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SOCIALISTES N ° 5 0 AV R I L 2 0 1 2 M e n s u e l d u par t i s o c iali s t e vau d o i s

SOMMAIRE

E D I TO R I A L

point VD p. 2 Bilan élections cantonales p. 3 Actualités du Grand Conseil point d’orgue p. 4-5 Les multis récidivistes point ch p. 6 Migration : quand la direction du PSS s’en mêle point commun p. 7 L’actualité des sections Julien Rilliet

point d’exclamation p. 8 PLR, une histoire d’efficience

Historique ! Stéphane Montangero

JAB 1000 Lausanne 1

vice-président du PSV, Lausanne

Les résultats des élections cantonales viennent couronner un cycle électoral inédit et harassant. Le PS en ressort grand vainqueur, grâce à la mobilisation incroyable dont ses militant-e-s ont su faire preuve. BRAVO et MERCI à toutes et tous pour vos efforts qui ont permis ces victoires historiques ! Mais ces résultats vaudois s’inscrivent dans un cadre plus général : crises sociales et financières à répétition, défiance des élites après des décennies de libéralisations à tout va, coups de boutoirs incessants pour affaiblir l’Etat et détruire le filet social, soumission de l’économie réelle au capitalisme casino, pillage des ressources des plus faibles au profit de quelques privilégiés. Or, ce modèle a partout connu des échecs cinglants. Pendant toutes ces années, le Parti socialiste vaudois a su garder le cap. Il a défendu pied à pied l’intérêt général, les intérêts du canton, sans trahir ses idées, sans trahir ses électeurs. Nos conseillers d’Etat ont été le bras fidèle permettant de concrétiser les idées socialistes, portées par le parti et les député-e-s, afin de défendre les plus fragilisés, développer un véritable service public, rendre notre société plus juste. La population, dans cette période de précarisation, a donné raison à cet engagement sans faille. A nous d’honorer cette confiance et de construire des solutions concrètes et durables pour répondre aux grand défis du canton : emploi, logement, formation, mobilité, énergie, famille, sécurité, environnement. C’est maintenant que nous avons le plus besoin de toutes et tous pour transposer notre programme en actes, tant au plan cantonal que communal. Le travail du PS est un travail de terrain, un travail de tous les jours, au contact des gens, un travail de chacune et chacun. En nous montrant dignes de la confiance de la population, cela nous donne des responsabilités. Cela nous donne aussi un souffle supplémentaire qui, souhaitons-le, saura également inspirer d’autres camarades, partout en Europe, pour que la justice sociale, la redistribution des richesses et l’égalité soient enfin remis au-devant de la scène.


p oi n t V D

2 – P o in t s f o r t s s o c iali s t e s N ° 5 0 – avril 2 0 1 2

B i la n e l e c t i o n s ca n to n al e s

TOU-TE-S NOS éLU-E-S Nuria Gorrite

Stéphanie Apothéloz

Claire Attinger

Sonya Butera

Amélie Cherbuin

Jean-Michel Favez

Anne-Catherine Lyon

Mireille Aubert

Brigitte Crottaz

Pierre-Yves Maillard

Laurent Ballif

Catherine Aellen

Samuel Bendahan

Aline Dupontet

Ginette Duvoisin

Fabienne Hugues Freymond Cantone Gander

Florence Golaz

Valérie Induni

Olivier Kernen

Patricia Dominique Denis-Olivier Maillefer Lachat

Pascale Manzini

Nicolas Mattenberger

Roxanne Meyer-Keller

Stéphane Montangero

Marc Oran

Delphine Probst

Philippe Randin

Michel Renaud

Nicolas Rochat

Myriam Rebecca Romano-Malagrifa Ruiz

Alexandre Rydlo

Valérie Schwaar

Claude Schwab

Oscar Tosato

Daniel Trolliet

Jean Tschopp

Filip Uffer

Annick Vuarnoz

Monique Weber-Jobé

Jean-Robert Yersin

Eric Züger

Le PS renforcé à l’exécutif et au législatif Trois socialistes et une majorité de gauche au Conseil d’Etat, un groupe socialiste renforcé de deux député-e-s font de ces élections cantonales une victoire historique pour le PS. Panorama de ces résultats et présentation du nouveau visage du groupe socialiste au Grand Conseil.

Ces élections montrent un résultat historique : nos trois socialistes P.-Y. Maillard, A.-C. Lyon et N. Gorrite au Conseil d’Etat permettent avec l’écologiste B. Métraux le premier basculement à gauche de l’Exécutif cantonal de l’histoire vaudoise lors d’élections générales. Les scores sont sans appel : avec notre camarade P.-Y. Maillard, c’est la première fois qu’un socialiste devance la droite lors d’élections générales ; au second tour, nos trois candidates sont plébiscitées en dépassant chacune la majorité absolue. La recette de cette victoire : sans nul doute, des personnalités rassembleuses et un programme clair et cohérent, à l’écoute des besoins de la population vaudoise. La progression de la gauche dans son ensemble ne se retrouve malheureusement pas au Grand Conseil. Le vote influencé par le découpage territorial s’y avère plus conservateur et laisse encore une majorité à la droite (74 élus PLRUDC, 64 élu-e-s PS-Verts-LG, 12 du pseudo-centre). Le Parti socialiste gagne en tout et pour tout 2 sièges par rapport à 2007 ce qui fait passer le groupe socialiste de 39 à 41 membres : trois sièges supplémentaires sont gagnés dans les districts de Nyon, Ouest lausannois et Aigle mais le jeu des apparentements entre partis de gauche nous fait perdre un siège sur Lavaux-Oron. Notre représentation socialiste au Grand Conseil est de fait la deuxième meilleure de l’histoire après celle obtenue en 1978. Une satisfaction supplémentaire est celle d’obtenir un groupe socialiste parfaitement paritaire : 21 femmes pour 20 hommes, signe que les efforts des régionales pour une représentation équilibrée des femmes et hommes sur les listes électorales est payante. Cette croissance du PS, déjà enregistrée lors des élections au Conseil national en octobre 2011, ne suffit à nouveau pas à renforcer la gauche. L’extrême-gauche perd en effet un siège et les Verts cinq. La poussée verte-libérale, de fait davantage libérale que verte, fait souffrir nos alliés écologistes. Cette recomposition imposera des discussions et consultations renforcées avec les député-e-s centristes et des radicaux progressistes si l’on veut obtenir des majorités, à l’image de ce qui a été fait sur les dossiers décisifs de la fin de législature (PC familles et rente-pont ou LEO). Arnaud Bouverat


p oi n t vd

P o in t s f o r t s s o c iali s t e s – 3 N ° 5 0 – avril 2 0 1 2

ac t ual i t é s d u gra n d c o n s e i l

Nicolas Rochat Fernandez

président du groupe PS au Grand Conseil - député Le Sentier

égalité FEMME-HOMME : l’insoutenable legérété de la majorité À un mois d’intervalle, la majorité du Grand Conseil accepte de lutter davantage contre les discriminations femmes-hommes. En revanche, cette même majorité refuse d’entrer en matière sur un congé paternité…

Entrée en vigueur en 1996, la loi fédérale sur l’égalité (LEg) a pour but de promouvoir dans les faits l’égalité entre femmes et hommes dans la vie professionnelle et interdit toute discrimination directe ou indirecte fondée sur le sexe. Toutefois, l’adoption de ces principes ne

La majorité de droite peine à mettre les moyens pour une véritable politique favorisant l’égalité ! parvient pas à réduire la ségrégation sexuelle sur le marché du travail, qui reste omniprésente dans de nombreux domaines. Deux propositions concrètes ont été faites par le Groupe socialiste au Grand Conseil vaudois: Constatant une stagnation de la promotion féminine au sein de l’Administration cantonale vaudoise qui se concrétise, notamment, par le fait que la position des femmes à l’Etat est globalement moins bonne que celle des hommes du point de vue des classes de traitement et de la position hiérarchique (malgré des qualifications supérieures) ainsi que de la conciliation travail et famille, le postulat Cesla Amarelle propose au Conseil d’Etat d’intensifier la mise en oeuvre du Plan pour l’égalité que ce dernier a adopté fin 2004 . La motion Michèle Gay Vallotton, quant à elle, demande d’étendre les compétences de la Commission tripartie pour l’emploi, afin que cette dernière puisse investiguer en matière d’égalité salariale. Cette commission a pour principale mission l’observation générale du marché du travail, plus précisément, d’éviter tout dumping salarial et social. Dans le canton de Vaud, le salaire des femmes est en moyenne de 17,2% inférieur à celui des hommes. Pire encore : lorsqu’elles occupent un poste de cadre, cet écart augmente de 21,3%. Afin de contrer cette discrimination patente, les inspecteurs du marché du travail pourront désormais œuvrer en vue de garantir l’égalité salariale hommes-femmes.

Pas de congé paternité dans le Canton de Vaud…

L’enthousiasme de la majorité du Parlement n’a pas été le même en ce qui concerne la motion du camarade-député Nicolas Mattenberger. Déposée lors de la grève des femmes du 14 juin 2011, cette motion demandait à ce que les employés de l’Etat puissent bénéficier d’un congé paternité de vingt jours ouvrables (le Canton ne peut légiférer pour les salarié-e-s du secteur privé, la base légale afférente étant fédérale). Il y a quatre ans, le Grand Conseil avait refusé d’assez peu l’introduction d’un congé paternité d’un mois. Persuadés que les mentalités avaient quelque peu évolué en s’appuyant sur ce qui se pratique notamment dans les villes de Lausanne, Yverdon et Morges ainsi que dans certaines entreprises privées, les député-e-s du Groupe pensaient que la majorité du Grand Conseil était plus sensible sur la question du rôle des pères au moment de la naissance d’un enfant, respectivement de l’accompagnement de la mère durant le congé maternité. Les député-e-s PLR et UDC n’en ont pas tenu compte…Au contraire, ces derniers ont violemment attaqué la motion socialiste invoquant des arguments d’un autre temps. Autant de propos tenus à l’encontre de cette motion par certain-e-s député-e-s n’ayant même pas la trentaine… A l’heure où le Conseil d’Etat sera désormais composé d’une majorité de femmes, la majorité des parlementaires vaudois-e-s peinent en revanche à légiférer et donc à mettre les moyens pour implanter de véritables politiques publiques favorisant l’égalité femme-homme.

Le Groupe socialiste veut mettre la priorité sur la réinsertion professionnelle !

Par l’entremise de trois interventions de nos camarades au Grand Conseil (Claire Attinger Doepper, Julien Eggenberger et Nicolas Rochat Fernandez), le Groupe socialiste souhaite renforcer la politique de réinsertion et de requalification professionnelle. Il plaide pour le développement de la validation des acquis pour les salarié-e-s sans certification (VAE), l’extension et l’adaptation du programme de formation des jeunes à l’aide sociale aux plus de 25 ans et un renforcement des mesures d’insertion professionnelle par le Service de l’emploi. Autant de propositions d’autant plus justifiées dans le climat économique actuel.


POINT D’ORGUE

4 – P o in t s f o r t s s o c iali s t e s N ° 5 0 – avril 2 0 1 2

L e s M u lt i s r é c i d i v i s t e s

Chantal Peyer

resp. pol. de développement Pain pour le prochain Lausanne

Alexandre Mariéthoz

chargé de communication Solidar Suisse Lausanne

Halte à l’impunité des multinationales Les entreprises sises en Suisse doivent respecter, partout dans le monde, les droits humains. Telle est la revendication de la campagne « Droit sans frontières », lancée par une coalition de quelque 50 organisations.

De plus en plus d’entreprises suisses commettent de graves violations des droits humains et de l’environnement. Glencore, par exemple, a été dénoncée pour pollution de cours d’eau et atteinte à la santé de centaines de personnes en République démocratique du Congo et en Zambie. Nestlé, quant à elle, a été accusée de violer les droits syndicaux en Indonésie et en Russie. Roche, enfin, a été accusée de profiter de prélèvements d’organes sur des prisonniers en Chine. Ces exactions montrent que les principes éthiques volontaires des entreprises ne sont pas suffisants. Paradis helvétique

Les entreprises transnationales contrôlent aujourd’hui les deux tiers du commerce mondial et concentrent par là-même un pouvoir inédit. La Suisse n’est pas en reste, puisqu’elle connaît la concentration par habitant-e de multinationales la plus élevée au monde. Des conditions fiscales avantageuses, ainsi que des lois peu contraignantes, transforment notre pays en paradis. Qui attire de nombreuses multinationales, notamment du secteur minier, dont les activités portent gravement atteinte aux droits humains et à l’environnement. Multinationales non responsables

Ce scandale doit cesser. C’est pourquoi une coalition de plus de 50 organisations a lancé la campagne « Droit sans frontières ». Le titre résume bien les enjeux: pour que les entreprises

suisses deviennent plus responsables, le droit doit se globaliser. Comment  ? La direction d’une multinationale helvétique doit être juridiquement obligée de mettre en place des politiques pour garantir que ses filiales et fournisseurs protègent l’environnement et respectent les droits humains.

Le navire Probo Koala, affrété par la société hollando-suisse Trafigura, a déchargé en 2006 des centaines de tonnes de déchets toxiques dans le port d’Abidjan.

Aujourd’hui, ce n’est pas le cas : une maison mère et sa filiale sont considérées comme deux entités juridiques séparées. Glencore, par exemple, détient 74% des actions de sa filiale Katanga Mining Limited (KML) en République Démocratique du Congo. Elle exerce de facto un contrôle économique sur cette filiale. Pourtant, Glencore n’est pas obligée d’utiliser ce contrôle pour améliorer le bilan social et environnemental de sa filiale. Et, juridiquement, Glencore ne porte aucune responsabilité pour les nombreux abus commis par KML dans la Province du Katanga : pollution de cours d’eau avec de l’acide sulfurique, licenciements abusifs, ou encore complicité dans des violences policières.

pressions psychologiques, voire menacées de mort lorsqu’elles déposent plainte contre une grande entreprise. Et, même si la complicité d’une multinationale dans des exactions, voire des assassinats, peut être prouvée, le risque est grand que les tribunaux prononcent des nonlieux – ou déclarent l’entreprise non coupable. Globaliser le droit

À ce jour, des mesures fermes pour résoudre ce grave problème n’ont pas encore été prises. Il faut, dès lors, créer des conditions-cadres stables et prévisibles, qui permettent de garantir le respect des droits humains, partout dans le monde. Cela implique une globalisation du droit, afin qu’une multinationale sise en Suisse ne puisse plus, à l’avenir, se laver les mains d’exactions commises dans le Sud.

Victimes démunies

Pour les victimes, ce vide juridique a des conséquences dramatiques : elles peuvent déposer plainte uniquement contre la filiale locale et devant les tribunaux des pays où les abus ont eu lieu. Or, dans les zones de guerre, dans les États autoritaires et non démocratiques, l’accès à une justice indépendante et neutre n’est pas garanti. Les victimes sont soumises à des

Pétition à signer

La pétition «Droit sans frontières» a été lancée, en novembre 2011, par plus de 50 organisations. Nous comptons sur vous pour la signer et la faire signer! www.droitsansfrontieres.ch


POINT D’ORGUE

P o in t s f o r t s s o c iali s t e s – 5 N ° 5 0 – avril 2 0 1 2

L e s M u lt i s r é c i d i v i s t e s

Vale : exonération scandaleuse

Pierre Zwahlen député Ecublens

Cadeaux fiscaux ecoeurants Le département vaudois des finances a exonéré les bénéfices de quelque 60 firmes étrangères : plus de 16 milliards de francs pour la seule année 2007 ! Précédé de révélations dans les médias, le rapport du Contrôle fédéral des finances a soulevé une vague de fond début février. Les cadeaux fiscaux accordés aux multinationales récemment arrivées écœurent, tandis que de petites et moyennes entreprises d’ici s’acquittent honnêtement de leur dû.

Au parlement cantonal, les socialistes déposaient aussitôt leurs propositions, pour soumettre les allégements d’impôts à une vraie diversification industrielle et à l’assurance d’emplois durables. Moins de multinationales : il importe de choisir les types de sociétés dont le canton favorise l’implantation. Nous demandons de refuser l’exonération aux quartiers généraux et à des firmes impliquées dans l’armement, l’exploitation minière ou les produits entraînant la dépendance notamment. Il faut clairement avantager les sites industriels, des technologies propres, en se référant au développement durable, fondement de la loi cantonale sur l’appui économique. Préserver les emplois deux fois plus longtemps

Les entreprises bénéficiaires doivent s’engager par contrat à maintenir le nombre d’emplois qu’elles entendent créer dans la région pour le double de la durée d’allégement, soit 20 ans si l’exonération porte sur dix ans. Si elles ne s’y tiennent pas, elles restitueront les impôts dont elles ont été dispensées durant

des années - demande la motion socialiste. Une clause de sauvegarde peut être invoquée, en cas de difficultés économiques avérées. Par ailleurs, il s’agit de connaître la nature et le volume des investissements de l’entreprise dans le canton et de pouvoir les vérifier sur la période. Le parti socialiste demande l’équité et la transparence dans ce domaine aussi. Ses élues et élus ont soutenu au Grand Conseil les exigences de soumettre le dossier des exonérations aux commissions de gestion et des finances, qui examinent actuellement en détails les allégements fiscaux accordés. Depuis 1993 et jusqu’à l’an dernier, le Conseil d’Etat avait délégué la compétence d’exonérer au département des finances, sur proposition du département de l’économie et sauf désaccord de la commune concernée. Il reprend désormais ces questions en mains et réoriente progressivement la diversification nécessaire de l’économie vaudoise. Conférence

La commission solidarité internationale du PSV vous invite le lundi 7 mai 2012 à 19h à la Maison du Peuple pour une conférence intitulée «Droit sans frontières: des règles pour cadrer les Multinationales !». Elle sera donnée par Olivier Longchamp de la Déclaration de Berne.

Le numéro 1 mondial du fer Vale - et no 2 de l’extraction d’importants minerais - est exonéré en 2006, sous régime de l’arrêté Bonny, qui visait alors à promouvoir l’innovation dans des régions défavorisées. Le géant minier annonçait quelques millions de bénéfices en 2006, au moment de son installation à St-Prex. Cinq ans plus tard en 2011, son bénéfice net dépasse…20 milliards de francs ! A l’évidence, il s’agit de gains extraits des exploitations minières de près de 40 pays, dont le Libéria ou la Guinée, où règnent souvent les pires conditions de travail. Ces bénéfices sont importés chez nous et y sont exonérés de l’impôt communal et cantonal. Nous avons immédiatement interpellé le gouvernement. Car Vale n’est pas un cas isolé ; il y a aussi Monsanto, champion des OGM et des scandales sanitaires, le céréalier mondial ADM ou Chiquita, roi de la banane inéquitable, tous allégés d’impôt sur la Côte. L’exonération de Vale fâche jusqu’à la Confédération, qui a recouru contre Vaud devant la cour administrative du Tribunal cantonal. Il faudra des semaines de tractations pour que Pascal Broulis cède enfin et accepte de ramener de 80 à 60% l’allégement de l’impôt fédéral direct pour la période 2006 à 2010. Trois semaines après les interpellations développées au Grand Conseil, le département des finances publie des réponses contorsionnées aux député-e-s roses et verts. Justifiant longuement ses pratiques au nom de la prospérité vaudoise, il finit par reconnaître qu’il faudra désormais « tenir compte des comportements d’entreprises à l’étranger qui ne respecteraient pas certains standards, (…) également afin d’éviter des dommages quant à la réputation de la politique de développement économique. » Les socialistes demandent au Conseil d’Etat d’utiliser toute la marge de manœuvre pour réduire les allégements fiscaux aux multinationales comme Vale ou Monsanto. Pierre Zwahlen


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POINT ch

P o l i t i q u e m i grato i r e

Cesla Amarelle

conseillère nationale présidente du PSV Yverdon-les-Bains

Migrations : quand la direction du PSS s’en mêle Dans son papier intitulé « Pour une politique migratoire globale et cohérente » rendu public le 4 avril dernier, la présidence du PSS présente une vision utilitariste des migrations. Un doute subsiste : après 20 ans de blochérisme, y a-t-il encore une place pour une politique migratoire humaniste dans le paysage politique suisse d’aujourd’hui ?

A la suite de l’UDC (et des satellites PLR et PDC), la présidence du PSS présente aujoud’hui ses thèses sur les questions migratoires. Sans faire de référence, même critique, à l’UDC mais en adoptant un vocabulaire de rupture qui lui est associé, le texte propose d’emblée une vision économique et pragmatique de la migration pour traiter des « risques » et des « problèmes » induits par la migration « excessive ». Avec son catalogue de 150 propositions, le projet est somme toute simple : disposer d’un régime préférentiel de libre circulation élargi et renforcé par des mesures d’accompagnement plus contraignantes pour certaines catégories de migrants, maintenir les frontières bien fermées pour les autres et reconduire à la frontière les migrants en situation irrégulière même de manière forcée. Passage en revue des points essentiels. Migration quantitative

Avec un texte débutant sur un intitulé « Les limites de la croissance sont franchies », le texte propose pour l’essentiel de traiter les migrations sous un angle quantitatif. La croissance de ces six dernières années est clairement jugée excessive (excédent migratoire de 388’000 personnes de 2007 à 2011, soit trois fois supérieur à l’excédent moyen entre 1980 et 2011). L’une des principales causes de cette croissance réside dans la politique fiscale et de promotion économique. Ainsi, la Suisse attire les entreprises étrangères avec les impôts les plus bas des pays fortement structurés bien qu’elle ne dispose pas de suffisamment de main d’œuvre qualifiée. Il en découle une arrivée massive d’employés qualifiés depuis l’étranger dans les régions en surchauffe (Zürich et arc lémanique pour l’essentiel). Ces transferts agissent aussi comme une loupe sur les lacunes en matière d’infrastructures, de logements ou de transports qui sont saturés. Il faut donc changer de politique économique et fiscale pour juguler la migration non par le biais d’obstacles administratifs (contingents) mais par une politique fiscale qui limite les rabais fiscaux et bannit les forfaits fiscaux aux entreprises internationales attirées par ces allègements et qui viennent en Suisse avec une part importante de leur personnel.

Focus central sur les mesures d’accompagnement et élargissement du système des deux cercles

Le renforcement des mesures d’accompagnement est le point central du papier. Plutôt que de vouloir contrôler la migration par le biais de contingents ou de restrictions, seules des mesures d’accompagnement renforcées supplémentaires et efficaces (MA+) peuvent être en mesure de juguler la pression sur les salaires et la baisse générale de la qualité de vie. L’inscription de règles plus claires contre les faux indépendants, une responsabilité solidaire en matière de sous-traitance et une obligation d’annoncer les salaires des travailleurs détachés est donc soutenue. Une fois renforcées, ces mesures devraient permettre d’élargir le régime préférentiel à des pays tiers hors UE tel que le Japon. Durcissements en matière d’asile, de renvoi et statu quo en matière de sans-papiers et d’intégration

Que penser de ces propositions ? Sur la forme, l’agenda de la direction surprend. D’abord, parce que les grands chantiers initiés par Simonetta Sommaruga ont déjà été lancés (deux révisions de la Loi sur l’asile sont en cours de discussion dans des commissions du Parlement, le nouveau projet de Loi sur les étrangers et leur intégration est en consultation depuis novembre 2011 et le nouveau projet de révision totale de la Loi sur la nationalité sera en discussion aux Chambres à l’automne prochain). Ensuite, parce que ce papier avait essentiellement pour but à la base de « briser les tabous » et discuter des contingents en matière de libre circulation que d’aucuns souhaitaient réinstaurer. Or, le texte en l’état n’en parle pas. Dans ce contexte, on comprend mal les enjeux politiques exacts autour d’un tel papier. Sur le fond, l’élargissement du régime préférentiel de libre circulation avec des mesures d’accompagnement renforcées est évidemment à saluer. Toutefois, le reste du texte demeure extrêmement frileux en matière de droits humains. Pas de grandes critiques sur les inégalités et les discriminations encourues par les migrants aujourd’hui, pas de nouvelles revendications en matière d’intégration ou de régularisations de sorte qu’on se contente d’en rester aux conditions strictes prévues par la loi. Pas de critiques fortes sur la manière d’engager les procédures et les erreurs de gestion de l’asile. Les renvois forcés « de niveau IV » (renvois de personnes attachées sur des vols spéciaux) sont quant à eux justifiés car sinon « cela reviendrait à remettre en question la crédibilité de l’ensemble de la procédure d’asile ». Plusieurs de ces points sont attentatoires à nos valeurs de socialistes.


P O I N T CO M M U N

P o in t s f o r t s s o c iali s t e s – 7 N ° 5 0 – avril 2 0 1 2

S E C TION S

yvonand la difficile mise en place des structures de la petite enfance

Yvonand Echallens

Entre la mise en place du réseau d’accueil de jour et la transformation d’un bâtiment communal en garderie, il aura fallu quatre années à la section PS pour convaincre la majorité de droite qu’Yvonand devait se doter de structures pour la petite enfance. Premier acte, 2007-2008. Après la fermeture de la seule garderie de la région à Chêne-Pâquier, le débat a été lancé pour la création d’un réseau d’accueil pour la petite enfance. « Bien trop chère pour le ménage communal », « les

coûts vont exploser à moyen terme », les arguments de la majorité de droite sont essentiellement financiers. Le groupe PS, soutenant sa municipale en charge du dossier, demande, lui, de répondre aux besoins actuels et futurs de la population. Deuxième acte, 2009-2010. Alors que le village est en pleine expansion (env. +40% d’habitants prévus à l’horizon 2014), la droite est persuadée que 22 places suffisent. Au-delà, les coûts (amortissement et de gestion) exploseront… Grâce à une élection complémentaire en 2010, le PS regagne, face à l’UDC, son 3e siège perdu en 2008. Juste à temps pour déposer et défendre le préavis proposant un projet pour 44 enfants. Epilogue. Ouverte depuis juin 2011, 95% des 22 places sont occupées. Des nouvelles pourront être créées… sans devoir se lancer dans un impossible et coûteux projet d’extension. Yann Rod

1e mai Venez nombreux-ses aux différentes actions Lausanne 17h00  : Rassemblement à la place de la Riponne et cortège sur la thématique : Défense des droits syndicaux. 20h30 : Projection du film « Le Lundi au Soleil » à la salle Paderwski au Casino de Montbenon - projection gratuite. Nyon 17h00 : Vernissage sur l’exposition Novartis. A la salle du conseil communal.

Yverdon-les-Bains 17h30 : Rassemblement à la Place Pestalozzi et cortège. Discours de Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, de Cesla Amarelle, présidente du Parti socialiste vaudois et conseillère nationale et de Pierre-Alain Recordon, président du groupe syndical de Nestlé. Concert de la Fanfare l’Avenir, stands boissons et grillades.

Echallens Urgence garderie! Depuis quelques années, la commune d’Echallens connaît une des croissances démographiques les plus fortes du canton. De nouveaux quartiers ont vu le jour ou sont actuellement à l’étude. En outre, à part trois immeubles d’appartements protégés, pour lesquels la commune a mis à disposition le terrain et cautionné la plus grande partie de l’emprunt, aucun appartement subventionné n’a vu le jour ces dernières cinq années. Les nombreuses familles venues s’installer à Echallens habitent des appartements de construction récente à loyer souvent élevé, car, de manière générale, les prix des loyers dans le Gros-de-Vaud n’ont pas grand chose à envier à ceux de Lausanne. Avec un salaire qui stagne et un loyer qui prend l’ascenseur, les familles peinent à nouer les deux bouts. A cause du manque de structures d’accueil préet parascolaires, les femmes qui souhaitent ou qui doivent poursuivre leur activité professionnelle sont fortement prétéritées. Le renforcement des places en crèches et garderies devient une nécessité urgente car le taux de couverture est un des plus faibles du canton. Un postulat socialiste a donc été déposé pour remédier à cette situation difficilement supportable pour les familles. La commune a une obligation légale d’organiser les structures nécessaires et il devient urgent de respecter ces dispositions ! Valérie Kaltenrieder

La Vallée de Joux 17h00 : manifestation en collaboration avec UNIA. A la cabane de la Chorale de L’Orient. Discours de Celio Rodriguez, président de la commission du personnel de Novartis et Rebecca Ruiz, présidente du Parti socialiste lausannois. Animation musicale  : Gérald Rochat et Jacques Bevilacqua.


p O I n T D ’ E XC L A M AT I O n

CouP de Point

olivier Barraud

Conseiller communal Moudon

pLR, uNe HIstoIRe d’effIcIeNce On le sait tous, les procédures administratives sont au PLR ce que la migration est à l’UDC. Un cheval de bataille, une chimère qu’il fait bon d’alimenter au-delà du raisonnable… bref le truc populiste qui fait que les habitués du café du commerce nous sortent leur cri du cœur : « c’est bien vrai ça » ! A l’initiative « Stop à l’immigration massive » de l’UDC, le PLR répond avec sa puissante initiative « Stop à la bureaucratie ». Si la première nous indigne tant il est vrai qu’elle est inhumaine et dangereuse pour la Suisse, la deuxième a le mérite de nous faire rire tellement elle est ridicule. Sans rire, il faut lire le texte de l’initiative du PLR… pas besoin de satire, elle se suffit à elle-même. De ce combat, Pascal Broulis en a même fait un sport cantonal avec son emblématique projet de simplification administrative poétiquement intitulé « SimpA ». Si ce n’est pas génial de penser que l’on a inventé la roue en mettant sur pied une sorte de boîte à idées… Le hic, c’est que cette boîte est toute sauf simple…

l’initiative de son parti. Et il y met du cœur le bougre ! Le projet de restructuration de la CGN est un bon exemple de cette recherche d’efficience Broulissienne.

Il est aussi intéressant de noter que notre ministre des finances s’échine à mettre en œuvre

Et si le PS lançait une initiative « Stop à la connerie » ?

Bien que tous les experts, excepté celui mandaté par le canton pour écrire ce qu’ils avaient envie de lire, ont dénoncé une restructuration inutile et complexe, le canton impose sa « simplification ». Pour les mêmes prestations au final… nous allons passer d’un Conseil d’administration à trois, pour le groupe et deux sociétés filles. D’un coup, on triple la comptabilité, les révisions correspondantes et les rapports ad’hoc. Les sociétés filles doivent désormais signer des conventions entre-elles pour garantir le fonctionnement avec des annexes pour l’entretien, l’exploitation, etc. Ces dernières devront bien entendu être maintenues à jour. Sans parler des dizaines de milliers de francs dépensés à ce jour en consultants, avocats et autres notaires. Rien à dire… une simplification marquée du sceau PLR, c’est la classe !

tRoiS PetitS PointS

Samuel Bendahan Lausanne

Dès qu’on parle de chiffres, on est largué. Le site Gapminder.org est à la fois simple et extrêmement riche. On peut y voir sur des graphiques intuitifs les rapports entre divers indicateurs économiques. Par exemple, en cliquant sur « Gapminder World » sur le

site, puis en appuyant sur play, vous pouvez voir défiler sous vos yeux 200 ans d’histoire du rapport entre richesse et espérance de vie dans le monde. En changeant le contenu des axes, vous pourrez par exemple constater le rapport entre richesse et temps

IMPRESSUM

poINts foRts socIALIstes – 8 N ° 5 0 – AV R I L 2 0 1 2

Le secrétariat du PSV a réussi l’exploit d’envoyer un tout-ménage à 360’000 foyers avec une proposition révolutionnaire sous le thème transports : « Développer l’offre en crèches et garderies en créant au moins 3’000 places supplémentaires ». Après des wagons enfants, des garderies mobiles ! Attention bientôt ce sera des logements sécuritaires, des cours de français et de maths pour les énergies renouvelables et peut-être des rabais d’impôts pour les entreprises... ah non on nous signale que cette proposition est déjà dans d’autres programmes politiques. La fête de la victoire rose-verte au soir du 2e tour a accueilli certains journalistes de marque, rarement présents lors de précédents événements socialistes. Certains retourneraient-ils leur veste aussi vite qu’on tourne les pages de leur journal ? Facebook offre des moments très risibles : sur son mur, Isabelle Chevalley a tenté de faire passer ClaudeAlain Voiblet pour un authentique anti-nucléaire. A-t-elle lu le programme de l’UDC Vaud qui ne mentionne à aucune reprise le terme nucléaire ? Au final, existe-t-il un lien entre l’UDC et l’écologie ? Probablement, la décomposition. Dans le journal du PLR-R, la secrétaire politique Fabienne Guignard insinue que la gauche n’aime pas grand chose : les riches, les propriétaires, les médecins, les banquiers, les policiers, etc. Bref une liste à la Prévert longue et convenue. Une chose est sûre toutefois : la gauche aime ce que Mme Guignard et son parti ne goûtent pas souvent, la victoire!

de travail, qui ne va pas dans le sens que la droite nous dit… Allez expérimenter! Les chiffres de l’économie à la portée de toutes et tous sur: http://www.gapminder.org

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Points Forts n°50 avril 2012