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VIVRE AVE LE VIH

PRÉVENIR  LA  TRANSMISSION

SOMMAIRE PAGE 06

Comment le VIH se transmet-il ?

PAGE 07

Les niveaux de risque

PAGE 08

Je suis séronégatif et je me protège

PAGE 09

Je suis séropositif, je protège mes partenaires et ne risque pas de me surinfecter

PAGE 10

Mais je suis en couple…

PAGE 11

Quand les contraires s’attirent…

PAGE 12

Le condom a glissé, s’est brisé ou je l’ai oublié?

PAGE 13

Pourquoi devrais-je passer un test de dépistage ?

PAGE 14

Je viens d’apprendre que je suis porteur du VIH

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À qui dois-je l’annoncer ?

PAGE 16

Qui devrais-je consulter pour mes soins?

PAGE 17

Devrais-je participer à un essai clinique ?

PAGES 18 » 19

Quelles sont les phases de l’évolution de l’infection au VIH?

PAGES 20 » 21

Suis-je obligé de prendre des médicaments tout de suite?

PAGES 22 » 24

Comment combattre le VIH ?

PAGE 25

Les risques de coinfection

PAGE 26 » 27

Comment puis-je mettre toutes les chances de mon côté ?

PAGES 28 » 29

Comment dois-je m’alimenter ?

PAGES 30 » 31

La discrimination vis-à-vis les séropositifs

PAGE 32

Que me réserve l’avenir ?

PAGES 33 » 34

Ressources VIH sida au Québec qui pourraient m’aider


POSITIF

est un projet spécial des Éditions Nitram inc.

1276, rue Amherst, Montréal, QC H2L 3K8 T. 514-848-1854 redaction@fugues.com www.fugues.com

PRÉVENIR LA TRANSMISSION ET VIVRE AVEC LE VIH

L’équipe de pOSiTiF

POSITIF

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Rédacteur en chef : Yves Lafontaine. Comité de rédaction : Yves Lafontaine, denis-daniel Boullé, André C. passiour. Comité scientifique de lecture : dr pierre Côté, omnipraticien, Clinique Médicale du Quartier Latin, UHRESS Hôpital Saint-Luc du CHUM, Président du Programme National de Mentorat sur le VIH-Sida ; dr Jean-Guy Baril, omnipraticien, Clinique Médicale du Quartier Latin, Chef de service Consultation Liaison UHRESS du CHUM, Président du comité consultatif pour la prise en charge clinique des personnes vivant avec le VIH-sida, SLITSS ; dr Benoît Trottier, omnipraticien, Clinique médicale l'Actuel, UHRESS Hôpital Saint-Luc du CHUM, Professeur adjoint de clinique, Université de Montréal ; Robert Rousseau, directeur général, Action Séro Zéro. Conseiller publicitaire et à la commandite : Mario Liberge Réviseur : Jean-François Tremblay Photos : Joe Augustine, Oleg prikhodko, david G. Freund, Alvaro pantoja, Jill Chen, Valentin Casarsa, Kirill Zdorov, Natasha Japp, Tomasz pietryszek, Tatiana popova, Libby Chapman, Therabos pantazi, Jose Antonio, Zoran Kolundzija, Chris Garbacz, Sven Hoppe. Montage graphique et illustrations : éric perrier. Idéateurs du projet : Yves Lafontaine et Mario Liberge. Remerciements spéciaux à Marie prévost et Bruno perez-delouya d’Abbott Virologie, ainsi qu’à Thomas Haig et daniel LeBlanc d’Action Séro Zéro.

déNi de ReSpONSABiLiTé

Les Éditions Nitram et l’équipe rédactionnelle de POSITIF fournissent, de bonne foi, des ressources d'information pour aider les hommes gais et bisexuels séronégatif à le rester et les personnes vivant avec le VIH/sida qui souhaitent à prendre leurs soins de santé en charge en collaboration avec leurs fournisseurs de soins. Toutefois, l'information fournie ici ne doit pas être considérée comme des conseils médicaux. Nous ne pouvons garantir l'exactitude ou l'exhaustivité de l'information. Toute personne qui se sert de cette information le fait à ses propres risques. Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. Les opinions exprimées dans le présent document sont celles de l’équipe de rédaction et ne reflètent pas nécessairement les points de vue de l’éditeur (Éditions Nitram) ni du commanditaire (Abbott Virologie) de la brochure. Cette brochure contient des liens vers les sites Internet de tiers (les « sites reliés ») et des numéros de ressources. POSITIF n'a aucun contrôle sur les sites reliés au sien et ne peut être tenu responsable du contenus desdits sites ni des liens qui s'y trouvent ou des modifications ou mises à jour qui y sont apportées. Les sites reliés peuvent ne pas être disponibles en français. POSITIF ne propose ces liens que dans le but de vous rendre service et la présence d'un lien ne signifie pas l'endossement implicite de ce site par Positif, par son éditeur ou par son commanditaire, ni une relation quelconque avec ses administrateurs. Nous ne garantissons ni l'exactitude ni l'exhaustivité des renseignements affichés ou obtenus dans un site relié ou par son intermédiaire, et vous reposer sur ces renseignements est à vos propres risques. Vous avez la responsabilité de prendre connaissance des déclarations de confidentialité et des conditions d'utilisation affichées sur les sites reliés et de les respecter. Les commentaires et demandes de renseignements ayant trait aux sites reliés devront être adressés aux administrateurs desdits sites. La parution du nom ou de la photographie d’un individu dans cette brochure n’implique nullement une définition de son orientation sexuelle ou de son statut sérologique. Toute reproduction, adaptation ou traduction doit faire préalablement l’objet d’une permission écrite de l’éditeur.

Cette brochure a reçu le soutien financier d’Abbott Virologie Canada.


Prévenir et vivre avec le VIH Par Dr PIErrE  CÔTÉ

st-il encore opportun de consacrer tout un livret sur le VIH en 2008? On peut certainement se poser la question puisque le VIH tue beaucoup moins aujourd’hui qu’il ne l’a fait il y a vingt ans. L’arrivée de la trithérapie, en 1996, a transformé le monde du VIH. Tous les espoirs étaient permis. On vaincrait le sida. À partir de ce moment, les infections dites opportunistes, reliées au VIH, de même que la mortalité, ont diminué de façon spectaculaire. Enfin, on avait une façon de maîtriser ce virus. Douze années plus tard, après d’intenses recherches, des dizaines de médicaments ont été mis sur le marché pour diminuer les effets secondaires, pour être plus faciles à prendre, pour être plus efficaces si le virus devenait résistant. Mais tout ce que l’on peut faire maintenant est de tenter de contrôler cette maladie : on ne peut toujours pas la guérir.

E

Au Québec, la communauté gaie n’a pas été épargnée. Présentement, plus de 60 % des cas de séropositivité sont parmi la communauté gaie. Le nombre de nouveaux cas à chaque année reste stable, et la population gaie et bisexuelle reste encore largement la population la plus touchée. On sait, de plus, qu’environ 25% des gais infectés par le VIH ignorent qu’ils le sont. Des études ont également démontré qu’un nombre de plus en plus grand de gais ou bisexuels ont des comportements très à risque pour la transmission du VIH. S’agit-il d’ignorance, d’une banalisation ou de fatalisme? L’infection par le VIH reste une maladie incurable, que l’on peut prévenir par des comportements sécuritaires. Des traitements préventifs sont également possibles si quelqu’un a pu être en contact avec le VIH : ce qu’on appelle la prophylaxie post-exposition (PPE). Ce traitement doit être débuté rapidement après que l’on ait été potentiellement exposé. Apprendre qu’on est infecté par le VIH n’est pas une bonne nouvelle, certes. C’est apprendre qu’on devra probablement, tôt ou tard, suivre un traitement de façon rigoureuse, quasi parfaite, et vivre possiblement avec des effets secondaires; c’est aussi reconnaître que ce traitement devra être suivi pendant plusieurs années, jusqu’à ce que l’on trouve un traitement définitif, ce qui ne semble pas être pour demain. C’est également apprendre à vivre avec une maladie encore souvent considérée comme honteuse, pas aussi noble que le diabète ou le cancer. C’est aussi commencer à vivre avec une maladie qui peut avoir des conséquences sur sa vie amoureuse ou même professionnelle. Mais décourvrir qu’on est séropositif, c’est aussi apprendre à prendre en charge sa santé, à prendre en charge sa vie, tant physique que mentale. J’espère que ce livret consacré au VIH pourra vous aider, que vous soyez séropositif ou non. Le 1er décembre prochain marquera la 20e Journée mondiale de lutte sida décrétée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le thème de cette année est «Mener - Responsabiliser -S’activer». Ce sera l’occasion de faire le point sur tout le progrès qui a été accompli depuis plus de 25 ans, mais également de faire le point sur tout ce qu’il reste à faire par nous tous. Merci à l’équipe de Fugues qui est à l’origine de cette publication et bonne lecture.


Comment le VIH se transmet-il? A

ujourd’hui, toutes les études confirment que le virus du sida ne se transmet pas par aucun geste de la vie quotidienne (il faut toutefois éviter le partage de produits tels que les rasoirs et brosses à dents). Il n’existe aucun risque à vivre, à travailler, à dormir ou à faire du sport aux côtés d’une personne séropositive ou d’une personne malade du sida, à lui serrer la main, à la prendre dans tes bras ou l’embrasser, ni à partager les mêmes repas, les mêmes toilettes… Le VIH ne se transmet pas non plus par les sécrétions corporelles telles que la sueur, les larmes, la salive, la toux, les selles, l’urine ou les vomissements, en autant que ces sécrétions ne contiennent pas des quantités importantes de sang.

Le virus se transmet par le sperme, les sécrétions vaginales et le sang. Il est donc simple de se protéger.

PRÉVENIR LA TRANSMISSION

Le virus se transmettant par le sperme, les sécrétions vaginales et le sang, il est simple de se protéger. Utilise systématiquement des préservatifs lors de relations occasionnelles ou si ton couple est ouvert. Les condoms doivent être lubrifiés à l'aide d'un lubrifiant à base de silicone ou d'eau, pour des rapports sexuels sans risque. En aucun cas, tu ne dois utiliser de vaseline, de crèmes ou d’huiles pour lubrifier tes préservatifs, car ces produits les rendent poreux et perméables au virus. Utilise un nouveau préservatif à chaque rapport. Il ne faut pas doubler les préservatifs, car cela peut causer de la friction. Utilise plutôt un condom plus résistant si tu penses en avoir besoin. Par ailleurs, il est toutefois recommandé de ne pas partager sa brosse à dents ou les rasoirs (risque d’échanges de gouttelettes microscopiques de sang) et de faire attention aux piercings et tatouages quand ils ne sont pas réalisés dans des conditions stériles.

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Et la salive dans tout ça ?

On y trouve effectivement le VIH, mais celui-ci ne peut se transmettre par cette voie, sauf possiblement en présence de sang visible dans la salive.

Pourquoi la pénétration anale est-elle à haut risque ?

Parce que toutes les conditions favorisant la transmission sont réunies. Un très grand nombre de personnes ayant contracté le VIH ont affirmé, lorsqu’elles ont passées le test de dépistage qui s’est avéré positif au VIH, avoir eu cette pratique. Pour plus d’infos, consulte les sites : www.pretpourlaction.com et www.sero-zero.qc.ca


Les niveaux de risque Pour PlusIEurs aCTIVITÉs HumaInEs ET PraTIquEs sExuEllEs EnTrE HommEs. ACTIVITÉ OU PRATIQUE SEXUELLE

NIVEAU DE RISQUE

Embrasser et caresses sexuelles

SANS RISQUE

Masturbation

SANS RISQUE

Lécher l’anus

TRÈS FAIBLE RISQUE

Sucer un pénis ou se faire sucer sans condom

RISQUE FAIBLE

Fisting ou fist-fucking

RISQUE FAIBLE

Partage de jouets

RISQUE ÉLEVÉ

Pénétrer l’anus ou se faire pénétrer sans condom

RISQUE ÉLEVÉ

Échanges de seringues

RISQUE ÉLEVÉ

PRÉCISIONS En plus d’être sans risque, ces pratiques peuvent être excitantes et te permettent de faire durer le plaisir. Il suffit d’avoir de l’imagination… Cette pratique ne comporte aucun risque de transmission du VIH, mais te masturber en frottant ton pénis contre le pénis d’un partenaire peut comporter des risques de transmission d’autres ITS. Le risque de transmission n’existe que dans le cas où les partenaires concernés présenteraient des lésions à la bouche pour l’un et à l’anus pour l’autre. Il y a cependant des risques importants de contracter des hépatites ou d’autres ITS telles que la syphilis. Le risque de contracter le VIH par fellation est faible mais réel pour toi et pour ton partenaire. Il est plus important quand il y a éjaculation dans la bouche. Le risque vient d’éventuelles lésions (gingivite, plaie, abcès, boutons sur les lèvres, etc.), qui sont des portes d’entrée pour le virus. Les risques de transmission existent pour les deux partenaires. Pour éviter tout risque, le mieux est que tu utilises le condom. Tu peux utiliser un condom à saveur ou sans lubrification, cela a meilleur goût! Dans le cas d’une fellation sans condom, il est déconseillé de te brosser les dents avant ou après (opte plutôt pour un rince-bouche). Le fisting (poing dans le cul) n'est pas une pratique sans aucun danger. Une irritation des muqueuses anales et même de micro-déchirures peuvent se produire durant cette activité. Utilise un gant de latex chirurgical avant d'enfoncer ton poing dans l’anus de ton partenaire. Garde tes ongles propres, courts et arrondis et utilise beaucoup de lubrifiant à base de silicone ou d’eau. Se donner un lavement, avant ou suite au fisting, peut irriter davantage la muqueuse anale... Avant ou après un fist-fucking, comme pour toute pénétration, le condom en latex doit être utilisé. N'importe quel objet sexuel qui pénètre dans ton anus peut transmettre le VIH s'il est partagé. Si tu comptes partager tes jouets, il est important d’utiliser un condom sur ceux-ci. Alors, il faut bien nettoyer tes jouets si tu veux les «prêter» à ton partenaire. Pour les nettoyer, tu peux utiliser du savon et de l’eau chaude, de l’alcool à friction ou du peroxyde d'hydrogène. Que tu sois top (partenaire actif) ou bottom (partenaire réceptif), le risque de transmission du VIH et des autres ITS est élevé. Certaines recherches rapportent que le bottom (celui qui se fait enculer) court plus de risques d’être infecté par le VIH que le top (celui qui encule). Ce dernier court néanmoins un risque élevé en enculant sans condom. Le dipping (insertion partielle du pénis dans l’anus) sans condom et le retrait avant l’éjaculation comportent également un risque important de transmission du VIH et particulièrement des autres ITS. Le VIH est présent dans la muqueuse anale et peut être transmis au top (partenaire actif). Il faut noter que même sans éjaculation, le liquide pré-éjaculatoire peut transmettre le VIH d’un partenaire à l’autre. Le partage d’une même seringue entre usagers de drogues présente un risque important, non seulement pour la transmission du VIH, mais aussi pour celle de l’hépatite C.


Je suis séronégatif et je me protège D

ès que tu as une vie sexuelle active et encore plus si tu as une vie sexuelle très active, il est bon de passer régulièrement des tests de dépistage du VIH. Des bilans de santé réguliers permettent aussi de dépister à temps d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS), qui se transmettent plus facilement que le VIH. L’utilisation d’un condom reste encore la meilleure arme pour bénéficier d’une vie sexuelle active tout en minimisant de façon importante certains inconvénients.

L’utilisation d’un condom reste encore la meilleure protection.

Dois-je mettre un condom pour sucer? Les avis divergent, mais certains spécialistes pensent qu’il y a des risques de transmission par une fellation sans préservatif, même s’ils sont minimes: s’il n’y a pas d’éjaculation dans la bouche. La présence de liquide pré-éjaculatoire (precum) augmente les risques. On parle alors de risque faible. Si tu veux réduire ce risque, il est recommandé d’utiliser un condom pour la fellation. Tu peux aussi ne lécher que la verge ou les testicules ou ne pas prendre le gland dans ta bouche.

L’usage de drogues récréatives a-t-elle une influence sur la prise de risques? Bien sûr, tout comme pour l’alcool : un bien-être obtenu par ces substances est susceptible d’amoindrir ou diminuer tes inhibitions, d’altérer ton jugement et d’augmenter tes sensations au point que tu ne penses plus à te protéger. C’est dans de telles conditions que l’on peut être davantage vulnérable à la prise de risques.

PRÉVENIR LA TRANSMISSION

Les pratiques SM ont-elles plus de chance de transmettre le virus?

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Pas plus – et pas moins - que les pratiques «normales ou traditionnelles», dans la mesure où les mêmes précautions sont respectées. Utilise des lubrifiants à base de silicone ou d’eau, ainsi que des condoms pour les rapports anaux et oraux. Les gants de latex sont recommandés pour le «fist-fucking». Évite toute pratique pouvant causer des lésions ou des blessures externes ou internes. Assure-toi de passer régulièrement des examens médicaux et le test du VIH. Ne partage pas les jouets sexuels non protégés et lave-les avant chaque utilisation.

Qui doit être responsable d’orchestrer les mesures préventives ? Moi ou l’autre ? Chacun est responsable de protéger sa santé. Il n’est pas question de morale mais de santé. Que tu sois séronégatif ou séropositif, célibataire ou en couple, ayant des rapports sexuels réguliers ou occasionnels, quelques partenaires différents ou de multiples partenaires, la protection s’impose, et jusqu’à aujourd’hui, le condom reste encore le meilleur moyen de se protéger contre la transmission du VIH. Bien que le risque zéro n’existe pas, on peut tout de même réduire grandement le niveau de risque de certaines pratiques sexuelles en utilisant un condom.


Je suis séropositif, je protège mes partenaires et ne risque pas de me surinfecter N

ormalement, le médecin qui te suit fixera avec toi des rencontres régulières où les tests sanguins permettront de vérifier la progression, la régression ou la stabilité de ton état de santé et de ta charge virale. Le suivi médical est une garantie pour un séropositif d’une meilleure qualité de vie à moyen comme à long terme. Pour ta santé et celle de tes partenaires, l’utilisation du condom reste le meilleur moyen pour éviter la transmission du VIH.

Dois-je dire à mes partenaires que je suis séropositif? Personne ne t’obligera à dévoiler ton statut. Toutefois, il est recommandé d’annoncer ton statut sérologique à ton partenaire, surtout s’il devient un partenaire régulier. Plus tu retardes le moment de le dire, moins il risque de bien le prendre. Dans un monde idéal, il serait bon que tu le dises à chaque partenaire avant d’avoir une relation sexuelle, mais compte tenu du rejet qui peut en découler, certains séropositifs préfèrent attendre le début d’une relation ou encore d’avoir des partenaires réguliers et de le leur dire à la deuxième ou à la troisième rencontre de la relation. C’est à toi de décider du moment.

Si ma charge virale est indétectable, est-ce que je transmets toujours le VIH? Un récent avis suisse révélait qu’un séropositif dont la charge virale serait devenue indétectable grâce aux thérapies n’était plus contaminant s’il n’avait pas d’autre infection transmissible sexuellement (ITS). Cependant, il faut s’assurer que cette charge virale indétectable reste constante. Certains spécialistes considèrent que dans l’état actuel des études, il est trop tôt pour considérer qu’une charge virale indétectable ne serait plus un véhicule pour le VIH. En outre, il s’agissait de couples hétérosexuels, monogames, et il est aventureux de chercher à généraliser aux hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes. Lors de la publication d’études annonçant des avancées dans la lutte contre le sida, avant de changer tes comportements sexuels et les protections habituelles, il est bon d’en parler à ton médecin ou de t’adresser à des organismes (comme Action Séro Zéro), qui te donneront un peu plus d’information; n’arrête donc pas de prendre les précautions habituelles en rapport avec le sexe protégé. Il y a évidemment danger d’infection lorsque la charge virale est détectable. Si une personne a une ITS avec ou sans symptômes, la concentration virale du VIH est augmentée et il y a un risque de transmission à ce moment.

Faut-il se protéger entre séropositifs? Certains séropositifs développent une résistance aux médicaments et une nouvelle transmission du VIH pourrait accélérer le développement de celui-ci dans l’organisme. Les médecins parlent alors de surinfection. Même si, statistiquement, les cas de surinfection ne sont pas fréquents, la situation est assez préoccupante pour que, là aussi, l’utilisation du condom soit recommandée. Par ailleurs, comme le système immunitaire peut-être affaibli, d’autres virus peuvent se transmettre, tels que des hépatites ainsi que les autres ITSS, dont la syphilis. Ces infections sont d’ailleurs souvent plus graves et plus difficiles à traiter chez les séropositifs.


mais je suis en couple…

EsT-CE quE nous PouVons laIssEr TombEr lE ConDom? quanD, CommEnT? Nous n’avons pas de relations sexuelles en dehors de notre couple Beaucoup de gens vivant en couples fermés souhaitent un jour se passer du condom, considérant qu’ils ne sont plus à risque d’être infectés ou d’infecter leur partenaire. Ta décision ne doit pas être prise à la légère, sans réflexion et sans discussion avec ton conjoint. Elle doit reposer sur une expérience de couple où la confiance est présente. Faire ce choix correspond à un engagement avec ton conjoint concernant l’exclusivité sexuelle. Il faut s’assurer que le choix d’être sexuellement exclusif est pleinement assumé par les deux. Même si les deux pensent être séronégatifs, il est important de confirmer, en allant passer des tests, le statut sérologique face au VIH. Il faut aussi faire établir par un médecin un bilan de santé, question de s’assurer qu’il n’y a pas de risques reliés à d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS). Cela suggère une grande franchise de parole au sein du couple pour savoir si, au cours du temps, des insatisfactions ou des désirs de voir ailleurs ne se feront pas sentir. Ne prenez pas cette décision trop rapidement, comme au début d’une relation, où, souvent, l’exclusivité sexuelle est naturelle et l’engagement paraît facile à prendre. Cet engagement doit être rediscuté périodiquement.

l’entente que vous avez. Il est normal qu’une relation évolue au cours des années. Du moins jusqu’aux résultats de nouveaux tests, il serait prudent d’utiliser de nouveau un condom pour les rapports à risque avec ton conjoint.

Nous formons un couple qui ne croit pas en l’exclusivité sexuelle. Si nous nous protégeons avec les autres, pouvons-nous avoir des relations sans condom ?

L’idéal serait qu’en tout temps, ton conjoint et toi vous protégiez, aussi bien pour éviter tout risque de transmission du VIH que des autres ITS, même lorsque vous avez une relation sexuelle seulement entre vous. Si vous avez plusieurs partenaires, vous devriez passer régulièrement le test du VIH, tout comme vous devez l’un et l’autre surveiller votre état santé physique et sexuelle. Cette liberté sexuelle au sein du couple repose sur la confiance mutuelle, l’enga-gement et la Nous sommes un couple fermé, mais responsabi-lité. Elle requiert des disexceptionnellement, j’ai eu une aventure cussions autour des pratiques sexsexuelle non protégée. Que dois-je faire ? uelles que vous vous autorisez avec Tu dois absolument en parler à ton conjoint même si le sujet les autres. Enfin, vous devez aussi est délicat. Il en va de sa santé comme de la tienne. Il existe parler des accidents possibles (oubli actuellement un traitement post-exposition qui doit être pris du condom avec un inconnu, rupture dans les 24 heures ou, tout au plus, les 72 heures suivant du condom, sperme avalé) de la possible exposition au virus. Le plus tôt est le mieux. Il se tomber en amour ou de vivre des peut que, par la suite, vous deviez ensemble redéfinir le cadre trips sexuels qui peuvent vous de votre relation pour savoir si l’engagement que vous avez amener à transgresser les limites pris tient encore ou s’il ne vaudrait pas la peine de réévaluer qui étaient permises. Bref, pour toi et pour ton conjoint, vous devez prendre toutes les mesures nécessaires pour vous protéger.

PRÉVENIR LA TRANSMISSION

Il faut s’assurer que le choix d’être sexuellement exclusif est pleinement assumé par les deux.

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Quand les contraires s’attirent lEs lEs CouPlEs CouPlEs sÉroDIffÉrEnTs sÉroDIffÉrEnTs i tu es en couple, il est possible que ton partenaire ou toi, ou les deux, soyez préoccupés par le VIH, particulièrement au début de la relation ou suite à un test de dépistage. Les risques qui semblaient auparavant théoriques ou lointains (comme les risques liés à la fellation) peuvent paraître plus présents. Tout simplement parce que maintenant, ton copain ou toi êtes séropositifs. Et cela peut avoir un impact important dans la sexualité de votre couple et dans votre sexualité propre. Le fait que, dans ton couple, l’un des deux soit séropositif ne doit pas être pris à la légère dans les relations sexuelles. Il est important de communiquer avec honnêteté et authenticité plutôt que de nourrir des frustrations ou d’accepter des pratiques non souhaitées.

S

Mon conjoint séropositif vient de commencer à prendre des médicaments… Au fil du temps, le couple évolue, comme la sexualité et ses pratiques, et il en est de même avec le VIH. Il peut occuper une place importante dans la relation d’un séronégatif avec un séropositif et provoquer des tensions, des incompréhensions, voire la rupture du couple. La communication franche et honnête, quant aux attentes de chacun en rapport avec la relation, par exemple au sujet des pratiques sexuelles, peut être une solution. Il est important de rappeler qu’aujourd’hui, de nombreux organismes peuvent apporter de l’aide aux couples sérodifférents (ateliers, soutien personnalisé ou en groupe) et qu’il ne faut pas hésiter à les contacter.

Charge virale indétectable et transmission du VIH : prudence !

L’an dernier, une équipe d’experts de la Commission fédérale suisse pour les problèmes liés au sida dévoilait un avis qui suggérait qu’une personne séropositive ne souffrant d’aucune autre infection transmissible sexuellement et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettrait pas le VIH par voie sexuelle. Toutefois, comme la stabilité de la charge virale peut varier, qu’elle n’est pas toujours fixe, la Direction de la santé publique de Montréal a émis un avis de santé publique soulignant que ces résultats ne prouvent pas qu’un traitement antirétroviral empêche la transmission du VIH. Plusieurs agences internationales telles que l’ONUSIDA et l’Organisation mondiale de la santé ont également souligné l’importance des méthodes efficaces de prévention du VIH comme l’utilisation du condom pour toutes les personnes, indépendamment de leur statut sérologique. L’utilisation du condom de façon adéquate lors de relations sexuelles demeure le moyen le plus efficace pour prévenir la transmission du VIH et des autres ITSS. Le port du condom reste conseillé même pour une personne séropositive suivant une thérapie antirétrovirale et ayant une charge virale indétectable.


le condom a glissé, s’est brisé ou tu l’as oublié? lE TraITEmEnT PosT-ExPosITIon

u as eu une relation avec pénétration non protégée, sans condom. Ou encore le condom a peut-être glissé ou s’est déchiré. Tu es inquiet? Surtout que tu ne connais pas le statut sérologique de ce partenaire ou que tu sais qu’il est séropositif? Si tu n’es pas sûr si tu as été infecté ou non, tu peux avoir recours à un traitement appelé «prophylaxie postexposition» (ou PPE). Il faut cependant consulter un médecin presque immédiatement, en clini-que ou à l’urgence.

T

Un suivi médical subséquent de 6 mois sera néces- saire. Il serait bon que tu te renseignes sur les effets secondaires potentiellement indésirables et désagréables avant de suivre le traitement, et ce, pour mieux le comprendre et mieux le suivre. Car, selon le traitement proposé, tu pourrais connaître des nausées, parfois accompagnées de vomissements, des diarrhées, des étourdissements, des brûlures d’estomac, etc. Ces traitements peuvent être désagréables, mais il faut se rappeler qu’ils sont de courte durée et que cela vaut mieux que de devenir séropositif.

Le plus tôt sera le mieux, dans les 24 heures ou, tout au plus, les 72 heures suivant la possible exposition.

PRÉVENIR LA TRANSMISSION

En quoi consiste la PPE?

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Selon les risques qui ont été pris et ton état général de santé, le médecin te suggérera ou non le traitement, qui consiste en l'administration de 2 ou 3 médicaments antirétroviraux pendant 28 jours. La rapidité d'action est déterminante. En effet, le virus, avant de se loger dans les réservoirs que sont les ganglions, le cerveau et autres, est restreint à la circulation sanguine durant les trois premiers jours. Le plus tôt sera le mieux pour débuter le traitement, dans les 24 heures ou, tout au plus, 72 heures, car au-delà de cette période, l’efficacité du traitement sera presque nulle. C'est donc durant cette phase que le traitement doit débusquer le VIH, afin de l'empêcher de s'établir dans le corps et de se développer. Idéalement, plus tu en sais sur ton partenaire (médicaments, résultats de laboratoire, échecs antérieurs au traitement antiorétroviral), mieux ton médecin pourra te confectionner un traitement sur mesure, afin de limiter les risques de transmission du VIH.


Pourquoi devrais-je passer un test de dépistage? C ’est simple, plus tu te fais dépister pour le VIH ou d’autres ITS (infections transmissibles sexuellement) souvent, plus tu peux être traité vite et ainsi moins tu cours de risques d’infecter ton ou tes partenaires sexuels. Il est estimé que si l’on traite le VIH à temps, la personne a une espérance de vie possiblement similaire à une personne «normale», c’est-à-dire qui ne vit pas avec le VIH/sida. Tu pourrais être porteur sans le savoir (comme ce serait le cas d’environ le quart des séropositifs au Québec) et ainsi transmettre le virus à d’autres, surtout si tu es sexuellement actif, la maladie de s’aggraver ou de se compliquer : le dépistage est un traitement rapide empêchera la maladie de s’aggraver ou de se compliquer.

tion. Ceci dit, une période de 2 mois après l’exposition est nécessaire pour confirmer si une personne a bel et bien été infectée ou non. D’où, encore une fois, l’utilité de se faire tester régulièrement. Peu importe le type de test, il y aura des confirmations à effectuer pour valider le test, qui est fiable à 99 %. Un résultat négatif ne devrait surtout pas être interprété comme étant une protection contre le virus.

On suggère de passer le test régulièrement, au moins deux fois par an, voire aux 3 mois si le nombre de tes partenaires est élevé.

Ainsi, si tu as plusieurs partenaires, il faut passer le test régulièrement, au moins deux fois par an (voire aux 3 mois si le nombre de tes partenaires est élevé), car il se peut que tu n’aies pas de symptômes. Le VIH ne se guérit toujours pas, mais les nouveaux traitements, plus faciles à suivre, sont efficaces et moins toxiques. Le dépistage fréquent allié à l’utilisation du condom sont en ce moment les meilleurs moyens pour prévenir la transmission du VIH et des autres ITS.

Essentiellement, tu peux te faire dépister de deux façons : le test rapide, qui donne des résultats au bout de 30 min., et le test standard, qui détectent à la fois les anticorps et les protéines du virus du VIH présents dans le système immunitaire ainsi que la présence du virus un peu plus tôt après l’exposition. Le test pour le VIH se fait par une prise de sang, simplement. Tous ces tests sont fiables, dans le sens où ils peuvent détecter la présence du virus 2 à 3 semaines après l’infec-

Que ce soit dans une clinique, un CLSC ou un hôpital, le test standard est généralement gratuit. Pour ce qui est du test de 30 minutes, il se peut qu’il y ait des frais, car il est plus coûteux à administrer. Là encore, certaines cliniques peuvent l’offrir gratuitement, de même que la consultation avec le médecin. Il y a aussi les cliniques de dépistage itinérantes régulières (comme celles d’Action Séro Zéro à Montréal et celles de MIELS-Québec), qui offrent des tests de dépistage anonymes et gratuits dans certains commerces fréquentés par les hommes gais (saunas, etc.). Dans tous les cas, n’hésite pas à t’informer.


Je viens d’apprendre que je suis porteur du VIH S

i tu t’es renseigné, tu sais déjà que depuis l’utilisation de la trithérapie pour combattre le VIH, les personnes séropositives vivent habituellement beaucoup plus longtemps et en assez bonne santé. Quoi qu’il en soit, apprendre qu’on a le VIH est toujours stressant. Peu importe les bonnes nouvelles à propos des traitements, tu dois encaisser le choc de ton diagnostic à ton rythme et à ta façon. Tu n’as pas besoin de devenir un expert médical du jour au lendemain, mais quelques connaissances de base au sujet du VIH peuvent t’aider beaucoup.

Quelle différence y a-t-il entre VIH et sida? Le VIH (ou virus de l’immunodéficience humaine) est un virus qui affaiblit le système immunitaire, c’est-à-dire l’ensemble des défenses naturelles de ton corps contre les maladies. On parle de sida (ou de syndrome de l’immunodéficience acquise) lorsque le VIH a, avec le temps, affaibli le système immunitaire et qu’une personne commence à développer des symptômes graves de l’infection. Ce n’est pas parce que tu es séropositif que tu es nécessairement rendu au stade avancé de l’infection que l’on nomme sida. Toutefois, si tu as le sida, tu es donc nécessairement porteur du VIH, puisque c’est le VIH qui cause le sida. Le virus VIH ne peut pas se multiplier tout seul. Pour cela, il a besoin d’une cellule humaine. Ses cellules favorites sont les CD4, des globules blancs spécialisés dans la défense du système immunitaire. Ce sont eux qui coordonnent les différentes réactions immunitaires et qui constituent la principale cible du VIH.

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En comprenant mieux ton état, tu seras plus en mesure de prendre ta santé en main et de mieux travailler avec ton médecin et son équipe de soins.

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Bien que le système immunitaire soit normalement censé te protéger contre les infections, le VIH est capable de le contourner. Et si ton système immunitaire s’affaiblit suffisamment, tu risques de contracter d’autres infections et de tomber très malade. De façon générale, lorsque tu es victime d’une de ces autres infections graves, on dit que tu as le sida. Mais le seul fait d’être porteur du VIH ne veut pas dire que tu vas tomber malade. Depuis l’apparition des traitements puissants (trithérapies) en 1996, la plupart des personnes séropositives peuvent rester en santé longtemps si elles reçoivent des soins et des traitements appropriés.


À qui devrais-je l’annoncer ? P

eut-être voudras-tu informer tes proches que tu es porteur du VIH afin qu’ils puissent te soutenir sur le plan émotionnel. Pour t’aider à décider à qui l’annoncer, pose-toi quelques questions. Ainsi, selon toi, qui doit le savoir? Qui t’accepte tel que tu es sans te juger? Qui t’aime et t’estime? Qui respecte ta vie privée et est capable de garder un secret? Qui est à la fois pragmatique, sensé et fiable? Qui a une bonne oreille?

Voici quelques conseils pour te faciliter la tâche une fois que tu auras pris la décision de l’annoncer : • choisis soigneusement les personnes à qui tu l’annonces; • trouve un endroit sûr et confortable pour la conversation; • insiste sur l’importance de la confidentialité; • garde des attentes réalistes; • prépare-toi; • ne te sens pas responsable de la réaction de l’autre.

Il se peut que tu décides de le révéler à différentes personnes pour différentes raisons. Tu peux également décider d’en informer certains de tes fournisseurs de soins de santé, comme ton dentiste, afin qu’ils puissent te donner les soins appropriés. Peut-être désireras-tu l’annoncer à d’autres personnes afin de les informer du risque d’exposition au VIH, comme tes anciens partenaires sexuels et tes partenaires actuels et éventuels, pour qu’ils puissent passer un test de dépistage ou prendre les mesures qui s’imposent pour préserver leur santé. Si tu es mal à l’aise d’informer un ancien partenaire sexuel que tu es porteur du VIH, tu peux demander à ton médecin ou à la Direction de la Santé Publique de le faire pour toi de manière anonyme. Sache que toute personne séropositive a l’obligation légale de divulguer sa séropositivité avant de s’adonner à une activité sexuelle qui comporte un risque important d’infection au VIH. En tant que séropositif, tu n’es pas tenu légalement de le dire à tous tes partenaires sexuels, si les activités sexuelles ne comportent aucun risque ou ne posent qu’un risque négligeable de transmission du VIH (baisers, caresses, masturbation mutuelle, doigt dans le cul, fellation avec condom ou rimming donnés ou reçus).


qui dois-je consulter pour mes soins ? E

ssaie de trouver un médecin qui a une expérience dans le traitement des personnes vivant avec le VIH et avec qui tu crois pouvoir te sentir en confiance. Car il est important que tu puisses parler ouvertement et honnêtement avec celui-ci. Ton médecin de famille (si tu en as un) connaît peut-être très bien le VIH et les traitements possibles. Mais il se peut également qu’il n’ait à peu près jamais traité de patients séropositifs. Si c’est le cas, il te dirigera probablement vers un spécialiste du VIH afin que tu obtiennes les soins médicaux dont tu as besoin. Un médecin qui a une pratique spécialisée dans le traitement du VIH peut être un médecin de famille qui a de nombreux patients séropositifs ou un spécialiste des maladies infectieuses. La seule pensée d’avoir un nouveau médecin peut être angoissante, mais le traitement du VIH est très complexe et tu dois t’assurer de recevoir les soins appropriés, prescrits par quelqu’un qui s’y connaît vraiment. Il peut être difficile de trouver un spécialiste du VIH, en particulier dans les régions rurales. Malheureusement, au Québec, les médecins spécialisés en VIH se font plutôt rares en dehors des grandes villes. Le mieux est sans aucun doute que tu communiques avec l'organisme de lutte contre le sida de ta région pour obtenir de l’information sur les médecins spécialisés dans le VIH de ton secteur. Pour les gens qui connaissent moins les ressources, le Portail internet VIH/sida du Québec (www.pvsq.org) peut fournir des renseignements importants et du soutien à distance à travers le Québec sur les ressources communautaires et médicales dans chaque région. Un suivi médical te permettra, entre autres, de savoir à quel stade de l’infection tu es rendu et dans quel état se trouve ton système immunitaire. Afin d’évaluer ton état, le médecin utilise plusieurs moyens. En plus de te faire subir un examen physique et de te poser diverses questions, il procédera à des prélèvements sanguins qui seront testés. Au besoin, il te demandera de passer d’autres examens. D’autres affections médicales (comme par exemple les hépatites, les infections transmises sexuellement et les problèmes de cœur) peuvent avoir un impact sur tes soins : il est donc important de connaître ton état de santé général.

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Afin d’évaluer ton état, le médecin utilise plusieurs moyens...

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Devrais-je participer à un essai clinique ? U

n essai clinique est une expérience ou une étude médicale conçue pour trouver réponse à certaines questions sur un traitement particulier. On les met généralement sur pied pour vérifier l’efficacité d’un traitement nouveau et non encore testé ou pour comparer l’efficacité de différents traitements. Si tu es intéressé par ce type d’essai, parles-en à ton médecin, qui te conseillera. Sache que tu peux te retirer en tout temps d’un essai clinique.

Quels sont les avantages de participer à un essai clinique ? • l’occasion d’essayer un nouveau traitement avant sa mise en marché; • l’occasion debénéficier des bienfaits potentiels sur ta santé que peut te procurer le traitement étudié; • l’obtention de médicaments gratuits, d’examens physiques et de tests plus réguliers pour surveiller ton état; • la chance de pouvoir aider d’autres personnes en contribuant à la collecte d’informations et à l’acquisition de connaissances sur de nouveaux traitements.

Quels sont les inconvénients de participer à un essai clinique ? • le risque de prendre le placebo (un médicament factice ne contenant aucune substance active) plutôt que le médicament à l’étude; • l’insuccès du nouveau traitement étudié; • les effets secondaires graves pouvant être occasionnés par le nouveau traitement; • des visites plus fréquentes chez le médecin et des tests sanguins nombreux; • l’impossibilité de pouvoir prendre d’autres médicaments (si c’est une condition de ta participation).

Quelles questions devrais-je poser avant de signer le formulaire de consentement éclairé? • Quel traitement est à l’étude ? • À quelles questions espère-t-on répondre avec cette étude ? • À quelles questions envisage-t-on ne pas pouvoir répondre ? • Qu’est-ce qui arrivera exactement pendant l’essai ? • Que dois-je faire pendant l’essai ? • Qui est responsable de l’étude et qui aura accès à l’information personnelle me concernant ? • Comment assure-t-on la protection des renseignements personnels des participants ? • Quels sont les avantages potentiels du traitement ? • Quels sont les risques et effets secondaires potentiels ? • Puis-je obtenir ce traitement d’une autre façon si je ne participe pas à l’étude ? • Le fait de ne pas vouloir participer à l’étude aura-t-il des répercussions sur les soins et services que je reçois ?

Où puis-je me procurer plus d’informations sur les essais cliniques? Tu peux également obtenir de l’information sur tous les essais cliniques en cours sur le VIH/sida auprès du Réseau canadien pour les essais, au numéro sans frais 1-800-6614664 ou sur le site Internet de l’organisme www.hivnet.ubc.ca/f/accueil


Quelles sont les phases de de l’infection au VIH? on état de santé physique général ainsi que les résultats des différents tests permettent d’évaluer à quelle phase de l’infection tu te trouves. Il existe 4 phases dans l’évolution de l’infection au VIH : la primo-infection, l’étape de séropositivité sans symptômes, l’étape de séropositivité avec symptômes et l’étape sida.

T

La primo-infection (phase 1) Suite à l’entrée du VIH dans ton corps, le virus reste en circulation environ trois jours avant d’aller se loger dans des «réservoirs» tels que les ganglions, le cerveau, la rate, etc. C’est à ce moment-là que la phase de primo-infection débute. Cette phase est difficile à identifier, car si plus de la moitié des personnes infectées ont des symptômes durant cette phase, les autres personnes n’en ont pas. Les symptômes qui caractérisent cette phase peuvent ressembler à ceux d’une forte grippe ou, parfois, à ceux d’une mononucléose. Certaines personnes développent également des boutons ou des plaques rouges. Habituellement, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes. Selon les cas, la phase de primo-infection est plus ou moins longue : de quelques semaines à quelques mois après que le virus ait pénétré dans le corps. Durant la phase de primo-infection, la concentration du VIH dans l’organisme est extrêmement élevée et, par conséquent, le risque de transmission du virus est grandement augmenté. On estime qu’à Montréal, 50 % des cas récent d’infection par le VIH, résultent d’une transmission pendant la phase de primo-infection d’un de leurs partenaires. À cette étape, le résultat d’un test de dépistage standard ou d’un test rapide serait probablement négatif, ne détectant pas encore l’infection.

Séropositif sans symptômes (phase 2) À ce stade, le système immunitaire fonctionne encore assez bien, et pour cette raison, durant cette phase, tu ne présentes pas de symptômes. Bien que plusieurs facteurs influencent la durée de cette phase, celle-ci dure en moyenne de 4 à 7 ans, mais parfois moins, parfois plus, selon les cas.

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Séropositif avec symptômes (phase 3)

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En raison de l’affaiblissement de ton système immunitaire, il lui est plus difficile de lutter naturellement contre certaines infections courantes que ton corps pourrait autrement combattre assez facilement. Arrivé à cette phase, tu pourrais ressentir des symptômes tels que la fatigue, la diarrhée constante, la fièvre persistante, divers problèmes de peau, une perte de poids, l’enflure des ganglions, etc. Ces symptômes sont dus à des infections qui sont difficiles à combattre de manière naturelle parce que ton système immunitaire est faible à cette phase. Cette phase n’est pas toujours présente et la phase sida peut survenir sans symptômes annonciateurs dans certains cas.


l’évolution

Sida (phase 4) Le sida est l’étape la plus avancée de l’infection par le VIH. À ce moment, le système immunitaire est très faible. Tu es alors à risque d’attraper des infections dites opportunistes, qui peuvent être dangereuses et parfois même mortelles.

Peu importe à quelle phase tu te trouves au moment du diagnostic, sache que les traitements actuels permettent de ralentir grandement l’évolution du VIH. Est-ce que je passerai nécessairement par toutes ces étapes ?

Avant que les traitements pour lutter contre le VIH n’existent, la majorité des personnes vivant avec le VIH passaient de la primoinfection à la phase sida. Maintenant qu’il existe des traitements, l’évolution de l’infection ne se fait plus automatiquement dans cet ordre précis. Par exemple, il est possible de passer de la primoinfection à la phase de séropositivité sans symptômes, ensuite à la phase de séropositivité avec symptômes et, grâce aux traitements, de faire un retour à la phase sans symptômes. Si tu es à la phase sida, tu peux ne plus avoir de symptômes si tu es traité.


Suis-je obligé de prendre des médicaments tout de suite? T

ant que ton système immunitaire se porte bien, il se peut que tu n’aies pas besoin de prendre des antirétroviraux. Toutefois, la plupart des personnes séropositives doivent commencer à prendre des médicaments à un moment donné, afin de prévenir le sida. La durée de la période d’attente dépend de plusieurs facteurs. Tout le monde est différent et certaines personnes peuvent vivre avec le VIH pendant très longtemps (10 ans ou plus) sans qu’il y ait de danger de passer au stade sida, alors que d’autres devront commencer des traitements assez rapidement.

Le moment idéal pour entreprendre un traitement variera donc grandement d’une personne à l’autre.

Le moment idéal pour entreprendre un traitement variera donc grandement d’une personne à l’autre. Afin d’évaluer s’il est temps de commencer le traitement, ton médecin doit prendre en considération plusieurs facteurs : ta motivation, à quelle phase de la maladie tu es rendu, l’état de ton système immunitaire, ta charge virale, le vitesse de progression de ta maladie, etc.

Si ton infection est à un stade avancé et que tu risques d’être malade dans un délai assez court, ton médecin te suggérera sans doute de commencer un traitement rapidement. La décision de commencer le traitement se fondera sur l’évaluation déterminant si ta santé se détériorera à plus ou moins long terme. Les tests sanguins permettent de vérifier plusieurs choses, mais les deux facteurs les plus importants sont le compte de tes CD4 et ta charge virale.

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Qu’est-ce que le compte des CD4 m’apprend?

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Ton compte de CD4 reflète l’état de santé de ton système immunitaire : plus ce chiffre est élevé, mieux c’est. Les cellules CD4 sont en charge du système immunitaire. Elles gèrent la bataille contre les germes et les virus envahissants. Un compte des CD4 «normal» varie de 500 à 1 200 cellules dans un millimètre cube de sang. Si tu as le VIH, il est fort probable que ton compte des CD4 soit inférieur à la normale (mais il peut également se situer dans la zone dite acceptable). Ce n’est pas nécessairement grave puisque ton système immunitaire peut continuer de te protéger même si ton compte de CD4 est plus faible que la normale. Toutefois, le risque de tomber malade augmente beaucoup si ton compte de CD4 se situe à 200 ou moins. Pour rester en santé, il faut que celui-ci demeure au-dessus de la barre des 200 cellules. C’est une bonne idée de suivre toi-même l’évolution de ton compte de CD4, afin de pouvoir reconnaître les tendances qui se produisent au fil du temps, tout en gardant en tête qu’il est normal qu’il y ait des variations. Tu peux demander à ton médecin un exemplaire des résultats de tes tests sanguins pour faire ton propre suivi.


Au Québec, la directive généralement suivie par les médecins est de traiter un patient si son compte de CD4 tombe en bas de 350. Dans certains cas, ça pourrait même être un peu avant. Dans ce cas, ton médecin te parlera de tes options de traitement. Il t’en parlera également si tu éprouves déjà des symptômes liés au VIH, et ce, quel que soit ton compte de CD4. Qu’est-ce qui peut provoquer une chute de mes CD4? Au moment de l’infection, le VIH entre dans les cellules CD4. Il transforme ensuite ces cellules en mini-manufactures qui se mettent à fabriquer de nouvelles copies du virus. Les cellules CD4 sont détruites durant ce processus, qui se répète constamment. Progressivement, sans médicament, ton corps ne sera plus capable de produire suffisamment de cellules CD4 pour remplacer les cellules détruites, donc ton compte de CD4 se mettrait à chuter.

Qu’est-ce que la charge virale et que me dit-elle? La mesure de la charge virale donne un indice de la concentration du virus dans le sang. Sans traitement, la charge virale peut varier considérablement d’une personne à l’autre et même chez une même personne. Bien qu’une faible charge virale soit habituellement associée au maintien d’une bonne santé pendant une longue période, cela est variable d’une personne à l’autre. Si tu suis un traitement, ta charge virale est un excellent moyen de déterminer si tes médicaments font leur travail. Si le traitement est efficace, ta charge virale tombera jusqu’à un niveau «indétectable», c’est-à-dire trop faible pour être mesurée par les tests disponibles. Cela ne veut pas dire que tu es guéri ou que le virus a disparu, car le virus est également présent dans des réservoirs du corps (comme le système nerveux, les ganglions, les testicules, etc.) que les médicaments pénètrent très difficilement, permettant au virus de se reproduire encore.

Les infections opportunistes, qu’est-ce que c’est? Tu risques de contracter de graves maladies si le VIH n’est pas traité pendant longtemps. Peut-être as-tu appris que tu avais le VIH parce que tu éprouvais les symptômes d’une de ces maladies. Ces maladies sont trop nombreuses pour les énumérer ici et elles ont des noms difficiles à prononcer, comme pneumocystis jirovecii, ou bien on leur donne des abréviations mystérieuses comme PPC, PPJ ou MAC. D’ailleurs, celles-ci étaient peu communes avant l’arrivée du VIH parce que les personnes ayant un système immunitaire en santé peuvent habituellement les vaincre facilement. Mais elles peuvent frapper fort si on leur en donne l’occasion, et les personnes ayant un système immunitaire affaibli sont très vulnérables. C’est pour cette raison qu’on appelle ces maladies des infections opportunistes. Par le passé, beaucoup de personnes séropositives mouraient des suites des infections opportunistes, et certaines d’entre elles en meurent encore si elles ne reçoivent pas de traitement. Il reste que les infections opportunistes sont beaucoup plus rares aujourd’hui qu’elles ne l’étaient auparavant grâce à l’amélioration considérable des traitements anti-VIH. Si tu es diagnostiqué séropositif tôt et que tu reçois un traitement approprié, tu ne devrais pas avoir à t’inquiéter des infections opportunistes. On les rencontre présentement chez des gens qui ignorent qu’ils sont infectés par le VIH et qui sont sans traitement anti-VIH. On les rencontre également chez des personnes vivant avec le VIH et dont le virus est devenu résistant aux différents médicaments.


Comment combattre le VIH ? C

ommencer à prendre des médicaments est une étape qui peut demander une adaptation psychologique. Les sentiments et perceptions que tu as par rapport à ton VIH et aux médicaments sont importants et pourraient influencer le succès de ton traitement. Étant donné le rôle que tu auras à jouer dans la prise de tes médicaments, le médecin évaluera avec toi ton intérêt à suivre un traitement, et si tu te sens prêt à prendre régulièrement des médicaments. Par ailleurs, d’autres facteurs influencent le choix du moment pour commencer le traitement. Par exemple, la présence d’une infection qui doit d’abord être traitée ou d’autres problèmes de santé. Ces facteurs, et d’autres, seront pris en consi-dération par ton médecin pour identifier le meilleur moment pour entreprendre le traitement.

Tout traitement doit être adapté à ta propre personnalité et à ton mode de vie.

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Quel traitement pour moi ?

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Tout traitement d’un patient séropositif ou malade du sida doit être adapté à sa personnalité propre et à son mode de vie, en fonction de ce qui lui convient mieux et de ce qui semble le plus efficace pour lui. Le choix de la médication peut aussi être influencé par la présence d’autres maladies ou bien la prise d’autres médicaments, avec lesquels les antirétroviraux peuvent interagir. Les spécialistes du sida se rencontrent régulièrement pour faire le point sur l’évolution des traitements et dégager les procédures les plus efficaces. En fonction de la réalité locale et de l’expérience internationale, un panel de spécialistes décide d’un protocole thérapeutique pour assurer le suivi médical des patients séropositifs. Ce protocole recommande aux médecins qui soignent des séropositifs une série d’examens et de tests considérés comme les plus fiables et efficaces à l’heure actuelle, de même que la façon d’établir le bilan de santé initial et de suivre un patient séropositif. Ce protocole précise aussi à quel rythme ces contrôles doivent être répétés, comment

suivre l’évolution de la charge virale et comment assurer au patient une couverture vaccinale optimale (pour d’autres maladies). Les recommandations sont mises à jour très régulièrement en tenant compte des plus récentes découvertes dans ce domaine.

Comment fonctionnent les traitements? Les médicaments pour lutter contre le VIH, appelés antirétroviraux, agissent un peu comme des antibiotiques, à la différence que les antibiotiques s’attaquent aux bactéries alors que les antirétroviraux s’attaquent aux virus (plus spécifiquement aux rétrovirus, la famille de virus dont fait partie le VIH) en empêchant le virus de se reproduire. Le virus du VIH a une espérance de vie de seulement quelques heures dans le corps humain. Or, tout ce que le virus fait pendant sa vie, c’est de se reproduire (le virus se réplique ou se multiplie des milliards de fois par jour). Le rôle des médicaments est d’empêcher les virus de se multiplier. Ceux-ci meurent donc sans avoir fait d’autres copies d’eux-mêmes. Ainsi, la quantité de virus (la charge virale) va diminuer. La logique est assez simple : en empêchant les virus de se multiplier, ceux-ci meurent. Il y a donc moins de virus dans le sang et l’affaiblissement du système immunitaire est ainsi grandement ralenti.


Les objectifs du traitement sont donc de diminuer ta charge virale, d’arrêter la perte de tes CD4 et, conséquemment, d’augmenter le nombre de ces derniers. Les tests de charge virale et de CD4 seront donc très utiles afin d’évaluer l’efficacité des médicaments. En ayant une charge virale basse, cela signifie qu’il y aura moins de virus en activité dans ton corps et donc moins de virus qui s’attaquent à tes CD4. Idéalement, la charge virale devrait diminuer jusqu’à être indétectable.

À l’exception des personnes qui développent déjà des symptômes de la maladie lorsqu’ils sont dépistés, il est rarement urgent d’entreprendre un traitement. Au départ, il vaut mieux prendre le temps de réfléchir et de s’informer auprès du médecin, de l’infirmier et des groupes de soutien aux séropositifs. Commencer le traitement peut impliquer des changements dans tes habitudes de vie et peut s’accompagner de troubles passagers. Mieux vaut choisir une période d’accalmie dans ton rythme de vie plutôt qu’un moment où tu as beaucoup d’obligations (travail ou autres). Renseigne-toi sur le mode d’administration des médicaments (quand, comment et combien de pilules dois-je prendre?). Cela t’aidera à choisir avec ton médecin les médicaments non seulement les plus efficaces, mais aussi les plus adaptés à ton mode de vie.


Quels sont les effets secondaires des médicaments?

Comme beaucoup d’autres médicaments, les traitements anti-VIH ne viennent pas sans effets secondaires. Ils sont surtout ressentis en début de traitement, quand l’organisme a besoin de s’y habituer. Les effets secondaires varient d’un médicament à l’autre. Les plus fréquents sont la fatigue, les maux de tête, les troubles digestifs (nausée, diarrhée), parfois de la fièvre ou des plaques rouges sur la peau. Certains médicaments peuvent aussi avoir des effets secondaires spécifiques. Dans la plupart des cas, ces effets secondaires diminuent progressivement après quelques semaines. De toute façon, il ne faut pas hésiter à parler à son médecin à son équipe ou au pharmacien des effets secondaires ressentis. Certains d’entre eux peuvent être plutôt les symptômes de maladies qui doivent être

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Il ne faut pas hésiter à parler à ton médecin, à son équipe ou au pharmacien des effets secondaires ressentis.

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traitées. À plus ou moins long terme, d’autres effets indésirables peuvent se manifester. La lipodystrophie a été, jusqu’à tout récemment, une complication assez fréquente. Il s’agit d’une modification de la répartition des graisses du corps, avec prise de graisse au ventre et à la nuque et amaigrissement du visage, des fesses, des bras et des jambes. Heureusement, les nouveaux traitements sont beaucoup moins associés à ce type d’effet infésirable. Cependant, on peut assister à une hausse du gras dans le sang. Si cet effet dure plusieurs années, il peut entraîner des risques pour le cœur et les artères, surtout si tu es fumeur. Tu pourrais connaître une hausse du taux de sucre, dans le sang aussi. Un autre trouble est une baisse du désir sexuel. Il est utile d’en parler avec ton médecin qui pourra voir à un traitement adéquat.

Pendant combien de temps devrais-je les prendre?

Dans l’état actuel des connaissances, on ne peut pas dire

s’il sera un jour possible d’arrêter les traitements anti-VIH. Ce que l’on a observé jusqu’à présent, c’est que le VIH redevient toujours actif (remontée de la charge virale) dès qu’on arrête le traitement, cela même si l’on a passé plus de 24 mois sous traitement avec une charge virale deve-nue indétectable. Suivre un traitement, aujourd’hui, c’est te donner les moyens de rester en bonne santé. C’est donc accroître tes chances d’arriver au moment où l’on aura mis au point des traitements encore plus efficaces et qui — espérons-le — permettront un jour de bloquer définitivement le virus ou de l’éradiquer. Les interruptions de traitement ne sont plus recommandées suite aux résultats d'études cliniques qui ont montré un effet nuisible des interruptions de traitement. Si tu éprouves de la difficulté à poursuivre ta médication et désires la cesser, parles-en à ton médecin ou à ton pharmacien, qui pourra t’aider à diminuer les inconforts que te cause la prise de


Les problèmes de la coinfection L

orsqu'on est actif sexuellement et séropositif, les risques d’être infecté par d'autres infections transmissibles sexuellement deviennent plus importants. C'est pourquoi il est recomman-dé de se faire vacciner contre les hépatites A et B. Il est également préférable de se faire tester souvent pour des maladies comme l’hépatite C, l'herpès génital, la syphilis, la gonorrhée ou encore le virus du papillo- me humain (VPH). Les bactéries ou les virus qui causent les ITS se transmettent lors de relations anales ou orales non protégées par un condom. On retrouve ces virus ou ces bactéries dans la salive, le sperme ou le sang. Certaines maladies, comme l'herpès, sont faciles à attraper parce qu'il suffit de se frotter à quelqu'un qui en est infecté. S’il n’est pas soigné le VPH, par exemple, peut causer à terme des lésions sérieuses et mener, éventuellement, à une forme de cancer de l'anus. Toutes ces maladies, si non détectées et non soignées, peuvent agir sur la santé en général et affaiblir le système immunitaire d'une personne séropositive. Du fait de modes de transmission communs, sexuels et sanguins, les personnes atteintes par le VIH peuvent

aussi avoir été infectées par les virus des hépatites B et C (VHB et VHC). L'hépatite C se transmet le plus souvent au contact du sang (transfusion avant 1990, toxicomanie) et plus rarement par relations sexuelles; l'hépatite B se transmet par contact avec le sang et par les relations sexuelles. Les virus d’hépatites provoquent une inflammation des cellules du foie, qui peut devenir chronique, provoquant des lésions qui peuvent conduire à une cirrhose ou à un cancer du foie. En raison de l'existence de traitements efficaces, apparus récemment, et de la sévérité possible des hépatites chroniques chez le patient séropositif, ton médecin te proposera régulièrement des tests de dépistage à une coinfection par le VHB ou le VHC.

Du fait de modes de transmission communs, sexuels et sanguins, les personnes atteintes par le VIH peuvent aussi avoir été infectées par les virus des hépatites B et C.


Comment puis-je mettre toutes les chances de mon côté ? C ertains l’appellent l’adhérence, d’autres la

L’ADHÉRENCE AU TRAITEMENT compliance, la fidélité ou encore l’obser-

vance, mais tous ces mots signifient que, lorsque tu commences un traitement antirétroviral (ARV), tu dois prendre tes médicaments. Cela est très important si tu veux remporter la victoire sur le virus. C’est, en fin de compte, la clé du succès. Plus tu prends tes médicaments de façon régulière, moins il y a de virus dans ton corps et plus tu renforces ton système immunitaire. Tu joues un rôle primordial dans la réussite de ton traitement. Tu dois donc devenir familier avec ta prise de médicaments et trouver des manières faciles pour ne pas les oublier, sinon, malheureusement, ton virus risque de devenir résistant. Et c’est là que les choses peuvent se compliquer. Dis-toi que c’est comme pour les diabétiques qui doivent quotidiennement prendre de l’insuline. Les médicaments doivent être pris tous les jours, aux mêmes heures, et ce, pendant une très longue période de temps. Il faut donc s’y habituer, s’y adapter. Comment ta journée se déroulet-elle? Quand es-tu chez toi? Tu peux incorporer la prise de médicaments dans ta routine quotidienne. Pour cela, regarde à quel moment il est le plus facile, pour toi, de les prendre. Ensuite, essaie de respecter cet horaire le plus possible. Peut-être que tu voyages souvent pour ton travail, que tu as des rencontres fréquentes à l’extérieur du bureau ou encore que tu as des horaires irréguliers… Prends le temps de penser à quels moments tu pourras prendre tes médicaments dans ce contexte. Tu pourras en discuter avec ton médecin, l’équipe soignante ou même avec le pharmacien. Si tu es étudiant, tu peux penser à incorporer le traitement à ta préparation avant d’aller à tes cours. Si tu as un party ce week-end et si tu sais que tu vas consommer de la drogue ou de l’alcool, avant de perdre la tête, réfléchis au moment où tu devrais prendre ton traitement pour ne pas sauter une dose… Car il est très important de prendre la totalité de ton traitement.

VIVRE AVEC LE VIH

Tu joues un rôle primordial dans la réussite de ton traitement.

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Oui, il y aura sans doute des moments de lassitude ou de doute. Il y a certains facteurs personnels qui feront que tu pourrais te décourager : situation financière précaire, problèmes avec l’assurance, détresse psychologique ou dépression. La consommation d’alcool et de drogues rend aussi le traitement plus compliqué à suivre… Les premières semaines surtout, les effets secondaires pourront peut-être te décourager, mais n'hésite pas à en discuter avec tes proches, ton médecin, d’autres personnes en traitement, un groupe de discussion pour séropositifs, un psychologue… Te confier peut t’aider à formuler tes inquiétudes et tes incertitudes, puis à trouver des solutions pratiques pour surmonter certaines difficultés.

Voici quelques trucs de base qui peuvent te rendre la vie plus simple :

• utilise un pilulier pour organiser tes doses; • établis-toi une routine hebdomadaire pour la préparation de tes médicaments; • conserve tous tes médicaments au même endroit; • prévois une trousse de dépannage pour parer aux imprévus; • renouvelle ta prescription quelques jours avant d’en manquer; • demande à ton partenaire ou à un proche de t’aider à respecter ton horaire; • sois régulier le plus possible : tu éviteras ainsi des ennuis plus graves.

QUESTIONS-RÉPONSES PRATIQUES Ton médecin et le pharmacien t’ont expliqué la meilleure façon de prendre ton traitement, mais il y aura parfois des événements inattendus qui t’empêcheront de suivre ces recommandations à la lettre. Voici d’autres petits trucs qui pourront t’aider.

Que faire si j'oublie la prise d'un médicament ? Prendre dès que possible la dose habituelle, même si elle est proche de la dose suivante. Mieux vaut prendre un médicament en horaire décalé que pas du tout. Prendre le médicament s’il y a moins de 5 heures d’écart avec l’heure habituelle de l’administration.

Que faire si j'ai vomi après la prise de médicaments ? Ne reprendre une dose de médicaments que si tu as vomi dans la demi-heure qui a suivi la prise de ce médicament. Sinon, c'est inutile.

Que faire si je dois prendre un médicament à jeun, alors que je viens de prendre un repas ? Si cela est possible, prendre le médicament deux heures après le repas; sinon, le prendre immédiatement.

Qu'entend-on par boisson abondante ? Au moins un litre et demi par jour, si possible au moment des prises de médicaments (eau non gazeuse, jus de pomme...).


Comment dois-je m’alimenter ? F

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ondamentalement, pour une personne séropositive, les règles d’une bonne alimentation ne sont pas différentes de celles qui prévalent pour l'ensemble de la population. Il faut que tu manges de manière équilibrée, en recherchant un apport en protéines suffisant, mais en limitant l'apport en graisses animales; il faut aussi que tu fasses la part belle aux fruits et aux légumes. Songe aussi à consommer régulièrement et suffisamment de liquide, surtout de l’eau. En variant tes apports alimentaires et en buvant suffisamment, tu es sûr d'absorber tous les éléments nutritifs nécessaires à ton organisme. Le fait d'être infecté par le VIH demande toutefois quelques précautions. La présence du virus dans l'organisme est à l'origine d'une dépense énergétique accrue, qui doit être compensée par un supplément d'apports nutritifs, mais en respectant un équilibre entre les protéines (viande, poisson, œufs, produits laitiers), les glucides (sucres, céréales, féculents, fruits, légumes) et les lipides (graisses). La dénutrition peut être une complication rare mais importante de l'infection par le VIH. Sache qu’il est possible de consulter gratuitement un diététicien ou une diététicienne dans les CLSC et bien des cliniques médicales.

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Il est donc important que tu respectes une série de règles d'hygiène :

• lave-toi toujours les mains avant d'entrer en contact avec de la nourriture; • conserve toujours la viande, la volaille et le poisson au réfrigérateur; crus, ces produits frais ne doivent jamais rester plus de deux jours au frigo; • cuis bien tes viandes, le poulet et les poissons; • vérifie et tiens invariablement compte de la date limite de consommation des produits frais; • ne conserve jamais les restes plus d'un jour et ne les réchauffe Gare aux intoxications alimentaires. pas deux fois, afin d'éviter la Étant donné l'affaiblissement de ton système immuniprolifération des bactéries; taire, il faut que tu sois plus attentif à • évite de manger des œufs crus éviter les infections transmissi(par exemple dans des mayonbles par voie alimentaire. Les naises, crèmes-glacées ou plus fréquentes sont les gassauces faites maison); troentérites. Rarement, d’au• nettoie soigneusement tes tres pathogènes comme la fruits et légumes; toxoplasmose ou la • rince à l'eau chaude les chiffons listériose peuvent être qui ont servi à essuyer du jus de transmis. Les aliments viande ou de poulet; un rouleau sont un milieu propice de papier essuie-tout est plus à la prolifération des pratique dans ce cas; bactéries : si les méth- • nettoie soigneusement tous les odes de conservation ustensiles utilisés en cuisine; les sont inappropriées, le nomplanches à découper méritent une bre de bactéries peut augmenter attention particulière, car les très rapidement. bactéries se développent facilement dans les sillons laissés par les couteaux.


Conseils en cas de difficultés spécifiques. • DIARRHÉE : Mange léger mais souvent, de préférence des aliments pauvres en gras. Évite les produits riches en sucres. Opte pour des mets contenant des fibres solubles dans l'eau, du pain blanc, du riz, des pâtes, des carottes, des pommes de terre, des fruits cuits et des bananes. Augmente ta consommation de bouillons et de potages. Renonce aux boissons gazeuses, aux jus de fruit sucrés et au café, mais bois beaucoup d'eau et augmente ta consommation de sel pour éviter la déshydratation. • NAUSÉES : Avant tout, évite de rester l'estomac vide : mange donc ce qui te fait envie, légèrement, cinq à six fois par jour. Choisis des aliments doux et salés, des préparations simples, consommées froides ou à la température ambiante (l'odeur des repas très chauds accroît parfois les nausées). Évite les plats trop gras ou trop épicés. Bois surtout entre les repas des boissons froides et des jus de fruits. Mange des biscuits secs (petit beurre, biscuits militaires, etc.) quand les nausées surviennent. • MANQUE D'APPÉTIT : Essaie de ne pas manger seul. Fais de nombreux petits repas plutôt que de te décourager devant une assiette trop copieuse. Opte pour une cuisine légère et variée, avec tes aliments préférés. Si la viande rouge ne te plait pas, pense à la volaille, au poisson, aux œufs ou aux produits laitiers comme source de protéines. Évite de manger des aliments sucrés en grande quantité, de prendre des compléments nutritionnels juste avant le repas, de boire du thé, du café ou toute autre boisson sans valeur nutritive. • MAL À LA BOUCHE : Essaie de changer la consistance de ta nourriture et mange des aliments à texture douce, non irritante : œufs, pâtes, viande hachée, poisson, purée de

légumes, plats mijotés, laitages; ajoute de la sauce, du bouillon, de la crème pour attendrir la viande et la rendre moelleuse. Mange tes plats à la température ambiante, ni trop chauds, ni trop froids. Bois des nectars de fruits ou des jus non acides (pomme, raisin). Évite le tabac et l’alcool, les aliments trop épicés ou trop acides, le pain, ainsi que les fruits secs et granuleux. Bois et rince-toi la bouche régulièrement. En cas de difficulté, tu peux utiliser une paille ou t'adoucir les lèvres en mettant du baume. • GOÛT DES ALIMENTS PERTURBÉS : À la suite d'inflammations buccales ou de certains traitements, le sens du goût peut se modifier ou disparaître. Ajouter des épices ou des condiments acides peut être un bon stimulant (jus de citron, de pamplemousse, filet de vinaigre). Tu peux également alterner avec des aliments à la saveur douce, privilégier des aliments appétissants à l'odeur agréable, les manger froids ou à la température de la pièce. Il est souhaitable de t'installer dans une pièce aérée, sans odeur de cuisine, de manger lentement, tranquillement, en faisant travailler tous ses sens. • PERTE DE POIDS PERSISTANTE : Si tes problèmes alimentaires persistent, n'hésite pas à consulter ton médecin. Si, malgré tes efforts, tu perds du poids, soit tu ne manges pas assez, soit ce que tu manges n'est pas assimilé.


La discrimination dans ma vie ? D

epuis l’épidémie du sida dans le monde, la discrimination à l’endroit des personnes infectées par le VIH a été l’un des freins les plus sournois pour la prise en charge optimale de ces personnes. L’arrivée des trithérapies n’a pas tout changé malheureusement. Cette discrimination qui persiste, et souvent de façon insidieuse, n’arrange pas la prévention contre l’épidémie et influe sur la qualité de vie des séropositifs, les obligeant parfois à cacher leur séropositivité.

Soins de santé Des spécialistes de la santé (dont des dentistes, selon beaucoup de témoignages) ne veulent pas soigner des séropositifs, refusent des opérations ou encore brisent la confidentialité. Les cas sont plus fréquents en région, où les préjugés face au sida sont encore plus tenaces que dans les grands centres urbains. La discrimination peut se faire de façon plus masquée. Certains spécialistes de la santé donnent rendez-vous à leurs patients séropositifs en fin de journée pour ne pas que la clientèle s’aperçoive qu’ils traitent des personnes atteintes du VIH. D’autres invoquent des questions de sécurité – stérilisation des équipements, port de gants – pour refuser des soins, ce qui est plus inquiétant, puisque les mêmes conditions s’appliquent à tous les professionnels de la santé quel que soit l’état du patient ou la pathologie de ce dernier. Les normes en matière de stérilisation et protection sont universelles.

VIVRE AVEC LE VIH

Assurances

POSITIF

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Beaucoup de séropositifs ont de la difficulté à obtenir une couverture d’assurance-vie ou invalidité. Le secteur de l’assurance, secteur privé à but lucratif, a «le pouvoir de décider d’après des critères reconnus dans ce secteur (en particulier le partage du risque) qui peut être assuré ou non et qui doit payer des primes plus élevées. En s’appuyant sur ces critères, les assureurs refusent régulièrement de l’assurance ou des prestations aux personnes vivant avec le VIH/sida.

Milieu professionnel

Même si tous les employeurs, supérieurs ou collègues ne réagissent pas de façon négative lorsqu’ils apprennent que tu es séropositif, il demeure risqué de divulguer ta maladie au travail. Le risque de la divulgation ne concerne pas que les séropositifs à l’emploi, mais également ceux qui, grâce aux trithérapies antirétrovirales, peuvent retourner sur le marché du travail. Que dire lors d’une entrevue de sélection, pour expliquer que pendant plusieurs mois on n’a pas travaillé? Révéler sa séropositivité en milieu de travail n’est pas sans risque. Si l’entreprise a une assurance de santé privée, la déclaration obligatoire de son statut sérologique risque d’entraîner une augmentation de la cotisation mensuelle de chacun des employés, surtout s’il s’agit d’une PME. Ces employés peuvent se demander quelle est la personne parmi leurs collègues qui en est la cause et pour quels motifs. Cette suspicion peut devenir insoutenable pour la personne séro-positive. Enfin, des témoignages confirment que la séropositivité connue entraîne du rejet de la part des collègues ou des supérieurs.

Discrimination et stigmatisation Attitude de méfiance et de rejet dans le milieu de la santé, dans le milieu professionnel, d’autres embûches peuvent venir alourdir la


qualité de vie d’un séropositif une fois que son état est connu, comme le refus d’un propriétaire de louer son logement, l’impossibilité d’obtenir un visa pour entrer dans certains pays. Et c’est sans compter la discrimination et la stigmatisation qui peuvent encore toucher un séropositif dans la sphère du privé, avec le rejet par la famille et par les amis... Réduire la stigmatisation et la discrimination associées au VIH/sida est crucial dans le cadre de la prévention puisqu’il est connu qu’un certain nombre de gais ne passent pas le test pour ne pas être confronté à des situations dans lesquelles ils se sentiront comme des parias. Tout comme la réduction de ces effets négatifs améliorerait grandement la qualité de vie des personnes séropositives. Le rapport de l’Agence de santé publique du Canada, publié en 2007, recense, à partir d’une enquête, toutes les discriminations et la stigmatisation dont peuvent être victimes les personnes séropositives. Il existe une possibilité d’obtenir de l’aide face à ces actes de discrimination à travers les organismes sida. Mais il est aussi important de faire pression sur les gouvernements fédéral et provincial pour garantir l’équité quant à la santé et au travail pour les personnes séropositives, pour qu’ils se dotent de tous les moyens pour éradiquer les attitudes de rejet face aux personnes séropositives en accord avec la Constitution et avec les Chartes. Si tu te crois l’objet de discrimination qui contrevient à la Charte des droits et libertés, tu peux déposer une plainte à la Commission des droits et libertés du Québec.


Que me a découverte de nouveaux traitements contre le sida reste une des priorités des chercheurs dans le monde entier. Présentement, il y a une quinzaine de nouveaux médicaments anti-VIH en cours d’évaluation et qui ont de bonnes chances d’être mis en marché dans les deux prochaines années. Plusieurs de ces traitements comportent des avantages importants par rapport aux médicaments existants , particulièrement une posologie simplifiée et une moindre toxicité.

L

Il y a également d’autres médicaments à l’étude qui s’attaquent à de nouvelles cibles du virus, ainsi que des recherches qui se poursuivent en vue de dépister le virus là où il se cache, d’enseigner l’autodéfense aux cellules et de renforcer le système immunitaire.

Des traitements actuellement moins lourds

VIVRE AVEC LE VIH

Les firmes pharmaceutiques cherchent aussi à rendre les traitements moins lourds. D'abord en luttant contre les effets indésirables, notamment les lipodystrophies, puis en cherchant à rendre les traitements plus faciles à prendre, en combinant plusieurs molécules dans une même pillule et en réduisant le nombre de prises par jour. La plupart des traitements peuvent être administrés en une ou deux prises par jour. Les contraintes par rapport aux repas ont souvent disparu. Outre l'amélioration des antirétroviraux utilisés depuis plus longtemps, la recherche explore des médicaments nouveaux, qui pourraient s'attaquer à d'autres étapes de la réplication du VIH dans les cellules. Ces médicaments ont récemment été commercialisés au Canada.

POSITIF

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Qu’arrive-t-il au niveau de la recherche pour un vaccin ? Il faudra probablement plusieurs années et beaucoup de recherches avant de trouver un vaccin qui protègera contre le VIH, à cause de la capacité du virus de se modifier. Mais les progrès étonnants, réalisés au cours des dernières années dans le traitement de la maladie, nous procurent un certain optimisme. Une quantité impressionnante de ressources sont consacrées à la recherche d’un vaccin efficace. Il est donc très possible que l’on connaisse une percée tout aussi intéressante que celle que l’on a vécue en 1997 avec l’arrivée des nouveaux traitements très puissants qui ont permis de transformer cette infection mortelle en infection chronique! Mais, la réalisation d'un vaccin abordable, facile à administrer et capable de protéger efficacement les gens contre le VIH reste encore un rêve lointain qui se heurte à de nombreuses difficultés. Parmi les pistes sous étude : utiliser à des fins thérapeutiques des vaccins actuellement testés pour prévenir l'infection. Il s'agit de les administrer à des patients ayant reçu un traitement anti-VIH pour éviter le rebond de la réplication virale au moment de l'arrêt de ce traitement. Mais cette piste demandera encore des années de recherche.


Les ressources VIH/sida qui peuvent m’aider Dépistage du VIH / suivi médical Clinique du Quartier-Latin 905, boul. René Lévesque Est, Montréal T 514-285-5500 www.cliniquequartierlatin.ca Clinique L'Actuel 1001, boul. de Maisonneuve Est, Bureau 1130, Montréal T 514-524-1001 www.cliniquelactuel.com Clinique médicale de l'Alternative 2034, rue St-Hubert, Montréal T 514-281-9848 www.cliniquedelalternative.com

T 418-522-SIDA (7432) Séro Zéro et MIELS - Québec organisent régulièrement des cliniques de dépistage dans les bars et saunas gais. Contacte ces organismes pour connaître les lieux et horaires des prochaines cliniques, où l’on vaccine également contre les hépatites. Action Séro Zéro (Montréal) T 514-521-7778 www.sero-zero.qc.ca Le Mouvement d’Information et d’Entraide dans la Lutte contre le Sida à Québec (MIELS) T 418-649-1720 www.miels.org/miels

Appelle Info Santé 811 pour avoir des renseignements sur les services intégrés de dépistage et de prévention Clinique médicale GLR 3545, chemin de la Côte-des-Neiges, des ITSS (SIDEP) ou appelle un des services SIDEP dont la liste par réBureau 023, Montréal gion apparaît ci-dessus. Depuis le 20 T 514-935-1197 mai 2008, un seul numéro à trois chiffres, le 8-1-1, est nécessaire Clinique médicale La Cité pour rejoindre les services Info-San300, rue Léo-Pariseau, bureau 900 té. Facile à retenir, ce numéro peut Place du Parc, Montréal être composé partout au Québec. T 514-281-1722

Clinique médicale de l'Ouest 4647, rue Verdun, Verdun T 514-765-3600 Clinique 30 St-Joseph 30, boul.St-Joseph Est, Local 100, Montréal T 514-845-4240 CLSC des Faubourgs 1705, rue de la Visitation Montréal T 514-527-2361, poste 1995 CLSC Métro 1801 de Maisonneuve Ouest, 4e étage, Montréal T 514-934-0552 CLSC Haute-Ville-Des-Rivières 55, chemin Sainte-Foy, Québec T 418-687-SIDA (7432) CLSC Basse-Ville-Limoilou-Vanier 50, rue Saint-Joseph Est, Québec

Prévention / soutien / accompagnement Action Séro Zéro (Montréal) T 514-521-7778 www.sero-zero.qc.ca Action sida Richelieu-Yamaska T 450-773-5050, 1-866-523-5050

www.sidarichelieu-yamaska.com Actions sida Côte-Nord T 418-962-6211 www.ascn.qc.ca Aids Community Care Montreal T 514-527-0928 www.accmontreal.org L’ARCHE de L'Estrie T 819-348-2670 BLITS (Centre du Québec) T 819-758-2662 www.blits.ca Le Bureau Régional d’Action sida (BRAS) – Outaouais T 819-776-BRAS/ 776-2727, 1-877-376-BRAS/2727 www.lebras.qc.ca/index.php Centre des ROSÉE (Abitibi/Témiscamingue) T 819-764-9111, 1-800-783-9002 www3.cablevision.qc.ca/centredesroses/ Centre Sida Amitié (Laurentides/Saint-Jérôme) T 450-431-7432 Coalition Sida des sourds du Québec T 1-800-709-7932 puis demande le 514-521-1780 www.cssq.org


Comité Jase (Jeunes adultes séropositifs/ensemble Montréal) T 514-529-9462 jase1629@hotmail.com Émiss-ère (Montérégie) 462, boul. Ste-Foy, Longueuil T 450-651-9229, 1-888-CAP-SIDA www.emiss-ere.ca Fondation aide directe – Sida Montréal 1442, rue Panet, Montréal T 514-522-1993 www.fadsm.org I.R.I.S. – Estrie 505, Wellington Sud, Sherbrooke T 819-823-6704

PRÉVENIR LA TRANSMISSION ET VIVRE AVEC LE VIH

Le mouvement d'aide et d'information sida (M.A.I.N.S) Bas St-Laurent T 418-722-7432, 1-888-844-7432 www.mainsbsl.qc.ca/

POSITIF

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Maison du Parc (Montréal) T 514-523-6467 www.maisonduparc.org Maison Plein Coeur (Montréal) T 514-597-0554 www.maisonpleincoeur.org/ Maison Re-Né (Trois-Rivières) T 819-379-2495 maison.re-ne@tr.cgocable.ca Maison Sainte-Famille (Lanaudière) T 450-961-4447 www.geocities.com/maisonstefamilletomdee/ Le Mouvement d’Information et d’Entraide dans la Lutte contre le Sida à Québec (M.I.E.L.S.) 281, chemin Sainte-Foy, Québec T 418-649-1720 Ligne d’écoute : 418-649-1720 www.miels.org/miels

Mouvement d'information, d'éducation et d'entraide dans la lutte contre le sida (M.I.E.N.S.) Saguenay/Lac St-Jean 94, rue Jacques-Cartier Est, Suite 302, Chicoutimi, T 418-693-8983, 1-800-463-3764

M.I.E.N.S. (Saguenay/Lac St-Jean) 94, rue Jacques-Cartier Est, Suite 302, Chicoutimi T 418-693-8983, 1-800-463-3764

Ruban en route T 514-767-5656 www.rubanenroute.org

Centre Amaryllis (Montréal) T 514-526-3635

Sidaction Trois-Rivières 719, rue Champflour, Trois-Rivières T 819-374-5740 www.sidaction-troisrivieres.ca/ Sida-vie Laval 90, boul. Lévesque Est, Laval Tél.: (450) 669-3099 www.sidavielaval.org

Hébergement Corporation Félix Hubert d'Hérelle (Montréal) T 514-844-4874 info@maisondherelle.org www.maisondherelle.org/index.htm Les Hébergements de l'Envol (Montréal) T 514-374-1614 pages.infinit.net/lenvol2/ Maison Dominique (Laval) T 450-681-1441 maisondominique@bellnet.ca

Sidalys (Montréal) www.sidalys.org

Autres ressources VIH/sida ARGUS www.argusquebec.ca Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ - sida) 1, rue Sherbrooke Est, Montréal T 514-844-2477 www.cocqsida.com Conseil Canadien de surveillance et d'accès aux traitements www.ctac.ca Cycle de conférences sur le VIH/sida de l’Université Concordia aids.concordia.ca/index_fr.html Fondation des petits lutins www.ptitslutins.org/fr/index.shtml Fondation Farha T 514-270-4900 www.farha.qc.ca

Fondation Bad Boy Club Montréal (BBCM) T 514-875-7026 www.bbcm.org/fr_MainSite.htm Fondation canadienne de recherche sur le sida (CANFAR) www.canfar.ca Fondation Le Grand Circuit T 514-286-1021 www.legrandcircuit.org/fr/index.html Groupe de travail canadien sur le VIH et la réinsertion sociale www.hivandrehab.ca Party POZ www.epicentre.qc.ca/partypoz Réseau Juridique Canadien VIH-sida www.aidslaw.ca/francais/accueil.htm Réseau canadien pour les essais VIH www.hivnet.ubc.ca/f/accueil Société Canadienne du Sida www.cdnaids.ca

Pour te tenir informé sur les réalités VIH/sida Le magazine Fugues www.fugues.com CMEonHIV www.cmeonhiv.ca Connect - Portail VIH/ sida canadien www.hivinfovih.ca/fr Fréquence VIH www.frequencevih.ca Portail VIH/sida du Québec www.pvsq.org Prêt pour l’action www.pretpourlaction.com Projet VIHsibilité www.vihsibilite.uqam.ca/ Relais www.relaymagazine.com Réseau canadien d'info-traitements sida (CATIE) www.catie.ca/fre T 1-800-263-1638



Positif