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DEC. 2013

Visite d’usine Dans les coulisses des nouvelles chaussures Scott

Givrés ! Alpinisme, freerando, cascade de glace La saison est lancée !

Ski-alpinisme La Pierra Menta vécue de l’intérieur Reco trail La Saintélyon a 60 ans !

OFFERT SERVEZ-VOUS

Tim Emmett Certains l’aiment show ! escape #49


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TITRE [Soustitre]

MASSIF DU NEACOLA, ALASKA AVRIL 2013 IAN MCINtOSh #STEEPSERIES

* A LA CONQUÊtE DE L’INCONNU - EXPLOREZ SANS CESSE

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PHOTO: Mark Fisher

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TITRE [Soustitre]

CONCEPTION/FABRICATION ARTISANALE/PERFORMANCE

Née au cœur de la nature sauvage de la côte ouest canadienne, Arc’teryx s’inscrit sur des valeurs de précision et de qualité tant au niveau du design que de la fabrication offrant ainsi une performance inégalée dans les conditions extrêmes.

CONCEPTION/FABRICATION ARTISANALE/PERFORMANCE CONCEPTION/FABRICATION ARTISANALE/PERFORMANCE

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escape #49


INTRO [ESCAPE#49] Du trail au ski-alpinisme, il n’y a qu’une peau ? Des skis qui descendent aussi bien qu’ils montent (merci au carbone, entre autres !), des chaussures qui n’ont pas le coulant du reblochon et tiennent bon la barre, des fixations ultra light, des textiles sachant protéger, réchauffer sans faire transpirer comme un bœuf, le matériel de ski de randonnée a énormément progressé ces dix dernières années. Un vendeur du Vieux Campeur me disait l’hiver dernier que ce matériel se vendait mieux que l’alpin. Sans avoir valeur de statistiques, ce constat individuel colle bien au sentiment qu’on a : la rando a le vent en poupe, dans toutes ses déclinaisons, de la plus freeride à la plus “race”.

“Tous les sports outdoor ont le vent en poupe” décrypte JeanLouis Bal, illustre coach de trail et de ski-alpinisme. “La randonnée donne l’accès à la montagne autrement que via des pistes balisées. De manière générale, je pense que les gens en ont assez de ce qui est normalisé. De gauche à droite : les traileurs skieurs-alpinistes Kilian Jornet, Mathéo Jacquemoud et William Bon-Mardion, à l’entraînement dans le massif du Mont-Blanc. En plus de posséder des capacités d’endurance hors-normes, William, Kilian et Mathéo (aspirant-guide) sont des montagnards aguerris. En ce début d’hiver, la polémique enfle sur la difficulté de s’inscrire à la Patrouille des Glaciers (ou des cas de tricherie ont même été repérés !) et la question se pose sur l’ouverture des inscriptions à des personnes qui ne savent pas même s’encorder… Or, comme son nom l’indique, la discipline est vraiment à mi-chemin entre ski ET alpinisme !

© nachogrez.com

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… et puis, du côté sportif, on voit bien que c’est un super complément au trail. D’autre part, les médias actuels relaient bien les images, les récits. Quoi de plus beau que des images de la Mezzalama par exemple ? Je vois bien que cela impacte les coureurs à pied, beaucoup de trailers me font part de leur désir de se mettre au ski-alpinisme.” D’où l’inquiétude des organisateurs qui voient affluer des inscrits avec “une grosse caisse” mais pas de connaissances spécifiques montagne. “ Il faut dire que les photos de ski-alpinisme, c’est terrible, je ne vois guère plus esthétique en sport !” Un esthétisme et une tentation qui ne doivent pas faire oublier que le ski-alpinisme reste un sport ultra technique et, par ailleurs, dangereux. L’aspect sécurité, notamment en raison des avalanches, doit être intégré pleinement dans sa pratique. Et si on peut s’aligner au départ d’un trail sans passé, c’est un peu différent pour les courses de ski-alpinisme. Alors oui, lancez-vous, mille fois oui ! Mais éduquez-vous, aussi. n Myriam Cornu

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UNE PLACE POUR CHAQUE CHOSE ET CHAQUE CHOSE À SA PLACE. CONTOUR HOMME (50L, 60L, 70L) CAIRN FEMME (48L, 58L, 68L) Nous vous présentons notre nouvelle gamme de sacs légers “Response LT” dotés d’un système de rangement intuitif vraiment révolutionnaire – vous n’aurez jamais été aussi bien organisé lors de vos activités de plein air !

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Plus d’infos sur Gregorypacks.com

The trail speaks. We listen. escape #49


SOMMAIRE [ESCAPE#49] Photo de couverture : Helmcken falls, Colombie britannique. Photographe : Wiktor Skupinski. © Mountain Hardwear

10 Actus 12 Tests terrain

#49

DEC. 2013

Visite d’usine Dans les coulisses des nouvelles chaussures Scott

Le meilleur du matériel sélectionné par nos testeurs

GIVRÉS ! Alpinisme, freerando, cascade de glace La saison est lancée !

Ski-alpinisme La Pierra Menta vécue de l’intérieur Reco trail La Saintélyon a 60 ans !

OFFERT SERVEZ-VOUS

Tim Emmett Certains l’aiment show escape #49

28 Shopping hiver 30 verres haute technologie 32 Danger d’avalanches La technologie à la rescousse

Escape sur Facebook : www.facebook.com/ magazineEscape Avec, régulièrement, du matériel à gagner !

Mathéo, William et Kilian par nachogrez.

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38 Ski-alpinisme

La Pierra Menta vécue de l’intérieur

48 Portrait

William Bon-Mardion

51 alpinisme ESCAPE LE MAGAZINE GRATUIT OUTDOOR est édité par FREE PRESSE Savoie Technolac - 18, ALLÉE DU LAC ST ANDRÉ 73 382 LE BOURGET DU LAC CEDEX Tél : 00 33 (0)4 79 65 46 10 / Fax : 00 33 (0)4 79 65 46 12 Site Internet : www.escape-magazine.com Directeur des publications et de la rédaction : Claude Borrani (claude@freepresse.com) Rédactrice en chef : Myriam Cornu (myriam@freepresse.com) Assistante de la rédactrice en chef : Géraldine Richard Rédaction : Loïc Martin, Stef Balbo, Séverine Denis, Rémy Magdinier, Elise Rouchy, Philippe Rebreyend. Direction artistique : Fred Culas/Atelier17 Chef testeur : Stéphane Balbo Testeurs : Olivier Rey, Thierry Szalay, Fred Cornu, Florence et Guillaume Libre, Patrick Déglise-Favre, Peggy Giacometti, Zian Balbo. Photographes : Philippe Rebreyend, Stef Balbo, Nachogrez.com, Jef Leca, Migoo, J.M. Mouchet, Stéphane Delpeyroux. PUBLICITÉ Directeur du service commercial et développement : Kamel Beghidja (46 11) kamelb@freepresse.com Chef de publicité : Fanny Marguet (46 10) fanny@freepresse.com Assistante commerciale : Julie Rivière (46 10) julie@freepresse.com Administration, relations clients et abonnements : Laurence Rémy (laurence@freepresse.com) ISSN 2119-1441 Dépôt Légal : à parution Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit des pages publiées dans le présent magazine faites sans l’autorisation de l’éditeur est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et d’autre part, les courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées. (art. L.122-4, L.122-5 et L.335-2 du Code de propriété intellectuelle).

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Graziani-Benoist, de la mer à la montagne

54 Freerando

Nord Vercors, l’hiver se mange chaud

60 Cascade de glace

Tim Emmett, certains l’aiment show !

64 visite privée

Dans les coulisses des nouvelles chaussures Scott

72 RECO COURSE Saintélyon

74 PORTFOLIO

Le voyage nature de Stéphane Delpeyroux

82 terre de trek

Mongolie, steppe by step


Tim Emmett at Helmecken Falls in British Columbia, Canada Photo: Viktor Supinski

Veste Seraction / Veste haute performance pour un usage rocher et cascade de glace. Conçu en collaboration avec notre athlète Tim Emmett. La veste Seraction utilise la membrane DryQ ELITE qui offre une respirabilité instantanée. escape #49 Retrouvez l’ensemble de la collection Seraction sur www.mountainhardwear.eu


ACTU [&VIBES] [par Myriam Cornu]

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Gonflé ! Leçon de survie Mammut nous propose un entraînement arva sur Internet, histoire de réviser avant votre première sortie. Rendez-vous sur www.mammut.ch/fr/barryvoxtraining.html pour suivre le tutoriel “exercice de recherche de victime d’avalanches”.

C’est l’un des tests que nous sommes les plus impatients de mener : Black Diamond promet pour l’hiver prochain un sac avalanches d’un genre nouveau. Pas de cartouches mais une simple batterie à recharger chez soi avant de sortir en hors-piste. Cette batterie mettra en œuvre une turbine qui va aspirer l’air et le propulser dans le ballon. Plus de problème en cas de déclenchement intempestif au mauvais moment : on pourra faire appel à cet ami quatre fois de suite. On nous promet un modèle qui restera dans les prix du marché. Sauf qu’il n’y aura pas à racheter de “bouteilles”… 

Diamir Vipec 12 Vite dit Val Thorens reçoit le prix de la Meilleure station de ski au monde, pour les premiers World Ski Awards de l’histoire ! Cocorico ! Jason Lamy-Chappuis, déjà choisi pour être le porte-drapeau de la France aux JO de Sotchi, vient de recevoir le prix Lacoste de L’homme GQ de l’année. Rendez-vous sur le site www.pierregignoux.fr pour passer l’hiver dans une paire de Morpho 400 ! La TSF Millet est morte, vive la TS Millet ! La course de ski-alpinisme se déroulera toujours sur deux jours mais, après la Tournette, ce sera vers la Sambuy que mèneront les parcours (et non plus vers les Sources du Fier, comme précédemment). Rendez-vous les 8 et 9 février ! La Maxi-Race chère à Tecnica est candidate pour l’organisation des Championnats du monde de trail 2015.

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C e s e r a l a s e n s at i o n f i x at i o n d e l’année ! Diamir se réveille enfin sur le marché du light ! Livraison prévue en janvier avec la première - et unique ! - fixation à insert avec un déclenchement (normé Isodin) digne des meilleures fixations… de ski alpin ! DIN 5-72. Le tout à un poids et un prix “de marché” : 470 g et 439 €.

Du Carl Zeiss sinon rien ! Red Bull Racing Eyewear déboule sur le marché avec des masques double écrans toriques haut de gamme incassables signés Carl Zeiss avec compensation prismatique pour une vision ultra précise : vous allez pouvoir piloter vos skis comme une voiture de Formule 1 !

“Un business responsable : les leçons tirées des 40 ans d’expérience de Patagonia” vient de sortir. Co-écrit par Yvon Chouinard, fondateur et propriétaire et Vincent Stanley, responsable marketing de la marque, le livre est un condensé d’expériences vécues depuis le lancement de Patagonia. En fin d’ouvrage, une check list permet au chef d’entreprise ou étudiant en école de commerce désireux de se lancer dans l’entreprenariat, en suivant leurs conseils et ainsi s’assurer le succès, tout en respectant ses salariés et la nature.


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Pour avoir envie de sortir même quand il fait un froid de canard! Grâce au procédé KEEN Heat Trapolator, la Revel II est la chaussure la plus chaude de la gamme. JETEZ UN COUP D’OEIL SUR KEENFOOTWEAR.COM OU CHEZ VOTRE DÉTAILLANT

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Tests terrain [escape] Le meilleur du matériel

sélectionné par nos testeurs [Un dossier réalisé par Stef Balbo et Myriam Cornu]

Nos testeurs ont fait pleuvoir les palmes dans ce numéro. Pourquoi ? Parce que, sur l’ensemble de ce que nous avons pu tester, nous avons retenu seulement le meilleur de ce que les marques nous ont proposé. Nous publions nos compte-rendus uniquement sur le meilleur de l’équipement éprouvé par notre exigeante équipe.

Millet Sac alpinisme Trilogy 30 Millet Veste Trilogy GTX Pro

Elle peut tout affronter. Les conditions hivernales en haute montagne. Les conditions les plus extrêmes. Mais, très légère, on peut aussi lui faire faire de belles choses le reste de l’année. Et pour d’autres usages ! En trek, en ski de randonnée (pour un raid de plusieurs jours), lorsqu’on a besoin de quelque chose de très protecteur, pour parer au gros mauvais temps. Escape aime : tout ! Mention spéciale à la capuche parfaitement compatible avec le port du casque. Renforcée sur une grande largeur et terminée d’un fil de fer qu’on peut moduler, elle minimise la gêne occasionnée par la neige ou la pluie. Le détail qui fait mouche : la jolie étiquette Compagnie des guides de Chamonix, à l’intérieur. “On sent que, chez Millet, ils sont allés très loin dans leur recherche de la perfection” dira l’un des testeurs. Regrets (très légers) : le menton monte très haut, on aime ou pas. Pas de poches filet à l’intérieur. Prix : 499,90 €

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On apprécie sans limite sa pureté : assez simple d’aspect extérieur, rien ne vient “pendouiller” qui puisse s’accrocher dans les passages délicats. “Son ergonomie bien pensée fait que tu ne sens pas la largeur du sac. Quand tu évolues sur le rocher, il se fait oublier, pour te laisser toute l’aisance dont tu as besoin.” Escape aime : la jupe d’étanchéité qui monte bien haut, la manipulation aisée, l’accès facile et rapide, efficace, à nos effets personnels. “On note le très bel effort sur les bretelles et le portage, très réussis.” Un sac simple, dans le bon sens du terme, qui ne sacrifie rien au confort. Regret : le porte-outils en ceinture est un peu mollasson “mais, de toute façon, nous préférons utiliser celui du baudrier.” Prix : 119,90 €


Stef Balbo

Vue sur le Mont-Blanc depuis les Aiguilles de la Nova pour la veste et le sac Trilogy de Millet aux belles couleurs vintage. Chaussures Trango Guide de La Sportiva (test dans le prochain numéro).

La Sportiva Chaussures Karakkorum  

Volumineuse dans son carton et si légère aux pieds… De supers sensations, comme d’habitude chez la marque (comment fait-elle pour être si régulière ? On ne lui a encore pas trouvé de fausses notes !). Confortable à souhait, robuste (testée en montagne mais aussi en travaux acro), imperméable, cramponnable, elle affiche en outre un laçage précis qui se verrouille sur le cou-de-pied. La tige est souple pour ne pas comprimer le tendon d’Achille. “Tu ne la sens presque pas aux pieds et, pourtant, elle procure un vrai sentiment de securité.” Une chaussure qui inspire confiance et qu’on emmènerait partout… 1 730 g la paire. Usages conseillés : trek, alpinisme, raquettes. Un produit cuir, fabriqué à la main en Italie (et ce n’est pas peu dire, lisez donc le sujet Visite d’usine en fin de magazine). Prix : 259 €

TSL Raquettes Symbioz

290 €, un prix élevé pour une raquette. La question était simple : est-ce que cela les vaut ? Bilan des tests par les accompagnateurs en montagne d’Escape ? La Symbioz est une vraie révolution, pas un gadget. La “déformation” de la raquette, comme crantée, offre plusieurs avantages : un excellent déroulé du pied, un effet “rigidité talon” éliminé à la descente, anti-botte. Bonne tenue sur neige profonde poudreuse. En profonde croûtée, la spatule offre certes moins de portance mais évite l’effet de blocage dans la partie dure du manteau neigeux. La cale de montée, positionnée sur la plaque et non sur la raquette, s’enclenche plus facilement. Sur terrain en devers, la grande souplesse liée à cette déformation engendre une bonne accroche latérale. Escape aime : les “pointes” interchangeables, le réel apport de confort de marche, la légèreté, le chaussage rapide (fixation serrage avant par clip). Nos regrets : n’avoir pu encore tester ce modèle sur neige dure et sur neige de printemps, affaire à suivre. Le réglage de la pointure par pression n’est peut-être pas aisé par grand froid, à voir. Prix : 289,95 € escape #49


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Tests terrain [escape] Haglöfs Veste Rando Hybrid Mizuno Haut Virtual Body

Midweight, cette première couche de la collection Breath Thermo porte bien son nom. Un basique à posséder dans son dressing pour pratiquer par temps froid. Poitrine et dos bien ventilés en matière presque « filet » pour ce sous-vêtement technique très agréable à porter. Tissu tour de cou agréable et zip protégé. Look technique avec ses empiècements. Coupe près du corps, sensations de confort. Usages conseillés : trek, trail, ski, ski-alpinisme, raquette, bref une excellente première couche pour temps froid. Attention, taille petit. Prix : 70 €

Arc’teryx Pantalon Theta SV Bib

“À part un excès d’optimisme, je ne vois pas ce qui peut t’arriver avec ce bib !” Robustesse, confort, coupe ajustée qui n’entrave pas du tout le mouvement. “Un vrai surpant qu’on enfile sans ôter les chaussures, avec un bouton pression judicieusement placé”. Guêtre intégrée bien haute. Renforts aux genoux, aux fesses. Super renfort à l’intérieur des chevilles (aucun coup de crampons ou de carres ne saurait le faire frémir !). Difficile d’imaginer ventiler en ouvrant les fermetures latérales sous peine d’exhibitionnisme (pas de filet). Par contre, on peut facilement ouvrir le “haut du bib”. ”Coloris top” (testé en orange). Bref, un vrai coup de cœur de nos testeurs. Usage : alpinisme, ski et autres activités engagées nécessitant du matériel solide et sûr. Prix : 500 €

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Encore un produit dont il est difficile de se séparer, tant il est top. “Légère, compacte, elle se range facilement en fond de sac, apportant un bon rapport poids / coupe-vent, thermique”. Une intéressante bande au niveau de la ceinture pour éviter qu’elle ne remonte. Une capuche plus défaillante et difficile à régler. Prix : 259 € Pas toujours facile d’être testeur Escape, n’est-ce pas Olivier Rey ?

Patagonia Veste Knifeblade

Une veste qu’il fait bon porter par sa coupe et sa matière (Polartec Power Shield Pro). Deux grandes poches compatibles baudrier. Un zip de grande qualité, qui fonctionne bien d’une seule main, une capuche de bonne facture avec serrage collerette. Un modèle déperlant au coloris sobre mais original (violet profond), élégant et efficace, protégé, ventilé. Idéal pour les sports en mouvement : escalade, trek, ski de rando, raquettes. Prix : 300 €

Mountain Hardwear Veste Ghost Whisperer

Une vraie veste multi-usages en à peine plus de 200 grammes ! Forte isolation et grande compressibilité (se compacte dans sa propre poche). Grand avantage, sa résistance à l’humidité. Une coupe cintrée, dans lequel on ne sent pas serré. « C’est beau et pratique. On a l’impression de rien avoir sur le dos pendant les manips. » Encolure ajustée, qui monte juste ce qu’il faut. « Une capuche aurait permis d’atteindre la perfection. »  C’est vraiment du top niveau, techniquement. À utiliser sans modération, «dans une belle voie comme sur une belle avenue parisienne frisquette. » Prix : 280 €


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Tests terrain [escape] The North Face veste Outfit Alloy

Une veste cossue comme “doublée de polaire donc bien chaude” pour une activité énergétique modérée. “Testée sous une pluie battante, elle n’a pas bronché : super capuche avec un top réglage, deux poches main “impec” et chaleureuses.” Une poche poitrine bien pratique, poche manche pour le forfait. Une veste freerando qu’on peut utiliser en goulotte, marche tranquille, cascade de glace. Prix : 320 €

Patagonia Veste Baby Hi-Loft Down

Comment faire quand le testeur principal a 3 ans ? Lui demander ce qu’il a envie de dire à propos de cette veste, tout simplement : “Je vais dire aux gens de l’acheter parce qu’elle est jolie”. CQFD. Cette Patagonia réplique de la vôtre est certes jolie mais aussi : bien taillée, vraiment chaude et manipulable par de petites mains (le zip accroche un peu lorsqu’on veut ôter la veste mais une petite démo et c’est acquis). Capuche enveloppante qui n’occulte pas la vue. Un vrai cocon pour nos bouts de choux : apprêt déperlant Déluge et garnissage en duvet d’oie européen de première qualité de 600 CUIN. Prix : 100 €

The North Face Chaussures Verto S6K Extreme

Une chaussure à l’allure folle qu’aucun magazine n’avait encore testé en France ! Un bel objet excitant, imaginé pour les expés mais, très honnêtement, vous trouverez facilement votre propre usage (professionnels de la montagne spécialistes des travaux acrobatiques, du damage, des remontées mécaniques, etc, qui cherchez une chaussure sûre et chaude…). Laçage rapide et efficace. Précision en usage alpinisme, confort en usage plus statique (chaleur). Accroche correcte. Un modèle très léger au pied, qui reste respirant malgré son étanchéité : “après une demie-heure de marche immergé dans l’eau, même pas mouillé !”. Une tige sûre avec un bon maintien de cheville en dévers. Regrets : guêtre du dessus très ajustée (difficile à fermer en cas de froid ?). On vous en reparle ! Prix : 600 €

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The North Face Pantalon Point Five

Un “pantalon protecteur extra qui n’a pas craint la tempête. Pas de sensation d’étuve aux jambes.” Un système de bretelles bien pratique qui ne bouge pas, une bande douce au niveau de la ceinture bien agréable (réglage ceinture très pratique). Guêtre intégrée offrant une bonne protection (il manque peut-être un crochet pour éviter qu’il ne remonte ?). Prix : 320 €

Asolo Ascender

Chaussure mixte offrant une grande précision (laçage fin). Bonne mobilité de la cheville grâce à la matière utilisée. Une languette au confort optimisé. Semelle offrant l’accroche attendue et de la précision sur rocher. Au final, une chaussure d’excellente facture “juste un poil trop rigide en semelle à mon goût” regrettera un testeur. Prix : 225 €


Foto: Stefan Schlumpf

Loris & NicoLas FaLquet Mammut Team Freeriders professionnels et réalisateurs des courts métrages Huck & Chuck

PulSe Barryvox Appareil équipé de 3 antennes avec modes numérique et analogique et guidage sonore de l’utilisateur Orientation à 360 ° en temps réel via une boussole simplifiant la localisation • Repérage rapide et précis de plusieurs victimes ensevelies • •

Removable Airbag System Système d’airbag anti-avalanches compatible avec plusieurs sacs à dos Technologie d’airbag Snowpulse éprouvée • Poids total à partir de 2300 g avec la cartouche (selon le modèle de sac à dos) • •

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Tests terrain [escape]

© Rémy Magdinier

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Tout devant, Stef Balbo, chef testeur d’Escape, en plein essai des gants et du sac Camp (un modèle ski-alpinisme mais qui peut aussi servir aux traileurs) et de la veste Eider, dans le cadre du stage ski-alpinisme de compétition du CAF Albertville.

Camp Gants G Compwind Power

Camp Sac à dos Skin

Telle une seconde peau, ce sac fait corps avec le sportif. La promesse induite par le nom est tenue. 15+2 soit un volume légèrement inférieur aux 20 litres “standard” mais cela ne se sent pas. “J’ai adoré l’accès aux poches ventrales de la “ceinture” qui n’en est pas une” dira le chef testeur Escape. Deux grosses poches, une petite pour les objets importants qui ne risquent pas de s’échapper lorsqu’on attrape un gel, une poche pour une gourde. Tout cela, sous la main sans avoir à se contorsionner, bravo ! Système de portage skis typé compèt (pas besoin de tomber le sac, avec un bémol sur la faible taille de la pince, facilement customisable avec une cordelette), deux bonnes poches filet plus un porte-piolet. La poche crampon, indépendante et polyvalente, s’ouvre facilement. Bon système d’accroche de la poche à eau, compartiment sonde et pelle ad hoc, ils ont pensé à tout chez Camp ! Prix : 110 €

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Fin et précis, ce modèle est idéal pour les manips peaux de phoque. Dès qu’on l’enfile, la sensation est agréable. Équipé d’une sur-moufle qui reste solidaire du gant (logement sur le poignet) pour un effet coupe-vent (non imperméable). Orienté course mais très confortable (sauf par grand froid, choisir alors un autre modèle de la marque, plus adapté). Prix : 55 €

Eider Veste Blow Alpha

Dans le précédent numéro, nous vous avions présenté la fibre Alpha, la grande nouveauté de Polartec. Cette veste Eider adopte cette fibre bluffante : “Difficile de croire que cette veste apporte de la chaleur tant elle est fine et pourtant ça marche”. Testée à Tignes en novembre par un froid raisonnable mais avec beaucoup de vent, elle a passé l’épreuve haut la main. “Elle sera la veste fond de sac du skieur-alpiniste pressé de la vêtir au sommet avant d’encaper la descente !” Testée sous la pluie, la déperlance s’est montrée efficace. Deux poches plus une poche cœur qui fait office de rangement (pack in). Une veste légère et compressible. La matière intérieure (une maille dont l’aspect surprend d’abord) s’avère très confortable. Un regret : la capuche non ajustable et trop volumineuse se retrouve vite devant les yeux dès que l’on tourne la tête. Prix : 199,95 €


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Tests terrain [escape] The North Face Veste Thermoball

Un modèle testée en quotidien en période automnale et usage technique en montagne. “Cette veste apporte tous les avantages d’un duvet, sans les inconvénients : parfaite isolation au froid et forte compressibilité, erend très peu de place une fois compactée. Sa résistance à l’humidité  est un super avantage !” La nouvelle technologie ThermoBall de Primaloft permet en effet à cette veste d’être utilisée vraiment dans des conditions extrêmes de froid et d’humidité. Légère et à la capuche simple et efficace. “Inconvénients : un coupe très droite donc un aspect esthétique dégradé : impression de flottement au niveau torse et abdome, à moins de faire 120 kg, ce qui n’est pas pratique quand on fait de la montagne !”. Fragilité des cordons de serrage du bas de la veste : nécessité de refaire un nœud plus gros pour éviter le glissement dans l’œillet. Conclusion : “C’est du tout bon voire top pour une utilisation technique.” Prix : 200 €

Gregory sac Alpinisto 35

Un portage exemplaire, avec un bombé au niveau des lombaires qui “cale” le sac au creux des reins et lui confère une stabilité incomparable (attention à bien choisir votre taille en magasin). Une poche crampons très intelligemment pensée, un système piolets qui maintient le matériel très fermement (un bémol pour l’utilisation avec des gants un peu conséquents). Les testeurs ont aimé l’ouverture latérale intégrale et le porte-cordes. Atout de taille (sic) : se confortant aux habitudes modernes des utilisateurs qui “dépoilent” leur matériel, Gregory a tout prévu. On peut ôter l’armature et la tige, le coussin de protection et la ceinture et se délester de plus de 500 g ! Malin, non ? Prix : 159 €

Ci-dessous, à droite, la veste Thermoball sur les crêtes du Nivolet dans les Bauges, à l’automne. À gauche, l’Alpinisto de Gregory en a vu de toutes les couleurs, il est même sorti avec les secouristes en montagne !

Millet Veste Touring Hybrid Down

Parfait compromis entre la fourrure polaire classique et le duvet (parfois trop chaud). Idéale pour les sports en mouvement par temps froid. Le garnissage duvet n’est présent que sur l’avant. Agréable à porter avec une sensation immédiate de chaleur. Les fermetures sont bien dimensionnées et facilement manipulables. Le col est particulièrement efficace et confortable (une fois fermé, pas de pont thermique). Bien fittée, près du corps (extensible). Usages : ski-alpinisme mais aussi trek, alpinisme, ski, raquette… Prix : 129,90 €

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Black Diamond

Pantalon Dawn Patrol Hybrid Bib

Un très bon pant pour la freerando qui ne craint “ni les longues marches ni les randos intensives.” Entre la membrane “à la souplesse incroyable” et la coupe fit mais pas trop, “on ne sent rien, ce bib est juste parfait pour crapahuter sur les terrains les plus difficiles”. Vraiment étanche sans faire transpirer. Le bas de pant –entièrement zippé est un modèle du genre. Il s’adapte à tous les types de chaussures de ski comme de marche et rien ne bouge en action. Un produit 200 % rando et autres activités intensives, bien conçu et bien fini. Prix : 349 €


NSEIL ET DU PRIX

Crédits : Dynafit - Franck - Marker - S. Jaulin.

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Tests terrain [mission test népal] Mountain equipment Veste Compressor Hooded MISSION TEST NéPAL Thierry Szalay, accompagnateur en montagne, a fait “tourner” les produits au sein de son groupe, sur le Tour du Manaslu, au Népal. Plusieurs avis valent toujours mieux qu’un !

Légèreté et efficacité du Primaloft, bon échange de l’humidité, col montant très appréciable, capuche à bon recouvrement, poche poitrine intéressante. Une veste qui descend bien sur les hanches, à la coupe précise et au design très sympa. Très bon en fond de sac, tout à fait adaptée au trekking. 170 €

Montane Veste Direct Ascent

Osprey Sac à dos Escapist 25

Comme d’habitude avec Osprey, une très bonne impression générale. Excellent portage et excellente ventilation, bonne impression de répartition de la charge. Un sac destiné au VTT mais qui s’avère idéal pour le trekking. Bonne accessibilité pour les trois compartiments, plus le compartiment bas. Importante en trek, la ceinture possède un réglage très astucieux. Poches filets latérales accessibles avec sac sur le dos. Bretelles bien ventilées et poche téléphone appréciée (pour le GPS Garmin, sur ce Tour du Manaslu). Escape regrette : poches ceinture petites et pas faciles d’accès. 110 €

Goal Zero Chargeur guide 10, panneau Nomad 7

On aime : charge rapide, utile en trek pour l’appareil photo, le GPS, etc. La batterie permet une réserve de charge en cas d’urgence ou mauvais temps. Système multi prises intéressant. Regrets : “Adaptation sur sac pas “glop”, plus adapté à une utilisation fixe. Un peu lourd. Une plus grande souplesse aurait été appréciée.” 159 €

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Montane, une marque dont nous vous reparlerons, distribuée par Sportpulsion à Annecy (ils ont le chic pour sélectionner des marques hors pair : ce sont eux qui font Osprey !). La fermeture éclair, qui s’enraille souvent, serait à revoir mais sinon c’est tout du bon côté échange de l’humidité et coupe (la partie “jupe” couvre bien le bas du dos). Une matière eVent Hurricane 3 Layer 40D + 40D Rip qu’on n’a pas pu essayer en temps de pluie, il a fait trop beau au Népal lorsque nous y étions (en novembre). On vous en reparle, on vous dit ! 330 €

Scarpa chaussures R-evolution GTX

Une tige haute légère comme l’air ! Excellente imperméabilité, semelle anti-odeur efficace, laçage précis, bon maintien des lacets. La membrane souple sous le laçage (“comme une chaussette néoprène”) permet de maintenir une parfaite étanchéité. Bonne accroche semelle. Tige très souple pour une bonne amplitude de la cheville et un frottement minimum sur le tendon d’Achille. Une chaussure vraiment adaptée au trek, mais aussi à la randonnée journée sur chemin ou terrain difficile, par tous les temps. En magasin, à partir d’avril 2014. On vous en reparle. 195 €


Pour les conditions les plus extrĂŞmes dans le monde

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Tests terrain [escape] Black Crow Skis Orb Freebird

La chasse aux chronos à la montée, ce n’est évidemment pas son programme. Par contre, descendre sans avoir à se demander si les skis vont suivre, c’est oui… les yeux fermés ! Skis sûrs et joueurs. “Emmener quelques grammes en plus (nos testeurs sont traceurs à la Pierra Menta, ndlr) est largement récompensé une fois la manip faite, au sommet ! Dès qu’on enclenche la position descente sur la chaussure, on se sent pousser des ailes !” “Comme deuxième paire en complément d’un ski light pour les jours de belle poudre, j’achète !” “Si on ne les a malheureusement pas testés lorsque les conditions les auraient mis à leur avantage, on s’est quand même bien amusé avec.” “Oubliées en revanche nos Alien, Dyna et autres Stratos, c’est bien d’une chaussure typée descente dont nous avons eu besoin !” 123-90-114 en 179 (3150 g) Prix : 599 €

Hagan Ski Daemon

Un bon ski de freerando avec un poids contenu en dépit de ses lignes de cotes généreuses. Un ski accessible, dans tous les sens du terme. 124-93-114 en 177 (3200 g) Prix : 479 €

Movement Ski Gold Fish-Series

Scott ski Surf’air

Un ski qui porte bien son nom : un souffle d’air et de liberté sur la freerando. Léger en main, il excelle en poudreuse aussi bien que sur le dur. L’un de nos testeurs, moniteur de ski aux Houches, l’a même testé avec plaisir sur piste ! S’il n’était donc qu’un ski à posséder, ce pourrait être cette nouveauté Scott, surtout au regard de son prix bikini ! À assortir d’une paire de Cosmos. 128-89-115 en 178 (2960 g) Prix : 449 €

Movement Ski Response X-Series

Les testeurs Escape attribuent une palme à toute la série X de Movement.

“Pour le skieur-alpiniste qui cherche un ski à tout faire (de la course, mais aussi du bon freeride !)”. Escape aime : les cotes droites permettant l’usage de peaux non taillées (plus facile à conditionner avant de les glisser dans la combine) et de rester dans la trace de montée sur les courses. Les encoches dans la spatule comme sur les Fish (passage des élastiques des peaux). “Pour quelques grammes de plus que les skis orientés 100 % course, on s’amuse à la descente même si on n’a pas la skiabilité du X-Reponse.” 109-71-90 en 168 (1540 g) Prix : 799 €

Janvier 2013, le ski qu’il vous fallait pour profiter pleinement de cette neige abondante. Légers (presque le poids des skis des coureurs de la Pierra Menta quelques années en arrière), “ils sont parfaits pour ne pas arriver cramé au sommet”. La largeur des skis et la spatule prononcée déroutent nos testeurs tendance ski-alpinisme racing au premier abord : “Mais on s’y fait vite !” Aucun problème lors des conversions. Pas testés sur neige dure mais si vous cherchez un ski léger sans sacrifier la descente, il sera votre partenaire de jeu. 128-89-116 en 177 (2200 g) Prix : 789 €

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LE VÊTEMENT INTELLIGENT QUI CRÉE DE LA CHALEUR La fibre Breath Thermo absorbe l’humidité du corps pour la transformer en chaleur. La technologie DryLite augmente le pouvoir absorbant pour une évacuation rapide et efficace de l’humidité.

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Tests EN COURS [escape] Trab ski Maestro Pour le skieur qui cherche un jouet raisonnable en cotes, efficace en toutes circonstances. “Si tu veux faire une course dans l’hiver, pas de souci.” La paire à tout (bien !) faire. 107-75-94 en 178 (1980 g) Prix : 879,90 €

Dynafit Skis Cho Oyu

Un nouveau produit qui affiche d’emblée une géométrie surprenante. Un modèle mis au point pour les expéditions et la haute montagne mais qui, doté d’une ligne de cotes de 125-88-111 et d’un poids-plume de 1 080 g, devrait séduire un public large. “Un ski bien dans la tendance freerando du moment : tout le monde a des envies de légèreté aujourd’hui, même le freerider !” “Un ski dont le poids doit permettre d’arriver suffisamment frais en haut pour apprécier toutes ses qualités à la descente !” 125-88-111 en 174 (2160 g) Prix : 800 €

Low tech fixations Radical

Un bon compromis pour des skis qui font attention à leur silhouette. L’alliance d’une fixation classique à l’avant et légère à l’arrière 185 g . Quand on sait que le poids aux pieds… Prix : 400 €

Trab ski Magico

Plus typé freerando, ce Magico – tout nouveau – promet le meilleur à qui saura le dompter. Inspiré de la course, il est exigeant mais saura rendre son plaisir au randonneur qui sort par toutes neiges, même les plus difficiles. 116-82-104 en 178 (2170 g) Prix : 879,90 €

Kohla Peaux Vacuum Base

Des peaux sans colle au look d’enfer. On vient juste de les recevoir et on a hâte de tester cela. La surface fonctionne par un effet ventouse. Résultat, des peaux qu’on nous promet faciles d’entretien : lavable à l’eau et au savon sans perte de son pouvoir ! Aucune trace sur vos skis lors du dépeautage. Dissocitation facile des peaux collées entre elles (heureuses, les filles ?). Prix : 163,80 €

Dynafit Chaussure Patrouille des Glaciers

La performance à portée de pieds. Légère, of course, elle séduit par le super débattement de son collier. Elle sort à un prix raisonnable, compte tenu du défi relevé. “C’est le modèle “accessible” en terme de rapport prix/performance. Elle satisfera le coureur occasionnel mais aussi le trailer qui aime avaler de la dénivelée à la montée ou bien le vrai skieur-alpiniste (qui l’appréciera sur rocher ou pendant les longs portages skis sur le sac).” Sensation de baskets aux pieds. “Légère et souple mais plus étanche que certains modèles concurrents.” 1590 g en 27 Prix : 650 €

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Low Tech Fixations Race

La fixation de celui pour qui chaque gramme compte : le coureur ! Poids : 115 g. Prix : 600 €


© SCOTT SPORTS SA 2013 | PHOTO: THOMAS SENF, ZERMATT

THE ALL NEW

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UN MÉCANISME COMPLÈTEMENT REPENSÉ POUR UN AJUSTEMENT RAPIDE ET PRÉCIS, UNE ROTATION DU COLLIER DE 60° ET UNE CHAUSSURE ULTRA PERFORMANTE: CONFORTABLE À LA MONTÉE, SÉCURISANTE ET FIABLE À LA DESCENTE.

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EN UTILISANT DES RENFORTS STRATÉGIQUEMENT PLACÉS SUR LA COQUE ET AUTOUR DE LA CHEVILLE, NOS CHAUSSURES OFFRENT UN MAXIMUM DE RIGIDITÉ TOUT EN RESTANT INCROYABLEMENT LÉGÈRES.

MEN’S COSMOS | WOMEN’S CELESTE SKI BOOTS LA COSMOS ET LA CELESTE SONT DES CHAUSSURES À QUATRE BOUCLES QUI RÉUSSISSENT UNE SYMBIOSE PARFAITE ENTRE LES DEUX PRIORITÉS DE L’ADEPTE DU SKI-ALPINISME: POIDS MINIMAL (COSMOS 1450GR (POINTURE 27.5)/ CELESTE 1250GR (POINTURE 24.5)) ET PERFORMANCE SANS COMPROMIS.

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*QUAND LA LÉGÈRETÉ RENCONTRE LA PERFORMANCE

MECANISME SKI/MARCHE

TECHNOLOGIE DU CHAUSSON


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Tests terrain [et shopping] Lowe Alpine Veste Odyssey Fleece

Lowe Alpine Première couche Dryflo Zip top Un haut bien respirant pour l’action par temps froid. Un traitement Cocona qu’on aime pour son efficacité naturelle (contient bien le développement des odeurs), une matière fine ou plus généreuse (existe en deux versions et donc deux degrés de chaleur). Prix : 49,95 €

Un petit côté gentleman farmer, élégant et racé. Une polaire aux allures de pull, qu’on peut porter aussi au bureau. Une couple ample, appréciée par ceux d’entre nous qui n’aiment pas les vêtements moulants. Prix : 89,90 €

Rab Veste Microlight alpine LE duvet que tout dressing se doit de posséder, qu’il soit urbain ou montagnard. Ce modèle, longuement éprouvé par les testeurs Escape, est un modèle du genre. Techniquement parfait, il fait – en plus ! – une très belle silhouette. Prix : 219,95 €

Keen Chaussure Summit County II (non testé) Keen a revisité sa botte masculine la plus chaude avec un système de laçage rapide plus efficace et ajusté. Conçue pour les balades en raquettes, elle possède une semelle qui durcit avec le froid pour mieux adhérer. Prix : 169,95 €

Rab Veste Nexus (non testé) Imperméable, robuste et respirante, cette Nexus pensée pour l’alpinisme, la rando et le trek utilise le tissu largement éprouvé par les testeurs Escape : le Polartec NeoShell 3 couches. Un gage de qualité et de confort. Prix : 349,95 €

Lafuma Veste Warm’light (non testé) Veste duvet chaude, légère, compactable, près du corps. Prix : 150 € escape #49

Moon Boot Monaco et 3eme avenue (non testé) Chaleur et confort annoncés. Chausson en feutre, étanche, pour l’une, look fashion pour l’autre. Prix : 140 € et 145 €

Outdoor Research Veste et pantalon Valhalla (non testé) Primés d’un Ispo Award, ces produits déperlants et respirants sont très tentants pour un usage freerando. Prix : veste 325 € (homme), 275 € pantalon(femme).

Outdoor Research Guêtres Huron (non testé) Produit polyvalent hyper robuste, pour la raquette par exemple. Prix : 45 € (les basses), 55 € (les hautes).

Klean Kanteen Gammes Classic et Graphiq (non testé) Une marque au concept propre, sans BPA évidemment. Une finition particulièrement soignée et des matériaux de qualité. Prix : de 20 à 35 € selon le modèle et la taille.

Lafuma Veste Proloft (non testé) Membrane Climactive et Primaloft pour une veste imperméable, chaude et légère. Prix : 250 €


Chaussures COCHISE 120, Skis COCHISE

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matériel [protection] Des verres haute technologie

Rien que pour vos yeux [Par Séverine Denis]

La photochromie, kesako ? Une technologie qui exploite la propriété du verre de se teinter en fonction de la luminosité et de la quantité d’ultra-violet (UV). Le verre, initialement de couleur plutôt claire, va s’assombrir lorsque l’ensoleillement augmente et s’éclaircir à nouveau dès que la luminosité diminue. Décryptage avec les experts de Julbo.

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Le traitement photochromique est directement intégré dans la masse du verre : « Là où d’autres verres se contentent d’un traitement de surface, nos produits bénéficient d’une photochromie dans toute l’épaisseur du verre, énonce Nicolas. Au lieu de quelques microns en surface, ce sont les pigments de la totalité du verre qui réagissent, conférant ainsi une plage photochromique bien plus large. » Tout ça couplé au matériau de base qui équipe les lunettes et écrans de masques Julbo, le NXT dont les caractéristiques techniques sont proches du verre minéral : un matériau alliant légèreté, résistance et fiabilité. La seule ombre au tableau  réside dans sa fabrication, qui nécessite un moulage délicat et lent, pièce par pièce, alors que le polycarbonate peut être produit en quelques minutes et en très grande quantité. D’où un prix de revient plus conséquent, mais testez-les et vous comprendrez. escape #49

La gamme de verres Zebra Photochromie de 2 à 4. Base couleur : or. Très polyvalent en temps couvert comme par fort ensoleillement Zebra Light Photochromie de 1 à 3. Base couleur  : jaune. Plus spécialisé pour les mauvaises conditions météo Caméléon P h o t o c h ro m i e d e 2 à 4 + traitement polarisant . Base couleur : marron. Verre plus foncé, très contrasté pour une meilleure lisibilité des reliefs, notamment pour une utilisation montagne et haute montagne, ainsi que ski extrême Falcon Photochromie de 2 à 3 + traitement polarisant + traitement antireflets, Base couleur  : cuivre. Verre très confortable, notamment pour la conduite ou la pratique de sport en conditions normales.

© Stef Balbo

’autres marques adaptent l’équipement comme avec des verres interchangeables selon les conditions extérieures, explique Nicolas Defude, chef de produit masques pour Julbo, mais notre entreprise a préféré développer un verre qui s’adapte tout seul. Une option qui sera toujours plus performante et plus rapide qu’un changement de matériel. ” En hiver, plus encore, il faut protéger nos yeux, en raison de la réverbération des rayons sur la neige. Sur www.julbo-eyewear.com, on peut découvrir toutes les combinaisons possibles et choisir, grâce à l’application lens selector, le verre et la monture adaptés à sa pratique.


Quelques pistes de choix La bonne combinaison verre et monture Lunettes TREK : pour l’alpinisme, l’escalade ou trail, protège bien des rayonnements de la haute altitude, disponible en verres Zébra et Caméléon. Lunettes DUST : pour tous les sports en pleine nature, trail ou VTT, disponible en Zebra et Zebra light. Lunettes STUNT : pour les passionnés de VTT, monture très légère et disponible en Zebra light, Falcon et Caméléon. Masque LUNA  : masque compact avec un écran surdimensionné. Adapté aux petits visages, disponible avec tous les écrans haute technologie.

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Masque ORBITER : pour les freeriders de grande taille, il possède une extension de chaque côté pour mieux s’adapter au casque, disponible avec 20/11/13 10:51 tous les écrans haute technologie.

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Sécurité [matériel] Danger d’avalanches

La technologie à la rescousse [Par Stef Balbo, texte et photos]

En attendant la sortie, l’hiver prochain chez Pieps, de l’excellent système Jet Force (utilisé aussi par Black Diamond), penchonsnous sur leurs nouveautés DVA et sur leur sonde “intelligente”.

l

e rendez-vous était donné par la marque Pieps pour une formation autour de ses nouveaux dsp et la réalisation d’intéressants tests. Habituellement, on se focalise sur la portée maximale d’un détecteur dans le couple optimal (= l’antenne la plus puissante du récepteur dirigée vers l’antenne la plus puissante de l’émetteur). Le guide autrichien spécialiste terrain pour Pieps nous démontre mesures à l’appui que “La portée “utile” est plus intéressante.”

Michael Rust met en avant le nouveau process des appareils DSP de Pieps, les DSP Sport et DSP Pro. Grande nouveauté et nouvelle vision des choses, l’axe privilégié a été de développer la portée circulaire plus que la portée traditionnelle elliptique. Traditionnellement, les appareils ont une antenne forte. Pieps a une autre vision. Elle n’a pas cherché à développer l’antenne qui émet le plus loin, mais s’est plutôt attachée à ce que les deux antennes soient aussi fortes l’une que l’autre. Préférant une portée à 45 m “utile” (c’est-à-dire dans tous les sens), plutôt qu’une portée maximale à 60 m, dans le “bon axe”. Quelle que soit l’orientation des DSP, le couple optimal est quasiment le même, à quelques mètres près. En clair, pour les non-initiés, cela veut dire que, quelle que soit la position du DVA de la victime sous la neige (et donc l’orientation de son antenne principale) et quelle que soit la position du DVA du «chercheur», on a toujours la même portée. C’est loin d’être un détail pour les chances de survie de la victime… Reste que, nous sommes bien d’accord, le mieux sera toujours de ne pas se faire escape #49

Schéma : à gauche, «elliptique», à droite «circulaire».

coffrer ! Pour ça, la meilleure solution à l’heure actuelle demeure l’airbag. En la matière, Pieps nous promet une belle avancée pour l’hiver prochain. Le système Jet Force n’utilise pas de cartouches. À la place, une turbine capte l’air environnant. Avantage : il peut être déclenché 3 ou 4 fois. Inconvénient (s’il en est un) : il ne faut pas oublier de charger la batterie qui alimente la turbine. Nous ne l’avons pas testé mais c’est très attirant : le gonflant du ballon est étonnant, il faudra vraiment surveiller cette nouveauté. n

Les tests que nous avons réalisés avec Michael Rust, guide de haute montagne, formateur Pieps, sur le “terrain” de l’Impérial démontrent toute l’importance des appareils trois antennes. Chez Pieps, le parti pris est de privilégier une puissance quasi similaire sur les différentes antennes. “Un atout pour les gens moins entraînés que des secouristes, c’est-à-dire à peu près tout le monde” estime Julien Duverney, guide de haute montagne et instructeur CNEAS (Centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski) des CRS.


Les sacs de type airbag font désormais partie de l’équipement incontourbable des skieurs hors pistes. À l’heure où l’on met facilement 700 € dans une belle paire de skis, on ne doit plus hésiter en effet à compléter sa panoplie sécurité.

PIEPS DSP PRO

PIEPS DSP SPORT Le PIEPS DSP SPORT est un DVA 3 antennes de grande portée : la largeur de bandes de recherche est confortable, indépendamment de la position de couplage et c’est ce qui est très intéressant. n Portée de réception circulaire : digitale, dans toutes les directions. n 3 antennes : exactitude de recherche n Fonction marquage en cas scénario d’enfouissement multiple n Émetteur intelligent : bascule automatique de l’antenne d’émission, ajustement du signal, fonction iProbe Caractéristiques techniques : n Piles : min. 200 h en émission n Portée maximale : 50 mètres n Poids : 200 g (piles incluses) n Prix : 250 €

Le PIEPS DSP PRO est le successeur du PIEPS DSP (sorti en 2003), le premier DVA 3 antennes breveté au monde. Le Pro offre une portée supérieure au modèle Sport et une gestion facilitée du multi-victimes. n Le DSP PRO a la portée digitale circulaire maximum n Indication de distance et de direction dès la détection initiale n 3 antennes pour l’exactitude de la recherche n Emetteur intelligent : bascule automatique de l’antenne d’émission, ajustement du signal, fonction iProbe. n Fonctions marquage et scan en support additionnel en cas de scénario multi-victimes. Caractéristiques techniques : n Durée de vie des piles : min. 400 h en mode émission n Portée maximale : 60 mètres n Largeur de la bande de recherche : 55 mètres n Poids : 200 g (piles incluses) n Prix : 350 €

Pieps iProbe one Cette sonde électronique (numérique) dotée d’un indicateur optique et sonore capte les DVA. La plupart des gens perdent trop de temps en recherche finale, s’accrochant à leur DVA au lieu de passer tout de suite à la sonde. Ce ne sera plus le cas avec cette sonde qui capte, comme un DVA, le signal du détecteur de la victime lors de la recherche finale. n On appuie 3 fois sur le bouton ON et le reste est automatique. n La pointe intègre un récepteur pour localiser tous types d’émetteurs n Affichage optique et sonore sur la poignée pour une meilleure analyse des données émises par un DVA situé à moins de 2 mètres. Permet de réduire le temps de recherche pour les utilisateurs. n Tubes hautement résistants, conçus à partir de fibre carbone et aluminium extrêmement légère n Prix : 120 € / 220 cm, 140 € / 260 cm escape #49


Alpinisme [s'y mettre] Alpine Arc’ademy

Le bal des débutants [Par Myriam Cornu]

Nous connaissions la Star Academy mais, finalement, nous avons renoncé à participer. Pour ce qui est de l’événement imaginé par Arc’teryx, là, nous n’avons pas boudé notre plaisir. En juin dernier à Chamonix, deux magazines avaient été invités à découvrir les nouveautés de l’été prochain (dont on vous parlera dans le prochain numéro) puis à participer aux ateliers, et Escape en faisait partie ! L’Alpine Arc’ademy testée pour vous.

L’Alpine Arc’ademy est organisée par la marque canadienne Arc’teryx en collaboration avec d’autres partenaires comme la Compagnie du Mont-Blanc, Suunto, Petzl, Scarpa et d’autres. L’idée est de faire la promotion de l’alpinisme.

Brian Goldstone

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Brian Goldstone

Nous l’avons testé pour vous, cet événement est vraiment top. Nous vous le recommandons chaudement ! Pendant trois jours, l’Alpine Arc’ademy permet d’apprendre à devenir autonomes en montagne en toute sécurité grâce à des ateliers spécifiques : de la préparation médicale à la haute montagne à la mise en place d’un bivouac. Ils sont accompagnés et encadrés par des alpinistes de la Compagnie des Guides de Chamonix et du Team Arc’teryx. Le plus dur, dans cet événement, c’est de s’inscrire à temps aux ateliers, les places étant limitées. Les ateliers, les “cliniques”, se suivent mais ne se ressemblent pas, il y en a pour tous les goûts, ici Initiation cascade de glace. Ça donne envie, n’est-ce pas ? escape #49


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Alpinisme [s’y mettre]

Brian Goldstone

Brian Goldstone

Grimpe le jour et ciné le soir : après le barbecue, l’Alpine Movie Night a rassemblé 300 passionnés de montagne le samedi soir autour de films aux thèmes très variés mais très réussis.

à

vrai dire, si l’événement se veut “facilitant” pour les débutants, pour les inciter à se lancer, il intéresse vraiment des alpinistes de tous niveaux. Autant celui qui n’a jamais pratiqué et veut s’initier, que celui qui veut perfectionner certaines techniques ou découvrir d’autres aspects de la pratique, comme la cascade de glace, par exemple.

Atelier Bivouac au Col du Midi, après une nuit pluvieuse, les deux équipes de douze alpinistes ont eu le bonheur de se réveiller sous un ciel complètement dégagé et un magnifique lever de soleil. escape #49

jours, 300 participants venus de 19 pays se sont ainsi réunis au sommet de l’Aiguille du Midi ou ailleurs dans le massif pour en apprendre plus sur l’escalade en haute montagne, la médecine d’altitude, la navigation en montagne, le secours en crevasse, ou bien pour faire la traversée de la Vallée Blanche ou gravir leur première arête. Nouveauté très appréciée cette année : “L’art de la photographie en milieu alpin” animée par le photographe Alexandre Buisse. En bref, vous l’aurez compris, nous ne saurions que trop vous conseiller de réserver un créneau dans votre agenda pour l’Alpine Arc’ademy de l’an prochain : cet événement, cher lecteur d’Escape, est fait pour vous ! n Brian Goldstone

Alexandre Buisse

Placé sous le signe de l’international (le premier jour, je suis avec un Suèdois, des Espagnols et des Français, le second j’étais la seule Française de ma cordée avec un représentant anglais, un Belge et un Allemand), cet événement super excitant donne une autre image de l’alpinisme : l’ambiance y est détendue (tout en ayant la sécurité au cœur de chacun des ateliers et des courses) sans être du tout “m’as-tu vu”, jeune, branchée, “rock” presque mais tout le monde se sent bien à sa place. Les prix des différents ateliers et des diverses courses avec guide de haute montagne sont très accessibles, d’où l’aubaine pour des alpinistes déjà plus expérimentés. Pendant trois

Atelier couture Gore-Tex : 150 personnes (dont la grimpeuse Nina Caprez) ont suivi les conseils de la spécialiste, fait réparer leur vêtements techniques ou confectionné elles-mêmes leur “lunch bag”.


La surchauffe nuit aux performances. Désormais, il y a Polartec ® Alpha®, la première doudoune réellement respirante. Elle offre une véritable circulation de l’air et évacue l’humidité loin du corps pour vous garder confortablement au chaud et au sec. Développée pour l’armée américaine et désormais disponible pour le grand public, l’Alpha dépasse les limites des tissus techniques pour vous permettre de dépasser les vôtres. Découvrez en plus sur: POLARTEC.COM Polartec ® et Polartec ® Alpha® sont des marques déposées de Polartec, LLC. ©Polartec 2013

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Ski-alpinisme

[race]

Testée pour vous

La Pierra Menta vécue de l’intérieur [Par Rémy Magdinier. Photos : nachogrez.com sauf mentions ]

Ils n’ont pas gagné la PM. Ils ne sont même pas dans le top 20. Alors pourquoi eux ? Nous les avons choisis parce qu’ils sont comme vous : cette Pierra Menta, ils en rêvaient. Ils la voulaient. Mais Rémy et Norman bossent tous les deux (et ne font pas un job à la cool, non, un job avec de vrais horaires dedans), ils ont des enfants, bref, ils sont comme vous et nous. Et ils l’ont faite ! Nous avons suivi les deux Albertvillois

Jef Leca / Pierra Menta

jusqu’au jour J de leur épopée.

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La Pierra Menta, c’est 4 jours de ski-alpinisme engagé, à Arêches-Beaufort en Savoie. 10 000 mètres de dénivelée positive à avaler. De somptueux passages sur arêtes, crampons aux pieds, le jour 1. Une étape longue, d’endurance, le second. La mythique étape du Grand-Mont, le samedi, avec des milliers de spectateurs montés en peaux de phoque encourager les coureurs. Et un final en “sprint” le dimanche, avec une épreuve courte et rythmée. Rendez-vous du 20 au 23 mars en Rhône-Alpes. escape #49


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Ski-alpinisme

[race]

L

e premier contact avec cette course mythique se déroule il y a 10 ans lors d’une session hors-piste à Arêches. À l’époque, pratiquant un peu le ski de rando, je ne comprenais vraiment pas l’intérêt de la démarche : skier sur des parcours ultra trafollés avec des planches qui n’avaient de skis que le nom, cette pratique était vraiment antinomique avec ma conception du ski de montagne.

Les années passant, j’ai petit à petit délaissé le ski mécanisé pour me consacrer exclusivement à la rando avec comme objectif de faire moins de ski, certes, mais de meilleure qualité : recherche de la belle pente, envie de faire du ski de haute-montagne.

Genèse du projet Malgré tout, la boulimie me poussait au fil des saisons à toujours rallonger la sortie, l’itinéraire, la boucle. Et un jour, on se dit qu’alléger le matos serait un vrai plus, et que, finalement, ça ne va pas si mal, que ça ouvre d’autres horizons. Et ça y est, la graine a germé… pourquoi pas nous ? Je dis nous car ce projet est né à deux, avec le copain qui va bien pour se lancer dans l’aventure. C’était la condition sine qua non, partager çcela avec un pote qui a les mêmes objectifs : participer à cet événement sans se prendre la tête. Il doit être J-700. On se donne deux saisons pour y parvenir. La première est une prise de contact avec le ski-alpinisme en compétition. Étant au CAF d’Albertville, nous participons aux événements du groupe ski-alpinisme du club afin de découvrir les subtilités de la pratique, les bases d’un entrainement sérieux et efficace. Pendant cette saison, nous avons réalisé des courses locales. Pas de crise dans l’équipe, de très bons moments à l’entrainement, pendant les courses, l’alchimie opère.

enneigé que l’on connaît dans les pré-Alpes, difficile de lâcher les fats pour les petits skis, mais la motivation à sortir est plus que présente. Le plan d’entraînement tourne plus à l’empilage de sorties poudre qu’à un planning rigoureux cardio au poignet, mais qu’importe, les sorties s’enchainent avec l’envie d’y retourner et la forme. Le plaisir de skier ensemble est toujours là, les tensions inexistantes, c’est une partie clé de notre réussite. En ce début d’hiver, je passe plus de temps avec Norman qu’à la maison avec femme et enfants. C’est aussi ce que je retiendrai de la Pierra Menta, un nécessaire engagement en termes de temps de pratique, 2 à 3 sorties par semaine mini.>>>

“J’ai eu la chance d’avoir des jours de congés à distiller tout au long de l’hiver ce qui m’a permis de m’entraîner, mais aussi d’aller faire de la luge en famille le week-end. Sans ce temps libre disponible, ce n’aurait tout simplement pas été possible” témoigne Rémy, ci-dessus au second plan avec Norman. S’entraîner suffisament pour pouvoir boucler sa première Pierra Menta demande un investissement personnel important… “Je tiens d’ailleurs à saluer et remercier l’engagement et le partage d’expérience des têtes pensantes du groupe ski-alpinisme du CAF d’Albertville, qui nous a mis sur de bons rails.” À l’heure où nous maquettons ce numéro, Rémy, Norman ainsi que Stéphane, notre chef testeur Escape, sont en stage à Tignes avec ce groupe. Si l’envie de faire des compétitions vous prend, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un club de ce genre. Vous y rencontrerez aussi peutêtre votre futur co-équipier !

J-200, à fond, à fond, à fond ! L’automne suivant, à quelques mois de l’évènement, la pression monte. En sera-ton capable ? Sera-t-on retenus ? Quelques vidéos de Migoo sur le sujet plus tard, et pour ma part me voilà surmotivé pour les semaines qui arrivent ! Le dossier est déposé, on y pense presque tous les matins… Avec l’hiver très escape #49

À gauche, Norman, face NE de l’Aiguille du Bouchet en Vanoise. Photo : Rémy Magdinier.


Le dossier de candidature posé, on y pense tous les matins en se rasant…

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Ski-alpinisme

[race]

Et un jour l’annonce… Notre équipe est retenue. Ce jour arrive bien tard, on n’y croyait plus… Nous avons tout fait pour être prêts, au cas où. La pression monte plus que de raison, cette chance ne se présentera qu’une fois (pour ma part, je n’envisageais pas de repartir sur un entrainement aussi sérieux une année de plus), et il ne faudra pas décevoir l’entourage… qui a priori est encore plus taquet que nous ! C’est ultra dur de se faire une opinion sur la conduite à tenir à quelques semaines de la course. Certains parlent d’entrainements courts mais intenses pour être bons sur les départs, certains de se reposer et de “faire du jus”, d’autres vu notre niveau plutôt limite d’empiler les sorties longues. C’est confus dans nos têtes, nous décidons de continuer à faire de la peuf… ce ne sera pas perdu ! On verra bien le jour J, l’objectif sera de finir l’épreuve.

L’évènement

2h30 avant le départ, le réveil sonne. Cette première nuit à Arêches a été très hâchée. Déjeuner, préparer le matos, s’échauffer, le rituel s’installe. Quelques minutes avant le coup de fusil, nous entrons dans la raquette de départ, le cœur déjà à bloc. Cette fois, on y est. Le coup de feu retentit, c’est parti pour ces 4 jours tant attendus. La première partie de course se passe pour le mieux, on a la niaque, il fait beau, l’ambiance est à la fête et nous sommes au cœur de l’action. Nous déchantons vite. La seconde montée est technique et nous avons fait le choix de peaux qui glissent fort. C’est une première erreur qui nous coûtera cher. Dans la dernière montée plein soleil, nous sommes au ralenti, les crampes arrivent, les encouragements des copains n’y font rien. Va-t-on passer la ligne dans les temps ? Nous n’y croyons plus, mais fonçons quand même dans les pentes de Côte 2 000 que nous connaissons par cœur, et… ça passe… Le doute s’installe quelques minutes après le passage de la ligne d’arrivée. Dans quel état sera-t-on demain matin ? Comment récupérer efficacement ? Manger, dormir, se détendre. Les vacances quoi ! >>>

La Pierra Menta 2013 a connu une diffusion de la course en direct pour la mythique étape du samedi, commentée par Myriam Cornu, la rédactrice en chef d’Escape, et Grégory Gachet, ancien vainqueur de la course. Une première pour le ski-alpinisme, une belle réussite qu’on doit à Migoo, la boite de réalisation grenobloise. Ci-dessous, ambiance accordéon avec Patrick, testeur Escape par ailleurs. Le samedi, au Grand-Mont, Michel et sa joyeuse équipe vous offrent la fondue (après avoir monté le Beaufort sur le dos !). La bande de la Tomme de Savoie, elle, pousse la chansonnette et paie sa tournée de fromage, elle aussi. Une ambiance inoubliable, un truc qu’il faut vivre une fois dans une vie. À droite, les coureurs encouragés par des gens qui ont fait un effort pour venir ici… Jef Leca / Pierra Menta

Le moment tant attendu arrive enfin. Beaucoup de neige récente, un temps annoncé moyen : l’espoir de parcourir les belles arêtes du Beaufortain s’amenuise. Le retrait des dossards et le premier briefing nous mettent dans le bain.

Jef Leca / Pierra Menta

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Jef Leca / Pierra Menta

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J2 sera la plus belle journée, loin d’Arêches en direction de la Pierra Menta et du Mont Coin. La course débute par une longue descente, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le passage dans le village en courant est fabuleux en terme d’ambiance même si la course n’est pas mon fort. Je serre les dents jusqu’au pied de la Roche Parstire, Norman qui est un aficionado du trail prend ça avec le sourire. On ne souffre pas de la chaleur, les conditions sont au top, bref on y croit. On termine dans de bien meilleures conditions que la veille avec une certaine marge au niveau du chrono. L’espoir de finir la course renaît dans un coin de notre tête. J3 : le samedi, la journée reine, la fête du ski-alpinisme. Cette journée nous est annoncée au briefing sous de mauvais hospices avec du foehn, de la neige et, par conséquent, des conditions de visibilité complexes : nous ne parcourrons pas l’arête du Grand Mont. Nous retournons au centre d’hébergement les escape #49

Ci-contre : Cyril Bon-Mardion, le grand frère de William, a couru aussi. La belle Laetitia Roux, victorieuse.de la Grande Course. jambes bien lourdes de la journée, la fatigue sera dure à gérer jusqu’à la fin… La routine matinale est, cette fois, bien rodée. Malgré tout, c’est un matin différent des autres, il y a de l’agitation au Planay : le ballet des hélicos, la foule, le brouhaha des carons, les directs à la télé (une première pour le ski-alpinisme !), la sono, le commentateur… le jour J, c’est aujourd’hui. Le départ est donné, c’est toujours aussi dur de monter dans les tours dès le départ. La course attaque par la montée de Perche, 800 m sur le domaine skiable d’une traite. C’est évidemment ultra dur, mais l’ambiance est telle qu’une certaine énergie nous envahit et nous transcende jusqu’à la tête du Cuvy. La descente sur le domaine skiable nous est familière et ça enchaîne jusqu’au pied du couloir Caponi. Il y a moins de spectateurs, l’euphorie retombe, >>>


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Jef Leca / Pierra Menta

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J4 : la fin de l’aventure Thierry Arnoud de Météo France nous annonce un temps maussade pour le dernier jour, mais qui devrait tenir jusqu’à l’arrivée. Pour cette dernière étape presque sous le signe de la détente, nous partons dans le brouillard. La montée au Col de la Bâthie me semble vite avalée. L’écurie n’est pas loin et les chevaux sont pleins d’entrain. Le sommet de la Grande Combe est déjà là, il n’y a plus qu’à se laisser glisser jusqu’en bas par les Combettes que l’on a déjà parcourues des dizaines de fois. Sauf blessure ou casse matériel, l’affaire est faite… Nous nous concentrons sur cette dernière descente technique afin de ne pas tout gâcher si près du but. Au sortir de la forêt, à l’arrivée sur la piste de Perche, cette fois c’est sûr, ça va faire… les lunettes s’embuent, c’est magique, l’arrivée est à quelques centaines de mètres. Nous passons ensemble la ligne d’arrivée, ça y est c’est fait, ON L’A FAIT !

Le bilan 6 mois après, je dirai que la Pierra Menta est une expérience plutôt hors normes. Au-delà du niveau des participants qui est évidemment très élevé, le format de la course sur quatre jours n’a rien à voir avec les autres événements auquel j’ai eu la chance de participer. La gestion escape #49

Jef Leca / Pierra Menta

c’est le “coup de moins bien”. L’organisme est saturé de gels et autres boissons énergétiques, il devient difficile de s’alimenter et de retrouver la patate ! Nous apercevons la foule au Col de la Forclaz. Tel Fredon, nous avons l’impression de nous diriger vers le Mordor, cette sensation est à la fois assez magique mais aussi inquiétante. Combien de personnes ? 1 000 ? 2 000 ? Au delà des émotions fortes à la vue des copains, des connaissances, cette fin de journée est assez dure. Il fait froid, les jambes sont lourdes, la sensation de connaitre ce domaine skiable par cœur prend le dessus : ras le bol. Le passage de la ligne d’arrivée est un soulagement. Il y a beaucoup de monde, c’est ultra plaisant de voir les copains, la famille et de pouvoir échanger un peu, de boire une bière (une seule !). Pour nous, la fête s’arrête là et le rituel reprend : repas, douche, matos, massage, sieste, balade… le dernier briefing.

Jef Leca / Pierra Menta

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de l’effort sur une longue durée est assez complexe. Et tellement de facteurs entrent en ligne de compte que tout peut arriver. J’ai été assez frustré par les conditions nivométéo plutôt médiocres qui n’ont pas permis de réaliser les beaux parcours tant convoités. Mais c’est une réalité valable pour toutes les courses de ski-alpinisme, c’est la montagne qui pilote. On pourrait dire que c’est beaucoup de sacrifices pour quatre jours très aléatoires, mais au-delà de ça, c’est une expérience humaine et personnelle unique.Cet objectif à deux ans nous aura permis de nous motiver au quotidien et de sortir par tout temps même lorsque les conditions n’étaient pas favorables. Cela nous aura aussi permis de progresser physiologiquement et techniquement, ce qui est un gage d’efficacité et sécurité dans notre pratique future de la montagne au sens large. Nous avons fini en flirtant en permanence avec les barrages horaires et la queue de peloton. Sûrement qu’une saison supplémentaire de pratique en course nous aurait permis d’être plus à l’aise sur cette première Pierra Menta. Première mais… pas dernière ? L’avenir nous le dira mais, finalement, ce n’est pas impossible. Les sensations hors-normes ressenties… n

Ci-dessus, Mathéo Jacquemoud et l’enfant du pays, William BonMardion, en route vers la victoire. Rémy et Norman, ivres de joie d’avoir bouclé les quatre étapes de cette épopée hors du commun. Dans l’aire d’arrivée, le dimanche à midi. Place à la récup pour tout le monde, coureur et organisateurs. Plus de 300 bénévoles se mobilisent pour ces quatre jours de fête.


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CHAMPION [portrait] William Bon-Mardion

Le bicylindre qui a osé détrôner Kilian Jornet [Par Élise Rouchy. Photos : nachogrez.com]

Son nom de code dans le milieu du ski-alpinisme ? BMW. Un surnom pas volé pour un athlète réputé aussi bien pour son gros moteur à la montée que pour sa puissance à la descente. Élise, sa compagne, nous fait l’amitié de raconter “son” champion. Quelques secondes dans l’intimité d’un grand… “Le premier mot qui me vient, c’est rigoureux” ! Il est très sérieux dans sa pratique, il ne fait rien à la légère, tout est bien organisé, calculé, la moindre minute... Cela vient de son emploi du temps très chargé (boulot, enfants, maison, entrainement) mais pas que... même avant tout cela, c’était déjà très carré ! Quand il part s’entrainer et qu’il me dit j’ai 1h10 à faire, il ne rentre pas 1h12 plus tard… Cela va de paire, mais il est plutôt perfectionniste. Il ne compte que sur lui, il ne va pas voir ce que font les autres. Surtout par rapport à son matériel : il peaufine le moindre truc, le bouchon de sa gourde, une cale sur ses chaussures (enfin plus depuis qu’il est chez La Sportiva, car ils le font pour lui !). Je crois que c’est l’un des seul dans l’équipe de France à faire lui-même ses skis (carres, fartage, etc.), il fait aussi beaucoup de couture sur ses sacs de course, ses combinaisons… Mais finalement tout cela, c’est dans un souci d’économie. Économie de temps et d’énergie ! Pour aussi passer le plus possible de temps avec nous (Arthur, Théo et moi !), avec les copains et aussi pour s’adonner à ses autres passions (la pêche, la chasse, la nature, le jardin...). Tout cela forme un équilibre dont il a besoin, je pense. escape #49

Autre point important : William n’est pas vraiment boulimique du dénivelé et des heures d’entraînement, et c’était comme cela même avant d’avoir une famille. Il aime s’entraîner, mais il fait le minimum pour être au top. Il cultive d’autres centres d’intérêt, il n’a pas QUE cela dans sa vie. C’est peut-être ce qui lui fait garder les pieds sur terre et rester aussi posé, car je ne l’ai jamais vu stresser (ce qui peut paraître étonnant à son niveau). On peut se dire que l’expérience joue (après 7 ans en équipe de France) mais, >>>

Ci-contre, William, vainqueur de la Pierra Menta 2013. BMW vu par Greg Gachet, double champion d’Europe, vice-champion du monde et vainqueur de la Pierra Menta. “Champion d’Europe, champion du Monde, vainqueur de la coupe du Monde, vainqueur de la Pierra Menta ! En deux saisons, William a tout simplement tout gagné et il devenu LE leader du ski-alpinisme, détrônant un Kilian Jornet que beaucoup pensaient imbattable. Ancien slalomeur, le ski-alpinisme est finalement fait pour lui, c’est son sport. Résistant, endurant, extraordinaire descendeur, mental de gagneur, “dur au mal”, William a toutes les qualités pour performer dans cette discipline... Le plus impressionnant dans tout cela, c’est que c’est un mec “normal”. Puisque, en plus d’être le meilleur skieur-alpiniste du monde, il travaille, il est père de famille et il construit sa maison. Chapeau bas !”  


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PORTRAIT [CHAMPION] BMW vu par Mathéo Jacquemoud “Pour moi, « Papa ours », c’est la force tranquille, calme à l’extérieur mais un volcan en éruption dans la course ! En vrai pitbull, il ne lâche jamais ! C’est avant tout un descendeur exceptionnel mais il ne faut pas oublier qu’il a un gros moteur à la montée… Ce qui m’impressionne le plus, c’est sa détermination et son relâchement. BMW, c’est une machine à gagner !”

même à ses débuts, je ne l’ai jamais vu mal, à s’angoisser, se mettre la pression, ou même réagir négativement lors d’une mauvaise course… peut-être parce qu’il n’en a pas connu beaucoup (rires). Restons humbles mais c’est sûr que, quand ça marche, on ne se pose pas de question… Donc oui, il a une certaine assurance. Je devrais stopper là car, si je continue, je vais vous dire le contraire ! Je viens de vous le décrire comme une personne très carrée, mais ce n’est pas quelqu’un de strict non plus. À ses débuts, il passait l’hiver un peu cloitré, escape #49

sans voir les copains, sans sortir, en faisant très attention à la nourriture, à se coucher tout le temps très tôt, sans se permettre le moindre écart mais, peut-être grâce à l’expérience, il se rend compte qu’il a besoin d’un équilibre et que profiter quand même (de façon modérée évidemment) de la vie, même l’hiver, cela fonctionne. Du coup, il s’autorise quelques plaisirs simples, une bonne bouffe de temps en temps, des sorties avec les copains (moins que le reste de l’année bien sur) mais cela fait partie de son propre équilibre qu’il a su trouver… n

Vu par Jean-Louis Bal, son coach “Skieur alpin jusqu’en 2003, William est passé au skialpinisme en 2004. Excellent skieur, il est progressivement monté en puissance et se montre l’un des coureurs les plus réguliers dans le top 4 depuis 2010. Aujourd’hui très complet, William peut bien se comporter du sprint aux longues courses par équipe, il a notamment réalisé de gros progrès en vertical race : 15e des championnats de France en 2008, cinq ans plus tard il remporte la coupe du monde ISMF dans la discipline ! C’est cependant en individuelle qu’il s’exprime le mieux. William remporte coup sur coup le titre européen en 2012 puis mondial en 2013. C’est une ‘’force de la nature’’ avec de grosses qualités physiques, qui possède l’avantage de pouvoir atteindre son maximum sans avoir à effectuer de très grosses charges d’entraînement. À 30 ans, il a pris confiance en ses possibilités et possède les moyens de rester au top encore plusieurs saisons.”

“Rigueur, assurance, expérience et équilibre résument William” dixit sa femme Élise, ex-sportive de haut niveau (athlétisme).


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Graziani-Benoist

De la mer à la montagne [Par Myriam Cornu, Photos : Millet©Y.Graziani-S.Benoist]

Les Niçois Yannick Graziani et Stéphane Benoist viennent de rentrer de l’Annapurna. Le “Premier 8000” s’est offert à eux après 5 jours d’ascension. De la mer (de glace, pour Graziani) à la montagne, il n’y eut “que” 8 091 mètres… escape #49


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alpinisme [haut niveau]

Y

annick Graziani, alpiniste Millet et guide à la Compagnie de Chamonix, et Stéphane Benoist ont réussi la face Sud de l’Annapurna, le 24 octobre. 15 jours auparavant, Ueli Steck y avait accompli une ascension éclair. Cela faisait 30 ans que personne n’était allé là-haut par la voie Lafaille-Beghin.

C’est l’un des sommets les plus âpres au monde. Depuis l’ascension de Bohigas et Lucas, en 1984 (des Catalans), personne n’avait “dompté” la face Sud qui avait coûté la vie à Pierre Beghin en 1992. Après trois semaines d’acclimatation sur un sommet visiblement vierge à proximité du monstre sacré, les alpinistes ont rongé leur frein en raisons des mauvaises conditions climatiques. Partis du lodge le 16 octobre, ils ont atteint le 18 un éperon rocheux sur lequel ils ont patienté jusqu’au 21 et une fenêtre météo plus clémente. « Ensuite, on a mis trois jours pour grimper le grand mur » raconte Yannick Graziani. “Un mur d’au moins 550 mètres, en escalade mixte glaciaire. Dans les Alpes, on coterait ED. Les passages de mixte les plus difficiles, on les a cotés à l’anglaise, M6. Stéphane a fait de très jolies longueurs. C’était hyper beau de grimper là-dedans, magnifique.” Le sommet est atteint le 24, jour de l’anniversaire de Yannick. “On est resté un quart d’heure là-haut, c’était super beau. C’est un drôle de sommet : plein de bosses !” Le plus dur sera finalement la descente, comme souvent. Le retour sera difficile, sans fin. “Stéphane n’allait pas bien. Par moments, il ne voulait plus repartir. Épuisé, il mangeait de la neige. À Katmandou on s’est aperçu que Stéphane avait en réalité une pneumonie et des gelures assez graves.” Escape les félicite en tout cas tous les deux et leur souhaite de se remettre rapidement de leur épopée. Yannick va poursuivre ses aventures avec ses compagnons de cordée, Stéphane bien sûr mais aussi ses deux compères Christian Trommsdorff et Patrice Vagnon. L’hiver en France va leur paraître bien doux… n  escape #49

Côté équipement, deux écoles. “Stéphane avait opté pour la multiplication de couches. Moi, pour la combinaison. J’avais aussi les nouvelles chaussures Everest de Millet, qui se sont avérées super.” Victorieuse d’un award au dernier Ispo la chaussure d’expédition entre donc déjà dans la légende. L’arme fatale pour les ascensions techniques par froid extrême en très haute altitude.


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FREERANDO [POUDREUSE à gogo]

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Sur un plateau

Nord Vercors, l’hiver se mange chaud ! [Texte et photos : Philippe Rebreyend. Riders : Ludovic Guillot-Diat, Hugo Laugier, Antoine Maréchal, Denis Mayousse]

Sortez les peaux, il neige ! Si on nous annonce l’hiver le plus froid qu’ait connu la planète depuis (depuis quand au fait ?), il n’est pas dit si la neige suivra. Retour en images sur l’exceptionnelle cuvée 2012-2013 en attendant de faire nos traces cet hiver. Dans l’immaculé Vercors, pourquoi pas ?

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FREERANDO [POUDREUSE à gogo]

L

a dernière saison avait cela de particulier : la neige s’est invitée en abondance et en basse altitude, bien avant l’arrivée des skieurs, avant même l’ouverture des stations.

Fin octobre, il tombait pas loin d’un mètre d’une neige fraîche incroyablement légère sur les arbres encore en feuilles. Difficile de résister à la tentation de sortir le matos de freerando pour aller tracer sur les crêtes, les premières courbes qui donneront le coup d’envoi d’un hiver qui ne mollira pas…

Corrençon, la poudre en avant-première Début décembre, la neige n’a cessé de tomber, et une petite fenêtre est annoncée, l’occasion de solliciter notre rider local qui s’illustre de façon de plus en plus convaincante sur le Freeride Worldtour : Ludo Guillot-Diat. Nous le retrouvons aux premiers rayons du soleil avec Hugo Laugier, freestyler émérite. Il est tombé de la poudre en masse. Nous allons en manger à notre faim deux jours avant l’ouverture du domaine. Nous traçons seuls au monde, entre les falaises de la Grande Moucherolle et les étendues sauvages des hauts plateaux. escape #49

Très à l’aise dans les airs, Hugo sait aussi s’immerger dans les forêts abondamment plâtrées de Corrençon.

Enfant du pays, Ludo Guillot-Diat fait voler la poudre. Pour élargir le terrain de jeux, il sortira bien volontiers sa split board.


Backcountry aux Montagnes de Lans Le terrain de jeu ne présente pas de gros dénivelés, pourtant les jours de poudre, Hugo et ses potes sont là pour placer leurs tricks dans la nature, loin des parks. Mais pas seulement, les petits pins qui jalonnent la montagne forment sous l’incroyable épaisseur de fraîche une bien ludique champignonnière, où les skis à cambre inversé font merveille, où chacun redonne sa définition du slalom. Cela ne peut se faire que les années exceptionnelles, et celle-ci en est une. Il est possible de skier jusqu’au plateau, à 1 000 m, via des itinéraires fréquentés par les seuls chamois : les Allières, les Jeux, ou moyennant une demi-heure de peau, le couloir ouest du Moucherotte… >>>

DU TRAM À LA TRACE DE MONTÉE.

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FREERANDO [POUDREUSE à gogo] Free-randonnons gaiement sous le Cornafion Encore un spot à chamois, ambiance plus alpine, pentes plus sérieuses… C’est entre la Crète des Crocs et le Roc Cornafion que ça se passe pour la freerando. Un freeride bien sportif puisque se jouant dans une montagne sauvage, dépourvue de pylônes. Les montées en peaux ont pour but de nous placer à l’aplomb des plus belles lignes du secteur sur quelque 800 m, un must pour un plateau : Combe Noire, directe du Rocher de l’Ours, Fourches… On croise par ici plus d’animaux que de skieurs. Mais attention, si du côté de Lans la question ne se pose pas vraiment, ici l’avalanche est à prendre en considération. Consulter l’indice et s’équiper en conséquence ne sera pas un luxe. L’entrée des fourches, Antoine s’engage dans l’une des belles pentes du plateau.

Ascension au Rocher de l’Ours dans la purée de pois, l’art d’aller chercher de la pente vierge...

Hésitations au sommet, avant la bascule côté Grenoble. Dans l’un des champs de poudre bien garni et suspendu dans la face, Denis a choisi de skier !

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Face Est du Moucherotte, peur sur la ville… Plus raide cette fois, plus rare aussi, c’est sur l’autre versant que nous basculons, le côté falaise comme on dit. Là, c’est avec un guide, Denis Mayousse, et ses collègues du Secours en montagne que je m’embarque. Eux sont à l’entraînement, c’est-à-dire que la montée au Moucherotte, ils la font en courant… Très vite, donc, nous nous retrouvons à l’aplomb de cette face Est. Sous les spatules, le ronronnement de la cuvette grenobloise. Tout autour, les Alpes. Pile en face, le Mont-Blanc. Le doute est de la partie. Il s’agit d’entrer en douceur dans la pente, raide. D’apprécier, virage après virage, l’épaisse couche de neige. Finalement, et comme souvent cette saison, c’est juste excellent à skier, plus stable que ça en a l’air. Et cet itinéraire complexe, en suspension au-dessus de la ville, a quelque chose d’irréel, de magique ! n


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cascade de glace [givré !]

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Certains l’aiment show ! [par Myriam Cornu]

Il est l’un des meilleurs grimpeurs anglais du moment. Roc ou glace, il fait feu de tout bois et ouvre des voies en Mongolie, à Cuba ou au Sri Lanka, excelle dans le “deep water soloing” au Vietnam et en Thaïlande. Ce qui nous intéresse le plus chez Escape ? Son experience à Helmcken Falls au Canada, en 2012. La cascade de glace réputée la plus difficile au monde. Rencontre avec Tim Emmett, auteur d’ascensions à grand spectacle et retour sur la naissance de l’ensemble Seraction, son bébé chez Mountain Hardwear.

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“Drive fast, take chances, feel alive!” voilà le slogan de Tim. Ses sources d’inspiration ? Ueli Steck, Dean Potter and Alex Honnold, côté montagne, et Laird Hamilton côté mer. “Mon conseil à vos lecteurs ? Sortez et amusez-vous. Saisissez toutes les occasions et cherchez l’aventure. Vous serez récompensés !” Tim Emmett à Helmcken falls, Colombie britannique. © Wiktor Skupinski / Mountain Hardwear

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cascade de glace [givré !]

S

on sourire ferait fondre un iceberg. Façon de parler, remarquez, sinon il aurait du mal à s’adonner à son plaisir personnel… l’ascension de très, très grosses barres. Tim Emmet est un givré taille XXL.

Bourré d’humour et de décontraction (normal, il est anglais), Tim Emmett met autant d’enthousiasme à nous présenter Rocco, son fils de 5 semaines, que la tenue qu’il a conçue avec Mountain Hardwear. “Monsieur 300 %” met toute son énergie dans les choses qu’il entreprend. Helmcken Falls, c’est 210 mètres de cascade de glace, 8 longueurs. Personne ne s’y était frotté avant. “La portion que nous avons grimpée n’est qu’une partie de cette “huge” rivière qui ne gèle jamais. Nous n’avons gravi que le “spray” (les “éclaboussures” si l’on veut)”. En France, les cascades sont très dures. Là-bas, la glace est bien différente, très aérée, “comme du beurre”. Elle est beaucoup plus facile à escalader mais il est impossible de se protéger. Tu dois être efficace sur ton premier geste car si tu recommences, ça casse.”

“Je voulais de la légèreté mais aussi de la durabilité, donc on arrive à 460 g la veste, un poids mesuré mais pas une feuille de cigarette non plus. La veste devait pouvoir tenir toute une saison de pratique intensive, telle que je lui fais vivre poches sont larges, tu y glisses tes affaires sans batailler. L’intérieur en est waterproof, donc tu peux mettre tes gants pleins de neige dedans, sans craindre d’être mouillé. De plus, un petit trou en fond de poche permet à l’eau de s’évacuer. Deux poches internes généreuses complètent bien la surface de «rangement». Le zip central, excentré, fait en sorte que le zip de la seconde couche ne gêne pas. La capuche est très stretch et possède 4 cordons de réglage. Le zip d’aération sous les bras est excentré également : on a ainsi pu poser un panneau de stretch sous le bras pour l’aisance.”

un équipement sur-mesure Tim collabore avec Mountain Hardwear depuis 15 ans, autrement dit quasiment depuis les origines de la marque, qui vient de fêter ses 20 ans. Impliqué comme athlète, il est aussi conseiller technique et forme les commerciaux sur des produits qu’il connaît comme sa poche pour les avoir décidés (lesdites poches). “J’ai passé des années à écouter les “remontées” sur ce que veulent les clients, cela m’a donné une sacrée expérience pour devenir “développeur” de produits. C’est la première fois, avec cet ensemble Seraction, que je suis en contact direct avec les designers. Donc je me suis servi de cette masse d’informations que j’avais récoltée, en provenance de pratiquants de tous types. Ils m’ont donné carte blanche. Le fit était ma priorité numéro 1, pour la veste Seraction. Un design minimaliste, une coupe très près du corps, pour ne pas entraver le mouvement.” La veste et le pantalon Seraction, “highlights” de la saison pour Mountain Hardwear, font donc presque office de “pro-models”. Dissection des produits avec le principal intéressé. n escape #49

En cours de test, à suivre !

Pour le pantalon, un zip double sens tout le long, du stretch entre les jambes. «La zone de protection crampons ne s’arrête pas droit mais en «diamant» pour qu’on soit protégé plus haut et que cela ne fasse pas de «cassure» à l’endroit de liaison des matières, pour un pantalon très «articulé».» Un demi-zip supplémentaire en bas permet de donner de l’aisance aux chaussures larges. En bonus, panneau stretch dans le dos, ceinture confortable dans un passant large, poche bien en-dessous du baudrier et système qui permet de se passer de guêtres.


Pour me préparer avant un gros truc, je ferme les yeux, je respire et je souris

Islande © Keith Ladzinski / Mountain Hardwear

“Nous avons conçu une veste très simple.Simple as good, I think” explique Tim Emmett. Parmi ses produits cultes chez Mountain Hardwear, il cite la Mixaction, “un corps en Softshell avec des épaules, des bras et une tête protégés en Dry Q Elite, donc waterprood. Un «corps» très respirant et de la protection là où tu en as le plus besoin.” Et la Ghost Whisperer, “un étonnant modèle tout petit et léger, je l’ai toujours avec moi. Une excellente combinaison : le duvet de la Ghost et la protection de la Mix.” Dans les moulins de la mer de glace à Chamonix. © John Griffith / Mountain Hardwear

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visite privée [les coulisses scott]

exclusivité escape

Montebelluna : nos pieds sont entre leurs mains [par Myriam Cornu, texte et photos]

Direction la Vénétie pour visiter le berceau de la chaussure outdoor : Montebelluna. À deux pas de Venise, cette petite ville italienne est un mythe pour tous les amoureux de la montagne. Scott nous a fait une faveur inestimable : celle d’ouvrir en grand – et en exclusivité ! -les portes de ses usines aux lecteurs d’Escape. Hervé Maneint, concepteur des skis et chaussures de ski Scott, nous a permis d’assister à la naissance d’une Cosmos, la figure de proue de Scott, l’une des meilleures ventes de chaussures freerando. On vous fait visiter ?

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Walter Mentil est le “Monsieur Scarpetta” de la marque Scott. Le chausson, c’est le cœur de la chaussure , c’est lui qui détermine tout. Très compliqué, il comprend au moins 60 pièces. “Walter fait partie des gens rares” explique Hervé Maneint. “La chaussure et lui, c’est une histoire de famille. Il a ça dans le sang. Il vient de la chaussure de ville, classique. C’est lui qui décide du sort de nos chaussons”. Lui qui détermine quelle épaisseur de quelle matière on utilise dans telle et telle partie. Il supervise aussi la production. Entre 40 à 70 minutes de couture sont nécessaires pour une seule paire de chaussons. “Notre objectif, c’est de ramener tout ici.” Pour l’instant, l’assemblage des chaussons et le thermoformage se font en Bosnie, dans une usine commune à Scott, La Sportiva et Sidas. “Toutes les machines de thermoformage sont notre propriété. Nous avons autorisé ces marques à les utiliser”. “Walter est notre modèliste” continue Hervé. “Toutes les marques n’en ont pas, mais pour nous, c’est une priorité”. Walter part d’un travail d’habillage du pied en bois, la “forme”, avec de l’adhésif sur lequel il dessine. “C’est du travail de cordonnerie, peu de marques font cela. C’est une approche à l’œil, à la main et au savoir-faire.” escape #49


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visite privée [les coulisses scott] “On assiste à un gros engouement pour la rando” rappelle d’emblée Hervé Maneint. “La tendance du moment, la tendance générale du marché, va à la chaussure légère, légère.” D’où le choix de suivre la naissance de la Cosmos. Nous avons suivi l’heureux “papa” de la chaussure telle qu’elle a été revisitée par Scott. La Cosmos était, en effet, un modèle Garmont, mais Scott a racheté la partie « hiver » de la marque. Une chaussure de ski de randonnée, c’est 1 million d’euros d’investissement (contre 15  000  € pour une nouvelle chaussure de marche) incluant la projection (le développement), toutes les tailles de moules, le coût total de production des outillages, les moules de toutes les pièces pour 9 tailles dorénavant (dont, depuis peu, le 46-47). La chaussure de ski de randonnée est donc un investissement à haut risque. D’où le rachat de Garmont par Scott. “L’opportunité s’est présentée alors on en a profité pour partir d’un existant, bénéficier d’un “know-how” explique Hervé qui, après des décennies d’expérience, confie : “Après e sais seulement que je ne sais rien ! On apprend tous les jours en matière de chaussures de ski.” Après le rachat, Hervé a étudié la gamme, pioché tel et tel modèle et décidé d’une collection. Sur 19 modèles, seuls 12 ont survécu. “Je voulais que nous soyions plus efficaces, d’où l’épure de l’offre. Notre philosophie ? Nous voulons des chaussures qui sachent aussi bien monter que descendre. Freerando, freeski, voilà le créneau.”

(Re)naissance d’une chaussure Pour une vraie nouveauté chaussure, il faut compter un an, du papier à la neige, pour toutes les pointures. Là, il s’agissait surtout de consolider les bases de cet excellent modèle en gommant ses défauts. Le travail, essentiel, accompli par Scott a été de donner une fiabilité à cette chaussure qui possédait un gros potentiel. Une sorte de “bras de renfort”du collier, avec un insert au volume augmenté (voir les deux photos comparatives) amènent à ce modèle la sécurité qu’il mérite. Fini le risque de casse. “Nous l’avons donnée en escape #49

Le job d’Alessandro Morandin ? Penser de nouvelles solutions. Grâce à des logiciels 3D et la CAD, il réalise des projections de plan pour les coques.On le voit en page de droite, le dessin vient après les protos faits main en bois et résine.La chaussure à un million d’euros, c’est la “numéro zéro” ! Il faut un an de travail pour livrer un nouveau modèle.


test à des guides très pointus, qui sont tous les jours sur la neige. Ils ont été unanimes, nous avons réussi notre pari. La barre rouge que l’on voit sur la photo résistait à 400 kg, aujourd’hui on est passé à 600. Les skieurs sont de plus en plus puissants, les skis plus larges donc les sollicitations plus importantes“ souligne le concepteur chamoniard. “C’était vraiment notre challenge chez Scott. Livrer des chaussures qui soient irréprochables. Le défi est relevé avec les nouvelles Cosmos livrées au 1er septembre. Nous avons contré tous les problèmes qui étaient connus. De la même manière, nous sommes en train de retravailler tous les autres modèles, éliminant un par un tous leurs défauts.”

rêves de concepteurs Le rêve de Walter ressemble au nôtre : il voudrait qu’on sache faire léger comme une chaussure de ski-alpinisme et performant comme une chaussure racing. “Each step is a step”. Il le souligne, les choses ont déjà énormément progressé mais bientôt, qui sait ? “Mon rêve à moi, c’est zéro boucle et le plus de mobilité possible. “Simple is better.““ sourit Hervé. Aujourd’hui, la tendance est au “Plug and play”. “90 % des chaussons Scott sont déjà thermoformables. L’hiver prochain, ce sera 100 %. On essaie d’aller dans une direction où tu suis vraiment le mouvement de la jambe, pour protéger les ligaments par exemple. On travaille sur des coques avec plus de mobilité en cheville, c’est dans la demande des skis du futur. Nous travaillons beaucoup sur l’anatomie, le but c’est le moins de souffrance possible.”

pistes d’avenir

“Ceci est une chaussure de ski de randonnée !” plaisante Loris Zara. Cette caisse de bois va lui servir à préparer les maquettes, les prototypes, dans le laboratoire magique de la R&D de Scott. “ Il a de l’or dans les mains” sourit Hervé. Ces pièces vont être collées une à une pour donner la forme voulue à la future coque. Le dessin sera ensuite développé sur l’ordinateur. Le “handmade” avant la technologie. Ci-dessous, l’objet peut-être le moins glamour de l’usine mais qui “tranche” toutes les décisions : la balance. “C’est l’objet le plus important de l’usine, surtout lorsqu’on créé un nouveau produit” souligne Loris. “On est à 1 gramme près partout”.

Pour 2015, de grosses surprises devraient sortir des ateliers d’Hervé Maneint, du côté de la Céleste, de l’Orbit et de la Nova. Avec, par exemple, une Orbit plus légère, plus simple, un peu moins technique (pas de canting) mais très légère. Livrée l’hiver prochain, elle sera vraiment reliftée, avec un gros travail sur les boucles (2 au lieu de 3), de nouveaux chaussons. ”L’ensemble chaussoncoque, c’est un gros travail de précision. Tout doit s’ajuster parfaitement.“ En matière de chaussure de ski de randonnée, il n’y a pas ni millimètre qui traîne… ni gramme superflu ! n escape #49


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visite privée [les coulisses scott] Basé à Chamonix, Hervé Maneint est le premier à tester “ses” chaussures. “J’ai là-haut tout ce qu’il me faut.”

“On travaille sur des semelles de propreté nouvelle génération avec des fils d’argent anti-bactériens et sur des matériaux plus performants, aussi, pour les semelles d’isolation. Le gros défi, pour les chaussures de ski de randonnée, c’est l’isolation du froid. Nos guides tournent à 4 000 mètres donc ce n’est pas un détail. La légèreté va au détriment de l’isolation. Pour 2015, la semelle isolante va être refaite. Ce qui nécessite de repenser le chausson puisque le volume change. Tout doit s’articuler sans grain de sable.”

Machine en cours de construction. Une machine de leur invention pour un test avec fixation. L’une des machines de test met les plastiques en conditions réelles de froid par un système réfrigérant à -20°. 40 000 mouvements de marche sont reproduits dans ce frigo pour tester le comportement des prototypes.

Moule de découpe d’une pièce pour le chausson. Tous nos remerciements pour ce sujet à Richard, Romy et Hervé de Scott, ainsi qu’à Marion et toute l’équipe de La Sportiva pour les autorisations diverses.

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“L’instant “step-in”, c’est ce qu’on recherche. On ne doit pas avoir de soucis pour chausser, se sentir immédiatement bien dedans. Un bon chaussant, facile, c’est la recherche de tous ceux qui font des chaussures” explique Hervé Maneint.

Alessandro Morandin, c’est la tête, et Loris Zara les mains. C’est le binôme parfait. Alessandro imagine et Loris sculpte. C’est ça, le vrai savoir-faire des gens d’ici. Etre capable de faire des modèles à la main demande beaucoup d’expérience et c’est très important pour les moules, ensuite” explique Hervé Maneint.


Aspect très important de la démarche R&D, pour tout produit, les brevets. “On doit faire très attention à l’existant, composer avec tout cela. Il existe même des cabinets de brevets : quand on a un doute, on fait venir ces experts” détaille Hervé Maneint. “Think another way”, c’est le slogan de toutes les R & D du monde. Autre aspect, plus léger celui-là, du travail : le design final. “Nous définissons une “colors palette” par activités.” Des harmonies de couleur sont fournies au designer, Jean-Philippe, basé à Chamonix lui aussi. C’est Hervé, là encore, qui oriente les coloris. “Je pioche pas mal dans les vêtements outdoor. L’an prochain, il y aura beaucoup de violet profond et des verts”. Stefano Carano, lui, intervient sur du design 3D : il définit des lignes, qui seront reprises par le mouliste.

Si les semelles sont produites par Vibram, les dessins des crampons ont été fournis par Scott.

Nous vous l’annonçions dans le dernier numéro, La Cosmos est un coup de cœur des testeurs Escape pour la freerando. Pour aboutir à un produit plus sûr que jamais, plus fiable, Scott a gommé les défauts connus des Cosmos version Garmont, que la marque a racheté. Nouveau système Ski/Walk , complètement repensé pour un ajustement rapide et précis, rotation du collier de 60°, chausson thermoformable, la Cosmos est une chaussure confortable à la montée, sécurisante et fiable à la descente. Pour un non-initié, il n’y a rien qui ressemble plus à un plastique qu’un autre. Et pourtant, il y a moult matériaux différents, amenant tous des propriétés spécifiques. Celui de la Cosmos est très onéreux. Hervé précise : “Le Grilamid utilisé (sorti il y a trois ans) offre résistance à l’impact et légèreté. Au niveau mécanique, ça skie vraiment vraiment bien !” À titre de comparaison, le Grilamid pèse 0,98 kg/dm3, le Pebax 1,02 kg/dm3 et le TPU 1,2 kg/dm3.

Plus résistant au froid et à l’érosion, un nouvel insert fixation a été installé pour remplacer l’ancien (couleur métal). Mal tarodé, il occasionnait des déclenchements intempestifs.

“Nous avons imaginé une sorte de bras de renfort du collier. Nous avons augmenté le volume de l’insert (la pièce de gauche est celle de la nouvelle Cosmos). Elles ont franchi les tests terrain de nos guides les plus engagés, pour prouver leur fiabilité.”

Shock damper inserts sont des absorbeurs de choc. Hervé Maneint traduit : “Il faut aussi penser aux portions à pied lorsqu’on conçoit une chaussure de ski de randonnée. Une mousse plus molle permet de sentir le terrain et offre de meilleures sensations kinesthésiques à la marche. Nous cherchons vraiment à améliorer les stades de marche à pied. J’ai des guides qui marchent des heures avec nos chaussures, comme Yannick Graziani, au Pakistan ou ailleurs.” Alter ego féminin de la Cosmos : la Céleste. “Une chaussure femme, c’est un flex de plastique plus tolérant, un chausson bien particulier (le mollet féminin démarre souvent plus bas) et plus chaleureux” résume l’expert. escape #49


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visite privée [les coulisses scott]

La membrane Gore-Tex (en blanc) est indépendante de toute couture ou rivet, elle ne touche rien. Le procédé est très pointu, très contrôlé.

Meet Italia (l’entreprise de Ugo et ses fils) travaille en contact étroit avec Ricardo de Scott. De la commande à la production, chez Scott, s’écoulent 5 mois. Il faut avoir vu toutes les opérations requises et le savoir-faire du personnel pour comprendre le prix que nous payons les produits… escape #49

93 personnes travaillent dans l’usine de Meet Italia, 700 paires sont produites par jour. En une heure, l’atelier se prépare en fonction des modèles à produire. Lors de notre visite, ce sont les Trango S Evo GTX de La Sportiva et la Miura Women La Sportiva qui se trouvent sur les lignes mais les chaussons des chaussures de ski de randonnée Scott sont réalisés ici, dans une succession d’opérations de grande précision.


Ricardo Perroto gère le planning de production, la logistique, le pricing. Il gère les sous-traitants qui se trouvent tous dans la région. Tous les fournisseurs viennent d’Italie, à l’image de Vibram.

Les chaussures de randonnée de Scott sont imaginées entre France, Suisse et Italie. Scott est basée en Suisse, Hervé à Chamonix et le bureau de recherche et développement à Montebelluna, où l’essentiel de la production est réalisé. Sur cette double page, nous voici chez l’un des sous-traitants qui fabriquent les modèles Scott, à deux rues de Meet Italia et du labo Scott, toujours à Montebelluna. « Nous croyions à 200 % au made in Italie. Il est ridicule d’amener les éléments en Chine, de les y faire faire, avant de les ramener là » assène Hervé. « Je me bagarre pour supprimer la Chine, j’ai déjà déplacé une partie de la production à Taïwan parce qu’ils prennent mieux soin de leurs employés mais ici, à Montebelluna, c’est le top. Le savoir-faire de la région est unique, il est inscrit là (montrant son cœur). C’est dans les gènes. »

C’est dans cette autre usine, toute proche, que sont réalisées les coques, avec un soin et une expertise immense. De la haute qualité de travail. escape #49


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RECO COURSE [TRAIL]

Fête des frontales

Y aura-t-il de la neige à la Saintélyon ? [Par Séverine Denis]

60 ans, rien de moins, pour la Saintélyon ! S’il est bien une année où il faut y aller, c’est celle-ci. Une cuvée d’exception pour ce mythe dont Escape vous invite à faire la reconnaissance, avec un parcours spécial anniversaire.

I

Les premières difficultés s’annoncent dès la sortie de Sorbiers : c’est le début d’une longue montée jusqu’au col de la Gachet. Déjà pointe le salutaire premier ravito de SaintChristo-en-Jarrez. Jusqu’ici les habitués se sentaient en terrain familier, mais à partir de là, on plonge dans l’inconnu… Un itinéraire plus proche du parcours des premières éditions pour le 60e anniversaire de la course : il faut gérer son effort en montant sur les crêtes. On retrouve le circuit habituel seulement entre la croix de Bicoury et les Hauts de Moreau. Arrivés au point culminant de la course (850 m), pas le temps d’admirer le paysage, une succession de descentes techniques nous attend. Attention aux chevilles : terrain caillouteux dans l’aventureuse descente de Plein Pot avant l’interminable traversée du Bois des Feuilles, en escape #49

Migoo

l est minuit, pendant que SaintÉtienne s’endort paisiblement, au parc-expo, c’est l’effervescence : c’est parti pour une mise en jambe urbaine avec 6 km de bitume confortable jusqu’à Sorbiers en guise d’échauffement. Les favoris s’élancent, les autres tentent de ne pas s’enflammer pour ménager leur effort.

légère montée. Les cuisses chauffent, la fatigue pointe son nez…Bientôt, on aperçoit le hameau du Chatelard que l’on contourne avant l’arrivée au second ravito, et non des moindres, celui de Sainte-Catherine. Une petite pause conviviale, mais dont on ne profite que très peu ! Puis c’est le moment de repartir en trottinant sans se mettre dans le rouge sur les chemins jusqu’à Chaussan-Saint-Genou. Surtout, ne pas relâcher l’attention : cailloux


Gilles Reboisson J.M. Mouchet

Le cordon lumineux des frontales. “Courir la nuit, ça n’a rien à voir !”  La Saintélyon est l’une des courses chères à Lafuma, dont on pourra d’ailleurs rencontrer les athlètes du team.

et feuilles mortes guettent sournoisement la moindre imprudence. Un crochet inédit par Saint-André-la-côte, où l’on quitte le GR7, permet de découvrir la descente du bois des Marches : attention, en négociant la pente, aux racines tortueuses qui ont la fourbe idée de se caler entre vos pieds. Mais avant ça, il vous faut vous armer de pensées positives pour affronter l’impitoyable montée du bois d’Arfeuille. Les habitués la connaissent à la descente, mais la maitriseront-ils dans ce sens ? Cette inversion promet des surprises… Ça tire dans les jambes, mais le troisième ravito de Chaussan-SaintGenou signale approximativement la miparcours. Vous vous sentez pousser des ailes ? Tant mieux, la route reste flongue. La portion qui s’annonce globalement descendante vous permet de récupérer un peu. Profitez-en.

Surtout que l’enchainement des prochains bois préfigure d’une haute technicité : le bois de la Gorge et le bois de la Dame, tant redoutés, dont la difficulté réclame un pied sûr dans une hasardeuse et interminable descente de 800 m. Une légère remontée et c’est le Mauvais Pas. Juste un lieu-dit au nom funeste… Sortez-en vite pour redescendre par le bois Bouchat, tout aussi technique et ardu, ensuite retrouvez un chemin plus large pour rejoindre le ravito de Soucieu-en-Jarrest. Après s’enchaine la descente en lacets sur le Garon (attention, nouvelle passerelle !) avant l’arrivée sur Chaponost et son dernier ravito, puis la traditionnelle montée des aqueducs de Beaunant pour entrer, via le quartier de Confluence, dans Lyon parée de tous ses feux en cette nuit de Fête des lumières. n escape #49


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TITRE [Soustitre] PORTFOLIO [NATURE]

Chute de Dettifoss, Islande

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De la poésie du trek

Le voyage intemporel [Par Stéphane Delpeyroux]

Nous avons découvert son travail l’automne dernier, à l’occasion de sa candidature aux Millet Expedition Project. Stéphane Delpeyroux, 28 ans, vient de partir pour son “voyage intemporel”, un tour du monde photographique de 6 mois dans des pays à fortes valeurs environnementales et paysagères : Pérou, Bolivie, Chili, Argentine, Polynésie française, Nouvelle-Zélande, Australie, Indonésie et Népal. Il va atteindre les lieux les plus sauvages par la randonnée. Un trek qui s’égrènera d’une série de photographies d’art, en noir et blanc, de ces paysages vierges d’empreintes humaines. À son retour, en mai prochain, des expositions auront lieu pour sensibiliser le grand public à la fragilité de la nature. Pose longue sur quelques photographies des précédents voyages de ce même pas trentenaire. escape #49


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PORTFOLIO [NATURE]

Hvitserkur, Islande

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Landmanalaugar, Islande

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PORTFOLIO [NATURE]

Plage dyrholaey, Islande

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TErre de trek [roots] Mongolie

Steppe by step [Par Charline Bouchage]

Tout les opposait, la Mongolie les a rapprochées. Anne Lise est étudiante en commerce, citadine, bordélique et rêveuse. Charline est monitrice de ski, montagnarde, méthodique et propriétaire d’un authentique caractère de cochon… Plus de 2 600 km, à pied, à cheval, en camion et à dos de chameau… De l’airag, de la vodka, du mouton et des fromages de yacks… Des sourires, de la pluie, des edelweiss, des marécages, des moustiques et du sable…

“Gengis Khan n’a pas reculé devant la difficulté… ben, nous non plus !” dixit les deux jeunes trekkeuses.

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S

’il est difficile de résumer cette aventure, nos sensations et nos émotions, voici quelquesunes de nos “Steps dans la Steppe”… Un mois, 300 euros et un bon sac à dos… Récit d’une aventure, carnet de voyage de deux copines en Mongolie. Step 1 : Amarbayasgalant Khiid Après 8h de train “assis en dur” pour atteindre Darkhan, puis 1h30 d’autostop…nous arrivons enfin. Sous la pluie, mais avec cérémonies et tambours : c’est encore mieux que les reportages d’Arte ! On dort à peine, et c’est parti pour une succession de rivières et de collines. C’est long, mais un mini-van russe chargé de 14 gardes forestiers nous prend en stop. 23 chansons, 7 propositions de mariage, un repas bien gras et 5 ou 6 bouteilles de vodka plus tard… Nous voilà à Bulgan !

Step 2 : Uran et Togoo Uul En direction de la réserve naturelle de l’Uran Togoo, on nous interpelle : “Hey girls, need a ride  ?”. On saute dans la voiture, on fait

connaissance (trop facile, ils parlent anglais), deux étudiants dont un Mongol, qui se rendent aussi près des volcans. On enchaine donc sur l’ascension en mode Kilian Jornet, on tourne trois fois autour des övöo dans le sens des aiguilles d’une montre, on y ajoute notre pierre et on descend dans le cratère.

Steps 3, 4 (Khövsgöl Nuur)  et 5, Uushigiin Uver, les 14 pierres de rennes 300 km, 2 jours, 28 jerricanes d’eau pour le radiateur, 4 détours pour boire le thé salé…le tout en camion pétrolier version ex-URSS. À Mörön, premier lit et première douche. Puis en route pour Khagtal, deux nanas et une brebis dans une benne de camion, sous la pluie, même pas peur ! Deux jours à cheval pour atteindre le col de Jankhai et le Ikh Uul, puis trois jours à pieds sur les rives du deuxième plus grand lac d’eau douce de Mongolie. J’ai surnommé mon cheval Kirikou, petit mais vaillant. Les Mongols adorent leurs chevaux, mais ne leur donnent >>> escape #49


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TErre de trek [roots]

pas de noms : ils les différencient selon 400 variantes de couleurs. Des noddles au feu de bois et quelques jours sans pluie… on refait le plein d’énergie. Uushigiin Uver sera la déception de l’aventure. 25 km pour s’y rendre et 3 000 MNT pour regarder des rochers ! De retour à Mörön, on enchaine avec une jeep collective de nuit dans les montagnes escarpées en direction de Tariat.

Step 6 : Terkhiin Tsagaan Nuur Arrivée vers 22 h, exténuées, on établit le camp sous une pluie battante. À 5h30 le lendemain, on se met en quête d’un tourist camp pour faire sécher la tente. Le temps se dégage, on grimpe le volcan Khorgo et on prend le soleil près du Lac Blanc. Sans oublier de jouer avec les enfants, et de faire la tournée des gers pour déguster fromages au lait de yacks et autres pudding aux myrtilles. On repart à contre cœur, sous les gouttes de lait qu’ils jettent en l’air pour nous porter chance.

Step 7 : Taikhar Chuluu On retrouve la route goudronnée et tout devient plus rapide. Notre pierre n’est pas restée au sommet de ce rocher couvert de tags, on ne sera pas riches… Tant pis, on l’est déjà de toutes ces rencontres.

Step 9 : Mongol Els : Echantillon de Gobi  et camel riding  C’est trempées jusqu’à l’os et couvertes de boue qu’on arrive dans cette petite oasis au paysage surréel : des dunes de sable au milieu de la steppe, et des chameaux à foison…

Step 9 : La capitale la plus moche du monde Nous voilà à Oulan Bataar. 5 jours en Guest House car notre tente a subi la colère d’un yack. On visite la capitale des contrastes : monastères coiffés de buildings ultra modernes, mongols en habits traditionnels addicts à l’iPhone, 4x4 ultra modernes garés dans les allées des yourtonvilles…

Step 8 : Karakhorin, Erdene Zuu Kiid Ici c’est l’ancienne capitale, où Gengis Khan a posé ses valises. Il pleut vraiment alors on écourte. Un petit tour au monastère et, hop, on reprend la route. escape #49

Mais voilà déjà l’heure de se réveiller : Pekin, Genève, Annecy, Albertville. Les panneaux défilent, et nous revoilà en Savoie… Nous y revenons toujours, aussi beau que fût le trek… n

“Anne Lise et moi, on a quand même quelques trucs en commun : à 25 ans, on n’est ni mariées, ni mamans… et ça, en Mongolie, ça intrigue vraiment !” “Qui boit l’eau d’une terre étrangère doit en suivre les coutumes.” Proverbe mongol Juillet est la meilleure période pour programmer un trek en Mongolie.


escape #49 document non contractuel - Crédit photo : © Piotr Morawski


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TITRE [Soustitre]

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ssin d’A rge nti ère

Ch am oni x

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CHOISI PAR

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escape #49

Escape 49  

Escape, le magazine gratuit de l'outdoor. Décembre 2013

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