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Toulon /Influence

La locomotive rouge et noir En accrochant l’étoile de champion d’Europe des clubs à son maillot, le RCT a signé la meilleure saison de son histoire. Et affirmé son rôle d’emblème pour une ville mésestimée. Par Coralie Bonnefoy

L

e son est mat, régulier et persistant. Ce matin du 2 mai, le soleil tape sur le stade d’entraînement Ange-Siccardi à Berg. Et, comme tous les jours, Jonny Wilkinson fait ses gammes. Des coups de pied en coin qui viennent s’écraser dans les filets, face au collège Maurice-Genevoix. Dans son tee-shirt gris, trempé de sueur, l’Anglais, qui va emmener le Rugby Club toulonnais vers son premier titre européen, a tout du joueur mythique. Il est l’incarnation absolue de la révolution opérée depuis 2006 par Mourad Boudjellal au sein d’un club devenu, en sept petites saisons, un aimant à stars internationales et un moteur du renouveau de la ville. Dans les bureaux qui longent la pelouse, l’effervescence tranche avec la sérénité besogneuse de l’Anglais. Le bâtiment N° 3233 / 19 juin 2013

est modeste, avec un faux air de start-up en éclosion. Sous le portrait de Félix Mayol qui surplombe l’escalier, le staff – jeune et décontracté – prépare sa première finale de H Cup. La grande coupe d’Europe, retransmise dans 150 pays. « Il y a moins de dix ans, la France parlait de notre aura au passé, note Benjamin Larrue, directeur du marketing du RCT. Aujourd’hui, Toulon est connu jusqu’en NouvelleZélande ! » Thierry Balazuc, secrétaire général de l’Union patronale du Var (UPV), se souvient : « Quand Mourad Boudjellal est arrivé, qu’il a injecté de l’argent et recruté des joueurs d’envergure internationale, beaucoup ont crié à l’équipe de mercenaires ! Aujourd’hui, tout le monde lui emboîte le pas. Ce n’était pas gagné d’avance : quand


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