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Editions Musarde


Jean

(de la fontaine)

Texte du conte par Defray

Illustrations par Didier Millotte

Š Editions Musarde, 2011


Jean adore inventer des histoires. Il en invente de toute sorte : avec des chats et des belettes, des lapins et des loups, des lions et des renards, et tout un tas d'autres animaux. Mais Jean n’ose pas raconter ses histoires aux autres, il a peur qu’on se moque de lui.


Alors, Jean va souvent s’asseoir derrière une fontaine pour raconter ses histoires aux oiseaux.


Un matin, un passant s’arrête devant la fontaine et entend Jean qui récite une fable. Le passant est surpris. Il croit que la fontaine raconte des histoires. Il rentre chez lui en criant partout : — J'ai découvert une fontaine magique, une fontaine qui parle !


Le lendemain, des curieux viennent voir la fontaine et, le jour d’après, il en arrive de nouveaux. Tout le village se presse pour entendre la fontaine aux histoires, mais Jean, seul avec ses oiseaux, ne se rend compte de rien. Un jour, pourtant, le bruit des hommes dérange les oiseaux et ils s’envolent. Alors Jean sort de sa cachette. Il est très étonné de voir autant de monde. — Que faites-vous là ? dit-il. — Nous sommes venus entendre les belles histoires de la fontaine, répondent les autres. — Mais, ce n’est pas la fontaine, c’est MOI qui raconte ces histoires !


Pour leur montrer, Jean invente une fable avec un corbeau et un renard, mais les autres ne l’écoutent plus. Ils sont déçus. Ils croyaient avoir affaire à une fontaine magique. En réalité, toutes ces histoires ne viennent que d’un petit bonhomme. Ils se détournent et partent, en laissant Jean tout seul. Jean est bien triste. Il rentre chez lui en cherchant les oiseaux. Hélas ! Ils ne réapparaissent pas et Jean n’a plus d’amis à qui parler.


Le lendemain, il revient à la fontaine avec l’espoir de les revoir. Mais… Pas de chance ! Il y a encore trop de monde près de la fontaine et Jean se demande pourquoi toutes ces personnes sont revenues. Alors, quelqu’un s’approche et dit : — Jean, pardonne-nous  ! Ce qui nous intéresse, c’est d’entendre de belles histoires. Ce n’est pas important si ce n’est pas la fontaine qui les raconte…


Et depuis ce jour-là, Jean raconte ses histoires aux oiseaux et aux hommes…


Et je ne sais pas si tu le sais, mais‌ Toutes les histoires de Jean, elles existent vraiment. On les appelle les fables de La Fontaine. Est-ce que tu en connais une ?


Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : « Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. » A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ; Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s'en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute : Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. » Le Corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Jean de La Fontaine, Fables, Livre I, 2

Le Corbeau et le Renard


Le Loup et l'Agneau

Un Agneau se désaltérait Dans le courant d’une onde pure. Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. « Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage  ? Dit cet animal plein de rage  : Tu seras châtié de ta témérité. — Sire, répond l’Agneau, que Votre Majesté Ne se mette pas en colère  ; Mais plutôt qu’elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d’Elle  ; Et que par conséquent, en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson. — Tu la troubles, reprit cette bête cruelle, Et je sais que de moi tu médis l’an passé. — Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né  ? Reprit l’Agneau  ; je tette encor ma mère — Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. — Je n’en ai point. — C’est donc quelqu’un des tiens  : Car vous ne m’épargnez guère, Vous, vos bergers et vos chiens. On me l’a dit  : il faut que je me venge.  » Là-dessus, au fond des forêts Le Loup l’emporte et puis le mange, Sans autre forme de procès.

Jean de La Fontaine, Fables, Livre I, 10

La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l’allons montrer tout à l’heure.


Dans la même collection Jean (de la fontaine) Mona Lisa est amoureuse Mozart et la petite princesse Michel-Ange et Goliath Le Noël de Molière Hippocrate est malade Louis quatorze s'amuse Le voyage de Mademoiselle Liberté Hercule et les Jeux Olympiques Le trésor de Christophe Colomb ...

Loi N°49 956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Dépot légal : avril 2011. Achevé d'imprimer en avril 2011 ISBN : 978-2-36432-002-4 Editions Musarde, Carros, France


Jean adore inventer des histoires, mais il n'ose pas les raconter aux autres. Il a peur qu'on se moque de lui. Alors, Jean va souvent s'asseoir derrière une fontaine pour raconter ses histoires aux oiseaux...

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Jean (de la fontaine)  

Jean adore inventer des histoires, mais il n'ose pas les raconter aux autres. Il a peur qu'on se moque de lui. Alors, Jean va souvent s'asse...

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