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« Avec ce premier album tout en simplicité et sobriété, à l’image des titres des morceaux, Freyrdaam nous offre finalement quelques beaux moments de poésie » P-J H - Le Fantastique « (Les mélodies) servent des textes inspirés, intelligents et travaillés, empreints d'une poésie hantée par une lancinante mélancolie » Fabrice Chotin – Khimaira


~ La trêve ~

~ L'automne ~

La lune baigne un ruisseau d'argent Mes yeux se ferment sous la caresse du vent Libéré du poids de mon armure J'ai laissé l'épée au profit de la plume

Après le temps de la floraison Des amours éclos, de la paix Ma belle, nos étreintes, oublions De la guerre à nouveau, je me fais le valet

La seule flamme qui me soutienne Est celle qui brûle dans ma lanterne Le seul sang que je ferai couler Est celui de l'encre sur le papier

Car voici le temps de l’embrasement La saison du magnifique déclin Celle de l’échange de nos serments Du départ et des errances sans fin

Le temps de la trêve est venu Au soir des batailles gagnées ou perdues J'ai déposé les armes, il y a longtemps déjà Et chaque jour j'écris mes années de combat

Qu’on apprête mes armes et mon destrier La tunique brodée par vos mains délicates Elle se marie si bien aux teintes mordorées Des feuilles tombantes aux couleurs écarlates

A chaque mot chargé d'histoire Je me défais de mon ancienne gloire La vanité fut mienne, mon plus beau blason Aujourd'hui je n'appelle que le pardon

Perdu dans la bataille et sous la pluie Je garderai au coeur vos yeux charmants Qui pleurent l’automne aujourd’hui Qui vous ravit pour un temps votre amant

La rédemption par moi recherchée N'appartient pas aux dieux mais à ces oubliés Mes ennemis vaincus, fauchés par la guerre Mes chansons vont à ceux retournés à la terre

Car voici le temps de l’embrasement La saison du magnifique déclin Celle de l’échange de nos serments Du départ et des errances sans

J'en appelle à la trêve

A présent je pars mais vous promet de revenir Par ces forêts incandescentes Je serre sur ma poitrine votre souvenir Plus précieux que tout dans la tourmente Ca viendra le temps de l’embrasement La saison du magnifique déclin Celle de l’échange de nos serments Quand cesseront mes errances, enfin


~ L'ancienne ~

~ Le gardien ~

La voici rendue au bout d'un rude chemin Fatiguée par les épreuves d'une vie intrépide Elle est entourée de discrets et aimants gardiens Qui parlent à voix basse de ses rides

La solitude peut l’étreindre Il n’a pas à la craindre Crachant mille souffles glacés Le vent peut s’enrager

Son grand âge est érigé en tant que vertu Peu lui chaut d'être accablée de cet auguste honneur Si ainsi vénérée elle ne se rebelle plus De son esprit ils ignorent la vigueur

Du haut de cette tour Il garde le plus beau joyau Veillant la nuit et le jour

Aussi ce soir est-elle résolue A fausser compagnie à cette prévenance Destinée à vivre, cloîtrée et retenue Qu'elle sera grisante cette délivrance Elle a fini par se lasser de ce ton enfantin Sur lequel on lui adresse la parole Et elle rit sous cape de ces bons samaritains Qui oublient qu'un beau jour la vie s'étiole Sur ses jambes vacillantes elle mène un corps tremblant Telle une vieille louve cherchant sa tanière Elle avance à petits pas, feutrés et si lents Pour enfin retrouver sa chaumière Aussi ce soir est-elle résolue A fausser compagnie à cette prévenance Destinée à vivre, cloîtrée et retenue Qu'elle sera grisante cette délivrance Aussi ce soir est-elle résolue A ne plus subir d'autres remontrances Aussi ce soir est-elle résolue A choisir les chemins de sa délivrance

Bien plus précieux que tous les ors Est son doux trésor Il y puise le courage D’affronter ces sombres âges Il voit sans regarder Il vit sans exister Jusqu’à la venue de ces jours Ces jours où il mènera Au travers des champs lumineux Celle qui inspire à son coeur, à son corps La force de veiller Ces jours où ils danseront Les airs joués par leurs enfants Quand enfin de ses mains libérées de l’acier Les armes tomberont Le cercle sans fin de ses pas A chaque instant le ramène Retenu par ses propres chaînes A ce devoir dont il n’est jamais las Il lui voue son existence Pour celle de ses pensées Prêt à tout affronter Au nom de sa belle et de sa romance Les incendies de l’horizon Perdront les couleurs de la guerre Dans les collines ne résonneront Que les airs des fêtes de naguère Il n’endure nulle peine Gardien de son tendre amour Son âme se fait sereine Quand il sait qu’après les batailles Viendront ces jours Ces jours où il mènera Au travers des champs lumineux Celle qui inspire à son coeur, à son corps La force de veiller Ces jours où ils danseront Les airs joués par leurs enfants Quand enfin de ses mains libérées de l’acier Les armes tomberont


~ Le croisé ~

~ Le cavalier ~

J’ai cru glorifier mon dieu En combattant les infidèles J’ai cru honorer les cieux En rasant leurs citadelles

Sous le brûlant soleil de l'Hispanie Se dessinant dans un air vibrant de chaleur Voici venir le dupe de la chevalerie Juché sur sa monture à l'incertaine couleur

En ce royaume éphémère Brûlant sans pitié leurs temples dorés Je croyais rendre grâce au père Champion bienveillant de mon armée

Il porte une armure de pacotille Un plat à barbe en guise de misérable casque Car dans sa tête les rêves fourmillent Et arment de puissance ses pauvres bras flasques

Je cherchais la lumière La rédemption Je n’ai trouvé que la colère En poursuivant mes obsessions Je cherchais la lumière La rédemption Je n’ai semé que la misère Et j’en fais les tristes moissons

Aveuglé par l'éclat des épées et des lances Le cavalier, grand héros incompris Au devant du danger s'avance Paré de noblesse et de folie

En ces temps obscurs Rien ne pu m’arrêter Un flot de larmes versées Ne saurait laver l’immonde souillure A présent que ma fin approche Je vois leurs ombres danser autour de moi Dès lors les ténèbres m’emportent Christ pardonne mon aveugle foi Je cherchais la lumière La rédemption Je n’ai trouvé que la colère En poursuivant mes obsessions Je cherchais la lumière La rédemption Je n’ai semé que la misère Et j’en fais les tristes moissons Que le ciel qui vit ces enfants périr Me rappelle à lui lors du jugement dernier Mais des tourments que j’ai fait subir Jusqu’à ce jour, je ne sois délivré Le bras armé de dieu, n’existe guère Qu’au royaume terrestre des vivants Et les crimes commis au nom du Père N’étancheront hélas notre soif de sang Dona eis requiem

En quête d'un amour dont il est le seul amant Et de la courtoisie poursuivant l'idéal Il affronte outres de vins et moulins à vents Improbables ennemis et géants de ses fables Il flambe d'une inextinguible ardeur Croisant le fer, brisant sa lance et son bouclier Mais rien ne pourrait désarmer le coeur De ce Perceval à l'esprit dérangé Aveuglé par l'éclat des épées et des lances Le cavalier, grand héros incompris Au devant du danger s'avance Paré de noblesse et de folie Peuplés d'enchanteurs et de merveilles Tous les chemins promettent gloire ou aventures Nul homme de valeur n'a son pareil Le chevalier à la Triste Figure La trompeuse illusion dont il est ivre Mènera le héros vers sa tragique fin Mais sur les pages de ses bien-aimés livres Sera inscrit son formidable destin Aveuglé par l'éclat des épées et des lances Le cavalier, grand héros incompris Au devant du danger s'avance Paré de noblesse et de folie


~ Le chemin ~

~ La horde ~

Je quittais le chemin Par mes solitudes Accompagnant mes pas de mon amertume Je fuyais alourdi Par mes certitudes Elle les a piétiné de son pas de plume

Derrière les palissades L’âtre brûlant les réconforte Tandis que nos yeux dardent Cette chair vive bientôt morte

Sa main dans la mienne A sa suite elle m’entraîne Ses cheveux aux vents Bannière de mon enchantement Son pas des plus tranquille Apaise ma course Elle efface mes fatigues Sur un lit de mousse Et son rire et ses larmes Sans détours me touchent Ses yeux de leurs flammes Éclairent mes doutes Sa main dans la mienne A sa suite elle m’entraîne Ses cheveux aux vents Bannière de mon enchantement Nous deviserons sans fin Marchant de conserve Empruntant le chemin De notre repère Et nous vivrons bien cachés A l’abri des regards Les merveilles qu’elle y sème Embaumant le soir

D’aucuns se pensent protégés Simples esprits Car même leurs armes d’acier N’éviteront leur agonie Patiemment la horde attend Le signe du carnage Lorsque l’odeur du sang Nous emplira sans partage Un hiver de vengeance S’annonce dans la nuit Qui pousse notre engeance A dévorer sans répit Vos hurlements déchirés Excitent nos instincts Rien ne sert d’implorer La clémence des chiens Humant l’air, la horde attend Le signe du carnage Lorsque le goût du sang Avivera notre rage A l’heure la plus noire La plus sinistre de vos vies Lorsque le froid du soir Envahira vos corps meurtris

Sa main dans la mienne A sa suite elle m’entraîne Ses cheveux aux vents Bannière de mon enchantement

Quand vos femmes et vos enfants Gisant sans vie, démembrés Vous n’entendrez plus que le vent Qui porte la horde dans vos contrées

Et je marche à son bras Compagne de mes pas

Et vous saurez enfin Proies pitoyables et folles Quand commencera le festin Que jamais la horde ne pardonne

Et je reviens Et je reviens de loin Et je reviens Et je reviens au chemin


~ Le vent ~

~ L’absence ~

D’une maligne bourrasque, il m’avait dérobé Les mots que j’aimais, qui vous étaient destinés Mais voilà que d’une complice rafale Me reviennent mes rimes en bacchanale

Lorsque l’écume blanche Couvre nos pas Et que les vagues dansent Au rythme du glas

Le larcin eut lieu d’une manière discrète Se jouant de moi, ce fils de la tempête S’empara d’un souffle narquois Les quelques lignes que j’avais couchées là

Les voiles des navires Poussés par la tempête Si loin de nos empires S’en vont en défaite

J’ai levé les poings aux cieux et craché tout mon fiel Déversé contre ce traître, d’amères ritournelles De ce flot il s’est même abreuvé Mes injures il les a égarées

Et postés sur la rive Vigies impatientées Nous attendons que revivent Ces souvenirs effacés

Il me faut dès à présent, ces mots vous les compter Ce facétieux Eole de mes tourments a pris pitié Mais ce fol enfant, espiègle maraudeur Pourrait de nouveau plumer votre conteur

Et des noires falaises Léchées par l’émeraude Nous attendons sans détresse Le retour de l’aube

Il bondit par-dessus ma tête Effleurant mon front soucieux Se riant des affres des poètes Le vent donne et prend ce qu’il veut

Le fanal étincelant Qui guide nos absents Par-delà l’immensité Des océans déchaînés Le fanal étincelant Qui guide nos absents Par-delà l’immensité Des océans apaisés


~ La révérence ~ Quand j’aurai tiré mon irrévérencieuse révérence Parmi cette grouillante et envahissante solitude Combien de plaie faudra-t-il alors que l’on panse Une fois acquise la seule et infime certitude ? Tout au long de ces chemins témoins de mon errance Et qui n’aboutirent qu’à ressentir la finitude Bien peu d’âmes ont croisé cette subtile insouciance Qu’aujourd’hui gisant dans un fier élan je dénude Où se terreront celles et ceux qui m’ont fait offense Méprisants serpents jusque dans leur moindre attitude Lorsque mon corps ne sera plus qu’une pâleur rance Ne suscitant rien de plus qu’une abjecte hébétude Qui les guidera dans leur infâme inconsistance Sinon les mécréants qui déployaient par habitude Des trésors improbables de maligne déférence Qu’on projette sur autrui non sans inaptitude A vous pourrissant d’orgueil, méprisable engeance Parfums oubliés et sombrant en décrépitudes Purifié face à vos ombres et emprunt d’élégance J’adresse ma profonde et amicale ingratitude Textes : Nicolas Bosc - Sauf La révérence : Pascal B.


Paroles - La trêve