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Sur les traces de John MacLean et de la République Socialiste des Travailleurs Ecossais Lors du référendum sur l’indépendance de l’écosse organisé à l’automne 2014 beaucoup de gens qui s’intéressaient à ce pays pour la première fois ont été surpris de voir combien les arguments du SNP et de l’ensemble du spectre indépendantiste avaient une coloration sociale. Lors de la marche du 22 septembre 2013 (un an avant le vote) à Edimbourg, la mobilisation s’est clairement faite sur des mots d’ordre d’opposition à la politique d’austérité du Royaume-Uni. Alex Salmond (leader du SNP, er 1 ministre de l’Ecosse et pas vraiment à classer dans la gauche radicale) y a pris la parole en déclarant que l’indépendance avait pour signification « l’arrêt des coupes sociales, empêcher les écossais d’aller à la guerre qu’ils ne veulent pas et éliminer les armes nucléaire du pays ». Le leader du Parti Vert, Patrick Harvie, appelait à une indépendance « qui casse les pouvoirs des multinationales et des banquiers », pendant que Denis Canavan, ancien unioniste, disait lui, qu’en tant qu’internationaliste il voyait l’indépendance comme un moyen d’atteindre la justice sociale. On ne parlait ni tradition, ni histoire pas beaucoup culture ou politique linguistique... On pourrait croire que dans le mouvement indépendantiste (dans toutes ses sensibilités et contradictions) cette posture relèverait d’un certain opportunisme. Mais bien au contraire les racines de ce discours sont anciennes et sont à chercher notamment dans les écrits d’un homme : John MacLean, personnage peu connu en Bretagne qui fut pourtant un véritable héros de la classe ouvrière, compagnon de Lénine et de James Connolly, un indépendantiste et néanmoins farouche internationaliste. Pour faire connaissance avec son destin nous republions ici un texte paru pour les 50 ans de sa mort en 1973 dans le journal Sav Breizh (Cahiers du combat breton). Un périodique de réflexion nationaliste breton de gauche, progressiste, proche des comités de soutien aux détenus politiques. Il est intéressant de noter que l’auteur de l’article n’est autre que

Peter Berresford Ellis, un « Celtomane » anglais bien connu, érudit, spécialiste du Pays de Galles….mais aussi plus connu pour ses livres policiers qui se déroulent au haut moyen-âge en Irlande et signés du nom de Peter Tremayne. On oublie de rappeler qu’il fut aussi l’auteur d’études sur la classe ouvrière en Irlande ou la question nationale au Pays de Galles. On lira ici la biographie de John McLean qui a eu une vie courte mais bien remplie. En guise de conclusion une actualisation par nos soins qui permet d’entre apercevoir la pertinence et la prégnance des écrits de MacLean dans la vie politique de l’Ecosse contemporaine malgré les profondes mutations qu’a connu cette nation dans le laps de temps de la centaine d’année qui nous séparent des écrits et actions du révolutionnaire Ecossais.


John Maclean et la république des travailleurs écossais C'est en 1973 que se situe le cinquantième anniversaire de la mort tragique de Mclean, syndicaliste écossais mal connu et mal aimé. Dans les toutes dernières années, la John Maclean Society, dont la secrétaire est la plus jeune fille de Maclean, Madame Nan Milton, a réussi à publier à nouveau quelques-uns des principaux écrits de Maclean. Ils sont arrivés à susciter un certain intérêt pour Maclean et pour son œuvre. Des comités ont été formés avec pour but d'essayer de populariser ses écrits dans la presse et les mouvements de gauche, en particulier dans les pays celtiques. Il nous a semblé intéressant de donner la parole à notre camarade Peter Berresford Ellis, journaliste et écrivain, auteur de nombreux ouvrages sur les peuples celtiques, en particulier « Wales, A Nation Again », « A History of the Irish Working Class », ainsi que d'une anthologie des œuvres de James Connolly : il est bien placé pour nous exposer la vie de ce révolutionnaire écossais qui, si proche de nous à bien des égards, avait tenté de lier dans la pratique lutte de classes et lutte de libération nationale (N.d.l.R.) Il y a cinquante ans, 40.000 Ecossais suivaient le cortège funéraire du leader travailliste et marxiste écossais John Maclean jusqu'au cimetière d'Eastwood à Glasgow. Parmi eux il y avait des représentants du Mouvement Républicain et du Mouvement Travailliste irlandais. Aujourd'hui, peu d'Ecossais se souviennent de Maclean. Quand son nom est mentionné dans certains milieux socialistes fermés, il est salué par les socialistes et les néo-socialistes de toutes tendances – du parti communiste britannique au parti travailliste de Grande-Bretagne. Il est étrange, de ce fait, qu'il n'y ait pas un seul ouvrage contenant les essais ou les discours du Maclean, que si peu de gens sachent ce que ce marxiste écossais pouvait bien défendre. Il n'y a pas même de biographie disponible de Maclean, qui était l'ami à la fois de James Connolly et de Jim Larkin en Irlande. Maclean fut l'un des théoriciens marxistes les plus importants que les îles britanniques aient produits. Il jouissait de l'admiration de Lénine et de Trotsky, et il reçut l'hommage du

Gouvernement des Soviets en Russie dès 1918. Cependant, il est difficile de trouver un seul autre révolutionnaire marxiste dont l'œuvre ait été enterrée aussi profondément et dont la personnalité ait été calomniée avec autant de succès que John Maclean. La raison en est que Maclean réclamait une République des Travailleurs Ecossais et des Républiques des Travailleurs pour tous les pays celtiques combattant pour leur libération nationale. Né à Pollockshaws, Glasgow, Maclean devient membre de la Fédération Démocratique Socialiste en 1902 et milite dans le Mouvement Travailliste Ecossais. En 1906, Jim Larkin, l'initiateur des syndicats irlandais, organisait les travailleurs des docks à Glasgow, et c'est à ce moment que les deux hommes se rencontrèrent et devinrent amis intimes. En 1907, quand Larkin menait la célèbre grève de Belfast, Mclean vint dans cette ville, invité par Larkin, pour aider ce dernier. Il écrit : « Les grévistes et les milliers de travailleurs savaient qu'ils devaient cesser de se quereller entre catholiques et protestants, car sinon ils feraient le jeu des capitalistes ». (« Réflexions sur Belfast », dans JUSTICE, 24 août 1907).


Mclean, qui était instituteur, se consacrait à l'enseignement des principes économiques marxistes aux ouvriers, et ses cours, commencés en 1906, posèrent les fondations du Collège Travailliste Ecossais qu'il devait créer en 1916. Il se mit à organiser les grèves et il contribuait fréquemment aux publications socialistes FORWARD et JUSTICE, auxquels Connolly contribuait aussi. Quand la première guerre mondiale éclata, il la dénonça comme une guerre impérialiste et capitaliste, ce que Lénine et Connolly devaient aussi faire. Ses condamnations de la guerre lui firent perdre son travail d'instituteur. En septembre 1915, il lança son propre journal VANGUARD, qui n'eut que cinq numéros avant d'être interdit. En octobre 1915, Maclean est arrêté et emprisonné pour sédition aux termes de la Loi sur la Défense du Royaume (D.O.R.A.) En février 1916, il est à nouveau arrêté, et condamné le 11 avril à trois ans de prison. Des manifestations de grande envergure, avec à leur tête d'éminents socialistes de l'époque, tel Georges Lansbury, directeur du DAILY HERALD, amenèrent finalement sa libération quelque quinze mois plus tard. Connolly, dans le tout dernier numéro de WORKER'S REPUBLIC, exigea lui aussi la libération de Maclean.

ne fera rien pour modifier les conditions de la classe ouvrière Irlandaise ; qu’un Parlement à Dublin rempli de nationalistes écraserait les ouvriers irlandais ; et si le Home Rule est bénéfique pour les ouvriers d’Irlande ce sera seulement à la condition qu’ils prennent possession du parlement Irlandais en y envoyant une majorité d’hommes comme Larkin, Connolly, Partidge et Lewler » (THE VANGUARD, septembre 1913). Seamus Reader, l’organisateur de la Brigade Ecossaise des « Volontaires Irlandais » (ultérieurement IRA), fit des rapports au conseil militaire Irlandais à Dublin à propos de la situation en Ecosse en 1915-1916. Connolly, rappelle-t-il fut influencé par ce qui se passait du coté du « Red Clydeside ».

Maclean s'était fait connaître des socialistes irlandais dans les colonnes des journaux de Connolly, et il s'était rendu plusieurs fois en Irlande avant 1916. Le professeur G. O'Brien rappelle un discours de Maclean dans un meeting à Beresford Place avant cette date. Maclean était un « vieil ami » de Connolly, qui lui aussi était né et avait grandi en Ecosse, bien qu'il soit difficile de déterminer exactement la date à laquelle les deux leaders marxistes se rencontrèrent pour la première fois. Mac Lean se trouva étroitement mêlé aux problèmes irlandais. Il souligna les leçons du honteux lock-out de Dublin en 1913  : souvenez vous ! Vous les Irlandais d’Ecosse qui aurez certainement lu ce tract rappelant que la grève faite contre un PATRON NATIONALISTE, un homme qui édite des journaux nationalistes. Tirez-en la leçon. Pourquoi l’avons nous intitulé « la leçon de Dublin « ? Par ce qu’il démontre sans l’ombre d’un doute que le Home Rule seul

Connolly disait que l’Irlande ne pouvait attendre 1917 ou 1918. John Mac Lean s’attendait à être arrêté en janvier ou février (1916) car il avait l’intention de manifester contre la guerre et la conscription. Les travailleurs devraient se mettre en grève, tous ceux qui avaient des armes devraient s’en servir » (« Irish in Scotland in 1916, Seamus Reader).


Quand le soulèvement de Pâques eut lieu à Dublin, MacLean, alors membre de l’exécutif du Parti Socialiste Britannique, était encore en prison. Avec Lénine, MacLean fut l’un des quelques leaders socialistes à saluer le soulèvement et à apprécier son importance, comprenant la valeur du rôle de Connolly dans la lutte (voir les articles de Mac Lean « Connoly and the Dublin Insurrection » et « Catholic Socialist notes Connolly’s death » dans FORWARD, 6 mai 1916 et 7 juin 1916. Les évènements se précipitaient aussi en Russie. Les nouveaux dirigeants du pays, Lénine et Trotsky, avaient déjà reconnu MacLean et ses écrits. Au premier congrès Panrusse des conseils de travailleurs et de soldats à Petrograd (Léningrad) John MacLean et Karl Liebknecht furent élus présidents honoraires du Praesidium des soviets. Le 1er février 1918, sur les instructions de Lénine, MacLean fut nommé consul pour les affaires soviétiques en Grande-Bretagne. MacLean travaillait beaucoup pour aider les réfugiés politiques russes. Mais le gouvernement anglais était à cette époque intervenu militairement pour écraser la jeune République Russe et le 9 mai 1918 MacLean subit une condamnation à cinq ans de prison pour sédition. Il fit un discours d’adieu de soixante-quinze minutes.

«  Je suis un socialiste et j’ai combattu et combattrai pour la reconstruction totale d’une société œuvrant pour le bien de tous. Je suis fier de ce que j’ai fait. J’ai mis ma conscience en accord avec mon intelligence… Je ne suis donc pas ici comme l’accusé : je suis ici en tant qu’accusateur du capitalisme, qui baigne dans le sang de la tête aux pieds ». De nouveau des manifestations de masse conduisirent à sa libération le 3 décembre. Il se présenta immédiatement à une élection partielle, arrivant deuxième derrière le candidat officiel du Parti Travailliste. En 1919 Delia Larkin la sœur de Jim Larkin, l’invita en Irlande pour qu’il prenne la parole dans divers meetings. Il suscita de nombreux admirateurs, parmi eux les leaders du mouvement travailliste Irlandais comme Cathal O’Shannon, Sean Mc Lougin, Bob de Couer et Seamus Mc Gowan. Il devint l’ami de la Comtesse Markiewicz, la disciple de Connolly , qui avait été nommée au poste de Ministre du Travail par le Premier Dail de la révolution en avril 1919. Il l’invita à Glasgow pour prendre la parole dans l’un de ses meetings du 1er mai, où elle constitue le principal sujet d’attraction. Plus tard, Madame Markiewicz devait parler devant les salles à Glasgow au nom de McLean pendant ses campagnes électorales , et ce fut à Glasgow qu’elle se réfugia d’août 1922 à août 1932 pendant la guerre civile Irlandaise, et où elle édita le journal républicain EIRE. En mai 1920, MacLean fit à nouveau paraître son journal VANGUARD. Il se mit à écrire de nombreux articles soutenant les Irlandais dans leur guerre d’indépendance (1919-1921), et il appela les Ecossais à refuser d’être utilisés comme instruments pour assassiner leurs frères celtiques d’Irlande. Il semble que, d’après les mémoires de Seamus Reader, MacLean était resté en contact étroit avec les combattants par l’intermédiaire du bureau de la section Ecossaise de l’Irish Republican Brotherhood. A cette époque il publia une brochure intitulée « la tragédie Irlandaise-Honte de l’Ecosse » qui fut vendue immédiatement à 200 000 exemplaires. La brochure demandait à la classe ouvrière de soutenir les Irlandais et appelait à la grève générale jusqu'à ce que les troupes soient retirées d’Irlande. Le Royal Irish


Constabulary envoya des hommes de Liverpool pour acheter le maximum d’exemplaires de la brochure de façon à arrêter MacLean et l’inculper de sédition le jour ou il reviendrait en Irlande. Le Service de renseignement de l’IRA eut connaissance du projet et envoya un mot à MacLean, lui conseillant de repousser un voyage prévu à Dublin. MacLean cependant, prenait la parole dans de nombreux meetings à propos de la question Irlandaise. Il réclama constamment le soutien de la classe ouvrière. A l’un de ces meetings à Motherwell en Ecosse, des bandes orangistes mirent fin à la réunion par la force.

parlementaire) accrochèrent leurs bannières au parti travailliste indépendant. Quelques uns seulement des anciens camarades de Maclean l’aidèrent à former le parti républicain des travailleurs écossais au début de 1923.

En mai 1921, McLean fut de nouveau arrêté et emprisonné pour sédition. Il purgea une peine de trois mois de prison. En septembre 1921 eut lieu une nouvelle arrestation suivie d’une peine d’un an. Pendant cette période il obligea les autorités pénitentiaires à lui reconnaître le statut de prisonnier politique, quelque chose qui n’avait jamais été accordé en Grande-Bretagne, qui n’admet pas la présence de prisonniers politiques dans ses prisons. En octobre 1922, il arriva troisième dans la circonscription des Gorbals aux élections générales, la Comtesse Markiewitz parlant à la foule en son nom. Pendant cette période il avait travaillé à la création d’un parti communiste écossais ayant pour but une république des travailleurs Ecossais. Du fait de sa collaboration avec Connolly et Larkin il en était venu à la conclusion que l’indépendance nationale et l’indépendance sociale n’étaient pas deux questions isolées, mais les deux faces d’un grand principe démocratique. L’indépendance nationale était un prélude à l’indépendance sociale et partie intégrante du combat pour le socialisme. La pensée socialiste traditionnelle, cependant allait dans le sens d’un Parti Communiste BRITANNIQUE unifié qui fût créé à Leeds en 1921. La plupart des anciens camarades de Maclean, comme Willie Galacher (plus tard député communiste) rallièrent le nouveau parti communiste. D’autres, tel Manny Shinwell (plus tard Lord Shinwell) tentèrent leurs chances au parti travailliste britannique tandis que d’autre comme James Paxton (qui lui aussi devint

Le républicanisme écossais de Maclean s’était développé pendant les années de guerre et certainement à l’occasion de ses relations avec Connolly et Larkin. Mais un compatriote écossais eut aussi une influence profonde sur la pensée politique de Maclean. Ce fut Ruaraidh Arascain Is Mhainn (S.R. Erskine), dirigeant important pour le mouvement de la renaissance de la langue gaélique en écosse qui demandait depuis des années une république des travailleurs écossais de langue gaélique. Il avait salué le soulèvement de Pâques ainsi que la révolution russe, et avait pris une position hostile à la guerre. « Tant que le peuple ne règne pas, tant que le prolétariat n’a pas partout le pouvoir absolue, se serais folie de s’attendre à une paix prolongée, à une réduction substantielle des dépenses, ou à des réformes honnêtes et profonde ». Arascain était marxiste. Il écrivit une série d’article sur le journal de Maclean sur le « Communisme celtique » - Une étude sur la société celtique ancienne. Ce fût lui qui élargie la vision de Maclean sur la question celtique.


Ceux qui suivirent le Parti Communiste Britannique rejetèrent ses appels pour un Parti Communiste Ecossais se donnant pour but une république des travailleurs écossais. Ils étaient furieux contre le Parti républicain des travailleurs écossais de Maclean, à cause du prestige et de l’influence dont Maclean jouissait parmi les travailleurs. Ils entreprirent rapidement un « assassinat de personnalité », disant que Maclean étant devenu déséquilibré, qu’il souffrait d’hallucination, à cause de ses années de mauvais traitement reçu en prison ; Ils réussirent même à convaincre Lénine que l’homme qu’il avait admiré était malade mentalement. Se sentant personnellement concerné Lénine invita Maclean à venir en Russie faire un séjour dans un sanatorium jusqu’à ce qu’il soit guéri. Ce fût dans la douleur que Maclean écrit sa fameuse lettre ouverte à Lénine, dénonçant ceux qu’il disait être ses assassins (THE SOCIALIST, février 1921) dans « All Hail the Scottish Workers Republic ! » (aout 1920) Maclean écrivait : « Depuis un certain temps le sentiment a grandi que l’Écosse devait se diriger sur la voie de l’indépendance nationale, comme en Irlande et en d’autre pays. Celui ci a été récemment renforcé par l’intention du gouvernement anglais de se servir surtout des soldats écossais pour assassiner la race irlandaise. » Des écossais authentiques se sont posés il y a peu la question : « allons nous être, nous les écossais, utilisés comme instruments sanglants par les anglais contre nos frères celtique d’Erin » et naturellement la réponse instinctive était « non ! ». Maclean continuait : « Beaucoup d’irlandais vivent en Écosse et puisqu’ils sont celtes comme les écossais, et qu’ils se déclarent en faveur de l’indépendance irlandaise, et puisqu’en tant que salariés ils ont combattu pour les droits de la classe ouvrière, nous attendons d’eux qu’ils s’allient à nous, et nous aident à obtenir notre république communiste écossaise, aussi longtemps qu’ils vivent en écosse. Les irlandais doivent se souvenir que le communisme regnait parmi les clans irlandais comme parmi les clans écossais

ils ne font que poursuivre les traditions et les instincts de la race celtique ». En juillet 1923 (Larkin étant revenu des ÉtatsUnis en Irlande le 30 avril), Maclean effectue son dernier voyage en Irlande. Il renoua ses relations d’amitié avec Larkin. Quand Larkin était en prison aux États-Unis, Maclean avait écrit plus d’un article passionné réclamant sa libération. Il écrivit une lettre de Dublin à ses deux filles dans laquelle il décrit le Dublin de la période suivant la guerre civile et qui constitue une réflexion émouvante sur Connolly et Larkin. En revenant chez lui à Glasgow Maclean commence à préparer une élection prévue le 6 décembre 1923. Il se présente comme candidat de son parti républicain des travailleurs écossais qui avait déjà aligné de nombreux candidats dans les élections locales. Le 30 novembre 1923 il mourut … sa mort à l’âge de 44 ans était à attribuer aux épreuves physiques sévères qu’il avait subis pendant ses années d’emprisonnements. Un certain nombre de publications apparurent quelque temps après sa mort. « John Maclean » de Guy Aldred en 1923 ; l’autobiographie de Willies Galacher « Revolt on the Clyde » en 1936 dans laquelle Galacher poursuit son « assassinat de personnalité ». « John Maclean » de Tom Bell (du Parti Communiste) en 1944 pousse plus loin la mise en pièce de Maclean. « Conflict without Malice » d’Emmanuelle Shinwelle ajouta encore au mythe selon lequel Maclean était fou. James Clunie dans « Voice of Labour », publia plusieurs lettres de Maclean écrites pendant les années ou il était supposé souffrir d’hallucinations en vue de prouver que Maclean était parfaitement sain d’esprit. Récemment « The Revolutionary Movement in Britain 192021 » de Walter Kedall a révélé toute l’ampleur de la tentative faite pour discréditer Maclean.

Peter Berresford Ellis


En 2015, qui sont les héritiers de John MacLean ? La montée en puissance du PC Britannique après le décès de John Mac Lean fit qu’il fut l’objet de tentatives de récupération de la gauche Britannique (The British Left) tout en cherchant à minimiser l’aspect indépendantiste de son œuvre. Il sombra peu ou prou dans l’oubli dans les années 40 et 50. A la fin des années 1960 ses écrits trouvèrent un écho parmi la jeunesse écossaise qui comme le reste des jeunes européens se mobilisaient contre le capitalisme, l’impérialisme. De surcroit le regain du conflit Irlandais à la fin de la décennie résonnait de façon particulière en Ecosse et plus particulièrement à Glasgow, la ville de MacLean où vit une importante communauté Irlandaise.

nouveau SSP (Parti Socialiste Ecossais) Le SRSP/SRSM se réclame ouvertement et sans discontinuer de MacLean et c’est eux qui influenceront la ligne du SSP qui depuis les années 2000 revendique l’établissement d’une république socialiste en Ecosse. Notons que le SSP à obtenu jusqu’à 6 députés au parlement Écossais avant de décliner. Le SRSM organise tous les ans à Glasgow une marche pour célébrer la mémoire de MacLean dans son quartier natal mais surtout pour rappeler la pertinence de sa vision politique.

C’est en 1968 qu’est fondé la John Maclean Society par une de ses filles et des jeunes militants qui republieront certains de ces textes. Ce club impulsera une campagne de masse pour une assemblée Ecossaise (à l’époque il n’y avait pas de parlement) autour de membre du clergé et de figure du nationalisme tel le prestigieux Hugh MacDiarmid mais aussi de jeunes « gauchistes ». Peu avant, toujours à Glasgow, un de ses membres dénommé Matt Lygate fonde le Workers Party of Scotland en se revendiquant ouvertement de MacLean et du marxismeléninisme et de la lute contre le néorévisionnisme incarné par l’Union Soviétique (ils iront jusqu’ a traduire certaines œuvres de Mao Ze Dong en.. gaélique d’Ecosse !). Le journal de cet éphémère parti s’appellera « Scottish Vanguard » et plus tard « The Red Clysider ». Matt Lygate évoluera vers la lutte armée et purgera une longue peine de prison pour un braquage à motivation politique. Le parti disparu au début des années 1980. C’est en 1973 que sont formés les Scottish Republican Socialist Clubs pour tirer le SNP (Parti National Ecossais) vers la gauche. A partir de 1979 ils se constituent en parti (SRSP) puis en tendance en 1999 (SRSM) au sein du

A la marge du SSP existe également le Communist Party of Scotland (CPS ; Pàrtaidh Co-Mhaoineach na h-Alba) à ne pas confondre avec la branche Ecossaise du parti communiste de Grande Bretagne dont il est issu par scission. Le CPS (de taille modeste se réclame également de MacLean et appelle à voter SSP. En 2014 lors de la campagne pour le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse les idées de MacLean sur le nécessaire leadership de la classe ouvrière dans le combat pour l’indépendance connurent une fois de plus un succès posthume. Pour ne pas laisser le monopole de l’expression pro indépendance au SNP (dont certaines tendances se refusent à parler de « république ») une vaste campagne fut initié sous le titre « Another Scotland is possible ». Le réseau Radical Independence Campaign qui regroupa des milliers d’activistes de gauche (féministes, écolos, syndicalistes) le plus souvent non encartés a permis de faire progresser le « oui à l’indépendance » de façon à ce qu’il devienne majoritaire dans la classe ouvrière de Glasgow et des villes, chez les jeunes, et les immigrés, et ce même si le


référendum se solda par une victoire du « NON ». Le SSP soutint activement cette campagne, tout comme sa scission « Solidarity » animé par le très populaire Tommy Sheridan et sous leur pression de larges secteurs du Labour Party désobéirent à leur hiérarchie Londonienne et firent campagne pour le « OUI » ; Lors des meetings « Labour For Independence Rally » c’est la « John Maclean’s March » qui était interprétée en clôture ! Quant au CPGB, les « communistes » du parti britannique, il fit campagne pour le...« NON ». Il est clair pour tous les observateurs que malgré la victoire du « NON » à l’indépendance la direction du Labour party n’ayant pas fait campagne pour le « OUI » a peu d’avenir en Ecosse ! Plus de 90 ans après sa mort les masses écossaises ont fait justice à John MacLean en démontrant leur soif de justice sociale en votant largement pour l’indépendance !

Bretagne Info. Evit gouzout hiroc'h / pour en savoir plus :

SRSM : http://www.scottishrepublicansocialistmovement.org/Pages/default.aspx SSP : http://www.scottishsocialistparty.org/ Radical Independence Campaign : http://radicalindependence.org/

The struggle goes on !

Sur les traces de john maclean (bretagne info)  

Une réédition d'un texte de SAV BREIZ les Cahiers du Combat Breton sur la vie du révolutionaire Ecossais JOHN MCLEAN paru en 1973 sous la pl...

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