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Échos des régions

L’histoire d’un

CHENAL Par Gaétan Soucy et Yvon Côté

L

a rivière du Petit Pabos, longue de 50 km, est accessible au saumon sur environ 30 % de son parcours. Avec un bassin hydrographique de seulement 210  km2, elle se classe parmi les petites rivières à saumon du Québec. Aucune comparaison qui tient avec la Matapédia, la Cascapédia ou la Bonaventure. Elle est plutôt du calibre de la rivière Malbaie près de Percé, et est un peu plus grande que la rivière Port-Daniel. Quelle que soit son envergure, elle n’en demeure pas moins l’une des belles rivières de la Gaspésie et contribue à la diversité des rivières à saumon de cette région. Ses eaux aux reflets turquoise sont d’une limpidité exceptionnelle. Nos amis anglophones disent que ses eaux sont claires comme du gin et les francophones disent qu’elle est claire comme de l’eau de roche.

Un peu d’histoire L’histoire de cette rivière rappelle en plusieurs points celle de plusieurs rivières de la Gaspésie. En effet, comme pour la plupart des rivières à saumon de la région, il y avait autrefois un club de pêche appartenant à des citoyens américains. En 1946, le nombre de saumons ayant grandement diminué, les propriétaires du club abandonnèrent le bail de location qu’ils détenaient du gouvernement du Québec pour la pêche sportive sur ce territoire. La rivière revenait donc au domaine public. On verra par le tableau joint à cet article l’évolution de la gestion de cette rivière depuis 1947.

Évolution des modalités de gestion de la rivière du Petit Pabos Période

Statut de gestion

1947 à 1979

Rivière publique libre

1980 à 1983

Rivière incluse dans la Zec des Anses

1984 à 1989

Rivière publique libre

1990 à 1996

Rivière fermée à la pêche

1997 à maintenant

Zec-saumon gérée par le RRTRP

Les modifications de l’estuaire Comme sur la plupart des rivières de la Gaspésie, on y a pratiqué le flottage du bois. À cette fin, des estacades ont été construites dans l’estuaire de la rivière afin de retenir le bois jusqu’au moment de son expédition par barges, ou plus tard par camion. Une fois les opérations de flottage du bois abandonnées, les estacades y ont été arasées, mais les fondations de pierre sont demeurées enfouies dans le lit de l’estuaire. Les hydrauliciens estiment que ces structures, en favorisant la rétention des sédiments, auraient contribué à diminuer la profondeur générale de l’estuaire. Enfin, comme plusieurs rivières de la région, l’estuaire de la Pabos est délimité par une flèche littorale sur laquelle passe la route de ceinture de la Gaspésie. L’embouchure de la rivière est bien entendue enjambée par un pont. En fait, le pont actuel est le troisième pont de l’histoire de cette partie de la rivière. Le pont actuel, construit en 1960, est localisé à quelques mètres en aval du précédent.

Saumons illimités 17

Magazine Saumon 83  
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