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Nationale

Santé & ACTUALITE Dans les pays développés et plus expérimentés dans le domaine de la transplantation, notamment les Etats-Unis et les pays européens, ou bien, par exemple, en France, où le donneur vivant est venu bien après. Les greffes à donneurs vivants ne se sont faites uniquement suite à une pénurie de greffons. Par contre chez nous, nous avons d’emblée commencé avec les donneurs vivants. Notre objectif à moyen et long terme, c’est d’aboutir aux donneurs cadavériques, c’est-à-dire : au donneur en état de mort encéphalique. Où réside alors le problème du donneur cadavérique? Le problème du donneur cadavérique en Algérie, ne bute nullement sur des considérations d’ordre législatives ou religieuses. Sur le plan législatif, tout a été fait : nous avons une Agence nationale des greffes qui a été créée très récemment. Quant au plan religieux, la religion musulmane et je dirai même toutes les religions monothéistes n’interdisent pas le don d’organes. Mais bien au contraire, l’Islam encourage le don d’organe. Dieu a dit : «…et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il a sauvé l’humanité en entier». Ceci n’est qu’un des versets du Saint Coran qui encourage les gens aux dons d’organes, et il y a plein de Hadiths du Prophète Mohamed (QSSSL) dans ce sens. C’est une charité en cours. D’ailleurs, c’est dans ce but que nous avons créé une association qui s’appelle « Abu al Qacim Al-Zahrawi » (Abulcasis) pour le développement de la notion du don d’organes cadavériques en premier lieu. Et Quel est le but de cette association? L’association Abulcasis a été créée tout récemment, en janvier 2012, à Oran, et dont je suis le président et toute mon équipe en fait partie intégrante. Notre but à travers cette association est de sensibiliser la société pour que cette notion de don d’organes prélevés sur un corps cadavérique soit acceptée par les mentalités algériennes, chose qui n’est pas encore évidente à l’heure actuelle. Si nous réussissons à convaincre la société et lever ce « tabou », tout deviendra facile et le risque sera moindre : car au lieu de prélever un organe sur une personne vivante et mettre ainsi deux personnes en danger (le donneur et le receveur), mieux vaut prélever cet organe sur une personne décédée, où là, seul le receveur peut être

en danger. Notre plus grand souhait est d’aboutir le plus tôt possible à des prélèvements sur des corps cadavériques.

ne doit débourser aucun sou, dans tous les domaines. Tout est pris en charge par les frais de l’Etat.

Est-ce que c’est un rêve qui se réalise? Mon souhait était de créer et de développer un service de chirurgie d’hépatobiliaire et « Hamdou Allah » en 2007 nous avons pu réaliser ce service et en ce début de 2012, nous avons réalisé pour la première fois une transplantation à Oran et dans l’ouest algérien. Maintenant, notre vœu c’est de poursuivre ce programme et sauver le plus de malades possible, InchAllah.

Cela pour le donneur. Qu’en est-il du receveur ? Vous savez, ce programme a été initié pour supprimer tout soin à l’étranger, sachant que cette intervention à l’étranger a un coût qui est très prohibitif. Pour une intervention de ce genre il faut compter entre deux cents cinquante mille (250.000) et trois cents mille (300.000) Euros. C’est-à-dire l’équivalent de 3 à 4 milliards de centimes chez nous. Donc, réalisée ici localement, on réalise une économie importante et pour le receveur et pour le pays. Notamment, une économie de santé très conséquente.

Quels arguments pouvez-vous avancer pour inciter et convaincre, notamment le donneur à entreprendre cette démarche de don d’organe ? Pour le donneur et le receveur il y a la gratuité totale des soins. C’est dans les textes, la prise en charge est totale tout au long de son hospitalisation, etc. Tout est pris en charge. De plus, les établissements de santé doivent mettre en place un recueil d’informations permettant de suivre l’activité de greffes à partir de donneurs vivants. La neutralité financière doit être complète pour le donneur. Elle doit être respectée à toutes les étapes de la prise en charge du donneur vivant, y compris en cas de procédure non aboutie. L’établissement préleveur doit prendre en charge tous les frais impliqués par le prélèvement en particulier les coûts indirects des démarches effectuées par le donneur ex : les déplacements, l’hébergement, l’indemnisation lors des arrêts du travail. Cette prise en charge inclue la perte de rémunérations pour la personne accompagnant le donneur, dans l’état nécessite l’assistance d’un tiers. Et pour chacun des titulaires de l’autorité parentale ou le représentant légal du donneur. L’établissement préleveur doit mettre en place une organisation permettant soit au donneur débité de faire l’avance des frais nécessaires, soit de procéder au remboursement des frais engagés par le donneur dans les plus brefs délais possibles. Donc, il

Un dernier mot ? Cette intervention a été réalisée avec le concours d’un partenariat français avec l’équipe du Pr. Daniel Azoulé et du docteur Smail Allaoua qui ont bien voulu nous aider à la réalisation de cette importante opération. Nous avons eu aussi le concours des anesthésistes réanimateurs d’Alger du Pr Grine.Cependant, je ne terminerai pas cette entrevue sans remercier toute l’équipe algérienne, tous les chirurgiens, médecins, anesthésistes-réanimateurs, ainsi que tous les paramédicaux, et le personnel administratif, à leur tête Mr le directeur-général de l’EHU, Mr Mansouri, pour leur soutient et leur assistance.

Semaine du 15 au 21 avril 2012 - LE JOURNAL DE LA SANTE

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