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FOOTBALL

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 LIGUE DES CHAMPIONS (3e tour préliminaire retour)

Pour bien passer l’été Invaincu et leader en Ligue 1, Marseille doit valider définitivement son billet pour la Ligue des champions. Entre une deuxième qualification successive pour la Ligue des champions ou la Coupe consolante de l’UEFA, Marseille a-t-il vraiment le choix ? Vainqueurs à Bergen au match aller (1-0), les hommes d’Éric Gerets s’avancent en favoris logiques pour retrouver la C 1 en septembre. Ils devront juste se rappeler que les Norvégiens n’ont pas toujours échoué en France.

MARSEILLE –

de notre correspondante SUR LA ROUTE ESCARPÉE qui peut le mener au cénacle le plus prestigieux du football européen, l’Olympique de Marseille n’a plus qu’un virage à négocier. Un virage pas plus serré que les autres, mais que l’élan actuel du club phocéen ainsi que l’avance prise lors de l’étape précédente pourraient l’amener à négliger. Dans ce tour préliminaire de Ligue des champions face à Brann Bergen, Marseille a tout du caïd. Leader de la Ligue 1 après trois journées, l’OM s’est forgé une avance d’un but (1-0) à l’aller en Norvège et il faudrait une catastrophe pour l’empêcher de se qualifier. C’est d’ailleurs le mot qu’a employé Éric Gerets hier : « Je ne vais pas vous dire que la qualification est dans la poche, mais en ayant marqué ce but à l’extérieur, notre situation est assez confortable. Ce serait une

vraie catastrophe si l’on ne parvenait pas à se qualifier maintenant. » Une catastrophe du genre de celle de novembre 1968, quand la Norvège était venue s’imposer à Strasbourg (1-0) lors des qualifications à la Coupe du monde 1970 face à une équipe de France au comble du marasme. À l’aube d’une saison pleine de promesses, Bergen ne doit pourtant être qu’une première marche, voire un tremplin. Pour le technicien belge, les ambitions sont clairement définies : le titre de champion de France et une place sur le devant de la scène en Ligue des champions : « Quand tu es entraîneur de l’OM, tu as une envie terrible de la disputer. Nous nous sommes battus toute l’année dernière pour ça, mais il faut encore gagner ou ne pas perdre ce soir. » Malmenée sur le plan défensif à Rennes (4-4) lors de la première jour-

née, son équipe n’a plus pris de but depuis. L’équilibre a été revu et corrigé. Avec une attaque toujours aussi performante (6 buts lors des 3 derniers matches) et un Koné qui sera bien présent, cet OM-là ne devrait pas connaître d’effroi. Les Norvégiens, par la voix de Bakke, annoncent que « c’est toujours du 50-50 », et leur entraîneur, Mons Ivar Mjelde, avoue même compter sur les coups de pied arrêtés pour surprendre Marseille. Il sort même de son chapeau un tout jeune attaquant de l’équipe réserve, Trond Ludvigsen, qui a marqué six buts lundi. Mais cela ne suffit pas à faire peur aux Marseillais. « Si Marseille est dans un bon jour et joue au niveau qui est le sien, acquiesce Cana, nous avons toutes les cartes en main pour éviter les mauvaises surprises. À condition évidemment de rester vigilants et respectueux de l’adversaire. Mais c’est un match important, nous en avons

conscience, et qui peut valoriser tout notre travail de l’année dernière. »

Gerets : « Une grande responsabilité vis-à-vis du club » Reste une inconnue. Savoir comment l’OM aura surmonté le traumatisme de l’accident de car qui a coûté la vie à deux de ses supporters et fait des blessés graves qui souffrent encore dans leur chair. Après une fin de semaine « un peu étrange et délicate », de l’aveu même du capitaine marseillais Lorik Cana, le football semble reprendre ses droits. « Tout le monde est conscient, poursuit Cana, que personne n’a rien à gagner à rester focalisé sur cette tragédie. Les supporters souhaitent avant tout que le club progresse, nous revenons à la compétition, c’est important. » Éric Gerets, lui aussi très touché samedi, a repris le contrôle de la situation. « J’ai une

grande responsabilité vis-à-vis du club et des supporters, assure t-il. Ils ont le droit d’avoir une équipe bien placée et en ordre de marche. Je ne dis pas à mes joueurs d’oublier, mais qu’on a le devoir, pour ceux qui souffrent, de faire notre job et de nous qualifier. » Dans le stade, l’émotion sera palpable au moment des différents hommages prévus par les clubs de supporters. Après leur marche silencieuse à travers la ville, à 17 heures, les groupes déposeront des gerbes de fleurs dans le virage occupé par les supporters du groupe Marseille Trop Puissant (MTP), durement touchés par cet accident. L’hommage doit être plus éloquent encore pour la réception de Sochaux, samedi en Ligue 1, à l’occasion de laquelle le Stade-Vélodrome se parera de noir. Entre-temps, il serait bon que l’OM lui donne un peu d’allégresse.

MARSEILLE

20 H 45

BRANN BERGEN

Stade-Vélodrome, en direct sur M 6. Arbitre : M. Braamhaar (HOL).

3 2 Chhances Daahl SSaevarsson arss dee qualif. 7 % % 5 23 El-Fakkiri 18 H onn Mbami Hilto bam BBjarnason jarnason naso 6 11 14 6 NNiaang Karadas 12 30 radas a Jaiteh aiteh Zi i ani Opdal Manda and andandaa 21 15 19 17 R. Zubar a Caana urdsson dsso BBakkke Siigurdsson caap. cap. 11 15 24 14 Vaaagan an Moen M B art Bonn B. Konéé HHanstveit stvei

Chancees de qualif.

3 TTaiw wo

20 Ben Arfa

91

9

Prix des places : 22, 27

Remplaçants : Ru. Riou (1), Civelli (2), Givet (32), Kaboré (12), Zenden (10), Grandin (18), Be. Cheyrou (7). Entraîneur : É. Gerets. Absents : J. Rodriguez, Valbuena (reprise), Erbate (élongation), Samassa (non qualifié), César, Arrache (choix de l’entraîneur). Suspendus : aucun.

Remplaçants : Udjus (g.) (24), Guntveit (4), Einarsson (8), Winters (77), Björnsson (28), Demba-Nyren (10), Ludvigsen (20). Entraîneur : M. I. Mjelde. Absents : Mohus (non qualifié), Amankwah, Movik, Huseklepp, Thorbjornsen (choix de l’entraîneur). Suspendus : aucun.

HÉLÈNE FOXONET (avec H. P.)

« C’est vital financièrement » JOSÉ ANIGO, le directeur sportif de l’OM depuis fin 2004, s’est mis volontairement en retrait.

HIER Artmedia Bratislava (SLQ)-JUVENTUS TURIN (ITA) : 1-1 (0-4) ; PANATHINAÏKOS (GRE)-Sparta Prague (RTC) : 1-0 (2-1) ; Wisla Cracovie (POL)-FC BARCELONE (ESP) : 1-0 (0-4). AUJOURD’HUI

MARSEILLE – de notre envoyé spécial « ON NE VOUS ENTEND PLUS guère. Est-ce une volonté de prendre du recul ? – Ce n’est pas du recul. Je suis carrément à des années-lumière de mon passé. Je suis en paix avec moimême car j’ai zéro conflit avec les gens. Plus rien ne m’atteint. Je suis

moins fougueux car j’ai un autre regard sur mon métier, sur les hommes. J’ai compris qu’on ne peut pas changer les gens et qu’on doit changer soi-même. Changer pour s’adapter. Aujourd’hui, on me voit peu, on n’entend pas parler de moi et ça me va très bien. J’ai plus de tranquillité. Je suis épanoui. J’ai un vieux sage, Pape (Diouf), qui m’a montré le chemin.

– Ce ne fut pas toujours facile entre vous au début... – Pape est intelligent, je ne suis pas trop con. On ne pouvait que travailler ensemble. Et ce club, c’est une équipe, il y a de la sérénité qui rejaillit sur le groupe. Chacun son rôle. Je dois chercher du talent avec la cellule de recrutement, définir l’avenir de la politique sportive en parfaite osmose avec Éric (Gerets) et Pape. – Comment se passent vos relations avec Gerets ? Y a-t-il eu des tensions ? – Jamais. À l’OM, il y a beaucoup de friction. Avant j’aurais réagi à ces propos, mais fini ! Je n’alimente plus rien. Ce qu’on dit ou pense de moi m’est égal. Je sais ce que j’ai fait depuis trois ou quatre ans, et c’est pas mal. Détecter des Valbuena, des Grandin, des Kaboré, des Mandanda, des Bonnart... Aujourd’hui, le club a un actif joueurs très important et j’y ai participé. – L’arrivée de Valbuena a-telle entraîné des sourires ? – Certains m’ont dit : "Valbuena, 1,62 m, venant du National, c’est un

moins de 16 (ans) qui veut jouer en pro ?" Plus personne ne sourit. Mais ce sont les joueurs qui te donnent raison. Mathieu aujourd’hui a un pied chez les Bleus, des gros clubs le demandent. Grandin, Kaboré et Mandanda… C’est pour ça que je suis content : je m’accomplis. J’ai des convictions, je prends mes responsabilités. Pareil pour Samassa. Il ne remplace pas Cissé. Si on veut le remplacer, il faut prendre Berbatov ou Eto’o. On n’a pas ces moyens-là. Donc on anticipe. – L’OM ne joue pas dans la cour des très grands ? – Non, et qui possède ce statut en France ? Allez, peut-être un peu Lyon. Mais il faut être dans le carré de la C 1, ce n’est pas son cas. C’est une belle machine de guerre, un grand club, pas un très grand club. Aujourd’hui, on n’a rien à envier à Lyon. L’OL a de l’avance mais on a envie de les bouger. On ne peut pas cacher nos ambitions. – Est-ce usant de voir Lyon devant ? – Usant et très casse-pieds. Mais

MERCREDI 27 AOÛT 2008

c’est mérité. À nous et aux autres de contester cette supériorité. Tout le monde est agacé de voir l’OL champion systématiquement. Si on ne l’était pas, ce serait dramatique. J’ai envie que les gens se révoltent.

« Entraîneur de l’OM en étant marseillais, c’est impossible » – Comment abordez-vous ce retour contre Bergen ? – Je n’accepterais pas un échec, surtout après l’aller (1-0). Il faut atteindre les poules. Grâce à l’Europe, les jeunes vont progresser. En plus, c’est vital financièrement. Et en France on doit aller chercher la première place. On s’en rapproche. Cette année, on a fait un réel effort offensif, même si le départ de Djibril (Cissé) nous affaiblit. – Vous aviez pourtant assuré, vous et les autres dirigeants, qu’il ne partirait pas… – Oui. Les événements ont dicté une autre conduite. Djibril jouant moins, on ne peut pas garder un joueur de ce salaire sur le banc (400 000 euros

brut). Lui ne supportait plus sa situation de remplaçant. – Quel est votre rapport aux joueurs ? – Je leur parle car je participe à leur venue mais je n’évoque pas la tactique. Et j’irai toujours dans le sens de l’entraîneur. La réussite d’Éric sera la mienne. Je suis toujours passionné par l’OM mais il ne faut pas que la passion l’emporte. Avant, j’étais comme investi d’une mission. Aujourd’hui, j’ai pu montrer que je faisais du bon travail. J’ai la chance d’avoir des gens qui me suivent, comme Pape ou Julien (Fournier, directeur financier), car parfois je force pour des joueurs. – Pour qui avez-vous le plus insisté ? – Mandanda. J’ai cassé les pieds de Pape six mois. À part la cellule de recrutement, personne ne le connaissait. Je dis souvent aux joueurs : "Votre réussite, c’est la mienne." On est associés. Et quand Mandanda est titulaire en Suède (avec l’équipe de France, victorieuse 3-2), j’ai mon petit verre de vin sur la

table et un sentiment de bonheur m’envahit. Je me suis dit : "On a bien travaillé." – La gestion d’un groupe de ce niveau n’est pas toujours facile… – Le comportement d’Éric est parfait. Les joueurs ont plus besoin d’un guide avec une main ferme que d’un copain. On peut avoir de la complicité mais cela doit être mesuré. Les joueurs ne doivent pas perdre de vue qu’ils sont des employés du club. – Vous imaginez-vous redevenir entraîneur ? – Plus jamais à Marseille ! Mais un jour, ailleurs, forcément. Déjà, j’espère continuer longtemps ce que je fais. Être entraîneur de l’OM en étant marseillais, c’est impossible. On ne peut pas imaginer à quel point c’est dur d’être en situation d’échec ici. J’ai vu comment Albert (Émon) a fini. Il faut venir de l’extérieur, avoir un certain recul par rapport aux gens et aux choses. Comme Éric, qui se concentre sur le terrain. C’est la condition pour réussir chez nous. »

Lucarne

Des photos de sa famille tapissent une partie du mur. « Ma femme et mes enfants sont toute ma vie », glisse José Anigo. Dans son bureau, avec vue sur les terrains de la Commanderie, une une de L’Équipe titrée : « Ça, c’est l’Europe ». Elle date d’août 2005, après le succès contre La Corogne (5-1) en Coupe Intertoto. Le directeur sportif a aussi annoté des phrases sur un paper board. La première : « Ici ne peut critiquer que celui qui est prêt à aider. » Une autre plus personnelle : « Dans les moments difficiles, si je me mettais à marcher sur l’eau, les journalistes et les malveillants diraient que c’est parce que je ne sais pas nager… plutôt que de dire : "J’ai vu un miracle". » C’était l’époque où les critiques le touchaient. Aujourd’hui, il dit avoir évolué.

LE SYNDICAT des entraîneurs défend les entraîneurs. C’est normal, c’est sa mission. À ce juste titre, l’UNECATEF s’élève contre la décision du FC Nantes de limoger Michel Der Zakarian. Au nom des grands principes, il est également justifié de déplorer l’attitude d’entraîneurs prêts à prendre le train jaune en marche avant que le titulaire du poste n’ait été poussé en bas du banc. Mais, face aux principes, il y a la réalité. Sur son site Internet, l’UNECATEF publie la liste des entraîneurs en quête d’un club. Parmi eux, vingthuit titulaires du diplôme requis pour diriger un club de Ligue 1, le DEPF. Comment imaginer que, parmi eux, il n’y en ait pas qui anticipent sur le communiqué fatal pour tenter d’occuper la place toute chaude et même pas encore vacante ? À chacun de ses congrès, l’UNECATEF prône la solidarité entre entraîneurs. Tous les membres présents applaudissent. Mais les mêmes retournent ensuite à leur concurrence permanente, omniprésente, sauvage. Et, en temps de crise, les grands principes et la solidarité… DIDIER BRAUN

HERVÉ PENOT

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Solidarité et réalité

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 BOGHOSSIAN EN OBSERVATEUR. – Alain Boghossian, l’adjoint de Raymond Domenech en équipe de France, sera aujourd’hui au Vélodrome pour suivre la rencontre entre l’OM et les Norvégiens de Brann Bergen. Son homologue Pierre Mankowski se déplacera, lui, en Angleterre pour superviser le match entre Arsenal et les Néerlandais de Twente.

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ALBI (Tarn), STADE MUNICIPAL, 2 AOÛT 2008. – Éric Gerets (à droite), assisté de son adjoint Dominique Cuperly (au fond), prépare la saison marseillaise avec une tournée de matches amicaux, notamment face à Toulouse (0-0). Pendant ce temps, José Anigo, plus en retrait, se concentre sur sa tâche, à savoir « chercher du talent avec la cellule de recrutement, définir l’avenir de la politique sportive, en parfaite osmose avec Éric et Pape (Diouf, le président, à gauche) ». (Photo Laurent Argueyrolles/ L’Équipe)

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Slavia Prague (RTC)-Fiorentina (ITA) (0-2) ; Olympiakos (GRE)-Anorthosis Famagouste (CHY) (0-3) ; FC Bâle (SUI)-Vitoria Guimaraes (POR) (0-0) ; Dinamo Zagreb (CRO)-Chakhtior Donetsk(UKR) (0-2) ; AtleticoMadrid (ESP)-Schalke 04 (ALL) (0-1) ; Kaunas (LIT)-Aalborg (DAN) (0-2) ; BATE Borisov (BLR)-Levski Sofia (BUL) (1-0) ; Liverpool (ANG)-Standard Liège (BEL) (0-0) ; Fenerbahçe (TUR)Partizan Belgrade (SER) (2-2) ; Arsenal (ANG)-FC Twente (HOL) (2-0) ; Dynamo Kiev (UKR)-Spartak Moscou (RUS) (4-1) ; MarseilleBrann Bergen (NOR) (1-0) ; Steaua Bucarest (ROU)-Galatasaray (TUR) (2-2). Entre parenthèses, le score du match aller. En capitales, les noms des équipes qualifiées.


Interview José Anigo