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Interview Euro Chine J’ai visité la Chine en octobre 2011 avec une vingtaine d’autres étudiants français. C’était pour ma part la première fois que je me rendais dans un pays asiatique. Combiens de temps êtes vous restés en Chine ? Nous y sommes restés environ 10 jours.

Présentation Bonjour, Je suis Olivia CHEN de l'association AJCF. On vous a envoyé mon article hier "les wenzhous vers une réussite sociale?" et je souhaiterai apporter une correction au niveau d'un nom. Au 4ème paragraphe, c'est GIULIO avec un seul "L" pas deux. C'est le 2ème Giulio Lucchini. J'espère que c'est encore possible. Au plaisir de collaborer avec vous. Cordialement, Olivia CHEN

Quand avez-vous visité la Chine ? Etait-ce la première fois ?

Et où êtes-vous allés ? Quelle ville préférezvous ? pourquoi ? Nous avons séjourné 5 jours à Beijing, puis nous sommes allés dans la province du Sichuan où nous avons visité Chengdu et ses alentours. Les deux villes étant très différentes, je n’ai pas de préférence car toutes les deux ont leurs charmes : Beijing est une ville cosmopolite marquée par une histoire multiséculaire, Chengdu est une ville moderne qui connaît un développement à vitesse accélérée. Toutes les deux valent le détour ! Y-a-t-il une ville que vous avez envie de visiter ? Pour quelle raison ? Je souhaiterais visiter Shanghai. J’ai pu lire beaucoup d’articles sur la ville, notamment suite à l’Exposition Universelle de 2010, ce qui m’a donné envie d’y aller et de découvrir une ville aux multiples visages, aux multiples cultures. Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir un volontaire ? J’ai un intérêt particulier pour la Chine, j’avais notamment fait un stage au sein de la Fondation Prospective et Fondation présidée par le Premier Ministre JeanPierre RAFFARIN. Cette fondation se donne notamment pour mission de mieux faire

Sur les traces du temps Un artiste français en Chine Le Pont : Régis, nous allons parler de votre recherche artistique et en particulier des photos que vous avez réalisées à Chengdu. Tout d’abord, pouvez-vous nous décrire votre parcours ? Comment et pourquoi vous intéressez-vous à la Chine maintenant ? Régis Bodinier : Je suis un créateur d’images – que ce soit en dessin, en peinture ou enphotographie – et un observateur attentif des régions que je visite. Après des études à l’école desBeaux-Arts, j’ai commencé ma « carrière » de photographe en tant que reporter en Norvège pour un magazine touristique. Aujourd’hui, j’ai pris une orientation différente. Je me consacre exclusivement à ma propre création. C’est une démarche exigeante mais artistiquement beaucoup plus libre. J’ai découvert l’Asie par le Japon et suis allé deux fois en Coréedu-Sud. Il me semblait naturel de continuer ma découverte de ce continent en visitant l’Empire du Milieu, d’autant que ma ville (Montpellier) est jumelée avec Chengdu. Je consacre beaucoup de temps à mes séries photographiques et la Chine, de par son immensité, sa richesse de culture et les ouvrages que j’ai lus est devenue à la fois un défi et une nécessité pour le contemplatif que je suis. Mon travail sur Chengdu est une première étape car je suis convaincu qu’il me faudra plusieurs années pour aboutir cette recherche sur le patrimoine et les traces du temps.

Le Pont : Parlez-nous de ce que vous avez observé à Chengdu et des photographies que vous avez réalisées. Régis : Lorsque je suis arrivé dans la province du Sichuan, j’ai rapidement été captivé par ces empreintes du temps que l’on voit au sol, sur les murs et plus généralement autour de soi. Je suis ce qu’on appelle dans mon métier un « coloriste ». Or, dans ces photographies, le noir et blanc me permet de faire abstraction de ce que j’ai pu observer auparavant et de me consacrer à l’histoire, au patrimoine, à ces fameuses traces passées mais aussi présentes. Cet emploi du noir et blanc est donc une nouveauté pour moi et la découverte n’en est que plus passionnante. J’ai cherché à montrer les détails et les informations que les gens ne semblent plus voir. Pour un Français, se balader et contempler les quartiers chinois est une découverte de chaque instant. Aujourd’hui, on a peut-être trop tendance à vouloir photographier ce qui sort de l’ordinaire, ce qui est original. J’estime que la « banalité » d’un quotidien doit être observée en tant que trace de l’histoire car elle est aussi un témoignage de notre évolution et donc des transformations de notre monde. Tôt ou tard, beaucoup de personnes regrettent la disparition de leur patrimoine. Ces empreintes ne sont pas forcément « belles », mais elles font parties de l’histoire et de la culture. Elles me fascinent.

connaître la Chine aux décideurs français. Avant cette visite, connaissiez-vous déjà la Chine ou non ? Je connaissais la Chine au travers de ce que j’avais pu lire, entendre et voir : articles de presse, conférences et séminaires, reportages télévisés…La Chine est également un pays que nous étudions à l’école et à l’université. Si oui, quel domaine et pourquoi ? J’avais notamment pu appréhender la Chine en tant que grande puissance économique et véritable creuset culturel. Quel est le plus remarquable ? D’un point de vue européen, c’est la dimension économique qui intrigue (et parfois effraie !) le plus. Les habitants du Vieux Continent sont particulièrement impressionnés par la vitesse à laquelle le pays s’est développé et continue à croître. Après la visite, que pensez vous de la Chine et de sa population ? La Chine est un pays aux multiples richesses, qui sait entretenir chacune d’entre elles. A l’uniformisation, la Chine préfère l’unité dans la diversité. C’est l’une des principales leçons que je retiendrai de mon périple chinois. A quoi vous attendiez-vous avant votre séjour? Est-ce que votre visite a changé votre regard sur la Chine ? Je suis arrivée avec quelques clichés, certainement dus à l’image véhiculée par les médias français : un pays en plein essor qui écrase tout sur son passage. Si les grues sont effectivement partout dans le pays, si le fourmillement est incessant et les routes engorgées dès 6h du matin, la Chine est également un pays qui sait prendre son temps quand il est nécessaire de le prendre. Le Pont : Peut-on dire que vous observez le temps qui passe ? Par exemple, cette photographie d’une rue traditionnelle, où l’on voit, en arrière-plan, un immeuble moderne, offre un contraste saisissant. Je comprends ainsi votre expression : « voir les traces du passé qui sont encore notre présent ».

Le Pont : Je pense aussi à ces photos de personnes qui calligraphient sur le sol. Tout cela semble éphémère. Les passants vont effacer les caractères sous leurs pas.

Régis : éphémère est exactement le mot qui convient. Les Chinois ont une façon singulière de s’exprimer sur le sol et de calligraphier ce que le temps fera

J’ai trouvé une certaine sérénité en Chine, à laquelle je ne m’attendais peut-être pas. Est-ce que la Chine vous a donné quelques surprises ? J’ai eu de belles surprises gastronomiques en effet ! Les plats que j’ai pu goûter étaient parfois particulièrement épicés, et je ne m’y attendais pas… Après cette visite, désirez- vous visiter la Chine à nouveau? Oui ! Concrètement, pour vous , quelle est la différence entre la Chine et la France ? Elles sont multiples, à commencer évidemment par la taille ! Les autres différences sont peut-être davantage d’ordre culturel. Que vous a apporté cette expérience en Chine ? Sans conteste une certaine ouverture d’esprit, ainsi que la preuve qu’on peut être un pays à la pointe de la modernité sans pour autant négliger son histoire, ses traditions. Quels conseils pouvez vous donner aux français qui feront les études et leur stage en Chine ? Profitez de cette expérience exceptionnelle, et surtout allez à la rencontre de la population : questionnez, expérimentez…bref, vivez cette aventure à 200%. Votre conclusion sur le voyage en Chine et votre expérience de volontaire. C’est une chance extraordinaire qui m’a été offerte, et m’a donné des envies d’ailleurs. Ce voyage marque donc le début de nombreuses découvertes à travers le monde. disparaître en quelques minutes ou quelques heures. Grâce aux arrières plans, j’ai voulu photographier différentes générations, différents temps de vie mais aussi une foule de détails trop souvent ignorés comme les pavés, les feuillages, les murs… Bref, une contemplation de temps qui se côtoient.

Le Pont : Pouvons-nous parler maintenant de votre projet artistique en Chine ? Que prévoyez-vous ? Régis : Ces photographies ne sont qu’un extrait d’une série que j’ai commencé à Chengdu et qui durera encore, j’en suis persuadé, plusieurs années. Je repars à Beijing dans quelques jours et il est probable que le noir et blanc cède le pas à la couleur car j’ai besoin de montrer ces sensations qui me submergent et me permettent de montrer une facette de la Chine dans toute la complexité qu’elle évoque dans les yeux du Français que je suis. J’ai encore tant de choses à contempler, de questions à poser et de photos à « exprimer ». -----Régis Bodinier est membre du collectif d’artistes PAUSE. Vous pouvez retrouver sur son site Internet www.regisbodinier.com les oeuvres photographiques qu’il a réalisées en Asie, et particulièrement en Chine.

Le Pont 05/2012【法国侨报5月刊法语】  

« le Pont », est un journal gratuit bilingue créé par par Monsieur YE xiongqiu, intellectuel, écrivain et Madame Qian Haifen, journaliste ex...