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« Les œuvres présentées sont des compositions originales, combinant poésie, récits légendaires (…) » P-J H - Le Fantastique « La voix nous conte des histoires simples, poético-réalistes (…) » Marie – The French Touch


~ Le clan ~

~ Le saule ~

Je me souviens, de ce froid matin La brume grise noyant l'horizon Ma première bataille, glaive à la main Les chants de mes frères, funeste oraison Car en ces temps, à présent passés Comme aujourd'hui nous devions combattre Rien n'a changé, sinon les années Et les décors de ce vivant théâtre

Il vit au bord d'une eau verte Au cœur d'une vallée secrète Le saule… Il boit l'eau du ciel Et chante quand le vent l'appelle Le saule…

Au son des cors et des cris de guerre Nos ennemis se sont avancés Et sans attendre, s'ouvrit l'enfer Le sol maudit où je fus tué A cet instant, les chants s'éteignirent La brume écarlate tomba sur mes yeux Puis la douleur établit son empire La mort salvatrice m'appelait de ses vœux Je me perdis entre ses bras Etreignant son noir linceul Mais d'un geste, elle me rejeta Je m'échouai sur son seuil Puis les cris d'effroi s'élevèrent M'emplirent de sinistres sons Seulement vêtu de mon suaire Frappé de malédiction Le clan a prononcé son jugement Et décidé mon bannissement Mes pleurs amers n'ont rien changé Je reste seul dans l'éternité Ecrasé sous le poids de mon carcan J'ai cheminé loin de la haine Entravé de liens, baigné par le sang Fluide immortel qui coule dans mes veines Puis j'ai oublié les injures et les pierres Nettoyé des blessures déjà refermées Abandonné les terres de mes pairs Et accepté mon exil forcé La pluie est tombée, le clan a passé Je restai seul portant mon secret Et bâtis ma vie en un lieu isolé L'amour d'une femme adoucit mes regrets Jusqu'à ce jour, où surgissant de l'est Il vint à moi, l'homme d'épée Il m'apprit la force et la sagesse De toutes mes épreuves, il avait triomphé L'apaisement ne dura pas Mon maître fut abattu Par le titan qui le tua Je fus de nouveau vaincu Mon aimée passa dans les ombres Emporté par le poids des ans Je parcours dès lors le monde Eternellement vivant Le clan a prononcé son jugement Et décidé mon bannissement Mes pleurs amers sont asséchés Je reste seul dans l'éternité

Ses longs doigts effleurent parfois l'onde Comme une main efface les sanglots Incliné vers son propre image Il attend… Il danse doucement Dans un léger bruissement Seul… On dit qu'il rit ou qu'il pleure Mais qui connaît ses sombres heures ? De nombreux hivers ont passé Tant d'ombres se sont effacées Au gré du temps Et sous le vent Passent les années, les siècles et les ères Nulle créature ne lui survit Son pâle reflet et sa terre Demeurent son unique compagnie Et quand la nuit vient Il les appelle en vain Le saule… Ses enfants perdus A jamais disparus Le saule… Rien ne peut soulager son tourment Ni faire revivre les jours d'avant Incliné dans une vaine prière Il attend… Sa peine ne prendra fin Qu'au dernier jour sans… Lendemain Il rejoindra ses enfants Lorsque viendra la fin des temps Décimés par le feu et le fer Ses semblables ont quitté cette terre Au gré du temps Et sous le vent Passent les années, les siècles et les ères Son règne se poursuit Son seul reflet et sa terre Ne survivront pas après lui


~ L'errant ~

~ La neige ~

Il contemple le ciel dans son plus bel ornement Et respire le soir et ses parfums d'apaisement Il se met en marche au seuil au seuil d'une nuit nouvelle Par monts et par vaux, paisiblement

Dans le silence Presque en recueillement La nuée blanche Portée par le vent Couvre ton nom Mais pas ton souvenir Glace mon corps Et apaise mon ire

Sur son visage usé une douce fraîcheur Il s'en imprègne alors qu'avancent les heures S'enivre des senteurs, loin du soleil Alors qu'au couchant la clarté meure L'errant, la nuit s'éveille Et sur la page vierge du silence Ecrit pour ceux qui veillent La musique du soir et ses pas de danse L'errant la nuit s'en vient Menant devant lui de douces ténèbres Et façonne de ses mains L'étoffe qui épanche toutes les fièvres Loin des lumières et des chemins battus Il va comme celui que 'on attend plus Parcourant le monde, au cœur des ombres Inlassablement, fixé vers son but Inépuisable guide, faiseur de rêves Chacun de nous l'oublie quand le jour se lève Il s'efface sans bruit, hors de nos vies Dès que l'astre d'or brise sa trêve L'errant, la nuit s'éveille Et sur la page vierge du silence Ecrit pour ceux qui veillent La musique du soir et ses pas de danse L'errant la nuit s'en vient Menant devant lui de douces ténèbres Et façonne de ses mains L'étoffe qui épanche toutes les fièvres

Les hivers se suivent pour moi Je n'ai jamais connu que le froid Les feux de ta présence Sont désormais éteints Et décharnées les branches A l'image de mes mains Si loin dans ma mémoire La neige tombe sans fin Et recouvre le noir Des deuils et du chagrin Les hivers se suivent sans toi Je confie mes larmes au froid Quand je vins au monde Le blizzard se leva Et dans une folle ronde Mes pleurs emporta Enfant, fasciné Par cette féerie Toujours glacé j'ai oublié Les douleurs et les cris Les hivers perdurent pour moi Dans mon cœur se déverse le froid J'ai quitté ce matin Notre demeure Et suivi le chemin Cher à ton cœur Mon amour enfin Près de toi je meurs Les hivers m'ont porté vers toi La neige à jamais tombera Des âmes par milliers La neige en un ballet de cristal Ensevelit notre passé Et nous réunit sous son voile Textes : Nicolas Bosc

Paroles - Le saule  

Les paroles de la première démo de Freyrdaam

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