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Université du Havre U.F.R des Lettres et Sciences Humaines Cultures, Espaces, Sociétés

Master Géographie et Aménagement: Stratégies des territoires et développement durable Ingénierie territoriale, urbanisme et politiques publiques

Mémoire de stage La maîtrise de l'information comme condition nécessaire à la dynamique des parcs d'activités Étude sur la circonscription de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Havre

Année universitaire 2008-2009

Présenté et soutenu le 10 septembre 2009 par FRATRAS Yohann

Mémoire encadré par : THOMAS-ROSSET CHRISTINE, CCI du Havre, tutrice professionnelle DEPREZ SAMUEL, Maître de conférences, tuteur universitaire


Remerciements

En préambule de ce mémoire, je souhaitais adresser mes remerciements aux personnes qui m’ont apporté leur aide et qui ont contribué à l’élaboration de ce mémoire. Tout d’abord, je tiens à remercier Samuel Deprez, qui en tant que directeur de mémoire, s’est montré à l’écoute et disponible tout au long de la réalisation de ce mémoire Je tiens à remercier également Christine Thomas-Rosset pour m’avoir donné l’opportunité de réaliser mon stage au sein de son service et pour la confiance qu’elle m’a accordée. Un grand merci à Jackie Fournier pour sa gentillesse, sa disponibilité et son soutien. Enfin, j’adresse mes plus sincères remerciements à Aude Bérengnier pour ses conseils, sa disponibilité et son soutien tout au long de mon stage.

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Sommaire

Sommaire Introduction ............................................................................................................................................. 4 1.

Les Parcs d’activités : un acteur essentiel du territoire ................................................................... 5 1.1.

1.1.1.

Les attentes des entreprises dans leur choix de localisation ........................................... 5

1.1.2.

Des besoins différents selon les secteurs ......................................................................... 8

1.2.

2.

Un outil de structuration du tissu économique local ............................................................. 10

1.2.1.

Les parcs d’activités comme support de l’économie locale .......................................... 10

1.2.2.

Les collectivités territoriales et la politique des parcs d’activités ................................ 12

La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités.................................................................... 16 2.1.

MAPECO, un outil d’information sur les parcs d’activités................................................... 16

2.1.1.

MAPECO : un portail d’information pour les CCI ....................................................... 16

2.1.2.

Les limites du projet MAPECO ..................................................................................... 19

2.2.

3.

Les parcs d’activités comme réponse à la stratégie de localisation des entreprises ................ 5

Exemple d’analyse grâce à MAPECO : La Zone Industrielle et Portuaire du Havre............ 21

2.2.1.

La ZIP, une interface industrie/environnement ............................................................. 21

2.2.2.

Analyse .......................................................................................................................... 23

Vers une gestion durable des parcs d’activités .............................................................................. 29 3.1.

Les différents niveaux de la gestion durable ......................................................................... 29

3.1.1.

Agir sur l’existant .......................................................................................................... 29

3.1.2.

La notion d’éco-parc ..................................................................................................... 37

3.2.

La maîtrise de l’information comme vecteur de gestion durable .......................................... 40

3.2.1.

Le type d’information nécessaire pour une démarche de gestion durable .................... 40

3.2.2. La gestion durable comme outil de redynamisation des parcs d’activités : l’exemple du parc des Marais ............................................................................................................................. 43 Conclusion............................................................................................................................................. 48 Bibliographie ......................................................................................................................................... 49 Sitographie ............................................................................................................................................ 49 Table des figures ................................................................................................................................... 50 Annexes ................................................................................................................................................. 51

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Introduction

Introduction Les parcs d’activités (ou zone d’activités) sont aujourd’hui un élément majeur du développement économique des territoires. Pour une collectivité, disposer d’un parc d’activités est synonyme de création d’emplois et de richesses. Ils constituent aujourd’hui un lien privilégié entre les entreprises et les collectivités territoriales. Ce lien est essentiel car il va garantir le succès commercial d’une zone d’activités. Une zone doit répondre aux besoins des activités économiques tout en s’intégrant dans son environnement. C’est pour cette raison que, devant la singularité des territoires et des activités, chaque parc d’activités recouvre des réalités complexes et hétérogènes. Dans ce contexte, la maîtrise de l’information va jouer un rôle majeur en assurant le lien entre les gestionnaires des parcs d’activités et les entrepreneurs. L’information est un outil essentiel pour les gestionnaires dans la perspective d’attirer les chefs d’entreprises en mettant en avant le potentiel de leurs zones d’activités. Il s’agira, tout au long de ce mémoire, d’analyser le rôle que va jouer l’information dans le lien qu’il existe entre les gestionnaires des parcs d’activités et les entreprises. Ce rôle est d’autant plus important que, dans un contexte de développement durable, l’aménagement et la gestion de ces espaces sont remis en cause. Le développement des zones d’activités dans les années 1970 s’est fait de manière anarchique sans se soucier des impacts sur l’environnement. Les acteurs qui interviennent dans la politique des parcs d’activités sont aujourd’hui amenés à repenser la gestion de ces sites. De nouvelles méthodes d’organisation et de gestion des zones d’activités vont être développées et que l’on peut regrouper sous le terme de management environnemental. Cette gestion durable va concerner à la fois les collectivités et les entreprises et donc la maîtrise de l’information qui assure le lien entre les deux. Dans un premier temps, nous allons nous intéresser aux enjeux que recouvrent les parcs d’activités, à la fois pour les entrepreneurs et les gestionnaires. La deuxième partie sera consacrée à la maîtrise de l’information, les outils disponibles pour promouvoir un parc d’activités et leurs potentialités. Enfin, dans une dernière partie, nous verrons comment les principes du développement durable sont appliqués à la gestion des parcs d’activités.

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Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

1. Les Parcs d’activités : un acteur essentiel du territoire

Une Zone d’Activités (ZA) est un espace aménagé par une collectivité territoriale avec l’objectif d’être commercialisé à des entreprises. Les premières ZA sont apparues après la Seconde Guerre Mondiale sous l’impulsion des collectivités territoriales pour répondre à une industrialisation croissante. Plus qu’un simple site destiné à accueillir des entreprises, une zone d’activités est le lieu de rencontre entre la stratégie de développement économique d’une collectivité territoriale et le choix d’implantation d’une entreprise. Ce site est donc le point de rencontre entre l’offre d’une collectivité, qui va mettre à disposition une partie de son territoire et la demande d’une entreprise, qui va chercher à s’implanter sur un site pouvant répondre à ses besoins. Dans ce contexte d’offre et de demande, l’information va jouer un rôle majeur en favorisant le rapprochement entre les deux partis.

1.1. Les parcs d’activités comme réponse à la stratégie de localisation des entreprises Un des avantages des parcs d’activités est de proposer des sites répondant aux besoins des entreprises. Ces attentes vont différer selon le type d’activité de l’établissement et vont influer sa décision quant à son implantation. 1.1.1. Les attentes des entreprises dans leur choix de localisation

Avec la mutation économique des années 1960, les choix de localisation des sociétés ont évolué. Cette mutation est le résultat de changements qui se sont produits dans le monde de l’entreprise avec l’arrivée de nouveaux acteurs (firmes transnationales, de nouveaux clients), des produits et services de plus en plus diversifiés, la prédominance de l’innovation comme facteur de croissance, de nouveaux modes de production. Ainsi les attentes des entreprises quant au choix de localisation vont s’en trouver modifiées. Les chefs d’entreprises ne sont plus seulement attirés par un prix de vente intéressant et des aides à l’implantation mais sont à la recherche de terrains de qualité. Les collectivités vont devoir se positionner sur un marché de qualité de services et d’accueil. Aujourd’hui, les critères qui vont motiver une entreprise à s’installer sur un territoire plutôt qu’un autre peuvent se diviser en trois grands thèmes : l’accessibilité, les caractéristiques du terrain et du bâti, l’environnement.

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Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

 L’accessibilité Une des spécificités qui va influencer une entreprise dans la décision d’implanter un de ses établissements sur un terrain en particulier va être l’accessibilité. Elle concerne à la fois les marchandises, les personnes et l’information. Les terrains à proximité des grands axes de communication vont ainsi être privilégiés par tous les types d’entreprises. La présence d’un réseau autoroutier va avoir pour conséquence d’attirer une entreprise car la route est aujourd’hui le moyen le plus simple pour le transport de marchandises. Pour une société commerciale, la proximité d’un axe routier va permettre d’étendre son aire de chalandise et ainsi attirer une clientèle plus importante. Les autres modes de transports ne sont cependant pas à négliger, notamment dans un contexte d’augmentation des échanges mais aussi de développement durable. Les entrepreneurs peuvent être tentés de développer la multimodalité et ainsi reporter une partie des échanges réalisés par routes sur d’autres modes de transports. Le chemin de fer est un exemple d’alternative à la route. Pour les entreprises désirant utiliser le transport fluvial ou maritime, la présence d’un quai peut constituer un avantage pour un site. Dans une moindre mesure, la proximité d’un aéroport peut être un atout pour un territoire. Certaines sociétés peuvent y voir un moyen de transport rapide, spécialement pour le fret d’urgence mais également pour les voyages d’affaires.  Les caractéristiques du terrain et du bâti Le deuxième grand critère entrant en compte dans la localisation d’un établissement concerne les caractéristiques du terrain. Au cours des dernières années, la demande de terrain a augmenté en quantité mais aussi en qualité. Un des avantages des parcs d’activités est de pouvoir proposer des équipements et des services dédiés pour ses entreprises. Ainsi, la grande majorité des parcs d’activités est reliée au réseau électrique et de gaz, au réseau incendie, bénéficie du haut-débit, de l’eau potable, de l’eau industrielle. Les entrepreneurs vont favoriser les territoires bénéficiant de services, notamment en faveur de la société elle-même mais aussi de ses employés. Ainsi il n’est pas rare de trouver à proximité des parcs d’activités un restaurant, une crèche, une pépinière d’entreprises, un commerce, une station service, un hôtel ou encore un arrêt de bus. Les services mutualisés comme le gardiennage ou le ramassage des déchets vont également attirer l’attention des chefs d’entreprises. Ces services se développent dans un contexte de gestion durable comme nous le verrons dans la troisième partie.

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Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

Les conditions de commercialisation et la fiscalité vont être des facteurs entrant en compte dans le choix de localisation d’une entreprise. Les conditions d’occupation du sol (achat ou location), le prix de vente au m² peuvent différer selon les territoires et l’entrepreneur choisira la solution la plus avantageuse pour lui. Il en va de même pour la fiscalité. Le régime de Taxe Professionnelle (TP) ou de Taxe Professionnelle Unique (TPU) quand il s’agit d’une intercommunalité ainsi que toutes les taxes ou impôts qui peuvent s’appliquer sur un territoire vont également influencer le choix de l’entrepreneur.  L’environnement L’environnement est le dernier grand thème à entrer en compte dans la stratégie de localisation d’un établissement. Le voisinage de l’entreprise va ici jouer un rôle majeur. Les entreprises auront tendance à s’implanter au plus près de leur marché. Chaque établissement favorisera une localisation au plus près de ses clients. C’est le cas notamment pour les entreprises de sous-traitance ou les commerces. La présence d’établissements est un signe du dynamisme d’un territoire et aura tendance à rassurer l’industriel, le commerçant ou le prestataire de services qui désirent s’y installer. La nature des entreprises est aussi à prendre en compte. Les établissements ayant la même activité auront tendance à s’agglomérer au même endroit pour profiter d’externalités positives, notamment exploiter la force centripète que ces entreprises vont générer. Les activités commerciales peuvent être prises en exemple pour leur capacité à attirer les clients des enseignes concurrentes. Cependant ce facteur peut avoir un effet inverse. En effet, la concurrence entre les établissements peut entraîner une force centrifuge qui va disperser les entreprises ayant des activités similaires sur un territoire. Les servitudes qui pèsent sur un site vont bien évidemment jouer un rôle dans la décision d’une entreprise. Elle aura tendance à fuir les territoires où pèsent des contraintes environnementales ou industrielles (site classé, zone de risque technologique). Dans ce contexte où de nombreux facteurs vont peser dans le choix d’une entreprise, la maîtrise de l’information est un élément essentiel. Cette information doit permettre à l’entrepreneur de connaître les caractéristiques des territoires qui sont susceptibles d’accueillir son établissement. Grâce à ces données, le terrain qui offre le plus d’avantages ou qui présentent le moins de contraintes, pourra être identifié. Cependant il n’existe pas à ce jour un site idéal pouvant correspondre à toutes les activités entrepreneuriales. Même si un certain 7|Page


Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

nombre de caractéristiques sont communes à toutes les activités économiques, à chaque type d’activité (industriel, commerçant, prestataire de services) correspond des attentes spécifiques quant au territoire recherché. 1.1.2. Des besoins différents selon les secteurs L’objectif de toute entreprise va être de maximiser ses profits. Dans cette perspective, le choix de son implantation va avoir une importance capitale. Chaque type d’activité va avoir une perception différente d’un territoire donné. Cette différence est le résultat de divergences dans les attentes que ces activités vont avoir pour ce territoire et que ce dernier peut apporter à l’entreprise. Certaines spécificités d’un terrain vont se révéler être des atouts pour un industriel mais vont se transformer en inconvénients pour un commerçant ou un prestataire de services.  Les commerces Les commerces vont chercher à se localiser au plus près de leur clientèle. Dans cette optique, ils vont privilégier les terrains à proximité des bassins de population, dans les centres urbains notamment. Deux choix s’offrent à eux dans leur stratégie de localisation : 

Une implantation à proximité d’autres commerces pour bénéficier d’externalités positives comme pouvoir attirer la clientèle des autres enseignes. Cette stratégie peut être illustrée par les zones commerciales (exemple : le parc de l’Estuaire à Gonfreville l’Orcher) où vont se côtoyer plusieurs établissements concurrents.

Un éparpillement sur le territoire pour éviter d’entrer en concurrence avec les autres commerces.

Les commerçants ne vont pas négliger l’accessibilité. C’est pourquoi ils vont favoriser les terrains à proximité des grands axes de communications afin d’être facilement accessible par les clients.  Les industries Pour une société industrielle, une localisation près de son marché va également être primordiale. Prenons l’exemple des établissements de sous-traitance qui vont chercher à se positionner au plus près de leurs clients avec l’objectif de réduire les coûts de transports. Des entreprises ayant des activités similaires auront tendance à s’implanter au sein d’un même 8|Page


Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

type d’espace conduisant à l’apparition d’une spécialisation sur ce territoire. Des espaces dits « monofonctionnels » vont ainsi se former avec une activité dominante. Des services spécialisés vont pouvoir faire leur apparition, dédiés à cette activité. Une implantation à proximité des bassins de population ne va pas être une priorité. Les entrepreneurs se localiseront de préférence en périphérie, où le prix du terrain est généralement moins élevé.  Les services Dans le domaine des services, le secteur des transports est celui où la stratégie de localisation est une des plus importantes. Les directions administratives de ce secteur se regroupent généralement dans les centres urbains et donc séparées des établissements opérationnels. Cependant cette tendance tend à s’estomper et de plus en plus d’administrations rejoignent les services opérationnels de l’entreprise. Les établissements de transports vont se localiser à proximité des axes de communication suivants leur mode de transport. Ainsi, les transporteurs routiers vont privilégier les terrains aux abords des réseaux routiers et autoroutiers mais également près des infrastructures essentielles à leur fonctionnement (terminaux portuaires, entrepôts, manutention, etc.). Les Quartiers Sud du Havre sont la parfaite illustration de ces stratégies de localisation. En effet, ces quartiers sont le lieu de concentration des entreprises de transports routiers (avec les services auxiliaires de transport et le port), des transporteurs maritimes (grâce à la proximité du port et du grand canal) et des sociétés de transports fluviaux (à la naissance du canal de Tancarville). Les services auxiliaires de transports (entreposage, manutention, organisateur de transports, services portuaires, maritimes et fluviaux) vont suivre la même logique en recherchant la meilleure accessibilité possible. Une contrainte va s’ajouter pour la logistique, qui nécessite des surfaces importantes pour la construction d’entrepôts. Devant les attentes formulées par les entreprises, les collectivités territoriales doivent proposer des sites adaptés afin d’attirer ces sociétés sur leur territoire. La communication et l’information vont également jouer un rôle primordial car une promotion doit être réalisée autours des parcs d’activités afin de les faire connaître aux chefs d’entreprises.

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Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

1.2. Un outil de structuration du tissu économique local De part les avantages qu’ils vont engendrer, les parcs d’activités vont se révéler être des agents moteurs du développement économique des territoires. 1.2.1. Les parcs d’activités comme support de l’économie locale Les parcs d’activités sont d’une importance capitale pour les collectivités territoriales. Ils constituent aujourd’hui l’aménagement de base dans l’optique d’attirer des activités entrepreneuriales. En plus d’être un signe de la bonne santé d’un territoire, la présence d’entreprises pour une collectivité est synonyme d’avantages financiers, notamment avec l’apport de la taxe professionnelle. Les créations d’emplois que vont générer ces sociétés sont un autre facteur qui va inciter une collectivité territoriale à agir en faveur de l’implantation d’entreprises sur son territoire. Comme cela a été évoqué dans l’introduction de cette première partie, les parcs d’activités sont le lieu de rencontre entre la demande des entreprises et l’offre des collectivités territoriales. Pour que la rencontre entre les deux partis soit possible, les acteurs impliqués dans l’aménagement et la gestion des parcs doivent prendre en compte les attentes des entreprises. De leur côté, les entrepreneurs ont tous intérêts à favoriser une localisation au sein d’un parc d’activités pour bénéficier d’infrastructures et de services qui vont permettre d’assurer le développement de leur société. Suivant le domaine d’activité, toutes les entreprises n’ont pas les mêmes nécessités, les mêmes besoins. Pour répondre à cette problématique, les aménageurs développent des parcs spécialisés. Alors que sur certains territoires, des sites de type zone industrielle vont accueillir des activités hétérogènes, l’intérêt d’un parc d’activités est qu’il peut être aménagé pour répondre aux attentes d’une activité en particulier. Ainsi une typologie des parcs peut être dressée :  Zones Industrielles (ZI) : Crées à l’origine pour rééquilibrer l’activité secondaire sur le territoire français, les ZI ont été crées pour accueillir des activités industrielles de toute taille.  Zones Artisanales (ZA) : Sites spécialement conçus pour répondre aux besoins des artisans. 10 | P a g e


Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

 Zones Spécialisées: Elles sont aménagées pour des activités industrielles spécifiques.  Zones Commerciales (ZAC) : Implantées à proximité des bassins de population, ces zones sont plébiscitées par les grandes surfaces commerciales.  Zones d’activités de services : Les établissements spécialisés dans l’informatique, la publicité, les assurances sont des exemples d’entreprises pouvant s’implanter dans ces parcs.  Zones portuaires et aéroportuaires : Liées à un mode de transport, ces zones concentrent les activités auxiliaires nécessaires à assurer le bon fonctionnement de l’infrastructure de transport voisine.  Zones logistiques : Elles regroupent les activités de stockage et de distribution. Des plates-formes multimodales peuvent se développer à partir de ces parcs. Figure 1: Parc Logistique du Pont de Normandie (PLPN)

(Source : www.lhd-za.com)

 Zones d’activités technologiques : Parcs crées pour les entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies, notamment l’informatique.  Technopôles : Parcs permettant la rencontre d’universités, de centres de recherche, et d’industries de pointe. Cette liste des différents types de parcs montre que les collectivités territoriales ont, à partir des années 1970, diversifié leur offre dans le domaine des zones d’activités afin de répondre 11 | P a g e


Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

le plus efficacement possible aux besoins des entreprises et assurer leur croissance. Ces parcs vont proposer une offre foncière et immobilière adaptée. Ainsi, les parcs logistiques vont être aménagés afin que les futurs propriétaires ou locataires puissent y construire des entrepôts et des plates-formes de stockage selon leurs besoins (figure n°1). Les parcs à vocation tertiaire seront conçus pour accueillir des bureaux et des pépinières d’entreprises. Avec des espaces monofonctionnels, les services proposés pourront être adaptés au type d’activité dominant. Cependant la situation est plus complexe dans la réalité. En effet, dans la grande majorité des parcs, plusieurs types d’activités vont cohabiter. Comme nous le verrons avec l’exemple de la Zone Industrielle et Portuaire du Havre, des activités artisanales vont côtoyer des transporteurs ou des industriels. Malgré cela, cette diversification mise en place par les collectivités territoriales permet à toute entreprise qui désire s’implanter sur un territoire de pouvoir bénéficier d’aménagements en rapport avec son activité. Une promotion doit être mise en place pour faire connaître les parcs d’activités, les entreprises visées, les avantages que les entrepreneurs bénéficieraient à s’installer dans un parc d’activités. Cette étape est essentielle car l’aménagement d’une zone d’activités demande un investissement conséquent et son succès commercial dépend de cette promotion et de la capacité qu’elle aura à attirer les entreprises. L’information et plus généralement la gestion des parcs d’activités est un élément essentiel pour les collectivités territoriales et les gestionnaires afin d’assurer le développement économique de leurs territoires. 1.2.2. Les collectivités territoriales et la politique des parcs d’activités Dans un contexte de mondialisation de l’économie et des échanges, les entreprises ont tendance à devenir de plus en plus nomades. Ce changement de stratégie s’explique par des facteurs économiques (coûts de production) mais surtout par l’évolution de l’organisation industrielle globale. Il faut comprendre ici la place d’un établissement par rapport aux autres entreprises. Quand nous avons évoqué les attentes des établissements dans leur stratégie de localisation, la proximité avec les entreprises clientes avait été mentionnée comme facteur influençant la décision des entrepreneurs. Ce point est une illustration du nomadisme des entreprises, qui vont chercher à se positionner au plus près de leurs clients et donc repenser leur stratégie de localisation au cours de leur vie. Les firmes possédant plusieurs établissements sont un autre exemple pour expliquer la tendance au nomadisme. Ces grandes

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Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

entreprises sont, au cours de leur vie, amenées à repenser leur politique de développement, qui peut se traduire par des délocalisations d’établissements d’un territoire vers un autre. Dans cette situation, la gestion des parcs d’activités par les acteurs impliqués va être capitale. Plusieurs acteurs peuvent être en charge de la gestion d’un parc d’activités : une commune, une intercommunalité, une agence de développement économique, une chambre consulaire, une association d’entreprises, un gestionnaire privé. Il s’agit pour ces derniers d’attirer les entrepreneurs avec des aménagements adaptés et une promotion de ces sites d’accueil, mais surtout de faire en sorte que ces entreprises s’implantent durablement au sein des parcs d’activités. Il ne s’agit pas seulement d’attirer les investissements mais aussi assurer leur pérennité. L’implantation d’un établissement n’est pas définitive et le gestionnaire devra fournir un effort permanent pour garantir le dynamisme de son parc. Pour ce faire, les aménageurs doivent réfléchir à cela dès la conception du parc d’activités. Si l’on se place d’un point de vue réglementaire, les parcs d’activités sont des opérations d’aménagements. Afin de réaliser un parc d’activités, trois étapes sont nécessaires. En premier lieu, une réserve foncière doit être constituée. Ensuite un opérateur public ou privé doit être désigné afin de mener à bien la réalisation du projet. Enfin, un contrat d’aménagement doit être signé pour l’acquisition des terrains, l’aménagement et la commercialisation de ceux-ci par l’aménageur. Deux procédures d’aménagements sont possibles :  La Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) : « les zones d’aménagement concertée sont des zones à l’intérieur desquelles une collectivité publique ou un établissement public y ayant vocation décide d’intervenir pour réaliser ou faire réaliser l’aménagement et l’équipement des terrains, notamment de ceux que cette collectivité ou cet établissement a acquis ou acquerra en vue de les céder ou de les concéder ultérieurement à des utilisateurs publics ou privés.» (Code de l’urbanisme)  Le Lotissement : « Opération d'aménagement qui a pour objet ou qui, sur une période de moins de dix ans, a eu pour effet la division, qu'elle soit en propriété ou en jouissance, qu'elle résulte de mutations à titre gratuit ou onéreux, de partage ou de locations, d'une ou de plusieurs propriétés foncières en vue de l'implantation de bâtiments. » (Code de l’urbanisme)

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Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

La ZAC est une procédure publique qui n’impose pas une maîtrise foncière préalable. Elle se distingue donc du lotissement qui est une procédure privée (même si elle peut être réalisée par une collectivité) et qui nécessite la pleine possession des terrains. L’autre point qui différencie la ZAC du lotissement concerne l’information au public. Pour la création d’une zone d’aménagement concertée, une concertation avec le public est indispensable avant le lancement du projet. Lors de la réflexion sur la création d’un parc d’activités, toutes les problématiques évoquées précédemment doivent être prises en compte. La question des parcs d’activités doit être traitée de manière transversale. La fiscalité, les transports, la politique foncière, les équipements et services à destination des entreprises sont autant de sujets qui doivent être pris en compte. C’est pour cela que la réalisation d’une zone d’activités est souvent le résultat d’un consensus entre les différents acteurs impliqués (collectivités territoriales, entrepreneurs, Chambres de Commerce et d’Industrie, etc.) et où la gouvernance va jouer un rôle important. La création d’un parc d’activités est un investissement conséquent pour une collectivité et la réussite de ce projet dépend des entreprises c’est pourquoi les aménageurs doivent écouter et prendre en compte les souhaits des entrepreneurs. La population locale est également concernée par la politique des parcs. En effet, certaines zones d’activités sont situées à proximité directe d’habitations. Cette cohabitation peut parfois s’avérer difficile c’est pourquoi des mesures doivent être prises pour réduire au maximum les nuisances que peuvent engendrer les entreprises sur les riverains d’où l’intérêt d’une concertation avec le public. Lors de la mise en place d’une politique sur les parcs d’activités, les décideurs doivent avoir une vision stratégique à long terme. Les parcs qui vont être réalisés doivent pouvoir s’adapter à la demande future mais aussi aux cycles de vie de entreprises qu’ils vont accueillir. Dans cette perspective, les aménageurs doivent veiller à préserver de l’espace pour les activités économiques extensives et répondre à la croissance des entreprises présentes. Dans un contexte de développement durable, les aménageurs doivent également veiller à gérer durablement les parcs d’activités. Cela va se traduire par une optimisation de l’espace et une intégration des différents milieux comme c’est le cas sur la Zone Industrielle et Portuaire du Havre. L’application du Développement Durable aux parcs d’activités sera développée dans la dernière partie. Le dernier point à prendre en compte est celui de la concurrence entre les communes pour l’accueil d’entreprises. Cependant avec le développement des intercommunalités, la 14 | P a g e


Partie 1 : Les Parcs d’activités : Un acteur essentiel du territoire

concurrence tend à s’estomper entre les communes. La taxe professionnelle unique a permis de faire disparaître la concurrence fiscale entre les communes-membres d’une même intercommunalité. Le taux de taxe professionnelle pratiqué est le même pour tous les membres ce qui fait disparaître les inégalités de richesses entre communes voisines. Les communes vont ainsi pouvoir coopérer, notamment sur la politique des parcs d’activités. La principale conséquence va être la possibilité de mettre en place des stratégies de développement équilibré à l’échelle du territoire et non plus seulement à l’échelle d’une commune. Au moyen de documents d’urbanisme (Schéma de Cohérence Territoriale), des stratégies à long terme vont être développées. Les décideurs vont pouvoir échelonner dans le temps et dans l’espace le développement de nouveaux sites. Figure 2: Grâce au développement des intercommunalités, les délocalisations locales sont de plus en plus rares

(Fratras Yohann - août 2009)

Nous avons donc vu que la réalisation d’un parc d’activités était le résultat de la rencontre entre la demande des entrepreneurs, qui ont des attentes particulières d’un territoire et l’offre des collectivités territoriales, qui doivent s’adapter à ces attentes. Dans cette situation, l’information va jouer un rôle essentiel en faisant converger les deux partis. Le gestionnaire des parcs d’activités doit faire la promotion de son site afin d’attirer les entreprises en mettant en avant les avantages qu’elles bénéficieraient à s’installer dans un parc. L’entrepreneur, quant à lui, doit avoir en sa possession toute l’information nécessaire afin de choisir au mieux un terrain qui favorisera le développement de son activité. Dans cette perspective, plusieurs outils de communication ont été développés. MAPECO fait partie de ces outils. 15 | P a g e


Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

2. La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités L’information et la promotion sont une étape essentielle dans l’optique de faire connaître un parc d’activités, de mettre en avant ses atouts afin d’attirer les entrepreneurs. Pour ce faire plusieurs outils existent. C’est le cas des Systèmes d’Informations Géographiques (SIG) qui permettent de rendre compte de l’environnement spatial d’un territoire.

2.1. MAPECO, un outil d’information sur les parcs d’activités Développée par la société Netency, MAPECO est un outil de diffusion de données SIG spécialement conçu pour les Chambres de Commerce et d’Industrie. 2.1.1. MAPECO : un portail d’information pour les CCI

Cet outil permet de diffuser des données économiques et cartographiques sur internet. MAPECO a spécialement été développé pour répondre aux besoins des Chambres de Commerce et d’Industrie. Les CCI disposent d’informations économiques sur leur territoire et désirent exploiter ces données et de les communiquer à un large public. MAPECO a été conçu de manière à pouvoir être utilisé par des personnes qui ne maîtrisent pas forcément l’outil SIG grâce à une interface simple et des outils cartographiques adaptés. Ainsi les élus, les chefs d’entreprises et plus généralement les décideurs économiques ont accès à un portail d’information spécialisé dans les domaines suivants:  Promotion des territoires.  Implantation d’entreprises.  Outil d’aide à la décision. Chaque CCI administre un volume de données différent avec un mode de gestion également différent. Dans cette optique, Netency a développé trois versions du SIG :  MAPECO LT. Cette version de base s’adresse aux petites CCI qui ne possèdent pas de compétence en SIG et qui gèrent leurs données sous forme de fichiers Excel ou base Access. Le logiciel permet ici de structurer et de publier rapidement ces données sur internet.

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

 MAPECO. Cette version intermédiaire permet aux CCI disposant d’une cellule SIG de réutiliser l’existant cartographique et offrir au public une interface facile d’utilisation.  MAPECO +. Cette version plus évoluée rend possible l’exploitation des données géographiques et la réalisation d’analyses. L’interface cartographique de MAPECO Le Havre permet de travailler sur cinq thèmes : 

Les cantons

Les communautés de communes

Les communes

Les parcs d’activités

Les entreprises

Le module MAPECO Stat est utilisé pour la réalisation de cartes statistiques qui peuvent ensuite être insérées dans des rapports ou des études. L’un des avantages du SIG est de pouvoir travailler à des échelles différentes. Concernant la problématique des parcs d’activités, MAPECO permet de travailler à trois niveaux :

Figure 3: Visualisation des parcs d’activités de la ZIP Est

(Source : www.mapeco.fr)

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

Figure 4: Zoom sur un parc d’activités de la circonscription de la CCI du Havre : La ZI de Rogerville-Oudalle

(Source : www.mapeco.fr)

Figure 5: Exemple de fiche entreprise disponible grâce à MAPECO

(Source : www.mapeco.fr)

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

2.1.2. Les limites du projet MAPECO L’intérêt de MAPECO est d’être accessible à un large public et donc à des personnes qui ne maîtrisent pas forcément l’outil SIG. Pour ce faire, le système a été simplifié au maximum pour offrir une interface facile d’accès à tous. MAPECO propose donc peu de possibilités par rapport un SIG de type ArcGis ou MapInfo. Un des objectifs du système est de proposer un outil d’aide à la décision pour les entrepreneurs lors du choix d’implantation pour un établissement. Grâce à des informations sur les parcs d’activités, le chef d’entreprise va pouvoir choisir le terrain qui lui convient le mieux selon les besoins qui ont été exposés dans la première partie. Dans cette optique, plusieurs améliorations pourraient contribuer à renforcer le SIG en intégrant des éléments d’informations nécessaires aux entrepreneurs dans leur réflexion. La première amélioration possible concerne la dynamique des parcs. Le portail représente la situation des zones à un instant T. Il ne permet pas de rendre compte de l’évolution des sites dans le temps. A ce jour, aucune information ne renseigne sur les rotations d’établissements à l’intérieur des parcs d’activités au cours des dernières années. L’entrepreneur ne peut donc pas distinguer un parc en déclin d’un parc en développement. Une nouvelle rubrique sur les services et équipements auxquels ont accès les entreprises d’un parc pourrait être développée afin d’enrichir le système. Comme nous l’avons vu, les entreprises privilégieront les terrains offrant des services et équipements adaptés. Dans cette perspective, MAPECO pourrait renseigner sur les services implantés à l’intérieur des parcs ou à proximité (restauration, crèche, commerces, transports en commun, hébergement, etc.) ainsi que les équipements disponibles (multimodalité, haut-débit, etc.). Toujours dans l’optique d’attirer de nouvelles activités, le SIG fournit peu d’informations sur la disponibilité des surfaces. Contrairement à la version rouennaise, MAPECO Le Havre ne renseigne pas sur les surfaces disponibles immédiatement. De même, les projets d’extensions qui sont en cours sur certains parcs ne sont pas représentés. Les prix des terrains, le taux de taxe professionnelle, les conditions d’occupations pourraient également être accessible aux utilisateurs. Une amélioration dans ce sens poserait le problème de la mise à jour du système. Mettre à jour les données nécessite un travail important et enrichir le SIG avec ces nouvelles informations demanderait une mise à jour régulière afin de proposer des données actualisées sur les surfaces disponibles. 19 | P a g e


Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

MAPECO le Havre bénéficie en revanche d’informations pertinentes sur l’accessibilité des parcs. La seule amélioration qui peut être envisagée serait le calcul d’itinéraire. Cela permettrait aux entrepreneurs de bénéficier d’un outil supplémentaire pour leur stratégie de localisation notamment pour comparer les distances entre un terrain susceptible d’accueillir un établissement et les clients de cette entreprise.

Figure 6: Informations disponibles sur l’accessibilité grâce à MAPECO

(Source : www.mapeco.fr)

Grâce aux outils qu’il propose, MAPECO rend possible l’analyse des parcs d’activités et leur comparaison. La prochaine partie va proposer une étude des parcs d’activités de la Zone Industrielle et Portuaire du Havre (ZIP) qui été réalisée en prenant appui sur le SIG de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Havre.

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

2.2. Exemple d’analyse grâce à MAPECO : La Zone Industrielle et Portuaire du Havre En utilisant les informations fournies par MAPECO et en s’appuyant sur la mise à jour effectuée, une analyse a pu être réalisée sur la Zone Industrielle et Portuaire. 2.2.1. La ZIP, une interface industrie/environnement

Avec une superficie de près de 10 000 hectares, la Zone Industrielle Portuaire du Havre constitue une des plus importantes de France. Avec un périmètre de 27 km d’Ouest en Est et de 5 km au maximum du Nord au Sud, la ZIP concentre la majorité des établissements industriels de la zone d’emploi du Havre au sein de onze parcs d’activités. Les entreprises implantées sur ce territoire peuvent s’appuyer sur un réseau de communication performant. En effet, la ZIP bénéficie d’une desserte multimodale : -

Une desserte routière et autoroutière : A29 et A131

-

Une desserte ferroviaire

-

Une desserte fluviale et maritime: Canal de Tancarville et Grand Canal du Havre

-

Une desserte aérienne avec la proximité de l’aéroport du Havre-Octeville Figure 7: La Zone Industrielle et Portuaire du Havre

(Source : www.havre-port.fr)

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

Après s’être étendue vers l’Est, la zone est aujourd’hui soumise à des contraintes environnementales avec la classification d’une partie du territoire en tant que réserve naturelle. Ceci implique une rationalisation de l’occupation de l’espace à l’intérieur de la ZIP et va donc influer sur l’évolution de la zone. La zone se retrouve donc encerclée entre d’un côté, les infrastructures industrielles qui se développent et demandent de plus en plus de terrains, notamment avec la mise en service de Port 2000, et de l’autre, la préservation de l’environnement qui implique une densification et une valorisation de l’espace. Figure 8: La cohabitation industrie/environnement

(Fratras Yohann - août 2009)

Depuis la dernière mise à jour de 2007, tous les parcs d’activités sur la ZIP n’ont pas connu la même évolution. Certains sites ont su attirer de nouvelles entreprises alors que d’autres ont vu leur population diminuer de façon plus ou moins importante.

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

2.2.2. Analyse

En 2007, 301 établissements avaient été recensés sur la Zone Industrielle Portuaire avec la répartition suivante : -

233 établissements à l’intérieur des parcs d’activités

-

68 hors parcs d’activités

Au 1er Juin 2009, 348 établissements ont été comptabilisés dont : -

225 établissements localisés au sein des onze parcs de la ZIP

-

123 établissements localisés en dehors des limites des parcs d’activités 2.2.2.1.

Facteurs à l’origine de la dynamique des parcs

Plusieurs facteurs vont conditionner la bonne dynamique ou non d’un parc d’activité. Un seul facteur n’est pas en mesure d’expliquer l’évolution d’un site. C’est la combinaison de plusieurs de ces éléments qui va entraîner une dynamique positive, une stagnation ou au contraire un déclin.  Terrain disponible De façon générale, les parcs d’activités qui ont connu un accroissement des implantations sont ceux possédant une réserve foncière conséquente. Cela s’explique par le fait que les activités qui se développent aujourd’hui, la logistique en particulier, ont besoin de grandes structures de type entrepôt qui ne peuvent être construites que dans des parcs disposant d’une réserve foncière suffisante. Sur la ZIP, deux parcs sont aujourd’hui en mesure de répondre à cette demande : -

le Parc du Hode, à la limite Est de la ZIP, qui consacre 58 hectares (sur les 113 hectares de surface totale) aux activités logistiques.

-

le Parc Logistique du Pont de Normandie avec 112 hectares dédiés à la logistique sous le régime de location.

Au contraire, les parcs plus anciens n’ont pas été développés pour répondre à cette demande spécifique. C’est le cas du Parc des Alizés, du Parc des Falaises et du Parc des Marais qui 23 | P a g e


Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

répondent à une logique purement industrielle avec des équipements adaptés à cette activité. Cependant, ce n’est pas le seul facteur à entrer en compte. Figure 9: Illustration de la demande actuelle des entrepreneurs avec le parc du Hode

(Source : www.lhd-za.com)

 Accessibilité et multimodalité Un autre point commun qui caractérise les parcs dynamiques est l’accessibilité. La présence d’un réseau routier et autoroutier, d’une connexion au réseau de chemin de fer et d’un accès à une voie maritime est un atout pour un parc. Le Parc du Hode peut être pris en exemple pour expliquer ce facteur. Il bénéficie d’une connexion directe à l’autoroute A131 pour rejoindre Paris. L’autoroute A29, situé à 5 km et l’accès au pont de Normandie permet une connexion vers l’ensemble de la façade atlantique de l’Europe. Le site bénéficie également d’une connexion au réseau de chemin de fer vers le port. Le PLPN bénéficie des mêmes avantages, étant situé au pied du pont de Normandie et profitant du Grand Canal du Havre. A l’inverse, certains parcs sont difficiles d’accès du fait de l’absence d’équipements multimodaux et d’une signalisation insuffisante. Cette problématique de la signalisation pourrait être réglée grâce à la mise en place d’un jalonnement par le Grand Port Maritime du Havre à partir de Septembre 2009. Chaque entrée d’établissement va être dotée d’un numéro unique qui lui permettra d’être localisée facilement grâce à une signalisation spécialement dédiée à l’intérieur de la ZIP.

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

Figure 10: Le Parc du Hode et le PLPN à proximité direct de grands axes de communication

(Source : www.lhd-za.com)

L’accessibilité à l’intérieur même du parc est également à prendre en compte. Certains sites, comme la zone d’activités de Rogerville-Oudalle, bénéficient d’une signalisation interne claire et d’un accès piéton qui permet de se d��placer en toute sécurité. Des aires de stationnement pour véhicules légers et poids lourds ont également été aménagées. Pour d’autres parcs, le stationnement peut s’avérer très compliqué comme pour le Parc des Alizés où il est impossible de stationner sans pénétrer à l’intérieur des entreprises et où les accès piétons peuvent être inexistants sur plusieurs dizaines de mètres. Figure 11: Exemple de signalisation interne et de stationnement avec la ZI de RogervilleOudalle

(Fratras Yohann - août 2009)

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Partie 2 : La maîtrise de l’information sur les parcs d’activités

 Entretien et image L’entretien et l’image du site en général sont également des facteurs entrant en compte dans la dynamique d’un parc. Alors que certains parcs bénéficient d’un entretien régulier (PLPN, ZI de Rogerville-Oudalle) et où le traitement paysager a été soigné, d’autres sont parfois peu voire pas entretenus. La qualité architecturale, peu présente à l’intérieur des parcs d’activités, est un facteur pouvant jouer un rôle dans la capacité d’un parc à attirer des établissements. Aussi, les développeurs immobiliers, ALSEI et PROLOGIS, ont, à travers leurs platesformes, tenté de développer une unité architecturale dans le Parc du Hode et le PLPN. Ces démarches répondent à des stratégies visant à valoriser les équipements destinés à être loués par la suite. Les dates de création de ces parcs (1991 pour le Parc du Hode et 1997 pour le PLPN) correspondent à la période de prise en compte de l’environnement et plus généralement du développement durable dans la gestion des parcs d’activités. Cela va se traduire par la mise en place d’une politique en matière de traitement paysager, d’aménagement, d’architecture à l’intérieur des parcs. Figure 12: Exemple de traitement paysager avec le PLPN

(Source : www.lhd-za.com)

 Services et équipements La capacité d’attraction d’une zone d’activités va également être stimulée par les services qui vont être proposés à l’intérieur ou à proximité directe des parcs d’activités. Outre les services et équipements de bases que l’on retrouve aujourd’hui dans la grande majorité des parcs : mobilier urbain, éclairage, connexion aux réseaux électriques, ADSL, etc., d’autres services, notamment à destination des employés, peuvent être mis en place. 26 | P a g e


Partie 2 : Mise en place et utilisation de l’information sur les parcs d’activités

Tableau 1: Accessibilité aux services sur les parcs d'activités de la ZIP Restauration

Transport en commun

Station Service

Parc du Hode

A proximité

Parc des Alizés

Sur site

A proximité

Parc des Oiseaux

A proximité

A proximité

PLPN

Sur site

Sur site

Sur site

Sur site

Parc des Falaises Plaine et Etangs

A proximité

A proximité

Parc des Marais

Sur site

A proximité

A proximité

A proximité

A proximité

A proximité

Sur site

Sur site

Parc des Roselières Parc Bossière RogervilleOudalle

Hébergement

A proximité

A proximité

(Fratras Yohann - juin 2009)

2.2.2.2.

Des secteurs dynamiques

Les différences évoquées entre les parcs résultent du fait qu’ils n’ont pas tous la même vocation, ils répondent à des logiques différentes. Le Parc du Hode, spécialisé dans la logistique portuaire et le transport, a profité de l’essor du secteur des transports. Les sept nouveaux établissements qui se sont implantés sur le parc de Saint-Vigor d’Ymonville depuis la dernière mise à jour concernent les activités principales du site. Le PLPN, comme son nom l’indique, abrite de nombreuses entreprises tournées vers la logistique et bénéficie et vont bénéficier dans les années à venir des politiques de développement des propriétaires de plates-formes logistiques, ALSEI et PROLOGIS. Le développement de ces secteurs est la conséquence directe de l’ouverture de Port 2000 qui a généré une forte croissance du trafic de conteneurs qu’il faut transporter, traiter et valoriser. Pour prendre un chiffre, en 2008, 2.5 millions d’EVP ont été traités par le port du Havre contre 2.1 avant la mise en service de la première phase de Port 2000.

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Partie 2 : Mise en place et utilisation de l’information sur les parcs d’activités

2.2.2.3.

Classification

Tableau 2: Classification des parcs d'activités de la ZIP

Parc Bossière Parc des Roselières Parc des Falaises Parc des Marais Plaine et Etangs ZI RogervilleOudalle PLPN Parc des Oiseaux Parc des Alizés 1 & 2 Parc du Hode

Terrain

Acc.

Acc.

Multimodalité

Entretien

Services

disponible

interne

externe

++

++

++

+

++

+++

12

+++

++

+

+

+++

++

11

++

+

++

+

+

+

8

++

+

++

+

+

++

9

++

++

++

+

++

++

11

+

+++

+++

+

+++

++

14

+++

+++

++

+++

+++

+++

17

++

++

++

++

+

+

10

+

+

++

++

+

++

9

+++

+++

+++

++

++

++

15

et image

Total

Classification : + Négatif < 10 : En déclin ++ Neutre

10 – 15 : A maturation

+++ Positif > 15 : En développement

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

3. Vers une gestion durable des parcs d’activités En prenant appui sur l’analyse des parcs de la Zone Industrielle et Portuaire, on s’aperçoit que certains parcs ont été laissés à l’abandon. Ces parcs répondent de moins en moins aux besoins des entrepreneurs et génèrent une image négative pour le territoire. La mise en place d’une démarche de gestion durable va avoir pour objectif de redynamiser un parc, attirer de nouvelles activités et ainsi accroître les retombées économiques pour le territoire. Les trois volets du développement durable, économie, social, et environnement, vont être pris en compte afin de bénéficier à tous les acteurs des parcs d’activités (entreprises, travailleurs, communes, gestionnaires, riverains, etc.). La gestion durable d’un parc d’activités est une démarche

pluridisciplinaire.

L’économie,

l’environnement,

le

social,

l’urbanisme,

l’aménagement, la gouvernance locale sont autant de sujets qui devront être abordés.

3.1. Les différents niveaux de la gestion durable Cette démarche de gestion durable peut s’appliquer sur un parc déjà existant, où il va s’agir de réorganiser les activités afin de limiter l’impact environnemental, mais la prise en compte du développement durable peut se faire également lors de la réalisation d’un nouveau site d’accueil. Toutes les actions qui vont être menées vont se regrouper sous le terme de management environnemental. 3.1.1. Agir sur l’existant

L’intérêt d’une démarche de gestion durable est que tous les acteurs impliqués directement ou indirectement vont en tirer un bénéfice. Les gestionnaires vont, grâce à ce nouveau mode de gestion, développer une image de qualité pour leur parc. Ceci va faciliter la commercialisation des parcelles, aider au maintien des entreprises présentes et limiter les coûts d’entretien. Quant aux entreprises, elles vont bénéficier d’infrastructures et de services de qualité pour faciliter leur fonctionnement quotidien, revendiquer leur image « d’entreprise durable » et elles auront la possibilité de développer des liens avec les entreprises voisines comme nous le verrons plus tard. Les travailleurs vont profiter des mêmes avantages en exerçant leur profession au sein d’un cadre de qualité et en profitant de services adaptés. Pour les communes où les parcs vont être gérés durablement, l’intérêt va être, dans le cadre du 29 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

maintien ou la création d’entreprises, de conserver ou de créer de nouveaux emplois pour ses habitants et si l’action est un succès, percevoir des taxes supplémentaires grâce à l’implantation de nouvelles activités. Les riverains, enfin, vont pouvoir profiter des services initialement destinés aux entreprises (restauration, crèche, etc.) et vont bénéficier de la réduction des nuisances liées au parc d’activités. Une démarche de gestion durable est destinée à résoudre un certain nombre de problèmes présents sur le parc d’activités, notamment l’impact du parc sur l’environnement. Dans un contexte de développement durable, ces problèmes peuvent être classés en trois catégories :  Economie : image négative d’une zone, mauvaise circulation, départ d’entreprises, non-satisfaction des besoins.  Environnement : impacts engendrés par l’aménagement et le fonctionnement du parc sur l’environnement.  Social : Absence de services, problèmes de sécurité, absence de relations entre les entreprises et entre les acteurs. Cependant ces trois domaines sont étroitement liés. Chaque problème et chaque solution qui va être apportée par cette démarche vont avoir des répercussions sur l’économie, l’environnement et le social. Une politique de gestion durable peut être menée par le gestionnaire du parc, la commune, un groupement d’entreprises. Sa réalisation et son suivi sont assurés par un comité de pilotage regroupant les principaux acteurs d’une zone d’activités. Le périmètre de la politique va se limiter aux espaces communs, aux installations gérées par le gestionnaire et aux règles communes de la zone d’activités. Il ne comprend pas la gestion interne des entreprises même si des actions de sensibilisation, d’information et d’accompagnement peuvent être menées auprès des chefs d’entreprises. Cet engagement peut être formalisé par la signature d’une charte de qualité. Même si cette charte n’a pas de valeur contractuelle, elle est une preuve de l’engagement des principaux acteurs du parc. Trois étapes sont nécessaires pour mettre en place cette politique:  Impliquer les acteurs Le succès d’une démarche de gestion durable repose sur une collaboration de tous les acteurs du territoire. Chacun doit être en mesure de mettre en évidence les problèmes qu’il rencontre, les besoins qu’il peut avoir. Cette étape est essentielle dans la mesure où une démarche de 30 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

gestion durable va avoir un impact sur tous les acteurs. La diversité des acteurs signifie des intérêts divergents. Pour que cette démarche réussisse, il faut donc faire en sorte que tous les acteurs s’impliquent. Cette implication ne sera possible qu’à partir du moment où les acteurs en tireront un bénéfice. Tableau 3: Acteurs principaux et secondaires intervenant dans un parc d'activités Acteurs principaux

Acteurs secondaires

Entreprises

Services de secours

Travailleurs

Agence de développement économique

Collectivité

Associations

Riverains

Syndicats

Associations d’entreprises

Administrations publiques régionales

Chambres consulaires

….

Cette étape est essentielle car la gestion durable d’un parc d’activités repose sur la création de nouveaux partenariats entre les entreprises et les territoires afin d’aboutir à une gestion collective du parc.  Réaliser un diagnostic du parc d’activités Le diagnostic va avoir pour objectif de dresser une vision d’ensemble du parc. Il va permettre de dégager les atouts, les faiblesses, les opportunités, les menaces de la zone d’activités. Les équipements présents et défaillants, les besoins des différents acteurs vont être recensés. Ce diagnostic doit également intégrer une démarche prospective en anticipant les besoins futurs, les difficultés qui pourraient apparaître. La réussite de cette étape est conditionnée par l’implication des acteurs, engagée lors de la phase précédente. Nous verrons que les relations entre les acteurs vont être très importantes dans ce type de gestion. Il est donc pertinent, dès la phase de diagnostic, de mettre en évidence les relations déjà existantes entre ces acteurs. Pour chacun des acteurs, il sera pertinent de définir leurs rôles, leurs besoins, leurs perspectives à court et long terme et la perception qu’ils ont de la zone d’activités.

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

En résumé, plusieurs thématiques peuvent être abordées : o Fonctionnement individuel et collectif des entreprises. o Qualité des espaces communs, cadre de vie, intégration paysagère et architecturale. o Besoins des usagers. o Impacts sur l’environnement. o Dysfonctionnements des infrastructures et des services. o Adéquation entre l’offre et la demande de fonciers ou d’immobiliers. o Liens avec les autres parcs d’activités. A partir de là un programme d’actions va pouvoir être mené.  Définir un programme d’actions A partir du diagnostic, un programme d’actions visant à éliminer les dysfonctionnements, répondre aux besoins des acteurs et améliorer la qualité de vie pour les usagers va pouvoir être mis en place. Ce programme va détailler les différentes opérations à mener pour tendre vers une gestion durable. Ces opérations peuvent se diviser en plusieurs thèmes : o Transport et accessibilité La circulation est un point essentiel pour le bon fonctionnement d’une zone d’activités. La circulation interne, la signalétique, le raccordement aux voies principales sont autant de sujets à traiter. Pour réduire les pollutions, les transports alternatifs (transports collectifs, le covoiturage, intermodalité, etc.) peuvent être développés. Tous les modes de déplacements doivent être pris en compte. Ces projets pourront être formalisés grâce à un Plan de Déplacement Entreprises (PDE). Le Plan de Déplacements Entreprise (PDE) est un ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements liés aux activités professionnelles en favorisant l'usage des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle. Sa mise en œuvre est encouragée par les autorités publiques, car il présente de nombreux avantages pour les entreprises, les salariés et la collectivité. Le PDE est un vrai projet d'entreprise, qui peut s'inscrire dans une démarche « Qualité » ou dans un système de management environnemental. (www.ademe.fr)

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Une signalétique adaptée permet aux visiteurs et aux transporteurs de se repérer facilement. Elle peut se mettre en place aux moyens de panneaux sur la situation des entreprises, de découpage en différents secteurs, de jalonnement, etc. Un stationnement adéquat favorise une circulation fluide et évite les stationnements sauvages. Des aires aménagées pour les poids lourds en attente peuvent être réalisées. Figure 13: Exemple de panneau d'information (Parc de la Belle Etoile - Montivilliers)

(Fratras Yohann - août 2009)

o Vie de la zone d’activités Grâce à l’étude des besoins réalisée dans le diagnostic, un certain nombre de services et d’infrastructures vont pouvoir être envisagés. Bien souvent, les entreprises n’ont pas la taille critique qui leur permettrait de mettre en place ces services. L’intérêt d’une démarche de gestion durable est que la zone d’activités va être appréhendée comme un ensemble. Pour les services, il est sera pertinent de mutualiser les besoins pour y apporter une réponse collective qui sera plus performante et plus économique pour les entreprises. Ainsi un service de restauration interentreprises, une crèche, un commerce pourront être crées pour répondre aux attentes des entreprises et de leurs employés. Grâce à cette mutualisation, les chefs d’entreprises pourront employer en temps partagé un conseiller environnement ou un service de gardiennage pour tous les établissements du parc. Ces services peuvent favoriser la

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

compétitivité des entreprises et améliorer les conditions de vie des travailleurs. Indirectement, ils peuvent également être à l’origine de la création d’emplois et profiter aux riverains. o Paysage et cadre de vie L’aspect visuel va contribuer à l’image du parc d’activité. On va chercher à mettre en place une unité paysagère et favoriser l’intégration de la zone dans son environnement. Cela va se traduire par une harmonisation entre les espaces privés et publiques. Toujours concernant l’aspect visuel, les entrées de parcs, en tant que premier élément visible, peuvent être aménagées de façon à donner une image positive du parc aux visiteurs. Un panneau d’information, une signalétique claire pourront être réalisés. Les aménageurs pourront également travailler sur le mobilier urbain (éclairages, bancs, abribus, etc.) afin de donner une identité visuelle à la zone d’activités. Enfin, les entreprises pourront être incitées à développer une unité architecturale au niveau des bâtiments. o Bruit Dans les parcs d’activités, les nuisances sonores sont causées principalement par les entreprises. Les entrepreneurs pourront être sensibilisés aux nuisances sonores et des solutions pourront être envisagées grâce à l’intervention de professionnels. La modernisation du matériel, l’utilisation de matériaux isolants, la mise en place de plages horaires de fonctionnement sont des mesures possibles. Si aucune solution n’est envisageable, des compensations auprès des riverains victimes de ces nuisances sont une alternative. Le financement de l’isolation des habitations touchées est un exemple de compensation possible. o Gestion des flux Le gestionnaire va chercher à minimiser les pertes de matières premières et d’énergie et à valoriser les résidus de production (déchets, vapeurs, eaux, etc.). Un bilan quantitatif et qualitatif des matières entrantes et sortantes vont permettre de dégager des synergies entre les entreprises. Des éléments qui vont être considérés comme des déchets pour certains établissements, pourront être utilisés comme matières premières pour d’autres. Les gestionnaires vont donc chercher à utiliser au maximum les ressources locales et renouvelables, d’où l’importance des relations entre les entreprises pour développer ces échanges. L’idéal est de tendre vers un « écosystème industriel », où l’usage de la matière serait tel que l’on assisterait à un « bouclage des flux ». Ce système pourrait ainsi être comparé à l’équilibre des milieux naturels où l’utilisation des matières est optimale entre 34 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

chaque espèce et où les besoins énergétiques sont satisfaits aux moyens d’énergies renouvelables. Figure 14: L’écosystème industriel

(Source : Orée, « Mettre en œuvre une démarche d’écologie industrielle sur un parc d’activités »)

La gestion des flux implique également la prise en compte des déchets. Le gestionnaire va chercher à valoriser les déchets générés par les activités. Plusieurs solutions vont s’offrir à lui : recyclage, réemploi, création d’énergie et tri sélectif. Des équipements spécifiques pourront être installés à cet effet.

Les déchets pourront être traités à l’échelle du parc

d’activités et non plus individuellement pour un système plus économique et plus efficace. o Air La concentration d’activités polluantes va accentuer les effets nocifs des rejets atmosphériques. Tout comme pour le bruit, des actions de sensibilisation peuvent être menées auprès des entreprises. En plus de rappeler les réglementations en vigueur, les entreprises peuvent être incitées à utiliser des énergies moins polluantes, de mettre en place des dispositifs de traitement ou encore de surveiller la qualité de l’air à l’intérieur de l’établissement. o Eau Une évaluation des besoins quantitatifs et qualitatifs en eau peut aboutir à la mise en place d’actions destinées à réduire la consommation. Les entreprises peuvent être incitées à ne peut pas utiliser l’eau potable quand cela n’est pas nécessaire. On peut enfin envisager la

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

diversification des sources d’approvisionnement avec, par exemple, l’utilisation des eaux pluviales. o Risques industriels La prise en compte du risque est un élément important car il concerne la sécurité des Hommes, des biens et de l’environnement. Les programmes d’interventions, les procédures à suivre en cas d’alerte doivent être établis en étroite collaboration avec les services de secours. Pour ce faire, une bonne connaissance des activités implantées est nécessaire. En effet, la concentration industrielle amplifie les risques avec l’effet domino. Il est donc essentiel de connaître la nature des activités, leur périmètre d’action en cas d’accidents et la compatibilité de ces activités. Pour les établissements à risques, des protections physiques pourront ainsi être réalisées. Ce programme d’actions ne doit pas être définitif. En effet, suivant les résultats obtenus, des nouveaux besoins ou de nouveaux dysfonctionnements pourraient apparaître. Un contrôle régulier permet de vérifier si les actions ont bien été mises en places et si de nouvelles difficultés sont apparues. Une démarche de gestion durable implique donc la recherche d’une amélioration continue suivant le principe de la roue de Deming. 1. Planification : - Implication des acteurs, diagnostic et élaboration du programme d’actions 2. Mise en œuvre du programme 3. Vérification des résultats : - Les actions ont-elles été mises en place ? - Les besoins identifiés sont-ils satisfaits ? - De nouveaux dysfonctionnements ou besoins sont-ils apparus ? 4. Dégager des points d’améliorations suite aux résultats.

Une démarche de gestion durable permet donc de redynamiser un parc avec la perspective d’assurer son succès commercial. Ce principe peut être appliqué dès la création d’une nouvelle zone, un éco-parc. 36 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

3.1.2. La notion d’éco-parc L’intégration d’une démarche de gestion durable dès la création du parc d’activités permet de prévoir en amont les aménagements adéquats et d’organiser le site de manière à favoriser une gestion durable. Dans un contexte de stratégie de développement économique industriel, il peut être pertinent pour les gestionnaires de prédéfinir les activités à accueillir en priorité afin d’assurer un développement équilibré. L’intérêt de partir d’un site vierge est de prévoir des parcelles pour des entreprises spécifiques. Les impacts que vont engendrer certains établissements pourront être atténués grâce à une implantation adéquate. Dans l’optique de développer des services collectifs, des emplacements seront réservés à des lieux stratégiques à l’intérieur du parc afin d’être accessible pour le plus grand nombre de personnes. Comme pour les parcs existants, une démarche de gestion durable peut se diviser en plusieurs thématiques : o Chantiers Chaque chantier aura des impacts sur l’environnement et sera à l’origine de nuisances pour les riverains. Une politique de chantiers peut permettre de réduire ces impacts et nuisances. Le gestionnaire devra identifier, grâce à une concertation avec le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre, les nuisances qui vont être générées. A l’issue de cette identification, des mesures pourront être prises pour limiter ces nuisances : valorisation des déchets, maîtrise des nuisances sonores et visuelles. Ces mesures sont également valables pour les chantiers des entrepreneurs. Le rôle du gestionnaire sera d’accompagner les entreprises et de les inciter à réduire leurs nuisances. o Transport et accessibilité Lors de la stratégie de localisation du parc, l’implantation au plus près d’une grande voie de communication favorisera l’accessibilité. Dans la perspective de développer la multimodalité, le gestionnaire cherchera à implanter son parc à proximité d’une voie fluviale ou d’une voie de chemin de fers. A l’intérieur du parc, les voies devront être conçues pour les différents modes de transports (voitures, cycles, poids lourds) et devront être hiérarchisées pour assurer la sécurité de tous. Les aires de stationnement pourront être aménagées afin de ne pas nuire à la circulation au sein de la zone. 37 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Figure 15: Des aires de stationnement adaptées permettent d'éviter les stationnements sauvages (exemple avec le parc des Marais)

(Fratras Yohann - août 2009)

o Vie de la zone d’activités Lors de l’implantation des nouvelles entreprises, le gestionnaire a la possibilité de mettre en place un comité d’accueil. Composé de la collectivité, de l’aménageur, du gestionnaire et de l’architecte, ce comité aura pour objectif d’accompagner les entreprises dans leurs démarches. Il sera également l’occasion pour les entrepreneurs de prendre connaissance des objectifs du projet architectural et paysager. Ce comité permettra également aux entreprises de nouer des liens entre-elles pour développer des échanges, notamment dans une perspective de mettre en place une économie circulaire caractérisée par un bouclage des flux. o Paysage et cadre de vie Lors de la création d’un parc d’activités, le gestionnaire a l’occasion de créer une identité visuelle. Cette identité peut s’inspirer d’éléments géographiques, patrimoniaux ou encore historiques. Il est plus facile de créer une identité quand le parc est encore en projet et que les aménagements n’ont pas été réalisés. Cette identité va se concrétiser avec un mobilier urbain spécifique ou avec une architecture des bâtiments cohérente. Une stratégie paysagère peut également être développée afin de garantir une qualité esthétique.

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Figure 16: Exemple de politique paysagère avec le parc technologique éco-Normandie (Saint-Romain-de-Colbosc)

(FratrasYohann - août 2009)

o Bruit Pour limiter les nuisances sonores, des emplacements spécifiques peuvent être prévus à l’intérieur du parc pour les entreprises bruyantes. Des réserves foncières peuvent servir d’écran entre les entreprises et les habitations. Ces réserves pourront être occupées par des entreprises moins bruyantes et donc moins gênantes pour les riverains. Des aménagements paysagers peuvent être réalisés afin de créer une zone tampon entre les activités bruyantes et les habitations à proximité. Les murs et les buttes anti-bruits sont des solutions alternatives. Les nuisances sonores dues à la circulation sont également à prendre en compte. A cet effet, des aménagements aux niveaux des infrastructures peuvent être réalisés pour réduire ces nuisances (enrobé drainant, revêtement antibruit, etc.). Le parc peut être aménagé afin que les voies destinées à accueillir un fort trafic soient construites loin des habitations. o Air Selon le même principe que les entreprises à l’origine de nuisances sonores, les établissements à l’origine d’émissions atmosphériques pourront être localisés sur des parcelles 39 | P a g e


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prédéfinies. Ainsi pour réduire les nuisances, ces activités pourront être installées en fonction de la topographie ou des vents dominants. Les plans d’aménagements peuvent prévoir l’élaboration d’aménagements paysagers pour jouer un rôle d’écran ou de zone tampon. o Eau Lors de la création d’un éco-parc, il est important de traiter la problématique des eaux de ruissellement qui contribuent aux transferts de pollution. Des aménagements spécifiques (noues, fossés, points d’eaux) peuvent être construits pour réceptionner les eaux pluviales. Dans la perspective de réutiliser ces eaux pour des activités qui ne nécessitent pas de l’eau potable (arrosage des espaces verts, entretien, …), des dispositifs de récupération des eaux pluviales peuvent être mis en place. Pour mettre en place une démarche de gestion durable, une bonne connaissance des acteurs et de la zone d’activités est donc essentielle. Une information fiable sur les activités des entreprises, les flux entrants et sortants, les attentes des entrepreneurs et de leurs employés est une des conditions pour assurer le succès de cette démarche. A partir de ces informations, le gestionnaire pourra mener son programme d’actions efficacement en répondant aux attentes de tous les acteurs qui interviennent directement ou indirectement sur le parc d’activités. Les deux dernières sous-parties vont tenter de mettre en avant le rôle de l’information de façon concrète en recensant les données nécessaires pour une démarche de gestion durable.

3.2. La maîtrise de l’information comme vecteur de gestion durable Pour mener à bien une démarche de gestion durable, le gestionnaire doit, au cours du diagnostic, prendre possession de toutes les informations nécessaires pour élaborer son programme d’actions. 3.2.1. Le type d’information nécessaire pour une démarche de gestion durable Comme nous l’avons vu, une bonne connaissance du territoire et des acteurs est essentielle pour garantir le succès d’une démarche de gestion durable. Ces données quantitatives et qualitatives vont permettre de concevoir un programme d’actions répondant au mieux aux attentes des acteurs. Malgré le fait que ces derniers aient des intérêts divergents, le consensus qui va émaner de cette démarche doit être profitable à tous d’où l’importance pour le gestionnaire de posséder d’une information fiable et adaptée au contexte du développement 40 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

durable. Le diagnostic doit donc être participatif afin que tous les acteurs puissent en tirer un bénéfice. Selon le même principe que le programme d’actions, les informations nécessaires peuvent être divisées en plusieurs thématiques : o Transport et accessibilité Afin de développer une politique de transports collectifs, le gestionnaire doit être en mesure de connaître les habitudes de déplacements des travailleurs et de savoir s’ils seraient prêt à s’engager dans cette démarche: par quel moyen viennent-ils travailler (voiture individuelle, transports en communs, covoiturage, …) ? Seraient-ils prêt à utiliser les transports alternatifs ? Dans la perspective de développer les transports en commun, il est intéressant de se renseigner sur les horaires de travail des entreprises afin de mettre en place des lignes avec des horaires adaptés au plus grand nombre. En ce qui concerne l’accessibilité du parc, une enquête auprès des usagers permettrait d’évaluer la signalétique et le stationnement, leur avis général concernant la circulation et l’accessibilité, les dysfonctionnements, les manques, afin d’y apporter des solutions. o Vie de la zone d’activités Une liste de différents services et équipements qui sont susceptibles d’être implantés pourra être proposée aux différents acteurs afin qu’ils puissent donner leur avis sur ces propositions, demander s’ils seraient prêt à utiliser ces services et équipements. Les services existants mais peu performants (car le plus souvent crées dans une logique individuelle) pourront également être recensés afin de les inclure dans le programme d’actions. o Paysage et cadre de vie Le cadre de vie est un élément important pour la qualité d’un parc d’activités. Il peut être pertinent pour le gestionnaire de demander l’avis des personnes travaillant sur la zone afin qu’ils puissent s’exprimer sur l’entretien, le mobilier urbain et les espaces de vie. o Bruit Les nuisances sonores ne concernent pas seulement le parc d’activités en lui-même mais également les riverains. C’est donc en priorité vers cette catégorie d’acteurs qu’il faudra se tourner pour recueillir les informations. La réalisation d’une enquête va permettre de savoir si les riverains sont victimes de nuisances sonores et la nature du bruit (activités, circulation). 41 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Des relevés à proximité des sources de bruit peuvent conduire à la réalisation d’une cartographie pour mesurer les émissions et prévoir un programme destiné à atténuer les nuisances. o Gestion des flux Cette thématique va traiter des flux entrants et sortants des entreprises. L’accès à des données quantitatives et qualitatives des flux est une étape essentielle pour la recherche de synergies entre les activités. Les quantités et la nature des matières premières nécessaires pour le fonctionnement de chaque entreprise et les déchets générés permettront de faire des rapprochements entre les activités et ainsi tendre vers une économie circulaire au sein du parc d’activités. o Air Comme pour le bruit, les rejets atmosphériques sont une nuisance pour les riverains. Une enquête auprès de ces derniers est une solution pour se faire une idée de l’importance des nuisances. Des démarches auprès des entrepreneurs et des relevés seront nécessaires afin de programmer des actions pour gérer au mieux les rejets polluants. o Eau Les parcs d’activités sont d’importants lieux de consommation d’eau. Pour programmer des actions, le gestionnaire doit se renseigner sur les usages que les entreprises font de l’eau et si l’eau potable est nécessaire dans tous les usages qu’ils en font. Des données sur les rejets liquides pourront également être collectées dans la perspective de mener des actions pour préserver l’environnement. Une fois toutes ces informations en sa possession, le gestionnaire pourra établir un programme d’actions destiné à redynamiser son parc. La dernière sous-partie va proposer, en prenant appui sur les informations disponibles, un programme d’actions qui pourrait être mené sur un parc de la Zone Industrielle et Portuaire.

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

3.2.2. La gestion durable comme outil de redynamisation des parcs d’activités : l’exemple du parc des Marais

A l’issue de l’analyse sur les parcs d’activités de la ZIP, le parc des Marais a été classifié comme étant en déclin d’où l’intérêt d’y mener une démarche de gestion durable.  Diagnostic Figure 17: Localisation du parc des Marais

(Source : www.lhd-za.com)

Crée en 1970, le parc des Marais est implanté sur la commune de Gonfreville l’Orcher. D’une surface totale de 9 ha, la zone fait partie du Domaine Public Maritime (DPM). Les parcelles qui composent le parc sont donc sous le régime d’une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT). L’occupation du terrain est soumise à autorisation qui est accordée pour une durée définie et sous réserve d’une remise en état à la fin du bail. Implantés sur le territoire de la CODAH, les établissements sont soumis à la taxe professionnelle unique. Le parc des Marais a vocation à accueillir des établissements industriels. Ces entreprises sont spécialisées dans la tuyauterie-chaudronnerie et la maintenance. Le parc accueille principalement des ateliers et des dépôts qui dépendent d’autres entreprises. 43 | P a g e


Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Figure 18: Plan du parc des Marais

(Source : www.mapeco.fr)

Le parc des Marais a été classé comme étant en déclin pour plusieurs raisons. Entre 2007 et 2009, le parc a vu neuf établissements fermer ou être transférés pour seulement une création d’entreprise. Situé derrière Total, le parc est caractérisé par une mauvaise accessibilité interne et externe. En parcourant la ZIP, on se rend compte que très peu de panneaux indiquent la direction du parc des Marais. De plus, aucune des deux entrées du parc n’a été aménagée afin de signaler aux visiteurs qu’ils sont entrés dans un parc d’activités. Toujours concernant l’accessibilité, le parc n’est pas équipé de panneaux d’information pour renseigner sur les différentes entreprises présentes et leur localisation dans le parc. Les enseignes des entreprises ne sont pas toujours visibles et certaines enseignes d’entreprises qui ont quitté le parc sont encore visibles ce qui peut porter à confusion pour les visiteurs. Ce point est d’autant plus dommageable que l’aménagement général du parc ne favorise pas une circulation fluide (trois voies sans issue). Le stationnement aurait pu être un point positif pour l’accessibilité mais les places qui se concentrent à la périphérie du parc ne sont pas plébiscitées et beaucoup de travailleurs ou de visiteurs stationnement leur véhicule sur les trottoirs ou sur le bord de la chaussée.

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Figure 19: Entrée du parc des Marais

(Fratras Yohann - août 2009)

Le parc des Marais ne possède pas d’identité visuelle. Le mobilier urbain est inexistant et les espaces verts ne bénéficient pas d’un entretien régulier. La majorité des bâtiments sont des entrepôts de tôles ou des préfabriqués. Il n’y a donc pas une recherche d’unité architecturale. Cependant le parc peut s’appuyer sur les services disponibles à proximité. Les travailleurs peuvent profiter d’un restaurant à la périphérie du parc et également du centre routier, situé juste derrière le parc. La ligne de bus qui passe à proximité du parc constitue une alternative à la voiture. Tableau 4: Services et équipements disponibles sur le parc des Marais

Parc des Marais

Parc des Marais

Restauration

Transport en commun

Station Service

Sur site

A proximité

A proximité

Eau

Eau

potable

industrielle

X

Assainissement

Gaz

Hébergement

Réseau

Haut

Chemin

Bord à

incendie

débit

de fer

quai

X

X

Collectif (Fratras Yohann - juin 2009)

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Partie 3 : Vers une gestion durable des parcs d’activités

Enfin il faut préciser que la zone est soumise aux risques technologiques mais n’est pas un site classé.  Programme d’actions Grâce aux observations faites pendant le diagnostic, un certain nombre de pistes sont envisageables. o Transport et accessibilité L’accessibilité est un des problèmes auxquels doit faire face le parc des Marais. Une des solutions qui pourrait être envisagée concerne la signalétique. La mise en place du jalonnement par le Grand Port Maritime du Havre va permettre d’améliorer l’accessibilité à condition que les usagers connaissent la numérotation des établissements. Dans le cas contraire, le gestionnaire pourrait développer une signalétique à l’extérieur du parc, pour en indiquer la direction, et à l’intérieur, pour indiquer l’emplacement des différents établissements. Le stationnement est un autre problème du parc des Marais. Les places aménagées dans le cœur du parc sont utilisées mais les larges zones de stationnements réalisées le long de la voie principale du parc sont désertes. Cette problématique ne semble pas résider dans l’aménagement des zones de stationnement mais davantage dans les habitudes de déplacements des travailleurs. Les entreprises de ce parc emploient plus de 900 personnes et il est évident que le gestionnaire ou la commune ne peuvent pas mettre à disposition autant de places de stationnement que de personnes travaillant dans ce parc. A ce titre, des actions de sensibilisation pourraient être menées auprès de ces personnes pour qu’ils privilégient les modes de transports alternatifs (covoiturage, transports en commun, etc.). La ligne de bus qui passent à proximité de la zone peut constituer un moyen de substitution à la voiture individuelle. Si cette politique est un succès, les zones de stationnements pourraient être réaménagées pour faciliter la circulation des piétons et des cyclistes car à ce jour, aucun aménagement n’a été réalisé dans ce sens.

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Figure 20: Les zones de stationnement ont été favorisées au dépend des aménagements piétonniers

(Fratras Yohann - août 2009)

o Paysage et cadre de vie Comme nous l’avons vu, le parc ne possède pas d’identité visuelle ou paysagère. L’aménagement des deux entrées de la zone grâce à des panneaux d’informations pourrait contribuer à donner lui donner une identité. L’achat de mobiliers urbains et la mise en place d’une politique paysagère renforceraient cette identité. Cette politique de gestion environnementale s’appliquerait non seulement aux espaces communs mais également à l’intérieur des entreprises avec une gestion collective de ces espaces. Figure 21: Exemple de traitement paysager dans le parc technologique éco-Normandie

(Fratras Yohann - août 2009)

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Conclusion

Conclusion La maîtrise de l’information est donc essentielle pour assurer le succès commercial d’un parc d’activités. C’est cette information qui va favoriser la rencontre entre l’offre des gestionnaires et la demande des entrepreneurs. Pour promouvoir leurs parcs d’activités, les gestionnaires ont à leur disposition plusieurs outils comme MAPECO. Cependant il n’existe pas à ce jour d’observatoire national des parcs d’activités qui permettrait de créer une dynamique des parcs d’activités au niveau national. C’est dans cette perspective qu’une proposition de création d’un observatoire national a été faite par l’association Orée lors du Grenelle de l’environnement (annexe 2). Nous avons également vu que la notion de durabilité était en train de devenir essentielle dans la perspective d’assurer un développement économique pérenne. A ce titre, les parcs d’activités, en tant qu’élément moteur du développement économique local, devaient intégrer la notion de développement durable. Cette nouvelle façon de penser la gestion des parcs d’activités va se traduire par la prise en compte de nouvelles données (accessibilité, gestion des flux, intégration paysagère, etc.) et donc de nouvelles informations que les gestionnaires vont devoir diffuser afin de promouvoir leurs parcs. La maîtrise de l’information va donc jouer un rôle de plus en plus important dans les années à venir.

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Bibliographie

Bibliographie  DATAR, 1997, Grandes entreprises et appui au développement économique local, La documentation française, Paris  DUPUY C, 2003, Entreprises et territoires : les nouveaux enjeux de la proximité, la documentation française, Paris  HEURTEUX C, 1994, Les entreprises et l’aménagement du territoire : le « pariside » inutile, Presses universitaires de France, Paris  LEVEQUE L, 2002, Atlas Le Havre et sa région : 2002, Ville du Havre, Le Havre

Sitographie  Association Orée http://www.oree.org/  Comethe http://www.comethe.org/  Ecoparc http://www.ecoparc.com/  Institut supérieure des métiers http://www.aides-entreprises.fr/  Le Havre Développement http://www.lhd-za.com/  Netency http://www.netency.com  Parc industriel de la Plaine de l’Ain http://www.plainedelain.fr/  Syndicat mixte de l’Arbois http://www.europole-med-arbois.org/

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Table des figures

Table des figures Figure 1: Parc Logistique du Pont de Normandie (PLPN) .................................................................. 11 Figure 2: Grâce au développement des intercommunalités, les délocalisations locales sont de plus en plus rares ............................................................................................................................................... 15 Figure 3: Visualisation des parcs d’activités de la ZIP Est .................................................................. 17 Figure 4: Zoom sur un parc d’activités de la circonscription de la CCI du Havre : La ZI de Rogerville-Oudalle ................................................................................................................................ 18 Figure 5: Exemple de fiche entreprise disponible grâce à MAPECO .................................................. 18 Figure 6: Informations disponibles sur l’accessibilité grâce à MAPECO ........................................... 20 Figure 7: La Zone Industrielle et Portuaire du Havre .......................................................................... 21 Figure 8: La cohabitation industrie/environnement ............................................................................. 22 Figure 9: Illustration de la demande actuelle des entrepreneurs avec le parc du Hode ...................... 24 Figure 10: Le Parc du Hode et le PLPN à proximité direct de grands axes de communication .......... 25 Figure 11: Exemple de signalisation interne et de stationnement avec la ZI de Rogerville-Oudalle ... 25 Figure 12: Exemple de traitement paysager avec le PLPN .................................................................. 26 Figure 13: Exemple de panneau d'information (Parc de la Belle Etoile - Montivilliers) ..................... 33 Figure 14: L’écosystème industriel ....................................................................................................... 35 Figure 15: Des aires de stationnement adaptées permettent d'éviter les stationnements sauvages (exemple avec le parc des Marais) ........................................................................................................ 38 Figure 16: Exemple de politique paysagère avec le parc technologique éco-Normandie (SaintRomain-de-Colbosc).............................................................................................................................. 39 Figure 17: Localisation du parc des Marais ......................................................................................... 43 Figure 18: Plan du parc des Marais ..................................................................................................... 44 Figure 19: Entrée du parc des Marais .................................................................................................. 45 Figure 20: Les zones de stationnement ont été favorisées au dépend des aménagements piétonniers . 47 Figure 21: Exemple de traitement paysager dans le parc technologique éco-Normandie ................... 47

Tableau 1: Accessibilité aux services sur les parcs d'activités de la ZIP ............................................. 27 Tableau 2: Classification des parcs d'activités de la ZIP ..................................................................... 28 Tableau 3: Acteurs principaux et secondaires intervenant dans un parc d'activités ............................ 31 Tableau 4: Services et équipements disponibles sur le parc des Marais .............................................. 45

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Annexes

Annexes 1. Classification des parcs d’activités de la Zone Industrielle et Portuaire PARC BOSSIERE Commune : Le Havre Classification : A maturation Date de création : 1960 Spécialisation : Industrie 2007 : 4 établissements 2009 : 3 établissements et 195 emplois / Evolution : Une radiation Multimodalité: Non Ce parc a une situation un peu particulière car il ne compte que trois établissements dont Cedilec et ses 150 emplois.

PARC DES ROSELIERES Commune : Gonfreville l’Orcher Classification : A maturation Date de création : 1986 Spécialisation : Construction/Génie civil 2007 : 29 établissements 2009 : 29 établissements et 560 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Une radiation et une création Multimodalité : Non Ce site est un parc homogène, constitué de parcelles moyennes et qui a connu qu’un seul mouvement d’entreprise depuis deux ans malgré une accessibilité difficile. Cependant l’entretien et le traitement paysager permettent à ce parc de se distinguer de ses voisins.

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Annexes PARC DES FALAISES Commune : Gonfreville l’Orcher Classification : En déclin Date de création : Spécialisation : Industriel 2007 : 11 établissements 2009 : 9 établissements et 228 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Deux transferts Multimodalité : Non Encerclés entre Aircelle et Chevron, le Parc des Falaises souffre de son enclavement. L’absence d’offre foncière et un état à l’abandon font que ce site est en déclin. Sur les 228 emplois recensés, 170 sont assur��s par une seule entreprise, Kaefer Wanner, spécialisée dans les travaux d’isolation.

PARC DES MARAIS Commune : Gonfreville l’Orcher Classification : En déclin Date de création : 1970 Spécialisation : Tuyauterie/Chaudronnerie/Maintenance 2007 : 33 établissements 2009 : 28 établissements et 917 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Neufs radiations et une création Multimodalité : Non Le Parc des Marais fait partie de la série des parcs proposant de petites parcelles, peu entretenus et dont l’accessibilité est difficile. Ces facteurs peuvent expliquer le fait que de nombreux établissements ont quitté ce site. Il accueille principalement des ateliers ou des dépôts dépendants d’autres entreprises. Plus d’un ¼ des emplois (245) sont assurés par Sane-Serc, établissement spécialisé dans le nettoyage et la manutention

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Annexes

PARCS DE LA PLAINE ET DES ETANGS Commune : Gonfreville l’Orcher Classification : A maturation Date de création : 1985 Spécialisation : Logistique 2007 : 7 établissements 2009 : 6 établissements et 74 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Une radiation Multimodalité : Non Situés derrière Total, les Parcs de la Plaine et des Etangs accueillent seulement deux entreprises: Arnal & fils, spécialisée dans la gestion de conteneurs et le groupe Katoen Natie, ayant pour activité principale la logistique et manutention.

ZI DE ROGERVILLE-OUDALLE Commune : Oudalle, Rogerville Classification : A maturation Date de création : 1982 Spécialisation : Industrie 2007 : 47 établissements 2009 : 45 établissements et 863 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Cinq radiations et trois créations. Multimodalité : Non Situé à la limite nord de la ZIP, ce parc d’activité profite d’une bonne signalisation, d’une bonne accessibilité (interne et externe) et d’un entretient régulier pour réussir à attirer de nouvelles entreprises. De Rijke Normandie et Asten sont les deux plus gros employeurs avec respectivement 106 et 110 personnes.

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Annexes

PARC LOGISTIQUE DU PONT DE NORMANDIE Commune : Oudalle, Rogerville Classification : En développement Date de création : 1997 Spécialisation : Logistique 2007 : 20 établissements 2009 : 21 établissements et 622 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Deux radiations et trois créations. Multimodalité : Oui Chemin de fer : Oui Voie fluviale ou maritime : Oui Construit spécialement pour répondre à l’augmentation du trafic de conteneurs avec l’ouverture de Port 2000, le PLPN dispose d’importantes réserves foncières et bénéficie d’une bonne accessibilité ce qui rend possible l’accueil de nouveaux établissements. PROLOGIS et ALSEI ont mis en place une politique de construction de bâtiments et l’expansion du parc devrait se poursuivre dans les années à venir.

PARC DES OISEAUX Commune : Saint-Vigor d’Ymonville, Sandouville Classification : A maturation Date de création : Spécialisation : Industrie 2007 : 29 établissements 2009 : 29 établissements et 1 759 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Deux radiations et deux créations. Multimodalité : Oui Chemin de fer : Oui Voie fluviale ou maritime : Non Parc relativement homogène avec des parcelles moyennes qui semblent correspondre aux attentes des industriels en place. Trois établissements (Sane-Serc Suez, Cegelec et Samia) emploient plus de 200 personnes ce qui représente près de 50% des effectifs du parc concentré au sein de ces trois entreprises. 54 | P a g e


Annexes

PARCS DES ALIZES 1 & 2 Commune : Saint-Vigor d’Ymonville, Sandouville Classification : En déclin Date de création : 1990 Spécialisation : Industrie/Transport 2007 : 24 établissements 2009 : 20 établissements et 514 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Cinq radiations et deux créations. Multimodalité : Oui Chemin de fer : Oui Voie fluviale ou maritime : Non Ses petites parcelles, le manque d’entretien et son enclavement font que le Parc des Alizés n’est pas en mesure de répondre à la logique de développement actuel. PARC DU HODE Commune : Saint-Vigor d’Ymonville Classification : En développement Date de création : 1991 Spécialisation : Logistique portuaire/Transport 2007 : 28 établissements 2009 : 35 établissements et 1 085 emplois / Evolution 2007 - 2009 : Une radiation, six créations et un transfert. Multimodalité : Oui Chemin de fer : Oui Voie fluviale ou maritime : Non Parc hétérogène avec des petites et grandes parcelles. Ce site illustre parfaitement l’évolution des parcs d’activités au cours de ces dernières années. D’un côté on retrouve l’organisation traditionnelle des parcs de la ZIP avec des petites parcelles, des bâtiments anciens et où le traitement paysager est quasiinexistant et de l’autre, de grands sites logistiques qui ont bénéficié d’un effort architectural et paysager. Sa réserve foncière importante et sa très bonne accessibilité lui permet d’attirer de nouvelles entreprises. PROLOGIS, grâce à sa politique de développement, permet au Hode d’afficher une dynamique de croissance.

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Annexes

2. Fiche de proposition pour la création d’un observatoire national des parcs d’activités

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Annexes

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Annexes

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Parcs d'activites