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Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part

1 Michaël J. Kummer

3 Priscilla Trabac

5 Félix Taulelle

7 Francis Ramel

LETTRES À UNE AMIE

TOUR (RE)TOUR

DE MA FENÊTRE

TENTATIVES DE FUITE

VÉNITIENNE

30 dessins cousus sur papier

Vidéo DV, hauts-parleurs,

DE LINDRE-BASSE

Essai Documentaire,

210 mm x 297 mm

matériaux divers

Plaques de zinc

France-Suisse, Vidéo HD, 68’

2010

80 x 80 x 55 cm

30 mm x 200 mm

2010

Piste sonore

Projection en boucle 2010

3.1 Extrait de La Théorie

2010

de la Dérive de Guy Debord.

5.1 Géolocalisation des points

1.1 Rainer Maria Rilke,

L’Internationale Situationniste,

clés délimitants l’horizon,

7.1 Parmis eux, Déportivo,

Les Quatrains Valaisans, 1924,

librairie Arthème Fayard,

F. Taulelle, 2009.

CD, 2004, Photo : F. Ramel

Éditions Gallimard, Paris.

1997, page 51 et 53.

5.2 Metz, premières

7.2 Alentours de Liancourt

1.2 La Vallée du Rhône, Suisse,

3.2 Extrait, Du 17 rue Saint-

recherches, F. Taulelle, 2009.

St-Pierre, Carte IGN, 2010.

1924. Photo : Adolph Kummer

Pierre à…, notation de

5.3 Extraits de Venise de

Photo : F. Ramel

1.3 Fac-similé d’une lettre

trajectoire d’une habitante.

ma fenêtre, Jean-Paul Sartre,

7.3 Parmis eux, Déportivo,

d’Adelmina Romanelli à Rainer

P.Trabac, 2010.

Situations IV, © éditions

2004, extrait du livret.

Marie Rilke © Bibliothèque

3.3 George Perec, L’infra-

Gallimard, 1964.

Photo : F. Ramel

Nationale Suisse. Archives

ordinaire, Paris, La librairie

5.4 Metz, travail préparatoire,

7.4 Fuite possible, Lindre-

Littéraires Suisses.

du XXème siècle, éditions

F. Taulelle, 2009.

Basse, F. Ramel, 2010.

1.4 Portrait d’Adelmina

du Seuil, 1989, page 11 et

5.5 De ma fenêtre, extrait

7.5 Inventaire de souvenirs,

Romanelli offert à Rilke

couverture. Photo: P. Trabac

annoté. F. Taulelle, 2009.

F. Ramel, 2010.

en novembre 1907

5.6 Venise, panoramique sur

7.6 Photo : F. Ramel

© Bibliothèque Nationale

Dorsoduro, GIUDECCA Hostel,

Suisse. Archives Littéraires

4 Fanny Woimant

F. Taulelle, 2009. 8 Jérôme Knebusch

Suisses. 1.5 Lettre de Rainer Maria

EXPLORATION

Rilke à Adelmina Romanelli

scotch, photocopies

© Insel Verlag Frankfurt

du Nouveau dictionnaire

am Main, 1941.

des synonymes, Larousse,

LES LANGUES ÉTRANGES

impression sur papier

1.6 Lettre d’Adelmina

Evreux 1977

Vidéo DV, muet

100 x 10 x 10 cm

Romanelli à Rainer Maria Rilke

2010

2min12

2006

6 Julie Luzoir

© Bibliothèque Nationale

ICI Acier laqué, compte-fils,

2010

Suisse. Archives Littéraires

4.1 Recherche, Metz,

Suisses.

F. Woimant, 2009.

6.1 Dessins dans Angst, Stefan

de Bent Hamer, 2005, d’après

4.2 Recherche, Lindre-Basse

Zweig, éditions Philipp Reclam

le livre éponyme de Charles

(détail) F. Woimant, 2010.

jun., Stuttgart, 1957.

Bukowski, 1975.

4.3 Couverture et page 16

Photo: J. Luzoir

8.2 Couverture de Factotum,

et 17 du Nouveau Dictionnaire

6.2 Dessins dans Celui qui

Charles Bukowski, 1975, Ecco,

ROBERT’S WALKS

des Synonymes, Larousse,

n’avait pas emigré, Izz Ed-dine

Harper Collins Publishers, New

AND THOUGHTS

Evreux 1977. Photo:

Madani, dans Nouvelles arabes

York, 2002. Photo : J. Knebusch

installation,

F. Woimant

du Maghreb, éditions Pocket-

2 Michael Wagener

8.1 Extrait de Factotum, film

dimensions variables

Collection Langues pour tous,

2010

La Flèche (Sarthe), 2005. Photo: J. Luzoir

gutleut verlag


Chemins qui ne mènent nulle part entre deux prés, que l’on dirait avec art de leur but détournés,

chemins qui souvent n’ont devant eux rien d’autre en face que le pur espace et la saison.

1.1 michaël j. kummer

1.2


1.4

1.3


Venise, 26 novembre vers minuit

VENEZIA ZATTERE 1471 10 Février 08

Ma chère et belle Amie Pour la première fois seul avec votre portrait je dois dans le silence de la nuit vénitienne vous écrire. Quelle que soit petite cette lettre elle gardera l’avantage d’être la première. Il y en aura d’autres qui vous répèteront ce qu’elle vient vous dire tout ingénument : combien je suis heureux de vous avoir rencontrée belle et admirable comme vous l’êtes en tout. J’apprends votre beauté comme un enfant à qui on raconte une belle histoire. J’admire ce que vous êtes devenue en souffrant sincèrement. Votre cœur a grandi là où d’autres périssent. Ne l’oubliez jamais. Ne vous enfermez pas dans un sort, restez ce que vous êtes ; gardez les ailes d’anges qui vous permettent d’entrer dans une vie qui vous a attendue sans le savoir. Ce sont ces mêmes ailes qui vous emportent vers votre Art. Prenez tous vos essors et imposez à ceux que vous rencontrez votre beauté et votre âme comme une loi. Soyez tranquille, chère, dans tout ce qui vous arrive : vous êtes sauvée. Après tout ce dont nous avons parlé, que nous avons senti ensemble pendant ces jours, il est bien naturel que je vous aime. Il faut restituer à ce mot son ancienne grandeur : c’est pour cela que je le prononce ; de loin : parce que j’ai pris sur moi toute ma solitude ; de près : parce que ceux que j’aime m’aident infiniment à la supporter. Plus tard, il me semblera toujours penser au moment où je vous ai vue la première fois : mais c’est elle, c’est Mimi. Car je vous aime depuis toujours. Mais je vous aimerai mieux depuis que je vous connais. Bonne nuit, chère Amie, il est trop tard pour écrire.

Cher ! Dans tout ce temps passé je ne vous ai pas écrit parce que j’espérais toujours recevoir une de vos bonnes lettres, qui pouvait m’annoncer votre prochain passage à Venise. Comment allez Vous Cher ? Êtes-Vous encore en Allemagne ? Souffrez-Vous encore d’insomnie et des nerfs ? Avez-Vous à la fin recommencé votre travail ; avez Vous retrouvé la solitude de laquelle Vous parliez comme d’un besoin Suprême de la vie ? Qui a bien connu votre âme et votre esprit, non seulement, doit comprendre cet intense besoin, si naturel en Vous, mais doit aussi de toute façon Vous procurer cet aliment Afin que Vous puissiez à votre aise créer l’Œuvre qui est le but de votre vie. Très cher, je voudrais tellement Vous voir. Je me contenterais d’une demi-journée, il me semble qu’il y a un temps infini que je ne Vous vois pas, que je ne peux pas Vous parler. Oui, j’ai obtenu le calme et je suis fermée. J’ai recommencé ma vie habituelle, c’est à dire non, je suis devenue une femme plus mondaine ; je sors assez souvent je vais très rarement au théâtre mais à quelques conférences ; je vois quelques rares amis que depuis longtemps j’avais négligés. (...)

Et grand merci à vous et à votre bonne et chère sœur : je me repose infiniment dans votre bonté. Votre Rainer Maria Rilke 1.6

1.5


Une ou plusieurs personnes se livrant à la dérive renoncent, pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir qu’elles se connaissent généralement, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui leur sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent. La part de l’aléatoire est ici moins déterminante qu’on ne croit : du point de vue de la dérive, il existe un relief psychogéographique des villes, avec des courants constants, des points fixes, et des tourbillons qui rendent l’accès ou la sortie de certaines zones fort malaisés.

3.1 priscilla trabac

Le champ spatial de la dérive est plus ou moins précis ou vague selon que cette activité vise plutôt à l’étude d’un terrain ou à des résultats affectifs déroutants. Il ne faut pas négliger le fait que ces deux aspects de la dérive présentent de multiples interférences et qu’il est impossible d’en isoler un à l’état pur. Mais enfin l’usage des taxis, par exemple, peut fournir une ligne de partage assez claire : si dans le cours d’une dérive on prend un taxi, soit pour une destination précise, soit pour se déplacer de vingt minutes vers l’ouest, c’est que l’on s’attache surtout au dépaysement personnel. Si l’on tient à l’exploration directe d’un terrain, on met en avant la recherche d’un urbanisme psychogéographique.


3 décembre 2009 Départ de la rue saint-pierre vers 13h04, je passe par le passage de la gare, puis la place du Général de Gaulle, pour ensuite prendre la direction de la place Saint-Louis, pour arriver à la galerie Faux mouvement. Arrivée à Faux mouvement à 13h24. Départ de Faux Mouvement à 18h37, je remonte la rue vers le parking à vélo, qui se situe en face de l’entrée du centre Saint-Jacques et qui se trouve à côté des poubelles du recyclage verre, papier, plastique. Retour sur mes pas, je repasse devant la Galerie, puis la place Saint-Louis rempli des cabanes du marché de Noël. Je continue en passant par la place de la gare puis son passage. Arrivée 17 rue Saint- Pierre à 19h03. À 20h30, départ de l’appartement pour aller chez julien. Arrivée chez lui vers 20h48. Départ de la soirée à 23h40 pour revenir 17 rue Saint- Pierre en passant par le passage du Sablon. 4 décembre 2009 13h05 je pars du 17 rue Saint pierre, je passe par le passage de la gare, puis devant son marché de Noël, sapin, crèche et Co. Direction place Saint louis avec l’autre marché de Noël avec le petit manège en bois surannée. Arrivé à Faux-Mouvement vers 13h25. Départ de FauxMouvement vers 18h32, petite déambulation dans le marché de Noël. Je prends la direction pour aller chez Anne-Sophie. J’y arrive vers 18h45. Départ de chez Anne-Sophie après avoir collé des étiquettes, toute la soirée vers 23h. Départ pour aller à l’appartement d’Ivan à 10 minutes de là. Géniale la vue ! Départ de la soirée à 0h08. Il fait très froid retour au 17 rue Saint- Pierre en passant par le passage du sablon à 00h30. 5 décembre 2009 17 rue Saint-Pierre quitté vers 9h pour aller à la boulangerie d’en bas, retour vers 9h07. 6 décembre 2009 Aucun déplacement extérieur effectué. 7 décembre 2009 Départ de la rue Saint-Pierre vers 8h30, direction le 1 rue de la Citadelle en passant par le passage du sablon. Arrivée à l’ÉSAMM vers 8h56. Départ de l’ÉSAMM à 11h40. Retour au 17 rue Saint-Pierre vers 12h15 en passant par le passage du sablon. Re-départ de la rue Saint-pierre à 13h32, re-passage sous le passage du sablon. Je suis à l’ÉSAMM vers 14h. Départ de l’ÉSAMM à 15h30 pour aller à la poste du sablon rue Saint-Livier. Arrivée à la poste en passant par le passage du Sablon et en traversant la rue des Roberts, vers 16h05. Départ de la poste rue Saint-Livier à 16h11. Arrivée à 16h31. 8 décembre 2009 Rue Saint- Pierre à 8h36, départ pour aller au 1 rue de la citadelle. Arriver à 9h00. 12h30 je quitte, le 1 rue de la citadelle pour aller au 17 rue Saint-Pierre, en passant par le passage du sablon. J’arrive vers 13h05. Départ vers 14h pour repasser par le passage du sablon, pour arriver 1 rue de la citadelle à 14h28. Départ de l’ÉSAMM à 18h06 pour la rue Saint-Pierre. Interruption…

3.2

3.3


4.1 fanny woimant


4.2

3.3

4.3


5.1

felix taulelle

5.2


Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part

Une exposition de

Textes de

Galerie Blanche

Eine Ausstellung von

Beiträge von

Unité d’Habitation Le Corbusier

Julie Luzoir

Marie Cozette

Briey-en-Fôret

Jérôme Knebusch

Christian Debize

14.10 – 10.12.2010

Michaël J. Kummer

Jérôme Knebusch

Francis Ramel

Michaël J. Kummer

Félix Taulelle

Michael Wagener

Priscilla Trabac

Romain Zattarin

Michael Wagener Fanny Woimant

gutleut verlag


Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part

Marie Cozette

Félix Taulelle

Directrice | Leiterin

Étudiant, option art | Student, Fachbereich Kunst

Centre d’Art Contemporain

École Supérieure d’Art Metz Métropole

La Synagogue de Delme Priscilla Trabac Christian Debize

Étudiante diplômée, option art

Directeur | Leiter

Diplomstudentin, Fachbereich Kunst

École Supérieure d’Art Metz Métropole

École Supérieure d’Art Metz Métropole

Julie Luzoir

Michael Wagener

Étudiante, option art | Studentin, Fachbereich Kunst

Artiste et éditeur | Künstler und Verleger

École Supérieure d’Art Metz Métropole

gutleut verlag Frankfurt / Main

Jérôme Knebusch

Fanny Woimant

Artiste et enseignant | Künstler und Lehrbeauftragter

Étudiante, option art | Studentin, Fachbereich Kunst

École Supérieure d’Art Metz Métropole

École Supérieure d’Art Metz Métropole

Michaël J. Kummer

Romain Zattarin

Artiste et enseignant | Künstler und Lehrbeauftragter

Président | Präsident

École Supérieure d’Art Metz Métropole

Association La Première Rue, Briey-en-Fôret

Francis Ramel Étudiant, option art | Student, Fachbereich Kunst École Supérieure d’Art Metz Métropole

reihe A4


Romain Zattarin L’Unité d’Habitation de Briey-en-Forêt a été construite en 1961. Elle est l’œuvre du célèbre architecte Le Corbusier. Edifiée au milieu de la Forêt domaniale, elle offre un contraste assez saisissant pour le visiteur, entre une nappe arborée et verdoyante d’un côté et cet immense vaisseau de béton de l’autre. Pour l’architecte, le site de Briey représentait l’endroit idoine pour construire une Cité Radieuse, puisqu’il pouvait y appliquer tous ces préceptes et construire avec ce qui était pour lui les matériaux de l’urbanisme à savoir : « le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement. »

Die Unité d’Habitation in Briey-en-Forêt wurde 1961 gebaut und ist das Werk des berühmten Architekten Le Corbusier. Errichtet inmitten des Staatsforstes, bietet sie dem Betrachter einen ergreifenden Kontrast zwischen dem grünen Baumteppich auf der einen und dem riesigen Betonschiff auf der anderen Seite. Der Ort bei Briey war für den Architekten die ideale Stelle, um eine Cité Radieuse vollständig nach den Geboten seiner Lehre und mit den Materialien des Urbanismus, wie er sie sah, zu errichten, also : « die Sonne, die Bäume, der Himmel, Stahl, Zement, in dieser Rangordnung und unlösbar ».

Das Leben der Cité Radieuse von Briey war turbulent. In

La vie de la Cité Radieuse de Briey a été tourmentée. Vouée à la démolition au cours des années 1980, elle est sauvée in extremis en 1987. En 1989, un collectif d’architectes internationaux décide d’y racheter une partie du premier étage et de créer l’association pour en faire un espace de création, de recherche et valoriser ce patrimoine.

den 1980er Jahren dem Abriss geweiht, wurde sie 1987

Depuis plus de 20 ans, l’association accueille de nombreux artistes issus de différents champs disciplinaires, avec la volonté de faire découvrir à un public multiple leur travail. La démarche engagée est simple et repose sur la totale liberté qui leur est laissée pour exploiter au maximum l’espace d’exposition. Ces galeries atypiques sont aménagées dans d’anciens appartements duplex conçus selon le modulor et imbriqués autour de la « rue ». Chaque exposition ou installation est l’occasion de susciter une confrontation entre l’oeuvre de l’artiste et ce lieu immuable. Ce dialogue intime entre deux langages différents permet à chaque projet de réinterpréter cet espace en transgressant les frontières matérielles du bâtiment.

Seit mehr als 20 Jahren empfängt der Verein zahlreiche

in letzter Minute gerettet. Im Jahre 1989 beschloss ein internationales Architektenkollektiv, einen Teil des ersten Stockwerks zu kaufen und den Verein La Première Rue zu gründen, um darin Raum für Kreativität und Forschung zu schaffen und dieses Vermächtnis zu beleben.

Künstler unterschiedlicher Disziplinen, um ihre Arbeit einem vielfältigen Publikum vorzustellen. Die Vorgehensweise ist einfach und beruht darauf, den Eingeladenen beim Bespielen des Ausstellungsraums absolute Freiheit zu lassen. In den ehemaligen Maisonnettewohnungen sind ungewöhnliche Galerien eingerichtet, die nach Maßgabe des Modulors entworfen und um die « Straße » herum ineinander verzahnt angeordnet sind. Jede Ausstellung oder Installation ist eine Gelegenheit zur Konfrontation zwischen dem Werk des Künstlers und diesem unverrückbaren Ort. Der intime Dialog zwischen zwei unterschiedlichen Formensprachen erlaubt es jedem Projekt, diesen Raum neu zu interpretieren, indem die physischen Grenzen des Gebäudes überschritten werden.

En accueillant l’exposition Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part des étudiants de l’École Supérieure d’Art de Metz Métropole et de leurs professeurs et en mettant à disposition ses espaces, l’association est heureuse de pouvoir ainsi poursuivre son action d’ouverture. Elle offre également à ces jeunes artistes la possibilité de confronter leur projet sur la notion toute relative « de l’ailleurs » à ce formidable support plastique de création. En donnant à lire, à voir, à toucher et à vivre « cet ailleurs » autrement, ils permettront ainsi au public, le temps d’une visite, de voyager dans un lieu intemporel.

Der Verein ist sehr erfreut, seine Tätigkeit mit der Ausstellung Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part der Studenten und Lehrenden der École Supérieure d’Art von Metz Métropole fortzusetzen und diesen ihre Räumlichkeiten zur Verfügung zu stellen. Er bietet den jungen Künstlern die Gelegenheit, ihr Projekt zum ganz und gar relationalen Begriff des « Woanders » dieser wunderbaren plastischen Grundlage für schöpferisches Tun gegenüberzustellen. Indem « dieses Woanders » die Dinge neu zu lesen, zu sehen, zu berühren und zu leben gibt, ermöglicht es dem Besucher eine Reise an einem zeitlosen Ort.


Christian Debize Tracer des chemins pour une rencontre

Der Begegnung Wege ebnen

Dans les préfaces d’ouvrages qui ont pour vocation de mettre en valeur le travail des étudiants et des enseignants, il y en a certaines dont l’écriture nous touche particulièrement, celle-ci par exemple. Sans doute parce qu’elle est la dernière que je rédige en tant que directeur de l’École Supérieure d’Art de Metz Métropole, mais surtout parce qu’elle évoque une réalité à laquelle je crois profondément : les écoles d’art sont un creuset pour les rencontres, pour ce que nous appelons de façon plus académique : la mobilité des étudiants et des enseignants. De fait, entre l’ÉSAMM, le Centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme, l’Unité d’Habitation la Cité Radieuse à Briey-en-Forêt et les éditions gutleut à Francfort, quelque chose s’est noué qui procède du début d’une aventure, rencontre qui met l’accent sur les liens naturels – on dirait, quasi obligatoires – que la Lorraine tisse avec le voisin allemand. Circulant chaque jour avec le TER entre Nancy et Metz, j’ai souvent pensé, en entrevoyant le long de la voie, près d’Arnaville, l’enseigne fatiguée de l’ancien café de la douane, au profit que nous pouvons tous tirer de nos anciennes frontières, de la position privilégiée d’être installée sur un bord et d’aller au contact d’autres sensibilités qui nous sont proches, mais qui ne sont pas tout à fait les nôtres. La rencontre donc. Celle des étudiants (Julie Luzoir, Francis Ramel, Félix Tautelle, Priscilla Trabac et Fanny Woimant) et des enseignants (Jérôme Knebusch et Michaël Kummer) qui ont choisi de travailler autrement, à partir de petits éléments dont ils tirent des situations remarquables, autour d’un processus et d’une production plastiques qui les impliquent tous et n’imposent aucune hiérarchie entre eux dans le travail. Rencontre avec un lieu, l’atelier résidence de LindreBasse, liée au CAC de La Synagogue de Delme et qui, dans son relatif isolement, restitue un rapport du temps à l’espace éminemment favorable à la création. « So, sind wir nun endlich aus den Toren der Stadt » (« Nous voici donc enfin hors des portes de la ville ») écrit Ludwig Tieck à la première ligne de son roman Les pérégrinations de Franz Sternbald (1798). Novalis, lui, suggère dans Les disciples à Saïs : « C’est par des chemins divers que vont les hommes. Qui les suit et les compare verra d’étranges figures prendre naissance. Figures qui appartiennent semble t’il, à cette grande écriture chiffrée que l’on aperçoit partout : sur les ailes, sur les coquilles des

Unter den Vorworten, die dafür bestimmt sind, die Arbeit von Studierenden und Lehrenden zu würdigen, gibt es manche, die zu verfassen einen besonders berührt, so zum Beispiel dieses. Sicher auch, weil es das letzte in meinem Amt als Direktor der École Supérieure d’Art de Metz Métropole ist, vor allem aber, weil es an etwas erinnert, woran ich zutiefst glaube: Die Kunsthochschulen sind ein Schmelztiegel für Begegnungen, für das, was wir etwas akademischer als Mobilität der Studierenden und der Lehrenden bezeichnen. In der Tat ist zwischen der ésamm, dem Zentrum für zeitgenössische Kunst La Synagogue de Delme, der Unité d’Habitation la Cité Radieuse in Briey-en-Forêt und dem gutleut verlag in Frankfurt etwas entstanden, das aus einem anfänglichen Abenteuer hervorging. Es handelt sich dabei um eine Begegnung, die Wert auf die natürlichen – man könnte auch sagen notwendigen  – Verbindungen legt, die die Lorraine zu den deutschen Nachbarn knüpft. Täglich zwischen Nancy und Metz mit dem Zug unterwegs, das verblichene Schild des Zollcafés an den Gleisen bei Arnaville erblickend, dachte ich oft an die Chance, die uns, aus der privilegierten Position heraus, die alten Grenzen bieten : neben anderen Verfasstheiten angesiedelt zu sein, die uns nahestehen, aber nicht ganz die unseren sind. Die Begegnung also. Diejenige der Studierenden (Julie Luzoir, Francis Ramel, Félix Tautelle, Priscilla Trabac und Fanny Woimant) und der Lehrenden (Jérôme Knebusch und Michaël Kummer), die es vorzogen, anders zu arbeiten – ausgehend von kleinen Elementen, aus denen sie bemerkenswerte Situationen schaffen, rund um einen Prozess und eine bildnerische Produktion, die alle einbezieht und ihnen in der Arbeit keine Hierarchien untereinander aufbürdet. Begegnung mit einem Ort, der Atelierresidenz von Lindre-Basse, die zum Zentrum für zeitgenössische Kunst La Synagogue de Delme gehört und in ihrer relativen Einsamkeit einen Bezug zwischen Zeit und Raum herstellt, der jedes Schaffen extrem begünstigt. « So, sind wir nun endlich aus den Toren der Stadt », beginnt Ludwig Tieck seinen Roman Franz Sternbalds Wanderungen (1798). Novalis legt seinerseits in Die Lehrlinge zu Sais nahe : « Die Menschen gehen auf unterschiedlichen Pfaden. Wer ihnen folgt und sie vergleicht, wird seltsame Figuren entstehen sehen. Figuren, die wie es scheint dieser grossen, verschlüsselten Schrift angehören, die wir überall sehen : auf Flügeln, auf Eierschalen, in den Wolken, im Schnee, in Kristallen und Versteinerungen, auf zugefrorenen Gewässern, auf


œufs, dans les nuages, dans la neige, dans les cristaux et les pétrifications, sur les eaux qui gèlent, à l’extérieur et à l’intérieur des roches, des plantes, des animaux, des hommes, dans les étoiles du ciel, sur les plateaux de résine et de verre frottés et mis en contact, dans les courbes de la limaille autour de l’aimant et dans les surprenantes conjonctures du hasard. » Cette esthétique du cheminement a participé à définir le romantisme allemand, que nous connaissons si mal en France. Elle est aussi accordée à ce lieu dont l’intensité permet le surgissement des énigmes: le voyage, la nature, la solitude, la nuit, le silence, les histoires. Suivons Novalis : « l’homme n’est pas seul à parler – l’univers aussi parle – tout parle – des langues infinies. » La rencontre encore avec le paquebot de Le Corbusier flottant sur l’immense frondaison sombre de Brieyen-Forêt. Le concept de « la rue » y définit ce que peuvent être les promesses d’une rencontre, à l’inverse d’un micro-milieu replié sur lui-même ou d’une société cristallisée par la marchandise et la consommation, plutôt un espace de passage où tout peut se produire et transformer la vie, un lieu d’expériences extra-ordinaires qui met en évidence la capacité des étudiants à exercer des choix. Toutes ces rencontres sont devenues des constructions, puis grâce à une exposition et un ouvrage auxquels les éditions gutleut de Francfort ont apporté leur concours, un événement public. Que tous ceux qui ont permis la réalisation de cette aventure trouvent ici l’expression de notre gratitude.

und in Felsen, Pflanzen, Tieren, Menschen, in den Gestirnen, in aufeinander geriebenen und in Kontakt gebrachten Harz und Glasplatten, in den Bögen der Eisenfeilspäne um den Magneten und in den überraschenden Umständen des Zufalls.» Diese Ästhetik des Wanderns hat zur Definition der deutschen Romantik geführt, die wir in Frankreich so schlecht kennen. Sie wird auch den Orten zugeschrieben, die in ihrer Intensität Rätsel aufkommen lassen : die Reise, die Natur, die Einsamkeit, die Nacht, die Stille, die Geschichten. Folgen wir Novalis : « der Mensch spricht nicht allein – das Universum spricht mit – alles spricht – unendliche Sprachen.» Und noch einmal die Begegnung : die mit dem Eisbrecher von Le Corbusier, der auf dem riesigen dunklen Blattwerk von Briey-en-Forêt schwimmt. Das Konzept « der Straße » definiert hier das, was als Versprechen einer Begegnung gelten könnte. Das Gegenteil eines selbstbezüglichen Mikromilieus oder einer auf Waren und Konsum ausgerichteten Gesellschaft – eher ein Durchgangsraum, wo alles hergestellt und das Leben verändert werden kann, ein Ort für ausserordentliche Erfahrungen, die die Fähigkeit der Studierenden herausfordert, wählen zu können. Sämtliche Begegnungen sind konstruktiv verlaufen und mit einer Ausstellung und einer Publikation, die mit Hilfe des gutleut verlags entstehen konnte, auch ein öffentliches Ereignis geworden. Unser Dank gilt allen, die die Verwirklichung dieses Abenteuers ermöglicht haben.


Michaël J. Kummer & Jérôme Knebusch Ici ou ailleurs, la distance ne mesure pas l’éloignement. Notre lien artistique et intellectuel était clair d’emblée : en tant qu’artistes visuels ayant une relation forte au texte et à des œuvres de poètes et d’écrivains des noms ont rapidement jaillis : Fernando Pessoa, Georges Perec, Charles Bukowski, Rainer Maria Rilke... Nous nous sommes rencontrés en 2009 à l’École Supérieure d’Art à Metz. En tant que nouveaux enseignants, nous avons rapidement souhaité porter un projet d’exposition commun, qui mêlerait expérience pédagogique et dialogue artistique entre nos univers et ceux des étudiants. Nous avons cherché le dialogue intensif, dans lequel un cadre temporel étendu nous donnerait les meilleures conditions.

Hier oder woanders, Distanz misst Entfernung nicht.

Unsere künstlerische und geistige Verwandtschaft war von vornherein klar : Als bildende Künstler mit einer engen Beziehung zu Texten und Werken von Dichtern und Schriftstellern kamen wir schnell auf Namen wie Fernando Pessoa, Georges Perec, Charles Bukowski, Rainer Maria Rilke... 2009 trafen wir uns an der École Supérieure d‘Art in Metz. Als neue Lehrkräfte haben wir alsbald ein gemeinsames Ausstellungsprojekt entworfen, in dem sich unsere künstlerischen Ideen und Konzepte mit denen der Studenten mischen sollten. Wir suchten den intensiven Ausstauch, wobei ein weitgesteckter Zeitrahmen beste Bedingungen bot.

Kunstlehre ist ein Paradox in sich. Wie etwas vermitteln ?

Enseigner l’art est un paradoxe en soi. Comment transmettre ? Enseigner, transmettre ou échanger ce qui relève de l’art est toujours risqué ! C’est ainsi que nous avons pensé qu’en mettant les étudiants en situation réelle d’échange, de résidence, d’édition, d’exposition, nous pourrions trouver une articulation relationnelle intéressante eu égard des enjeux pédagogiques. Il ne s’agissait plus de simuler au sein de l’école, mais de franchir la ligne entre l’idéal de l’artiste projeté et la réalité concrète d’une exposition. Voilà peut-être le point nodal de ce parcours singulier. De Metz à Briey-en-Forêt, en passant par Lindre-Basse et Frankfurt am Main, les liens dépassent l’école et dessinent une géographie dynamique et singulière. Au début le projet s’intitulait Atelier Ailleurs. Un atelier nomade, comme notre génération, qui explore les nouvelles dimensions du territoire. Aujourd’hui, l’ailleurs est partout, instantané, rapide, sans limites. L’ailleurs, c’est aussi la génération des métis, doubles nationaux, déracinés de tous horizons. L’ailleurs, c’est l’Orient, c’est l’autre, dont le regard nous constitue imperceptiblement. Mais l’ailleurs est également ici, sous nos yeux, un quotidien redécouvert, disparu pour le regard habitué. Alors que la vitesse bouleverse le temps, l’espace des mots, l’espace poétique reste un lieu de villégiature pour les déracinés, les expatriés, les Heimatlosen du XXIème siècle.

Lehren, Vermitteln und Austausch in der Kunst ist immer riskant ! Wir sahen eine Herausforderung darin, andere, neue Ausdrucksformen im Rahmen des pädagogischen Auftrags entwickeln ; wir wollten eine Situation schaffen, die verschiede Formen der Ausseinandersetzung unter allen Beteiligten ermöglichen würde; in der die Studenten vor Ort wären, publizierten und ausstellten. Es galt, die Aktivitäten nicht mehr nur innerhalb der Kunsthochschule zu simulieren, sondern die Grenze vom

projizierten

Künstlerideal

hin

zur

konkreten

Ausstellungswirklichkeit zu überschreiten. Vielleicht ist das der Kernpunkt dieses besonderen Weges : Von Metz bis Briey-en-Forêt, über Lindre-Basse und Frankfurt am Main reichen die Bezüge über die Schule hinaus und zeichnen eine dynamische und einzigartige Geografie.

Anfangs hieß das Projekt Atelier Ailleurs – ein nomadisches Atelier, dasjenige unserer Generation, die die neuen Dimensionen des Raumes erforscht. Heutzutage ist das Woanders überall, augenblicklich, schnell, grenzenlos. Es ist die Generation der Mestizen, der doppelten Staatsbürgerschaft, der Entwurzelten aller Orten. Das Woanders ist der Orient, der Andere, dessen Blick uns unmerklich konstituiert. Das Woanders ist aber auch hier, direkt vor unseren Augen, ein wiederentdeckter Alltag, der im Gewohnheitsblick verschwundenen war. Während die Geschwindigkeit die Zeit umwälzt, bleibt der Raum der Worte, der poetische Raum ein Ort der Sommerfrische für die Entwurzelten, die Auswanderer, die Heimatlosen des 21. Jahrhunderts.


Au cours de réunions régulières, tous ont apporté, puis lu ensemble des textes : Jean-Paul Sartre, Guy Debord. Nous avons visionné des films : Méditerranée de Jean-Daniel Pollet, Voies spirituelles d’Alexandre Sokourov, Lothringen de Jean-Marie Straub et Danièlle Huillet, Un homme qui dort de Bernard Queysanne, Factotum de Bent Hamer… Si les références de départ étaient assez précises, l’issue formelle des projets est restée ouverte. Chaque étudiant-artiste a ainsi pu proposer une manière d’articuler texte et espace, sans que nous ayons imposé de frontières entre les disciplines et les champs artistiques. L’atelier a pu ensuite se déplacer dans le contexte d’un séjour à la résidence d’artiste de Lindre-Basse, grâce au partenariat du Centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme, qui gère cette résidence. C’est là, ensemble pendant plusieurs jours, que nous avons pu finaliser les travaux, concevoir la scénographie et le graphisme de l’édition dans une discussion ouverte entre étudiants et enseignants. La ligne éditoriale des éditions gutleut thématise la relation entre texte et image à travers une poétique de l’espace et du voyage. En éditant le « catalogue », ils inscrivent le projet au delà de la temporalité d’exposition. Le terme catalogue mérite d’être entre guillemets puisqu’il ne s’agit pas d’une simple indexation des œuvres présentées. Le livre a été approché comme un objet faisant partie intégrante de l’exposition, assemblant pistes, réflexions et origines des projets. Au bout du compte, les travaux dans leur état final ne figurent qu’en couverture.

Im Laufe der regelmäßigen Treffen brachten alle Beteiligten

Nous espérons, grâce à ces déplacements de l’atelier, avoir trouvé une structure pédagogique à même de répondre aux défis d’un siècle nomade. La poésie, loin d’appartenir au monde d’hier, est d’une actualité brûlante. Alors que le sens des réalités est bouleversé – catastrophes écologiques, financières, politique – le geste poétique – en tant qu’il permet d’habiter le monde, d’enraciner l’être humain – est plus que jamais vital.

Wir hoffen, mit der Versetzung des Ateliers eine

Texte mit, die gemeinsam gelesen wurden : Jean-Paul Sartre, Guy Debord. Wir sahen Filme : Méditerranée von Jean-Daniel Pollet, Voies spirituelles von Alexandre Sokourov, Lothringen von Jean-Marie Straub und Danièlle Huillet, Un homme qui dort von Bernard Queysanne, Factotum von Bent Hamer… Obwohl die ersten Bezüge recht genau waren, blieb die formale Ausführung der Projekte offen. So konnte jede Künstlerin-Studentin / jeder Künstler-Student eine Art der Textartikulation im Raum vorschlagen, ohne dass wir Grenzen zwischen den Disziplinen und künstlerischen Feldern vorgaben. Dank der Partnerschaft mit dem Centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme, die die Künstlerresidenz von Lindre-Basse verwaltet, konnten wir unser Atelier dorthin verlegen. Hier hatten wir die Möglichkeit, über mehrere Tage in einer offenen Diskussion zwischen Studierenden und Lehrkräften die Arbeiten gemeinsam abzuschliessen, die Inszenierung der Ausstellung und das Gestaltung der Publikation zu entwickeln. Das Programm des gutleut verlags thematisiert das Verhältnis von Bild und Text ; im übertragenen Sinne eine Poetik des Raumes und der Reise. Indem ein « Katalog » produziert wird, wird das Projekt über die Zeit der Ausstellung hinaus fortgeschrieben. Der Begriff « Katalog » verdient es in diesem Fall, in Anführungsstrichen gesetzt zu werden, weil er die gezeigten Werke nicht nur aufführt. Das Buch wurde als eingenständiger Bestandteil der Ausstellung entwickelt. Es fasst Wege, Überlegungen und Ursprünge der Projekte zusammen. Der endgültige Zustand der Arbeiten erscheint nur auf dem Umschlag.

Struktur gefunden zu haben, die dafür geeignet ist, den Herausforderungen eines nomadischen Jahrhunderts zu begegnen. Die Poesie gehört bei weitem nicht der Welt von Gestern an, sondern ist von brennender Aktualität. Während die Ausrichtung der Wirklichkeiten auf den Kopf gestellt wird – Umwelt-, Finanz-, Politkatastrophen –, ist die poetische Geste vitaler denn je, da sie erlaubt, die Welt zu bewohnen und den Menschen zu verwurzeln.


Michael Wagener Holzwege, 90-135 g/qm holzfrei «They ate every letter of every alphabet and still had an appetite» Coner Oberst, aus: Nothing gets crossed out, auf : The Story is in the Soil, Keep your Ear to the Ground (2002). «By drawing a diagram, a ground plan of a house, a street plan to the location of a site, or a topographic map, one draws a ‹logical two dimensional picture›. A ‹logical picture› differs from a natural or realistic picture in that it rarely looks like the thing it stands for. It is a two dimensional analogy or metaphor – A is Z.» Robert Smithson, A Provisional Theory of Non-Sites (1968), in : The Selected Writings, University of California Press, Berkeley und Los Angeles 1996, S. 364.

Lückenhaftes Protokoll eines kurzen Spaziergangs in und um einen Wald herum [mit Buchen] Betr.: Holzwege, reihe A4, einleiten; über Robert Smithson nachdenken, Coner Oberst lauschen; kurz fassen [Vorgabe : 2000 Zeichen ; in 1:1 übersetzt : genau 2000 Schritte, entspricht bei einer Schrittlänge von ca. 70-80 cm etwa 1600 Metern, ergibt plus Leerzeichen etwas mehr als 2 Kilometer ; Wegzeit : eine gute halbe Stunde.]

Haupthema von Stammbaumwald [Vortrag im Rahmen des Symposiums Journées professionelles – spécial édition, École Supérieure d’Art in Metz, Frühjahr 2010] war die Darstellung verschiedener Beziehungen von Bild und Text sowie der daraus entwickelten Konzepte. Konzepte, die in Form von künstlerischen Arbeiten und Ausstellungen umgesetzt werden – verdichtet jedoch in Büchern, die sich verschiedener visueller und textueller Sprachen bedienen und wie Objekte und Ideenträger in einem und als ein Raum organisiert werden. Für den Vortrag habe ich Grafiken – die Stammbäume – entworfen, die visualisieren und übersichtlicher machen sollen, wie verschiedene Thematiken, Konzepte, Medien und Arbeitsfelder, vor allem aber Bücher miteinander verknüpft und auseinander entstanden sind. In ihrer Summe ergeben die Stammbäume einen grafischen Wald, den Stammbaumwald. An den Vortrag schloss sich ein erstes Treffen mit Studenten von Jérôme Knebusch und Michaël Kummer an, bei dem u.a. auch das Konzept für ein Buch bei gutleut, reihe A4, vorbereitet und diskutiert werden sollte. Ihr Projekt, künstlerische Arbeiten auf der Grundlage von literarischen und theoretischen Texten zu entwickeln, erschien wie geschaffen für Reihe und Verlag. Einen ersten Arbeitstitel verdanken wir den (fremd-)sprachlichen Verständigungsschwierigkeiten und dem Projekt von Fanny Woimant. Für ihr Projekt be-

nutzte sie als Ausgangsmaterial Worte : Synonyme, die aneinander gereiht sich so weit verflechten, dass Anfang und Ende der Bedeutungsreihen nicht mehr viel miteinander zu tun haben. Eine Spielart, die mich an Stille Post denken ließ und dank Übersetzungshilfen verständlich gemacht werden konnte: Was im Deutschen « Stille Post » heißt, heißt im Französischen « Arabisches Telefon », im Englischen  « Chinese Whispers » – voilà, der Titel! Aus Stille Post wurde im Laufe der Zeit Holzwege. Die finden sich in Wäldern. Laut Kluge, Ethymologisches Lexikon, 24. Auflage, ist ein Holzweg ein « Weg im Wald, auf dem Holz geführt wird. Da diese Wege häufig auf einem Holzplatz o.ä. enden und nicht weiterführen, wird das Wort bildlich für ‹Sackgasse› und dann für ‹Irrweg› benutzt. » Im ursprünglichen Sinne handelt es sich also um einen Wirtschaftsweg, der an einem Ort bzw. einem Platz irgendwo im Wald endet, wo Holz gesammelt und gelagert wird, das später weiterverarbeitet wird – u.a. für die Papierherstellung. Was für den Spaziergänger in einer Sackgasse mündet – im Wegende «irgendwie Nirgendwo» und von wo aus nur der Weg zurück bleibt –, könnte sich allerdings auch als potentieller Materiallagerplatz eines zukünftigen Schatzes herausstellen. Denn nicht umsonst verdankt das Buch [im Deutschen] seinen Namen einem Baum, nämlich dem der Buche. Und zugegeben: Bei Buch und Titel hatte ich im ersten Moment an Heidegger gedacht, in Erinnerung an eine seiner Schriften zur Kunst: Holzwege. Philosophieren ist für Martin Heidegger ein Akt der Bewegung und dabei die Metapher des Weges ein ständiger Begleiter, was sich auch in einigen Titeln seiner Schriften niederschlägt : Wegmarken, Unterwegs zur Sprache oder eben Holzwege. Wege nicht Werke ist dementsprechend treffend ein Absatz bei Wikipedia überschrieben, der sich dieser Metapher widmet und sich eines Zitats aus den Aufzeichnungen Martin Heideggers bedient : « Die Gesamtausgabe soll auf verschiedene Weise zeigen : ein Unterwegs im Wegfeld des sich wandelnden Fragens der mehrdeutigen Seinsfrage (...).» Abgeschweift. Vom Weg abkommen, auf den Holzweg geraten, den Wald vor lauter Bäumen nicht sehen – um nur einige Redewendungen zu nennen – oder aber vom Hölzchen aufs Stöckchen kommen, wie es in der bereits erwähnten Arbeit von Fanny Woimant mit dem ebenso treffenden


Titel Exploration passiert : wobei die grafische und künstlerische Umsetzung dieser Erforschung oder Untersuchung – ihrer Wortwanderungen – an eine Blüte oder Blume denken lässt. An Holzwegen und Wegrändern zu Hause und zu finden ist die Gemeine Wegwarte, eine Blume, auch Zichorie genannt und aus der Familie der Korbblütler stammend. Sie war in Deutschland nicht nur die Blume des Jahres 2009, sondern wird in einigen Theorien auch als die Blume gehandelt, die Novalis zum Vorbild für die im Traum des jungen Heinrich von Ofterdingen beschriebene Blaue Blume nahm : eines der wichtigsten literarischen Symbole, das für die Sehnsucht nach der Aufhebung aller Erfahrungsgrenzen steht – Natur, Mensch und Geist verbinden sich. Feldwege ist der Titel einer weiteren Schrift von Martin Heidegger – an deren Rändern und an denen von Feldern die Kornblume wächst, ebenfalls Korbblütler und als Vorbild für Novalis noch höher gehandelt. Ihnen jedoch ist eine andere Perspektive eingeräumt : die auf große, weite Felder, die der Sehnsucht nach Unendlichkeit vielleicht ein wenig näher kommt. Novalis selbst, sagt man, hat allerdings vom Heliotrop aus der Familie der Raubblattgewächse gesprochen, übersetzt : den Sonnenwenden... [Insgesamt : 5098 Zeichen ; in 1:1 übersetzt : genau 5098 Schritte, entspricht bei einer Schrittlänge von ca. 70-80 cm etwa 3823,5 Metern, ergibt plus Leerzeichen fast 4,5 Kilometer ; Wegzeit : eine gute Stunde – Vorgabe überschritten, noch kürzen.]


Marie Cozette Delme, juillet | Juli 2010 Dans le cadre du projet pédagogique Atelier Ailleurs mené par Jérôme Knebusch et Michaël J. Kummer avec un groupe d’étudiants de l’ÉSAMM, j’ai mis à disposition l’atelier-résidence de Lindre-Basse. Cette résidence, créée en 2002, accueille chaque année plusieurs artistes pour des projets de recherche ou de production. Elle est située dans une commune de 100 habitants, en zone rurale, à une heure de route de Metz, au cœur du Parc Naturel Régional de Lorraine. Dans ce cadre précis, il s’agissait de proposer un « ailleurs » de l’école, qui puisse néanmoins prolonger les espaces de travail habituels de tout un chacun. La résidence sous-tend une forme de déterritorialisation, un ailleurs qui n’a pas besoin de passer par le prisme de l’exotisme pour jouer la fonction de lieu autre. Le simple fait de déplacer l’atelier, d’être coupé de son quotidien est à même de provoquer quelques glissements, propices à la remise en jeu des pratiques. Les étudiants et les enseignants de l’ÉSAMM se sont donc emparés de ce cadre de travail privilégié, lors d’une période d’intense réflexion, en amont de leur exposition à Briey-en-Forêt.  Ma visite d’atelier au cours de leur halte à LindreBasse a été des plus éclairantes sur leurs méthodologies. En effet, c’est avec une somme de lectures, de partage de textes, de fils narratifs échangés au fil de l’année qu’étudiants et enseignants se sont déplacés. Si la matière textuelle est au cœur du projet, elle en est autant la source que le matériau, infusant la plupart des propositions. Voici donc une situation de recherche, tendue entre la lecture et le déplacement. La lecture peut s’entendre ici comme un déplacement mental et le déplacement physique peut à son tour produire une relecture, une interprétation en actes des espaces parcourus.

Auf Anfrage von Jérôme Knebusch und Michaël J. Kummer stellte ich dem von ihnen geleiteten pädagogischen Projekt Atelier Ailleurs mit Studierenden der ésamm die Künstlerresidenz der Lindre-Basse zur Verfügung. In einer hundertköpfigen Gemeinde auf dem Land, eine Autostunde von Metz entfernt, mitten im Parc Naturel Régional der Lorraine gelegen, werden in diesem 2002 geschaffenen Haus jedes Jahr mehrere Künstler für Forschungsprojekte und Arbeitsstipendien aufgenommen. Dieser spezielle Rahmen trug dazu bei, ein « Woanders » zur Kunsthochschule zu erreichen, eine Erweiterung der gewohnten Arbeitsräume. Der Ort unterstützt eine Form der Loslösung, ein Woanders, das nicht durchs Prisma des Exotischen gelenkt werden muss, um die Rolle eines anderen Ortes einzunehmen. Bereits die schlichte Tatsache, das Atelier zu verlegen, vom Alltag abgeschnitten zu sein, provoziert einige Verschiebungen, bei denen die eigenen Praktiken neu erfahren werden sollen. Im Vorfeld ihrer Ausstellung in Briey-en-Forêt haben die Studierenden und Lehrenden der ésamm diesen privilegierten Ort also besetzt, um hier in eine Phase intensiver Reflexion zu treten. Mein Atelierbesuch in Lindre-Basse erlaubte mir einen Einblick in ihre Vorgehensweisen. Die Studierenden und Lehrenden haben sich mit ausgiebiger Lektüre, Textarbeit und Erzählsträngen, die im Verlauf des Jahres ausgetauscht wurden, fortbewegt. Text ist die Grundlage des Projekts, sowohl seine Quelle als auch das Material, das die meisten Beiträge speist. Uns liegt also eine Forschungssituation vor, die sich zwischen Lektüre und Ortswechsel aufspannt. Lektüre kann hier als mentaler Ortswechsel verstanden werden, und der physische Ortswechsel wiederum kann eine erneute Lektüre anstoßen, eine Interpretation in den Abschnitten der durchlaufenen Räume.

Denken wir über Francis Ramels in Lindre-Basse ent-

Que l’on songe au travail que Francis Ramel développe à Lindre-Basse. Le texte qu’il relit est une chanson pop ayant hanté l’imaginaire de son adolescence, passée dans un petit village de Picardie. Les paroles évoquent l’échappée nécessaire en dehors des limites d’une ville étriquée : « Puis-je au moins sortir la tête et oublier qu’ici, on ne sort pas / Mais je sais bien que ma petite ville arrête / Les plus belles espérances en contrebas / Puis-je au moins sortir la tête ? » Il transpose dans la réalité de Lindre-Basse cet univers qu’il a connu plus jeune et sillonne le village en partant toujours de l’atelier. Pour garder la trace de ces marches successives, comme une série de fuites hors de soi, Francis Ramel accroche sous ses semelles des lames en métal, martelées au fur et à mesure, au contact du sol. Il les expose en tant que telles, sortes d’archives de ses trajets répétés, toujours accompagnées par l’air du groupe Deportivo qui ne l’a pas quitté.

wickelte Arbeit nach. Der von ihm wiedergelesene Text ist ein Popsong, der die Vorstellungswelt seiner Jugend in einem kleinen Dorf in der Picardie besetzte. Der Text beschwört den notwendigen Ausbruch aus den Grenzen einer beengenden Stadt : « Kann ich wenigstens den Kopf hinausstrecken und vergessen, dass man hier nicht rausgeht / ich weiß doch, dass meine kleine Stadt / die schönsten Hoffnungen weiter unten verhaftet / darf ich zumindest den Kopf hinausstrecken ? » Er versetzt das Universum seiner Jugend in die Wirklichkeit der Lindre-Basse und zieht, immer vom Atelier ausgehend, Bahnen durch das Dorf. Um die Spuren seiner Gänge zu bewahren, wie eine Reihe Fluchten aus sich selbst, bringt Francis Ramel an seinen Sohlen Metallklingen an, die durch den Bodenkontakt nach und nach geschmiedet und geformt werden. So stellt er sie aus, als eine Art Archiv seiner wiederholten Gänge, immer in Begleitung der Melodie der Band Deportivo, die ihn nie verlassen hat.


De la même façon, le travail de Priscilla Trabac relève du déplacement et de trajets répétés qui lui permettent de réécrire l’espace du quotidien. Dans un premier temps, des textes retranscrivent en détail tous les trajets qu’elle effectue chaque jour entre le 3 décembre 2009 et le 24 janvier 2010. Du domicile, à l’école, de l’école à son lieu de travail,… les trajets sont reportés sur des pages, selon un principe de cartographie spécifique : chaque lieu est représenté par une forme géométrique simple et les lieux reliés entre eux par des fils, cousus à même le papier. Le déplacement et la vie au jour le jour dictent la forme de ces « cartes », nourries par la notion de dérive situationniste telle que théorisée par Guy Debord, ou encore par la question que pose Georges Perec « Où est notre espace ? ». Cette réappropriation de l’espace urbain, normatif et routinier, permet à Priscilla Trabac de donner de la ville une lecture sensible, d’y imprimer son propre mouvement. Dans les œuvres de Fanny Woimant et Julie Luzoir ce n’est pas tant de déplacement physique dont il est question que de déplacement de l’usage de la langue et des mots. Fanny Woimant propose un jeu visuel et sémantique basé sur des cascades de synonymes. Elle choisit un mot au hasard dans un dictionnaire, puis photocopie sa définition. Dès qu’un synonyme apparaît dans le texte, elle photocopie à nouveau la définition du synonyme, et la colle à l’endroit où le mot est apparu. Le principe est répété à l’infini... Il en résulte un nuage de mots et d’articles de dictionnaire qui viennent s’épaissir mutuellement, au sens propre comme au sens figuré. Les définitions s’interpénètrent et s’enrichissent en renvoyant en permanence les unes aux autres, dans une arborescence de papier, où le sens de chaque mot compte moins que ce qui le relie à tous les autres. Julie Luzoir se penche quant à elle sur la distance qui sépare la forme des mots de leur compréhension, à travers un processus de lecture inhabituel. L’ailleurs passe aussi par ce qui sépare, la frontière de la langue, qu’elle interroge dans une série de dessins réalisés à partir de textes  en allemand, russe ou arabe, autant de langues qu’elle ne comprend ni ne lit. Sa lecture se matérialise par le mouvement du regard qui sillonne la page imprimée. Si Julie Luzoir se réapproprie des espaces (littéraires), elle souligne aussi la fonction du regard et la lecture comme processus agissant. Il ne s’agit pas d’une approche purement formaliste du mot écrit mais d’une façon discrète de dire l’altérité qui se creuse dans l’inconnu de la langue. Une façon de lier par un geste infime, qui donne sens au texte, au-delà de sa compréhension rationnelle et immédiate.

Priscilla Trabacs Arbeit stammt ebenfalls aus der Ortsveränderung und wiederholten Wegen, die ihr erlauben, den Alltagsraum neu zu beschreiben. Zuerst notieren die Texte detailliert sämtliche Wege, die sie zwischen dem 3. Dezember 2009 und dem 24. Januar 2010 zurückgelegt hat. Von der Unterkunft zur Kunsthochschule, von der Schule zur Arbeit, … Die Wege sind nach einem besonderen kartografischen Verfahren auf Seiten übertragen: Jeder Ort wird durch eine einfache geometrische Form dargestellt, diese sind mit ins Papier eingenähten Fäden verbunden. Die tägliche Ortsveränderung des Lebens diktiert die Form der « Karten », die vom situationistischen Verständnis des Sich-treiben-Lassens Guy Debords inspiriert ist oder auch von Georges Perecs Frage : « Wo ist unser Raum ? » Diese normative und routinierte Wiederaneignung des Stadtraums ermöglicht es Priscilla Trabac, die Stadt mit einer sinnlichen Lektüre zu versehen und dieser ihre eigene Bewegung einzuprägen. In Fanny Woimants und Julie Luzoirs Werken dreht es sich weniger um physische Ortsveränderung als um Verschiebungen im Gebrauch von Sprache und Worten. Fanny Woimant unterbreitet ein visuelles und semantisches Spiel auf der Basis von Synonymkaskaden. Zufällig pickt sie aus dem Wörterbuch ein Wort heraus und fotokopiert seine Definition. Sobald darin ein Synonym auftaucht, kopiert sie dessen Definition und klebt sie an der Stelle in den Text ein, an dem das Wort erschienen ist. Dieses Verfahren wiederholt sie immer wieder… Ergebnis ist eine Wolke aus Worten und Wörterbuchartikeln, die sich gegenseitig im eigentlichen und übertragenen Wortsinn verdichten. Die Definitionen bereichern und durchdringen sich, indem sie permanent aufeinander verweisen in einer Verästelung von Papier, in der die Bedeutung des einzelnen Wortes weniger zählt als das, was es mit allen anderen verbindet. Julie Luzoir befasst sich mit Hilfe einer ungewöhnlichen Leseweise mit dem Abstand zwischen der Form und der Verständlichkeit von Worten. Das Woanders entsteht auch im Trennenden, der Grenze der Sprache, die die Künstlerin in einer Serie Zeichnungen untersucht. Ihr Ausgangspunkt sind deutsche, russische oder arabische Texte – Sprachen, die sie weder versteht noch lesen kann. Ihre Lektüre materialisiert sich durch die Bewegung ihres Blicks, der Bahnen über die gedruckte Seite zieht. Wenn Julie Luzoir sich (literarische) Räume aneignet, betont sie also auch die Funktion des Blicks und des Lesens als aktiven Vorgang. Es handelt sich um keine rein formalistische Annäherung an das geschriebene Wort, sondern um eine diskrete Art, die Veränderung auszusprechen, die sich ins Unbekannte der Sprache eingräbt. Eine Weise, etwas mit unmerklicher Geste zu verbinden, die dem Text jenseits von rationalem und unmittelbarem Verständnis Sinn verleiht.


La triangulation entre mot, espace, et sens trouve une résolution formelle particulièrement dense dans le travail de Jérôme Knebusch, intitulé ICI : une loupe invite le spectateur à scruter un minuscule carré de papier blanc sur lequel le mot du titre se détache, invisible à l’œil nu. Le monde en réduction ainsi offert au regard renvoie à un monde infiniment plus vaste, par la seule force évocatrice de trois lettres. Le mot ancre l’œuvre dans l’espace qui l’entoure et rappelle aussi le visiteur à sa présence au lieu, à son être au monde. Jérôme Knebusch rattache ce travail à un extrait de texte de Charles Bukowski : « A poem is a city, a poem is a nation, a poem is a world », qui rappelle la capacité du mot, de la poésie, à créer des mondes, du plus petit au plus vaste, permettant de s’affranchir des frontières, qu’elles soient géopolitiques ou mentales. Si l’œuvre, aussi petite soit-elle, peut passer aisément inaperçue, elle contient et accepte comme une donnée intrinsèque cette part d’invisible. Question d’attention… Ce tour d’horizon ne serait complet sans la réalisation de Félix Taulelle. Inspiré par le texte de JeanPaul Sartre, Venise de ma fenêtre. On pourrait résumer sa proposition par la citation tirée du même ouvrage : « Venise, c’est là où je ne suis pas ». L’installation en forme de fenêtre, à travers laquelle on distingue la ligne d’horizon formée par les toits de Metz, crée une rupture entre un lieu vécu et un lieu mental. De même que les mots et leur signification sont disjoints dans l’œuvre de Julie Luzoir, de même une ville bien réelle se confond via le texte de Sartre avec la ville rêvée, pensée, projetée. Pour finir, le film de Michaël J. Kummer, Lettres à une amie Vénitienne, nous plonge dans la correspondance amoureuse entre Rainer Maria Rilke et Mimi Romanelli, que le poète rencontre à Venise en 1907. Venise est le lieu où le texte lu s’incarne, présence vivante et actuelle d’un amour entre deux êtres que la vie éloigne. Le choix de la forme-correspondance permet de faire revivre des voix d’un autre temps. Dans l’absence et dans le processus d’écriture des lettres c’est le visage de l’autre qui se dessine petit à petit en creux. Michaël J. Kummer écrit avec justesse que « l’autre est un visage entre la voix et le paysage », formule qui renvoie à son choix de ne filmer que la ville et les lieux où ont vécu Rilke et Mimi, de les accompagner de la voix qui incarne leurs mots. Michaël J. Kummer relit ainsi des textes à la lumière des paysages urbains qui les ont vu naître, comme si la ville devenait à son tour un texte, qu’il s’emploierait à nous lire à l’aide de sa caméra.

Das Dreiecksverhältnis zwischen Wort, Raum und Sinn findet in Jérôme Knebuschs Arbeit ICI (Hier) eine besonders dichte formale Auflösung: Der Betrachter wird eingeladen, mit einer Lupe ein winziges Quadrat weißen Papiers zu untersuchen, auf dem, mit bloßem Auge nicht sichtbar, das Wort des Titels erkennbar wird. Die Welt der auf diese Weise dem Blick präsentierten Verkleinerung verweist allein mit Hilfe der Suggestivkraft von drei Buchstaben auf eine unendlich weitere Welt. Das Wort verankert das Werk in dem es umgebenden Raum und erinnert den Besucher an seine Anwesenheit an diesem Ort und auf dieser Welt. Jérôme Knebusch knüpft diese Arbeit an einen Textauszug von Charles Bukowski : « A poem is a city, a poem is a nation, a poem is a world », der die Fähigkeit des Wortes, der Poesie in Erinnerung ruft, Welten zu schaffen, von der kleinsten zur größten, befreit von geopolitischen oder geistigen Grenzen. Wenn dieses tatsächlich kleine Werk leicht übersehen werden kann, enthält und akzeptiert es als seinen innersten Bestandteil diese unsichtbare Seite. Eine Frage der Aufmerksamkeit also… Dieser Überblick wäre ohne Félix Taulelles Beitrag unvollständig. Inspiriert von Jean-Paul Sartres Text Venise de ma fenêtre (Venedig von meinem Fenster aus), ließe sich seine Arbeit mit einem Zitat daraus zusammenfassen : « Venedig ist dort, wo ich nicht bin ». Die Installation in Form eines Fensters, durch das der Blick auf eine Horizontlinie, gebildet von den Dächern der Stadt Metz, fällt, schafft einen Bruch zwischen dem erlebbaren und dem mentalen Ort. So wie die Worte und ihre Bedeutung in Julie Luzoirs Werk entkoppelt sind, so verschmilzt eine reale Stadt durch Sartres Text mit der erträumten, ausgedachten, projizierten Stadt. Zum Abschluss stürzt uns der Film von Michaël J. Kummer, Lettres à une amie Vénitienne (Briefe an eine venezianische Freundin), in den Liebesbriefverkehr zwischen Rainer Maria Rilke und Mimi Romanelli, die sich 1907 in Venedig begegneten. Venedig ist der Ort, an dem der gelesene Text als lebendige und aktuelle Präsenz einer Liebe zwischen zwei Wesen, die vom Leben auseinandergetrieben werden, Gestalt bekommt. Die künstlerische Übersetzung des Briefwechsels ermöglicht es, Stimmen aus einer anderen Zeit wieder zum Leben zu erwecken. Nach und nach zeichnet sich im Schreibprozess das Gesicht des abwesenden Anderen als Relief ab. Michaël J. Kummer schreibt zu Recht : « der Andere ist ein Gesicht zwischen Stimme und Landschaft ». Die Formulierung verweist auf seine Entscheidung, ausschließlich die Stadt und die Orte zu filmen, an denen Rilke und Mimi gelebt haben, und sie mit der ihre Worte verkörpernden Stimme zu begleiten. Michaël J. Kummer liest die Texte auf diese Weise im Lichte der Stadtlandschaften wieder, die sie hervorgebracht haben, so als ob die Stadt ihrerseits zum Text würde, den er uns mit Hilfe seiner Kamera vorliest und zu lesen gibt.


Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part, titre de l’exposition à Briey-en-Forêt, en référence directe à un ouvrage de Martin Heidegger, rappelle sans doute l’importance de ces chemins multiples, des parcours, des processus de travail qui doivent prendre le pas sur la quête forcenée du résultat et de points d’arrivée définitifs. Les lignes de Julie Luzoir ondulent tels des sismographes, celles de Priscilla Trabac font de multiples tours et détours, quand Francis Ramel rayonne à partir d’un point central et que Fanny Woimant construit des ramifications labyrinthiques. Enfin les lieux auxquels se réfèrent l’ici de Jérôme Knebusch, le panoramique de Félix Taulelle ou les vues filmées de Michaël J. Kummer, décollent de leur réalité physique par l’entremise du texte ; celui-ci les fait glisser ailleurs, c’est-à-dire là où il faudra accepter de se perdre un moment.

Der Titel der Ausstellung in Briey-en-Forêt, Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part, steht in direktem Bezug zu Martin Heideggers Werk, das mit « Wege, die nirgendwo hinführen » (Chemins qui ne mènent nulle part) übersetzt wird. Er gemahnt zweifelsohne an die Wichtigkeit der unterschiedlichen Wege, der Rundwege und der Arbeitsschritte, die die erzwungene Suche nach Resultaten und endgültigen Zielpunkten hinter sich lassen sollen. Julie Luzoirs Linien wellen sich wie Seismographen, die von Priscilla Trabac nehmen verschiedenartige Wege und Umwege, während Francis Ramels Gänge von einem Zentrum ausstrahlen und Fanny Woimant labyrinthische Verbindungen konstruiert. Zuletzt beziehen sich Jérôme Knebuschs ici, Félix Taulelles Panorama und Michaël J. Kummers filmische Ansichten auf Orte, die sich durch den dazwischengelegten Text von ihrer physischen Wirklichkeit lösen; dieser lässt sie ins Woanders gleiten, also dorthin, wo wir nicht anders können, als uns einen Moment lang zu verlieren.

Übersetzungen aus dem Bildteil

2.1 Guy Debord

2.3 Georges Perec

6.3 Deportivo

« Eine oder mehrere Personen lassen sich treiben und verzich-

« Das Gewohnte hinterfragen. Wir sind es eben gewohnt.

Die Reglosigkeit

ten für unbestimmte Zeit auf allgemein bekannte Gründe

Wir hinterfragen es nicht, es hinterfragt uns nicht, es scheint

der Fortbewegung und des Handelns, auf soziale Beziehungen,

keine Probleme zu machen, wir leben es, ohne an es zu den-

Kann ich wenigstens den Kopf hinausstrecken und vergessen,

auf die Arbeit und ihre gewohnte Freizeitgestaltung, um sich

ken, als ob es weder Frage noch Antwort erzeugte, als ob es

dass man hier nicht rausgeht

auf die Anforderungen des Terrains und der entsprechen-

kein Träger irgendeiner Information wäre. Das ist nicht einmal

ich weiß doch, dass meine kleine Stadt

den Begegnungen einzulassen. Der Zufall ist hier weniger

Konditionierung, das ist Anästhesie. Wir schlafen unser Leben

die schönsten Hoffnungen weiter unten verhaftet

maßgeblich, als wir glauben : Aus Sicht des Sich-treiben-

in einem traumlosen Schlaf. Wo ist es nur, unser Leben ?

darf ich zumindest den Kopf hinausstrecken ?

Lassens besitzt eine Stadt ein psychogeografisches Relief mit

Wo ist unser Körper ? Wo ist unser Raum ? »

gleichbleibenden Strömen, Anhaltspunkten und Strudeln, die

Doch glaubten wir uns fern und schon zurückgekehrt

die Zugangs- oder Ausgangsbereiche bestimmter Zonen sehr

anstatt die Abkürzung zu nehmen, würden wir vor unsern

unbehaglich machen.»

4.3 Jean-Paul Sartre

Schatten fliehen

« Das räumliche Feld des Sich-treiben-Lassens ist mehr oder

« Es ist kalt; ein nichtiger Tag kündigt sich in Kreide an ;

Kann man niemals wissen wo man ist,

weniger präzise oder unbestimmt in Abhängigkeit davon,

Venedig hält sich ein weiteres Mal für Amsterdam; seine

hier in meinem Rattenloch denkt man nicht,

ob diese Aktivität auf eine Geländestudie zielt oder auf

graue Bleichheit in der Ferne sind Paläste. Hier ist es so :

ich weiß doch, dass meine kleine Stadt

verwirrende affektive Folgen. Tatsächlich weisen diese beiden

Die Luft, das Wasser, das Feuer und das Gestein vermischen

die schönsten Hoffnungen weiter unten verhaftet

Aspekte des Sich-treiben-Lassens vielfältige Verflechtungen

und vertauschen sich unablässig, tauschen ihr Wesen oder

darf ich zumindest den Kopf hinausstrecken ?

auf, und es ist unmöglich, eine davon in Reinform zu isolie-

ihre natürliche Umgebung, spielen Himmel-und-Hölle oder

ren. Die Benutzung des Taxis kann schließlich eine ziemlich

Fangen; altmodische Spiele, die der Unschuld entbehren ;

Doch glaubten wir uns fern und schon zurückgekehrt

deutliche Teilmenge liefern : Wird beim Sich-treiben-Lassen

wir wohnen dem Training eines Illusionisten bei.»

anstatt die Abkürzung zu nehmen, würden wir vor unsern

ein Taxi genommen, sei es, um ein bestimmtes Ziel zu errei-

Schatten fliehen

chen oder um sich 20 Minuten gen Westen zu bewegen, dann

«(…) [In] Venedig ist nichts einfach. Weil es keine Stadt

gibt man sich vor allem dem persönlichen Fremdsein hin.

ist, nein; es ist ein Archipel. Wie ließe sich das denn ver-

Legt man auf die direkte Erforschung des Terrains Wert,

gessen? Von unserem Inselchen blicken wir neidvoll auf das

bevorzugt man einen psychogeografischen Urbanismus.»

Gegenüberliegende: Was (…) gibt es dort? Eine Einsamkeit, eine Reinheit, eine inexistente Stille, Sie werden es von dieser Seite aus beurteilen. Das wirkliche Venedig werden Sie, egal wo Sie sind, immer woanders antreffen. Jedenfalls ist das für mich so. Normalerweise begnüge ich mich mit dem, was ich habe, in Venedig jedoch bin ich die Beute einer eifersüchtigen Verrücktheit; würde ich mich nicht zurückhalten, wäre ich die ganze Zeit auf den Brücken und in den Gondeln auf der verlorenen Suche nach dem geheimen Venedig des anderen Ufers. Natürlich verfliegt alles, sobald ich anlege ; ich drehe mich um : Das stille Mysterium hat sich auf der anderen Seite neu aufgebaut … Seit langem schon habe ich mich damit abgefunden : Venedig ist dort, wo ich nicht bin.»


Textes de | Texte von Guy Debord et Jean-Paul Sartre reproduits avec l’aimable autorisation de mit freundlicher Genehmigung von éditions Gallimard et Arthème Fayard Holzwege > Chemins qui ne mènent nulle part gutleut verlag | Reihe A4 | Band 20 © gutleut verlag und die Autoren | 1. Auflage 2010 Alle Rechte vorbehalten

Relecture allemande | Lektorat deutsch Christine Taxer Traduction | Übersetzung Olaf Probst Photographies | Fotografien  indexées sur couverture | siehe Umschlag Unité d’Habitation | Pascal Volpez Lindre-Basse, Modulor | Jérôme Knebusch Conception | Konzept Jérôme Knebusch, Michael Wagener Graphisme | Gestaltung Francis Ramel, Fanny Woimant, Jérôme Knebusch Impression | Druck Inter’print Caractère typographique | gesetzt aus der «Perec», hommage à Georges Perec (1936-1982). Alejandro Lo Celso, Pampatype, Argentina, 2009

École Supérieure d’Art de Metz Métropole 1, rue de la Citadelle F-57000 Metz beauxarts@metzmetropole.fr | http://esamm.metzmetropole.fr Association La Première Rue Résidence Le Corbusier 1, avenue du Docteur P. Giry F-54150 Briey-en-Fôret lapremiererue@briey-cable.com | www.lapremiererue.fr Centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme 33 rue Poincaré F-57590 Delme cac.delme@wanadoo.fr | www.cac-synagoguedelme.org gutleut verlag Kaiserstraße 55 D-60329 Frankfurt /Main mail@gutleut-verlag.com | www.gutleut-verlag.com

ISBN 978-3-936826-93-7


Il fait froid ; une journée nulle annonce ses craies; une fois de plus Venise se prend pour Amsterdam; ces pâleurs grises au loin sont des palais. C’est comme ça ici : l’air, l’eau, le feu et la pierrée ne cessent de se mélanger ou de s’intervertir, d’échanger leur natures ou leurs lieux naturels, de jouer aux quatre coins ou au chat perché; jeux vieillots et qui manquent d’innocence ; on assiste à l’entraînement d’un illusionniste .  (…) [À] Venise rien n’est simple. Parce que ce n’est pas une ville, non : c’est un archipel. Comment pourrait-on l’oublier ? De notre îlot vous regardez l’îlot d’en face avec envie: là-bas, il y a…quoi ? une solitude, une pureté, un silence qui n’est pas, vous en jureriez, de ce côté-ci. La vraie Venise, où que vous soyez, vous la trouverez toujours ailleurs. Pour moi, du moins, c’est ainsi. A l’ordinaire, je me contente de ce que j’ai, mais à Venise, je suis la proie d’une espèce de folie jalouse ; si je ne me retenais pas, je serais tout le temps sur les ponts ou sur les gondoles, cherchant éperdument la Venise secrète de l’autre bord. Naturellement, dès que j’aborde, tout se fane; je me retourne : le mystère tranquille s’est reformé de l’autre côté… Il y a beau temps que je me suis résigné : Venise, c’est là ou je ne suis pas .

5.3


5.4

5.5

5.6


6.1 julie luzoir


6.2


7.1 francis ramel

7.2


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7.4

sébastien rastrelli (basse) jonathan lefebvre (basse, violon) francis ramel (guitare, voix) caroline metzger (clavier, voix) batterie bleue basse ibanez bleue guitare ibanez grise gax75 guitare épiphone sg série limitée emily the strange ampli basse 65 watts (fender?) ampli guitare 60 watts (laney) pédalier multi-effets korg batterie pearl noire (occasionnellement) violon dimanche calibra rouge scooter mbk sacoche rok sak

7.5

7.6


a poem is a city filled with streets and sewers filled with saints, heroes, beggars, madmen

filled with banality and booze filled with rain and thunder and periods of drought

a poem is a city at war its barbershops filled with cynical drunks

a poem is a city a poem is a nation a po e m i s th e w o r l d

a poem is a city filled with streets and sewers

filled with saints, heroes, beggars, madmen

filled with banality and booze filled with rain and thunder and periods of drought

a p o e m i s a c i t y at w a r its barbershops filled with cynical drunks

a poem is a city

a poem is a nation

a poem is the world 8.1 j茅r么me knebusch

8.2


ISBN 978-3-936826-93-7


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