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B.I.O. bio un dĂŠsastre autobiographique


franck doyen

B.I.O. bio un désastre autobiographique

PROPOS|2 éditions


pour Sandrine


chaque morceau image photo est prise tu t’es assise face à la plage constituée par dans cette ville et pas une autre mérite une foule assez bruyante de petits vieux qu’on s’y attarde qu’on y renâcle ce qui sur le marché du dimanche matin tu t’es fait que reprend le fil tenu de la vie de assise en pensant qu’il aurait mieux valu brigitte jean ses habitudes ses déplacements rester debout dans les rues sombres entre ses traces dans les flaques ses histoires les alcoolos et les punks à chiens là quotidiennes ses respirations brèves ou maintenant ici oui une odeur de poissons non ponctuées de et de et de brigitte jean devenue depuis peu à peine supportable est arrivée dans cette ville poussée et tu saisis avec effarement qu’il n’existe contrainte forcée par une vie de sorte pas d’alternative à toi-même pas qu’une sorte de vie soit suffisante sans d’alternative à toi-même tu t’es assise oui vraiment vraiment mais grands sacs pour le devenir oui enfin et pour toujours poubelles et cartons + cartons + cartons et à jamais avec fait et cause pour toute

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et là au-dehors et là en-dedans et là rien espèce de course dans la montagne et sur les grands sacs poubelles et cartons + dans la brume dans le froid et dans la terre cartons + cartons et rien sur cet immense meuble malgré tout malgré le but unique à bordel ma foi rien non plus sur le peine avouable d’accéder au statut si remaniement de sables et de poussières enviable de plus grande poétesse rien sur la tectonique des plaquettes sous intercontinentale de tous les temps ( ) la peau rien sur le piétinement lui aussi tu t’es assise ailleurs et dans un autre temps nécessaire grands chambardements donc une table blanche et lisse qui n’appelle et soubresauts des deuils mal faits écueils aucun strictement aucun à l’heure exacte tranchants et vieilles carcasses immergées de ce qui pourrait bien ressembler à un brigitte jean est arrivée dans cette ville petit-déjeuner mais sans chaussette sans comme elle était déjà arrivée dans une ami et sans chien tout en pleurant dans autre et encore une autre et encore et ton maté avec un odieux accent argentin à

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toutes les autres et putain à y repenser l’heure exacte où tes tartines beurrées se combien y en avait-il eues dans sa vie trouvent ramollies foutues détruites par brigitte jean est arrivée dans cette ville par les larmes qui tombent des yeux de la plus les pieds elle ressent ce besoin impérieux grande poétesse intercontinentale de tous de la marche inscrire son pas talon plante les temps ( ) tu t’es assise sur une autre genou pas à même le pavé des heures chaise à une autre table alors que dans le durant et s’asseoir s’asseoir à une table fond les cris des supporters ne te gênent dans un bar s’asseoir s’asseoir à la table pas alors que dans le fond tu n’as pas plus d’un autre bar ou à la table d’un autre bar envie d’être là à vivre entre rues et rues ou d’un autre bar où écrire pourrait entre cours et cours et murs et murs et devenir devenir brigitte jean ne peut pas pisses et merdes de chiens sur les trottoirs ne pas raconter son histoire depuis et pisses et merdes de politiciens sur les combien d’années d’heures de minutes panneaux d’affichage sur les ondes sur les

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de secondes maintenant écrivait-elle avaitécrans et dans la puanteur de la respiration elle seulement cessé d’écrire depuis les même de cette ville comme la puanteur grandes classes il y avait bien eu ces plus de la respiration à jeun de la plus grande ou moins longues périodes durant poétesse intercontinentale de tous les lesquelles l’écriture avait pris d’autres temps ( ) tu t’es assise et te laisses formes moins précises plus éloignée de aisément prendre au piège de l’expression l’idée même d’écriture ou de processus infiltration en milieu hostile et comment et d’écriture où inscrire son pas talon plante parce que ce qui relève du silence n’est pas genou pas à même le trottoir et écrire forcément à mettre sur le dos de entre entre les chaises les tables et les grandes toutes les mains de une poétique de la hollandaises un peu hystériques entre les poésie tu t’es assise finalement à la table chaises les tables et les fêtes de la bière des morts et tu leur manges le pain sur le éviter les écrans collés au mur les bars de dos alors que «pour l’instant nous sommes

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supporters un peu trop bruyants aller tous coincés ici laminés entre les dures insensiblement vers quelque chose d’un réalités de la mondialisation économique peu boisé assez assez hêtre ou châtaignier et l’esthétique persistante du vidéoclip» avec aussi cette autre chose un désert du plus grand vidéoclip intercontinental de autrement appelé cet autre lieu une tous les temps et dans lequel tu joues si sablitude une arrière-salle assez pourrie bien le rôle de la plus grande poétesse coupée du reste du monde des rues des intercontinentale de tous les temps ( ) pisses et merdes de chiens sur les trottoirs tu t’es assise à la table du jardin et tu bois des pisses et merdes de politiciens sur les un café froid dans une timbale en plastique panneaux d’affichage sur les façades de parce que tu ne sais décidément pas où va l’écriture de cette ville sur cette ville une ta vie la difficulté avec laquelle tu vois venir écriture quotidienne et nécessaire brigitte le jour suivant la bataille constante et jean est arrivée dans cette ville avec si peu prégnante entre autonomie et hétéronomie

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de et de et de qu’elle regarde tout avec si et l’ensemble constitué par un assemblage peu de et de et de rien attendre en bancal d’angoisses et d’asphyxie se placent attendre de son passé de ses passés des au-dessus de la tête le tout à l’extrême différentes vies qui font sa vie se bout des ongles des doigts de pied la peur débarrasser aussi du textuel en elle il y a même d’affronter les amis les regards et oui indéniablement cette frénésie-là oui se l’effort qu’il te faut pour ne pas sombrer tu débarrasser du textuel un journal oui t’es assise sur une pile de livres tous aussi journal qui constitue oui une sorte de importants les uns que les autres tous tournant dans son écriture une acceptation aussi invisibles les uns que les autres et tu plus franche de la part prise par l’écriture t’es assise dans la terre fraîche encore de la dans sa vie et paradoxalement et en rosée du matin en pensant bien qu’il même temps l’abandon progressif de ce faudrait bien oublier le mot littératures et textuel là-encore oui l’abandon progressif bien le mot poésies mais le cul au frais la

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de ses écritures passées pour d’autres poésies même au pluriel enrhume la plus voies inaltérables aussi inaliénables encore grande poétesse intercontinentale de tous ce journal un ensemble de pages ponctuées les temps ( ) tu t’es assise à la table de de jours et de jours adossé à chaque jardin blanche sur une chaise de jardin photo image morceau de cette ville trace blanche et sur un certain nombre de tes involontairement les territoires et les lieux convictions de celles oui qui te faisaient oui de brigitte jean a cherché entre chaque te lever le matin et boire un peu trop de image photo morceau la signification de sa bière en pensant au désastre d’une vie citadinité nouvelle brigitte jean est restée promue à un si bel avenir et tu te dis oui longtemps persuadée que la campagne et décidément non trente-huit ans n’est pas que seule la campagne le pouvait un âge pour se remettre à la bière même permettait de supporter le poids la si non décidément oui tu es bien la plus solitude les épaules endolories le tumulte grande poétesse intercontinentale de tous

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du monde l’invisibilité médiatique de toute les temps ( ) tu t’es assise à la table et tu espèce de lieu de toute espèce de parole regardes passer tes contemporains le long l’invisibilité médiatique de toute espèce des vitrines dans une odeur de chocolat d’écritures brigitte jean se débat depuis écoeurante sensée provoquer cette longtemps entre ses et ses et ses préfère frénésie consumériste qui te tient aussi quelquefois les soirs aux matins longer les parfois malgré toi et tu penses au vide de avenues tailladées de voitures penser à ses ta vie et aux fesses des jeunes hommes et amis là-bas ne lui coûte rien penser à ses aux pauvres qui crèvent et donnent ainsi amis là-bas ne lui procure rien qui n’ont aux riches des raisons supplémentaires de pas compris son départ mais comment vivre et tu t’es assise là en plein coeur de auraient-ils pu comprendre ce qu’ellel’épicentre là juste à l’endroit où tu te sens même a eu tant de mal à saisir et par peut-être la plus étrangère à toi-même à bribes et par morceaux d’inéluctabilité l’endroit le plus pitoyable de ta vie à

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combien de fois se sentait-elle atrocement l’endroit où même les tartines grillées mutilée d’une partie de son propre corps bousillées par tes larmes ont ce goût ou d’une partie de sa propre histoire inimitable autant dire un peu moisi du traverser la ville de part en part à la nuit marxisme révolutionnaire de cette ville tombée et sentir la pesanteur des années plus trou qu’étrangère ce métis qui te comme sentir le calme absolu pourtant baiserait par pur esprit de vengeance bien présent là sous le brouhaha et la colonialiste et te refilerait une ou deux multitude des fenêtres et la multitude des saloperies sexuellement transmissibles tu lumières et la multitude des voitures et la pourrais alors et enfin laisser aux autres le multitude des passants et la multitude des loisir le plaisir non feint d’achever la plus cris et la multitude des vrombissements et grande poétesse intercontinentale de tous la multitude des images aliénantes parfois les temps ( ) tu t’es assise dans un train elle surprend son reflet et reste interloquée qui te ramène ouaf à la niniche ouaf ouaf

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suspendue à ce visage à ce visage-là les et tu recopies des dizaines de fois des sempiternelles questions de ses enfants battements de phrases que tu ne sur ses parents à elle sur la boulangère san comprends même pas mais qui t’empêchent cristobal sur le vieil imprimeur anarchiste de regarder de manière trop insistante ces de mexico sur sur sur son histoire dans les pétasses au cul trop lisse plongées dans histoires sur sur sur ses histoires ainsi des revues débordant de et de et de et tu fabriquées pour et pour et pour répondre t’es assise avec pour seul désir quelque à tant de temps aux années d’enfance et chose comme s’extraire définitivement aux années d’émancipation à tant de d’une there is no alternative trop collante temps à combler les vides ravaler les creux un peu trop et s’agirait il s’agirait d’un nongratter les coins comme les fonds de tiroir lieu tiens avec juste au fond la possibilité à dissimuler aux yeux de ses garçons ces de se laisser aspirer le peu de cerveau qu’il autres années à prendre le chemin de la te reste par les grands écrans collés aux

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montagne rêche et rugueux sur lalangues murs des cafés une succion lente et des chemins de montagnes mexicaines définitive donc sans redite ni dossier ni des années humides et joyeuses malgré la sous-dossier ni triple-fond à ouverture mort de pedro dès les premiers jours de automatique une retombée dans le l’insurrection parfois brigitte jean s’assoit domaine publique des affres de la vie qui dans la cuisine en face de ce mur jaune se dissout de la plus grande poétesse douteux à contempler les rugosités du intercontinentale de tous les temps ( ) présent comme les rugosités de sa peau tu t’es assise sans ambages au fond d’un comme l’absence totale de chaleur burger enfumé digne de toute ville de corporelle dans sa vie un esseulement une province de moins de 6000 habitants et sécheresse qu’elle a souhaités et qui la d’une adolescence ennuyeuse tu t’es assise tenaillent la torturent pourtant encore sans aucun doute sur ta condition assez face au mur au bout de la table en bois pitoyable sans aucun doute sur ton

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brigitte jean parvient à cerner ces invisibilité volontaire et consciente sans aspérités-là cercler cette partie d’elleaucune doute sur tes pauvres tentatives même si fuyante et qui l’oppresse parfois de renversement d’un pouvoir bien le matin à l’heure où le corps réveillé accroché sans aucun doute sur ta s’écaille de lui-même à l’heure où les sécheresse que tu souhaiterais ausi morceaux des vieilles blessures éclatent à volontaire et consciente tu t’es assise sur la lumière l’embarquent des heures durant ta connaissance pourtant fine de la des jours durant dans cet état plutôt résistance du corps humain à toute espèce houleux brigitte jean revient de loin et d’abandon et ça y est tu t’es grimée ça y chaque morceau de cette ville chaque est tu te grimes et tu te grimeras mais on image photo prise l’est à l’ensemble appelé reconnaît très bien dessous juste enbrigitte jean un ensemble peu cohérent à dessous les restes de la plus grande peine stable qui passe le plus clair de son poétesse intercontinentale de tous les

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temps à arpenter les rues de la ville à la temps ( ) tu t’es assise tu te lèves et te recherche d’un non-lieu sa propre solitude prends la tête entre les larmes qui coulent crasse brigitte jean supporte mal la foule de tes yeux sur la plus grande poétesse les groupes et leurs mouvements le bruit intercontinentale de tous les temps ( ) de fond de bruit incessant brigitte jean tu t’es assise et tu cherches une manière préfère l’arrière-salle d’une boulangerie efficace d’en finir une bonne fois avec ta salon de thé mais en-dehors de ces heures vie en-dehors de tout aspect révolutionnaire pleines de pain quotidien pleines manger la terre et l’herbe avec la bouche d’adolescentes se préparant une se glisser entre du sapin et plonger quarantaine désastreuse à grands coups lentement dans l’eau froide d’une crique de tartelettes à la framboise cette avec pour tout décor quelques drapeaux incapacité à écrire dans sa propre maison noirs dans le vent ferait un bel ensemble date du temps de la famille une activité très hispano-mexicain très mort

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constante un déplacement régulier de irréductible de la plus grande poétesse particules dont elle ne réussit pas à faire intercontinentale de tous les temps ( ) abstraction brigitte jean dans la ville tu t’es assise à la table grise en marbre d’un traverse les places sous la pluie de l’hiver décor faussement pittoresque et tu te brigitte jean arrivée dans cette ville comme demandes où et quand et comment tu vas à la fin d’un quelque chose un morceau de bien pouvoir en finir tu t’enfonces encore vie aléatoire une forme d’inquiétude en des épingles longues et fines sous les soi qui la mène là au bord d’un gouffre au ongles histoire juste histoire de conserver bord du toit d’un immeuble au bord d’une cet arrière-goût de mort au fond de la page d’une crique balayée par les vents et bouche de la plus grande poétesse parsemée de grands drapeaux noirs la intercontinentale de tous le temps ( ) tu plongée dans l’écriture ressemble parfois à t’es assise à la table du désastre tu ne peux cela oui bien à cela de l’apnée une tentative pas ne pas raconter ton histoire et tu

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de soustraction du quotidien du sapin qui appelles ça désastre autobiographique de glisse insensiblement dans l’eau froide sous la plus grande poétesse intercontinentale les pleurs de vieilles folles espagnoles de tous les temps ( ) tu t’es assise à la parfois même à la seule angoisse-même table ronde sur la chaise en faux rotin au de se retrouver seule face à cette angoissefond d’un troquet au fond de l’arrière-salle là le sentiment étrange d’aimer surnager d’un troquet sur la chaise et à la table les dans ce bouillon dans le marasme qu’est plus au fond de l’arrière-salle de ce troquet sa vie amoureuse et sa vie sociale un lieu avec vue imprenable sur les passants d’écritures c’est cela oui un lieu pluriel cela surplomb total dans le froid avec vertige et oui la fin la toute fin d’une face a d’un 33 nausée de fin d’année avec musique et tours grésillant et qui ne tourne même café buvables (enfin buvables) avec et tu plus régulièrement un lieu comme un nont’es assise en pensant à la fin toute proche lieu elle a cru oh brigitte jean a tellement de grands pans de ton histoire que tu

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cru que les années passées l’expérience croyais éternels et pour lesquels tu aurais de la meurtrissure et ces amputations tout donné tu t’es assise et autour oui tout infimes régulières infimes mais régulières autour dans la ville les gens sont heureux finiraient par ou par ou peut-être par et de se savoir heureux comme les gens rendraient les choses plus simples heureux que l’on voit autour oui tout tellement plus simples plus claires tellement autour et la frénésie qui tient lieu de plus claires oui et régulièrement oui cohésion sociale ne te prend pas et tu brigitte jean oublie cette part d’elle-même regardes tes contemporains marcher qui rend le lever et le coucher si compliqués courir porter des tonnes de victuailles dans la sécheresse comme ces jours et ces dégoulinantes tu regardes les étales rouges jours durant lesquels l’écritures reste verts et jaunes sous le soleil tu regardes en ardue épineuse heurtée et caillouteuse plein cette espèce de qui te tient lieu de malgré l’acharnement ces jours où corps d’image de photo d’écritures de ville

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l’écritures est toute incompréhension de cette espèce de plus grand poétesse soi et des autres mais où l’écritures intercontinentale de tous les temps ( ) pourtant oblige bien à sortir dans le froid tu t’es assise à la table du désastre et tu ne et les crottes de chiens dans les nuits d’une peux pas ne pas raconter ton histoire et tu rue à l’autre il y a pourtant si peu à dire au appelles ça désastre autobiographique et regard de l’espace ainsi créé si peu à dire non tu te dis que décidément oui ta poésie sur tout le mal fait par l’amoncellement est toute petite oui ta poésie est un corps des corps fait par toute image prise à cette qui cherche ses morceaux sur la surface du ville et dans le vent chaque morceau image globe de cette ville dans tous les bars chaque photographie prise dans cette ville déserts de cette ville le long des façades s’appelle écritures chaque image vertes et roses de cette ville le long même photographie chaque morceau d’écritures de tes jambes et de tes bras oui ta poésie s’appelle brigitte jean chaque rue chaque est toute petite dans la lunette du sniper

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avenue chaque table chaque chaise chaque qui finira bien par t’avoir toi comme tous café bu chaud ou froid s’appelle morceau les autres tu sors de ta cachette un tronc de cette ville sur cette ville morceau de d’arbre creux ou un abribus ou une brigitte jean sur brigitte jean longtemps poubelle jaune de tri sélectif ou le fond de brigitte jean a attendu avant d’entrer en l’arrière-salle d’un troquet et tu traverses photographie entrer dans cette écriture-là la rue dans l’espoir sans encombre de dans cette archéologie-là de ce qui affleure rejoindre le trottoir d’en face la boulangerie sous la croûte sous la surface du quotidien le bas de la page et oui ta poésie est un ce qu’il y a de commun entre écritures et long cri silencieux qui s’échappe au écritures et qui résiste et qui résiste des moment où la balle traverse le gras de la couches et des sous-couches invisibles de jambe le bras la poitrine sous les réalités pouvant devant être ainsi mises à applaudissements d’une foule en délire tu jour là une activité inutile de plus une de t’es assise à la table appelée et poésies et

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ces activités inutiles qui résistent et qui villes et écritures et morceaux de tout cela résistent à tout et poussent jusqu’à et petits morceaux miniatures forêts sur la l’extrême faiblesse du corps jusqu’au bord rugosité même de la peau de la plus grande du bord du toit de l’immeuble jusqu’à la poétesse intercontinentale de tous les vision récurrente de cette crique humide temps ( ) tu t’es assise sans y penser et froide balayée par les vents et parsemée vraiment mais à l’intérieur même d’un mal de grands drapeaux noirs jusqu’à éprouver au crâne récurrent comme la surface de enfin la résistance l’extrême résistance de cette ville en ruines une dentition éclatée la chose écrite l’extrême résistance sous sans mutuelle ni franchise sociale un mal tout amoncellement de corps et de textes au crâne récurrent qui te rappelle comment brigitte jean aurait pu choisir une autre tu en es arrivée là comment et pourquoi le ville ou une autre ville ou encore une trajet et le territoire la lettre et le signifiant autre se laisser bercer par ce qu’elle ne font qu’un en toi alors qu’autour oui

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connaît déjà des villes de ses contemporains tout autour les rues et les lumières ce qu’elle connaît déjà de la proximité manquent bien souvent à l’appel comme comme esseulement du mouvement manque bien souvent à l’appel cette étincelant superficiel le brillant ainsi dilué écritures incise sous la roche râpeuse sous entre corps et corps social constituant un la plante des pieds de la plus grande même marasme brigitte jean regarde ses poétesse intercontinentale de tous les mains s’abîmer un peu plus chaque jour temps ( ) tu t’es assise à la limite du ses mains s’abîmer un peu plus chaque hors-jeu au bord tout au bord du toit de jour ses mains s’abîmer un peu plus chaque l’immeuble et tu tiens dans ta main une jour brigitte jean regarde ses mains poignée de livres en flamme une femme s’abîmer sans que cela ne lui fasse plus ni apeurée qui hurle son effroi au-dessus de chaud ni froid ni vraiment mal elle est la ville tu regardes le tournoiement des arrivée dans cette ville à la fin d’un avions de chasse les sirènes d’ambulances

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automne le froid lentement se fait plus et de gendarmerie l’incessance des phares pressant enveloppe au mieux transperce de voitures dans la nuit de cette ville et tu la peau encore à jour une forme regardes en bas alors qu’il ne faudrait pas d’insensibilité s’empare peu à peu d’elle surtout pas et tu restes à l’extrême limite l’obsession des rondeurs et de l’épiderme de ce qui aurait pu constituer un livre de la l’a quittée celle des seins qui tombent des poésies un bord de toit d’immeuble et tu cheveux sur la brosse de la trisomie 21 admires ce qu’il n’adviendra pas de ta vie l’obsession de la sécheresse des jours à lissée à la chaux vive loin des îles du soleil vivre plus que de lointaines peurs qui la des cocktails des palmiers qui auraient rattraperont là bientôt au moment un peu pourtant donné un teint encore plus définitif de juste retourner chaque exotique au visage de la plus grande morceau de corps et de vie à chaque poétesse intercontinentale de tous les morceau de vie et de corps là c’est sûr là temps ( ) tu t’es assise à une table en

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bientôt et sur le pavé cette fatigabilité bois sur une banquette en bois au fin fond nouvelle cette langueur des membres s’y d’une salle sombre alors que dehors le est-elle préparée si bien que cela les soleil réchauffe et caresse le rotin leur quelques périodes d’immobilité totale chandail et les jeunes femmes qui imposées par la vie lui en avait pourtant n’attendent que le doux et lent glissement donné un si bon avant-goût précision du du e muet sur les seins mais oui maintenant temps qui glisse à la seconde dans les le dire oui tu t’es assise en larmes et tes fibres du mollet scalpel le long du tibia larmes ne viennent pas le dire oui tu te dans la chair à vif parce que la chair à vif secoues et l’écritures ne vient pas et tu fait partie du quotidien chol du quotidien résistes pourtant à la tentation terrible du tojolabal du quotidien tzeltal du quotidien web-achat de larges ficelles colorées tzotzil du quotidien zoq du quotidien pendent encore des fenêtres et le sel qui meskovo du quotidien teenek du quotidien couvre ainsi rues et trottoirs pourrit

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kiliwa du quotidien caxcan du quotidien durablement les chaussures de la plus coma’ac seri du quotidien kikapoo du grande poétesse intercontinentale de tous quotidien tepehua du quotidien tohono les temps ( ) tu t’es assise tu t’es levée du quotidien cora du quotidien cucapa du tu t’es assise tu t’es levée tu t’es assise tu quotidien wixaritari du quotidien kumiai t’es levée tu t’es assise tu t’es levée tu t’es du quotidien pamé du quotidien pima du assise tu t’es levée tu t’es assise et tu quotidien mayo du quotidien yoremé du voudrais bien faire croire (encore) à ton quotidien o’papaco du quotidien o’oham aplomb (encore) intact et tu voudrais bien du quotidien raraamuri du quotidien faire croire (encore) que tu es (encore) la nahua du quotidien de toute insurrection plus grande poétesse intercontinentale de quand brigitte jean est arrivée dans cette tous les temps ( ) tu t’es assise là et ville elle ne savait pas vraiment pas pas ailleurs ici et maintenant face à une comment ni pourquoi elle vivrait ici et pas rangée de caisses et de caissières un

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ailleurs ici et pas ailleurs et pas ailleurs ici empilement de sardines et de thons une elle ressent ce besoin impérieux de la succession de bottes en cuir et de caddies marche comme celui de l’inscription de de yaourts aux fruits et de café solidaire tu l’écritures à même le cuir chevelu à même t’es assise au bout d’une chaîne plus la peau du dos à même le squelette où et dioxinée qu’alimentaire au bout du parapet comment l’écritures marque le corps dans de ta vie et tu cherches un point final un cette position peut-être la plus difficile qui rien une mise en abîme du reste de ta vie soit du franchissement de haies noires et un rien le trou béant fait dans l’écritures rouges au- dessus d’une eau froide et par l’écritures tu t’es assise comme tu verte celle-ci tendue mais courbée pliée cherches un lieu une table une parole un brisée au-dessus des mots avec rien jardin un lieu comme un livre comme un absolument rien qui puisse faire office de territoire un lieu le chemin rêche et parachute brigitte jean est arrivée dans rugueux de la montagne sous lalangues un

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cette ville comme dans une autre dans un rien un lieu l’endroit même où tout cela autre temps un temps très narratif (donc) doit cesser où tout cela cessera et que et très lyrique (donc donc) un temps où le cesse enfin la plus grande poétesse sien était rempli par ses enfants par les intercontinentale de tous les temps ( ) blessures de chaque amant passé par les tu t’es assise dans l’herbe d’un grand pré et premières marques indélébiles sur son entre les grands arbres tu t’es assise et les corps d’une autre ville dans un autre temps larmes qui coulent de tes yeux dégoulinent un bord de mer qui l’avait acceptée le long des grands troncs et les larmes qui adoptée puisqu’il s’est souvent agi de cela coulent de tes yeux envahissent le pré dans la vie de brigitte jean se faire adopter envahissent la vallée et du fond de toi par une ville une famille un homme un remontent tant de et de et de que rien ne quartier par une écritures ou par une pourrait plus rien d’autre qu’un long cri écritures ou par une autre encore une strident et jaune et qui ne s’échappe même

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autre écritures brigitte jean devenue ellepas de la bouche de la plus grande poétesse même et enfin elle-même alors sachant intercontinentale de tous les temps ( ) alors que tout ce qui la tenait éveillée tu t’es assise à la terrasse en plein vent et depuis des années s’appelait écritures ces sous la neige tu t’es assise à la terrasse et heures levées ces insomnies s’appelaient le vent et la neige emportent avec eux les écritures ces longues courses harassantes morceaux épars de ton corps et tu te dans la montagne s’appelaient écritures demandes bien pourquoi et comment tu ces écritures même s’appelaient écritures te places là tout contre la peau retournée brigitte jean est arrivée dans cette ville par de cette ville tout contre sa chevelure son les pieds et à reculons surtout non ne pas cou tout contre sa poitrine son ventre oublier non d’indiquer l’absence de tout contre son sexe pourquoi et comment rétroviseur intérieur d’indiquer aussi tu te places là et enfin sous la croûte des l’angoisse profonde d’un ultime ratage façades sous les pierres sous la page sous

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sentimental voire amoureux d’indiquer l’écritures et sous la peau même retournée aussi où et comment et pourquoi chaque de la plus grande poétesse intercontinentale image photo ressemble de près ou de loin de tous les temps ( ) tu t’es assise à aux morceaux d’un corps social inerte la table des morts tu poses fourchettes et éparpillés volontairement et consciemment couteaux assiettes et cuillères tu poses dans les journaux du matin sur la place carafe et verre et tu manges enfin tu publique bien que pluvieuse aux morceaux manges la tête des morts et tu manges même du corps même de brigitte jean enfin tu manges les pieds des morts tu éparpillés eux par mégarde sur les collines manges les mains des morts tu manges de sable rouge et ocre le long des grandes avec un appétit inattendu et tu te dis que étendues d’eaux salées le long même de décidément oui tu préfères oui par-dessus ces torrents de boues le long des grands tout l’oeil droit à l’oeil gauche quand il troncs d’arbres dégoulinant éparpillés par roule sous la dent quand il glisse au fond

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mégarde sous la semelle et sur le pavé sur de la gorge de la plus grande poétesse les trottoirs et sous la croûte des façades intercontinentale de tous les temps ( ) et des murs des fenêtres et des portes ne tu t’es assise sur une chaise en bois pas oublier surtout non ne pas oublier multicolore à la table en bois multicolore bien pourquoi et comment et jusqu’où et tu te dis que peu de choses osent cette écritures porte brigitte jean pourrait remplacer l’écriture par l’écritures peu de s’arrêter ici et maintenant dans cette ville choses osent remplacer la poésie par la et pas ailleurs brigitte jean pourrait poésies et le jour va bien finir par arriver s’arrêter là au bord du toit de l’immeuble malgré tous tes efforts (j’ai bien dit tous au juste bord de la p(l)age au bord juste tes efforts) le jour si dérisoire où cette au bord de l’essoufflement s’arrêter ici et agitation s’arrêtera et s’arrête chaque maintenant sans rien attendre de plus ni lettre dérisoire chaque mot dérisoire de cette ville ni de cette vie s’arrêter ici et chaque ligne chaque image morceau

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maintenant à l’endroit même où glisser photo de cette ville dérisoire chaque page dans l’eau froide et noire de cette crique dérisoire chaque objet appelé livre balayée les vents serait serait ici et dérisoire toute cette agitation puisque maintenant et chaque image photo c’est bien de s’agiter qu’il s’agit toute cette morceau de la vie de brigitte jean pourrait écritures puisque c’est bien d’écritures s’arrêter dans cette ville et brigitte jean qu’il s’agit cessera et cesse entourée de pourrait s’asseoir s’arrêter là à la table de grands drapeaux noirs balayés par les ce bar ou à la table de ce bar ou à la table vents et glissera et glisse dans l’eau froide de ce bar ou à la table de ce bar et se dire sous les vivas sous les pleurs d’un monde que non définitivement oui (elle est bien enfin libéré par la plus grande de la la plus grande poétesse intercontinentale plus grande poétesse intercontinentale de tous les temps) de tous les temps

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BIObio, un désastre autobiographique sert de base textuelle à un travail de recherche et d’expérimentation entrepris depuis juillet 2009 avec Sandrine Gironde - improvisatrice vocale et metteur en scène, et fabrikdelabeslot, plasticien performeur. Mes pensées vont vers eux.

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Certains mots ou morceaux de mots sont extraits des ouvrages suivants. Qu’ils en soient remerciés : . Jacques Rebotier, le désordre des langages . Rodrigo Garcia, agamemnon . Marguerite Duras, la maladie de la mort . Andréa Inglese, colonne d’aveugles . Brigitte Jean, le journal de . TINA, revue n°1 . Naomi Klein, no logo . Picore, discopunkture . Pierre Soletti, ma poésie est toute petite . miniatures forests___1

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FRANCK DOYEN Est écrivain-poète et photographe. Il est né à Saint-Laurent-sur-Sèvre et vit actuellement à Chalon-sur-Saône. Publications récentes : . VOUS dans la montagne, Voix édition (2008) . ÉC / rire au moment où, L’Atelier de l’Agneau (2007) . Lettres à la Première Bosse, Propos2 éditions (2007). En revues : Ce Qui Secret, Canicula, DuNerf , Ouste !, BoXoN, C’est Selon, Stalker, Propos de Campagne, L’Echappée Belle, Laps, 22(M)dP. Sur internet : Ce Qui Secret, 70.com, Action_ Writing, Libr&Critiq, Sitaudis, Inventaire-Invention, MicroOuste, Le Vampire Actif, Vers à la Ligne, larevue.22mdp. Anime, active et ré-active, depuis 2000, la revue 22 (Montée) des Poètes - 22(M)dP pour les intimes. Participe régulièrement à des actions de Mail Art. Certains extraits de ce travail ont été lus et seront lus lors de manifestations poétiques. Ils y subissent alors un certains nombres de traitements (vocaux, sonores, performatifs, ...) : il s’y agit, plutôt que de lectures, alors de lectes&ures.

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Les éditions PROPOS2 reçoivent le soutien : du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, de la Communauté de Communes Luberon Durance Verdon, du Conseil Général des Alpes de Haute-Provence.

PROPOS2 éditions – 2010 MJC – Allée de Provence – 04100 Manosque courrier@propos2editions.net www.propos2editions.net


© PROPOS2 éditions & Franck Doyen Conception & mise en page Michel Foissier sur une maquette de l’auteur ISBN : 978-2-912144-61-4

Achevé d’imprimer en janvier 2010 sur les presses de l’imprimerie Corlet Numérique 14110 Condé-sur-Noireau — imprimé en France Nº Dépôt légal premier trimestre 2010


B.I.O.bio - un désastre autobiographique