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Numéro 50

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org

Mai 2019


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Yves-G. Préfontaine Michelle Quintal

Les organistes 6

La dame du jubé : Blandine Naud-Paré (1913-2003) Les instruments

Collaborateurs à ce numéro Raphaël Ashby, Don Belval, Emmanuel Bernier, David Bousquet, Louis Brouillette, Robin Côté, Denis-Alain Dion, Claude Lemieux, Gérard Mercure, Claude-Robin Pelletier, Robert Poliquin, Yves-G. Préfontaine, Jacquelin Rochette, Anne Rogier-Lagacé, Michelle Quintal

Congrès FQAO 2019

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Révision

L’orgue Casavant, Opus 9 Un nouvel orgue pour le Grand Séminaire de Québec Un Guilbault-Thérien renaît à Rimouski La facture d’orgue dans la vallée du Saint-Laurent au début du XIXe siècle (4e partie et fin) Les activités

Marcelle Maheux, Gérard Mercure Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre

Date de tombée : 1er du mois précédent

Abonnement réservé aux membres www.fqao.org, onglet « membre »

Les chroniques 25

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, rue du Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Mai 2019 ISSN 1201-5741

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Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Montréal - Québec - Estrie - Rimouski - Drummond Parutions Revue des revues

En couverture : Casavant, Opus 565, 1914 / Opus 1851, 1946 Reconstruction : Létourneau, Opus 35, 1992 Quatre claviers et pédalier 69 jeux, 99 rangs Traction électropneumatique Cathédrale de l’Assomption Trois-Rivières. QC

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Mixtures, numéro 50, mai 2019

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1994 — 2019 25e anniversaire

c o n g r è s

Québec (secteur Cap-Rouge) - Église Saint-Félix 11h30 12h00

13h30 14h00 14h15

15h00 15h30 16h00 17h00 18h00

Arrivée des participants et inscriptions Dîner Restaurant Quai 1635 4155, chemin de la Plage Jacques-Cartier Québec G1Y 1W3 (418) 651-7824 Départ pour l’église Saint-Félix (à pied) Présentation de l’orgue Récital Orgue Guilbault-Thérien, Opus 48, 2001 (II/P, 18 jeux) Claude Lemieux, récitaliste Visite à la tribune de l’orgue Départ pour la salle communautaire (à pied) Assemblée générale Hommage à deux membres fondateurs de la FQAO : Robert P. Girard et Gilles Rioux suivi d’un vin d’honneur Fin des activités

Tarification : Jusqu’au 31 mai Après le 1er juin Membre FQAO et membre de société fédérée 60 $ 65 $ Non membre 75 $ 80 $ Le montant excédentaire (15 $) peut être déduit de la cotisation 2019-2020 pour devenir membre individuel de la FQAO. Étudiant 30 $ 30 $

f q a o

Il est recommandé de stationner gratuitement sur le terrain de l’église et de faire les trajets aller-retour à pied et en groupe. La tarification comprend toutes les activités incluant le dîner. Les prix et activités au programme sont sujets à changements sans préavis, à la discrétion de la FQAO. Le tarif préférentiel offert aux étudiants est accordé seulement aux étudiants inscrits à plein temps. Les inscriptions peuvent être faites en ligne (Doodle) ou par la poste en utilisant le formulaire disponible à www.fqao.org, à l’onglet « congrès ». Peu importe la méthode d’inscription choisie, il est possible de payer les frais d’inscription en utilisant le paiement par PayPal, section « divers » à www.fqao.org, à l’onglet « paiements (PayPal) ». Informations : info@fqao.org

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Issu d’une famille d’organistes de Rivière-du-Loup, Robert Patrick Girard obtient un Premier prix d’orgue au Conservatoire de Québec. Il se perfectionne pendant plusieurs années avec Marie-Claire Alain, à Paris et avec Anton Heiller, à Vienne, où il obtient le diplôme de concert de la Hochschule für Musik avec mention spéciale. Il donne de nombreux récitals en Europe, aux États-Unis et au Québec. Professeur au Conservatoire de musique du Québec à Chicoutimi durant plus de 25 de l’orgue et de la musique. Il est organiste à l’église Saint-Dominique de Québec depuis plus de 50 ans et a écrit plus de 200 œuvres ou d’arrangements pour diverses formations instrumentales ou vocales. Il a une quinzaine d’enregistrements à son actif. Gilles Rioux est né dans le Bas-Saint-Laurent. Après des études en piano et en orgue où il obtient, dans la classe de Gaston Arel, un Premier prix d'orgue. Il travaille également l'improvisation à l'orgue avec Raymond Daveluy. En 1992, il remporte le Premier prix au Concours d'orgue Claude-Lavoie (Concours d’orgue de Québec). Titulaire de l'orgue de la basilique Notre-Dame-du-Cap de Trois-Rivières de 1989 à 2004, il collabore avec plusieurs chœurs de la région. Comme organiste interprète, improvisateur et accompagnateur, il donne de nombreux concerts au Canada et à l'étranger. Gilles Rioux est également compositeur. Il a écrit pour orgue, pour piano, pour différentes formations instrumentales et vocales ainsi que pour grand orchestre. De 1992 à 2005, il est administrateur à Pro Organo (Mauricie). Il participe à la fondation de la FQAO où il servira sur le conseil d'administration jusqu'en 2005.


La dame du jubé : Blandine Naud-Paré (1913-2003) par Michelle Quintal

Élise Paré-Tousignant est décédée en 2018. « Cette grande artisane du monde musical » ainsi que la qualifiait Paul Cadrin (dans le numéro de Mixtures en novembre dernier), a été la flamme de la vie culturelle au Québec et particulièrement à Deschambault, son village natal. Elle était la fille de Blandine Paré qui, pendant plus de soixante ans, a été l’organiste de la paroisse. Il m’apparaît opportun de faire connaître cette musicienne d’une autre génération.

Née à Deschambault le 13 septembre 1909, Blandine Naud est issue d’une famille de musiciens. Sa tante maternelle, Jeanne Gauthier-Dionne avait même été organiste de la paroisse. Après de sérieuses études de piano au couvent de son village, avec les Sœurs de la Charité de Québec, elle est nommée organiste à l’âge de 17 ans. Elle apprend plutôt par elle-même ce métier qui

un accompagnement ou encore une cadence pour rallonger une pièce afin de meubler quelques minutes de silence entre deux actions de l’officiant, etc. À l’âge de 22 ans, elle se marie avec Victor Paré « que j’ai connu au jubé ». De cette union sont nés six enfants qui ont tous appris la musique. Élise et Marie-Andrée sont devenues des musiciennes professionnelles. Son métier fait partie de sa vie de tous les jours. Elle et son mari, qui, entre-temps est devenu maître de chapelle, amènent leurs enfants à l’église. Sa fille Élise se rappelle l’avoir vue jouer les vêpres avec un de ses fils à côté d’elle, endormi sur le banc d’orgue. Blandine Paré raconte avec fierté avoir donné naissance à son troisième enfant entre la grand’messe et les vêpres. Toute la famille est invitée à venir chanter aux saluts du Saint-Sacrement qui ont lieu tous les soirs de leur mère fait la voix d’alto. C’est l’amour de la musique et du travail bien fait qui motivent cette organiste, et non le salaire. Qu’on en juge par les faits suivants : le docteur Alexis Dufresne, premier organiste en 1897, était payé 100 $ par année tandis que le souffleur, lui, recevait 15 $. En 1940, Blandine Paré est payée 150 $ par année, salaire payé en deux versements de 75 $ chacun, en juin et en décembre. On lui donnait 1 $ pour les mariages et les funérailles. En 1954, ses chantres ont demandé pour elle une augmentation. Son salaire est alors passé Page 6

à 250 $. Cette même année, dans la région de Montréal, on rétribuait une jeune organiste sans expérience 300 $ par année. « Le premier organiste du lieu, Alexis Dufresne, fait des démarches auprès des marguilliers et du curé afin que l’église soit dotée d’un instrument de la maison Warren, remplaçant ainsi l’harmonium Schiedmeyer utilisé pendant une vingtaine d’années. L’orgue Warren & Son est installé, en très restreint, ce qui explique la forme inusitée de la Soubasse dont l’extrémité supérieure est recourbée. L’instrument est déplacé, en 1904, dans la tribune supérieure-ouest où il se trouve depuis ». (Site des orgues du Québec). Dans les années 1960, l’orgue Samuel Warren & Son montre des signes de fatigue : cornements, notes qui ne jouent plus, etc. Rien d’étonnant à cela, cet instrument n’ayant pas été accordé tous les ans, « On dépassait même deux ans », nous révèle madame Paré. Plutôt que de penser à le Mixtures, numéro 50, mai 2019


restaurer, on pense à le vendre pour en acheter un autre, « supposément très bon, provenant du Conservatoire de Montréal ». C’est la période noire où les Québécois vendent facilement leurs antiquités aux Américains. Devant le danger de perdre l’instrument qu’elle aime, et convaincue de la nécessité de le faire réparer, Mme Paré a l’heureuse idée de communiquer avec l’abbé Antoine Bouchard qu’elle connaît. Ce dernier lui conseille de faire appel à un marguillier dont elle apprécie le jugement. À la réunion du conseil de fabrique, le marguillier Beaudry demande : « Monsieur le curé, êtesvous un connaisseur en matière de réparation d’orgue? » Devant la réponse négative du curé Tessier, il se tourne vers les autres marguilliers. « Connaissez-vous ça? » Face à leur ignorance, il ajoute : « L’abbé Bouchard connaît ça, lui. On va demander le facteur qu’il nous conseille ». À l’automne 1966, Karl Wilhelm restaure l’instrument pour la somme de 5 671,47 $. Entre autres choses, il guérit le sommier qui fuyait et remplace le jeu de trompette qui avait disparu. Il faut dire que le curé précédent, qui n’aimait pas le son de l’orgue quand on en jouait fort, avait donc vendu les qu’on va faire, monsieur le curé, si le Jugement dernier arrive maintenant et qu’on n’a pas la trompette pour l’annoncer? » lui avait dit Mme Paré avec beaucoup d’humour. Bouchard, secondé par Gérard Morisset et appuyé par les paroissiens (entre autres l’organiste elle-même et l’antiquaire Jean-Marie T. Du Sault), la Commission des biens culturels du Québec classe ce bel instrument en 1965. À la suite de ce classement obtenu, le ministère des Affaires culturelles du Québec fournit, pour sa part, 2 268,59 $ pour la restauration de l’orgue. Gérard Morisset, secrétaire à la Commission des monuments et des sites historiques, est aussi organiste; ancien élève d’Henri Gagnon, il connaissait cet instrument depuis 1911. Son père, lui-même organiste à CapSanté (une paroisse voisine), l’avait amené à Deschambault à l’occasion de funérailles. Il lui avait fait remarquer le beau timbre de la montre et la résonnance joyeuse de l’ensemble du Warren. (Lettre du 27 novembre 1963 à Antoine Bouchard). Mentionnons que sur ces 18 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier droit, Serge Laliberté m’informe que « le 11 mai 1978, par une magnifique journée de printemps », il a enregistré des œuvres d’Arauxo, Muffat, Zipoli, Buxtehude et J. S. Bach pour la série Les orgues anciens du

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Karl Wilhelm retouche cet instrument. Antoine Bouchard en témoigne : « Profitant de travaux de recuirage du réservoir, il rebranche la pompe à main d’origine. Si bien que depuis, l’organiste peut choisir d’alimenter les tuyaux soit avec la soufflerie électrique, soit plutôt avec la pompe manuelle, précieux et rare vestige d’une technique à peu près disparue ». (livret accompagnant le CD Orgues anciens du Québec) En effet, en 1918, on avait installé une soufflerie électrique pour alimenter le sommier en vent. C’est Gaudias Gosselin qui, de 1893 jusqu’en 1918, avait été engagé comme souffleur afin d’actionner la pompe manuellement. En 1965, Blandine Paré devient veuve. Son mari, Victor, maître de chapelle pendant 40 ans, est décédé. On augmente alors le salaire de l’organiste à 60 $ par mois. L’année 1965, c’est aussi l’année du renouveau liturgique. Le curé de ce mais chantez en français ». Il voulait aussi que les chantres descendent dans la nef. L’organiste alors demande conseil à l’abbé Elzéar Fortier, docteur en musique de l’Université Laval. « La place de la chorale est au jubé, elle sert alors d’exemple à la foule », lui a-t-il répondu. Mme chantres ne veulent pas descendre dans la nef ». Ce fut une période difficile. Blandine Paré doit user de résistance passive. Elle sépare dans le répertoire imposé « le bon grain de l’ivraie », se laissant guider par son intuition musicale. « Je travaille toutes les pièces même si je ne les aime pas, et si l’une d’elles me revient à la mémoire le lendemain matin, c’est un signe que l’oreille peut en capter facilement le sens mélodique ». Heureusement, quelque cinq ans plus tard, le curé Irénée Tessier annonce : « Mme Paré, Sa Sainteté le pape Paul VI nous demande de chanter le commun de la messe en latin ». « Monsieur le curé, dès dimanche prochain ». « J’ai pensé avoir rêvé et pourtant il faisait jour », nous confie-t-elle. Le curé s’appuyait sur le texte de la constitution conciliaire de Paul VI qui disait reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine : c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques (…) doit occuper la première place ». On a ainsi renoué avec la tradition. Déjà en 1956, Claude Tessier, de l’Université Laval, était venu enseigner le chant grégorien dans tout le comté. Les conseils de fabrique défrayaient le prix de ce cours et invitaient les organistes à y assister afin qu’ils puissent bien accompagner. En 1929, l’abbé Robert Gauthier, oncle de Blan– Page 7


de Portneuf pour donner ce cours. Mme Paré a aussi joué les funérailles à CapSanté pendant 20 ans. Elle remplaçait ainsi sa aux études. Mme Paré a continué de rendre ce service à l’organiste qui lui a succédé. En 1986, la Société du vieux presbytère de Deschambault se joint à la famille de Blandine Paré pour fêter son 60e anniversaire d’organiste liturgique. Le curé Raymond Larochelle a entonné le Salve Regina, repris ensuite par la chorale à laquelle s’est jointe la voix fort juste de cette jeune dame de 76 ans; « Quand on chante, on prie mieux » dit-elle. Marie-Andrée, sa fille, a interprété le Panis angelicus de César Franck et la chorale a chanté la messe était à l’orgue. Afin de remercier l’abbé Antoine Bouchard, ami de la famille, qui concélébrait, elle a joué à la fin de la messe, la Marche pontificale de Gustave Gagnon, un rappel que la mère de l’abbé jouait cette pièce à l’orgue de Saint-Philippe-de-Néri. Rappelons que précédemment, à l’occasion du 50e avait donné un concert d’orgue. Elle venait de gagner un Premier prix dans la classe de Gaston Litaize, au Conservatoire de Saint-Maur où elle était allée étudier après avoir terminé sa maîtrise en interprétation dans la classe d’Antoine Bouchard. Sur les ondes de Radio-Canada, à l’émission Portrait d’organiste (Tribune de l’orgue) réalisée par Jacques Boucher et diffusée le 27 août 1989, on y entend madame Blandine chanter et raconter ses souvenirs d’organiste d’église. Sa fille, Marie-Andrée, y interprète des pièces du répertoire.

personnes à la promotion et à l’essor de la vie culturelle dans les diverses régions du pays. Les paroissiens qui étaient de la fête n’avaient pas besoin qu’on leur explique pourquoi cette reconnaissance de mérites advenait à madame Paré, eux qui, depuis 1926, avaient pu bénéficier des talents d’organiste et d’animatrice de madame Paré pour les liturgies dominicales et festives et, notamment, pour les réputées pendant 67 ans et de façon

, il fallait non seulement des dons d’artiste mais aussi, quand on est mère de famille comme madame Paré, un courage et une générosité qui en disent long sur la grandeur d’âme de cette dame demeurée d’une modestie confondante qui ajoute encore à son charme toujours aussi printanier. Les organisateurs de la fête ont eu l’heureuse idée d’offrir à madame Paré et aux invités un concert de la soprano MarieAndrée Paré et de l’organiste Richard Paré, deux de nos meilleurs interprètes. Ceux-ci avaient choisi un répertoire parfaitement agencé à la circonstance : des arias d’inspiration religieuse de compositeurs québécois et des et émouvante la richesse spirituelle d’une carrière, d’un lieu et d’une tradition locale faite de beauté et de noblesse. C’est bien là une des causes auxquelles la grande dame de Deschambault aura voué une part importante de son activité. Heureusement pour nous, cette activité est loin d’être terminée et prend d’autres formes non moins précieuses à ceux qui l’aiment et qui l’admirent. » (Bulletin des Amis de l’orgue de Québec, no 62, avril 1994) le 23 mars 2003.

liturgique : « Le dimanche 28 mars 1993, l’admirable église de Deschambault s’est remplie en aprèsmidi d’une foule venue assister à la célébration entourant la remise du prix Lescarbot à madame Blandine Naud-Paré. Ce prix ─ institué par le gouvernement canadien en hommage à Marc Lescarbot (1670-1730) avocat, poète et historien qui a introduit le théâtre en NouvelleFrance et fondé l’Ordre du bon temps ─ veut souligner la contribution insigne de certaines Page 8

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Dix ans plus tard, à l’occasion du tricentenaire de la paroisse Saint-Joseph de Deschambault et grâce à l’instigation d’Élise Paré-Tousignant, de Deschambault, des œuvres de J. S. Bach, Buxtehude, Stanley et Boëllmann. M. Paré a eu l’heureuse idée d’ajouter à son programme des œuvres de compositeurs québécois issus de trois générations différentes, tels Arthur Bernier, Omer Létourneau, Claude Lavoie et Denis Bédard. Ce CD, produit par la Fabrique de Deschambault, est dédié à Mme Paré ainsi qu’aux femmes organistes qui se sont succédé à cette console. Notons que dans le texte accompagnant ce CD, l’antiquaire Jean-Marie T. Du Sault nous livre des détails savoureux au sujet du patrimoine religieux de Deschambault. CONCLUSION Cette dame du jubé, au sourire et au rire communicatif, ne s’impose pas, mais sait se faire respecter. Pendant 67 ans, elle a fait partie du paysage culturel et religieux de Deschambault. Dans « ce plus beau village situé entre TroisRivières et Québec », le passé est à l’honneur ainsi qu’en fait foi la plaque commémorative du 250e anniversaire de la paroisse : « 1713 ─ Fondé sur le Saint-Laurent des hauteurs du Cap Lauzon, Deschambault persévérant maintiendra ses traditions ». La ténacité de Blandine Paré, jointe à son jugement, a permis

qu’un des orgues témoins de notre histoire existe encore. Richard Paré ajoute ce témoignage : « Ayant eu le bonheur de connaître madame Blandine, je peux assurer qu’en plus d’être une musicienne compétente, elle était une femme extrêmement agréable et d’une grande générosité. Elle était bien au fait de la valeur de son instrument et a su faire en sorte qu’on le préserve dans son intégrité. » Mes remerciements à tous ceux qui, de près ou de loin, ont collaboré à cette recherche : Antoine Bouchard, Jacques Boucher, Paul Cadrin, Annette Chalifour, Noëlla Genest, Jean-Marie T. Du Sault, Serge Laliberté, Raymond Larochelle, Élise Paré, Marie-Andrée Paré, Donald Vézina. Une partie de ce texte a été rédigée à la suite d’une entrevue réalisée avec l’aide technique de Radio-Canada en 1988. Note : Qu’est devenu l’orgue du Conservatoire de Montréal? Il a été acheté par la paroisse le raconte dans un article très fouillé paru en

BIBLIOGRAPHIE Bouchard, Antoine : L’orgue au Québec : de l’inventaire à la conservation, chapitre À la découverte du patrimoine. Gérard Morisset 1981, p. 220 à 227 Paré, Marie-Andrée : L’orgue Warren de Deschambault dans le comté de Portneuf. Bulletin des Amis de l’orgue de Québec, no 13, février 1971 DISCOGRAPHIE Orgues anciens du Québec, Serge Laliberté, orgue Samuel Warren & Son de l’église Saint(1982-1996) Richard Paré, orgue Samuel Warren & Son de l’église Saint-Joseph de Deschambault (J. S. Bach, Stanley, Buxtehude, Boëllman, Bernier, Lavoie, Létourneau, Bédard) 2012. En vente au presbytère de Deschambault.

Ci-contre, l’orgue Warren & Son de l’église Saint-Joseph de Deschambault. Mixtures, numéro 50, mai 2019

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Composition de l’orgue Jeu

Description 2

Pieds

Tuyaux

Open Diapason

De DO ; 1-14 en façade

8’

44

Stopped Diapason Bass

Bois

8’

12

Stopped Diapason Treble

Bois

8’

44

2

Dulciana

De Do ; 50% étain

8’

44

Principal

1-12 zinc; 13-56 50% étain; 1-7 en façade

8’

56

Fifteenth

50% étain

2’

56

Bellows Signal Pédalier en tirasse

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L’orgue Casavant, Opus 9 par David Bousquet et Jacquelin Rochette En 2015, la Société du patrimoine religieux du diocèse de Saint-Hyacinthe a acquis l’orgue Casavant, Opus 9, dans le but de procéder à sa restauration à l’identique ainsi qu’à son installation au sein d’un établissement religieux de la grande région. Cette société est un organisme constitué en personne morale sans but lucratif ayant pour mission de préserver, mettre en valeur et rendre accessible au grand public le patrimoine artistique, ethnographique, historique et social des communautés et institutions religieuses de Saint-Hyacinthe. La réalisation de ce projet a permis la remise en fonction l’orgue Casavant le plus ancien dans son état d’origine qui nous soit parvenu dans son intégralité, de restaurer et de conserver un bien patrimonial classé selon la Loi sur le patrimoine culturel du Québec et de mettre en valeur l’histoire et les qualités de cet instrument ainsi que celles de son fabriquant, le facteur d’orgues Casavant Frères. L’Opus 9 représente un exemple bien particulier d’un style d’instrument vendu à l’époque.

En 1876, l'édifice nécessite des réparations importantes, et une campagne de financement est organisée en vue de construire une nouvelle église de dimensions plus importantes. Bâtie en pierre et en brique avec un toit en comble, la nouvelle construction est érigée sur le site de l’ancienne. La consécration du nouveau temple, dont la structure est toujours en place, a lieu le 5 novembre 1882. En 1885, la paroisse achète au facteur d’orgues Casavant Frères, au coût de 550 $, un instrument pour la nouvelle église. Il s’agit de la neuvième commande reçue par les frères Samuel et Claver Casavant. Installé en 1885, cet instrument à traction mécanique comporte cinq jeux répartis sur un clavier et un pédalier, pour un total de 256 tuyaux en métal ou en bois.

de cet instrument est que c'est un des Frères qui soit encore en bon état. Nous avons ainsi la chance de connaître les tendances techniques et artistiques de l'époque et d'admirer l'habileté d'artisans qui allaient, plus tard, devenir les plus célèbres facteurs d'orgues canadiens de réputation internationale. Tous les instruments de Casavant Frères plus anciens que l'opus 9, ainsi que la plupart de ceux qui ont suivi, ont été modifiés ou tout simplement détruits. » L’Opus 9 à Lacolle La paroisse anglicane de Lacolle a été fondée le 28 janvier 1840. La construction de sa première église est entreprise en 1843 mais, faute de fonds, on ne la termine que trois ans plus tard. Consacrée sous le nom de St. Saviour le 28 juillet 1846, cette église se dote, en 1856, d'une cloche importée d'Angleterre qui devint à neuf heures ainsi qu'à tous les services funèbres protestants.

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L’Opus 9 succède à l’Opus 7, Hyacinthe, et à l’Opus 8, installé au cours de la même année à la cathédrale de SaintHyacinthe. De plus, en 1885, les frères Casavant signent le contrat de fabrication de l’orgue monumental de 82 jeux de la , qui sera complété en 1891.

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« la console de cet orgue est en fenêtre et la traction est entièrement mécanique. Le clavier comprend 56 notes et le pédalier droit compte 27 notes agissant en tirasse. Les 21 tuyaux de façade sont magnifiquement peints à la main et ornent un buffet très simple. Le seul ajout qui a été fait à l'instrument est une soufflerie électrique afin de fournir de l'air de façon continue, mais on peut également continuer de l’activer manuellement. Bien que pourvu de ressources tonales modestes (seulement cinq jeux), cet instrument est très complet par rapport au devis, et pourrait être simplement décrit comme ayant « un très beau son ». Il produit des sonorités limpides et chantantes. On remarque l'astuce réussie d'une octave grave de Bourdon servant de base unique aux trois jeux de huit pieds. » Le 20 décembre 1979, l’église St. Saviour est désacralisée et transformée en restaurant. Au cours de l’automne 2010, l’orgue est démonté et entreposé dans les ateliers de Casavant Frères. Cet orgue est dans un état de conservation remarquable et n’a pas fait l’objet d’une restauration complète depuis son installation. Le sommier a été endommagé par l’eau dans le registre aigu, mais il est possible de le restaurer. Les composantes recouvertes de cuir montrent des signes de détérioration qui signalent le besoin d’un recuirage à court terme. Enfin, quelques tuyaux abîmés doivent être restaurés. Dans le but de reconnaître officiellement sa valeur historique indéniable, l’Opus 9 a obtenu, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec, le statut d’objet patrimonial. Ce classement a été octroyé le 15 octobre 1981. En conclusion, Karl J. Raudsepp déclare « qu’il est déplorable que cet orgue ait été réduit au silence. En raison de sa valeur historique, il serait important qu'un endroit plus approprié puisse abriter cet instrument unique. (…) On devrait rendre à cet orgue à tuyaux l'occasion de remplir son rôle et de témoigner du magnifique travail artisanal et artistique des frères Casavant dans les premières années de leur production. »

1

Karl J. Raudsepp dans Les chemins de la mémoire, Tome III: Biens mobiliers du Québec. Québec, Publications du Québec, 1999, ISBN 2-551-18161-5 Mixtures, numéro 50, mai 2019

Description des travaux Les travaux exécutés respectent les exigences d’une restauration à l’identique. L’intégrité historique est préservée et l’orgue est remis en bon état de fonctionnement. Tous les travaux de d’origine. Aucune modification n’est apportée aux composantes de l’instrument. Le réservoir principal est restauré avec ses éclisses doubles. Le système de pompes manuelles est sont nettoyés minutieusement afin de préserver la finition d’origine et sont alimentés par les postages en plomb d’origine. Le sommier endommagé par l’eau dans le registre aigu est soigneusement réparé, assurant l’étanchéité des chapes et des registres. La boiserie de l’orgue est nettoyée. Comme l’orgue était encastré dans un mur, de nouveaux côtés s’harmonisant parfaitement avec les boiseries d’origine sont créés. Une nouvelle plateforme sous l’instrument permet de conserver la configuration initiale des composantes. Un ventilateur neuf trouve place à l’intérieur de cette plate-forme. Les inscriptions gravées sur les boiseries, au fil du temps, par les personnes ayant activé les pompes manuelles sont conservées et permettant de voir l’intérieur et les mécanismes de l’orgue sont aménagées dans les nouveaux côtés. Grâce à un éclairage discret, le cœur de l’Opus 9 se dévoile au public, permettant à la fois d’admirer le travail des artisans et d’expliquer le fonctionnement de l’instrument. L’orgue est accordé au ton d’origine, soit au La 450Hz à 20°C.

L’Opus 9 est installé dans la chapelle du monastère du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe. Les travaux ont bénéficié, pour leur réalisation, d’une aide financière du ministère de la Culture et des Communications du Québec et du soutien de généreux donateurs de la communauté maskoutaine. Le projet de restauration et d’installation de l’orgue Casavant, Opus 9, a été sélectionné et financé par le Conseil du patrimoine religieux du Québec. Les travaux se sont terminés et ont été acceptés en janvier 2019. Plusieurs événements mettant en valeur l’instrument et la magnifique chapelle du monastère (concerts, visites commentées, conférences) sont en préparation et seront présentés au cours des mois et années à venir.

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La chapelle du monastère du Précieux-Sang L’origine de la chapelle du monastère du Aurélie Caouette, d’établir une communauté religieuse contemplative qui inaugurera la vie monastique au Canada. Cet institut sera fondé, à Saint-Hyacinthe, le 14 septembre 1861. La construction de la chapelle, réalisée selon les plans de l’architecte Victor Bourgeau, à qui l’on

Notre-Dame de Montréal, débute en 1871. Les travaux s’étirent pendant six ans et le chantier sera finalement complété, en 1876, sous la supervision de l’abbé français Charles Marie Gabriel Roch Gaston Delacroix, lui-même peintre et architecte. La décoration de la chapelle est confiée, en 1886, à l’artiste peintre maskoutain JosephThomas Rousseau, aidé de deux religieuses. L’œuvre sera achevée deux ans plus tard.

« Surmontée d’un lanterneau, d’où une cloche de cent livres, marquée au nom de Catherine Aurélie, annonce les rassemblements de prière, cette chapelle, tel un écrin, semblait toute désignée pour recevoir, dans un décor romanobyzantin, les peintures magnifiques, synonymes de trésors, de nos artistes maskoutains. »

Une caractérisation intéressante de l’œuvre nous

En 2014, la Congrégation des religieuses adoratrices du Précieux-Sang, qui n’est pas épargnée par le vieillissement et l’absence de

« Sur les traces de Moïse » publié en 2002 par les Éditions Valiquette. En voici un extrait :

propriété.

« De style baroque, tel que développé de la fin dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique latine, cette modeste construction de briques rouges perpétue une forme d’art dynamique, lyrique et pathétique. « Ce système de formes ouvertes, dont les premiers balbutiements remontent à Michel-Ange, trouve son épanouissement dans le génie créateur des Bernin, Borromini et Pierre de Cortone. Il devient le langage privilégié de la ContreRéforme. Ce style contribue à renouveler les thèmes de l’iconographie religieuse en exaltant et de miracle. Il étonne, éblouit et crée l’illusion de la féerie. À l’aide d’effets d’éclairage, de contrastes, de reliefs, de lignes courbes, de répercussions du clair-obscur et par sa prédilection innée pour les compositions en diagonale, les effets de perspective, de raccourcis et de trompe -l’œil, il satisfait au goût du drame par le biais de l’architecture. En peinture, Rubens est un chef de file du courant baroque. En architecture, cet art plein de vigueur, marque une préférence pour l’arcature et les formes elliptiques. (…)

plus que centenaire, à la vente de sa

Pour des raisons historiques et dans le but de préserver le patrimoine culturel de la communauté maskoutaine, la Ville de Saint-Hyacinthe a acquis l’ensemble conventuel du Précieux-Sang. La chapelle du monastère du Précieux-Sang sera éventuellement citée par les autorités municipales. Avec l’installation de l’orgue Casavant, Opus 9, au centre du chœur de la chapelle, la vocation de cette dernière pourra évoluer vers un nouvel usage culturel consacré à la valorisation des arts, de la musique et du patrimoine. Ainsi, la chapelle pourra accueillir des spectacles intimes et des expositions temporaires. L’ensemble conventuel du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe, le monastère du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe, la chapelle du monastère du Précieux-Sang, les Sœurs adoratrices du Précieux-Sang, Catherine Aurélie Caouette, Victor Bourgeau et Joseph-Thomas Rousseau sont tous inscrits au répertoire du patrimoine culturel du Québec. David Bousquet est conseiller municipal pour le District Sacré-Cœur de la Ville de Saint-Hyacinthe et Frères

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Mixtures, numéro 50, mai 2019


Un nouvel orgue pour le Grand Séminaire de Québec par Claude Lemieux

En juillet 2018, le Grand Séminaire de Québec emménageait dans de nouveaux locaux mieux adaptés et plus conviviaux. Situé au 233 avenue Giguère, dans le quartier Vanier, cet immeuble appartenait jadis aux Sœurs du Bon-Pasteur de Québec. Sur ses quatre étages on retrouve une vaste bibliothèque, une cuisine/réfectoire, une buanderie, des locaux de réunion, plus de vingt chambres, plusieurs bureaux et, bien sûr, une chapelle pouvant accueillir une soixantaine de personnes. Pour équiper cette chapelle d’un orgue digne du lieu, je me suis mis rapidement à la recherche d’un instrument de qualité, mais avec sérieuse d’un plafond de neuf pieds seulement. Grâce à mon collègue et ami Yves-G. Préfontaine, nous avons pu trouver un instrument qui convienne parfaitement, un orgue sorti de l’atelier de Karl Wilhelm en 1967 et destiné, à l’époque, aux moniales de l’Abbaye bénédictine de Mont-Laurier où il a joué jusqu’en 2011.

Mixtures, numéro 50, mai 2019

On ne peut que saluer l’initiative inspirée du recteur, l’abbé Luc Paquet, et des membres du Conseil du Grand Séminaire de Québec pour l’acquisition d’un instrument d’une telle qualité. Les services du facteur d’orgues François Desautels ont été retenus pour effectuer le déménagement et l’installation. En plus de la construction de très beaux orgues mécaniques neufs, Desautels entretient, entre autres, le réputé Casavant du Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs de Montréal et le grand orgue français Guilbaut-Thérien du Grand Séminaire de Montréal. Disciple de Wilhelm, François Desautels vient de terminer un méticuleux relevage sur l’orgue de l’église SaintAmbroise-de-la-Jeune-Lorette construit en 1969 et qui est, sans contredit, l’un des plus beaux instruments à traction mécanique du Québec.

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En accord avec le facteur et pour maximiser les possibilités de ce nouvel instrument au Grand Séminaire tant au niveau du répertoire que celui de l’accompagnement aux offices, deux modifications sont apportées au devis d’origine : 1967 I. Grand-Orgue Flûte à cheminée 8 Prestant 4 Cor de Chamois 2 Fourniture II-III

2019 I. Grand-Orgue Flûte à cheminée 8 Prestant 4 Fourniture II-III Trompette / Régale 8

II. Positif Bourdon 8 Flûte 4 Doublette 2 Larigot 1 1/3

II. Positif Bourdon 8 Flûte 4 Cor de chamois 2 Larigot 1 1/3

Pédale Soubasse 16 Bourdon 8 Flûte bouchée 4

Pédale Soubasse 16 Bourdon 8 Flûte bouchée 4

Éditions Cheldar

Étendue des claviers : 56 notes (C-f4) Étendue du pédalier : 30 notes (C-f1) Accouplements : I/PED, II/PED, II/I Un concert inaugural a eu lieu le 24 mars 2019 lors duquel les invités ont pu entendre Emmanuel Bernier, mon collègue à la formation vocale 2013. Le programme Bach que nous avons choisi d’interpréter1 a permis d’exploiter toutes les possibilités de l’instrument, le cinquième de Karl Wilhelm à être installé dans la grande région de Québec. Faut-il rappeler que le grand orgue de l’abbaye Saint-Benoit-du-Lac est l’un des tout derniers construits par ce prestigieux facteur qui, depuis 1966, aura fabriqué plus de 150 instruments répartis dans sept provinces canadiennes et 24 états américains. 1

Emmanuel Bernier : Fantaisie et fugue en sol, BWV 542 / Wir glauben, BWV 740 / Ach von Himmel, BWV 741. Claude Lemieux : Wachet auf, BWV 645 / O Mensch, BWV 622 / Prélude et fugue en mi, BWV 548.

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Un Guilbault-Thérien renaît à Rimouski par Claude-Robin Pelletier1 L’église Sainte-Agnès Fermée au culte depuis novembre 2015, il règne dans l’église Sainte-Agnès de Rimouski un silence presque absolu de temps à autre interrompu par le sifflement des grands vents du nord-ouest qui étrennent la façade du bâtiment de pierres roses. Edgar Courchesne, neveu de Mgr Georges Courchesne, ancien évêque de Rimouski (19281950), le nouveau temple, accueille un an plus tard, un orgue de facture néoclassique construit par les facteurs hollandais Bernard Pels et Fils, de Alkmaar. Offert en donation par M. et Mme. Alger Roy, l’imposant instrument, installé à la tribune, est solennellement bénit le 10 décembre 1959 par Mgr Charles-Eugène Parent. Le concert inaugural est donné par Louis-Auguste Guillemette (19081996), organiste et facteur d’orgues de Montréal, et Alain Gagnon (1938-2017), titulaire des orgues de Sainte-Agnès. Des pièces de Bach, Mendelssohn et de Franck sont exécutées à tour de rôle par les musiciens. Après 20 ans de service, l’assemblée de Fabrique décide de faire l’acquisition d’un nouvel orgue. L’orgue Pels est remplacé par un nouvel instrument produit par la maison Guilbault-Thérien, de Saint-Hyacinthe. L’Opus 16, construit au coût de 60 000 $ en 1981, est un petit instrument à traction mécanique de 12 jeux répartis sur deux claviers et pédalier (électrique). L’orgue étant conçu pour des fins liturgiques, le buffet ne fait pas l’objet de considérations spéciales. Certains jeux de

françaises » du nouvel instrument, sont réutilisés. Ce procédé permettait de conserver des jeux intéressants et du même coup de réaliser quelques économies. L’église ferme ses portes et l’instrument tombe en dormance. Sauvetage En octobre 2018, la rumeur de la vente de l’église s’inquiète alors de voir cet orgue quitter la région ou, comme dans bien des cas, se retrouver simplement dans un écocentre ou simplement à la ferraille. Cette pensée est insoutenable. Un premier bilan de santé de l’orgue est dressé par le facteur d’orgues Jacques L’Italien, par Jacques Montgrain, ancien professeur du Conservatoire de Mixtures, numéro 50, mai 2019

Guilbault-Thérien, Opus 16, 1981 tel qu’installé dans l’église Sainte-Agnès.

Rimouski et par Gérard Mercure, président des Amis de l’orgue de Rimouski. Leur rapport, soumis relativement jeune, peut reprendre du service et son relogement à l’église Notre-Dame-du-SacréCœur peut être envisagé. L’église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur Au printemps 2018, Mgr Denis Grondin, archevêque de Rimouski, crée la nouvelle paroisse de la « Bienheureuse-Élisabeth-Turgeon » et la communauté de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur y est rattachée. Les activités de transfert des archives compliquent quelque peu la recherche de précieuses informations contenues dans les documents. Page 17


En conséquence, il est bien imprudent de décrire l’instrument de musique qui servit lors de l'inauguration de cette église, le 15 décembre 1878. Toutefois, un renseignement tiré du livre du Centenaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur (18751975), nous apprend qu’au tout début de l’existence de la paroisse, Nicolas Pinault (1808-1893), un pionnier du lieu, prête, pendant un certain chant » à la grand-messe du dimanche. Après la messe, l’harmonium est ramené à la maison. Nous supposons donc qu’il s’agissait d’un harmonium portatif sur pattes qui était couramment utilisé lors des offices religieux dans les nouvelles missions au début du XIXe siècle. Près de 40 ans plus tard, en mai 1915, le conseil de Fabrique procède à l’achat d’un nouvel dans Le Progrès du Golfe, le 29 avril 1904, on mentionne qu’un dénommé Arthur Chamberland est le nouveau gérant de La Cie de Musique Victoria Ltée de Rimouski. Cette compagnie fait le commerce de pianos, harmoniums de salon, harmoniums d’église, de machines à écrire, machines parlantes et accessoires. Le Salon de Musique est situé sur l’avenue de la Cathédrale dans l’édifice du Théâtre Canadien. Le 20 décembre 1913, le théâtre est réduit en cendres lors d’un incendie. Si l’harmonium-orgue ne provient pas de la Cie de Musique Victoria, alors il a peut-être été acquis chez Wilson & Co., de Sherbrooke, un des fabricants d’harmoniums du genre le plus en vogue à cette époque. Le Casavant 1 En 1936, le conseil de Fabrique achète un orgue, Opus 1533A, produit aux ateliers Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe. L’instrument est inauguré le 20 juin 1937, soit presque soixante ans après la bénédiction de la pierre angulaire de l’église, le 30 septembre 1877. Dans son édition du 25 juin 1937, Le Progrès du Golfe mentionne l’achat d’un orgue Casavant qui remplace un harmoniumorgue devenu insuffisant. Deux mois plus tôt, le même journal rapportait que le conseil de Fabrique avait adopté une résolution fixant le salaire annuel de l’organiste titulaire, Mlle Marie-Blanche Turcotte, à 100 $. Cet orgue sert pendant 35 ans. La Fabrique s’en départit sans que nous sachions ce qu’il en est devenu. Une ancienne choriste de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur se souvient que cet instrument remplissait l’alcôve principale de bas en haut, de long en large et sur presque sur toute sa profondeur. Les claviers étaient accolés au buffet et les tuyaux en façade étaient décorés. Il y avait beaucoup de jeux, c’était un gros orgue. Page 18

lors des travaux de relogement de de près de 100 kg, terré dans le sous-sol du clocher, inséparablement lié au porte-vent principal, gros comme un tuyau de poêle, qui s’élève dans le mur jusqu’à la tribune en poursuivant sa route sous plancher, passant à travers un mur de pièces sur pièces (de plus de 30 cm) et terminant sa course au centre de l’alcôve principale.

Le Casavant 2 Le 7 janvier 1972, une nouvelle chorale est à entreprendre des démarches pour qu’un nouvel orgue soit installé pour Pâques 1972. Après de sérieuses recherches, le choix se porte sur l’opus 2623 construit en 1960 par Casavant Frères et installé en 1961 dans la chapelle de l’Hôpital du Saint-Sacrement de Québec alors dirigé par les Sœurs de la Charité. Le Casavant de 1937 fait alors place à son jeune frère et l'inauguration a lieu le 12 juin 1972.

En 1978, année du centenaire de l’église, l’orgue est réparé par Les Orgues Providences Inc., de Saint-Hyacinthe, au coût de 4 400 $. Ces travaux s’achèveront le 26 juin 1979. Par la suite, au cours des ans, certains travaux seront nécessaires. Ainsi, le 2 juin 1980, la maison GuilbaultThérien termine des travaux d’amélioration au coût de 500 $; en 1991, la soufflerie est réparée au coût de 588 $; en mai 1993, des réparations, par un ouvrier spécialisé, représentent un montant de 480 $; et enfin en 1995, des travaux sont exécutés pour un total de 350 $. Rénové, il offre les jeux essentiels pour l’accompagnement et le répertoire. Cet instrument unifié, composé de sept jeux réels qui, par emprunt, en forment quinze au total, n’ayant reçu que de petites attentions au cours des 40 dernières années, et ce, sans entretien majeur, montre des signes d’usure et de fatigue. Un relevage allait bientôt s’imposer. Mais, n’est-il pas déjà trop tard pour sauver cet instrument? Une demande est faite au conseil de Fabrique en novembre 2018, et une résolution, en date du 21 du même mois, confirme l’aval de la Fabrique au projet de relogement de l’orgue Guilbault-Thérien de l’église Sainte-Agnès à l’église Notre-Dame-duSacré-Cœur Le Casavant sera démonté. Il est Dominique Coulombe.

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Casavant, Opus 2623, 1960 tel qu’installé dans l’église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur.

Démontages Le 23 novembre 2018, Jacques L’Italien fait une évaluation approfondie de l’orgue de Sainte-Agnès et présente des plans d’une étude réalisée antérieurement pour cet instrument. La firme Concept pour effectuer les travaux de relogement. Les travaux seront sous la direction de Jacques L’Italien. Le Comité de sauvegarde de l’église NotreDame-du-Sacré-Cœur et ses bénévoles se chargent du démontage de l’orgue Casavant et des travaux d’aménagement de la tribune. Le démontage du Casavant et du GuilbaultThérien, réalisé par deux équipes, débutent le 14 janvier 2019. L’instrument de Sainte-Agnès est transporté à l’église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur les 1er et 7 février. Travaux La mise en place et le remontage du buffet, l’installation du système de soufflerie et les nouvelles connexions électriques, les retouches et la remise et à l’harmonisation pour le nouvel environnement, etc., sont réalisés du 8 au 18 février 2019. Mixtures, numéro 50, mai 2019

Les travaux d’aménagement des lieux d’accueil notamment la tribune de l’orgue (l’alcôve principale et les deux alcôves latérales), sont exécutés grâce à la complicité d’une équipe d’inégalables bénévoles et de membres du personnel au service En un mois, le Comité de sauvegarde amasse un montant effleurant les 20 000 $, représentant les deux-tiers du coût total des travaux.

Bénédiction et réveil Le réveil et la bénédiction du nouvel orgue Guilbault-Thérien a lieu le 3 mars 2019 en présence d’une foule considérable. Les actes cérémoniels, liés à la Constitution de la Sainte Liturgie du Concile de Vatican II - Article 12, ont été présidés par Mgr Denis Grondin. Coulombe et Myriam Desrosiers, les deux organistes qui se partagent le service au milieu de l’église pour préparer l’encens. Il s’est ensuite rendu à la tribune de l’orgue pour procéder à la bénédiction et à l’encensement de l’instrument après avoir récité une prière de bénédiction. Par la suite, il revenu au centre de Page 19


l'église pour s'adresser directement à l'orgue, instant solennel lui-même ritualisé. qu'il aura à accomplir, Mgr Grondin dialogue avec l’orgue, comme avec une personne. Il l’invite à se réveiller, à parler et à chanter. Par huit fois, l’orgue répond aux invocations, d’abord par quelques ronflements puis en échauffant les lumières de ses voix et finalement en montrant toute sa puissance. Les réponses aux invocations, judicieusement choisies, sont admirablement rendues par Josée April, titulaire de des grandes . Lors de la dernière demande : Orgue, instrument sacré, proclame : Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, les fidèles se joignent aux grandes orgues et entonnent Nous chanterons pour toi, Seigneur!

Concert La bénédiction de l’orgue a été suivie d’un concert inaugural donné par Josée April, Myriam Desrosiers, organiste de l’église Sacré-Cœur et de SaintRobert, et Dominique Coulombe, organiste de l’église St-Pie X et de Sacré-Cœur, auxquelles se sont joints l’Ensemble vocal féminin de NotreDame-du-Sacré-Cœur et quelque quarante choristes provenant de différents chœurs de la région. Un événement inaugural exceptionnel et rarissime qui a écrit une nouvelle page d’histoire de la vie communautaire de Rimouski et qui s’inscrit dans le -Laurent.

1

Claude-Robin Pelletier est directeur musical à l’église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Rimouski.

Guilbault-Thérien, Opus 16, 1961 / L’Italien 2019 tel qu’installé dans l’église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. Page 20

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Récitals d’orgue à la basilique Été 2019 2 juin

Letizia Romiti (Alessandria—Italie)

9 juin

Marc-Frédéric Indorf (Rouyn-Noranda)

16 juin

Jacques Giroux (Joliette)

23 juin

Jean Le Buis (Montréal)

30 juin

Louis Brouillette (Sherbrooke)

7 juillet

Claude Girard (Rivière-du-Loup)

14 juillet

Jocelyn Lafond (Saint-Eugène)

21 juillet

Gilles-Maurice Leclerc (Ottawa)

28 juillet

Raphaël Ashby (Montréal)

4 août

Suzanne Ozorak (Saint-Lambert)

11 août

Relâche

18 août

Marc Senneville (Nicolet)

25 août

Martin Brossard (Trois-Rivières

Les dimanches à 14 heures Entrée libre Contribution volontaire 626 Notre-Dame Est Trois-Rivières, QC G8T 4G9 Informations: (819) 374-2441 www.sanctuaire-ndc.ca


La facture d’orgue dans la vallée du Saint-Laurent au début du XIXe siècle

par Robin Côté1

NDLR Issue d’une conférence prononcée lors du congrès conjoint RCCO/AGO/FQAO en juillet 2017, cette communication vous est proposée en quatre livraisons. Cette quatrième et dernière livraison traite de l’évolution de l’esthétique sonore.

4. L’évolution de l’esthétique sonore

Les compositions d’orgues de Thomas Appleton sont directement inspirées de la grande tradition classique anglaise. En voici un exemple typique: Thomas Appleton, 1830 Conservé au Metropolitan Museum of Art, New York, NY Great (lower manual) Open diapason 8’ Twelfth Stopt diapason 8’ Fifteenth Stopt diapason bass 8’ Sesquialtera III Dulciana (44 notes) 8’ Trumpet treble Principal 4’ Trumpet bass Flute 4’

2 2/3’ 2’ 8’ 8’

Swell (upper manual) Open diapason 8’ Stopt diapason 8’ Stopt diapason bass 8’ Principal 4’ Hautboy 8’

Pedal Subbass

16’

Couplers : Swell to Great Swell to Pedal Great to Pedal

La composition d’origine de l’orgue Warren de l’église de la Visitation aurait pu être pratiquement du début des années 1860 : Mitchell & Forté, 1863 Église de Saint-François-Xavier-de-Brompton, QC (ancien orgue de l’église Saint-Joseph, Montréal) Grand-Orgue CC-f3 (54 notes) Montre 8’ Prestant 4’ Bourdon Basse 8’ Doublette 2’ Bourdon Haute 8’ Mixture (Sesquialtera) III Salicional 8’ Trompette Basse 8’ Dulciane 8’ Trompette Haute 8’ Flûte harmonique 4’ (Clairon) 4’

Récit expressif CC-E / F-f3 (37 notes) Basse bouchée 8’ Principal 8’ Clarabelle 8’ Flûte à cheminée 4’ (Piccolo 2’) Hautbois 8’ Trémolo

Pédale CC-g (20 notes) Bourdon 16’ Accouplements : Récit au G-O G-O à la Pédale Récit à la Pédale

Voici maintenant une composition d’un Cavaillé-Coll de 1860 : Cavaillé-Coll, 1860 Orgue de chœur de la cathédrale Sainte-Marie d’Auch (France) Grand-Orgue CC-f3 (54 notes) Montre 8’ Quinte 2 2/3’ Bourdon 8’ Doublette 2’ Flûte harmonique 8’ Trompette harmonique 8’ Viole de gambe 8’ Clairon 4’ Flûte 4

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Récit expressif F-f3 (37 notes) Bourdon Gambe Voix céleste Flûte octaviante Hautbois Voix humaine

8’ 8’ 8’ 4’ 8’ 8’

Pédale CC-g (20 notes) En tirasse Accouplement permanent : Récit au G-O

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De part et d’autre de l’Atlantique, on remarque que les divisions du Grand-Orgue sont assez fournies tandis que les Récits de 37 ou 42 notes sont très commun à l’époque. Notons de plus que la Pédale de 20 notes est aussi très commune tant en France qu’en Amérique. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce sont les besoins réels et le budget des paroisses qui font la plus grande différence dans les compositions. Le nombre et l’étendue des jeux du Récit varient totalement en fonction du budget de la Fabrique tandis que l’étendue du pédalier dépend des compétences techniques de l’organiste en technique allemande ! Voyons maintenant du côté des orgues à trois claviers : S.R. Warren, 1861 Wesleyan Chapel, Montréal Grand-Orgue CC-f3 (54 notes) Open diapason Open diapason Stop diapason Gamba Principal Wald Flute Twelfth Fifteenth Sesquialtera III Trumpet Clarion

16’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 3’ 2’ 8’ 4’

Récit expressif CC-f3 (54 notes) Bourdon 8’ Open diapason 8’ Stop diapason 8’ Gamba 8’ Principal 4’ Flute 4’ Super Octave 2’ Clarinette 8’ Hautboy 8’ Cornopean 8’ Trémolo

Positif CC-f3 (54 notes) Melodion Stop diapason Dulciana Harmonic Flute Gemshown Piccolo Crmona

8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2’ 8’

Pédale CC-c (25 notes) Sub-bass 16’ Violone 16’ Octave 8’ Violoncello 8’ Ophicleide 16’ Accouplements : Récit au G-O Positif au G-O G-O à la Pédale Récit à la Pédale Positif à la Pédale

William Hill, 1855 Kidderminster Town Hall (Worcestershire, Angleterre) Great CC-g3 (56 notes) Double diapason Open diapason Stop diapason Cone Gamba Octave Wald Flute Octave Quint Super octave Sesquialtera III Posaune

16’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 3’ 2’

Swell CC-g3 (56 notes) Double diapason 16’ Open diapason 8’ Stop diapason 8’ Viol di Gamba 8’ Octave 4’ Super octave 2’ Cornopean 8’ Hautboy 8’

Choir CC-f3 (54 notes) Stop diapason Salicional Flute Gemshorn Piccolo Cremona

III. Récit expressif CC-g3 (56 notes) Bourdon (2e DO) 16’ Principal 8’ Flûte (2e DO) 8’ Salicional (2e DO) 8’ Clarabelle 8’ Flûte d’amour 4’ Flûte octaviante 2’ Cornet III Cornopean 8’ Basson & Hautbois 8’ Voix humaine 8’ Trémolo

II. Positif CC-g3 (56 notes) Principal Bourdon Dulciane Flûte creuse Salicional Piccolo Trompette Cromorne (2e DO) Cor anglais (2e DO)

8’ 8’ 4’ 4’ 2’ 8’

8’

Pedal CC-e (29 notes) Open diapason 16’ Violon 16’ Octave 8’ Trombone 16’ Accouplements : Swell to Great Choir to Great Great to Pedal Choir to Pedal Swell to Pedal

Louis Mitchell, 1867 Église Saint-Jacques, Montréal I. Grand-Orgue CC-g3 (56 notes) Montre Montre Flûte Traversière Flûte à cheminée Gambe Prestant Flûte harmonique Quinte Doublette Sesquialtera V Bombarde Trompette Clairon

16’ 8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 3’ 2’ 16’ 8’ 4’

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8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 2’ 8’ 8’ 8’

Pédale CC-c (25 notes) Sub-bass (ouverte)16’ Principal 8’ Violoncelle 8’ Bombarde 16’ Accouplements : Récit au G-O Positif au G-O G-O à la Pédale Positif à la Pédale Récit à la Pédale

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, ce qui frappe, c’est l’absence de Plein-jeux sans tierces. Il faut savoir que le concept du pleinjeu tel qu’on le pratique en France est absent dans la culture britannique. En fait, les Sesquialtera, qui sont en réalité des Cornets de petite taille, sont préconisées, car elles développent une sonorité qui crée une liaison très naturelle entre les fonds et les anches. La Sesquialtera donne de la vivacité au Full Organ. des anches chez Mitchell. Si Warren conservera la tradition des mixtures avec tierces assez longtemps, il n’en est pas de même pour les autres facteurs de la vallée du Saint-Laurent. Dès la fin des années 1860, Mitchell introduit des plein-jeux sans tierces dans ses orgues. Cette tendance va s’amplifier dans les années 1870. À la même époque, Henry Willis, en Angleterre, va souvent continuer avec la Sequialtera et ajouter une Fourniture sur un même plan sonore afin de permettre aux deux couleurs de cohabiter. Chez les Casavant, les mixtures sans tierce sont utilisées au XIXe siècle. Chez Déry, les premiers orgues contiennent des Cornets (Sesquialtera) et les derniers orgues, comme à Saint-Michel-de-Bellechasse, ont des Fournitures sans tierce. Pour démontrer l’évolution des compositions dans les années 1870, voici la composition de l’orgue de Mitchell 1879 de Terrebonne. Louis Mitchell, 1879 Église Saint-Louis-de-France, Terrebonne, QC Grand-Orgue CC-g3 (56 notes) Montre (ouverte au 2e DO) 16’ Montre 8’ Violoncelle 8’ Clarabelle 8’ Flûte harmonique 4’ Prestant 4’ Doublette 2’ Fourniture V Cymbale IV Trompette 8’ Clairon 4’

Récit expressif CC-H / c-g3 (56 notes) Gambe (ouverte au 2e DO) Cor Principal Bourdon Dulciane Violone Cromorne Hautbois Trémolo

16’ 8’ 8’ 8’ 4’ 8’ 8’

Pédale CC-f (30 notes) Sous Basse (ouverte) Bourdon Violoncelle Quinte Bombarde

16’ 16’ 8’ 12’ 16’

Accouplements : Récit du G-O G-O à la Pédale Récit à la Pédale

À noter qu’il n’y a toujours pas de Voix céleste dans cet orgue, et ce, même si, en 1870, Mitchell en pose Brodeur : Warren & Son, 1892 Église Saint-Joseph, Deschambault, QC Grand-Orgue CC-a3 (58 notes) Montre Dulciane Clarabelle Prestant Flûte harmonique Doublette Mixture III Trompette

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8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2’ 8’

Récit expressif CC-a3 (58 notes) Principal Bourdon basse Bourdon dessus Salicional (2e DO) Voix céleste (2e DO) Flauto Traverso Hautbois Trémolo

8’ 8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 8’

Pédale CC-d (27 notes) Sousbasse (ouverte) Bourdon

16’ 16’

Accouplements: Récit au G-O 16,8 G-O à la Pédale Récit à la Pédale

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Casavant Frères, Opus 72, 1896 Église de Saint-Léon-le-Grand, QC Grand-Orgue CC-a3 (58 notes) Bourdon Montre Mélodia Dulciane (2e DO) Prestant Doublette Mixture III Trompette

16’ 8’ 8’ 8’ 4’ 2’

Récit expressif CC-a3 (58 notes) Principal (1er SOL) Bourdon Gambe Céleste Flûte harmonique Hautbois (1er SOL) Clarinette (2e DO)

Pédale CC-d (27 notes) 8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 8’ 8’

8’

Flûte Bourdon Violoncelle

16’ 16’ 8’

Accouplements : Récit au G-O 8,4 G-O à la Pédale Récit à la Pédale

Napoléon Déry, 1897 Église de Saint-Michel-de-Bellechasse, QC Grand-Orgue CC-g3 (56 notes) Montre Bourdon Flûte Traversière Dulciane Prestant Flûte harmonique Doublette Fourniture III Trompette

8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2’

Récit expressif CC-g3 (56 notes) Principal basse Principal (2e DO) Mélodie (2e DO) Gambe (2e DO) Violon Flûte d’amour Octavin Hautbois (2e DO)

8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2’ 8’

Pédale CC-d (27 notes) Sous-Basse Bourdon

16’ 16’

Accouplements : Récit au G-O G-O à la Pédale Récit à la Pédale

8’

Eusèbe Brodeur, 1898 Église Saint-Joseph, Les Cèdres, QC Grand-Orgue CC-a3 (58 notes) Montre Bourdon Salicional Dulciane (2e DO) Prestant Flûte harmonique Nazard Doublette Mixture III Trompette

8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2 2/3’ 2’

Récit expressif CC-a3 (58 notes) Principal (2e DO) Mélodie Gambe Céleste Violina Flautino Octavin Hautbois

8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2’ 8’

Pédale CC-d (27 notes) Bourdon Violoncelle

16’ 8’

Accouplements : Récit au G-O G-O à la Pédale Récit à la Pédale

8’

On commence à dégager des constantes dans les compositions et on voit que Warren & Sons évolue vers les ondulants tandis que Mitchell reste très fidèle à ses principes.

La comparaison avec les orgues américains et ceux du Québec laisse clairement voir la spécificité canadienne-catholique car les Américains et les anglicans favorisent plutôt les petites divisions de Grand-Orgue (Great) souvent sans anches et d’énormes Récits expressifs. La seule mixture est souvent placée uniquement au Récit : c’est la notion de « Full Swell » qui ne semble pas s’enraciner dans l’Est du Canada…

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B. L’approche musicale des instruments du XIXe siècle. Le rendu sonore des instruments est en général relié à l’utilisation qui en sera faite. Dans la vallée du Saint-Laurent, deux concepts d’utilisation se côtoient : l’approche anglicane et l’approche catholique. Chez les anglicans, l’orgue sert à soutenir le chant de la congregation. Le son de l’orgue se doit d’être enveloppant, mais pas étouffant. Les aigus ne doivent pas non plus être trop dominants. Chez les catholiques, le plain-chant accompagné compte pour 75% de la célébration et il reste soit l’Offertoire, la Communion ou la Sortie pour laisser faire montre des qualités et de la versatilité de l’instrument. La fonction « solo » est quand même assez présente pour que les musiciens bien formés puissent s’exprimer. Plus on fouille dans les archives des périodiques culturels de l’époque, plus on se rend compte que la vie musicale était loin de se résumer à l’interprétation du plain-chant et des hymnes ! On a souvent tendance à penser que le XIX e siècle canadien est un vide culturel, mais ce n’est pas le cas. Pour donner une idée de la musique qui était interprétée par les organistes du XIXe, voici quelques exemples de programmes de concerts : Saint-Boniface, MB, 1875 Inauguration de l’orgue de la cathédrale

Ateliers Louis Mitchell, Montréal, 21 mars 1881 Romain-Octave Pelletier, organiste

Ouverture Egmont Toccata en fa Andante, Symphonie en do Ouverture, Poètes & Paysans

Prélude & Fugue en ré mineur Largo, Sonate, op. 2 Allégro en si bémol Toccata en ré mineur Duetto Gavotte Grand Chœur

Beethoven J. S. Bach Haydn von Suppé

Hesse Beethoven Lemmens J. S. Bach Mendelssohn Haendel Lemmens

Québec, 7 janvier 1881 (extraits) Inauguration de l’orgue de l’église St. Patrick Romain-Octave Pelletier Prélude & Fugue en ré mineur Largetto, op. 108 Fugue en ré majeur Quatre motifs de Faust Fanfare F. A. Self Introduction et Offertoire Hymne des Sœurs Grand Offertoire en sol

Hesse Mozart J. S. Bach Gounod Lemmens Hewlett Lefébure-Wély Batiste

E. A. Bishop Concerto en si bémol Offertoire en ré mineur

Haendel Batiste

Gustave Gagnon Offertoire Mélodie Alleluia Allegro maestoso

Guilmant Mailly Beethoven Lefébure-Wély

Chicago, IL, 20 octobre 1870 Inauguration de l’orgue des Jésuites 1re partie Ouverture de l’orgue, Improvisation Ouverture de Semiramide Rossini Inflammatus du Stabat Mater Rossini Rondo Grazioso Spohr Cujus animam from Stabat Mater Rossini Sonata #2 Mendelsohn

Samuel Mitchell (fils de Louis Mitchell) A. J. Creswold Miss Antonia Knaack Dudley Buck A. Bischoff A. J. Creswold

2e partie Grand Offertoire en fa mineur Batiste The Heavens are Telling de la Création Haydn Improvisations Quis est homo du Stabat Mater Rossini Fugue on Hail Columbia Buck Hallelujah Chorus Handel

Dudley Buck Franck G. Rohner avec chœur A. J. Creswold Mrs. Frank E. Craig Dudley Buck Franck G. Rohner avec chœur

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Voilà qui donne une idée de ce que l’on abordait comme répertoire lors des concerts d’orgue importants. On constate d’emblée que les transcriptions et les adaptations font partie intégrante des programmes. On voit aussi que les compositeurs allemands s’imposent. Mendelssohn est peut-être le compositeur qui a eu le plus d’influence sur la culture anglaise et canadienne de l’époque. C’est principalement lui qui a fait entrer Johann Sebastian Bach et le pédalier allemand dans la culture britannique. En France, ce rôle revient à Boëly. Le XIXe siècle, c’est l’époque où l’on mise sur la couleur des timbres purs (solos) plutôt que sur les synthèses de mutations. C’est aussi au XIXe siècle que l’orgue s’impose comme l’instrument d’accompagnement par excellence pour les chorales. Les multiples jeux de 8’ en demi-teinte conviennent parfaitement à l’accompagnement tandis que les jeux colorés sont des jeux de solo et d’effets orchestraux.

C. Vers la formation d’un style canadien ? Sans être de grands avant-gardistes, les facteurs de la vallée du Saint-Laurent sont restés au fait des évolutions techniques, telles le réservoir à plis compensés, la machine pneumatique, les soupapes brisées, et les combinaisons ajustables et ils les ont appliquées à leurs instruments quand ils en avaient les moyens. Au niveau technique, la façon de faire canadienne s’est établie davantage au début du XXe siècle qu’au XIXe. La combinaison de la révolution technique et de la vigueur d’une jeune compagnie de Saint-Hyacinthe va créer un style et une fiabilité qui permettront d’inonder le marché canadien et américain pendant des décennies ! Cependant, au niveau de l’esthétique sonore, il se pourrait que les choses soit différentes : si la première moitié du XIXe siècle est une continuité avec le style classique, la seconde est une rupture avec lui. Il est aussi évident que les liens culturels avec la mère-patrie auront influencé les instruments. C’est ainsi qu’après 1870, l’influence française devient plus marquée dans la vallée du Saint-Laurent. Cela crée une différence évidente avec la synthèse sonore des facteurs américains et anglais. C’est principalement Louis Mitchell qui aura su développer ce style avec l’importation de jeux d’anches et de pleinjeux, mais aussi de certains jeux de fonds et voix célestes quand les finances le permettaient… Mais cela ne veut pas dire pour autant que ses orgues « sonnaient français ». Au contraire, ce fut plutôt la fusion des deux mondes ! La finesse du Basson-Hautbois français s’est mariée aux limpides Flûtes en bois de Mitchell et la clarté des plein-jeux d’étain est venue enluminer le doux fondu des principaux de tradition britannique. Finalement, 150 ans plus tard, il me semble que ces caractéristiques soient encore bien enracinées dans notre culture organistique, ne trouvez-vous pas ? 1

Robin Côté est vice-président chez Juget-Sinclair

NDLR Il est possible de visualiser l’ensemble de la conférence à l’adresse suivante: https://youtu.be/uiNoVhL1ciE

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Les compositions québécoises pour orgue : De la tradition à l’expérimentation (3e partie)

par Louis Brouillette1

NDLR Issue d’une conférence prononcée lors du congrès conjoint RCCO/AGO/FQAO en juillet 2017, cette communication vous est proposée en quatre livraisons.

5. Variations sur « C’est la belle Françoise » (1987) de Jean Le Buis (né en 1956) Env. 8 min. De toutes les œuvres de Jean Le Buis, les Variations sur « C’est la belle Françoise » sont parmi les plus appréciées par le public parce que, d’une part, elles sont destinées au pédalier solo et, d’autre part, le thème est clairement audible à chaque variation. Bien que le chant C’est la belle Françoise, qui décrit les adieux d’un soldat à sa bien-aimée, ne soit pas le plus célèbre morceau du folklore franco-canadien, sa mélodie est facilement mémorisable et convient à différentes harmonisations et modifications rythmiques. La pièce est constituée d’un thème épuré de toute harmonisation suivi de 10 variations de plus en plus la participation des mains. Chaque variation met à profit une difficulté technique au pédalier. Dans la troisième variation, par exemple, chacun des deux pieds joue avec une articulation distincte : le droit énonce le thème avec un jeu legato alors que le gauche exécute un accompagnement en staccato. Quant à la cinquième variation, elle est basée sur des accords alors que la septième nécessite l’utilisation de substitutions afin de jouer molto legato la double partie de pédale. Sylvain Caron rapporte, dans son article « L’œuvre 1998), que les Éditions musicales Arsis ont été fondées par Le Buis suite au refus d’un éditeur de Calgary de publier les Variations sur « C’est la belle Françoise ». Enregistrement Aucun enregistrement commercial de cette œuvre ne semble avoir été produit, mais deux interprétations se trouvent sur YouTube. Gabrielle Tessier a publié, en 2009, une première version tandis qu’en 2016, Jillian Gardner, l’organiste américaine aux souliers roses, a publié l’interprétation d’Isabelle Demers et de cinq de ses étudiants de la Baylor University (Texas), dont Gardner elle-même.

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Partition Le Buis, Jean. Variations sur « C’est la belle Françoise » : pour pédalier-solo. Lachine : de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et aux conservatoires de musique de Montréal et de Québec) 6. Ecos (1987) de José Evangelista (né en 1943) Env. 5 min. La série Hommage à José Evangelista en 20172018 de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) ─ par l’entremise de concerts à l’Oratoire Saint-Joseph et à la chapelle St. Mark’s de l’Université Bishop’s ─ a permis de faire connaître Ecos, l’unique œuvre pour orgue de José Evangelista, professeur émérite de composition de l’Université de Montréal. La récente redécouverte de cette œuvre via la SMCQ est peut-être à l’origine de l’inclusion de cette pièce techniquement établie par le Concours international d’orgue du Canada (CIOC). Ecos est conçue comme les autres œuvres du compositeur : avec une texture monodique sans véritable contrepoint ni langage harmonique. Evangelista qualifie d’ailleurs son écriture d’«hétérophone», des échos et crée par ricochet une illusion de polyphonie. Ecos, qui se montre très différente du répertoire traditionnel pour l’orgue, offre de multiples défis à l’interprète : tempos rapides, présence de valeurs irrationnelles (7 contre 5, 6 contre 4), chevauchements des mains, absence d'indications de jeux et de claviers, etc. Comme le montre l’exemple 7, les articulations sont notées de façon détaillée, l’écriture musicale suggère l’utilisation de deux claviers et aucune registration n’est conseillée.

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Exemple 7 : José Evangelista, Ecos, mes. 1-2 (extrait reproduit avec l’aimable autorisation de José Evangelista).

Enregistrement Il est possible d’écouter une interprétation d’Ecos par Josée April via le service d’écoute Musiflots du Centre de musique canadienne (https://www.musiccentre.ca/fr/musiflots/).

Enregistrement Rioux, Gilles. Fantachorus : Œuvres de Gilles Rioux. Gilles Rioux, orgue, et Michel Pilote, clarinette. Disque compact. Disques Celest DC 32682, 1996.

Partition Evangelista, José. Ecos. Montréal : Centre de musique canadienne, 2001. (Exemplaires disponibles au Centre de musique canadienne et à l’Université McGill.)

Partition Rioux, Gilles. Variations sur « Joseph est bien marié ». Calgary : Lissett Publications, 1993. (Aucun exemplaire dans les institutions ou établissements supérieurs du Québec.)

7. Variations sur « Joseph est bien marié » (1988) de Gilles Rioux (né en 1965) Env. 11 min.

8.

L’organiste trifluvien Gilles Rioux a réussi avec talent à composer une pièce de Noël pour orgue aux allures humoristiques. Son humour se dévoile dès l’énoncé du thème, en ré mineur, des Variations sur « Joseph est bien marié », alors que le deuxième degré est généralement abaissé d’un demi-ton et que le septième degré est rarement haussé. Ces surprenantes sonorités sont réentendues dans chacune des sept variations. Le thème, joué par le cromorne, ainsi que les première, deuxième et cinquième variations ─ respectivement un duo de cornet et de cromorne, une tierce en taille et une basse de trompette ─ font référence au répertoire de l’orgue classique français. Ces mouvements rendent probablement hommage à Claude Balbastre (1724-1799), qui a aussi

Le « Récit » de la Suite du premier ton de Denis Bédard est une des rares œuvres canadiennes à être intégrées dans un programme d’études précollégiales, dans ce cas-ci, le programme précollégial 003 du Conservatoire de musique du Québec. Pour les organistes débutants, ce mouvement pour orgue à deux claviers et pédalier peut mener à une première incursion viable dans le répertoire québécois pour orgue grâce à son tempo lent, ses rythmes simples, sa partie de pédale

Dans son article « Nos organistes-compositeurs : Gilles Rioux » (Mixtures, no 11, décembre 1999), Michelle Quintal rapporte que les autres variations de Rioux font plutôt référence à l’esprit symphonique avec, par exemple, le thème au pédalier et le grand jeu dans la septième variation.

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Denis Bédard (né en 1950) Env. 3 min.

naturel qui se termine avec une tierce de Picardie, peut être interprétée durant l’offertoire ou la communion de n’importe quelle messe. Son ton de ré, son harmonie majoritairement formée d’accords de septième et de neuvième ainsi que sa mélodie éthérée rappellent le de la Sonate pour trompette et orgue (1987) de Bédard qui, malheureusement, n’a pas été publiée par les éditions Cheldar, et qui se trouve à l’Université Laval sous la forme d’un fac-similé de manuscrit.

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Enregistrements Bédard, orgue. Disque compact. Atma 1000 ACD 2-2134, 1997. Daveluy, Raymond et al. Six organistes à la basilique Notre-Dame de Montréal. Gaston Arel, Jacques Boucher, Pierre Grandmaison, Lucienne Arel, Gisèle Guibord et Régis Rousseau, orgue. Disque compact. Basilique Notre-Dame de Montréal BND 007, 2002. orgue. Disque compact. Herald HAVP 291, 2004. orgue. Disque compact. Pro Organo CD 7181, 2004. Mendelssohn, Félix et Denis Bédard. SophieVéronique Cauchefer-Choplin, Saint-Sulpice, Paris. Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin, orgue. Disque compact. Festivo FECD 6962142, 2006. Partition Bédard, Denis. Suite du premier ton. Charlesbourg : Cheldar (Ch.12), 1994. (Exemplaires aux conservatoires de musique de Québec, Rimouski et Saguenay ainsi qu’à l’Université Laval.)

9. Thème et variations sur l’« Ode à la joie » de Beethoven (1994/2002) de Gilles Fortin (né en 1932) Env. 7 min. (éd. 2002) Certaines pièces d’orgue provoquent des mitigé concert après concert. Le Thème et variations sur l’« Ode à la joie » de Beethoven du drummondvillois Gilles Fortin appartient assurément à la première catégorie. Chaque fois que j’ai joué cette œuvre, soit en concert, soit lors d’une cérémonie religieuse, le public a tari d’éloges sur cette composition. Deux éditions différentes existent : celle de 1994, intitulée Ode à la joie (thème de Ludwig van Beethoven), comprend le thème, deux interludes et une toccata tandis que celle de 2002, titrée Thème et variations sur l’« Ode à la joie » de Beethoven, utilise le même thème suivi de quatre variations et la même toccata. La première variation de l’édition de 2002 correspond au premier interlude de la version de 1994 tandis que la deuxième variation de 2002 est une transcription pour orgue solo du deuxième interlude de 1994 qui se joue avec un instrument mélodique obligé.

Exemple 8 : Gilles Fortin, Ode à la joie : « Maestoso (toccate) », mes. 25-32 (extrait reproduit avec l’aimable autorisation de Gilles Fortin).

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Le compositeur a noté, à la fin de l’édition de 1994, que la pièce peut être interprétée intégralement ou par sections indépendantes. En extrapolant cette recommandation, il paraît acceptable de jouer, lors d’un concert ou d’une messe avec un instrument mélodique, la version de 2002 (la plus complète) en remplaçant la deuxième variation par le deuxième interlude de 1994. Chacune des de la toccata éditée en 1994. Peu de modifications ont été apportées dans la version de 2002 de cet extrait, et elles se concentrent dans la partie jouée par la main gauche aux mesures 30 et 31. Essentiellement, il s’agit de changements mineurs de rythme et de notes, ainsi que de l’ajout d’une altération accidentelle. Enregistrement Letendre, Conrad, Raymond Daveluy, Jean Chatillon et Gilles Fortin. L’orgue au centre du Québec. Lucienne L'Heureux-Arel et Gaston Arel, orgue. Disque compact. Amis de l’orgue de Drummond AO-001, 2002. Partitions Fortin, Gilles. Ode à la joie (thème de Ludwig van Beethoven). Drummondville : Musilab (L8), 1994. (Exemplaires disponibles aux universités Laval, de Montréal et de Sherbrooke.) Fortin, Gilles. Thème et variations sur l’« Ode à la joie » de Beethoven. Montréal : Lucarel (ORG-3), 2002. (Exemplaires disponibles à

INTERMÈDES À L’ORGUE 2019 JONATHAN OLDENGARM, DIRECTEUR ARTISTIQUE

LES JEUDIS À 12 H 15

CONTRIBUTION VOLONTAIRE 4 JUILLET

Jonathan Oldengarm (Montréal)

11 JUILLET

Sean Redrow (Worcester, MA)

18 JUILLET

François Zeitouni (Montréal)

25 JUILLET

Anne Robert, violon Jacques Boucher, orgue (Montréal)

1ER AOÛT

Jonathan White (Montréal)

8 AOÛT

Maria Budacova (Montréal)

15 AOÛT

Scott Lamlein (West Hartford, CT)

22 AOÛT

Willy Ippolito (France)

29 AOÛT

David Henning (Houston, TX)

nationales du Québec et à l’Université Laval.) (à suivre) 1

, est organiste.

Concerts d’orgue Quand ? Où ? Qui ? Consultez la rubrique Concerts à

www.fqao.org Mixtures, numéro 50, mai 2019


Nécrologie médité. Il a aussi écrit sur notre si chère et si malmenée langue française (J’écoute parler nos et musiciens (GID, 2014), il nous livre des pensées qui sont « ... passionnées, d'une fine observation, déclamées avec élégance et, surtout, d'une touchante sincérité. » (Jacques Boucher). « Doué pour le bonheur, Claude l’était certes. Mais il a aussi nourri et protégé ce don du ciel, le partageant volontiers avec ses proches, étudiants, amis et connaissances. Il était, sans absence ni fatigue, généreux, contagieux avec qui voulait profiter de cette richesse si rare et si précieuse. Sourires espiègles et pirouettes en primes, pour amadouer ensemble les inévitables difficultés et plaies de notre passage sur terre. Le bonheur, en effet. Celui de vivre dans la foi et l'espérance, la bonne humeur, la gentillesse et l'amabilité avec Claude Lagacé naît à Sorel le 30 avril 1917. Il reçoit sa formation musicale d’Henri Gagnon à l’Université Laval à Québec et de Germaine Malépart à Montréal, puis de Clarence Watters à Hartford (Connecticut). Organiste et maître de chapelle à la cathédrale de Toledo (Ohio) de 1954 à 1961 et professeur au Gregorian Institute of America dont il est diplômé, il devient, en 1961, au décès de son maître Henri Gagnon, organiste titulaire à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Il occupera ce poste jusqu’en 1993.

sans cesse. Le rare trésor dont il était doué, Claude le partageait à tous vents, tel un dictionnaire généreux, infatigable, compatissant et candide. Répartie et œil vifs. « Avec amour pour sa grande famille et pour Anne, la muse et l'épouse depuis près de quarante ans. Avec cœur aussi, notamment pour ses étudiants de tous niveaux, et pour le cher Chœur du Vallon, fondé par Claude à Québec il y a plus de cinquante ans et qui ne cesse de déployer ses ailes depuis lors.

Grand pédagogue, Claude Lagacé a contribué de façon significative au monde de l'orgue dans la ville de Québec et dans toute la province. Professeur titulaire à l’École de musique de l'Université Laval jusqu’en 1989, il en fut également directeur adjoint (1971-1978). Il y dirigea aussi le programme d’études collégiales et celui d'éducation musicale. Membre fondateur des Amis de l’orgue de Québec (1966), il en sera le vice-président jusqu’en 1993. La Fédération Québécoise des Amis de l’orgue lui décerne le titre de membre honoraire en 2008. En 1984, il crée, devant le pape Jean-Paul II, Tu es Petrus de Roger Matton en la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.

« Il va beaucoup nous manquer.

« Passionné, curieux, amoureux, féru de mots d'esprit et de poèmes, humoriste parfois ironique mais sans méchanceté, Claude Lagacé a joué de son noble instrument avec ardeur et piété, enseigné, chanté, psalmodié, voyagé, admiré, prié,

Alors qu’il est aux soins palliatifs, à l'hôpital Jeffery Hale, on lui demande : « Quel est votre souhait aujourd’hui, monsieur Lagacé? » « RECOMMENCER ! » fut la réplique spontanée, sans aucun « mais » ...

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« Quelqu'un meurt, et c'est comme un silence qui hurle… Mais s'il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie? Grave question d'un poète anonyme. Un nouveau voyage avec Claude. C'est précisément l'immense cadeau, en forme d'invitation, qu'il nous laisse, avec tendresse, sagesse, espérance. » (Gilles Lesage) Décédé le 7 février 2019, ses obsèques ont eu lieu le 2 mars à la basilique-cathédrale de Québec. Un récital d’orgue présenté par quelques confrères et amis a précédé la cérémonie.

Anne Rogier-Lagacé

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Organier amateur, il entretient lui-même son instrument désuet dans la mesure du possible. Le destin frappe encore au cours de la veillée de Noël 1993 alors que la soufflerie de l'orgue rend de Boucherville qu'aussitôt toute la communauté s'implique pour l'achat d'un nouvel instrument. Piloté par la Fondation de l'orgue de la Société du Patrimoine, M. Signori travaille conjointement avec Jacquelin Rochette et Jean-Louis Coignet de la maison Casavant Frères pour l'élaboration du devis de l'orgue, ainsi qu'avec Pierre Grandmaison, organiste à la basilique NotreDame de Montréal, et Olivier Latry, organiste à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Georges Signori a tenu le poste d'organiste à l’église Sainte-Famille de Boucherville de 1967 à 2012. Quarante-cinq années au service de la communauté de Boucherville, des chanteurs et animateurs, des instrumentistes lors de funérailles ou de mariages, sans oublier tous les organistes curieux de jouer sur l'exceptionnel orgue de la maison Casavant Frères op. 3749 qui trône à la tribune d'une des plus belles églises du Québec. Georges se plaisait à dire : « Un orgue de cathédrale dans une cathédrale! » Georges Signori est né à Montréal en 1925. Son père déménage à Saint-Jean-sur-Richelieu dans les années 1930 pour enseigner au collège. Il dirigera aussi la chorale de l'église Notre-DameAuxiliatrice. Dès son plus jeune âge, Georges est en contact avec le monde de la musique liturgique. Il étudie l'orgue auprès d'Étienne Guillet l'organiste de la cathédrale de Saint-Jean et émule du célèbre Paul Doyon.

Des tous ces efforts naît le pur chef-d’œuvre qu'est l'orgue actuel, un instrument mécanique néo-classique et polyvalent d'inspiration française de 25 jeux répartis sur deux claviers et pédalier. Après les années de misère, Georges devient le plus heureux des organistes! Cet instrument est son coup de cœur qu’il aime partager avec tous les mélomanes et organistes

de l'accueil et de la disponibilité de Georges. Il était toujours disponible pour accompagner les paroissiens de Boucherville dans les moments plus tristes comme les plus heureux. En signe de reconnaissance, l'orgue de l’église Sainte-Famille porte aujourd'hui le nom de « Orgue GeorgesSignori ». Denis Alain Dion

M. Signori fera carrière dans le domaine de l'assurance. Il partagera son temps entre son emploi et l'orgue. C'est d’ailleurs à la tribune de Saint-Luc qu'il rencontre sa future conjointe, Alice Moreau, qui était la cousine de Mgr Joseph Poissant, alors curé de l'église Sainte-Famille. 1960 et prend le poste de titulaire. L'orgue, à ce moment, était un Warren qui datait du XIXe siècle mais qui, ayant subi une malheureuse reconstruction, avait été passablement défiguré. Il souffre en effet de plusieurs avaries dues, entre autres, à des infiltrations d'eau provenant du clocher. M. Signori voit donc son instrument se détériorer au point d'être presque muet au début des années 1990. Mixtures, numéro 50, mai 2019

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Il est à l’origine de la conception de nombreux orgues tels que ceux de Notre-Dame des Neiges à l'Alpe d'Huez (Kleuker, 1978), de NotreDame-des-Grâces au Chant d’Oiseau à Bruxelles (Kleuker, 1981) de la Tonhalle à Zurich (KleukerSteinmayer, 1984), du Conservatoire de Naples (Tamburini/Zanin, 1987-2007), de l’Auditorio de Tenerife à Santa Cruz (Blancafort, 2004), de San Antonio dei Portoghesi à Rome (Mascioni, 2008) et de la cathédrale Santa Maria de Leon (Klais, 2013).

Jean Guillou est né le 18 avril 1930 à Angers, dans l’ouest de la France. Il est décédé le 26 janvier 2019 à Paris. Organiste, pianiste, compositeur et improvisateur de renommée Eustache, à Paris, de 1963 à 2015. Dès l’âge de 12 ans, il est titulaire de l’orgue de l’église Saint-Serge à Angers. Il fait ses études au Conservatoire national de musique de Paris où il fut l’élève de Marcel Dupré (orgue), de Maurice Duruflé (harmonie) et d’Olivier Messiaen (analyse). En 1955, il est nommé professeur d’orgue et de composition à l’Instituto di Musica Sacra de Lisbonne. Il s’installe ensuite à Berlin en 1958, Marchal comme titulaire des grandes orgues de l’église Saint-Eustache une des plus prestigieuses de France. Même s'il a trouvé une tribune à Paris, c'est en Suisse, à Zurich qu'il a formé plus de 300 élèves de 1970 à 2005, en compagnie de Geza Anda (piano) et Nathan Milstein (violon). La conception du nouvel orgue de Saint-Eustache, confiée à la suite d’un appel d’offres européen aux frères Van den Heuvel installés à Dordrecht (Paysde la Ville de Paris, est très largement inspiré des conceptions de Jean Guillou. Cet instrument, entièrement financé par la Ville de Paris est inauguré par Jean Guillou en septembre 1989. Depuis, il n’a cessé de faire vivre son instrument par des concerts, des classes de et avec ses conseils qu'a été installée une deuxième console annexe permettant à l’organiste de jouer dans la nef au milieu du public.

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Il était de ces musiciens qui marquent les consciences; il incarnait sa fonction de par son art, sa hauteur de vue et son esprit. Son style unique, inclassable, déroutant, donnait l’impression que chaque œuvre devenait sienne. Mais s'estimant peu respecté, il décide, en 2015, de claquer la porte. Il dira alors « Au fond, je trouve que la musique n'a rien à voir avec les religions. J'ai toujours dit qu'il fallait sortir l'orgue des églises et lui donner une autre vie ! » Comme compositeur, il faut signaler en particulier, parmi ses quelque 90 œuvres, celles pour orgue, telles que la Toccata (op. 9 de 1962), La Chapelle des abîmes (op. 26 de 1973), les Scènes d’enfant (op. 28 de 1974), 3 Sonates en trio (op. 40 de 1984, op. 82 de 2014 et op. 83 de 2014) Hypérion ou la Rhétorique du feu (op. 45 de 1988) et Regard (op. 77 de 2011). Il a écrit également de la musique de chambre, des œuvres pour orchestre ainsi que pour instruments solistes (trompette, marimba, flûte, violon, etc.) et orgue parmi lesquelles Alice au pays de l'orgue, les 10 Colloques, ses 8 Concertos pour orgue et orchestre, dont le Concerto 2000 et aussi la Révolte des orgues. On compte aussi des œuvres pour piano, des œuvres chorales ainsi que de nombreuses transcriptions (J. S. Bach, Händel, Liszt, Mozart, Moussorgsky, Prokofiev, Rachmaninov, Schuman, Stravinsky, Tchaikovsky et Vivaldi) et improvisations pour orgue. Sa discographie consiste en plus de 100 volumes. Il s’est fait aussi écrivain. Il publie, en 2012, ses œuvres littéraires sous le titre La musique et le geste (éd. Beauchesne, Paris) et en 2014 ses poèmes dans le recueil Le Visiteur (éd. Chomant, Rouen). Il est aussi l’auteur du livre L’orgue, souvenir et avenir, ouvrage qui, en 2010, en est à sa quatrième édition depuis 1978. Au Québec, on aura eu la chance de l’entendre lors de l’inauguration des grandes orgues de la cathédrale de l’Assomption de Trois-Rivières en 1992.

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Anniversaires en musique par Yves-G. Préfontaine Le cœur a ses raisons... » disait Pascal. De mon côté, je dirais volontiers « le cœur a SON Raison... »! André Raison, dont on ne connaît pas l'année de naissance, mais dont on sait qu'il est mort à Paris en 1719, voici donc 300 ans, tient une place charnière dans l'histoire de l'orgue français. Dans la foulée des Lebègue et des Nivers, contemporain des Boyvin et Jullien, il sera le prédécesseur de Couperin, de de Grigny. Raison était réputé surtout comme pédagogue, et dans son œuvre. Il ne cherche en aucun cas la virtuosité et les difficultés aux musiciens pas nécessairement très experts dans l'art de toucher l'orgue. « Je . » À ce propos, au début de son Second livre, il nous livre des indications fort précieuses sur le caractère qu'on doit donner à chaque pièce, un ou Corrette. Deux livres d'orgue donc, publiés respectivement en 1688 et 1714. Le Premier livre comprend cinq messes dont les versets peuvent également servir à d'autres fins (les magnificat, par exemple) et un Offertoire du 5e ton. Aucune citation de plainchant, ici. Il ne tient conséquemment pas compte du Cérémonial de Paris de 1662. (On se rappellera que Couperin et de Grigny, eux, s'y soumettront). De tout ce corpus, deux extraits attirent l'attention : le Trio en passacaille du Christe de la Deuxième messe dont le thème a pu avoir été emprunté par J. S. Bach pour sa propre Passacaille et fugue en do mineur, et cette Offerte du 5e ton sur le « Vive le Roy des Parisiens » à son arrivée à l'hôtel de ville, le trentième de janvier 1687. On en connaît peut-être l'histoire : le roi se rendait alors à Notre-Dame rendre grâce dans un endroit de son anatomie non moins délicat… Annus horribilis en quelque sorte… Cette auprès des Offertoires des Messes de François Couperin, de de Grigny, de Marchand (Grand dialogue en ut).

Mixtures, numéro 50, mai 2019

Le Deuxième livre pour sa part est plus hétéroclite, quoique plusieurs pièces soient inspirées du Da pacem Domine grégorien et de « La Paix tant désirée ». La présence de ces thèmes s'explique parce que 1713 et 1714 marquent la signature (non sans peine), à Utrecht et à Rastadt, du traité

Ce second livre comporte également un certain nombre de noëls variés, dont l'intérêt est tout aussi varié… Au même moment, au-delà des Pyrénées, et sensiblement aux mêmes dates, Juan Cabanilles, né en 1644 (il y a 375 faisait les beaux jours de la musique à la

. Il y avait été affecté en début de d'être ordonné prêtre, ce qui était une condition sine qua non imposée par le Chapitre de l'endroit à l'époque. Il semble bien qu'on voulait ainsi s'en assurer les services. On remédia à cette situation dans les quelques années qui suivirent son engagement. Avec Cabanilles, on atteint littéralement un sommet de la littérature de l'orgue hispanique. Mine de rien, on ne compte pas moins de 1 200 pièces qui prennent toutes les formes en usage au XVIIe et au XVIIIe siècle naissant, soient des tientos (sorte de ricercar) de diverses formes (falsas, llenos, contras, partidos, batallas), des tocatas, des passacalles, des gallardas, etc. Il nous reste aussi huit pièces vocales appartenant sans doute à un bien caché. On peut s'étonner un peu que seules les formes espagnoles l'aient intéressé alors que ses vastes connaissances de la musique pu l'inciter à élargir son champ d'exploration...Dans une chronologie bien significative, il et de Francisco Correa de Arauxo.

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Ici et là au Québec... Montréal

par Raphaël Ashby

Amis de l’orgue

Le Festival des couleurs de l’orgue français reviendra pour une 25e saison les dimanches d’octobre, à 15 h au Grand Séminaire .

La saison 2018-2019 des Amis de l’orgue a été lancée avec un concert « bières et fromages » à l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus avec, à l’orgue, les membres du conseil d’administration : Mélanie Barney, Raphaël Ashby, Laurence Jobidon, JeanWilly Kunz, Julien Girard ainsi que l’organiste résident Jason Biel.

Saints-Anges en musique présente des concerts d’orgue dans le décor divin de l’église des Saints-Anges, près des berges du canal Lachine. Organistes d’ici et d’ailleurs présentent des programmes variés pouvant plaire à tous. Les concerts sont à 15 h, et une contribution volontaire est appréciée.

Les Amis de l’orgue se sont ensuite rencontrés le 2 octobre à l’Université McGill pour une conférence sur la musique d’orgue contemporaine donnée par Pascale Rouet, organiste française, conférencière et rédactrice de la revue Orgues Nouvelles.

À ne pas oublier, les concerts dominicaux à l’Oratoire St-Joseph. Vous pouvez y entendre tous les dimanches, à 15 h 30, des organistes de partout dans le monde ainsi que des chœurs et autres instrumentistes invités.

St. George mettant en vedette deux organistes de la relève : Alcée Chriss et Jonathan Vromet.

par Emmanuel Bernier

Le 30 mars dernier eu lieu un concert d’improvisations sur trois films muets. L’organiste JeanWilly Kunz a créé une trame sonore pour Liberty de Laurel et Hardy, The Payhouse de Buster Keaton et A Night in the Snow de Charlie Chaplin.

Les amateurs d’orgue de la région de Québec ont encore une fois été bien servis au cours des derniers mois. Aux Amis de l’orgue d’abord, avec un concert d’une qualité exceptionnelle, donné le 14 octobre, par le jeune organiste italien Davide

Pour conclure la saison, les membres auront droit à une visite du studio de musique de Jean Le Buis et de son orgue Hauptwerk. L’activité se déroulera le 8 juin. L’accueil se fera à 16 h et sera suivi d’un 5 à 7. Cette activité s’adresse uniquement aux membres, et une réservation est requise.

des grands maîtres de l’école symphonique française. Le concert « Portes ouvertes », offert le 2 décembre, par l’organiste Jacques Boucher et la violoniste Anne Robert dans une salle RaoulJobin remplie à ras bord, a également été un des points d’orgue de la saison. Le 10 février, Vincent Brauer, titulaire de l’orgue Wilhelm de Beaupré, nous a pour sa part proposé un fascinant panorama du répertoire espagnol du Siècle d’or sur l’orgue Juget-Sinclair du Musée de l’Amérique francophone. En plus du concert de la jeune organiste new-yorkaise Jillian Gardner du 7 avril et de la conférence de Denis Juget du 28 avril,

Autres concerts

Les Intermèdes à l’orgue à l’église St. Andrew & St. Paul auront lieu cet année les jeudis de juillet et d’août à 12 h 15. Des organistes de Montréal, de Toronto, des États-Unis et d’Allemagne se produiront sur le grand orgue Casavant de l’église. Les récitals à la St. James United Church seront de retour les vendredis de juillet et août à 12 h 30. La série de concerts L’orgue en mai au Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs revient cette année tous Préfontaine, Jonathan Vromet, Dominique Lupien, Francis Gagnon et Raphaël Ashby. Page 36

Québec

Amis de l’orgue

de Mixtures. La saison comporte deux derniers rendez-vous : un concert à deux orgues au Palais Montcalm avec Pierre Bouchard et Louise Fortin (19 mai, 15 h) et la reprise du récital de la rimouskoise Josée April à Saints-Martyrs-Canadiens (2 juin, 14 h), concert initialement prévu le 10 mars, mais qui a du être reporté pour des raisons de tempête hivernale. Mixtures, numéro 50, mai 2019


Autres concerts

L’orgue du Palais Montcalm a malheureusement été assez peu sollicité cette année, si on excepte les deux concerts des Amis de l’orgue et un a donné une prestation avec des musiciens à cordes de l’Université Laval et du Cégep de Sainte-Foy dirigés par Richard Paré. L’orgue de Cap-Rouge, qui a bénéficié récemment d’un relevage, a encore une fois eu droit à son mini-festival en octobre et en novembre, avec les prestations du titulaire François Grenier et des organistes Richard Paré et Marc-André Doran. Quant au Juget-Sinclair du Musée de l’Amérique francophone, il a comme toujours été animé par la série de concerts organisée par Hubert et Florence Laforge. Les organistes Benjamin Waterhouse et Arnaud de Pasquale (France) ont ainsi pour un disque à venir chez Harmonia Mundi avec M. de Pasquale et la flûtiste rimouskoise Anne Thivierge.

Relevage d’instrument à Loretteville

Un concert-bénéfice a également eu lieu le 14 octobre à l’église Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette en prévision du relevage de l’orgue Wilhelm par le facteur François Desautels. Le titulaire, Claude Lemieux, a interprété un programme varié de musique baroque en compagnie de plusieurs musiciens et de la soprano Andrée-Anne Laprise. •

Du côté de la Beauce, le Festival d’orgue de Sainte-Marie présentera le titulaire Dominique Gagnon avec le Chœur polyphonique de Lévis sous la direction de son chef Guillaume Boulay (2 juin), l’organiste en résidence de l’Orchestre symphonique de Montréal, Jean-Willy Kunz (9 juin) et un concert aux couleurs jazz avec l’organiste (16 juin). À la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, nous aurons le plaisir d’entendre, tous les deux dimanches à 14 h, le Français Johann Vexo, organiste de chœur à Notre-Dame de Paris (7 juillet), Nathalie Gagnon (21 juillet), le titulaire Marc D’Anjou (4 août), l’organiste Jacques Boucher avec la saxophoniste Sophie Poulin de Courval (18 août) et le Tchèque Ondřej Horňas (1 er septembre).

Estrie

par Louis Brouillette

Nouvel orgue au Grand Séminaire

Un événement rare a eu lieu à Québec : l’inauguration d’un orgue! Le Grand Séminaire de Québec, qui a aménagé, l’été dernier, sur la rue Giguère dans le secteur Vanier dans un ancien couvent des sœurs du Bon-Pasteur, s’est en effet porté acquéreur d’un instrument construit par le facteur Wilhelm, orgue installé auparavant dans la chapelle du monastère des Bénédictines de MontLaurier. L’orgue de 11 jeux a été inauguré le 24 mars en après-midi avec un programme tout Bach offert par Claude Lemieux et Emmanuel Bernier, tous deux chargés de cours dans cet établissement. •

Suzanne Ozorak (8 mai), de Jean-Guy Proulx (15 mai), de Raymond Perrin (22 mai) et de l’Italienne Letizia Romiti (29 mai).

Saison printanière et estivale

L’orgue ne prendra guère de vacances à Québec cet été! Le Festival du printemps de l’église SaintRoch nous revient tous les mercredis midis de mai avec des concerts d’Édith Beaulieu (1er mai), de Mixtures, numéro 50, mai 2019

Les activités estriennes autour de l’orgue ont été couronnées de succès en 2018-2019, et, pour la saison 2019-1020, les Amis de l’orgue de l’Estrie proposent quelques nouveautés, dont un spectacle jazz, un concert avec chœur et la première édition (en juillet 2019) du Festival d’orgue de la basilique-cathédrale Saint-Michel ! •

Saison 2018-2019

La saison régulière 2018-2019 a notamment mis l’accent sur deux organistes et un compositeur de la relève. Le concert du 18 novembre 2018 a mis en valeur deux étudiants d’origine estrienne qui terminent, cette année, leur baccalauréat en Alexandre Marcotte à l’Université de Sherbrooke) et Raphaël Ashby (étudiant de Hans-Ola Ericsson à l’Université McGill). Au concert du 9 février 2019, Louis Brouillette a créé la pièce pour orgue Postlude ambrosien de l’organiste sherbrookois Gabriel Tousignant qui termine, cette année, son baccalauréat en composition à l’Université de Sherbrooke. La saison régulière se clôturera le 5 mai 2019 à l’église Immaculée-Conception avec le récital de l’organiste Chantal Boulanger et du trompettiste Jean Gervais, deux professeurs récemment retraités qui ont formé de nombreux musiciens au Cégep de Sherbrooke. Page 37


Aux cinq concerts de la saison régulière et aux deux concerts hors-série d’octobre 2018 annoncés dans le numéro 49 de la revue Mixtures, une activité s’est ajoutée au cours de l’année : soit un atelier sur l’orgue, donné le 24 mars 2019 par Chantal Boulanger à la basilique-cathédrale Saint-Michel. Son exposé a, entre autres, porté sur les facteurs d’orgues québécois. Elle a aussi présenté un mini-récital. •

Rimouski

par Gérard Mercure

Saison 2019-2020

La saison 2019-2020 s’annonce prometteuse. Elle débutera le 6 octobre 2019, à 15 h, à la chapelle St. Mark’s de l’Université Bishop’s avec un concert jazz ! L’organiste Louis Brouillette jouera des œuvres pour orgue partiellement ou complètement jazzées et interprétera des standards jazz , l’organiste Mathieu Blain fera résonner l’opus 704 (1917) de Casavant Frères à la basilique-cathédrale Saint-Michel. Le 30 novembre, à 19 h 30, à l’église unie Plymouth-Trinity aura lieu de Chantal Boulanger et accompagné par

Frères. Le 9 février 2020, exceptionnellement à 14 h, Jocelyn Lafond, doctorant en orgue à l’Université McGill, jouera sur l’opus 317 (1908) de Casavant Frères à l’église Saint-JeanBaptiste. Le 29 mars, Marie-France Veilleux, de Gaston Litaize et de Marie-Claire Alain, mettra en valeur l’orgue Wilhelm (1992) de la chapelle St. Mark’s de l’Université Bishop’s, un des rares orgues estriens à traction mécanique. •

La semaine suivante, le 17 juillet, l’organiste Michelle Quintal, auteure du livre Bernard Piché, grand maître de l’orgue (2015), proposera un concert intitulé « Bach et musique inédite ». Le festival se clôturera le 24 juillet avec le récital « Musique d’orgue du Québec » de Louis Brouillette.

Première édition du festival d’orgue

L’automne dernier, l’abbé Éric Vaillancourt, recteur de la basilique-cathédrale Saint-Michel, a proposé aux Amis de l’orgue de l’Estrie de présenter un festival estival d’orgue à la basiliquecathédrale. Après quelques discussions et démarches, les Amis de l’orgue de l’Estrie, en collaboration avec la basilique-cathédrale Saint-Michel, ont décidé d’organiser une première édition constituée de trois récitals d’orgue. Le 10 juillet, à 17 h, le les organistes estriens Chantal Boulanger, Louis Brouillette, Cécile L’Écuyer et Maryse Simard. Une œuvre pour deux orgues du compositeur sherbrookois Marc O’Reilly, spécialement composée pour cet évènement, sera créée.

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Amis de l’orgue

Le premier concert des Amis de l’orgue a eu lieu le 4 novembre avec le récital de Mélanie Barney avec de grands classiques tels que Boëllmann, Pierné et Widor, mais aussi des œuvres moins connues de Bélier et De la Tombelle ainsi qu’une transcription de Choisnel d’une pièce de Debussy. Laflamme et d’Anne Thivierge à la flûte baroque, et de Mylène Bélanger au clavecin et à l’orgue nous offrait une soirée XVIIIe siècle dans la salle de concert du Conservatoire de musique de Rimouski. En mars, c’était au tour d’Yves-G. Préfontaine de venir de Montréal jouer à l’orgue de l’église Saint-Pie X. (Le même jour, Josée April, déjà rendue à Québec, voyait son récital aux Saints-Martyrs-Canadiens annulé pour cause de tempête.) Le public rimouskois eut plus de chance avec la découverte de cinq toccatas de Bach dont l’interprétation était précédée d’un commentaire livré par l’organiste lui-même. Pour compléter la saison régulière, deux autres concerts restent à venir, soit celui de Claude Girard en mai et celui des étudiants en orgue en juin 2019. •

Le « Réveil » d’un orgue

Le 4 mars 2019 avait lieu la bénédiction solennelle de l’orgue de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Rimouski. Cette cérémonie du « Réveil d’un orgue », présidée par Mgr Denis Grondin, soulignait l’installation, dans cette église, de l’orgue GuilbaultThérien, opus 16 de 12 jeux, précédemment de l’église Sainte-Agnès. Les travaux de relogement, entrepris au cours de février 2019 grâce à l’initiative de Claude-Robin Pelletier, ont été confiés à l’atelier Concept du facteur d’orgues Jacques L’Italien. L’organiste invitée à cette inauguration était Josée April. Au cours du bref concert qui a suivi, Myriam Desrosiers et Dominique Coulombe, les deux organistes de l’église, ont aussi été invitées à jouer et à mettre en valeur la sonorité lumineuse et toute française de cet instrument. Mixtures, numéro 50, mai 2019


Un nouveau site WEB

Après avoir longtemps gardé dans mes cartons un , j’ai finalement mis ce site en ligne à l’adresse www.amisorguerimouski.ca. La page d’accueil, avec les trompettes en chamade de la cathédrale, annoncera les concerts des prochaines saisons. Le site est composé de neuf pages faisant état de l’histoire de la société, de ses concerts, de . Au début des années 2000, Simone Fugulin, alors responsable de la publicité pour les Amis de l’orgue, avait publié un site dédié à l’Académie, mais, à la suite de son départ de la région, il n’a pas été mis à jour. Je le voulais convivial, facile à mettre à jour et reflétant fidèlement les activités des Amis de l’orgue de Rimouski. J’espère avoir réussi.

Drummond par Don Belval

Pour ouvrir la saison 2019-2020, le 29 septembre à 14 h, nous recevrons Ludovik Lesage-Hinse, clarinettiste et saxophoniste, ainsi que Jocelyn Lafond, titulaire des orgues de la cathédrale de Saint-Hyacinthe. Ces deux interprètes, qui collaborent depuis leurs études au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, feront un survol de la Bédard, organiste québécois et compositeur actif dont les œuvres sont régulièrement jouées par les organistes et saxophonistes. Le 24 novembre à 14 h, des noëls traditionnels allemands, anglais et français nous seront Robert Patrick Girard de Québec. Ces chants sont puisés dans les trésors et les traditions de pays où la fête de Noël est l’occasion rêvée pour se réunir et se réjouir. Monsieur Girard interprétera également des pièces du répertoire d’orgue. Le 26 avril 2020 à 14 h, nous recevrons le duo Pax Luminosa formé de la mezzo-soprano Claudine Ledoux et de l’organiste Julien Girard. Ils nous proposent un magnifique programme contrastant, alliant les musiques éclatantes du jour et les douces musiques du soir… Le répertoire a été choisi parmi les œuvres de compositeurs français et anglais de plusieurs époques, dont Purcell, Händel, Vaughan Williams, Fauré, Vierne et Poulenc.

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Parutions par Robert Poliquin Fauré et Duruflé : Requiem Solistes et Chœur de l’église St. Andrew & St. Paul Les Petits chanteurs du Mont-Royal Jean-Sébastien Vallée, direction Jonathan Oldengarm, orgue Pour les amateurs de musique sacrée, voici une version des Requiem de Fauré et de Duruflé produite avec des solistes et chœurs de Montréal, le tout avec accompagnement d’orgue. Pour en avoir écouté plusieurs versions, et ce, réalisées par des chœurs européens très réputés, je dois dire que celle-ci s’inscrit, sans retenue, parmi les meilleures. Les voix sont très précises soutenues par un accompagnement d’orgue qui est toujours présent, mais sans y être dominateur. L’ajout d’un chœur d’enfants dans certains passages se révèle d’une beauté qui amène l’auteur vers un état de méditation. Superbe! Éditions ATMA, ACD2 2779 (2018) L’Oiseau de feu / Les tableaux d’une exposition Orgue Geissler/Haas/Goll/Kuhn 2015 (V/P, 103 jeux, 144 rangs) Église Saint-Leodegar (Hofkirche) de Lucerne (Suisse) Guy Bovet et Viviane Loriaut, orgue 4 mains Amateurs de transcriptions, voici deux œuvres transcrites par Guy Bovet pour orgue à 4 mains. Les organistes ont sous les mains et les pieds un orgue aux ressources innombrables pouvant épouser les multiples facettes d’un orchestre. Les deux œuvres, bien connues dans leur version orchestrale, sont bien traitées et sont plaisantes à écouter; les thèmes y sont facilement identifiables. Fascinant comme écoute! Gallo, CD 1539 (2018) Le vitrail de Romainmôtier / Don Quixote Orgue Neidhart et Lhôte 1971 (IV/P, 36 jeux, 51 rangs) Abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Romainmôtier (Suisse) Guy Bovet et Viviane Loriaut, orgue 4 mains Ces deux œuvres sont de Guy Bovet. La première, créée à Pâques 2017, s’inspire d’un grand vitrail de l’abbatiale créé par Casimir Reymond (1938) et qui représente 13 scènes de la vie du Christ. On voit y défiler des quasi-méditations traduites de façon sonore et s’enchaînant l’une à l’autre. Quant à la seconde œuvre, elle illustre quelques scènes du célèbre de film d’animation. Tout ça sur le même disque! Fascinant. Gallo, CD 1559 (2018) Page 40

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Les complies Solistes et Chœur de l’église Sainte-Famille de Boucherville Denis Alain Dion, direction Joey Désaulniers, orgue Comme on sait, les complies sont cet ensemble de prières de s à Dieu pour la journée écoulée. Cet enregistrement comporte des œuvres écrites par Denis Alain Dion qui pourraient servir à cette célébration. D’une durée d’environ 30 minutes, on y entend des hymnes, des psaumes ainsi que des cantiques. L’enregistrement se termine par le Salve Regina dans la tradition grégorienne. DAD 18-11 (2018) Le disque est disponible à http://denisalaindion.com Inspirations Orgue Andover, Opus 114, 2007 (III/P, 81 jeux, 84 rangs) Christ Lutheran Church, Baltimore, MD Katelyn Emerson Une belle surprise, une artiste de la relève qui nous présente un programme incluant Buxtehude, Bairstow, de Grigny, Langlais, Duruflé, Rheinberger, Parker et une œuvre (Finale, Op. 78) de Rachel Laurin. Avec une technique remarquable, elle attaque un répertoire varié s’échelonnant sur plusieurs siècles. Chaque fois, elle adapte bien ses registrations et les résultats sont fantastiques. Cet orgue polyvalent comprend quatre divisions manuelles installées dans le chœur de l’église dont une flottante et sise en tribune avec une pédale répartie aux deux endroits. D’écoute facile, ce disque est merveilleux! Pro Organo, CD 7288 (2018) Monte-carl’ Toccatas Orgue Vegezzi-Bossi, 2016 (III/P, 30 jeux) Église Sacré-Cœur, Monte-Carlo Orgue Tamburini 1979 (III/P, 39 jeux, 53 rangs) Église Saint-Charles, Monte-Carlo François Meyer, hautbois / Hervé Féraud, trompette Jean-Christophe Aurnague, orgue Cet enregistrement présente, sur deux disques, des pièces de concert pour grand orgue composées par Jean-Christophe Aurnague dont certaines font appel à des instruments concertants. Malheureusement, il n’y a pas de livret sinon de brefs commentaires sur les interprètes et la réalisation de l’enregistrement. Aucun détail ni sur les œuvres ni sur les orgues utilisés (à part leur mention dans le générique). Ces œuvres modernes et accessibles s’adressent à des instrumentistes chevronnés. Intéressant à découvrir ! LMM (2018) Mixtures, numéro 50, mai 2019

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Revue des revues par Robert Poliquin FRANCE

SUISSE

L’orgue francophone / Bulletin de l’orgue francophone, FFAO, 13 rue de Balzac, 93600 Aulnay-sousBois, France.

La Tribune de l'orgue R e v u e s u is s e r o m a n d e , Guy Bovet, CH-2000 Neuchâtel, Suisse

. , France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) No 42, Automne 2018 : L’orgue aux Philippines : Un peu d’histoire; L’orgue de bambou; Léo Rénier; L’orgue au service de la cité; Les instruments; Où l’on voit qu’il est possible de faire du bien avec un orgue — L’orgue et l’électricité — Rencontre avec Rhoda Scott. No 43, Hiver 2019 : Orgelpark Amsterdam : The Utopa Baroque Organ 2018 — La basse continue et l’orgue I — L’orgue de Gerstheim, une aventure exceptionnelle — Rencontre avec Stéphane Caillat. No 44, Printemps 2019 : Reflets d’improvisations — La basse continue et l’orgue II — Le nouvel orgue de Neuville-sur-Saône — Mel Bonis (1858-1937) — Plaisance du Gers, laboratoire de l’orgue. BELGIQUE .

— Partition : When I am laid in earth (Purcell/ Righetti) — La bonne manière de lire dans toutes les clés (sauf la mauvaise) — Récits et Actualités. CANADA Organ Canada / Orgue Canada / Journal bimensuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO/ CRCO), 414-15 Case Goods Lane, Toronto, ONM5A 3C4 V 31 No 4, Fall 2018 : An interview with new CIOC artistic director Jean-Wily Kunz — Nineteenth-century organ building in the St. Lawrence Valley, Part 3 : Wind Systems — Couperin Organ Part 2 — RCCO 2018 Calgary Organ Festival Reviews. V 32 No 1, Winter 2019 : Remembering Peter M. Partridge — Nineteenth-century organ building in the St. Lawrence Valley, Part 4 : Changes in Tonal Architecture — RCCO 2018 Calgary Organ Festival Reviews.

V 50, No 199, 2018/3 : L’orgue dans la Revue et Gazette musicale de Paris (1834-1880) 11e partie — Le grand orgue Detlef Kleuker (1970) installé en l’église SaintCœur à Saint-Servais (Merklin 1858/Thomas 1982) provenant des Jésuites à Namur, et son premier titulaire, le Père Louis Girod — Partitions : Sept Pièces (Auguste Verrees), Tour des Finances (Fabrice Renard). V 50, No 200, 2018/4 : L’orgue dans la Revue et Gazette musicale de Paris (1834-1880) 12e partie — Cinquante ans de la revue « L’Organiste », organe de l’U.W.O. et la fondation de l’association sans but lucratif en 1967 — Partitions : Six Pièces (Auguste Verrees), Passerelle « La Belle Liégeoise » (Fabrice Renard).

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ÉTATS-UNIS (OHS), P.O. Box 26811, Richmond, VA 23261

The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005 V 109, No 11, November 2018 : The 1864 William A. Johnson Opus 161, Piru Community United Methodist Church, Piru, CA; Part IV — The 50th Anniversary of the death of Healey Willan (1880-1968). A Year of remembrance in 2018 — Feature: Buckfast Abbey, Devon (UK); Ruffatti, Choir and Gallery Organ (IV/P, 81/100)

— Feature: Stoneleigh, Villanova, PA; Aeolian-Skinner 1931/ Emery Brothers 2017, (III/P, 49/37) V 110, No 1, January 2019 : Celebrating the Centennial of the Cathedral Church of Christ Church Choir, Lagos (Nigeria) — The Complete Organ Works of Francisco Correa de Arauxo — Feature: First Presbyterian Church, Oklahoma City, OK; Roger Banks/Reuter The American Organist / journal of the american guild of organists (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115 V 52, No 11, November 2018 : Salieri : Music for His Own Funeral Let Every Instrument Be Tuned for Praise — Letter from France: Virgil Fox to His Teacher — Pedal Exercise no. 4

V 52, No 12, December 2018 : Leonard Bernstein and the Organ — 2019 Anniversaries — From the Halls of Montezuma: A Lesson at Christmas — Beauty of the Beast: A Special Pipe Organ Program — Pedal Exercise no. 5

in 2019 — Trailblazers: Women’s Impact on Organ, Carillon, Harpsichord, and Sacred Music. University of Michigan 58th Annual Organ Conference — Feature: St. John’s Episcopal Church, Tulsa, OK; Schoenstein, 2018 (III/P, 31/38) V 110, No 3, March 2019 : The new Dobson organ at St. Thomas Church, Fifth Avenue, New York — Organ Historical Society 2018 Convention, Rochester, NY: a review — Feature: Cathedral of Christ the King, Superior, WI; Glück (III/P, 19/25) V 110, No 4, April 2019 : 12th International Organ and Three Nocturnes — 1st International Late Medieval and Renaissance Music Course, San Marino — Feature: How a visionary idea is transforming the organ industry (American Organ Institute, Norman, OK)

V 53, No 1, January 2019 : Vocal Technique for Choirs, Part I — Do’s and Don’ts for Church Musicians

V 53, No 2, February 2019 : Lost Work by Widor Found Vocal Technique for Choirs, Part II — The Artistry of , Ultra Montanism and Widor’s Symphonie romane V 53, No 3, March 2019 : Do You Known John Walker? Vocal Technique for Choirs, Part III

V 53, No 4, April 2019 : Worcester: The City of Organs — Remembering Jean Guillou — Reflections on John Walker

Mixtures, numéro 50, mai 2019

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Mixtures # 50, mai 2019  

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