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Nationale

Santé & ACTUALITE

Pr. Mohamed Amine Bekadja Chef de Service d’Hématologie - Inauguration de l’unité allogreffe: Un deuxième Centre qui va permettre de réaliser 80 pour cent des greffes à l’échelle nationale. - Les normes internationales sont d’un centre de greffes pour un demi million d’habitants. L’Algérie compte 2 centres d’allographe pour 35 millions d’habitants

Interview réalisée par Mohamed Gaouar & Toufik Mogharbi

Pouvez-vous M. Le professeur nous donner un aperçu au sujet de ce Service? Le service d’hématologie de l’EHU est divisé en quatre parties : il y a la partie consultation, une partie hôpital du jour, une partie hospitalisation qu’on a subdivisée en deux sous-parties: une section d’autogreffe et une section hospitalisation conventionnelle et enfin, la dernière partie qui est l’unité d’allogreffe qui a été inaugurée le 13 mars dernier par le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès, et Mme la secrétaire d’Etat français, Nora Berra. Oran s’est doté d’une structure de pointe. Pourquoi une seconde structure ici à Oran? Cette structure est la deuxième à l’échelle nationale et qui va permettre de réaliser, pratiquement, 80 pour cent des greffes à l’échelle nationale. Pour l’autogreffe, on est à 80 pour cent des interventions faites à l’échelle nationale. C’est-à-dire que 20 pour cent ce sont des autogreffes locales et 80 pour cent

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sont des malades qui viennent d’en dehors de la wilaya d’Oran. C’est pour alléger la pression sur le centre d’Alger que cette unité a vue le jour. Par ailleurs, les normes (recommandations) internationales sont d’un centre de greffes pour un demi million d’habitants. Or, on est très loin de ce chiffre. L’Algérie compte 35 millions d’habitants et ce n’est que le deuxième centre qui ouvre ses portes au pays. C’est insuffisant. Et en plus, il n’y a pas de service de greffe dédié à la pédiatrie. Ça n’existe pas, chez nous. A Alger, on fait des allogreffes à un âge supérieur à 4 ans, mais au-dessous de 4 ans on ne fait pas d’allogreffe. D’où l’histoire de cet enfant qui a fait coulé beaucoup d’encre. Ici l’EHU, on est entrains de travailler sur ce projet. Sur les lits 10 lits qu’on a ici on a réservé deux à la pédiatrie. D’ailleurs j’ai moi-même demandé à monsieur le ministre l’ouverture d’un service d’allographe pédiatrique.

Est-il prévu dans le programme de l’EHU, l’ouverture d’une structure ou d’un service de pédiatrie? Il existe un projet d’allographe pédiatrique ici à l’EHU. Mais, nous avons besoin d’une unité. Une unité de 10 ou 12 lits suffira pour prendre en charge les maladies hématologiques, héréditaires, hémorragiques et thalassémiques. On peut même ouvrir cette unité à l’hôpital pédiatrique de Canastel, pourquoi pas. On pratique déjà des greffes hépatique, rénale, cellulaire et même des endoprothèses.Les endoprothèses: c’est pratiquement des greffes dans la chirurgie vasculaire. Et c’est le Pr. Bouayad qui les faits. Il est le premier à les faire en Algérie. Et quelle a été le cheminement de votre service ? Au début de 2006, il n’y avait pas de service d’hématologie, on avait commencé par de simples consultations d’hématologie. Ensuite, on a ouvert une activité d’hôpital du jour. Puis on a eu droit et

LE JOURNAL DE LA SANTE - Semaine du 15 au 21 avril 2012

accès à la chimiothérapie et on a commencé à faire de l’hématologie dite «conventionnelle»: On prenait, à peu près, en charge plus de 80 pour cent d’hématologie en hôpital du jour. Après, la nécessité d’ouvrir un service s’est faite sentir dès que nous avons commencé à prendre en charge les leucémies aiguës. Car pour ces patients, il leur fallait une hospitalisation. Là, dès que nous avons eu la possibilité de mettre en place un service d’hospitalisation et réglé le problème de déficit en personnel paramédical, on s’est doté d’une structure d’hospitalisation. Dès qu’il y a eu hospitalisation, on a commencé à prendre en charge les leucémies aiguës. On n’a pas voulu prendre en charge ces malades dans des chambres communes. On a restructuré le service et mis les malades dans des chambres individuelles équipées des flux : système de sécurité de purification de l’air et de ce fait nous avons diminué le nombre des visites afin d’éviter le risque de contamination qui viendrait de l’extérieur. Et tout cela a porté ses fruits. Votre objectif à court terme, c’est quoi ? Aujourd’hui, concernant la leucémie aiguë, nous avons enregistré environ 70 pour cent de résultats positifs. Auparavant, les patients dont la maladie a connu une rémission, pratiquement les ¾, sont orientés sur Alger pour se faire allogreffer. Et dès que notre propre service sera opérationnel, au courant de ce mois d’avril, nous l’espérons, on le fera nous-mêmes.Notre but, c’est d’ouvrir le service d’allographe est la poursuite du traitement de leucémie aiguë ici à L’EHU.


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