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Revue-bulletin

a r c h i t e c t u r e - p a y s a g e

1 er semestre 2012

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E TAT S - U N I S

TOURS à T O R O N T O

SPACEPORT à LAS CRUCES (NOUVEAU MEXIQUE)

Le Chinois Ma Yansong (MAD) auteur du musée de Ordos (cf bull n°41 p.2) vient de réaliser les Absolute Towers, deux tours de logements de 50 et 56 étages. Elles font suite à un concours international gagné en 2005, mais qui portait sur une seule tour. Conçu pour un ilot du

En octobre 2011 a été inauguré le Spaceport America, future base des premiers vols de tourisme spatial, prévus pour 2013 par Virgin Galactic (Richard Bronson). Conçu près de la piste de 3km par Norman Foster, il abrite sur 9000m2 installations de

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CENTRE de VISITEURS à VA N C O U V E R (COLOMBIE BRITANNIQUE)

nouveau centre Mississanga, le projet consistait en un volume sculpté obtenu par une torsion de 1 à 4° par étage : les plans très simples, identiques, cloisonnés par du ciment léger, pivotent successivement autour du noyau rigide de la tour. Ce côté "déhanché" lui a valu le surnom de "Marilyn", et la commercialisation des 500 logements fut effectuée en un jour ! Devant ce succès, le promoteur en voulait une seconde, mais MAD proposa d'en simplifier le principe en ne faisant qu'une torsion de 1° / étage. www.i-mad.com

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MAISON à W H I S T L E R (COLOMBIE BRITANNIQUE)

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Le Studio NminusOne a réalisé en 2005 une maison pour un snowboarder professionnel, Marc Morisset : la maison Khyber Ridge de cinq niveaux. En bas, la maison d'hôtes est enfoncée dans le rocher et son toit vert la rend encore plus discrète. A l'opposé, le séjour principal est projeté en apesanteur au dessus de la pente et ses façades vitrées la transforme en plate-forme aérienne au milieu des arbres. Au-dessus, les chambres sont en retrait et retrouvent la pente naturelle. Ci-contre AR’SITE n°42 juillet 2012

Inspirés par les formes des orchidées, Perkins + Will ont imaginé pour le jardin botanique VanDusen un bâtiment très performant (LEED Platinium) composé de pétales aériennes végétalisées s'envolant depuis un socle semi-enterré aux murs de béton. Des puits de lumière donnet une ambiance naturelle aux espaces intérieurs et servent d'extraction de l'air chaud pendant l'été. inhabitat.com Ci-dessus et ci-dessous.

préparation des futurs "astronautes" et les postes de controle des misions. Son volume aérien semble néanmoins émerger de la croute terrestre... Ci-dessus et en haut de page 3.

MAISON à MILL VALLEY (CALIFORNIE) Au nord de San Francisco, pour agrandir une maison existante avec un studio d'artiste et un espace de yoga qui servirait aussi pour héberger des invités, Feldman Architecture a conçu deux petites cabines perdues entre les arbres et épousant la pente : le toit de la première est cultivé par le client passionné de jardinage. Chacune offre une vue différente sur le paysage. inhabitat.com Ci-contre page 3, coupe et photo.


TOUR-RESIDENCE ANTILLA à MUMBAI Résidence de 27 étages de la 4e fortune mondiale, Mukesh Ambani, cette tour de 173m (équivalent d'une tour "normale" de 60 étages !) a été réalisée en 2010 au sud de Mumbai par les architectes américains Perkins & Will. Sur 37000m2 desservis par 9 ascenseurs, elle regroupe "habitation", piscine, salle de cinéma, jardin suspendu, parking de 168 places (sur 6 étages !) et 3 héliports en terrasse. Une esthétique très contemporaine, mais sont mis en cause tant l'acquisition du terrain, que la légalité des

héliports et parkings, pour cet immeuble qui incarne la fracture sociale indienne et symbolise le pouvoir des entreprises multisectorielles du pays. Courrier International n°1124, 17-23 mai 2012.

R É A L I S AT I O N S

INDE

BRESIL QUAI des ART à VITORIA Plus de 300km au nord de Rio de Janeiro, le Cais das Artes regroupe théatre (1300 places) et musée (11000m2) à l'embouchure de la baie. Il est financé par l'Etat local et Arcelormittal et conçu par des architectes de Sao Paulo, Metro Arquitetos Associados associés au Pritzer prize Paulo Mendes da Rocha. Installé en partie sur pilotis, il laisse la vision de la baie depuis le parvis piétonnier. L'absence d'ouverture en façade est compensée par une sous-face très vitrée qui amène lumière tamisée et vues surprenantes, tant de l'intérieur que de l'extérieur. metroo.com.br

RESTAURANT à MUMBAI

Ci-dessus et ci-dessous, le quai des arts à Vitoria

Hall de banquets, restaurant et bar, The Tote a été restauré par Série Architects, agence britannique de Chris Lee et Kapil Gupta. Une partie de l'ancien bâtiment colonial est conservée et une partie démolie et reconstruite. Une structure arborescente, peinte en blanc, donne la sensation d'un sentier forestier.

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RÉALISATIONS

Q ATA R CENTRE NATIONAL de CONVENTIONS à DOHA Le Qatar National Convention Center (QNCC) de 177.000m2, ouvert en décembre 2011 après 5 ans de travaux, a été réalisé par les architectes Yamasaki sur un concept proposé par Arata Isozaki. Sa toiture plane se prolonge en façade sous forme d'auvent soutenu par une spectaculaire structure d'acier arborescente de 250m de long (étudiée avec les Anglais Buro Happold, construite en Malaisie puis assemblée à Doha) : cette signature du bâtiment symbolise le savoir et s'inspire de l'arbre "sidra", représentant l'apprentissage de la vie dans le désert, et auquel les Bédouins tiennent beaucoup. Il apporte l'ombre nécessaire aux réunions, aux poetes ou aux écoliers, est utilisé dans l'habitat et la médecine traditionnelle.

PAY S - B A S MUSEE du CINEMA à AMSTERDAM

auditorium de 350 places est enterré à son pied. http://www.contemporist.com Ci-dessous :

Le EYE Filminstitute a ouvert en avril 2012 sur la rive nord de l'Ij, de l'autre côté que la gare centrale d'Amsterdam. Il comprend 4 salles de projection (une de 300 places, deux de 120 et une de 80), l'espace d'exposition, une boutique et un café-restaurant. Il est conçu par les Viennois Delugan Meissl Associated Architects. Blanc et à l'aspect de mouette atterissant, le bâtiment contraste avec la sombre tour voisine. http://www.deluganmeissl.at/

Les courbes rappellent l'hôtel-crocodile de Jabiru (Australie, cf bull n°6 p.2)

MAISON près d'HILVERSUM

Cet arbre est à ce point ancré dans la culture qatari que le Centre est parfois même baptisé Sidra Tree Convention Centre ! Il comporte un théatre de 2000 places, des salles de réunion pour près de 10.000 personnes, des halls d'expositions et les facilités pour accueillir de grands évènements. Sa conception devrait lui permettre d'atteindre le niveau or dans la grille d’évaluation LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Le Centre accueille déjà des oeuvres d’art comme la sculpture "Maman" de Louise Bourgeois, une araignée de neuf mètres qui a fasciné le monde entier et qui a été exposées dans tous les principaux musées d’art contemporain du monde.

Achevée en décembre 2011, cette maison semi-enterrée baptisée "Dutch Moutain" se situe au milieu des bois d'une parcelle agricole de la réserve naturelle Goois (au Sud-Est d'Amsterdam). Elle est une des premières réalisations du studio de design Denieuwegeneratie créé en 2008 à Amsterdam. Ils ont également en projet une maison-dune, recouverte par une simple ondulation du terrain. http://www.denieuwegeneratie.nu Ci-dessous et en bas de page 5.

CENTRE CULTUREL APELDOORN

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De St@art (The T@il, la queue !) abrite le nouveau bureau et le centre éducatif de la Fondation Apenheul à Apeldoorn près du parc Berg en Bos. Les architectes néerlandais RAU lui ont donné l'aspect d'un gigantesque squelette de bois de 150m, structuré par 29 fermes de mélèze, la plus grande atteignant 30m de portée. Un

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RÉALISATIONS

SUISSE CENTRE NAUTIQUE à LUCERNE Au bord du lac, ce hangar à bateaux conçu par GKS Architektes et Partner AG Architecture apparaît comme un long ruban en structure bois couvert d'un toit végétalisé, en continuité d'un talus tout proche. Les façades translucides laisent deviner la structure en bois massif. Ci-dessus. inhabitat.com

chacun des 27 étages. A l'instar de la "Tower Flower" d'Edouard François dans le 17e arrondissement de Paris, mais les bambous sont ici remplacés par arbrs et arbustes : frênes, chênes, lilas, millepertuis...

MUSEE ENZO FERRARI à MODENE Ouvert en mars 2012, ce hall de 5000m2 est conçu par Jan Kaplicky (de Future Systems, décédé en 2009) et achevé par son ancien élève et associé, le Milanais Andrea Morgante. Une grande verrière met en valeur la maison natale du Commendatore Enzo (1898), au coeur du centre historique de Modène et à proximité de l'usine Maserati. www.museocasaenzoferrari.it

I TA L I E IMMEUBLES-FORÊT MILAN

à

L'architecte milanais Stefano Boeri multiplie depuis une dizaine d'année articles et essais sur l'"anti-cité". Plusieurs projets sont imaginés mêlant agriculture péri-urbaine et nature en ville. Un de ces projets voit le jour : c'est "Bosco Verticale" où au centre de Milan deux tours de 76m abriteront 900 arbres sur les balcons de

AUDITORIUM à RAVELLO

Ci-dessous, illustration de l'ambition stefanobeoeri.net et boeristudio.it

Pendant dix ans le projet d'Oscar Niemeyer en forme de mandoline a été discuté, entre partisans et détracteurs. Il a été inauguré en janvier 2010 ! Le bâtiment épouse la pente de la côte d'Amalfi, donnant l'inclinaison des gradins, tandis que la scène et le foyer penchent dans le vide tout en offrant le paysage environnant grâce au généreux vitrage de l'entrée et au hublot-oeil situé derrière l'orchestre. photos Umberto Galluci www.auditoriumoscarniemeyer.it

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RÉALISATIONS

FRANCE CHAIS à St-EMILION (33) Le chai du château Cheval-Blanc a été livré en juin 2011 par Christian de Portzamparc. L'architecte décrit : «Le chai semble d'abord flotter en douceur sur les vignes, dans un mouvement de voiles de béton incurvés qui semble partir de la terre pour devenir colline. En montant, nous découvrons soudain la douceur, l'ampleur du paysage millénaire de ces lignes tracées par l'homme. »

MUSEE JEAN COCTEAU à MENTON (06) Depuis novembre 2011 un édifice de 2700m2 au pied de la vieille ville abrite une collection d'oeuvres de Jean Cocteau léguées à la ville en 2005 et des expos tempraires. Rudy Ricciotti a transcrit en volume l'univers graphique de l'artiste protéiforme, avec des fentes oniriques fissurant la masse tout en lui donnant de près une robustesse éléphantesque.

Le bâtiment a été construit au même prix qu'un bâtiment classique, 2 100 €/m2, grâce notamment aux grands panneaux préfabriqués et au gain de temps sur le chantier. La conception est due aux architectes Tryptique, Bidar & Raissi, la réalisation à DY Architectes. Ci-dessous :

CONCESSION à AYTRE (17) Surfant sur l'image acquise grâce à son modèle Prius hybride, Toyota multiplie les actions, comme ce lancement en 2008 d'un programme de "concessions vertes". La première, lancée à grand renfort de pub un an avant (visuel en 3D, etc.), est inaugurée en juin 2010 à Aytré, près de La Rochelle, dans la ZAC Belle Aire. Formes courbes, structure bois, toiture verte, panneaux solaires pour chauffage et photovoltaïques pour l'électricité, matériaux recyclés provenant de bâtiments existants, récupération des eaux pluviales, puits canadien... la panoplie est complète !

MAISON à CASSIS (13) Thomas Vielliard et Gianni Fasciani ont leur agence à Marseille, une antenne à Lyon et sont spécialisés dans les maisons contemporaines de haut de gamme, caractérisées "par la douceur des bruts, les ouvertures panoramiques, les ombres modulées et la mise en valeur d'un site". Cette maison construite en 2011 sur les hauteurs de Cassis en est l'illustration, composant au mieux avec la pente : www.vf-houses.com Ci-contre à dr.

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GROUPE SCOLAIRE à LIMEIL-BREVANNES (94)

IMMEUBLE en BOIS à COURBEVOIE (92) PhénomèneE+ est un immeuble en bois de 12.000m2 sur 5 niveaux, futur siège de l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) en septembre 2012 (15-19 rue des Minimes). Il associe une structure bois à colombage, 130 éléments de façade et dalles de planchers bois préfabriqués en usine et de grandes baies vitrées. Le béton se limite aux poteaux, aux fondations et aux cages d'escaliers et d'ascenseurs. On le retrouve pour améliorer l'acoustique des planchers : ceux-ci sont un peu paradoxaux, portés par le bois mais recouverts d'une couche de 12 cm... de béton, bon isolant phonique.

Premier équipement du nouveau quartier des "temps durables", le groupe scolaire Jean-Louis Marquèze était en 2007 (date de son achèvement) la première école "zéro énergie" de France. Réalisée par l'agence Lipa & Serge Goldstein elle comporte 5 classes de maternelle et 7 classes élémentaires dont la cour en toiture.

Elle était analysée 2 ans plus tard en mai 2009 par Ekopolis (union régionale des CAUE) : la cour de l'école élémentaire sur le toit, même si elle


COUR COUVERTE au LOUVRE à PARIS (1er) Vingt ans après la création de la pyramide, les nouvelles salles du département des Arts de l'Islam représentent le plus important projet d’aménagement muséographique du musée, débuté en 2008. Les salles doivent ouvrir en juin 2012. La cour Visconti (côté Seine) est ainsi mise à contribution : les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini ont su trouver un subtil et élégant équilibre entre le néoclassicisme de la cour du XVIIe siècle et l’évocation des Arts de l’Islam à travers une verrière ondulante, laissant passer discrètement la lumière du jour dans les espaces d’exposition. Ce nuage de verre et d'acier soutenu par huit piliers métalliques prolonge l’aplomb des façades existantes de la cour Visconti pour créer deux niveaux souterrain (un niveau technique et un niveau où se déploieront les espaces muséographiques). La cour a été excavée à 12m de profondeur !

RÉALISATIONS

préoccupait la mairie au début, fonctionne finalement bien ! Elle a pris place en hauteur pour respecter l'objectif de conserver 40% de la parcelle en pleine terre. En revanche la forte isolation du bâtiment entraîne le gel des dalles de terrasse : trop chaudes, elles se recouvrent de glace en hiver et la cour a du être habillée d'un gazon synthétique pour permettre une utilisation par tous temps. Ekopolis, retour d'expérience.

PALAIS de TOKYO à PARIS (16e)

JARDIN SUSPENDU PARIS (20e)

L'aile ouest du Palais de Tokyo (construit en 1937 pour l'Exposition universelle abritait depuis 2002 le Site de création contemporaine sur 7700m2, réhabilités par Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. En avril 2012 vient d'être inaugurée l'extension (X 3 !) de cette surface aux 22.000m2 disponibles ! Par les mêmes architectes, dans le même esprit "minimaliste" que dix ans auparavant, béton brut, structures apparentes, faisant tomber des cloisons, des sous-plafonds, et remettant en valeur les verrières occultées. Les nouveaux espaces sont un labyrinthe dans une coque creuse, s'ouvrant à la fois à contre-pente sur les "fossés" du Palais, latéralement sur les bassins et frontalement en prévoyant pour bientôt l'installation d'un nouveau restaurant sur les quais de Seine. Ci-dessus, photo au grand angle.

Au-dessus du gymnase des Vignolles (91 rue des Haies), ce jardin de 600m2 est à la fois un jardin partagé et un jardin d’insertion : une première à Paris ! Conçu et aménagé par la ville et géré par l’association La Fayette Accueil qui travaille depuis 1978 sur les questions sociales et d’insertion (femmes en difficultés, hébergement et réinsertion sociale, prise en charge de familles monoparentales en difficulté…). Il a été inauguré l'été 2009, est ouvert à tous les habitants et chacun peut contribuer à ses évolutions. L'îlot correspond à une opération de renouvelement urbain avec 47 logements, réalisée en 2008 par TOA architectes associés.

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entrées et sorties des marées dans cette zone, et comme durable, avec toit vert pour éviter le ruissellement des eaux pluviales et assurer un refroidissement naturel.

PROJETS

FAUSSES COLLINES à BEIHAI

CHINE FORÊT URBAINE CHONGQING

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Basant son discours sur la densité urbaine nécessaire, Ma Yansong adepte des formes courbes (il a travaillé un moment dans l'agence de Zaha Hadid et fondé MAD en 2004) présentait son travail le 12 mars au Pavillon de l'Arsenal, dont les Absolute Towers (cf ce bull p.2). Cette réalisation à l'architecture très minérale mais au volume vrillé, sculpté par le mode d'empilage des étages, renvoyait à d'autres projets plus utopiques comme cette "forêt urbaine" rappelant la construction en cours à Milan (cf ce bull p4). Sous forme d'une tour de 385m de haut, ce projet présenté en 2009 était destiné à Chongqing, devenue depuis 1997 la 4e ville chinoise : ses 216.000m2 (sur une parcelle de 7700m2) abriteraient hôtels, activités commerciales et culturelles.

Autre projet, mais en cours de réalisation depuis 2 ans, ces "fausses collines" (Fake Hills") à Beihai, une ville littorale de 1,5 millions d’habitants au sud de la région du Guangxi.

MUSEE de l'IMAGE & du SON à RIO de JANEIRO

Ces "fausses" collines hors d'échelle risquent de devenir un "vrai mur" rectiligne de 800m en front de mer rappelant (peut-être en pire !) l'opération "Marina Baie des Anges" vers Antibes (photo ci-dessous).

C O R E E CENTRE d'ACCUEIL SUNCHEAN BAY

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A l'extrême Sud de la Corée (au Sud de Gwangju), la baie de Sunchean est une zone humide de 3500 ha, abritant plus de 25 types d'espèces menacées. A proximité, un village traditionnel ("folk", reconstruit ?) à toits de roseaux, Nagaane up Seong. Un Centre d'accueil de la zone humide préservée devrait être construit par Gansam Architects G. Lab. Il est annoncé comme inspiré des

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BRESIL Ce futur musée (MIS, Museu da Imagem e do Som) fait partie des équipements chargés de valoriser l'image de Rio et son site est à l'emplacement d'une des attractions du tourisme sexuel à Copacabana, démolie en 2010. Mais le chantier n'a toujours pas dépassé les palissades ! Le projet retenu en 2009 est celui des New-yorkais Elizabeth Diller et Ricardo Scofidio, devant Libeskind ou Shigeru Ban : on y retrouve l'idée du pliage et de la rampe présent dans leur projet pour le Eyebeam Institute of Technology de New York. Le bâtiment offre de multiples angles de vues sur la plage mythique et devient une extension de l’avenue Atlantica, prolongée verticalement dans une façade ludique laissant voir –et accéder à - l’intérieur du musée. Les espaces accompagnant ce « boulevard vertical » sont des galeries, des espaces pédagogiques et récréatifs, de loisirs. Ce projet est censé faire revenir toute une communauté de créatifs, d’artistes.


CENTRE de RECHERCHE près de BELO HORIZONTE A quelques 50 km à l’ouest de Belo Horizonte, à Brumadinho dans le cadre du Centre d’Art contemporain Inhotim (cf ce bull page 52), ce Centre pour la recherche environnementale est dû à un partenariat inédit entre ce Centre d’Art et Ferrous do Brasil, entreprise brésilenne d’exploitation du minerai de fer qui ambitionne de se placer prochainement dans les cinq plus grandes sociétés minières mondiales. Consacré aux travaux sur le respect de l’environnement, ce centre conçu par l’architecte de Sao Paulo Zanettini Siegbert est un espace interdisciplinaire pour des études et des cours sur la gestion de l'environnement, comprenant la recherche sur les sols, le climat, la botanique, la zoologie, les mécanismes de développement propre et de géotraitement. Il abritera 12 laboratoires, 5 salles de classe, des salles de botanique, des serres, une bibliothèque et un centre de réalité virtuelle.

Q ATA R MUSEE NATIONAL à DOHA L’établissement qui devrait être réalisé d’ici 2013 sera construit autour d’une structure historique déjà existante, le palais Fariq Al Salatah qui servait de musée du patrimoine depuis 1975 (photo ci-contre à droite). Il est conçu par Jean Nouvel, pour qui la référence aux roses des sables que l’on trouve dans le désert est le moyen de symboliser l’alliance de la mer et du désert. Les disques sont des dalles en béton armé qui peuvent faire office à la fois de toiture et de murs. Des façades vitrées combleront les vides

entre les disques, de quoi alimenter le bâtiment en lumière naturelle. Le musée sera composé d’une grande galerie de 8000 m² consacrée aux expositions permanentes, d’une galerie annexe de 2000 m² réservée aux expositions temporaires, d’un auditorium de 220 places, d’une salle de séminaire, d’un studio de télévision, de cafés, d’un restaurant et d’une boutique. Le musée sera également doté d’un centre de recherche sur le patrimoine, de laboratoires de restauration d’œuvres.

Les salles proposeront un discours autour de thèmes majeurs liés entre eux comme l’histoire naturelle – faune et flore – de la péninsule arabe, l’histoire sociale et culturelle du Qatar avec ses traditions et ses valeurs et un autre pôle qui explorera l’histoire du Qatar en tant que nation du XVIIIe siècle à nos jours.

I TA L I E

S T E J O R P

porain (avec Patrik Schumacher). Le jury du concours, présidé par l’architecte italien Stefano Boeri (cf ce bull page 5, les immeubles-forêt), a salué «l’extraordinaire sensibilité contextuelle du nouvel organisme architectural qui (...) favorise, recoud et reconfigure un pan entier du front de mer du quartier Sant’Elia». Est-ce le nombre de projets portés par la région, mais le chantier ne semble toujours pas avoir vu le jour !

FRANCE MAISON FANTÔME à DELME (57) Commande publique de 2010 pour un centre d'art contemporain, La Synagogue de Delme, Gue(Ho)st House est une oeuvre des plasticiens Christophe Berdaguer & Marie Pejus,

MUSEE d'ART et d'ARCHEOLOGIE à CAGLIARI (SARDAIGNE) Après la rose des sables précédemment (à Doha), ce sont ici les concrétions coralliennes qui sont évoquées par Zaha Hadid, lauréate de ce concours en 2006 pour le musée "Betile" d’arts nuragique et contemAR’SITE n°42 juillet 2012

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VILLAGE-NATURE près de EURO-DISNEY (77)

MAISONS ABCD+ à TARARE (69)

par ailleurs créateurs d'architectures fantômes (ci-contre en haut). La réalisation est en chantier, dans le cadre de la réhabilitation d'un bâtiment communal pour créer de nouveaux espaces d’accueil pour le public et les artistes. A l’arrière du Centre d’Art, ils proposent une sculpture à l’échelle d’un bâtiment existant, qui fut successivement une prison, puis une chambre funéraire. Le nouveau bâtiment sera non seulement une maison d’invité (guest), d’hôte (host) mais aussi de fantôme (ghost), ces trois éléments donnant tout son sens à l’intitulé « Gue(ho)st House ». Les maisons ne sont pas uniquement des endroits personnels, elles ont un passé. Si le lieu rappelle aux Delmois sa dernière utilisation, à savoir une chambre funéraire, les artistes et l’équipe du centre d’art contemporain veulent insister sur tous les événements positifs qui s’y sont également déroulés, comme son passé de collège. http://www.cbmp.fr/gueost-house http://www.laplumeculturelle.com

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Accessible, Belle, Citoyenne, Duplicable et Positive ! Cinq adjectifs qui qualifient la dernière née du constructeur de maisons individuelles Cécile Robin (situé à Tarare), qui vient de recevoir la médaille d’Or aux Challenges 2012 de l’Union des Maisons Françaises dans la catégorie "Défi urbanistique". Il y a quelques années, l’entrepreneur et son épouse Cécile ont l’idée d’un concept de maison de ville en bois avec un patio central. Quelque temps plus tard, une rencontre avec le cimentier Lafarge fait basculer le projet vers une maison en bloc béton de pierre ponce. De là est née la maison ABCD+, une solution économique (1.370 €/m2), esthétique (architecte Dominique Allaire) et confortable, avec une faible emprise au sol - qui offre la possibilité, en milieu urbain, de disposer quatre maisons, leurs voies de circulation et un espace ludique pour les enfants sur un terrain de 1.300 m2, en général dévolu à deux maisons ! Les toitures sont végétalisées pour réduire la chaleur des îlots urbains. Un prototype est prévu avec un chantier de six mois, de janvier à juin 2012 à Roanne (42). D’ores et déjà, la commune de Tarare a été convaincue par le projet et met tout en œuvre pour le voir se réaliser en milieu urbain dans les mois qui viennent.

Village nature est créé par un partenariat entre le groupe Euro Disney et l’enseigne de loisirs Pierre & Vacances, approuvé par la Région et le département fin 2010. Les enquêtes relatives à l'utilité publique ont eu lieu début 2012. Non loin du célèbre parc Disneyland Paris, à 6km au Sud-Est précisément, Villages nature s’étendra sur environ 260 hectares avec la construction de 2300 unités d'hébergement d’ici à 2016, d’un parc aquatique et d’un lagon géothermique. Le parc aquatique (conçu par Jacques Ferrier, sur concours) est illustré par une pyramide parcourable, sans doute la partie couverte du parc chauffée toute l’année de manière naturelle en utilisant une nappe d'eau à 1800m sous terre. ! (ci-contre, en haut de page 11) Pour traduire ce concept, l’équipe artistique (Walt Disney Imagineering à Glendale en Californie, Joe Rohde -ancien de Disney’s Animal Kingdomet le paysagiste urbaniste français Thierry Huau, qui a notamment travaillé activement sur la conception de Terra Botanica à Angers, un parc dédié au monde du végétal) s’est inspirée notamment des mouvements culturels en architecture et en décoration qui magnifient la nature : Arts & Crafts, Art Nouveau, F.L. Wright, F. Hundertwasser. Une nature qui serait présente à la fois dans les activités ludiques - grâce aux atouts du site, parmi lesquels la nappe géothermique sous-jacente et des massifs forestiers totalement préservés - et dans l’architecture des bâtiments et ses jardins suspendus (Jean de Gastines et Patriarche & Co architectes). Des maquettes ont été réalisées fin 2010, avec des arbres de 8 à 10m de haut sur les premiers étages (ci-dessous). http://www.newsparcs.com


S T E J O R P

STATIONS de METRO du GRAND PARIS Une grande simplicité dans cette illustration de LIN Finn Geipel & Giulia Andi : la trémie est le point de convergence de différents systèmes de transport, favorisant la multimodalité, les offres alternatives, etc. Prévu entre 2017-2019 à Aubervilliers (ligne 12) et Montrouge et Bagneux (ligne 4). Parllèlement une consultation était lancée pour les futures staions du métro du Grand-Paris.

élevé a imposé un nouvel appel d'offre. Le nouveau partenariat PublicPrivé avec le groupement d'entreprises Chrysalis est passé pour 25 ans, et s'appuie sur les architectes Jacqueline Osty, Bernard Tschumi et Bernard Hemery. Quatre éléments phares marqueront l'espace : 1. Le Grand Rocher emblématique (65 m de haut, 354 marches), entièrement restauré en 1997, va continuer à perpétuer la mémoire du lieu.

ZOO de VINCENNES (12e) D'importantes démolitions marquent depuis décembre 2011 la volonté de reprendre en profondeur ce parc ouvert en 1934 puis fermé une première fois en 1981. Des travaux de réfection de l'intégralité des faux rochers avaient été entrepris en 199597 (cf bull n°8 p.14-15). Il fut néanmoins fermé une seconde fois en 2008. Un partenariat Public-Privé est recherché pour la conception et gestion du nouveau parc zoologique. "Dans les années 1930, on présentait une collection d’animaux dans un décor uniforme. Le principe du zoo du XXIe siècle, c’est l’immersion du visiteur dans des biozones" Ainsi 6 "biozones" seront réalisées : Patagonie, Sahel-Soudan, Europe, Guyane-Amazonie et Madagascar. Le parc d’une superficie de 15 hectares sera entièrement réaménagé pour rendre la promenade la plus convaincante possible. Des serres géantes et volières d’en moyenne 3000 m² seront installées. Un circuit principal de près de 4 km conduit à la découverte des biozones. Des sentiers secondaires offrent une diversité de parcours complémentaires. Différents parcours sont proposés : un parcours biodiversité, un parcours enfant, un parcours ludo-sensoriel (manipulations, jeux..), un parcours “coulisses du zoo” (clinique vétérinaire, giraferie…). Le projet des cabinet d'architectes Beckmann-N'Thépé, TN+ (Jean Christophe Nani et Aldric Beckmann) et d'une scénographe avait été choisi en décembre 2005, mais son coût trop

Baptisé Bercy Arena 2015, le Palais Omnisport, inchangé depuis 1984, conservera, dans un premier temps, sa forme générale, « tout en améliorant son intégration dans le quartier. » Ses grandes marches seront supprimées et feront place à un hall d’accueil de 2 500 m2, comprenant des espaces « services », des bars et restaurants ainsi que des espaces partenaires ouverts tous les jours. Par ailleurs, quelque 4 000 m2 de salons seront créés ainsi que 52 loges, permettant d’organiser séminaires d’entreprises ou conventions. (en bas de page) Architectes DVVD (Danil Vaniche, Vincent Dominguez et Bertrand Potel)

RENOVATION des BERGES de SEINE (6e et 7e)

2. Une Grande Volière dans la continuité du Grand Rocher, qui sera accrochée (plus de 2 000 m2) et habitée par des oiseaux en vol libre 3. Une Grande Serre pour recréer les conditions tropicales humides, voûte de verre, très épurée, de 100 m de long et de 40 m de large, occupera l’emplacement de l’ancien Rocher des Singes. 4. Des vivariums au sein des biozones permettront de présenter des espèces très variées de reptiles, d’amphibiens et d’invertébrés La réouverture est prévue pour 2014.

Dans le cadre de la "reconquête de la Seine", la piétonnisation des "voies sur berges est programmée. Les 2,5km de la rive gauche entre le pont Royal et celui de l'Alma devaient être mis en chantier début mars 2012, mais ont été reportés au printemps 2013.

RENOVATION du PALAIS OMNISPORT de PARIS BERCY (11e)

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CHAUME à ECOBAT Actualité du Salon Ecobat (7-9 mars 2012 à Paris) «rendez-vous du bâtiment durable», dont plusieurs stands concernaient les matériaux : gros œuvre, isolants, bois, etc… L’un d’eux était celui d’un artisan chaumier de la Loire-Atlantique, Thierry Renard (à La Chapelle des marais, au cœur de la Brière). Le chaume est un matériau végétal, mais végétal mort par opposition aux «toitures plantées », végétal vivant. Passionné par son métier, il dispose d’un module d’initiation qu’il utilise à l’occasion de stages ou de salons pour présenter et initier aux procédés spécifiques de pose ou de rénovation. Il vient également d’éditer un ouvrage, « Le Chaume », qui détaille la complexité du métier, dévoilant simultanément la beauté des paysages de la Brière et des chaumières. www.toiture-chaume.com

Il s’appuie enfin sur Chaume Sans Frontière (1 allée des Erables, 94410 Saint-Maurice, 01 75 37 59 60 et 06 72 64 76 91), un groupement d'entreprises françaises et européennes spécialisées dans la mise en œuvre du chaume et qui ont décidé de mettre en commun leurs compétences, leurs ressources humaines et leurs expériences pour répondre à la demande croissante de matériaux naturels et sains, de délais d'intervention rapides, de projets constructifs innovants et de solutions écologiques alternatives à la conception de maisons basse consommation. Sa présence au salon s’explique aussi par la volonté de faire connaître les

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Ci dessus, une pose traditionnelle du chaume et une interprétation contemporaine aux Pays-Bas.

progrès réalisés dans le domaine de la sécurité incendie : l’ignifugation est proposée par un traitement des roseaux par pulvérisation et par une immersion des bottes entière, assurée dans son atelier de La Chapelle des marais (en collaboration avec Protecflam). Cette question intéresse des chaumiers jusqu’en Afrique au Sénégal ! Aujourd’hui, le savoir-faire est une extension de la formation de couvreur ou s’apprend dans des contextes alternatifs. L’Association nationale des couvreurs chaumiers http://www.chaumiers.com a mis en place une formation spécifique afin de répondre aux difficultés de recrutement et pallier l’absence de formation qualifiante en chaume. L’Institut National des Métiers d’Art décrit ainsi l’art du chaumier : il réalise des toits en chaume, de paille de seigle ou de blé, voire de roseau, –dans les régions où les marais sont nombreux. Après le battage au fléau, il débarrasse la paille des herbes de pied, la lie en bottes, la sèche et en assure la pose On recense actuellement en France une centaine de chaumiers salariés et 75 entreprises artisanales inscrites au répertoire des métiers. D’autres formations, sous forme de stages, peuvent être liées à des organismes cherchant des alternatives tant dans le domaine de la culture (OGM, etc.) que de la construction. Un projet comme celui de Sens et Autonomie dans les Hautes Alpes est porteur d’une réflexion qui a permis la création de l’Oseraie du Possible, ferme située à Eourres, un petit village isolé des Hautes-Alpes, à 1000 mètres d’altitude, à 70km de Gap, à la frontière du département de la Drôme et de celui des Alpes de Haute-Provence. Cette association organise des chantiers-école entre les chantiers participatifs (puisqu’ils sont gratuits et qu’ils aident à avancer dans les constructions qui serviront à l’Asso-

ciation) et les stages. Du lundi 13 au 18 février et du 1er au 10 mars 2012 était justement organisé un chantier-école autour de l’utilisation du chaume sur une toiture de maison terre-paille auto-construite : cueillette et pose des roseaux. L’intervenant était Michel Philippo, de l’association Liens, Enseignements, Sens et Autonomie. http://sensetautonomie.wordpress. com/les-chantiers-ecole-chaume-terre-paille/ Contemporain : de la chaumière à la sculpture végétale Au-delà des « chaumières » façon contes de fées, plusieurs initiatives contemporaines ont vu le jour, que ce soit pour créer aujourd’hui à partir de ce savoir-faire ou simplement pour préserver le patrimoine. Dans le premier cas, on peut citer l’exemple de l’association précédente, les réalisations de Thierry Renard pour un parc d’attraction au Puy du Fou ou un équipement public en Bretagne, mais aussi il y a plus longtemps les recherches de PierreLajus, qui avait réalisé dans le Sud-Ouest des paillotes couvertes en brandes tressées à base de bruyère, s’inspirant de techniques utilisées en Guinée (cf bull n°33 p.15). Autre exemple, les zomes recouverts de chaume (cf bull n°36 p.65 et http://www.toitenchaume-constructionpaille.com). Sur le site de Chaume sans frontières, plusieurs réalisations contemporaines aux Pays-Bas ou en Pologne : (photo ci-dessus) La durabilité de ces toitures est relativement proportionnelle à l’évacuation de l’eau stagnante : hors la qualité du travail, une toiture relativement pentue peut résister près de 50 ans, contre environ 20 ans pour de faibles pentes. S’attachant à valoriser le patrimoine bâti et notamment les chaumières, certains parcs naturels régionaux ont mis en place différentes actions. Ainsi, le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande a créé


E X P O S I T I O N S Ci dessus au Japon, les reconstitutions archéologiques de Aomori et les traditionnelles "minka" encore habitées (cf texte à la fin de l'article).

la “Route des chaumières” jalonnée par une centaine de chaumières. Le Parc naturel régional du Vercors a lancé l’opération “Toit de chaume” ayant notamment pour objectifs d’encourager le caractère traditionnel du patrimoine bâti par la réalisation de toits de chaume. Il s’agit de retrouver les savoir-faire traditionnels du Vercors en les adaptant aux exigences économiques actuelles. En 2001, la chapelle de Trézannes (St-Martin-deClelles, Isère) sous le pilier Est du Mont-Aiguille, a fait l'objet de travaux de restauration d'une toiture en chaume démonstrative des couvertures traditionnelles du territoire. Le Parc naturel régional de Brière a mis en place un service de conseil architectural dédié aux propriétaires de chaumières souhaitant construire ou rénover ces bâtiments typiques. Il propose également des subventions d’aide à l’emploi du chaume. Chaume sans frontières, dans l’espace et dans le temps Les couvertures végétales connaissent une tradition multiséculaire. On les trouve partout en Europe, notamment en France (Bretagne, Normandie, Camargue, Auvergne et Dauphiné), en Grande-Bretagne, Allemagne, Hollande, dans les pays scandinaves et pratiquement dans toute l'Europe de l'Est (Hongrie, Pologne, Roumanie, Serbie et Croatie). Matériau universel, le chaume a été mis en œuvre sous tous les climats, dans toutes les régions du monde, autour de la Méditerranée, en Afrique (notamment en Afrique du Sud), en Asie, Chine, Corée et Japon (emploi de paille de riz). Au Canada, en Nouvelle Ecosse, certaines anciennes constructions à toit de chaume sont le prétexte à des expérimentations du matériau dans l’école d’architecture d’Halifax (cf bull n°23 p.15). Les toits en chaume sont néanmoins encore aujourd’hui encore symbole d’insalubrité ou prétexte à discrimination : dans la province sud du Rwanda près de 30.000 huttes en chaume avaient été détruites

par le gouvernement qui souhaitait les faire disparaître avant mai 2011. Les plus démunis (dont la plupart sont des Pygmées batwa) devaient recevoir une aide pour la construction d’une maison en tôle tandis que des maisons seront entièrement construites pour les malades et les personnes âgées. Mais de nombreuses familles dont les maisons ont été détruites n’ont rien obtenu en échange et des milliers de familles s’étaient retrouvées sans abri, suscitant les protestations d’associations comme Survival International : les Batwa sont en effet les plus marginalisés de la société rwandaise ; victimes d’un racisme tenace et sont les plus affectés par ce programme.

tours fortifiées (talayots – cf bull n°19 p.23). Plus proche de nous, le «Village de l’an 1000» à Melrand (Morbihan) qui fait également appel aux constructions de chaume (cf bull n°22 p.42-43). Les éco-musées proposent la reconstitution de modes de vie de générations précédentes à partir de bâtiments, d’objets et de témoignages collectés. En Vendée, le Musée de la bourrine du Bois Juquaud, à Saint-Hilaire-deRiez, montre le quotidien des maraîchins au début du XXe siècle. http:// www.sainthilairederiez.fr/ Ci-dessous Construite en 1818, la bourrine avait été occupée jusqu’en 1967.

Trois grands imaginaires sont fréquemment rencontrés dans les constructions de chaume récentes : les origines (archéologie lointaine), les générations précédentes (écomusées) ou l’exotisme (lié au tourisme). L’archéologie la plus lointaine est sans doute celle rencontrée au nord du Japon à Aomori où un site majeur a été découvert lors de la construction d’un stade ; il a donné lieu à une reconstitution hypothétique d’un village de l’époque Jomon, période néolithique de peuples chasseurs et cueilleurs, environ 3000 ans avant notre ère. Certaines des maisons sont à demi-enterrées, d’autres de simples « huttes » (photos en haut de page) et d’autres encore de véritables halls communs construits avec des troncs de châtaigniers provenant probablement de Russie, ce qui montre la mobilité des populations et des biens dès cette époque. Des illustrations de de villages d’avant notre ère dans les îles Baléares mêlent maisons simples à toits de chaume et enceintes et

Dans le Massif Central, au pied du massif du Mézenc, le village de Moudeyres présente une architecture étonnante avec ses maisons aux toits de chaumes et en grosses pierres volcaniques sombres. Le chaume est élaboré à partir de pailles de seigle battues au fléau. Ce type d'habitat était tout à fait adapté à la vie rurale en moyenne montagne. Depuis une vingtaine d'années, une de ces chaumières, la ferme des Frères Perrel a

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été restaurée et réaménagée en musée d'arts et de traditions populaires. Ar’site évoquait également il y a quelques années des réalisations en Haute-Loire (bull n°9 p.30) ou dans le Parc du Livradois-Forez, comme le musée paysan du Coq Noir couvert en paille de seigle (bull n°10 p.50). En Camargue, les cabanes camarguaises classiques sont aussi revêtues de végétal : http://www.pierreseche. com/cabanes_classiques.htm Plus court que les bottes de chaume qui constituent une couverture homogène, ce sont plusieurs rangées de rangées de javelles (ou manons) de roseau des marais (ou sagne) qui protègent les toitures. Héritières des premières cabanes d'habitation apparues au XVIe siècle en Camargue et apparentées aux cabanes de roseaux qui parsemaient au XIXe siècle le littoral languedocien et roussillonnais, les cabanes de gardians étaient construites à l’aide des matériaux végétaux disponibles localement, et ce uniquement pour des raisons de coût. Il n'existe plus aujourd'hui d'anciennes cabanes de gardians en dehors de celle qui a été remontée au Musée Arlaten à Arles (Bouches-duRhône).

La résistance à des conditions climatiques venteuses donne souvent des formes caractéristiques aux constructions : des cabanes camarguaises avec leurs pignons arrondis tournant le dos au Mistral aux maisons d’agriculteurs de l’île de Madère (à Sao Vicente), les Palheiros au toit de chaume qui arrive presque à terre pour mieux résister au vent. C’est le cas des Pallozas de Galice (cf bull n°29 p.56-57) ou des habitats ruraux portugais à toits faiblement pentus mais avec différents systèmes de maintien des couvertures végétales (cf bull n°10 p.50). En Afrique, l’habitat traditionnel utilise souvent des toits en chaume. Un exemple sur les contreforts du Fouta Djalon, aux confins du Sénégal oriental et de la Guinée, où vivent les Bassari, un des peuples les plus mys-

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térieux d’Afrique de l’Ouest. A l’image de leur totem, le caméléon, les Bassari ont appris l’art de la dissimulation. (ci-dessus) De minuscules cases aux épais murs de rocs sombres (latérite) coiffés d’un toit de chaume pointu s’éparpillent sous les grands arbres. Ethiolo, Oubadji, Ebarakh, Sibikiling…, hameaux invisibles qui se fondent dans le paysage. Mimétisme des villages, discrétion des hommes refusant toute assimilation. http://www.participez.com/contenu/ reportage/senegal-les-bassari-filsdu-cameleon Le chaume est encore d'actualité au Sénégal dans des constructions contemporaines qui ont compris l’importance de ne plus déboiser pour lutter contre la désertification du Sahel : c’est le cas de ce jardin d’enfant de Saal (près de Tambacounda) dont la vieille charpente en "ronier" (palmier) d'une des deux classes a été remplacée par une structure métallique et les villageois ont eux-mêmes construit le toit en chaume traditionnel. http://www. racinesdenfance.org/projet.php?statu t=2&id=20#!prettyPhoto[projet]/2/ (ci-dessous)

Le tourisme est enfin le prétexte à de nombreuses constructions contemporaines utilisant la référence aux « paillotes », tant pour reprendre des savoir-faire traditionnels que pour évoquer au mieux l’exotisme et renforcer le dépaysement. En témoignent au Sénégal différentes résidences secondaires (cf bull n°25 p.19 ou n°24 p.30) ou l’hôtel Cap SaintLouis constitué de 35 bungalows au toit de chaume, construits sur la «Langue de Barbarie ».

La démarche se retrouve tant en Afrique du Sud, à l’intérieur des terres, (cf bull n°40 p.62) que dans les atolls du Pacifique où se multiplient les abris chics en chaume… Le Méridien Bora-Bora à l’archipel de la Société en Polynésie dispose de bungalows sur la plage ou d’autres sur pilotis au dessus de l’eau, le Club Coco Palm aux Maldives, au sud de l’Inde propose 100 luxueuses villas individuelles au toit de chaume dans l’atoll de Molé sur l’île privée de Bodu Hithi. En Océanie, l’usage est également traditionnel, des toits de roseaux des maisons perchées en Nouvelle-Guinée (cf bull n°15 p.57) aux bardeaux en cogon (grandes herbes courantes, utilisée en toiture aux Philippines -photo ci-dessus) – avec des recherches de renouveau des techniques (cf bull n°29 p.63). Les constructions traditionnelles peuvent « inspirer » les nouvelles, mais peuvent aussi être restaurées pour être sauvegardées et proposer des hébergements touristiques : c’est le cas des « minka » japonaises, traditionnellement construite avec des matériaux simples comme le bambou, la terre, et la paille. Ces maisons en toit de chaume étaient idéalement adaptées à leur environnement et aux conditions climatiques selon leur région. Construites en matériaux locaux quasiment exclusivement d'origine végétale, parfois complétés d’argile, elles étaient réalisées sans clous (photos page précédente).

HUNDERTWASSER à MARSEILLE Une rétrospective Hundertwasser à la Vielle Charité et également dans d'autres lieux du centre ville, du 27 avril au 9 septembre 2012. L'objectif est de redynamiser le centre ville de Marseille à travers la philosophie de l'artiste : ainsi l'exposition Viens! à Marseille élargit la simple "Grande Expo Hundertwasser" à une véritable animation du quartier Belsunce. D'un côté l'intervention des habitantes elles-mêmes sur 600 fenêtres


Le catalogue – publié à l’occasion de la Grande Expo Hundertwasser, Viens à Marseille Jnf Productions – a été conçu dans l’esprit des livres édités par Hundertwasser de son vivant, au plus près de ce qu’il aurait souhaité (guidés en cela par la Fondation Hundertwasser) : de format réduit, il reprend d’ailleurs en moins épais, celui d’une exposition de 1975 au Musée d’Art moderne de la ville de Paris. L'ouvrage est à double entrée, et présente d’un côté les œuvres réunies dans l’exposition, de l’autre une présentation de son travail sur l’architecture en mettant en parallèle maquettes et réalisations. Ci-contre : Le texte de cette partie est une adaptation de celui déjà écrit en 2001 par Ar'site lors de l'exposition «Hommage à Hundertwasser, 1928-2000» à Alençon. Dans un des articles d'introduction, celui de Robert Fleck (Centre national d'Art à Bonn) intitulé L'Art, l'Etrehumain et la Nature, met l'accent sur l'incompréhension de cette oeuvre d'architecte, ni par le milieu des architectes, ni par les peintres, pas davantage en Autriche qu'à l'étranger. En revanche, l'architecture d'Hundertwasser,

connue depuis le début des années 80 constitue la partie de son oeuvre qui a le plus marqué le grand public, au-delà des visiteurs de musées traditionnels. (...) En s'opposant violemment aux deux générations d'architectes en présence, aux modernistes de l'après-guerre et aux postmodernistes des trentes dernières années, Hundertwasser devenait probablement l'artiste-architecte le plus décrié de cette époque récente (...) Les 20 dernières années de la vie de l'artiste furent marquées par son oeuvre architecturale, qui reste l'exemple d'une "architecture autre", utopique, construite pour réunir l'être humain et la nature et non pour les séparer. A noter néanmoins un début de reconnaissance avec la sortie du titre Hundertwasser dans une collection catalane consacrée aux grands architectes (cf bull n°41 p.28). L'architecture devait être exposée dans plusieurs gares entre Paris et Marseille, mais s'est finalement concentrée sur la gare Saint-Charles. (photo ci-dessous Philippe Houssin)

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(seulement fleuries ou plantées ?!). Intitulée "Les Femmes à leurs fenêtres", cette opération se rapproche de l'idée d'Hundertwasser de décorer les fenêtres aussi loin que les bras des habitants pouvaient aller. Les fenêtres deviennent alors un lien entre les femmes et les autres utilisateurs du quartier. Pour une meilleure qualité de vie et pour faire changer les regards sur ce quartier de Belsunce. D'un autre côté est proposé au Centre social de quartier Baussenque d’ouvrir une boutique, située sur le parcours de la Grande Expo pour imposer une image et une offre commerciale à la fois sur le quartier et à plus grande échelle sur Marseille, afin d’utiliser les bénéfices pour financer des actions avec les familles inscrites au Centre social. Dans un second temps, la Boutique Baussenque sera pérennisée en s’adaptant à la fois aux événements culturels de la Vieille Charité et à ceux de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture.

MOBILIER URBAIN à LA DEFENSE Du 28 mars au 31 décembre 2012, les lauréats de la Biennale du mobilier urbain sont exposés à la Défense, où le public pourra les évaluer, les tester en taille réelle ! Huit prototypes ont été réalisés suite au lancement de cette Biennale en décembre 2010 par l’établissement public de gestion de la Défense, Defacto, chargé de l’entretien, de l’animation et de la promotion des espaces publics ». Certains seront peut-être amenés à être produits en série. Les modèles existants n’étaient pas «dignes du premier quartier d’affaires européen» avait jugé Patrick Devedjian, président de Defacto : l’opération est alors pilotée par JeanChristophe Choblet, scénographe et concepteur, connu pour Paris-Plage. Une démarche qui relève sans doute tant de la recherche d’un nouveau mobilier « de dalle », que de l’animation, puisque l’évènement est fait sous forme de « biennale » (ndlr).

ROCHERS des LETTRÉS CHINOIS Du 28 mars au 25 juin 2012 au Musée Guimet à Paris, une exposition regroupe entre autres une trentaine de ces pierres pluri-millénaires choisies et chéries par des générations de lettrés. Elles portent en elles les forces telluriques de l’univers, ont reçu des noms poétiques comme « racines de nuages » ou encore, « os de la terre » On dit aussi qu’elles étaient des pans de la voûte céleste tombés sur notre sol.

Ci dessus, extrait d'une page du catalogue, une de ses dernières réalisations, la Spirale Arcen-Ciel, à Valkenburg aux Pays-Bas : La maquette en 2004, et le bâtiment par Heinz M. Springmann, en 2006-2007.

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E X P O S I T I O N S C'est sur l’arrière plan philosophique, poétique et mythique chinois dont elles sont les témoins, sur « l’esprit lettré » que se centre cette exposition. Oeuvres graphiques illustrant la naissance et le développement de ce phénomène, évocation d’un studio de lettré, suggèrent que ce phénomène propre à la Chine est également universel en ce qu'il s’apparente à une quête d’absolu. Peintures de rochers et de paysages inspirés par les pierres ponctuent cet ensemble.

NATURE & CULTURE La Pluie Au musée du quai Branly, de mars à mai 2012 une exposition explore la large gamme des sentiments qui s’expriment à partir de se perception, en trois étapes : la protection, le rituel, la représentation. 1) protection : différents objets sont présentés, capes, sacs-à-dos prolongés, capuches, capuchons rigides ou

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plaques de protection, chapeau. Ils sont souvent faits de superposition de couches de fibres végétales, évoquant parfois le plumage des oiseaux. Un anorak d’enfant est lui réalisé en intestins de phoques cousus ! Le Japon, baptisé « pays de la pluie » offre de nombreux exemples de protections, du parapluie urbain en papier huilé aux simples feuilles ou au manteau dans les campagnes. Plusieurs dessins en offrent des représentations, dont certaines sont intéressantes par le rapprochement entre abri construit et plaques portables : c’est le cas de l’une des 53 stations du Tokaïdo par Utagawa Hiroshige (1840) qui était présentée lors de l’exposition « La Pluie, images, textes et musiques » montée au Musée de l’Image à Epinal de décembre 2009 à mars 2010. (photo en bas de page) 2) rituel : masques, sculptures, figurines, offrandes ou instruments de musique servent d’intermédiaires pour maîtriser la pluie, au moment des semailles ou celui des récoltes. Une intervention d’autant plus forte que la fertilité du sol est souvent associée à la fertilité humaine… En Arizona, les « poupées » katsina sont nombreuses à représenter la pluie : il y a autant de katsinam qu’il y a de forme de pluie : fine, forte, mouillante, électrique et brève, en gros flocons, en bruine, etc. 3) représentation et symboles : plusieurs phénomènes météorologiques sont associés à la pluie, comme l’arc-en-ciel, les nuages, le tonnerre et l’éclair. Ils interviennent également dans la représentation de la pluie, que ce soit dans l’univers minéral ou animal, pour l’évoquer. Pierres en forme de nuage ou noires et lisses… Bestiaire très riche : le jaguar, animal des grottes, est encore utilisé en mascara-

de au Mexique pour appeler la pluie. Mais ce sont surtout les batraciens (crapauds et grenouilles) et reptiles (serpents, dragons, tortues et crocodiles) liés à l’humidité et à la saison des pluies qui sont représentés. Au Laos, les dragons sont des créatures mythiques puissantes associées aux mondes souterrains et aquatiques ; ce sont leurs mouvements saisonniers dans les profondeurs qui déclanchent les écoulements de l’eau des rizières vers les rivières et vice-versa. On peut ainsi regretter que l’aspect des protections architecturales n’ait pas été abordé : après le rapide rapprochement fait entre abri construit et plaque portable, le lien symbolique entre les formes des toits asiatiques et des animaux représentatifs comme le dragon aurait été enrichissant. De même avec les matériaux utilisés pour les couvertures, les pentes adoptées et le traitement des évacuations (gouttières, chéneaux) pour éloigner l’eau du bâtiment ou la stocker. La réflexion mériterait d’ailleurs d’être étendue à la présence du végétal en toiture… Parmi les poésies affichées à la fin de l’exposition, « le goût de la terre » de Dany Laferrière exprime ce lien entre ciel et terre : D’où vient, quand il pleut, cette envie folle de manger de la terre ? A cause de son odeur, sûrement. Au début on ne sent rien. Puis quand la pluie commence à tomber, l’odeur monte. L’odeur de la terre…

Regards sur la Patagonie Parallèlement à l'exposition sur la Pluie, une autre exposition était consacrée à la Patagonie. Au-delà de sa géographie particulière, extrémité d’un continent s’achevant par une série d’îles - dont la plus importante, la Terre de Feu, est séparée du continent par le détroit de Magellan - la Patagonie est aussi un territoire imaginaire, recréé au fur et à mesure de voyages réels ou fictifs… L’exposition évoque l’histoire des représentations de la Patagonie, à travers l’entrecroisement des récits et des images, de la fiction et du réel. Du XVIe siècle et l’origine même du nom, à la fin du XIXe siècle et aux massacres des Indiens s’opposant à l’appropriation des terres par les chercheurs d’or. Si aujourd’hui, la Patagonie imaginaire n’est plus peuplée de géants, elle reste une terre de projection qui


Faustine Ferhmin (France-1980) revisite elle les lieux décrits dans le mythe de la « Cité des Césars », eldorado utopique patagonien dont le mythe apparaît au début du XVIe siècle. La ville de Trapalanda ou Cité des Cesars, semble avoir été identifiée en 1923 sur le mont Zeballos, à l’ouest de la province argentine de Santa Cruz ! Le Mur de César s’est avéré n’être qu’une muraille naturelle de formation volcanique (ci-dessous) :

SCULPTURES

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convoque les images photographiques de l’absence. Lors d’une résidence en Patagonie, l’artiste argentin Hugo Aveta a créé des photographies en divers lieux en utilisant une maquette de salle d’exposition à travers laquelle il réalise la prise de vue : « la perspective, le point de vue depuis cet espace vitré nous font imaginer que nous en faisons partie. La maquette posée contre la nature fait paysage, c’est la nature de l’exposition qui recrée la Nature ». Ci-dessous l'ouverture sur un glacier

Plusieurs manifestations artistiques récentes sont l'occasion de découvrir diverses interprétations du paysage :

DERNIER ABRI Au début 2012 la galerie Backslash a invité stylistes, architectes,, graphistes ou plasticiens à évoquer le thème de l'objet de consommation et son mode de production, pour une succession d'expositions intitulée Backstage (retour de stage). Parmi eux Aldéric Trével et son "Dernier Abri", 2011. ci-dessous.

PRIX RICARD FIAC 2007 Mathieu Mercier, commissaire de la manifestation précédente, était également commissaire en 2007 de l'exposition Dérive dans laquelle intervenaient une douzaine d'artistes, tous préoccupés par le rapport à l'espace et à la nature. Parmi eux :

gles, cette noirceur mate évoquent les bombardiers furtifs, faits de matériaux composites et invisibles au radar. On ne peut saisir la forme de l'ensemble, la voir dans toute sa complexité, c'est un volume trompeur et dépouillé, dans l'ombre duquel nous pouvons espérer protection et chaleur. (Lauréats 2007 du Prix Fondation d'entreprise Ricard) Ci-dessus. - Virginie Yassef avait imaginé Passe Apache, un énorme rocher, encastré dans une cloison. Mais grâce à pivots et ressorts, une pression du doigt le fait tourner, dégageant par magie le passage. Ci-dessous

- Christophe Berdaguer & Marie Pejus (cf ce bull p.9 et 10) avaient réalisé un paysage plissé, Dreamland. Dans la demi-pénombre, là où ils s'appuient au mur, on croit voir un trou, une profondeur. Au sol, une étroite cavité dans laquelle on peut se glisser, couché, et écouter les bruits de pas dans la salle voisine, comme un retour au giron maternel. Ces formes, ces an-

YAMADER A Dans le cadre d'un affichage en plein air au printemps dans la cour du Séminaire des Missions Etrangères (Paris 7e) le photographe Eric Henry exposait certaines photos de 2009. Celle de Yamadera, temple très connu de la banlieue de Yamagata au Japon (au nord de l'île de Honshu), retient l'attention, car c'est bien la montagne elle-même qui est sacrée, comme en général au Japon (Yama = montagne et Tera = temple). Une 40aine de temples bouddhistes sont accrochés au flanc de la montagne, et 1100 marches permettent d’en atteindre le sommet. AR’SITE n°42 juillet 2012

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Intense proximité est le titre de cette première Triennale du Palais de Tokyo à Paris (cf ce bulletin p.7) et de plus sept lieux à Paris ou en proche banlieue, d'avril à août 2012. Son thème est l'idée de Désapprendre : considérer ce qui parait établi, connu, en particulier sur un plan culturel ou sociétal, comme possiblement erroné, de façon à aborder toute chose par la voie de la tolérance et de la raison. www.palaisdetokyo.com

Au coeur du Palais, Ulla von Brandenburg a repris la structure d’une double rampe de skate pour réaliser Death of a King. L’artiste y a apposé le motif d’un rideau, symbolisant un début de narration dont fait partie le visiteur comme sur une scène de théâtre. Des motifs en losanges multicolores évoquent un costume d’arlequin, créant par leur multiplication une expérience quasi psychédélique, ouvrant la porte vers un univers où – puisque le roi est mort – tout le monde est à égalité. Dans le labyrinthe de ces nouveaux espaces, plusieurs sculpteurs proposaient en effet une autre façon de représenter le paysage : - Karthik Pandian, né en 1981 à Los Angeles, aligne dans une salle sombre cinq piliers carrés stratifiés, des coquillages en bas, aux pellicules de film en haut, le tout prisonnier d’un béton de terre collectée à Cahokia, un site précolombien d'Amérique du Nord, près de Saint-Louis (Illinois) .

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difficulté occidentale à appréhender ces dernières. (…) Claude Lévi-Strauss exprime une volonté explicité de rupture avec une tradition humaniste occidentale, responsable d’après lui, de toute la mégalomanie des modernes, depuis les conquêtes coloniales jusqu’aux fascismes du XXe siècle.

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JEAN-PAUL TURMEL - Cécile Beau (née en 1978 à Lourdes et vivant à Paris) intervient en sous-face d’une des salles de cinéma de l’ancienne cinémathèque avec l’installation Subfaciem : cinq œuvres qui sont le résultat de recherches menées par l’artiste autour de la notion de souterrain. En effet l’espace est ici atypique, ouvert à l’extérieur tout en paraissant s’enfoncer dans les profondeurs du bâtiment. Concrétions glaciaires (Sablier, ci-dessus), tremblements de terre (Sillage), arbres poussant par le milieu (L’Envers, ci-dessous), lignes d’horizon fossilisées (Fodere) et vent se déployant librement (Erosio) dialoguent afin de proposer au visiteur une véritable expérience sensorielle.

Lauréat de plusieurs concours avec l'agence d'architecture S'PACE depuis les années 80 (débouchant sur le traitement de façades monumentales), ce peintre et sculpteur est également l'auteur d'un projet, comme Routes en 1998, collines géométriques mêlant acier Corten et talus gazonnés...

BE TON HURL ANT

Figuraient également des réflexions sur la notion de Territoire : Composer avec un territoire pour élaborer une construction mythologique débouchant sur des rituels : cela est propre à l’homme. Il existe néanmoins, selon les groupes humains, des variations dans les rapports qu’entretient l’homme avec son environnement. Or, comme l’a analysé l’anthropologue Philippe Descola, seule la société naturaliste occidentale produit cette frontière entre soi et autrui, en introduisant l’idée de nature qui implique une représentation du monde basée sur une dichotomie entre nature et culture. Cette distinction occidentale, somme toute récente, est inexistante dans certaines sociétés, et fonde la

L'exposition "Béton Hurlant" (du nom du 1er skatepark construit à La Villette à Paris), consacrée à l'histoire des sports de glisse urbaine a été présentée de décembre 2011 à mai 2012 au Ministère des Sports à Paris (13e).


Gérard Almuzara, ébéniste et skater bien connu parmi les pionniers pour son palmarès, mais aussi pour la fabrication de planches et des premières rampes françaises en "U" (1978), a des mains en or. Il a réalisé pour la mise en scène de l'expo un monstre de quart de bowl qu'on pourrait croire arraché directement d'un pool américain ! Une structure bois et mousse de polyuréthane ! (photo ci-dessous)

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MAISONS

ICÔNES

Revue Maisons à Vivre, Hors série avril 2012 Sous le titre Maisons icônes du XXème siècle, de la Californie à la Côte d’Azur étaient réunis plusieurs reportages sur l'état actuel de ces constructions déjà anciennes : Le Cabanon de bord de mer, Le Corbusier, 1949. Une simple cabane fondée sur l’emploi du modulor. La maison d’André Wogenscky et Marta Pan, 1952. Une maison-atelier rythmée par le modulor et la polychromie. La maison atelier d’André Bloc, 1953 à Meudon. Une formidable synthèse des arts de l’époque. La villa Estaiado, Fernand Pouillon, 1954 à Cassis. Une villa qui s’inspire des traditions architecturales méditerranéennes. La maison d’André LefèvreDevaux, 1957 au milieu des rochers du Lavandou. La villa personnelle du virtuose de l’insertion. La maison Louis Carré, Alvar Aalto, 1959. Une oeuvre totale dont le moindre détail est dessiné par l’architecte. La villa Seynave de Jean Prouvé, 1962. Dans la baie de Saint-Tropez, une villa légère, facile à vivre et économique. La villa Sayern de Marcel Breuer, 1974. Un immense oiseau de béton déployant ses ailes en Normandie. La villa Kenwin d’Alexandre Ferency et Hermann Henselmann, 1931. Une luxueuse villa qui illustre l’esthétique des premières décennies du mouvement moderne. La Casa Galvez de Luis Barragan, 1955. Confrontation du blanc et de la couleur au Mexique. Les Case study houses #18, 20, 23 et 26 années 1950 et 1960, construites dans le cadre d’un programme mythique de modernisation de l’habitat. La maison de Ray Kappe, 1967, précurseur de l’éco-construction. La maison Price de Bart Prince, 1986. Une architecture organique tout en bois en forme de champignon et en harmonie avec le paysage.

Cette démarche est enrichissante, reconduite dans les numéros habituels de la revue avec la rubrique "Rétroviseur". Dans celle-ci était présentée (n°66) la villa Sinai par André Bruyère, 1968-1977. Les formes courbes chères à cet architecte. Par ailleurs, des éditeurs comme Planet Architecture diffusent des DVD ou des applications pour mobiles ou I-Pad permettant de présenter et visiter (tours interactifs) des oeuvres de Frank Lloyd Wright, par ex. la Maison sur la Cascade. Voir http://www.planetarchitecture.com ou http://archinect.com/news/ article/31747841/fallingwater-getsinteractive

A R T I C L E S

Elle réunissait en un même lieu 200 ans d'histoire du roller, du skateboard et du BMX : pionniers, champions, roulettes, roues, platines, trucks et planches, cadres et pegs, mais aussi bowl et mobilier urbain... Avec le sociologue Marc Touché comme commissaire général de l’exposition, figuraient les modes de vie, les sociabilités : depuis les clubs et Fédérations, jusqu’à l’underground. Un nouveau regard sur la ville, une recherche infinie de spots, des détournements du mobilier, des formes et des matériaux urbains. Un grand pas vers une ville ludique.

DENSITE & LIBERTE Revue Domus décembre 2011

n°953,

Un article de plusieurs pages, avec des plans et coupes comparatifs (d’un remarquable graphisme !) entre trois récentes constructions à Tokyo : l’une est la maison NA de Sou Fukimoto (cf bull n°41 p.64 et ce bull p.23),

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A R T I C L E S

JACQUES-EMILE L E C A R O N Magazine du Conseil Général 92, HDS mag n°22, mars-avril 2012

Trois constructions qui chacune à leur façon « font un usage surprenant de la verticalité, expression d’une certaine générosité ou liberté au sein d’une métropole particulièrement dense ». Elles ont en effet de nombreux points en commun.

l’autre le Jardin-Maison de Ryue Nishizawa (ci-dessus) et la dernière un immeuble de Kazuyo Sejima, le Shibaura Blg (ci-dessous & ci-contre)

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Un article de 4 pages signé Alix Saint-Martin dans une rubrique «insolite» présentait les «maisons oniriques de LeCaron» : Sur les hauteurs de Meudon, dans une enclave dépendant de la commune voisine de Clamart, un mini lotissement à l’orée de la forêt regroupe un certain nombre de pavillons le long de sa rue en boucle (triangle), baptisée successivement de rue des châtaigniers, des fougères et des cèdres. Il a toujours attiré les artistes et les amateurs d'architecture. Plusieurs maisons sont des créations intéressantes : par ex la maison-atelier dessinée et construite par Sophie Taeuber en 1929. Un bâtiment cubique de pierre, rugueux, neutre, qui a la rigueur d'un monastère cistercien où travaillèrent Jean Arp et Sophie Taeuber. Il est aujourd’hui le siège de la Fondation Arp. Ou encore la maison DaisonSchalit construite en 1964-65 par Paul Chemetov et Jean Deroche en ossature métallique apparente et remplissage de briques, autour d’un patio, au sein d’un jardin aménagé par M. Corajoud. S’ajoute à celles-ci, sept maisons singulières – bientôt huit, nées de l’imagination d’un même architecte, Jacques-Emile LeCaron. Une plaquette "Visite de la maison atelier de Sophie Taeuber avec Lecaron architecte" est également en vente à la Fondation Arp. La première maison construite par LeCaron en 1981 est la « maison en acier », comme un vaisseau spatial coloré (un bardage métallique coloré et ondulant !) posé sur ses pilotis au sein de la forêt. Reconstruite à l’identique après un incendie due à une surtension accidentelle du réseau électrique en1999, elle prend place au milieu des autres qui se caractérisent toutes par une identité propre : «chaque maison est une création qui a une histoire » explique J-E LeCaron, qui s’appuie sur le lieu, son histoire, et sur la personnalité et l’imaginaire des maîtres d’ouvrage. Ainsi, comme dans un livre de contes de fées, cohabitent « I », « un balcon en forêt », «l’arche de Noé», « le Château de mes filles », « la Tour de verre », «Derrière le miroir»… Bientôt «le Château de la Belle au bois dormant» encore en chantier !


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L I V R E S

Ci dessus et ci-contre, la Maison en Acier

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Ci-dessous, de haut en bas : la Maison Toulaho l'Arche de Noé le Château de la Belle au bois dormant

from inspiration to innovation, s/s la dir d'Angeli SACHS, (Lars Müller Publishers, 2007)

Ceci sans oublier l’atelier de l’architecte en haut de la rue : « Toulaho » est au départ une toute petite maison de bois d’un forgeron, insérée au milieu d’un volume de maison entièrement vitré : la petite maison-cabane d’origine a l’air de voler dans les arbres ! Elle a été « enciélée » ! A noter qu’à cette dimension aérienne de l’atelier s’ajoute un lien étroit avec la terre, le sol taluté étant laissé apparent au niveau inférieur (soussol par rapport à la rue, mais rez-dejardin ou plutôt rez-de-forêt de l’autre côté !), éclairé par un plancher abondamment vitré. Ci-dessous (cf bull n°12 p.26)

DESIGN

Cet ouvrage en allemand ou en anglais a été publié à l'occasion d'une exposition au museum für Gestalstung de Zürich. Il propose l'histoire et les théories sur la mer, les plantes, les animaux, les hommes, et regroupe différentes réalisations ou projets de Werner Aisslinger, Ronan and Erwan Bouroullec, Peter Eisenman, Zaha Hadid, Herzog and de Meuron, Ross Lovegrove, Olaf Nicolai, Francois Roche, Lars Spuybroek, and Günther Vogt, et d'autres.

A R C H I - N AT U R E par Wim PAUWELS, (ed Beta-Plus, 2010) Deux tomes parus à 10 mois d'intervalle réunissent des habitations des quatre coins du monde, sélectionnées pour leur lien étroit entre nature et architecture Tome 1 en français / anglais / néerlandais Tome 2 en français / anglais et soustitré Exceptionnal houses in extraordinary settings.

LA VILLE FRUGALE un modèle pour préparer l'après-pétrole, par Jean HAËNTJENS, (ed. FYP, oct 2011)

Le site Maison à Part propose également un reportage (les chapitres sont "une interprétation de l'âme humaine" et "un hymne à la vie") en citant non seulement la rue Mallet-Stevens (Paris 16e), mais aussi l'exemple de Richard Neutra qui a réalisé une quinzaine de maisons dans un même quartier de Los Angeles (cf bull n°39 p.14). http://www.maisonapart.com/edito/ construire-renover/construire-faireconstruire/les-droles-de-maisons-dejacques-emile-lecaron-arc-6840.php

Derrière ce concept, la volonté de rendre accessible une autre forme de ville durable que celle faite avec des bâtiments à haute qualité écologique intégrés dans des écoquartiers qui sont loin d’être accessibles à tous, financièrement parlant. Sur Internetactu.net, un très bon interview par Hubert Guillaud permet de mieux comprendre cette proposition de nouvelle organisation de la ville, des modes de vie, conçue avec les habitants, prêts à renoncer à certains avantages si on propose des compensations, si on ne néglige pas le plaisir d'habiter. AR’SITE n°42 juillet 2012

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Une conception trilingue (anglais/ allemand/français) et une mise en page très simple (une page sur chaque créateur et cinq pages sur chaque réalisation) rendent l'ouvrage agréable et très accessible au plus grand nombre...

GREENARCHITECTURE . c o m , Javier BARBA, par Aitana LLEONARD (Loft Publications, 2011) Estudio BC, dont le siège est à Barcelone, s'est imposé comme une référence mondiale dans le domaine de l'architecture intégrée et bioclimatique. Javier Barba, à la tête de l'équipe, appartient à la quatrième génération d'une dynastie d'architectes catalans. "Si vous voyez un rocher, ne le touchez pas ; il vous donne des informations sur la façon dont le projet doit débuter." Javier Barba Ce livre présente ses projets et notamment celui de la maison Riera semienterrée à Sant Andreu de Llavaneres (1986), très médiatisé, et choisi par la Commission de la Communauté Européenne comme un exemple de construction bioclimatique. http://bcarquitectos.com

Son intérêt est aussi de se limiter à des exemples construits, ce qui évite certaines ambiguités apparaissant avec les quelques images de synthèse hyperréalistes illustrant Groundwork, par ailleurs très enrichissant (cf bull n°41 p.26). Si la couverture représente le Lurie Garden de Chicago, on retrouvera avec plaisir à l'intérieur, le Centre

L A N D S C A P E Architecture Now ! , par Philip JODIDIO (Taschen 2012)

L’architecture au-delà des murs Concevoir l’espace extérieur Ce soustitre donné au commentaire du rabat de couverture est explicite de l'intérêt de cet ouvrage pour de l'architecture-paysage, dont la conception va "au delà des murs" ! Parmi les exemples présentés, très bien documentés, près de 50 créateurs : Ken Smith, auteur du jardin sur le toit du Musée d’art moderne de New York, West 8, une équipe de Rotterdam, et des architectes célèbres comme Steven Holl ou Tadao Ando, qui se passionnent pour l’environnement de leurs projets. Des noms nouveaux, tels que l’architecte paysagiste libanais Vladimir Djurovic ou la jeune créatrice Sophie Agata Ambroise de

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Lugano, côtoient des sommités comme Renzo Piano, la famille belge Wirtz ou l’agence Gustafson Porter aux États-Unis. Si la limite entre architecture et architecture du paysage n’est pas toujours facile à définir, ce nouveau livre ouvre portes et fenêtres de l’architecture contemporaine sur les jardins de demain.

de Culture de Galice (Peter Eisenman), enfin achevé, mais on découvre aussi (ci-dessus) le "gratte-ciel horizontal" du Vanke Center (Steven Holl) à Shenzhen ou les bâtiments de l'exposition florale de Xi'an (Plasma Studio).


Sou Fujimoto insiste dès les premières pages en opposant Nid et Cave (ci-dessus), non entre végétal et minéral mais entre espace fini (la "machine à habiter", structure-nid fonctionnel adapté à ses habitants) et espace à investir pour habiter librement : une grotte artificielle transparente ou un arbre entièrement support de vie ! bull p.19. (info Milen Milenovich) Ci-dessous : maison I, parcourable, comme une montagne habitée :

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LE TERRITOIRE

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Publié en japonais/anglais avec des contributions de l'historien et critique Taro Igarashi et des architectes Toyo Ito et Terunobu Fujimori, ce remarquable ouvrage de la collection Contemporary Architect's Concept pose la question de la "weak architecture" : faible, fragile, mais dans une implication japonaise englobant légèreté, perméabilité, immatérialité, temporalité. (une notion développée aussi par Kengo Kuma - monographie GA Architect n°19).

LIRE

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par Sou FUJIMOTO, (INAX Publishing, 2008)

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PRIMITIVE FUTURE

Chaque époque se caractérise par un moyen spécifique de représentation du territoire, lié tant aux connaissances qu’aux préoccupations dominantes. XVe et XVIe siècle : la cartographie témoignant des routes maritimes ouvertes par les navigateurs explorateurs défrichant l’inconnu, repoussant les limites au-delà de l’horizon. XVIIe et XVIIIe siècle : les plans reliefs mettent en valeur la défense des points faibles des frontières d’un empire pensé en terme de réseaux, routes, canaux, mais aussi voies d’envahissement. Le paysage est fortement modifié par les grands travaux et par des fortifications qui permettent la maîtrise militaire. Le territoire fait partie de la composition architecturale, même civile, pour le prestige comme à Versailles. Un château qui peut, comme les fortifications de Vauban, être considéré comme fondateur des architectures-paysages. XIXe et XXe siècle : l’internationalisme, voire l’universalisme des ambitions renvoie à l’idée de planète que plusieurs géographes tentent de matérialiser, parallèlement au développement des observatoires. Le début des vols, en ballon puis en aéroplane et en avion donnent cette vision lointaine qui connaîtra son apogée avec la conquête spatiale et la course aux étoiles. Au XXIe siècle : le territoire semble de nouveau pouvoir s’ancrer dans la réalité, à la fois par un vrai contact grâce à une relation plus concrète (des transports plus lents et plus liés au sol – le train, même grande vitesse, par rapport à l’avion) et par un enrichissement des connaissances et des sensations grâce à une "réalité augmentée" encouragée par les nouveaux médias (de Google Earth aux applications Internet lisibles en tous lieux).

PLANS

RELIEFS

La France en relief, catalogue (ed RMN-Grd Palais 2012) Début 2012 étaient mis en scène au Grand-Palais à Paris les chefs d'oeuvre de la collection des plans-reliefs de Louis XIV à Napoleon III. Plus de 250 maquettes de forts ou de villes fortifiées réparties sur les frontières françaises furent construites depuis leur création en 1668, jusqu'en 1861quand les bastions fortifiés furent abandonnés. L'échelle unique d'un pied pour cent toises (environ 1/600e) ne fut adoptée qu'à partir des années 1680, mais des échelles plus détaillées furent utilisés pour des sites isolés ou moins étendus. La collection a été classée monument historique en 1927. Une centaine subsiste et sont aujourd'hui présentées aux Invalides à Paris et au musée des Beaux-arts de Lille. Au-delà de leur valeur militaire, passée assez vite au second plan, les plans-reliefs ont une indéniable valeur de prestige : par leur taille – la plus grande des maquettes mesure 160 m2 –, leur nombre, leur qualité d’exécution, ils furent considérés dès le XVIIIe siècle comme un instrument montrant la puissance de la France. C’est pour cela que Louis XIV les fit présenter au Louvre. Réunis dès l’origine en un même lieu, afin de permettre au roi d’embrasser d’un seul coup

Trois publications récentes permettent de mettre en parallèle ces différentes étapes.

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d’oeil tous les points fortifiés du royaume, les plans-reliefs ont été d’abord présentées dans les demeures royales, à Fontainebleau, SaintGermain-en-Laye ou Versailles, avant d’être entreposées vers 1700 le long de la galerie du Bord-de-l’Eau reliant le palais du Louvre à celui des Tuileries. Ainsi redéployée, la collection fut visitée par de nombreux militaires étrangers et une grande partie du monde diplomatique. Puis, en 1774, afin de libérer l’espace nécessaire à la présentation des collections royales de peinture, Louis XVI ordonna le transfert des plansreliefs à l’hôtel des Invalides. Une partie des combles du bâtiment, alors simples greniers à blé, fut aménagée pour accueillir cet ensemble, dont le déménagement complet fut réalisé d’octobre 1776 à mars 1777. Ces mêmes locaux, qui ont depuis lors abrité la collection, accueillent aujourd’hui le nouveau musée des Plans-Reliefs. Parmi les maquettes présentées, certaines présentent des reliefs exceptionnels, comme celle de du site de Fenestrelle, aujourd’hui dans le Piémont (Italie) entre Briançon et Turin, au sud de Susa (1757). La forteresse s’étale sur 3 km de long, constituée de 3 forts installés sur une arête rocheuse et reliés par un escalier couvert sur près de 600m de dénivelé. http://www.fortedifenestrelle.com/ (ci-dessous)

celle de Neuf-Brisach (Haut-Rhin, 1698), place forte au plan en étoile pour défendre le sud de l’Alsace, où figure une place centrale constituée de maisons avec boutiques, habitations et combles habités, en oubliant le niveau de caves voûtées conçues pour être à l’épreuve des bombardements (mentionné en légende !). La dimension symbolique de ces maquettes apparaît particulièrement sur celle du site de Montmélian (Savoie, 1693), où figure à la fois le fort, mais aussi le village brûlé, signe de la conquête du lieu… (ci-dessus) En effet, les guerres et sièges répétés du fort au XVIIe siècle remettent en cause l'existence même de la cité. La ville est à chaque fois en partie détruite et patiemment reconstruite. Les habitants obtiennent l'exonération des impôts suite à leur longue résistance aux troupes de Louis XIV durant le siège de 1691. Vauban vient inspecter les lieux et fait dresser ce plan en relief. Après un dernier siège, la citadelle est détruite sur ordre de Louis XIV en 1705. Dans l’exposition figurait au sol une carte de France géante, situant les lieux illustrés par les maquettes, réalisée à partir de l’assemblage de cartes d’état-major au 1/40.000e. Autre visualisation des maquettes, une insertion virtuelle dans Google Earth Liquid Galaxy… C’est un simulateur de vol dernière génération qui permet de découvrir les données de Google Earth à 360° : une cabine

Si le relief figure en effet pour rendre l’aspect du site, le sous-sol ne figure jamais : la maquette de la butte de Laon (Aisne) se limite aux constructions de surface, alors que l’on connaît la multitude de niveaux creusés au sein de ce relief (cf bull n°XXX), et

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avec des écrans aménagés en cercle autour de soi, l’accès à n'importe quel point du globe en quelques secondes. Les montagnes, les bâtiments, les vallées et même les fonds marins remplissent le champ visuel périphérique. Six des plans-reliefs ont été numérisés et modélisés, puis mis en ligne sur Liquid Galaxy en associant vues satellites, Street view et les plans-relief !

GLOBE TERRESTRE Projet de construction au 1000.000e, par Elisée RECLUS (Editions B2 collection Territoires, 2011) Ce petit ouvrage est consacré au projet d’un globe terrestre au 100.000e (donc de 127m de diamètre !), c’està-dire au double des cartes Michelin qui dès 1910 paraissent au 1/200.000e (1cm = 2km) ou à l’échelle des cartes IGN (Institut Géographique National) TOP 100 proposées au 1/100.000e soit 1cm = 1km! L’IGN ainsi que la société Reliefs Editions (collection GéoRelief) proposent également des cartes en relief dont l’échelle varie selon la zone représentée (Tahiti ou la Réunion sont par exemple au 100.000e). Les altitudes peuvent parfois y être exagérées jusqu'à un facteur 10 sur de faibles reliefs. L’introduction au projet d’Elisée Reclus (1830-1905) est faite par Nikola JANKOVIC, architecte et docteur en géographie sous le titre Le vieil homme et la Terre ! La préoccupation d’Elisée Reclus est de représenter au mieux la géographie, de faciliter pour chacun l’appropriation d’une planète dont le sol devrait à jamais être partagé par tous… Ses convictions anarchistes sont profondément ancrées dans ses expériences, mêlant sous différentes latitudes


Au-delà de la rigueur de ses descriptions géographiques issues d’un contact très physique avec son « terrain » pour « vivre pleinement l’espace », il cherche un moyen de vulgarisation auprès du grand public, pour redonner à l’ensemble des hommes cette dimension « planétaire », géographique, pour les aider à mieux cohabiter. Le futur Communard écrit en 1869 : « le but de la révolution prochaine est d’assurer l’égalité (…) de faire cesser le terrible antagonisme entre patron et salarié, entre bourgeois ouvrier et paysan, qui paralyse les forces de la Société. Après avoir si longtemps vécu pour la guerre, il faut vivre pour la paix et la fraternité. » La Nouvelle Géographie Universelle est rédigée entre 1876 et 1894 avec la contribution de dessinateur (et anarchiste) genevois Charles Perron qui introduira une cartographie statistique, thématique et géopolitique pour répondre à une réelle pédagogie libertaire. Cartes ou globe, et particulièrement le Great Globe montré à l’Exposition Universelle de Londres en 1851 (de James Wyld, ci-contre) lui semble un point de départ intéressant : mais il faudrait aller encore plus loin, se mettre au niveau des trésors d’imagination « technique » développés pour ces manifestations « universelles ».

Mais le fond de la polémique sera le sens du Globe : il est de plus en plus transformé –déformé- en projet ludique, en attraction foraine, le Cosmorama, sphère céleste de 46m mis en parallèle avec les expériences proposées dans les « moving panorama » ferroviaires (transsibérien) ou maritimes (paquebots entre l’Asie et l’Amérique) qui font défiler les paysages exotiques, pendant que les populations indigènes sont caricaturées avec « l’invention du sauvage » :

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Il émet ainsi l’idée d’un Grand Globe lors d’un Congrès International de géographie à Londres en 1895 : installé en vue de l’Expo de 1900 face à la Tour Eiffel sur la colline du Trocadero ou près du pont de l’Alma, le projet passe progressivement du 1/100.000e au 1/320.000e, voire au 1/500.000e. Au 1/100.000e, le globe mobile de 127m de diamètre aurait été corseté par une sphère de dentelle métallique, de 160m, et aurait abrité à l’intérieur une voûte céleste sphérique de 76m ! Cette échelle était choisie car «un grand relief donnait déjà l’impression de la nature elle-même ; on voyage comme dans un aéronef au-dessus des montagnes», soulignait cet ami de Nadar avec qui il partageait des voyages en ballon. L’échelle intermédiaire donne lieu en 1897 à plusieurs interprétations d’Albert Galeron, puis un projet de Louis Bonnier (ci-dessous) en réduit encore l’échelle à 26m de diamètre, conservant l’association entre la géographie et les hommes...

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diverses approches de territoires géographiques et sociaux au milieu du XIXe siècle. De l’Irlande sous domination de propriétaires anglais et sa grande famine à l’esclavagisme accompagnant la «colonisation» américaine, des Grandes Plaines à la Colombie, en passant par le rapport des Indiens d’Amérique à la terre… A la fin de sa vie, en 1905, le titre de son ouvrage, « L’homme et la terre », en sera l’ultime expression (cf bull n°31 p 34 et 32 p 24-25). Il aura entre temps connu l’échec de son projet de « globe terrestre au 100.000e » !

le public vient en masse découvrir l’illusion d’un monde mis à disposition et sous sa domination… Ce que visait Elisée Reclus était sans doute un ancêtre de ce que propose aujourd’hui Google Earth qui donne, grâce à la vulgarisation des vues satellites et les incroyables jeux de zoom, de variation d’échelle, cette image de la planète avec ses habitants, quels qu’ils soient. Et une source de donnée actualisable en permanence et quasiment disponible libre accès, en « open source ». L’histoire de ce père de l’écologie politique est également décrite par Hélène SARRAZIN dans son ouvrage Elisée Reclus ou la passion du monde paru à La Découverte en 1985 et dont la 3e édition (editions du Sextant, 2004) se voit augmentée d’une introduction de Kenneth White, qui apporte un éclairage intéressant sur la « géopoétique » d’Élisée Reclus (cf bull n°32 p.24). Emprisonné, contraint à l’exil après la Commune de Paris, Élisée Reclus devient l’ami de Bakounine et de Kropotkine avec lesquels il développera ses théories anarchistes. Il meurt en 1905, en Belgique. Plus d’un siècle plus tard, la vie et la pensée d’Élisée Reclus résonnent singulièrement dans nos sociétés du XXIe siècle. Le lien entre l’homme et le paysage était fondamental pour Elisée Reclus (Cf Federico Ferretti, La vérité du regard : l’idée de paysage chez Elisée Reclus, en 2009 sur le site www.projetsdepaysage.fr) qui y voyait une connexion directe entre paysage et émancipation sociale : «Si les opprimés n'avaient pu retremper leur énergie et se refaire une âme par la contemplation de la terre et de ses AR’SITE n°42 juillet 2012

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grands paysages, depuis longtemps déjà l'initiative et l'audace eussent été complètement étouffées. Toutes les têtes se seraient courbées sous la main de quelques despotes, toutes les intelligences seraient restées prises dans un indestructible réseau de subtilités et de mensonges». Comme les paysages tropicaux faisaient rêver jadis la bourgeoisie d'un monde nouveau, Reclus propose le même rêve à tous les « opprimés » de son époque, en les adressant à la contemplation de paysages terrestres moins éloignés, mais où le pouvoir est également absent. Le lien le plus direct entre science et engagement social passe par l'instruction soit des jeunes, soit des classes populaires auxquelles étaient destinées les éditions populaires de la Bibliothèque d'éducation et de récréation d'Hetzel. Reclus est notamment l'un des fondateurs de la «pédagogie libertaire», dans laquelle inclut-il la valeur du paysage pour l'éducation. «La véritable école doit être la nature libre, avec ses beaux paysages que l'on contemple, ses lois qui l'on étudie sur le vif, mais aussi ses obstacles qu'il faut surmonter. Ce n'est pas dans les étroites salles aux fenêtres grillées que l'on fera des hommes courageux et purs. » (Reclus, 1880). La question est de plus en plus d’actualité avec la croissance exponentielle des environnements et des paysages dits «urbains» : comment réintroduire du « naturel », du « libre » au sein de ce cadre de vie carcéral auquel s'étaient aussi opposés les architectes Modernes ?

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dans un « terroir » comme le proposait une « départementale » épousant au plus près le relief géographique, les lignes ferroviaires « à grande vitesse » (à l’origine 260 km/h, le double de l’automobile sur autoroute) accentuent la rapidité des successions de « territoires » tout en restant largement en contact avec le paysage par rapport aux « lignes » aériennes. Celles-ci sont à une dizaine de kilomètres au-dessus du sol, souvent invisible lorsque le temps est nuageux, et parcourues près de trois fois plus rapidement. La première particularité de ces guides est de commenter ce qui est vu au cours du trajet, et non ce qui sera visible lors d’un arrêt ou à destination, sujet traditionnel des guides « de tourisme ». La seconde est d’utiliser à la fois le support « papier » classique (le « guide »), mais aussi les nouveaux médias électroniques pour enrichir l’information. Dès 1990, l'ACTGV, association des conducteurs de TGV, avait créé une plaquette documentaire d'une soixantaine de pages, décrivant, km aprés km, ce qui peut-être vu tout le long de la ligne Paris-Lyon, avec photo, histoire : "La ligne à Grande Vitesse Paris-Sud-Est TGV" édité en partenariat avec l'AFAC (Association Française des Amis des Chemins de Fer). En 2011, Gilles Chabot, lui-même contrôleur sur la ligne et photographe, associe à la fois une publication « Paris-Lyon vu du rail » qui en est à sa seconde édition (à La Vie du Rail)

TRAIN

Paris-Lyon , par Olivier BOUDOT & Jean-François COULAIS (Guides Marsilio 2011) Le train a été le premier transport à s’affranchir des reliefs naturels pour conserver de faibles pentes, multipliant ponts et tunnels, à l’image des aqueducs ou des canaux (encore que ceux-ci franchissaient des reliefs trop importants grâce aux écluses !). Paradoxalement, c’est avec l’augmentation de la vitesse des trajets ferroviaires qu’apparaissent deux ouvrages qui donnent des clés de lecture du paysage traversé… La perception est en effet modifiée à la fois par la rapidité des points de vue, et par le tracé de la voie ellemême : comme pour les trajets autoroutiers qui donnent une perception «territoriale» plus qu’une immersion

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et un blog très riche http:/baladeagrandevitesse.blogspot.com/ créé après 4 ans de travail photographique et géographique effectué sur la ligne Paris- Marseille (06 12 21 71 93). Il propose une succession d’arrêts sur images accompagnés d’une cartographie générale qui facilite le repérage avec le tracé de la ligne TGV, et de

liens vers des approfondissements obtenus en cliquant simplement sur l’image pour en appréhender les dimensions géologiques, géographiques, historiques et sociales. A vérifier lors d’un voyage accompagné d’une tablette électronique, mais il est probable qu’en effet, comme Gilles Chabot le suggère dans un commentaire, la pratique de ce « guide-blog » nous «entraîne dans un espace-temps insoupçonné !». Le premier pas vers une "réalité augmentée" ! Le parcours est proposé simplement en fonction du kilométrage et du côté du paysage, Est ou Ouest. (ci-dessous en bas de page) En 2011 aussi, est publié un autre ouvrage conçu par un voyageur curieux et un géographe, Olivier Boudot et Jean-François Coulais : le «Paris-Lyon Vu du Train» (également avec une 2de édition dans la collection des «Guides Marsilo» créés autour de ce projet), qui a l’ambition de seconder le site www.vudutrain.fr, de développer une application I-phone reliée aux pages du guide (carte de géolocalisation des pages du guide), et d’étendre la démarche à d’autres trajets. Sans doute un Lyon-Paris (?), et peut-être la ligne C du RER, d’après les « coulisses » proposées sur le site. Très riche, très dense, pour pouvoir simultanément chercher toutes les infos qui renvoient à une image perçue ou à un thème donné, il fait irrémédiablement penser à la richesse des programmes de "réalité augmentée". Il est largement influencé


S E R V I L par le métier d’Olivier Boudot, «mémorialiste», fondateur de la collection «Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises» qui l’a conduit à partir à la rencontre de témoignages d’habitants de part et d’autre de la ligne du TGV. Une ver-

Certainement une autre logique (l’avancée du train schématisée audessus entre Paris et Lyon, donc Lyon est à droite ?)… Il ne fait pas de doute qu’une version numérique aurait l’avantage, comme cela existe dans les cartographies de guidage GPS automobile, d’offrir le choix entre carte orientée vers le nord, carte orientée dans le sens du déplacement ou vue du paysage ou «vue d’oiseau», sans parler des zooms possibles… Autre ouverture apportée par le numérique, ce serait la prise en compte du

temps : à la fois les saisons selon la végétation et les types de cultures ou la couleur de la terre labourée, et l’histoire, en expliquant les évolutions du paysage et de la société locale au fil des ans.

La référence en matière de lecture de paysage est sans conteste le travail de Jean-Loïc Portron qui a réalisé Paysages, une série de films programmés à l’époque sur Arte et aujourd’hui disponible en six DVD (chez JBA éditions). Comme pour Elisée Reclus, se référer au très bon site des « cafés géographiques » http://www.cafe-geo.net ! Un de ses films était consacré à la butte de Thil (cf bull n°5 p.31), présentée elle aussi dans le guide, 45mn après le départ de Paris.

Ci dessus, une double page présentant un repère cartographique.du parcours.

sion entièrement numérique du guide est en cours de conception. Le parcours est proposé chronologiquement avec un classement par «pays» géographiques successifs puis des repères selon le côté regardé, Est ou Ouest. La manipulation n’est cependant pas évidente, le guide étant présenté comme « Paris-Lyon », on s’attendrait à ce que le pli central corresponde à la ligne, orienté vers le sud, et que soit figuré à gauche le panoramique Est et à droite le panoramique Ouest. C’est en fait l’inverse ! Ce qu’on voit à gauche est représenté à droite, et inversement… (ci-contre)

Dans les deux guides proposés, il est enfin peu fait mention des architectures régionales et de leur implantation, alors que vu du rail ou du train, ce sont des éléments assez caractéristiques du paysage rural traversé.

Ci dessus, un haut de double page présentant le parcours aperçu Ci-dessous un agrandissement de l apartie gauche.

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C O L L O Q U E S

P R E M I E R E CONFERENCE SUR L'ARCHITECTURE TROGLODYTIQUE Kerman, Iran, 2012 À l'initiative du Dr Mahnaz Ashrafi, responsable du comité scientifique, la première conférence sur l'architecture troglodytique en Iran s'est tenue les 1er et 2 mai 2012, dans la ville de Kerman (province de Kerman, au sud-est de l'Iran).

le village de Kandovan, près de Tabriz, au nord-ouest del'Iran (photo M. Ashrafi) Parmi plus de 120 abstracts reçus par le comité scientifique, une vingtaine ont été retenus pour faire l'objet d'une communication. D'autres ont été présentés sous la forme de posters et exposés dans le hall du bâtiment. Les interventions étaient regroupées autour de six thèmes : • Troglodytisme et paysage • Typologie • Villes souterraines • Monographies de sites • Société, culture • Protection, réhabilitation L'ensemble de ces communications sera publié sous forme d'actes du colloque, accompagné de la déclaration finale des intervenants. Le patrimoine troglodytique iranien

Les deux jours de communications étaient suivis d'une journée de visite du village troglodytique de Maymand. Ce colloque, premier du genre en Iran a été organisé conjointement par le RCICHHTO (centre de recherche du patrimoine culturel iranien, de l'artisanat et du tourisme) et son bureau régional de la province de Kerman. De nombreux chercheurs et universitaires (archéologie, histoire, architecture) étaient présents, principalement iraniens, mais aussi quelques représentants de pays européens (Italie, Suisse, France). Au total, plus de 1500 personnes sont venues écouter les interventions.

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Cette conférence a été l'occasion de découvrir la richesse et la diversité du patrimoine troglodytique iranien. Plus de 300 sites ont déjà été répertoriés, et partiellement étudiés. site de falaise de Karaftu, province du Kurdistan

Ce patrimoine est composé de monuments funéraires/religieux, de villes souterraines, de refuges, de monuments défensifs, d'ouvrages hydrauliques, d'habitat et d'annexes dédiées à l'artisanat ou à usage agricole... La géomorphologie des sites est très variée : pitons rocheux, sites de falaise, sites sur des terrains très peu pentus, coteaux de fond de vallées, réseaux souterrains sous les villes... Une description plus complète de ce patrimoine iranien fera l'objet d'un article dans le prochain bulletin. Les suites du colloque Les participants au colloque se sont donné pour objectifs : • la constitution d'un secrétariat permanent concernant l'architecture troglodytique, chargé d'approfondir l'étude de tous les sites importants, d'organiser des séminaires et ateliers, de publier une revue... • la mise en place d'un centre de recherche sur l'architecture troglodytique, composé de l'Iran et de ses pays voisins • l'inventaire des sites iraniens, reposant sur une documentation scientifique, et leur classement au titre du patrimoine culturel national • la valorisation du patrimoine troglodytique afin de permettre un tourisme culturel et une "conservation durable" • le jumelage des sites de Kandovan et Maymand pour partager les expériences • mener ces actions avec la participation des habitants et des responsables locaux


C O L L O Q U E S Le village troglodytique de Maymand est un village traditionnel de bergers nomades. Cf ce bull. page 32 Posters présentés par des étudiants en architecture. En haut : présentation des techniques de creusement et modélisation 3D d'une tombe de falaise, exemple du site de Naghsh-e Rostam. En bas : architecture troglodytique des plateaux au nord de Chiraz, l'héritage des derviches.

Cité souterraine de Noosh abad, près de la ville de Kashan, au nord de la province d'Ispahan Le comité scientifique souhaite également adopter un mot pour désigner l'architecture traditionnelle troglodytique. Le terme de "memari dastkan" (littéralement architecture creusée à la main) semble le plus approprié. (compte-rendu Olivier Huet) AR’SITE n°42 juillet 2012

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Certains tapissent leur appartement de feuilles d'aluminium, un métal censé protéger des ondes. Des rouleaux de papier anti-ondes wifi ont été mis au point par le GIT (Grenoble Institute of Technology) et le Centre Technique du Papier, pour protéger des espaces clos à la maison ou au bureau grâce à ce revêtement de type papier peint.

ABRI ANTI ONDES Grotte refuge Un reportage de décembre 2011 (Doan Bui, Nouvel Obs n°2459-60) présentait deux femmes "électro-hypersensibles" (EHS) ayant trouvé refuge dans une grotte dans les confins du Vercors, à Beaumugne où s'était tenu un rassemblement pour EHS. Elles se sont abritées depuis 3 ans au sein de la cavité : après avoir grimpé à une échelle, marché sur des planches posées au sol permettant de circuler à pied sec, on arrive au plus loin de l'air libre, à la "pièce à vivre" protégée de l'humidité par des bâches en plastique et sans électricité. "Je ne supporte plus les ondes électromagnétiques, quelles qu'elles soient : WiFi, portable, lignes à haute tension. Cela me provoque des brûlures insoutenables". Cette allergie a débuté avec l'installation de la WiFi à la CitéU où Anne Cautain travaillait comme agent de service. Elle découvre par hasard qu'elle se sent mieux lors d'une visite spéléologique, et décide de trouver une grotte. Les conditions de vie ne sont pas très confortables, mais toute autre maison serait "l'enfer" !

Pollutions électromagnétiques La souffrance des EHS est prise en compte depuis 2009 (sous Roselyne Bachelot ministre de la santé), même si les causes ne sont pas clairement définies. En attendant, les recherches avancent : il apparait que le rayonnement émis par les installations électriques 230V est favorisé, voire amplifié, dans les maisons bois, car il n'y a pas d'écoulement naturel à la terre. Encore plus de raisons de faire appel aux nouveaux professionels de la Bioélectricité, apparue il y a moins de 10 ans en France, avec pour but d'assainir l'installation électrique domestique.

D Y N A MIS ME S A U MU R O IS Le 12 mars 2012, la presse locale titrait que le Pays Saumurois avait été retenu au titre d'un second Pôle d'excellence rurale (PER) intitulé "Le troglodytisme : richesse du territoire et moteur de l'économie touristique du Saumurois", amenant quelques subventions publiques. Six projets, dont quatre à Doué-la-Fontaine, ont été retenus : - scénographie des caves cathédrales des Perrières, sur plusieurs kilomètres, en espérant que ce projet aura plus de réussite que les précédents qui n'ont jamais vu le jour ! - restructuration de la Rose bleue (Poterie existante) avec la création de deux hébergements troglos indépendants et leur salle d'accueil, pour stagiares ou touristes. Le projet améliore les difficultés de parking et l'accès des personnes handicapées. - hôtel troglodyte à Rochemenier, projeté par les propriétaires de deux restaurants, ayant acquis il y a cinq ans un terrain de 2500m2 de cavités troglodytiques aux Caves de la Genevraie. Les cavités seront aménagées en chambres et bénéficieront de piscine, sauna et hamam. - espace thématique au Bioparc (Zoo), projet lancé lors du 50e anniversaire de l'aménagement du zoo dans les carrières. Un espace fantasmagorique concrétisé pour de nouvelles rencontres innovantes entre l'homme et l'animal. Un concours d'idées est également annoncé par Benoît Picard, directeur du Pays Saumurois à partir de ces questions : quoi faire avec les troglodytes abandonnés ? Comment faire revivre ces cavités souterraines ? Nous invitons toutes les personnes qui ont des idées à participer". cf ce bull page 40.

L i v r e H A B I TAT C R E U S É , le patrimoine troglodytique et sa restauration (cf p.62) : Publié en 2005, cet ouvrage va bientôt disparaître des circuits de diffusion. L'éditeur nous en a fourni à un tarif préférentiel. Nous pouvons vous en faire parvenir un exemplaire à 20 euros port compris. N O T E : l'ouvrage Troglos, habitat & art de vivre est un remarquable complément, avec une 30aine d'exemples très bien documentés (cf bull n°41 p.28)

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HOTELS de LUXE en CAPPADOCE

Ci-dessous de haut en bas : - la cour centrale de l'Anatolian Houses Hotel - une chambre creusée de ce même hôtel - vue de Cave Suites Hotel

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Une des caves de Rognes (13) photographiée dans le livre "Trous de mémoire" vient d'être rachetée par des Anglais qui ont entrepris sa restauration.

rieur. Pour assurer un éclairage optimal à l’intérieur des chambres, un important dispositif d’éclairage d’ambiance a été incorporé au sol, dans les murs et dans les niches. Des spots de faible luminosité diffusent de jour comme de nuit une lumière feutrée mettant en relief l’enveloppe rugueuse et ondulée des pièces (ci-dessus). Si les hôtels se ressemblent dans leur morphologie urbaine, les chambres de chaque hôtel se différencient par leur enveloppe intérieure et leur décoration thématique. (info lettre de la SFES, février 2012)

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Othman Mikou, étudiant en architecture à Paris Val-de-Seine a entrepris un périple au travers de 19 pays en 10 mois afin d'étudier architectures symboliques, vernaculaires et contemporaines. Après la Finlande et Istanbul, l’architecture troglodyte de la Cappadoce, en Turquie, est l'une des étapes de son voyage avec les hôtels de Göreme réhabilités en hôtels de prestige. Des ilots comportant plusieurs pitons de roche et autant de maisons byzantines ont été achetés et réhabilités par des architectes locaux aidés de géologues depuis une dizaine d’années..

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L’ensemble des interlocuteurs interrogés affirme s'être aidés de photos pour réhabiliter les caves et reconstruire les habitations délabrées exactement comme elles étaient avant leur abandon. Les mêmes types de pierre ont été employés pour la reconstruction des maisons byzantines et des murs porteurs à l’intérieur des chambres caves. Si l’ensemble des maisons byzantines n’a pas reçu de grands changements intérieurs par rapport aux constructions d’origine, de nombreuses modifications ont été mise en oeuvre dans les chambres caves pour des raisons fonctionnelles, esthétiques et structurelles. L’ensemble de l’enveloppe intérieure a été grattée et comblée à certains endroits pour obtenir des parois plus ou moins droites. L’un des défis de ces opérations fut d’introduire suffisamment de lumière dans les caves sans dénaturer l’aspect extérieur des cheminées de fée par la création de nouvelles ouvertures. Alors que, dans les chambres byzantines des fenêtres rectangulaires ont été rétablies, dans les pièces troglodytes des ouvrants de différentes tailles ont été disposés dans les ouvertures existantes et seulement quelques-unes ont été pratiquées à l’extéAR A’R S’ISTIE T En °n4°24 2j u ji u l l iel lte2t 021021 2

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MAYMAND (IRAN) Le village troglodytique de Maymand est situé dans la province de Kerman, à 37 kilomètres au nord-est de Shahr-e Babak, environ à 150 km à l'ouest de Kerman, dans une région assez montagneuse et désertique. Maymand est à plus de 2200 mètres d'altitude, le climat y est montagnard tempéré, avec des étés chauds voire très chauds et des hivers rigoureux ; les précipitations se situent autour de 300 à 500 mm par an et sont irrégulières, ce qui explique que le village soit alimenté par deux aqueducs souterrains (des qanats). Le recours à l'architecture troglodytique s'explique d'une part par le climat rude et d'autre part par une formation géologique appropriée.

On dénombre près de 400 "kicheh" (unités d'habitation), avec un total d'environ 2500 pièces excavées. La faible pente du coteau explique la forme particulère des entrées, de longs couloirs creusés dans la roche, en partie en extérieur et couverts dès que la hauteur est suffisante, la porte étant le plus souvent le seul accès à la lumière. Des fenêtres existent dans les parties construites en pierre qui sont parfois accolées sur le devant de la "kicheh". Il peut y avoir jusqu'à quatre niveaux d'habitations. Les habitants sont des pasteurs semi-nomades possédant pour certains des terres dans le village occupé en hiver, alors que la population se déplace en été vers les pâturages d'altitude. L'hiver est aussi la saison où se pratiquent les activités artisanales. Cela étant, les formes d'habitat creusées ne sont pas des refuges temporaires mais au contraire un habitat permanent. L'architecture liée au pastoralisme (abris de bergers, appelés kapar ou gambeh, et granges/bergeries) est située aux alentours et fait partie du patrimoine bâti. Le village a été étudié depuis plusieurs décennies, il est en partie restauré et aménagé pour le tourisme. Il y a un café, un restaurant, une mosquée, un "Hoseinieh" (lieu de prière) et même quelques habitations aménagées en gîtes.

Le village s'étend de part et d'autre d'un fond de petite vallée, qui rejoint une vallée plus importante avec une rivière. La roche du coteau est un tuf tendre. L'ensemble étant couvert par une sorte de "casquette" rocheuse plus dure, bien visible sur la photo panoramique. L'occupation initiale du site remonterait à 3000 ans.

L'équipe qui mène l'étude du village et sa restauration, conduite par Mahnaz Ashrafi, a aménagé

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S O L G O R T Accès-couloirs aux habitations et murets de pierre délimitant les espaces privatifs et canalisant les eaux d'écoulement.

une maison pour y mener ses campagnes d'intervention tout en vivant dans le village, et travaillant en collaboration avec la population. Il y a aujourd'hui entre 150 et 200 habitants à Maymand. Ce chiffre peut paraître faible, en rapport avec les 2500 pièces existantes, mais il est déjà en augmentation depuis que le village est partiellemnt restauré (la population était tombée à moins de 90 habitants il y a une vingtaine d'années). En 2005, le prix international Melina Mercouri (UNESCO-Grèce) a été attribué au village historique de Maymand. Ce prix, créé en 1995 et décerné tous les deux ans, est destiné à récompenser des actions exemplaires de sauvegarde et

L'entrée du "Hoseinieh" (lieu de prière), avec ses trois voûtes construites devant l'espace creusé.

de mise en valeur des grands paysages culturels du monde. Il répond à un besoin nouveau, bien identifié par le Comité du patrimoine mondial qui a reconnu que la protection des paysages culturels, notion plus riche que celle, classique, de "monuments" ou de "sites", était une des grandes priorités actuelles. Un dossier est actuellement en cours auprès de l'UNESCO pour demander l'inscription de Maymand sur la liste du patrimoine mondial. AR A’R S’ISTIE T En °n4°24 2j u ji u l l iel lte2t 021021 2

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Musée du quai Branly, Paris 7e

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COQUES Au nord du jardin, au pied de l'accès au restaurant panoramique situé sur la terrasse du musée, Jean Nouvel a réalisé ce printemps 2012 une coque semi enterrée. Cet "abri de jardin végétalisé" est conçu avec une verrière côté enterré, donc très lumineux. L'extrados de la voûte est équipé de barrettes retenant la terre. L'arrosage automatique est intégré.

Chantiers de "bulles" semi-enterrées Philippe Delage vient de lancer le chantier d'une maison bulle en voile de béton qui sera semi-enterrée, donc bioclimatique et intégrée au paysage Le projet étant en autoconstruction, il se réalisera petit a petit et sera le plus économe possible ! Le terrain est dans le centre de la France à Montgivray dans l'Indre (36), en pente de 30% environ et orienté plein sud avec une vue a 180° sur la vallée, rien devant, juste le soleil ! Le savoir-faire s'appuie sur l'expérience des générations précédentes : le permis a été obtenu en respectant les conseils de Joël Unal, Antonio Beninca, Christian Roux et les autres, c'est-à-dire de rencontrer le maire, la dde et l'archi conseil. Le chantier a démarré par un stage (6 à 7 personnes) encadré par Antonio Beninca. D'autres doivent suivre en juillet, aout, septembre, octobre 2012 (une semaine par mois environ). Un site internet est mis en place (cf encadré en bas de page) : à la fois pour expliquer la démarche, permettre de suivre au jour le jour la construction de cette nouvelle maison bulle, et pour partager l'enthousiasme autour du concept des maisons bulles et/ou en voile de béton. Y sont remarquablement présentés les architectes et auto constructeurs de maisons bulles en France et ailleurs (dont le Nautile, cf page suivante). De Antti Lovag aux projets actuellement en cours, en passant par Javier Senosian, dont Philippe Delage connait également les réalisations, étant gérant de Decomex France (décorations et mobilier d'esprit mexicain), et marié à une Mexicaine !

u n n o u v e a u s i t e i n t e r n e t : w w w. h a b i t a t - b u l l e s . c o m Présente la construction au jour le jour de la maison bulle de Montgivray et beaucoup plus : tous les architectes et auto constructeurs d'habitat bulles !

Egalement une page Facebook http://www.facebook.com/HabitatBulles

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S O L G O R T

Projet "Biométamorphic"

Egalement en région Centre, le Nautile d'Antoine Strauss, autoconstruit entre Tours et Blois, à Saint-Georges-sur-Cher (41). Apres avoir étudié Malcolm Wells, William Lishman, Peter Vetsch et John Hait, il est devenu un mordu de l'habitat enterré, et a entrepris la rénovation d’une cave à vins qui s’écroulait : à la recherche de formes libres, il a choisit celles du Nautile et a démarré sa construction en voile de béton mi 2011. Sans aucune aide extérieure, muni du simple livre de Joël Unal, avec ses mains, sa seule volonté et l’appui de ses proches, Antoine termine actuellement les finitions de cette cave qui, avec un four à pizzas, est devenue aussi cuisine d’été. A également été expérimenté pour le Nautile le système PAHS (Passive Annual Heat Storage, accumulation passive annuelle), avec la pose de feuilles de polyane et plaques de polystyrène : il semble donner satisfaction et alimente de prochains projets plus ambitieux... Une sorte d'hybride entre Maison enterrée, Voile de béton / Habitologie et Earthship.

Mention spéciale du meilleur diplôme 2009 à l'Ecole Spéciale d'architecture, ce projet (Jonathan Alotto et Jaenes Bong) avait pour thème une clinique et laboratoire de transplantation d'organes à Hong-Kong. Inspiré du Jardin des Délices de Jérôme Bosch, il exprime les relations homme-nature, reflète les beautés naturelles cachées de cette ville ainsi que l'esprit de la mythologie chinoise.

Crazy house à Da Lat (Vietnam) Réalisée par une architecte, Dang Viet Nha, cette maison-jardin hôtel (officiellement Hang Nga Guesthouse) devait être un projet artistique personnel, mais devint visitable depuis 1990 : hommage à la nature fait de formes courbes, d'escaliers (5 étages), de labyrinthes oniriques, elle propose un parcours atypique commençant par l'introduction dans un viel arbre géant (de béton !), une galerie d'art et 10 chambres, chacune sur le thème d'un animal. Cette ville de montagne possède déjà une tradition de kitsch : lieu de villégiature, grâce à un climat plus tempéré que Hô Chi Minh Ville ou Hanoi, elle est connue pour son parc à thèmes, ses chalets ornés de faux glaçons... (info Benoit Lambert)

Ci-dessus le principe du PAHS, mis au point dans les années 1980 par l'Américain John Hait, avec un "parapluie" isolant (thermique et hygrométrique) le terrain alentour. Ci-dessous une coque semi-enterrée du Canadien Bill Lishman, selon les principes des "igloo like domes", réalisés dès le début des années 1990 en s'inspirant des dessins d'ambiances de l'artiste britannique Roger Dean.

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IMAGINAIRE TAKE SHELTER Ce récent film de Jeff Nichols retrace les angoisses d'un ouvrier de chantier installé dans l’Ohio avec sa femme et sa petite fille sourde. Il se croit de plus en plus menacé par une terrible tornade et une pluie de déjections chimiques et décide de construire un abri souterrain pour protéger sa famille. Son bunker souterrain, véritable symbole du repli sur soi, représente à ses yeux son ultime refuge. Un parallèle est fait entre la surdité de la petite fille et l’autisme grandissant du père, illustrant comment le manque de communication peut rapidement détruire une famille..

DANS MA MAISON SOUS TERRE Roman de Chloé Delaume (Fiction & Cie, Ed du Seuil, 2009), règlement de comptes familial en forme de monologue fantaisiste, il devait s'appeler Le livre des morts, mais est devenu une autofiction : colère qui s'apaise, et puis s'éteint. La narratrice se promène dans les allées d'un cimetière avec un homme, Théophile, qui n'est là que «pour la donne, la relance, l'orchestration». Elle convoque ses aïeux autour d'elle – grand-mère, mère, vrai père, faux père – et réclame une belle dispute post mortem, un règlement de comptes familial, quelque chose d'infiniment cru, morbide, violent, sincère. Elle est prête à soulever les pierres pour tout voir, tout comprendre. Une musique est disponible sur le site de Fiction & Cie et ici même : c'est la bande originale du livre fait partie intégrante de l'objet qu'est Dans ma maison sous terre. Parce que l'idée, c'est que quand on meurt on devient une musique, qui s'en va gonfler le chœur des morts. Ce requiem expérimental a été confié à Aurélie Sfez, musicienne et créatrice de documents sonores. A chaque personnage sa pièce, extension musicale de sa version papier. (Erwan Desplanques - Telerama n° 3078, janv 2009 et http://www.chloedelaume.net/publications/dans-mamaison-sous-terre.php)

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FORMATION VOYAGE d'ETUDES URBAINES L'EIVP, Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris dipose dans son cursus, de la possibilité d'approfondir l'analyse d'une problématique urbaine. Avait été choisie pour 2011 la question du soussol urbain et son occupation par des activités. Des voyages d'étude de 10 jours ont ainsi été organisés à Montréal, Heksinki et Monaco.


Plaquette du rapport et livrets de voyages téléchargeables sur : http://ww2.eivp-paris.fr/sup/ index.php?rubrique=aetude

DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

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TOURISME

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Une voie verte (vélos et piétons) emprunte depuis l'été 2011 un tronçon (3,5km) d'une ancienne voie ferrée de 1896 entre Le Vigan (Gard) et Tournemire (Aveyron), désaffectée en 1955. Deux tunnels, de 224m et 442m ont été mis en lumière par l'Atelier Lumière. Inspirés des lanternes de cheminots, 50 luminaires à LED assurent balisage et animation. Hormis le balisage vert permanent, alimenté par des panneaux solaires à l'entrée des tunnels, l'éclairage -contrôlé par des déctecteursne fonctionnera qu'en présence des promeneurs. Revue Traits Urbains n°51. (info Clément Bollinger)

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TUNNEL FERROVIAIRE (30)

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La base sous-marine albanaise de Gjiri i Panormes (à 160 km au sud-ouest de Tirana) a été aménagée en musée d’histoire de la guerre froide par Elisabetta Terragni qui travaille entre Côme et New-York. Ce tunnel de 650m de long, 12m de haut, fait pour abriter 4 sous-marins est représen-

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BASE MILITAIRE (ALBANIE)

tatif de la prolifération d’infrastructure militaire pendant la guerre froide (60’ et 70’) le long des côtes d’Albanie : 200 tunnels, 750.000 bunkers (cf bull n°39 p.21). Le parcours du visiteur comprend la pénétration dans cet univers souterrain,

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D'autres actions, non de formation mais de sensibilisation sont menées à partir des réflexions déjà abouties à l'initiative d'Espace Souterrain : Ville 10D, Propositions faites sur Orly-Rungis (Pierre Duffaut et Monique Labbé). Ainsi était organisée avec succès à Vincennes une journée "sous-sol et développement économique" pour le Val de Marne, par la Chambre de Commerce et d'Industrie du 94, l'agence de développement économique du 94 et le Conseil Général 94.

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Ils ont été largement conseillés par les membres d'Espace Souterrain à Paris. Leur rapport se conclut sur la nécessité de mettre en place de nouveaux outils de planification, comme une CROSS (Carte de Recensement de l'Occupation des Sous-Sols qui comporterait un format en 3D pour sa lisibilité), base d'un futur SOSS (Schéma d'Orientation des Sous-Sols) à l'image d'Helsinki qui prévoit des aménagements pour la majorité des volumes en sous-sol dégagéss par son Master Plan. Les compte-rendus des visites de villes apportent une bonne réflexion sur le caractère rentable ou pas du sous-sol qui fait qu'on y va ou pas. mais ils pêchent cependant par un manque d'analyse, particulièrement sur les relations sol/sous-sol : - Monaco, il est question de la mise en sous-sol de la gare mais pas de l'ensemble des réseaux ferrés, routiers avec parkings et plateformes multimodales de transfert, et piétonniers pour passer du haut de la ville au bas de la ville. Monaco est loin d'être un ensemble d'équipements souterrains ponctuels ! Enfin il n'est pas question du caractère non "enterré" de ces équipements qui profitent du relief pour tous regarder dehors et s'éclairer ou se ventiler naturellement. - Montréal, il est question des piétons qui se fraient, en quelque sorte, un chemin et un réseau particulier en cohérence avec le réseau de surface, mais leur exemple n'est pas juste ! Ils ont choisi l'un des rares endroits où le cheminement est rectiligne (et pour cause!) alors qu'ailleurs, ce chemin intérieur, parce qu'il dépend de la bonne volonté des propriétaires des tours, est tout-à-fait aléatoire et souvent très sinueux; il eût été intéressant d'au moins le signaler. - Helsinki, il est question de ce Master Plan, reconduit dans leurs propositions de CROSS et SOSS : de nouveaux outils qui séparent encore une fois sol et sous-sol ! Et ce malgré toute la littérature qu'Espace Souterrain leur avait passé, argumentant qu'on ne pense pas le sous-sol indépendamment de la surface... (info Monique Labbé)

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accompagné des explications historiques. Un sous-marin est visité en fond de tunnel puis le retour vers la lumière s’effectue par bateau.

TUNNELS à TRENTE (ITALIE) E Terragni a aussi, avec Jeffrey T. Schnapp, réalisé en Italie proche la restructuration des deux tunnels désaffectés de Trente (Piedicastello tunnels) en musée expérimental avec Studio Terragni Architetti, FilmWork et Gruppe Gut. Deux galeries de 300m, l’une « blanche », l’autre « noire ». Les premières expositions ont eu lieu en 2008.

TUNNELS de CU CHI (VIETNAM)

CAVE de POSTOJNA (SLOVENIE) Créées par la rivière Pivka, ces cavités karstiques s'étendent sur près de 20km. Elles furent ouvertes au public dès le début du 19e siècle (1819), puis aménagées en 1872 avec un des premiers trains touristiques. Le hall de concert, réputé pour son acoustique a une capacité de 10.000 personnes. Le Studio Stratum a aménagé un magasin de vente, un hall d'exposition et un bureau de poste pour l'accueil du public. Ci dessous et ci-contre en bas : (info Inhabitat - Green Design Will Save the World)

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Situés à 60 kilomètres de la ville de Hochiminh, maintenant parc commémoratif de guerre, les 120 km de long du réseau de tunnels Cu Chi étaient autrefois utilisé par les combattants Vietcong pendant la guerre du Vietnam et ont fonctionné comme la base d'opérations pour l'offensive du Têt en 1968. L'expérience pour le visiteur est profondément émotionnelle. Les curieux peuvent ramper dans les tunnels minuscules qui ratissaient les fonds jungle, regarder les mannequins animés reconstituer la vie quotidienne pendant la guerre, et examiner certains des pièges assez brutaux, assez curieusement, le tout présenté par des guides joyeuses et enthousiastes. Aujourd'hui, le musée recrée les locaux d'habitation. Ci-dessus et ci-dessous.


SOUTERRAINS

ACTIVITES STOCKAGE à STOCKHOLM (SUEDE) Les documents confidentiels défense mis en ligne par l’organisation suédoise WikiLeaks pilotée par Julian Assange sont conservés… dans un bunker ! En effet les serveurs de l’hébergeur indépendant Bahnhof, dirigé par Jon Karlung, occupent un ancien centre de commandement désaffecté au sud de Stockholm (baptisé Pionen, Pivoine !). Celui-ci a été réhabilité en 2008 par un jeune architecte franco-suédois Albert France-Lanord. info nov 2010 http://autour-architecture.blogspot.fr/2010_11_01_archive.html Ci-dessous

POMPIERS à MARGREID (ITALIE) Imaginée par Bergmeisterwolf Architekten la caserne des pompiers volontaires de Margreid (Italie du Nord – entre province de Bozen et Sud Tyrol) est creusée dans la montagne pour préserver les terrains viticoles environnants. Trois galeries permettent un abri relativement économique à la « construction » et à l’usage. Une boite vitrée dépasse du mur noir construit au pied de la falaise, et abrite la salle de réunion dans une des galeries. Deux autres ouvertures, largement dégagées grâce à leurs portes vitrées repliables en accordéon, sont les accès aux garages des véhicules. Ci-dessus et ci-dessous. Info inhabitat.com Jean-Charles Trebbi.

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SFES Sanctuaires souterrains Les 1ères Rencontres ont eu lieu le 26 novembre 2011 à Aubeterre. Des études menées en France sur les églises souterraines de Saint-Émilion et d'Aubeterre ont révélé non seulement un commanditaire commun, mais surtout des influences orientales dans leurs plans, leurs décors et certains aménagements. Ces rapprochements sont restés à l'état de question faute de pouvoir engager des missions d'études comparatives à l'étranger. C'est ainsi qu'est née à l'initiative de JeanLuc Piat, du bureau d'investigations archéologiques Hadès d'Aquitaine, l'idée d'organiser des rencontres entre chercheurs amenés à côtoyer ces monuments rupestres. (Lettre d'info n°120, nov 2011)

Tunnels des Cartels mexicains

REUTILISATION en SAUMUROIS La Région "Pays de la Loire" est à l'écoute des dynamismes locaux (Cf ce bull page 30) puisqu'est à l'étude une Plateforme Régionale d'Innovation sur le monde souterrain : seraient encouragées les nouvelles activités en caves et la réutilisation des galeries souterraines, même si c'est pour cette région surtout le Saumurois qui est concerné. Génératrices d'emplois, ces innovations s'inspireront entre autre des stockage et bureaux au milieu des piliers de carrière dans les galeries américaines de

Le 30 nov 2011, un souterrain de 600m servant au trafic de drogue a été découvert par les agents américains de la Tunnel Task Force (agence dépendant du Department of Homeland Security). Le scénario est presque toujours le même : deux entrepôts, que rien ne distingue des autres dans un quartier de halles, servant officiellement au stockage de fruits et légumes du côté californien, sans fonction évidente du côté mexicain, sont connectés par un tunnel clandestin. Celui-ci a été conçu par un ingénieur formé dans l'une des meilleures écoles des mines du Mexique, qui, à ses heures perdues, arrondit ses fins de mois en mettant ses compétences au service d'un cartel. Au cours des dernières années, 124 tunnels ont été découverts et 250 tonnes de marijuana ont été saisies au cours de diverses opérations. (Lettre d'info n°120, nov 2011)

Souterrains de Schiltigheim

Kansas City (Subtropolis, cf bull n°32 p39 et ci-dessus), des spectacles comme les cathédrales d'images aux Baux de Provence, ou des thermes de Jonsac, aménagées dans une ancienne carrière. Ci-dessous.

Des kilomètres de souterrains liés à son histoire brassicole. « Au départ, les brasseurs de Strasbourg, au XIX° siècle, sont venus à Schiltigheim chercher du froid » : ils louaient des prés en hiver pour les inonder afin d’obtenir la glace dont ils avaient besoin pour rafraîchir leurs caves de garde. Avec les prés, les brasseurs se constituaient sur place des caves de stockage, profitant d'un sol composé de loess, très facile a creuser. Ainsi, pendant la première partie du XIXe siècle, Schiltigheim se dote, peu à peu, d’un immense réseau de galeries et de salles souterraines, jusqu’à l’arrivée du froid industriel, dans la seconde moitié du XIX e siècle. (Lettre d'info n°121, déc 2011)

Effondrement à Saint-Vaast-lès-Mello Plusieurs blocs de pierre de 4 à 5 tonnes sont tombé le 20 décembre dans le salon d’une habitation troglodyte (68 rue des Fontaines). Il n’y a pas eu de blessé malgré la présence dans la maison

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Semi-enterré entre Aude & Hérault A 500 mètres d'altitude, entre Citou et CaunesMinervois, ce hameau en pierre sèche avec vue sur les Pyrénées a commencé à être réhabilité il y a dix ans. Les précédents propriétaires avaient remembré les différentes parcelles, et après travaux, "il y a aujourd'hui 250 m2 potentiellement habitables", sur ces 3,5 ha de terrain accessibles par 5km de piste. Il est en vente à 150 000 euros. (Lettre d'info n°122, janv 2012)

Bunker à Montceau (71) Un abri anti-aérien datant de la Deuxième Guerre, découvert lors de la requalification de la place de l’Église, sera en partie valorisé, comme « morceau de l’histoire de la ville ». L’idée serait de disposer une plaque en verre au-dessus du premier des escaliers descendant sous terre, panneau explicatif à l’appui. Quant à la partie basse, le projet pourrait amener à la démolition de l’équipement d’époque, bunker conçu pour résister... (Lettre d'info n°123, fev 2012)

Exposition géologique, Catacombes LA MER A PARIS - Il y a 45 millions d'années Du 20 mars 2012 au 3 mars 2013 les Catacombes de Paris proposent un voyage dans l’espace et dans le temps à 20 mètres sous terre et depuis 45 millions d’années… Cette exposition révèle au visiteur les traces d’une époque où Paris était occupée par une mer tropicale, il y a 45 millions d’années environ. (Lettre d'info n°124, mars 2012)

Troglos du Shaanxi (Chine) Xi Jinping qui devrait succéder en 2013 à Hu Jintao au poste de président, a passé sept ans de sa vie dans une grotte de la province du Shanxi lors de la révolution culturelle des années 19601970. Une expérience centrale pour son image, comme l’explique la BBC, puisqu’il en profite pour se prévaloir d’avoir vécu plusieurs années la vie des Chinois parmi les plus pauvres. (Lettre d'info n°124, mars 2012)

pruntaient se devaient de progresser cassés en deux, traînant des sacs où l'on découvrait quelques vivres, des médicaments, parfois une poignée de roquettes. Enfin pour faciliter les transports, sur les deux tiers du trajet, une petite motocyclette tirant une minuscule remorque réussissait à faire des allers et retours. (Lettre d'info n°124, mars 2012)

Exposition Erdstall (Allemagne)

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d’une mère de famille et de ses deux enfants. Les très fortes pluies tombées de façon incessante les jours précédents auraient pu affaiblir la paroi. Le quartier où se situe la maison sinistrée est une zone de sources, avec d’anciens lavoirs. (Lettre d'info n°121, déc 2011)

L' Exposition "Erdställe, rätselhafte unterirdische Anlagen", réalisée par l'association Der Erdstall se tiendra du 30 mars au 4 novembre 2012 au musée archéologique de Kelheim. http://www.archaeologisches-museum-kelheim.de (Lettre d'info n°125, avril 2012)

Art en troglo, St-Etienne-de-Chigny (37) Pour la troisième année, la municipalité organise, dans le cadre de L'Été des arts, la manifestation L'Art en troglo qui rassemble 39 artistes, chiffre en progression au fil du temps. « L'idée majeure est la mise en relation d'artistes avec des propriétaires de troglodytes et les habitants du village », précise Didier Morissonnaud, adjoint aux affaires scolaires et culturelles : les uns expriment leur talent, les autres permettent la découverte de leur site particulier. En visitant les 17 sites ouverts, on peut y apprécier tous types d'œuvres de peintures, sculptures, modelage, installations… Certains artistes vivant dans le village reçoivent dans leur atelier d'autres venus des alentours. (Lettre d'info n°126, mai 2012)

SUBTERRANEABELGICA Réservoir d'Etterbeek lez Bruxelles Visitable lors de "portes ouvertes" en mars 2010, à l'occasion d'une mise à sec avant réparations, ce réservoir enterré (un carré d'environ 60m de côtés construit en 1876) emmagasine des eaux captées à 8 km de Bruxelles. Pour son alimentation, des galeries drainantes ont été creusées au coeur de la nappe aquifère. De section de 1m80 X 1m20, parfois longues de plusieurs km, elles peuvent se trouver à plus de 60m sous terre et à qques 18m sous le niveau de la nappe actuelle. Ci-dessous

Tunnel à Homs (Syrie) Les insurgés l'appellent «le tunnel». Il mérite ce nom puisque ce souterrain était comme une jugulaire pour le quartier de Bab Amro (encerclé depuis des mois par l'armée), une longue veine d'environ 3 kilomètres qui permettait à la petite enclave rebelle de Homs de ne pas complètement étouffer. Mais ce n'est en rien un tunnel, juste une canalisation en béton où suinte un peu d'eau, à quelques mètres sous terre, et où ceux qui l'emAR A’R S’ISTIE T En °n4°24 2j u ji u l l iel lte2t 021021 2

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Un autre article rappelle d'anciens réservoirs situés en Turquie : d'abord les citernes d'Izmir, associées aux vestiges de la citadelle du "château de velours" (Kadifekale) dont la restauration a été entreprise depuis 2007. Ensuite celles d'Istanbul où une vingtaine d'anciennes citernes sont dénombrées (sans parler des petits réservoirs byzantins), dont particulièrement Yerebatan Sarayi, citernebasilique oubliée sous l'Empire Ottoman, et surtout Philoxenos, citerne des 1001 colonnes (les 224 colonnes de marbre qui la supportent). Restaurée, celle-ci abrite aujourd'hui spectacles, concerts, défilés de mode, etc. (bulletin n°68, décembre 2011. Ce numéro comporte également une très riche bibliogaphie internationale sur la subterranologie)

ARCHITECTURE CONTEMPORAINE LUMIERE FRUGALE (DIFFUSEURS) Alternative à la lumière électrique ou aux chers Lumiducs proposés par les sociétés comme Solarspot ou même Velux, cette version "frugale" pour les moins fortunés apporte la lumière sous une toiture sombre, mais sans dépenser d'énergie pendant la journée ! Ces puits de lumière installés sur les toits de bidonvilles sont fabriqués à partir de simples bouteilles en plastique et permettent désormais d'éclairer des habitations sombres... Il suffit de percer le toit d'un trou circulaire d'une dizaine de cm et d'y placer une bouteille remplie préalablement d'eau et de javel (puis d'étancher). "Un litre de lumière" (Isang Litrong Liwanag) apporte celle-ci gratuitement presque 10 mois, grâce à la réfraction de la lumière naturelle sur 360 degrés, avec une intensité lumineuse équivalente à une lampe à incandescence de 50 watts. Une idée développée par des étudiants du Massachusetts Institute of Technology. Actuellement 10 000 puits de lumière de ce type ont été installées au Brésil, en Haïti et à Manille, dans les Philippines. Ci-dessous, vues du dessus et du dessous :

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KANYON COMMERCIAL en TURQUIE Au nord du centre d'Istanbul, le nouveau quartier de Levent regroupe de nombreux buildings de bureaux des années 1990, le long de la Büyükdere avenue. Au n°185, un récent ensemble conçu par The Jerde Parnterships (Los Angeles) regroupe une tour de bureaux de 30 étages, un immeuble de 179 habitations sur 22 étages, des salles de théatre, et à leurs pieds (juin 2006), le centre commercial Kanyon quasi enterré de 37500 m2, mais bénéficiant de lumière naturelle et de verdure sous forme d'un "canyon" qui aére les 160 boutiques.

HOTEL dans un GOLF (ANGLETTERRE) Le Club de Golf Hersham, dans le Surrey, a confié a l'architecte ReardonSmith le projet d'un luxueux hôtel (5*) de 200 chambres. Chacune s'ouvrirait sur de généreuses cours creusées Il intégrerait un spa, une boutique, restaurants et bars ainsi que le nouveau clubhouse, utilisant dans ces espaces de nouveaux principes d'éclairage (lumiducs, périscopes ? ndrl).. Le bâtiment, ainsi que la majorité des aires de stationnement seront semi-enterrés, pour valoriser l'espace naturel boisé environnant Une dimension importante du projet est également sa desserte routière : création d'un rond-point sur la Esher Road à partir duquel serait créé un nouvel accès pour le Club et pour l'hotel. Extrait (début 2010) du site consacré à des archis "vertes" : http://webecoist.momtastic.com


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ANCIEN SILO de MISSILES (US) A Dover (Kansas), après des années d'abandon, ce silo souterrain militaire (missiles) a été transformé en habitation par Ed Peden (achat 48.000$). Seules apparaissent hors sol une cabane qui marque l'entrée, ainsi que les trémies d'escaliers de secours déguisées en mini tourelles ! Ci-dessous Extrait du même site http://webecoist.momtastic.com

TOUR & GALERIE HABITABLES (GB) The Round Tower est une villa moderne lumineuse de 335 m2, composée en partie d'une tour récupérée des restes d'un incendie et de l'autre d'un souterrain secret. Une association réussie entre "dessus" et "dessous" ! La tour de la fin du XVIIe mesure 10 mètres de haut et ses souterrains ont été restaurés tout en préservant les murs et les escaliers séculaires. Légèrement enfoncés devant l'ancienne architecture, on trouve la piscine et la terrasse solarium, d'où partent les murs de la structure en ciment qui assurent l'isolation thermique. Grâce à une ouverture circulaire, qui laisse entrevoir une partie de la tour, la lumière et un peu de ventilation naturelle arrivent vers les chambres enterrées. Elle se trouve dans la campagne anglaise du Gloucestershire, donnant sur le village de Siddington. La conception est de De Matos Ryan Architects, connus pour leurs différentes interventions de rénovation d'architectures historiques qui mélangent écodurabilité et design moderne. Revue A vivre n°66, mai-juin 2012 Ci-contre, colonne de droite AR A’R S’ISTIE T En °n4°24 2j u ji u l l iel lte2t 021021 2

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MAISONS VERTES "LA PLUS ORIGINALE" - M6 En novembre 2011, la maison lauréate de l'émission "Ma maison est la plus originale de France" (diffusée par M6) est une maison semi-enterrée construite à Plaisir (Yvelines) dans les années 1970 par l'architecte Etienne Fromanger. Le terrain décaissé, des voûtes en béton de 25cm sont coulées puis recouvertes de 1,5m de terre... Une maison de 350m2 silencieuse, et malgré tout la lumineuse avec puits de lumière dans pratiquement toutes les pièces et des baies vitrées dans d'autres. photo ci-dessus. Le propriétaire actuel avait gardé un fort souvenir de l'expérience de cette maison découverte à l'adolescence lors d'une visite chez des cousins de ses amis ! Apprenant qu'elle était en vente, il la rachète il y a 6 ans, et la décore façon seventies. C'est la chaîne de télévision qui l'a contacté, pour filmer la maison, puis le convaincre de participer à cette émission ! Interrogé sur la perception de cette maison, le propriétaire affirme que "personne n'aime pas du tout, le ressenti est toujours bon. Les enfants, ça les fait marrer parcequ'ils ont l'impression d'être dans une cabane, et les adultes, s'ils viennent le soir, ajoute-t-il, ont l'impression d'entrer dans un film porno !" C'est un cocon protecteur et silencieux, un "délire érotico-zen" conçu par un architecte "qui revenait du Japon et voulait recréer la sérénité d'un ventre maternel." Parmi les 12 maisons concurrentes (en France), il y avait une maison troglodyte creusée dans la falaise de Cotignac (cf bull n°41 p.31) arrivée en 9e position, et aussi une maison-serre, une maison container, etc.

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Le Tropical Tambau Hotel est construit sur la plage de Joao Pessoa, la ville la plus orientale du Brésil ! Conçu semi enterré derrière des talus (cf projets d’Emilio Ambasz en Italie du Sud) par Sergio Bernardes en 1966. Ses 175 chambres disposent de vue sur la mer ou sur le jardin intérieur. En 1971 il est repris par l’Etat du Paraiba. La ville est née entre les rives du fleuve Sanhauá et le littoral, et au centre ville un grand lac circulaire (ci-dessous) caractérise le Parque Solon de Lucena (tracé par Burle Marx), auquel semble faire écho l’hotel.

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Sous le titre L'hexagone parfait, était décrite une maison réalisée à Aroeira (Portugal) par Manuel & Francisco Aires Mateus en 2011. A 25 km au sud de Lisbonne dans une forêt de pins et à 600m de la plage, une communauté protégée se présente comme une collection de villas plus opulentes les unes que les autres, déclinant tous les styles possibles : du classique au moderne en passant par la maison bois ou le chalet. Celle-ci se présente comme un mur aveugle émergeant seulement de 80cm de haut et isolant un espace privatif. La forme hexagonale reprend celle de la parcelle sur laquelle la maison est installée. En revanche la liberté des formes du patio contraste avec la rigueur de l’hexagone. Sur 300m2, la maison est un espace linéaire découpé par le dessin des salles de bains qui assurent la partition entre les pièces. Côté mur, les disques en apesanteur sur le toit sont à la fois ventilations et éclairage naturels. (Revue Domus n°953, décembre 2011) Ci-dessus et ci-dessous

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- "Marmott Story" (Amandine Bouheret, Armin El Fassi, Vincent Delfaud, 2e prix) recrée d'un côté des rues connectées à la trame urbaine du village, et de l'autre une coulée verte vallonnée près des constructions : les deux niveaux de celles-ci donnent sur des terrasses de plain-pied obtenues grâce aux buttes enherbées créées à partir des déblais d'excavation.

- "L'étonnante vie des territoires durables" (Marc-Olivier Luron, Philippe Zulaica, simplement sélectionnés) regroupe de façon assez denses des maisons jumelles (avec serre bioclimatique) dont le jardin se prolonge visuellement sur la toiture végétalisée voisine.

INMETRO LABORATOIRES Construit par Luiz Eduardo Indio da Costa après un concours gagné en 1973, Inmetro (Instituto Nacional de Metrologia) regroupe différents laboratoires sur 100.000 m2 de bâti (optique et thermique, chimique, électrique, acoustique et vibrations, mécanique, etc.) dans un campus paysagé où apparaissent des terrasses massives de béton au dessus de volumes orthogonaux protégés des vibrations externes derrière d'imposants talus. Ce travail situé dans la municipalité de Duque de Caxias (campus de Xerém), à 20 km de Petropolis et 40 km au nord du centre de Rio de Janeiro, a été primé en 1987 et en 2002. http://www2.inmetro.gov.br/museu/historico-xerem.php

HABITER EN SOMME : PROJETS En 2007 avait eu lieu un appel à idées pour des logements et des quartiers durables pour la Somme, organisé avec le CAUE qui fit largement circuler l'exposition l'année suivante. Deux sites périurbains étaient proposés, l'un "villageois" et l'autre "central", suggérant plus de densité. Après une définition argumentée du "développement durable" (dont le public ne connaît que très mal la signification) et une présentation détaillée des paysages et de l'habitat picard, les projets sont proposés. Certains d'entre eux font appel à des nouveaux paysages construits :

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- "La vague éolo" (agence tchèque Dobris, également sélectionnés) introduit des formes naturelles, très végétales, sous des toitures végétalisées en forme de vagues, et en développant des technologies modernes avec l'ambition de l'autonomie énergétique.


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- "Green ruban" (Arnold Velay, Anne-Lise Langlet, François Da Silva, non retenu) sans grande qualité urbaine, mais propose d'investir tous les toits des logements, protégés par des garde corps aléatoires et accessibles par de petites échelles.

infos Jean-Charles Trebbi

ÉQUIPEMENTS VERTS MEMORIAL JEAN-PAUL II (BRESIL) Situé à Vitoria, le mémorial commémore la venue du pape dans la capitale de cet état du Saint Esprit (Espirito Santo) en 1991 : à l'endroit où il célébra une messe se tient aujourd'hui une chapelle dédiée à la Paix, semi-enterrée sous un soulèvement de pelouse du grand parc de la place du Pape. Seule émerge une croix sculptée, abritant une colombe symbolisant l'Esprit saint... A côté de ce monument discret vient de s'achever le Cais des Artes (cf ce bull page 3).

PARC POBLENOU (BARCELONE) Une des extrémités de ce parc aménagé par Jean Nouvel en 2008 comporte un soulèvement de sol qui abrite des services techniques liés au nettoyage (recueil pneumatique des ordures). Revue Paysage actualité n°30 p.5

CIMETIERE PAYSAGE (SUEDE) Un étonnant cimetière au sud de Stockholm construit par Sigurd Lewerentz et Gunnar Asplund à la suite d'un concours d'architecture de 1915, est depuis 1994 Patrimoine de l'Unesco : Skogskyrkogården (le Cimetière des Bois) En France, il faut attendre les années 50 pour voir le cimetière-paysager de 34 ha créé par Robert Auzelle au Petit-Clamart (92) dans le quartier de la Plaine, 108 rue de la Porte de Trivaux. info Pierre Duffaut

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ART CONTEMPORAIN (BRESIL)

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ARCHI & PAYSAGE Perdu dans la jungle brésilienne à l’ouest de Belo Horizonte, le Centre d’Art contemporain Inhotim (cf ce bull page 9) est aussi un musée botanique aménagé sur 97 hectares avec une quinzaine de pavillons d’exposition et de nombreuses sculptures en plein-air. L’idée originale vint de Bernardo Paz, grand industriel de l’acier, qui décida de faire partager sa collection. Il commença par paysager le parc de sa propriété avec Burle Marx en 1994, puis l’ouvrit au public avec sa collection privée en 2006.

Un mélange inouï de botanique, d´architecture, d´installations et de galeries ! Certaines des galeries disséminées dans l´immense jardin ont une architecture audacieuse, en général conçue avec l’artiste de l’œuvre lui-même : un volume blanc en apesanteur au dessus d’une rive gazonnée (la galerie Adriana Varejao par l’architecte Rodrigo Cervino Lopez ci-contre à gauche), une salle ouverte sur un cheminement au bord de l’eau (la galerie True Rouge, du nom de l’œuvre exposée – Tunga, 1997 ci-dessus), un cylindre de verre contre une pente (Sonic Pavillon, qui depuis 2009 abrite le puits de 200 mètres de profondeur dans lequel Doug Aitken a placé huit micros qui restituent le son de l'intérieur de la montage, le «son de la terre» ci-dessous).

Aujourd’hui, Inhotim offre environ 500 oeuvres de plus de 100 artistes de 30 pays différents des années 1970 à nos jours. Une grande particularité est de permettre aux artistes de créer des oeuvres spécifiquement pour le musée, pour accentuer la correspondance avec les caractéristiques naturelles et culturelles du lieu. Les jardins accueillent plusieurs milliers d’espèces différentes de plantes que peuvent faire découvrir des guides formés en arts plastiques et sciences naturelles. Le parcours est éventuellement assisté par de petites navettes (caddies de golf), et agrémenté de points d’eau potable fréquents, de restaurants, de cafés et boutiques. Réalisé en 2009 par Alexandre Brasil et Paula Zasnicoff, le Centre éducatif Burle Marx à la vaste terrasse parcourable (ci-dessous) s’inscrit dans l’objectif de ce lieu, mêler art et botanique dans des actions de formation et d’enseignement. site web : www.inhotim.org.br

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CAMPUS UNIVERSITAIRE (COREE)

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Cette réalisation a déjà plusieurs fois été publiée, Dominique Perrault ayant une forte sensibilité à l'architecture-paysage (cf. bull n°35 p.11 et sa maison en Bretagne, bull n°41 p.50), mais ces photos apportent un éclairage particulier sur sa situation urbaine. L'Ewha Campus Complex (2004-2008) s'incrit entre l'ancienne (1886) et très populaire université féminine Ewha qui s'étend sur près de 60ha, et le quartier voisin de Shinchon. Ses 70.000m2 abritent salles de cours, bibliothèque et amphithéatres, mais sont surtout un point d'entrée au campus, entretenant des liens avec la ville. Au dessus un nouveau jardin, à l'intérieur salle de gym, piscine, deux salles de cinéma, des boutiques, un théâtre de 750 places le long de ce grand sillon au coeur du Ewha Square à Seoul, qui accueille différentes manifestations ponctuelles. http://www.architonic.com/fr/aisht/ewha-womans-university-dominique-perrault-architecture/5101250

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FABRICANTS SIKA-SARNAFIL Ci-dessus, une bonne démonstration des toitures vertes, qui semble-t-il sert de publicité à SikaSarnafil en Italie ! Revue Domus n°953, dec 2011

GEOMOSS en FACADE Ci-dessous, un composant de façade en céramique alvéolaire végétalisé, conçu au Japon et distribué en Europe, revendique "la dimension écologique de l'esthétique japonaise" : issue de savoir-faire ancestral, cette matière neutre sert de substrat à une mousse de la famille des racomitrium, plante pionnière se nourrissant de l'humidité de l'air ambiant et non par les racines.

L'entreprise à l'origine de Geomoss a été primée au Japon en 2007, au titre d'innovation écologique. http://www.geomoss.com/presentation.php#3 © Geobois 7 rue de Phalsbourg 67000 Strasbourg info Jean-Charles Trebbi

FLOWALL TOTEM en INTERIEUR La végétation verticale se développe en décoration intérieure : ce mur en kit assemblé en 20mn est sans cesse en évolution, avec réservoir d'eau, irrigation automatique (1 mois d'autonomie). www.flowall.com Info Jean-Charles Trebbi

ECOSCULPTURES de PAUL-LOUIS DURANTON Alliant ses compétences scientifiques et son instinct d’artiste, il propose des 'écosculptures' : des reconstitutions de paysages rocheux mariant eau, minéral, flore et faune. (Cf expo sur les rochers des lettrés chinois, ce bull page 15 ou l'art de créer de faux rochers mêlés à l'architecture mais avec le vivant...). Ces microcosmes artificiels reposent sur l’interdépendance entre faune et flore : la végétation greffée sur les aquariums ouverts se nourrit des engrais produits par la faune aquatique et en conséquence dépollue naturellement l’eau. Chaque 'écosculpture', miniature ou de grande dimension, murale ou en îlot central, reprend le

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L'aménagement urbain s'adapte de plus en plus aux nouveaux comportements : fauteuils de plein-air en Autriche à Vienne depuis 7 ans par le collectif Enzis dans le quartier des musés pour pique-nique, petit roupillon, ou laisser les enfants s'amuser...

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CANAPES URBAINS...

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Nouvelle série d'aménagements de "mobiliers" urbains à Hambourg (2012), par Olivier Schau à partir du détournement des tuyaux de drainage souples mais à forte section (ci-dessous), ou avec

de nouveaux canapés urbains (ci-dessous à gauche), comme dans un parc à Zurich (ci-dessous).

principe de cette symbiose garantissant sa vitalité. Entre fidélité à la nature et pied de nez créatif, Paul Louis Duranton invente des paysages rocheux sculptés dans un seul et unique bloc de composite pour un effet monolithique ultra réaliste. Et poids plume ! Une grotte, une source, une mangrove, une île, une montagne, un jardin... Chez soi ? Tout cela est possible car léger et se sculpte à toutes les dimensions, s’intègre dans tous les espaces urbains intérieurs ou extérieurs. Atelier Paul Louis Duranton 11 rue de Villeneuve, 77320 Meilleray tel 01.64.65.14.30 et contact@ecosculpture.fr www.ecosculpture.com

Et au delà de la position, adoptée sur un matériau dur ou souple, on retrouve sur certains projets l'idée de s'allonger dans l'herbe. Cf de nombreux concours de mobilier urbain (Parck design 2008 -ci-dessous, Design Hi-Macs en 2011) sans parler de la "biennale" de la Défense (ce bull p.15).

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SENTIERS au CAP-VERT Les montagnes du Cap-Vert sont parcourues par des sentiers pavés vertigineux aménagés avec parapets de pierres sèches. Info Benoît Lambert.

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PISTES sur TERRILS (62) Noeux-les-Mines est connu depuis 1996 pour son terril aménagé en piste synthètique de ski bordée de deux remontées. Elle a été refaite en 2006 et est devenue un stade de glisse.

DECALADE sur IMMEUBLES Le principe est de descendre une paroi verticale – une falaise, un pont ou un édifice – en regardant vers le bas, le corps à l’horizontale. Comme pour l’escalade, on est retenue par un harnais et une corde qui va du sommet de la paroi jusqu’au sol. Le but : prendre le contrôle de soi, savoir se situer dans l’espace, effectuer un 360 degrés, contrôler ses descentes et ses atterrissages. Un site canadien (Montréal) propose depuis 2000 la pratique de ce nouveau "sport" (ou "activité sportive de dépassement humain"), que l'on peut aussi expérimenter par exemple à Berlin (cf bull n°38 p.54). www.decalade.com

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VIRTUELS : la VILLE VIDEOLUDIQUE Après la culture skateboard l'année dernière (cf bull n°41 p.67), la Gaîté lyrique s'engage cet été 2012 avec Joue le jeu dans les nouvelles formes du jeu aussi esthétiques que ludiques au cœur de l'âge d'or créatif du jeu-vidéo. Joue le jeu met à l'honneur les jeux interactifs : entre jeu-vidéo, jeux de mains, jeux sociaux, jeux de société et jeux de construction Sous la rubrique "Ville et jeux vidéo", le site propose une série d'articles de Philippe Gargov, qui s'inspirent très directement de l'Atelier TransitCity du début de l'année (animé par Erwan Cario et François Bellanger) autour de la question "Et si les jouets et les jeux vidéos devaient radicalement changer nos rapports à la ville ?". Depuis les premières représentations de la ville comme décor (années 80 très abstraite puis permettant de se situer dans un environnement connu) puis comme étape ou relais (intégrée à des jeux de rôle, créant des lieux de repos, sans danger où l'on prépare les prochaines expéditions), elle apparaît comme système complexe (à construire, cf Sim-City 1989 inspirée des travaux de Christopher Alexander et qui évolue progressivement vers la gestion de cité en découvrant les


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En mai 2011, étaient révélés les lauréats de la 6e édition du concours Acier de ConstruirAcier : le thème «Habiter un pont, une aubaine urbaine ? » avait réuni plus de 230 étudiants en architecture et en écoles d’ingénieurs. Le 1er prix était un pont entre l'île Héron et l'île de Nantes à Nantes par Paul Jaquet, Mattie Le Voyer, Jules Eymard (ENSA Nantes) et Adrien Gauthier (ENSA Paris Malaquais). Ci-dessous.

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UNE AUBAINE URBAINE ?

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Le thème des ponts habités (cf bull n°9 p.68-69) revient d'actualité avec l'idée défendue en mars par Chantal Jouanno (ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie) de la création d’un pont habité sur la Seine au niveau de Tolbiac. Un projet des ateliers Nouvel, Duthilleul et Cantal-Dupart (qui avaient ensemble été consultés sur le Grand Paris) sur deux niveaux, 75.000 m2 de services, commerces, logements étudiants et une bibliothèque. Ce pont reposerait « sur une continuité urbaine et végétale, qui irait de Jussieu à Tolbiac en passant par le Jardin des Plantes (…) et ensuite de Tolbiac jusqu’au bois de Vincennes, en traversant la Seine ».

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Le second prix était intitulé Habiter le paysage : la transformation du pont Grande Duchesse Charlotte de Luxembourg en pont Vierendeel (structure à échelle) par Gabriel Gozzo, Julien Grentziger, Lucas Bertrand (ENSA Nancy). Ci-dessous

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paramètres, en jouant essais-erreurs) et maintenant comme ville-jeu, comme espace ludique à découvrir : les missions consistent à aller de A à B, on peut utiliser des transports divers, découvrir la ville depuis ses rues (d'abord des trajets limités), ou d'un hélico, voire même la découvrir en la visitant historiquement, à d'autres époques, au XIIIe, au XVe siècle... On peut même se trouver dans une ville où tout est jouable : on peut passer sur un toit, sauter de toit en toit !

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Ce projet rappelle le concours international lancé en 1997 par le maire de Paris (Jean Tibéri à l'époque), pour une passerelle « habitée » sur la Seine, entre la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et le parc de Bercy. Destiné aux piétons, il devait abriter des boutiques, des cafés, des bouquinistes et autres activités, à l’image des anciens ponts de Paris. C’est une simple passerelle piétonnière qui a été construite à cet endroit du fleuve.

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La création d'une université de technologie est décidée en 1985 à Sévenans. Un château existant, et un bâtiment-pont conçu par Roland Castro comme une séquence de rues et places couvertes en partie au dessus de la petite rivière existante. Ci-dessous. Cet Institut Polytechnique est deve-

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PONT UNIVERSITAIRE à SEVENANS

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nu en 1999 l'université de technologie de Belfort -Montbéliard (UTBM) en fusionnant avec l'École nationale d'ingénieurs de Belfort. Cf sur les universités en "pont", celle de Calabre bull n°41 p.66.

PONTS HABITÉS TRADITIONNELS Landerneau (Finistère) a fêté les 500 ans du Pont de Rohan. De 67m de long, c'est l'un des rares ponts habités d'Europe (cf Lovetch en Bulgarie, bull n°41 p.66, ou le Krämenbrücke ou pont des épiciers à Erfurt en Allemagne). Des habitations mais aussi des commerces sont présents sur cet ouvrage (cf mai 2010, 2mn au 13h de TF1, et http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_habité)

CAPTEURS HELIODOME BIOCLIMATIQUE L'Héliodome de Eric Wasser (ébéniste de formation) est un volume architectural fixe fondé sur la trajectoire du soleil dans son cycle annuel : il laisse entrer le maximum de lumière et de chaleur en hiver, car les rayons solaires le frappent de façon perpendiculaire. L'été, ces rayons rasent la façade sans pénétrer à l'intérieur de la maison. Sa forme évoque une coquille Saint Jacques inclinée. C'est en quelque sorte un cadran solaire en trois dimensions. Le projet est imaginé en 1998, le brevet déposé en 2001, et il obtient le 1er prix du Concours Lépine en 2003. Pour passer à la réalité, le permis de construire est obtenu en 2005 et les travaux ont débuté en septembre 2008. L'héliodome achevé a été entièrement auto-financé.

Sur le Cher vers Chenonceau, autre célèbre pont habité (ou habitation en pont puisque la circulation n'est as assurée !) le Moulin Fort à Francueil (ci-dessous) qui n'a plus de roues.

En bas de page, les Grands Moulins de SaintAignan (plus en amont, en Loir et Cher), appuyés sur les premières arches du pont, incendiés à la fin de la seconde guerre puis détruits en 1974. cf http://s250308128.onlinehome.fr/6.html

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Située à Cosswiller en Alsace (Bas-Rhin) et terminée il y a quelque dix-huit mois, cette maison de 200 m2 sur trois niveaux tient ses promesses : 17° l'hiver sans chauffage et la partie basse ne dépasse pas 20° en été. Ceci grâce à cette forme solaire inédite, mais aussi une isolation laine de bois pour l'intérieur et liège à l'extérieur, le tout sur une structure bois et béton. Des panneaux solaires thermiques fournissent l'eau chaude sanitaire. Sur un an, cette maison permet d'économiser 80 % de l'énergie consommée dans une construction classique.


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L'édifice a attiré plusieurs milliers de visiteurs depuis l'inauguration et figure déjà dans les brochures des offices de tourisme de la région. Eric Wasser a eu en effet la bonne idée d'en faire une maison témoin, ouverte au public et accueillant des séminaires et conférences. Mais au delà de l'effet de curiosité, quelles perspectives économiques pour ce bâtiment expérimental ? Eric Wasser, qui souhaite développer seul son affaire, annonce trois projets au stade du

EOLIENNES CARENEES En avril 2010 ont été inaugurées deux turbo-éoliennes "carénées" sur le toit de la Maison de l'Air à Paris 20e. Ce sont de discrets cylindres de 1m de diamètre, plus silencieuses que les éoliennes classiques, mais permettant néanmoins quelques économies. Elles sont fabriquées par la société grenobloise Elena Energie. Situées sur un point élevé de la capitale, ces deux éoliennes devraient avoir une certaine efficacité qui permettrait de couvrir chacune la consommation électrique de 3 familles de 2 enfants (hors chauffage) soit un peu plus de 9000kWh. Le résultat ne semble pas à la hauteur des espérances, mais les mini-éoliennes sont toujours conseillées comme appoint des usages domestiques pour des sites ruraux. A ce sujet, consulter le très bon site de Simon Lee : http://www.eolienne-particulier.info/

PIEGES à VENT en LUBERON permis de construire à un coût qui ne dépasse pas 2000 €/m2. Sa société dispose d'un catalogue désormais finalisé, avec des surfaces allant de 20 m2 (bungalow) à plus de 100 mètres carrés. L'inventeur précise avoir affiné son concept de construction, plus simple que celui du prototype. Lequel devrait poursuivre sa carrière de monument alsacien hors norme et inspirer peut-être de nouvelles architectures radicalement solaires. Dès à présent d’autres projets sont en cours de conception à la demande de maîtres d’ouvrage situés en Alsace, Suisse et Autriche : un petit Héliodome de 80 m2, de plain pied, va commencer prochainement dans le Valais suisse, et des permis sont déposés aux environs de Rosheim, de Sélestat et de Pfaffenhoffen. D'autres chantiers sont à l'étude.

Le Savannah College of Art & Design, école internationale de design, a commandé une structure temporaire auprès de l'agence new-yorkaise nArchitects, qui a travaillé avec l'aide des étudiants pour accoucher de ce beau piège à vent qui se dresse maintenant sur les hauteurs de Lacoste, en Lubéron, ou l'école tient son campus pendant l'été. Le Savannah College propose là tout au long de l’année des enseignements de premier et de second cycle centrés sur les arts et délivrés en anglais, et accueille régulièrement des artistes en visite. (Rue du Four, à Lacoste)

10 rue du Diebach, 67310 Cosswiller 03 88 87 09 66 et http://www.heliodome.com une visite virtuelle : http://www.youtube.com/watch?v=1sxXjUnJCYI AR A’R S’ISTIE T En °n4°24 2j u ji u l l iel lte2t 021021 2

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HOTEL DAR-HI à NEFTA (TUNISIE)

AUTOS à l'ETAGE NEW-YORK, 11e avenue Ce nouvel immeuble accueillant les autos dans les étages habités (cf bull n°38 p.65) est à NewYork à l'angle de la 11e avenue et de la 24e rue Ouest au bord du quartier artistique de Chelsea. 14 des 16 appartements ont un garage aérien au même niveau (En-Suite Sky Garage), accessible par un ascenseur géant fonctionnant à clef. La clientèle semble très people, entre Domenico Dolce, les Kidman les Urbans. Les pompiers cherchent à s'assurer de la sécurité au feu. www.200eleventh.com (info Suvi Kallio)

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Présenté à New-York en septembre 2010 avec une illustration évoquant les rêves fous de Little Nemo (ci-dessous), cet hôtel a ouvert en novembre 2010 dans le sud tunisien. "Dar-Hi" est un hébergement contemporain entre la maison d’hôtes et l’hôtel de charme, aux confins du désert et de la ville. Six ans après l’ouverture de l’hôtel Hi, hotel design à Nice, P h i l i p p e Chapelet et P a t r i c k Elouarghi créent une nouvelle expérience, confiée à nouveau à la designer Matali Crasset (design de l'espace intérieur / extérieur, architecture, décoration, mobilier design...). Dar-Hi se présente comme un ensemble, une sorte de village qui s'inscrit naturellement dans le paysage de Nefta (quartier Ezzaouia) et l'environnement de la ville. Entouré d'un mur comme toutes les architectures locales, Dar Hi suit le mouvement du terrain et épouse les formes du site pour émerger du sol. C’est en arrivant à pieds, en laissant sa voiture à l’écart et en chaussant des babouches à l’entrée, que le séjour commence... La conception et l'aménagement sont faits avec Palmlab, une association qui recherche des applications contemporaines pour les palmiers : composites à base de fibre de palmier, mobilier, nattes, textiles, cuisine, soins... Les 17 chambres sont de quatre type : Pilotis (9 aériennes, donnant sur la vie locale et la palmeraie), Troglodytes (3 dans la partie rocheuse), Dunes (3 au niveau du sable) et Dar malika (maison traditionnelle)


PILOTIS : ces espaces offrent des panoramas exceptionnels et pour chacun différent. Tous offrent deux expériences de vie possibles, l’une plus intime en partie haute avec vue panoramique sur l’extérieur, l’autre davantage publique et collective sur la terrasse ombragée située en bas. TROGLODYTES : pour une expérience minérale ces trois espaces sont éclairés par une lumière zénithale et sont à la fois indépendants avec chacun une terrasse privative et reliés entre eux par un espace commun circulaire. Ils peuvent être loués indépendemment ou ensemble, pour un séjour en famille ou entre amis. Leur fraîcheur rappelle la douceur des maisons troglodytes typiques de la région de Matmata. (ci-dessous)

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C'est un hébergement qui est aussi proposé à l’achat, comme résidence secondaire sans les contraintes : 100000€ sous forme de droit d’occupation de 6 mois par an, et à vie. Libre choix de période de séjour valables dans l’année, et loyer en cas de location à des clients. Un film documentaire de 52mn a été réalisé par David Haremza et Christophe Dumoulin, qui ont suivi pendant cinq ans, pas à pas, ce projet, en retraçant l'histoire de cet édifice "hors-norme". www.dar-hi.net

AMBIANCES & DENSITES URBAINES En 2007 un livre initié par l'Unsfa (Union des Syndicats Français d'Architectes), Archinov, l'Association des maires de France (AMF) et l'Union Sociale pour l'Habitat (USH) faisait pour répondre à l'objectif d'une gestion économe de l'espace (Grenelle de l'environnement, loi SRU) le choix de montrer des réalisations exemplaires associant qualité du cadre de vie et formes urbaines compactes : "Ambiances, densités urbaines & développement durable" (ed. Philippe Chauveau). La question des densités est bien sûr au coeur du

DUNES : pour une sensation de paysage intérieur ces trois espaces dunes au niveau du sable se présentent comme des pièces ouvertes qu’un vent de sable aurait dessinées. Comme si le sable était venu configurer les lieux. A la manière d’un bivouac, les espaces intérieurs proposent un confort informel et modulable. (ci-dessous) DAR MALIKA : pour en même temps être indépendant, tout en profitant des services de l’hôtel.

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livre et il est rappelé que la différence entre habitat individuel et collectif s'estompe lorsque l'on observe des opérations d'individuel groupé : dans les années 70, on estimait à 50 logements à l'hectare la densité vraissemblable en habitat individuel, au delà on était en immeubles collectifs, de 50 à 150 logts/ha. Des opérations atteignent ou dépassent aujourd'hui 70 à 80 logts/ha ! Le COS -coefficient d'occupation des sols(surface de plancher % au terrain), s'applique lui à l'emprise de l'opération, donc ponctuellement, alors que la densité exprimée en logements par hectare évoque une échelle plus large, prenant en compte équipements et espaces libres. Un COS de 0,5 (cf illustration page précédente) peut donc, à même surface de plancher, se traduire pour 24 familles par : - 24 pavillons (RC et comble) dans un lotissement, chacun directement en contact avec son propre jardin. Des maisons de 100m2 habitables sur des parcelles de 200m2 - 3 immeubles de 3 niveaux (RC et deux étages), avec 8 appartements chacun, ou 4 immeubles de 3 niveaux avec 6 logements chacun, dégageant un généreux espace collectif et conservant une proximité de tous avec le terrain. Les 2/3 de celui-ci sont dégagés (1600 m2), puisque les immeubles n'occupent qu'environ 800 m2 au sol. - une seule tour de 12 niveaux (environ 200m2 d'emprise au sol), avec 2 appartements par étage, au milieu d'un vaste parc (plus de 2000 m2), et apportant des visions très différentes de l'environnement, du raz du sol à une sensation aérienne nettement au-dessus des arbres. Un COS de 0,54 correspond d'ailleurs en général à de l'habitat individuel de bourg, alors qu'à l'autre extrême un urbanisme "hausmannien" fait d'immeubles de 6 étages sur cours, alignés le long de boulevards, correspond à un COS de 4,5. Certes le rêve de maison individuelle dans la prairie serait encore partagé par 87% des Français en 2007, d'où ce livre pédagogique qui cible élus et responsables politiques autant pour répondre aux désirs des habitants que pour lutter contre le gaspillage de l'étalement urbain : en montrant 20 exemples de réalisations concrètes proposant des ambiances désirables... Elles sont classées par type de densité. - 47 logts/ha : le 4e exemple est à Nantes (44), 16 logements créés et 5 existants (COS 0,34). Le Clos de l'Erdre (2004) intensifie un îlot aux qualités paysagères remarquables (une végétation dense et un petit ruisseau domestiqué). L'agence In Situ et Architecture & Environnement ont joué la diversité selon les emplacements : un petit collectif R + 2 assure la continuité urbaine sur la voie primaire et des logements indépendants s'assemblent ou se dissocient en coeur d'îlot. (illustration en haut de page)

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- 54,5 logts/ha : le 5e exemple est à Pessac (33), 34 maisons individuelles à patios (COS 0,48). Le village de Candau (2004) a été conçu par Patrick Hernandez comme un tissu urbain continu à maille très serrée irriguée par des ruelles et placettes internes totalement piétonnes. Aucune sensation d'étouffement grâce à la déclivité naturelle du terrain, à la faible hauteur du bâti et aux échappées visuelles ménagées par les ruelles. (ci-dessous)

- 72 logts/ha : le 8e exemple est à Louviers (27). 18 logements dans un ancien parc, ne disposant d'aucune façade sur rue (COS 0,53). La Closeraie (2006) regroupe 3 immeubles de 6 logements chacun, sur 3 niveaux (cf bull n°31 p.6). Edouard François a dissocié leurs accès en créant deux volumes spécifiques abritant escaliers et loggia privative qui donne accès à chaque logement à travers une passerelle. - 105,5 logts/ha : le 12e exemple est à Saintes (17). 64 logements, 53 en collectif et 11 en individuel (COS 0,9). La Requalification de l'îlot de l'Arc de Triomphe (2005) par BNR (Babled, Nouvet et Reynaud) a été menée dans le cadre d'une opération de Renouvellement urbain, mêlant location et accession, habitat, commerces et activités. La réalisation préserve les rues , les venelles et les murs et jardins existants. (ci-dessous)


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A Brest (Finistère) un projet de téléphérique urbain (cf à Issy-les-Moulineaux en 2005, bull n°29 p.59) est d'actualité (approuvé en décembre 2011 par la communauté urbaine de Brest Métropole Océane) pour relier sur 410m au-dessus de la Penfeld, le bas de la rue de Siam et le futur quartier des Capucins, un plateau d'une quizaine d'ha que la Marine vient de céder. Cette ligne prévue pour 2015 grimperait jusqu'à 60m de hauteur et serait équipée de deux trains de trois cabines de 20 places, effectuant des trajets dans les deux sens. Ces cabines seront transparentes afin de permettre aux passagers de profiter du spectacle. La fréquence des rames serait d'une toutes les trois minutes. Ce système permettrait de convoyer jusqu'à 1.200 personnes par heure (675.000 passagers par an). Un des arguments retenus semble l'attrait touristique du déplacement, à l'instar des équipements de Grenoble (cf bull n°36 p.59), de Rio ou de Chamonix. (info ville frugale Transit City)

TOITS de NEW-YORK, A. MACLEAN

En Suisse près de Lucerne viennent d'être mises en service de nouvelles cabines de téléphérique "à toit ouvrant" ! Ces cabines "Cabrio" à deux étages gravissent le Stanserhorn, près de Lucerne. Elles montent jusqu’à 1 850 mètres, offrant six minutes de vue panoramique. La terrasse, toit en plein-air pouvant recevoir 30 personnes, est accessible par un escalier intérieur.

Avec « Sur les toits de New-York, Espaces cachés à ciel ouvert » d’Alex MacLean (Edition Dominique Carré / La découverte 2012) fait découvrir une multitude d'occupation de ces terrasses qui ne représentent pas moins de 30% de la surface au sol, pour un quartier comme Manhattan. (cf bull n°37 p.62) Un autre ouvrage New York Rooftop Gardens (Editions teNeues) regroupe lui les photos de Charles de Vaivre sur les plus spectaculaires jardins perchés sur les toits de Manhattan, avec en couverture ceux du Rockefeller Center (ci-dessous et cf bull n°XXX).

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A la fois pilote et photographe, Alex MacLean, dont l’œil est aussi aiguisé par une formation d’architecte, fait découvrir ces paysages insoupçonnés du passant. Depuis plusieurs années, il s’intéresse à nos modes de vie et à nos relations avec l’environnement. Il a fondé en 1975 à Boston Landslides, une agence photo spécialisée dans la photographie aérienne. Il travaille avec des architectes et des paysagistes, ainsi qu’avec des municipalités. Une dizaine de ses photos grand format sont présentées au Domaine de Chaumont-sur-Loire jusqu’au 7 novembre. Le 21 mai France Culture (12h-12h30, La Grande Table par Caroline Broué) proposait un débat sur "Le toit, nouveau territoire à conquérir" entre Philippe Tretiack, François Cusset et Alain Bublex. Ce dernier faisait remarquer l'importance croissante de la vue aérienne, hier avec le livre de le Corbusier publié à Londres en anglais, dès 1935, « Aircraft » où il annonçait comme l’avion allait changer la façon de concevoir nos villes, aujourd’hui avec le succès de Google Earth. Il est ensuite souligné que le livre de MacLean est fort judicieusementà l’opposé des photos d’Arthus-Bertrand, n’insistant pas sur la dimension esthétique de la vue aérienne. Les toits sont envisagés comme réserves d’espace et de création de nouveaux jardins, voire de nouveaux espaces agricoles, mais aussi lieux diversifiés pour échapper au social (terrasses décrites dans les films comme La haine de Matthieu Kassovitz en 1995 –non lieu d’une terrasse technique- ou Ghost Dog de Jim jarmush en 1999

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–terrasse accessible avec volière servant aux trafiquants pour abriter les oiseaux transportant la drogue - ci-contre), ou pour recréer de nouveaux habitats, empilage de la ville sur la ville : surélévations programmées ou investissement officieux de ces «terrains urbains» disponibles (un des projets d'A. Bublex). Les toits sont aussi des supports, en indiquant en toutes lettres la raison sociale de l’immeuble pour les « passants » aériens, ou en imaginant la « cinquième façade » comme une décoration artistique, du marché Sainte Catherine à Barcelone à l’œuvre de Molly Dilworth qui a représenté sur un toit new-yorkais l'état des côtes de la ville ainsi que celles du New Jersey lorsque le niveau de l'eau a augmenté de 7 mètres. (ci-dessous), voire comme partie intégrante du volume à parcourir (villa Malaparte à Capri, espaces semi-en-


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A l’extrême sud de la Saône -et-Loire, les célèbres restaurateurs Marie-Pierre et Michel Troisgros ont réaménagé une ancienne ferme entourée de pâturages... La Colline du Colombier propose une auberge, le Grand Couvert, une Longère et sa tour aménagées en gîtes et trois cadoles dans le pré (2008).

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LES CADOLES à IGUERANDE (71)

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TERRASSES-JARDIN à TOULOUSE

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terrés sous un jardin comme le centre Schlumberger de Renzo Piano)… La question aurait aussi pu être posée (ndlr) de la perception des toits depuis la rue : intérêt du gabarit Haussmannien des 6-7 étages, comme une ville-parc, au gabarit des arbres, forêt en négatif… ou d'une conception plus diversifiée, plus haute.. débat actuel sur les tours ? (info Hervé Folliot)

En février 2012, un débat libre et public avait lieu au Centre Méridional de l'Architecture et de la Ville, organisé par l'AERA (Actions, Etudes et Recherches autour de l'Architecture) sur le thème "Et si nos toits devenaient des jardins?" En mars avait lieu un autre débat "densité et périurbanisation : le rêve des "cités-jardins" est-il vraiment fini ?" Ce Centre (CMAV) créé en 2000 est un lieu d'intérêt public administré par l'AERA, le CAUE 31, l'Ecole d'Architecture de Toulouse et la Maison de l'Architecture Midi-Pyrénées. Les débats sont consultables : http://www.cmaville.org/conferences-debats/lesmardis-de-l-architecture/

Ces cadoles (cf encadré ci-contre en bas) pour deux personnes, construites sur pilotis, en bois, acier et toile, se fondent dans le paysage en dessinant les courbes souples et en proposant une

extrémité végétalisée. Patrick Bouchain parle de "trois alcôves dans le pente du terrain, en balcon sur la nature. (...) un peu à une roulotte où l’on entrerait par la fenêtre (…) et la chambre se trouverait tout au bout, comme un nid tout en tissu». Celui-ci réellement « tricoté » de lanières de chanvre par l’architecte Pierre Bernard, éclairé de deux hublots et semé de sachets de lin beige suspendus en guise d’ouvrages de rangement. http://www.troisgros.fr/lescadoles_habiter.php

Cadoles : Il semble que les premières soient apparues lors des grandes épidémies, lèpre et peste, qui ont ravagé régulièrement la région. Il s’agissait alors de simples cellules de pierre sèche aux formes diverses, couvertes de lauzes ou de toits végétalisés, adossées ou creusées dans les collines en périphérie des villages pour y isoler les contagieux. Plus tard, ces abris se sont retrouvés au milieu des vignes qu’on plantait de préférence sur les terroirs éloignés des villages, et sont devenus de précieux abris pour les vignerons, les amenant à leur construire des répliques non plus médicales mais exclusivement paysannes. http://www.tourmagazine.fr/J-ai-teste-pour-vous-le-gite-des-Troisgros-Les-Cadoles_a14015.html

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D O C U M E N T S

L’ASSOCIATION AR’SITE a été créée en 1986 pour favoriser L’ARCHITECTURE-PAYSAGE, DES HABITATS TROGLODYTIQUES AUX ARCHITECTURES CONTEMPORAINES CONÇUES EN ÉTROITE LIAISON AVEC LE MINÉRAL OU LE VÉGÉTAL, OU À L’INTERFACE ENTRE LE SOL ET LE SOUS-SOL. AR’SITE édite un BULLETIN SEMESTRIEL,et plusieurs DOSSIERS sur des thèmes plus précis arsite@free.fr

Dossiers thématiques Visuel de 80 diapositives Habiter la roche & le végétal février 1989 (texte de présentation et légendes) 1. Pourquoi ? L’intégration au site L’économie d’espace Le confort thermique L’équilibre écologique 2. Comment ? Aménager un puits de lumière Épouser une pente naturelle Créer un relief artificiel disponible en CD participation aux frais 15€

Qualité des parkings souterrains mars 1990, 91 pages Réalisé à la demande de la Direction Générale du Développement de SpieBatignolles. participation aux frais 13€

Patrimoine troglodytique du Vexin français octobre 1992, 95 pages Réalisé pour la Direction Régionale de l’Environnement Ile-de-France, cette étude s’inscrit dans la continuité des différentes actions entreprises au niveau national. participation aux frais 8€

Dalles, premier pas vers la 3ème dimension de l’espace public septembre 1993, 38 pages Réalisé avec un reportage de 10 photos panoramiques de Philippe Houssin, à l’occasion du Colloque de Cergy. participation aux frais 8€

Architectures-paysages août 1994, 68 pages Réalisé pour les Ateliers d’été de Cergy-Pontoise et le colloque du Centre Georges Pompidou. Accompagné d’un guide d’architectures-paysages en Région parisienne. participation aux frais 14€

Des troglodytes... à l’architecture-paysage dans la vallée du Rhône novembre 1997, 38 pages Accompagné d’un guide d’architectures troglodytes et d’architectures-paysages en vallée du Rhône participation aux frais 8€

Habitat creusé, le patrimoine troglodytique et sa restauration mai 2005, 224 pages Ouvrage édité chez Eyrolles, dans la collection “Au pied du mur”. 38€ en librairie ou www. editions-eyrolles.com

Cet ouvrage a reçu en 2006 le prix de SENSIBILISATION AU PATRIMOINE, décerné par VIEILLES MAISONS FRANCAISES

Habiter le Paysage, maisons creusées, maisons végétales

février 1991, 12 pages Réalisé suite à la publication du rapport Roullier. participation aux frais 5€

Hundertwasser et l’architecture

Crazy house à Da Lat (Vietnam) : végétal et minéral se confondent tout en laissant apparaître des fenêtres (cf p.35)

Une actualisation de 8 pages complète ce document avec des extraits des articles parus dans les bulletins Ar’site entre 1992 et 2000. participation aux frais 15€

AR’SITE n°42 juillet 2012

septembre 2007, 192 pages Cet ouvrage est en partie la réédition de Maisons creusées, maisons enterrées, sorti en 1981 -et aujourd’hui épuisételle que nous l’envisagions en 2005 éditions Alternatives, dans la collection Anarchitectures 39€ en librairie ou www. editionsalternatives.com

ADHÉSION & ABONNEMENT 2012 à Ar’site , 16 rue des Bas Tillets, F 92310 SÈVRES ADHÉSION ET ABONNEMENT À LA REVUE-BULLETIN SEMESTRIEL,

23 euros 62

10 pages, in Hommage à Hundertwasser, Musée des Beaux arts et de la Dentelle d’Alençon, 2001, Brochure de 60 pages. 20€ à commander sur place.

voir nouvelles propositions page 31

Le méandre de l’île Seguin : laboratoire pour l’architecturepaysage ?

juin 1992, 72 pages Réalisé avec l’association «les amis de Hundertwasser» Projets et réalisations. Les oeuvres sont resituées parmi les créations mondiales d’architecture-paysage.

Hundertwasser, du peintre à l’architecte, de la peinture au paysage habité


juin 1993, 32 pages Underground Space design, ambiances souterraines et transport, architectures-paysages en Chine, Land’art et architecture contemporaine. participation aux frais 6€

Lettre-bulletin n° 5 anvier 1994, 44 pages Habiter les falaises, comprendre les paysages «naturels», l’architecture : une seconde nature ?, paysage pour un gouvernement Berlin participation aux frais 7€

Lettre-bulletin n° 6 juin 1994, 44 pages Espaces souterrains, Land’art et troglodytes, fortifications, routes et paysages. participation aux frais 7€

Lettre-bulletin n° 7 janvier 1995, 52 pages Terrasses, espaces souterrains, rochers de l’enfance. participation aux frais 8€

Lettre-bulletin n° 8 juin 1995, 48 pages Art et troglo, la ville souterraine, patrimoine géologique, génération glisse, années 70. participation aux frais 8€

Revue-bulletin n° 9 janvier 1996, 72 pages Ecoville-Europe, Troglo US, Urbanisme souterrain, Paysages artificiels. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 10 juin 1996, 64 pages Disparition et modestie, Troglos contemporains, participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 11 janvier1997, 64 pages An 2000, Italie, Rocailles, les Halles, Manhattan. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 15 janvier 1999, 60 pages Définitions, Concours de Valkenburg, Musée à Étretat, Terrasses traditionnelles, Immeubles circulables, participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 16 juin 1999, 64 pages Archilab, F. Seigneur, Maisons-bulles, Ethiopie, Façades-Gabions, Coursives. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 17 janvier 2000, 64 pages Maisons, Lenteur et paresse, Provence, 5ème façade, Skate, les Roues de 2000. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 18 juin 2000, 64 pages Immeuble qui pousse, Archilab, Cavernes-hommes, Raynaud, Acros Fukuoka, Sites de falaises, Ascenseurs participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 19 janvier 2001, 68 pages Troglos France, Maroc, Chine, Tectonique, Lumière en sous-sol, Renaudie, Barrières végétales, Verts Prés, Gratte-ciel, Ponts habités participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 20 juin 2001, 68 pages V. Acconci, Pierres sèches, Coques, Colani, Carrières, Hundertwasser, E. François, Vers une architecture furtive participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°21 janvier 2002, 44 pages Archi 1940-2000, Troglovillage, Grotte/Afghanistan, Parkings, Post-Ranch-Inn, Carchitecture, Parkings-silos participation aux frais 8€

Revue-bulletin n°22 juillet 2002, 52 pages Ile d’Yeu, Banlieue, L’Art du lieu, Trulli & Sassi, Coques, Croyances et souterrains, Clermont-Ferrand, . participation aux frais 8€

Revue-bulletin n°26 juillet 2004, 64 pages Halles, Bièvre, Bathernay, Cotignac, Rennes, Parcours souter., Archi molle et poilue ? Jardins domestiques participation aux frais 9€

Revue-bulletin n° 27 décembre 2004, 68 pages Design, StE, Milan, Halles, Ardèche, Guedes, Unal, Mémoire des murs, Peaux vertes, Ville privatisée ? participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°28 juillet 2005, 68 pages Montréal 60’, Paris durable, Habitat creusé, Cappadoce, Ethnicité, Cruzels, Coques, Tunnels, Prairie sur le toit, Huttes, Ponts couverts. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°29

Revue-bulletin n°35 janvier 2009, 68 pages Sacré, Venise, St-Etienne, Archilab, Coques, Traces, Patrimoine souterrain, Earthships, Wang Shu, Parcours, La Défense. participation aux frais 9€

décembre 2009, 72 pages Habiter la montagne, RV Troglos 2009, Sardaigne, Canaries, Chine, Semienterrées, Skate, Pentes ‘60. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°38 juillet 2010, 72 pages Batir écologique, Roche et Végétal, Art minéral, Champagne, Nice, Berlin, Bisses, Auto à l’étage, Art et skate participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°40

Revue-bulletin n°32 juillet 2007, 56 pages Facteur Cheval, Land Art, Pavillon Seroussi, Tchéchénie, Elisée Reclus, Barbapapa, Claude Allègre, Pentes vertes, Grande Motte participation aux frais 9€

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Revue-bulletin n°37

Revue-bulletin n°30

mars 2007, 60 pages Biennale Venise, Rencontres Beas de Guadix, Sussargues, Vulcania, Vallée des Tombés, Cantercel, Arbres participation aux frais 9€

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juin 2009, 72 pages Dunhuang, Habitat du Monde, Terrier, Monachisme, USA, Coques Mexique, Sous-sols, Grenoble, Zômes, Préfab. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°39

Revue-bulletin n°31

Revue-bulletin n°36

janvier 2006, 68 pages R & Sie, Moyen-âge, Barry, Gîte dans le falun, Toits et murs végétaux, Pallozas, Ville en 3D, Habitat et eau. participation aux frais 9€ juillet 2006, 64 pages Création, Internet troglo, Dordogne, Oise, Lumière, Green archi, Sport, New urbanism particpation aux frais 9

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janvier 2004, 68 pages Sénégal, Troglos mexicains, Vallée de la Loire, Immeubles-jardins, Naturehabitants, Voiture ds étages participation aux frais 9€

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Revue-bulletin n° 25

juillet 2008, 60 pages Histoires naturelles, Désolé plus d’essence, Haute Normandie, Monde souterrain, Shopping Green, Maisons. participation aux frais 9€

décembre 2010, 72 pages Sud-Ouest américain, RV Troglos II, Céramiques, Ville ludique & mobile, Futuro participation aux frais 9€ août 2011, 72 pages Naissance du "paysage", Paysage & urbanisme, Archi située, Troglos chinois, Roche reconstituée, Faux vert, Ailes, Sentiers d'art. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°41 décembre 2011, 72 pages Mayas, Ordos, Illusions visuelles, Groundwork, Troglos libyens et tunisiens, Art et souterrains, Balades au-dessus, Rêve d'immatérailité, Tours. participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°42 juillet 2012, 64 pages Chaume, Hundertwasser, Densité & liberté, Lire le territoire, Colloque troglos Iran, Coques, Formations Sous-sol, Maisons vertes, Capteurs. participation aux frais 9€

AR’SITE n°42 juillet 2012

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Lettre-bulletin n° 4

juin 1998, 64 pages Waterworld, James Cutler, Naples, Liban, Sol américain, Maisons et lotissements verts, 50 ans de terrasses... participation aux frais 9€

Revue-bulletin n°34

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janvier1993, 19 pages Conservatoire du Paysage, l’Art et la Ville, Forêts, Paquebots. participation aux frais 5€

Revue-bulletin n° 14

juillet 2003, 64 pages Carrosseries, Bièvre, Pentes, Courbes en archi, Glace, Forêt, Pierres, Moulin souterrain, Parcours oblique, participation aux frais 9€

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Lettre-bulletin n° 3

Revue-bulletin n° 24

janvier 1998, 64 pages L’autre ville, Autoroute et paysage, Troglos et Bories en Luberon, Campaniles, Végétaux sur les murs, participation aux frais 9€

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octobre 1991, 4 pages Le charme discret des puits de lumière. participation aux frais 1€

Revue-bulletin n° 13

février 2008, 64 pages Lajus, Caves Network, vallée Seine, Niemeyer et les courbes, Constitution de la Terre, Habiter le paysage, Terre armée, Stiltewoning. participation aux frais 9€

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Lettre d’Ar’site n° 2

Revue-bulletin n°33

janvier 2003, 56 pages Meulière, Canada Atlan, Troglo Paris, Musée imaginaire, Rocailles, Habitat industrialisé participation aux frais 8€

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avril 1991, 4 pages Alternatives européennes : vers une ville plus naturelle et plus sensuelle. participation aux frais 1€

Revue-bulletin n° 23

juin 1997, 64 pages L. Kroll, Archi-sculpture, Vallée de la Loire, Idée de Nature, Ponts habités, Métabolisme, participation aux frais 9€

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Lettre d’Ar’site n° 1

Revue-bulletin n° 12

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décembre 1988, 66 pages Habiter la roche et le végétal, Toits verts, J. Couëlle, Troglodytisme, l’autre archi participation aux frais 9€

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Revue Ar’site n° 1 & 2

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Bulletins semestriels

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Pour que ces bulletins soient vraiment une plateforme d’échanges, nous aimerions disposer de vos avis, de vos impressions, pour les publier : vous connaissez une réalisation traditionnelle ou contemporaine particulièrement intéressante, ou vous venez de lire un article ou un livre passionnant et qui donne à réfléchir sur l’architecture-paysage ou le troglodytisme... N’hésitez pas, écrivez nous, envoyez photos, croquis, CD, liens Internet... Rédaction de ce bulletin : A. Aussedat, F. Bellanger, P. Bertholon, C. Bollinger, P. Delage, P. Duffaut, O. Huet, S. Kallo, M. Labbé, B. Lambert, M. Milenovich, A. Strauss, J. C. Trebbi.

Directeur de la publication : Patrick Bertholon Edition association Ar'site. Dépot légal à parution.

International Standard Serial Number

Titre Ar'site ISSN 2256-6392

Accords d'échanges d'informations et de bulletins avec : Habitat, publié par l'association Homme et habitat qui regroupe les constructeurs et amateurs de maisons-bulles. Subterranea Belgica, publié par la société belge de recherche et d'étude des souterrains, www.pragmasoft.be/ soberes cf. p. 41. Cahiers de l'ASER, Association de Sauvegarde, d'Etude et de Recherche pour le patrimoine naturel et culturel du Centre-Var. Espace Souterrain, association pour l'utilisation rationnelle du sous-sol, Comité de l'AFTES, cf. p. 36-37. www.subsurface.org. Sub-Artesia, association de valorisation du patrimoine souterrain creusé en Artois/Ternois. SFES, Société Française d'Etude des Souterrains qui s'interresse aussi aux espaces troglodytiques. cf p. 40. http://www.souterrains.eu

MERCI D'ENVOYER VOTRE ADRESSE MAIL SI VOUS N'AVEZ PAS RECU LA VERSION ELECTRONIQUE

arsite@free.fr

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Réalisations...........................................1 Projets ...................................................8 Chaume ...............................................12 Hundertwasser à Marseille .................14 Sculptures ...........................................17 Articles ...............................................19 Livres ..................................................21 Landscape, architecture now !............22 Lire le territoire ..................................23 Colloque en Iran .................................28

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Formation urbanisme s/s terrain .........36 Tourisme et tunnels ............................37 Activités ..............................................39 Architectures contemporaines ............42

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V E R T E S

Maisons vertes ....................................44 Archi et paysage .................................48 Fabricants ...........................................50

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S E S P A C E S

Dynamisme Saumurois.......................30 Hotels de luxe en Cappadoce .............31 Maymand (Iran) ..................................32 Coques ................................................34

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A É R I E N S

Parcours, Ponts habités .......................52 Capteurs (Héliodome, vent...) ............54 Autos à l'étage New-York...................56 Densités ..............................................56

légende couverture : Troglodytes du site de Maymand, Iran (cf pages 28 et 32)


Arsite n° 42 • juin 2012