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Vaillants ✳ FARDC: combattants Page 84

marées humaines ✳ Des saluent la victoire des FADC

ISSN: 2295-3434

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SOMMAIRE

SOMMAIRE

CONGOPANORAMA

Sommaire

Editorial Né pour relever les défis

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Kinshasa et Pretoria signent l’accord de vente de l’électricité d’Inga

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CONCERTATIONS NATIONALES

Les polices des pays d’Afrique Centrale se serrent les coudes à Kinshasa

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Pg 18

Opportunités d’investissement: la RDC s’est bien vendue à Chicago

10

Le Marathon de Jacob Zuma à Kinshasa

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Partenariat militaire belgo-congolais Des formateurs belges débarquent à Kindu

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JOSEPH KABILA À L’ONU Pg 32

Jean Pascal Labille, La Belgique dit merci à la 14 RDC Lampedusa: Des morts qui interpellent

16

Rama Yade travestit l’image de la RDC

30

Quand la RDC battait l’Allemagne pour la Belgique

58

MARIE-OLIVE LEMBE KABILA CHEZ LE PAPE FRANÇOIS Pg 74

Deux oeuvres d’art en Allemagne pour immor- 60 taliser Patrice Lumumba Nkosazana Dlamini Zuma à Kinshasa

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Matata Ponyo: «Il n’y a pas de sot métier»

68

Marie-Olive Lembe Kabila parraine le mariage civile de 242 couples de policiers

70

Maker Mwangu relance le transport scolaire

78

Baisse des prix sur le marché: 91 Le gouvernement en guerre contre la vie chère 42 ans après, le GHK à l’ère de la rénovation

94

Pamphile Badu à l’oeuvre pour la province du Bas-Congo

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Modernisation des villes «La Cité du Fleuve séduit Moïse Ekanga»

108

Réhabilitation et entretien routiers Le FONER met le Paquet

136

Nouvel oscar international pour l’INPP

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FPI: Ces financements qui boostent l’industrie congolaise

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Sport: Mazembe sauve le sport congolais

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À LA UNE: LA GUERRE, SOLUTION À LA GUERRE Pg 80

L’OVD TRANSFORME LE VISAGE DE KINSHASA Pg 118

L’OFFICE DES ROUTES ASSURE LA FLUIDITÉ DU TRAFIC ROUTIER À L’EST DE KINSHASA Pg 128

ACGT FACILITE LES ENTRÉES DANS KINSHASA Pg 142

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Editorial

Né pour relever les défis

L

es grands hommes se distinguent par leur détermination à faire face aux grands enjeux, aux grands défis et à tous les paris. En tant que tel, ils aiment repousser les limites de l’impossible et cherchent à sortir des sentiers battus. Ils sont confrontés à des situations qui nécessitent des décisions courageuses que d’aucuns qualifieraient d’audacieuses. Sans conteste, Joseph Kabila Kabange, Président de la République, est de cette race de leaders. Son parcours est jonché de grands défis qui se sont posés à la Nation, défis qu’il a systématiquement relevés pour remonter la RDC de l’eau où elle était plongée. Aussitôt qu’un nouvel espoir pointait à l’horizon après la sortie de la RDC du joug dictatorial en 1997, le pays sombrait de nouveau dans l’incertitude du lendemain avec la relance d’une nouvelle guerre, mais surtout, la mort tragique de M’zee Laurent-Désiré Kabila. Il se posait tout de suite un problème de leadership fédérateur pour sauver le bateau RDC du naufrage. Où donc trouver l’oiseau rare dans la confusion qui s’emparait du pays et l’émotion qui tenaillait tout le monde ? Alors que tout le monde se pose des questions, Joseph Kabila, accepté par le Hautcommandement militaire d’alors pour succéder à son père, prend les commandes du pays. Le jeune chef de l’Etat doit, tout de suite, faire face à un nombre impressionnant de défis qui peuvent se résumer en la nécessité de refonder le Congo en perdition. Il est question, avant tout, d’avoir la confiance du peuple pour engager avec lui, la bataille de la reconstruction nationale. Son discours d’investiture de janvier 2001 lui suffit pour captiver l’attention aussi bien des Congolais que de la communauté internationale. Jeune, il se devait déjà de relever le premier défi qui transparaissait dans la question « que peut-il faire ? » Très vite, Joseph Kabila ouvre tous les fronts des défis : diplomatie, coopération,

gouvernance, économie et finances, paix et sécurité, etc. C’est à l’œuvre qu’on reconnaît les capacités de l’homme, dirait-on. Et Joseph Kabila va faire ses preuves en affrontant tous ces défis. Lorsqu’il prend le bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des « Grands » du monde, personne ne lui accorde aucune chance de forcer les portes. Pourtant, c’est de cette offensive diplomatique que la RDC va retrouver sa place dans le concert des nations et s’inscrire dans l’agenda international. C’est aussi de cette démarche que la RDC regagne la confiance des partenaires bi et multilatéraux. Rompue depuis 1990, la coopération est également rétablie et les institutions de Bretton Woods retrouvent le chemin de Kinshasa pour conclure un nouveau programme. Sur le front politique interne, Joseph Kabila relève un nouveau défi : il relance le dialogue en rechauffant l’accord de Lusaka gelé depuis 1999. De Gaborone, les Congolais vont se retrouver à Sun City au dialogue inter-congolais, puis à Pretoria pour un accord politique qui va permettre de relever deux autres défis majeurs : le pays est pacifié avec la fin des rébellions. Le pays est aussi réunifié et l’autorité de l’Etat redéployé sur l’ensemble du territoire national. La transition qui s’instaure va aussi relever le défi de la relance de la démocratie. Joseph Kabila va réussir le tour historique de conduire les Congolais aux urnes, chose qu’ils n’avaient jamais faite depuis l’indépendance de la RDC. Et l’exploit va être édité à deux reprises. Entre temps, la crise de légitimité n’est plus qu’un souvenir, tandis que grâce, la Constitution adoptée au référendum par les Congolais, le cadre institutionnel du pays est réorganisé. Sur le front de la gouvernance, il est question de maîtriser les indicateurs économiques qui sont tous au rouge. Petit à petit, la RDC, sous la houlette de Joseph Kabila, parvient à stabiliser le cadre macroéconomique et à re-booster le produit intérieur brut notamment. Le budget national qui se situait autour de 300 millions Usd seulement en 1997, est remonté

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I Yvon RAMAZAN jusqu’à un peu plus de 6 milliards de Usd à ce jour. L’exploit force l’admiration des partenaires extérieurs au point qu’au cinquantième anniversaire de son indépendance, la RDC accède au point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) qui conduit le pays à l’annulation de la quasi-totalité de sa dette extérieure. Cependant, les ennemis du Congo ne désarment pas. Le pays doit à nouveau faire face à des tentatives de déstabilisation suivant un plan de balkanisation. La nouvelle guerre qui éclate en 2012 tend à anéantir les efforts de reconstruction qui étaient consentis jusque-là. La fulgurance de cette guerre prend le pays quelque peu au dépourvu. La cote de Kabila auprès de son peuple est au plus mal. Le commandant suprême des FARDC est pointé du doigt comme responsable de la débâcle des FARDC face aux agresseurs. Que va devenir le Congo, s’interroget-on à nouveau. Mais c’est sans compter avec l’expérience des défis que Joseph Kabila a acquise depuis son avènement à la magistrature suprême. Dans le silence et en dépits des quolibets qui fusent de toutes parts, il relève un nouveau défi : réorganiser l’armée et galvaniser les troupes. Last but not the least, les tendances sont inversées au front et, pour la toute première fois depuis l’indépendance de la RDC, l’armée nationale parvient à remporter d’éclatantes victoires face à l’ennemi. Ce succès est le résultat d’une détermination sans faille de Joseph Kabila qui avait promis aux Congolais la paix et l’intégrité territoriale. C’est aussi le résultat d’une constance inébranlable dans son engagement. Né donc pour relever les défis, Joseph Kabila aura donné le meilleur de lui-même à la Nation. Son leadership s’est forgé à l’ouvrage, et c’est à juste titre que les Congolais lui rendent des hommages de toutes parts.

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Coopération

Kinshasa et Pretoria signent l’accord de vente de l’électricité d’Inga

Poignée de main entre le Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, et son homologue Sud-Africain Jacob Zuma

Les rapports de coopération entre la République Démocratique du Congo et l’Afrique du Sud sont au beau fixe. Un nouvel acte qui en témoigne a été posé fin octobre 2013 à Kinshasa lors de la visite d’Etat du Président sud-africain, Jacob Zuma. Il s’agit de la signature d’un accord de vente de l’énergie hydroélectrique du barrage d’Inga III à construire. Les termes du contrat prévoient que l’Afrique du Sud achètera 2.500 MW, soit plus de la moitié de la capacité totale évaluée à 4.800 MW.

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S

ur le reste de la production, 1.300 MW sera destiné aux industries minières du Katanga qui ont réalisé une production record de cuivre et de cobalt en 2012, mais qui se trouvent limitées par le manque d’énergie. Le reste de la production de Inga III bénéficiera à la population congolaise. Ce contrat, qui est déjà paraphé au niveau ministériel, va rendre le projet Inga III plus viable pour les investisseurs. Le coût des travaux de construction de Inga III est estimé à USD 8,5 milliards, sans compter les frais connexes. Avec ceux-ci, le coût avoisine les USD 12,5 milliards. Le Gouvernement congolais s’active pour pouvoir constituer ce fonds avec ses différents partenaires. En mai dernier, le ministre

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Coopération

congolais délégué aux Finances et le premier Vice-Président de la Banque Africaine de développement (BAD), avaient signé deux accords de don s’élevant à USD 5,25 millions. Cet argent est destiné à financer une partie de la réalisation du projet Inga III. Ils concernent les volets institutionnel et technique du projet. Sur le plan institutionnel, ce don devra financer une structure nationale chargée de la promotion et du développement du potentiel hydroélectrique du site d’Inga. Et sur le plan technique, il servira à la mise à la disposition de la RDC, des conseillers juridiques et stratégiques devant accompagner le pays dans la sélection « du développeur » de la première phase du projet Grand Inga. Ces 5,25 millions de dollars américains s’ajoutent aux 15 millions qui ont permis de mener l’étude de faisabilité du Grand Inga, dont Inga III est la première phase. Les travaux de construction proprement-dits devraient débuter en octobre 2015, tandis que la mise en service est projetée pour 2020 ou 2021. Signature de l’accord entre Pretoria et Kinshasa par les ministres d’Energie

Le projet de Inga III s’inscrit dans le cadre du projet global du Grand Inga qui devrait faire de ce site les plus grand barrage au monde. Celui-ci sera construit en partenariat avec l’Afrique du sud. Avec une capacité de production d’au moins 40.000 MW, il devra être capable de desservir presque la moitié de l’Afrique en électricité. Un consortium géant, qui réunit la RDC, l’Afrique du Sud, l’Espagne et la Chine, a déjà été monté sous l’égide de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque européenne d’investissement (BEI). JEK

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Coopération

Lutte contre la criminalité transfrontalière

Les polices des pays d’Afrique centrale se serrent les coudes à Kinshasa 8 Congo panorama 8-impression.indd 8

La RDC a pris les rênes du Comité des Chefs de Police d’Afrique Centrale (CCPAC) à l’occasion de leur 17ème sommet qui s’est tenu à Kinshasa, sommet au cours duquel un vibrant appel a été lancé pour la recherche des meilleures stratégies pour lutter contre la criminalité transfrontalière et préserver la paix et la sécurité dans la région.

K

inshasa a abrité, début octobre 2013, les travaux du XIVème sommet des chefs de police des pays d’Afrique Centrale, sommet qui avait pour but de renforcer la coopération entre ces pays pour lutter contre la criminalité transfrontalière. La lutte est à mener contre, entre autres, le

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Coopération

coopération entre les polices de leurs pays respectifs, notamment sur l’extradition, de police à police, des criminels «en contournant les procédures judiciaires parfois lourdes et lentes ». Pour étayer l’efficacité de cette proposition, Bisengimana a donné l’exemple de la coopération des polices des deux rives du fleuve Congo et dans la région de la SADC. « Nous avons été à Brazzaville et nous avons ramené des criminels qui s’y étaient refugiés. Nous avons saisi des cargaisons de produits contrefaits à Kinshasa et à Brazzaville. Nous avons aussi saisi des véhicules volés dans l’espace des pays de la SADC et de la CCPAC », a-t-il fait savoir avant de faire un florilège pour la coopération : « nous comptons sur la coopération de toutes les organisations sous-régionales pour traquer les criminels ». La réunion des chefs de police avait été précédée par celle préparatoire des experts régionaux des questions sécuritaires. Elle a été suivie par la rencontre des ministres de la sous-région ayant en charge la police dans leurs attributions qui ont également discuté des questions de sécurité.

Vue des officiers de la police des différents pays de l’Afrique centrale. trafic et la circulation d’armes, le trafic d’êtres humains et de ldrogue, le terrorisme, mais également la cybercriminalité. Pour rappel, le comité des chefs de police des pays d’Afrique centrale (CCPAC) a été créé en 1997 à Brazzaville (Congo) pour définir une politique sous-régionale de lutte contre la criminalité. Plusieurs pays de la région d’Afrique centrale ont pris part aux assises de Kinshasa. C’est le cas du Congo-Brazzaville, de la Centrafrique, de la Guinée-Equatoriale, du Tchad et de Sao Tomé et Principe. A l’ouverture des travaux, le Commissaire

Général de la police congolaise, Charles Bisengimana, a souligné la grande responsabilité de la RDC qui occupe une «position géostratégique déterminante» dans cette lutte. Il a aussi relevé l’enjeu que représente cette lutte pour le Congo, en indiquant que « les criminalités internationale et nationale comme les violences sexuelles et le gangstérisme ont pour cible, les frontières que la RDC partage avec neuf voisins ”. Proposant une stratégie pour mieux engager le combat contre la criminalité transfrontalière, le patron de la police congolaise a recommandé aux participants de favoriser la CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Au terme des travaux, le Général Jean-François Ndengué, patron de la police congobrazzavilloise, a cédé à son homologue congo-kinois, le Général Charles Bisengimana, les rênes du Comité des chefs de Police d’Afrique centrale (CCPAC). Dans son bilan à la tête du CCPAC, le général François Ndengue s’est félicité des efforts fournis par cette structure pour éradiquer la criminalité transfontalière, tout en insistant sur l’heureuse collaboration qui a régné entre les polices des deux rives du fleuve Congo. « Nous avions travaillé de commun accord avec la RDC. La preuve, nous avions mis à leur disposition six bandits », a-t-il revelé avant de revenir sur la cartographie des crimes les plus courants qu’il faut combattre. « Les crimes le plus récurrents au niveau des frontières communes sont : trafic de la cocaïne, des êtres humains, des ossements, sans compter des jeunes bandits couramment appelés les Kuluna. La police brazzavilloise en avait livré un qui avait tué un policier à Kinshasa », a indiqué le Général Ndengué.

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Coopération

Pour une stratégie sous-régionale de lutte contre la criminalité transfrontalière

nes dans la sous-région d’Afrique centrale».

A la clôture des travaux, Le ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Richard Muyej Mangez, a recommandé aux pays d’Afrique centrale de travailler en synergie en vue d’une coopération renforcée pour combattre la criminalité transfrontalière qui risque de compromettre la paix et la stabilité dans la sous région. Il a souligné qu’«ensemble nous pouvons tous traquer, en parfaite synergie, la criminalité transfrontalière pour amener la paix, la sécurité et la circulation des biens et des person-

Dans son propos, il a fait voir comment l’accroissement des populations, l’ouverture des frontières, l’immigration clandestine, la circulation des biens et des services, le trafic d’armes, le trafic d’êtres humains, la pédophilie, le terrorisme et l’ouverture à la mondialisation ont contribué à la criminalité transfrontalière en Afrique centrale. Il a invité par conséquent les ministres en charge de la sécurité et les responsables des polices d’Afrique centrale à se pencher sur la question pour trouver des solutions contre ce fléau et préserver les acquis des efforts déjà consentis pour la paix et la sécurité, gage d’un développement harmonieux de la région.

nalité liés au trafic illicite d’armes. Cet ensemble de fléaux est à la base de l’insécurité et de la guerre dans l’Est du pays, des violences sexuelles comme arme de guerre, du trafic de la drogue et du déplacement massif des populations. La solution pour résorber cette question, a indiqué le ministre, réside dans la coopération transfrontalière entre les services de police et de sécurité, et dans la définition d’une stratégie sous-régionale de lutte contre la criminalité transfrontalière. Pour le général Charles Bisengimana, la RDC occupe une «position géostratégique déterminante» dans la lutte contre la criminalité en Afrique centrale. Jonas Eugène KOTA

Muyej Mangez a noté que la RDC est la cible de toutes sortes d’actes et plans de crimi-

Opportunités d’investissement La RDC s’est bien vendue à Chicago La RDC a fait entendre sa voix et valoir ses opportunités d’investissement à la neuvième édition du forum bisannuel USA-Africa business summit qui s’est tenu du 8 au 11 octobre 2013 à Chicago, aux Etats-Unis d’Amérique. C’est, en effet, une forte délégation composée aussi bien des membres du Gouvernement que des entrepreneurs qui a répondu à ce rendezvous qui avait pour but de promouvoir le commerce et l’investissement en Afrique. Ceci pour la simple raison que le continent africain est aujourd’hui considéré par les USA comme une région stratégique aux plans économique et politique.

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lusieurs secteurs ont focalisé l’attention des participants, à savoir l’agribusiness, la santé, la sécurité, les nouvelles technologies, les infrastructures, les finances, l’énergie et le renfoncement des capacités. La RDC a eu, au total, trois jours pour con-

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vaincre les investisseurs américains en mettant en valeur ses richesses et les efforts en cours pour l’amélioration du climat des affaires. Pendant la conférence, la délégation congolaise, conduite par le Premier Ministre, a eu deux heures de présentation pour exposer les atouts, les défis et les opportunités d’investissements et d’affaires qu’offre la RDC. A cette occasion, le Premier Ministre Matata Ponyo a décrit la politique d’investissement et les réformes réalisées dans le but d’assainir l’environnement des affaires. Cette opportunité était d’une importance non négligeable au regard déjà, de la place qu’occupe Chicago dans le dispositif économique américain. Reconnue dans l’agro-industrie et le transport ferroviaire, cette ville est aussi le siège de grandes entreprises américaines telles que Caterpillar, Boeing, John Deer et autres. Et Kinshasa a compris l’enjeu de ce forum, raison pour laquelle sa délégation a été suffisamment étoffée avec la représenta-

tion suivante : les ministères du Plan et Suivi de la Mise en œuvre de la Révolution de la Modernité ; de l’Aménagement du Territoire, Urbanisme, Habitat, Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction ; de l’Agriculture et Développement Rural, de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme ; des Mines et des Ressources Hydrauliques et Electricité. L’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements et le Comité de Pilotage pour l’Amélioration du Climat des Affaires et des Investissements (CPCAI) étaient également de la partie. Patience FURAHA

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Coopération

Le « marathon » de Jacob Zuma à Kinshasa

A

près avoir été accueilli à l’aéroport International de N’djili par le Premier Ministre Matata Ponyo qu’accompagnait le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de la Francophonie, le couple Jacob Zuma s’est aussitôt rendu au Palais de la Nation où il était attendu par le couple Joseph Kabila Kabange. Les deux présidents ont eu un tête à tête dont le contenu n’a pas filtré. Avant de se rendre au Palais du Peuple pour la séance académique consacrée à l’adresse du Président de la République Sud-Africaine, Joseph Kabila et Jacob Zuma ont procédé à la signature du traité sur la construction de Inga III. Devant les deux chambres du Parlement réunies dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, et en présence de son homologue congolais, Jacob Zuma a tenu un discours de près d’un quart d’heure. Fier du lien qui unit l’Afrique du Sud et la RDC, Jacob Zuma n’a pas manqué de se féliciter de la cordialité des relations qui existent depuis des années entre les deux pays. Il a émis le souhait de voir se consolider davantage ces liens.

Plaidoyer pour la paix

Le Président Jacob Zuma prononçant son discours au Palais du peuble à Kinshasa

Attendu le mercredi 29 octobre 2013 en République Démocratique du Congo pour un séjour de 48 heures, le Président Sud Africain Jacob Zuma a respecté son engagement en effectuant sa première visite d’Etat sur le sol congolais. CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Enough is enough, the time for peace… « Trop c’est trop, le temps pour la paix, c’est maintenant …», a déclaré Jacob Zuma, en mettant en garde les forces négatives du M23 qui perturbent la paix à l’Est de la RDC et qui défient les efforts de la communauté internationale. « Je dois vous assurer que l’Afrique du Sud demeure profondément préoccupée

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Coopération

Le couple présidentiel congolais accueille, au Palais de la Nation, Jacob Zuma et sa femme

par le conflit qui perdure dans l’Est de la RDC», a-t-il affirmé encore, avant de renchérir que son pays fera de son mieux pour aider la RDC à assurer le rétablissement de la paix. Il a reconnu que la RDC a, en son temps, joué un rôle remarquable aux côtés de l’Afrique du Sud dans la lutte contre l’apartheid. Le Président sud-africain a par ailleurs invité le Congo à poursuivre la lutte pour vaincre la pauvreté et la misère, et accorder à son peuple une vie digne. Jacob Zuma s’est par ailleurs dit heureux et fier de ce que le projet du grand Inga connaisse des avancées à travers la signature du traité ad hoc entre la RDC et son pays. Ce projet, qu’il qualifie d’ambitieux et de jamais entrepris sur le continent africain, sera le symbole de la renaissance de l’Afrique et de son peuple. Il sanctionnera également la réalisation d’un grand rêve sud-africain et congolais, et changera en même temps les perspectives économiques de la RDC. Il a ajouté qu’une fois achevé, ce projet permettra, non seulement d’électrifier une bonne parie du continent africain, mais également d’exporter l’électricité au-delà de ce continent. Au plan politique, le père de la Nation arc-en-ciel a félicité le Gouvernement congolais pour la tenue des Concertations Nationales qui avaient pour objectif de consolider la cohésion nationale, dans la recherche de la paix et de l’intégrité du territoire congolais. Il a également salué les efforts de la RDC dans les pourparlers de Kampala avec les rebelles du M23 ainsi que le ferme engagement de notre pays à respecter les promesses souscrits dans l’Accord de paix signé le 24 Février dernier à Addis-Ababa.

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Le Président Sud Africain a félicité et encouragé les FARDC qui sont à la manoeuvre à l’Est où elles engrangent des succès face au M23 avec l’appui de la brigade onusienne d’intervention qui compte, dans ses rangs, un contingent sud-africain. Il a également remercié très vivement le peuple congolais pour l’accueil chaleureux dont lui-même et son épouse ont fait l’objet. Chouchou Kahowa

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Coopération

Militaires congolais en pleine formation à Kindu

Le Programme de Partenariat Militaire (PPM) belgo-congolais en marche

DES FORMATEURS BELGES

DEBARQUENT A KINDU Lors de leur dernier séjour en République Démocratique du Congo, Didier Reynders et Jean-Pascal Labille, respectivement Vice-Premier Ministre et Ministre belge des Affaires étrangères, et Ministre belge de la Coopération au développement, ont évoqué avec les autorités congolaises, le projet d’une collaboration entre les armées congolaise et belge dans le but du renforcement des capacités de la première citée. Le projet était certainement déjà bouclé du côté belge puisque, dès le retour de ses émissaires, le Conseil ministériel restreint a approuvé le déploiement d’une compagnie, soit une centaine d’hommes, du 3ème bataillon parachutiste de Tielen (province d’Anvers) en RDC. Ce déploiement a débuté début novembre 2013. Sa mission est, d’une part, de s’entraîner et, d’autre part, de participer à l’exercice de certification d’un bataillon d’élite congolais formé par des instructeurs belges.

L

e général Gerard Van Caelenberge, commandant de l’armée belge, a annoncé que cette compagnie sera basée à Kindu, dans le Maniema, pour une période de “trois à quatre semaines”. Elle y trouvera une centaine d’instructeurs belges qui sont installés dans un camp militaire et qui encadrent la formation d’un troisième bataillon commando de l’armée congolaise dans le cadre du Programme de Partenariat Militaire (PPM) belgo-congolais. L’arrivée du 3ème bataillon parachutiste de Tielen va ainsi renforcer la coopération militaire entre Kinshasa et Bruxelles qui a déjà eu à former d’autres bataillons des FARDC, dont celle qui réalise actuellement des prouesses à l’Est de la RDC. Un autre bataillon devrait être prêt dans les meilleurs délais. En effet, la formation du 323ème bataillon des FARDC - environ 700 soldats – débutée en avril dernCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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ier, doit permettre à l’armée congolaise de disposer d’une troisième “unité de réaction rapide” (URR) pour faire face aux violences récurrentes qui agitent le pays. La Belgique a déjà encadré la formation de deux autres bataillons URR, toujours à Kindu, en 2008-2009 pour le 321ème, et entre octobre 2011 et mars 2012, pour le 322ème. Ainsi donc, le Gouvernement de la RDC, sous l’impulsion du Président Joseph Kabila, répond aux attentes internes et externes de formation d’une armée forte et professionnelle pouvant défendre le pays et soutenir l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. En interne, les Concertations Nationales ont formulé une recommandation dans ce sens, et en externe, l’accord-cadre d’Addis Abeba et la résolution 2098 en font de même. Dans son discours sur l’état de la Nation prononcé devant le Congrès, Joseph Kabila avait réitéré son engagement à poursuivre les réformes concernées qui sont une priorité des priorités. « Recrutement de qualité, discipline rigoureuse, formation et équipement conformes aux standards internationaux, organisation interne efficiente et compatible avec le caractère républicain de l’armée, affectation des officiers et hommes de troupes en fonction des besoins opérationnels et dans le strict respect du principe de rotation sur l’ensemble du territoire national en sont les principes directeurs », avait indiqué le Chef de l’Etat, Commandant Suprême des FARDC. Jonas Eugène KOTA

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Coopération

Joseph Kabila, Président de la RDC, reçoit le cadeau de la Belgique des mains de Pascal Labille

Jean-Pascal Labille à Kinshasa,

LA BELGIQUE DIT MERCI A LA RDC

Le mercredi 16 octobre 2013, la RDC reçu un hôte de marque : Jean-Pascal Labille, ministre belge des Entreprises publiques et de la Coopération au Développement, chargé des grandes villes. Au lendemain de son arrivée, il a été reçu en audience par le Chef de l’Etat. Les deux personnalités ont échangé au sujet de la coopération entre la RDC et le Royaume de Belgique. A l’occasion, Jean-Pascal Labille a posé un geste chargé de signification : il a remis au Président congolais la vareuse n°9 du joueur belge d’origine congolaise, Romelu Lukaku. En effet, l’équipe belge de football, les Diables Rouges, doit sa qualification à la coupe du monde Brésil 2014 entre autres au congolo-belge. Le fils de Roger Lukaku, ancien international congolais et propriétaire de l’Association sportive ROGELU de la première division de l’entente sportive de Kinshasa, a eu une part importante dans cette qualification.

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’est, en effet, lui qui avait réalisé le doublé gagnant lors de son premier match comme titulaire avec les Diables Rouges. C’était le 11 octobre 2013 contre la Croatie à Zagreb. Le match sera ainsi remporté par la Belgique 2-1. Ce qui lui permet de se qualifier pour la coupe du monde 2014 au Brésil. Une qualification qui donne des sourires à tout un peuple. La dernière qualification de la Belgique remonte à 2002, via les matchs de barrage. «C’est la preuve, s’il en fallait encore, que les liens entre la Belgique et la RDC sont extrêmement forts et durables. Il y aura un peu de la RDC au Brésil avec la Belgique lors de la coupe du monde ». Cette

déclaration traduit le message du cadeau remis au Chef de l’Etat congolais. Ce n’est pas exagéré de dire que la RDC a qualifié la Belgique pour le mondial 2014. Par ailleurs, au menu de la même rencontre, le ministre belge a assuré à Joseph Kabila la détermination de son pays à contribuer au développement socioéconomique de la RDC. « La Belgique a le devoir moral d’aider, de soutenir et d’accompagner la RDC dans la réalisation de ses différents projets », a indiqué, à la presse, l’hôte de la RDC au sortir de l’audience. Jean-Pascal Labille n’a pas manqué de souligner les liens historiques, qu’il qualifie de familiaux, entre son pays et la RDC. « Il est bien que la Belgique soit présente pour aider la RDC à se développer », a-til martelé avant d’indiquer qu’il a explicité au Président Joseph Kabila l’enveloppe additionnelle de 30 millions d’euros que la Belgique a dégagée en faveur des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cela, en plus de l’intervention de son pays au niveau européen pour que, dans le cadre du 11ème Fonds européen de développement, l’enveloppe attribuée à la RDC reste ce qu’elle est ou soit légèrement augmentée. Déjà, le 24 septembre à New York, lors de la 68ème session ordinaire de l’Assemblée Générale de l’ONU, Didier Reynders et Jean-Pascal Labille avaient annoncé que la Belgique envisageait un Plan Marshall pour l’Est de la RDC. Ricky KAPIAMBA

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International

Lampedusa: Des morts qui interpellent

I

le italienne de la Méditerranée située entre Malte et la Tunisie, Lampedusa est devenue, depuis une décennie, le théâtre d’un drame humain. De nombreux immigrés clandestins qui tentent de gagner l’Europe n’y parviennent pas et perdent la vie dans le flot de la mer Méditerranée. 17.000, voir plus, serait le nombre d’immigrés clandestins qui ont perdu la vie au large de Lampedusa depuis

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2.000. Si certaines sont repêchées et peuvent bénéficier d’un enterrement digne, nombreuses sont, cependant, celles qui disparaissent sans traces et ne s’immortalisent même pas dans les statistiques. Les immigrés clandestins partent souvent des côtes méditerranéennes de la Libye et de la Tunisie. Embarqués dans des radeaux de fortune, ils se lancent donc dans l’Atlantique en direction de

Lampedusa pour espérer gagner l’Europe grâce à un réseau de passeurs. Ces gens proviennent essentiellement de l’Afrique (du Maghreb et de l’Afrique occidentale noire subsaharienne) et de l’Asie (essentiellement le Moyen Orient). L’instabilité politique et parfois économique de pays d’origine des immigrés est à la base du phénomène. Depuis le « printemps arabe », le Maghreb est en proie à une instabilité politique et économique sans précédent. Des pays comme la Libye et l’Egypte,

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International

Les morts du dernier naufrage des clandestins dans l’île de Lampedusa

dont le leadership était incontesté dans cette région depuis des décennies, éprouvent du mal à venir à bout des rébellions et autres mouvements de contestation. D’autres pays tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Palestine, le Liban, l’Irak, l’Iran, la Somali ou le Yemen alimentent ce réseau d’immigration clandestine. Avant d’embarquer pour Lampedusa, les candidats paient jusqu’à 4.000 euros aux passeurs qui réalisent ainsi d’importantes recettes sans aucune garantie de faire parvenir les clients à bon port. Ils entassent des êtres humains dans des navires de fortune sans se soucier des conditions de voyage, particulièrement la météo. Le 3 octobre dernier, une embarcation transportant des immigrés clandestins a

échoué au large de Lampedusa causant la mort d’au moins 300 personnes. Interpellé par ce drame, qui est l’un des plus graves dans l’histoire des immigrations clandestines, le gouvernement italien, par sa ministre de l’Intégration qui est d’origine congolaise, a mis en place une organisation pour gérer cette catastrophe. Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne, s’est également rendu sur le lieu. Dans le souci de prévenir pareille situation à l’avenir, l’Union Européenne voudrait renforcer la surveillance de ses frontières maritimes par l’utilisation, notamment, des drones de surveillance. La mesure est certainement bonne, mais ne serait pas salutaire dans la mesure où elle ne s’attaque pas au fond du problème. En effet, l’instabilité politique et économique des pays des immigrants ne peut pas justifier tous ces risques que prennent des immigrés. Au-delà des prétextes politiques et économiques, les candidats à l’immigration clandestine sont souvent mus par le souci CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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de type « voir l’Europe et mourir ». Ils fuient nécessairement la misère, car la plupart d’entre eux partent avec beaucoup d’argent après avoir payé au moins 4.000 euros, soit près de quatre fois le coût d’un voyage normal. Les difficultés d’obtention de visa sont aussi une des causes. On peut également revenir sur les prétextes politique et économique pour constater que l’instabilité observée en Afrique et au Moyen Orient est souvent le fait des manipulations des puissances occidentales qui subissent alors le flot des immigrés de tous genres qui finissent par demander l’asile politique. Dans ce cas, l’Occident devrait se sentir interpellé pour se rendre compte que toutes les fois qu’il ne laissera pas les autres en paix, il n’aura pas non plus la paix. Tant que les puissances occidentales constitueront une menace pour la stabilité des pays du Sud et de l’Orient, ces drames continueront de se produire et le sol européen continuera à « manger » les immigrés clandestins. Jacques SIMA KRULIKIEMUN

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POLITIQUE ET DIPLOMATIE

Dossier Concertations Nationales

De toutes les rencontres entre Congolais,

LES CONCERTATIONS NATIONALES ONT FAIT MIEUX

Les rideaux sont tombés sur les Concertations Nationales. Depuis le 5 octobre 2013, les Congolais ont enrichi leur histoire. Les Concertations Nationales restent à jamais inscrites dans les annales de l’histoire politique de la RDC. Durant trois semaines, les délégués à ces assises ont discuté, dans différents groupes thématiques, de l’avenir du pays, surtout de la cohésion nationale. Au terme des travaux, ils peuvent s’en féliciter. La tenue de ces assises a déjoué les pronostics des prophètes qui prédisaient le chaos. Certains voyaient en elles une occasion de consacrer l’éternité de Kabila au pouvoir. A la surprise de tous, rien de tout cela n’est arrivé.

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L

ors de son discours de clôture, Joseph Kabila, initiateur et convocateur de ce forum, a eu des mots justes pour féliciter tous les participants. « Au nom du peuple Congolais et au mien propre, je félicite chacune et chacun d´eux (les participants) pour le travail abattu, et pour le respect du délai imparti; une première dans l´histoire contemporaine de notre pays, vu qu´il n´ya jamais eu d´assises similaires qui aient examiné autant de questions d´intérêt national, et proposé des pistes de solution, en un temps aussi court ». Une première, c’est le mot qui convient au regard des légendaires diatribes politiques qui ont toujours caractérisé les différents regroupements des Congolais par le passé. De la conférence nationale souveraine au dialogue intercongolais de Sun City, les pourparlers n’avaient que besoin de temps, beaucoup de temps avant de

déboucher sur un consensus. Les Concertations Nationales se sont démarquées de ces habitudes. Voilà pourquoi l’actuelle classe politique peut se frotter les mains. Elle termine ces assises sur un sentiment de devoir accompli. Ainsi, le Président de la République ne pouvait-il pas tarir d’éloges à son égard. Pour lui, ce respect du temps imparti était la preuve que les participants étaient attentifs à la détresse des populations qui, vu les atouts du pays, aspirent légitimement à la paix et au bien-être.

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Pouvoir et Opposition ensemble aux Concertations Nationales

d’être sanctionnées par des recommandations votées à l’unanimité par mode de consensus. En effet, les participants dans les différents groupes thématiques avaient l’obligation de s’entendre et dégager un seul point de vue sur un sujet débattu. Un grand effort fourni, car en dépit de leurs divergences politiques, ces délégués ont pu trouver des points communs. Ainsi, ont-ils formulé, comme il leur a été demandé, des recommandations qui devraient dessiner la suite de la vie nationale. Pour cela, Joseph Kabila n’est pas resté silencieux.

Ce respect du délai est aussi une sorte de réponse à son appel à la mobilisation générale pour mettre définitivement fin à la soufrance qu’endurent les populations. « C´est aussi la preuve, une fois encore, que lorsque la Nation est en danger, ou lorsqu´il s´agit d´établir les bases solides pour l´avenir du pays, les Congolaises et Congolais sont capables de dépassement de soi et de sursaut patriotique » a-t-il déclaré.

« Je tiens à relever que, sur le plan politique, le message des forces vives de la Nation congolaise, classe politique et société civile confondues, qui ressort du rapport général de vos travaux est double. D´une part, vous tenez au respect du cadre institutionnel qui régit notre pays. D´autre part, face aux enjeux de l´heure, vous estimez qu´il ne faut pas sacrifier les impératifs de la pacification et du développement accéléré du pays sur l´autel de l´orthodoxie démocratique qui voudrait que la majorité tienne la minorité éloignée de la gestion de la chose publique. Soyez assurés que je vous ai entendu, et que je vous ai compris », a-t-il souligné après avoir annoncé que des mesures importantes seront prises à brève échéance.

En plus du respect de l’échéance, les Concertations Nationales ont le mérité

Cela pour répondre aux préoccupations légitimes des délégués, et par-delà, à celles CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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du peuple, et imprimer un nouvel élan à l´œuvre de reconstruction nationale. Celle-ci n’est possible que dans la cohésion de tous les Congolais. C’est dans cette optique qu’il faut cerner le sens des Concertations Nationales. Elles ont posé les jalons du renforcement du vouloir vivre collectif entre les fils de cette grande nation. L’occasion pour Kabila d’exprimer son sursaut d’orgueil d’appartenir à ce pays. « Avant de clore mon propos, Je tiens à souligner que nous venons de réussir, ensemble et dans la concorde, l´organisation d´un grand forum, désormais historique et que, grâce au consensus que nous avons forgé, dans un esprit de tolérance et de respect mutuel, nous avons fourni à notre pays aussi bien le ferment de la cohésion nationale que les bases d´une meilleure gouvernance multisectorielle ». Une belle lecture de l’enjeu qui rime avec son rêve d’avant la tenue de ces assises. Pour lui, les délégués et lui-même se sont ainsi montrés à la hauteur des enjeux présents et futurs, et ils ont démenti, de la plus belle manière, les pronostics et prédictions des sceptiques et des prophètes de malheurs. Cette réussite est à mettre sur le compte de la qualité et du patriotisme dont fait montre les participants. Fort de ce résultat, Kabila ne s’est pas retenu à appeler à son renforcement. « Les contributions des uns et des autres ont en effet reflété intelligence et compétence, mais aussi et surtout maturité, sagesse et sens de responsabilité devant l´histoire. Pour l´émergence de la République Démocratique du Congo, c´est un motif légitime d´espoir. Demeurons ainsi à jamais unis, motivés et déterminés, et nous relèverons tous les défis » a-t-il déclaré avant de clore les travaux des Concertations Nationales. Ricky KAPIAMBA

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Dossier Concertations Nationales

L’impulsion de Joseph Kabila porte des fruits

Un nouveau Congo est né aux Concertations Nationales « Ma présence ce jour a pour objet d’indiquer à notre peuple et aux institutions de la République la marche à suivre pour (…) baliser l’avenir de notre pays, annonçait, presque de go, Joseph Kabila le 23 octobre 2013 dans son discours sur l’Etat de la Nation. Une nouvelle page de l’histoire s’est alors ouverte pour la République Démocratique du Congo. Ce mercredi-là, Joseph Kabila a ramené le pays au starting-block pour cette nouvelle page de l’histoire et pour un nouveau départ. Tirant les conclusions de toutes les recommandations (679 au total) issues

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des Concertations Nationales, le Chef de l’Etat a dressé le portrait de ce que sera le Congo de demain, allant au-delà de ce qui était le plus attendu des Concertations Nationales : la cohésion nationale contre les velléités de balkanisation de la RDC. Kabila avait dit avoir compris les délégués aux Concertations Nationales et, par-delà, les Congolais. Le nouvel avenir qu’il leur propose alors est celui de l’excellence, de la paix, l’unité et la prospérité. Cela implique, a repété Joseph Kabila à plusieurs

reprises, la participation de tous, mais surtout un profond changement aussi bien des méthodes de travail que des mentalités et des comportements. «Quelque pertinente que soit une recommandation, sa capacité constructive à la transformation de la société est fonction de sa mise en œuvre ». C’est ensemble que les Congolais peuvent construire leur propre prospérité. « L’émergence de la RDC exige, en effet, que chacun s’engage et que, là où il sert la République, chacun s’améliore », a-t-il encore recommandé après avoir promis que « demain sera dif-

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Dossier Concertations Nationales

férent d’aujourd’hui ». L’engagement prôné par le Président de la République ne peut s’opérer que par une transformation de l’homme congolais, parce qu’on ne peut pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres. « Par-delà la mobilisation générale, c’est donc à un changement profond que nous sommes individuellement et collectivement appelés », a indiqué l’artisan du nouveau Congo, avant de préciser qu’il doit s’agir d’un « changement de mentalités, de méthodes et de comportements». Cela im-

plique donc « plus d’éthique et de sens du bien public (…) ; plus de participation et de consensus (…) ; plus de solidarité dans l’effort et dans le partage des dividendes ». Bref, cette mutation à laquelle Kabila convie les Congolais a un nom, un seul : la cohésion nationale.

Les piliers du nouveau Congo S’il est convenu que le nouveau Congo CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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aura la cohésion nationale comme socle, son édification devra s’asseoir sur des piliers essentiels que sont, la pacification du pays et la consolidation de l’intégrité territoriale, la fin de l’impunité et le renforcement de la gouvernance, le soutien à l’entreprenariat locale, le renforcement de la défense et de la sécurité, et la solidarité nationale. Sur le volet paix et intégrité territoriale, couplée à celui de la défense et sécurité, Joseph Kabila a réitéré sa détermination à en finir avec le phénomène des groupes

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Clin d’œil à la femme

armés à l’Est du pays, à commencer par les rebelles pro-rwandais du M23. Faisant sien la recommandation des Concertations Nationales appelant à l’éradication de ces groupes armés, il a prévenu que ceux-ci « n’ont d’autre choix que de déposer les armes et se rendre, ou d’y être contraints par la force ». Pour cela, le Chef de l’Etat se fait fort de doter la RDC d’une armée forte et professionnelle. « Nous veillons à la professionnalisation et à la montée en puissance des FARDC », a confié le Chef de l’Etat qui, déjà, s’est félicité des dernières prouesses de l’armée nationale au Nord-Kivu. Pour lui donc, « la réforme du secteur de sécurité demeure une priorité des priorités ». Cette réforme vise à doter le pays d’une force militaire d’excellence, basée sur un recrutement de qualité et à cheval sur la discipline, la formation et un équipement, le tout devant être « conforme aux standards internationaux ». Il n’oublie pas, non plus, l’organisation interne, l’affectation des officiers et hommes de troupes en fonction des besoins opérationnels. Sur le volet de la gouvernance en général, Joseph Kabila a embrayé sur la même

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question de la réorganisation de l’armée en dénonçant la corruption et le mercantilisme qui y ont élu domicile, surtout dans les rangs des officiers. Ordonnant la cessation de tout affairisme dans l’armée, il a montré que « quand un officier a pour maîtres le drapeau et l’argent, le premier en pâtit nécessairement ». Ainsi a-t-il engagé l’Auditeur général à renforcer les enquêtes pour que soient punis tous les officiers sur qui pèsent des accusations liées au pillage des ressources naturelles, au détournement de la solde des militaires, des munitions et du matériel destinés aux forces armées. » Les cadres et agents des services de sécurité seront également soumis à des règles rigoureuses d’éthique. La RDC devra également devenir une « terre inhospitalière » pour les auteurs des différents crimes que l’Auditeur Général devra traquer. Déterminé à ce que toutes ces perspectives deviennent réalité, Joseph Kabila va se désigner un Représentant personnel qui sera chargé de « promouvoir la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants, et de servir d’interface, en la matière, avec la communauté internationale.

La gouvernance politique et institutionnelle n’a pas été en reste dans les réformes annoncées par le Président de la République. Il a invité la CENI à produire, dans les meilleurs délais, une feuille de route pour l’organisation de la suite des élections, en attendant, notamment, le recensement pour la suite du prochain cycle électoral. Par la même occasion, il a fait un sacré clin d’œil à la gent féminine en proposant des formules pour le renforcement de leur participation aux élections : 30% de femmes sur les listes électorales et la possibilité d’un siège dont la compétition leur sera exclusivement ouverte. Tout en saluant le travail législatif produit par le Parlement dans le sens de l’amélioration de la gouvernance, le Chef de l’Etat a annoncé la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale qui sera ouvert aussi bien à la majorité qu’à l’opposition et à la société civile. Et le processus de décentralisation devra s’accélérer avec le découpage territorial progressif qui va bientôt voir naître de nouvelles provinces. Par ailleurs, il ne saurait y avoir de développement sans un engagement effectif d’une initiative entrepreneuriale locale suffisamment dynamique. Joseph Kabila l’a compris et entend accorder un soutien aux investisseurs Congolais. Ce soutien devra passer, entre autres, par le paiement de la dette intérieure qui devra ainsi déboucher sur la création d’une classe moyenne grâce aux ressources locales. Au-delà, le Chef de l’Etat a convié ses compatriotes à répondre aux défis majeurs du relèvement de l’économie nationale. « Il s’agit principalement des défis structurels et opérationnels en vue de promouvoir le développement économique, financier et celui du secteur productif, en se focalisant sur un secteur privé

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et le partenariat public-privé capable de remplir la fonction de principal moteur de croissance économique. Après avoir énuméré ces défis, le Chef de l’Etat a recommandé une dizaine de mesures pouvant permettre de les relever. Cependant, conscient du fait que le développement ne saurait se réaliser dans un environnement économique gangrené par la corruption, le détournement des deniers publics, le coulage des recettes, etc., le Chef de l’Etat a appelé à la réactivation des mécanismes répressifs et à la mise en place d’autres mesures. En ce qui le concerne, il a annoncé la nomination d’un Conseiller spécial qui aura pour mission principale d’assurer le monitoring permanent de l’évolution des patrimoines, ainsi que des cas de malversation, de corruption et d’enrichissement illicite. Une loi généralisant la déclaration des biens à tous les mandataires devra être prise au Parlement. Sur la question de la solidarité nationale, le Président de la République en a appelé à l’implication de tous pour le soutien des compatriotes avec handicap à travers, notamment, une représentativité dans les institutions publiques et privées. Il a également instruit le Gouvernement de concevoir et mettre en application, dans les meilleurs délais, un programme national pour l’éducation des enfants avec handicap.

dépouilles de feu le Président Mobutu et l’ancien Premier Ministre Tshombe à la grâce présidentielle. Mais celle-ci ne devra pas rimer avec l’impunité. « Sans justice, la réconciliation est factice », a-t-il prévenu. De même, le Chef de l’Etat a instruit le Gouvernement de suivre les cas de certains compatriotes poursuivis par la CPI ainsi que d’autres institutions à travers le monde.

Cohésion nationale, Kabila à l’aise dans ses souliers enfin ! Toutes ces mesures, et tant d’autres, énoncées par le Président de la République visent donc à cimenter la cohésion nationale retrouvée. Joseph Kabila, qui en fait un point d’honneur, a posé un certain nombre de gestes allant de sa volonté de rapatrier, en accord de leurs familles, les

En convoquant les Concertations Nationales, Joseph Kabila avait conscience de la nécessité de relancer le dialogue interne pour imprimer une nouvelle marche à la nation. Bien de choses ont été dites à ce sujet, mais l’on retiendra que le Chef de l’Etat s’est basé sur les textes légaux CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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(article 69 de la Constitution) pour assumer ses responsabilités de garant de la Nation. Il ne l’aurait pas fait qu’il aurait à en répondre devant cette même nation, tôt ou tard. Doit-on, pour autant, plaindre ceux qui ont refusé de prendre le nouveau départ ? La démocratie leur garantit cette liberté, mais cela ne devra pas occulter cette entorse à la Constitution (article 16) qui engage l’opposition à apporter son concours au dialogue national nécessaire pour des ajustements en vue de la bonne marche de la Nation. Dans tous les cas, l’arche qui doit emporter la RDC vers de nouveaux rivages est ouverte et attend tous ceux qui voudrons bien monter à bord, sans discrimination. Jonas-Eugène KOTA

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Les Congolais évaluent les Concertations Nationales Tout comme avant leur début, la fin des Concertations Nationales, initiées par le Président Joseph Kabila, ainsi que le discours de ce dernier au Congrès, ont suscité un intérêt particulier au sein de l’opinion tant nationale qu’internationale. Les commentaires ont fusé de partout. Le sujet était sur toutes les lèvres. Les Congolaises et les Congolais, toutes tendances politiques con-

fondues, avaient, chacun, sa lecture au regard de la portée et de l’importance même de ces assises et de la sanction qui en a été faite par le Chef de l’Etat. Les analystes politiques, les libres penseurs tout comme les Députés et Sénateurs, n’ont pas dérogé à l’exercice. Dans le souci de toujours mieux informer ses lecteurs, Congo Panorama s’est approché des élus du peuple, mais aussi

des analystes politiques congolais pour recueillir leurs réactions à propos, non seulement des Concertations Nationales et leurs recommandations, mais aussi par rapport au discours du Président Joseph Kabila au Congrès. Ci-dessous les propos des uns et des autres.

Fumu Ntoto BASANGA (Politicien)

E J’aime la raison, la solidarité et l’unité pour le développement 24 Congo panorama 8-impression.indd 24

n ce qui concerne les Concertations Nationales, plus d’une personne retiendra qu’elles nous ont aidés à avoir un débat complémentaire, mais aussi à concilier les vues. S’agissant du discours du Chef de l’Etat, les premiers mots qui m’intéressent dans ce discours c’est là où il dit que «nous devons changer les mentalités, les méthodes de gestion et les comportements ». Et selon la Troisième Voix et la Dynamique de l’Opposition non institutionnelle (Ndlr : structures au sein desquelles évolue Fumu Ntoto), le Congo a un problème d’homme, de culture et d’organisation. Et donc, tant que nous ne changerons pas d’hommes, de mentalités et de comportements, tout ce que nous aurons fait est à reprendre. Joseph Kabila a parlé de l’ouverture politique. Nous, nous parlons de l’ouverture des cœurs. Cette dernière constitue le changement des mentalités, des méthodes et des comportements politiques, du sommet à la base. L’autre point c’est qu’après avoir reconnu le travail combien grand, profond et pertinent abattu par nous, délégués aux Concertations, le Président a dit que la pertinence d’une recommandation n’est nécessaire que lorsqu’elle peut être appliquée en faveur de la population. Et donc, nous pouvons avoir bien fait le travail, bien dit des choses, mais ce que les Congolais attendent de voir, le consommer, ce ne sont ni les recommandations, ni les beaux discours et/ou la rencontre des politiciens. Ils attendent plutôt le type d’hommes, de culture et d’organisation que nous allons mettre sur pied à travers le Gouvernement de cohésion nationale pour ainsi répondre aux problèmes épineux de notre population. On doit sélectionner sur la base des compétences, de l’engagement et de la moralité, les hommes et les femmes qui animeront demain les institutions, et c’est à ce prix qu’un autre Congo est possible.

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Didace PEMBE (Député national)

J

e pense que la classe politique congolaise a une fois encore montré toute sa maturité en mettant de côté les querelles partisanes et les appartenances politiques pour ne voir qu’un seul intérêt, celui du Congo. Les Congolais ont effectivement montré que l’on peut compter sur eux pour le devenir du Congo. Du début à la fin des assises des Concertations Nationales, tout s’est bien déroulé. Ma satisfaction est pleine lorsque je constate que le climat de travail a été très agréable et, d’autre part, que les recommandations ont été non seulement objectives, mais aussi d’une très bonne et de grande qualité. En ce qui concerne le discours du Chef de l’Etat, je salue sa clairvoyance. Le Président de la République a brossé de la manière la plus lucide, les centaines de recommandations que les délégués lui ont soumises. Pour ce faire, Joseph Kabila a dégagé treize lignes directrices au travers lesquelles il a donné la réponse, la meilleure, laquelle réponse, à mon avis, a rencontré, non seulement la satisfaction des délégués, mais également les attentes de toute la population congolaise. Le discours du Président Kabila est un discours de rassemblement, de confiance et qui rassure en même temps. L’initiative du Chef de l’Etat de nommer des conseillers spéciaux pour des fonctions précises prouve combien il s’attache à la matérialisation de ce discours et de ses engagements.

L’initiative du Chef de l’Etat de nommer des conseillers spéciaux pour des fonctions précises prouve combien il s’attache à la matérialisation de ce discours et de ses engagements

Lukiana MABONDO

(Député national)

J

e viens d’écrire à l’honorable Président de l’Assemblé nationale, Aubin Minaku, pour le féliciter parce qu’au départ, il y avait des gens qui étaient sceptiques quant à la tenue de ces assises. On est arrivé, en un temps record, à la fin des travaux des Concertations. Professeur d’université, je suis habitué à coter ; et même si ce qu’on a fait n’est pas parfait, je peux facilement donner 90 % à ces travaux. Qu’estce que l’on peut encore chercher, si ce n’est la très grande distinction.

je suis habitué à coter ; et même si ce qu’on a fait n’est pas parfait, je peux facilement donner 90 % à ces travaux

Pour ce qui est du discours du Président Joseph Kabila, laissez-moi vous avouer que nous avons été agréablement surpris par ce discours au regard, non seulement de la peur, mais également des interrogations que nous nous faisions sur ce qu’allait dire exactement le Chef de l’Etat. Mais dans la meilleure des hypothèses, le Président a pris en compte

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toutes les recommandations issues des Concertations Nationales. Comme il l’a dit, leur exécution, c’est à court, moyen et long termes. Et donc, comme résolutions, elles suffisent pour changer le pays. On a comme l’impression qu’il y a une autre République qui commence. Une raison de plus pour appuyer, à l’instar du problème, des moyens qu’il faille mettre à ces décisions, pour qu’on aille de l’avant. De l’autre côté, je pense que les moyens, ce sont les hommes qui les créent. Pour preuve, la mise en place, dès le départ, des nouvelles provinces ne nécessite pas forcément de l’argent. Il s’agit tout simplement de la volonté politique. Le Président de la République l’a suffisamment manifesté, et je pense que nous arriverons à bon port.

Salumu Ndarabu Aimé (Sénateur)

P ... pour moi, Joseph Kabila est un des grands Chefs d’Etat africains dont les autres africains peuvent s’inspirer et qu’ils peuvent prendre pour modèle ...

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our moi, les Concertations Nationales ont été une réussite à 90%. Les Congolais se sont parlés, ils ont déniché des embûches et ont fait des recommandations comme pistes de solution.

Par rapport au discours du Chef de l’Etat, il a dit ce qu’il devait dire. Il a reçu plus de 600 recommandations, et il a pris les pistes essentielles. Joseph Kabila a commencé par enterrer la Cour Suprême de Justice, c’était une des recommandations. Et dans les six mois à venir, nous aurons la Cour Suprême éclatée en Conseil d’Etat, Cour de cassation et Cour constitutionnelle. Il y a aussi la feuille de route que le Président de la CENI doit présenter. La consolidation de la démocratie doit commencer par l’organisation des élections municipales, locales et urbaines. Kabila a aussi fait allusion à l’écart qu’il y a entre la croissance économique et la vie réelle de la population, et celui entre les ministères où les fonctionnaires n’ont pas les mêmes avantages. Voilà des recommandations, parmi tant d’autres, qui ont été retenues par le Chef de l’Etat. Donc pour moi, Joseph Kabila est un des grands Chefs d’Etat africains et dont les autres africains peuvent s’inspirer et qu’ils peuvent prendre pour modèle. Propos recueillis par Giscard Havril

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Concertations Nationales

Un tournant décisif pour la RDC Ce n’est pas la première fois que les Congolais se retrouvent pour dialoguer. Les Concertations Nationales initiées par le Président de la république, Joseph Kabila, n’ont, cependant, rien de commun avec les rencontres antérieures. Elles ont eu le mérite de faire un tour d’horizon général des problèmes qui assaillent le pays et d’en proposer des pistes de solution en un temps record et avec une implication fort remarquable des participants. On pourrait passer en revue ces rencontres pour s’en persuader.

Des rencontres qui ont rassemblé les Congolais La table ronde de Léopoldville

publique pendant l’exercice du pouvoir par Lumumba, après sa destitution et sa mort. La table ronde avait pour objectif de réformer les structures de l’Etat avec une perspective de formation d’un gouvernement représentatif.

La table ronde de Léopoldville fut convoquée par le Président Kasa-Vubu dans une allocution radiodiffusée le 2 janvier 1961. Le contexte justifiant cette rencontre était caractérisé par le cycle des malheurs qui s’étaient abattus sur la Ré-

La table ronde de Léopoldville, qui s’ouvrit le 25 janvier 1961, se tint sans la participation des délégués du Katanga sécessionniste et des lumumbistes établis à Kisangani et Bukavu. La conférence loupa ainsi ses objectifs.

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La conférence de Tananarive (Madagascar) La conférence de Tananarive s’ouvrit le 5 mars 1961. Elle était la conséquence logique des accords signés le 28 février 1961 entre Léopoldville, Elisabethville (Lubumbashi) et Bakwanga (Mbuji-Mayi), trois pôles qui avaient balkanisé le Congo de l’époque. La nouvelle de l’arrivée

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à Luluabourg (Kananga) des troupes d’Antoine Gizenga, ancien vice-premier ministre de Lumumba, autoproclamé Président de la République Libre du Congo ayant pour capitale Kisangani, se faisant pressante. Tananarive avait pour objectif de recréer une nouvelle base politique et juridique pour justifier une riposte en cas d’invasion de Lualuabourg par les hommes de Gizenga. Cependant, cette attaque n’ayant pas eu lieu, la conférence n’eut aucun impact sur l’avenir du pays. Celui-ci demeura divisé en quatre parties se réclamant chacune autonome : Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi et Mbuji Mayi.

La conférence de Coquilathville (Mbandaka) La conférence de Conquilathville se tint du 24 avril au 28 mai 1961. Elle avait réuni les délégués des gouvernements de Kinshasa, de Mbuji Mayi et de Lubumbashi. Tshombe sera arrêté dès son arrivée suite à son entêtement à ne pas mettre fin à la sécession katangaise. Il ne sera relâché qu’à la fin des travaux de cette conférence.

rite de réunir les délégués des quatre gouvernements qui s’étaient partagé le Congo. En vue de garantir la sécurité des participants, cette conférence fut placée sous protection des casques bleus de l’ONU qui étaient alors présents au Congo. Elle avait pour but de former un gouvernement central et recréer l’unité nationale. Cette conférence accoucha d’un gouvernement dit d’union nationale placé sous la direction du Premier ministre désigné : le syndicaliste Cirylle Adula. Antoine Gizenga fut désigné Premier Ministre. Mais c’était sans compter avec les intentions de ce dernier qui continuait à se dire héritier spirituel et politique de Lumumba. Du 1er au 6 septembre 1961, se trouvant en mission officielle à Belgrade aux côtés du Premier ministre Adula qui représentait le Congo à la conférence des pays non-alignés, Gizenga retourne à Stanleyville pour poursuivre ses activités. La conférence de Lovanium n’aura donc pas pu résoudre l’épineux problème de légitimité et de légalité du pouvoir.

L’objectif de la conférence de Coquilathville était de préciser les mesures d’exécution des décisions de Tananarive. Mais comme les deux premières rencontres, celle-ci n’aboutit à aucun résultat probant tant que l’unité du pays n’était pas retrouvée et la question de la légitimité du pouvoir résolue.

Le conclave de Lovanium (UNIKIN) La conférence de Lovanium, qui s’était ouverte le 22 juillet 1961, aura le mé-

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La Conférence Nationale Souveraine Jusque-là, ce forum reste celui qui aura réuni le plus grand nombre de participants et qui aura duré le plus longtemps. La Conférence Nationale Souveraine (CNS) avait pour objectifs, notamment, la relecture exhaustive de l’histoire du pays dans tous les domaines, la réconciliation des peuples, la mise sur pied d’un nouveau cadre institutionnel, la rédaction d’une nouvelle constitution et d’une loi électorale, et l’élection d’un Premier Ministre. Cependant, non content de la tournure des travaux, Mobutu, qui tenta plusieurs fois de les arrêter, ne se senti pas concerné par les résolutions qui étaient pourtant opposables à tous. La question de la légitimité continua donc à se poser.

Les Consultations nationales Ces rencontres initiées par les confessions religieuses se justifiaient par la situation de guerre et les rébellions depuis le 2 août 1998. L’objectif était de mettre fin à la guerre et aux rébellions, et de sauvegarder l’unité nationale. Ce forum ne connut, cependant, pas la présence de tous les protagonistes, notamment le RCD et le MLC et fut donc un échec, quoiqu’il ait accouché d’un gouvernement ouvert à d’autres sensibilités politiques.

Le Dialogue intercongolais Les assises du Dialogue inter-congolais, fruit d’une longue négociation qui avait duré plus de deux ans avec comme point de repère les accords de Lusaka signés en juillet 1999, s’étaient ouvertes à Sun City

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Que retenir de toutes ces rencontres entre Congolais ? La conquête et la gestion du pouvoir caractérise toutes les crises qui ont conduit à ces différents forums, conclaves, conférences et autres. Très souvent, on fait l’impasse sur les causes profondes des conflits, des guerres et autres rébellions. L’amour de la patrie est souvent sacrifiée sur l’autel de l’égoïsme et de l’intérêt personnel, ce qui a souvent conduit à l’exclusion, source de nouveaux conflits.

(Afrique du Sud) le 15 octobre 2001 pour être sanctionné par un accord politique 52 jours plus tard à Pretoria. Elles avaient pour contexte la multiplicité des rébellions qui avaient balkanisé le pays avec la complicité du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi. L’objectif était de mettre fin à toutes ces rébellions, pacifier et réunifier le pays, redéployer l’autorité de l’Etat et préparer les élections. Si ce dialogue avait abouti à la résolution de la crise de légitimité en réussissant une transition qui aboutira à l’organisation des élections, il avait aussi réussi à réorganiser le cadre institutionnel du pays à travers une constitution adopté par référendum. Cependant, la paix tant attendue continua à être hypothéquée par des rébellions récurrentes, la survivance des milices armées nationales et étrangères, mais aussi l’implication continue du Rwanda et de l’Ouganda, au point souvent d’infiltrer le commandement militaire pour affaiblir l’armée et, par conséquent, la puissance publique. De même, l’instrumentalisation de certains fils du pays au sein de la classe politique maintint un équilibre précaire qui se rompait à chaque événement touchant à la vie nationale.

Les Concertations Nationales Les Concertations nationales convoquées par le Président de la République se sont tenues du 7 septembre 2013 au 5 octobre de la même année. Elles avaient pour contexte les menaces de balkanisation du pays à travers une agression contre la RDC par le Rwanda et l’Ouganda, directement et indirectement à travers la rébellion dite du M23 montée pour les besoins de la cause. Elles avaient pour objectif de recréer la cohésion nationale afin de faire bloc contre cette menace. Sans initiative ni pressions extérieures, et seuls devant leur conscience et mus par le patriotisme, les délégués aux Concertations Nationales ont, en un temps record, relu la marche de la nation de fond en comble pour dégager des recommandations pouvant booster la reconstruction nationale. Certes, quelques compatriotes ont préféré se mettre en marge de cet exercice, intéressés plus par la recherche du pouvoir sans marquer un arrêt pour s’impliquer dans la recherche de la paix. On ne gouverne pas sur des cadavres et un vrai leader fait d’abord taire les armes avant de prétendre travailler pour le peuple. CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Un nouvel esprit a pris corps La cohésion nationale est, avant tout, un état d’esprit qu’un peuple doit intérioriser. Les délégués aux Concertations Nationales ont bien assimilé la leçon lorsque, enterrant leurs différences et leurs divisions, ils ont affirmé haut et fort qu’il n’y avait pas un Congo pour la majorité et un autre pour la minorité. Le Congo est un et reste indivisible. Aujourd’hui, il est prématuré de pronostiquer sur la réussite des Concertations Nationales par rapport à ces objectifs, car c’est de l’application de ses recommandations que se dégagera son efficacité. Il ne reste pas moins qu’en attendant, une chose est sûre : un nouvel esprit a pris corps dans le chef du Congolais : ce sens de l’unité, ce souci pour la patrie et son prochain, ce chagrin face aux souffrances des compatriotes de l’Est, bref, le don de soi pour la patrie et pour les compatriotes. L’union fait le Congo, ont reconnu les délégués et, avec eux, les Congolais. Le consensus exploité comme mode de décision est la manifestation de ce florilège pour le Congo. Pareille disposition ne peut manquer d’incidence. Elle implique et consacre la re-conceptualisation du concept même de la démocratie : accent à mettre sur la méritocratie et le patriotisme en lieu et place du militantisme. Tout compte fait, avec les Concertations Nationales, la RDC vient d’amorcer un nouveau virage et de marquer un grand pas vers son affranchissement des velléités de balkanisation de son territoire pour mettre ses fils et filles résolument au service de la reconstruction et du développement aux fins de leur propre bien-être. Jacques SIMA KRULIKIEMUN

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Publication sulfureuse de l’ancienne Secrétaire d’Etat française d’origine africaine

RAMA YADE TRAVESTIT L’IMAGE DE LA RDC

Rama Yade, Sénégalaise d’origine, a publié un livre au titre attrayant, puisque collé à l’actualité : «Carnets du pouvoir 2006-2013». Cette publication de 433 pages est, en réalité, un recueil des impressions qu’elle a eues, des sentiments qu’elle a éprouvé tout au long de ses mandats de Secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme, puis Secrétaire d’État chargée des Sports.

L

a lecture des « Carnets du pouvoir » inspire, cependant, tout un flot de sentiments en ses lecteurs d’Afrique qui en arrivent à se demander ce qui animait Rama Yade et qui l’avait poussé à partager ses mémoires. Ecrivait-elle comme une personne qui ne connaissait rien du tiers-monde ? Comme une personne qui n’a jamais vu en images les réalités du tiers-monde ou comme une individualité qui ignore la part ou la responsabilité de diverses politiques des pays occidentaux dans les situations observées dans les pays du tiers-monde ?

ture que Rama Yade fait de l’actualité congolaise et des impressions qu’elle manifeste sur ses dirigeants à travers certains passages de son livre consacrés à ses contacts avec la RDC dans le cadre de ses missions d’Etat, il ne nous a pas manqué d’éprouver aussi des sentiments à la lumière de ses écrits. La section de son ouvrage consacrée à la RDC, s’étend de la page 155 à la page 168. Chronologiquement, elle décrit une situation de la RDC entre le samedi 7 juin et mardi 10 juin 2008. Ses épanchements auront été possibles grâce à ses brèves visites à Kinshasa, à Bukavu et à Goma.

Etant Congolais, très intéressé par la lec-

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ers des commentaires qui la dépeignent sous le jour d’une sorte de complexe de modernisme vis-à-vis de bonnes choses, selon elle, rares qu’elle trouve en RDC (quatrième paragraphe de la page 158 et deuxième paragraphe de la page 167). A revers, Rama Yade, une française d’origine sénégalaise, a plutôt une bonne opinion de son Sénégal d’origine et de sa France d’adoption (paragraphe dernier de la page 156, premier paragraphe de la page 157).

C’est de cette RDC post-conflit en bute à une nouvelle agression et à la quête de moyens pour se reconstruire que Rama Yade parle. On aurait voulu, tout aumoins, que l’auteur rappelle l’impact de la somme des situations connues par la RDC avant de faire ses commentaires ou d’émettre ses jugements sur ce pays. L’examen de son texte révèle que Rama Yade aime des détails provocateurs (en page 156, elle compare Kinshasa et Dakar ; au premier paragraphe de la page 159, elle compare la RDC et le Rwanda, deuxième paragraphe de la page 164, etc.) et affabulateurs (l’épisode de sa visite au Président Kabila, pages 160 et 161). Son texte contient des contradictions (sur la page 155 elle écrit que Kinshasa n’a pas d’abribus mais le même auteur écrit, à la page 157, que « même sur les abribus, on lit… ») et elle montre dans un semblant d’humanisme (elle s’apitoie sur la misère de la RDC et la nargue en même temps). Rama Yade exprime clairement son sentiment de se croire plus civilisée que les Congolais. Elle fait croire que les Congolais ne peuvent rien faire par eux-mêmes, et qu’il ne peut y avoir du soleil sur la RDC que grâce à l’aide européenne. Elle exprime son mépris de la RDC à trav-

Comble de sacrilège, Rama Yade étonne quand elle parle de « l’orgueilleux Lumumba». Sur base de quoi l’écrit-elle ? Doit-on y voir une façon de banaliser l’œuvre et la mémoire de Lumumba ? Dans son intellect, elle ne parvient pas à comprendre que Lumumba ait été orgueilleux, mais que son pays soit maintenant sous perfusion. C’est comme si Rama Yade se dit que Lumumba, qui a été si orgueilleux, est à minimiser car son pays est sous perfusion.

Kabila dénaturé La plus grande proie de l’affabulation et du surréalisme doublés d’imputations calomnieuses de Rama est le Président Joseph Kabila. De la page 160 à la page 161, la description qu’elle fait traduit sa volonté et son intention manifeste de salir l’image du Chef de l’Etat congolais. Mais dans la foulée de sa description de sa première rencontre avec Joseph Kabila, Yade propose plutôt des circonstances géographiques sans rapport avec ce qui existe. A titre illustratif, la résidence du Chef de l’Etat congolais ne fait pas face à la mer comme elle écrit. On se demande si elle comprend ici le sens du mot mer. Les soldats préposés à la garde du Président congolais sont de la Garde Républicaine et comptent parmi les meilleurs en RDC, tant du point de vue gabarit que de la formation et de l’encadrement. Ils n’ont jamais eu à porter l’uniforme de couleur CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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bleu-marine. Comment comprendre qu’au milieu de seaux d’eau, il y ait une sorte de marché à la résidence du Chef de l’Etat ? Par ailleurs, il n’y a pas, à la résidence du Chef de l’Etat, une minuscule salle d’attente, mais bien une pièce pouvant facilement accueillir au moins 15 personnes dans un confort remarquable. Rama Yade décrit un Kabila qu’elle aurait voulu voir, mais non le vrai qui est un homme bien bâti, athlétique et sûr de lui dans ses gestes. Rama fait pourtant des allusions de nature à jeter la confusion sur la RDC et, dans son surréalisme têtu, parle d’un Kabila tel que les caricaturistes occidentaux le dépeignent sans nécessairement rendre la réalité de ce qu’il est. Par ailleurs, que dire de ce passage « … les ministres n’ont aucune expérience politique et passent leur temps à taxer les ONG dès qu’un puits est découvert…»? Comment comprendre la flamme du jugement de Rama Yade sur le citoyen français du PAM qu’elle qualifie de « Français arrogant » ? Doit-on logiquement et légitimement inférer que les ONG occidentales ont aussi dans leurs agendas la découverte de « puits » de ressources minières ?

Par-delà tout Cette peinture de la RDC permet d’apprécier le travail accompli par Joseph Kabila en RDC. Celui qui lit le texte de Rama Yade et qui entreprend par la suite de visiter la RDC pour en avoir le cœur net, ne pourra qu’apprécier avec bonheur les transformations survenues dans ce pays de 2008 à nos jours. N’en déplaise à Rama Yade, les Congolais sont fiers de leur pays, et c’est ce qui compte. Yvon RAMAZANI

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Front diplomatique : parcours sans faute pour la RDC Dès les premiers bruits de bottes à l’Est de la RDC, le Président de la République, Joseph Kabila Kabange s’était assigné une mission en trois axes pour ramener la paix et préserver l’intégrité du territoire : politique, diplomatique et militaire. Le troisième trimestre de l’année en cours aura été particulièrement riche en événements et en rendez-vous diplomatiques pour faire avancer la cause de la RDC et barrer la route aux velléités de sa balkanisation. D’Addis Abeba à New York, de Kampala à Dar es Salaam en passant par Brazzaville, Pretoria, Luanda, ect., Joseph Kabila n’a manqué à aucun rendez-vous où se traitait la question congolaise.

A

toutes ces occasions, il s’est servi de l’Accord-Cadre d’Addis Abeba et de la résolution 2098 comme bréviaire guidant sa démarche. Kabila, qui en est le garant côté RDC, a donc compris le prix de la paix et l’a payé, parfois en bravant son opinion intérieure. Les pourparlers de Kampala ont été une épreuve bien dure pour le Chef de l’Etat qui devait faire face à un courant de contestation farouche au sein d’une frange de la population tant en RDC que dans la diaspora. Heureusement, Kinshasa

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s’était fixé une ligne de communication sans équivoque : pas question de réintégrer les criminels récidivistes ni de les amnistier. La même logique était partagée par la communauté internationale qui, comble de paradoxe, poussait quand même vers un accord politique avec les rebelles du M23 pourtant catégorisé force négative par cette même communauté. Affichant sa bonne foi jusqu’au bout, le Président Kabila aura été, à ce jour, le seul, si pas le premier des signataires de

l’Accord-cadre d’Addis Abeba à l’avoir respecté et appliqué sans faille pour remplir la part des engagements de la RDC. Dès sa signature, en effet, Joseph Kabila a mis sur pied un mécanisme de suivi de l’application de cet accord et désigné ses animateurs. Plusieurs évaluations de cette mise en œuvre ont été faites et ont débouché, toutes, sur une mention spéciale pour la RDC, tandis que d’autres parties traînaient les pieds. Le Président tanzanien, Jakaya Kikwete, avait tenté d’y imprimer un coup de pouce en recom-

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Joseph Kabila recevant la délégation du Secrétaire d’Etat des USA à New York mandant des dialogues politiques au Rwanda et en Ouganda. Il en a récolté une volée de protestations jusqu’aux confins de l’insulte, particulièrement de la part de la ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo.

Les plus grands communs conflictuels des Grands Lacs Pratiquement contraints par la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) qui en était arrivée à fixer un dead-line pour la conclusion de leurs pourparlers, le Gouvernement congolais et le M23 sont retournés à Kampala, CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 33

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mais sans succès. On a même assisté à une tentative de la facilitation ougandaise d’imposer l’inacceptable à la RDC dans le simple but d’amener un bilan à la 68ème session de l’Assemblée générale de l’ONU. Pendant ce temps, de nouveaux rapports faisaient état du renforcement militaire du M23 avec l’appui du Rwanda. Plusieurs sources, dont la très dynamique société civile du Nord-Kivu ont fait état de ce renforcement, malgré les dénégations continues de Kigali qui, en fin de compte, est aujourd’hui le plus grand commun conflictuel des Grands Lacs. A plusieurs reprises, en effet, le Gouvernement rwandais a ramé à contre-courant des dispositions de l’Accord-cadre d’Addis Abeba et de la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’ONU. On a vu, par exemple, comment Kigali a facilité l’entrée en masse, de familles soi-disant de «réfugiés» congolais qui rentraient dans leur pays, mais en territoire sous contrôle du M23. En réalité, le Rwanda renforçait les rangs de sa rébellion tout en lui organisant un bouclier humain.

FARDC sont toujours ce colosse aux pieds d’argile. Kinshasa a compris ce choix et l’a stigmatisé à l’ONU, à travers l’adresse du Chef de l’Etat.

Tour de piste à New York pour un nouveau regard sur la RDC En effet, la 68ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU aura été une grande opportunité diplomatique qui a permis au Président de la République de faire avancer la cause de la RDC et d’interpeller la communauté internationale sur son engagement pour la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs. Après avoir fait état des efforts de la RDC dans tous les secteurs – politique, sécuritaire, judiciaire, économique, financier, etc. – comme cela lui était recommandé, Joseph Kabila en est arrivé a rappeler à la communauté internationale, à travers l’ONU, sa responsabilité de faire respecter les principes et valeurs de la Charte régissant l’Organisation mondiale. « Par-delà ces efforts de la République

Dans la même période, l’axe Kigali – Bunagana tentera de créer les conditions d’une intervention directe du Rwanda à travers des tirs d’obus vers le territoire rwandais, tirs attribués faussement aux FARDC. Plus récemment, le duo Kagamé – Museveni a décidé d’exclure la Tanzanie de leurs circuits commerciaux. Une forme de pression, si pas de représailles, contre la Tanzanie que Kigali et Kampala accusent de soutenir les FDLR depuis que le Président Kikwete les avait appelés au dialogue politique comme en RDC. Dans l’ensemble, on peut conclure que l’Accord-cadre d’Addis Abeba n’a plus de valeur cathartique dès lors que ceux qui sont appelés à l’appliquer préfèrent le schéma de la conflictualité et de la confrontation militaire, croyant que les

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Démocratique du Congo, l’avènement d’une paix durable dans la région dépend de deux conditions majeures : la fin de l’impunité sous toutes ses formes, d’une part, et d’autre part, la mise en œuvre diligente, par les autres signataires de l’Accord-cadre des engagements qui leur incombent aux termes dudit accord », soulignait Joseph Kabila avant d’ajouter : « Mon pays lance un appel pressant à notre Organisation Universelle de traiter tous les Etats membres avec la même rigueur et d’exiger de chacun le strict respect des principes de la Charte des Nations Unies ». Une façon, pour lui, d’en appeler à des sanctions contre les violateurs de cette Charte. Kabila a, dans le même ordre d’idées, appelé l’ONU à aller au-delà de son chapelet de dénonciations et de condamnations du Rwanda pour en arriver à des sanctions. « Dénoncer la violation de ces principes est certes une bonne chose ; mais sanctionner ceux qui les violent est de loin meilleur. Surtout quand la violation est établie, persistante et répétitive ». Joseph Kabila a-t-il été entendu ? Un fait est sûr : son intervention à l’ONU aura

suscité un nouveau regard sur la situation à l’Est et dans la région des Grands. En témoigne, ce ballet diplomatique à Kinshasa et à Goma. Une délégation du Conseil de sécurité a dû faire le déplacement dans la région. Mary Robinson, envoyée spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, a fait montre d’un regain d’activités sur terrain, en compagnie de Martin Kobler, patron de la Monusco. Washington n’a pas été en reste. Son envoyé spécial s’est également rendu à Kinshasa, à Goma et dans d’autres pays voisins. Bruxelles, quant à elle, se sera montrée très solidaire de la RDC, aussi bien à travers des visites répétées de Didier Reynders et Pascal Labille à Kinshasa et à l’Est, allant jusqu’à proposer un Plan Marshall pour la province sinistrée du Nord-Kivu. En somme, la République Démocratique du Congo aura réalisé un parcours diplomatique sans faute. Le maître-mot de sa ligne de communication était la préservation de l’intégrité territoriale contre les velléités de balkanisation, mais aussi le retour de la paix. L’histoire le retiendra ainsi, autant qu’elle proscrira tous les pyromanes de la région, véritables pêcheurs en eaux troubles. Sandra BUSHIRI Samy BOSONGO

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En marge de la 68ème Assemblée générale de l’ONU

LA RDC RÉAFFIRME SON LEADERSHIP DANS L’ESPACE FRANCOPHONE

La République Démocratique du Congo a accueilli, du 13 au 14 octobre 2012, la XIVème Conférence des Chefs d’États et de gouvernements dont les nations ont le français en partage. Placé sous le thème « Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale », ces assises avaient abouti à l’adoption de plusieurs résolutions et ce, en vertu de la Charte de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) et des valeurs promues par celle-ci. L’une de ces résolutions était celle relative aux situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix dans l’espace francophone. C’est le pays hôte qui avait reçu mandat de ses pairs de mettre en œuvre ces décisions, en sa qualité de Président de cette institution au cours des deux années qui suivaient. Et depuis, la RDC ne cesse de déployer les efforts pour être à la hauteur de la tâche.

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F

ort curieusement, la 68ème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies qui s’est tenue du 24 au 25 septembre dernier à New York, a inscrit à son ordre du jour les questions liées à la paix et à la sécurité internationales. Hasard de l’histoire ou conjonction des facteurs déterminants de la vie politique au sein du système international ? Là, n’est pas la question qui a intéressé la Rdc. Le plus important pour ce géant et au cœur de l’Afrique, et du point de vue géostratégique vis-à-vis des enjeux mondiaux, a été de jouer son rôle de « Grand ». Surtout, de saisir l’opportunité pour réaffirmer son lead-

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». Y ont pris part, les Ministres des Affaires étrangères de l’ensemble des États et gouvernements membres, associés et observateurs de cette Organisation. C’est le Président de la Conférence ministérielle de la Francophonie, Raymond Tshibanda N’tungamulongo, Chef de la diplomatie congolaise, qui a présidé cette rencontre. Ban Ki-Moon et Hervé Ladsous, respectivement Secrétaire Général et Secrétaire Général adjoint de l’ONU, le Conseiller spécial d’Abdou Diouf, Ousmane Paye, étaient également présents à ce déjeuner de travail qui a servi de cadre à la réunion.

Poignée de mains entre le Chef de l’Etat Congolais, Joseph Kabila, et la Ministre française Chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui

ership dans l’espace francophone. C’est ce que la plus grande des nations dont le français est la langue officielle, de part sa superficie et son nombre de locuteurs, a choisi de faire. La Rdc a profité de la tenue de l’Assemblée générale de l’Onu pour offrir aux francophones du monde entier l’opportunité de traiter des problèmes qui minent leurs pays. Avec l’appui de l’Oif, le pays de Joseph Kabila a organisé, le 23 septembre 2013 à New York, une concertation ministérielle informelle de haut niveau sous le thème : « les crises et les efforts de consolidation de la paix et de la sécurité dans les pays de l’espace francophone

Les participants ont particulièrement focalisé leur attention sur les questions de paix et de sécurité dans l’espace francophone en Afrique. Ce qui se présente comme le plus grand des défis majeurs de l’heure face auxquels les pays francophones doivent renforcer leur solidarité. C’est ainsi que la tenue de cette rencontre s’inscrivait dans la ligne droite de la mise en œuvre des engagements pris par les Chefs d’État et de gouvernements membres, associés et observateurs de l’Oif en octobre 2012, lors du Sommet de Kinshasa. Là, l’objectif était d’accroître la capacité d’action et le rôle de l’organisation en tant qu’acteur des relations internationales. Aussi, la Francophonie devrait accompagner, suivre l’évolution de la situation globale et les processus démocratiques en cours dans certains pays membres. C’est ainsi que les délégations présentes ont saisi l’occasion pour échanger sur les causes profondes des différentes crises qui sévissent dans leurs pays respectifs situés sur le continent africain. Elles ont également évalué les efforts qui ont été fournis jusque là, pour consolider la paix et la sécurité dans les pays francophones. Les participants se sont donc fait une idée claire des efforts qu’ils ont eu à conjuguer et des actions qui restent à mener à ce sujet.

La paix et la sécurité indispensables pour asseoir un cadre institutionnel adéquat Après l’ouverture des travaux par le Chef de la délégation congolaise, c’est le Directeur à CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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la paix, démocratie et aux droits de l’homme de l’Oif qui a introduit le débat général à ses assises. Monsieur Christophe Guilhou a, dans son exposé introductif, présenté la situation sur terrain. Il a épinglé les causes réelles des crises récurrentes dans chacun des pays de l’organisation touchés, avant de s’attarder sur les efforts engagés par cette dernière en faveur de la consolidation de la paix et de la sécurité dans l’espace francophone. Ce qui a introduit la séance d’échanges entre les délégations présentes. A ce sujet, les représentants des pays francophones sont restés conscients de l’interpellation du Chef de la diplomatie congolaise. « Point n’est besoin de rappeler ici que la paix et la sécurité constituent des leviers indispensables pour asseoir un cadre institutionnel adéquat tourné vers des perspectives propices au développement durable. La paix et la sécurité sont aussi un préalable pour créer les conditions du bien-être social et économique tant recherché par nos concitoyens », a déclaré le Ministre Raymond Tshibanda, au cours de son allocution à l’ouverture des concertations francophones. Pour lui, l’évolution de la situation politique globale dans l’espace francophone, les crises et les foyers de tensions observés ainsi que les aspirations légitimes des populations francophones à plus de démocratie, plus de libertés et plus de droits, offrent à leur communauté l’occasion de procéder à un nouvel examen des modalités de l’engagement collectif de ses membres. Engagement qui passerait notamment par une mobilisation accrue et une action concertée en faveur de la paix et de la sécurité dans l’espace francophone. « Faire de la Francophonie un acteur important des relations internationales, c’est savoir, me semble-t-il, agir efficacement, au moment opportun et en cohérence avec les autres acteurs internationaux », telle a été la profession de foi du Président de la Conférence des Ministres des Affaires étrangères de la francophonie vis-à-vis de l’avenir de son organisation. Raison pour laquelle, les possibilités de renforcer le partenariat avec l’Onu et les autres organisations partenaires de l’Oif était aussi au centre des discussions. Objectif : appuyer la mise en œuvre des Déclarations de Bamako et de Saint-Boniface, dans le respect

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l’éradication de la pauvreté. Je compte sur la contribution de la Francophonie ». Par la suite, Yamina Benguigui, la ministre française à la francophonie a déclaré que « la femme dans l’est de la RDC mérite mieux ». Le Vice-premier ministre et ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, a présenté d’autres pistes de solution pour une sortie de crise dans l’espace francophone. Plusieurs ministres des affaires étrangères ont, à leur tour, présenté des propositions constructives pour l’édification d’une paix durable sur le continent africain. Le Conseiller spécial, Ousmane Paye est, quant à lui, intervenu juste avant l’allocution de clôture du Président de la Concertation, pour livrer le message du Secrétaire Général de la Francophonie.

de la Charte des Nations Unies, du Droit international ainsi que celui de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. « S’agissant de la situation sur le terrain, nous pouvons affirmer qu’il y a eu globalement des progrès notables. Ce disant, nous sommes conscients qu’il persiste encore dans notre espace des foyers de tension marqués par des crises multiformes pouvant revêtir des formes aussi graves que le recul de pratiques démocratiques », a souligné Raymond Tshibanda, avant d’interpeller ses pairs : « Nous avons, à cet effet, l’obligation d’appuyer les efforts qui sont engagés en faisant jouer la solidarité francophone ». Dans cet ordre d’idées, le Chef de la diplomatie congolaise a estimé qu’il lui semblait important, pour toute la communauté, de tirer le maximum de bénéfices du partenariat avec l’ONU et les autres organisations partenaires de la Francophonie impliquées dans la recherche des solutions aux défis majeurs, politiques ou sécuritaires, que connaît leur espace. Il a affirmé, par ailleurs, n’avoir aucun doute, et pas un seul instant, que cette con-

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certation, quoique de courte durée, ait contribué de manière intense à l’indentification des pistes de réflexion et d’action susceptibles de mobiliser les francophones, individuellement et collectivement, en faveur de la paix. A l’ouverture de la réunion, Ban Ki-Moon a souligné que la consolidation de la coopération entre l’Onu et l’Oif sur les grandes questions d’intérêt commun dans le domaine de la paix et de la sécurité permettait d’agir pour une paix durable. Se référant à son rapport intitulé : « Une vie de dignité pour tous », le Secrétaire Général des Nations Unies a reconnu que la voix de la communauté francophone se faisait entendre dans les débats internationaux sur l’élaboration d’un programme de développement pour l’après-2015. C’est ainsi qu’il va conclure : « C’est l’occasion d’approfondir notre réflexion sur les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) et de nous attaquer aux problèmes complexes d’une nouvelle ère. Il est question de nous focaliser sur un programme de développement unique, cohérent et ambitieux centré sur le développement durable et ayant comme priorité absolue

Aux termes de ses assises, le Président de la Conférence ministérielle de la Francophonie, Raymond Tshibanda N’tungamulongo, a tenu à remercier chacun des participants, non seulement pour la participation active aux travaux, mais aussi pour la qualité des réflexions et la richesse des contributions qu’ils venaient d’avoir. « Votre présence, Mesdames et Messieurs les Ministres, a-t-il déclaré, me permet d’imaginer la grande portée de votre attachement à l’avènement de la paix dans les pays francophones, au développement harmonieux de nos peuples et à la poursuite du partage des idéaux de la Francophonie ». Vue la circonstance, le Président de la Conférence a adressé ses remerciements, de manière toute particulière, au Secrétaire Général de l’Onu qui a bien voulu accepter de participer personnellement à cette rencontre. Il a, par ailleurs, exprimé sa profonde reconnaissance au Président Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie, pour son appui inestimable à la tenue de cette importante rencontre. D’autres personnalités intéressées par la question inscrite à l’ordre du jour de cette réunion de haute portée ont également pris la parole. « Nous avons été édifiés par les interventions de l’ONU et de l’OIF au profit de l’espace francophone. Nous encourageons, à cet effet, le Secrétaire Général de la Francophonie à poursuivre ce partenariat fructueux et exemplaire », a conclu le Ministre Raymond Tshibanda. Jean-Luc MUSHI-MPAKU

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Joseph Kabila à la tribune de l’ONU

« Dénoncer les violations de la charte de l’ONU est une bonne chose, mais sanctionner ceux qui les violent est de loin meilleur… »

L

es affinités dans les rapports entre la République Démocratique du Congo et l’Organisation des Nations Unies ne font plus l’ombre d’un doute. Sinon, la mère des Institutions internationales n’aurait déployé au pays de Joseph Kabila Kabange, la plus vaste et la plus longue des missions de maintien de la paix que le monde ait connu jusque là. Paradoxalement, c’est là où sévit, depuis près de deux décennies déjà, une des

pires crises de l’histoire. Des violences indescriptibles y sont perpétrées par des groupes armés rebelles formés et équipés à partir des territoires voisins, frontaliers des provinces de l’est. Et ce, en violation flagrante des principes qui président aux fondements des relations internationales. Quoi de plus normal que, lorsque l’occasion lui est offerte, le Chef de l’Etat congolais s’en saisisse pour faire remarCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Joseph Kabila à la tribune des Nations Unies

quer ce hiatus ! Il interpelle aussi la communauté internationale par rapport à son laxisme vis-à-vis de cette situation. C’est ce qu’a réalisé Joseph Kabila qui, à la tribune de la 68ème session ordinaire de l’Assemblée générale des pays membres de l’ONU, a prononcé un discours tant dénonciateur qu’interpellateur. Il s’est fait l’obligation de rafraîchir la mémoire de tous sur l’ampleur des dégâts

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L’accord-cadre d’Addis-Abeba a été signé le dimanche 24 février 2013 par la RDC et dix autres pays de la région, dont le Rwanda. Quatre organisations régionales (Cirgl et Sadc) et internationales (Ue et Onu) avaient également approuvé ce document. Il propose une approche globale pour une paix durable dans l’Est de la Rdc et, par conséquent, dans la région des Grands Lacs. Le Rwanda est régulièrement mis en cause pour armer et financer le M23 (Mouvement du 23 mars) et d’autres groupes armés opérant dans l’Est de la Rdc voisine.Tel était le cas du Congrès national pour la défense du peuple (Cndp) dont est issue le M23. Faute de sanctions et mesures contraignantes, Kigali a toujours catégoriquement rejetées ces accusations.

qui sont régulièrement causés par la fragilité de la situation dans l’Est de la Rdc et dans la région des Grands Lacs. « Rien qu’au cours de l’année écoulée, les combats dans la région ont contribué au déplacement de plus de 100 mille Congolais, aggravant une crise alimentaire qui touche 6,4 millions de personnes, dont 2,6 millions de déplacés », a souligné le premier d’entre les Congolais. Ce, avant d’ajouter : « L’épisode le plus récent de cette tragédie sans fin étant celui de ces femmes et enfants de Goma, aplatis sous les bombes au mois de juillet dernier ». À ce sujet, Joseph Kabila a tenu à rappeler à la communauté internationale une double réalité qui, selon lui, est souvent méconnue ou occultée à dessein. « C’est

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pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur leur territoire des réfugiés originaires du Rwanda, que les populations Congolaises de l’est du pays sont privées de paix, [...], », a-t-il lancé. Selon lui, il y avait certainement lieu de se demander ce qu’il resterait du droit international humanitaire « si accueillir des réfugiés en détresse, acte humanitaire par excellence, devait désormais être considéré suffisant pour justifier des agressions sans fin de la part du pays dont lesdits réfugiés sont originaires ». « Sans paix, aucun progrès n’est envisageable. Sans un minimum de sécurité des personnes et de leurs biens, tout développement est hypothétique. Cela est d’autant plus inacceptable lorsque la rup-

La rébellion du Cndp avait signé un accord de paix avec le gouvernement congolais en mars 2009. Aux termes de celui-ci, les membres du Cndp ont été intégrés dans l’armée congolaise avant qu’ils ne se mutinent et ne fassent sécession en avril 2012 au Nord-Kivu. Ils réclamaient, dans un premier temps, l’amélioration de leurs conditions de vie, puis la pleine application de l’accord de mars 2009, avant de remettre en cause la légitimité des autorités congolaises. En novembre 2012, ils se sont emparés de Goma, chef-lieu du NordKivu, avant de s’en retirer en vue d’aller aux pourparlers de Kampala qui se poursuivent, avec intermittence, jusqu’à ce jour. JLM

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Une vue d’ensemble de la délégation congolaise aux Nations Unies

ture de la paix est le fait d’une agression extérieure. C’est la triste histoire récente de mon pays ». C’est par ces termes que le président de la République Démocratique du Congo, a abordé la situation actuelle dans son pays. Il a poursuivi son propos en relevant que les récents bombardements de Mutaho et de Goma ont été d’autant plus condamnables, qu’ils ont été perpétrés alors que son gouvernement était en train de mettre en œuvre la feuille de route prévue par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, y compris les pourparlers avec le groupe armé auteur des bombardements, (allusion faite au M23). Il a cependant réaffirmé devant l’Assemblée générale de l’Onu, sa détermination à s’acquitter de tous les engagements souscrits au titre de cet Accord-cadre. C’est dans cette optique que Joseph Kabila a eu à énumérer les actions concrètes que son Gouvernement a entre-

prises à cet effet, à savoir : « la mise en place du Mécanisme National de Suivi de la mise en œuvre des engagements de la République Démocratique du Congo ; l’accélération de la réforme du secteur de sécurité, particulièrement de l’Armée, de la Police et de la justice ; la décentralisation qui a franchi un pas supplémentaire vers sa matérialisation avec l’adoption des lois nécessaires pour sa mise en œuvre ; la réforme de la gestion des finances publiques ; la restructuration de la Commission Electorale Nationale Indépendante qui s’est immédiatement mise à l’œuvre avec comme priorité la poursuite du processus électoral en vue de l’organisation des élections locales, municipales, provinciales, sénatoriales et des Gouverneurs de provinces et la tenue des Concertations Nationales depuis le 7 septembre 2013 dont l’objectif est la recherche de la cohésion nationale pour mieux faire face à tous les défis que la nation congolaise est appelée à relever. » CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Le Chef de l’Etat a estimé qu’au-delà de ces efforts, l’avènement d’une paix durable dans la région dépend de deux conditions majeures : la fin de l’impunité sous toutes ses formes, d’une part, et la mise en œuvre diligente par les autres signataires des engagements qui leur incombent au titre de l’Accord-cadre d’autre part. Aussi, une fois de plus, son pays lance-t-il un appel pressant à l’Organisation pour traiter tous les états membres avec la même rigueur, et exiger de chacun le strict respect des principes de la Charte des Nations Unies. « Dénoncer la violation de ces principes est certes une bonne chose ; mais sanctionner ceux qui les violent est de loin meilleur. Surtout quand la violation est établie, persistante et répétitive », a-t-il insisté en guise de conclusion à son allocution. Jean-Luc MUSHI-MPAKU

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A LA 68EME SESSION DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES 42 Congo panorama 8-impression.indd 42

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Le Chef de l’Etat Congolais, Joseph Kabila Kabange, prononçant son discours au 68ème sommet des Nations Unies

Que le peuple frère du Kenya et ses dirigeants veuillent trouver ici l’expression de notre compassion et de notre solidarité. Monsieur le Président,

ment qu’au nom du peuple congolais je m’adresse à cette auguste Assemblée et, à travers elle, à l’ensemble de la Communauté des nations. Pour commencer, je voudrais vous adresser, ainsi qu’aux membres de votre bureau, mes félicitations les plus sincères pour votre élection à la présidence de cette Session Ordinaire de l’Assemblée Générale de notre Organisation. Je voudrais également salué votre prédécesseur, Monsieur VUK JEREMIC pour la brillante manière dont il s’est acquitté de son mandat. Je voudrais enfin rendre un hommage mérité à Monsieur BAN KI-MOON, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, pour toutes ses initiatives en matière de paix et de sécurité à travers le monde et pour son implication personnelle dans la recherche des voies et moyens pouvant aider à ramener la paix et la stabilité dans l’Est de la République Démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Monsieur le Président, Lorsque les nations du monde se réunissent en Assemblée, pour réfléchir sur les grandes questions auxquelles l’humanité est confrontée, c’est un honneur et un privilège de prendre la parole et de faire entendre le point de vue de son pays. C’est donc animé de ce double senti-

Ses efforts sont d’autant méritoires que les ennemis de la paix sont toujours à l’affût, prêts à frapper n’importe qui, n’importe quand et n’importe où, comme nous le rappelle tristement l’attaque terroriste qui vient d’endeuiller la République du Kenya. Au nom du Gouvernement, du peuple congolais et en mon nom propre, je condamne cet acte ignoble. CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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C’est à juste titre que vous avez proposé que le thème du présent débat général soit, je cite: “ Le programme de développement pour l’après-2015 : Plantons le décor”. Fin de citation. De manière tout aussi pertinente, vous avez indiqué qu’il fallait tirer les leçons de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaires pour le Développement, tenir compte des défis nouveaux et émergents du développement, créer des indicateurs quantifiables, nouer des nouveaux types de partenariat et mieux intégrer les dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable. L’importance du thème choisi et la pertinence des indicateurs qui l’accompagnent sont incontestables. Notre réflexion doit en être d’autant plus exigeante que l’environnement international est marqué par plusieurs pesanteurs. En effet, au moment où il est question d’organiser l’après 2015, la Communauté Internationale est de plus en plus marquée par le non respect, par certains de ses membres, des principes fondamentaux des relations internationales, l’égoïsme persistant des Etats et les convulsions de l’économie mondiale. Les conséquences qui s’ensuivent sont multiples. Elles vont des atteintes à la paix aux conflits meurtriers, d’une mondialisation essentiellement mue par la recherche effrénée du profit à l’aggravation de la pauvreté. A ceci s’ajoutent la crise alimentaire, la famine, les maladies

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La délégation congolaise au 68ème sommet de l’ONU

et endémies naguère disparues qui, aujourd’hui refont surface, et la destruction de l’environnement, principale cause du changement climatique et de ses effets déplorables. Je me félicite de la mise sur pied par l’Assemblée générale de l’ONU, en vue de changer cette situation inconfortable, du Groupe de travail chargé de définir les objectifs du développement durable, du Comité intergouvernemental d’Experts sur le financement dudit développement, ainsi que du Forum politique de haut niveau pour impulser l’exécution des recommandations et décisions sur le développement durable.

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Mon souhait est de voir ce processus s’harmoniser avec celui en cours sur la mutation du Conseil Economique et Social, et par-delà celle de l’ensemble du système des Nations Unies, en vue d’une meilleure intégration de trois dimensions du développement durable, à savoir les dimensions économique, sociale et environnementale, dans le nouvel agenda post 2015.

différenciées.

Le nouveau programme que nous sommes appelés à mettre sur pied devra être universel, ambitieux, capable de répondre aux défis immenses auxquels fait face l’humanité et porteur de transformations positives, sur la base du principe des responsabilités partagées et

Monsieur le Président,

Dans cette perspective, il serait important de nous appuyer sur la contribution des femmes, des jeunes et de la société civile, tant dans la conception que dans l’exécution de cet agenda. Nous devrions également nous inspirer des leçons de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

S’agissant particulièrement du changement climatique, comme question importante à résoudre pour l’après-2015, permettez-moi de rappeler qu’aux termes du document final de la Confé-

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rence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), les Etats se sont engagés pour l’abandon des modes de consommation et de production non viables à long terme, en faveur de modes durables de gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social, voire l’avenir de l’humanité. Le changement climatique constitue une menace pour l’homme et ses droits fondamentaux, particulièrement pour les populations vulnérables, dont celles du continent africain et des pays insulaires. Contribuer à en limiter l’impact est, pour chacun de nos Etats, une respon-

sabilité envers sa population, un service à l’espèce humaine et un devoir de solidarité internationale.

gie propre et renouvelable, compatible avec les exigences du développement durable.

Consciente de cela, la République Démocratique du Congo, pays à la biodiversité exceptionnelle, s’est toujours imposé de gérer ses ressources naturelles avec le souci de l’avenir. C’est dans cette optique que s’inscrit la politique de gestion de nos écosystèmes forestiers.

Monsieur le Président,

Le projet du Grand Inga relève de la même logique. Il y a lieu de souligner, en effet, que ce projet devrait, à terme, permettre de produire suffisamment d’électricité pour satisfaire les besoins de près de la moitié de l’Afrique. Une énerCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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C’est aujourd’hui que nous devons commencer à planter le décor pour l’après-2015. Dans ce contexte, j’émets le souhait de voir les propositions qui sortiront de cette session traduire notre volonté commune de privilégier la dimension économique, sociale et environnementale du développement durable. Ces propositions devront couvrir nos

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programmes locaux, nationaux et régionaux de développement. Elles devront également impulser une coopération internationale audacieuse et refléter la volonté de chacun de nos Etats à contribuer à la paix et à la sécurité internationale. Monsieur le Président, Sans paix, aucun progrès n’est envisageable. Sans un minimum de conditions de sécurité des personnes et de leurs biens, tout développement est hypothétique. Cela est d’autant plus inacceptable que la rupture de la paix est le fait d’une agression extérieure.

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dernier. C’est la triste histoire récente de mon pays. Il est à ce sujet important de rappeler une double réalité, souvent méconnue ou occultée, à savoir : que c’est pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur son territoire des refugiés originaires du Rwanda, que les populations congolaises de l’Est de mon pays sont privées de la paix, droit élémentaire de tout être humain et qu’ils n’arrêtent de compter les morts, l’épisode le plus récent de cette tragédie sans fin étant celui de ces femmes et enfants de Goma aplatis sous les bombes au mois de juillet

Une véritable tragédie dont l’ampleur n’a d’égale dans l’histoire de l’humanité et qui ne peut laisser cette dernière indifférente. Il y a lieu de se demander ce qui resterait du droit international humanitaire, si accueillir des réfugiés en détresse, acte humanitaire par excellence, devait désormais être considéré suffisant pour justifier le déclenchement d’une guerre. Monsieur le Président, Les récents bombardements de de la

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- La mise en place du Mécanisme National de Suivi de la mise en œuvre des engagements de la République Démocratique du Congo ; - L’accélération de la réforme du secteur de sécurité, particulièrement de l’Armée, de la Police et de la justice ;

Monsieur le Président,

- La décentralisation qui a franchi un pas supplémentaire vers sa matérialisation avec l’adoption des lois nécessaires pour sa mise en œuvre ;

Je ne saurais terminer mon propos sans remercier la SADC, la CIRGL, l’Union Africaine et l’Union Européenne pour le rôle essentiel qu’elles jouent dans le maintien de la paix au niveau de notre région.

- La réforme de la gestion des finances publiques ; - La restructuration de la Commission Electorale Nationale Indépendante qui s’est immédiatement mise à l’œuvre avec comme priorité la poursuite du processus électoral en vue de l’organisation des élections locales, municipales, provinciales, sénatoriales et des Gouverneurs de province ; - La tenue des Concertations Nationales depuis le 7 septembre 2013 dont l’objectif est la recherche de la cohésion nationale pour mieux faire face à tous les défis que la nation congolaise est appelée à relever. ville de Goma sont d’autant plus condamnables qu’ils ont été perpetrés alors que le gouvernement de la République Démocratique du Congo était en train d’exécuter la feuille de route fixée par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, en ce compris les pourparlers avec le groupe armé auteur desdits bombardements. Je voudrais néanmoins réaffirmer la détermination de mon pays de s’acquitter de tous les engagements souscrits dans le cadre de cet Accord-cadre. C’est dans cette optique que les actions concrètes ci-après ont déjà été posées par le Gouvernement congolais :

Par-delà ces efforts de la République Démocratique du Congo, l’avènement d’une paix durable dans la région dépend de deux conditions majeures : la fin de l’impunité sous toutes ses formes , d’une part, et d’autre part, la mise en œuvre diligente, par les autres signataires de l’Accord-cadre des engagements qui leur incombent aux termes dudit accord. Aussi, une fois de plus, mon pays lancet-il un appel pressant à notre Organisation Universelle de traiter tous les Etats membres avec la même rigueur et d’exiger de chacun le strict respect des principes de la Charte des Nations Unies. CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Dénoncer la violation de ces principes est certes une bonne chose ; mais sanctionner ceux qui les violent est de loin meilleur. Surtout quand la violation est établie, persistante et répétitive.

Je remercie tout autant les Nations Unies, singulièrement les membres du Conseil de Sécurité, ainsi que tous les Etats qui, depuis plusieurs années, se sont engagé à nos côtés pour assurer la paix en République Démocratique du Congo. Nous leur sommes d’autant plus reconnaissants qu’ils contribuent à l’une des ruptures à opérer pour un programme de développement pour l’après 2015 qui réponde aux exigences d’un monde meilleur pour tous. Il s’agit de se convaincre que, par-delà nos clivages, nous avons un destin commun et de considérer nos diversités pour ce qu’elles sont fondamentalement, à savoir : une richesse. Pour la Communauté Internationale, il est en effet plus que temps de trouver les voies et moyens de permettre à des millions de personnes non pas d’être simplement en vie, mais de vivre dignement, dans un monde où la paix, la sécurité et la justice sont une réalité pour tous. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation, Je vous remercie.

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Mini-sommet sur les Grands Lacs à New York

LES CHEFS D’ÉTATS DE LA CIRGL D’ACCORD POUR UNE SOLUTION RÉGIONALE À LA CRISE EN RDC La 68ème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a vécu du 24 au 26 septembre 2013 à New York. Les Chefs d’États et de gouvernements se sont rencontrés pour traiter des questions majeures qui marquent la vie internationales. Pour rien au monde, un dirigeant accepterait de faire passer cette précieuse occasion de faire entendre la voix de son peuple au tuyau des oreilles des décideurs réunis pour la circonstance. Le Président Joseph Kabila Kabange n’a pas fait exception. Il a d’ailleurs quitté Kinshasa dimanche 22 septembre dans la matinée pour le siège de la mère des institutions internationales. Question d’avoir un peu d’avance sur le calendrier et mettre à profit le temps pour déployer des activités diplomatiques en rapport avec la situation de son pays, avant la tenue de l’Assemblée Générale.

C

’est dans cette optique que le Raïs congolais a participé, le lundi 23 septembre à New York, au mini-sommet sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs en général, et en République Démocratique du Congo en particulier. Une réunion qui a connu la participation du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, et des représentants d’autres organisations internationales (l’Union européenne et

l’Union africaine) et régionales telles que la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs), sans oublier la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (Sadc). A l’occasion, les chefs d’État, chefs de gouvernement et ministres des 11 pays de la région des Grands Lacs, tous signataires de l’accordcadre du dimanche 24 février 2013 à Addis-Abeba, ont procédé à l’évaluation de la mise en œuvre dudit accord ainsi CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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que du processus de paix dans l’Est de la RDC. Dès l’ouverture de la rencontre, le Secrétaire général des Nations unies a tenu à appeler à un apaisement des tensions dans la région des Grands Lacs pour que cet accord soit appliqué. Toutefois, il s’est félicité de certains faits récents, notamment de la tenue à Kampala du dernier sommet extraordinaire de la Conférence

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POLITIQUE ET DIPLOMATIE

Toutes les unités de l’armée sont mobilisées pour éradiquer la rébellion

internationale sur la région des Grands Lacs. Sommet au cours duquel les dirigeants des Grands Lacs avaient demandé et obtenu du gouvernement congolais et de la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars) la reprise des pourparlers de Kampala. « Je salue les efforts que vous déployez ensemble pour arrêter des objectifs et des indicateurs de progrès », a lancé Ban Ki-oon, après avoir déclaré que : « Nous devons concrétiser les engagements pris à Addis-Abeba en février dernier ». C’est ainsi qu’il va lancer à nouveau un appel à l’endroit de la communauté internationale afin « d’aider les gouvernements des pays de la région à s’acquitter promptement de leurs engagements, avec la participation de la société civile ». Le Secrétaire général des Nations unies a, par ailleurs, plaidé pour une assistance financière accrue de la part des partenaires comme gage au retour de la paix. D’où sa requête : « Je demande en particulier aux donateurs tels que la Banque africaine de développement, l’Union européenne, la Banque mondiale et les partenaires bilatéraux de réfléchir à des

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moyens d’apporter une assistance accrue».

« Voir-Juger-Agir… » Le mini-sommet sur la région des Grands Lacs n’a fait qu’annoncer les couleurs de ce qu’allait être la 68ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies qui devait s’ouvrir dans les 24 heures qui suivaient. Trêve de discours inutiles. En lieu et place, les participants à cette réunion ont tenu à rester pragmatiques. C’est la méthode triptyque «Voir-Juger-Agir » qui a caractérisé leur démarche. En effet, les Chefs d’État et de gouvernements signataires de l’Accordcadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des Grands lacs ont procédé en trois étapes.

signataires à pouvoir les respecter. C’est le cas du Rwanda qui a continué à soutenir le M23, sans se préoccupé de sa signature apposée au bas de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Aussi, les participants ont fermement condamné les groupes armés actifs dans cette partie de l’Afrique parmi lesquels le M23 à qui a été imputée la responsabilité de la reprise des hostilités dans l’est de la RDC.

La première a consisté à faire un état des lieux de la situation sur terrain vis-à-vis de ce qu’elle aurait dû être, si chacun des acteurs avait convenablement respecté ses engagements. Cette exercice leurs a permis de se rendre compte de la réalité. Celle qui s’est traduite par l’écart qui a existé entre les engagements pris et la grande difficulté qu’ont éprouvé certains

Et pourtant, la RDC, elle, a fait exception à ce propos. De l’avis de tous, le gouvernement congolais a bel et bien réalisé sa part du contrat eu égard aux efforts entrepris dans la dynamique de la recherche de la paix dans la région. Aux termes de l’Accord-cadre de paix signé le 24 février dernier dans la capitale éthiopienne, le Raïs s’engageait à «

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POLITIQUE ET DIPLOMATIE

consolider l’autorité de l’État à l’est du pays, à réformer le secteur de la sécurité et à promouvoir la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation ». D’ailleurs, à l’occasion, Joseph Kabila a déclaré que son pays respecte à la lettre, l’accord-cadre d’Addis-Abeba.

Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila et sa délégation au Mini-Sommet de la CIRGL

Il faut mettre à sont actif l’élaboration et l’adoption des critères de suivi nationaux de l’Accord-cadre ainsi que les progrès réalisés dans la mise en œuvre de réformes qui complètent et renforcent mutuellement l’exécution des engagements régionaux. L’initiation des Concertations nationales qui ont réuni toutes les forces vives de la République du 7 septembre au 5 octobre à Kinshasa a conduit à la mise en œuvre des réformes dans divers secteurs de la vie nationale. C’est ainsi qu’une mention spéciale a été accordée à la Rdc. Selon certains analystes, il serait souhaitable que tous les acteurs en fassent autant en vue de permettre l’instauration d’une paix durable et un développement socioéconomique dans la région. Enfin, les pays de la région ont scruté les voies et moyens susceptibles de permettre la mise en œuvre dudit accordcadre. Aux termes des échanges, cette instance a produit un communiqué final qui reprend des idées forces. Réunis au sein du « Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre », les chefs d’État de la région présents à New York n’ont juré que par l’application, sans tergiversation aucune, de cet accord de paix. Ils ont, pour ce faire, réaffirmé le principe de la souveraineté de la Rdc en tant qu’État, de son intégrité territoriale et de son indépendance politique qui sont inaliénables autant que celles des autres pays de la région. Ils se sont du reste inscrits dans la logique d’un dialogue direct entre le M23 et le gouvernement congolais. À ce sujet, les deux parties en pourparlers à Kampala ont été priées de conclure rapidement

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les travaux conformément à une décision prise lors du septième sommet extraordinaire des Chefs d’États et de Gouvernements de la CIRGL. Cette instance a ainsi salué et encouragé la poursuite des autres initiatives de dialogue politique entreprises dans la région, notamment le processus quadripartite d’Oyo, en République du Congo.

Une solution globale au niveau de la région La réunion du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre a également marché sur les traces du Président tanzanien Jakaya Kikwete. Ce dernier avait, lors du 6ème sommet de la CIRGL, lancé l’idée de « contraindre des pays tels que l’Ouganda et le Rwanda à initier des négociations internes en approchant leurs rebellions respectives au nom de la réconciliation sincère ». Bien qu’ayant été à la base de beaucoup de désaccords entre Dar-EsSalam et Kigali, l’idée a continué à faire son bonhomme de chemin à New York. Le communiqué final issu de ce minisommet l’a reprise avec l’aval de la majorité des participants. A en croire une des résolutions des Chefs d’Etats et de gouvernements de la CIRGL, ce genre de solution ne serait possible qu’à travers le renforcement de l’Accordcadre d’Addis-Abeba. Un renforcement qui impose aux autres pays signataires comme le Rwanda et l’Ouganda d’initier leur propre dialogue interne pour une solution globale au niveau de la région. Tous les observateurs avertis du théâtre régional en son convaincus : « le nœud de la solution aux crises répétitives qui minent l’Est de la RDC est là », a estimé un confrère. Donnant en guise d’illustration le cas des Fdlr (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), qui est le prétexte

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de tout temps des agressions directes ou indirectes du Rwanda contre la Rdc, il soutient qu’« il n’y aura jamais de solution durable, donc pas de paix, tant que Kigali n’aura pas ouvert un dialogue sincère avec ce groupe armé». Avant de conclure : «C’est la seule voie pour les inciter à un retour au bercail ». Depuis leur arrivée à l’Est de la RDC, voilà bientôt 20 ans, toutes les tentatives pour les démanteler ont fait flop, mais leur présence continue à semer mort et désolation au sein de la population congolaise. Et le Chef de l’Etat Joseph Kabila, a bien épinglé ce triste rappel historique lors de son allocution du haut de la tribune des Nations Unies. « Il est à ce sujet impor-

tant de rappeler une double réalité, souvent méconnue ou occultée, à savoir que c’est pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur son territoire des refugiés originaires du Rwanda, que les populations congolaises de l’Est de mon pays sont privées de paix, droit élémentaire de tout être humain et qu’ils n’arrêtent de compter les morts. L’épisode le plus récent de cette tragédie sans fin étant celui de ces femmes et enfants de Goma aplatis sous les bombes au mois de juillet dernier », a-t-il rappelé. Avant d’ajouter que c’était « une véritable tragédie dont l’ampleur n’a d’égale dans l’histoire de l’humanité et qui ne peut laisser cette dernière indifférente ».

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« Il n’y aura jamais de solution durable, donc pas de paix, tant que Kigali n’aura pas ouvert un dialogue sincère avec les FDLR»

C’est certainement en réponse à cette interpellation qu’ils ont soutenu qu’il fallait, à tout prix, éradiquer les forces négatives qui évoluent dans l’Est de la RDC. Faisant allusion aux FDLR, ils ont reconnu, en substance, que d’autres mouvements terroristes comme celles des Forces Démocratiques Alliées – Armée de libération de l’Ouganda (Adf-Nalu) ou de la Lra (Lord’s Resistance Army = Armée de résistance du Seigneur) devaient aussi être traqués au même titre que le M23. Ce, conformément à la Résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’ONU. Bien au-delà, le plus important reste non seulement l’engagement mais, aussi et surtout, la détermination de tous les acteurs intervenant dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs de mettre en œuvre des mesures coercitives pour l’éradication des forces négatives et l’instauration des dialogues inter-rwandais et inter-ougandais, gage d’une paix durable dans l’Est de la RDC et dans la région des grands Lacs. Jean-Luc MUSHI-MPAKU

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Séjour newyorkais du Chef de l’Etat

INTENSE ACTIVITE DIPLOMATIQUE POUR LA PAIX ET LE DÉVELOPPEMENT Le Chef de l’Etat congolais a tenu à mettre à profit son séjour newyorkais. Avant, comme après son discours de mercredi 25 septembre à la tribune de la 68ème Assemblée générale des Nations Unies, Joseph Kabila a exercé une activité diplomatique intense. La situation sécuritaire dans l’Est de son pays et les pourparlers de Kampala, sont les deux sujets qui ont animé tous les entretiens avec ses hôtes de circonstance. Tel était le cas avec deux des très hautes personnalités politiques du monde occidental qu’il a rencontrées au lendemain de son adresse au monde.

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canalisé vers les populations de l’Est du pays », a insisté Didier Reynders. Ce dernier a, une fois encore, émis le vœu de voir les travaux des concertations nationales déboucher sur de grandes lignes de développement du pays. Le patron de la diplomatie belge a saisi l’occasion pour inviter les différents acteurs politiques congolais à regarder dans la même direction afin de relever le défi de la cohésion nationale, gage de paix et du développement. Son collègue Jean-Pascal Labille de la Coopération au développement a lancé l’idée d’un plan Marshall pour l’Ets de la RD Congo et la région des Grands Lacs. Les deux ministres belges ont indiqué que « le président Kabila s’était montré favorable à un tel projet » et a dit qu’il souhaitait plutôt « construire un pont vers le Rwanda qu’un mur » entre les deux pays.

Il s’est agit du tout puissant secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et du fin diplomate, Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. Le premier s’est, au cours des échanges avec le Président Joseph Kabila, focalisé sur la nécessité d’une solution négociée à la crise congolaise. John Kerry a notamment insisté sur la pertinence des pourparlers actuellement en cours, entre la délégation du Gouvernement congolais et celle du Mouvement rebelle du 23 mars (M23) à Kampala. Une option qui n’a pas du tout été celle du chef de la diplomatie belge. Au sortir de leur entretien avec le président congolais, Didier Reynders avait réitéré son propos tenu la veille au siège de l’Onu. Dans sa déclaration, il avait fait un plaidoy-

er en faveur de la neutralisation du M23, étiqueté par ailleurs force négative. Cependant, le Président Joseph Kabila et son interlocuteur ont largement échangé sur d’autres aspects de la situation politique en RDC ayant des embranchements directs avec le développement économique.

Après coté de la paix, le développement socio-économique « A côté de la paix, la RD Congo doit envisager, avec l’appui de ses partenaires bi et multilatéraux, un vrai projet de développement économique pour l’ensemble du pays, mais dont l’essentiel devra être CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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C’est ainsi qu’ils ont affirmé que la Banque mondiale ayant prévu de réserver un milliard de dollars à des projets, de préférence en coopération transfrontalière dans la région, l’Union européenne est aussi un important bailleur de fonds. D’où la promesse de Monsieur Labille de se rendre à Kinshasa à la mi-octobre, en compagnie du commissaire européen au développement, Andris Piebalgs. Le Ministre belge de la coopération avait fait état de la nécessité de la mise en œuvre d’un plan de développement, gage d’un retour à la paix et d’une relance économique dans la région. « La Belgique est un peu l’initiateur, du fait de son expertise, mais c’est un projet collectif. La Belgique a entrepris de fédérer les efforts de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de sa propre coopération en faveur d’un développement socioéconomique de l’Est de la République Démocratique du Congo et de son voisinage, afin de favoriser le retour de la paix dans la région des Grands Lacs », a ex-

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pliqué à la presse Monsieur Jean-Pascal Labille. Il a souligné en substance que la Belgique pouvait réorienter une partie de ses moyens, mais cela devrait être tourné vers l’Est de la Rdc et son développement économique. Les projets en question devraient notamment concerner les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’agriculture et du commerce transfrontalier. Tout cela avec, pour la Belgique, une « forme de réorientation » des fonds de la coopération au profit des deux Kivu (nord et sud), mais sans abandonner les autres provinces de la République. Le patron de la coopération belge a ainsi insisté sur le fait que l’élément essentiel, était d’assurer un avenir à l’ensemble de cette population et un développement socio-économique à l’ensemble des pays de la région des Grands Lacs. Développement qui, aux dires du Premier ministre belge, ne pourrait passer que par la fin des ingérences étrangères en République Démocratique du Congo.

Le Premier Ministre belge réclame la fin des ingérences exterieures en Rdc « L’intégrité territoriale de la Rdc doit être respectée. Toute ingérence extérieure doit cesser », a lancé Elio Di Rupo, en soirée du jeudi 27 septembre, depuis la tribune de la 68ème Assemblée générale des Nations Unies. Occasion au cours de laquelle il a appelé le gouvernement de Kinshasa à « rétablir l’Etat de droit » sur l’ensemble de son territoire et à « réformer son armée et sa police ».

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t-il dit.

Les ministres belges Jean-Pascal Labille et Didier Reynders reçus par le Président Kabila Avant de souligner que « la population du nord-est du Congo est, depuis des années, soumise aux massacres, aux viols multiples, aux recrutements forcé de soldats - y compris d’enfants -, aux pillages, aux déplacements forcés... ». Le chef de l’exécutif a toutefois salué les efforts récents de la communauté internationale pour ramener la paix en Rdc. « Les efforts du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon), et du Conseil de sécurité pour renforcer le mandat de la Monusco (la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC) donnent des premiers résultats. La brigade d’intervention (de 3.000 Casques bleus dotés d’un mandat offensif) joue un rôle actif pour protéger les populations », a-

Pour Elio Di Rupo, l’accord-cadre d’Addis Abeba offre une réelle perspective de stabilisation de la région toute entière. Raison pour laquelle, il a plaidé pour un accord à Kampala, la capitale ougandaise, où le gouvernement de Kinshasa et le M23 négocient depuis des mois sur une sortie de crise qui serait essentielle pour le succès du processus de paix. Lequel accord, d’après le Premier Ministre belge, doit intervenir sans aucune forme de compromission. « Des solutions pragmatiques doivent être trouvées, sans pour autant accepter une amnistie générale ni admettre l’impunité en ce qui concerne les crimes de guerre ou crimes contre l’humanité commis par des membres du M23 », a-t-il insisté. Il s’est ainsi aligné sur la position de Kinshasa qui refuse d’accorder l’amnistie à une centaine de responsables de la rébellion sur un total de quelque 1.700 combattants. « Comme elle l’a toujours fait, la Belgique continuera à contribuer à ces solutions » en faveur du retour de la paix dans la région des Grands Lacs, en proie CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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à des troubles depuis des décennies, a assuré le Premier ministre.

Joseph Kabila invité en Belgique Le Ministre belge des Affaires étrangères a transmis au Président Joseph Kabila, une invitation de la Belgique à assister aux festivités marquant le centenaire du début de la première guerre mondiale. Guerre à laquelle ont participé des soldats congolais entre 1914 et 1918. À cette occasion, un calendrier pourra être élaboré pour rendre fructueux beaucoup d’autres échanges diplomatiques entre les deux pays. « Le gouvernement belge a invité le président congolais Joseph Kabila à se rendre en Belgique à l’occasion des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, à laquelle ont participé des soldats congolais sous le drapeau belge. On verra dans ce cadre-là comment organiser des contacts bilatéraux », a déclaré Didier Reynders. Jean-Luc MUSHI-MPAKU

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100 ans de la première guerre mondiale, QUAND LA RDC BATTAIT L’ALLEMAGNE POUR LA BELGIQUE

On ne change pas l’histoire. La RDC et la Belgique ont déjà écrit la leur dans les annales des relations internationales. Il n’y a rien qui falsifiera cette histoire. Voilà pourquoi le Président Joseph Kabila est invité, en novembre 2014 à Bruxelles, à participer aux cérémonies commémoratives du centième anniversaire du déclenchement de la première guerre mondiale (1914-1918).

C

’est Didier Reynders, ministre belge des Affaires étrangères, qui lui a remis officiellement cette invitation le 25 septembre à New York lors des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette invitation est chargée de sens. Elle rappelle l’histoire écrite ni par Joseph Kabila, ni par le Roi des Belges. Mais elle est restée telle qu’elle au fil des temps. Un siècle après, la Belgique se souvient encore de la participation aux combats des soldats congolais pour défendre la métropole. « L’un des derniers documents que le Roi Albert II a d’ailleurs signé avant son

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Les voici, ces modestes héros aux costumes pittoresques qui firent reculer, par leur ténacité et la justesse incomparable de leur tir, les hordes barbares

abdication, était une lettre d’invitation que j’ai transmise il y a quelques jours à la Présidence de la République, invitant le président Joseph Kabila Kabange à se rendre en Belgique en 2014 pour prendre part à nos côtés aux cérémonies commémoratives qui marqueront l’année prochaine le centième anniversaire de la Grande Guerre » avait annoncé Michel Lastschenko, Ambassadeur du Royaume de Belgique à Kinshasa, dans son discours prononcé lors de la célébration de la Fête nationale belge le 21 juillet 2013. En effet, la commémoration de cette guerre par la Belgique et la participation

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diale. Ce qui lui permit d’avoir le Rwanda et le Burundi, alors colonies allemandes, comme protectorats. Ironie du sort : la Belgique, pendant longtemps, a assisté indifférente à l’envahissement du Congo par le petit Rwanda.

Les soldats congolais de la Force Publique sur les champs de bataille de la première guerre mondiale

de Joseph Kabila rappellent une victoire sur les troupes allemandes. Les soldats congolais de la Force publique (nom de l’armée congolaise à l’époque coloniale) avaient combattu aux côtés des troupes alliées pour gagner la bataille de l’Yser. « Le 19 septembre 1918, la Force publique congolaise avait infligé une cuisante défaite aux troupes allemandes lors de la Bataille de Tabora, ville du sud-ouest du Tanganyika, ancienne colonie allemande devenue la Tanzanie. Suite à cette victoire, la Belgique reçut en compensation des dommages causés par les troupes allemandes, les deux anciennes colonies allemandes d’Afrique de l’Est, le Rwanda et le Burundi, devenues des protectorats belges », rappelle un communiqué belge publié le 25 septembre.

Devoir de mémoire pour la Belgique Voilà des faits qui rafraichissent la mémoire et qui déterminent l’avenir des relations belgo-congolaises. Un devoir de mémoire qui oblige les deux nations à rester soudées. « Pour nous Belges, soyons attentifs à l’Afrique Centrale avec laquelle nous avons tissé tant des liens et qui traversent aujourd’hui tellement d’épreuves », conseillait le Roi Albert II

lors de la cérémonie de son abdication le 21 juillet 2013. La RDC, un pays qui a pourvu la Belgique dans toutes les dimensions. Ce n’est pas la cérémonie du centième anniversaire de la première guerre mondiale qui le contredira. « La RDC a été longtemps la mamelle nourricière de la Belgique. Et de ce point de vue, elle devait mériter mieux de cette ancienne métropole. Fort dommage, la Belgique a longtemps oublié le sésame de son essor. Souhaitons que l’actuelle classe politique belge puisse rompre avec les anciennes habitudes et comprendre ce que représente le Congo pour elle », a déclaré, sur un réseau social, Gratien Mukendi, un analyste politiquecongolais, en commentaire à l’invitation belge à Joseph Kabila. En effet, l’opinion congolaise partage, à la quasi unanimité – ce qui est d’ailleurs prouvé par les faits – la thèse selon laquelle la Belgique, c’est le Congo. Pour elle, le pays de Léopold II doit tout à ce pays d’Afrique centrale. Pour que l’on considère la Belgique dans la prise des grandes décisions mondiales, il fallait qu’elle brandisse le Congo, alors propriété privée du Roi, puis colonie belge. Grâce au Congo, la Belgique a eu le statut de vainqueur de la première guerre monCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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La belgo-congolaise aujourd’hui Assistons-nous à une volte-face dans l’attitude de la Belgique vis-à-vis de la RDC ? Seule la classe politique belge peut le dire.Toujours est-il que grâce à la diplomatie congolaise, la Belgique est en train de faire un plaidoyer pour le rétablissement de la paix dans la région des Grands Lacs, surtout à l’Est de la RDC. Les Congolais s’inquiètent toujours de l’attitude silencieuse qui a longtemps caractérisé la diplomatie africaine belge. Une évidence que l’on ne peut ignorer, c’est que dans la Belgique, il y a du Congo et vice-versa. C’est ainsi que ces deux pays se veulent toujours ensemble et unis comme en témoigne le récent réchauffement des relations belgo-congolaises. Actuellement, la Belgique ne cesse de défendre, lors des grandes messes politiques internationales, la cause de la RDC qui vit sous une agression de la part de ses voisins ayant divers soutiens occidentaux. Le pays de Kabila fait face à une coalition internationale qui œuvre pour la balkanisation de son territoire. Un complot que la Belgique ne cautionnera pas, à en croire les différentes positions qu’elle a prises au sujet de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC. « D’abord le problème de la sécurité et la défense. Il faut défendre le territoire, l’intégrité du territoire (…) à l’Est du pays.(…) La Belgique sera toujours à côté et avec le Congo », avait déclaré Didier Reynders lors de sa dernière visite en RDC à la mi-août 2013. Ricky KAPIAMBA

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Deux œuvres d’art inaugurées en immortaliser Patrice Lumumba De la lointaine Allemagne, un pays sans affinités historiques et politiques particulières avec la République Démocratique du Congo, un homme s’est de nouveau gravé dans la conscience internationale : Patrice Emery Lumumba, premier Premier Ministre du Congo indépendant, a fait l’objet d’une reconnaissance remarquable. Deux œuvres d’art de sa personne ont été inaugurées dans deux villes différentes d’Allemagne pour honorer sa mémoire.

L

e premier buste a été inauguré le 8 octobre 2013 à Berlin, capitale allemande. Le second l’a été le mercredi 9 octobre dans la ville de Leipzig. Celui-ci remplace le précédent qui avait été vandalisé. Toujours dans cette ville de Leipzig, une avenue portera désormais le nom de Lumumba. Cette avenue longe le département des langues où se trouve le buste de l’ancien Premier ministre. Ces deux moments forts ont captivé l’attention aussi bien des Congolais vivant au pays, ceux de la diaspora, que des Occidentaux. Une assistance distinguée a donc rehaussé de sa présence les deux cérémonies. On a noté la présence, entre autres, du Sénateur She Okitundu, venu de Kinshasa spécialement pour ces deux événements. Etaient également présents, François Lumumba, fils aîné de Patrice Emery Lumumba, une cinquantaine d’ambassadeurs africains, mais également des personnalités politiques allemandes, sans oublier des Congolais de la diaspora venus de plusieurs pays d’Europe. Hôte de l’événement, Mme Clémentine Shakembo Kamanga, Ambassadeur de la RDC en Allemagne, s’est dit très réjouie « pour cet instant d’émotion, de sens culturel et politique de la pose de la sculpture de Lumumba dans le jardin Garnisonkirchplatz à Berlin – Mitte ». Elle a rappelé que c’est à l’occasion d’une visite qu’elle avait effectuée en janvier 2010 à l’académie des arts de Berlin qu’elle avait eu un premier contact avec Jenny

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Statue de Lumumba à Berlin

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es en Allemagne pour ba

Buste de Lumumba à Leipzig

Wieglann-Mucchi, l’auteur de la sculpture de Lumumba, alors entreposée à côté de celle de Karl Marx. Elle a aussi évoqué d’autres reconnaissances qui rappellent à chaque instant l’œuvre politique grandiose, quoique éphémère, que Lumumba a léguée à la postérité politique congolaise. « Depuis 1961, plusieurs images de Lumumba défilent dans nos mémoires : des rues et des places publiques baptisées « Lumumba », donnant ainsi de l’imagination à Monsieur Guy Tillin, l’auteur de l’avenue Patrice Lumumba, s’ans oublier l’Université Lumumba à

Moscou, communément appelée Université de l’Amitié des Peuples ». Pour la cérémonie de Berlin, Mme Shakembo a rendu hommage à M. Poll et la Fondation de la Galerie Poll, la Dafrig ainsi qu’à toutes les personnes physiques et morales qui ont contribué à la réalisation de cet événement de portée historique, culturelle et politique. Quatre motivations particulières ont retenu l’attention de Mme Shakembo et tous les Congolais pour ce geste de reconnaissance. D’abord l’initiative est venue de la société civile al-

lemande ; ensuite, Berlin est la première capitale, en dehors de l’Afrique, à avoir une statue de Lumumba. Troisièmement, Berlin est la capitale de la première puissance de l’Europe, et enfin, Berlin rappelle la conférence internationale au cours de CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 61

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laquelle l’Afrique fut partagée entre les puissances coloniales en 1885. L’Ambassadeur de la RDC en Allemagne s’est engagée à soutenir la Fondation Poll dans l’entretien du site où est posée la sculpture et le nettoyage de celle-ci.

Et la métropole belge ? En mai dernier, le Gouvernement congolais avait annoncé la création d’une ville qui porterait le nom de Lumumba. Lumumbaville sera située à l’actuel emplacement de la cité de Wembo-Nyama jusqu’au groupement Ewango dans le territoire de Katako-Kombe au KasaïOriental. Cette décision avait été prise pour honorer la mémoire de Patrice Emery Lumumba qui a été assassiné à cause de la défense des intérêts du Congo dont il avait fait son cheval de bataille. Quelques années plus tôt, un monument de Lumumba avait été inauguré à l’échangeur de Limete (Kinshasa), à un jet de pierre de l’école primaire et secondaire qui porte son nom.

Cependant, les observateurs tournent leurs regards en vain vers la Belgique, ancienne métropole de la RDC. Ce regard ne peut qu’être légitime au regard des liens historiques qui unissent les deux pays, même si l’on sait combien Lumumba aura été la bête noire des belges pour arracher l’indépendance de la RDC jusqu’au moment ultime de sa proclamation. En 2001, une commission parlementaire belge avait conclu à la « responsabilité morale » de la Belgique dans l’assassinat de Lumumba. Cette reconnaissance faisait suite aux révélations sur ce rôle contenues dans le livre intitulé : « L’assassinat de Lumumba » écrit par Pierre Janssens, un auteur belge. Le jour de l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960, Lumumba avait prononcé devant le roi Baudouin un discours dénonçant les abus de la colonisation. Ce discours marqua sa rupture avec l’ancienne métropole. Vicky MAYAMBA Correspondant d’Hambourg ( Allemagne)

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Nkosazana Dlamini Zuma à Kinshasa

L’UA ENGAGÉE AU RETOUR DE LA PAIX DANS LE KIVU La situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo nécessitait qu’on s’y concentre. Ce qui a été fait. La stratégie consistait à y aller concomitamment sur trois fronts. D’abord, une puissance de feu sur terrain a, par effet de surprise, suscité le doute dans le camp de l’ennemi. En suite, un mécanisme politique interne de cohésion nationale entre les filles et les fils de la Rdc est entrain de produire les résultats escomptés. Enfin, la machine diplomatique aguerrie qui a été enclenchée par Kabila dans les arcanes internationaux est entrain de faire ses a présidente de la commission de preuves. L’une d’entre l’Union africaine (Ua) a séjourné elles, c’est la visite de du 20 au 23 octobre dernier trois jours qu’a effectuée dans la capitale congolaise. Nkoà Kinshasa la présidente sazana Dlamini Zuma a effectué de la commission de ce voyage officiel sur invitation expresse l’Union africaine (Ua) au du gouvernement congolais. Deux objecmois d’octobre dernier.

L

tifs principaux l’ont conduit à Kinshasa. Le premier était relatif à l’évaluation de la portée réelle de la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix et la stabilité

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Madame Nkosazana Dlamini Zuma reçue par Joseph Kabila

dans l’Est de la Rdc et dans la région des Grands Lacs. Accord qui a été signé le 24 février 2013 entre les onze pays de la Cirgl (Conférence internationale de la région des Grands lacs), sous l’égide de l’Onu et de l’Ua. Le second impératif de sa mission consistait, quant à lui, à donner un coup de pousse aux efforts fournis dans le processus de pacification et de développement de du territoire congolais.

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La dame de fer du Continent africain a choisi ce moment pour séjourner au pays de Lumumba et Kabila, deux panafricaniste, héros et martyre du nationalisme congolais. Pendant sa visite, la Présidente de la Commission a rencontré le Premier ministre ainsi que plusieurs autres responsables de l’exécutif national. Elle a aussi eu des entretiens avec le Président du Sénat et le celui de l’Assemblée nationale. Elle a également consacré son temps aux représentants des toutes les forces vives de la Rdc : la société civile, les organisations de femmes et les chefs religieux. En outre, Les Ambassadeurs des Etats membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et le groupe des Ambassadeurs africains accrédités à Kinshasa ont eu des séances de travail avec Dlamini Zuma.

Un tête à tête avec le Chef de l’Etat La numéro 1 de l’Union africaine a surtout eu un tête à tête avec le Chef de l’Etat. Joseph Kabila a reçu son hôte de marque le mardi 22 octobre au Palais de la Nation. L’heure était à l’évaluation de la situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans la région des Grands-Lacs, particulièrement dans l’Est de la Rdc. A l’occasion, les deux personnalités ont examiné le processus de mise en œuvre de l’Accord-cadre sur la Rdc que parrainent conjointement l’Ua et l’Onu. Elles ont également abordé les cruciales questions en rapport avec le retour d’une paix durable dans l’Est et le développement du pays ainsi que les pourparlers de Kampala entre le gouvernement et les rebelles du M23.

‘‘ Nous devons

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Au sortir de l’audience, Dr Nkosazana Dlamini-Zuma a affirmé que les trois questions cruciales qu’ils venaient d’évoquer avec Joseph Kabila Kabange, figurent en bonne place dans l’agenda de l’Union africaine. S’agissant de l’Accord-cadre signé

nous employer à améliorer la situation des enfants et des femmes qui sont victimes de la guerre

S’agissant des victimes de la guerre dans CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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le 24 février dernier dans la capitale éthiopienne, elle a indiqué qu’elle s’est donné un peu de temps pour laisser évoluer la situation, en vue de mieux apprécier ce qui se fait par les parties prenantes. En matière de développement, elle a ajouté qu’il y a beaucoup de progrès perçus, notamment en ce qui concerne la décentralisation, le développement et la paix. « Il y a de l’espoir qu’elles puissent aboutir à quelque chose de bon », a affirmé Madame la Présidente de la Commission de l’Ua en réponse à la préoccupation des journalistes en rapport avec les négociations de Kampala. Elle a par ailleurs déclaré: « nous savons qu’il faut la paix, rien que la paix, pour le développement de la RDC ». Avant d’ajouter : « Si la RDC est en paix, c’est l’Afrique toute entière qui est en paix ».

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l’Est de la Rdc, elle a fondé tout l’espoir de son institution de voir les organisations internationales s’employer d’aider les Congolais à parachever le processus de la pacification de cette partie du pays. « Nous devons nous employer à améliorer la situation des enfants et des femmes qui sont victimes de la guerre », a-t-elle souligné, avant de souhaiter que « le peuple congolais soit uni avec une seule vision pour le développement de la Rdc ». Engagée et déterminée à travailler pour le retour de la paix dans le Kivu La veille déjà, la présidente de la Commission de l’Ua a mis sa journée à profit pour exécuter son agenda. Elle a rencontré plusieurs personnalités et autorités congolaises. C’est le cas du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense et des Anciens combattants. Nkosazana Dlamini Zuma et Alexandre Luba Ntambo ont eu une séance de travail au ministère de la Défense situé dans l’enceinte de l’Etat-major général des Fardc (Forces armées de la Rdc). Séance à laquelle ont été associés quelques membres du gouvernement dont Richard Muyej de l’intérieur et décentralisation, Lambert Mende Omalanga de la Communication et médias, Mme Wivinne Mumba de la Justice. Les gouverneurs des provinces du Nord et Sud Kivu Julien Paluku Kahongia et Marcellin Cishambo ainsi que le Général-major Ponde, auditeur général de Fardc ont également pris part à cette rencontre. Ensemble, ils ont examiné la question relative à la crise dans l’est de la Rdc et dans la région des Grands Lacs et à la mise en œuvre de l’accord-cadre d’AddisAbeba. L’implication des Organisations africaines dans cette problématique a fait également objet des échanges entres ces interlocuteurs. C’est dans cette optique qu’elle a déclaré que l’objet de sa mission entre dans le cadre de ses responsabilités en tant que garante de la sécurité en Afrique.

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« l’Afrique tout entière devrait être concernée par les problèmes du Congo » À sa descente d’avion, Madame la Présidente de l’Organisation continentale était accueillie par le Vice-ministre des Affaires étrangères, Célestin Tunda ya Kasende. Les deux personnalités se sont brièvement entretenues autour des questions brulantes de l’heure. Il s’est agi notamment, de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, des pourparlers de Kampala

ainsi que de l’état de la coopération entre la RDC et l’Union africaine. Madame Dlamini-Zuma a, par la suite, reconnu, à leur juste valeur, et salué les efforts déployés par le gouvernement congolais dans le cadre de la recherche de la paix. Elle a, par ailleurs, avoué que les préoccupations du Congo ne sont pas celles des congolais à eux tout seuls mais aussi celles de tous les africains. À son avis, « l’Afrique toute entière devrait être concernée par les problèmes du Congo ». C’est ainsi qu’elle s’est engagée et a dit toute sa détermination à travailler pour le retour de la paix dans le Kivu. « Ce qui se passe en Rdc est atroce », a déclaré Nkosazana Zuma au micro de la Radio Okapi, faisant allusion aux conflits armés dans ce pays. « C’est vraiment atroce. Voir des femmes et des enfants souffrir de la sorte, c’est vraiment insupportable. C’est pourquoi, l’Afrique toute entière et nous d’ailleurs, nous sommes en train de fournir des efforts de sorte que nous puissions mener tous les pays de

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POLITIQUE ET DIPLOMATIE

« la Rdc a besoin de la paix pour assurer durablement son développement »

la région et de la sous région à s’impliquer dans la résolution de ces problèmes », at-elle indiqué. Pour sa part, le Vice-ministre a dressé, à l’intention de son interlocuteur, le tableau de la genèse de ces conflits récurrents dans l’Est de la Rdc. Aussi, il a salué l’engagement de l’Ua pour le retour de la paix dans son pays, reconnaissant que la visite de Mme Nkosazana D. Zuma était une sorte de bénédiction pour la Rdc. « C’est un signal divin que la présidente de la Commission de l’Union africaine soit dans notre pays le jour où le Président de la République va rendre solennelle les résultats des concertations politiques. Celles-ci sont l’un des engagements de la Rdc par rapport à l’accord-cadre signé à Addis-Abeba. Mme la présidente de l’UA nous a accompagné dans ce processus et engagé pour que la guerre s’arrête au Congo», a-t-il dit en substance.

Regarder d’un œil avisé et tendre une oreille attentive Durant son séjour kinois, la Présidente de

la Commission a regardé d’un œil avisé ce qui se passe ou se fait au pays de Lumumba. C’est ainsi qu’elle a, à en croire les confrères de African press organization (Apo), exprimé son appréciation de l’engagement de la Rdc en faveur de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la Rdc et la région, signé à Addis Abéba en février 2013. Elle s’est félicitée de la poursuite par la Rdc de sa coopération avec le Facilitateur des pourparlers de Kampala, et a exhorté toutes les parties à faire preuve de souplesse et de diligence, afin que « les pourparlers puissent reprendre et aboutir au succès escompté dans les plus brefs délais possibles ». Nkosazana Dlamini-Zuma a souligné, par ailleurs, que « la Rdc a besoin de la paix pour assurer durablement son développement », avant de se féliciter des efforts déployés par le Gouvernement congolais dans divers domaines de la vie nationale, notamment, l’éducation, le développement des infrastructures et le bien-être général de la population. A l’endroit des autorités, elle les a exhorté à persévérer dans ces efforts, tout en continuant à prêter l’attention requise au rétablissement de la paix et de la sécurité, CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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en particulier dans la partie orientale du pays. La Présidente de la Commission de l’Ua a, enfin, exprimé son dégoût de la violence perpétrée contre des civils innocents, en particulier des femmes et des enfants. Avant de réitérer l’engagement de son Organisation à continuer à travailler avec les Nations unies pour assurer la mise en œuvre pleine et effective de l’Accord-cadre d’Addis Abéba et le rétablissement de la paix et de la sécurité en RDC. C’est au bout de trois jours de travail intense que la présidente de la Commission de l’Union africaine a conclu sa visite officielle en Rdc. Le moment fort de son séjour de travail aura été caractérisé par sa présence à la séance qui a réuni en Congrès les deux Chambres du Parlement au Palais du peuple. Avec le président Denis Sassou Nguesso de la République sœur du Congo (Brazzaville), Mme Nkosazana a rehaussé de sa présence l’exécution d’une des prérogatives constitutionnelles du Chef de l’Etat qui a tenu son discours annuel sur l’état de la nation. Occasion au cours de laquelle Joseph a annoncé des décisions importantes dans le cadre de la recherche de la cohésion nationale. Nées des recommandations des concertations nationales, ces décisions augurent une ère nouvelle dans les cieux politiques de la Rdc. Jean-Luc MUSHI-MPAKU

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SOCIETE

Les balayeurs publics dans les jardins de la Primature

Matata Ponyo : « Il n’y a pas de sot métier »

C’est dans le but de les honorer que le Premier Ministre Matata Ponyo Mapon a invité, le 17 septembre 2013 à la Primature, les unités opérationnelles qui s’occupent de la salubrité et de l’assainissement de la ville de Kinshasa. Les balayeurs des artères de la ville de Kinshasa sont parmi les personnes les plus négligées de la société et les moins considérées. Le Premier Ministre a échangé avec eux et les encouragés en vue de le beau travail qu’ils accomplissent pour rendre la ville de Kinshasa propre.

L

a propreté dans les communes de la Gombe, Kintambo, Kinshasa, Barumbu et Lingwala est organisée par des ONG qui emploient des balayeurs. Le Premier Ministre a tenu à avoir plus d’informations sur l’organisation de ce travail. Le Premier Ministre a témoigné qu’il voit chaque matin dès 5h déjà les balayeurs se mettre au travail, alors que le premier service débute à 6 heures. Cela mérite des félicitations. Le service est organisé en trois groupes par jour. Le premier groupe travaille de 6 heures à 12 heures, le deuxième de 12 heures à 16 heures,

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Photo prise du boulevard Colonel Tshiatshi où l’on voit une dame entrain de balayer la route

et le troisième groupe, de 16 heures à 19 heures. Matata Ponyo a donc félicité, au nom du Président de la République qui a pris cette initiative de donner du travail à ses compatriotes, ces hommes qui font de la « Révolution de la modernité » un devoir. Et ceux-ci en retour l’ont remercié, car ils se sont sentis valorisés au sein de la société qui a souvent tendance à les marginaliser. L’une des preuves du bon travail des balayeurs est, sans doute, la propreté qu’on observe dans la commune de la Gombe.

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Armés de brosses, de ramassettes, de balaies et de râteaux, les balayeurs remportent le combat de la salubrité. Déchets, sachets, feuilles mortes traînant le long des rues ont disparu. Le centre ville est de toute beauté, et on a l’impression d’être ailleurs… Il y fait beau, l’air est agréable à respirer, les yeux peuvent même mieux voir, car aucun obstacle ne se présente. Les habitants de cette commune sont heureux et ravis de voir que leur commune est redevenue coquette. En revanche, la population kinoise dans son ensemble souhaiterait que le service s’élargisse à d’ autres communes qui ne sont pas encore couvertes. « Tout le monde a sa place dans ce monde et l’on doit être fier de ce que l’on fait ».Bien que sur terrain, les balayeurs rencontrent des difficultés à se faire accepter par la population, ces propos du Premier Ministre Matata Ponyo doivent faire chaque jour l’objet de leur motivation et de leur fierté afin qu’ils gardent la tête haute. Le Premier Ministre était fier de dire que « Kinshasa est le salon du Congo », et qu’elle doit retrouver son nom de « Kin la belle ». Symboli Kisubi CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 69

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Mariage civil des policiers, OLIVE LEMBE KABILA PARRAINE 2

Les 242 couples policiers lors de la cérémonie de leurs mariages sur le boulevard triomphal

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NE 242 COUPLES DE POLICIERS Madame Marie-Olive Lembe Kabila, qui touche à tout, s’est intéressée à doter les familles congolaises, cellules de base de la nation, de toutes les conditions pour qu’elles servent de cadres idéales d’épanouissement de futurs cadres du pays. Mais un mariage béni, c’est celui dont les composantes se sont engagées solennellement pour le meilleur et pour le pire devant Dieu et les hommes. Ainsi la première dame a rendu possible les mariages civils de 242 couples de policiers.

I

ls ont dit oui devant la nation, les familles et leurs autorités morales. Les 242 couples des policiers, sont désormais mariés légalement. La Première Dame de la République Démocratique du Congo, Marie Olive Lembe Kabila, a, en effet, remis l’acte de mariage aux couples mariés le vendredi 27 septembre 2012, au cours d’une cérémonie collective sanctionnant l’événement. La ministre du Genre, Famille et Enfant, Géneviève Inagosi, organisatrice de la cérémonie, différentes personnalités de marque, députés et sénateurs ainsi que les autorités CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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policières ont figuré parmi les invités. Le cadre choisi pour la manifestation, la place du cinquantenaire, a été prise d’assaut pour l’occasion dans les heures de l’avant-midi du 27 septembre 2013 par les couples des hommes en uniforme. Une cérémonie riche en couleur et aux allures d’une grandiose célébration publique à laquelle ont participé différents autorités et membres des familles des mariés. Officiers supérieurs, sous officiers, soldats et subalternes, tous ont rehaussé de leur présence la cérémonie de mariage civil

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Après être déclaré Mari et Femme, un des couples savoures leurs premier instant de le nouvelle vie

desdits couples de policiers. Un moment marquant et inoubliable, chargé d’émotion et de joie indescriptibles. Volontairement, les conjoints ont consenti à la régularisation de leurs unions et ont procédé au port des anneaux. Après cela, est venue l’heure de la consignation de leurs engagements dans le livre d’or. L’épouse du Chef de l’Etat Joseph Kabila, témoin prestigieux de cette célébration, n’a pas manqué d’inspiration. Dans son adresse à l’assisatnce, Marie-Olive Lembe a invité les autres couples des Congolais à s’engager

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dans cette démarche : « Je voudrais demander à tous les autres couples congolais qui n’ont pas encore régularisé leurs mariages à l’Etat civil de ne plus hésiter à s’engager sur cette voie, la seule que l’Etat puisse protéger ».

Adieu le phénomène « Yaka to fanda » et bienvenue au mariage légal Nombreux sont des Congolais qui préfèrent vivre suivant le principe de l’expression « yaka to fanda » qui s’apparente au concubinage. Contre le code de famille congolais, bien des couples militaires et policiers vivent en concubinage, une situation aggravée par leurs mutations régulières. Selon leurs désirs, ces militaires se donnent le luxe d’avoir plusieurs femmes. Dans

La cérémonie n’est pas une première du genre. Au mois de mars dernier, la Ministre Géneviève avait organisé, sous le haut patronage de la Première Dame, la célébration collective des mariages de 453 couples, dont 33 catholiques et 350 kimbanguistes. Pour en faire une tradition en RDCongo, voilà une nouvelle initiative du même type qui vient compléter la première. Mais cette fois-ci avec comme particularité, les couples des policiers de Kinshasa. Un

événement

fort

loué

par

les

son allocution pour la circonstance, Geneviève Inagosi a donné les objectifs assignés à la cérémonie. La régularisation de ces unions est inscrite dans le cadre de la protection des droits de succession, ainsi que les droits des orphelins. Elle vise aussi à lutter contre le phénomène « yaka tofanda ». Pour sa part, l’Inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise (PNC), Charles Bisengemana, a émis le vœu de voir « cette expérience s’étendre à l’intérieur du pays au niveau des chefs-lieu de provinces et de districts ».

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bénéficiaires d’un nouveau statut officiel. Bon nombre dans l’avenir n’hésiteront plus pour se présenter et régulariser leurs unions. Sandra Bushiri

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Marie-Olive Lembe Kabila chez le Pape François UN VOYAGE PRÉCURSEUR DES JOURS MEILLEURS POUR LA RDC 74 Congo panorama 8-impression.indd 74

Heureux qui, comme Marie-Olive Lembe Kabila Disita, a effectué un bon et fructueux voyage. C’est le moins que l’on puisse dire, lorsqu’on a eu à suivre, pas à pas, la visite que la Première Dame de la République Démocratique du Congo a effectuée, du lundi 9 au dimanche 15 septembre 2013, au Vatican et à Rome. Invitée spéciale du Saint Siège de l’Eglise Catholique Universelle, elle est allée obtenir de sa Sainteté le Pape François, des bénédictions spéciales pour tout le peuple Congolais.

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Marie-Olive Lembe Kabila est arrivée dans la ville de Rome le lundi 9 septembre par le vol régulier de Brussel Airlines, reliant au bout de 110 minutes, l’aéroport international de Zaventem dans la capitale belge, à celui de Fiumicino dans la capitale italienne. Elle est partie de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, 24 heures auparavant pour une escale de transit à Bruxelles. Cette fervente chrétienne catholique, dont la renommée des œuvres philanthropiques a traversé les frontières de son pays, se trouvait à la tête d’une forte délégation. Celle-ci était composée de quelques membres de sa famille, dont sa mère, Léonie Kasembe, ainsi que certains de ses collaborateurs. Le chef de la Maison civile du Président de la République, l’Ambassadeur Théodore Mugalu, était également du voyage.

Maman Olive Lembe Kabila au Vatican

Dès son arrivée à Rome, le Pape François attend de la recevoir alors que le jour du grand rendez-vous n’était pas encore venu. Il a fallu patienter, le temps de se requinquer après un si long voyage en contemplant la beauté de la ville de Rome à travers les palissades de l’hôtel où la délégation était logée.

Le grand jour du séjour … Le mercredi 11 septembre 2013, c’est le grand jour. Tôt le matin, Marie-Olive Lembe Kabila se rend à la cité du Vatican pour assister à la traditionnelle audience publique que donne le Souverain Pontife chaque mercredi. Sur la Place Saint Pierre, les Congolais font la différence. Ils sont remarquables de par leur allégresse à l’arrivée du Saint Père. Le Pape François ne tarde pas à les identifier à partir des drapelets aux couleurs nationales qu’ils arborent. Le Pape fait le tour de la Place pour saluer et bénir les pèlerins. Il esquisse un sourire à l’approche du groupe des Congolais que conduit la Première Dame avant d’aller aborder l’audience du jour. Les rituels d’entrée terminés, place au sermon. Il axe l’enseignement du jour sur « l’Unité de l’Eglise », un thème tiré de la première lettre de Saint Paul Apôtre aux corinthiens. Dans son homélie, le Pape François compare le rôle de l’Eglise à celui d’une mère. « En effet, comme la

L’épouse du Président Joseph Kabila Kabange n’a pas loupé l’occasion de représenter humblement ce peuple qui sollicite des prières d’intercession pour une paix durable sur toute l’étendue de son territoire. Elle en a aussi profité pour réaliser son pèlerinage aux lieux saints de l’Eglise, une expression de sa dévotion chrétienne et un signe d’espérance pour son pays.

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femme donne naissance à ses enfants, les nourrit, les encadre et les éduque jusqu’à l’âge adulte, ainsi il en est de l’Eglise qui engendre les chrétiens à leur baptême, les accompagne à leur naissance spirituel, les nourrit et les encadre jusqu’à devenir mûr », déclare l’Evêque de Rome. Il exhorte enfin l’assistance à « préserver et défendre la dignité et la bonne réputation de l’Eglise comme le ferait un bon fils pour sa mère ».

L’invitée spéciale du Saint-Père se voit honorée L’office terminé, vient l’heure pour le Pape François d’échanger le signe de la paix avec les Evêques. De son trône, il reçoit les salutations des princes de l’Eglise avant de passer aux fidèles, moment au cours duquel l’invitée spéciale du Saint-Père se voit honorée. En signe de respect pour la femme, le Souverain Pontife quitte son siège papal et marche vers Marie-Olive Lembe Kabila. Cette dernière est éblouie par la grandeur du geste que vient de poser le Saint Père à son endroit. En réponse, la « First Lady » de la Rdc se distingue par un des signes de son humilité légendaire. Devant le Saint Père, Madame Kabila se met spontanément à genoux pour recevoir la bénédiction papale. Après l’avoir béni, d’un signe de croix sur le front, le Pape François la relève. Il la tient par la main et reste avec elle. Pendant une bonne vingtaine de minute, le Saint Père accorde une oreille attentive à sa fille. L’entretien est visiblement familial. L’un et l’autre en ont l’air satisfait. L’échange se termine par un geste plutôt rare : des accolades entre le Père et sa Fille. Le Pape François serre dans ses bras et bénit la Première Dame de la Rdc. A travers elle, la bénédiction du Souverain Pontife est

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allée directement à toute la nation congolaise, en particulier aux femmes, aux enfants et à toutes les personnes vulnérables. La rencontre avec le Pape François est d’une haute portée spirituelle. Elle émeut la Première Dame de la Rdc qui n’avait pas prévu d’en rester là. Marie-Olive Lembe Kabila en profite pour marquer, à l’encre indélébile, l’esprit de l’Evêque de Rome. Question de se conformer à la tradition africaine qui veut que l’étranger apporte toujours un présent à son hôte. Sous les ovations de ses compatriotes venus nombreux sur la Place Saint-Pierre, la Première Dame lui remet trois œuvres d’art à très forte portée significative. A celles-ci, elle joint un message exprimant sa préoccupation de voir le Pape François porter dans ses prières la Rdc et son peuple. Elle n’a pas oublié de remettre au Pape une invitation pour une visite de consolation dans ce pays meurtri par plus de deux décennies de guerre et d’instabilité.

Les exigences de la foi en l’Eglise universelle… La doctrine de la foi Catholique et Ap-

ostolique exige que « tout chrétien qui serait de passage à Rome devrait se rendre à la Basilique Saint-Pierre et toucher les pieds de la statut du premier Pape, le prince des apôtres, l’Apôtre Pierre ». Marie-Olive n’a pas voulu enfreindre la règle. C’est ainsi qu’elle est revenu plus tard, dans les après-midi, pour visiter le plus important édifice Catholique bâti sur le tombeau de l’Apôtre Pierre. Une œuvre magique, jonchée de nombreuses sculptures ouvertes à la Basilique. Le bénitier de l’entrée est l’un d’entre ces bustes. Il est entouré d’anges géants et de monuments funéraires. L’édifice tout entier est, quant à lui, recouvert de marbres polychromes au sol et aux murs. Marie-Olive Lembe Kabila découvre également la merveilleuse histoire des six portails qui donnent accès à la Basilique. Elle ne partira pas de la Basilique sans visiter la Coupole qui s’élève à 136,57m du sol au sommet de la croix qui la surplombe. C’est le plus haut dôme du monde. N’y montent que ceux qui sont en bonne condition physique et non claustrophobe. Marie-Olive Lembe Kabila s’engage dans ce trajet qui passe par des escaliers, dans des couloirs et des trous étroits. Ce sont 750m à franchir, avant d’atteindre le dôme. Une fois engagé, il est impossible

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de rebrousser chemin. C’est une Olive Lembe Kabila en parfaite condition physique qui arrive sur le dôme et qui admire la magnifique vue sur la ville de Rome. C’est par cette belle image du plus beau dôme du monde que la Première Dame clôture sa visite à Rome.

Heureux qui, comme Marie-Olive, a effectué un bon et fructueux voyage Le dimanche 15 septembre 2013 sur le coup de 19 heures, Marie-Olive Lembe

Kabila atterrit à l’aéroport international de Ndjili. Là, une surprise agréable l’attend. Un comité d’accueil l’accueil sur le tarmac. Les mamans catholiques de la Rdc son aussi présentes au salon d’honneur d’où elles livrent leur message de reconnaissance et de remerciement à la Première Dame. Celle qu’on a l’habitude d’appeler « Maman possible » rencontre également une foule en liesse à la sortie du salon d’honneur. Des femmes, des jeunes filles et garçons sont venus de tout Tshangu pour être les premiers bénéficiaires des bénédictions papales ramenées de Rome. L’épouse du Chef de l’Etat marche au milieu de cette population pour communier CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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avec elle. La joie est à son comble. A la septième rue Limeté, le cortège de la Première Dame rencontre une autre mobilisation. Même scène a l’entrée de la résidence présidentielle de la Gombe. Marie-Olive Lembe Kabila est également surprise d’un autre bain de foule qui est venu célébrer le succès de sa mission au Vatican. « Heureux qui, comme MarieOlive Lembe Kabila Disita, a effectué un bon et fructueux voyage », diraient les esprits attentifs.

`Yvon RAMAZANI

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Maker Mwangu relance le transport scolaire

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n vue d’améliorer les conditions de transport des élèves de Kinshasa, le gouvernement congolais a mis à la disposition de ces derniers vingt bus de la Société de Transport Congolais (Transco). C’est le 13 septembre 2013 dernier que le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, en collaboration avec le Ministère des Transport et Voies de Communication, a lancé officiellement les bus de transport scolaire de Kinshasa. C’était lors d’une cérémonie organisée au dépôt central de la société Transco situé dans la commune

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de Masina. Cette initiative, saluée par les parents et leurs enfants, favorise la bonne éducation et la réussite des élèves, car le problème de transport entraîne des situations de stress chez les élèves et chez les parents. Par exemple, certains enfants ont du mal à être ponctuels à l’école ; d’autres encore, en arrivant en retard, peuvent être punis à la première heure et ne pas profiter des cours dispensés à cette heure là. L’élève peut alors se décourager et manifester le désir d’abandonner les études. Ce type de situations peut donc être une des causes de la déperdition scolaire.

Pour éviter que l’échec des enfants de la capitale soit dû à un problème externe, le gouvernement, comme le confirme le Ministre de l’EPSP, s’emploie aussi à améliorer la qualité de l’enseignement national par la fourniture des manuels scolaires et des guides pédagogiques, la formation en plein emploi des enseignants, l’introduction des langues nationales et la revisitation des programmes d’études. En instaurant le système des bus scolaires, l’EPSP veut montrer qu’une bonne éducation est aussi fonction des conditions d’étude des élèves. Sachant que «

la réussite aux études

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le ministre Maker Mwangu invite les parents à souscrire des abonnements pour le transport de leurs enfants afin de s’impliquer et de soutenir cette disposition du gouvernement. L’abonnement mensuel est fixé à 30.000 FC, soit 33$, pour toutes les destinations. Les bus couvrent 16 lignes. A bord de chaque bus est placé un encadreur pédagogique des élèves qui a pour rôle d’assurer l’accompagnement des enfants à leur montée et à leur descente.

dépend de plusieurs facteurs dont l’aptitude à apprendre, l’environnement scolaire, la discipline, la ponctualité et la régularité », précise le Ministre de l’Enseignement, Primaire, Secondaire et Professionnel Maker Mwangu, le gouvernement s’engage à créer les conditions qui garantissent cette réussite. En effet, comme l’a souligné le Ministre des

Transports et Voies de communication, Justin KALUMBA, « sans transport scolaire, les élèves sont exposés à toutes sortes de conditions inadaptées et inappropriées qui, parfois, ne leur permettent pas de bien étudier ». Ces bus scolaires sécurisent les enfants et assurent leur ponctualité à leurs lieux d’instruction. C’est pourquoi CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Trois raisons de se réjouir ont été évoquées par le Ministre des Transports et Voies de Communication, Justin Kalumba. Premièrement, la matérialisation, dans le secteur de l’éducation, de la vision du Chef de l’Etat Joseph KABILA relative à la « Révolution de la modernité». Deuxièmement, la concrétisation du projet de transport scolaire dans les provinces par le gouvernement congolais ; et troisièmement, la sécurité des élèves dans le transport. Le représentant des élèves à, à son tour, félicité et remercié le Gouvernement pour la réalisation de ce projet de transport. SYMBOLI KISUBI

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A LA UNE

Joseph Kabila Kabange, Commandant suprême des FARDC

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A LA UNE

La guerre solution à la guerre

Oracle ou pure coïncidence ? Dans son édition précédente, Congo Panorama analysait la situation en son temps au sujet des tractations visant la fin de la guerre à l’Est de la RDC pour constater qu’en fin de compte, le langage des armes devenait incontournable pour parvenir à cette fin. Alors que Kinshasa donnait tout ce qu’il pouvait sur les trois axes politique, diplomatique et militaire ; et que la communauté internationale privilégiait la voie politique, le reste des acteurs, principalement, le M23 et ses soutiens dans la région des Grands Lacs, poursuivaient les manœuvres militaires. A une première étape de la reprise des hostilités à la mi-juillet, le mouvement rebelle avait essuyé de sérieux revers qui l’avaient poussé à retourner à la table des pourparlers de Kampala.

L

es rapports de force avaient alors sérieusement changé, mais c’est comme si le M23 cherchait à jouer à qui perd gagne. Les Congolais, pour leur part, étaient de plus en plus agacés par les pressions de Mary Robinson qui continuaient à en appeler à une solution politique. La CIRGL, qui poussait aussi dans le même sens, en était même arrivée à fixer un dead-line pour la conclusion des pourparlers politiques.

à recevoir des appuis rwandais aussi bien en hommes qu’en armes et munitions. Il était donc clair que le M23 se préparait à une nouvelle guerre. La société civile du Nord-Kivu en avait donné l’alerte et le Gouvernement congolais avait pris la communauté internationale à témoin. Les zones occupées par la rébellion prorwandaise étaient devenues des chantiers avec un nombre important de fusiliers creusés.

Contre le gré de ses compatriotes, Joseph Kabila avait signé aussi cet appel et renvoyé les négociateurs en Ouganda. Mais sur terrain, le tandem Kigali – Bunagana poursuivait le renforcement des positions du M23 qui continuait, par ailleurs,

Tout était donc clair : la seule solution à cette guerre n’était, finalement, plus que la guerre. Kinshasa l’avait compris et se préparait en conséquence. Talk and fight, la stratégie était captée cinq sur cinq pendant que le M23 engageait les premières CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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provocations. A deux reprises, des hélicoptères non armés de la Monusco essuient des tires en zone occupée par le M23 qui, avant cela, s’était employé à lancer des obus vers le Rwanda pour donner le prétexte d’une intervention officielle et directe de l’armée rwandaise qui avait pris le temps de masser troupes et armes à la frontière. La perspective se fera plus précise lorsque Kigali menacera officiellement, à New York, son intention d’entrer en guerre si un seul obus en provenance de la RDC tombait sur le territoire rwandais. Il ne fallait donc plus se faire des illusions : sous les lambris de l’hôtel Munyonyo se jouait désormais une farce de mauvais

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A LA UNE

goût. Et le M23 n’avait plus qu’à s’en prendre à lui-même.

Les 6 glorieuses des FARDC Las des provocations répétées des rebelles, les Forces Armées de la RDC reprennent les opérations. Et en quelque six étapes, la page de l’histoire tourne définitivement dans les collines du NordKivu. Vendredi 25 octobre 2013, des échanges de tirs résonnent à Kibumba, à 30 Km de Goma. L’insistance des détonations renseigne que la guerre a effectivement repris. Les affrontements sont les plus violents depuis le mois d’août. Les FARDC font montre d’une puissance de feu inattendue, et les rebelles l’ont manifestement compris. Le lendemain, soit le 26 octobre, les forces loyalistes font leur entrée dans Kibumba, l’un des trois bastions encore sous contrôle du M23. Les rebelles n’auraient finalement opposé qu’une faible résistance. La population exulte et Julien Paluku, Gouverneur du Nord-Kivu, salue la bravoure des soldats congolais. Ceux-ci n’ont pas le temps à la distraction et poursuivent leur chemin. Dimanche 27 octobre, les rebelles, poussés à bout, décrochent de la localité de Kiwanja (70 Km de Goma) qui tombe désormais sous contrôle de l’armée régulière soutenue de façon remarquable par la Brigade spéciale d’intervention de l’ONU qui, dans la foulée, perd un casque bleu tanzanien, le deuxième depuis juillet. Quelques heures après, c’est le centre de Rutshuru qui est repris. Les FARDC sont accueillis en triomphe par la population qui les encourage à traquer l’ennemi jusqu’à son dernier retranchement.

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Le gros de ce qui reste du M23, qui a perdu beaucoup d’hommes dans les combats, se retire à Rumangabo où se situe une importante base militaire. Les combats font rage et le M23 semble avoir engagé son énergie du dernier espoir. C’est, cependant, sans compter avec la détermination des FARDC qui font montre d’une organisation déroutante. Pendant que les Occidentaux et la Monusco insistent sur la reprise des pourparlers de Kampala, Rumangabo (54 Km de Goma) cède au pilonnage des FARDC le lundi 28 octobre 2013.

L’assaut final Les résidus du M23 sont de plus en plus en débandade. Des chefs politiques et

militaires du mouvement rebelle gagnent l’Ouganda où ils sont appréhendés par la police des frontières. Quarante huit heures d’accalmie passagère sont observées avant que les FARDC ne mettent le cap sur Bunagana, dernier bastion des rebelles qui s’en servaient comme capitale politique, administrative et économique. Le 30 octobre, Bunagana tombe. Les rebelles se retranchent dans les collines pendant qu’une vague de joie fait vibrer toute la république. Une ferveur patriotique déferle aussi dans les réseaux sociaux. Artisan principal de ces exploits militaires, Joseph Kabila n’en est pas grisé. Dans un message à la Nation le même jour, le Commandant suprême des FARDC appelle à la modération et à la prudence. Ces victoires des FARDC n’ont pas «pour

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A LA UNE

conséquence de rendre caduques les options politique et diplomatique pour rétablir une paix durable », déclare-t-il. Pendant l’accalmie qui s’observe, le M23 multiplie des manœuvres pour, manifestement, distraire les FARDC et tromper leur vigilance. Appelant à la reprise des pourparlers de Kampala où est retournée sa délégation, le mouvement rebelle continue, tout de même, de lancer des obus sur Bunagana à partir des collines de Mbuzi, Chanzu et Runyonyi où s’est retranché ce qu’il en reste. Sereines, les FARDC laissent une dernière chance pour que ceux qui veulent se rendre le fasse avant l’assaut final. Une centaine de combattants entendent raison et se rendent effectivement. Le 3 novembre, le Président de la branche

politique du M23 ordonne à ses troupes de cesser immédiatement les hostilités avec les FARDC avant de faire état de la disponibilité de signer l’accord de Kampala « sans condition ». Le Gouvernement est sensible à cette ouverture, mais, prudent, exige que les rebelles le consignent par écrit. Chose qui ne se produira pas puisque l’appel de Bisimwa Bertrand n’a finalement pas été entendu au front où ses hommes ont continué de pilonner Bunagana. Finalement les FARDC donnent l’assaut définitif. Le 4 novembre, Mbuzi, colline qui culmine à au moins 2.000 mètres d’altitude, est reprise. L’opération aura été très significative, car cette colline, très stratégique, permet d’avoir une vue sur les deux restantes. C’est d’ici que, tôt le matin du 4 novembre, les rebelles avaient lancé des obus qui avaient fait plus de 6 morts à Tshengerero, près de Bunagana. Les FARDC lancent aussi l’assaut final sur Chanzu et Runyonyi. Au matin du 5 novembre, la page de la rébellion CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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du Mouvement du 23 mars est définitivement tournée. Les rebelles se sont éparpillés dans la nature, mais on annonçait la présence de leurs chefs, dont Sultani Makenga, en Ouganda, tandis que d’autres avaient regagné le Rwanda. Il ne pouvait en être autrement puisque les rebelles se trouvaient le dos à la frontière. Avant de s’évaporer dans la nature, ils ont eu le temps de mettre le feu à leur réserve d’armes et aux véhicules de transport qu’ils avaient pillés à Goma une année plus tôt. Désormais, les Congolais peuvent envisager un nouvel avenir pour le pays, tout en demeurant vigilants pour stabiliser définitivement l’Est du pays. En attendant le cap est tourné vers les autres groupes armés qui écument encore les collines du grand Kivu ainsi que l’Ituri et le Nord Katanga. Une chose est ainsi claire : il fallait bien une telle confrontation militaire pour mettre un terme à l’aventure guerrière des voisins de la RDC et transmettre un message sans équivoque à tous les traîtres à la Nation qui seraient encore tentés par une aventure militaire. Les pourparlers politiques et diplomatiques peuvent se poursuivre sereinement, mais fermement pour ce qui concerne Kinshasa. Jonas Eugène KOTA

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A LA UNE

FARDC : Les vaillants combattants

Finie la récréation ! Le M23 a connu une crémation, mieux une calcination. Les Forces Armées de la RDC ont pris un autre élan dans la gestion de la crise à l’Est. Aujourd’hui, la majeure partie du territoire est sous leur contrôle. Elles viennent ainsi de répondre à la morsure du grand scorpion. L’on ne devrait pas caresser le voleur, le M23, qui n’avait pour mission que d’égorger et tuer les populations civiles congolaises et piller les ressources minières. Douze jours ont suffi à l’armée congolaise pour défaire le M23. Les diplomates occidentaux confirmeront à Chanzu que l’offensive militaire congolaise était la première grande victoire militaire du pays depuis son indépendance en 1960

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A LA UNE

Chanzu et Ruyonyi, deux localités perchées sur les collines du NordKivu, ont été les dernières poches de résistance du M23 cornaqué par le Rwanda. Après les avoir mis en déroute à Bunagana et d’autres territoires le lundi 28 octobre, les FARDC reprenaient le contrôle des derniers bastions des rebelles. Le lendemain au matin, le Gouvernement congolais a annoncé la victoire totale sur les rebelles. A Chanzu, les vaillants soldats congolais ont découvert la plus grande réserve d’armes des rebelles. C’est sur cette colline verdoyante, quartier général du M23 surplombant toutes les autres, que les rebelles du M23 ont mis au point et exécuté les stratégies de déstabilisation de la RDC.

Une arme lourde abandonnée par le M23

tions abandonnées par les rebelles dans leur fuite. Une quantité d’autant plus impressionnante que deux autres dépôts avaient été incendiés par les rebelles avant qu’ils ne décrochent.

Les ambassadeurs occidentaux impressionnés par les armes du M23

Au total, 300 tonnes de munitions cachées par les rebelles. Ce qui contredisait les allégations des rebelles Une arme lourde abandonnée par le M23

Julien Paluku, Gouverneur du Nord-Kivu, qualifiera Chanzu de lieu où se préparait la balkanisation de la RDC. Chanzu est un symbole. Il abritait la plus grande réserve d’armes des rebelles. Le jeudi 7 novembre, les attachés à la défense de plusieurs ambassades accréditées en RDC ont été conduits à Chanzu où ils ont été étonnés de la quantité d’armes et de muniCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 85

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A LA UNE

Un des dépôts de munitions du M23

selon lesquelles ils avaient puisé leur armement dans les dépôts de l’armée congolaise à Goma. C’est donc un arsenal de guerre qui a été découvert à Chanzu. A partir de là, le M23 planifiait tous les plans, pendant 20 mois (depuis avril 2012) pour contrôler toute la province du Nord-Kivu. Les hôtes de Chanzu ont demandé qu’une enquête soit diligentée sur la provenance de ces engins mortels. « J’étais impressionné par la quantité très grande des munitions qui se trouvent sur cette colline. On savait que le M23 avait de l’armement, avait des munitions, mais en telle quantité, ça m’a étonné. J’espère qu’il y aura une enquête qui permettra de voir d’où viennent ces munitions», s’est étonné le colonel Steve Vermer, attaché à la défense à l’ambassade de Belgique à Kinshasa. Chose étonnante, parmi les 42 véhicules trouvés incendiés sur place, Julien Paluku montrera aux diplomates deux véhicules de l’armée rwandaise abandonnés par le M23 dans cette zone.

En plus de munitions incendiées, les FARDC ont découvert un long tunnel, de plus de 10 m de profondeur et de 20 m de longueur, dans lequel étaient entreposées plusieurs armes. Elles ont également libéré 69 prisonniers, dont certains étaient très amaigris. De découvertes en découvertes, les officiels congolais ont également trouvé des fosses communes à Kibumba. « Les fosses communes ont été trouvées à Kibumba, pleines de cadavres. Les criminels du M23 et leurs alliés ont passé le temps à massacrer la population à Kibumba. La population est heureuse d’être libérée des mains de ces voyous. Les enquêteurs de la Cour pénale Internationale ont été invités à faire leur travail », indiquait le Gouverneur Julien Paluku.

photo prise à l’Est de la RDC montrant deux FARDC célébrant leur victoire.

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A LA UNE

de l’année, il n’y aura aucune taxe et aucun impôt », a-t-il annoncé en ajoutant que le péage ne sera pas non plus collecté dans ces zones jusqu’au 31 décembre.

Kabila dans « le dire c’est faire » Faut-il donner raison à Joseph Kabila lorsqu’il privilégiait les trois options militaire, politique et diplomatique pour remédier à la situation sécuritaire dans l’Est ? Les faits lui donnent raison. En effet, le Chef de l’Etat n’a œuvré que dans ce sens. Il a activé la diplomatie, initié des réformes

Les Congolais dans l’euphorie Malgré la peine ressentie suite à ces découvertes macabres, les succès des FARDC ont suscité une liesse légitime des Congolais aux quatre coins du pays. Les Congolais ont réalisé qu’ils viennent d’être libérés d’une agression injuste. Une libération qui intervient après 365 jours de crimes, de violation des droits de l’homme, d’exactions commis par le M23, fusil du Rwanda et de l’Ouganda braqué sur la RDC avec la bénédiction de certaines puissances occidentales. Il y a de quoi comprendre la décision de Julien Paluku de déclarer sinistrés les territoires libérés. Une occasion aussi pour accorder quelques facilités à la population locale, notamment en suspendant le paiement des taxes pour une durée de deux mois. « Comme le M23 a tellement tracassé les gens et a fait payer des taxes exorbitantes, pour la période qui reste jusqu’à la fin

importantes au sein de l’armée, respecté les engagements relatifs aux différents accords signés avec ses pairs de la région des Grands-Lacs pour la pacification de l’Est congolais. « Notre action devrait être menée sous le triple plan : politique, diplomatique et militaire. C’est ce qui a été fait » avait-il affirmé dans son dernier discours sur l’état de la Nation, avant d’inviter les éléments battus du M23 à se démobiliser volontairement sous peine d’y être contraints par force. D’abord, la diplomatie congolaise a agi. Aujourd’hui, la communauté internationale qui, hier, était insensible au malheur congolais pendant qu’elle affichait une certaine commisération envers les agresseurs de la RDC, a considérablement changé d’avis. Les agresseurs sont désormais identifiés. La tactique de la victimisation ne tient manifestement plus, autant que l’instrumentalisation du génocide pour justifier les exactions commises en RDC . Cela est le résultat d’une grande offensive diplomatique conduite person-

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A LA UNE

nellement par le Chef de l’Etat. Au front militaire, l’armée congolaise a fait l’objet d’une profonde réorganisation après les revers d’il y a une année. Redéploiement des troupes, paiement des soldes à temps, acquisition des nouveaux matériels de guerre, mutations, nominations des nouvelles têtes au sommet, bref des profondes mutations. Des mesures et des décisions salutaires pour l’armée nationale qui ont forcé l’admiration des Congolais et des étrangers Lors de la contre-offensive de la miaoût, les Congolais n’avaient que « il faut continuer » comme mot à adresser aux troupes loyalistes.Tout celui qui s’hasardait à arrêter le nouvel élan de cette armée devait et avait rencontré les Congolais sur son chemin. Dans l’option politique, Kabila a tenu à mettre un terme aux dissensions politiques internes. Par la tenue des Concertations Nationales du 12 septembre au 05 octobre, il a insufflé une nouvelle dynamique à l’appareillage politique congolais. Au sortir de ces assises, les participants avaient loué le renforcement de la cohésion nationale, même si certains opposants avaient boudé ce forum. De l’interne à l’externe, la RDC n’a pas manqué de répondre présente à l’appel de la communauté internationale pour la reprise des négociations de Kampala. Même si les rebelles n’y allaient que pour distraire les Congolais afin de prolonger leur présence au Nord Kivu, la RDC n’a pas été enfarinée. Elle est allée pour montrer à la face du monde que ce mouvement n’avait aucune revendication légitime. La négociation ne lui servait que d’un moyen pour distraire le gouvernement et de jouir d’une certaine légitimité. La volonté d’un accord n’y était pas car en négociant, le M23 n’avait rien à perdre.

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Une des fosses communes découvertes à Kibumba Les rebelles du M23 qui se sont rendus aux FARDC

Mise en demeure de Joseph Kabila C’est dire que la guerre au Kivu n’avait pour solution que la guerre. Aujourd’hui, l’Est congolais a recouvré une paix relative. Le cap devrait être mis sur l’activisme des autres groupes armés. « Le même appel (il s’agit de l’appel à la démobilisation, ndlr) est adressé aux autres groupes armés nationaux. Mettre fin à toutes les activités militaires rendrait les uns et les autres éligibles à la réinsertion à la vie nationale. Quant aux groupes armés étrangers, FDLR, ADF/Nalu, LRA et FNL qui continuent de semer la désolation dans les provinces du Sud-Kivu et du NordKivu, je les mets en demeure de déposer les armes et de mettre fin à toute exaction sur les populations congolaises. Faute de quoi, ils s’exposent à une opération de désarmement forcé aussi vigoureuse que celle en cours ».

La mise en garde de Kabila n’a pas été vaine. Commandant suprême des FARDC, il est le mieux placé pour savoir combien l’armée régulière est aujourd’hui requinquée pour faire face à toute éventualité. Il reste aux Congolais de consolider l’union et la cohésion pour constituer un bloc solidaire contre toutes les velléités présentes et à venir de balkanisation de leur pays. Ricky KAPIAMBA

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A LA UNE

DES MAREES HUMAINES SALUENT LA VICTOIRE DES FARDC

I

l fallait s’y attendre ! Pour un peuple asphyxié par la présence de criminels, c’était une liesse dès sa libération. Les Congolais ont été libérés d’une pénible occupation rebelle. A travers le pays, ce sont des marées humaines qui ont inondé les différentes avenues des villes et localités pour célébrer la victoire totale des FARDC sur le M23. Lors de ces nombreuses marches, les Congolais ont dit leur soutien aux forces loyalistes. De Moanda à Chanzu, un torrent de joie s’est emparée des populations. Mardi 04 novembre à Kinshasa, les femmes, de blanc vêtues, ont organisé une marche de soutien aux forces armées de la RDC. Dans cette manifestation qui a débouché au Palais du Peuple, les femmes congo-

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A LA UNE

les vaillants combattants de l’armée nationale. Ces femmes ont demandé à Joseph Kabila d’encourager financièrement les soldats congolais. Au Bas-Congo, à Lubumbashi, à Kananga, à Kalemie, bref sur toute l’étendue du territoire congolais, les langues se sont déliées pour saluer la victoire de l’armée congolaise sur les ennemis.

laises invitaient la communauté internationale à ne pas exiger au gouvernement congolais la poursuite des négociations de Kampala avec les rebelles du M23. Elles ont, par la même occasion, remis un mémorandum à Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale pour réclamer du Gouvernement congolais la fin des pourparlers de Kampala avec ceux qu’elles qualifient de renégats.

Comme si cela ne suffisait pas, le samedi 09 novembre, les Kinois se sont retrouvés sur la place Victoire dans la commune de Kalamu pour non seulement dire merci aux FARDC, mais aussi les soutenir pour des nouvelles options sur différents groupes armés encore actifs dans l’Est congolais. La place des artistes a dû refuser du monde. Archicomble, le rond point Victoire a été transformé en arène de liesse. Les Kinois sont venus répondre à l’appel de l’hôtel de ville de Kinshasa. Le cap est mis sur la pacification totale du territoire par le délogement des autres groupes armés actifs dans la région. Ricky KAPIAMBA

Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale, n’est pas restée en marge de cette euphorie. C’est à l’Hôtel de ville que la marche de soutien aux FARDC, organisée par le collectif des femmes de la Société Civile et des partis politiques, a eu comme point de chute. Même ambiance au Kasaï Oriental, où les femmes étaient le même mardi sur les grandes artères de Mbuji-Mayi pour soutenir

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ECONOMIE

Baisse des prix sur le marché LE GOUVERNEMENT EN GUERRE CONTRE LA VIE CHERE Depuis la mi-octobre 2013, le Gouvernement, à travers le ministère de l’Economie et Commerce, a publié une nouvelle structure des prix des produits de consommation de base, notamment le chinchard, le poulet et le riz. L’objectif premier est de standardiser les prix de ces produits dans tous les points de vente à Kinshasa comme en provinces. Mais le but ultime, qui va au-delà des fêtes de fin d’année qui sont la première cible, est de parvenir à réduire les prix de ces produits sur le marché pour, d’une part, les ramener dans les normes légales et, d’autre part, rencontrer le pouvoir d’achat des populations.

Mukoko Samba a une solution Cette nouvelle structure des prix est la résultante d’une longue démarche entreprise par le ministère de l’Economie et Commerce pour lutter contre la hausse des prix des produits de première nécessité ou de consommation courante. Face aux dures réalités auxquelles font face les opérateurs économiques nationaux, le Gouvernement a estimé utile de soutenir ces derniers par une formule consistant à leur accorder des allègements fiscaux. La mesure devrait bénéficier aux entrepreneurs expérimentés dans le commerce des produits concernés. « Nous avons un plan plus ou moins clair de ce que le Gouvernement va faire afin que ces entrepreneurs congolais puissent participer à l’approvisionnement du pays en ces produits alimentaires de première nécesCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 91

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ECONOMIE

sité de manière à ce que les festivités de fin d’année se passent dans les meilleurs conditions possibles », avait indiqué à ce sujet le Vice-premier ministre et ministre du budget, Daniel Mukoko Samba, à l’issue d’une réunion hebdomadaire de la troïka stratégique.

Soutenir les entrepreneurs nationaux A l’occasion de cette réunion, le ministre de l’Economie et Commerce, Jean Paul Nemoyato, avait été instruit de garantir l’approvisionnement du pays en ces produits pour ce dernier trimestre 2013. Déjà, l’Exécutif national avait salué la volonté des entrepreneurs de l’accompagner dans la démarche d’allègement de la structure des prix, insistant tout de même pour que toutes les parties prenantes respectent

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leurs engagements. Afin de parvenir aux objectifs poursuivis, Jean Paul Nemoyato a eu des pourparlers avec les opérateurs économiques réunis au sein de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Il était question de voir ce qu’il y avait lieu d’élaguer dans la structure des prix en l’expurgeant de toutes les rubriques qui sont à la base de la surenchère. La FEC a eu à tenir des réunions en interne pour produire un document dont les recommandations avaient été soumises au Gouvernement. A long terme, le Gouvernement est préoccupé par la nécessité, non seulement de baisser ces prix, mais aussi de revenir à la vérité du marché par rapport aux réalités nationales et internationales. Lors de la réunion précitée de la Troïka stratégique, Daniel Mukoko Samba rel-

evait que « cette mesure (Ndlr : visant à baisser les prix) n’est pas liée aux anticipations par rapport aux festivités de fin d’année », mais « consiste à modifier de manière sensible le système économique, parce qu’il faut se rendre à l’évidence que nous sommes un pays où le coût de la vie est très élevé alors que les revenus ne sont pas élevés ». Il a alors fait savoir que « le paquet des mesures qui ressort des conclusions des négociations que le Gouvernement a eues avec les opérateurs économiques contribue à résoudre cette contradiction ».

Les opérateurs économiques exagèrent sur leur marge bénéficiaire Les ministères de l’Economie et des Finances s’étaient concerté mi septem-

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ECONOMIE

bre 2013, avec le patronat congolais, les entreprises du portefeuille de l’Etat, l’association des consommateurs ainsi que le représentant des établissements publics pour étudier les mesures à prendre pour parvenir à baisser les prix. L’échange s’était focalisé, notamment, sur les éléments qui surchargent la structure des prix, mais aussi sur la formation de ces prix par les entrepreneurs au regard des dispositions légales en la matière. Le Gouvernement s’est rendu compte que certains opérateurs économiques fixent les prix au-delà des normes légales pour gonfler leurs marges bénéficiaires. « La loi a fixé en des termes clairs la marge bénéficiaire des grossistes et celle des détaillants », avait relevé le ministre de l’Economie et Commerce qui déplorait le comportement des opérateurs économiques qui vont au-delà de cette marge légale. Une étude commandée par le Gouvernement auprès du cabinet d’études International Menaa – Finance a, en effet, révélé que, pour le chinchard par exemple, la marge bénéficiaire des opérateurs était trois fois plus élevée que la marge légale, plus de 33% légalement autorisés. L’enquête a aussi démontré que lorsque l’on compare le niveau des prix de la RDC, du Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire et du Ghana, le même bien en RDC coûte au moins le double de son prix au Ghana. « Il y a là un excès de marge que perçoivent les importateurs », déplorera alors le Ministre de l’Economie et Commerce. Pour réduire la forte dépendance aux importations, l’étude de Menaa-Fiance a, par ailleurs, recommandé au Gouvernement de prendre des mesures pour faire, par exemple, la promotion et la professionnalisation de l’agriculture. Ainsi, les opérateurs économiques ont été invités à la transparence dans la struc-

Produits vivriers sur le marché congolais

ture des prix ; ce à quoi ils ont gracieusement accédé. « Nous poussons toujours nos membres à la transparence », avait fait savoir le Secrétaire général de la FEC qui poursuivra : « quand on a importé un carton de mpiodi (chinchard), qu’on puisse dire : on l’a acheté à tel prix en Namibie, on a payé autant comme frais de transport, qu’est-ce que la douane a coûté et pourquoi le carton est à tel prix », a-t-il indiqué. Symboli KISUBI et Patience FURAHA

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DEVELOPPEMENT

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42 ans après

Le Grand Hôtel Kinshasa à l’ère de la rénovation et des innovations 1971-2013, le Grand Hôtel Kinshasa a totalisé cette année 42 ans d’expérience, de renommée et d’expertise. Des acquits inégalables lorsqu’il faut tenir compte de toutes ces illustres personnalités et des anonymes qu’il a eu à héberger, ainsi que de tous ces événements mémorables qu’il a eu à abriter, sans oublier tous ces services de banquet « inside » et « outside », qu’il a eu à assurer dans différentes manifestations de très haute facture. Un tour chez ce leader des établissements hôteliers en RDC nous fait plonger dans les grands travaux en cours de rénovation qui tendent d’ailleurs à leur fin.

En République Démocratique du Congo: « Le Grand Hôtel Kinshasa ». Il est situé au centre ville, dans le quartier résidentiel et diplomatique de Kinshasa. Cet établissement, autrefois dénommé Hôtel Intercontinental, a accompagné toute l’histoire prestigieuse de la RDC. Un pays qui représente une destination de rêve pour des bonnes affaires, comme en témoignent les énormes potentialités en ressources naturelles, notamment minières, d’hydrocarbures, forestières, énergétiques, agricoles, etc. La Tour et le Bâtiment Principal de l’Hôtel

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DEVELOPPEMENT

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offrent, à partir de ses chambres, une vue magnifique non seulement sur le majestueux fleuve Congo, mais aussi sur les villes de Kinshasa et de Brazzaville.

Des acquis inégalables Quelle aubaine que d’être le Grand Hôtel Kinshasa, un établissement qui a acquis ses lettres de noblesse dans l’évolution de l’histoire du pays depuis 1971, année de son inauguration ! En plus d’être un site de haute sécurité, c’est un hôtel expérimenté et aguerri dans l’art de l’hôtellerie, non pas par simple affirmation, mais par son expérience éprouvée. Sa renommée est internationale car sa clientèle se recrute dans le monde entier. Il bénéficie de la confiance des personnes avisées. Aujourd’hui comme hier, des chefs d’Etat, des stars ainsi que des anonymes aussi illustres continuent d’y séjourner. Mohamed Ali, le plus fort, le plus beau et le plus emblématique champion du monde de boxe des poids lourds, a remporté le plus grand sacre jusque là inégalé pendant son séjour dans ce luxueux cadre.

Un grand site intégré Le Grand Hôtel Kinshasa n’est pas simplement un « hébergeur ». C’est aussi un centre d’affaires incontournable, un lieu des rencontres multiples (culturelles-politiques-sociales-économiques), un temple de grands événements, un centre sportif multidisciplinaire, une galerie marchande aux boutiques huppées, etc. Ses salons mythiques et ses espaces à ciel ouvert, ses multiples installations sporCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 95

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DEVELOPPEMENT

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tives aux normes, ses magasins modernes et chics, ses parkings spacieux et son casino, témoignent de tout cela à côté de ses chambres, suites, appartements et restaurants modernes. Sans oublier les nuits les plus chaudes et les plus «class », c’est à « ILevel », la plus grande discothèque de Kinshasa.

Leader à Jamais Pour bien maintenir et consolider sa position prestigieuse de leader, des ressources conséquentes ont été mises en oeuvre afin de faire briller encore plus cette icône du monde hôtelier en RDC. Son bâtiment principal de 9 étages est entrain de renaître d’une entière rénovation devant le transformer en un véritable joyau des temps actuels. Sa Tour avec ses 21 étages, constitue la prochaine étape dans ce challenge de rénovation et des innovations qu’il s’est lancé, toujours pour le bonheur de sa clientèle.

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DEVELOPPEMENT

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Quid de la rénovation et des innovations ? Afin de redonner son éclat à l’hôtel historique de la capitale, tout a été revu dans les détails pour le confort des clients. De l’architecture à la décoration stylisée, en passant par des équipements modernes et performants. Le design italien de la marque Consonni, réputé dans l’hôtellerie de luxe, répondra aux normes 5 étoiles internationales et participera au prestige de sa clientèle.

Le management de cet hôtel conduit par M. Romain FELBER, son Administrateur Délégué, fait honneur à sa clientèle avec un bâtiment d’un standing inégalé en RDC.

Le bâtiment Le bâtiment principal a gardé les mêmes dispositions qu’auparavant, la logique initiale s’étant révélée toujours d’actualité. Tous les éléments devant faire partie de CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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ces travaux de rénovation ont déjà été acquis. Certains sont déjà sur place dans le chantier, d’autres sont en voie d’être livrés. Conduits par la firme italienne Consonni spécialisée dans les aménagements hôteliers de luxe, les travaux réussissent des personnes de différentes nationalités, dont des Italiens, des Indiens et des Congolais. La façade avant est dominée par une

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DEVELOPPEMENT

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baie vitrée argentée, tandis que toutes les autres façades restantes seront peintes d’une couleur en aluminium qui va leur procurer une brillance royale. A chaque étage, il est prévu au bout des couloirs, des escaliers de secours par lesquels on peut, en cas de nécessité, sortir à l’extérieur sans emprunter ni les ascenseurs ni les escaliers intérieurs. La typologie des câbles, que ce soit pour les installations électriques ou autres, est faite de manière à ce qu’ils soient identifiés facilement à partir des couleurs différentes, lesquelles traduisent aussi les fonctions spécifiques de chacun d’eux. Des câbles qui ne brulent pas et ne dégagent pas de l’air toxique. La climatisation centrale est en train d’être complètement refaite avec de nouvelles installations et de nouvelles machines, afin de garantir une fraîcheur qu’exige un établissement multi étoilé. En ce qui concerne le carrelage, il y aura des carreaux uniformes selon qu’il s’agit de l’extérieur ou de l’intérieur.

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DEVELOPPEMENT

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Les chambres 191 chambres au total, reparties en 4 catégories : standard, suite junior, suite diplomatique et suite présidentielle. C’est du 2ème au 9ème étage qu’elles se trouvent. Toutes ces chambres ont comme couleurs dominantes le rouge bordeaux et le beige.

Le hall Devant abriter une nouvelle réception, le hall est orné sur le pavé de chics marbres exotiques qui le dominent en découvrant un graphique d’une créativité artistique hors pair. Des colonnes de part et d’autre le soutiennent, elles aussi ornées de marbres, cette fois-ci africains. En plus du fait qu’il donne sur la galerie marchande ainsi que sur des bureaux administratifs, il sera tout vitré à sa devanture. Des marbres décorent aussi les entrées des ascenseurs.

A l’entrée des chambres il y a une porte en bois travaillé avec une finesse artistique qui lui procure l’image de bois noir, symbole de la richesse africaine. Ces portes sont dotées d’un système d’isolation acoustique afin de contenir les bruits. Une carte magnétique servira à l’ouverture des chambres. Le système de lumière est aussi géré par une carte magnétique à partir de laquelle on peut tout éteindre et tout allumer. Chaque chambre est aussi dotée d’un système wi-fi ainsi que d’une prise RJ pour se connecter à l’Internet. Un coffre fort, un placard, un frigo, une

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DEVELOPPEMENT

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salle de bain de rêve, un détecteur thermique et optique de fumée pour prévenir tout danger, sont autant d’éléments qu’on retrouve dans une chambre à côté, naturellement, des lits, meubles et autres moquettes, sans oublier une ou plusieurs postes téléviseurs plasma, selon la catégorie de chambre, diffusant toutes des programmes de chaînes internationales et satellitaires.

La cuisine centrale Elle sera équipée de matériels importés d’Europe. Et pour leur utilisation efficace, des techniciens les accompagnent non seulement pour les installer, mais aussi ini-

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tier les utilisateurs sur place. Une nécessité de renforcement de capacité compte tenu de la valeur technologique de ces machines. Il y aura également de nouvelles chambres froides.

Piscine, restaurants et bars La piscine, elle aussi, va revêtir une image rénovée, avec plus de lumières appropriées, un nouveau carrelage, une nouvelle tuyauterie, de nouveaux transats ainsi qu’un renforcement des installations électriques pour mieux servir à l’occasion des nombreux événements qui se passent

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Dossier Grand Hôtel Kinshasa

autour d’elle. Une nouvelle terrasse ainsi qu’un nouveau restaurant au pied du bâtiment mènent directement vers la piscine. Au dernier étage, le restaurant « l’Etoile » va reprendre ses marques en offrant non seulement sa légendaire meilleure compagnie, mais en plus, une vue magnifique sur la ville de Kinshasa ainsi que sur le fleuve Congo. De quoi faire rêver. C’est ici alors l’occasion de reprendre le crédo de l’Administrateur Délégué Romain FELBER, qui souligne que tout l’hôtel sera rénové, étape par étape bien sûr. Après le bâtiment principal, la tour sera transformée et modernisée elle aussi. Puis viendra le tour des appartements, du centre sportif et de l’environnement extérieur de l’hôtel (parkings et jardins). Dans quelques mois, le public pourra vivre ce que devient le bâtiment principal qui a accompagné l’histoire prestigieuse de cet établissement d’origine Intercontinental. LE COMMERCIAL CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 101

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LA RENOVATION

Son Bâtiment Principal de 9 étages, renaît d’une entière rénovation qui fait de lui un véritable joyau des temps actuels. Sa Tour avec ses 21 étages, constitue la prochaine étape dans ce challenge de rénovation que le Grand Hôtel Kinshasa s’est lancé, toujours pour le bonheur de sa clientèle. Etablissement d’origine Hôtel Intercontinental, inauguré en 1971 2 grandes parties : le Bâtiment principal 9 étages et la Tour 21 étages 420 chambres dont 44 suites et 12 penthouses Des facilités classiques et inédites à l’hébergement 6 Salons pour les banquets et autres événements Un centre sportif avec installations et matériels de classe internationale Piscines pour adultes et pour enfants 6 restaurants dont 2 à l’aéroport international de Kinshasa Une galerie marchande huppée Un business center Des vastes parkings pour plus de 500 véhicules 1 Casino moderne 1 Discothèque, la plus class de Kinshasa

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Pamphile Badu A l’oeuvre pour la province du Bas-Congo

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les matadiens et les bomatraciens, dans le Bas-Congo, ont appris à vivre avec un homme : Pamphile Badu wa Badu. Homme d’affaires doublé d’un promoteur social, Pamphile Badu en est arrivé à la politique, le tout dans le souci d’être au service de ses compatriotes du Bas-Congo. Aujourd’hui encore, il revient sur la scène en ce tournant décisif de la RDC vers un nouvel avenir que le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a proposé aux Congolais dans son dernier discours sur l’état de la Nation, en réaction aux recommandations des Concertations Nationales.

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amphile Badu s’est particulièrement intéressé au volet de la lutte contre la corruption annoncé par le Chef de l’Etat. Normal pour cet homme qui, au sortir du dialogue intercongolais, avait été Président de la Commission de lutte contre la corruption. Dans un entretien avec Congo Panorama, Pamphile Badu a estimé que l’initiative du Président de la République est d’une très haute importance. « Il est plus qu’urgent d’assainir les mœurs et les pratiques dans tous les secteurs de la vie nationale si nous voulons que le

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Congo se développe ». Notre interlocuteur en sait quelque chose, lui qui a eu même à braver la mort lorsqu’il traquait les corrupteurs et les corrompus. « Le plus grand effort à fournir, poursuit Badu, sera de transformer l’homme congolais qui a le vice en lui. Il faudra aussi mettre fin à l’impunité et au règne des intouchables pour mener à bien la lutte contre la corruption ». Loin de trembler devant ses souvenirs, Badu est convaincu que « la lutte contre la corruption permettra de booster le développement de la RDC ». Mais qui donc peut répondre au profil de Conseiller spécial chargé de la lutte contre la corruption que le Président de la République devra bientôt nommer ? A cette question, Pamphile a insisté sur les qualités morales irréprochables dont cet oiseau rare devra faire montre. « Il faudra quelqu’un qui soit suffisamment au-dessus de la mêlée, qui a de la hauteur et du recul face aux sollicitations », indique-t-il avant d’ajouter que le candidat à ce poste devra aussi être à l’abri du besoin. Badu wa Badu est convaincu qu’une personne qui a des difficultés matérielles risque de tomber facilement dans le piège des corrompus pour, finalement, ne plus faire le travail ou le bâcler. Dans ce sens, Pamphile Badu wa Badu espère que le Président de la République pourra élargir sa prospection au-delà des candidatures qui affluent déjà. Il a évoqué, entre autres, celles des magistrats qui, pour lui, devraient encore faire leurs preuves pour mieux s’aguerrir, eux qui sont encore soumis à des tentations par rapport à leurs moyens et aux dossiers qu’ils manipulent au quotidien.

L’homme d’affaires voit grand pour la RDC En perspective d’une nouvelle ère pour CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 105

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la gouvernance en RDC, Pamphile Badu, affectueusement appelé « Chez Tonton», voit déjà l’avenir de la RDC sous les couleurs de la prospérité. C’est, en effet, un homme d’affaires avisé qui juge la pertinence de l’idée du Président de la République. Depuis les années ’80, en effet, Badu a prospéré dans sa province du Bas-Congo grâce à ses initiatives privées qui l’ont propulsé jusqu’à la tête de la direction provinciale de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Spécialisé surtout dans l’hôtellerie, il a fait son succès grâce son Hôtel Chez Tonton qui fut parmi les tout premiers fleurons de l’hôtellerie sur la place de Matadi. Aujourd’hui, ce joyau s’est rénové pour se mettre au diaspason de la modernité

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et tenir dans la dure concurrence de ce secteur dans une ville de Matadi qui attire nombre d’hommes d’affaires, de fonctionnaires et de membres de divers organismes. Plus tard, Pamphile Badu, qui est en train de finaliser les travaux d’un autre hôtel qui va être le plus grand de la ville de Boma, va diversifier ses affaires, notamment par l’immobilier et, très bientôt, dans la commercialisation des vivres frais avec la possibilité d’ouvrir une pêcherie. Pour l’heure, des travaux d’aménagement d’une très vaste chambre froide sont en cours, toujours à Boma. A 60 ans, ne s’avouant pas fatigué, Pam-

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ans. Forte de 36 salles de classe dont 20 pour le secondaire et 16 pour le primaire et la maternelle, cette école compte aujourd’hui 630 élèves pour cinq sections : commerciale et administrative, littéraire, biochimie et technique (électronique, informatique et électricité). Pour renforcer l’encadrement des enfants, le promoteur Pamphile Badu annonce la construction, dans un très proche avenir, d’un internat mixte de 160 lits. Cet internat, dont il compte donner le nom de la Première Dame du Congo, Mme Olive Lembe Kabila – fille du Bas Congo - en raison de sa sollicitude pour les plus démunis, a pour but d’aider les parents qui, souvent, sont mutés et qui ne savent pas où laisser les enfants pendant la période de scolarité, ou d’autres parents qui habitent loin et qui souhaitent rapprocher les enfants de leur école. phile Badu estime que le meilleur service que l’on peut rendre à la Nation par la politique ne saurait s’accommoder des faiblesses matérielles. Lui-même a dû arriver à la politique, sinon par accident, du moins grâce à sa visibilité au sein de la société civile du Bas-Congo. C’est, en effet, en sa qualité de Président de la FEC/Bas-Congo qu’il avait participé au Dialogue Intercongolais à Sun City avant de prendre la tête de la Commission d’éthique et de lutte contre la corruption qui fut une des institutions d’appui à la démocratie. Cette entrée en politique le conduira, dans sa province, à la tête du ministère de la jeunesse et des sports. Ici, Pamphile Badu avait réussi à attirer des investisseurs chinois pour la construction d’un complexe omnisport moderne, capable même de désengorger Kinshasa pour des compétions internationales. Le projet prévoyait que les partenaires chinois le financent, quitte à ce que la province rembourse progressivement la dette sur 25 ans à partir de la cinquième année de la mise en service du complexe. Malheureusement, après son départ du ministère provincial, le projet ne connaîtra pas un début de réalisation.

Badu annonce la construction de l’ “internat Olive Lembe “ Qu’à cela ne tienne, Pamphile Badu wa Badu s’est maintenu au service de sa communauté. Il est, en effet, connu comme l’un des tout premiers promoteurs scolaires privés dans la ville de Matadi avec son Collège de la Sagesse qui forme la jeunesse matadienne depuis maintenant 16 CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 107

Toujours dans sa sollicitude, et dans le souci de lutter contre la déperdition scolaire due au faible revenu des parents, Pamphile Badu envisage de supprimer certains frais scolaires et d’offrir gratuitement aux élèves du primaire et de la maternelle des uniformes et des objets classiques. « Ceci est le signe de ma disponibilité et ma contribution au développement de ma province et, pourquoi pas, de la RDC pour accompagner les efforts du Président de la République qui, dans son dernier discours, a demandé à tous les Congolais, chacun à son niveau, d’apporter son concours à la reconstruction nationale », affirme Pamphile Badu. Dans ce cadre, il invite ses compatriotes du Bas-Congo, surtout l’élite politique et intellectuelle, à l’unité en taisant leurs querelles pour privilégier l’intérêt de la province. La cohésion prônée par le Chef de l’Etat passe par là aussi, estime-t-il. Jonas Eugène KOTA Envoyé spécial au Bas-Congo

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Modernisation des villes La Cité du Fleuve séduit Moïse Ekanga La Cité du Fleuve a reçu une visite bien particulière début novembre 2013. Il s’agit de Moïse Ekanga, Secrétaire exécutif du programme de coopération SinoCongolais couramment connu sous l’appellation de « contrat chinois ». Il était accompagné du Directeur général du Bureau d’Etude et d’Aménagement Urbain (BEAU). Ekanga est allé s’enquérir de ce remarquable concept foncier et immobilier. Ici, en effet, se développe toute une ville poussant sur un environnement créé par le sable du fleuve Congo.

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oncepteur et patron du projet, Robert Choudury a fait faire personnellement le tour du propriétaire à son hôte de marque. Le chef du projet de coopération sino-congolais a ainsi pu se rendre compte de la vitesse de production des maisons, mais aussi de la qualité du travail. Tout avait commencé ici par un contrat passé avec le Gouvernement pour l’exploitation d’un espace de 380 ha au bord du fleuve. Au départ, il n’y avait qu’un terrain marécageux et, par endroits, des bras du fleuve avancés vers la terre ferme. Choudury a dû louer des dragues puissantes pour extraire le sable et ainsi créer des terrains sur lesquels poussent

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aujourd’hui des villas et des appartements qui font courir tout Kinshasa, et même, des acquéreurs de l’étranger grâce à la magie de l’Internet. Au moment de la visite de Moïse Ekanga, 200 appartements avaient déjà été préalablement vendus et il ne reste plus que leur livraison. Le temps, pour ce faire, n’est pas long. Dès le versement d’un acompte, il suffit de quatre mois au maximum pour que l’acquéreur s’installe dans sa maison. Les demandeurs ont aussi la possibilité de louer une maison ou un appartement. Ils peuvent également acheter des terrains pour y ériger leur propre maison, mais suivant des normes permettant de garder l’harmonie avec le reste du site.

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Le concept de la Cité du Fleuve est, en termes de l’immobilier, très différent du système architectural traditionnel. Robert Choudury produit ici des maisons modulaires sur base des pièces à assembler. Sur place, en effet, fonctionne un atelier qui produit des structures métalliques conformes aux maquettes des lots à produire. Un ordinateur est relié aux machines qui produisent ces structures avec des tôles importées d’Afrique du Sud. Après le montage des structures, les parois sont alors recouvertes de grillages à travers lesquels le bêton est coulé. Il faut au maximum trois semaines pour avoir le tout : une semaine pour produire les structures métalliques et deux pour les monter, quitte à poursuivre avec les finissages. Après l’atelier, la visite s’est poursuivie vers le site où est en train d’être érigé un supermarché. Plus loin poussent des immeubles construits grâce à un partenariat avec des chinois. Plus ou moins 60 appartements sont attendus dans les

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semaines qui viennent puisque les travaux sont assez avancés. Non loin de là sera construit, toujours en partenariat avec des chinois, un hôtel au bord du fleuve. Robert Choudury ne compte pas en rester là puisqu’il s’agit d’exploiter pleinement les 380 ha accordés par le Gouvernement. En dehors du logement, il projette la construction, très bientôt, des immeubles pour abriter des entreprises. Le concept veut que les cadres de ces entreprises soient intéressés à habiter à proximité, c’està-dire à la Cité du Fleuve. Plusieurs autres aménagements sont prévus pour faire de la Cité du Fleuve un cadre féérique. Il y est prévu la construction d’un centre hospitalier

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et d’une école. Un parc sera également aménagé, ainsi qu’un terrain de tennis, question d’offrir aux occupants des possibilités d’évasion. La grande allée qui y mène à partir de la route des Poids lourds sera élargie pour faire quatre voies afin de faciliter la circulation. La sécurité n’est pas en reste. Les entrées seront, en effet, informatisées par un système d’accès à empreintes digitales. Très intéressé par le concept, Moïse Ekanga a voulu savoir comment sont réunis les moyens financiers pour le soutenir. Robert Choudury a expliqué que les moyens sont levés au fur et à mesure qu’évolue le projet. Au début, explique-t-il, il était difficile de

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convaincre les banquiers qui estimaient qu’il s’agissait d’un concept irréalisable. Mais aujourd’hui, affirme-t-il, les financiers accourent d’eux-mêmes. Robert Choudury projette, par ailleurs, de mettre le concept en bourse et de créer une banque pour soutenir le projet. Cette expérience foncière et immobilière aura été certainement intéressante pour Moïse Ekanga qui, à travers le projet de coopération sino-congolaise, ne manquera pas d’inspirer d’autres projets pour l’urbanisation et la modernisation du Congo. Laetitia KAPELA

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Travaux de finissage du pont Moulaert sur la rivière Basoko

Voirie urbaine

L’OVD TRANSFORME LE VISAGE DE KINSHASA On a longtemps cru que les chantiers routiers dans la ville de Kinshasa se limitaient aux grandes artères pour des raisons de propagande politicienne. Depuis quelque deux ans, ce discours a changé au regard de l’étendue des travaux qui, aujourd’hui, grâce à la technicité de l’Office des Voiries et Drainage, couvre l’ensemble de la capitale congolaise. Comme le laboureur qui recommande à ses enfants de ne laisser nulle place où la main ne passe et repasse, l’Adg de l’OVD, Benjamin Wenga, ratisse large. Lorsqu’il est débordé, il recourt à d’autres entreprises dans le seul but d’assurer une circulation routière aisée ainsi qu’une évacuation facile des eaux, sans oublier les ponts.

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e Maluku à Mitendi en passant par N’djili, Kasa-Vubu, Kintambo, Bandalungwa, Ngaliema, etc. ; routes et caniveaux subissent une cure de jouvence, tandis que d’autres ouvrages sont carrément construits. Fini donc le paysage colonial qui disparaissait sous les nids de poule. Actuellement, l’OVD s’active sur au moins vingt chantiers, au grand bonheur des Kinois. Ces chantiers ont la particularité de toucher le Kinshasa profond et pas seulement la

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Visite du DG de l’O.V.D sur le pont Bokasa en pleine construction

façade des grandes artères. Ceux qui ne sont plus passés par Ngiri Ngiri ne reconnaîtront plus sa voirie. Idem pour Bandalungwa, commune très à cheval sur la coquetterie, ou encore le bouillant quartier Matonge, les profondeurs de Kisenso, Gombe, etc. Dans sa politique d’itinérance, Benjamin Wenga a récemment effectué une visite de terrain en compagnie du Gouverneur de la ville pour se rendre compte de l’évolution des chantiers dont certains sont financés par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Point de départ : Masina sur l’avenue Pelende. L’ADG a.i. de l’OVD y a lancé, début octobre 2013, les travaux de construction d’un pont sur la rivière Mango. L’entreprise en avait soumis l’étude à la ville de Kinshasa qui a débloCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 119

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Coulage de bêton sur le pont Basoko

Le pont Basoko pendant les travaux de construction

qué les fonds nécessaires. Les travaux devraient durer deux mois et demi. Plus au centre de la ville, le duo Wenga – Kimbuta a effectué une halte sur l’avenue Luambo (ex-Bokassa), à l’entrée de Sendwe, pour admirer l’ouvrage déjà achevé sur la rivière Kalamu. Le hideux spectacle d’un tapis de bouteilles en plastique sur la surface de l’eau a disparu. Le pont a, en effet, été surélevé pour permettre un écoulement aisé des eaux. L’ouvrage a été réalisé pour être conforme aux normes modernes. En effet, ce pont construit en 1954 pour une charge de 30 tonnes peut aujourd’hui en supporter 81. Il reste à présent de connecter le pont à la chaussée qui va aussi être relevée.

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Impregnation sur le pont Basoko

Compactage de la couche d’enrobé sur le pont Basoko

Compactage de la couche d’enrobé sur le pont Basoko

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Un pont modernisé repondant aux normes de la SADC

Franck Kalumba, Directeur provincial de l’OVD/Kinshasa, a expliqué toutes les étapes de sa construction avant d’attirer l’attention du public, surtout des riverains du pont, sur le fait que celui-ci a été construit pour la circulation routière et non pour autre chose. La nouvelle configuration de l’environnement en cet endroit, a-t-il prévenu, va faire augmenter la pression de l’écoulement des eaux ; ce qui signifie que chacun devrait prendre ses dispositions comme le Gouverneur de la ville avait prévenu en son temps cette même population riveraine.

Les gouverneurs du Sud-Kivu et Kasaï-Oriental en visite sur le pont Basoko

Troisième étape, le pont Basoko à Bandalungwa sur l’avenue de la Libération (ex-24 novembre) au rond point Moulaert. Ici aussi les travaux sont achevés et il reste de relier l’ouvrage à la chaussée. Les automobilistes vont bientôt retrouver un pont à trois bandes élargi au gabarit de la chaussée. D’autres visites ont également permis de se rendre compte de la maîtrise de la situation à Kisenso où la principale artère avait été gravement endommagée lors des pluie de la saison dernière. L’ouvrage y réalisé sécurise désormais les populations riveraines et permet une circulation automobile sans entrave. L’avenue Gambela connaît aussi des travaux de réhabilitation sur son tronçon entre les avenues Kasa-Vubu et Victoire.

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Traçage sur le pont Basoko

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Vue en plongé des travaux sur le pont Basoko

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L’avenue du Cercle dans la commune de la Gombe

A Gombe, l’OVD a revêtu d’une couche d’asphalte, l’avenue de la Justice et son prolongement sur Lukusa, du rond-point Socimat à l’avenue Wagenia en passant par le rond point Forescom. Le financement était assuré par le Fonds national d’Entretien Routier (FONER). Cet axe routier permet ainsi de désengorger le boulevard du 30 juin en prenant en charge le trafic entre Poids Lourds et Colonel Mondjiba vers Kintambo.

Pose des pavées expérimentales sur l’avenue Belgica dans la commune de Barumbu par l’O.V.D CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 125

Au terme de la dernière tournée des chantiers, André Kimbuta, maître d’ouvrage pour le compte de la ville, a félicité l’OVD pour la qualité du travail et la célérité. « Chapeau bas à l’OVD pour ces beaux ouvrages et pour le respect des délais. L’OVD a réalisé quelque chose d’étonnant », a reconnu le premier citoyen de la ville devant Benjamin Wenga qui, cependant, ne se laisse pas griser par cette marque de reconnaissance. Le chantier de la ville est vaste, en effet, et ce n’est pas Franck Kalumba, Directeur provincial de l’OVD/Kinshasa, qui se débarrassera de sitôt de son cache-poussière et de son casque de chantier, lui qui demeure constamment sur terrain. Chouchou KAHOWA

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Pose des pavées expérimentales sur l’avenue Belgica dans la commune de Barumbu par l’O.V.D

Revêtement de la couche d’enrobé sur l’avenue Wagenia à la Gome

Revêtement de la couche d’enrobé sur l’avenue Wagenia à la Gome par l’O.V.D.

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Avenue Wagenia réhabilitée

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L’Office des Routes assure la fluidité du trafic routier à l’Est de Kinshasa L’Office des Routes déborde d’activités. Les chantiers routiers sont si nombreux, et les engagements du Gouvernement si pressants qu’il n’est point de temps à la distraction. Herman Mutima Sakrini, ADG de l’entreprise, est fort conscient de l’enjeu du développement qui passe par l’aménagement des voies de communication. Ces dernières semaines,

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l’Office des Routes s’est concentré essentiellement sur l’Est de la ville de Kinshasa, où le Gouvernement s’est fait un point d’honneur de fluidifier la circulation. Les habitants de la commune de Nsele ont ainsi eu à cohabiter pendant quelques temps avec les engins de cette entreprise qui vient d’aménager la route Ndjoku qui longe le mur de

l’aéroport international de Ndjili en partant de Masina. Elle mène jusqu’à la bourgade de Buma qui est aujourd’hui mise en valeur par la présence d’un illustre personnage qui y a aménagé sa résidence : Antoine Gizenga. Sur cette route, l’Office des Routes a expérimenté un produit sud-africain stabilisant le sol.

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Visite des gouverneurs des provinces sur les chantiers de Kinshasa

La réhabilitation de la route N’djili Brasserie

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a route de Ndjoku est, en effet, une voie en terre battue qui vient désenclaver cette bourgade de la périphérie de Kinshasa. Elle apporte ainsi une valeur ajoutée à cette contrée où sont concentrées plusieurs activités agro-pastorales dont les produits alimentent la ville de Kinshasa, en relais

des produits du Bandundu. Toujours à l’Est de la ville, l’Office des Routes a pu sauver la route nationale n°1 d’une menace de coupure au niveau de Kinkole. Un pont séparant cette commune de l’aéroport de Ndjili se trouvait dans un état de délabrement qui risquait CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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d’entraîner la rupture du trafic sur cette voie de grand intérêt économique. Mais les ingénieurs de l’Office des Routes sont parvenus à renforcer l’ouvrage pour assurer la poursuite du trafic routier. Plus près du centre-ville, le calvaire de la population de Ndjili devient de plus en

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plus un souvenir. Les engins de l’Office des Routes sont, en effet, intervenus sur la route de Ndjili Brasserie qui se trouvait dans un état de délabrement très avancé. C’est depuis plusieurs décennies que cette route n’avait plus connu d’entretien. Pourtant, Ndjili Brasserie est un important grenier pour la ville de Kinshasa. Même si la plupart d’acquéreurs, qui y avait des fermes n’exercent plus, les paysans du coin ont pris le relais et ils développent aujourd’hui des activités agricoles pour leur survie, mais aussi pour alimenter le reste de la ville. Au-delà de l’intérêt de cette contrée, la route de Ndjili Brasserie est aussi un passage qui permet de joindre le Bas-Congo sans passer par la nationale

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Le Directeur Général Adjoint de l’Office des Routes, Floribert Mututi, lors de sa visite d’inspection des chantiers sur la RN1.

Construction d’un dalot à double pertris sur la RN1 au niveau du quartier Mpasa (Kinshasa)

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Réhabilitation de la route de N’djili Brasserie (Kinshasa)

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n°1. Il était donc temps d’y songer. Ce qui est chose faite grâce à l’intervention de l’Office des Routes. L’intérieur du pays n’a pas été en reste. L’Office des Routes est intervenu sur la route nationale n° 4 reliant Kisangani à Bunia dans la Province Orientale. Cette route d’un grand intérêt économique se prolonge aussi vers Beni dans le Nord-Kivu. La précédente saison des pluies avait sérieusement endommagé ce tronçon et l’Office des Routes a dû intervenir d’urgence. Une délégation de l’entreprise s’était rendue sur les lieux pour faire le constat et évaluer les besoins. Il est apparu urgent d’intervenir sur cette route au regard des conséquences économiques très lourdes qui se faisaient déjà sentir sur les marchés de Kisangani. Une centaine de camions étaient, en effet, bloqués sur la route avec des marchandises, tandis que socialement, plusieurs enfants, qui voyageaient avec leurs parents, ont dû connaître du retard pour la rentrée scolaire. L’intervention de l’Office des

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Construction d’un collecteur des eaux sur la route qui mêne à la cité de maluku

Routes a permis, dans un premier temps, de dégager les points chauds pour évacuer les véhicules avant les grands travaux qui sont en cours. Une délégation de l’entreprise, conduite par le DGA Floribert Mututi, a effectué le déplacement de Kisangani – Bunia début novembre 2013 pour se rendre compte de l’évolution des travaux. A l’Ouest du pays, plus particulièrement dans le Bas-Congo, les usagers de la route nationale n°1 entre Matadi et Boma ont poussé un ouf de soulagement après l’intervention de l’Office des Routes. Ce tronçon se trouvait, en effet, dans un état de détérioration très avancé. Le trafic y était devenu très difficile, et les entrepreneurs se plaignaient du temps qu’il fallait mettre pour faire roter les stocks de marchandises. Grâce à un financement du Fonds National d’Entretien Routier (FONER), l’Office des Routes a pu intervenir pour remblayer les points chauds et instaurer un cantonnage manuel afin de maintenir la route en bon état. Symboli KISUBI

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Construction d’un dalot sur l’avenue By-Pass (Lemba)

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Réhabilitation et

entretien routiers

LE FONER

MET LE PAQUET « Les infrastructures routières constituent un des piliers principaux de développement et les fonds routiers en sont les instruments indispensables. La disponibilité des routes de qualité est maintenant ressentie comme une des bases du développement dans toute l’Afrique et au-delà de la construction de nouvelles voies de communication et de désenclavement, leur entretien est encore plus vital pour soutenir notre effort de développement durable ». Ces propos du Directeur Général du Fond National d’Entretien Routier (FONER), Fulgence Bamaros Lobota, se voulaient comme un écho au grand défi de ce secteur, défi que sa structure est appelée à relever. En son temps, le Chef de l’Etat, dans un de ses discours sur l’état de la Nation, relevait que « le développement de notre vaste pays dépend de notre capacité à construire, à réhabiliter et à entretenir nos infrastructures de base, particulièrement celles de transport. Le défi dans ce secteur est titanesque, vu que pratiquement rien d’économiquement significatif n’avait été construit pendant près de quarante ans ».

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Au milieu, en premier plan sur cette photo, Monsieur Fulgence Bamaros, Directeur Général du FONER

C

réé en 2008, le FONER a reçu du législateur la mission de « collecter et administrer les fonds destinés à l’entretien et à la gestion des réseaux routiers du territoire national ». L’enjeu qui se tramait derrière cette mission était tel qu’il fallait structurer la nouvelle institution pour l’aguerrir. Après une période probatoire, le FONER a pris la vitesse de croisière pour apporter effectivement sa contribution à l’entretien du réseau routier toujours en expansion pour maintenir la fluidité du trafic routier. Et pour faire encore mieux, le DG du FONER s’est fait un point d’honneur, avec l’appui du Gouvernement, non seulement de financer les travaux, mais aussi lier l’utile à l’agréable en veillant scrupuleusement sur la beauté des ouvrages afin qu’ils soient en harmonie avec les aménagements en cours dans l’environnement urbain et rural, en conformité avec les standards internationaux. Kinshasa peut se targuer d’avoir bénéficié d’un appui remarquable du FONER grâce auquel certaines de ses artères sont aujourd’hui réhabilitées et embellies. C’est le cas, entre autres, de la coquette commune de la Gombe dont les avenues sont aujourd’hui requinquées et n’ont rien à envier aux belles avenues de Pretoria ou de Bruxelles. Le travail a concerné l’avenue de la Justice, du rond point Socimat jusqu’à son embranchement avec Colonel Lukusa. Celle-ci était égale-

ment concernée jusqu’à sa jonction avec l’avenue Wagenia au rond point Forescom. D’ici, Wagenia a été revêtue d’une nouvelle couche de roulement jusqu’à sa jonction avec la route des Poids Lourds en passant devant le beach Ngobila. Bref, des travaux d’envergure, tel qu’on peut le constater, ont été réalisés dans cette commune pour lui permettre de recouvrer les arguments de son renom. Loin d’être un gaspillage comme le prétendent certaines langues, le réaménagement de ces routes avait pour but de désengorger le Boulevard du 30 Juin, en reprenant en charge une partie de son trafic, de la sortie des Poids-Lourds, derrière la gare centrale, jusqu’au rond-point Socimat pour poursuivre avec Colonel Mondjiba en allant vers Kintambo. Ce faisant, la circulation devient un peu plus fluide et rapide que d’habitude, même aux heures de pointe. De même, les conducteurs qui se plaignaient des petits nids de poule et des excavations qui jonchaient ces avenues d’époque coloniale se trouvent soulagés. L’intervention du FONER n’a donc pas été un hasard. Conformément à ses prérogatives, il finance des études des toutes nature, plus particulièrement des études techniques, économiques et environnementales préalables à l’établissement

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Le pont Basoko (Bandalungwa)

d’un programme d’entretien routier. Pour ce cas spécifique, le Premier Ministre avait, présidé une réunion de programmation de ces travaux pour lesquels Matata Ponyo avait donné des orientations précises.

Bandalungwa également ciblée Une autre intervention du Fonds National d’Entretien Routier est celui du pont Basoko, sur l’avenue ex-24 novembre, au niveau du rond point Moulaert. Cet ouvrage commençait déjà à s’affaisser, mettant en danger les usagers, tout en gênant progressivement la circulation sur cette voie hyper sollicitée. Au terme d’une

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étude menée par l’OVD, le FONER a mis à disposition un fonds de réhabilitation de près de 1, 800.000 Usd. Les automobilistes ont retrouvé un pont pimpant neuf, de trois bandes, qui facilite aujourd’hui la circulation sur ce point chaud qui permet la jonction entre la ville et les communes de Bandalungwa – Ngiri Ngiri – Bumbu – Makala – Selembao. Pour bien faire les choses, ce pont a été renforcé pour supporter des véhicules de plus grand tonnage par rapport à l’ouvrage précédent.

Traçage sur le pont Basoko

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Matadi – Boma progressivement soulagé Plus à l’Ouest, les usagers de la route Matadi – Boma dans la province du Bas Congo poussent progressivement un ouf de soulagement grâce aux travaux d’entretien effectués par l’Office des Routes sur financement du FONER. Plusieurs points chauds avaient, en effet, rendu presque impraticable la plupart des tronçons sur cette route autrefois asphaltée. Pour parer au plus urgent, les travaux effectués à ce jour ont consisté au remblayage des endroits les plus endommagés afin de rendre la circulation plus aisée sur cette voie de grand intérêt économique. Aujourd’hui donc, la vitesse circulation, qui ne dépassait guère les 30 Km/heure, peut monter jusqu’à 80km/h. Cette performance permet de faire des économies en temps et d’assurer une plus grande rotation des stocks de marchandises. « Là où la route passe, le développement suit ». Tel est le slogan du FONER qui se fait un point d’honneur de le traduire en réalité palpable. Chaque mois, en effet, cette structure, sous la houlette de son DG Bamaros Loboto, fait preuve d’ingéniosité pour être à la hauteur des nombreux défis à relever dans la domaine de la réhabilitation et de la reconstruction des infrestructures routières. En 2012, le FONER avait attaqué ses activités avec un budget d’au moins 30 millions Usd. Plusieurs chantiers avaient bénéficié de ces moyens, notamment les sites Mataba et Kingu dans la commune de Ngaliema, Maman Mobutu et Kindele à Mont-Ngafula, Biangala à Lemba, la Route de la Mission à Kimwenza, etc. Sandra BUSHIRI

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Pont Kalamu à Boma

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L’ACGT facilite les entrées dans Kinshasa

L

es voyageurs, surtout en provenance de l’Ouest de la ville de Kinshasa, ont souvent du mal à supporter les embouteillages à l’entrée de la ville après au moins 6 heures de routes. Ceux qui ont l’habitude de se rendre dans le Bas Congo ont l’expérience amère du point chaud de Mitendi où ils passent au moins une heure dans les bouchons. A l’Est de la ville, la situation est la même. L’un des goulots d’étranglement sur le boulevard Lumumba qui, du reste, est en cours d’élargissement, est le pont Matete par où passe 70% du trafic en provenance de l’aéroport international de Ndjili et, plus loin encore, du Bandundu.

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Route de Matadi en pleine réhabilitation

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Le Ministre des ITPR, Kasweshi Musoka, et l’Adg de l’ACGT, Médard Ilunga, en visite d’inspection des travaux du tronçon UPN-Mitendi

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L’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) a compris le besoin de traiter ces points chauds pour faciliter les accès dans la ville de Kinshasa. Elle a ainsi lancé deux grands chantiers : l’un sur la route nationale n°1 au niveau de Mitendi et l’autre sur le pont Matete. A l’Ouest de Kinshasa, la société chinoise Crec-8, qui a remporté le marché, doit intervenir sur le tronçon UPC – Mitendi long de 17 Km. Les travaux consistent en l’élargissement de ce tronçon qui, à terme, aura deux voies de circulation de deux bandes chacune. Le premier lot de l’ouvrage concernera la section UPN/Masikita jusqu’à Matadi Mayo, soit 7 Km. CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 145

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Quant au pont Matete, les travaux de reconstruction et de modernisation consiste en son élargissement sur deux voies de circulation de deux bandes chacune. L’ouvrage attendu sera un pont à poutres creuses préfabriquées en bêton armée. Long de 60 mètres sur une largeur de 19,05 mètres, ce pont devra supporter une charge maximale de 56 tonnes. Le coût global des travaux est estimé à 5.360.297,12 Usd. Et la fin des travaux est projetée pour fin décembre 2013. Il faut préciser que les travaux sur le pont Matete vont concerner également le petit pont Banunu qui fait jonction avec la route des Poids Lourds. Cette voie est également en cours d’élargissement. A terme, c’est un bel ouvrage qui viendra en rajouter à la beauté de la ville, surtout dans ce secteur qui force déjà l’admiration depuis la modernisation de l’échangeur de Limete. Ces travaux rentrent dans le second lot du projet de reconstruction et de modernisation du boulevard Lumumba. Les travaux sur cette voie, qui dessert la partie Est de la ville de Kinshasa, sont pratiquement finis. Le grand défi était d’élargir les différents ponts, soit au moins 5, pour les égaliser à la nouvelle largeur de la chaussée. Le Ministre de l’Aménagement du territoire, Urbanisme, Habitat, Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, Fridolin Kasweshi, et le Directeur Général de l’ACGT, ont dernièrement effectué une visite d’inspection de l’ensemble du lot. Ils se sont dits satisfaits de l’avancement des travaux. Ils ont surtout été encouragés par la joie des usagers du boulevard Lumumba qui ont longtemps souffert des désagréments dus aux travaux qui s’y effectuaient. Aujourd’hui la circulation y est de plus en plus fluide et 2014 sera l’année de libération définitive pour la Tshangu. Jolie ILONGA

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Maurice Tshikuya Kayembe

ADG de l’INPP

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Nouvel oscar international pour l’INPP Jamais deux sans trois, dit-on. Mais avec Maurice Tshikuya, il faut être attentif pour suivre le rythme des reconnaissances de son oeuvre managériale à la tête de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP). Il vient, en effet, d’engranger le Prix Convention, dans la catégorie Platine, à la 27ème Convention internationale à la qualité qui s’est tenue du 26 au 27 octobre 2013 à Paris. Ce prix, qui s’ajoute à d’autres antérieurs, vient récompenser les efforts de l’ADG de l’INPP pour la transformation et la modernisation de cet institut.

A

près l’or, son nom est en train d’être écrit maintenant en lettres de platine dans les annales du management en RDC et à travers le monde. Maurice Tshikuya Kayembe ne fait plus l’ombre d’un doute en matière de qualification et de confirmation au titre de grand manager. La dernière distinction en date est donc ce prix, dans la catégorie Platine, qui vient d’être décerné à l’INPP à travers le trophée Business Initiative Directions (BID). L’heureux événement a eu lieu fin octobre à Paris lors de la 27ème Convention Internationale de la Qualité organisée chaque année par cette institution du monde des affaires. L’INPP s’est ainsi taillé une place de choix parmi les 74 entreprises sélectionnées à travers le monde. José E. Prieto, Président du BID qui a personnellement remis l’oscar à Mau-

rice Tshikuya, a précisé que ce prix était une reconnaissance de la qualité et de l’excellence de son œuvre dans le secteur de la formation professionnelle. « Le but de Business Initiative Directions est de proposer un forum afin d’établir les standards de l’excellence pour le développement de la qualité et l’honneur des personnes et organisations responsables du développement des actions les plus efficaces qui conduisent à cette excellence », a-t-il précisé. CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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Pour parvenir à un tel niveau de reconnaissance, qui n’est pas aussi facile qu’on peut le croire, le critérium d’éligibilité est très corsé : excellence et leadership dans les affaires, qualité et résultats d’affaires, commerce et prestige de la marque, technologie, innovation et expansion, etc. A en croire donc l’organisateur, l’INPP a satisfait à cet arsenal de critères et Maurice Tshikuya a été félicité de ce que son institution « fait de la qualité son princi-

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Vue des travaux de construction de l’immeuble de l’INPP/Kinshasa

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pal objectif pour une amélioration continue de sa gestion en vue de conserver une place de leader au sein de sa communauté et dans son secteur d’activité». Aujourd’hui, l’INPP est devenue une référence aussi bien au niveau national qu’international. Il est, en effet, sollicité par d’autres pays tels que l’Angola, le Burundi, le Congo-Brazzaville, etc. Au BID on renseigne que « les informations obtenues sur les entreprises correspondent à des actions extérieures, aux votes d’autres entreprises ainsi qu’à l’enquête online du BID ». Normal donc que l’INPP ait été repéré. Cette reconnaissance est ainsi le fruit d’un travail assidu et de longue haleine. Elle prolonge et confirme les mérites déjà engrangés sur le plan international par le n°1 de l’INPP, cela en dehors des trophées nationaux qui ne se comptent plus. A titre illustratif, Maurice Tshikuya s’était vu décerner, en septembre 2012, le trophée International Star Award for Quality (ISAQ) dans la catégorie Or. Le trophée du BID, qui est de Platine, constitue une note de plus. Et ce n’est pas tout. L’ADG de l’INPP est attendu en décembre 2013 à Vienne (Autriche) pour recevoir un autre trophée. La RDC espère qu’il sera dans la catégorie Diamant, cette fois-ci. En attendant, on peut retenir que l’INPP s’est hissé, grâce à son ADG, à un diapason qui lui ouvre la voie à diverses opportunités de croissance et d’expansion. Le retentissement qu’a produit le prix décerné à Tshikuya dans la presse internationale en témoigne. Entre autres, le journal Cinco Dias et la section quotidienne du Wall Street Journal en ont fait large écho. L’événement a aussi été retransmis par plusieurs chaînes de télévision. Laetitia KAPELA CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 153

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FPI : Ces financements qui boostent l’industrie congolaise Catalyseur du développement industriel en RDC comme l’indique son slogan, le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) est, plus que jamais, déterminé à assumer son rôle dans le dispositif de relance de l’industrie congolaise et, partant, de la production intérieure. L’année qui se termine aura été significative dans ce sens. 2013 a été une période aussi bien de multiplication que de diversification de ses interventions à travers le pays et dans plusieurs domaines.

K

inshasa, Kasaï Occidental, Kasaï Oriental, Nord-Kivu, Sud-Kivu, etc., aucune province n’est restée en marge des cibles du FPI. Et les domaines comme ceux de l’agriculture, la construction immobilière, la santé, l’électricité, le transport ou la brasserie ont aussi fait l’objet des préoccupations de cette établissement que dirige de mains de maîtres, l’ADG Mbengela.

Constantin Mbengele, Directeur Général du FPI lors d’une visite des projets financés à Kinshasa

A titre illustratif, à Kinshasa, le FPI a donné un coup de pouce à la femme d’affaires Bahati pour son projet d’érection d’un nouveau port à Kingabwa. Ce port aura le mérite de désengorger surtout le beach Ngobila qui se trouve en aval. Dans le domaine de la santé, le laboratoire pharmaceutique Zenuphar a également été financé pour acquérir un nouvel équipement. Dans la construction, une unité de production de la caillasse a également été financée pour accroître ses capacités. Et dans l’agroalimentaire, la boulangerie UPAK a reçu un soutien du FPI pour se reconstituer après l’incendie qui avait ravagé ses nouvelles installations ainsi que

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son stock de farine. Vers la cité Mama Mobutu, la Ferme PEKA du professeur Lubinga, spécialisée dans l’exploitation avicole, a également intéressé le FPI qui a apporté un appui financier. Et à Kingabwa, une autre unité de production d’emballage des produits agricoles a reçu un soutien du FPI. Dans la province du Bandundu, la So-

getra a bénéficié d’un financement pour renforcer ses capacités de production d’huile. Dans le même domaine, la société Bon marché, située à Goma dans le Nord-Kivu avait aussi bénéficié d’un financement pour renforcer sa production d’huile de tournesol. Ici encore, une minoterie, une boulangerie (projet Ya Wazazi) et un laboratoire pharmaceutique ont été financés.

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tion d’eau minérale. Au Sud Kivu proche, une autre usine pharmaceutique, Sodiphar, a reçu un appui financier du FPI qui a également permis de relancer la production rizière et d’eau minérale en finançant des projets dans ces domaines. Même intervention à Kisangani (Province Orientale) pour la rizerie Gloria et l’établissement Meera qui produit de l’eau minérale.

Le Fonds de Promotion de l’Industrie a aussi effectué une intervention salutaire dans le Kasaï Occidental, précisément à Tshikapa. Il a, en effet, financé un projet de construction d’un mini barrage hydroélectrique qui permettra, à terme, de sortir ce territoire de la sous-industrialisation. Et au Kasaï oriental voisin, une brasserie a été financée pour lancer une production locale. Intéressante intervention également qui permettra, progressivement, d’autonomiser la province qui, à ce jour, est trop dépendante du Katanga. Par le même coup, la production brassicole locale permettra de rabattre les prix des boissons.

Dans la province du Bas-Congo, le Fonds de Promotion de l’Industrie est tombé sur un projet plutôt original. Il s’agit d’une usine de transformation de produits alimentaires. Située à Kimpese, cette société produit la chikwangue qui est conditionnée très proprement. Puisque le BasCongo a aussi une vocation agricole, une grande ferme à Moanda a reçu un coup de pouce financier pour diversifier ses

La révolution de l’industrie congolaise grâce à l’apport du FPI est passée aussi par le Katanga. Ici une usine de production de barres de fer a été financée, ainsi qu’une unité de production de baguettes de soudure (électrode). La briqueterie KGI de Lubumbashi a, pour sa part, renforcé sa capacité de production grâce à un appui financier du FPI.

activités. A Kindu (Maniema), une briqueterie a été financée pour accroitre sa production. Une intervention très à propos du FPI dans cette province en plein essor où l’on assiste à un boom immobilier. Kindu étant aussi réputé pour la chaleur qu’il y fait, un promoteur à bénéficié d’un financement du PFI pour ouvrir une unité de producCONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013 Congo panorama 8-impression.indd 155

Ces projets, qui ne sont qu’une illustration parmi plus de deux cents financés au cours de cette année, sont une indication du renforcement des capacités d’intervention du Fonds de Promotion de l’Industrie. Dans le souci de répartir équitablement ces interventions sur toute l’étendue de la république et, surtout, dans le Congo profond, le FPI s’installe de plus en plus à l’intérieur du pays pour être proche des promoteurs et susciter aussi des vocations. Tout ceci pour indiquer que le développement de la RDC avec les fils et l’argent du pays est possible. Constantin Mbengele en a pris conscience et s’emploie à partager cette conviction avec l’ensemble de ses collaborateurs. Jonas Eugène KOTA

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A Matadi

Chez TONTON Hôtel Restaurant Salle de fête Wifi gratuit

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SPORTS ET LOISIRS

MAZEMBE SAUVE LE SPORT CONGOLAIS

L

’année 2013 a été amère pour le public sportif congolais. Après l’élimination de l’équipe nationale de football des éliminatoires de la coupe du monde 2014, la RDC a connu la fuite d’une dizaine de ses athlètes engagés aux Jeux de la Francophonie à Lille en France après celle d’autres sportifs à Londres. Ce qui rendait le bilan annuel sportif négatif, même si le pays s’est qualifié pour la phase finale du Championnat d’Afrique des Nations, une compétition réservée aux joueurs locaux. En ce mois de novembre, le Tout Puissant Mazembe a joué la finale de la 10e coupe de la confédération. La tâche n’a pas été facile pour défendre l’année sportive congolaise. Moïse Katumbi, Président des corbeaux, n’a pas lésiné sur les moyens pour préparer l’équipe qui avait rendez(vous avec l’histoire. Pendant plus de trois saisons, en effet, Mazembe a régulièrement loupé le sacre continental. En 2011, Mazembe avait été stoppée dans leur élan des victoires après une bonne coupe du monde des clubs. 2013 aura été une autre histoire. Staff technique, joueurs, supporters et même toute la Nation congolaise ont sorti leurs dernières cartouches pour inscrire le nom de ce club dans les annales de la coupe de la confédération. Le club congolais a défendu l’Afrique de la plus belle manière. En 2010, les corbeaux

sont aux anges. Les caméras mondiales sont braquées sur eux. Ils sont des stars mondiales. Lors de la deuxième participation consécutive à la phase finale de la coupe du monde des Clubs, le TP Mazembe joue la finale conte l’Inter de Milan. Même s’il perd devant l’équipe italienne, Mazembe aura le mérite d’avoir porté haut le rêve de l’Afrique. C’est pour la première fois, en effet, qu’un club africain atteignait ce niveau de compétition. Sous l’impulsion du fameux slogan « l’impossible n’est pas Mazembe », les corbeaux rentrent en Afrique pour rafler la super coupe devant les Marocains du FUS de Rabat. Fort de ces succès, Mazembe s’attire des jalousies de toutes parts. L’affaire Besala cause des ennuis au détenteur du trophée de la champion’s league africaine. Besala est un joueur congolais qui a quitté le club tunisien de l’Espérance de Tunis pour son club formateur du Daring de Virunga. De là, Mazembe mettra le paquet pour s’attacher les services de l’international congolais revenu au pays. En 16e de finale de la saison 2011, TPM bat en aller retour le Simba Sports de la Tanzanie. Lors du match allé, le joueur Besala est aligné pour une mi-temps. Le calvaire du Congolais commencera lorsque, qualifié aux quarts de finale, l’équipe tunisienne de l’Espérance de Tunis dépose une plainte à la CAF contre Mazembe revendiquant la propriété de Janvier Besala. Un CONGOPANORAMA - Edition n°008 Octobre-Novembre 2013

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véritable jeu de couloirs qui réveille tous les jaloux des succès de Mazembe. L’équipe est disqualifiée de la compétition. C’est lors de cet arrêt brusque de l’élan propulsé par « l’impossible n’est pas Mazembe » que l’équipe reçoit de son président Moïse Katumbi un aéronef MD 83 de 140 places et un Dornier. Dans la foulée, le club inaugure son stade, propre à lui, dans la commune de Kamalondo. Un terrain à gazon synthétique de 3ème génération, 12 portails à fonctionnement électronique donnant accès aux tribunes, une piscine de récupération pour les joueurs, trois jacuzzis, une clinique du sport équipée sur le plan technologique pour la rééducation des blessés, etc.Telles sont de grandes innovations qui distinguent ce stade des normes traditionnelles africaines. Après deux ans de disette, de soif ou, mieux, de faim des titres, le TPM se donne avec la dernière énergie pour revenir au sommet de l’Afrique. Par là, les Congolais croisent les doigts. Ils prient pour que la débâcle de l’équipe nationale en éliminatoires de la coupe du monde soit effacée de leurs mémoires. Mazembe en a les moyens au regard du soutien de tout le public sportif congolais. Au finish, le peuple congolais s’est senti honoré par le palmarès de Mazembe en cette année 2013 finissante. Ricky KAPIAMBA

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EDITEUR RESPONSABLE

Yvon RAMAZANI

DIRECTEUR DE PUBLICATION Jonas Eugène KOTA CHEF DE REDACTION Ricky KAPIAMBA SECRETAIRE DE REDACTION Jean-Luc MUSHI-MPAKU EQUIPE REDACTIONNELLE : Jean-Luc MUSHI-MPAKU, Chouchou KAHOWA, Jonas KOTA, Ricky KAPIAMBA, Samy BOSONGO, Giscard ABETI, Sandra BUSHIRI, Mapa MITIBA, Patience FURAHA, Blaise GWAD MEBEN, Jacques SIMA Symboli KISUBI, Jolie ILONGA, Laetitia KAPELA ONT COLLABORÉ Jason MBO ITOO, José KINDENDA, Blanchard ZOLA, Cedric BUNGA, David KILIBA, Ganny KILASU, Vicky MAYAMBA, Christelle BAFULULU INFOGRAPHIE Ibrahim IBRAH PHOTOGRAPHIE : Yves KUMWAMBA , Ibrahim IBRAH, NZOMBO, Benjamin MANANIKA, TORGA, Giscard ABETI Doudou AEMBE, José KINDENDA, Blanchard ZOLA, Mme Christiane (ACGT) PRODUCTION Directeur : Yvon RAMAZANI: +243 97 00 000 62 Régie commerciale : Doudou AEMBE: +243 82 114 69 72 Laetitia KAPELA: +243998998792 NOS REPRESENTANTS PARIS DIMPENGI NSIKANI e-mail : Rosedimpengi@yahoo.fr Tél. : +33660951278 BRUXELLES Doudou AEMBE Tél.: +32 47 92 67 203 LONDRES Olivier NGWENDE Tél.: +44 74 38 56 50 59 ALLEMAGNE Vicky MAYAMBA Tél.: +4917629938766 - +4916095237198 vickymayamba@yahoo.fr

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+243970000062

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