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RENCONTRES DE BON GOÛT

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Cyril Tramon “À fonds” dans le financement des PME Par Pascal Auclair

Fondateur et co-gérant des fonds d’investissement de Phillimore, une société de gestion de “private equity” créée en 2003, Cyril Tramon finance et accompagne des entrepreneurs de talent. Une vingtaine depuis 2003, presque autant de réussites. Son prochain challenge ? De la finance encore, mais surtout participative, via le lancement d’une plateforme dédiée au financement des PME sous forme d’emprunts obligataires. Diplômé de Sup de Co Rouen (renommée Néomia), Cyril a d’abord fait ses armes outre-Manche, notamment comme banquier d’affaires chez JP Morgan. Dans la capitale britannique, les talents du jeune Français arrivent aux oreilles des fondateurs de Consodata, une startup en vue au début des années 2000. Débauché en 2000, à 29 ans, Cyril prend la responsabilité du pôle développement/ acquisitions. Rapidement, l’entreprise est vendue 600 millions d’euros pour à peine 30 millions d’euros de chiffre d’affaires… Les fondateurs font fortune, et le nouvel actionnaire majoritaire met les moyens pour mondialiser le groupe. Annoncée le 31 juillet 2000, la vente marquera la fin de la bulle internet et de ses incroyables multiples. En l’espace de deux ans, l’entreprise et ses filiales se développent et deviennent mondiales. En 2002, elles pèsent 150 millions de chiffres d’affaires. Fin 2002, les fondateurs sont remerciés et Cyril décide de revenir en France. En 2003, il fonde la société de gestion Phillimore avec le soutien de Marc Hénon (fondateur de Consodata) et Frédéric Arnaud, passé comme lui par les bancs de Sup de Co Rouen. Ils seront rejoints par la suite par une quarantaine d’investisseurs, dont nombre d’entrepreneurs à succès, comme Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister). Pourquoi ce nom “Phillimore” ? “Parce qu’à Londres, je résidais sur Phillimore Garden alors que Marc Hénon vivait sur Phillimore Terrace, et il est probable qu’il y a un Phillimore à Shanghai où résidait Frédéric Arnaud». Dédié aux PME, le fonds principal de

Phillimore investit depuis 12 ans entre 1 et 5 millions d’euros par opération. “Principalement du petit LBO ou dans une moindre mesure du capital développement, toujours en actionnaire minoritaire impliqué», souligne Cyril, qui annonce avoir une dizaine de millions d’euros à investir dans les deux ans. “On est présent dans tous les secteurs. L’essentiel pour nous est que l’entrepreneur soit bon, idéalement l’entreprise est déjà profitable en EBITBA avec un chiffre d’affaires de 5 à 50 millions d’euros, et surtout avec un business plan crédible pour faire croître l’EBITDA, généralement en le doublant en 5 ans. En ce sens, la période est compliquée, car, en raison de la conjoncture, les entreprises capables de doubler leur EBITDA se font rares et les prix sont donc élevés”. En revanche, les investissements dits ISF qui visent à récupérer 120% de l’investissement prospèrent. Phillimore entend développer son offre sur ce marché très lucratif et complémentaire du financement ISF en proposant d’accompagner les PME. “C’est un marché en plein boom. L’investisseur déduit 50% de son ISF et récupère en moyenne 2,5 fois sa mise net de l’économie d’impôts au bout de cinq ans et demi lorsque l’entreprise et l’entrepreneurs sont bien choisis». Une opportunité dont profitent plus de 100 000 des 450 000 contribuables français soumis à l’Impôt sur la Fortune et une alternative crédible pour les entrepreneurs en mal de financements bancaires et qui grâce aux capitaux investis

peuvent mobiliser autant auprès des banques. Toujours dans ce souci d’offrir des nouveaux moyens de financement aux entrepreneurs, Cyril Tramon s’apprête à créer et mettre en ligne une plateforme de financement participatif spécialisée dans les placements obligataires. La cible ? “Vous, moi, les épargnants cherchant une gestion dynamique de leur trésorerie, et bien sûr les souscripteurs aux fonds fiscaux (ISF,IR) sans oublier les holdings patrimoniales”. La rémunération est à la hauteur de la prise de risque : entre 5 et 12% par an. Une perspective qui passionne le patron de Phillimore connecté en permanence avec le marché des PME. “Depuis des années, nous recevons 300 dossiers par an dont moins de 1% font l’objet d’un investissement par le fonds principal, car nous cherchons des entreprises capables de générer 25% ou plus de rendement. Mais dans le lot, nombre d’entreprises mériteraient d’être financées autrement. C’est notamment parmi la cinquantaine par an qui font l’objet d’un rendez-vous, et d’une analyse, que nous pensons trouver de bons investissements ISF ou pour la plateforme obligataire.” “Au final, mes associés et

LES BONNES ADRESSES DE… CYRIL TRAMON Epicurien aux goûts hétéroclites, le président-fondateur de Phillimore cite aussi bien les gnocchis d’Il Barone (5, rue Léopold Robert, 75014), “un petit restaurant italien tenu par une famille calabraise”, que le bar grillé du Duc (243, boulevard Raspail, 75014), une des bonnes adresses de la capitale pour les amateurs de poissons et fruits de mer. Mais Cyril Tramon avoue aussi un vrai coup de cœur pour la “cuisine bistronomique” de L’Ourcine (92, rue Broca, 75013), les viandes du Bieh-Palais Brongniart (33, place de la Bourse, 75002) et les quenelles d’Abel à Lyon. Enfin, l’investisseur garde pour la bonne bouche Guy Savoye et son incroyable terrine de pamplemousse à l’Hôtel de la Monnaie (11, quai de Conti, 75006). Un penchant pour les douceurs qui le mène aussi régulière du côté des pâtisseries de Pierre Hermé, rue de Vaugirard. 18

BON GOÛT   –   Numéro 14  –   AUTOMNE 2015

moi gagnons beaucoup moins que dans nos précédents métiers de banquier, mais nous nous amusons beaucoup plus et ce que nous faisons a du sens !”, conclut Cyril Tramon, qui conseille à l’avenir d’investir dans des niches en bonne santé comme certains métiers de l’informatique (cloud, edm, datacenter, software…), de la santé, du luxe, de l’aéronautique et les métiers de service et du second œuvre de la construction. Foi d’expert… SA VISION DE LA RÉUSSITE

Avoir des valeurs et s’y tenir pour ne pas perdre le cap Savoir bien s’entourer, écouter, choisir, parfois se tromper et corriger, Etre très exigeant, notamment envers soi-même, et accepter et détester l’échec Identifier et faire croître les talents Prendre du plaisir dans le travail

Bon Gout Automne 2015  

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