Page 34

Au magdalénien, l’homme a tiré profit de nombreuses ressources du saumon. Ce poisson était devenu un élément primordial de l’alimentation, de la définition des territoires et de la culture. H. Breuil disait que le paléolithique supérieur était l’« Age du renne », le magdalénien était aussi l’« Age du saumon  ». Pourra-t-on payer en retour les services que ce magnifique poisson nous a rendus ? Le protéger et assurer son avenir serait un minimum…

émanant du prieuré clunisien de Lavoûte-Chilhac. Afin de conserver ce droit de pêche le cours de l’Allier, en amont de Pont-du Château, resta jusqu’au XVIIIe siècle, non navigable. En 1742, l’intendant d’Auvergne, Robert de Bonnaventure, pour permettre l’essor de la navigation marchande en amont de Brassac-les-Mines, demanda l’ouverture de pertuis et autorisa les bateliers, le cas échéant, à détruire les pélières pour le passage des bateaux.

CONSTRUCTION ALLIANT LE BOIS ET LA PIERRE FORMANT UNE VASQUE OÙ SONT RETENUS LES POISSONS.

Un privilège seigneurial Au Moyen Age, les poissons tiennent une place à part dans l’alimentation. Les religieux le consomment lors des périodes de jeûne et en abondance durant le Carême et l’Avent. Pour subvenir à leurs besoins, les communautés religieuses s’établissent à proximité des cours d’eau. En 1025, Odilon de Mercœur, abbé de Cluny, fonde sur les bords de l’Allier le prieuré de Lavoûte. L’installation d’abbayes, de monastères entraîne l’édification de moulins hydrauliques et de barrages. Ceux-ci sont alimentés en eau par une digue ou une pélière barrant toute la rivière sans aucun pertuis. Les digues constituent de véritables barrages propices à la pêche. Aussi, dès le début du Moyen Age, les rois donnèrent aux seigneurs locaux et aux communautés religieuses le droit de jouir du droit de pêche. Au XIIIe siècle, ce privilège engendra des réglementations et la pêche fut interdite à certaines périodes de l’année. Les pélières se transforment progressivement en viviers par l’adjonction, à leurs extrémités, d’avaloirs constituant un parfait piège à poissons. La digue de la Bageasse, construite en 1312 par les chanoines-comtes de Brioude, devait posséder un système de montants et descendants dont l’utilisation est confirmée dans la vallée de l’Allier, par un acte de 1421 34 Saumons illimités

LES PÊCHERIES PRIRENT JUSQU’AU XVIIIe SIÈCLE DIFFÉRENTES DISPOSITIONS.

Un mets de choix Le saumon est apprécié pour ses valeurs gustatives depuis l’Antiquité. En Gaule et en Germanie, le saumon était, aux dires de Pline l’Ancien, très recherché. Après la conquête de la Gaule, les Romains aménagèrent de véritables viviers alimentés en eau douce pour accueillir le saumon. La capture des poissons s’effectue alors au rythme des besoins alimentaires, sans considération aucune pour les cycles de reproduction et de migration qui sont, au Moyen Age, totalement méconnus. Au XIVe siècle, dans un ouvrage intitulé Histoire générale de Paris, le saumon est répertorié parmi les poissons de mer. De plus, les saumons en provenance des rivières côtières de Bretagne ou de Normandie

Magazine Saumon 83  
Magazine Saumon 83  
Advertisement