes ! Nous réalisons des maquettes comme d’autres architectes dessinent des croquis. » Narinder Sagoo : « J’ai toujours un stylo sur moi. Je dessine partout et sur n’importe quell support, mais j’ai un faible pour le papier calque qu’on achète en rouleaux et qui est le matériau le moins cher et le moins précieux que nous utilisons. » Alessandro Mendini dit : « Les dessins sont les composants linguistiques d’un puzzle en cours d’élaboration, et jamais achevé. » Calvin Chen dit : « Nous travaillons un peu dans l’esprit des » cadavres exquis » surréalistes. Nous poursuivons là ou l’autre s’est arrêté. C’est un moyen très efficace d’explorer de nombreuses variantes d’une idée et aussi de réduire le risqué de rejeter prématurément un concept intéressant. » CJ Lim dit : « Je suis toujours étonné de voir que certains architectes travaillent directement sur ordinateur, sans avoir fait le moindre croquis préalable. C’est pourtant l’aspect nuancé du croquis qui donne vie à un projet. » Paul Raff dit : « La plupart du temps mes dessins gestuels ne représentent pas une forme bâtie mais un flux, une connexion ou une notion physique quelconque. »

Lecture réalisée le mardi 18 février 2014, d’après le livre Carnets d’Architectes. Ed. Thames & Hudson Voix : Leïla Colin-Navaï, Lionel Lemire, Céline Saraiva Prise de son : Olivier Grandjean Montage son : Leïla Colin-Navaï et Mauricio Hernandez 19


À TABLE ! SCÉNOGRAPHIE

Placer un dessin sur le mur, plus que de jouer de la verticalité, c’est établir un climat d’égalité. Je regarde le dessin. Le dessin me regarde. Je l’observe, il me séduit Ou pas. Dans cette frontalité empreinte de respect, se glisse le film invisible mais quasi inviolable, de l’espace d’accommodation du regard. Les dessins faussement naïfs d’Elvire Bonduelle optimisent parfaitement cette distance qui souligne la candeur méticuleuse et précise de son travail. Délicatement mais résolument, en jouant de la règle et des règles, elle attise par l’espace, notre désir d’enfance. Dans cette installation, la présence malicieuse de ces huit dessins questionne le labeur graphique des architectes. Placer un dessin sur une table, c’est plier le vide entre nos yeux et le support, et, dans l’espace ainsi produit, espérer une invitation de la main, un prolongement par le corps. L’exposition propose ainsi de s’attabler, pour prendre le temps de retrouver chaque croquis, dans des conditions proches de celles de leur apparition. Il est soudain plus facile de s’imaginer soi-même dessiner, d’établir un lien privé et concret avec chaque croquis, de retrouver la voie de la main, la commande du cerveau, l’accident, la surprise, la découverte. Lionel Lemire 20


PLAN

2

2

5

11

1

Paul Andreu Aérogare de Paris, Roissy I, 1968 - Projet réalisé

2

Architecture Principe - Paul Virilio et Claude Parent Eglise Sainte-Bernadette-du-Banlay, Nevers, 1963-1966 - Projet réalisé

3

BIOTHING -Alisa Andrasek Mesonic Fabrics, 2007-2009

4

Frédéric Borel Institut de Développement Local, Agen, 2001 - Projet réalisé

5

Coop Himmelb(l)au Open House, 1983-1992

6

Peter Eisenman Guardiola House, Santa Maria del Mar, 1986-1988

7

Antti Lovag Maison Bulle Antoine Gaudet, 1968-1996 - Projet réalisé

8

Jean Renaudie Les Gorges de Cabries, Vitrolles, 1974-1975

9

Bernard Tschumi

4

1

Parc de la Villette, Paris, 1983-1992 - Projet réalisé

1

7

9

7

6

8

10

UNStudio Möbius House, Het Gooi, 1993-98 - Projet réalisé

11

Et Elvire Bonduelle, Les dessins à la règle Bibliothèque de ma mémoire vide et Vertus, 2012

10 11

21

3

11

L’INVENTION DU PROJET - CROQUIS D’ARCHITECTURES

Dans le cadre du Parcours Drawing Now Salon du Dessin Contemporain 2014


JASPER MORRISON

Basel Chair, 2008 Piètement - hêtre naturel ou laqué noir, Assise et dossier - matière synthétique ASA - teintée vitra.

Jasper Morrison renouvelle le type de la chaise en bois classique, fabriquée industriellement depuis près de cent ans. Si la chaise se distingue d’abord par ses proportions harmonieuses, un regard plus approfondi dévoile son caractère novateur. L’assise et le dossier de la Basel Chair sont en e et en matière synthétique, ce qui permet de leur donner une forme plus organique, une surface structurée et plus fine, donc plus souple que pour les chaises entièrement en bois. Grâce à l’association des matériaux, la Basel Chair offre un confort d’assise sensiblement amélioré et, dans la version en deux coloris, un charme visuel particulier. www.jaspermorrison.com 22

À première vue, la Basel Chair ressemble aux chaises en bois sobres et classiques, telles que nous les connaissons depuis des décennies en Europe. Ses particularités ne se révèlent qu‘au second coup d’oeil : l’assise et le dossier sont fabriqués en plastique teinté et sont nettement plus fins que sur les chaises en bois. La flexibilité de ce matériau et sa surface légèrement structurée, évitant ainsi à l’utilisateur de glisser comme cela arrive souvent pour les chaises laquées, renforcent son confort. vitra.


École Spéciale d’Architecture Établissement privé d’enseignement supérieur, fondé en 1865, l’ESA est une association de type loi de 1901 à but non lucratif. Reconnue d’utilité publique depuis 1870 et par l’État en 1934. Exposition Commissaires : Céline Saraiva et Lionel Lemire en collaboration avec le Frac Centre Galerie Spéciale : Leïla Colin-Navaï Assistants : Charles Haudrechy, Sébastien Tabourin et Nolwenn Montagny Dans le cadre du Parcours Drawing Now - Salon du Dessin Contemporain 2014 En partenariat avec les Turbulences - Frac Centre, Orléans Exposition réalisée avec le soutien de la galerie laurent mueller et de vitra. Publication Coordination et conception graphique : Leïla Colin-Navaï Textes : le Frac Centre, Céline Saraiva et Lionel Lemire Communication Magali Vannier, François Prigent Impression en 200 exemplaires, à l’École Spéciale d’Architecture,Paris. Tous droits réservés pour tous pays. Remerciements Un grand merci à Aurélie Godard pour son aide précieuse lors du montage de l’exposition, Ainsi qu’à Stéphane Bernon et Pascal Bernard pour leurs conseils, À Anthony Barrault de la RegiThèque. Pour le Frac Centre : Marie-Ange Brayer, Directrice du Frac Centre Ainsi que Gilles Rion, Lucie Hofbauer, Emmanuel Bosca, Paul Laurent. Pour l’École Spéciale : Nima Khaksar, Lannouar Ben Amara, Albin Doillon, Issam Ouljihate, Ronan Prodhomme, Calin Segal, Stevana Scaglia, Théo Kantos, Alexandre Slama, Ylias Douibi, Nicolas Delalande. Ainsi que Laurent Müller et Dominique Dorwling-Carter. Partenaires de la Galerie Spéciale L’Atelier Maquette avec Stéphane Bernon, la reprographie avec Grégoire d’Amiens, le BARESA et toute son équipe. Scanachrome, Sikkens, i Guzzini. 23


Galerie Spéciale, École Spéciale d’Architecture, 254 boulevard raspail, 75014 Paris - www.esa-paris.fr


L'invention du projet, croquis d'Architectures