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LA FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE POUR LE SAUMON ATLANTIQUE

Saumons VOLUME 32, NUMÉRO 2 • ÉTÉ 2009

illimités 83-84

CHAMPIONNAT DE MONTAGE DE MOUCHES 2009

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LES BELLES RIVIÈRES DU SAGUENAY


20.04.09 - SAUMONS ILLIMITÉS JUIN

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Numéro 83-84 Photo couverture : Alain Charette Revue officielle de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique et de la Fondation François de Beaulieu-Gourdeau, dont le siège social et le secrétariat sont au 42-B, rue Racine, Québec (Québec) G2B 1C6 Téléphone : 418 847-9191 • Télécopieur : 418 847-9279 secretariat@saumon-fqsa.qc.ca www.saumon-fqsa.qc.ca Éditeur : FQSA Coordonnateur : Marc-Antoine Jean, majean@saumon-fqsa.qc.ca Collaborateurs : Gérard Bilodeau, Pierre Manseau, Richard Sirois, Michel Jean, Gilles Shooner, Bernard Beaudin. Tirage : 4 000 copies Convention Poste-publications 40063917 RETOURNER TOUTE CORRESPONDANCE NE POUVANT ÊTRE LIVRÉE AU CANADA À : FQSA, 42-b, Racine, Québec (Québec) G2B 1C6 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec • Bibliothèque nationale du Canada Adhésion FQSA : 40 $ (hors Canada ajouter 10 $) Abonnement au magazine Saumons illimités 25 $ (hors Canada ajouter 10 $) • La Fédération ne s’engage pas à publier tous les écrits qu’elle reçoit. • Si cela est jugé pertinent, la Fédération se garde le droit de répondre à tout propos. • La Fédération ne publiera pas les propos qui sont jugés diffamatoires, qui contiennent des erreurs, qui sont fondés sur des opinions racistes ou qui pourraient inciter à la violence. • Les opinions émises dans les articles n’engagent que leurs auteurs. • Dans cette revue, la forme masculine n’est utilisée que pour alléger les textes. LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA FQSA Président : Yvon Côté Secrétaire : André Baril Trésorier : Georges Malenfant Vice-présidence à la pêche sportive : Claude Hamel, V.P. • Bas-Saint-Laurent et Gaspésie : Dial Arsenault • Côte-Nord : Gilles Poirier • Montréal : Yannick Chuit, François Chapados, Marc Dancose • Québec et Saguenay : David St-Laurent, Michel Ouellet Vice-président aux affaires autochtones : Jean-Marie Picard Vice-présidence à la gestion des rivières : Pierre-Paul Turcotte, président de la Société de gestion de la rivière Matane • Rive sud : Marco Bellavance et Paul Morris Leboutiller, administrateurs à l’Association des pêcheurs sportifs de saumon de la rivière Rimouski • Rive nord : Georges Gagnon, directeur général de la Société d’aménagement de Baie-Trinité poste Denis Lavigne, directeur général de l’Association protection rivière Aux Rochers Vice présidence aux finances et affaires corporatives : Jean-Claude Villeneuve Représentant de la FPQ : Dominic Dugré Représentants gestionnaires (2) : Ronald Desbiens, Saumon de la rivière Malbaie, vacant Délégués externes : • CIRSA : Gilles L. Duhaime • FSA : Charles Cusson • CIFQ : Vacant • Relations extérieures : Pierre Tremblay Directeur général : Michel Jean Présidents honoraires : Bernard Beaudin, Jean-Pierre Mailhot, Jean Racine, André Vézina

Index des publicités APRM.................................................................................. 22 L’atelier du moucheur........................................................ 41 Boutique Salmo Nature.................................................... 25 Camp Bonaventure.............................................................9 La Capitale........................................................................... 17 Fondation de la faune du Québec.....................................9 Guideline.............................................................................. 41 Hydro-Québec................................................................... 56 Latulippe................................................................................2 Motel Restigouche............................................................. 41 Rivière Matane......................................................................8 Salmon Lodge..................................................................... 17 SaumonQuébec...................................................................8 UNI....................................................................................... 55

LE CONSEIL DES GOUVERNEURS 2008-2009 MEMBRES CORPORATIFS Hydro-Québec Camp de pêche de la rivière Moisie inc. Corporation de pêche Sainte-Marguerite inc. Fondation Blairmore MEMBRE INDIVIDUEL M. John E. Houghton

4 Mot du président

6 From the president

10 Congrès des saumoniers 2009

Sommaire

12 Échos des régions La Belle Marguerite

Échos des régions 16 La rivière Petit-Saguenay 19 Rivière à Mars 22 École de pêche Comment trouver un guide ?

44 Cuisinons

26 Échos de France Pourquoi les saumons disparaissent-ils en mer ?

Feuilleté de saumon fumé

30 Secrets de Salmo Sur les traces de Salmo 34 Page d’histoire Le site de pêche Déry 38 Hommage à Wilfred Carter 43 Babillard 46 Le scotch, vous connaissez ? 50 Histoire de pêche Premier contact, 2e partie

53 Championnat de montage de mouches 2009


2

Mot du président

résolutions importantes de l’Assemblée des membres de la Fédération

L

ors du dernier congrès de la FQSA, les membres de notre Fédération, réunis en assemblée plénière ont adopté deux résolutions, l’une portant sur le maintien de la chasse au phoque dans le Golfe du Saint-Laurent, l’autre concernant le développement du potentiel hydro-électrique des rivières à saumon. Deux sujets apparentés en ce sens que l’un et l’autre peuvent avoir un impact sur la ressource saumon et les rivières à saumon. Parlons d’abord de la chasse au phoque. Un rapport du Secrétariat canadien pour l’évaluation des stocks (Ministère des Pêches et Océans) affirme que le phoque se nourrit, de façon saisonnière, de saumon. Même si, sur une base annuelle, le saumon ne compte que pour une minime fraction de l’alimentation du phoque, vu l’abondance de la population de phoque dans le Golfe du Saint-Laurent il peut en résulter un impact significatif sur l’abondance de la ressource saumon. Par ailleurs, les scientifiques ont également établi que la population des phoques à cet endroit est en bonne santé et en croissance depuis 1975 et, particulièrement, depuis 1984. Une chasse réglementée, faisant l’objet d’un suivi très serré, est donc tout à fait acceptable d’un point de vue écologique. Toutefois, paradoxalement, on ne peut pas escompter qu’il en

4 Saumons illimités

résultera pour autant une augmentation substantielle des populations de saumon dans chacune des rivières puisque le phoque est un prédateur opportuniste qui ne se nourrit qu’occasionnellement de saumon, en outre, la prédation par le phoque se répartit de manière très diffuse sur plusieurs stocks de saumon. Dans un autre ordre d’idées la chasse du phoque permet l’exploitation d’une ressource renouvelable dont au moins l’un des produits, la fourrure, est une alternative préférable aux fourrures synthétiques dont la production est basée sur l’industrie pétrochimique qui épuise une ressource fossile et qui produit des gaz à effets de serre. Nonobstant ces faits, certains groupes d’écologistes appartenant au mouvement « animaliste » décrient l’aspect « inhumain » de cette activité tant et si bien que la médiatisation négative de la chasse au phoque risque d’entraîner l’élimination de cette activité ancestrale, vitale pour de nombreux québécois et canadiens. Tout cela pour une question de différence de perception plutôt que de faits scientifiques. Dans ces conditions, on a peine à imaginer quel mécanisme, autre que la voie diplomatique et le réseautage entre organismes internationaux partageant les mêmes


intérêts, pourrait bien être invoqué pour contribuer à résoudre cette situation. Et c’est la voie qu’entend prendre la FQSA pour répondre à la décision de ses membres. La Fédération entend saisir le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, les délégations du Québec en Europe, les organismes voués à la conservation du saumon en Europe afin de contrer l’image faussement négative qui se dégage de cette activité. Abordons maintenant la question de l’hydro-électricité. La construction de barrages et notamment ceux érigés à des fins de production hydro-électrique ont eu, dans le passé, des impacts négatifs sur les rivières à saumon. Il n’y a pas beaucoup de cas documentés à cet égard au Québec, mais il y en a. Notamment, citons à cet égard le barrage érigé sur la chute de la rivière Bersimis dans les années 1950. Le mode d’opération de ce barrage a entraîné des modifications au régime d’écoulement des eaux qui a eu des répercussions négatives sur le saumon de cette rivière. De nos jours HydroQuébec, à la suite d’études qui ont coûté plusieurs centaines de milliers de dollars, a entrepris de gérer différemment ce barrage, ce qui semble produire des effets positifs sur la population de saumon de la Bersimis. L’opposition aux projets de développement hydroélectrique sur les rivières à saumon est donc parfaitement compréhensible puisqu’elle se fonde sur des faits avérés. On peut citer d’autres cas dans le monde où l’édification de barrages hydro-électriques ou industriels a engendré la disparition ou la réduction de cette ressource qui nous est chère. En plus de s’interposer sur la voie de migration des saumons adultes, les barrages peuvent perturber l’habitat des saumons juvéniles, modifier la qualité des eaux d’une rivière, son régime d’écoulement et son régime thermique. De plus les turbines génératrices d’électricité ont la réputation de causer la mortalité chez les saumonneaux ou même les adultes en dévalaison. Il s’agit donc là de faits indiscutables. Et sur cette base la FQSA devrait donc s’opposer à la construction de tels ouvrages sur les rivières à saumon. Par contre il est également vrai que, de nos jours, la connaissance scientifique et les progrès technologiques permettent d’amoindrir sinon d’annuler la très grande majorité des impacts négatifs reliés à l’édification de barrages hydro-électriques, particulièrement les impacts liés à la présence de petits barrages hydro-électriques opérant au fil de l’eau, dont les effets sont habituellement de nature très locale. Citons en exemple les rivières Mitis et Rimouski où malgré la présence de barrages hydro-électriques on trouve également du saumon en abondance. Ainsi, avec un peu d’ingéniosité, il est possible, de nos jours de conserver le saumon, voire en augmenter la production, et de produire de l’hydro-électricité.

Il n’en demeure pas moins que le Québec ne compte que 118 rivières à saumon alors qu’il recèle de milliers de rivières habitées par différentes autres espèces de poissons. Les rivières à saumon sont un cas rare à l’échelle du Québec et elles méritent une protection toute particulière. Ainsi, même s’il est possible de contrôler les effets négatifs des barrages hydro-électriques, la FQSA se doit d’adopter une approche prudente face aux nombreux projets que l’on voit poindre, particulièrement sur la côte nord du SaintLaurent. C’est pourquoi les membres de la FQSA réunis en assemblée générale ont adopté la résolution suivante : « Attendu que le dossier de l’hydro-électricité prend de l’ampleur, il est résolu que le Conseil d’administration de la FQSA développe une position à partir des éléments suivants : 1. Que toutes les rivières à saumon doivent bénéficier d’une protection particulière ; 2. Que les rivières à saumon soient classées ou bien dans une catégorie patrimoniale où le développement hydro-électrique est interdit ou bien dans une catégorie à développement durable où le développement hydroélectrique est permis dans les limites de la conservation et du développement durable de la ressource saumon ; 3. Que tout promoteur autorisé à réaliser un projet soit tenu de contribuer à la mise en valeur de la rivière concernée et de sa ressource saumon ; 4. Qu’aucun projet de développement hydroélectrique ne soit autorisé sur un tronçon de rivière s’il est déjà colonisé par le saumon et s’il ne pas l’objet d’une volonté des gens du milieu ; 5. Que tout projet de développement hydro-électrique sur une rivière à saumon soit soumis obligatoirement aux audiences publiques. » Il va de soi que la première règle que défendra la FQSA, comme position de principe dans le dossier de l’énergie, est que le Gouvernement du Québec doit désormais miser sur la gestion de la demande en investissant dans l’éducation à l’économie de l’énergie sur une base individuelle, qu’il doit favoriser les projets visant l’efficacité énergétique et qu’il doit encourager et soutenir le développement des énergies vertes renouvelables.

Yvon Côté, président

Saumons illimités 5


2

From the president

important resolutions adopted at the General Assembly of the Federation

A

t our last FQSA convention, Federation members adopted two resolutions during the plenary assembly; one in support of maintaining the seal hunt in the Gulf of St-Lawrence, while the other concerning the development of the hydroelectric potential on salmon rivers. Two related subjects, in the sense that either one can have an impact on the salmon resource and on salmon rivers. Let’s talk first about the seal hunt. A recent report by the Canadian Scientific Advisory Secretariat (Department of Fisheries and Oceans) affirms that seals do feed on salmon, at least seasonally. So even if, on an annual basis, salmon make up only a minimal fraction of the seals diet, given the overall abundance of the seal population in the Gulf of St-Lawrence, this may nevertheless result in a significant impact on the salmon resource. Moreover, scientists have also established that the seal population in this area is in good health and has been increasing in numbers since 1975, and especially so since 1984. A regulated hunt, with strict guidelines and controls, is therefore altogether acceptable from an ecological viewpoint. However, rather paradoxically though, we cannot necessarily expect that a substantial increase in salmon populations would

6 Saumons illimités

subsequently occur in every river, since seals are very opportunist predators that only occasionally feed on salmon and the effect of predation is largely diffused throughout many different salmon stocks. Another argument in favour of the seal hunt is that it is, after all a renewable resource, of which one of its by-products, the fur pelt, is a preferable alternative to synthetic fur, whose production is based on the petrochemical industry, which depletes fossil fuels and produces greenhouse gases. Notwithstanding these facts, certain eco-activists, adhering to the «animal welfare» movement, continue unrelentingly to decry, loud and far, the «inhumane and cruel» aspect of this activity, so much so that the overwhelming negative press generated over the seal hunt may well result in the eventual demise of this ancestral activity, so vital to many Quebecers and Canadians. And all of this based simply on a matter of perception, rather than on scientific fact. In this context, it is hard to imagine what mechanisms, other than by diplomacy and networking between international organisations sharing common interests, could possibly be invoked in order to try to resolve this situation. Well, this then is the very direction that the FQSA intends


to take, in answer to the decision made by its members. As such, the Federation intends to formally refer this matter to the Department of Foreign Affairs and International Trade of Canada, to the Quebec Delegations in Europe, as well as to the different organisations devoted to salmon conservation in Europe, in order to try to counter the false negative image perpetuated about this activity. Let’s talk now about the question of hydroelectricity. The construction of dams, especially those built for hydroelectric power, has had negative impacts on salmon rivers in the past. There are not many documented cases in this regards in Quebec, but there are a few. Let’s take for example, the dam built at the Bersimis River Falls in the 1950’s. The way that this dam was being operated led to changes in the water flow of the river and consequently had negative repercussions on the salmon population in this river. Today, after investing several hundred thousands of dollars in studies, Hydro-Quebec now manages water flow at the dam quite differently, which seemingly has had positive effects on the Bersimis salmon population. Opposition to hydroelectric development projects on salmon rivers is quite understandable, since it is after all, based unfortunately on past experiences. We can cite examples around the world where the construction of hydroelectric or industrial dams ultimately led to the reduction or even the disappearance of this resource which we cherish so much. Not only by blocking the migration routes of adult salmon, dams may also affect habitat for juvenile salmon and modify water quality, flow and thermal regimes of rivers. Moreover, the electrical generator turbines have a notorious reputation of inflicting high mortality on smolts, and even adult salmon, migrating downstream. These are undisputable facts. On this very basis, the FQSA should be opposed to the construction of any such structure on salmon rivers. However, it is also true that nowadays scientific knowledge and technological progress has resulted in mitigating, if not altogether eliminating, the vast majority of negative impacts relating to the construction of hydroelectric dams, particularly those impacts associated with small hydroelectric run-of-the-river plants whose effects are usually very localised. We can mention the examples of the Mitis and Rimouski Rivers, where in spite of the presence of hydroelectric dams, we also find an abundance of salmon. As such, with a little ingenuity it is possible today to preserve salmon, even increase productivity, and still produce hydroelectric power.

However, it must be remembered that, while there are thousands of rivers inhabited by many different fish species throughout Quebec, there are only 118 salmon rivers. In fact, when considered on a province-wide scale, salmon rivers are indeed quite rare and by that fact alone, should merit special protection. As such, even if it is possible to control the negative effects of hydroelectric dams, the FQSA must nevertheless adopt a cautionary approach in light of the many new projects emerging, especially on the St-Lawrence North Shore. That is why the FQSA members, during the general assembly, adopted the following resolution: « Given the increasing number of hydroelectric projects, it is resolved that the FQSA Board of Directors develop a position based on the following elements: 1. that all salmon rivers should be accorded special protection; 2. that salmon rivers be classified either in a heritage category, where the development of all hydroelectric projects is prohibited, or in a sustainable development category where hydro-electric development may be authorised within limits determined to ensure the conservation and the sustainable development of the salmon resource; 3. that promoters of authorised hydroelectric projects be required to contribute in river and salmon resource enhancement; 4. that no hydroelectric development project be authorised on a section of river already colonised by salmon if it does not meet the approval of concerned regional stakeholders; 5. that all hydroelectric projects on salmon rivers be subject to mandatory public hearings.» Of course, the first and foremost rule that the FQSA will continue to advocate, as an overriding principle of any energy position, is that the Government of Quebec must, above all, focus on energy consumption management by investing in energy conservation education on an individual basis, by favoring energy efficient projects and by encouraging and promoting the development of renewable green energy.

Yvon Côté, president

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Le congrès annuel des

saumoniers 2009 Par Marc-Antoine Jean

S

amedi le 4 avril dernier avait lieu à l’hôtel Le Clarion de Québec le Congrès annuel des saumoniers de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA). L’événement, sous le thème D’hier à demain, la FQSA, un trait d’union pour la conservation et la mise en valeur du saumon atlantique a permis à plusieurs pêcheurs, gestionnaires, scientifiques et autres sympathisants du saumon de se regrouper pour célébrer le 25e anniversaire de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique. La journée a été ponctuée d’ateliers et de conférences portant tant sur la pêche que la science ou la gestion. La journée s’est terminée par un cocktail et un banquet sous la présidence d’honneur de monsieur Serge Simard, ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune. Le thème de la soirée était Une Fédération d’exception pour une espèce d’exception. Trois prix Salar ont été remis à des personnes qui se sont distinguées pour la cause du saumon atlantique. Le Salar éducation a été remis à monsieur Éric-Roy Charbonneau de l’école Fernand-Séguin de Québec, le Salar conservation a été remis Jacques Lévesque de la Corporation de gestion de la pêche sportive de la rivière Mitis, et le Salar promotion a été attribué à monsieur Pierre Dion. Le makhila d’honneur, remis à un organisme de gestion s’étant démarqué a été remis à la rivière Rimouski. C’est Pierre Manseau, de Québec, qui s’est vu décerné la plus haute distinction, la médaille François-de-BeaulieuGourdeau/Uitshitun. Malgré son jeune âge, il a marqué le monde salmonicole par son implication au cours des 30 dernières années, notamment avec l’Association de protection de la rivière Rimouski, et bien plus encore. Tout récemment il a frappé un grand coup par son rôle dans la mise sur pied et le développement des activités de mentorat de la FQSA.

10 Saumons illimités

Notons également qu’un diplôme de Grand maître monteur a été remis à monsieur Michel Leblanc pour avoir amené l’art du montage de mouches à un niveau de créativité et de virtuosité technique qui n’avait jamais été atteint auparavant. L’occasion était également excellente pour souligner les efforts faits par monsieur Gaston Blackburn en reconnaissance pour son engagement envers la cause du saumon atlantique alors qu’il était ministre du Loisir de la Chasse et de la Pêche, de 1989 à 1994. Une plaque commémorative lui fut alors remise.

LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FQSA, MICHEL JEAN, ET AMÉLIE DUSSAULT, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE LA CORPORATION DE GESTION DE LA RIVIÈRE À SAUMON LES ESCOUMINS, LORS DU COCKTAIL.


DES MEMBRES DE LA FQSA DE LA PREMIÈRE HEURE ÉTAIENT ÉGALEMENT PRÉSENTS.

L’ANCIEN MINISTRE MONSIEUR GASTON BLACKBURN LORS DE SON DISCOURS.

PIERRE MANSEAU RECEVANT LE PRIX FRANÇOIS-DE-BEAULIEU-GOURDEAU/ UITSHITUN DES MAINS DE YVON CÔTÉ ET DE JEAN-CHARLES PIÉTACHO.

L’ACTUEL MINISTRE DÉLÉGUÉ AUX RESSOURCES NATURELLES ET À LA FAUNE, MONSIEUR SERGE SIMARD

MONSIEUR PIERRE GINGRAS, L’ANIMATEUR DE LA SOIRÉE.

LES RÉCIPIENDAIRES DE DIFFÉRENTS HONNEURS. DE GAUCHE À DROITE: MICHEL LEBLANC A ÉTÉ NOMMÉ GRAND MAÎTRE MONTEUR DE LA FQSA, ÉRIC ROY-CHARBONNEAU A REÇU LE SALAR ÉDUCATION, JACQUES LÉVESQUE A QUANT À LUI REÇU LE SALAR CONSERVATION, ET PIERRE MANSEAU S’EST MÉRITÉ LA PLUS HAUTE DISTINCTION DE LA FQSA, SOIT LA MÉDAILLE FRANÇOIS-DEBEAULIEU-GOURDEAU/UITSHITUN.

DES PARTICIPANTS À CETTE BELLE SOIRÉE.

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Échos des régions

Crédit : Christopher Chin

La Belle Marguerite GLASS POOL SUR LA STE-MARGUERITE

Par Romain Tremblay Guide de pêche sur la rivière Sainte-Marguerite

P

eu nombreux sont les pêcheurs de saumon qui n’ont jamais entendu prononcer quelque part le nom de la rivière Sainte-Marguerite. Ce nom est maintenant évocateur d’une rare qualité de pêche pour ceux qui décident de s’y rendre. La Sainte-Marguerite est la plus imposante des quatre rivières à saumon de la région du Saguenay. Lorsqu’on quitte Chicoutimi par la route 172, on commence à côtoyer la rivière après environ 35 kilomètres. C’est la seule rivière à saumon qui coule au nord du majestueux Saguenay, et ses zones de pêche s’étendent sur une distance totale de plus de 130 km. On y a répertorié au-delà d’une centaine de fosses, dont la grande majorité est accessible en automobile. Ses trois branches tirent leur source du secteur des monts Valin, lequel est connu comme étant le principal réservoir mondial 12 Saumons illimités

d’ombles de fontaine (communément appelés truites mouchetées). Dans ses eaux y séjournent deux principales espèces : le saumon atlantique (Salmo salar) et une quantité très intéressante de truites de mer (Salvelinus fontinalis). La rivière héberge également une colonie de truites résidentes dont l’importance varie selon les secteurs et la distance par rapport à l’embouchure. L’eau légèrement brunâtre permet au pêcheur d’en scruter le lit à la recherche de ses occupants convoités.  Le légendaire Lee Wulff, qui a pêché sur la grande majorité des rivières à saumon du monde et qui n’a pas manqué d’y lancer une ligne à quelques occasions, disait de la SainteMarguerite qu’elle était sinon l’une des plus poissonneuses, certainement l’une des plus belles. Plus on s’y rend et plus on découvre qu’il avait raison. On peut y pêcher à maintes


occasions et avoir l’impression de découvrir chaque fois une nouvelle rivière. Dans une même journée et dans un même secteur, on peut observer des paysages époustouflants et radicalement différents les uns des autres.

La branche principale

Photo : Serge J. Vincent

Sur la branche principale, on retrouve cinq secteurs, dont trois sont à accès contingenté (donc avec un nombre limité de pêcheurs). Il s’agit des secteurs 2, 4, 5a et 5b. Le secteur 5B est lui-même divisé en trois sous-secteurs, où ne sont disponibles que deux perches avec cinq fosses par soussecteur. Comme qualité de pêche, il est difficile de trouver mieux. Et là, c’est l’aventure. • Le 5B1 (Onézime) est accessible en voiture à quatre kilomètres à l’intérieur des terres. Mais puisqu’il n’y a que deux perches de disponibles, la visite est plutôt rare – donc pas besoin de s’inquiéter de la perturbation des fosses. Elle comprend l’une (sinon la plus grande) des fosses à grosses truites de la rivière – des truites qu’il faut cuire en darnes puisqu’elles n’entrent pas dans les plus grandes poêles à frire! • Le 5B2 (St-Germain) est à quatre kilomètres plus en amont. Il est accessible soit après une magnifique ballade à pied d’à peu près une heure, ou en véhicule motorisé (quatre-roues), ce qui nous fait gagner une dizaine de minutes. On y retrouve un beau petit camp qu’il est possible de louer à la ZEC et qui donne sur la magnifique et productive fosse Saint-Germain. Le trajet entre Onézime et Saint-Germain vaut le déplacement : lorsqu’on arrive dans le secteur de la fosse des pyramides, la nature nous offre un tableau d’une rare beauté – un coup d’œil qui vaut le déplacement et que peu de gens ont eu la chance de voir. Un vrai pan de mur de roc vertical d’une hauteur d’environ 50 mètres est tapissé de mousses, de lichens et de champignons verts et jaunes, avec la présence d’un long dyke noir à moitié découvert par l’érosion de la falaise. On dirait que dame nature y a tiré une toile abstraite. Tout au bas de cette falaise et au-dessus de la rivière, on

a aménagé un pont de bois en porte-à-faux d’environ 25 mètres de long pour permettre aux pêcheurs d’atteindre l’autre partie du sentier menant à Saint-Germain. • Le 5B3 (Dam Pool) est à dix minutes de marche en amont de Saint-Germain. Il s’agit du secteur limite de pêche sur la branche principale. On y trouve aussi un camp en bois rond récemment rénové et agrandi qui peut accommoder quatre personnes. Dépaysement total assuré – presque un endroit de retraite fermée. Si vous sentez le besoin d’oublier le train-train de la vie moderne, c’est l’endroit tout désigné, en communion totale avec une nature sauvage qui nous sort de nos bottines et nous remet les deux pieds sur terre… Détail important  : pour éviter d’avoir à cheminer de nuit pour atteindre les secteurs Saint-Germain et Dam Pool, devoir perdre la pêche du matin ou encore être forcé de

revenir à la noirceur après la pêche du soir, la ZEC offre des forfaits 24 heures (de 14 h au lendemain 11 h). De cette façon, on a tout le temps nécessaire pour s’y rendre, pour faire sans presse les pêches du matin et du soir, et se gaver à son goût avant de profiter d’une bonne nuit de sommeil. Le paradis sur terre… • Le secteur 5A (Big Pool) est le plus impressionnant, à cause de l’observatoire aménagé qui surplombe la fosse et qui permet d’observer quantité de gros géniteurs saumons et truites, lesquels se côtoient tout l’été dans cette grande fosse de rétention. Et là, il faut découvrir les coins mordeurs, pas très longs à couvrir, mais qui Saumons illimités 13


Photo : Marie-Claude Landry

LE SITE DE BARDSVILLE EN 1997

cachent de gros spécimens géniteurs. Cinq fosses sont à la disposition des pêcheurs pour un total de quatre perches dans ce secteur.  • Le secteur 4 comprend une quinzaine de fosses (presque toutes étant accessibles en voiture), dont les plus connues (et donc les plus fréquentées) : les fosses 46 et 43. Et il y a des fosses qui ne sont ni fréquentées, ni connues, ni même répertoriées. Leur recherche et leur découverte constituent un des plaisirs dont je me garderai de vous priver en vous donnant des indices trop révélateurs. Tout le plaisir est donc pour vous... Alors bonne ballade en canot de la 59 à la 46! Notez qu’il y a une quinzaine de perches de disponibles pour ce secteur. • Le secteur 3 est à nombre illimité de pêcheurs et offre également une très belle qualité de pêche - en plus de réserver quelques surprises à ceux qui décident de le descendre en canot. La nature y est des plus généreuse par la beauté des paysages. C’est aussi le secteur où on retrouve le grandiose, réputé et regretté site de Bardsville, site malheureusement laissé à l’abandon (et qui est maintenant en désuétude) par une régie intermunicipale composée de politiciens, dont la majorité croyait (et croit toujours) avoir en main la poule aux œufs d’or… • Le secteur 2 est contingenté à 15 perches jusqu’au 1er août. Son accès est ensuite illimité pour le reste de la saison. C’est le premier secteur à contenir des fosses d’envergure où on peut facilement observer des poissons en migration. Comme ce secteur nous rapproche de l’embouchure de la rivière, les saumons sont généralement plus frais et donc plus mordeurs que dans les autres secteurs plus en amont, à mesure que la saison avance.

14 Saumons illimités

• Le secteur 1 est celui des surprises. C’est le seul secteur où tous les saumons et toutes les truites du bras principal et du bras des Murailles se retrouvent. C’est donc le secteur fréquenté par le plus grand nombre de poissons. La grande majorité n’est toutefois que de passage, mis à part aux fosses 8 et 8A où l’importante profondeur de l’eau permet une certaine rétention des poissons. C’est aussi le secteur où le courant est le plus rapide et où les poissons sont les plus dispersés. Il y en a à peu près partout, se reposant dans de petits «  trous  » que le pêcheur solitaire adorera explorer – particulièrement dans les fosses 1 à 5. Lorsqu’on arrive dans un « trou » occupé par l’objet de nos convoitises, on n’a qu’à bien se tenir, car les prochaines minutes risquent d’être inoubliables.

Le bras des Murailles Le secteur 6, qu’on nomme bras des Murailles, est ouvert à la pêche depuis une quinzaine d’années seulement. À cause des difficultés que présentent les nombreuses chutes (dites sélectives), il ne s’y trouve que du grand saumon. L’eau est d’une limpidité surprenante, même après d’importantes pluies. On peut y accéder en VTT, lesquels sont mis à la disponibilité par la ZEC. La remise à l’eau est obligatoire et on y a aménagé un chalet pouvant accueillir six personnes, soit le nombre de perches disponibles. Le séjour s’apparente à celui de Dam Pool pour ce qui est de l’isolement et de la nature sauvage, mais le saumon y est beaucoup plus mordeur et la truite y est absente. Donc, bienvenue aux puristes!


Photo : Serge J. Vincent

La branche nord-est La branche nord-est est surtout réservée à la compagnie RioTinto-Alcan, qui possède toujours un domaine privé près de l’embouchure. Une entente est conclue avec la ZEC afin de permettre au public d’avoir accès à ce secteur de pêche les dimanches seulement. Comme l’accès est plutôt difficile, quelques irréductibles seulement se prévalent de cette possibilité au cours de la saison.

La truite de mer Comme la truite de mer est importante dans la rivière, elle génère une activité de pêche tout aussi importante. Au mois d’août, lorsque le grand saumon devient moins collaborateur, la truite devient plus attrayante sur la rivière. Plusieurs pêcheurs ne viennent alors que pour la truite. Il n’est pas rare d’attraper des spécimens de plus de 5 livres, ce qui constitue un magnifique supplément à un ou deux saumons de 5-6 livres qu’il est possible de garder. La nouvelle règle de quota pour cette année limite à un total de cinq truites, et à un seul spécimen de 14 pouces ou plus. De quoi satisfaire les plus exigeants et vous assurer des journées passionnantes sur la Sainte-Marguerite.

Après la saison du saumon, qui se termine le 15 septembre, on peut continuer à pêcher (jusqu’au 15 octobre inclusivement) la truite bleue, qui est en fait la même espèce, mais immature pour la reproduction. Cependant, cette pêche est limitée à la partie en aval de la rivière jusqu’à la fosse 38 inclusivement, question de laisser les reproducteurs travailler en toute quiétude à la pérennité de l’espèce sur les frayères plus en amont. Pour cette période, la même règle de quotas s’applique. La Sainte-Marguerite n’est pas la plus poissonneuse des rivières à saumon du Québec. Elle n’est donc pas non plus la plus fréquentée, ce qui devient un avantage en bout de ligne. Vous n’aurez donc que très rarement, sinon jamais, l’obligation de faire la queue ou de prendre un numéro pour avoir accès à une fosse en particulier. Sinon, vous aurez toujours le loisir de vous rendre dans une autre belle et bonne fosse tout près et vous vous retrouverez seul (ou avec les personnes qui vous accompagnent!) Que vous soyez amant de la nature, pêcheur à la mouche invétéré, ou friand de cette belle ressource (saumon ou truite), vous saurez trouver votre compte en visitant ce joyau que représente la majestueuse rivière Sainte-Marguerite – celle que, depuis au moins 25 ans, je désigne affectueusement comme étant la Belle Marguerite. Saumons illimités 15


La rivière Petit-Saguenay la Belle du fjord!

Richard Bernier, directeur général de l’Association de la rivière Petit-Saguenay

D

epuis plus de 150 ans, cette rivière est visitée par les saumoniers recherchant la beauté des paysages, la proximité des centres urbains et les saumons d’une grande combativité. L’histoire nous révèle que l’exploitation forestière aux environs d’une rivière à saumon au milieu des années 1800 était souvent l’occasion pour louer les droits de pêche aux propriétaires industriels. La rivière Petit-Saguenay n’y a pas fait exception, puisque plusieurs Américains se sont succédé comme uniques utilisateurs de la ressource salmonicole. Ils ont laissé derrière eux une certaine amertume chez les premiers résidents, mais aussi quelques chalets qui font aujourd’hui la fierté des Saguenéens! En 1966, la population locale s’est mobilisée pour fonder un organisme visant à assurer la gestion du cours d’eau. Les années 1970 ont vu la rivière atteindre des remontées spectaculaires, mais quelques années plus tard, des statistiques inquiétantes ont permis de constater la fragilité du saumon atlantique. Au milieu des années 1980, un groupe de pêcheurs sportifs, bénévoles du milieu, s’est uni pour prendre en main la protection de la rivière et le site d’hébergement pour en faire, vingt ans plus tard, le joyau de cette petite municipalité. C’est ainsi que la rivière PetitSaguenay a repris ses lettres de noblesse, pour devenir la Belle du fjord.

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Aujourd’hui, l’Association de la rivière Petit-Saguenay est l’organisme qui gère la rivière et le site récréopatrimonial. Elle possède cinq chalets d’époque et un camping de 25 emplacements. Le pêcheur au saumon peut parcourir 13 km de rivière et y trouvera 24 fosses. Plusieurs qualifient la rivière de « sportive », puisqu’un sentier pédestre de 3,5 km longe le cours d’eau là où la plupart des meilleures fosses se trouvent. Les pêcheurs peu enclins à la randonnée pédestre devront jouer de chance lors du tirage (48 heures) pour la fosse contingentée no 24 «  les chutes Saint-Antoine  », l’une des plus connues. Avec sa morphologie sinueuse et ses longs rapides, la rivière Petit-Saguenay représente tout un défi pour les saumoniers, même les plus aguerris, aux prises avec un «  beau blanc arrivant de la mer  » en juin ou juillet, alors que la rivière est encore haute. Vous serez confrontés inévitablement à la force du poisson et à la puissance du courant qui solliciteront tous vos muscles (même ceux depuis longtemps oubliés!) Si votre saumon a le malheur de prendre le « bord d’en bas »… bonne chance! Mais quelle expérience vous vivrez! Notre organisme offre aux pêcheurs et aux amants de la nature une gamme d’activités. Pensons seulement à la descente de 12 km en canot du secteur amont de la rivière, où la truite est abondante, ou à la randonnée pédestre sur un très beau sentier longeant la rivière et où se trouve une plage grandiose donnant sur le majestueux fjord Saguenay… Puisque le site récréopatrimonial de la rivière Petit-Saguenay n’est situé qu’à 3 km du village, une visite en après-midi au bistro vous permettra de déguster une bonne bière froide et de goûter à la fameuse pizza au saumon fumé. De plus, deux auberges de grande qualité sauront satisfaire les fines bouches avec leur table de haute gastronomie pour vos soirées libres. Depuis quelques années, une journée de pêche spécialement dédiée à la gent féminine est organisée vers la mi-août sur la rivière Petit-Saguenay. Cette activité a pour but d’amener les femmes à s’initier à la pêche à la mouche et d’y taquiner le roi Salar dans un environnement propice, puisqu’à cette période de l’année, la taille de la rivière permet d’y pêcher facilement. Seulement douze chanceuses pourront profiter de cette journée, les inscriptions se faisant à partir de la mi-juin. Des guides pêcheurs accompagnent les initiées lors de la journée. Et l’activité se termine en beauté avec une l’épluchette de blé d’Inde. En 2008, la rivière Petit-Saguenay a connu une excellente saison grâce à une bonne montaison des madeleineaux et des conditions d’eau idéales. Les gestionnaires et les 18 Saumons illimités

utilisateurs habitués sont confiants pour la saison prochaine et vous invitent à venir découvrir cette belle rivière et le roi Salar dans son royaume! Pour tout autre renseignement, visitez notre site web au www.petitsaguenay.com.


La rivière à

Mars LA FOSSE 39 SUR LA RIVIÈRE À MARS

Par Mario Dallaire Photos : Contact Nature, Rivière-à-Mars

Il existe de ces cours d’eau pour lesquels le temps agit comme une perle encore dans son huître. La rivière à Mars en est une de cette catégorie. Plus elle vieillit, plus elle prend de la valeur. Trempant ses pieds dans le fjord du Saguenay, elle prend sa source au cœur même de la réserve faunique des Laurentides. En fait, elle n’est côtoyée par les humains que sur ses 7 à 8 derniers kilomètres. Si vous passez à Saguenay, vous la croiserez sûrement si vous faites un tour dans le secteur de l’arrondissement de La Baie. Saumons illimités 19


Historique en bref Jadis rivière à l’état sauvage, la rivière à Mars fut rapidement adoptée par les premiers colons arrivés au Saguenay au début de la colonisation. D’ailleurs, elle porte le prénom du frère d’Alexis Simard qui, après une chicane avec ce dernier, s’installa sur ses berges (Mars Simard, donc rivière à Mars). Suite à l’érection en 1920 de la digue de la scierie Tremblay et fils au kilomètre 3 (passe migratoire) et celle en 1930 du barrage hydro-électrique de la Passe des Murailles au kilomètre 12, le saumon s’y est rapidement raréfié. Il n’y subsistait bientôt plus qu’une population résiduelle qui s’est ensuite maintenue tant bien que mal à quelques spécimens, plusieurs étant capturés ou braconnés chaque année. De plus, cette rivière fut utilisée pour le flottage du bois jusque vers la fin des années 50. Au début des années 80, une association est alors formée pour restaurer et protéger ce cours d’eau. De 1985 à 1992, la pêche sportive y est fermée pour permettre la construction d’une passe migratoire et d’un chalet d’accueil. Dès 1992, la pêche sportive redémarre de façon plus que convaincante et on atteint même une montaison qui oscille entre 400 et 600 saumons dans les années suivantes. Malheureusement, le déluge de 1996 vient tout bouleverser l’élan de départ de cette rivière aux multiples facettes. La reconstruction de la passe migratoire et la remise en état du lit de la rivière furent réalisées en 1997. Même encore aujourd’hui, elle subit des séquelles de cette catastrophe. Heureusement, de multiples aménagements de même qu’un programme d’ensemencement d’alevins de saumon pour compenser les effets négatifs permettent de croire en l’avenir.

LES BEAUTÉS NATURELLES DE LA MURAILLE DE LA RIVIÈRE À MARS

La pêche La majeure partie de la pêche se pratique à gué sur les dix premiers kilomètres qui sont facilement accessibles. D’ailleurs, trois ponts routiers enjambent cette rivière sur les deux premiers kilomètres. Le saumon est ralenti dans sa montée par l’existence d’un barrage au troisième kilomètre. C’est à ce barrage qu’une passe migratoire et le chalet d’accueil sont installés. Sur le site, un petit sentier d’interprétation jumelé à une fenêtre d’observation sous-marine permet de contempler le roi des eaux dans son élément. De plus, une caméra sous-marine installée au fond de la rivière et un bassin-aquarium viennent tout juste d’y être aménagés. Sur les douze fosses en aval de la passe migratoire, seule la fosse no 12 est contingentée (réservation 48 heures à l’avance). En amont, les fosses 39 à 42 sont aussi contingentées, alors que les fosses 13 à 38 sont offertes directement au public.

20 Saumons illimités

« GRÂCE À SON ACCÈS FACILE ET SA PROXIMITÉ DE LA GRANDE VILLE DE SAGUENAY, LA RIVIÈRE À MARS PEUT FACILEMENT ÊTRE NOMMÉE LA RIVIÈRE-ÉCOLE DE LA PÊCHE AU SAUMON DE CETTE RÉGION »


et peu d’arbres à l’arrière des pêcheurs, la pêche à la mouche du saumon y est facilitée. D’ailleurs, un service d’initiation et de guide est offert à prix plus que modique par l’organisme. Près d’une centaine d’initiations par année y sont pratiquées. On peut même y louer un équipement de base et pêcher de soi-même, après avoir reçu les précieux conseils offerts par les employés du chalet d’accueil.

Services environnants DES ALEVINS LORS DE L’ENSEMENCEMENT

Malgré les ravages du déluge de 1996, cette rivière se relève de manière admirable. Aussi dynamique que le saumon qui l’habite, le conseil d’administration et son président se sont révélés avant-gardistes en réveillant la conscience régionale au sujet de la truite de mer du Saguenay. Un projet pilote de réensemencement de truite anadrome y a lieu, ce qui explique l’interdiction temporaire de la conserver. D’ailleurs, près d’une quinzaine d’étangs en bordure de la rivière agissent comme des pouponnières pour l’omble de fontaine anadrome du Saguenay. Il faut savoir ici que ce poisson est unique au monde en raison de sa génétique régionale. Le deuxième barrage situé à environ douze kilomètres permet d’admirer le magnifique canyon du Centre plein air Bec-Scie, là où s’entassent les saumons en fin de saison. La montaison du saumon oscille quand même aujourd’hui entre 200 et 400 saumons annuellement. Son eau est fraîche et légèrement sombre, laissant le pêcheur toujours dans un doute sur sa présence (ou son absence). Une grande partie de la rivière (près de 40 km) en amont de ce barrage est presque sauvage et comporte de multiples cascades, des chutes et des rapides encore sous-exploités et méconnus du grand public.

Rivière-école Grâce à son accès facile et sa proximité de la grande ville de Saguenay, la rivière à Mars peut facilement être nommée la rivière-école de la pêche au saumon de cette région. La rivière n’étant pas très large, avec des fosses bien découpées

Question hébergement, l’arrondissement de La Baie à Saguenay est doté de plusieurs auberges (Auberges des 21, de la Grande-Baie, ou des Battures) et de nombreux gîtes, sans oublier le fameux camping Au Jardin de Mon Père situé à quelques pas du chalet d’accueil. On peut même faire la location de roulotte ou pêcher de la truite dans de magnifiques étangs aménagés à ce camping. Côté restauration, on en trouve pour toutes les bourses et tous les goûts, puisque le secteur urbain offre autant de la restauration rapide que gastronomique ou familiale. Pour l’équipement, il est possible de trouver dans le même secteur des commerces pour votre équipement ou pour les mouches nécessaires à votre activité. Au plan touristique, ville de Saguenay et ses environs offrent une multitude de possibilités, avec ses grands spectacles, ses musées, ses circuits ou ses sites d’intérêt.

En bref La rivière à Mars fut jadis l’hôte de grands de grands noms américains qui sont venus expressément pêcher dans ses eaux. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi, car elle cache dans une eau couleur de miel des saumons forts et vigoureux qui peuvent être très mordeurs, puisque plusieurs fosses sont encore sous-exploitées. La majeure partie de la rivière n’étant pas contingentée, il y a toujours une place où lancer sa mouche à prix abordable. L’accueil des gens de la région, les services offerts, et la facilité de la pêche font de cette rivière un incontournable pour la pêche au saumon dans cette magnifique région de Saguenay. Pour plus de renseignements, le site web www.riviereamars.com offre une panoplie de liens. Il n’en tient qu’à vous de vous décider.

Saumons illimités 21


Guide de pêche au saumon atlantique pour les rivières du Québec :

à vous de décider

Par Claude H. Bernard L’auteur est enseignant à la retraite et guide de pêche au saumon atlantique sur la rivière Bonaventure depuis 1988. Pour son savoir-faire, il s’est inspiré du grand talent de guides comme Marc Leblanc, Michel et Dial Arsenault.

À leur arrivée dans les régions maintenant connues comme étant les provinces maritimes et le Québec, certains des premiers colons européens ont pu s’établir le long des rivières à saumon. Ils ont ainsi su profiter des ressources en poissons de la mer et des rivières tout en défrichant la terre. Vers les années 1875, la pêche du saumon atlantique est devenue une activité de gens très bien nantis. À cette époque, le gouvernement du Québec rend les droits de pêche du saumon à de riches groupes à la condition que ceux-ci assurent la protection de la ressource. Les résidants perdent alors une source d’approvisionnement qui s’offrait à eux depuis une centaine d’années. Puis, plusieurs hommes ont été engagés par ces nouveaux groupes (devenus clubs privés) à titre d’hommes à tout faire, cuisinier, gardiens, ou encore guides pour la pêche sportive. Il est facile de comprendre que plusieurs n’acceptèrent pas cette exclusivité accordée aux étrangers. Lorsque du saumon était requis pour nourrir la famille, plusieurs se servaient à même la rivière en essayant d’éviter de se faire prendre. De là est né le braconnage. Souvent, gardiens et braconniers étaient membres de la même famille; il est facile de comprendre que 22 Saumons illimités

Photo : Gérard Bilodeau

Un peu d’histoire

CLAUDE BERNARD, GUIDE SUR LA RIVIÈRE BONAVENTURE

les gardiens devaient alors regarder ailleurs! Les emplois de guides ont permis à plusieurs d’honorablement gagner leur vie, et cela, de génération en génération – comme Dial Arsenault et ses frères, Valmont et Michel F. Leur père et grand-père ont en outre été guides pendant cinquante ans sur la rivière Bonaventure. Dial poursuit la tradition familiale encore de nos jours. Il faut préciser enfin que le mode de gestion par club privé a probablement assuré la

survie de l’espèce jusqu’au retour des rivières au domaine public au début des années 80.

Qu’est-ce qu’un guide? Par définition, un guide est une personne qui connait sa rivière, accompagne, montre le chemin, renseigne, aide et facilite l’activité de pêche pour ses clients. Pour accomplir toutes ces tâches, il lui faut des années d’écoute, d’observation et d’apprentissage pratique de tous les aspects de la pêche au saumon.


Qualités essentielles d’un bon guide Un guide professionnel doit posséder, maîtriser et appliquer plusieurs connais-

Photo : Marc Robitaille

Oui, un guide joue ce rôle, mais il y a plusieurs façons de faire. Comme dans la vie en général, chaque guide est différent. Certains sont discrets, d’autres flamboyants, raconteurs, motivateurs ou techniques. Les plus doués possèdent même plusieurs de ces facettes. À chacun sa personnalité, sa culture et son expérience. Après de nombreuses années passées avec une multitude de pêcheurs différents les uns des autres, un guide de pêche au saumon acquiert l’habileté de s’adapter à ses clients. Certains pêcheurs aiment un guide très volubile alors que d’autres préfèrent quelqu’un de plus silencieux. Certaines personnes aiment poser des questions de tout genre à leur guide, que ce soit concernant le comportement ou la biologie du saumon, la qualité de l’eau, la géologie, les mouches ou encore les techniques de pêche. Et il y a ces pêcheurs qui disent ne pas facilement accepter les conseils d’un guide qu’ils paient et qui est pourtant là pour leur faciliter la vie. Le guide de pêche au saumon est pourtant beaucoup plus que le conducteur du véhicule ou du canot! Le guide de pêche au saumon a souvent à répondre à des questions comme : «  Pourquoi le saumon saute-t-il?  »; « Pourquoi le saumon ne se nourrit-il pas en rivière? »; « Pourquoi le saumon prendil la mouche?  ». Lorsque ces questions sont posées, les discussions deviennent très intéressantes. Il n’y a probablement pas de guide qui ait toutes les réponses, mais il est tout à fait correct de poser de telles questions. Par contre, il arrive souvent que certains pêcheurs doivent prendre quelque temps pour s’habituer à percevoir la silhouette du saumon et sa ligne verticale foncée de sa queue.

LE REGRETTÉ RICHARD ADAMS, GUIDE LÉGENDAIRE SUR LA MATAPÉDIA

sances et habiletés essentielles dans le déroulement de chacune des journées qu’il passe avec ses clients. Entre autres, connaître sa rivière, la distribution du saumon selon la période de la saison, les tenues du saumon selon l’importance de la montaison et le niveau de l’eau. Au début de chaque saison de pêche, il faut revoir toute la rivière pour repérer les changements physiques survenus durant l’hiver et au printemps. La crue printanière et la descente des glaces bouleversent souvent le lit et les berges de la rivière. Certaines fosses sont creusées et d’autres remplies de gravier. À l’occasion, de gros blocs de pierre sont déplacés, ce

qui modifie la dynamique de l’écoulement de l’eau qui chambarde le gravier, changeant ainsi la configuration des fosses et la tenue des saumons. Bien connaître sa rivière implique aussi connaître tous les sentiers y donnant accès. Lorsque le niveau de l’eau permet l’usage du canot, le guide doit absolument connaître tous les passages entre les fosses. La prudence est de mise en tout temps. Le guide fera porter le vêtement de flottaison à tous les passagers du canot. Il les fera débarquer lors d’un passage risqué et fera passer le canot à la cordelle. Tous n’ont pas besoin des mêmes habiletés et cela est normal. Selon Saumons illimités 23


Photo : Gérard Bilodeau

RONALD IRVING, GUIDE SUR LA MATAPÉDIA ET SUR LA RESTIGOUCHE

les particularités physiques de chaque rivière, le guide typique est différent d’une rivière à l’autre. Certaines habilités précises nécessaires pour une rivière ne le sont pas pour une autre. Plusieurs sont d’habiles cuisiniers, monteurs et créateurs de mouches superbes, très bons professeurs de techniques de pêche, connaisseurs de la flore, de la faune ailée terrestre et aquatique. Aussi, maîtriser la dynamique de l’écoulement de l’eau est d’une grande importance pour le guide qui conduit son canot à la perche, sinon le courant peut facilement transformer une descente agréable en un désastre.

La qualité première d’un bon guide La plus grande qualité d’un bon guide de pêche au saumon est de placer ses pêcheurs aux endroits où le saumon est présent. Le repérage des poissons par eau turbide peut être basé sur son expérience ou sur un minuscule signal donné par un saumon, ou encore sur des critères propres à sa rivière. Les rivières à eau cristalline facilitent le repérage pour le guide et ses pêcheurs. Par contre, il arrive souvent que pêcheurs doivent prendre quelque temps pour s’habituer à percevoir la silhouette du saumon et la ligne verticale foncée de sa queue.

24 Saumons illimités

L’expérience aidant, plusieurs guides ont remarqué que les saumons preneurs avaient tendance à s’arrêter aux endroits de la rivière où : 1- La profondeur de l’eau est d’un à deux mètres; 2- Le fond de la rivière est parsemé de roches dont la taille va de la boule de quille à de très gros blocs de pierre; 3- La vitesse de défilement de l’eau de surface est semblable à la vitesse de marche d’un adulte. Bien sûr, il y a des exceptions. Le saumon semble souvent aimer défier et violer toutes les règles de comportement que les pêcheurs lui dictent! D’autres qualités sont aussi importantes : savoir écouter le client, s’assurer de bien comprendre ses besoins, suggérer des éléments de solutions et exécuter tous les points particuliers convenus avec ses pêcheurs. Cette approche doit être utilisée au premier contact, lors de l’organisation de détails comme la préparation du plan de match, la réception des appels de la zec pour le choix des dates et secteurs selon les ententes déjà convenues, l’accueil du client la veille ou le matin de la pêche tout en s’assurant qu’il a tous ses effets, et le transport sur les lieux de pêche, soit en véhicule routier, soit en

canot. Une fois sur place, le guide s’assure du bon déroulement de la pêche selon les besoins du client. À tout cela, il faut ajouter une autre qualité importante : la ponctualité ! Être dévoué, poli et débrouillard ajoute un cachet non négligeable à l’évaluation d’un bon guide de pêche au saumon au Québec.

Comment choisir ce super guide Dans le cas où les clients sont en pourvoirie, le guide est souvent désigné de façon aléatoire par le chef-guide. Cependant, un habitué d’une pourvoirie pourra demander au chef-guide de lui assigner un guide qui répond à ses affinités et choisir parmi ceux-ci. Mais lorsque le client choisit un guide indépendant, il a avantage à demander à ses amis pêcheurs lequel ils lui suggèrent. Souvent, la meilleure façon de dénicher un bon guide est le bouche-à-oreille. Le souci du détail, le respect apporté au client et la passion du guide pour son travail sont probablement les gages d’un succès. Un tel guide saura vous faire passer de bons moments, même si Salmo ne daigne prendre la mouche. Bon guide et bonne pêche!


BOUTIQUE ORVIS


Échos de France

Pourquoi les saumons disparaissent-ils en mer? Le programme de recherche SALSEA Par le Conservatoire national du saumon sauvage, France

Abonnement L’abondance du saumon atlantique a diminué de façon spectaculaire sur l’ensemble des façades de l’Atlantique Nord depuis le début des années 1970, et ce, en dépit d’énormes réductions de l’effort de pêche. La baisse a été plus marquée pour les stocks du sud de l’Europe (par exemple en France, en Espagne, au Royaume-Uni et en Irlande) et de l’Amérique du Nord, particulièrement pour les poissons qui passent plus de temps en mer (rédibermarins). Beaucoup de stocks de saumons à la limite méridionale de la zone de répartition de l’espèce, en Europe et en Amérique du Nord, sont en situation critique d’extinction et il y a un risque pour que la diversité génétique (si précieuse) diminue. Des études scientifiques sans équivoque démontrent que le taux de retour des saumons en provenance de leur zone d’alimentation océanique représente seulement entre le tiers et la moitié de celui observé il y a trente ans (fig. 1). Le saumon est en train de mourir en mer dans des proportions plus élevées qu’avant, mais les raisons en sont inconnues. Cette augmentation de la mortalité dans l’océan sape les efforts très importants qui sont faits pour reconstituer les stocks.

SAUMONS UNIBERMARINS

SAUMONS REDIBERMARINS

FIGURE 1

26 Saumons illimités

L’Organisation pour la conservation du saumon de l’Atlantique Nord (NASCO) est l’organisation internationale chargée de conserver et de restaurer le saumon atlantique. Son International Atlantic Salmon Research Board (IASRB) favorise la collaboration et la coopération en matière de recherche sur les causes de mortalité du saumon en mer et les possibilités de lutter contre celles-ci. En 2005, l’IASRB a adopté le programme SALSEA. Cette approche globale et novatrice porte sur l’eau douce, les zones estuariennes et côtières et sur les milieux océaniques (voir le www.salmonatsea.com). La composante océanique du programme SALSEA en mer comprend des enquêtes effectuées en 2008 et 2009 dans le nord-est et le nord-ouest de l’Atlantique et des échantillonnages détaillés de poissons pêchés à l’ouest du Groenland en 2009 et 2010. Pour 2009, une enquête en mer d’Irminger devrait être menée. En plus de SALSEA-Merge, des enquêtes dans le nord-ouest de l’Atlantique sont réalisées en 2008 et 2009 (SALSEA-Amérique du Nord) par Pêches et Océans Canada en collaboration avec la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis. Les efforts de captures de saumon à l’ouest du Groenland en 2009 et 2010 seront intensifiés afin d’obtenir des données sur les saumons de plusieurs hivers de mer. Le plus grand défi scientifique, en terme de conservation du saumon atlantique, consiste sans doute à obtenir un aperçu de l’espace écologique marin utilisé par les différents stocks en fonction de leur région et de leur rivière d’origine. Ils peuvent être prédisposés à utiliser des zones marines différentes dont les conditions environnementales sont susceptibles de varier de l’une à l’autre, et d’influer sur leur croissance, leur état et leur survie.


Par le biais d’un partenariat public-privé et de l’important soutien de la Commission Européenne (2,4 millions d’euros), de la Fondation TOTAL et de l’Atlantic Salmon Trust, le financement du projet SALSEA-Merge est assuré à hauteur de 5 millions € (près de 8 millions $). Vingt partenaires provenant de dix pays européens participent au consortium unique du programme SALSEA-Merge. Ils ont pour origine les secteurs publics, privés, ainsi que des ONG (dont le Conservatoire national du saumon sauvage).

Acquisition de données marines

SALSEA-Merge : progrès réalisés à ce jour Depuis le lancement de SALSEA-Merge, des études considérables sur la survie marine ont été menées, grâce notamment aux pêches d’échantillonnage portant sur environ 1 million de km² dans le nord-est de l’Atlantique. SALSEA-Merge est structuré en cinq éléments : 1. Acquisition de données marines; 2. Identification génétique du stock d’origine; 3. Analyse d’échantillons biologiques; 4. Recoupement et analyse des facteurs génétiques et biologiques, et des données océanographiques; 5. Diffusion des résultats du projet.

LES TRAVAUX SUR LA SURVIE MARITIME DE SALSEA-MERGE ONT ÉTÉ LANCÉS PAR L’IRLANDE LE 16 MAI 2008. PUIS, UNE SÉRIE DE CAMPAGNES DE PÊCHES AVEC QUATRE NAVIRES DE RECHERCHE A COUVERT PRÈS DE 1 MILLION DE KM2 DE L’ATLANTIQUE NORD-EST.

Symposium de génétique et atelier En soutien au programme SALSEA, la Fondation TOTAL pour la biodiversité et la mer a parrainé un symposium et un atelier de l’IASRB, qui se sont déroulés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris du 20 au 22 février 2008. Ces réunions ont permis de rassembler les généticiens en saumon de l’Atlantique Nord, mais également leurs collègues du Pacifique. L’objectif de ce symposium était d’examiner la structuration actuelle des populations et d’évaluer l’utilité des dernières méthodes d’analyse génétique. Afin de déterminer l’origine des saumons capturés en mer lors des campagnes de pêches, une base internationale de données génétiques concernant la structuration de la population de saumons a été développée. Les travaux et informations présentés au cours du symposium ont confirmé qu’il existe une structuration génétique des populations de saumons atlantiques sauvages entre continents, régions et rivières, et même à l’intérieur des rivières.

FIGURE 2 : LES ZONES MARINES DES CAMPAGNES 2008 MENÉES PAR LES IRLANDAIS ET LES NAVIRES NORVÉGIENS.

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Campagnes irlandaises

Campagne norvégienne

L’étude irlandaise a été réalisée avec deux navires de recherche. Le Celtic Explorer a capturé 358 postsmolts de saumon, pris dans 27 secteurs différents sur une période de huit jours. Des données relatives à la température de l’eau, à la profondeur et à la salinité ont été également enregistrées. 76 postsmolts ont été pris au cours de la deuxième campagne de neuf jours par le Celtic Voyager, ce qui porte les prises totales à 434 saumons. La plupart des postsmolts mesuraient entre 15 et 18 cm de longueur.

L’échantillonnage norvégien a eu lieu du 26 juillet au 9 août 2008 à bord du RV Eros, et a couvert le secteur le plus au nord du programme SALSEA-Merge. Cette zone est délimitée par la côte nord de la Norvège, l’île Jan Mayen, Spitzberg et l’île aux Ours. 88 saumons, pour la plupart des postsmolts (longueur moyenne de 24,8 cm et poids moyen de 143 g), ont été pris dans 31 secteurs.

Échantillons de poissons Lors de chaque campagne de pêche, tous les postsmolts de saumon capturés ont été photographiés, mesurés, pesés et sexés. Une estimation des pertes d’écailles a été réalisée et les poux présents sur les poissons ont été comptabilisés et stockés. Une inspection visuelle a permis de préciser la présence de marques, de tags, d’ablation de nageoire, et les érosions de nageoires (signifiant que le poisson est échappé d’élevage). Les prises d’échantillons biologiques comprenaient  : les écailles et les otolithes pour analyse de l’âge et de la croissance, un échantillon de nageoire pectorale pour l’analyse de l’ADN, les échantillons de tissus pour recherche de maladies (branchies, caecae pyloriques, rate et reins), des échantillons d’isotopes (foie, muscle, nageoire adipeuse, cœur, pointe de la nageoire caudale), des échantillons de lipides (muscle), et des échantillons des contenus stomacaux pour l’analyse de l’alimentation.

Analyses stomacales

FIGURE 3 : LOCALISATION DES CAMPAGNES DE PÊCHE IRLANDAISES. LES CERCLES JAUNES INDIQUENT LE NOMBRE DE POSTSMOLTS CAPTURÉS.

Le contenu de tous les estomacs de saumons capturés au cours des différentes campagnes de 2008 est en cours d’analyse. Toutefois, pour les sujets capturés par l’équipe norvégienne, quelques résultats préliminaires sont disponibles. Ils soulignent l’importance du Themisto et d’autres amphipodes mésopélagiques (crustacés) dans le régime alimentaire des postsmolts.

Campagne des îles Féroé

Migration et répartition des captures

Les pêches réalisées par le RV Magnus Heinason aux environs des îles Féroé ont eu lieu du 2 au 16 juillet 2008. Des postsmolts de saumon ont été capturés dans presque tous les secteurs, avec en moyenne 7,3 saumons par pêche. Au total, 363 postsmolts ont été capturés. Les individus avaient une longueur moyenne de 21 cm et un poids moyen de 100 g, mais 11 saumons de plus grande taille ont également été capturés. Onze postsmolts marqués par ablation de la nageoire adipeuse ont été capturés. Ils furent ensuite scannés pour vérifier la présence de microtags. Quatre d’entre eux étaient porteurs de marques.

Le contraste entre les nombreuses captures réalisées au cours des trois premières campagnes et celles plus faibles réalisées au nord offre un aperçu intéressant du comportement des jeunes saumons en mer. La migration vers le nord se déroule dans les eaux de surface à la limite du plateau continental, dans une zone relativement étroite. Les poissons semblent ensuite se disperser une fois qu’ils ont atteint leur zone d’alimentation. Cette zone est plus difficile à échantillonner que la limite du plateau continental et fera l’objet d’une augmentation de l’effort d’échantillonnage en 2009.

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À GAUCHE : MOYENNES DES CONTENUS DE L’ESTOMAC DES POSTSMOLTS DANS LA ZONE LA PLUS NORDIQUE, PAR STATION. À DROITE : ORGANISMES SE TROUVANT DANS LE CONTENU STOMACAL DES POSTSMOLTS.

FIGURE 5 : MODÉLISATION DES TRAJECTOIRES APRÈS DEUX MOIS DE DÉRIVE DE 10 000 POSTSMOLTS (POINT ROUGE). À GAUCHE : SEULE LA DÉRIVE PASSIVE AVEC LES COURANTS DE SURFACE EST PRISE EN CONSIDÉRATION. À DROITE : AVEC UN COMPORTEMENT DE NAGE ACTIVE (SOUS L’INFLUENCE DES COURANTS).

Modélisation de la migration

Conclusions

L’objectif est de développer des modèles de migration des différents stocks en fonction de leurs origines intégrant les conditions océanographiques et de les relier aux données relatives à la croissance et à l’alimentation. À ce jour, les travaux ont porté sur le développement et le test d’un modèle hydrographique qui sera utilisé pour la simulation et l’étude de la dynamique des migrations postsmolts dans l’Atlantique Nord-Est. Des données sur la vitesse et les voies de migration issues de précédentes études ont été utilisées pour les premières simulations pendant les 5 à 6 premiers mois en mer. Dans la prochaine étape, le travail permettra de tester différentes hypothèses sur la migration des postsmolts, telles que la dérive passive par rapport à la migration active, la température par rapport à l’influence du gradient des courants, etc.

SALSEA-Merge dans sa première année a permis de lancer une réelle coopération internationale entre biologistes, généticiens, hydrographes et océanographes. L’analyse des données est en cours et a montré des premiers résultats intéressants. On attend avec impatience les conclusions en 2010. Ce n’est que par une approche aussi globale que le mystère de la disparition des saumons en mer pourra enfin être élucidé.

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Secrets de Salmo

Sur les traces de

Salmo

des nouvelles technologies à la rescousse ! Patricia Johnston et Jean-Nicolas Bujold

INRS-Eau, Terre et Environnement, 490 rue de la Couronne, Québec, QC, G1K 9A9 patricia.johnston@ete.inrs.ca & jean-nicolas.bujold@ete.inrs.ca Photos: INRS-Eau, Terre et Environnement

D

epuis des centaines d’années, le saumon atlantique fascine les hommes. Cette fascination profonde pour le roi des poissons provient certes de son élégance, de sa taille et de sa vivacité mais également du long périple qu’il effectue entre son cours d’eau natal et l’océan. Cette migration bien connue représente incontestablement une grande part des déplacements effectués par Salmo durant son existence. Elle accapare bien souvent les pensées de ses admirateurs qui oublient parfois que le saumon atlantique pourrait aussi avoir une vie mouvementée dans son cours d’eau d’origine lors du stade de juvénile. Depuis quelques dizaines d’années, les déplacements des juvéniles captivent les scientifiques qui s’intéressent à Salmo. Les informations acquises dans les études sur leurs mouvements sont d’une importance primordiale dans la gestion et la conservation des populations de cette espèce. Ces études nous renseignent non seulement sur les habitats utilisés et leur connectivité mais également sur le comportement de Salmo et les paramètres qui l’influencent. Bien qu’il existe un intérêt croissant des scientifiques par rapport aux déplacements des saumons juvéniles, il reste que ceux-ci sont encore mal documentés.

La vie mouvementée de Salmo salar Les saumons juvéniles se déplacent pour répondre à leurs besoins  (i.e. nourriture, refuge). Les mouvements leur permettent ainsi d’accéder à des habitats qui présentent des caractéristiques différentes. Ceux-ci peuvent s’effectuer à

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différentes échelles spatiales et temporelles, allant du microhabitat au bassin versant et se déroulant une à plusieurs fois par année. Les mouvements de courtes distances se produisent plus souvent et ne sont habituellement pas synchronisés entre les individus tandis que les mouvements de plus grandes échelles sont moins fréquents et peuvent présenter de la synchronisation. Le patron général des déplacements des juvéniles est constitué de différentes phases de mouvements  : 1) la dispersion des alevins des frayères, 2) les mouvements vers les sites estivaux d’alimentation, 3) les déplacements des sites estivaux d’alimentation vers les sites d’hivernage, 4) la prédévalaison automnale, 5) la dévalaison printanière et 6) les mouvements de fraie des individus précoces. Entre ces phases de mouvements, les déplacements de grandes échelles sont considérés comme peu fréquents mais néanmoins observables. Les individus qui les effectuent sont perçus comme étant davantage mobiles que le reste de leurs confrères qui se contentent seulement de mouvements à plus petites échelles, tels que ceux effectués quotidiennement entre les zones de refuge et les sites d’alimentation. Bien que l’on possède une certaine connaissance du patron général des mouvements, plusieurs aspects du comportement spatial et de l’utilisation des habitats sont encore mal connus. Il manque à ce titre beaucoup d’informations sur les facteurs environnementaux qui peuvent influencer les mouvements (ex. débit, température, photopériode, etc.). Ces brèches


dans la documentation proviennent en grande partie d’un manque d’outils adéquat pour le suivi des poissons de petite taille. En effet, les saumons juvéniles mesurent moins de 15 cm, ce qui complique quelque peu la tâche.

Des nouveautés dans le coffre à pêche des biologistes ! Au cours des dernières décennies, les biologistes ont majoritairement utilisé la méthode de marquage-recapture pour suivre les déplacements des poissons. Le principe de cette méthode est assez simple. Il consiste en la capture de poissons et l’apposition d’une marque sur leur corps afin de reconnaître les individus lors d’une capture subséquente. Les marques peuvent être externes (ex. étiquettes numérotées) ou internes (i.e. marque sous-cutanée ou dispositif implanté dans la cavité abdominale). Malgré certaines limitations, cette méthode a permis d’acquérir une bonne base de connaissances sur les déplacements des saumons juvéniles. Toutefois, beaucoup de temps et de logistique sont généralement requis lors des études de type marquage-recapture, ce qui limite souvent l’étendue spatio-temporelle des suivis et le nombre de poissons pouvant être retrouvés. De fréquentes captures et manipulations peuvent de plus perturber les poissons. Les recaptures étant séparées par un certain intervalle de temps et s’effectuant sur une aire généralement réduite, plusieurs déplacements demeurent indétectables. En définitive, la méthode de marquage-recapture ne permet pas de recueillir des informations précises sur le moment, la vitesse et l’itinéraire des déplacements. Depuis quelques années, des méthodes de suivi alternatives sans recapture utilisant de nouvelles technologies permettent d’étudier plus adéquatement les déplacements des salmonidés juvéniles. Ces nouvelles méthodes ont vu le jour grâce à l’utilisation de marques électroniques qui peuvent être détectées à distance, soit les radio-émetteurs et les transpondeurs passifs (PIT-tags) (Fig. 1). Ces dispositifs émettent, par l’entremise d’un signal radio, un numéro d’identification unique qui peut être capté à distance par un récepteur. La différence fondamentale entre ces deux dispositifs est que le radio-émetteur émet son signal continuellement grâce à une batterie interne tandis que le PIT-tag, qui ne possède pas de batterie, doit être activé par un champ électromagnétique produit par une antenne. L’absence de batterie chez ce dernier lui permet d’avoir une durée d’utilisation supérieure et d’être plus compact. Ces différences majeures entre les deux dispositifs ont

des répercussions sur la taille des poissons pouvant être marqués, sur la distance à laquelle les signaux peuvent être captés ainsi que sur la durée des suivis. Les radio-émetteurs ont une distance de détection supérieure aux PIT-tags mais ils sont seulement utilisables pour le marquage de juvéniles de grande taille (i.e. tacons de 2-3 ans et smolts). Les PITtags permettent le marquage de saumons de plus petite taille (6 cm et plus), ce qui offre davantage de possibilités concernant l’étude des déplacements des juvéniles. Ainsi, les PIT-tags se découvrent comme ayant un potentiel énorme pour l’acquisition de nouvelles connaissances.

FIGURE 1. ILLUSTRATION D’UN TRANSPONDEUR PASSIF (PIT-TAG) (LONGUEUR RÉELLE : 23 MM).

Les nouvelles méthodes de suivi utilisant la technologie PIT-tag Avec la technologie PIT-tag, deux nouvelles alternatives au marquage-recapture sont applicables pour suivre les déplacements des saumons juvéniles, soit le marquagerelocalisation et le marquage-suivi en continu. Tel que mentionné auparavant, celles-ci permettent de suivre les mouvements des poissons sans les inconvénients de la recapture. Ces deux méthodes consistent dans un premier temps à marquer des poissons en introduisant chirurgicalement un transpondeur passif dans la cavité abdominale de ceux-ci. Par la suite, il est possible de relocaliser manuellement les poissons marqués avec un système portable (marquage-relocalisation) ou d’observer leurs déplacements avec des stations fixes placées le long du cours d’eau (marquage-suivi en continu). Ces dernières comportent un module qui enregistre les informations reliées au passage d’un poisson marqué à proximité de leurs antennes placées dans la rivière (i.e. no. de l’individu, no. de l’antenne, date et heure du passage). Ces stations fonctionnent continuellement grâce à des batteries branchées à des panneaux solaires. Suite à des développements récents, il existe maintenant différents types de systèmes portables et de stations fixes qui permettent d’étudier les déplacements des saumons juvéniles à différentes échelles spatio-temporelles (Fig. 2).

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B A

FIGURE 2. DIFFÉRENTS TYPES DE SYSTÈMES PORTABLES ET STATIONS FIXES: (A) SYSTÈME PORTABLE À ANTENNE RONDE, (B) SYSTÈME PORTABLE À ANTENNE RECTANGULAIRE GRAND FORMAT, (C) STATION FIXE À ANTENNE TRANSVERSALE ET (D) STATION FIXE À ANTENNES MULTIPLES.

D C La vie insoupçonnée des jeunes saumons révélée par la technologie PIT-tag À l’été 2007, une station fixe à antennes multiples (fig. 2d) et des stations fixes à antennes transversales (fig. 2c) ont été installées sur le ruisseau Xavier, un tributaire de la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est au Saguenay. La station fixe à antennes multiples couvrait une longueur de ruisseau d’environ 100 m (Fig.3). Les stations fixes à antennes transversales quant à elles comportaient un ensemble de 14 antennes étalées sur un tronçon de 2,5 km. Ces deux types de stations ont été utilisés conjointement afin d’effectuer un suivi détaillé des déplacements à grandes et à petites échelles des saumons juvéniles. À notre connaissance, il s’agissait de la première étude de ce genre à être effectuée et il nous a été possible d’observer des mouvements qui étaient jusqu’alors insoupçonnés. Les saumons juvéniles sont généralement considérés comme peu mobiles durant la période estivale. L’utilisation 32 Saumons illimités

des stations fixes nous a permis de constater qu’il en était tout autrement. Alors que certains individus avaient un domaine vital restreint, les autres en revanche ne se limitaient pas à utiliser une aire spécifique. En effet, plusieurs poissons ont effectué des mouvements sur l’ensemble de la superficie couverte par la station à antennes multiples (Fig. 4). Les stations fixes à antennes transversales ont pour leur part permis d’observer des longs déplacements n’ayant jamais été décrits auparavant dans la littérature. En effet, des juvéniles venus de la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est effectuaient des incursions journalières dans le ruisseau Xavier durant la période estivale. Ces poissons circulaient durant le jour dans le ruisseau pour retourner à la rivière avant la tombée de la nuit. Autre fait très intéressant, les poissons se déplaçaient en groupe de nombre variable et comportant aussi bien des ombles de fontaine que des saumons juvéniles. Les poissons qui ont effectué ces incursions ont parcouru des distances considérables durant l’été, soit jusqu’à 48 km pour l’individu


FIGURE 3. DISPOSITION DES 242 ANTENNES DE LA STATION FIXE À ANTENNES MULTIPLES SUR LE RUISSEAU XAVIER. LES DIFFÉRENTS SYMBOLES (RONDS, LIGNES ET CROIX) REPRÉSENTENT LES ANTENNES. LE RECTANGLE EN POINTILLÉ REPRÉSENTE LE MODULE DE CONTRÔLE ET D’ACQUISITION DE DONNÉES. LA FLÈCHE INDIQUE LA DIRECTION DU COURANT.

FIGURE 4. POSITIONS (POINTS ROUGES) DE QUATRE POISSONS MARQUÉS (ID #1040, 1043, 1053 ET 1065) DÉTECTÉS EN 2007 AVEC LA STATION FIXE À ANTENNES MULTIPLES. ON PEUT VOIR QUE L’UTILISATION DE L’ESPACE VARIE CONSIDÉRABLEMENT D’UN INDIVIDU À L’AUTRE.

ayant fait le plus grand nombre d’incursions. Ce comportement plutôt insolite a soulevé beaucoup de questions depuis son observation et il devra être étudié davantage avant que l’on soit capable d’élucider sa raison d’être. Que de belles trouvailles qui nous prouvent que les juvéniles du roi des poissons se déplacent plus que l’on ne pense !

Pour en savoir plus

L’avenir prometteur de la technologie PIT-tag

Bergeron N. & Bérubé F. (2003). Jusqu’à la mer. Documentaire. 22 minutes. Les films de l’argent de poche.

Nous sommes encore loin de tout connaître sur la vie de Salmo. À cet égard, la technologie PIT-tag ouvre la porte vers une meilleure compréhension des déplacements et du comportement des espèces de poissons peuplant nos cours d’eau. Avec les populations qui diminuent sans cesse, les modifications apportées aux habitats et les changements climatiques qui pointent à l’horizon, il devient impératif de mieux connaître pour mieux protéger. Des antennes PITtag ont d’ores et déjà été mises à profit dans des études sur les obstacles aux déplacements des poissons. En effet, la construction de routes, de barrages hydroélectriques et autres structures le long des cours d’eau entraînent souvent des modifications majeures de l’habitat des poissons. Sans une connaissance approfondie de la dynamique de leurs mouvements, comment peut-on prédire les effets à long terme de ces perturbations du milieu ? Gageons que la technologie PIT-tag sera d’une grande utilité ! Ces travaux font partie du programme de recherche du Centre Interuniversitaire de Recherche sur le Saumon Atlantique (CIRSA). Ils ont été financés par des subventions du réseau GEOIDE accordées à Normand Bergeron (projet Geosalar).

Armstrong J. D., Braithwaite V. A. & Rycroft P. (1996). A flatbed passive integrated transponder antenna array for monitoring behaviour of Atlantic salmon parr and other fish. Journal of Fish Biology 48, 539-541. doi : 10.1111/j.1095-8649.1996.tb01446.x Beaudin B. & Côté Y. (2008). Le saumon, 400 ans d’histoire et de passion au Québec. Rédigé par un collectif d’auteurs, Saumons illimité (FQSA), 232 p.

Centre de Recherche Interuniversitaire sur le Saumon Atlantique (CIRSA) : http://www.bio.ulaval.ca/cirsa/ Greenberg L. A. & Giller P. S. (2000). The potential of flat-bed passive integrated transponder antennae for studying habitat use by stream fishes. Ecology of Freshwater Fish 9, 74-80. Gibbons J. W. & Andrews K. M. (2004). PIT tagging: simple technology at its best. BioScience 54, 447-454. Johnston P., Bérubé F. & Bergeron N. E. (2009). Development of a flat-bed passive integrated transponder antenna grid for continuous monitoring of fish in natural streams. Journal of Fish Biology 74, 1651-1661. McCormick S. D., Hansen L. P., Quinn T. P., & Saunders R. L. (1998) Movement, migration, and smolting of Atlantic salmon (Salmo salar). Canadian Journal of Fisheries and Aquatic. Sciences 55 (Suppl.1), 77-92. Prentice E. F., Flagg T. A., McCutcheon C. S., Brastow D. F. & Cross D. C. (1990). Equipment, methods, and an automated data-entry station for PIT tagging. American Fisheries Society Symposium 7, 335-340. Teixeira A. & Cortes R. M. V. (2007). PIT telemetry as a method to study the habitat requirements of fish populations: application to native and stocked trout movements. Hydrobiologia 582, 171-185. doi : 10.1007/s10750-006-0551-z Zydlewski G. B., Haro A., Whalen K. G. & McCormick S. D. (2001). Performance of stationary and portable passive transponder detection systems for monitoring of fish movements. Journal of Fish Biology 58, 1471-1475. doi : 10.1006/jfbi.2000.1540

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Page d’histoire

LA RIVIÈRE JACQUES-CARTIER AU PRINTEMPS, JUSTE EN AMONT DE L’ACTUEL PONT DÉRY.

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Le site de pêche Déry : plus qu’une histoire de pêche! Par Karine St-Arnaud, directrice adjointe de la Corporation des lieux historiques de Pont-Rouge. Photos : Marc-Antoine Jean

S

itué à Pont-Rouge, à moins de 30 minutes de Québec, le site de pêche Déry est un lieu riche en histoires de toutes sortes. Ce centre d’interprétation, classé site historique en 1984, met aujourd’hui en valeur l’histoire de la pêche sportive au Québec par le biais d’une exposition thématique qui raconte différents épisodes de la vie de ses habitants et de quelques visiteurs marquants. L’un d’entre eux, Frederick Tolfrey, jeune aristocrate britannique, en écrira même un livre : The Sportsman in Canada. Ce livre relatant les histoires de pêche vécues au Canada sera traduit en 1979 par PaulLouis Martin. Ce site d’une beauté exceptionnelle est situé aux abords de la rivière Jacques-Cartier. Vers le dernier quart du 18e siècle, le tracé initial du Chemin du Roy a été prolongé à l’intérieur des terres afin de permettre aux voyageurs de traverser la rivière. L’emplacement connu aujourd’hui sous le nom de « site de pêche Déry » se situe là où les rives de la rivière Jacques-Cartier sont les plus rapprochées. Cela a favorisé

la construction de ponts à cet endroit : de 1782 à 1800, une dizaine de ponts bâtis par les villageois vont se succéder. Le gouvernement prendra en charge la construction d’un pont plus solide en 1800, mais ce dernier s’écroulera lui aussi, et on confiera alors le mandat de construction au privé contre 30 ans de revenus de péage. Avec la construction de ce pont payant en 1804 (l’un des premiers au Québec), une maison sera érigée et servira d’abord à loger les péagers, avant de devenir un lieu d’hébergement pittoresque pour les pêcheurs sportifs en quête d’émotions fortes. Le premier péager, François Pommereau, sera en poste de 1804 à 1816, avant de laisser sa place à quatre générations de Déry  : Joseph, Louis, Édouard (Edwin) et Edmond, qui se succèderont jusqu’à la fin des années 1930. Il faut dire que la Maison Déry, avec la Maison Trépanier située de l’autre côté de la rivière Jacques-Cartier, est un lieu de séjour fort apprécié des pêcheurs au 19e siècle; c’est qu’en plus d’être péagers, les Déry cumulaient les

fonctions de guides et de gardiens de pêche. La nature même de cette rivière crée les conditions parfaites pour la pêche au saumon. La forte puissance du courant rend la remontée du saumon périlleuse, et les quelques fosses où l’eau calme permet au saumon de se reposer avant de poursuivre son pèlerinage vers les frayères deviennent des lieux de prédilection pour les pêcheurs. «  Ce fut une vision nouvelle pour moi, et certes comme je n’en aurai plus jamais. Ils étaient là, pêle-mêle, centaines par-dessus centaines, dans ce bassin profond. Mais hélas, pour tout pêcheur au saumon qui visitait l’endroit, le roi des eaux se tenait hors de portée de toute perche, ligne, filet, piège, harpon ou attirail quelconque. La vue de tant de saumons rassemblés dans le même coin était extrêmement intéressante, bien que frustrante, et valait la peine, à elle seule, de traverser l’océan. » Le site de pêche Déry est devenu célèbre au troisième quart du 18e siècle grâce à l’abondance de poissons (en particulier le saumon) remontant ce

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Photo © Musée McCord

UN ESCALIER UTILISÉ JADIS PAR LES DÉRY POUR SE RENDRE AUX ABORDS DE LA RIVIÈRE.

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segment étroit de la rivière JacquesCartier. Bien avant la colonisation, ce territoire était occupé par les Amérindiens qui pratiquaient la pêche au saumon pour assurer leur subsistance. Pendant plus d’un siècle, plusieurs personnes essayeront de s’attribuer le droit de pêche du site Déry. Réservé d’abord au seigneur de l’endroit, puis vendu aux officiers de la garnison, le site donnant accès aux fosses de la rivière JacquesCartier deviendra un lieu de pêche très convoité. Les activités de pêche sportive sur la rivière Jacques-Cartier ont d’ailleurs donné naissance à un club de pêche privé, le Jacques-Cartier River Fishing Club. Ce club fondé en 1876 était fréquenté en majorité par des anglophones de classe aisée. La pêche au saumon sera dès lors pratiquée avec

plus ou moins de succès, jusqu’à la construction d’un premier barrage sur la rivière en 1913. Le Jacques-Cartier River Fishing Club cessera toutes ces opérations une centaine d’années après sa création. En plus de la pêche sportive, on y a pratiqué la pêche commerciale. Vers 1839, les saumons, dont le poids variait entre 10 et 20 livres (parfois plus), étaient capturés à l’épuisette à même les fosses. Ils étaient gardés vivants dans un bassin près de la maison de péage avant d’être expédiés au marché de Québec. Les techniques de pêche utilisées à cette époque provenaient d’échanges entre les Amérindiens et les arrivants européens, avant de subir plus tard les influences irlandaises et écossaises.


LA MAISON DÉRY

Bien qu’il n’y ait plus de saumon aujourd’hui dans cette section de la rivière, le site de pêche Déry est aujourd’hui un centre d’interprétation ouvert au public durant la saison estivale. Le site

extérieur est accessible à l’année. Il est possible de venir admirer les gorges de la rivière Jacques-Cartier et les quelques fosses à saumon qui ont fait la joie des pêcheurs d’antan. Un sentier longeant la

rivière nous fait d’ailleurs découvrir la beauté des lieux. Ce site, partie importante de l’histoire du Québec, n’aurait pu continuer d’exister sans la volonté d’un groupe de citoyens formé à l’initiative du docteur Raymond Turgeon. Aujourd’hui nommé Corporation des lieux historiques de Pont-Rouge, cet organisme sans but lucratif poursuit les actions entreprises par le docteur Turgeon. Ces bénévoles travaillent à la sauvegarde et à la promotion du patrimoine de la ville de Pont-Rouge depuis plus de trente-cinq ans. Pour plus de renseignements concernant le site et les activités offertes tout au long de la saison, vous pouvez visiter le www.moulinmarcoux.com, ou contacteznous au 418 873-1676 (de juin à octobre) ou au 418 873-2027 (hors saison).

Le saut du saumon, pont Déry, rivière Jacques-Cartier 1863 Huile sur toile 33.9 cm x 47.1 cm Musée McCord, Montréal

Le site de pêche Déry et la rivière Jacques-Cartier

James Pattison Cockburn, plusieurs peintres qui

ont été un lieu d’inspiration pour plusieurs

suivirent n’y allèrent que pour se baigner des

générations d’artistes. Qu’ils soient résidents,

charmes bucoliques. Certains artistes d’outre-mer

ou simplement de passage, ils nous permettent

se permirent même des représentations imaginaires

aujourd’hui de contempler ce site, qui semble avoir

basées sur les récits des voyageurs. L’image la plus

peu changé au fil du temps, à travers différentes

connue du site est sans contredit celle proposée par

périodes de notre histoire.

Cornelius Krieghoff en 1863.

Si les premiers peintres à s’y intéresser étaient des

Aujourd’hui encore, des artistes, tant amateurs

officiers britanniques basés non loin et adeptes

qu’experts, s’y rassemblent afin d’en saisir l’essence

de la pêche du saumon tels Thomas Davies et

des beautés naturelles que l’on y retrouve.

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Hommage

Mon ami WILFRED À L’ANCIEN SITE DE RÉTENTION DES SAUMONS ADULTES DE LA PISCICULTURE DE GASPÉ, LOCALISÉ PRÈS DU VIEUX PONT LÉVIS

Gracieuseté de Steve Whiting

Wilfred

Par Jean-Paul Duguay, Gaspé

Wilfred

est né à Gaspé d’une famille établie ici depuis 1836. Son père, un homme d’affaire important, fut maire en 1929 et 1930 (d’ailleurs, la côte Carter à Gaspé porte son nom). Il a été un proche collaborateur de Mgr F.X. Ross, évêque de Gaspé, lors des préparations des fêtes du 400e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier à Gaspé en 1934. L’évêque catholique n’avait d’ailleurs que des éloges à l’endroit de son collaborateur protestant, quand on connaît les difficultés de rapport que l’appartenance religieuse occasionnait à cette époque. Inspiré par son père, Wilfred a suivi ses traces en ce qui a trait à son implication dans la communauté. Après le retour de la guerre (il s’était enrôlé à 16 ans en se faisant passer pour 18) et une blessure subie en France, il poursuivit ses études. Son bacc en biologie en poche, il revint s’établir à Gaspé. Il fut échevin de la ville de Gaspé pendant plusieurs années, commissaire et président de la commission scolaire anglophone, directeur de la chambre de commerce, président de la ligue canadienne, et j’en passe. En 1968, le ministre de l’éducation le nomma parmi les cinq premiers administrateurs du Cégep de la Gaspésie et des Îles alors que j’en fus nommé le premier président. Nous avons travaillé ensemble pendant plusieurs mois pour mettre sur pied ce nouvel établissement scolaire. Un soir, à la suite d’une réu-

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nion, il me fit part de l’offre qu’on lui avait faite de diriger une organisation internationale vouée à la défense du saumon atlantique. Il était déchiré à l’idée de prendre une telle décision ; d’une part, quitter Gaspé qu’il aimait, ses amis, ses parents et le travail de biologiste qui le passionnait et d’autre part, accepter un poste d’administrateur, et travailler sur une base élargie à la préservation du saumon. Il a bien tenté d’établir le siège social de l’organisation à Gaspé mais les promoteurs le voulaient plus près des États-Unis et avec de meilleurs moyens de communication. Bien que nous nous revoyions à l’occasion de ses brefs passages ici, nous avons de nouveau travaillé ensemble de 1992 à 1995 alors que nous étions tous les deux commissaires canadiens à l’Organisation pour la conservation du saumon de l’Atlantique nord (OCSAN). Lorsque le gouvernement du Québec décida de ne pas renouveler le bail au York Fishing Club au début des années 80, les actionnaires du club, n’ayant plus d’intérêt à Gaspé, ont cédé leurs actions à Wilfred qui avait depuis longtemps le mandat de surveiller leurs biens à Gaspé. Le club, cependant, détenait des droits exclusifs sur certains secteurs de la rivière dont peut-être la meilleure fosse, le Grande Fourche. Étant alors président de la Société de gestion des rivières de Gaspé, j’avais de sérieuses appréhensions de l’impact sur l’offre de pêche


qu’aurait la cession de cette fosse à des intérêts privés. Il faut dire que ce secteur était loué au gouvernement par Wilfred et géré par la Société. J’en fis part à Wilfred et il m’assura alors que jamais il ne vendrait cette fosse à des intérêts privés. Il voulait que le plus de pêcheurs possible puissent y avoir accès. Et, effectivement, il entreprit des démarches avec le gouvernement et lui vendit ces secteurs de rivière qui font maintenant partie de la ZEC de la rivière York. Je lui ai parlé la dernière fois en janvier dernier, il me disait souffrir de la maladie de Parkinson qui l’empêcherait désormais de pêcher mais qu’il irait quand même s’asseoir sur une galerie au bord de la rivière pour être encore parmi les saumons. Il ignorait alors que quelques semaines plus tard, une leucémie foudroyante allait l’emporter.

Je ne pourrais terminer sans une anecdote amusante qu’il me raconta et qui est d’ailleurs publiée dans son livre « Salar, the Ficherman’s Canary » et faisait en quelque sorte un parallèle entre la qualité de l’air dans les mines de charbon et la qualité de l’environnement que représente la présence de saumon dans les rivières. À l’âge de 12 ans, avec un équipement artisanal, il prit son premier saumon sur la rivière Dartmouth, où son père avait un chalet d’été. Il pêchait alors dans une fosse sous bail et le locataire de la rivière le prit en flagrant délit et le sermonna vertement. En somme, un braconnage léger ou était-ce déjà un signe de revendication de l’accessibilité de nos rivières.

Au revoir

mon ami.

Souvenir d’un été à Gaspé ou un hommage à Wilfred M. Carter

L

Par Yvon Côté

e 3 mai 1966, sur le coup du midi, j’arrive par train à Gaspé, venant de Montréal, un voyage qui avait duré 16 heures. Étudiant, candidat à la troisième année de baccalauréat à l’université de Montréal, le Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche m’avait offert un poste d’aide-biologiste au Centre piscicole de Gaspé. A la descente du train un employé du ministère m’accueille et m’accompagne au restaurant. J’appris qu’il s’appelait Melville Mullin et nous cassons la croûte ensemble. Bien des années plus tard, Melville, un technicien de la faune, deviendra le compagnon de travail avec lequel j’ai partagé plusieurs années de service à ce même ministère. Melville s’enquiert de mon voyage et m’explique un peu le genre de travail que j’aurai à faire au cours de l’été. Il m’indique que mon patron, M. Wilfred Carter me recevra à son bureau vers les 13 heures 30. Jusqu’ici tout se passe en anglais. Il faut dire qu’à l’époque la population de la ville de Gaspé se partageait, disons moitié-moitié entre québécois francophones et anglophones. Rien de bien surprenant pour moi, Montréalais qui avais l’habitude de la présence de la communauté anglophone et de la langue anglaise. Je me disais que j’allais donc passer un été à m’exprimer dans la langue de Shakespeare. Après le dîner j’arrive à la pisciculture où se trouve le bureau du Service de la faune du MTCP pour le district de la Gaspésie, selon l’expression de l’époque. Melville m’introduit à M. Carter qui à ma grande surprise, me souhaite la bienvenue dans un excellent français, presque sans accent anglais et même avec

une petite pointe d’accent européen, me dis-je. J’en fus impressionné au premier instant. Il m’explique le travail que j’aurai à faire au cours de l’été, sous la supervision du biologiste Bertrand Tétreault tout frais gradué de l’Université de Sherbrooke. Les ensemencements de saumoneaux, l’inventaire de lacs sans poisson de la péninsule nord de la Gaspésie, l’inventaire terrain de ce Saumons illimités 39


qui deviendra la réserve de Baillargeon puis éventuellement la Zec Baillargeon et, pour finir l’été, l’opération d’une barrière de comptage du saumon et de capture de reproducteurs de truite de mer à Murray Brook, dans le secteur amont de la rivière St-Jean, quelques kilomètres plus haut que Indian pool. Quel programme pour un étudiant biologiste ! Puis il me suggère d’habiter chez une famille anglophone de Wakeham, qui accueille souvent des étudiants et des personnes qui cherchent un abri de façon saisonnière. M. Carter m’y conduit et me présente à la maîtresse de maison. J’y découvrirai des gens menant une vie très modeste mais dont le courage et les valeurs morales leur permettaient d’affronter un grand nombre d’épreuves qui les avaient frappées. Quatre générations vivaient dans cette maison et tous les membres adultes de la famille devaient trimer dur quotidiennement pour gagner leur vie, à une époque où les programmes sociaux n’existaient que de façon minimale. J’allais découvrir aussi que vivait à Wakeham une communauté anglophone composée de familles modestes en tout point comparables aux familles de l’est de Montréal, d’où je provenais. Quel étonnement pour moi, jeune Montréalais des années 1960, pour qui, jusque là, les anglophones signifiaient la communauté vivant à l’ouest du boulevard Saint-Laurent à Montréal et, par définition, composée de gens fortunés ! Voilà donc deux grandes fenêtres sur le monde que m’a ouvertes Wilfred Carter : celle de la biologie et du saumon et celle de la Gaspésie et des gaspésiens francophones et anglophones. Je serai toujours reconnaissant à cet homme cultivé, qui m’avait donné accès à sa bibliothèque personnelle et à celle du Service de la faune. J’y ai passé des heures cet été là. J’y ai appris beaucoup sur les poissons, sur le saumon et beaucoup, aussi, sur l’homme qui a été mon premier patron. La fin de l’été venue, de retour à l’Université de Montréal, j’ai complété mes études de baccalauréat, puis obtins un diplôme de maîtrise en biologie à l’Université McGill tout en gardant l’espoir qu’un jour que je puisse reprendre contact avec ce fameux « saumon » et toute cette Gaspésie que Wilfred Carter m’avait donné l’occasion de découvrir. J’appliquai, au printemps 1971 à un poste de biologiste affecté au dossier saumon au MTCP. On m’offrit quelques mois plus tard l’emploi en bonne partie parce que j’avais été aide-biologiste à Gaspé six ans plus tôt. Je retrouvai Bertrand Tétreault qui m’annonce que malheureusement Wilfred Carter avait quitté le Ministère deux ans depuis pour aller diriger la Fondation internationale pour le saumon atlantique dont le siège social était alors à SaintAndrews, Nouveau-Brunswick. J’eus néanmoins la chance, en début de carrière, d’avoir accès à une grande partie de la documentation amassée par Wilfred Carter au cours de ses quelque 15 ans au service de 40 Saumons illimités

la fonction publique québécoise. Il y avait bien trois classeurs entiers dans lesquels Wilfred avait rangé tous les documents qu’il avait trouvé sur le saumon, certains remontant aux années 1920 ! Bien sûr il y avait aussi toute la correspondance qu’il avait lui-même entretenue comme fonctionnaire avec un très grand nombre de personnes et de nombreux rapports de mission à l’étranger, rapports d’expertise, rapports de recherche. J’eus donc l’occasion de passer à travers cette documentation et d’apprendre énormément sur l’homme et son œuvre au Québec. Comme biologiste-chercheur Wilfred était doté d’une grande curiosité d’esprit et d’une créativité étonnante. Ainsi, dès le milieu des années 1960 il avait expérimenté le reconditionnement des saumons noirs à partir d’installations dans le ruisseau de la pisciculture de Gaspé ; il a importé au Québec la technologie de l’élevage des saumoneaux apprise lors d’un séjour d’études en Suède; il a tenté l’élevage des tacons dans des bassins d’eau salée à partir d’installations maritimes à Pointe-StPierre au sud de Gaspé; il a aussi expérimenté l’effet de libérer des pré-saumoneaux dans le lac Vert, à Gaspé, donnant accès à la rivière St-Jean. Il avait même développé un type d’étiquette pour marquer les saumoneaux, dont il était tellement fier au début. Cependant il m’a avoué plus tard que ce n’était pas sa meilleure trouvaille, montrant ainsi qu’il était capable de prendre des distances par rapport à lui-même. Toutefois c’est comme biologiste-aménagiste qu’il a le plus laissé une marque encore visible de nos jours sur plusieurs rivières du Québec. On lui doit la mise en place des fosses artificielles sur la rivière St-Jean (Gaspé), les installations de piégeage-transport de saumon à Mitis, la passe migratoire de la rivière Madeleine, les deux passes migratoires de la rivière PetitSaguenay (l’une d’elle n’existe plus aujourd’hui), les deux passes migratoire de la rivière les Escoumins (l’une d’elle aujourd’hui modifiée), le système de piégeage de la rivière aux Rochers, la passe migratoire de la rivière Katchapahun sur la rivière Moisie, la passe migratoire de la rivière Nipissis (non fonctionnelle aujourd’hui). Il a procédé à la rénovation complète de la pisciculture de Gaspé pour l’adapter à la production de saumoneaux alors que ce centre piscicole n’avait produit jusqu’alors que des alevins. Il a enfin été l’initiateur de la Station de recherche de Matamek, qui a été en opération de 1967 à 1985. Il y a peu de biologistes au Québec qui peuvent affirmer avoir contribué autant à l’avancement de leur dossier que Wilfred Carter ne l’a fait en son temps. Il est vrai que Wilfred a eu la chance d’œuvrer à l’époque de la révolution tranquille alors que le Québec s’éveillait au modernisme et que tout était possible. Aussi, et cela est très significatif, l’un des premiers biologistes au Québec, Wilfred a compris que l’application de la biologie comme discipline d’intervention sur le milieu environnant passe


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par le travail conjoint avec les ingénieurs. C’est en effet avec Rénald Nadeau, ingénieur hydraulicien à l’emploi du MTCP qu’il a réalisé les nombreux ouvrages mentionnés précédemment. Dès la fin de 1968, Wilfred commençait à se sentir à l’étroit à l’intérieur des cadres gouvernementaux. Il quitta alors son poste au MTCP. Il avait envisagé de faire carrière dans le secteur privé. Avec son collègue Rénald Nadeau, il avait fondé l’une des toutes premières firmes d’ingénieurs-biologistes conseil au Québec, la société CARDEAU. Malheureusement le décès prématuré de Rénald Nadeau obligera Wilfred à orienter sa vie autrement. Wilfred disposait d’une autre corde à son arc. En 1967 il avait reçu le mandat du ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche de préparer un rapport exhaustif sur la gestion de saumon au Québec. Son rapport, produit en février 1968, comportait une révision complète des organismes de gestion reliés au saumon au Québec, des objectifs de gestion et proposait bon nombre de recommandations dont la réunion dans un seul ministère du gouvernement du Québec de toutes les responsabilités liées à la gestion du saumon et la Création d’un conseil du saumon pour chapeauter et coordonner les actions reliées au saumon. Le rapport Carter a amené plusieurs modifications à la gestion du saumon au Québec mais surtout une nouvelle vision : le saumon est une espèce à caractère international. Le rapport Carter faisait grand état du fait que le saumon ne connaissait ni les frontières géographiques dans son milieu de vie, ni les frontières administratives des organismes gouvernementaux. C’est sans doute à l’occasion de la rédaction de son Plan directeur sur le saumon qu’il en vint à la conclusion que les organismes du milieu devaient s’impliquer beaucoup plus largement dans la solution des problèmes liés à la ressource saumon. Avec d’autres de ses amis, dont Lucien G. Rolland, il en était venu à la conclusion qu’il fallait créer une Fondation internationale du saumon qui aurait pour objectif de favoriser l’avancement de la connaissance scientifique sur le saumon et de financer toute initiative qui permettrait d’en améliorer la conservation à l’échelle canadienne, voire internationale. Le décès prématuré de son ami Rénald Nadeau rendait plus difficile la poursuite de sa toute jeune carrière dans le secteur privé mais l’incitait pour ainsi dire à assumer la direction de cette nouvelle fondation qui s’implanta alors à St-Andrews. À l’époque cette localité hébergeait la Station marine de l’Office canadien de recherche sur les pêches. Le secteur des poissons anadromes était dirigé par Paul F. Elson, éminent scientifique des années 1960 et 1970. Wilfred savait s’entourer des meilleurs scientifiques pour orienter les destinées de la nouvelle Fondation.

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Puis la Fondation internationale fusionna avec l’Association pour le saumon atlantique pour devenir, en 1982, la Fédération du saumon atlantique afin de réunir tous les organismes des provinces canadiennes et des états de la Nouvelle-Angleterre intéressés au saumon sous une seule bannière tout en conservant la mission scientifique de l’ancienne fondation. J’eus l’occasion de rencontrer Wilfred lors des différents colloques internationaux organisés par la Fondation internationale du saumon atlantique puis ceux de la Fédération du saumon atlantique. Chaque fois, c’était un plaisir renouvelé que de parler du bon vieux temps, de la Gaspésie. Je me souviens d’une soirée à Reykjavik, en 1983, lors de la signature de l’entente internationale sur le saumon atlantique qui conduisit à la création de l’Organisation pour le saumon de l’Atlantique nord (OCSAN). Nous avons trinqué à la santé de cette nouvelle organisation. C’était en grande partie son œuvre et il en était fier, non sans raison. Plus tard, au début des années 2000, on s’est revu au Conseil d’administration de la Fédération du saumon atlantique où, à titre de nouveau président de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, j’avais été appelé à siéger. Il a pris la peine de m’introduire à ce conseil et de rappeler les liens d’amitié de longue date qui nous unissaient, me facilitant ainsi l’entrée dans ce groupe prestigieux. Il y a quelques mois j’ai fait parvenir à Wilfred une copie du livre publié par la FQSA : Le saumon, 400 ans d’histoire et de passion au Québec. Une section du livre est consacrée au rôle qu’il a joué au Québec et dans le monde. J’en profitai pour le remercier de sa contribution à la conservation du saumon. Il a lu le bouquin, l’a apprécié et a été très touché de ce témoignage. Il me répondit, bien humblement, qu’il avait été heureux de pouvoir contribuer à débloquer des situations nuisibles à la conservation du saumon. Le monde du saumon, et moi tout particulièrement, devons beaucoup à Wilfred M. Carter. Je le revois à Gaspé, en souvenir, avec son carnet de notes, de type sténographique, qu’il utilisait lors de ses inventaires de rivières, tenant à la main un stylo bille pointe rouge. Il avait une belle main d’écriture, parfaitement lisible et prenait le plus grand plaisir à consigner ses observations sur les zones de fraye, sur les fosses, sur les habitats à tacon.

Wilfred, je te souhaite belle descente en canot sur la Grande Rivière du Saumon.


Babillard La fête de la pêche se tiendra le 13 et le 14 juin prochain. Il y aura pêche gratuite et sans permis pour ces deux journées. Sur la rivière Malbaie plusieurs activités de prévues pour les enfants : Jeux gonflables, dîners populaires, maquillage pour enfants, théâtre de marionnettes, prix de présence. L’activité Pêche en herbe aura lieu au cours de la fin de semaine. Il y aura également le 13 et le 22 juillet, nos journées thématiques de  la pêche au saumon pour la relève, la femme et l’homme. Ces journées sont gratuites, équipement et permis de pêche fournis. Pour plus d’informations : 418 439-0672 ou saumon-rivieremalbaie@hotmail.com

Les 5-6-7 juin 2009 et les 28-29-30 août 2009 L’Association des pêcheurs sportifs de la Bonaventure inc. tiendra la 8e édition de son cours de pêche à la mouche (2 sessions). Sous la supervision de Claude Bernard, ce cours s’adresse à toutes et à tous, avec ou sans expérience, désirant apprendre les techniques de pêche à la mouche, s’améliorer ou en connaître davantage sur ce merveilleux sport.

La Fédération canadienne de la faune (FCF) est l’un des plus importants organismes de conservation des espèces sauvages au Canada.  Chaque année, dans le cadre de notre programme des Prix d’excellence en conservation, nous rendons hommage aux Canadiens et aux organismes qui ont contribué de façon exceptionnelle à la conservation des ressources naturelles.    Le 30 avril dernier, monsieur Charles Langlois de SeptÎles a reçu le plus haut prix remis pour la conservation par la Fédération du saumon atlantique (FSA). Monsieur Langlois est président de la pourvoirie MoisieNipissis, un des premiers camps reconnu par la FSA pour ses efforts de conservation envers le saumon atlantique. Monsieur Langlois a de plus, en tant que membre du Parlement canadien de 1988 à 1993, été impliqué dans le rachat des droits de pêche commerciaux sur la Côte-Nord, pêche qui a été fermée en 2000.

Pour plus d’informations : 418 534-1818 ou apsb@globetrotter.net

Ne manquez pas le Tournoi de pêche en pourvoiries qui se déroulera du 24  avril au 30  septembre  2009 dans les 350 pourvoiries participantes membres de la FPQ. Plusieurs prix à gagner. Pour plus d’infos: www.letournoidepeche.com.

L’Association de la Rivière Sainte-Marguerite tiendra son souper bénéfice le 12 septembre à la Ferme 5 étoiles de Sacré-Cœur. Billet à $ 70. C’est un rendez-vous !

CHARLES LANGLOIS, AU CENTRE, RECEVANT SON PRIX DU SÉNATEUR MICHAEL MEIGHAN (À DROITE)

ERRATUM - Livre Le saumon, 400 ans d’histoire et de passion au Québec À la page 183 la mouche Pittoresque Matapédia a été attribuée à monsieur Daniel Dufour, alors que le véritable monteur est monsieur Daniel Godbout.

Monsieur Mario Viboux, de la maison des jeunes Point de Mire de Verdun, a été choisi à titre de récipiendaire du Prix Roderick Haig Brown de la Fédération canadienne de la faune pour 2009. Le prix Roderick Haig Brown est décerné à une personne qui a apporté une contribution exceptionnelle à la cause de la pêche sportive ou de la conservation, du développement et de la pratique judicieuse de la pêche récréative au Canada.

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Cuisinons

Feuilleté de saumon fumé...

un chic sans précédent Par Gilles Shooner

Voici une façon originale de présenter une entrée de saumon fumé qui sort des sentiers battus, loin de la traditionnelle assiette où alternent, badigeonnées d’huile d’olive, les tranches de saumon et les fines rouelles d’oignon que l’on accompagne de câpres et que l’on assaisonne d’une giclée de citron et d’une pincée de poivre du moulin ! Ici, sur un lit de crème sûre au raifort, additionnée d’un heureux mélange de poivre, d’aneth, de ciboulette et d’échalotes françaises, le saumon fumé finement émincé repose sur trois couches de pavés croustillants parsemés de chapelure et graines de sésame. Ce prélude tout en saveur ouvrira les agapes d’un souper dont la promesse gastronomique qui ne peut que s’avérée sans faille. Pour votre plaisir ….

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Les carrés feuilletés Pour 4 convives, calculer 4 feuilles de pâte phyllo (16¨x12¨) qui, disposées l’une sur l’autre et divisées en carrés de 4 pouces, donneront les 12 feuilletés nécessaires pour préparer cette superbe entrée; — 1/4 tasse de beurre non salé — 1/2 tasse de chapelure — Poivre du moulin — 100g de graines de sésame Laisser bien dégeler le paquet de pâte avant usage. Dérouler avec précaution et étaler complètement sur une planche à découper (ou toute autre surface plate adéquate). Important : respecter scrupuleusement les instructions du fabricant… après le prélèvement de chacune des feuilles, recouvrir ce qu’il reste du paquet d’un linge humide. Pour constituer les carrés feuilletés, procéder comme suit : a) Étaler une feuille de pâte sur une planche à découper. Badigeonner de beurre fondu additionné d’une cuiller à soupe d’eau. Parsemer de chapelure et poivrer rapidement. b) Ajouter une seconde feuille de pâte et recommencer la séquence  : beurre, chapelure et poivre. En maintenant la même procédure, ajouter deux autres feuilles de pâte phyllo. c) Parsemer la dernière couche de graines de sésame. d) Diviser la surface en douze carrés de 4 pouces et tailler avec un petit couteau bien affûté. e) Disposer les carrés sur une plaque allant au four recouverte de papier sulfurisé. f) Mettre au four, préchauffé à 400 oF, et cuire pour obtenir une surface dorée et croustillante. Surveiller bien car c’est une opération assez rapide (surtout si on utilise un four à convection). g) Retirer du four. Récupérer les feuilletés à l’aide d’une spatule et disposer les délicatement sur une grille pour les laisser refroidir.

Crème au raifort — 1 tasse de crème sure — 2 c. à table d’échalotes françaises émincées — 2 c. à table d’aneth frais finement émincé — 2 c. à table e ciboulette fraîche — 1 ½ c. à table de crème de raifort — Sel/poivre. Mélanger et conserver au frigo Pour un meilleur goût, préparer le mélange au moins une journée à l’avance.

Montage Chaque appareil est constitué d’un étagement de trois carrés feuilletés entre lesquels, sur un généreux lit de crème au raifort, on dépose de fines tranches de saumon fumé à froid. Placer le montage au centre de grandes assiettes. Quelques brindilles d’aneth frais et une tige de ciboulette, disposées sur la crème de l’étage supérieur donneront un air guilleret à la présentation. En accompagnement, un Riesling plein de fraicheur, avivera d’avantage une invite déjà difficile à contenir juste à la vue du chef d’œuvre.

La fabrication des carrés feuilletés, sans être compliquée, requiert environ une heure de travail. Ils se conservent bien, au sec, dans un contenant hermétique. Si nécessaire, les repasser rapidement au four, avant de les monter, pour qu’ils soient vraiment croustillants.

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Le scotch,

vous connaissez ? Par Bernard Beaudin

B

ien que je pêche le saumon depuis plus de trente ans, je me considère encore comme un amateur expérimenté. Les meilleurs pêcheurs demeurent pour moi les guides, les vrais, ceux qui connaissent leurs rivières comme le fonds de leur poche. Pour le scotch, là, je suis vraiment un simple amateur, loin de l’expert. De nature passionnée, je vais cependant partager avec vous quelques découvertes. Je vous promets que mes commentaires sur le sujet ne seront donc pas alambiqués et que vous ressortirez de votre lecture riches de références pour en connaître beaucoup plus. Le peuple écossais a eu le génie de créer à partir d’une simple eau-de-vie de céréales, un spiritueux qui est, sans l’ombre d’un doute, le plus diversifié au monde tant sur le plan des arômes, que du goût ou de la puissance. Depuis longtemps, le scotch fait partie de mon équipement essentiel de pêche au saumon. Un petit flasque dans mon sac à pêche ou dans ma veste me permet de fêter le saumon et d’entretenir l’amitié au bord d’une fosse.

Les blends Les blends, mes premiers scotchs, étaient sans âge désigné et provenaient de l’assemblage de whiskies de malt et de grain, qui sont généralement légers. Vous en connaissez sûrement plusieurs marques comme Ballentine, Johnnie Walker, J. & B. scotch, The Famous Grousse scotch et d’autres plus raffinés qui portent un âge tel que Chivas, 12 ans et Johnnie Walker Black Label, 12 ans. Les blends peuvent être assemblés à partir de cinquante single malts différents. C’est tout un orchestre à déguster et non un simple soliste. Les maîtres assembleurs ont chacun leurs recettes bien secrètes. La qualité gustative de ces

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assemblages est très appréciée et plaît à leurs fidèles adeptes qui les reconnaissent à travers tous les autres.

Les single malts Depuis plusieurs années, mon goût a migré vers le scotch single malt. Je préfère maintenant le «soliste» plutôt que «l’orchestre». Le single malt provient d’une seule distillerie et est fait à partir d’orge maltée à 100 %. Le blend est composé de 20% à 50% de whisky de malt, l’autre partie provenant de whisky de grain. Certains auteurs disent qu’il existe un peu plus d’une centaine de single malts mais, dans les faits, si l’on considère les âges de huit, dix, douze, quinze, vingt, vingt et un, vingt-cinq et trente ans, le scotch vieillit en fût de porto, de sherry et autres. On parle plutôt de près de «1000» scotchs single malts différents dont les goûts et les arômes varient beaucoup. J’ai pêché sur près d’une cinquantaine de rivières à saumon au Québec et ailleurs aussi. J’ai ainsi découvert probablement près d’un millier de fosses. Seulement sur la Matane et la Matapédia, j’en ai explorées plus de cent. J’aime découvrir une nouvelle rivière, de nouvelles fosses. C’est la même motivation qui m’a amené au single malt. Pourquoi se contenter de quelques orchestrations de goût quand tant de variétés s’offrent à vous dans le single malt.

L’origine des goûts et des arômes Les scotchs goûtent la terre de leur lieu d’origine. Ils s’imprègnent de la saveur de leurs roches, de leur eau, de leur sol, de leur tourbe, de leur bruyère, de la culture de leur orge et de l’air salin du bord de mer.


L’élaboration du «goût et des arômes» débute par le trempage de l’orge bien mûr dans de l’eau de source. Une fois germée, l’orge est mise à sécher dans un four chauffé avec de la tourbe. La fumée dégagée par la tourbe va transmettre à l’orge un goût unique. L’orge désormais maltée sera ensuite mélangée à de l’eau bouillante puis refroidie pour qu’elle puisse fermenter. Enfin, elle sera distillée dans un alambic. L’eau de source utilisée a la saveur des rochers qu’elle a mis des centaines d’années à traverser. En surface, elle parcourt des terres de tourbière et de bruyère qui viendront ici lui donner ses qualités uniques qui marqueront le whisky. Puis, viennent les alambics (pot still) qui sont différents d’une distillerie à l’autre et procurent donc des distillations très distinctes. Ainsi, chaque région de production se différencie par sa nature, sa géologie, son climat et l’ingéniosité des distilleries.

«

Pleut-il en Écosse ? Les résidents vous diront avec humour qu’il n’a plu que deux fois ce mois-ci : la première fois, trois jours et l’autre fois, dix-neuf jours. L’eau abondante est utile à l’élaboration du scotch et est vitale pour le saumon.

»

L’habileté des distillateurs (still man) se poursuit par l’affineur qui choisit des fûts de chêne typés dans lesquels va vieillir le scotch, car ce n’est pas dans la bouteille que vieillit le single malt, mais dans le fût. Nous sommes loin du vin et de sa bonne vieille bouteille. Une fois embouteillé, notre scotch est fin prêt à boire. Le fût de chêne est choisi de préférence s’il a de l’expérience et un vécu qui marqueront encore davantage la saveur et les arômes. On choisit donc des fûts qui ont servi à l’élaboration du sherry et du bourbon, mais aussi d’autres alcools tels que le clairet, le porto, le xérès et le madère. Le single malt prend alors l’identité de son terroir, de sa distillation particulière et de son affinage en fût de chêne qui va durer généralement de 5 à 30 ans. Je ne vous ai pas révélé les secrets des maîtres distillateurs et affineurs car je ne les connais pas. Maintenant vous connaissez l’origine des goûts et des arômes.

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LES GRANDES RÉGIONS Les Highlands / Le Speyside Le principal cours d’eau des Highlands est la rivière Spey, réputée pour sa pêche au saumon. (Il se capture autant de saumons dans la Spey que dans toutes les rivières à saumon du Québec réunies). À partir de l’eau de cette rivière s’élaborent de très grands whiskies. C’est là que se concentre le plus grand nombre de distilleries d’Écosse. Ces scotchs sont généralement complexes, doux, avec des arômes de fruits et de miel.

Islay Cette île est située au sud de l’Écosse, en face de l’Irlande du Nord. Islay (prononcez aï-lai) produit les scotchs que je préfère, d’un arôme salé, tourbé, puissant, avec des notes d’algues marines.

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Un inconnu a dit : «Quand je bois un whisky, je me sens un autre homme et cet autre homme a besoin d’un autre whisky». Faites tout de même attention, la modération a toujours meilleur goût !

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POUR EN SAVOIR PLUS, IL EXISTE UNE NOMBREUSE LITTÉRATURE SUR LES SCOTCHS ET LES WHISKIES, POUR LA PLUPART, DE BONNES TRADUCTIONS. LES BIBLIOTHÈQUES MUNICIPALES SONT À PRIVILÉGIER ET LES BONNES LIBRAIRIES AURONT LES PLUS RÉCENTES PARUTIONS. POUR LA FABRICATION DES MOUCHES SPEY, UNE ÉDITION AMÉRICAINE DE 2004 VOUS LIVRERA TOUS LES SECRETS. MAIS POUR TOUTES LES PASSIONS TOUCHANT AU SAUMON, UNE EXCELLENTE RÉFÉRENCE : LE SAUMON, 400 ANS D’HISTOIRE ET DE PASSION AU QUÉBEC.

LA « SPEY FLY » LES PÊCHEURS DE LA SPEY ONT INVENTÉ UN STYLE DE MOUCHE PRESQUE AUSSI CONNUE QUE LEUR « SINGLE MALT ». LA PRINCIPALE CARACTÉRISTIQUE DE LA SPEY EST L’UTILISATION DE LONGUES FIBRES DE PLUMES DE HÉRON. CET OISEAU ÉTANT PROTÉGÉ, IL FAUT DONC MAINTENANT UTILISER DES PLUMES DE HOKKI BLEU, UN OISEAU D’ÉLEVAGE. CES DEUX MOUCHES PROVIENNENT DE LA BOUTIQUE L’ATELIER DU MOUCHEUR DE RIMOUSKI. À MONTRÉAL, LA BOUTIQUE SALMO NATURE EN POSSÈDE AUSSI ET PLUSIEURS MONTEURS DU QUÉBEC SONT DE VÉRITABLES MAÎTRES MONTEURS DE LA SPEY.

Les Iles Il s’y produit des whiskies salés et richement tourbés. Ils ont tous un goût et une odeur de fumée. Ils proviennent des îles Skye, Mull, Orcades et Jura.

Lowlands Il s’agit de la région la plus peuplée d’Écosse. On dit de leurs single malts qu’ils sont secs, légers, subtils et puissants. Ces malts sont généralement moins vieillis que les autres.

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Les rivières et les scotchs Le mot glen signifie vallée, ainsi «Glenmorangie» signifie vallée de la tranquilité. Très souvent aussi, le terme glen est associé à une rivière ou un ruisseau tel que «Glen Deveron», «Glendullan», «Glenfiddich», «Glenlivet», «Glenkinchie», «Glenlossie» et «Glen Spey».

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Mais au-delà des grandes régions, les différences entre deux whiskies voisins peuvent être très grandes et on peut retrouver, dans le district du Speyside, certains whiskies qui ont presque la puissance des Islay. Michael Jackson (pas le chanteur !) a écrit un excellent guide de l’amateur de malt whisky. Dans son livre, il réfère à plus de huit cents (800) malt whiskies qu’il a dégustés et qualifiés. Je vous présente les principales épithètes qu’il utilise pour distinguer la couleur, le nez, le corps, la bouche et la finale de ces malts. Vous saisirez mieux l’ampleur des goûts et des arômes que recèle ce spiritueux écossais. Couleur : or pâle, ambre, ambre brillant, ambre orange, ambre rouge, ambre foncé, or brillant, or scintillant, bronze, jaune brillant, très pâle, vin blanc. Nez : citronnelle, citron doux, melon, l’herbe, la graine de lin, floral, tourbé, fine, sherry, boisé, miellé, malté, cuir neuf, gâteau au gingembre, sel de mer, algue marine, herbe fraîche, pistache, cerise, bonbon fondant, orange, chêne, chèvrefeuille, noix de coco grillée. Corps : ferme, moelleux, crémeux, léger, herbacé, plein, légèrement sirupeux, évoque le toffee, ferme, corpulent, huileux, tendre. Bouche : note de sherry, équilibré, moiré, légère touche de banane, noix de coco, sel, eau de mer, délicieuse association de malt, de bruyère, vanille, mûre et pêche, note de tabac et d’algues, touche atténuée d’algues fruitées, note de cire, fumé, sec, évocation de menthe, fruits confits et d’ananas, fruits de citron et de framboise.


Finale toffee et noix, très délicat, balsamique, melon, sherry, un peu de pain grillé, salinité énorme, interminable, vitalité, grosse bouffée de fumée douce, très long et puissant.

est d’abord contrebalancée par les notes salines de sherry. Le caractère huileux et herbacé et, surtout, les notes salines émergent lorsque la bouche se développe. Finale : L’étreinte puissante et formidable de la tourbe. 1

À VOS VERRES ! Le scotch se prend pur ou dilué avec de l’eau (de préférence sans odeur de chlore, non-pétillante et non-minéralisée). À l’apéritif, vous pouvez servir des scotchs plus légers avec un peu d’eau, dans des verres tubulaires translucides. Au digestif, les grands crus se dégustent purs dans des verres tulipes ou des verres à cognac sur pied. Pour le bord de la rivière, un petit gobelet d’acier avec un peu d’eau de la rivière. Je vous présente mes onze scotchs préférés qui se retrouvent dans les Islay, les Iles et les Speyside. Je n’hésite pas à me procurer de nouveaux single malts par esprit de découverte. Je vous suggère d’en faire tout autant ! Bonne dégustation!

LES ISLAY Ardbeg, 10 ans Bowmore, 12 ans Caol Ila, 12 ans Lagavulin, 16 ans : Couleur : Ambre intense; Nez: Sel de mer, tourbe, sécheresse intense, plus de sherry que le 12 ans d’âge; Corps  : Plein, moelleux et ferme; Bouche  : La sécheresse

ILES Scapa, 12 ans Talisker, 10 ans : Couleur : Ambre-rouge brillant; Nez : Acre. Fortes notes de fumée. Arrondi. Corps : Plein, légèrement sirupeux; Bouche : Douceur maltée aux notes de fumée. Il développe une certaine amertume et un grosse vague poivrée. Finale : Très poivré, énorme, long. 1

SPEYSIDE Benriach, 10 et 15 ans Cragganmore, 12 ans Glenlivet, 12 ans Glenmorangie, 10 ans Macallan, 12 et 15 ans  : Couleur  : Ambre. Nez  : Sherry, miel, notes florales. Corps  : Plein, moelleux. Bouche  : Bouffée de groseillier en fleur en attaque. Davantage de tout. Finale : Un peu plus arrondi.1 1

Voir référence bibliographique (Michael Jackson)

Bibliographie

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Beaudin B. et Y. Côté dir., Le Saumon, 400 ans d’histoire et de passion au Québec, Rédigé par un collectif d’auteurs, Saumon illimité (FQSA), Canada, 2008

Le whisky est un médicament Dans les Chroniques d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande de l’écrivain Holinshed, parues en 1578, celui-ci encouragent les anglosaxons dans la voie de l’automédication et leurs prescrit ceci : «…pris modérément, il ralentit l’âge, il fortifie la jeunesse, il aide à la digestion, il coupe le catarrhe, il chasse la mélancolie, il égaie le cœur, il soulage l’esprit, il redonne de l’ardeur, il porte remède à l’hydropisie, il guérit la strangulation, il empêche la tête de tourner, les yeux d’être éblouis, la langue de zézayer, la bouche d’être embrassée, les dents de s’entrechoquer, la gorge de racler, le gosier de suffoquer, l’estomac de s’agiter, le cœur de se soulever, le ventre de se contracter, les intestins de gargouiller, les mains de trembler, les tendons de se raccourcir, les veines de se ratatiner, les os de se ramollir; pour de vrai, c’est une liqueur souveraine, si elle est prise systématiquement».

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Casamayor, Pierre et Colombani, Marie-Josée, Le livre de l’amateur de whisky, Daniel Briand-Robert Lafond, Toulouse, 1984 Darwen, James, Whisky, le guide, Hermé, 1995 Delos, Gilbert, Les whiskies du monde, Hatier, Paris, 1996 Jackson, Mickael, Guide de l’amateur de malt whisky, Solar, Paris, 2000 Lermer, Daniel, Single malt & whisky écossais, Könemann, 1997 Mahé, Patrick, Whisky, La légende, The legend, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine 2004 Skipworth, Mark, Le livre du scotch whisky, CIL, Paris, 1987 Veverka, Bob, Spey Flies, How to tie them, Stackpole Books, Mechanicsburg, Penn. EU, 2004

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Histoire de pêche

Photo : Steve Pelletier

LA MATANE, RIVIÈRE ÉCOLE AUX PORTES DE LA GASPÉSIE

Premier Contact 2 partie e

Par Michel Trudel

D

e retour de l’école de pêche, je n’avais qu’une idée en tête, renouer contact avec le saumon. Je me mis à parcourir les rivières du Québec à la recherche de Salar. Les jours de pêche se succédèrent mais rien n’y faisait. Tous les amis avec lesquels je pêchais prenaient du saumon, mais moi rien, niet, pas même une petite tirette. On aurait dit qu’à chaque fois que je mettais les pieds dans l’eau, les saumons disparaissaient de la rivière. Cela en était décourageant. Je me souviendrai toujours d’une certaine soirée de pêche sur la rivière

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Matane. C’était à la fin du mois d’août et ce soir là, j’avais décidé de finir ma journée de pêche à la fosse la Vieille. Lorsque je suis arrivé à ses abords, deux pêcheurs y étaient déjà. L’un était à balayer la fosse, alors que l’autre était sur la berge fouillant dans sa boîte, à la recherche de la mouche miracle. Je les rejoignis et leur demandai si je pouvais prendre place dans la rotation. Le pêcheur sur la berge me répondit que je pouvais y aller tout de suite puisqu’il prenait un moment de répit. J’attendis quelques minutes, question que le pêcheur me précédant puisse prendre

encore quelques mètres d’avance, puis m’installai à mon tour à la tête de la fosse. Il avait plu la veille et les conditions d’eau étaient excellentes. J’entrepris de balayer méticuleusement la fosse, alors que la nuit bousculait le jour pour lui ravir sa place, c’était sans aucun doute ma dernière passe de la journée. J’étais toujours obsédé par la capture d’un saumon et à chaque lancer je me répétais inlassablement cette fois c’est le bon, cette fois c’est le bon… Le pêcheur derrière moi prit à son tour place dans la rotation, seul le bruit de la rivière et le sifflement des soies


se faisaient entendre. Soudain un cri devant moi : ‘’ fish on ‘’ et je vis le pêcheur d’en avant connecté à un grilse des plus acrobatiques qui multipliait les sauts. J’ai rembobiné ma soie, question de donner à l’heureux pêcheur tout l’espace voulu pour livrer son combat. À peine eus-je atteint la berge qu’un autre cri fusa. Cette fois, c’était le pêcheur derrière moi qui était à son tour connecté, et cette fois ce n’était pas un grilse. J’assistai donc au combat. Je dois dire que la scène était quasiment irréelle, deux pêcheurs dans la pénombre livrant chacun un combat avec salar dans la même fosse. J’ai aidé finalement le pêcheur aux prises avec un grand saumon à puiser celui-ci. Une magnifique bête d’une dizaine de livres. J’en étais vert de jalousie. Désabusé je quittai la rivière, maudit des dieux. J’en étais au point ou je songeais à jeter mon équipement de pêche à la première poubelle rencontrée. C’était ma vingt-quatrième journée de pêche sans touche, sans contact, rien. Je retournai à l’hôtel Métropole, me servis un énorme scotch et décidai de mettre fin à ma saison de pêche, et ce, même si j’avais des droits d’accès pour le lendemain. C’était assez. L’automne puis l’hiver passa et j’étais toujours indécis sur mon avenir de saumonier. Au printemps suivant, mon bon ami Pierre m’offrit de partager avec lui les deux jours de pêche qu’il avait acquis pour la fin juin, dans le prestigieux secteur Glenn Emma de la rivière Matapédia. La flamme se ralluma, l’espoir se fit sentir à nouveau et c’est ainsi que le 28 juin au soir je me retrouvai avec Pierre, confortablement installé dans l’un des

chalets Aline sur le bord de la rivière. Le lendemain nous étions dès sept heures trente au poste d’accueil du secteur Glenn Emma. Yvon Leblanc allait être mon guide pour ces deux journées et la fosse Angus me fut assignée pour cette première journée. Pierre m’informa que le lendemain j’aurai peut-être la chance de pêcher la fameuse fosse Milnikek, qui selon plusieurs était la meilleure fosse de la rivière. Nous nous sommes donc rendus à la fosse Angus et en avons abordé la tête à la mouche noyée. Après quelques passes sans succès, Yvon me fit monter à bord de son long canot pour pêcher la queue de la fosse. C’était ma première expérience de pêche à bord de ces canots de rivière. Je fus vraiment impressionné par la stabilité et le confort de cette embarcation. De plus elle me permettait de devenir un pêcheur de près de douze pieds de haut (pour emprunter une expression du regretté Jean Paul Dubé) puisque j’étais au dessus de l’eau et non enfoncé jusqu’à mi-corps dans la rivière. Yvon attacha une mouche sèche à mon bas de ligne et me dit que la queue de cette fosse se pêchait à la sèche. Décidément, c’était le jour des premières, serait-ce aussi enfin le bon jour pensais-je ? Je commençai donc à lancer ma mouche sur quelques barres noires que l’on pouvait apercevoir dans la fosse. La position élevée que j’avais dans le canot me permettait d’effectuer de plus longs lancers et de mieux voir la fosse et l’action. Et de l’action ce mati là j’en ai eue. Je pus admirer huit saumons qui montèrent sur ma sèche, et chaque fois j’ai frisé l’infarctus. Deux saumons ont même gobé ma mouche, mais la nervosité et mon inexpérience firent que je la leur retirai de la gueule par un ferrage trop hâtif. Le visage d’Yvon les yeux levés vers le ciel, en disait long sur son

exaspération. Mais en professionnel qu’il était il continua de m’encourager en disant que nous allions nous reprendre en soirée. Point n’est besoin de dire que sur l’heure du lunch j’écorchai les oreilles de Pierre à force de répéter les émotions que j’avais vécues en matinée. Vers seize heures je retournai avec Yvon pêcher cette magnifique fosse qui m’avait tant fait vibrer le matin. Mais au fur et à mesure que les heures s’écoulèrent, l’enthousiasme s’estompa. On aurait dit que la fosse s’était vidée de tous ses saumons. La soirée se termina sans succès. Je retournai au camp en me demandant si après la brève montée d’adrénaline du matin le mauvais sort ne continuait pas à s’acharner sur moi. Qui plus est, le large sourire que Pierre arborait à mon arrivée, en me montrant la magnifique prise qu’il avait capturée en soirée, renforça ma croyance que j’étais toujours maudit des dieux. Cette nuit là, j’ai vraiment mal dormi. Et fatigué de tourner en rond en ruminant de sombres pensées, je me suis levé à l’aube vers cinq heures. Silencieusement je me suis préparé un bon café et j’ai quitté le chalet, laissant Pierre à ses rêves. Je me suis assis sur la berge de la fosse qui borde les chalets Aline et me mis à observer deux pêcheurs qui déjà à fouettaient la fosse. La scène était paisible, l’air embaumé par les effluves de la rivière et de la multitude de plantes qui parcouraient ses berges. Seuls les bruits de l’eau, le chant des oiseaux et le sifflement des soies se faisaient entendre. Bref j’étais en paix, en symbiose avec la nature. C’est à ce moment que le déclic se fit. Mais c’est complètement fou mon affaire, me suis-je dit. Mon obsession à vouloir absolument capturer un saumon m’empêche de goûter et de Saumons illimités 51


Photo : Lyne Trudeau

PÊCHEURS EN CANOT DANS LE SECTEUR GLEN EMMA, RIVIÈRE MATAPÉDIA

profiter de toutes les beautés qui m’entourent. Cette obsession fait que je pêche continuellement de façon stressée et ce stress doit nécessairement se ressentir d’une manière quelconque par l’environnement. Ma décision fut prise. Dorénavant, la capture d’un saumon ne serait plus une obsession. Non pas que je n’y attacherai aucune importance, mais elle sera secondaire et plutôt considérée comme un bonus. À partir d’aujourd’hui, j’allais profiter au maximum de mes séjours de pêche et savourer les beautés et plaisirs de la rivière. Ce matin là, les fosses fosses Shed du bas, Bogan et Shed nous étaient assignées. À mon arrivée au poste d’accueil, Yvon me demanda si j’avais une objection à ce qu’un aspirant guide nous accompagne dans l’embarcation. Pas du tout lui répondis-je, plus on est de fous plus on rit. Nous sommes montés à bord du canot d’Yvon et je me suis mis à pêcher, mais cette fois de façon relaxe. Je savourais le plaisir 52 Saumons illimités

simple de dérouler la soie, profitais de la beauté du soleil qui se levait sur la fosse, humais les délicates odeurs de la flore tout en prenant soin de mes présentations en surveillant du coin de l’œil la course de ma mouche. J’étais tout simplement bien, j’étais serein. Il y avait près d’une heure que je pêchais et j’en avais presque oublié le saumon, quand l’impensable se produisit. Un flash provenant du fond de la fosse, puis une tension sur la soie et sans réfléchir je levai la canne. Enfin le moment tant attendu, l’éphémère et sublime instant du contact dur avec la bête ! S’en suivit un combat qui fit augmenter mon rythme cardiaque à une vitesse folle et me fit flageoler les jambes pendant vingt longues minutes. Courses folles et cabrioles se succédèrent, me faisant craindre à tout instant que le saumon se décroche. Finalement épuisé, le roi des eaux se retrouva au fond de l’épuisette tendue par Yvon. J’admirai le magnifique poisson argenté

d’une douzaine de livres qui gisait au fond du canot, et qui à l’automne, trônerait en roi sur la table, lors d’agapes avec parents et amis. Après vingt-cinq jours de pêche, le sort était enfin conjuré et je venais de recevoir deux magnifiques leçons. La première en est une d’humilité. Peu importent les techniques, l’équipement, la sorte de mouche, non pas que ces éléments ne soient pas importants, mais seul salar a le pouvoir de décider quand et quelle mouche il voudra bien prendre. La deuxième est qu’il ne sert à rien de s’obstiner à vouloir capturer un saumon, il faut plutôt profiter au maximum des beautés et plaisirs de la rivière et de la joie simple de pêcher. Le saumon, s’il daigne prendre la mouche, sera un bonus et couronnera le séjour. Depuis maintenant vingt ans ces deux leçons guident mon approche de la pêche et me font vivre encore des expériences extraordinaires.


Les résultats du

championnat international de montage de mouches à saumon FQSA 2009 Par Claude Hamel, Directeur du Championnat et Vice-président Pêche Sportive Photos : Alain Charette

C’

est avec grand plaisir que nous vous présentons les mouches gagnantes de l’édition 2009 du Championnat international de montage de mouches à saumon de la FQSA. Le Championnat 2009 s’est déroulé sous le thème de l’énergie, terme qui nous vient du grec et qui signifie « force en action ». Neufs juges ont participé à l’évaluation des mouches soumises dans les catégories imposées et de création, soit MM. Paul Leblanc, Alain Gagné, Daniel Duval, Frédéric Lévesque, Claude Bernard, Pierre Manseau, Alain Charrette, Claude Hamel, ainsi que le grand maître-monteur Michel Leblanc dans le rôle de juge en chef. L’édition 2009 du Championnat fut des plus étonnantes parce que les mouches qui se sont méritées des podiums sont toutes d’une très grande beauté, tout comme l’ont été d’ailleurs un grand nombre de celles qui n’ont pu se classer parmi les gagnantes. Il faut souligner la participation tout à fait exceptionnelle de M. Rockwell Hammond Jr., un résidant de Fall City, WA, aux États-unis. Ce dernier a honoré notre Championnat cette année en présentant des mouches d’une exceptionnelle beauté, montées avec une main d’artiste et une compétence technique

des plus accomplie. C’est lui qui a remporté la première position dans les trois catégories de création – une première je crois dans l’histoire du Championnat –, en plus de se placer deuxième dans deux autres catégories et troisième dans une autre (deux fois derrière sa propre première place!). Les autres gagnants nous viennent de la Finlande, des Étatsunis et du Canada (Ontario et Québec) et nous ont présenté des montages qui sauront vous charme. Mention également toute spéciale pour la mouche Thunderbird du monteur du Michigan Dustin Driscoll. Ce dernier nous a présenté une création très spéciale. Sur le coup cette mouche a laissé les juges perplexes par sa non-conformité au style classique mais elle témoigne néanmoins d’une dextérité peu commune. On peut y observer la silhouette d’un saumon formé par les ailes en plumes s’entrecroisant. En terminant, nous redisons merci du fond du cœur à tous les monteurs qui ont daigné prendre part à l’édition 2009. Des changements seront apportés dès l’édition 2010 laissant beaucoup plus de place aux mouches de création, ces dernières ayant davantage la cote auprès des participants que les mouches imposées. Saumons illimités 53


CATÉGORIES IMPOSÉES LA RELÈVE FQSA 193 OR

Patrick McKinnon

Québec, Québec

IMPOSÉE EN PLUMES - ALAINA OR

Miikka Hanski

Sayneinen, Finlande

OR

CATÉGORIES DE CRÉATION CRÉATION DE TYPE SPEY - L’ÉNERGIE Rockwell Hammond Jr. Fall City, WA, USA Fireball

ARGENT

Rockwell Hammond Jr.

Fall City, WA, USA

Campfire

BRONZE

Dany Roussel

Hawkesbury, Ontario

La Flammèche

CRÉATION AILES EN POILS

ARGENT

Rockwell Hammond Jr.

Fall City, WA, USA

BRONZE

Dany Roussel

Hawkesbury, Ontario

IMPOSÉE EN POILS - VIVACITÉ D’ÉTÉ OR

Antti Aholainen

Rovaniemi, Finlande

ARGENT

Sylvain Gagnon

Les Bergeronnes, Québec

BRONZE

Daniel Ouimette

L’Ancienne-Lorette, Québec

OR

Rockwell Hammond Jr.

Fall City, WA, USA

Pele

ARGENT

François Juliano

Québec, Québec

L’Éclair

BRONZE

Rockwell Hammond Jr.

Fall City, WA, USA

Journey

CRÉATION AILES EN PLUMES OR

Rockwell Hammond Jr.

Fall City, WA, USA

Etalon

ARGENT

Dustin Driscoll

Hamilton, MI, USA

Thunderbird

BRONZE

Antti Karhapää

Llomantsi, Finlande

The Finnish Energy

ETALON – ROCKWELL HAMMOND JR. É.-U.

THUNDERBIRD – DUSTIN DRISCOLL, É.-U.

THE FINNISH ENERGY - ANTTI KARHAPÄÄ, FINLANDE

FIREBALL - ROCKWELL HAMMOND JR. É.-U.

CAMPFIRE - ROCKWELL HAMMOND JR. É.-U.

LA MOUCHE CAMPFIRE VUE EN PLONGÉE

LA FLAMMÈCHE – FRANÇOIS JULIANO, QUÉBEC

PELE - ROCKWELL HAMMOND JR. É.-U.

L’ÉCLAIR – FRANÇOIS JULIANO, QUÉBEC

54 Saumons illimités


JOURNEY - ROCKWELL HAMMOND JR. É.-U.

LA ALAINA - MIIKKA HANSKI, FINLANDE

LA VIVACITÉ-D’ÉTÉ- ANTTI AHOLAINEN, FINLANDE

LA FQSA 1993 –PATRICK MCKINNON, QUÉBEC

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Magazine Saumon 84