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Cinéma

Jewish Connection Un jeune juif orthodoxe se retrouve entraîné dans l’une des plus étonnantes affaires de trafic d’ecstasy des années 90… Exploitant judicieusement un fait divers surprenant, ce premier film accroche, mais peine à explorer son considérable potentiel. Heureusement, les acteurs assurent, Jesse Eisenberg en tête…

À

20 ans, la vie de Samuel Gold est toute tracée. Élevé dans la pure tradition hassidique, il sait déjà avec quelle femme il va se marier, combien d’enfants ils devraient avoir d’elle, et aussi qu’il consacrera sa vie, selon le vœu de ses parents, à devenir rabbi. Un quotidien écrasant qui motive forcément le jeune homme lorsqu’il répond à une proposition de son voisin Yosef. Yosef Zimmerman s’est depuis longtemps écarté du droit chemin de la religion et de ses règles strictes ; et lorsqu’il propose à Sam de transporter des « médicaments » d’Amsterdam à New York, le jeune homme accepte. L’innocent Samuel ne tarde cependant pas à comprendre que ces petites pilules n’ont rien de pharmaceutique. Et en même temps qu’il s’émancipe du contrôle étouffant de ses parents, il prend goût à tout ce que ce trafic lui apporte. Car c’est tout ce qu’il ne pouvait atteindre qui est désormais à sa portée. L’excitation de la criminalité, le pouvoir, l’argent facile, et puis les femmes. Ou plutôt la femme, celle de son patron, la belle Rachel. Alors que Samuel devient un rouage essentiel du trafic, il se voit rejeté par sa communauté. Un cas de conscience qui peut tout changer… Si le titre français fait le bonheur du réalisateur, ravi de voir son premier film faire écho au chef-d’œuvre de William Friedkin, l’un de ses préférés, on peut regretter l’intraduisible titre original, « Holly Rollers ». Celui-ci faisait en effet à la fois allusion à la façon de

prier des juifs, aux traditionnelles mèches de cheveux qui descendent le long des tempes, mais aussi au « rolling » surnom donné par la rue à l’ecstasy. Un ensemble malicieux qui incarnait bien le potentiel de ce polar à part, inspiré par un authentique fait divers des années 90. En embrigadant, parfois sans qu’ils ne le sachent, des membres de la communauté hassidique, ce réseau était parvenu à importer au moins un million de pilules d’ecstasy d’Amsterdam à New York… Un polar mafieux dévoyant des membres d’une religion extrêmement stricte, la découverte des excès les plus périlleux par un jeune homme neuf, le réalisateur tenait là un excellent sujet. Et dès le début, le contraste entre le milieu de la drogue et ce jeune homme sage et innocent fonctionne parfaitement. D’autant mieux que la complicité entre Samuel et Yosef teinte d’un second degré vraiment très agréable l’évolution de la dangereuse situation. Il faut ici saluer l’instinct décidément sûr de Jesse Eisenberg, justement encensé pour sa performance dans The social Network. C’est lui qui s’est proposé pour jouer ce rôle, à la grande surprise de l’équipe qui, en raison d’un budget minimum, n’avait aucune chance d’engager la star montante ! Mais, car il y a un mais, c’est dans un second temps que le film déçoit. Il déroule le fil de l’histoire sans sortir des clous, et surtout sans exploiter l’opportunité de confronter aux dangers de la société contemporaine un personnage sincèrement innocent. Plus embêtant encore, par les choix d’un scénario manquant un peu de caractère, le parti pris est évident dans la façon de présenter la communauté de Samuel, castratrice et frustrante, face à un « monde extérieur » où tout est possible et excitant. Dans ces conditions, la facilité avec laquelle Samuel change de vie, mais aussi l’intensité de son cas de conscience perdent de leur crédibilité. Le polar reste ingénieux, bousculant les clichés à défaut de les éviter, et le film reste attachant grâce à des acteurs qui ne déméritent pas. Une mention spéciale revenant à Eisenberg, épatant dans le rôle de Samuel, et à Ari Gaynor, dont le charme et la présence n’ont pas fini d’attirer Hollywood... Un premier film qui ne tient pas toutes ses promesses, mais vaut la peine d’être découvert.

Infos P

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JESSE EISENBERG

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JUSTIN BARTHA

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DANNY ABECKASER

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E

ARI GRAYNOR

& Q-TIP

d’après l’histoire vraie d’un insoupçonnable trafic d’ecstasy

JEWISH CONNECTION

L’avis de CpourlesHommes.com En bousculant la vision d’une communauté très fermée, l’intrigue prend place dans un cadre inhabituel. Clairement influencé par Scorcese, le réalisateur compose des personnages attirants, avec un humour séduisant, mais pêche par un scénario un peu court. Un premier film prometteur qui mérite d’être découvert sans trop d’hésitation. Eisenberg, une fois encore, est bon.

F.L.

UN FILM DE KEVIN ASCH

FIRST INDEPENDENT PICTURES en association avec SHAMAN PRODUCTIONS présentent une production DEERJEN FILMS, LOOKBOOK FILMS, SAFEHOUSE PICTURES et GULFSTREAM FILMS supervision musique KEVIN WYATT et SCOTT VENER casting SIG DE MIGUEL et STEPHEN VINCENT musiques additionelles de ANDRE ALLEN ANJOS musique de MJ MYNARSKI son TOM PAUL costumes JACKI ROACH montage SUZANNE SPANGLER décors TOMMASO ORTINO directeur de la photographie BEN KUTCHINS coproducteurs ROB PROFUSEK et RYAN SILBERT producteurs exécutifs KEVIN ASCH, ISAAC GINDI, MARAT ROSENBERG et DAVE BERLIN produit par DANNY A. ABECKASER, TORY TUNNELL, PER MELITA et JEN GATIEN écrit par ANTONIO MACIA réalisé par KEVIN ASCH distribution france PYRAMIDE DISTRIBUTION WWW.PYRAMIDEFILMS.COM 2010 © PYRAMIDE - PHOTOGRAMMES © FIRST INDEPENDENT PICTURES - IMP. LEVILLAIN RCS CRÉTEIL B 332 482 710

Comédie dramatique Réalisé par Kevin Asch Avec Jesse Eisenberg, Justin Bartha, Ari Gaynor, Q-Tip… Durée : 1h29 Sortie en salles le 16 février 2011

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Jewish Connection