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ACTE

AC TE

.n°1

ENTRACTE

DOSSIER

PORTRAIT

Le théatre, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Dans un univers parallèle.

«De l’ombre à la lumière» Precious


EDITO

SCÈNE 1 Le théâtre est à la fois l’art de la représentation d’un drame, un genre littéraire particulier, et le bâtiment dans lequel se déroulent les pièces de théâtre. Jadis, le mot désignait également la scène ou le plateau, c’est-à-dire toute la partie cachée du public par le rideau. Au sens figuré, «théâtre» désigne un lieu où se déroule une action importante. Aujourd’hui, a cette certaine heure des arts dits pluridisciplinaires, la définition de l’art du théâtre est de plus en plus large (jusqu’à se confondre avec l’expression spectacle vivant), si bien que certains grands metteurs en scène n’hésitent pas à dire que pour qu’il y ait théâtre, il suffit d’avoir un lieu, un temps, un acte et un public. Il s’agit de spectacles dans lesquels des acteurs, mis dans les circonstances et les situations créées par un texte et la vision d’un metteur en scène, incarnent des personnages pour un regard extérieur, dans un temps et un espace limités. Les dialogues écrits sont appelés pièces de théâtre, mais il peut y avoir également du théâtre sans texte écrit ou même sans aucune parole. Dans la création contemporaine, les frontières entre les différents arts de la scène (théâtre, mime, cirque, danse...) sont de plus en plus ténues,, mettant ainsi l’accent sur le métissage des disciplines.

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SOMMAIRE

10 Agenda 12 Dossier 18 Portrait 20 Interview 22 Chronique

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OURS

REDACTION

IMPRESSION

Rédaction Titraille : Marie Gagneur Rédaction Texte : Recherches Théatrales

Plessy 74, rue Saint Désiré BP 10818 39008 Lons-le-Saunier Tél : 03 84 47 06 77 Fax : 03 84 24 92 91 info@plessy.fr

DEPARTEMENT PHOTO Photographies Precious : Marie Gagneur Images : Recherches Théatralement Théatrales

ABONNEMENT

DEPARTEMENT GRAPHIQUE Indubitalement : Marie Gagneur

Acte Magazine M_Gagneur@live.fr

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CONTACT

Affiches de théatre par Michal Batory, et Marie Gagneur.

ECV Paris 1 rue du Dahomey 75011 Paris . Tèl : 01 55 25 80 10 F.ax : 01 55 25 80 11 ecvparis@ecv.fr M_Gagneur@live.fr

COMMUNICATION ECV Paris 1 rue du Dahomey 75011 Paris

FONDATEUR 1 CRÉATEUR - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION - DIRECTEUR DE LA CRÉATION - Marie Gagneur

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BREVES Prologue. Acte 1, Scène 1. Scène 2. Scène 3, Scène 4. Acte 2, Scène 1, Scène 2. Acte 3, Scène 1, Scène 2, Scène 3, Scène 4. Dernier Acte.

HAINE

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

ÉLÉVATION

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards.

JESUS

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

DÉCADENCE

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

LE TEMPS

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

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BREVES Prologue. Acte 1, Scène 1. Scène 2. Scène 3, Scène 4. Acte 2, Scène 1, Scène 2. Acte 3, Scène 1, Scène 2, Scène 3, Scène 4. Dernier Acte.

COCHON PENDU

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue. Un couple presque parfait du 7 mai au 19 juin Théatre Le Funambule

MÉLANCOLIE

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue. Un couple presque parfait du 7 mai au 19 juin au Théatre Le Funambule

MOUSTACHE

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

AMOUR

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

Sweeney Todd du 21 mai au 22 juin Théâtre du Châtelet

Le sang des amis du 29 mai au 18 juin Cartoucherie

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FOLIE

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue. Le président, sa femme et moi du 21 mai au 31 juillet Grande Comédie

MARI ET FEMME

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue. Grossesses nerveuses du 19 avril au 7 septembre Daunou

PSYCHOLOGIE TENSION

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue. Stupeur et tremblements du 18 mai au 15 juin Petit Hébertot

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avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue. Un tramway nommé désir du 5 juin au 14 septembre Comédie-Française


DU PASSÉ AU FUTUR Entre évolution et patrimoine Le tramway jaune avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. La ville piétine et les enfants assiègent les marchands de glace. La voiture passe au loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue et débouche sur le pont Elisabeth. Suspendu dans le vide, acrobate au fil des ans et de l’eau qui passent, le monument traverse le fleuve en une enjambée majestueuse, rétablissant le lien séculaire entre la ville bourgeofficile d’accès que celui de Paris. Bientôt la voiture est obligée de s’arrêter et on continue à pied pour arriver au point le plus culminant du mont Gellért, à cinq cents mètres d’altitude au cœur de la citadelle. On découvre alors la Ville, avec comme seul garde-fou les remparts de la fortification. Tout Budapest est là, séparée en deux par le large ruban argenté du Danube. Au nord, on devine l’île Marguerite, ses palaces et ses piscines.

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NOSTALGIE Les souvenirs, ça ne sert à rien mais ça tient chaud. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. La ville piétine et les enfants assiègent les marchands de glace. La voiture passe au loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue et débouche sur le pont Elisabeth. Suspendu dans le vide, acrobate au fil des ans et de l’eau qui passent, le monument traverse le fleuve en une enjambée majestueuse, rétablissant le lien séculaire entre la ville bourgeofficile d’accès que celui de Paris.

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DOSSIER

ArrĂŞtez le monde je voudrais descendre- DROMESKO

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PARALLÈLE

By Marie Gagneur


corps; jouer avec l’icono!!!

DOSSIER

SCÈNO’

Le décor de l’(i)réel? t dans le lentemen e s c n a v a fin d’aprè ay jaune é de cette ff u a se h , Le tramw rc le u su ic laiteux et us la can brouillard s’écoule so ille recoins de c fi a tr e .L nt ans les m midi d’été ts assiège répand d se t e e les enfan rs t , e in e n lo dispe ti u pié sse a . La ville oiture pa v a e L v . a Budapest e c e la e un ands de g ards, long v le u u d o n b les march e s sp d u r les gran lisabeth. S le tourne su le pont E r l’eau qui su e t dans e d h t c e bou lentemen es ans d l e e s c fi n n rè u u a nue et dé p a v n a ’a e fin d une euve e, acrobate é de cette amway ja erse le fl ff v tr u a u a se c tr h , e dans le vid sé t L rc le n u n e su ic lie laiteux et le monum us la can ssant le passent, brouillard se, rétabli ollines s’écoule so ille recoins de c u e c s u fi le a st t tr e je a e st m e . L nt ans les m eoise de P glisenjambée midi d’été ts assiège répand d un hydro ville bourg e se la ss t a e e p tr t e n les enfan n e t rs o , e e rp p in ’a e is d le laire n lo d s ti n u u ié o a le p sse n coc Buda. So oiture pa est. La vil v p s nrobé d’u a e a e n d u L a e u n d royales de . n e e B t v c n a n la ie lle ne ive de V ands de g s, longe u au qui bri seur, il arr les march ant les boulevard outtes d’e lt s g o d ndu dans v e e n e d ir ra sp s v g u s rd S a ent en beth. e sur le sa rg t, n e li rn o u E m gent, milli H é t to n ù la o le p qui passen d de auffé, d’o ouche sur et de l’eau aint-Clou b s s S e é è n é c d e a b c t l’air surch L s e ’a e m . d e d ja l b e ficil au fi ne en du Danu et plus dif uve en u e, acrobate e e e é d la fl id g v ri e li mouettes a le le b tr s o e n lu e rs st ire s haut, p ent trave voiture e en sécula e grie est plu le monum Bientôt la que qui ssant le li s. si li royales d u ri b a s m ta P e ré e la in , d ll e se o i d c u lu , e s e u re c le s st iv que a. Le maje st et arrive ui en au paprik ise de Pe lisseur, il du vin q o e g e é , ro u rg m d n u u y n o h rf o b a s c n l’in eu ville ine p s et le rds de pont pass t de la cuis ent, millia le r des table e s , u rg u te ’a to o n d u S a a . n e h a e o c en coc Bud rythm é, d’où urdin robé d’un ent en so surchauff bande au n u e ir ra a jo e l’ sa n s s n n la n e ie lo a t é vio de V nube. harg nsen ent d es du Da chaude, c u pays da u qui brill tt d a it e s u u ’e e o n d m s m la , e u e s s tt st é co plus t le gou Dan min virevoltan plus haut, féerie illu u Csárdás. n e e d st u e t n lé n e e b e v ri t ia e g rg n d d e en ém Paris. Hon ville seme celui de ud de la e précieu é, dans la lo e n it u C ic q rè tg tr s é in c è a c le S c m m d’é d’a Le balu errière le tra s difficile couche d u’un cym ux rêves, a q lu t p se t e n t il a e te le d e fê n so pe mille le arid t à la tillent de . Bientôt, u indifféren in d s, sc n e te é p o it . n ts c re n s se Bie de la ales du n heu lumières attend so es médiév s e ru le n s u t e ja le a s y d a n w da Bu vin qui perd alors nnu, du o se c n in l’ O . e x d feu tre la cuite, et de la rencon n à a , h c u a n e te i â Ch ent en e qu la musiqu iolons jou v e s d e , L re . a iv en rik u pays ée au pap ostumes d m c u s rf le a t p e e s sin du Csárs table endiablé autour de e e m in th rd ry u so au ité, dans sarabande d’électric e la é t n rg a se h n c a d t qu’un aude, la nuit ch e, pendan é s n in a m D lu s. il á d erie s, indifféevenue fé t ses note d n e le m il se v u la attend cie way jaune égrène pré m m a lu tr a b le m s, y c x rêve fête et au rent à la . son heure

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En Sommes - Xavier Renoux

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DOSSIER

CORPOREL

Le dialogue du mouvement

Le Déversoir - J Valesco

Sur scène, cet endroit qui ce présente là, devant nous, un endroit qui nous est offert, comme un cadeau. Mais c’est avant tout un endroit innaccessible, un endroit qui nous échappe. Oui il nous échappe, tout ce qui s’y passe nous est étrangé, différent... Des personnages s’y trouvent. Ceux-ci n’ont pas besoin de nous parler.. Ils ont perdu leur voix. Mais leur parole est bien disticncte. C’est celui de leur corps. ce corps en mouvement, ce corps rigide, fragile, en distorsion, en douleur et en souplesse. Ce corps nous parle, et nous lui répondons. Oui notre corps est lui en dialogue. Par ses frisson, par la mise abîme de ce décors des corps. Oui sur scène le dialogue des corps est un cadeau.

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co

PRATIQUE

EN SCÈNE!

Baroque, Vaudeville, Contemporain.

DANCING DANCING

R&J

VOLTIGE

CERFS BAROQUES

Avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. La ville piétine et les enfants assiègent les marchands de glaces et sorbets.

Avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. les marchands de glace. La voiture passe au loin, tourne sur les grands boulevards, longe.

Avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Buau loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue et débouche sur le pont de la Reine Elisabeth.

Avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. La ville piétine et les enfants assiègent les marchands de glace. La voiture passe part.

Du 18 juin au 7 septembre La Michodière

Du 9 juin au 21 juillet Cirque d’Hiver

Du 21 mai au 20 juin Théatre St George

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Du 17 mai au 7 septembre La Colline


PORTRAIT

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By Marie Gagneur

PRECIOUS

DE L’OMBRE A LA LUMIÈRE


INTERVIEW

PRÉCIEUX Portraits, traits, mensonges, songes Acte: Comment as-tu été choisi pour le rôle de Ludwig? Precious: J’ai passé le casting. A: Comment appréhender une telle pièce? P: Avec le TRAC. Au théâtre, il s’accroche plus qu’au

cinéma. C’est un truc un peu âpre qui est dans la gorge et les poumons. J’ai l’impression qu’il faut vivre avec. Les jours où je ne l’ai pas, je flippe.Ça commence vers midi, ça paralyse un peu, on n’arrive pas à penser à autre chose. Il y a même une petite montée d’absence de désir. Il fallait que j’échappe à Paris.

A: Vous jouer un Monologue, très sombre. N’avez-vous pas peur des trous de mémoire? P: Cela m’arrive tous les soirs à des endroits différents.

Je suis en plein dedans, en train de parler, et paf ! j’ai un petit trou. Et là, sans doute grâce au cinéma, j’ai réalisé que je ne me bloquais pas au mot. J’arrive à me rattraper et c’est cohérent, donc je n’ai plus peur.

A: Ici le corps est presque paralysé, comment réussir un rôle sans son langage corporel? P: Je me suis tout de suite dit : mon corps va me man-

quer. Au début, il pensait à un passage de Roberto Zucco. J’ai besoin du corps. J’avais envie de mettre mes tripes à table, de balancer des émotions, de laisser ça tous les soirs. On a beaucoup travaillé sur le corps, l’espace, jusqu’à revivre la pièce les yeux fermés, sans équilibre. Un monologue de Koltès mis en scène par Chéreau Du 20 mai au 20 juin au Théatre de l’Atelier.

A: Parlez nous de la mort. P: C’est magnifique, la mort. C’est un moteur. C’est ce

qui rend la vie magique, fragile et forte. C’est banal de dire cela, mais je le ressens tous les jours. Pour mon travail, je me sers de la mort, de la peur, de la tragédie de la vie, de la tristesse. Je pense qu’on l’aborde de plus en plus à partir d’un certain âge. En même temps, elle est présente aussi dans l’adolescence. Peut-être qu’on l’oublie entre 20 et 30 ans.

By Marie Gagneur

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BREVES Prologue. Acte 1, Scène 1. Scène 2. Scène 3, Scène 4. Acte 2, Scène 1, Scène 2. Acte 3, Scène 1, Scène 2, Scène 3, Scène 4. Dernier Acte.

AQUARIUM

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

FUNAMBULE avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

RAIPONCE

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

BONJOUR

avance lentement dans le brouillard laiteux et surchauffé de cette fin d’après midi d’été. Le trafic s’écoule sous la canicule, se disperse et se répand dans les mille recoins de Budapest. loin, tourne sur les grands boulevards, longe une avenue.

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Chronique CHRONIQUE

ACTE DERNIER Annouk: Oui. Et quel est le titre de cette pièce, Monsieur ? L'auteur : LA FIN. Annouk: C'est un bon début !Et comment écrivez-vous FIN ? L’auteur : F.I.N. Pourquoi ? Annouk: Je pensais FAIM. Pierre : Je t'en prie. Annouk: Si l'on ne peut plus plaisanter avec un auteur... très dramatique. L’auteur : Je ne suis pas affamé, Madame. Annouk: Assoiffé, peut-être alors. Vous prendrez bien un verre. L’auteur : Non, je vous remercie. Je ne suis que de passage et je reprend un train tout à l'heure. Annouk: Pour une fois que je vois un auteur en chair et en os. D'habitude, les auteurs que jouent mon mari ne viennent pas à la maison. C'est dommage, j'aimerais bien voir la tête de Monsieur Molière et de ces étrangers... Comment les appelles-tu déjà ? Ah, oui ! Shakespeare, Tchekov. Comment peuvent-ils bien être habillés. Pierre, tu devrais les inviter à passer boire un verre, un de ces jours, entre deux trains, comme notre ami là. L’auteur : Vous vous moquez Annouk: Mais pas du tout. Je me pose une question à laquelle vous allez peut être répondre. Qu'écrivez-vous qui n'ait pas déjà été dit par Sophocle ou Euripide ? L’auteur :Voilà bien une question de femme. Mais je n'écris rien de différent, Madame. Je continue la même histoire à travers d'autres personnages et si Monsieur votre mari accepte de prêter sa voix au héros, il continuera à dire ce qui a commencé a être murmuré il y a si longtemps et qui retentit à nouveau dès qu'un public est là pour l'entendre : nous sommes mortels. Annouk: Je n'ai pas besoin du théâtre pour le savoir. L’auteur : Non, mais peut-être pour vous le rappeler. Au fait, la prochaine fois que Messieurs Euripide et Sophocle viendront boire un verre chez vous, veuillez les saluer de ma part, nous sommes amis depuis si longtemps. Si vous le permettez, je vous rappellerai un plus tard pour savoir si vous voulez jouer cette pièce. Réfléchissez. A bientôt. Bonsoir, Madame. Il sort. Annouk: «Nous sommes amis depuis si longtemps.» Quel culot, ce scribouillard ! Venir chez nous et se comparer à ... ! Pierre : C'est toi qui les a évoqués. Annouk: Encore un génie qui court les rues. Et bien courrez et ne revenez pas ici, Monsieur le mauvais génie. Pierre : Sûrement pas un génie, mais je vais lire sa pièce. Annouk: Ta fin de carrière est déjà terminée. Pierre : Je te dis que je vais lire, pas que je vais jouer. Annouk: Allons, je sens bien que son histoire te plaît.

By Alain Gras

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ISABELLE HUPPERT



Acte 1