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Numéro 51

Novembre 2019

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Yves-G. Préfontaine Michelle Quintal

Les organistes 5

Scott Ross : 30 ans déjà (1951-1989) Les instruments

Collaborateurs à ce numéro Raphaël Ashby, Emmanuel Bernier, Denis Boldux, Louis Brouillette, Marc D’Anjou, Florence et Hubert Laforge, Claude Lemieux, Gérard Mercure, Robert Poliquin, Yves-G. Préfontaine

La FQAO fête 25 ans !

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Restauration de l’orgue de tribune de la basiliquecathédrale Notre-Dame de Québec L’orgue centenaire d’East Broughton Les activités

Révision Marcelle Maheux, Gérard Mercure Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre

Date de tombée : 1er du mois précédent

Abonnement réservé aux membres www.fqao.org, onglet « membre » Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, rue du Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2019 ISSN 1201-5741

Les chroniques 23 24 24 24 25 26 27 30

Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Fédération - Montréal - Québec - Estrie - Rimouski Parutions Revue des revues

En couverture : Casavant, Opus 1378, 1930 Deux claviers et pédalier 17 jeux, 18 rangs Traction tubulaire pneumatique Église Sainte-Sophie Sainte-Sophie-de-Lévrard. QC

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Mixtures, numéro 51, novembre 2019

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La FQAO fête 25 ans Le jeudi 9 juin 1994, avait lieu, au sous-sol de l'église Saint-Dominique de Québec, l'assemblée de fondation de la Fédération Québécoise des Amis de l'orgue. Mise sur pied pour promouvoir l'orgue à tuyaux, son répertoire et ses interprètes à l'échelle du Québec, la FQAO entend poursuivre sa mission en s'appuyant d'abord sur les sociétés régionales qui ont présidé à sa naissance. Ces associations fondatrices sont les suivantes : Pro Organo Mauricie, Pro Organo SaintHyacinthe, les Amis de l'orgue de Montréal, les Amis de l’orgue de Québec, les Amis de l'orgue de Rimouski et les Amis de l'orgue du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est en mars 1985 que Lucien Poirier publiait dans le Bulletin des Amis de Cet article avait été écrit au retour du congrès de la FFAO (Fédération Francophone des Amis de l'orgue) tenu en France, à Châlons-sur-Marne à l'été 1984 auquel il avait participé. Trois réunions exploratoires, tenues les 15 octobre 1991, 24 novembre 1991 et le 6 décembre 1992, ont permis d'échanger des idées et de définir les buts et objectifs d'une telle fédération. Les résultats ont été transmis aux associations le 29 janvier 1993 et, le 16 mai, le constat est prise d’aller de l’avant avec le projet. Marc-Aurèle Thibault fut chargé d’obtenir les lettres patentes lesquelles furent reçues le 14 septembre 1993. Les statuts et règlements furent élaborés en avril et mai 1994 par Gaston Arel avec l’aide de Réal Gauthier et d’Antoine Leduc, et la convocation à l’assemblée de fondation, fixée au 9 juin, fut expédiée le 25 mai.

Premier conseil d'administration 1ère rangée : Denis Morneau (secrétaire), Gilles Rioux, JeanGuy Proulx (vice-président), Jean Morissette; 2e rangée : Rachel Alflatt, Guy Roy, Monique Gendron, Gaston Arel (président), et Louise Fortin-Bouchard. N’apparaît pas sur la photo : Robert Patrick Girard (trésorier). Guy Roy, représentant Les Amis de l’orgue du Saguenay-LacSaint-Jean, n’était pas membre officiel du conseil d’administration.

Les projets prioritaires que la Fédération mit de l'avant dans les mois suivants furent la tenue d'une Journée québécoise de l'orgue, qui prendra la forme d'un congrès annuel (devenu bisannuel) et la publication d'un bulletin de liaison, qui prit le nom de Mixtures.

Au moment de mettre sous presse, nous apprenons l'incident fâcheux dont a été victime notre ami et collègue Jacques Boucher. Nous l'assurons de nos meilleures pensées et nous lui souhaitons un prompt et total rétablissement.

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30 ans déjà : Scott Ross (1951-1989) par Florence et Hubert Laforge

Dans le cadre des activités marquant le 30e anniversaire du décès prématuré du musicien de génie que fut Scott Ross, loin d’être oublié, celui-ci continue d’être une référence de premier ordre dans l’interprétation des œuvres pour clavecin de Bach, de Rameau, de des amis intimes de l’artiste, de partager avec nous certains de leurs souvenirs. Dimension du musicien

Ouvrir le Petit Larousse des noms propres ─ au nombre limité d’entrées et donc remises en question à chaque édition ─ c’est y retrouver, année après année, le nom de Scott Ross. Né à Pittsburgh, aux États-Unis, en 1951 et décédé en 1989 à Assas, en France. Mais le dictionnaire, tout en rappelant qu’il s’installe en France en 1965 (accueilli par Pierre Cochereau, pris en charge au Conservatoire de Nice par Huguette GrémyChauliac pour le clavecin et par René Saorgin pour l’orgue), omet de mentionner qu’il fut professeur à l’Université Laval de 1973 à 1986, ce dont il était très fier. Il succédait alors à Kenneth Gilbert qui avait proposé sa candidature. Ce fut le seul poste en titre qu’il occupa, bien qu’il ait aussi dispensé son enseignement de façon épisodique dans plusieurs autres institutions et académies d’été. En 1978, un jury de pairs, proposé par Antoine Bouchard, à l’Université Laval lui décerne le grade de docteur pour ses réalisations hors du commun.

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En 1971, Scott a été le premier interprète à recevoir le Premier Prix du Concours international de Bruges. Pour l’occasion, Kenneth Gilbert, qui était membre du jury de ce concours, lui offrait ses félicitations dans un exemplaire du volume VIII de son édition des sonates de Scarlatti.

Scott Ross a laissé un florilège d’enregistrements, particulièrement d’intégrales. Au clavecin surtout mais aussi à l’orgue. Couperin, Rameau, d’Anglebert, Frescobaldi (son ultime CD, spécialement émouvant, enregistré alors qu’il est très malade, à quelques semaines de son décès) mais par-dessus tout, Scarlatti, le fils bien sûr. On se inégalé par l’ampleur du défi, des 555 sonates sur 34 CDs réalisé en une seule année, et sa maîtrise de l’énigmatique claveciniste italoibérique. Venu à la maison nous faire ses adieux et régler certains détails, car Florence avait accès à son compte bancaire, il nous confie « regretter seulement ne pas avoir pu compléter l’intégrale de Bach ». En concert, il jouait toujours de mémoire. En 1983, nous étions accourus à Aix-en-Provence pour son Tout-Rameau, présenté sur deux jours consécutifs, avec retransmission en direct sur France Musique, lui de mémoire alors que plusieurs clavecinistes dans l’auditoire tournaient les pages de la partition sur leurs genoux. Page 5


Scott Ross a influencé et a su convaincre de la justesse de son interprétation, en particulier le plus important » me disait-il). Par exemple, en faisant ressortir, comme nul autre, le génie espagnole, et ce, sans oublier son sens inné de la mélodie. On réentendra en particulier ses trois sonates K. 490, 491 et 492 sur le web à l’adresse : Scott cultivait de multiples intérêts et passions : les chats, les orchidées, les cristaux, les propres pellicules), la cuisine, le cube Rubik, les langues étrangères, les fossiles, et même le tissage au métier, la couture, le macramé et le tricot. Sa chatte, Violette, faisait parfois sur ses genoux le déplacement aérien QuébecParis-Québec. Il était aussi d’une franchise d’opinions parfois amusantes et d’autre fois très étonnantes. Entre autres, il fut bien peu tendre envers Glenn Gould en déclarant : « Je peux le dire maintenant qu’il est décédé : il n’a rien, mais rien compris à Bach ». Et que dire de sa spontanéité et sa liberté. Il confiait : « Je ne joue jamais une pièce deux fois de la même façon », ce que Kenneth Gilbert qualifiera de « parfaitement classique et conforme aux plus hautes exigences de l’art ». Aujourd’hui, une plaque commémorative rappelle son attachement au Château d’Assas, près de Montpelier, où il s’illustra par nombre qui s’y trouve.

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La France et Québec se souviennent Le monde de la musique ancienne, particulièrement en France, voue à Scott Ross une admiration, souvent même une affection, qui ne tiédit pas. Ainsi, en 1994, Michel Proulx, facteur québécois d’instruments installé à Montpelier présente un mémoire de maîtrise intitulé : Scott Ross, claveciniste, un destin inachevé. Et il y a dix ans, pour marquer le vingtième anniversaire de son décès, la revue française Diapason a consacré à Scott sa page couverture et son dossier principal. De plus, on multiplie toujours, sur le web, ses enregistrements devenus libres de . On réédite ses CDs et on en publie de nouveaux en dénichant des prises de son inédites dans les archives de sociétés comme France Musique, Mémoire Vive et Radio-Canada (avec Jacques Boucher comme réalisateur pour les œuvres à l’orgue). Il y a quelques mois, Warner-Érato mettait sur le marché un regroupement sur 11 CDs de ses Bach au clavecin et à l’orgue.

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En cette période qui marque le 30e anniversaire de son décès, les événements-hommages à Scott Ross sont nombreux. Au début de l’été 2018, France Musique, pour rappeler l’exploit Scarlatti de notre héros, annonçait l’enregistrement des 555 sonates en trente concerts et ce, par trente clavecinistes (niveaux inégaux, m’écrivait-on de là-bas), pour diffusions ultérieures. Du 13 au 16 juin de cette année, le Château d’Assas offrait quatre concerts dans le cadre d’un Festival de clavecin Scott Ross. La Société de Musique Ancienne de Nice faisait de même, le 8 juin, avec un Concert-Hommage à Scott Ross. Le 14 juillet 2018, France Musique, diffusant une série d’émissions commémoratives, avait écrit : « Scott Ross a été une véritable star ─ le seul claveciniste qui ait atteint à cela ». Québec aussi, naturellement, se souvient. Déjà en 1982, même avant les mythiques Scarlatti, le critique musical Marc Samson écrivait dans Le Soleil : « Ce Québécois d’adoption est généralement considéré l’un des deux ou trois plus

« … and a recital by him is one of the more intense musical experiences I can name these days ».

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Pour marquer ce 30e anniversaire, mentionnons, le 3 novembre prochain, un Concerthommage à mon maître par Yves-G. Préfontaine en la chapelle du Musée de l’Amérique francophone, au clavecin ‘1733’ ─ que Scott me commanda et auquel il travailla ─ ainsi qu’à l’orgue Juget-Sinclair ‘1753’ au tempérament mésotonique qui l’eut enchanté. Suivra le 1er décembre, au Palais Montcalm, Scott Ross : 30 ans déjà, un concert à quatre clavecins et orgue (Catherine Perrin, Anne-Marie Bernard, Lysiane Boulva, Johanne Couture, avec et à baroque de l’Université Laval). Ses anciennes élèves, les « deux Catherine », Perrin et Todorovski, ne sont pas étrangères au fait que, vu l’amitié et les relations suivies que Florence et moi avons entretenues avec Scott, l’on se tourne régulièrement vers nous pour évoquer sa mémoire ou pour collaborer à des projets. Que ce soit pour un film par un cinéaste californien ou pour une biographie par un producteur parisien autrefois associé à la , pour les 11 CDs Bach ainsi qu’à des projections visuelles, à l’auditorium du Louvre, de m’a-t-on dit.

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Portrait Notre résidence était devenue pour Scott un peu son point de chute et, fréquemment, son refuge à Québec. Il y trouvait des chats, des orchidées, un petit atelier de facture, un instrument pour son appartement, le partage d’enthousiasmes géologiques et mycologiques, un lieu où tester l’audace de certaines opinions, mijoter quelques bons plats, s’acharner sur le micro-ordinateur ou, à d’autres moments, ne rien dire et… ne rien faire.

Scott était discret et d’une grande simplicité. Rarement il insistait pour l’emporter sur une décision ou pour faire valoir un point de vue. Il préférait s’éloigner plutôt que d’affronter la controverse ou les indésirables. Il savait reconnaître à distance, et avait en horreur, parade et snobisme. Peu enclin à s’imposer et à bouleverser les choses ou les gens, il était d’une grande tolérance. Il protégeait sa vie privée. Il savait exprimer et, si nécessaire, imposer ses exigences professionnelles. Il pouvait aussi se montrer d’une grande générosité.

Quoique très malade, il tenait à ce que nous chantions quelques madrigaux.

Concerts d’orgue Éditions Cheldar

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Quand ? Où ? Qui ? Consultez la rubrique Concerts à

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Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec : Restauration du grand orgue

par Marc D’Anjou et Robert Poliquin

La basilique-cathédrale Première paroisse catholique au nord du Mexique et mère de toutes les paroisses de ce vaste territoire, Notre-Dame de Québec témoigne brillamment de l'implantation de la culture française en Amérique du Nord. Ses origines remontent à l'époque de la fondation de la ville. En 1629, après la prise de Québec par les frères Kirke, Samuel de Champlain multiplie les démarches en France pour récupérer le territoire perdu. Il aurait alors fait le vœu de construire une église à Québec si le Canada était rendu à la France. De retour au Canada en 1633, Champlain remplit sa promesse et entreprend la construction d'une église dédiée à Notre-Dame-de -la-Recouvrance. Il s'agit alors de la deuxième chapelle de quelque importance qui ait été érigée à Québec, la première étant celle établie par les Récollets à la basse-ville dès leur arrivée en 1615. La chapelle Notre-Dame-de-la-Recouvrance occupe le site de la cathédrale actuelle. Elle disparait lorsqu'un incendie le 15 juin 1640. En 1647 s'ouvre le chantier d'une nouvelle église, Notre-Dame-de-la-Paix. Les travaux s'échelonnent sur plusieurs années jusqu'à ce qu'en 1650, le père Poncet puisse célébrer la première messe dans un édifice encore inachevé. Cette petite église de pierre devient, en 1664, l'église paroissiale de Québec alors que le territoire de la ville est érigé en paroisse par Mgr François de Montmorency-Laval, vicaire apostolique arrivé le 16 juin 1659 en Nouvelle-France. L'église paroissiale de Québec, désormais connue sous le vocable de Notre-Dame-de-l'ImmaculéeConception, est choisie comme cathédrale lorsque Mgr de Laval devient le premier évêque du diocèse de Québec, le 1er octobre 1674. Aussitôt, le son église pour qu'elle soit digne de sa nouvelle fonction épiscopale. Il obtient des fonds du roi Louis XIV en 1683 et retient les services de l'architecte Claude Baillif pour établir un grandiose projet. Faute de moyens financiers, l'évêque doit . Dès sa mise en chantier, en 1684, l'ampleur du projet est considérablement réduite : le pignon de façade est abaissé pour correspondre à Mixtures, numéro 51, novembre 2019

de la nouvelle église, partie du bâtiment en 1697 que cette façade sera rejointe par une nef qui prolonge jusqu'à celle-ci la structure de 1647. En 1742, l'intendant Gilles Hocquart ordonne une inspection de l’édifice où d'importantes réparations s'imposent. L'année suivante, il entreprend « d'ériger la bâtisse d'une nouvelle église sur le même emplacement que la première, suivant les plans et devis de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, ingénieur en chef de cette colonie ». En cerne le

. Le premier, très simple, con-

riche » ─ comporte une ornementation à faire lorsque la fabrique aura les moyens. Le chantier de reconstruction s'ouvre en 1744 et se termine, pour la phase du gros-œuvre en 1748. Malheureusement, la deuxième phase de construction ne sera jamais amorcée. Les dernières années du régime français sont logées à l'enseigne de l'incertitude et lorsque les Anglais arrivent en rade de Québec, en 1759, c'est une cathédrale dont seul le gros-œuvre est achevé qui s'offre comme cible à leurs canons. Page 9


Au lendemain de la Conquête, la reconstruction de la cathédrale devient un problème d'ordre politique. Son sort est en effet lié à la reconnaissance, par le gouvernement britannique, de Mgr Jean-Olivier Briand comme chef de l'Église catholique. En 1766, à la demande des marguillers, le menuisier-charpentier, devenu en quelque sorte architecte, Jean Baillairgé soumet un plan de rétablissement. Ce plan est

En 1984, d'importants travaux de restauration sont effectués à la cathédrale en vue de la visite du pape. En 1991-1992, l'architecte Émile Gilbert dresse les plans d'une nouvelle chapelle funéraire qui accueille, depuis le 30 avril 1993, les restes de Mgr de Laval qui, jusque là, reposaient en la chapelle du Séminaire ─ récemment désacralisée et maintenant rattachée au Musée de l’Amérique francophone.

de l'église selon les plans de Chaussegros de Léry. Le chantier de reconstruction s'amorce en 1766 et, lorsqu'il est complété en 1771, l'édifice ressemble à la cathédrale d'avant la Conquête.

, qui aura lieu en 2014, le pape François accorde à la cathédrale le privilège d’une porte sainte, la première à l'extérieur de l'Europe et la septième dans le monde. Elle est inaugurée le 8 décembre 2013.

1922. Le lendemain, devant les ruines encore fumantes, les autorités religieuses décident de reconstruire le monument « d'après les anciens plans, sur les mêmes bases et sur les mêmes murs ». Ce sont les architectes Tanguay et Chênevert qui obtiennent le mandat de reconstruction. Le 6 novembre 1923, suite au décès de Georges-Émile Tanguay survenu peu après l'incendie, l'architecte Raoul Chênevert retient les services de l'architecte parisien Maxime Roisin alors impliqué dans la reconstruction de la basilique Sainte-Anne de Beaupré, qui avait été détruite par le feu le 29 mars 1922.

Les orgues

Les architectes restituent le monument disparu à l'aide de photographies et de plans originaux livrés par les chantiers antérieurs. Ils profitent de la reconstruction pour mettre à l'abri du feu le nouvel édifice, en utilisant partout des donne forme au clocher de Jean Baillairgé autrefois charpenté en bois, et le béton est utilisé pour les fondations, les planchers et la voûte. Les travaux débutent en 1923 et la cathédrale est ouverte au culte à compter du 4 octobre 1925. L’ensemble des ouvrages coûtera plus de 600 000 $. Le pape Pie IX élève la cathédrale au rang de basilique mineure le 28 août 1874. Le 23 juin 1966, l’édifice est classé « monument historique » par le ministère de la Culture et des lieu historique national » par le gouvernement du Canada le 1er juin 1989. En 1951, une crypte, qui regroupe les tombeaux de tous les évêques de Québec, est Gilbert, et inaugurée en 1960.

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dès 1657, probablement le premier instrument dans l’Est de l’Amérique du Nord. Le premier organiste est le célèbre explorateur Louis Jolliet qui était, à ce moment-là, un séminariste. Mgr de Laval rapporte de France un deuxième instrument en 1663. On ignore ce qui est advenu de ces deux instruments après qu’un troisième orgue, de sept jeux, soit installé en 1723 par le sculpteur Paul Jourdain. Il est remplacé en 1753 par un quatrième instrument, commandé à Paris au facteur d’orgues Robert Richard. Cet orgue, de dix jeux sur un clavier et pédalier, est détruit lors du bombardement britannique de 1759. À l’instigation de l’organiste Kenneth Gilbert, une reproduction de cet orgue a été commandée au facteur d’orgues Juget-Sinclair et installée en 2009 dans la chapelle du Musée de l’Amérique francophone. Un cinquième orgue, de 14 jeux, construit par le facteur d’orgues anglais Thomas Elliot, est installé en 1803. Cet orgue est jumeau avec celui qui était destiné à la cathédrale anglicane Holy Trinity de Québec mais qui ne sera jamais installé faute d’espace en hauteur. Il peut encore être admiré dans l’église Saint-Louis de Lotbinière. Parmi les organistes de cette époque, on note Frédérick Glackemeyer, de 1816 à 1818; Théodore Frédéric Molt, de 1821 à 1849 et Antoine Dessane, de 1849 à 1864. Le facteur Louis où Ernest Gagnon arrive comme titulaire. Son frère, Gustave, lui succèdera en 1876. En 1903, la firme Casavant Frères ajoute 15 jeux à l’orgue existant et une console de trois claviers (Opus 211). En novembre 1915, Gustave Gagnon démissionne et est remplacé par son fils, Henri. L’orgue est détruit lors de l’incendie de la cathédrale en 1922. Mixtures, numéro 51, novembre 2019


L’orgue de chœur Avec l’avènement de Vatican II, le besoin d’utiliser l’orgue de chœur a beaucoup diminué, ce qui fait qu’il a été muet durant une trentaine d’années. Il a été remis en fonction en décembre 1993. La console de chœur a été descendue dans le sanctuaire un an plus tard. Il a été complètement restauré par Orgues Létourneau en 2015. Le nombre de jeux est passé de 25 à 31 jeux et des composantes et accessoires électroniques ont été ajoutés.

Le buffet de l’orgue de tribune avant l’incendie de 1922.

Courtoisie Casavant Frères

En attendant la reconstruction de l’orgue de tribune, Casavant Frères installe, en 1924 (Opus 1049), un orgue de chœur de 25 jeux répartis sur deux claviers et pédalier et dont le buffet, sans tuyaux de façade, est installé dans les deux premières arches de la tribune, côté rue de Buade et la console dans la première arche de la tribune, côté Séminaire. Le Bonnet. Le devis d’origine ne comportait pas de Trompette au clavier de Récit, mais une au clavier de Grand-Orgue. Il suggéra de la déplacer au Récit. La même année, Casavant Frères installe, dans la chapelle SaintLouis, au-dessus du maître autel, un petit orgue (Opus 1050) de huit jeux. Cette chapelle, sise à l’arrière de la sacristie et détruite elle aussi lors de l’incendie, est utilisée pour les baptêmes et quelques mariages. Quant à l’orgue de tribune, un nouvel instrument (opus 1217) de 69 jeux à traction électropneumatique est construit par Casavant Frères selon les spécifications élaborées par Charles Chapais, directeur artistique chez Casavant Frères, et Henri Gagnon. Il comprend, entre autres, un quatrième clavier de Solo avec jeux sous forte pression qui représentent bien l’esthétique anglo-romantique de l’époque ainsi que la particularité de pouvoir faire jouer aussi l’orgue de chœur à partir de la console 1927 par Henri Gagnon. Mixtures, numéro 51, novembre 2019

La console actuelle de l’orgue de chœur.

L’orgue de tribune Au décès d'Henri Gagnon, le 17 mai 1961, Claude Lagacé devient le titulaire de l'instrument. Il constate certaines faiblesses, notamment au niveau de l'harmonisation et de l'équilibre de l'instrument. Il de procéder à un relevage. Après un appel d’offres, les travaux sont confiés, en 1974, au facteur Bernard Cavelier de la firme Cavelier Organ Builders, de Buffalo, NY. L'instrument est inauguré lors d'un concert donné par André Marchal le 19 novembre 1974 dans le cadre des fêtes soulignant le tricentenaire du diocèse de Québec. Malheureusement, les travaux sont de si mauvaise qualité qu’il faudra procéder à une autre restauration majeure en 1983. Cette fois, les travaux sont effectués par la firme GuilbaultTherrien. On passe alors de l’esthétique angloromantique à la français classique. Un jeu est ajouté pour atteindre un total de 70 jeux. Alors que ces travaux sont en cours et que l’harmonisation est finalisée pour les divisions du GrandOrgue et de la Pédale, le projet est suspendu pendant quelques mois le temps de procéder au remplacement du plancher de la basilique, et ce, dans le cadre des travaux de restaurations en vue de la Page 11


visite du pape. Le linoléum du plancher est remplacé par de la céramique, ce qui fait que la force de l’orgue a presque doublé. Vu que l’harmonisation de l’instrument était à moitié complétée, il n’y eut pas d’autres choix que d’appliquer le même puissant.

est que l’instrument est devenu trop

Aujourd’hui, 36 ans plus tard, l’orgue est de nouveau agonisant et a besoin d’importants travaux, car il faut comprendre qu’il est utilisé 365 jours par année.

Le projet actuel consiste à augmenter et à

» moins agressif ainsi qu’à ajouter des composantes et accessoires électroniques qui permettront, entre autres, de le jouer à partir de la console de chœur. Il deviendra ainsi l’un des orgues les plus importants de la province, voire même du Canada, tant par sa taille que par sa qualité sonore. Le coût des travaux est estimé à 1,5 M$. Les personnes intéressées à faire un don pour la restauration de l’orgue peuvent communiquer avec la Fondation patrimoniale Nostre Dame de Kebec à l’adresse suivante: https://www.nostredamedekebec.org

Le dessin du buffet de l’orgue de tribune est l’œuvre de James Kennedy, architecte de Montréal. Il a été construit dans les ateliers de Casavant Frères. On remarque, entre autres, la présence de deux statues, maîtresses de l'organiste. Au sommet, au centre, apparaît l'écusson de Mgr François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, avec la devise « Dieu Ayde Au Premier Baron Chrétien ». Les armoiries du cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau coiffent le sommet du côté de l’épitre tandis que celles du cardinal Louis-Nazaire Bégin ornent le côté de l’évangile. Les sculptures sont l'œuvre d’Elzéar Soucy, l'un des meilleurs sculpteurs canadiens. Page 12

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L’orgue centenaire d’East Broughton par Denis Bolduc

ce,

-Cœur-de-Jésus d’East Broughton, en Beau-

de son orgue. Précédée d’un mini récital exécuté par Esther Clément, organiste à Saint-Joseph, par Dominique Gagnon, organiste à Sainte-Marie et par Éric Vachon, organiste titulaire, la célébration de la messe a été rehaussée par la participation, au niveau musical, de la chorale paroissiale de Saint-Joseph-de-Beauce qui, sous la direction de Dominique Gagnon, s’est jointe à la chorale locale. Historique En mai 1914, est né le projet d’achat d’un orgue pour l’actuelle église, construite en 1907. En janvier 1915, la décision est prise de reporter l’achat après la guerre. Finalement, c’est le 14 septembre 1919 que Mgr Paul-Eugène Roy, évêque auxiliaire de Québec, procéda à la bénédiction du nouvel instrument. L'orgue,

d'esthétique

romantique-symphonique,

Frères de Saint-Hyacinthe. De traction électropneumatique, il compte 37 jeux répartis 500 tuyaux.

par la maison Orgues Létourneau de Saint-Hyacinthe en 1989, mais sans que la composition sonore d’origine ne soit modifiée. Les derniers travaux, réalisés en 1999-2000 au coût de 24 000 $ par Les Orgues Mailhot de Cap-de-laMadeleine, consistaient justement à améliorer cette composition sonore par l’ajout et la modification de certains jeux. Cet orgue est un instrument imposant, très polyvalent et complet en termes de sonorité pour l’interprétation du vaste répertoire de la musique d’orgue. C’est l’un des plus gros et des plus puissants de toute la rive sud de Québec. Acquis originalement Simon Couture, vice-président aux ventes chez Casavant Frères, 1,4 M$ pour faire l’acquisition d’un instrument semblable en 2019. Pendant cent ans, cet orgue ne s’est jamais tu. Des musiciennes et musiciens de grand talent l’ont fait chanter, entre autres Germaine Pouliot (de 1919 à ?), Gabrielle Robert (de 1928 à 1968), Georges-Henri Nadeau (de 1942 à ?), Lucille Lessard (de 1968 à 1987), Vincent Dodier (de 1987 à 1988) et Éric Vachon (de 1987 à ce jour). Espérons qu’il puisse résonner encore longtemps dans la magnifique acoustique de l’église Sacré-Cœurde-Jésus d’East Broughton.

Plan de buffet pour l’orgue de l’église d’East Broughton – 7 février 1919 (Dessin provenant du contrat d’achat signé le 16 mars 1919) Mixtures, numéro 51, novembre 2019

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Le Festival des Couleurs de l’Orgue Français : 25 ans déjà par Yves-G. Préfontaine1

parler de l'orgue du Grand Séminaire de Montréal. On en connaît un peu l'histoire. Devenu un peu souffreteux, l'instrument précédent a cédé sa place en 1990 à un instrument somptueux inspiré de la grande tradition de la facture française de Celles. C’était à l'occasion du 150e anniversaire de fondation du Séminaire. Mais, pourquoi un orgue français classique bien typé plutôt qu'un instrument plus polyvalent qui permette un répertoire symphonique ou plus contemporain, par exemple? Quelques raisons militèrent en faveur d'un tel choix. Le régime français d'abord, sous lequel a été érigé le Fort de la Montagne, dont il subsiste deux tours qui jouxtent la chapelle. Nous sommes en 1685. Et puis, le le Livre d'Orgue de Montréal, arrivés ici au début du XVIIIe siècle. (Mille mercis à Élisabeth Gallat-Morin qui s'est jetée corps et âme dans l'étude et de l'homme et de la musique, sujets sur lesquels je ne m'étendrai pas maintenant). 1990. Le généreux donateur avait, semblet-il, exprimé le désir que cet orgue soit entendu régulièrement en concert, en dehors des offices. Pour diverses raisons, il y eut assez peu d'événements de cette nature avant mon arrivée en 1994. Ayant constaté cela, et en accord avec les autorités de l'époque, j'ai mis sur pied peu de temps après ma nomination, soit en octobre 1995, le Festival des Couleurs de l'Orgue français. Allusion double aux couleurs de l'automne et à celles, caractéristiques, de l'orgue français classique. Débuts modestes s'il en fut. Je remercie mes chers collègues qui ont accepté d'encourager mon initiative pour un cachet dérisoire, sans commanditaires et sans la participation du Séminaire qui favorisait certes cette idée, mais à coût nul… ceci dit sans rancune. Et que les autorités soient ici remerciées très sincèrement pour avoir facilité l'accès à ce lieu unique tout au long des ans. Puis vint RONA, le gros quincaillier, qui durant quinze ans a généreusement accepté de s'impliquer dans le projet. On comprendra qu'avec un tel appui, le Festival a pu profiter d'une visibilité médiatique formidable et qu’il a permis d'offrir des cachets tout à fait raisonnables à mes invités. Les Page 14

circonstances faisant bien les choses, lorsque, de l'aventure, le Concours international d'orgue du Canada, conscient de l'impact que le FCOF avait sur la vie de l'orgue à Montréal m'a approché pour me proposer une collaboration entre nos deux organismes. Chacun y trouvait son compte, et honnêtement, ce fut providentiel. J'ai donc souscrit à cette idée et c'est ainsi que, depuis quelques années, le FCOF rejoint les activités du CIOC. Vingt-cinq ans d'une présence régulière, en d'octobre, dans le monde de l'orgue montréalais. Autant d'années à faire découvrir aux mélomanes un répertoire bien ciblé, orienté prioritairement, comme il se doit, sur la musique française du Grand Siècle, mais également sur toutes les œuvres plus anciennes ou plus récentes qui s'accommodent d'un diapason à 415 Hz et d'un tempérament inégal, de claviers qui s'arrêtent au mi, et un pédalier « à la française » qui, lui, s'arrête au ré (mais dont les anches descendent au contre la)… Quelques statistiques Depuis l'automne 1995, pas moins de 80 organistes, certains très connus, d'autres moins, pour la plupart rompus à la musique ancienne ont mis en valeur l'instrument Guilbault-Thérien. C'est ainsi que j'ai pu accueillir à la tribune Marie-Claire Alain (dont ce fut le dernier concert en Amérique), Olivier Vernet, Jean-Pierre Lecaudey, les Porter, Ericsson, mes maîtres Mireille et Bernard Lagacé, et beaucoup d'autres. Au fil des ans, on aura eu l'occasion d'entendre les œuvres de plus de 175 compositeurs connus et anonymes, de livres d'orgues ...Tiens, je vous livre quelques chiffres pour le plaisir! Quinze œuvres de Sweelinck ont été mises aux programmes, on a entendu les 12 Hymnes de Titelouze, 13 titres de . Johann Sebastian Bach, quant à lui, a vu plus de ses 80 œuvres aux programmes! Les pièces les plus jouées? Huit invité-es ont proposé l’Ave maris stella de de Grigny et/ou la Pièce de Böhm, les Veni Creator et l'Offertoire de de Grigny, le Dialogue en Ut du 3e Livre de Marchand, la Passacaille de Muffat, le Livre d'orgue de du Mage, le Tiento soble la Letania de la Virgen de Mixtures, numéro 51, novembre 2019


Bruna ont fait l'objet de six prestations chacun… En octobre, l'offre de récitals d'orgue à Montréal est affolante! En plus des nombreuses activités proposées par le CIOC (ciocm.org), et les quelques initiatives déjà bien établies, comme les Saints-Anges en musique ou l'Oratoire, le FCOF s'inscrit dans cette période avec les avantages et les inconvénients que cela représente au niveau de l'assistance. L'amateur ne sait plus parfois où donner de l'oreille! Qu'à cela ne tienne : une tradition est une tradition et le FCOF maintient le cap et cela, bon an mal an. Si on excepte le récital de Marie-Claire Alain, qui représentait une occasion spéciale et unique, disons-le, avec 500 auditeurs environ, notre public oscille, selon les da plus que d'artistes, je crois), entre 75 et 200 personnes, ce qui est tout à fait satisfaisant. Je m'en voudrais finalement, de ne pas souligner le départ, dans tous les cas prématuré, de quelques artistes formidables qui m'ont fait l'honneur et le plaisir de leur présence au Festival : Marie-Claire Alain, artiste internationale et professeure; Henri Delorme, conservateur du formidable Clicquot de Souvigny; Christopher Jackson, organiste, directeur musical et cofondateur du SMAM; et Patrick Wedd, organiste et chef de chœur, associé à la cathédrale Christ Church de Montréal. Je crois que d'où qu'ils soient, ces quatre musiciens exceptionnels peuvent encourager la pérennité du Festival des Couleurs de l'Orgue français... Je ne peux résister à l'envie de vous révéler les invités de la 26e saison, en octobre 2020. En plus de Jacquelin Rochette et d’Adrian Foster, il y aura sans doute un des juges du Concours international et moi-même... (Hé oui, il n'y en aura que quatre l'an prochain encore!) Mixtures, numéro 51, novembre 2019

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Yves-G. Préfontaine est organiste titulaire au Grand Séminaire de Montréal.

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ComeBach par Claude Lemieux Novembre 2019 sera l’occasion de célébrer le 50e anniversaire de l’installation de l’orgue Karl Wilhelm en l’église Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette, premier orgue mécanique de nouvelle génération à être installé dans une église à Québec et inauguré par Antoine Bouchard le 30 novembre 1969. Le concert du 50 e anniversaire aura lieu le samedi 23 novembre 2019 à 19 h 30 et il a été confié à Jean-Willy Kunz, premier organiste en résidence de l'Orchestre symphonique de Montréal au grand orgue Pierre-Béïque de la Maison symphonique. Kunz aura carte blanche mais du coup, il marquera le début de la série ComeBach avec la Toccate et fugue en ré mineur, BWV 565 et la Toccate, adagio et fugue en do, BWV 564. Cette série anniversaire proposera gratuitement sur toute l’année, une intégrale des Préludes et Fugues de Johann Sebastian Bach présentée en parité hommes-femmes. Les chorals et/ou les mouvements lents de sonates ont été placés judicieusement afin de servir de coussin, si jamais le volume des préludes s’enchaînant aux fugues s’avérait trop puissant. L’année suivante, ComeBach proposera une série estivale ne comportant que du répertoire d’avant 1750 comme son appellation le laisse entendre, tout en évoquant le retour du magnifique orgue Wilhelm de Loretteville dans le paysage organistique de Québec. Voici les détails de « qui jouera quoi ». II- Dimanche 24 février 2020, 14h ÉDITH BEAULIEU Prélude et fugue en do BWV 547 Allein Gott BWV 676 Prélude et fugue en ut BWV 546 CLAUDE LEMIEUX Prélude et fugue en ut BWV 549 Canzona en ré BWV 588 Fantaisie et fugue en ut BWV 537 Prélude et fugue en mi BWV 548

V- Dimanche 29 septembre 2020, 14h MARIE-HÉLÈNE GREFFARD Prélude et fugue en sol BWV 541 5e Sonate BWV 527 Prélude et fugue en la BWV 543 EMMANUEL BERNIER Prélude et fugue en do BWV 531 Prélude et fugue en mi BWV 533 Prélude et fugue en sol BWV 535 Prélude et fugue en la BWV 551

III- Dimanche 31 mars 2020, 14h ESTHER CLÉMENT Fantaisie et fugue en Sol BWV 571 O Lamm Gottes BWV 656 4e Sonate, 2e mouv. BWV 526 Toccata Dorienne BWV 538 DOMINIQUE GAGNON Fantaisie et fugue en sol BWV 542 Nun Komm … BWV 659 Fantaisie con imitazione BWV 563 Prélude et fugue en La BWV 536

VI- Dimanche 27 octobre 2020, 14h LOUISE FORTIN-BOUCHARD Fantaisie et fugue en la BWV 561 Fantaisie et fugue en ut BWV 562 Prélude et fugue en mi b BWV 552 PIERRE BOUCHARD Passacaille et fugue en ut BWV 582 Schmücke dich, o liebe Seele BWV 654 Prélude et fugue en fa BWV 534

IV- Dimanche 28 avril 2020, 14h NATHALIE GAGNON Pièce d’orgue BWV 572 Vater Unser BWV 682 Prélude en ré BWV 532 MATHIEU BLAIN Prélude et fugue en do BWV 545 Fugue en sol BWV 578 O Mensch … BWV 622 Prélude et fugue en si BWV 544 Page 16

VII- Dimanche 24 novembre 2020, 14h SUZANNE OZORAK Prélude et fugue en mi BWV 566 Dies Sind BWV 678 6e Sonate, 2e mouv. BWV 528 Prélude et fugue en sol BWV 550 YVES-G. PRÉFONTAINE Toccata en fa BWV 540 Christ, unser Herr… BWV 685 Christ, unser Herr… BWV 684 Prélude et fugue en ré BWV 539 Fugue en fa BWV 540 Mixtures, numéro 51, novembre 2019


Les compositions québécoises pour orgue : De la tradition à l’expérimentation (dernière partie)

par Louis Brouillette1

NDLR Issue d’une conférence prononcée lors du congrès conjoint RCCO/AGO/FQAO en juillet 2017, cette communication vous est proposée en quatre livraisons.

10. Étude héroïque, op. 38 (2004) de Rachel Laurin (née en 1961) Env. 8 min. L’Étude héroïque, op. 38, de Rachel Laurin a été commandée par la Fondation Claude-Lavoie en vue de servir de pièce originale imposée à l’épreuve finale de l’édition de 2004 du Concours d’orgue de Québec. Dans son essai Analyses of Organ Etudes, op. 38, 66 and 72 by Rachel Laurin (University of Oklahoma, 2016), Silviya Mateva rapporte que Rachel Laurin voulait créer une œuvre attrayante pour les auditeurs qui ne sont d’orgue. Des extraits de la partition éditée en 2012 par Wayne Leupold (qui est une réimpression de l’édition de 2007 de Lucarel) peuvent être consultés sur le site de Wayne Leupold ( Malgré la présence d’armures, l’œuvre ne comprend pas de tonalité stable : chaque section de cette forme rondo non traditionnelle possède plutôt son pôle tonal, parfois occulté par un usage proéminent du chromatisme et du parallélisme. Cette étude offre de multiples défis à l’interprète sur les plans expressif et technique. Aux mesures 134-135 et 137-138 par exemple, de rapides gammes chromatiques ascendantes doivent être exécutées simultanément : en quartes à la main droite et en tierces à la main gauche. Lorsque les nombreux défis d’interprétation sont relevés, cette pièce apparaît agréable à l’écoute. Enregistrements Laurin, Rachel. Œuvres pour orgue. Isabelle Demers, orgue. Disque compact. Acis APL61256, 2011. Bach, Johann Sebastian et al. Donia Organ , orgue. Disque compact. Hope College, 2011. Mendelssohn, Félix et al. The East Texas Pipe Organ Festival presents Ken Cowan in concert. Ken Cowan, orgue. Disque compact. The Aeolian Skinner Legacy, 2012.

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Partitions Laurin, Rachel. Étude héroïque – Heroic study, op. 38. Colfax, NC : Wayne Leupold, 2012. et Archives nationales du Québec et au Centre de musique canadienne.) Laurin, Rachel. Étude héroïque, op. 38. Montréal : Lucarel (ORG-9), 2007. (Exemplaires à la collection nationale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et au Conservatoire de musique de Montréal.) 11. Aventure féerique (2008) de Jocelyn Lafond (né en 1989) Env. 3 min. Aventure féerique est une commande de Louis Brouillette pour le concert « Au temps des fées », avec la mezzo-soprano Caroline Demers. Cette œuvre pour orgue solo de Jocelyn Lafond, composée lorsqu’il avait 18 ans, a été créée à l’église Saint-François-Xavier de Rivière-du-Loup le 18 mai 2008. Hormis les changements de jeux à la pédale, la registration demeure identique tout au long de l’œuvre : flûte 4’ au Grand-Orgue; viole de gambe et voix céleste au Récit; tirasse du Grand-Orgue au pédalier. L’emploi de la flûte 4’ au Grand-Orgue et l’absence du registre grave de ce clavier dès le début de l’œuvre donne l’illusion à partir de la mesure 11 (exemple 9) avec un tempo de 120 battements de noire par minute, sonne à l’octave supérieure grâce au jeu de flûte 4’ utilisé en tirasse. Ce thème lyrique aux allures éthérées, joué legato, s’amalgame judicieusement avec l’accompagnement en staccato qui pourrait et agitées. Des sections plus lentes, dans lesquelles une certaine liberté de tempo est permise à l’interprète, sont formées de courtes mélodies aigües jouées au Grand-Orgue et accompagnées par le son velouté des notes tenues au Récit. Ces valeurs longues d’accompagnement, interprétées avec les jeux de viole de gambe et de voix céleste, s’additionnent peu à peu pour former des clusters qui créent une ambiance mystérieuse. Bien que l’œuvre ait été composée pour un contexte profane, elle se prête à l’animation musicale de la communion d’un office religieux, en particu– Mixtures, numéro 51, novembre 2019


Exemple 9 : Jocelyn Lafond, Aventure féerique, mes. 11-16 (extrait reproduit avec l’aimable autorisation de Jocelyn Lafond).

lier lors de la fête des archanges Michel, Gabriel et Raphaël du 29 septembre ou celle des Anges gardiens du 2 octobre. Enregistrement Aucun enregistrement commercial n’est actuellement disponible, mais l’œuvre peut être écoutée sur le site Internet de Louis Brouillette. (https://www.louisbrouillette.com/ enregistrements/). Partition La partition, disponible en contactant le compositeur, n’a pas été éditée.

12. Fantaisie sur « À la claire fontaine », op. 1, n° 1 (2014) de Laurence Jobidon (née en 1992) Env. 7 min. Le chant folklorique À la claire fontaine est français; l’Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal l’a désigné air national en 1878. Laurence Jobidon a utilisé cette mélodie bien connue et appréciée des Québécois d’aujourd’hui pour composer, en 2014, sa première œuvre pour orgue : Fantaisie sur « À la claire fontaine », op. 1, n° 1.

Exemple 10 : Laurence Jobidon, Fantaisie sur « À la claire fontaine », op. 1, n° 1, mes. 52-53 (extrait reproduit avec l’aimable autorisation de Laurence Jobidon).

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La compositrice aurait pu intituler sa pièce Variations sur « À la claire fontaine » vu la division de cette composition en sections de différents styles, chacune basée sur la mélodie folklorique, mais le terme fantaisie semble plus approprié à cause du traitement libre de la forme. Les six premières mesures sont écrites dans le mode dorien transposé en fa. Après deux mesures d’interlude pour pédalier solo, le thème se fait entendre dans un style cantabile inspiré de la musique romantique française. À la manière de Moussorgky avec la « Promenade » des Tableaux d’une exposition (1874), la première section de l’œuvre de Jobidon 26 à 30. Au milieu de la pièce, quelques sections d’allures jazzées (voir l’exemple 10) contiennent des syncopes, des contretemps, des appogiatures et des harmonies de septième. Cette incursion d’éléments jazz dans une œuvre classique peut dénoter une influence d’Andrew P. MacDonald (qui composé un Concerto pour guitare électrique et orchestre (2017) en incorporant plusieurs techniques de composition jazz. Créée par la compositrice en 2015 sur l’orgue Wilhelm de deux claviers de la chapelle St. Mark de l’Université Bishop’s, cette fantaisie apparaît inappropriée pour un usage liturgique, mais peut servir d’œuvre phare durant un concert. Pour chacune des sections, la compositrice a spécifié les changements de clavier, une suggestion de registration, des articulations détaillées et une indication métronomique. Bien que l’œuvre soit destinée à un orgue de trois claviers avec un pédalier qui s’étend jusqu’au sol1, elle peut être interprétée ─ avec quelques modifications, comme lors de sa création en 2015 ─ sur un orgue de deux claviers qui ne comporte pas de sol1 au pédalier. Enregistrement Aucun enregistrement commercial n’est actuellement disponible, mais l’œuvre a fait l’objet d’un enregistrement personnel par la compositrice. Partition Jobidon, Laurence. Fantaisie sur « À la claire fontaine », op. 1, n° 1. Montréal : Éditions Laurence Jobidon, 2015. (Exemplaire à la nationales du Québec.)

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Recommandations Afin d’assurer une meilleure diffusion des œuvres e du travail des compositeurs, quelques recommandations sont ici formulées aux compositeurs, aux interprètes, aux responsables de concours et aux organisateurs de concerts. leurs partitions au Centre de musique canadienne (CMC), car cet organisme sans but lucratif offre des services à l’échelle mondiale de prêt et de vente pour les partitions de ses 750 compositeurs agréés. Le dépôt des compositions au CMC assure une grande visibilité aux compositeurs et à leurs œuvres grâce à la vaste banque , pour chaque compositeur agréé, une notice biographique, un catalogue de ses œuvres et une liste d’enregistrements. Les compositeurs ne répondant pas aux critères d’admissibilité du CMC (diplôme de maîtrise en composition ou l’équivalent et création en public de cinq œuvres par des professionnels) devraient minimalement effectuer un dépôt légal de leurs pièces à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Le dépôt légal d’une partition permet l’intégration de sa description bibliographique dans le catalogue Iris de la BAnQ et la possibilité pour le grand public de consulter un exemplaire à la collection nationale de musique de la BAnQ, située dans la salle vitrée du quatrième étage de la Grande Bibliothèque. Pour les partitions en PDF, leur dépôt légal permet leur consultation ─ sans possibilité d’impression ni de téléchargement ─ sur les postes informatiques sécurisés à la collection nationale de la Grande Bibliothèque et dans les autres édifices de BAnQ. Tous les compositeurs devraient également

, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN). Cet organisme à but non lucratif gère les droits d’exécution en percevant et distribuant des . La SOCAN gère aussi les droits de reproduction, c’est-à-dire les autorisations pour reproduire les œuvres sur divers supports, notamment les disques compacts et les médias numériques.

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Les interprètes sont encouragés à commander et les compositeurs peuvent soumettre une demande de subvention au programme Explorer et créer (composante Recherche et création) du Conseil des arts du Canada (CAC). La création, la production et le rayonnement d’une œuvre peuvent également faire l’objet d’une demande de subvention au Conseil des arts et des lettres du Québec dans le cadre des programmes Commandes d’œuvres et résidences ou Recherche et création ou encore en répondant à un appel à projets s’adressant aux artistes et aux organismes d’une région donnée. La Ligue canadienne des compositeurs (LCC) suggère un tarif minimal de 425 $ par minute pour une œuvre destinée à un ou deux exécutants. Étant donné que le taux de subventions accordées par les organismes subventionnaires est faible par rapport à la quantité de demandes et que les tarifs suggérés par la LCC s’avèrent élevés pour un organiste en comparaison du cachet qu’il reçoit en tant qu’interprète, dans le cas où la subvention ne lui serait pas accordée, celui-ci aura avantage à négocier un tarif raisonnable avec le compositeur L’interprète peut également proposer au : par l’exécution de la pièce dans plusieurs concerts, en l’enregistrant, en la publicisant sur les réseaux sociaux, etc. Afin que les œuvres québécoises jouissent d’une plus grande diffusion, les interprètes sont invités à enregistrer ou réenregistrer le répertoire québécois pour orgue sous une étiquette de préférence reconnue. Certains organistes préfèrent mettre en ligne leurs interprétations sur YouTube. Dans ce cette démarche. Les organistes sont également invités à acheter les partitions plutôt que les photocopier. Il est possible, par exemple, de se procurer la pièce Ecos de José Evangelista via le CMC (https:// www.musiccentre.ca/fr); l’Étude héroïque, op. 38, de Rachel Laurin est disponible à l’achat chez l’éditeur Wayne Leupold (https://www.wayneleup old.com/); la Suite du premier ton de Denis Bédard peut être commandée en ligne sur le site de Cheldar (http://www.cheldar.com/) et les œuvres de Laurence Jobidon, Jocelyn Lafond et Jean Le avec ces derniers via leur compte Facebook ou, s’il existe, leur site Internet. Il est par contre difficile de trouver des partitions de maisons d’édition canadiennes aujourd’hui fermées, comme Lissett, Lucarel, et Jacques Ostiguy. La boutique Opus II, qui a acheté le Mixtures, numéro 51, novembre 2019

stock des éditions Lucarel, vend en ligne (http:// www.opus-two.com/) quelques œuvres québécoises pour orgue, mais les partitions de Thème et variations sur l’« Ode à la joie » de Beethoven de Gilles Fortin sont épuisées. Quant à Jacques Ostiguy, il a transmis tout le matériel de sa maison d’édition à la Société d’histoire de SaintHyacinthe (qui ne vend pas de partitions), et les droits ont été remis aux compositeurs. Étant , la photocopie demeure une option envisageable pour quiconque voulant posséder un exemplaire édité par Jacques Ostiguy de la Suite Orbis factor de Conrad Letendre, d’autant plus que toutes les copies d’Opus II ont déjà été vendues. Les responsables des concours sont encouragés à intégrer dans une épreuve une œuvre québécoise ou canadienne. Le Concours d’orgue de Québec, par exemple, commande à chaque édition à un compositeur québécois une pièce originale que les finalistes doivent interpréter à l’épreuve finale. Plusieurs œuvres ont été créées grâce à ce système de commande, comme la Rhapsodie sur le nom de Lavoie de Denis Bédard, l’Étude héroïque, op. 38, de Rachel Laurin et Le palimpseste de Lübeck de Jean Lesage. Le Concours international d’orgue du Canada demande pour sa part aux finalistes de jouer une œuvre canadienne de leur choix à l’épreuve finale, et les participants du Prix d’Europe doivent interpréter en demi-finale une pièce composée après 1950 Lynnwood Farnam n’exige malheureusement pas d’œuvres canadiennes aux candidats. Les organisateurs de concerts enfin doivent payer une licence de la SOCAN pour chacun de leur concert, à moins que toutes les œuvres au programme soient libres de droits. Le coût de cette licence est de 1,56 % pris sur la vente des billets ou d’un tarif minimal de 35 $ plus taxes par concert. Cette règle s’applique pour les différents types de concert : payants, à contribution volontaire ou gratuits. Ces tarifs ne doivent pas décourager les organisateurs de concerts à programmer des œuvres québécoises. Ces redevances permettent, par ricochet, une reconnaissance du talent et du professionnalisme des compositeurs québécois.

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, est organiste. Revoir la présentation à l’adresse suivante : https://youtu.be/WRsURXVPWNU

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Nécrologie Patrick Wedd (1948-2019) Wedd, organiste et chef de chœur, , compositeur, est né le 4 janvier 1948 à Simcoe, Ontario et décède à Montréal le 19 mai 2019 à la suite d’une brève maladie. Il a commencé sa carrière en tant qu’organiste et chef de chœur à l’âge de 12 ans et a occupé des fonctions dans des églises du sud de l’Ontario, à Vancouver de 1970 à 1986 et à Montréal jusqu’à sa retraite en 2018. Patrick Wedd commence à étudier l’orgue auprès de J. Laurence Slater à l’âge de 11 ans. À 12 ans, il devient organiste et chef de chœur à l’église anglicane St. Paul, à Port Robinson, en Ontario. Après avoir occupé des fonctions similaires organiste adjoint auprès de Norman Hurrle à la cathédrale anglicane St. James à Toronto (19661969). Patrick Wedd étudie l’orgue avec Norman Hurrle et le clavecin avec Greta Kraus. Il est boursier en orgue Albert Ham au Trinity College de l’Université de Toronto, où il obtient son baccalauréat en musique en 1970. De 1970 à 1972, il étudie, grâce à une bourse avec Hugh McLean, à un diplôme de maîtrise en musique. Il est organiste et chef de chœur à l’église anglicane St. Mary (1970-1975) et à la cathédrale Christ Church (1975-1986) à Vancouver. En 1974, il est membre fondateur de Quorum, un ensemble de six chanteurs. En 1986, il s’installe à Montréal pour devenir directeur artistique de l’Ensemble vocal Tudor et directeur musical de l’église presbytérienne St. Andrew and St. Paul. Il conserve cette dernière fonction jusqu’en 1991. En 1992, il devient directeur musical de l’église St. John the Evangelist. Il fonde aussi le chœur semiprofessionnel Musica Orbium, dont il sera directeur artistique pendant de nombreuses années. Page 22

Enfin, il est directeur musical à la cathédrale anglicane Christ Church de Montréal de 1993 à 2018. Dans le cadre de ses récitals d’orgue, Patrick Wedd crée des œuvres de Thomas Baker, Alex Pauk et Jerome et aux États-Unis. En 1979, il donne le récital inaugural du premier orgue Casavant installé à Adélaïde, en Australie, et en 1982, le récital inaugural de l’orgue Gabriel Kney au Roy Thomson Hall de Toronto. Son style d’interprétation est marqué par une technique prodigieuse et une grande sensibilité vis-à-vis le style du compositeur (son sens de la ligne mélodique est particulièrement aiguisé). Patrick Wedd a composé beaucoup de musique liturgique, dont des messes, des psaumes, des chants, des anthems, des psalmodies, des arrangements d’hymnes, des fanfares et des arrangements du Magnificat et du Nunc dimittis. De plus, il a reçu beaucoup des commandes de différentes chorales au Canada. par Radio-Canada en 1992, de concertos pour orgue de Jongen, Coulthard et Poulenc avec la Philharmonique de Calgary sous la direction de Mario Bernardi et un album d’œuvres pour orgue de Healy Willan enregistré à l’église Saint-JeanBaptiste de Montréal, publié en 2005 par l’éditeur Naxos.

Anniversaires en musique (suite) 1600. Plusieurs d'entre eux ont fait l'objet de publications à travers l'Europe. Pour la petite histoire, je mentionnerai qu'il mourra à Prague où l'empereur Rudolf II l'avait nommé organiste de la cour impériale après l’avoir ennobli de même que ses deux frères. C'était peu de temps après la tristement célèbre Défenestration, à l'origine de la guerre de Trente Ans. Une musique pour clavier à l'ombre de la musique vocale, un Jakob dans l'ombre du grand Hans Leo... Mixtures, numéro 51, novembre 2019


Anniversaires en musique par Yves-G. Préfontaine

Si on a fait grand état, et non sans raison, de la nomination récente de deux jeunes titulaires à la tribune de Saint-Eustache à Paris et de leurs illustres prédécesseurs Jean Guillou et André Marchal, il en est un qui les précéda tous, qu’il convient de citer, et qui vint mourir sur les rives de notre beau SaintLaurent il y a tout juste 75 ans : Joseph Bonnet (1884-1944). S'il est quelque peu tombé dans l’oubli, on ne doit pas perdre de vue qu'il a été un pionnier dans la remise au goût du jour de la musique ancienne, l'œuvre de Bach notamment, et ce, avant même la fin de la Première Guerre mondiale. Originaire de Bordeaux, fils d'organiste, on lui a confié très jeune deux tribunes de cette ville. Son talent rapidement reconnu devait le conduire au Conservatoire de Paris où il a obtenu un Premier prix dans la classe d’Alexandre Guilmant. C'était en 1906, année de sa nomination à Saint-Eustache. Durant quelques années, dans l'entre-deux-guerres, il séjourne aux États-Unis à la demande du gouvernement français. Il y mettra sur pied une des écoles d'orgue les plus prestigieuses qui soit à la chez nous. Il mourra à Sainte-Luce-sur-Mer, et sera enterré au cimetière de l'abbaye de Saintdans la première partie de sa vie. On retiendra en particulier ses Variations de Concert qui apparaissent occasionnellement dans les programmes. Son catalogue comporte également trois opus de 12 pièces auxquels s'ajoutent quelques morceaux isolés. Puisque nous sommes au Québec, restons-y un moment en soulignant le 150e anniversaire de la naissance d’Arthur Letondal (1869-1956). Celuici avait de qui tenir. Son père Paul, Français né près de Besançon brillait comme pianiste, violoncelliste, organiste, compositeur, professeur… Peu de temps après son arrivée au Canada, en 1852, il enseignait au collège Sainte-Marie et touchait, comme allant de soi, l'orgue du Gesù. C'est à la recommandation de son père que le jeune Arthur ira Mixtures, numéro 51, novembre 2019

François Marmontel, puis à Bruxelles avec Alphonse Mailly. Marmontel, on s’en tout pour ses ouvrages théoriques et pour avoir eu Vincent d'Indy, Théodore Dubois, Claude Debussy… Quant à Mailly, élève puis retiendra une carrière brillante d'organiste virtuose, louée par Berlioz. De retour à Montréal, Letondal sera organiste chez les Pères du Saint-Sacrement, puis au Gesù durant près d'un quart de siècle et, enfin à la cathédrale de Montréal où il va succéder à Romain-Octave Pelletier. Il y assumera ses fonctions jusqu'à l'âge vénérable de 80 ans. Il a aussi mené une exceptionnelle carrière de professeur. C'est ainsi qu'on le retrouve à la Société artistique canadienne, à l'Institut Nazareth (au service des non-voyants de 1861 à la fin de 1975), puis, enfin et peut-être surtout, aux Conservatoires McGill et de Montréal. Trois œuvres pour orgue sont parvenues jusqu’à nous : un Offertoire, une Toccate et un Prélude grave. Il est un compositeur qui est vraiment passé sous le radar. Pourtant son écriture tant vocale (madrigaux dans le style italien) qu'instrumentale (peu de choses en vérité : sept pièces) fait le pont entre la Renaissance et le Baroque. Je parle de Jakob Hassler (1569-1622), cadet de la famille d’Isaac Hassler. Originaire de Nuremberg, cette famille formait un quatuor bien établi : le père et ses trois fils. Il est vrai que le frère aîné a toujours été considéré, même de son temps, comme une figure incontournable et qu’il jouissait d’une réputation à tout casser. Il y a plusieurs années, comme cela nous arrive à tous, je fouillais dans les partitions d'un magasin de musique alors que je mis la main sur un recueil de pièces de ce compositeur qui m'était inconnu. Une agréable trouvaille, en vérité, et je dois dire que j'inscris souvent sa Fantasia noni toni à mes programmes. Cent soixante et une mesures d'inventions, d'augmentations ou de diminutions que je n'hésite pas à ranger aux côtés des grandes pages de Sweelinck, par exemple. Mais sa grande popularité lui vint de ses madrigaux, publiés vers (suite, page précédente)

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Ici et là au Québec... Fédération

par Robert Poliquin

Dans le cadre de son 25e anniversaire de fondation, la FQAO a tenu son congrès le 17 juin dernier sur le site enchanteur de l’église Saint-Félix de Cap-Rouge, en banlieue de Québec. Après un repas pris en bonne compagnie dans le décor enchanteur du restaurant Quai 1635, sis sur les berges du fleuve Saint-Laurent et à quelques pas de l’église, les congressistes se sont dirigés vers l’église où l’organiste Claude Lemieux présentait un judicieux programme composé d’œuvres de J. S. Bach, de Bernardo Storace, de Juan Cabanilles et de Nicolas de Grigny. Il a réussi, par toutes les couleurs de cet orgue Guilbault-Thérien de 18 jeux installé en 2001. Ce récital était enregistré pour diffusion ultérieure sur les ondes de Radio Galilée. Lors de l’assemblée générale qui a suivi le concert, des élections se sont tenues pour remplacer Jean-François Downing et Réal Gauthier qui désiraient se retirer après une dizaine d’années de participation. Le conseil d’administration pour l’année 2019-2020 se compose des membres suivants : Harold Thibeault, président; Raymond Perrin, vice-président; Cécile L’Écuyer, secrétaire; Jocelyn Lafond, trésorier; Jean-Félix Bellavance, Emmanuel Bernier, Peter Binsse, Robert Poliquin et Pierre-Paul Ruiz, administrateurs Par la suite, la FQAO a tenu à rendre hommage à deux de ses fondateurs, Robert Patrick Girard membre honoraire ». Le premier a été présenté par son frère Claude tandis que le second l’a été par Michelle Quintal. Pour des raisons personnelles, Gilles Rioux n’a pu être présent; il était représenté par Raymond Perrin.

Montréal

par Raphaël Ashby

Amis de l’orgue

La saison 2019-2020 a été lancée avec un concert « bières et fromages » à l’église Très-Saint-Nomde-Jésus avec, à l’orgue, des étudiants de l’Université McGill : Matthew Johnson, Rosemarie TouPage 24

gas, Alexander Strauss-Fausto, Maria Budáčová et , directeur musical à l’église presbytérienne St. Andrew and St. Paul. Les Amis de l’orgue se sont ensuite rencontrés au Grand Séminaire de Montréal le 13 octobre pour une conférence de Yves-G. Préfontaine sur les toccatas de Johann Sebastian Bach. L’activité était suivie d’un vin d’honneur. La dernière activité de la saison se déroulera en l’église Saint-Léon de Westmount en mai prochain. Lucienne L’Heureux-Arel, organiste titulaire, fera une démonstration de l’instrument. •

Autres concerts

La série « Saints-Anges en musique » se poursuit en l’église Saints-Anges à Lachine. Chaque dernier dimanche du mois, à 15 heures, des invités de marque proposent des programmes variés mettant en valeur le grand orgue Casavant. Consultez le . à l’Oratoire Saint-Joseph. Vous pouvez y entendre tous les dimanches, à 15 h 30, des organistes de partout dans le monde ainsi que des chœurs et autres instrumentistes invités.

Québec

par Emmanuel Bernier

Plusieurs concerts d’orgue se sont déroulés à Québec depuis la dernière livraison de Mixtures. Le Festival du printemps de Saint-Roch, le Festival d’orgue de Sainte-Marie de Beauce et la Série estivale de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec se sont tenus respectivement en mai, en juin et en juillet-août, avec des invités du Québec et d’ailleurs. Le mois de septembre avait à peine débuté que Marie-Hélène Greffard se produisait à CapSaint-Ignace pour commémorer le centenaire de l’orgue Casavant. Le 12, c’est Josep Solé Coll, les deux instruments de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec pour un concertbénéfice au profit de la restauration du grand orgue de tribune.

Mixtures, numéro 51, novembre 2019


Amis de l’orgue

Quant à eux, les Amis de l’orgue ont offert leurs deux derniers concerts de la saison 2018-2019. Le premier, celui de Pierre Bouchard et Louise Fortin, a eu lieu au Palais Montcalm le 19 mai devant une assistance nombreuse et a permis d’entendre les deux instruments de la salle RaoulJobin. L’autre récital, celui de la Rimouskoise Josée April, a été donné à l’église Saints-MartyrsCanadiens le 2 juin pour reprendre celui du mois de mars, annulé pour des raisons météorologiques. Pour leur saison 2019-2020, le traditionnel concert « Portes ouvertes » s’est déplacé cette année au Palais Montcalm le 29 septembre en collaboration avec les Journées de la Culture. L’organiste Denis Gagné et les trompettistes Trent Sanheim et Robert Stoelzel ont fait les délices du public nombreux d’environ 400 à 500 personnes. Une expérience à répéter! Le 26 octobre, le jeune Nathan Laube, un des plus éminents organistes états-uniens, présentait un programme autour de Bach, Rameau, Duruflé et Franck. L’organisation recevra également deux organistes de chez nous, Suzanne Ozorak et François Grenier. Ils joueront tous deux à Saints-Martyrs-Canadiens dans des programmes fort éclectiques, respectivement le 16 novembre et le 1er mars. Le 26 mars, JeanWilly Kunz, organiste de la Maison symphonique de Montréal, se produira avec l’Ensemble Inspiration au Palais Montcalm dans un programme jazz. De la grande visite de France ensuite avec Baptiste-Florian Marle-Ouvrard (Saint-Eustache), le 3 mai, et Vincent Dubois (Notre-Dame) le 19 juin en collaboration avec le Concours d’orgue de Québec. •

Autres concerts

Parlant de François Grenier, il reprenait sa série de concerts d’orgue à l’église Saint-Félix de CapRouge. En plus de se produire lui-même, il a demandé à François Zeitouni et à Robert Patrick Girard de mettre en valeur l’instrument à traction mécanique. Claude Lemieux, qui présentera une conférence sur le relevage de l’instrument de Loretteville le 16 février pour les Amis de l’orgue, a également, au début octobre, lancé le disque Confidences baroques, réalisé en compagnie de la soprano Andrée-Anne Laprise et de la flûtiste Louise Le Comte-Poirier. Pour fêter le cinquantenaire du Wilhelm, il a également convié plusieurs organistes à participer à une série ComeBach. La série s’ouvrira le 23 novembre par un concert de JeanWilly Kunz. Mixtures, numéro 51, novembre 2019

2019 est également l’occasion de commémorer la disparition du claveciniste Scott Ross, décédé il y a 30 ans. Richard Paré et quatre clavecinistes en profiteront pour lui rendre hommage au Palais Montcalm le 1er décembre avec un récital d’orgue et de clavecin. Un mot, en terminant, sur la série de concerts du Musée de l’Amérique francophone, parrainée par Florence et Hubert Laforge. La série donnera notamment l’occasion cette année d’entendre, au Préfontaine, Claude Lemieux, l’Italien Guido Morini, le Français Olivier Baumont et le Britannique David Briggs. À suivre!

Estrie

par Louis Brouillette

Le conseil d’administration des Amis de l’orgue de l’Estrie est fier d’annoncer que la première édition du Festival d’orgue de la cathédrale Saint-Michel a été couronnée de succès. Chacun des trois concerts a attiré une foule d’environ 200 personnes ! Face à l’engouement qu’a suscité cette nouvelle série, une deuxième édition se tiendra en juillet dans la qualité des prestations musicales et la couverture médiatique. En fait, le service des communications de la basilique-cathédrale Saint-Michel a effectué un travail remarquable, entre autres, en insérant une publicité dans le dépliant des Concerts de la Cité et en organisant Chantal Boulanger. Le premier concert du festival, intitulé « Cathédrale en écho », a eu lieu le mercredi 10 juillet. Les œuvres au programme ont été interprétées par quatre organistes estriens : Chantal Boulanger, Louis Brouillette, Cécile L’Écuyer et Maryse Simard. La pièce finale pour deux orgues – L’arbre du bien et du mal du Sherbrookois Marc O’Reilly – a suscité un grand enthousiasme dans le public… autant que chez ses interprètes. Le 17 juillet, l’organiste Michelle Quintal a interprété des œuvres de Bach, Krebs, Mendelssohn, Jean Morissette et Bernard Piché. Le festival s’est clôturé le 24 juillet avec un concert de Louis Brouillette consacré exclusivement à la musique d’orgue du Québec. Ce fut l’occasion d’entendre les univers musicaux contrastés de Denis Bédard, Gilles Fortin, Yves Granger, Laurence Jobidon, Jocelyn Lafond, Marc O’Reilly, Bernard Piché et Gabriel Tousignant. Page 25


Amis de l’orgue

La saison régulière 2019-2020 comprend les cinq concerts suivants : « Orgue et saxophone jazz ». 6 octobre 2019, à 15 h. Chapelle St. Mark de l’Université Bishop’s. Richard Savoie, saxophone jazz, et Louis Brouillette, orgue. «

,

orgue. «

. Église Plymouth-Trinity. Chœur Piacere, sous la direction de Chantal Boulanger, et Louis Brouillette, orgue.

«

, à 14 h. Église Saint-Jean-Baptiste. Jocelyn Lafond, orgue.

« France et Allemagne ». 29 mars 2020, à 15 h. France Veilleux, orgue. Un concert hors-série sera présenté le 13 juin 2020 à la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke avec l’organiste Mélanie Barney et l’Ensemble à vents de Sherbrooke. Au programme : une œuvre d’envergure de Marc O’Reilly sur les vitraux de la basilique-cathédrale SaintMichel. Des informations supplémentaires à ce sujet seront publiées dans le prochain numéro de Mixtures.

Rimouski

par Gérard Mercure

Amis de l’orgue

La saison musicale revient au calendrier de 20192020 avec ses cinq concerts, dont un réservé à la relève. Un premier concert aura déjà eu lieu. Sous le titre « Tuyaux et pistons », l’église Saint-Pie X a vibré des accents de l’orgue et de la trompette avec Denis Gagné à l’orgue et Trent Sanheim à la trompette. Les autres concerts à venir feront l’objet de la chronique dans le numéro de Mixtures du printemps 2020.

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Ce duo orgue et trompette a attiré un rare public qui, ces dernières années, a tendance à délaisser nos concerts pour diverses raisons : une seule église à Rimouski possédant un orgue de concert, un public vieillissant ou qui vit maintenant dans les résidences et des tours d’habitation offrant leurs propres activités sociales et culturelles, et une jeunesse rivée à son téléphone cellulaire. Telles sont les principales raisons dont fait état un document des Amis de l’orgue de Rimouski à la suite d’un Lac-à-l’épaule en avril dernier. Des suggestions, comme renouer avec les anciens lors des concerts et la présentation d’activités en collaboration avec les animateurs des résidences de retraités, ont été avancées. Pour rejoindre les jeunes, les Amis de l’orgue vont s’associer plus étroitement encore au Conservatoire et à l’École de musique pour offrir des séances d’initiation à l’orgue et organiser des concerts d’élèves, en espérant rejoindre du même coup la famille élargie de chaque étudiant. •

Autres concerts

Le dimanche 21 juillet avait lieu, en l’église SainteCécile du Bic, un concert d’orgue au profit de la paroisse. Josée April, organiste professeure au , saxophoniste, étudiant au Conservatoire de Rimouski ont apporté une contribution toute , organiste à l’église Notre-Dame-de-la-Sagesse à Paris. Ce concert a permis à l’assistance d’entendre des œuvres de J. S. Bach, Jean Langlais, Louis James Alfred Lefébure-Wely, Alessandro Marcello, Johann Pachelbel, Josef Rheinberger et Camille Saint-Saëns. Le 22 septembre 2019 avait lieu en l’église de Saint-Isidore de Beauce, sur le Déry 1889, un concert organisé par trois jeunes artistes : Kristina Grondin, tous deux organistes. À l’invitation d’Étienne, mon petit-neveu, je suis allé installer un grand écran et quatre caméras pour ce concert. Au programme : des arias de Händel avec Kristina, des œuvres classiques pour orgue avec Étienne et Dominic, ainsi qu’une improvisation en style libre par ce dernier. Ce concert intime a rassemblé une cinquantaine d’auditeurs par un beau dimanche après-midi, ce qui constitue une bonne assistance pour un concert d’orgue. Une initiative réalisée avec l’appui du comité d’animation de l’église et l’encouragement d’une dizaine de commanditaires locaux. Une belle éclaircie dans le ciel un peu incertain de l’orgue en région!

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Parutions par Robert Poliquin Confidences baroques Andrée-Anne Laprise, soprano; Louise Le Comte-Poirier, flûte; Claude Lemieux, orgue Wilhelm, Opus 13, 1969 (II/P, 18 jeux/23 rangs) Église Saint-Ambroise, Québec (Loretteville) à perfection dans un répertoire baroque connu. On y retrouve des œuvres de J. S. Bach, de Haendel, de Pachelbel, de Telemann, de Purcell, de Krebs, de Scarlatti, de Storace, de Caccini comme accompagnateur de la flûte, l’orgue se fait tantôt discret, tantôt vif et dynamique. Cet enregistrement nous enveloppe de sérénité et est idéal pour une écoute paisible et relaxante. Un petit bijou ! Disques Organum, 1920 032019 (2019) Disponible à : - Maison Radio Galilée, 3196 chemin Ste-Foy, Québec G1X 1R4 - Église Sainte-Ambroise, 277 rue Racine, Québec G2B 1E7 - www.claudelemieux.ca

The Pipes Are Calling James Box, trombone; Jean-Willy Kunz, orgue Casavant, Opus 3900, 2014 (IV/P, 83 jeux/116 rangs) Maison symphonique, Montréal Le répertoire de ce disque sort des sentiers battus tant par sa combinaison trombone-orgue que par les œuvres présentées. Datant du Moyen-Âge et muni d’un tuyau en forme de « S » au XVe siècle, cet instrument est rarement entendu en tant que . On retrouve ici quelques transcriptions par les interprètes ainsi que des œuvres de compositeurs plus connus tels d’œuvres spécifiquement écrites pour cette formation par Bernhard Eduard Mueller, Arthur Pryor, Harald Genzmer, Malcolm Forsyth. Agréable découverte ! Éditions ATMA, ACD2 2767 (2019) Note : Le livret contient une description détaillée de l’orgue Casavant de la Maison symphonique.

Mixtures, numéro 51, novembre 2019

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Amanda Mole : Organ Recital Marcussen & Son, 1984 (III/P, 41 jeux, 57 rangs) Musashino Civic Cultural Hall, Tokyo (Japon) L’artiste est la lauréate du Premier prix du 8 e Concours international d’orgue de Musashino en 2017. Elle nous présente ici un récital dont les œuvres vont de Dietrich Buxtehude à Nico Muhly en passant par Nicolaus Bruhns, J. S. Bach, Max Reger, Jehann Alain et Olivier Messiaen. La polyvalence de cet orgue à traction mécanique est remarquable, et l’artiste y démontre une superbe technique. Pour ma part, même si j’ai apprécié le récital au complet, sur quoi j’ai réellement accroché est sa superbe prestation du « Dieu parmi nous », extrait de « La Nativité », de Messiaen. À découvrir absolument ! Éditions NAXOS, 8.573912 (2019)

Bach to the Future Orgue Thierry 1733 / F.H. Cliquot 1788 / Cavaillé-Coll 1867 / Hermann 1959 / Boisseau 1960 et suivantes / BoisseauEmeriau-Giroud-Synaptel 1992 / Cattiaux-Quoirin 2012, (V/P, 130 jeux, 144 rangs) Cathédrale Notre-Dame, Paris (France) Olivier Latry Comme tous le savent, un incendie a lourdement endommagé la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier, n’épargnant guère les orgues. Des lourds dégâts ont été constatés à l’orgue de chœur. Toutefois, la dalle de béton qui relie les deux tours de façade a offert une certaine protection à l’orgue de tribune, détruisant seulement la console installée en 2012. À première vue, la tuyauterie s’en tirera avec seulement d’une épaisse couche de poussière et de suie. Il faudra que la structure de la cathédrale soit d’abord sécurisée avant qu’une inspection détaillée de l’orgue de tribune ne soit effectuée. Cet enregistrement, par Olivier Latry, est le dernier qui a été réalisé sur cet instrument avant le drame du 15 avril. Il est entièrement consacré à musique de J. S. Bach et à l’imagination d’Olivier Latry. La prestation est d’une précision phénoménale, et son jeu est brillant et expressif sans qu’il ne verse dans l’expressionnisme. Les tempi ne sont jamais trop rapides et on peut même qualifier l’approche d’orthodoxe. On ne peut qu’admirer Olivier Latry pour cette prestation. Le livret d’accompagnement, présenté en français, en anglais, en allemand et en japonais, est magnifique. Pour les audiophiles, cet enregistrement en vaut la peine et pour les collectionneurs, c’est un incontournable. La Dolce Volta, LDV 69 (2019) Page 28

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J. S. Bach : Concertos for Organ and Strings Les Muffatti Bart Jacobs, orgue Thomas, 2013 (II/P, 24 jeux, 17 rangs) Église Notre-Dame et Saint-Léogare, Bornem (Belgique) Un autre disque de musique de J. S. Bach me direz-vous. Oui, c’est vrai, mais il est un peu différent. On connait au moins cinq concertos pour orgue solo de J. S. Bach qui sont, pour la plupart, basés sur des œuvres d’Antonio Vivaldi, mais aucun concerto pour orgue avec accompagnement orchestral qu’il ait réellement composé. Parmi ses plus de 200 cantates, 18 présentent un orgue obligé qui est utilisé comme soliste dans certains airs, mouvements de chœur et sinfonies. C’est de cette observation qu’est né le projet de cet enregistrement. En regroupant différents mouvements de cantates par tonalités, on obtient des possibles (?) concertos. L’enregistrement en présent quatre : deux en ré mineur, un en ré majeur et un en sol mineur. S’y ajoutent trois sinfonies. Un coup de cœur ! Musique connue et agréable. Disques RAMÉE, RAM 1804 (2018) Art & Rhapsodie Alcée Chriss III, orgue Casavant, Opus 3900, 2014 (IV/P, 83 jeux/116 rangs) Maison symphonique, Montréal Voici le premier disque du lauréat du Concours international d’orgue du Canada en 2017. Quand un artiste enregistre un premier disque, on s’attend à une présentation classique d’œuvres assez connues allant du baroque au contemporain. Or, dans ce cas-ci, on a droit à un programme tout à fait . Bach avec un de ses concertos pour orgue, l’artiste nous plonge directement dans le XXe siècle avec des œuvres peu connues telles qu’une Fantaisie Chorale de Percy Whitlock, une Étude de Jeanne Demessieux et la Toccata de Jean Guillou. Par la suite, l’artiste amorce une première personnalisation de son programme. Il nous offre sa propre transcription des Danses symphoniques de Sergei Rachmaninov et son propre arrangement de la Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner, œuvre dans laquelle il fait montre d’une superbe virtuosité. Nous apparaît ensuite une autre facette de l’artiste : celle de l’improvisateur, où transparait sa formation en jazz. En effet, trois improvisations sont basées sur des thèmes d’Art Tatum, de John Coltrane et de Vincent Youmans. Il ajoute enfin une improvisation-hommage à Jean Guillou. C’est un disque tout en belles découvertes. Le grand orgue de la Maison symphonique se prête admirablement à toute cette . Disques ATMA, ACD2 2782 (2019) Mixtures, numéro 51, novembre 2019

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Revue des revues par Robert Poliquin

L’orgue francophone / Bulletin de l’orgue francophone, FFAO, 13 rue de Balzac, 93600 Aulnay-sousBois, France.

V 51, No 202, Août 2019 : L’orgue dans la Revue et Gazette musicale de Paris (1834-1880) 14e partie — L’orgue Leeflang de l’ancien prieuré d’Herchies replacé en la chapelle du Saint-Sacrement de la collégiale Sainte-Waudru à Mons — Orgues en Campagnes, absl nalinnoise — Partitions : Quatre Pièces (Auguste Verrees), Ballades d’Echternach (Tatsiana Zelianko).

de Vendée — Route des orgues en Vendée : La Roche

SUISSE

FRANCE

La Tribune de l'orgue R e v u e s u is s e r o m a n d e , Guy Bovet, CH-2000 Neuchâtel, Suisse

. , France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) No 45, Été 2019 : Dans les secrets de Saint-Sulpice : les orgues et les organistes — Élise Léonard : la passion au quotidien — L’art incandescent de Jean Guillou — Des messes de Titelouze découvertes — Pierre Camonin (1903-2003) — Les trois orgues de la cathédrale de Saint-Malo — L’orgue de Notre-Dame-des-Neiges de l’Alpe d’Huez. de la Montagne / .

Association Élisabeth Havard Actualités.

No 149-152, 39e année, 2018 : Les orgues et organistes d’Argenteuil (Val-d’Oise) — Jean-Pierre Rampal, flûtiste au doigts d’or — Antoine Coizet, prêtre-musicien — Louis Ermel, Prix de Rome 1823 — Orgues et organistes de l’église Saint-Louis-des-Invalides — José Razador, ténor belge — Étienne Vatelot, magicien du son — Jules Duprato, contributeur de La Marseillaise — L’interprétation de la musique pour orgue de Bach au XXe siècle — Quelques glanes sur Albert Bertelin — Victor Gallois, rénovateur du Conservatoire de Douai — Légende du forgeron Biscornet et les ferronneries des portes de Notre-Dame — Toussaint Poisson, théoricien, pédagogue et compositeur — Revue des revues — CD et partitions d’Élisabeth et Joachim Havard de la Montagne. BELGIQUE . V 51, No 201, Avril 2019 : L’orgue dans la Revue et Gazette musicale de Paris (1834-1880) 13e partie — Restauration de l’orgue Walcker (1908, opus 1444) de Bovesse (La Bruyère) — Partitions : Six Pièces (Auguste Verrees), Instantané (Félix Snyers).

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— Récits et

CANADA Organ Canada / Orgue Canada / Journal bimensuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO/ CRCO), 414-15 Case Goods Lane, Toronto, ONM5A 3C4 V 32 No 1, Winter 2019 : Remembering Peter M. Partridge — Nineteenth-century organ building in the St. Lawrence Valley, Part 4 — Reviews of the RCCO 2018 Calgary Organ Festival — An appeal for potential instruments worthy of citation. V 32 No 2, Spring 2019 : Couperin’s Organ Part 3 — A retrospective look at a Royal Albert Hall organ event. V 32 No 3, Summer 2019 : Interview with TorontoCentre member Johanne Hart — A summer of musicmaking in old Jerusalem — Hands-on experience : Some organs of Madrid, Barcelona, and Valencia. V 32 No 4, Fall 2019 : Reviews of RCCO 2019 Halifax Organ Festival — 2019 National Organ Playing Competition —Tributes to Derek Holman and Patrick Wedd.

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ÉTATS-UNIS (OHS), P.O. Box 26811, Richmond, VA 23261

The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005 music of Klaus Huber — The Class of 2019 : 20 leaders under the age of 30 — Feature: Saving Organs 101, Foley-Baker.

— Feature: Christ Episcopal Church, Tuscaloosa, AL; Orgues Létourneau, Opus 132, (III/P, 43/38) V 110, No 7, July 2019 : J. S. Bach’s Organ Music and Lutheran Theology : The Clavier-Übung, III — Feature: Westport Presbyterian Church, Kansas City, MO; Pasi, Opus 24

The American Organist / journal of the american guild of organists (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115

V 53, No 5, May 2019 : Beethoven’s Organ

V 110, No 9, September 2019 : An analysis of the 1755 John Snetzler Organ, Clare College, Cambridge, restored by William Drake Ltd. — Feature: University of Michigan, Organ Department, School of Music, Theatre and Dance, Ann Arbor, MI.

V 53, No 6, June 2019 : In Memoriam : Marilyn Mason — Charles Tournemire’s Organ

V 53, No 7, July 2019 : William Albright’s Whistler (1834-1903: Three Nocturnes

— Feature: Main Street United Methodist Church, Abbeville, SC; Kegg (II/P, 30/10)

V 110, No 10, October 2019 : The 2019 Olivier Messiaen Competition : Church of St. Pothin and the AuditoriumOrchestre National de Lyon, France — An interview with Paul Jacobs — A formidable sisterhood : a review of the 2019 Musforum Conference, Northfield, MN — Feature: Church of the Redeemer, Chestnut Hill, MA; Schoenstein (III/P, 48/31)

V 53, No 8, August 2019 : A most courteous competition : Widor and Fauré — David Ashley While on Composing and Commissioning New Music

— Joyce Finch Johnson : A legacy to Spelman College, Atlanta, and Beyond — Musical Masters, Maladies and Mortality : Review of Jonathan Noble’s book That Jealous Demon, My Wretched Health : Disease, death and composers

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