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N°59

FREE SKI MAGAZINE

REPORTAGE

MONT BAKER Ce spot détient le record

du monde de chute de neige LES SACS A DOS

FREERIDE INTERVIEW

GUERLAIN AU PARLOIR AVANT-PREMIÈRE

LES NOUVEAUTÉS

MATÉRIEL

2013


EDITO

Mais où sont passés les rebelles ?

L

e snowboard olympique devenu moribond, en France en tous les cas, l’observateur modeste, votre serviteur, pensait que le ski freestyle allait définitivement s’ancrer dans notre paysage comme le vrai sport d’hiver alternatif, bien core, avec plein d’impuretés dedans, pas lisse quoi ! Et voilà que patatras, on voit poindre au loin les vertiges futurs du syndrome JEUX OLYMPIQUES. Pas question d’entrer dans le débat des « pour » et/ou des « contre » la participation du freestyle aux J.O., notre réponse sera plus nuancée. On sait tous que les intérêts de l’olympisme, entre autres financiers, sont importants pour les riders et l’on ne saurait les blâmer d’avoir accepté de pactiser avec le diable. Peut-être même que pour certains les J.O. représentent un aboutissement sportif, allez savoir. Ni « pour » ni « contre », alors quoi ? Juste la certitude que les sports alternatifs comme le ski freestyle actuel ne sont pas faits pour ce genre de Jeux qui n’en sont pas vraiment. Par essence, le ski freestyle a plus à perdre sur le long terme en « s’olympisant » de la sorte. Le podium aura son quart d’heure de gloire, les marques auront leurs médaillés, mais au fond « la résistance » au mouvement du ski « normal » n’existera plus, elle aura été digérée dans le grand capital du ski de compétition, capital aux accents autrichiens comme chacun sait. Entrer dans le rang par la porte olympique sera le premier vrai accroc créatif à cette pratique qui avait été pourtant le médicament

anti-âge du ski ces dernières années. Comme le snowboard en son temps, lui aussi « olympisé » à ses dépens. La visibilité olympique est contreproductive quand on a une âme à protéger, un esprit à véhiculer, une culture à partager. Le terreau des sports alternatifs n’est pas celui des sports traditionnels, il est plus lent mais plus respectueux, le premier est un peu sur le modèle du bio alors que l’autre c’est de l’agro-alimentaire. Avis aux kids donc : à vous d’inventer le sport d’hiver créatif de demain. Tranquillement. A la vitesse terreau bio ! Sans penser GROS, car au pays des GROS il y a toujours plus GROS. La preuve : à l’heure où on boucle ce numéro, on entend dire que c’est Wedze, la marque ski de Décathlon, qui serait le sponsor ski des X-Games 2012. Avis aux kids encore : si après avoir inventé le sport d’hiver créatif de demain vous aviez une idée pour l’event du futur… CB

Spécial dedicace Terje trop fort ! Terje Haakonsen résista, lui. Au moment de la prise du pouvoir de la FIS (Fédération Internationale de Ski) sur le snowboard, seul ce rider de rêve revendiqua haut et fort le danger que représentait l’adhésion de son sport aux J.O. Sa marque emblématique, Burton, suivit Terje au début en lui faisant même un tee-shirt siglé de menottes représentant les anneaux olympiques. Quatre ans plus tard, le même Burton, équipait la délégation snowboard américaine… Sans Terje, bien sûr, qui lui resta fidèle à ses idées !

En couverture : Zack Giffin à Mont Baker, par Grant Gunderson. SKI TIME est édité par FREE PRESSE Savoie Technolac, 18, Allée du Lac St André 73 382 Le Bourget Du Lac Tél : 00 33 (0)4 79 65 46 10 Fax : 00 33 (0)4 79 65 46 12 Internet : www.freepresse.com Directeur de publication Claude Borrani claude@freepresse.com

Rédacteur en chef Claude Borrani claude@freepresse.com JOURNALISTES Loïc Martin loic@freepresse.com Laurent Molitor laurent@freepresse.com Franck Oddoux franck@freepresse.com

CONTRIBUTEURS Florian Kunckler, Julie Nieuwenhuys maquette Rodolphe Maisonnat Directeur du service commercial et développement Kamel Beghidja kamelb@freepresse.com (4611)

Chef de publicité Fanny Marguet fanny@freepresse.com (4610) ASSISTANTE de publicité Béatrice Patard beatrice@freepresse.com (4610) Administration, relations clients et abonnements

Laurence Rémy laurence@freepresse.com 9, rue des Acacias, 40130 Capbreton T +33(0)5 5841 8580 F +33(0)5 5841 8589

Dépôt légal à parution ISSN 2257-090X

Ce magazine est une publication FREE PRESSE. Les magazines Free Presse sont distribués dans les plus fameux magasins spécialisés sur l’ensemble du territoire français, en villes et en stations, dans certains magasins de sport généraliste, dans les clubs, écoles spécialisées, résidences hôtelières, en colportage sur les plus grands rendez-vous nationaux et internationaux, salons et événements. MERCI DE RECYCLER CE MAGAZINE QUAND VOUS L’AUREZ TERMINÉ

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SOMMAIRE

38 06 FOCUS

- Le 3V Enduro fête ses 10 ans ! - A la Clusaz, le Radikal Mountain a encore frappé. - The Big Lepowski, où comment renouer avec le vrai spirit freeride. - Les Rochassons, la nouvelle liaison entre Châtel et Avoriaz.

Franck Moranval, l’organisateur de l’Ultimate Test Tour revient sur cet event 100 % freeride.

Les Bioskieurs prêchent une écologie intelligente et durable appliquée au ski.

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16 Interview 20 eco-ski

26 reportage

Mont-Baker et Crystal Mountain, vus par deux rideuses qui en veulent !

34 Rencontre

Guerlain Chicherit au micro : son retour à la compétition, sa marque de ski, ses projets… Le rider toujours pressé nous dit tout.

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38 Expérience

Les skieurs pourront-ils encore longtemps profiter des glaciers alpins ?

44 TESTS

Les sacs à dos freeride passés au crible.

52 Matériel : Preview ski 2013

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Qu’est-ce que les fabricants nous proposent pour 2013 ? Les fins limiers de Ski Time sont allés dénicher les nouveautés.

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© David andre / association les 3 vallées

SKI’S FAIT

3 Vallées Enduro : 10 ans déjà !

L’événement phare de fin de saison dans les 3 Vallées continue d’écrire son histoire. En dix ans, il est devenu l’un des plus gros rassemblements de skieurs amateurs au monde : plus de 1500 participants chaque année ! Voilà déjà une décennie que l’event majeur du plus grand domaine skiable du monde réunit les foules. Organisé par l’Association des 3 Vallées sous l’impulsion de Vincent Lalanne, son directeur, c’est un concept unique et sympathique qui rassemble les gens et les genres. Une belle occasion pour les skieurs en tout genre et de tous niveaux de s’amuser et de profiter des joies du printemps au coeur des 3 Vallées ensoleillées. À l’occasion de son dixième anniversaire, l’édition 2012 sera encore plus festive que les précédentes ! Un lundi de Pâques (9 avril 2012) placé sous le signe de la fête donc, du plaisir et de la convivialité, avec de nombreuses surprises. Skieurs, freestylers, alpins, snowboarders, pros, amateurs… Le 3 Vallées Enduro fait sauter les étiquettes et rassemble tout ce petit monde autour d’un même bonheur simple. Glissades printanières ludiques et accessibles à tous, à partager en famille ou entre amis. La 10ème édition du 3 Vallées Enduro risque fort d’être l’événement de fin de saison à ne pas manquer !

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Lundi de P창ques

Lundi 9 Avril 2012 OUVERT A TOUS, PAR EQUIPE DE 3 CATEGORIES : PRO, AMATEUR, FAMILLE


© La Clusaz Radikal Mountain / Pascal Lebeau

SKI’S FAIT

Radikal event

Mi-janvier, sous une météo exceptionnelle, la Clusaz accueillait la seconde édition du Radikal Mountain. Une édition qui a compté comme première étape du Freeride World Qualifier (4 étoiles), histoire d’engranger des points pour participer au FWT l’année prochaine. Événement international, le Radikal Mountain accueillait des riders suisses, russes, suédois, allemands, autrichiens, anglais, italiens, ukrainiens, finlandais, canadiens, néo-zélandais, belges et français. Au terme d’une belle journée de qualifs, cinquante riders (homme et femme, ski et snowboard confondus) ont gagné leur ticket pour la grande finale sur la face de l’Étale. Dans l’aire d’arrivée située sur la route en direction du Col des Aravis, plus de trois cents personnes ont assisté aux runs des meilleurs freeriders. Une journée remplie d’émotions qui se termine par la victoire du Suédois Wille Lindberg devant le local de l’étape, Mathieu Bijasson. L’Allemand Andreas Vogg complète le podium. Chez les dames, la Norvégienne Anne May Slinning rafle la mise.

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SKI’S FAIT

THE BIG LEPOWSKI Le Dude est de retour !

The Big Lepowski, c’est une tournée organisée par Black Diamond à travers toute l’Europe, qui propose aux participants et aux visiteurs d’apprendre les «rudiments» du freeride. Progression en neige profonde, lecture de carte, sécurité en montagne… Le tout encadré par des guides et des riders pro. Des tests de skis et d’équipement freeride sont également organisés par les marques partenaires réunies autour d’un village de tentes. Le soir, tout ce beau monde se retrouve pour faire la fête autour d’un verre de White Russian, LA boisson du Dude ! Bref, on ne vous en dit pas plus, rendez-vous à Chamonix, du 23 au 25 mars ! www.thebiglepowski.com

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© DR Chatel

SKI’S FAIT

CHÂTEL FÊTE SES 30 ANS

DE LIAISON AVEC AVORIAZ

Les Portes du Soleil est un domaine véritablement exceptionnel qui combine diversité et qualité. Du point de vue équipement, le skieur est bien mieux loti du côté français. En effet, bien que les investissements baissent dans ce domaine sur le plan national, les différentes stations des Portes du Soleil jouent le jeu de la qualité de leurs équipements, notamment Châtel. Plus de soixante-six ans après le téléski de Vonnes, le premier installé dans la station, Châtel vient ainsi d’inaugurer le nouveau télésiège des Rochassons, une bête de course six places, débrayable bien sûr, qui remplace l’ancien deux places. Situé sur le secteur de Plaine-Dranse, ce télésiège est stratégique car il permet de relier directement Avoriaz et les Portes en quelques minutes seulement, et ce en toute sécurité car il est le seul télésiège équipé de garde-corps semi-automatique. A noter aussi au crédit de la société de remontées mécaniques locale l’installation de trente-neuf nouveaux enneigeurs, pour un total d’environ un quart du domaine de Châtel aujourd’hui équipé.

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Les events

de la fin de saison Freestyle Days

L.A.(ST) Session

Les Freestyle Days sont de retour dans la station de la station de Praz sur Arly ! Deux journées dédiées à la glisse alternative, avec des tests de matériel, un big air pour s’entraîner au saut… Avec en point d’orgue un show nocturne et DJ aux platines. Ouverture du village exposant dès 10 h. www.prazsurarly.com

L’invitational du freeskieur local des Arcs Romain Grojean investira à nouveau le front de neige d’Arc 1800, le jeudi 23 février prochain à partir de 17h, pour une toute dernière session… Pour rappel, la L.A Session c’est un module de taille XXL sur lequel s’affrontent une vingtaine de freeskieurs et snowboardeurs de renom ! On retrouve chez les skieurs : Jacob WESTER, Laurent « Lolo » FAVRE, Kevin ROLLAND, Julien et Théo LANGE, Pierre Antoine CHEUDAL, Flo BASTIEN, Ben VALENTIN et Anatole CAMELIN qui ont tous confirmés leur présence. Côté snowboard, le local Thomas « Chazou » Chassagne sera présent, aux côtés de Valérian DUCOURTIL, Enzo NILO et deux invités surprises… Bref, tout ça se passera le 23 février, à Arc 1800, à partir de 17h (mais vous pouvez venir plutôt pour assister aux trainings).

Les 11 et 12 février

Ride Her First 2012

des filles mais pas que !

Un contest ski/snow pro mixte qui se déroule le 27 mars 2012 sur la face de Bellevarde à Val d’Isère. L’identité du RHF est unique : c’est un contest en soirée alliant performances freestyle, DJ en live et spectacle pyrotechnique. Evénement central de Val d’Isère et du GEM Altigliss Challenge, le contest confirme sa place en tant que compétition freestyle avec une classification 2*TTR et environ 2000 spectateurs. A gagner ? Un prize money de 2000€ et de l’équipement distribués durant les deux contests : une partie formelle avec un jury et une seconde en mode free session. Concernant les sponsors : Burn, Salomon, Oakley, Flow, Picture, Pull in et Dakine seront au rendez-vous. L’équipe du RHF est partenaire de Val Park, qui concoctera un shape spécialement pour l’occasion : un Big air et un stairset. Les meilleurs riders de la scène française (Valerian Ducourtil, les frères Collet ou encore Sbrava) sont attendus pour mettre le feu à Val d’Isère tant sur Bellevarde que pendant la soirée à la Doudoune.

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23 FÉVRIER

Urban Plagne Festival Du 9 au 15 avril

Déjà cinq éditions pour l’événement plagnard qui mêle ski, snowboard et vidéo. Cette édition prend un virage clairement axée Cinéma et sera pour l’occasion présidée par le prestigieux réalisateur français, Régis Warnier, oscarisé pour son film Indochine. Sur la neige, finis les défis imposés décalés ou techniques, les dix équipes de cinq skieurs/snowboardeurs auront quatre-vingt seize heures pour réaliser un montage vidéo de qualité. Les trois premiers se partageront les 10 000 euros de prize money ! www.urbanplagne.com


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INTERVIEW

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Francky Moranval  Le gentleman glisseur et son Ultimate…

Francky Moranval n’a jamais cessé d’aimer le freeride. Même quand il portait une combi moule-burnes à ses débuts de snowboardercompétiteur, il n’a toujours aimé que le « vrai » snow, la pow quoi ! Vingt ans plus tard, toujours en place dans la face, il continue sa trace freeride en organisant l’Ultimate Tests Tour, LE salon du matériel freeride et des artisans du ski. Plus qu’un ski tests cet Ultimate, un label. Qui plus est pensé et organisé par quelqu’un qui sait vraiment de quoi il parle. Bref, on aime… Vas-y Francky, c’est bon bon bon… Par Claude Borrani - Photos DR Ultimate Test Tour

Tu développes ton Tour Ultimate depuis de nombreuses années, si on commençait par un petit bilan ?

Francky Moranval  : Oui, la première édition a eu lieu en 2002 et on est en 2012, dix ans déjà… J’ai développé la « Swallowmania  » (salon du swallow-tail) suite à l’anniversaire des dix ans de Swell Panik qui avait eu lieu à la Grave. Une cinquantaine de riders étaient venus et ça a été une belle concentration de vieux glisseurs ! Le salon a évolué sur les snowboards et skis de freeride puis j’ai changé le nom de l’évènement en 2008, car très peu de gens comprenait le terme swallowmania et notamment les anglo-saxons, je vous laisse imaginer à quoi il faisait référenc  ! Le bilan serait qu’on est passé d’un petit rassemblement de swallow tail à une jolie tournée dans des stations à connotation très « freeride » qui englobe skis, snowboards, accessoires et matériel de sécurité en présentation et en test au public.

Ce qui me plaît, c’est que l’esprit est resté le même, on est décalé par rapport aux autres skis tests. L’Ultimate est un trait d’union entre des marques et les artisans ultra passionnés... on est sur un event emblématique, une «niche» pour une cible de clientèle de connaisseurs et surtout de passionnés. Les marques et les stations sont-elles toujours aussi  demandeuses d’events freeride ?

Francky Moranval : Oui, on valorise tous les produits qui tournent autour du freeride. Les stations qui reçoivent l’Ultimate Test Tour souhaitent aussi communiquer sur le développement de l’image du freeride. Typiquement, Verbier a signé une collaboration avec l’Ultimate pour trois ans et communique principalement sur ’Xtreme de Verbier et sur l’Ultimate test tour. La Grave est la station idéale pour tester ce type de matériel étant donné que c’est une

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INTERVIEW

station 100% hors-piste  ! Je suis ravi aussi de pérenniser la date de Sainte Foy car cette station est un joyau au milieu des énormes stations de la vallée de Tarentaise, on y retrouve une ambiance hyper chaleureuse et conviviale avec un domaine hors-piste incroyable et relativement facile d’accès. La station a mis en place des zones spécialement dédicaces à la pratique du freeride, c’est un bon entraînement avant de se lancer sur les pentes mythiques du glacier du Ruitor ! Les stations qui nous reçoivent profitent de l’occasion pour proposer à leur clientèle des informations importantes sur la prévention et sur la sécurité en montagne : c’est ce travail que font les marques de matériel de sécurité présentes sur le salon. C’est un tout, on communique à fond sur l’aspect ski sauvage ou hors-piste avec un retour sur la sécu qui ne sont pas dissociables. Toi qui les connais bien, comment survivent les petites marques et comment peut-on expliquer leur croissance alors que le marché est plutôt difficile ?

Francky Moranval  : Le marché est difficile pour tout le monde à la différence près que les petites boîtes ont moins de besoins avec des structures plus légères. Chaque année, on compte de plus en plus de nouvelles petites marques en Europe. Je dirais que les créateurs de ces petites marques sont avant tout des passionnés. Leur passion les amène à créer des produits haut de gamme qui allient technicité et

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nouvelles tendances. Les produits sont fabriqués par des skieurs pour des skieurs, la performance et l’endurance sont donc testées et prouvées par leurs propres concepteurs. Ces produits peuvent être personnalisés facilement et c’est ce qui intéresse de plus en plus de clients… l’envie d’avoir une arme peu commune et adaptée à ses besoins est la clef de leur réussite même si ce marché reste infime comparé au marché du ski en général. Il faut aussi reconnaitre que les créateurs de ces petites marques se sont aussi à un moment inspiré des marques industrielles qui travaillent avec des équipes composées d’ingénieurs, de techniciens, de designers et d’athlètes pour développer des produits référents dans la pratique. Quel est ton meilleur souvenir de l’Ultimate ?

Francky Moranval  : Alors là il y en a plusieurs car à chaque fois c’est une petite aventure quand on organise des évènements en haute montagne ! Je me souviens de l’Ultimate Test Tour de LA GRAVE en 2009, on était tranquillement en train de finir les préparatifs pour recevoir 70 personnes (exposants, guides, riders, partenaires), il s’était mis à neiger fort le vendredi matin et la météo annonçait une grosse chute jusqu’à samedi. Il avait neigé un mètre dans la journée du vendredi et à 16 h je reçois un coup de fil de l’Office du tourisme m’annonçant qu’une avalanche avait coupé l’accès du col du Lautaret. Une heure plus tard, un autre coup de fil pour me dire qu’une autre avalanche


était partie et avait coupé la route en aval de la Grave, ce qui nous avait isolé du reste du monde ! On s’est retrouvé dans le local avec un buffet apéro, DJ… pour 70 personnes et ce moment-là a été un grand moment de solitude ! La route a réouverte à 22 h, une quinzaine d’exposants avaient réussi à rejoindre la Grave. Heureusement, le samedi matin l’équipe de la télécabine des glaciers de la Meije a pu ouvrir le premier tronçon (2400 m), donc nous avons installé le salon à la gare intermédiaire de P1 pour ceux qui connaissent le spot. Le dimanche il a fait une journée d’anthologie ! Grand beau, pas un brin de vent et l’ouverture du télécabine jusqu’au sommet (3200 m)… une partie du meilleur matos en test sur place (à P1) pour 150 riders motivés et récompensés de leur présence… J’en garde un très bon souvenir car les deux semaines précédentes avaient été fortes en émotion, j’avais un client russe dans le coma à l’hôpital de Briançon suite à une avalanche, et la semaine suivante je me mettais une cheville et deux côtes en vrac à la sortie d’un couloir pour finir dans un mélèze. Du coup, j’avais rejoins mon client russe à l’hôpital  ! Dans tous les cas, ça c’est très bien fini et tout le monde est reparti avec la banane car ce dimanche avait été une des plus belles journées de ride à la Grave ! C’est toi aussi qui t’occupe désormais de L’EXPO, mini salon freeride initié par les organisateurs du Freeride World Tour sur chacune de leurs étapes. Tu ne te tires pas une balle dans le pied en t’occupant d’un concurrent ?

Francky Moranval  : Ça faisait quelques années que l’on tournait autour du pot avec Nicolas Hale-Wood, l’organisateur du FWT. Mon idée était d’organiser l’Ultimate Test Tour au sein du FWT pour avoir un seul gros salon du freeride en même temps que ces compétitions internationales, ce qui aurait de la gueule  ! Nous nous sommes inspirés de ce qui se faisait dans d’autres univers (notamment trail et running – par exemple l’UTMB à Chamonix) et avons décidé d’ouvrir notre plate-forme aux acteurs «non partenaires» afin de rassembler un large public en station. Je ne me tire pas une balle dans le pied car l’Ultimate Test Tour ne rentre pas dans ce cadre, c’est un petit salon itinérant mais avec une belle image et qui tourne depuis plusieurs années. Notre salon / test regroupe principalement des petites marques et des artisans qui fabriquent à la main. Ce sont donc deux univers différentes et les tarifs d’admission ne sont pas les mêmes. L’expo du FWT a regroupé des marques plus importantes, qui, pour certaines, auront eu l’occasion de faire un relais entre leur magasin « pro shop » situé dans la station qui nous reçoit et la population présente en masse lors des étapes du FWT. L’Expo du FWT etait ouverte pendant trois jours (vendredi au dimanche) sur la place du Mont-Blanc à Chamonix et dans la rue principale de Verbier durant l’Xtrême de Verbier où des villages d’exposants (chalets en bois amovibles) avaient été mis en place à proximité directe du village de nos partenaires. Une zone de test en altitude sera installée pour pouvoir tester directement le matériel sur la neige.

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ECO-SKI

pour UNE neige verte

« Bioskieurs »… drôle de néologisme. On imagine des riders élevés au grain issu de l’agriculture biologique, utilisant des skis en fibre de chanvre, des bâtons en bambou et autres bonnets en laine de lama. Loupé, La Bioteam qui officie sur le « Freeride World Tour Qualifer » prêche une écologie intelligente, appliquée au ski. Parce que les bonnes idées pour une neige durable ne sont pas jetables mais recyclabes. Par Fanck Oddoux - Photos Claude Alain Reichenbach

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Un bioskieur Ă  Verbier, lieu indissociable de la culture freeride.

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ECO-SKI « Bio Skieur », ça sonne un peu comme le label Rouge que l’on voit sur la viande, chez le boucher ?

William Cochet : C’est un drôle de nom, c’est vrai. On a essayé de trouver une appellation qui ne laisse pas indifférent. On ne voulait pas utiliser non plus le mot « écologie ». Et puis Bio en latin c’est la vie, alors nous voulions replacer l’homme à sa place, dans la nature. L’idée de votre démarche ?

William Cochet : Dans notre vie de tous les jours, on essaye de faire le maximum pour essayer de respecter la planète : on trie nos déchets, on mange bio, on fait du co-voiturage, on utilise les transports en commun... On s’est dit que l’on pourrait appliquer ces préceptes à notre passion : le freeride. Concrètement, comment on marie le mot « Bio » avec « Freeride », ça sonne un peu bizarre, non ?

William Cochet : Par exemple, le team travaille avec des marques qui vont dans le sens de la protection de la planète. Nos sponsors se sont clairement engagés dans des démarches vertes. C’est le cas de Picture et de Fischer dont les empreintes carbone sont plus limitées. Le premier utilise des matériaux organiques, le second installé au cœur de l’Europe, proche des zones de ventes, utilise des énergies renouvelables, recycle toute l’eau employée. Et certaines marques font du Green Washing sans vraiment s’investir dans une démarche verte…

William Cochet : C’est vrai, certaines marques se servent de cet effet de mode qu’est l’écologie pour communiquer dessus sans agir réellement derrière ou simplement en façade. Certaines communiquent dessus, d’autres non. Il faut aller chercher soi même la vraie information. Comment êtes-vous perçus dans le milieu du freeride ?

William Cochet : Pas mal de personnes se moquent de nous, et sommes parfois incompris (nous sommes parfois même décriés.) L’essentiel est de faire passer le message et de ne pas être perçus pour des fanatiques. Dans le milieu de la compétition, on est compris mais leur priorité reste hélas le buisness.

Comme ils sont dans la vie, les bioskieurs essayent de l’être dans leur ski : ils trient !

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Les Bioskieurs C’est qui ? Un team de riders Suisse et Français. Trois skieurs : Dagobert Eigelstreiter de Verbier, Claude-Alain Reichenbach d’Aigle, suisse aussi et William Cochet des Arcs. Le but ? Une association de bienfaiteurs désireuse de montrer une image belle, propre, et différente du freeride. C’est où ? Le site résume bien la démarche et certains bons réflexes à avoir quand on est skieur. Possibilité de télécharger l’Eco Charte Freeride.

www.bioskieur.com


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CHAMONIX (F) 23. – 25.03.2012

SOGNDAL (N) 13. – 15.04.2012

For more information and registration please go to: www.TheBigLePowSki.com


ECO-SKI

« La première question à se poser est : a t-on vraiment besoin de tout ça ? Est-ce un besoin créé par le marché, un effet de mode ? »

Les Diablerets, en Suisse, version noir et blanc.

L’héliski, vous en faites ?

William Cochet : Non. Aucun des membres du team ne

Le Bioskieur marche et refuse l’hélico par principe.

monte dans un hélico, par principe. On pratique un sport où le moment où l’on est le plus en adéquation avec la montagne, c’est la montée ; les minutes où on est seuls au sommet. On ne viole pas la montagne. L’hélico est un jouet et le fantasme du skieur. Bien sûr que c’est un engin important pour les secours mais pas pour la pratique ou les compétitions. Pour vous, les stations de ski, c’est donc l’ennemi numéro 1 ?

William Cochet : Non, pas vraiment, il faut nuancer. Bien entendu, elles occupent un espace naturel mais elles représentent moins de 3 % de l’espace alpin. Les remontées mécanique utilisent de l’électricité mais essentiellement produite par les barrages : l’hydroélectrcité est renouvelable. L’empreinte carbone d’une station est constituée à 60 % par les transports dus à la migration des touristes. Le covoiturage et le train sont les deux parades. Un autre conseil pour être un parfait Bioskieur ?

William Cochet : « Le moins consommer ». On est dans un monde où l’on surconsomme, on profite. Il faut apprendre à se raisonner. Au lieu de faire comme tous les riders qui ont plusieurs paires de ski, quatre casques, trois masques, on peut se limiter au minimum. La première question à se poser est : a t-on vraiment besoin de tout ça ? Est-ce un besoin créé par le marché, un effet de mode ?

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REPORTAGE

Les filles veulent s’éclater ! Qui aurait cru qu’une journée sans poudreuse en Norvège pouvait nous emmener si loin. Il n’y avait en effet pas autant de fraîche que nous l’espérions, et Caroline s’était laissé dire que la neige n’avait pas arrêté de tomber tout l’hiver sur le Mont Baker, et même que ce dernier détenait le record du monde de chute de neige. Est-ce qu’un tel record existe ? Tout à fait : Baker a accumulé 30 m de neige pendant l’hiver 1998-1999. Je n’ai pas besoin d’en savoir plus, on y va ! Texte : Julie Nieuwenhuys - Photos : Anna Rytoft, Caroline Van’t Hoff

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REPORTAGE

«Nous comprenons maintenant pourquoi tout le monde arbore les typiques vêtements noirs imperméables, des gants à vaisselle et même des sacs-poubelles.» 28

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Les filles font parler la poudre Nous sommes trois filles originaires d’un pays aussi plat que le dos de la main. Nous avons toutes exercé comme monitrices de ski, sommes des skieuses hors-piste expérimentées et nous ne vivons que pour la poudreuse. Caroline travaille pour la compagnie KLM, mais tous les prétextes sont bons pour s’envoler vers la neige. Anna est notre photographe, et elle nous habille des bonnets et bandanas faits main les plus cools qui existent. En décembre, j’ai réalisé une fois de plus que je n’arrivais pas à rester coincée au bureau toute la journée, et j’ai quitté mon boulot pour faire ce que j’aime plus que tout, du ski.

Premières impressions de Baker Au mois de mars, nous avons pris l’avion pour Vancouver, loué une voiture et roulé trois heures jusqu’à Baker dans l’attente fiévreuse de ce que nous allions y trouver. Est-ce vraiment le lieu le plus enneigé du monde ? Les murs de neige n’arrêtent pas de s’élever en bordure de route, le manteau atteint déjà une épaisseur de cinq mètres  ! Comme le confirment les autochtones : la neige n’est peut-être pas de la meilleure qualité, mais se rattrape par la quantité. Nous n’attendons plus qu’une chose, skier. En raison du fort danger d’avalanche (4 sur une échelle de 5), nous décidons de rester sur les pistes damées. La neige est profonde et dure (le « béton de Cascade ») mais nous prenons bientôt nos premiers panaches de poudreuse en pleine figure. Partout où se porte mon regard, j’aperçois des skieurs et surfeurs qui se jettent des falaises. On ne voit aucune famille, aucun enfant, juste des dingues de poudreuse. Pourtant, il tombe de la neige fondue, et nous sommes totalement rincées. Nous comprenons maintenant pourquoi tout le monde arbore les typiques vêtements noirs imperméables, des gants à vaisselle et même des sacs-poubelles. Notre Gore-Tex, ne peut résister à cette neige humide. Nous sommes complètement trempées, mais gonflées à bloc à l’idée d’être arrivées, et demain, il devrait faire plus froid.

Trois heures de route après avoir atterri à Vancouver, les filles sont sur le spot !

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REPORTAGE

À Baker, on remonte dans le temps Après un repas tardif composé de burgers et d’un demi dans le lodge, nous rencontrons quelques passionnés de skis qui nous invitent immédiatement à manger chez eux. Ces nouveaux amis nous expliquent que la famille Howat dirige Mt Baker depuis des lustres. Il est évident que les exploitants adorent leur job et qu’ils font les choses bien, l’atmosphère est authentique, pas de développement rapide ni de tourisme de masse. Presque tous les habitués du domaine ont un forfait saison, ce qui signifie sans doute qu’ils habitent les environs. L’ambiance est complètement différente des grandes stations des Alpes que nous connaissons. Nous sommes venues pour la neige, mais Baker a beaucoup plus à nous offrir. C’est un endroit original plein de gens qui aiment le sport et la montagne. Jusqu’à l’année dernière, il n’y avait pas Internet et il était très difficile de capter le réseau mobile. Une ambiance un peu surannée dans laquelle nous nous sentons bien. Ce soir-là, nous fêtons une autre journée de poudreuse au Chair 9, le bar de la ville de Glacier, le village le plus proche de la montagne, avec une population de deux-cents cinquante personnes. Les locaux se moquent gentiment de nous en nous traitant de « confiseries ». Je suppose que nous détonnons un peu avec nos tenues de ski colorées.

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Des virages bien mérités Ces derniers jours, la température a chuté et il continue à neiger. Cela signifie que la poudreuse devient plus légère, et que la visibilité s’améliore. C’est le grand moment de notre semaine  : skier sur le Shuksan Arm. Le Mount Shuksan est un pic glaciaire qui trône au-dessus du domaine. Les conditions sont parfaites ; le ciel est limpide et le risque d’avalanche est redescendu à 3. Nous attaquons cette magnifique randonnée, et très vite nous avons un panorama sur le Mount Baker, qu’on ne peut pas voir du domaine skiable. Nous montons pendant environ une heure avant d’atteindre le point de départ de notre descente. Nous nous lançons une à une, l’adrénaline fuse dans mes veines. La neige est profonde et légère, la pente est forte et c’est bien pour cela que nous sommes là. Après ce run, nous sommes toutes au septième ciel. Cette nuit-là, le rhum coule à flots et nous levons nos verres à Baker, à la poudre, aux nouveaux amis et à d’autres aventures.

«C’est le grand moment de notre semaine : skier sur le Shuksan Arm.»

Crystal Mountain

Le lendemain, nous levons l’ancre avec une bonne gueule de bois. Nous sommes en partance pour Crystal Mountain, la station où Ingrid Backstrom a appris à skier. Crystal est le plus grand domaine de l’État de Washington, mais pour nous, Européennes, il reste relativement petit. Les remontées sont rapides et modernes, c’est pourquoi les forfaits sont beaucoup plus chers (65 $ au lieu de 45 $ à Baker). Dès notre arrivée à Crystal, vingt centimètres de neige fraîche nous attendent, aucun moment à perdre. Partout où se portent nos regards, nous apercevons des itinéraires magnifiques, par où commencer ? Nous nous adressons aux pisteurs, et ils nous indiquent avec fierté tous leurs spots secrets, y compris une descente inoubliable dans la « Damn Fine Forest  ». Je dévale une crête inclinée et je me jette dans cette forêt composée d’immenses arbres centenaires. En bas, quelqu’un me demande l’heure, c’est très simple  : la plus belle heure de ma vie  ! Hier encore je pensais que rien ne valait Baker, mais aujourd’hui je n’en suis plus aussi sûre. Dans le bar local, The Snorting Elk, nous réalisons que notre calendrier de voyage était parfait. Il est tombé plus de deux mètres de neige en mars à Crystal. En janvier, il pleut parfois, et en février il y a beaucoup de monde. Au bar, tous sont d’accords : mars et avril sont de loin les mois les plus conseillés pour une visite. Crystal est peut-être moins enneigé que Baker, mais cette neige est plus légère, et le terrain est plus varié.

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REPORTAGE EXPERIENCE

Skier sur le King Le lendemain, nous randonnons jusqu’à l’incroyable sommet de Silver King Peak, qui apparaît sur toutes les brochures de Crystal. De là, nous apercevons de nombreux volcans  : le Mount Rainier, le Mount Hood et même le Mount Baker au loin… quel panorama ! Anna est la première à basculer dans la pente du King, et les autochtones l’encouragent. Caroline la suit, et j’entends quelqu’un crier : « tu vas t’éclater, ma petite hollandaise ». Je les observe dans la descente et je suis parfaitement heureuse : il n’y a rien de mieux que de partager ces moments toutes ensemble. C’est maintenant mon tour. Les premiers virages sont un peu intimidants, car c’est un endroit où la chute est interdite. Je respire profondément, je me détends et j’apprécie cette longue descente raide. Nous sommes accueillis en bas de la pente par Rich, le pisteur, qui s’écrie : « Jolies courbes, les filles ». Puis nous éclatons de rire et lui tapons dans la main. Nous adorons ces lieux et n’avons aucune envie de repartir. Washington est magnifique !

Meilleurs secteurs Baker : Shuksan Arm, Elbow, Elf Chutes, Chair 5 +6, & Pan Face. Crystal :The King, Damn fine forest, Elk Chutes, Little AK, Silver Basin, North & South Back.

Meilleurs Bars/restaurants Baker : Chair 9, Grahams (tous les deux à Glacier) Crystal : Snorting Elk

Distance Baker : 150 km de Vancouver, 212 km de Seattle Crystal : 480 km de Vancouver, 260 km de Seattle Prix Baker : forfait journée 45 $- 51 $, forfait saison 740 $ Crystal : forfait journée 65 $, forfait saison 899 $

Divers Prendre l’avion vers Vancouver ou Seattle et louer une grosse jeep 4x4. Autres domaines à proximité : Alpental et Stevens Pass.

Ski

Pourquoi Washington ?

Les États-Unis sont immenses et les possibilités sans fin. Mais si vous voulez des quantités de poudreuse, c’est simple  : dirigez-vous vers Washington. Les domaines de Mount Baker et Crystal Mountain sont situés dans le Cascade Range, qui fait partie du cercle de feu du pacifique. Washington dénombre six volcans y compris le Mount Baker (3280 m) et le Mount Rainier (4300 m). En raison de la proximité de l’océan et des vents d’ouest prédominants, il neige énormément à Baker et Crystal. Ce n’est pas forcément la neige la plus légère qui existe, mais nous avons skié à 100 % en poudreuse pendant deux semaines. Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus, n’est-ce pas ? Allez-y, vous ne le regretterez pas ! Nos remerciements vont à : Gwyn, Ashleigh, Nicole, Verna, Dan, Annette, Tiana, Justus, Jake, Dee, les domaines skiables de Mount Baker et Crystal Mountain, Mt. Baker Lodging Inc., l’office du tourisme de Bellingham, Scott’s Ski shop, les pisteurs de Crystal Mountain, Crystal Hotels et Log Mahal Productions.

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www.crystalmountainresort.com www.mtbaker.us»www.mtbaker.us www.bellingham.org»www.bellingham.org www.scottsskiservice.com le meilleur (et le plus petit) magasin de ski de Glacier Vous avez envie de faire quelque chose d’autre ? Ski avec transport par dameuses ou dépose par hélicoptère www.cascadepowdercats.comcom www.heli-ski.com

Hébergement www.mtbakerlodging.com www.crystalhotels.com

Divers www.nwac.us»www.nwac.us : ce site vous informe sur les dangers d’avalanche. www.snow-forecast.com: le site présentant les meilleures prévisions du temps internationales. www.treewelldeepsnowsafety.com : en neige profonde, les fosses entourant les arbres sont un danger certain en Amérique du Nord, soyez prudents. www.logmahalproductions.com : ces fous de ski ont tourné un film sur la vie à Baker.


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SOMMAIRE RENCONTRE

Guerlain Chicherit, un homme pressé

« Un quart d’heure à t’accorder  ? Aïe... ça va être chaud. Deux secondes, je te reprends, j’ai un double appel  ». Que des sportifs professionnels aient des emplois du temps bien remplis, n’est pas un scoop. Mais il en est dont l’agenda ferait pâlir un ministre. Chef d’entreprise la semaine, rider le week-end et pilote de rallye à l’inter-saison (ou presque), Guerlain aime changer de couvre-chef  ! Mais rassurez-vous entre un meeting stratégique et une séance de cardio, on a réussi à lui prendre une demie-heure. Entretien avec Guerlain Chicherit, un homme pressé... Propos recueillis par Florian Kunckler

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RENCONTRE Entrons tout de suite dans le vif du sujet : quatre années d’absence sur le circuit international et un retour fracassant sur le Freeskiing World Tour (circuit concurrent au Freeride World Tour, made in USA, ndlr). Toujours en tête après trois étapes, comment expliques-tu ce retour fracassant ?

Guerlain Chicherit : On va tenter une explication. La plus évidente : le ski me manquait terriblement ! Ma motivation était à bloc. Ajoutes à cela une grosse pression, plutôt positive, et on commence à avoir un bon début. Pour le reste, une neige dure, pas évidente à skier à Las Lenas (première étape du tour américain qu’il a remporté début août dernier )... L’expérience a certainement joué sur cette première sortie. Tu rentres à peine de Revelstoke (3eme étape du Tour), comment cela s’est passé ?

Guerlain Chicherit : Je vais être direct : pas bien ! J’étais pas dedans, j’ai très mal skié. Pour être clair, je n’ai pas eu le temps de skier en décembre. Je me suis décidé la veille du départ pour les USA. J’ai fait une petite sortie pour voir si ça passait et j’ai pris un billet d’avion. C’était une erreur. J’ai complètement foiré le 1er run et j’ai abandonné. Mais il n’y a pas mort d’homme pour le moment : je suis toujours en tête du classement, j’ai usé mon joker !

« J’ai fait une petite sortie pour voir si ça passait et j’ai pris un billet d’avion.C’était une erreur.»

Quid alors de la suite de la saison ?

Guerlain Chicherit : Je vais rester comme prévu sur le Freeskiing World Tour et jouer ma chance à fond ! Je vais partir aux USA début février pour six semaines et bosser dur pour me remettre dans la compétition. Maintenant, je n’ai plus le droit à l’erreur ! Il faudra définitivement compter avec toi cette saison ! Mais au delà de la compétition, tu annonçais l’an dernier, sur le site de Coreupt, un gros projet vidéo te concernant. Où en est-il ?

Guerlain Chicherit : Il est simplement reporté. J’ai pour projet d’aller passer deux mois sur un bateau sur les rives de la Patagonie. Deux hélicoptères nous amèneront chaque jour sur les sommets, le tout évidemment filmé. C’est un projet hors norme, qui nécessite bien sûr de gros moyens. Plusieurs partenaires m’ont déjà suivi sur ce coup, mais le budget n’est pas encore bouclé : tournage normalement prévu en août et septembre de cette année.

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Un projet hors norme ? Plusieurs riders ? Tu nous mets l’eau à la bouche... Tu peux en dire un peu plus ?

Guerlain Chicherit : L’équipe sera composée de douze riders, en théorie. Des potes bien sûr, mais pas seulement : l’idée est de rassembler les skieurs qui ont marqué leur sport, des mecs pour qui j’ai avant tout énormément de respect. Quand certains champions choisissent d’organiser leur « Invitational », moi je préfère faire mon film ! Désolé d’insister, mais t’as quelques noms à avancer, en guise de teaser ?

Guerlain Chicherit : Je veux pas en dire trop, je l’annoncerai en temps voulu... Mais on va dire qu’il y aura des gars de la trempe de Tanner, par exemple... (Tanner Hall, ndlr) Comme tout le monde le sait, tu as plusieurs casquettes, et l’une d’entre-elles (et pas des moindres) est celle de chef d’entreprise de Coreupt. Comment gère t-on une carrière pro et le boulot harassant d’entrepreneur ?

Guerlain Chicherit : Grâce à mon smartphone et à ma tablette ! Plus sérieusement, pour tout chef d’entreprise, il est bon de rester connecté à son milieu. Quelle meilleure connexion pour Coreupt que son dirigeant qui évolue au cœur de la compétition ? Puis c’est une bonne manière d’allier l’utile à l’agréable. Je peux promouvoir ma marque aux US, faire le tour des shops. C’est que du positif ! Concernant Coreupt, une grosse actu est tombée à la rentrée, Kevin Rolland entre dans la team. Après Justin Dorey, Julien Lange, Richard Permin, pour ne citer qu’eux, et bien sûr Candide, on ne peut éluder la question : comment Coreupt fait-elle pour rafler les meilleurs riders aux poids lourds (économiques) du milieu ?

(APRÈS NOTRE INTERVIEW, ON APPRENAIT QUE RICHARD PERMIN ET CANDIDE NE SKIERAIENT PLUS COREUPT EN 2013.)

Guerlain Chicherit : C’est super simple et ça tient en une phrase : le rider est au centre de la marque. Au centre du marketing, au centre de la communication, au centre du projet dans sa globalité. C’est effectivement facile à présenter, mais pas si évident à réaliser. Skieur moi-même, je sais ce qu’attend un athlète de son sponsor et je fais tout pour y répondre. Loin de moi l’idée par contre de cracher sur le reste du marché : mes concurrents d’aujourd’hui sont mes sponsors d’hier, je leur dois beaucoup. J’ai juste une approche différente. Coreupt est une marque créee par des riders, pour des riders. Je vise un public restreint avec cette idée : si un ski convient parfaitement à un champion du monde, il conviendra à un petit gars qui passe son hiver en station à tenter des backflips ! Et le meilleur moyen pour cela : que le pro dessine lui-même son ski de A à Z ! C’est vrai qu’avec ce parti-pris, on ne s’est pas fait que des amis. Coreupt, soit t’aimes, soit tu détestes. Il n’y a pas de juste milieu ! Le tout c’est de l’assumer, on ne peut pas plaire à tout le monde !


«Loin de moi l’idée par contre de cracher sur le reste du marché : mes concurrents d’aujourd’hui sont mes sponsors d’hier, je leur dois beaucoup. J’ai juste une approche différente. Coreupt est une marque crééE par des riders, pour des riders.»

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EXPERIENCE

Glaciers

alpins:

l’hiver Indien bientôt en berne

En début de saison, lorsqu’on attend impatiemment la neige, certains irréductibles skieurs choisissent la direction des glaciers. Pourront-ils encore longtemps profiter de ces langues pour assouvir leur passion. Rien de moins sûr…

Du gros ride face au Cervin : un must, mais pour combien de temps ?

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U

ne étude du ZAMG, en Autriche, montre que les glaciers ont rétréci de façon aussi spectaculaire en 2011 que durant l’été 2003, pourtant particulièrement chaud. La principale raison à l’origine de cette fonte conséquente est l’absence de nouvelle neige qui protège les glaciers en temps normal. Un glacier sans couverture neigeuse perd de sa masse rapidement, car la glace sombre absorbe quatre à cinq fois plus de rayonnements solaires que la neige.

On pourrait donc comparer 2011 à la constante des dix dernières années car déjà en 2009 la Mer de Glace avait perdu cent mètres contre trente d’habitude (son épaisseur de glace diminue de huit à dix mètres par an) et le glacier d’Aletsch en Suisse, le plus grand d’Europe, a fondu de centquinze mètres. La température moyenne dans les Alpes en

2009 a été de trois degrés supérieurs aux normales, ce qui pouvait déjà être comparable à la canicule de 2003. Cela montre surtout qu’en montagne le réchauffement climatique semble plus rapide que sur le reste de la planète, à l’image des pôles où la banquise pourrait disparaître en été avant 2050 ! Par exemple, dans la vallée de Chamonix, la température moyenne a augmenté de 1,5 °C en cent ans alors que la température mondiale a augmenté de 0,8°C. Et cette statistique ne s’arrêtera pas là car les scientifiques prédisent la même équivalence pour les prochaines décennies (en 2100, + 6°C en montagne contre + 4°C sur la planète). De plus, la chaleur n’est pas la seule fautive. En effet, les précipitations n’ont pas été aussi importantes qu’à l’accoutumée car le déficit est de 25% depuis le début

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EXPERIENCE

de l’année. Sans compter sur un automne 2008 très sec et un hiver dernier abondant en neige, à basse altitude certes, mais pas en haut. De ce fait, le cumul de neige a diminué de moitié en quarante ans à Chamonix. En ce qui concerne la sécurité, il se crée également aujourd’hui des poches d’eau gigantesques à l’intérieur des glaces du fait d’une trop grande différence de température entre la surface et la langue glaciaire. Ainsi, formant des poches d’eau, ces barrages naturels risquent à tout moment de lâcher sans l’intervention humaine. C’est ce qui s’est passé au glacier de la Tête-Rousse cet été, menaçant ainsi St Gervais. Et le 11 septembre dernier, 12 000m3 de roches se sont écroulées des Drus dans le massif du Mont Blanc suite au réchauffement du Thermafrost. Si ces éboulements font partie intégrante de la vie géologique des montagnes, leur multiplication ces trente dernières années ne l’est pas moins. En effet, si ladite fréquence est assez régulière de 1900 à 1975, tout s’accélère ensuite. Le premier pic de température, dans les années 1970 occasionne un écroulement important, puis en 1992, 1997, 2003, 2005, 2007,

Will, lui, tourne et retourne dans la pente sous l’arrivée du funiculaire à Zermatt avec un bon run de cent mètres bien enneigé et bien raide, chose rare quand on connaît les dénivelés normaux des glaciers.

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2011 les écroulements de grosses ampleurs (275 000 m3 en 2005, quand on est entre 300 m3 et 22 000 m3 jusqu’en 1992 !) s’intensifient. Le souci dans cette affaire des Drus, c’est que la fréquence des chutes suit assez précisément la hausse globale de la température terrestre. Autre point, les ressources en eau et hydro-électrique se voient chamboulées. Pour exemple, la centrale du Bois qui se situe sous la mer de Glace s’est retrouvée à l’air libre, à noter que lors de sa construction en 1973 elle résidait sous deux-cents mètres de glace. Aujourd’hui, celle-ci est donc reconstruite plus haut afin d’être toujours capable d’alimenter une ville comme Annecy. Mais demain, il n’y aura plus de place pour cette énergie propre si les glaciers s’assèchent trop. Comment continuerons-nous à profiter des lacs de montagne et du ski d’été si, en 2100, 75 % des glaciers alpins ont disparu  ? La sécurité des vallées serat-elle maîtrisée  ? Une question parmi d’autres, mais dont toutes les réponses commencent à être urgentes. William Cochet et Claude Trinidad


Zermatt et le Cervin, là on joue dans une autre cour… Grand ski à 4000 mètres, une expérience unique rendue bientôt impossible ?

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EXPERIENCE

13 h, fin des hostilités sur le glacier de Saas Fee… C’est tôt, mais il faut absolument prendre de plus en plus soin de nos glaciers. Ces derniers montrent la réalité en face et leur sècheresse ces dernières années est de plus en plus terrible. La plupart d’entre eux ont fondu deux fois plus que la normale : du jamais vu depuis que le monde les observe.

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Toujours à Zermatt, à quelques encâblures du Cervin.

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TESTS

TestS

SACS À DOS Rando FREERIDE Pas facile de mettre au point un sac qui conjugue qualité de portage des skis et confort du dos. Plusieurs marques «  sèchent  » sur cet aspect technique qui est pourtant l’un des points cruciaux de ce type de produit. SKI TIME a voulu en avoir le cœur net en réalisant un essai terrain.

Arc’Teryx Silo 30

Le test

C’est top

Le Silo est recommandé pour les utilisateurs de skis back country ou freeride aux lignes de cotes imposantes. Le réglage du portage permet d’accueillir les plus gros palins. Le système de sangles de rappel permet de limiter le balan. On aurait tout de même rajouté une sangle sommitale pour être carrément au top. Extrêmement bien fini, solide, ce sac dure dans le temps. On aime le dos semi rigide qui permet à la colonne de se plier sans effort. La ceinture légère a tendance à vriller lorsque qu’elle n’est pas bouclée. Très bonnes bretelles bien désignées, rappel de charge et grosse poignée pour saisir le sac (nous l’avons pendu à un mousqueton en via ferrata : ça résiste).

Qualité de finition et des matériaux. Portage pour skis larges C’est moins bien

Poids qui pourrait être plus contenu Confort bretelles 4,5/5 Confort du dos 4,5/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 175 €

Millet Big Powder 18 Le test

C’est top

Petit mais costaud. Sa réalisation est sérieuse, les sangles bien cousues et béton. On aime la poignée sur le sommet du sac qui a été disposée en diagonale : c’est (très) pratique. Satisfecit aussi pour les curseurs des zips, larges et équipés de cordelettes plus embouts (pour être saisis par des gants). Le portage des skis (ou du snowboard) demande un peu de manipulation et de réglage de sangle. Très bon dos et ceinture ventrale.

Solidité, sifflet de secours, dos C’est moins bien

Portage des skis qui demande un peu d’attention Confort bretelles 4/5 Confort du dos 5/5 Stabilité en portage 3,5/5 Prix 95 €

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Dynastar

Cham ABS Compatible Pro Rider Le test

Le Cham Pro Rider est conçu pour accueillir tout le système ABS. Mais ce sac offre bien plus que ça : des détails techniques qui changent la vie. On note le porte matériel de chaque côté de la ceinture (attention en foret à ce qu’une branche ne se glisse pas dans les boucles) pour les mousquetons. La ceinture large, confortable se ferme grâce à un velcro, elle s’ajuste donc au millimètre. On aime le portage central (le meilleur du marché) issu du ski alpinisme, discipline où Dynastar a une longue expérience en sacs à dos depuis le célèbre DP Cham.

C’est top

Compatibilité ABS, confort du dos C’est moins bien

Beaucoup de sangles un peu partout Confort bretelles 5/5 Confort du dos 5/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 105,95 €

The North Face Patrol 24 Le test Le Patrol 24 by The North Face permet de porter une charge importante car son dos est relativement rigide. On conserve une sensation de raideur car le dos est plat (il se plie tout de même). Son gros avantage consiste en un accès au contenu du sac sans avoir à enlever ses skis : un zip permet en effet d’ouvrir le dos du sac. C’est sans doute l’un des produits les plus solides de cette catégorie, il ne craint ni les coups de carres, ni les rochers. Très bien vue : la poche supérieure capitonnée qui protège téléphone, caméra et autres objets fragiles.

C’est top

Solidité, poche de protection C’est moins bien

Portage des skis latéral Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4/5 Prix 110 €

Salomon Quest 20 Le test Le gros atout du Quest 20 réside dans son dos particulièrement bien étudié. Son shape est à la fois très confortable et efficace en portage car il répartit bien la pression sur le dos et le bassin. La forme ergonomique est très réussie. Pour le portage latéral, les talons des skis larges ne passent pas dans les sangles : on est donc condamné à les porter à l’épaule. On aime la poche supérieure rembourrée, protectrice de chocs, doublée de fine polaire. Le volume du Quest est idéal pour une session freeride. On aurait aimé des bretelles un peu plus rembourrées au regard du volume du sac.

C’est top

Dos, rembourrage dos, formes C’est moins bien

Portage des skis larges Confort bretelles 3/5 Confort du dos 4,5/5 Stabilité en portage 4/5 Prix 175 €

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TESTS

Rossignol 28 Kurt

Le test

C’est top

Comme le Dynastar Pro Rider ABS, ce Rossignol est compatible avec le système ABS. Cette caractéristique suffit à attirer l’attention de tout freerider. On a aimé son système de portage qui peut convenir aussi pour les snowboards et des petites astuces du type : passage du tube de la poche à eau à l’intérieur de la bretelle. Très bonne ceinture confortable alors que le dos pourrait être un peu plus riche en mousse. Très bons embouts de zips. Un excellent sac.

Compatibilité ABS. Nombreux rangements C’est moins bien

Mousse du dos satisfaisante Confort bretelles 3,5/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4/5 Prix 121 €

Dakine Pro II

Le test

C’est top

Avec une contenance de 26 litres, le Pro II by Dakine possède le litrage idéal quand il s’agit de portage de skis. La fixation des skis est d’ailleurs son point fort avec un système de câble dans lequel on glisse les skis en un clin d’œil. Il suffit ensuite de clipser la sangle sommitale et on obtient un bon portage latéral. Le nombre de poches et de compartiments est incroyablement élevé pour un petit sac, élevé mais cohérent. Même le dos peut s’ouvrir entièrement pour fouiller dans son sac sans enlever ses skis.

Produit très bien pensé, portage des skis rapide et efficace C’est moins bien

Pas de passage pour le tube de la poche à eau (mais là, on chipote) Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 119,95 €

Columbia Bugaboo Ranger Le test

C’est top

Nous avons aimé ce sac au prix serré mais aux prestations tout à fait honorables. Il y a d’abord sa forme cheminée qui donne un sac discret, fin, particulièrement efficace en ski de foret. Il y a ensuite le portage qui, comme le Da Kine, reprend le concept du câble dans lequel on glisse le talon des skis. Un astucieux système de sangle au niveau du sommet des bretelles permet de fixer les skis et de changer le réglage selon que les skis sont disposés à gauche ou à droite. Les bretelles sont bien rembourrées et le dos suffisamment rigide pour envisager un portage. Columbia prouve qu’avec un prix serré, on peut proposer un sac de qualité.

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C’est moins bien

Boucles plastique bruyantes Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4/5 Prix 74,90 €


Blue Ice Blue Ice 30L Le test Conçu à la manière d’un sac à dos de montagne (cheminée + poche sommitale), le Blue Ice 30L est taillé pour l’alpinisme, le ski-alpi et le freeride. Nous avons apprécié son dos rigide mais pas trop qui permet de bien répartir les charges. Idem pour les bretelles largement rembourrées. Solide et léger à la fois, le sac propose un système de portage latéral des skis. Nous avons préféré utiliser les sangles prévues à cet effet pour adopter un portage central, et ça marche… c’est plus rapide pour de petites montées. Très bonne ceinture confortable, équipée de porte matériel.

C’est top

Sac cohérent, solide et doté d’un très bon dos. Légèreté. Prix serré C’est moins bien

RAS

Confort bretelles 5/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 80 €

Black Diamond Speed 30 Pack Le test Ce sac Black Diamond loupe le sommet du podium de cette sélection à cause d’un portage latéral des skis traditionnel (le central est plus rapide et efficace). Pour le reste, c’est un sans faute. Léger, technique, bien fini, doté d’un portage très pertinent à la fois en matière de dos (semi rigide mais ergonomique) et de bretelles ultra désignées, d’une ceinture articulée qui suit le mouvement des hanches, le Speed 30 Pack est un exemple à suivre. On adore les porte piolets métalliques : magnifique. Autre particularité pour un maximum d’étanchéité à la pluie, le sommet du Speed se ferme à la façon d’un sac étanche de canyon.

C’est top

Qualité de finition, souci du détail, design, étanchéité, dos, qualité des systèmes de fermeture C’est moins bien

Dommage pour le portage latéral des skis Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 99,90 €

Salewa Ascent Tour 28 Le test L’Ascent Tour 28 de Salewa fait la synthèse de tout ce qui doit être présent sur un sac de freeride. Léger, compact, doté des accessoires indispensables tels que porte piolets (doubles), passage pour tube de poche à eau, rangement pour la sonde… Son gros atout concerne le portage central des skis issu du ski-alpinisme. Très bonne sangle à attache rapide : c’est claire et sans bavures. On voit que les synergies entre Salewa et Dynafit ont bien joué (deux marques qui appartiennent au même groupe). Nous avons particulièrement apprécié le dos filet aéré, la qualité des mousses de la ceinture, du dos, des bretelles. Très bonnes sangles de rappel. L’un des must-have.

C’est top

Portage des skis, dos ventilé, qualité des mousses C’est moins bien

RAS Confort bretelles 4,5/5 Confort du dos 5/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 109,95 €

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TESTS

Husky Snow Patrol Le test

C’est top

Le Snow Patrol de Husky se distingue d’emblée par un prix agressif : 80 euros. C’est un sac très agréable dans l’action, notamment grâce à son dos semi rigide qui accompagne les mouvements de la colonne vertébrale. Les mousses du dos, des bretelles et la ceinture largement proportionnée sont ultra confort. Le Snow Patrol possède une particularité, c’est le seul à avoir un dos qui s’ouvre pour fixer un snowboard ou un skate. En matière de portage des skis, il n’est pas le plus habile à ce jeu avec un système latéral de fixation. Avec le Vaude, c’est aussi le seul à offrir une rain cover (ce qui élargit son spectre d’ utilisation). Bien fini, il est tout à fait recommandable à un freerider qui ne veut pas se ruiner dans un sac à dos.

Le prix, qualité des mousses C’est moins bien

Portage des skis Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4/5 Prix 79,90 €

Mountain Hardwear Wayback Le test

C’est top

C’est l’un des coups de cœur de ce test. Ses qualités sont nombreuses. Ultra léger, il possède un dos très confortable, des bretelles ultra épaisses. En matière de portage, on peut choisir entre un portage latéral ou central pour de courtes distances. Les sangles coulissent sans effort (notamment en ceinture, très agréable). Le dos s’ouvre quasi intégralement pour aller chercher éventuellement du matériel sans avoir à détacher les skis. Très bons zips et boucles de qualité. De la technicité sans le poids.

Légèreté, choix du portage C’est moins bien

RAS Confort bretelles 5/5 Confort du dos 5/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 110 €

Arva

Rescuer 27 Le test

Le sac Arva est original par son design et son approche tournée à 100% vers la sécurité : on n’est pas fabricant d’appareil de détection de victimes d’avalanche pour rien. Le principe : tout le matériel est logé dans un seul compartiment directement accessible par simple ouverture zippée. Bien vu : le rappel des consignes de sécurité dument imprimée à l’intérieur du sac, un petit rappel ne fait jamais de mal. Léger au regard de son volume, ultra pratique (par exemple, sangle de portage au sommet du sac), il offre des mousses de protection à l’extérieur du sac. Très bon portage, attention cependant à bien placer la cambrure lombaire (régler la hauteur au niveau des bretelles). Un super produit que l’on devrait retrouver entre autres sur le dos des ski patrol…

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C’est top Option sécurité 100%, portage latéral C’est moins bien

RAS Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4,5/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 99 €


- CrĂŠdit Photo : Jumo Photography et Misha - fotolia.com


TESTS

Adidas BC 30

Le test

C’est top

Adidas a créé un sac de freeride tout à fait performant et ultra léger. Il n’y a pas de fioritures mais tout est bien disposé, terriblement efficace. On remarque tout d’abord le magnifique dos moulé d’une pièce, liant aussi la mousse des bretelles : le confort est très bon, la structure suivant tous les mouvements. On aime le principe de multiples compartiments (mille feuilles) qui s’ouvrent entièrement selon ses besoins comme un porte documents. Un bémol concerne le dernier rangement au niveau du dos, il n’est pas facile d‘atteinte (maniement du zip) à cause des sangles de rappel. Le portage des skis est à la carte, soit latéral, ou mieux, central. Les talons sont accueillis pour un câble solide. L’ensemble du sac adopte une forme allongée, rien ne dépasse en ski de forêt.

Légèreté, simplicité mais technicité C’est moins bien

Accès au compartiment situé derrière le dos Confort bretelles 4,5/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 4,5/5 Prix 140 €

Vaude Brenta 30 Le test

C’est top

Vaude propose un sac dont l’origine ne fait pas de doute  : alpinisme et toute activité verticale. Sa tenue lors du portage est l’une des meilleures de la catégorie grâce à un dos semi rigide à filet, ce dernier est réglable, excusez du peu. Les bretelles et la ceinture ventrale sont également d’une qualité sans discussion. Les nombreux détails, les multiples possibilités de rangement dont les poches latérales à volume variable ont été très appréciées. Par conte, ce sac n’est pas équipé de système de portage, il sera donc utilisé en freeride où il est très agréable d’utilisation.

Dos réglable, légèreté C’est moins bien

Pas de système de portage des skis Confort bretelles 4,5/5 Confort du dos 4,5/5 Stabilité en portage 0/5 Prix 89 €

NorronA

Lofoten Integral 30L Le test

Norrona nous livre ici un sac à dos (bien) pensé, pour une utilisation freeride. Partant du constat qu’un sac à dos doit bouger le moins possible lorsque l’on ride, les ingénieurs de la marque norvégienne ont conçu le «Ride Rail Carrying system», qui aumentent les possibilités d’ajustements du sac. La position «load» pour la montée, et la position «ride» pour la descente : concrêtement, les bretelles et la ceinture sont libres pour offrir une meilleure liberté de mouvement. Ajoutez à ça l’accessoirisation, minimale mais efficace, avec ouverture par le dos, poche pour la pelle et pour la poche à eau, ainsi que de nombreuses possibilités d’attache pour les skis ou le snowboard.

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C’est top Système de portage flexible C’est moins bien

RAS Confort bretelles 4/5 Confort du dos 4/5 Stabilité en portage 5/5 Prix 199 €


Preview skis 2013

Force est de constater qu’après deux années de folie, où la tempête du rocker a déferlé sur les gammes, 2013 marque le pas en termes d’innovations à tous crins. Histoire de reprendre un peu son souffle et de digérer, pérenniser, affiner, adapter pour tous la révolution que vient de vivre le ski. Moins de nouveautés flagrantes dans la majorité des gammes, cela ne veut pas dire que les fabricants n’ont pas travaillé d’arrache-pied pour continuer de faire avancer le ski. Simplement c’est un peu moins visible. Ça se joue à coups de structures 3D, d’allègement des skis, de déroulés de rocker mieux pensés, de lignes de cotes affinées (les doubles et triples rayons sont une des voies de développement intéressantes de l’hiver à venir) et bien sûr, de cosmétiques renouvelées. Par Laurent Molitor

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NOTRE ANALYSE DES TENDANCES SKI 2013

F

REE ! C’est le mot d’ordre pour 2013. Si le Freeski fait depuis des années figure de banc d’essais pour le développement de nouveaux shapes, il régnera dès l’année prochaine en maître sur toutes, absolument toutes les gammes de ski, jusqu’à la plus Race. Cinq années plus tôt, Skilabo, lors de l’apparition des tout premiers skis à banane s’engageait clairement en annonçant sans peur « un jour tous les skis seront à rockers », comme tous les modèles d’aujourd’hui sont paraboliques. 2013 confirme cette prophétie. Atomic, marque autrefois à l’image axée principalement sur la performance course, sort une gamme 100 % rockerisée, ski de Race y compris ! Et dès cet hiver en Coupe du Monde certains sont équipés de skis FIS à rocker (Rossignol et JB Grange en slalom par exemple). Le ski de piste libéré ! À tel point que des terminologies style Freecarve reviennent au goût du jour ou qu’on réinvente le Free Race ! Un vent de liberté souffle donc aujourd’hui comme jamais sur les skis de piste. Un ski de piste qui ne ressemble en rien aux modèles qu’on vous proposait ne serait-ce que trois saisons plus tôt. Soyons clairs et tranchés  : aujourd’hui, pour Skilabo, à moins de pouvoir s’acheter une paire de palins pour chaque condition rencontrée dans l’hiver, un patin de 70 mm de large n’a plus de raison d’être (hors compétiteur s’entend…). Le Freeski a certes révolutionné le ski, mais reste que l’immense majorité des skieurs ne pratique qu’occasionnellement les bords de piste ou la poudreuse. Fort de ce constat, les fabricants ont donc réajusté leur cible et décidé de travailler sur des skis taillés avant tout pour aller sur la piste -quel que soit votre niveau- , mais tout a fait capables de s’en évader. On parle ici de skis performants sur les deux terrains, et non plus de skis finalement fades à force de compromis pour atteindre cette polyvalence. Le ski de piste d’aujourd’hui dépasse allègrement les 80 mm en patin, se dote de différents rockers, adopte des lignes cotes facilitant les déclenchements, le tout avec des structures garantissant une accroche et une précision sans faille sur les neiges les plus dures. Résultat  : des skis qu’on pourrait prendre pour des All Moutain des années précédentes sont aujourd’hui de vraies armes à carver la piste. Tout en étant plus que jamais capables de s’évader sans complexe des domaines skiables. C’est l’axe fort sur lequel planchent les différents services R&D et 2013 ne marque que le début d’une nouvelle ère. Celle des SUV, les Skis Universels Versatiles. 2013 restera dans les mémoires comme l’année de l’arrivée massive de skis étonnants, qui, grâce aux nouvelles structures et à l’apport de différentes formes de rockers, offrent une plage d’utilisation jusque là insoupçonnée. All Pistes, AMP (All Mountain Performance), Mountain Carve, FreeCarve  ? Pour rester dans la tendance Off Road et Tuning du moment chez les designers, on préférera parler à Skilabo de SUV, le Ski Universel Versatile, LE ski de l’hiver 2013.

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PREVIEW SKI 2013

Armada

Magic J, JJ et AK JJ mènent la charge

Après une longue absence pour cause de blessure au genou, Tanner Hall est de retour sur la neige plus fort que jamais, et il lui fallait un nouveau ski pour assouvir sa soif de Big Mountain. Un ski stable pour aller vite, très vite et large, bien large pour une flottaison sans faille : bienvenue au Magic J, plus large (127 mm) que l’indémodable JJ et avec un rayon plus long. Pour les amateurs d’OGNI, sachez que l’atypique ARG et ses lignes de cotes inversées est remplacé par Bubba, le ski le plus extrême de la gamme 12/13 (150/132/139 !). Le testeur qui sommeille en nous salive déjà en lorgnant vers le Norwalk, qui a tout sur le papier pour faire un bon ski de tous les jours, version Freeski bien sûr. De 114 à 116 mm en patin, un shape dérivé du TST (accrocheur sur piste, très maniable en tout terrain et une bonne flottabilité) avec du rocker uniquement en spatule. Plein de bonnes choses à se mettre sous les pieds en 2013 chez Armada,dont le Magic J, nouveau ski de Big Mountain labellisé Tanner Hall, et le Norwalk, pour une pratique plus européenne du gros Freeride.

4 FRNT

Les pro riders parlent aux riders

Sans faire de bruit, 4FRNT continue de proposer des skis à part. Des palins faits pour répondre aux exigences des riders du team, avec la série Signature qui accueille deux belles nouveautés en son sein, le Hoji et le Cody. Tous deux sont dérivés du vaisseau amiral de la ligne, l’impressionnant et technique Renegade. Le Hoji reprend la technologie du Renegade et du EHP (Eric Hjorleifson pro model) pour les mêmes sensations de carving en poudre, mais avec une largeur plus raisonnable et un poids revu à la baisse pour les petites marches d’approche. Le Cody est un All Mountain sauce nord-américaine, pour les jours «un peu moins bons que les plus belles journées de poudre de l’hiver». Le ski de tous les jours qui risque de faire craquer nos testeurs : le Signature Cody. 102 mm sous le pied, pour un ski annoncé comme aussi stable à bonne cadence sur piste que maniable sur tous les autres terrains.

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Atomic

Une gamme 100 % rockerisée

Gros morceau ! Contrairement à la grande majorité des fabricants, Atomic annonce une nouveauté dans chaque segment, autant dire que l’on ne pourra pas vous parler de toutes faute de place. Une gamme 100 % rocker en 2013 : un véritable changement de paradigme puisque même les skis de course (hors FIS) se revendiquent de la filiation Free avec leur dose de rocker. La série Racing devient donc Redster, et son Double Deck s’affine et affiche clairement sa technologie et ses matériaux haut de gamme, bien dans la tendance « Tuning » de l’année à venir. Moins visible mais tout autant intéressant voire plus, le travail, l’affinage, réalisé sur les différents rockers ; l’insert Backbone (colonne vertébrale en VF) qui permet d’alléger la structure du noyau et last but not least, le V- shape de la ligne Vantage et son double rayon directement inspiré du snowboard. Le Rocker selon Atomic. Version Piste, All Mountain et Powder

Apo Skis

Dans la série “Freeski Powder“ ; l’Automatic nous fait déjà envie sur le papier. Un peu le meilleur des deux mondes, puisqu’il reprend les cotes et la construction des BentChetler, mixés avec l’esprit de l’Access (rocker plus doux en tail), en version plus large.

Le ski de tous les jours pour ceux qui dévalent tous les terrains : le Ritual dans la Série Vantage, la plus versatile de la collection 12/13. 103 mm en patin, rocker All Mountain, Ti Backbone, option peaux possibles.

Marielle, le Retour

Apo continue de jouer la carte d’une petite gamme bien ciblée Freeski et à l’identité visuelle marquée. Pas de bouleversement pour 2013, les indétronables Starsky&Hutch sont toujours d’actualités, et le Marielle revient dans la gamme. Côté Freestyle on fête l’arrivée du Rise Up, le ski du nouveau team rider Apo, Sammy Carlson. Dans la catégorie Big Mountain, le Ron et ses 120 mm au patin viennent combler le trou qui existait après le Rocko en termes de largeur (104 mm). Les deux sont en double rocker avec cambre sous le pied. Le Rise Up, Freestyle bien pêchu pour répondre aux besoins de Sammy Carlson.

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PREVIEW SKI 2013

Black Crows

De l’anti-rocker au rocker

Saison 2 pour l’étonnant Nocta développé par Julien Reigner qui avait déverrouillé la tendance anti-rocker affichée par la marque jusque-là. Du coup le Seven adopte lui aussi une spatule bananée, combinée au double rayon fondamental à la philosophie de la marque au corbeau. Il devient le Seven II, plus que jamais une référence en Big Mountain. Un tout nouveau ski fait également son apparition, le Camox, « un ski d’anciens » selon Julien Regnier qui s’est attelé à la tâche en compagnie de Bruno Compagnet. 98 mm en patin, talon plat, léger rocker en spatule : « assez léger pour envisager les peaux, efficace partout, avec juste ce qu’il faut de pivot pour passer facilement partout, y compris en pente raide ». Anciens version Chamoniard donc… Le Nocta et ses répartitions de volumes bien particulières, pour flotter sur la neige « comme sur un snowboard » dixit JR. 02. Le Seven II « une bête faite pour chasser la poudre ». 03. Le Camox (133/98/123) : « l’équilibre parfait entre tout terrain et touring ». 01.

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Black Diamond

Skier entre les lignes

La marque nord-américaine reste en 2013 plus que jamais fidèle à sa philosophie : proposer des outils adaptés aux exigences des skieurs modernes pour profiter au mieux de toutes les facettes de la montagne. Rien de plus logique, si après avoir frappé quelques grands coups dans le secteur Fat/Big Mountain avec les légendaires Mega et Giga Watts ainsi qu’avec l’AMP, une référence dans les skis « de tous les jours », les nouveautés 2013 se concentrent sur le segment du FreeTouring. L’intégralité des skis est renouvelée (9 nouveaux skis en comptant les Touring !), rien que ça ! On retiendra tout particulièrement deux modèles : le Carbon Megawatt et le Revert. Imaginez la portance du Megawatt (spatule incroyable, double rocker savamment dosé pour de vraies sensations de surf) en version Ultralight… De quoi faire baver pas mal d’adeptes du FreeTouring, d’autant plus qu’il sera proposé à la vente aux alentours de 600 euros, preuve que technologie haut de gamme et prix raisonnables peuvent cohabiter ! Quant au Revert, il faudra attendre les tests sur la neige pour en savoir plus sur sa géométrie hybride avec ses spatules étonnantes autant qu’attirantes. Le tout donne sur le papier un ski léger, tout aussi capable de se frotter à la pente raide et la neige dure qu’aux champs de poudre grâce à ses 95 mm en patin et son double rocker. Le Megawatt a droit en 2013 à sa version carbone pour devenir « le ski ultime pour skier la poudreuse en backcountry ». Un shape inédit et intéressant pour un tout nouveau ski de rando tout terrain, le Revert. Entre la magnifique spatule et l’équilibre évident des volumes, une petite arme all mountain est sans aucun doute née. 01.

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PREVIEW SKI 2013

BLIZZARD

Full Flip et coups de pistons

Blizzard avait fait le Buzz l’hiver dernier avec sa Technologie Flip Core (le noyau pré-cintré à la forme du rocker est inséré à l’envers avant d’être pressé dans un moule 3D. Résultat : le rocker ne vibre pas et le toucher de neige est amélioré). Rien de plus normal que de la retrouver étendue sur quatre nouveaux modèles de la série Magnum, les plus larges (80 et 84 mm), en plus de l’intégralité de la ligne Free Mountain. Autre succès de la marque, le ski à suspension active. L’apport en accroche sur le dur et en confort n’étant plus à démontrer, on attend avec impatience de voir ce que cela apporte sur des skis un peu plus larges, tel le Magnum 85. Le M-Power 8,5 Full Suspension, c’est l’archétype de la tendance SUV de l’année prochaine. Une arme sur la piste malgré ses 85 mm au patin, affichant clairement toutes les nouveautés technologiques de la marque. Full Suspension (piston+bras), Flip Core 3D, Spaceframe 3D apparent (insert interne gérant la rigidité en torsion). Une technologie qui a un prix : comptez plus de 1000 euros la paire. Dans la série Free Mountain, bienvenue à un nouveau ski de FreeTouring, le Kabookie, version sans plaque et donc allégée du déjà fameux Bonafide, par qui la technologie Flip Core s’était fait connaître.

Le vaisseau amiral de la tendance Ski Universel Versatile chez Blizzard : le M-Power 8,5 Full Suspension.

CoreUpt

De CT à KR

Pas de grands changements en 2013 chez CoreUpt, qui reconduit l’essentiel de sa gamme, ajustant quelques rockers par-ci par-là. Le Candide Yard par exemple se met à la page en devenant le Yard2. Exit la spatule “à la Candide“ (spatule haute au relevé assez brusque) pour adopter un léger rocker. Il prend également au passage quelques millimètres en largeur. Le Candide Pow devient le Pow2 et subit lui aussi le même traitement ; les deux skis ont été validés par la nouvelle recrue du team, Kevin Rolland. En attendant sans doute un late pro model, Kevin a droit aussi à un KR, un Casper à sa déco, ski de pipe bien connu, avec lequel il vient de remporter le Dew Tour. Comme quoi il n’y aura pas grand chose à modifier  ! Le reste de la gamme est reconduit quasi à l’identique, hormis de nouveaux profils de rockers sur les Bangers 100 et 110 et leur équivalent au féminin, les Lady’s Rock 100 et 110. Le Pow2 adopte le rocker et un ambassadeur de haut vol : Kevin Rolland. Le Born To Drop et le Watch Out, inchangés, mais toujours parmi les skis préférés des amateurs de grosses conditions.

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DUPRAZ

Serge Dupraz et Dédé Mazewski (shaper Hot&Hammer en son temps et ghost shaper toujours en activité) ont donc décidé de mettre leurs années de R&D en snowboard au service du ski. Le moins que l’on puisse dire est que leur approche est différente. Des skis larges, au volume général important, qui se veulent aussi à l’aise en carving qu’en poudre, à l’image de leur petite sœur version planche unique, la D1. On vous en dit plus dès la prochaine chute de neige, promis !

© DR

Les très esthétiques et surprenants D2 préfigurent-ils une révolution à venir dans le shape du ski à tout faire ?

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PREVIEW SKI 2013

DYNASTAR

Du Legend au Cham

Gros chamboulement sur les skis Freeride de la marque chamoniarde. Exit la série Legend, pour laisser place aux Chams Aventure et leur “Levitation Profile“. Sur le papier, l’équation est relativement simple. Du Powder Rocker (long déroulé) en spatule pour le déjaugeage et la portance ; un bout de lignes de cotes inversées aux extrémités, fonctionnant différemment suivant le terrain (maniabilité en poudre et on retrouve de l’accroche sur neige dure) ; du cambre sous le pied pour la vivacité et les sensations ; un true tail pour conserver qualité de réception en saut droit et conduite de sortie de courbes full speed. Reste à savoir mélanger avec bonheur les ingrédients, et là on compte sur Aurélien Ducroz qui a laissé sa patte sur la gamme Cham. Les trois moins larges seront dispos en version light pour le FreeTouring. Du côté des skis plus traditionnels, sachez que le Outland sera enfin dispo en 87 mm, la largeur qui manquait pour jouer la carte des vrais All Mountain à double rocker, efficaces également sur la piste. Et puisque l’on parle de piste, à noter également que le Speed Omeglass WC hérite d’un petit rocker en 2013. De 87 à 127 mm en patin pour la nouvelle série Cham. En photos le Cham 97 et son « Levitation Profile», un ski de tous les jours pour gros skieurs et le Cham 127, pour les grosses journées.

FACTION

FA/CT

Faction crée donc l’événement en signant Mister Candide Thovex. Pour fêter ça, la ligne FA/CT (pour Faction / Candide Thovex…) lui est dédiée. Parmi les 3 skis de la ligne, outre un junior, on trouve un FS (le Candide 1.0) et un Big Mountain, le Candide 3.0 (dérivé évidemment du 3.Zero, -142/112/132- et rockers aux extrémités). Deux modèles qui ont la particularité de faire un réel effort du côté de l’éco-conception (fibres de lin, noyau recyclé), une politique appelée à se développer chez Faction dans les saisons qui viennent. Le reste de la gamme est quasiment inchangé, si ce n’est le Wednesday (ski à tout faire de 90 mm en patin) qui se met au goût du jour en adoptant un rocker en spatule pour plus d’accessibilité et les femmes ont droit à leur version de l’Agent 90 pour les amoureuses de FreeTouring. Les Candide 1.0 e 3.0 tout juste sortis du moule. La gamme Fat Twin reste inchangée, avec de gauche à droite le Prodigy (FR à rocker de 98 mm en patin), le 3.Zero (Fat Freeride twin rocker de 112 en patin) et la Royale (FSBC twin rocker + flat camber de 122 mm de large).

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Elan

L’influence Snowboard

Elan enfonce le clou du rocker pour piste apparu en 2012 sur les Amphibio avec une version en 88 mm en patin. La largeur idéale pour s’imposer dans la série de l’hiver, les SUV ou les All Montain Carve si vous préférez. On est plus qu’impatient de tester tout l’apport du système Waveflex associé au rocker asymétrique sur un ski d’une largeur conséquente ! Il fallait presque chercher dans la gamme Elan pour trouver ce qui sera peut-être une des innovations majeures de l’hiver prochain ! Ça se passe du côté des skis Freestyle et la version TBT du Puzzle. TBT pour Triple Base Technologie, une spatule 3D directement inspirée de l’expérience de la marque de snowboard Bataleon. La TBT, c’est une autre façon d’améliorer la facilité de déjaugeage, le pivot à plat et la tolérance sans avoir recours au rocker. On en salive déjà, dommage qu’il faille attendre 2014 pour découvrir la TBT sur un ski de FSBC en 120 mm en patin ; en attendant seuls les freesylers y auront droit ! Parmi les nouveautés intéressantes, l’arrivée d’un FR à forte tendance Park, Le Domino (136/104/128) La spatule du Puzzle TBT. L’Amphibio Waveflex 88, sans doute une nouvelle référence dans la catégorie SUV.

FISCHER

SUV High Tech

En 2013, Fischer joue la carte de la technologie apparente et facilement identifiable, aussi bien avec la série limitée des C Line qui s’agrandit qu’avec les nouveaux Hybrid Rocker 2.0. Les modèles estampillés C Line, diffusées confidentiellement depuis l’hiver dernier, rassemblent tous le savoir faire Fischer sur des skis d’exception. Recouverts d’une chemise en carbone, ils sont équipés du Racetrack Tune.IT, une plaque à la rigidité réglable en fonction de votre niveau ou de vos envies du jour. Neuf modèles seront disponibles en version C Line. La série des Hybrid est bien dans la tendance du futur, à savoir des skis d’une largeur conséquente (de 75 à 105 mm en patin) fait pour être efficace sur piste tout en offrant un gros niveau de polyvalence efficace sur d’autres terrains. La construction en double sandwich Titanium est là pour la performance sur la carre, alors que le système Hybrid permet de transformer d’un clic une spatule traditionnelle en un rocker All Mountain. Dans le reste de la gamme, on note en vrac : l’arrivée d’un Koa 110 pour ces dames ; d’une nouvelle largeur dans la série Motive (All Mountain), 86 mm ; les Big Stixs (98, 110 et 120 mm de large) passent en double rocker, abandonnant au passage la spatule en forme d’étrave ; les Watea ont eu aussi droit à une nouvelle spatule et prennent un peu de largeur (le 101 devient le 106 et le 94 passe en 96 mm) et adoptent un true tail pour plus de rendement. Le Hybrid 7.0 C Racetrack Tune.IT rassemble toute la technologie Fischer. Top en carbone apparent, plaque à la rigidité réglable et réglage de rocker 2 positions sur la spatule.

Head

Le rocker 3.0 est arrivé

Ce n’est peut-être pas le plus visible, mais c’est la vraie nouveauté pour Head en 2013 : le rocker s’impose enfin dans les gammes et de fort belle manière, notamment sur les Rev, les nouveaux skis « All Ride ». Bienvenue donc à technologie Era 3.0, un rocker affiné à coup de double rayon en spatule, permettant en courbe de récupérer l’accroche sur toute la longueur du ski même quand on lui imprime peu d’angle. Et comme en plus ils ont rajouté sur ladite spatule leur petite puce piezo électrique qui élimine les vibrations parasites, on ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps. Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, Head a décidé de décliner cette technologie sur des skis aux prix raisonnables, de 299 à 600 euros. En parlant de prix, c’est assez rare pour le souligner : Head fait de réels efforts en cette période de crise puisque les prix baissent sur l’intégralité de la gamme 2013 ! Les REV 80 et 85, équipés de la technologie Era 3.0, parfaits exemples de skis capables désormais de passer sans complexe de la piste au tout terrain. Le GTO 200 cm. Un ski différent pour de nouvelles sensations sur piste, à essayer d’urgence.

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PREVIEW SKI 2013

K2

50 ans que ça dure

En 2013 K2 joue à fond la carte de la piste, version SUV bien sûr, avec la technologie ROX qui sera disponible sur trois modèles (Bolt -le plus performant-, Charger et Velocity –le plus tolérant-). Des skis “destinés à la neige dure, à la tenue sur la carre incroyable même dans les conditions les plus difficiles, le tout avec des déclenchements facilités“. Pour y arriver, K2 a combiné son Mod (structure 3D rajoutée sur le noyau devant la butée, elle coulisse indépendamment et agit comme un bras amortisseur) avec le Carbon Web (chaussette de fibre carbone en forme de X se rajoutant sur le Mod pour plus de rigidité en torsion. Etant indépendant du noyau -comme le Mod- elle n’affecte pas l’harmonie du flex longitudinal). Ne restait plus qu’à rajouter un Speed Rocker pour la facilité de déclenchement et le tour était joué. Amis Freeriders ne tremblez pas, K2 n’est pas devenu une marque à tendance Race, les nouveautés sont tout aussi nombreuses côté Freeski. Parmi celle-ci, l’arrivée d’un Fat Rando dans la série Backside : le Backdrop (142/112/131), All Terrain Rocker et topsheet “snophobic“, entendez par là qu’il se farte pour empêcher la neige d’y adhérer. Du côté de la Factory Team, c’est bien sûr le Pettitor qui retient l’attention, le Pro Model du kid qui a enfin réussi après des années d’effort à se faire pousser un semblant de moustache : Sean Pettit. Le Pettitor (147/119/141), nouveau ski de Big Mountain, plus rigide que le reste de la gamme, pour répondre aux exigences de Sean en matières de grosses réceptions et tenue à grande vitesse. On vous aura prévenu. 02. Bienvenue au Iron Maiden (121/90/115), ski à tout faire version newschool, puisqu’il s’agit de la dernière évolution en date du Public Enemy bien connu pour sa polyvalence accessible. 03. Le Bolt (125/72/99), la nouvelle référence du ski de piste chez K2. 01.

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Line

Prophet en son temps

Pas de révolution chez Line, mais quelques ajustements fort bienvenus. Sur les structures des Blend et des Chronic par exemple (à la fois plus légères et plus solides sous le foot print) et surtout sur les déroulés de rocker (souvent plus doux et permettant une plus grande longueur de contact carre en courbe). Pour répondre sans doute à la demande européenne, Line nous livre un All Mountain relativement étroit (85 mm) en trois versions : Prophet 85, Prophet Flite et le Celebrity 85 pour les filles. Le ski qui fait saliver d’avance nos testeurs c’est bien la nouvelle version de l’Influence 115, un Fat qu’on peut désormais envisager en ski de tous les jours. Une nouvelle construction Capwall et des extrémités affinées pour réduire significativement le poids là où il faut ; des stingers en carbone tout du long pour plus de pop et de vie sous les pieds et surtout les toutes dernières adaptations du rocker et des lignes de cotes, pas très visibles, mais qui font toute la différence sur la neige ! 01. Le nouveau TC (pour Travelling Circus), dérivé de l’Anthem : un ski solide pour les énervés du park. 93 en patin pour plus de stabilité sur les rails ; une structure renforcée pour plus de durabilité ; un shape et un flex 100 % twin tip ; du carbone pour le pop et des spatules “butterisées“. Un ski qui risque de cartonner ! 02. La dernière version de l’Influence 115, pour ceux qui veulent s’évader tout au long de l’hiver avec une seule paire de skis.

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PREVIEW SKI 2013

Movement

Freeski for ever

La gamme continue de s’enrichir doucement, toujours dans une optique All Mountain/ Freeski bien sûr, avec en particulier pour 2013 l’accent mis sur la performance de certains modèles. C’est ainsi qu’on voit apparaître le Vibe, qui reprend les bases du Zip (127/80/108) en le dopant au carbone et à la double plaque titanal. La polyvalence tout terrain du Zip, l’accroche sur le très dur et la stabilité à grande vitesse en plus. Dans le même esprit de performance accrue, les skieuses exigeantes ont droit à un nouveau ski orienté piste : le Prisma. On reprend le shape du Le Fer, on l’allège, on le rend plus nerveux grâce à l’ajout d’un sandwich titanal et à vous mesdames un ride engagé et agressif sur les pistes les plus pentues. La grosse nouveauté made in la Suisse en 2013, c’est aussi l’arrivée d’une mini ligne de chaussures de Freeski, du Big Mountain au Touring : les Antidotes. Trois modèles (un 3 boucles et deux 4 boucles) pour skier fort à la descente et permettant de petites rando d’approche. Dans la même logique que leur ski, les chaussures Antidotes se veulent à la plage d’utilisation la plus large possible. Les filles en sont toutes émoustillées : elles aussi vont enfin pouvoir goûter en 2013 aux joies du Super Turbo, version allégée (taille unique en 182 cm -144/115/129-) Ne vous laissez pas impressionner par le gabarit de la bête, on vous promet que ça tourne tout seul ! 02. Le Vibe, pour tous ceux qui recherchent un ski solide et accrocheur sur neige dure, et qui reste maniable et joueur sur d’autres terrains. 01.

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Nordica

C’est qui le Patron ?

On avait craqué lors de notre dernière session de tests sur le Patron. Un Fat bien sympathique, pas exclusif pour deux sous et monstre efficace sur plus d’un terrain. Les responsables Nordica ont bien compris qu’ils tenaient là une formule magique. On retrouvera donc en 2013 le Patron lui-même, inchangé ; un grand frère en version Pro, avec une double plaque Titanal pour plus de rendement à grande vitesse, le HellDorado et sa magnifique livrée noire. Ne vous y trompez pas, il s’agit bel et bien là d’un ski développé pour les teams riders, donc clairement réservé à une élite. Dans la série “Hell&Back (skis légers pour passer de l’autre côté de la montagne), on trouve le Unleashed Hell. Les cotes du Patron, sans Titanal, et avec la technologie I.Core, 20 % plus légère qu’un noyau bois traditionnel. Enfin, et ça va faire plaisir à plus d’une forte freerideuse, les dames n’ont pas été oubliées, avec “La Nina“. À elles les joies du High Rise Camrock sur un ski de 113 mm en patin. Côté SUV, Nordica n’a pas attendu 2013 pour jouer la carte du ski de piste 4x4. La série Fire Arrow continue de se développer, avec une nouvelle version équipée du bras en carbone EDT qu’on trouvait déjà sur le Doberman EDT. Bienvenue donc au Fire Arrow 84 EDT EVO. Ne vous laissez pas impressionner par son look agressif, il s’agit là d’un pur ski de crusing au confort incomparable, idéal pour partir à la découverte d’autres terrains. Le Vrai SUV qui risque de cartonner chez nous, c’est « El Paco », 87 mm sous les pieds, pour un ski joueur sur tous les terrains. El Paco, à essayer d’urgence pour ceux qui cherchent un ski unique à utiliser quelles que soient les conditions. 02. Le HellDorado et La Nina, respectivement version Pro et version féminine du déjà célèbre Patron. 01.

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Rossignol

S7 à toutes les sauces

À fond dans la tendance SUV depuis l’année dernière avec la série très réussie des Expérience, de vrais All Mountain performants sur piste (ou l’inverse). Le 88 est un modèle du genre, aussi efficace sur piste qu’à côté, et le 98 est une machine de guerre pour très forts riders et ils sont bien entendu reconduits. Le ski de slalom 2013 sera proposé en version rockerisée en spatule, c’est le 9 SL, directement dérivé du ski FIS utilisé par JB Grange cet hiver… Prendre 5 cm plus grand qu���un SL traditionnel. Le 9 GS et 9 SL seront proposés en version 8, sans la plaque titanal. Les pistards moins compétiteurs lorgneront du côté de la série des Pursuit (remplaçant les valeureux Zenith), de vrais Freecarve conçus pour vous procurer un max de sensations et de liberté. Rocker en spatule, structure 3D pour mieux transférer les appuis, extrémités “splitées“ (en forme de H, fendue au centre) pour des déclenchements plus doux sans rien perdre en précision, ça fleure bon l’arme pour avaler du dénivelé sans se fatiguer. D’autant plus que la série est conçue à partir de cotes assez creusées (rayons de 18 à 14 m selon les versions). Et pour en profiter à fond, direction l’Apple Store où vous attend l’appli Ski Pursuit pour enregistrer vos runs et connaître vos stats (vitesse max, moyenne, dénivelé…). La grosse bonne nouvelle pour les amateurs de Big Mountain : la version définitive du Squad7 sera enfin commercialisée (c’est le ski de Kye Petersen, c’est tout dire). Le shape d’un S7 un poil élargi et dopé au carbone, le tout avec un tail plus droit et plus ferme, bref, une arme pour les grosses journées. Ça fait deux hivers qu’on le voyait tourner aux pieds de quelques chanceux, on va enfin pouvoir y goûter ! 01. 02.

On adore la façon de skier de Kye Petersen, il y a des chances pour que son ski, le squad7 nous fasse tout autant craquer. Le Pursuit 18, le plus technique de la série, belle illustration du revival du ski de piste 100% plaisir.

Salomon

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Full Rocker2

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Vu la réussite et le succès du Rocker2, il fallait s’attendre à voir le modèle décliné en d’autres versions pour 2013. De la à imaginer qu’il phagocyterait toute la gamme Freeski et que Salomon nous livrerait pas moins de 10 modèles différents (modèles femmes compris)… Comme chez Salomon ils savent bien faire les choses en matière de Freeski, la gamme Rocker2 est proposée en deux versions de double rocker, venant ainsi combler le vide qui existait entre le Rocker2 (double rocker twin tip) et le fabuleux Rocker1 (powder rocker en spatule et ski ensuite plat jusqu’en tail pour la vitesse et le contrôle dans les gros landings). D’un côté une série Full Twin Rocker et de l’autre une série Hybride Rocker à la zone de contact un peu plus importante, aussi bien à plat que la carre. On pourrait schématiser en disant d’un côté les Freeride à la ricaine et de l’autre les Freeride plus à la sauce européenne (plus de contact en tail au détriment du switch). On retrouve sur toute la gamme ce qui a fait le succès du Rocker 2, à savoir une manoeuvrabilité extrême et une légèreté bienvenue pour les longues journées de ride, grâce entre autres aux extrémités fines (sans carres) et allégées avec leur structure nid d’abeille. On résume : Rocker2 devient une gamme et se subdivise en deux sous catégories. D’un côté ceux directement dérivés du Rocker2 : les Full Twin Rocker. On trouve donc celui par lequel la bonne parole est arrivée, le 122 auquel viennent s’ajouter le 108 et le 92 pour les mâles, les Rockettes 115 et 92 pour les filles. De l’autre les Hybrid Twin Rocker avec les Rocker2 115 et 90, le Shogun (100 mm) et sa version féminine le Geisha et enfin le Rockette 90. Du coup on n’a plus trop de place pour parler des BBR, qui eux aussi se multiplient comme des petits pains… Parmi toute l’offre Rocker2, perso ce sera le 115 et son “Hybrid Twin Rocker“… Après le BBR 7.9 (qui devient le 8.0 en 2013) et le 8.9, bienvenue au BBR 10.0 (100 mm au patin) et au BBR 7.5, clairement recentré sur le Freecarving (75 mm et plaque pour les fixations). Sans oublier 3 modèles pour ces dames.

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Stöckli

Sortir des sentiers battus

Le Y (prononcer ouaille, à l’anglaise) est ze surprise dans la gamme Stöckli 2013. Difficile de ne pas reconnaître l’influence stylistique du Salomon BBR et de son V-Shape dans ce ski étonnant pour Stöckli (il est d’ailleurs tout autant surprenant qu’on ne trouve pas tant d’autres fabricants ayant suivi la même idée, hormis Stöckli donc et Dupraz dans un autre genre). Le concept ? Développer un ski large pour qu’il flotte en poudreuse, tout en conservant les fondamentaux Stöckli, à savoir un comportement irréprochable sur piste damée. Powder rocker en spatule, un tail avec des lignes de cotes qui se prolongent loin derrière, et entre les deux un vrai cambre. Le tout pour un ski qui propose la précision, les déclenchements et l’accroche d’un vrai ski de piste, avec l’accessibilité et la polyvalence en plus. Le Y ? « L’expérience de la course au service de la polyvalence ». Un SUV à la sauce Suisse : que du bon forcément !

Völkl

Keep on rockin’

Après le carton des RTM (versions rockerisées et donc plus accessibles des célèbres AC 40 et 50) qui annonçait clairement la tendance forte des hivers à venir, Völkl enfonce le clou. Le V Werks RTM par exemple est 100 % dans la tendance du SUV à l’ultratechnicité apparente (Carbone/ Aramide/Kevlar/Titanium) grâce à l’absence de topsheet. Le tout avec un Full Rocker : on est bien dans la nouvelle génération de skis de piste à la polyvalence tout simplement bluffante et accessible à nombre de skieurs. Existe en version Code (plus étroite –76 mm au lieu de 84-) et avec rocker uniquement en tip&rail. Grosse nouveauté du côté des girls, toute une nouvelle ligne rien que pour vous mesdames, les Essenza, 20 % plus léger que les gammes filles précédentes. Six modèles dotés du Tip Rocker et d’un shape spécifique femme, le Bio-Logic, comprenant notamment une surélévation du plateau au niveau des orteils ! Une position inédite, sensée diminuer les contraintes au niveau du genou, pour moins de blessures chez la gente féminine, plus fragile de la patte arrière (dixit les chirurgiens). Le plus large de la gamme s’appelle le Charisma, un vrai SUV pour filles qui n’ont pas froid aux yeux, avec son flex bien ferme et ses 79 mm au patin.

Scott

Ils l’ont fait !

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Côté skis pour journées d’exceptions, les amateurs de poudre lorgneront fortement du côté du tout nouveau tout beau Kuro (164/132/139). 02. Technique, efficace sur plus d’un terrain et accessible, LA définition du Ski Universel Versatile pour le V Werks RTM 01.

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Après sept ans de bons et loyaux services, les designers Scott ont osé toucher au moule de l’indétrônable Pure, un des skis les plus équilibrés du marché depuis des années. Une nouvelle version que les testeurs Freepresse attendaient avec impatience. Ils réclamaient le même ski, mais avec un peu plus de vie et de fun peut-être… La réponse de Scott : un nouveau rocker en spatule, un peu de rocker en tail et un poil de largeur et de power en plus : la portance, la jouabilité à faible vitesse et les pivots dans la poudre devraient s’en trouver facilités, sans rien toucher aux qualités intrinsèques de cette référence dans sa catégorie : que demande le peuple ? Hormis le Pure 2013, le reste des nouveautés est à chercher dans la gamme Freestyle, avec de nouvelles versions des Punisher et deux versions du Jibb. Tous les skis FS adoptent les lignes de cotes 3D disponibles cet hiver sur le Mega Dozer (un rayon en spatule, un rayon en tail, et un patin droit en cotes). Associé à des extrémités plus fermes, ce patin sans taille de guêpe est alors déformable à volonté par le skieur. Des lignes de cotes inédites qui assurent plus d’accroche et évitent au ski d’être enfermé en courbe sur un seul rayon, comme le sont souvent les skis de FSBC à double rockers. Tom Wallish, X-Game Gold Medalist oblige, le Jibb est désormais décliné en pro model TW, plus rigide. 02. Enfin un nouveau Pure, on en frémit d’impatience ! 01.


Document non contractuel - Crédits photos : ©Jean-Philippe Nappey - © Galyna Andrushko


SOMMAIRE

2012 jib AcAdeMy tOur tOur StOp 1 3 Mars: LA PLAGNE tOur StOp 2 24 Mars: LA CLUSAZ tOur StOp 3 5 Avril: VAL D’ISERE

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COPYRIGHT© SALOMON SAS. TOUS DROITS RESERVéS. PHOTOGRAPHE: MATT STAUBLE. NUMERO 59 LIEU: JIB ACADEMY, MAMMOTH MOUNTAIN, CALIfORNIA.

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SKI TIME #59