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L'UNIVERS DE LA COMMUNICATION VISUELLE

www.visible-mag.com


ÉDITO

La communication visuelle "aux sens larges"

En tant qu’éditeur du magazine, je suis ravi de prendre la parole après Patrick Floren dans cet éditorial. Déjà 4 numéros de Visible : l’année écoulée a été riche en découvertes, en rencontres et les sujets de réflexion sur notre marché ne manquent pas ! La ligne éditoriale de Visible est d’aborder la communication visuelle à travers le prisme du décloisonnement, ou plutôt, je préfère le terme « d’agrégation » : autrement dit, faire communiquer entre elles des techniques et des métiers a priori bien différents. C’est dans cet esprit que je mène mon activité d’éditeur et d’organisateur de salon depuis 2001. Venu à ces métiers via la technique, puisque j’ai été sérigraphe textile dans les années 90, j’ai pu constater que, de la petite personnalisation au grand format ou à l’impression industrielle, le champ des activités est très large et pourtant les passerelles entre elles se multiplient. Ces secteurs font définitivement partie d’un même ensemble. Pour chaque article, nous nous efforçons de repousser les frontières classiques d’un secteur d’activité donné, d’intégrer d’autres dimensions pour ouvrir toujours plus l’horizon des possibles. Une démarche dictée par notre curiosité bien sûr, mais aussi par la conjoncture économique.Car plus de doute : la pérennité des entreprises passe désormais par leur diversification. Et la recherche de nouveaux débouchés pour les filières est devenue un réflexe naturel. C’est d’autant plus vrai qu’on subit aujourd’hui les secousses de la concomitance de 2 facteurs forts : d’une part la convergence des techniques avec l’impression numérique, d’autre part la crise qui a engendré la nécessité d’élargir ses offres. Ce magazine est donc l’expression de notre façon d’aborder la communication visuelle, « aux sens larges » : du print au digital média, en passant par la signalétique, la PLV, le design, la déco, le packaging, la personnalisation, etc. Cette vision partagée par les professionnels de l’industrie du print et des arts graphiques est aussi une réalité chez les donneurs d’ordres et clients finaux. Ils expriment des besoins de plus en plus globaux et transversaux en matière de communication. Autre valeur qui nous est chère et plus que nécessaire : regarder la réalité du marché en face ! Dans Visible cela se traduit par notre volonté de donner un « vrai » contenu aux articles, pas seulement celui issu des services de communication. Creuser les sujets, relayer les points de vue, remettre l’humain au centre des problématiques, même et surtout les plus techniques… Le dossier de ce numéro en fournit une belle illustration, sur un sujet pourtant délicat : l’empreinte environnementale de l’industrie du print. Impression propre ? Galvaudé, ce discours ne paye plus. Notre rédaction est allée à la rencontre des acteurs clés du marché qui ont osé des constats réalistes, sans minimiser les solutions existantes, souvent prometteuses. Mener une veille, donner des clés de compréhension, des idées, accompagner des marchés en pleine évolution : voilà nos objectifs et nous continuerons à développer ce magazine dans cette direction. A tous, bonne lecture. Guillaume Abou

Directeur de la publication g-abou@656editions.net fr.linkedin.com/in/guillaumeabou/

Édition : 656 Editions, 21 rue Longue, BP 1072, 69202 Lyon cedex 01- tél. 33 (0)4 78 30 41 73 - Fax : 33 (0)4 78 30 41 79 - Fédération de Communication Visuelle 17, rue de l’Amiral Hamelin - 75783 Paris cedex 16 Directeur de la publication : Guillaume Abou Rédactrice en chef : Lorraine Bôle du Chaumont - 06 81 18 06 76 Coordinatrice éditoriale : Céline Collot, celine@656editions.net - 04 78 30 35 06 Comité de rédaction : Marc Ballu, Michel Caza, Francesca Ceccaldi, Julie Chide, Denis Constantin, Laurence Farenc, Patrick Floren, Michel Martinez, Sylvie Raimbault, Guillaume Tondeur Communication : Aurélie Lamandé Ont collaboré à ce numéro : Lorraine Bôle du Chaumont, Céline Collot, Christine Galimant, Véronique Olivier, Rachelle Lemoine, Julie Chide Direction artistique et réalisation : François Jaillet, fjaillet@656editions.net Responsable commercial : Thomas Nollet, thomas.nollet@656editions.net, 06 20 63 46 27 Abonnement : Jocelyne Charrière, jocelyne@656editions.net Prix au numéro : 15 euros. Tarif abonnement pour 1 an (4 numéros) : 55 euros Impression et routage : Imprimerie Chirat 744, rue de Sainte-Colombe - 42540 Saint-Just-la-Pendue N°ISSN : 2261-5474 Conformément à la loi du 11/03/57, toute reproduction même partielle des articles et illustrations publiés dans Visible est interdite sans accord de la société d’édition.

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Photo de couverture Crédit Fotolia © Belyaevskiy

ACTUALITÉS 04

L’actualité de la communication visuelle

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ÉVÉNEMENTS

C!Print, le nouveau rendez-vous qui s’impose

Destination FESPA Londres !

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OPINION

Packaging : la recycloconception doit-elle succéder à l’écoconception ? Par Fabrice Peltier

À LA UNE

20 DOSSIER

Les acteurs du Print regardent le Green en face ENQUÊTE

34 Que deviennent

les bâches publicitaires en PVC ?

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38 RENCONTRE

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Jean-Patrick Péché : « Design, clé de différenciation dans une économiemondialisée »

PRATIQUE 54 L’adhésif en Capitale

INTERVIEW

Le photovoltaïque, un moteur pour la communication visuelle ?

44

COMMUNICATION ET CULTURE

2013 sous le signe des jardins

SOLUTION TECHNOLOGIQUE

FOCUS ETUDE DE CAS 30

46 Un

56

REPORTAGE30

50 Conforama voit grand

L’impression 3D bascule dans une autre dimension

auditorium qui fait forte impression

48 Avec Planet 21, le développement durable devient visible

52 McDonald’s à l’heure digitale

58

UNE ÉCOLE, UN PROJET

Des lycéens dans la cour des pros

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NOUVEAUTÉS

EN IMAGEs 66 Signés Stark 70 VU En vert 72

Bulletin d’abonnement - page 3


ACTUALITÉS

Aurélien, la boucherie nouvelle génération Aurélien, le saint patron des bouchers donne son nom à cette enseigne imaginée par l’agence de retail design Market Value. Un premier magasin vient d’ouvrir à Redon (35) et 5 autres sont prévus en 2013. Secteur relativement pauvre en nouveaux concepts retail ces dernières années, la boucherie s’offre avec Aurélien un visage neuf, à même d’attirer une clientèle plus jeune. Prise en compte les nouveaux modes de consommation (comptoir de vente à emporter à l’entrée), soin apporté aux linéaire de produits traiteurs et boucherie, table d’impulsion centrale avec des produits d’épicerie fine... Le tout assorti d’une communication au ton complice qui met en avant l’origine française de la viande. Au niveau du design, sans renier les codes de la boucherie traditionnelle (la couleur rouge domine), c’est une ambiance moderne et cosy qui ressort. www.marketvalue.fr

Hexis, sponsor des Sign Award 2013 L'entreprise Hexis, basée à Frontignan (34) et présente dans une cinquantaine de pays, sponsorise l'ESF (European Sign Federation) dans le cadre du lancement de son concours Sign Award 2013. Spécialiste de la fabrication des films PVC adhésivés et des supports pour l’impression numérique, Hexis a été séduite par les valeurs créatives et innovantes de cette initiative, visant à inciter les designers, les enseignistes et les professionnels de la signalétique et du marquage, à concrétiser leurs idées et leur vision de l'enseigne à l’horizon 2020. Le concours se déroulera lors du European Sign Show, du 26 au 29 juin 2013, en association avec le salon FESPA de Londres. www.eu-signs.org www.hexis-graphics.com

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Bioburger réinvente Le fast-food Seule enseigne française de restauration rapide 100 % bio, Bioburger a ouvert son premier restaurant en juillet 2011 au cœur de la capitale (2e arrdt.) et finalise actuellement les travaux de son second restaurant, qui devrait ouvrir également à Paris cet été. Pour composer ses hamburgers, Bioburger travaille exclusivement avec des fournisseurs de produits issus de l’agriculture biologique. En accord avec ce concept, les emballages sont biodégradables, recyclés ou recyclables. Pour aller encore plus loin, un système de tri participatif (déchets recyclables, verre et ordures ménagères) est proposé aux clients. www.bioburger.fr


ACTUALITÉS

Fourreau en Corian® et expérience digitale Créateur de sacs et d’accessoires de mode au design italien, Piquadro a ouvert sa première boutique à Paris, rue Saint-Honoré (1er). Ce flagship a été conçu par l'architecte Karim Azzab avec pour seul matériau le DuPont™ Corian® et une seule couleur, le blanc. Dans ce fourreau immaculé, les éléments fondamentaux sont des bandes multifonctionnelles en DuPont™ Corian® placées côte à côte et démarquées par de fines lignes de fuite. Ces lames font aussi office de présentoirs. L’éclairage lui-même - des Leds- est inséré sur la tranche des étagères, dans les parois et les tables. Jusqu’au plafond où sont suspendues des « stalactites » lumineuses. Pour enrichir l’expérience client, une application iPhone dédiée. Son interface s’inscrit sur un écran digital intégré dans la paroi, permettant ainsi d’interagir avec les produits. Pour chaque article, en lisant le code barre avec un Smartphone, les vendeurs peuvent détailler sur l’écran : caractéristiques, couleurs, tests de qualité... www.corian.fr

Mise au vert ludique à L’Escapade Market Value a créé l’identité et le design du parcours client du nouveau centre commercial L’Escapade, à La Chapelle Saint Luc (10). Ce projet, conçu par Carrefour Property, la foncière immobilière du Groupe Carrefour, est l’un des éléments clés du programme de rénovation urbaine de l’agglomération troyenne.
 L’objectif commercial : créer pour les Troyens un centre qui se démarque clairement des magasins d’usine dediés aux touristes. S’inspirant de la forte culture outdoor locale, Market Value a conçu un espace atypique, à moitié galerie couverte et à moitié « street mall », pensé comme une échappée belle colorée et très nature.
 Dès l’approche du centre, le ton est donné avec des totems inspirés des promenades en forêt ou par des cabanes en bois géantes qui indiquent les principales enseignes depuis la rocade. Cet esprit ludique et plein de vitalité ressort dans la signalétique qui jalonne le parcours avec 5 couleurs vitaminées : jaune lumineux, vert sous-bois, bleu rivière, framboise et enfin orange champêtre. Carrefour Property vise sur ce site les certifications de performance environnementale et énergétique BREEAM et HQE. Dans cette optique de développement durable, Market Value a mis en place des traitements avec un motif d’écorce et des aménagements lumineux évoquant les nervures de feuilles d’arbres. www.marketvalue.fr

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ACTUALITÉS

EN BREF Butinage créatif le 4 juin à Paris

Vous êtes directeur R&D, responsable marketing, conseil en innovation, consultant, journaliste, directeur de création, directeur d’études… Comment susciter la préférence quand tout finit par se ressembler ? À Londres, Paris, Milan, Berlin, Hambourg, Courtrai et Saint Etienne, Pollenconsulting a repéré les différentes expressions du Foutrarque-Portnawak. Venez partager un moment de butinage créatif, le mardi 4 juin, à Paris de 8h45 à 10h30. www.foutrarque-portnawak.com

NEC équipe les magasins UNIQLO

NEC Europe et NEC Display Solutions Europe ont installé début 2013, un système de signalisation numérique dans les magasins UNIQLO Regent (Royaume-Uni) et UNIQLO La Défense (Paris). L’équipement total porte sur plus de 30 écrans ultra-plats de 46 pouces pour diffuser des publicités. Les écrans individuels sont assemblés de manière à former un mur d’images. Un décodeur Linux, développé conjointement par NEC et Miracle Linux Corporation, permet notamment l’affichage d’une seule image (pleine) sur plusieurs écrans. www.nec.fr

Une norme produit enseigne et signalétique lumineuse ?

La Commission Norme du SYNAFEL, Syndicat National de l'Enseigne et de la Signalétique, a déposé les Règles de l'art de la fabrication d'enseignes et de signalétique au greffe du Tribunal de Paris. Son objectif : offrir un cadre sécurisant tant aux fabricants qu'aux clients. La commission envisage cette année de travailler avec l'UTE (Union technique de l’électricité) pour faire de ces règles une norme. Elles sont téléchargeables sur le site du SYNAFEL. www.synafel.fr

Et de 500 pour le SYNAFEL !

Le SYNAFEL, Syndicat National de l'Enseigne et de la Signalétique, a accueilli début 2013 son 500e adhérent. C'est un cap pour le Syndicat qui n'a cessé de grandir depuis 1964 et qui représente aujourd'hui un réseau incontournable dans l'univers de la communication visuelle. www.synafel.fr

Margot Hamon récompensée pour sa créativité

Margot Hamon, étudiante à l'EEGP, école des créatifs d'Angers, a été récompensée pour le travail qu'elle a effectué dans le cadre du projet « Les Essentiels de la signalétique », mis en place par la Commission Signalétique du SYNAFEL. Pour la remercier de sa collaboration, Fabrice Breau, membre de la commission, lui a remis le 21 janvier dernier, une tablette tactile.

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Avec Actif Signal, le néon est dans l’air du temps La société Actif Signal, spécialisée dans l'enseigne lumineuse et l'éclairage néon et LED s’est récemment illustrée dans plusieurs réalisations en tubes néon. Partenaire de l’émission The Voice 2, elle a fabriqué ceux ponctuant le « couloir de la peur », découverts en février dernier sur TF1, lors du coup d’envoi des auditions à l’aveugle de l’émission. Télévision toujours, avec le néon signalant la zone de « Live tweet » dans
la nouvelle émission culturelle et musicale de Sébastien Folin, sur France Ô. Le néon inspire aussi les artistes et c’est à Actif Signal qu’on doit l'œuvre néon de l’artiste contemporaine Chloé Taillot pour l'exposition « Forcément on pense au rouge », qui s’est tenue du 10 janvier au 9 février à Paris, mais aussi celle de l'artiste Egyptien Moataz Nasr, « I am Free », exposée au 104 jusqu’en mars dernier. Enfin, le Forum des Halles de la Porte Sainte Eustache à Paris retient cette source lumineuse pour éclairer ses espaces et confie à Actif Signal la conception de la prestation. www.actif-signal.fr

Nouvelle brochure « Rénovation de l’éclairage des commerces de centre-ville » L’ADEME, le Syndicat de l’éclairage, l’AFE, la CAPEB, FEDELEC, la FFIE, la FGME, la FNCV, IGNES, Recylum, le SERCE et le SYNAFEL se sont associés pour que cette parution (référence ADEME 7199) couvre l’ensemble des informations sur les plans réglementaire, normatif et économique et présente les solutions d’éclairage efficaces disponibles aujourd’hui sur le marché. Si l’éclairage aide à mieux vendre, il peut représenter jusqu’à 60 % de la facture d’électricité des commerces. En adoptant des matériels ad hoc (sources de lumière, luminaires, systèmes de gestion), il est possible de diviser au moins par deux la consommation et de réduire les coûts de maintenance et les émissions de CO2 tout en améliorant la qualité de l’éclairage. Brochure à télécharger gratuitement sur le site du SYNAFEL. www.synafel.fr


ACTUALITÉS

Awango by Total : coup de soleil réussi ! Soucieux de contribuer à l’émergence de solutions nouvelles d’accès à l’énergie partout dans le monde, le groupe Total a lancé le programme Total Access to Energy. Pour lancer l’offre solaire Awango by Total, le Groupe a consulté l’agence de design et de conseil en identité 4uatre, chargée de construire l’identité de marque : logotype, univers visuel, déploiement. Le nom « Awango by Total » a été formé à partir des concepts de « Awareness » « Advancing » et du verbe « Go », tandis que les coloris choisis (dégradés du orange au jaune) soulignent le caractère « solaire » et positif de l’offre. En plus de la France, la marque Awango by Total est aussi présente au Sénégal, au Burkina Faso, au Cambodge, en Haïti et sera déployée en 2013 dans 8 autres pays dont le Cameroun, l’Indonésie, le Nigeria, l’Ouganda et le Bangladesh. www.4uatre.com


ACTUALITÉS

EN BREF La communication « à boire »…

Afin de promouvoir ses formations, l’UTEC (Université d’ingénierie et de Technologie) de Lima au Pérou a imaginé, en collaboration avec l’agence Mayo DraftCFB, un panneau d’affichage publicitaire démontrant concrètement l’utilité des sciences puisqu’il génère... de l’eau potable ! Installé à Lima, où l’humidité de l’air s’élève à 98 %, ce panneau transforme cette humidité en eau, grâce à des générateurs internes qui la filtrent et la stockent. Total généré : 96 litres par jour ! www.utec.edu.pe

… et celle « qui se mange » !

Pour accompagner le lancement d’un nouvel arôme à l’orange, la marque Fanta a fait littéralement goûter son produit via une campagne promotionnelle comestible, diffusée début 2013. Proposée sous blister en presse magazine, le support publicitaire aromatisé, imaginé par l'agence Ogilvy, se grignotait comme une friandise… www.decouvrir.ogilvy.fr

ASSU 2000 change de logo

ASSU 2000, société française de courtage en assurances pour les particuliers, s’est dotée d’un nouveau logo, conçu en interne. S’appuyant sur les lignes directrices du précédent, notamment les deux blocs de couleurs, il actualise l’identité de la marque via une forme et une typographie moins rigides, et des couleurs plus lumineuses. Il est déployé progressivement sur l’ensemble des 400 agences du réseau ASSU 2000, qui fera lui-même l’objet d’une rénovation.

Nouvelle adresse pour CB’a France

En février 2013, CB’a France a déménagé 96, rue Édouard Vaillant à Levallois-Perret (92) où sont désormais rassemblés ses 170 collaborateurs, experts en design de marques. L’équipe de direction de CB’a s’est par ailleurs enrichie avec l’arrivée de Françoise Novel, qui intervient aux côtés du P-dg Louis Collinet, en tant que directrice des activités retail & architecture du Groupe. Sébastien Garcin les rejoint également en tant que directeur des stratégies digitales. www.cba-design.com

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La DMAF crée le Club du Digital Le 15 février dernier, la Digital Media Association France (DMAF) a lancé le Club du Digital. Conçu comme un carrefour d’échanges, ce club d’affaires a vocation à organiser, tout au long de l’année, des événements favorisant les interactions entre les participants, entreprises du monde du digital : régies, agences conseils, agences de création de contenus, fournisseurs d’équipements… La première de ces rencontres s’est tenue en avril sous forme d’une conférence intitulée « Quand le Digital fait voler en éclats la notion d’espace-temps », avec l’intervention du prospectiviste André-Yves Portnoff, Docteur-ès-sciences physiques et Directeur de l'Observatoire de la Révolution de l'Intelligence à Futuribles International. Pour être informé des événements à venir, contacter : deleguegeneral@dmaf.fr. www.dmaf.fr

Prismaflex multiplie les contrats en Arabie Saoudite Le plus grand panneau LED installé en Arabie Saoudite est signé Prismaflex ! La société internationale, qui a son siège social à Haute-Rivoire (69), vient d’installer un panneau LED Prismatronic P16 pour Wajaha Global, d’un format de 60 m2 (6 m x 10 m). À 150 km de Jeddah en direction la Mecque, ce panneau est situé au point stratégique où passent, chaque année, plus de 30 millions de pèlerins. Par ailleurs, suite à une commande d’AL ARABIA, un autre de ses clients, Prismaflex a installé à Ryad 84 panneaux déroulants au design EYE de 6 m2 , pour moitié équipés de l’éclairage sélectif et animés Hilight. www.prismaflex.com

La Cabucelle en pleine évolution Le lycée professionnel La Cabucelle (Marseille), fête ses 60 ans en 2013. Régi par l'association Formation et Métier, dont le credo est « mettre à disposition des personnes physiques et morales des moyens humains et matériels pour la formation professionnelle, l'insertion ou la réinsertion dans la société civile, en apportant un accompagnement social pour la réalisation de ces objectifs », l’établissement est actuellement en pleine mutation. Il débute un projet de reconstruction afin de développer une plateforme d'insertion professionnelle. Objectif : faire tomber les cloisons existantes entre le secteur de la formation professionnelle et le secteur social et médico-social afin de diversifier les actions de formation et de proposer une insertion professionnelle à un public varié. www.fmlacabucelle.fr


ACTUALITÉS


ACTUALITÉS

Les associations changent de « têtes »

Sign Summit Londres 2013 Pour sa deuxième édition, le 27 juin 2013, le Sign Summit s’ouvrira par une intervention de Jim Waters, co-créateur en 1981 de Minale Design Strategy, agence spécialisée en communication corporate et Retail Design. À l'origine de nombreux projets primés et ayant connu un grand succès - Eurostar, Sephora, Proximus, EADS... - Jim Waters partagera, après une analyse de la fonction de l'enseigne et de la signalétique d'aujourd'hui, sa vision du futur pour ces vecteurs de communication majeurs. Cette rencontre se poursuivra par deux autres interventions « Eclairage : les LEDs sont-elles la réponse ? » et « Les normes en 2020 ». Le Sign Summit s’achèvera par la remise des prix du Concours Européen de l'Enseigne et de la Signalétique. www.fespa.com/eurosignexpo

Les trois organisations professionnelles à l’origine de la FVC (Fédération de la communication visuelle) ont toutes récemment changé de président. Le 5 février, la DMAF (Digital Média Association France) a élu son nouveau bureau, présidé par Michel Martinez, directeur général de la société APIA Solutions. Ingénieur de formation, il a débuté sa carrière en Argentine où il a notamment dirigé la filiale de la société française ROUSSEAU spécialisée dans construction de stations services. De retour en France en 2002, il a intégré le groupe APIA (enseignes, signalétique, agencement magasins, mobilier, maintenance de réseaux d’enseigne et solutions) et créé Apia Solutions en 2005. En tant que nouveau président, Michel Martinez s’est engagé sur un programme orienté business : « Même s’il n’est pas encore mature, le marché du Digital Media est maintenant installé en France. C’est pourquoi, nous souhaitons aujourd’hui promouvoir les entreprises plutôt que le métier lui-même » précise-t-il. « Écouter, intéresser, fédérer, innover », telle est l’ambition affichée par Christophe Aussenac qui a pris, le 21 février, la tête du GPSF, Groupement Professionnel de la Sérigraphie et de l’impression numérique françaises. À 47 ans, ce chef d’entreprise transporte, depuis des années, une petite utopie dans un coin de sa tête : créer l’entreprise humaine idéale ! Il s’y essaye dès 1991, en fondant avec Robert Combes ATC (Autorise Toute Créativité). ATC Groupe compte à présent 67 salariés. Spécialiste en covering, grand format, adhésif et communication sur le lieu de vente, le Groupe s’implique aussi dans le mécénat artistique et sportif (Robert Combas, Ben, K’nar, Tape Art, Biennale d’art contemporain, sport dans la ville, etc.). Du côté du SYNAFEL, Syndicat National de l’Enseigne et de la Signalétique, Patrick Floren, par ailleurs président de la Fédération de la Communication Visuelle, a été élu à la présidence lors du conseil d’administration du 27 mars. Ingénieur Arts et Métiers, il a débuté son parcours au sein du groupe Saint-Gobain, avant d’intégrer le groupe Vishay. Il a été recruté en 2000 comme directeur général de Bretagne Enseignes (aujourd'hui Insignis), puis il est devenu directeur général délégué du groupe Athena. En 2012, il a créé le groupe SEMIOS, qui regroupe les sociétés Insignis, Lumiplastique, AS Enseignes et Signavision.

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ACTUALITÉS

Arrêt sur image

Le tout nouveau ballon de Paris, l’Observatoire Atmosphérique Generali, a été inauguré le 18 avril dernier. Installé dans le parc André Citroën depuis 1999, ce ballon 
est un véritable laboratoire volant ! Son nouveau décor rend la qualité de l’air plus visible et il est équipé de la membrane photovoltaïque autoadhésive Texysolar de Serge Ferrari, qui contribue à alimenter en électricité les équipements embarqués, notamment le système d’éclairage composé de 6 400 LEDs.

La FNAC voit grand avec TMM Communication TMM Communication, qui crée et met en œuvre des supports de communication digitaux pour les entreprises, les points de vente et les lieux de trafic, a récemment assuré le déploiement de 24 écrans LED très grand format dans les magasins FNAC. En 75 pouces, ce sont, à ce jour, les plus grands installés en retail en Europe. Ce réseau digitalise l’espace Microsoft de 24 magasins FNAC. Il est équipé d’un système de sonorisation et de présentation permettant au vendeur d’utiliser l’écran comme support interactif, pour faire la démonstration du tout nouveau Windows 8. L’actualité de TMM communication en ce début 2013, c’est aussi le déploiement pour le Ministère de l’Economie et des Finances de 63 écrans dernière génération Samsung et Philips qui viennent moderniser le réseau existant. TMM Communication a formé les équipes à l’utilisation du logiciel et a aidé à la création de contenu pour le réseau. www.tmmcom.fr

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ACTUALITÉS

« Dynamo - Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art (1913-2013) »

Jusqu’au 22 juillet, immersion totale dans l’histoire du « visible » et plongée dans l’art abstrait grâce à 200 œuvres de 150 artistes du monde entier tels que Bridget Riley, Yayoi Kusama, François Morellet, Dan Graham... Le Grand Palais les a réuni sur 3 700m2. Du jamais vu ! Art cinétique, néons minimalistes, illusion d’op’art, sculptures, peintures, créations lumineuses se jouent des sens des visiteurs et leurs font perdre leurs repères... Une exposition très interactive qui démystifie l’art abstrait et le rend accessible au plus grand nombre. Comme le dit Matthieu Poirier, commissaire de l’exposition : « Ces œuvres n’ont qu’une clef d’entrée : l’œil du spectateur ! C’est le spectateur qui leur donne du sens. Y compris lorsqu’il ne comprend pas ce qu’il voit ». www.rmngp.fr


ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS

Destination FESPA Londres ! FESPA 2013 se tiendra dans le centre d'exposition ExCel London, du 25 au 29 juin prochains. Impression numérique, sérigraphie, décoration industrielle et textile, marquage et personnalisation : l’ensemble du secteur de l’impression est concerné par FESPA 2013. Tour d’horizon… Creative Corner

FESPA Fabric

FESPA Fabric est la destination des professionnels de l’impression, de la personnalisation, du marquage et de la décoration textile sur FESPA Londres. 12 000 m² de techniques, d’applications et de solutions sont dédiés à l’impression textile.

Promotional Product Business Academy

Ce pavillon imaginé par 656 Editions (organisateur du salon CTCO de Lyon) en plein cœur de FESPA est un parcours-découverte du monde de l’objet et du textile promotionnels. Très didactique, il accompagne les visiteurs vers de nouvelles opportunités pour leur entreprise. Quels acteurs ? Quelles applications ? Comment intégrer intelligemment et avec succès le marquage et la personnalisation ?

5 jours de conférences sur FESPA 2013, avec, pour dénominateur commun, la créativité (impression technique, design, effets spéciaux). Les intervenants (les responsables créativité et design de TBWA, Coca Cola, Ogilvy, Mc Cann) en appelleront à l’inventivité des professionnels de l’impression. Lors d’une journée VIP, les donneurs d’ordre et les agences de communication découvriront les multiples opportunités qu’offre l’imprimé lorsqu’il est utilisé et déployé avec efficacité.

Jet Set Conference

Des présentations quotidiennes sont organisées pour déterminer les secteurs clés et définir les opportunités. Comment intégrer le développement durable dans une petite entreprise ? Quelles opportunités pour l’impression numérique sur textile et quelles applications dans l’entreprise ? Quelles capacités et quels marchés pour la sérigraphie industrielle ?

FESPA Hall of Fame

Des imprimeurs du monde entier votent jusqu’au 7 juin 2013 pour élire parmi leurs pairs, les professionnels qui les inspirent, dont les créations seront exposées au Hall of Fame.

Wrap Cup Masters Series

Véritable attraction des salons FESPA, la compétition des professionnels du total covering attire les foules depuis 2010. En 2013, le grand champion sera couronné lors de la Global Wrap Cup Master.

European Sign Expo

Print Inspiration Runway

L’efficacité de l’imprimé est montrée sous toutes ses formes et dans toutes ses applications au fil du Print Inspiration Runway. Chaque pièce exposée sera assortie d’une étude de cas retraçant sa création, sa production et son utilisation finale. Le produit, par ses effets innovants ou son application ingénieuse, représente en lui-même une opportunité et une source d’inspiration pour les visiteurs.

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Organisé sur FESPA 2013 (en collaboration avec l’European Sign Federation), c’est du 25 au 27 juin, le nouvel évènement dédié à l’enseigne et à la signalétique. Au programme : toutes les applications de l’enseigne, depuis la découpe de lettres aux enseignes lumineuses en passant par le digital media.

Pilot’s Briefing Zone

Dans la lignée du Charlie’s Corner, le consultant en sérigraphie Charlie Taublieb est rejoint par d’autres leaders du design et de la décoration de tee-shirts pour des démonstrations, des présentations et des workshops quotidiens sur la FESPA Fabric.


ACTUALITÉS

Quoi de neuf au SIEC ?

Les 19 et 20 juin, au CNIT de la Défense, le SIEC donne rendezvous aux professionnels de l’immobilier commercial. JeanMichel Silberstein* détaille les principales nouveautés de cet événement annuel. « L’an passé, l’activité a été intense pendant le SIEC, et rares sont ceux qui ont trouvé le temps de se rendre aux conférences. Cette année, nous attendons 4 000 visiteurs, soit une hausse de 8 à 10 %. C’est pourquoi, nous avons décidé de consacrer une journée entière à ces rendez-vous, le 18 juin, veille de l’ouverture officielle. Autour de deux grandes idées « Porter l’avenir du commerce » et « la révolution est en marche » - des intervenants prestigieux nous livreront leur vision : attentes du consommateur français, évolution des enseignes, recentrage sur le haut de gamme, rôles des « locomotives, etc. Par ailleurs, nous reconduisons le « Village des nouveaux concepts » qui offre un véritable concentré de créativité et une formidable opportunité d'échanger avec une douzaine de nouvelles enseignes. Parmi une cinquantaine de dossiers, elles ont été sélectionnées par un jury composé de professionnels de l'Immobilier Commercial sur des critères de potentiel de performance et de développement, de cohérence commerciale et d'innovation… Sans oublier les coup de cœur ! » * Délégué général du CNCC (Conseil national des centres commerciaux).

www.siec-online.com

8e édition de la Biennale internationale DE design de Saint Etienne : Communiquer avec empathie pour mieux atteindre sa cible L’événement s’est tenu pour la première fois au printemps, du 14 au 31 mars, sur l’ensemble du pôle métropolitain stéphanois. Une ambiance créative et dynamisante, foisonnante de vidéos, de projets et de réalisations avec plus d’une cinquantaine d’expositions fédérées autour du thème : « L’empathie ou l’expérience de l’autre ». Illustration en deux exemples déclinables en communication visuelle. Sensibiliser avec pédagogie L’idée : inciter les salariés aux économies d’énergie avec un nouvel outil interactif. Le concept : située dans des zones de passage et regardée plusieurs fois par jour, l’Horloge Energétique affiche heure, date et consommation d’énergie en temps réel du bâtiment. Elle permet également de diffuser des éco-gestes. Expérimentation en cours dans 4 lieux, dont le siège de Nice Matin. Cette collaboration entre le design interne d’EDF et l’agence de design numérique In-flexions a été primée par l’Observeur du Design 2013.

Sensibiliser avec humour L’idée : faire participer les citoyens à la propreté de leur ville en créant de la complicité. Le concept : créée par la direction de la communication de la ville de Besançon, cette affiche ludique et colorée invite les passants à lancer leur boule de chewin-gum sur la cible, plutôt que sur les trottoirs. “En plein dans le mille” a été présentée dans le cadre de l’exposition “Vous voulez rire” à l’église Saint-Pierre, site Le Corbusier à Firminy (commissaire : Benjamin Girard, scénographie : 5.5 designers).

AGENDA Du 11 au 14 juin

Du 25 au 29 juin

Le salon de toutes les impressions, tous formats, tous médias Paris, Porte de Versailles www.graphitec.com

Salon international des technologies et des applications innovantes dans l’impression numérique, la sérigraphie, et la décoration industrielle et textile. Londres / Royaume-Uni www.fespa.com/london

Graphitec

Du 25 au 27 juin

European Sign Expo

Le salon de la signalétique et du digital « signage » Londres / Royaume-Uni www.fespa.com/eurosignexpo

FESPA 2013

Du 24 au 26 septembre

VISCOM PARIS

Salon international de la Communication visuelle et de l'Industrie graphique. Paris Nord Villepinte www.viscom-paris.com

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ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS

C!Print,

le nouveau rendez-vous qui s’impose À Lyon du 5 au 7 février dernier, C!Print, le « Nouveau rendez-vous des solutions techniques et de toutes leurs applications » a fait souffler un vent neuf avec son approche inédite du marché de la personnalisation et de l’impression textile et grand format. Se dessinent déjà, pour 2014, les perspectives d’un événement encore plus ambitieux… Dès sa première édition, C!Print, organisé par la société lyonnaise 656 Editions, a réussi un pari, celui de donner à voir le marché de la communication visuelle à travers le prisme de l’innovation. Un même salon, pour deux publics néanmoins différents : les imprimeurs et transformateurs d’une part, les utilisateurs et prescripteurs de ces solutions techniques d’autre part. C!Print avait trois objectifs : informer sur les dernières techniques d’impression, de marquage et de finition, faire la démonstration de nouveaux débouchés prometteurs pour ces techniques (architecture et décoration d’intérieur notamment) et enfin donner de nouvelles idées de business, notamment autour de la personnalisation. Au-delà du contenu, le nouveau salon C!Print c’est aussi une approche différente de véritable accompagnement du visiteur. « Nous avions à cœur, organisateurs et exposants, de les guider dans leurs choix pour saisir de nouvelles opportunités de marché », a déclaré Guillaume Abou, directeur du salon.

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Ainsi, toute la communauté de l’impression et du marquage, s’est retrouvée sous la bannière commune de la communication visuelle, du 5 au 7 février dernier à Lyon. Visiteurs naturels de ce type d’événement, les imprimeurs et professionnels de l’enseigne et de la signalétique représentaient 38 % du visitorat total. Par ailleurs, C!Print a réussi à séduire des acteurs, jusque là peu présents sur les salons professionnels du secteur : architectes, designers, décorateurs, professionnels de l’événementiel et de l’agencement des points de vente... Ces derniers sont venus en force assister au workshop organisé par Lyon Shop & design sur Nova Live, l’atelier de production et de démonstration au cœur du salon. Plus de 10 machines d'impression, de découpe et de finition étaient réunies sur cet espace afin de présenter les possibles de ces techniques, qui peuvent offrir des solutions à la fois personnalisées et économiques, en matière d’architecture éphémère notamment. En effet, les nouvelles solutions d'im-


ACTUALITÉS

Creativ’pack, Shop Innovation, e-Shop Innovation : 3 en 1 ! pression numérique permettent d'habiller sols, murs et mobilier, de personnaliser une cabine d'essayage ou encore un comptoir de caisse, etc. Béatrice Guetat, Responsable d’une équipe de Visual merchandisers pour IKEA, a ressortie enthousiaste du workshop Lyon Shop & Design : « J’en retiens surtout la liberté qu’offre l’impression : supports variés, formes complexes, tout semble possible ! J’ai aussi été séduite par les solutions adhésives qu’on peut coller et décoller très facilement, sans préparation particulière et sans abîmer le support. Cet atelier m’a non seulement donné des idées nouvelles, mais m’a aussi permis de prendre contact avec un prestataire pour les mettre en œuvre ».

CHIFFRES CLEFS

125 exposants 7 026 visites 3 jours d'événement

Quel positionnement pour 2014 ?

« Nous avons l’intention, dès l’an prochain, d’ouvrir encore d’avantage cet événement sur les nouveaux marchés » annonce Guillaume Abou, organisateur du salon. Salon explicatif et démonstratif, C!Print approfondira en 2014 ses marchés cœur de cible (communication visuelle et impression textile) tout en ouvrant la voie vers de nouvelles opportunités. Pour cela les organisateurs s’appuieront sur un important travail de veille et de présence sur les réseaux, mais aussi des partenariats stratégiques avec des acteurs majeurs, qui viendront encore étoffer et enrichir l’Atelier Nova Live. Les axes de la décoration d’intérieur et de l’architecture commerciale seront une nouvelle fois développés, mais pas seulement : « Elargir l’horizon des possibles, ce sera aussi mieux cerner les décloisonnements de marchés et les passerelles, de plus en plus évidentes, par exemple avec l’industrie, secteur dans lequel les nouvelles technologies du Print, comme l’impression 3D, ont beaucoup à apporter » déclare Guillaume Abou. Une chose est sûre : l’aventure C!Print ne fait que commencer… www.salon-cprint.com

Pour la 2ème édition, les 3 et 4 avril derniers, les 3 salons étaient réunis au sein du même hall. Le plus de cette manifestation ? Pas de séparation physique entre les 3 espaces d’exposition. Une façon pratique pour le visiteur d’optimiser sa venue Porte de Versailles, mais aussi le signe fort que les frontières entre les techniques et les medias de la communication s’estompent. Créations et innovations packaging, supports de PLV originaux, enseignes (très peu), sacherie, acteurs du e-commerce... Les ingrédients du parcours client étaient réunis. La tendance était à la multiplication des expériences tactiles et visuelles : cabine d’essayage sensorielle (cf. photo), vitrines interactives ou holographiques, impressions à effet de matières ou réactive à la chaleur et bien sûr, l’arrivée de la personnalisation des objets en impression 3D. www.reseau-creativpack.fr

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ACTUALITÉS OPINION

Fabrice Peltier

Packaging : la recyclo-conception doit-elle succéder à l’éco-conception ? Souvent décriée, la filière de l’emballage n’a pas attendu les contraintes légales pour s’intéresser à l’éco-conception. C’est même la 1ère à avoir initié le recyclage, dans les années 70, avec la récupération des bouteilles en verre. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde où les industriels, tous secteurs confondus, doivent mettre en place des filières pour gérer la fin de vie de ce qu’ils produisent. Le recyclage est devenu un objectif prioritaire avec pour doctrine l’économie circulaire : essayer que les biens produits tournent en boucle, au mieux en les recyclant pour les retransformer en matière première, au pire en valorisant les déchets.

Bio express

Designer, Fabrice Peltier est un artiste formé à l’Ecole Estienne. Son sens aigu des problématiques de production, il le doit à son autre cursus : imprimeur. D’abord indépendant, il fonde en 1985 l’agence de design P’RÉFÉRENCE - Dynamiseur de marques, spécialisée dans le design packaging. Reconnu comme un « expert du design-packaging » Fabrice Peltier œuvre pour une filière responsable, plus respectueuse de l’environnement. Début 2012, il cède son entreprise à DIADEIS, leader français de la production de packaging. Un rapprochement qui conjugue les compétences des deux sociétés pour une maîtrise optimisée de toute la chaîne graphique.

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Mais respecter le principe de Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » implique que les consommateurs trient efficacement leurs emballages pour les remettre dans le circuit. Ce que nous jetons doit aussi être facilement recyclable et recyclé. Et c’est là que l’on touche du doigt les limites de l’éco-conception... Pourquoi ? Parce qu’éco-concevoir un produit n’implique pas toujours d’anticiper son recyclage ! Un emballage peut être « éco-conçu », à partir d’agro-matériaux, ou moins volumineux, mais ne pas être recyclable. L’allègement des emballages lui-même a ses limites et l’on arrive parfois à ce paradoxe : s’il n’y a pas suffisamment de matière à récupérer, alors il devient économiquement plus intéressant d’incinérer un emballage que de le recycler ! Je propose donc d’entrer dans l’ère de la « recyclo-conception ». Il s’agit de concevoir des objets en anticipant leur capacité à être recyclés afin de récupérer le plus possible de matière première tout en mobilisant le minimum d’énergie et en limitant l’impact sur l’environnement. Dans le cas de l’emballage, l’encre occupe une place majeure car si


ACTUALITÉS

Il y a autour de l’encre un enjeu économique que les industriels mesurent bien. Elle est principalement composée pour 5 à 25 % de pigments d’origine minérale, ressource non renouvelable, et pour 70 à 90 % d’un véhicule, des huiles végétales pour lesquelles il faut cultiver des terres. Depuis quelques années, son prix augmente de 10 à 30 % chaque année en raison des besoins croissants de la Chine et de l’Inde. Les fabricants d’encre gèrent d’ores et déjà la pénurie. Sans fragiliser le marché, réduire la quantité utilisée pour le décor des emballages, c’est faciliter le désencrage avant recyclage, limiter l’emploi d’agents blanchissants nocifs pour l’environnement et tout simplement faire des économies. Quand on sait que l’on dépose en moyenne 1,5 g au m2 en impression quadrichromie offset, une question se pose : comment moins encrer les emballages sans paupériser l’aspect des décors ? Des solutions existent, notamment en intégrant la problématique de l’encrage très en amont de la production. Avec la recyclo-conception, pour la 1ère fois, la question de l’encre est associée au geste créatif. Conjuguée au savoir-faire de techniciens pour l’optimisation des couleurs, (recouvrements, reprographie...), on réduit aisément de 20 à 25 % la quantité d’encre nécessaire. Les annonceurs réalisent ainsi des économies qui se chiffrent en dizaines de milliers d’euros sans perdre en visibilité. Les techniques de l’éco-encrage peuvent s’appliquer à d’autres filières : édition, impression grand format ou tout autre support impliquant de l’impression. Le recyclage, process industriel à part entière est un vrai choix de société. La plus grosse mine de matériaux, ce sont nos déchets... si nous savons les améliorer en amont ! La recyclo-conception, l’un des maillons clef, va plutôt dans le « bon sens » de l’histoire. Propos revccueillis par L. B.d.C.

Eco-encrage : moins d'encre, même impact visuel AVANT

APRÈS

Crédit photos : Diadéis

papier et carton sont 100 % recyclables, selon leur charge d’encrage, à partir d’une tonne collectée, on pourra récupérer de 400 à 800 kg de matière première. L’objectif étant bien sûr de parvenir le plus facilement à 800 kg et au-delà... Chez Diadeis, nous menons une réflexion sur l’éco-encrage comme technique de recycloconception. Notre métier consiste à créer des emballages (design et prépresse) et nous réalisons pour nos clients près de 25 000 photogravures par an. D’où notre choix d’intégrer la recyclo-conception dans la démarche créative en imaginant des décors de pack et des process moins gourmands en encre.

Le visuel du facing a été retravaillé en y insérant le Pantone mauve pour avoir une transition entre le fond et l'illustration. Globalement, l'encrage du packaging est passé de 100,7 % (sur-encrage) à 74,8 %.

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Ă€ la une DOSSIER

Les acteurs du Print regardent le Green en face #4 - 05/2013 - page 20


À la une

« L’utopie, ce n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui est à réaliser1 », lançait récemment Nicolas Hulot

à propos des défis à relever en matière d’environnement. Si en l’état actuel de la technique, imprimer écologique est impossible, une multitude de solutions existent pour limiter l’impact environnemental du print. Sans parler de celles qui restent à inventer. C’est toute une logique de production qui est à reconsidérer. Défi ardu, mais passionnant...

P

hotos, livres, journaux, papier peint, teeshirts, bâches, PLV, packaging, affiches, supports publicitaires, vaisselle, cartes de fidélité, signalétique... Où que nous posions les yeux, nous voyons des objets imprimés. L’encre est donc partout, mais elle a mauvaise presse. Petits, elle tâche nos doigts, nos vêtements et nous fait gronder. Plus grands, nous la pointons du doigt parce que nous la trouvons polluante. Et pourtant, elle vient donner couleur, relief, sens, originalité aux objets de notre quotidien.

Encre et environnement, la quadrature du cercle

Guillaume Vignon, responsable Digital « Inkjet » markets pour France-Bénélux-Afrique de l’Ouest chez Sun Chemical, leader mondial de la fabrication d’encres donne le ton : « Il ne faut pas rêver, imprimer a un impact écologique. Il y a un siècle, l’usage de l’encre se cantonnait au papier et au tissu. Aujourd’hui, elle est utilisée sur tous types de matières, même les plus improbables. Afin d’imprimer du plastique, du métal, des composites, il faut agresser les supports pour qu’elle accroche. Intensifier ses couleurs pour la rendre plus résistante aux UV, à la pluie, à l’abrasion. En un mot, lui donner des propriétés extraordinaires. Dans le même temps, on demande à ce qu’elle soit « verte », respectueuse de l’environnement... Les acteurs de l’impression doivent avancer simultanément sur ces 2 axes et ce n’est pas une mince affaire ».

Le print sur le chemin du développement durable

1930’s

Autre homme de l’encre, qui a passé sa vie à la travailler, à la faire évoluer et à promouvoir ses utilisations, Michel Caza, président d’honneur du GPSF2, membre du Directoire FESPA 3, tient un discours assez proche. « A la question : sérigraphie graphique, industrielle et textile, et impression numérique à solvants polluent-ils ? Je réponds oui, malheureusement ! Pollution de l’eau, production de déchets industriels dangereux et non dangereux, pollution de l’air4... Presque tous les professionnels le savent mais nombreux sont ceux qui feignent de l’ignorer sous prétexte, par exemple, qu’ils sont trop petits pour polluer beaucoup ». Mais une fois ce constat posé, il ne s’agit ni de faire l’autruche, ni de baisser les bras et les deux hommes encouragent les acteurs de la filière à retrousser leurs manches. Car, à petite ou à grande échelle, des améliorations voient le jour. La loi, en dépit des complications parfois très lourdes qu’elle soustend, est là pour stimuler les bonnes volontés et contraindre les récalcitrants. ... /...

1ers séchoirs pour imprimés fermés ou semi-fermés (l’air de l’atelier est assaini au prix de la pollution de l’air extérieur).

Michel Caza, Fespa :

« La responsabilité de l’imprimeur ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise. Elle va jusqu’à l’étape finale de la valorisation des déchets. »

1970

Création des encres UV pour l’impression Offset à sec (plus de risque d’émanations postérieures dues aux solvants).

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Les acteurs du Print regardent le Green en face

À la une DOSSIER

REACH : une réglementation complexe

My research is « REACH5 »...

Sans être la seule, la norme REACH est probablement la plus emblématique de l’arsenal législatif industriel (cf. encadré page ci-contre). Son principal mérite est de tenter de faire barrière aux dérapages. Son ambition : l’emploi de produits chimiques plus sûrs. Son inconvénient : la liste des produits à bannir s’allonge sans cesse. Guy Massé, Docteur en Chimie, Responsable R&D chez Encres Dubuit (77) vit ses effets au quotidien. « Démarche positive à long terme, REACH implique cependant un travail énorme. L’enregistrement REACH impose des études toxicologiques/écotoxicologiques à nos fournisseurs. Il en résulte souvent une reclassification des substances, certaines devenant inutilisables en pratique6. A chaque fois que c’est le cas, nous devons reformuler les encres, trouver une alternative. Parfois, il n’y en a pas et techniquement, nous sommes dans l’impasse. Temps et argent captés par la démarche REACH sont en partie pris en compte dans le Contrat d’Impôt Recherche, aide publique qui permet d’accroître la compétitivité des entreprises en soutenant leur effort de R&D, mais l’éligibilité des études imputables à cette démarche reste difficile à démontrer et à justifier dans un cadre purement d’innovation. Objectivement, nous passons presque plus de temps à nous conformer à la législation qu’à faire de la R&D et à innover », regrette le chimiste. Un bilan accentué par le contexte économique difficile et par le coût de plus en plus élevé des matières premières. Autant d’éléments peu propices aux innovations à visée environnementale. Malgré tout, l’attente suscitée par les encres et par leurs applications ne faiblit pas. Grands pourvoyeurs de solutions, les fabricants d’imprimantes rivalisent pour proposer au marché de la communication visuelle des solutions d’impression moins impactantes pour la planète. ... /...

Enregistrement (R) des substances chimiques fabriquées et importées; Evaluation (E) de certains des dossiers d'enregistrement; Autorisation (A) pour utilisation des substances dangereuses et la restriction des Produits Chimiques (CH) Le monde est constitué de composant chimiques, des hommes aux objets qu’ils utilisent. Il faut donc suivre ces composants tout au long de leur cycle de vie chimique pour des questions de santé, de sécurité et d’environnement. La réglementation européenne REACH classe les composants chimiques utilisés dans l’industrie. Or dans l’impression, quel que soit le procédé, de nombreux produits chimiques sont utilisés et combinés : encres, supports, matériel, process… Les 3 étapes obligatoires du REACH : 1- Un dossier d'enregistrement doit être produit par le fabricant ou l'importateur. Ils réalisent une Evaluation Chimique de Sécurité (CSA) montrant que le produit chimique peut être utilisé sans risque pour tous les usages identifiés au long de son cycle de vie chimique : soit seul, soit dans des préparations combinées et dans des articles ou des produits. 2 - Des tests d’évaluation précis doivent être conduits pour déterminer les effets sur des gens et l'environnement. 3 - Pour l’autorisation des produits, les Mesures de Gestion du risque (RMM) doivent être mises en œuvre par le fabricant et l’importateur pour leur propre processus industriel et doivent également être communiquées aux utilisateurs, en aval, pour des utilisations identifiées. Nouvelle salve de produits visés par REACH : dernièrement, l’ECHA (European Chemicals Agency) a émis une alerte. 658 produits reclassés doivent être enregistrés avant le 31 mai 2013 par le fabricant ou l’importateur. Parmi eux, certains affectent l’impression... Pour plus d’information : http://echa.europa.eu/reach-2013

Le print sur le chemin du développement durable

1976

Adaptation des encres UV pour la sérigraphie.

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1984

1re machine d’impression numérique jet d'encre avec têtes d’impression thermiques fonctionnant avec des encres à l’eau.

1987

1res versions des normes ISO 9000 sur les systèmes de management de la qualité.


Les acteurs du Print regardent le Green en face

À la une DOSSIER Olivier Dubarry, Roland DG :

La fibre environnementale des fabricants d’imprimantes

À terme, la disparition des encres à solvants semble programmée. En effet, leur capacité à véhiculer les pigments lors de l’impression est contrebalancée par le risque de toxicité de certaines d’entre elles. Déjà presque marginales dans la sérigraphie, les encres à solvant perdent de 15 à 20 % de part de marché chaque année dans l’impression numérique... La plupart des fabricants développent donc des alternatives avec comme aiguillon, en plus des enjeux business, des convictions environnementales ancrées – pour ne pas dire encrées – de longue date dans l’ADN de leurs entreprises. C’est le cas de Roland DG dont le souci pour l’environnement se concrétise en amont de la production par la réduction de l’impact environnemental de ses usines équipées de panneaux solaires ou d’éoliennes. Dans la mesure du possible, les matériaux utilisés pour la fabrication des imprimantes sont également choisis en fonction de leur capacité à être recyclés. Ce positionnement a décidé l’entreprise à s’orienter vers les encres éco solvant et à développer en 2000 une 1ère gamme avec des COV moins dangereux et volatils, améliorée au fil des progrès de la chimie pour arriver aujourd’hui à la 4ème génération, offrant toutes les garanties de rendu et de tenue ainsi que moins de pollution de l’air. En plus des préoccupations environnementales de l’entreprise, Olivier Dubarry, responsable marketing opérationnel France, insiste sur les facteurs extérieurs qui motivent objectivement tous les acteurs du secteur. « La prise de conscience des utilisateurs de nos machines, nous stimule, analyse-t-il. Les imprimeurs sont eux-mêmes influencés par la pression exercée par certaines grosses sociétés telles McDonald’s ou Disney qui refusent de travailler avec des prestataires utilisant par exemple des solvants lourds. En France, les directives du Grenelle donnent aussi une impulsion positive. A toutes ces motivations, s’ajoute encore le besoin de se différencier de la concurrence chinoise. » Quant à Nadine Lalanne, responsable des ventes latex en France, elle énonce d’emblée la devise de HP : « Nous sommes là pour résoudre des problèmes et non pour en créer ! » Une prise de

Le print sur le chemin du développement durable

1990’s

Nettoyage complet de l’air grâce à des filtres à charbon actif.

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1992

1er système de récupération des écrans de sérigraphie en un seul bac.

« Toutes les technologies sont potentiellement intéressantes. On peut s’attendre à des avancées écologiques adossées aux progrès de la chimie, mais peut-être viendront-elles d’une autre branche industrielle que la nôtre... »


À la une

Guillaume Vignon, Sun Chemical : « Agences et bureaux de fabrication sont sensibilisés au développement durable et à même de choisir des solutions d’impression adaptées, commander les bonne quantités, rationnaliser les cahiers des charges des annonceurs »

B.a.-ba sur les encres Il existe plusieurs millions de formulations d’encres. Mais toutes combinent au moins 3 types d’ingrédients : • Des pigments (organiques et minéraux) qui vont déterminer la couleur de l'encre et influencer ses propriétés physiques ; • Des agents véhicules, qui servent de support aux pigments durant le processus d'impression (huiles minérales ou non minérales, solvants, résines...) ; • Des additifs très divers, qui transmettent à l'encre des caractéristiques spécifiques (plastifiants, agents de viscosité, dégravants, retardateurs, etc.).

Principales familles d’encres :

• Base eau : écologiques par excellence, elles sont cependant limitées dans leurs applications en raison d’une faible résistance (UV, abrasion, humidité). • Solvant : longtemps les plus utilisées notamment en raison de leur faible coût. Issues de la chimie du pétrole, matière première non renouvelable. • Eco solvant : nom générique des encres fabriquées à partir de solvants synthétiques de substitution, moins agressifs et moins volatils. • UV : inventées dans les années 70 pour la sérigraphie, et appliquées au numérique depuis 1998. Constituées notamment à partir d’oligomères (polymères de petite taille) et de monomères. Sous l’effet des rayons UV, les photo-initiateurs inclus dans sa composition provoquent une réaction chimique qui solidifie l’encre. La technologie des lampes halogènes employée depuis les origines, pourrait être remplacée à plus ou moins brève échéance par celle des Leds.

Et techniques associées :

• Latex : encres à base de polymères spécifiques à l’impression numérique jet d’encre. Formulées à partir d’eau mais dotées d’une forte résistance grâce à une structure moléculaire semblable au latex, les pigments se fixent par évaporation. Le séchage est obtenu en chauffant directement la zone d’impression. Ces encres sont très polyvalentes : papiers couchés ou non, tissus, bâches PVC, papierpeint. • Sublimation : sans contact, lors de l’impression à sublimation thermique, l’encre est remplacée par de la cire pigmentée. Sous pression et chauffée, elle se transforme en gaz (sans passage par l’état liquide) et imprègne les surfaces. Condition : celles-ci doivent être en polyester ou préalablement recouvertes d’une couche de polyester et dans le cas des textiles d’habillement contenir au moins 70% de polyester ou de polyamide.

1992

Invention du Computer To Screen (CTS) qui supprime le recours aux films argentiques en sérigraphie.

Guy Massé, Encres Dubuit : « La tendance est à privilégier des produits issus de l’agriculture (huiles ou fibres végétales...), matières 1ères renouvelables. Cette voie implique cependant d’arbitrer entre terres cultivées pour nourrir des gens ou fabriquer des produits industriels... »

position qui a conduit l’entreprise à trouver une alternative plus écologique aux encres à solvants et à investir sur la technologie des encres latex jusqu'à en devenir aujourd'hui, avec HP Latex, le plus gros développeur. En effet, depuis 2009, HP travaille à améliorer cette technologie, à la pousser et à élargir ses applications, pour à échéance, ne plus avoir d’encre à solvant. Le monde de l’impression et de la communication visuelle en général est très regardé et critiqué. Selon Nadine Lalanne, « il est donc essentiel de conduire un raisonnement global et d’intégrer dans l’approche environnementale, non seulement les encres, mais aussi les médias supports et les machines elles-mêmes ». Pour Epson, le rapport de développement durable édité depuis 1999, constitue le socle d’une communication transparente affichée vis-à-vis de tous ses interlocuteurs. Une preuve de l’engagement du Groupe ? L’exigence posée en 2001 de l’obtention par toutes ses filiales de la certification Iso 14001 en seulement un an ! Florence Loretzin, responsable qualité, environnement et développement durable décrypte : « Aujourd’hui, une société comme la nôtre, cotée en Bourse, se doit d’être irréprochable. Surtout face à des ‘consom’acteurs’ vigilants et informés. Mais c’est de toute façon une approche très japonaise, basée avant tout sur la confiance. » Quoiqu’il en soit, chaque technologie a encore ses faiblesses. Certaines réclament des matériels énergivores pour sécher davantage, d’autres « propres » lors de l’impression se révèlent plus « sales » à produire. Et puis il y a celles qui dégagent de l’ozone, mauvais pour l’atmosphère, etc. Sauf à ne plus rien imprimer, il faut continuer d’améliorer les process. « Imprimer, c’est dans l’air du temps, affirme Guillaume Vignon de Sun Chemical. Nous aimons ce qui se voit bien et interpelle le regard. Globalement sensibilisés aux questions environnementales, les acteurs du secteur vont dans le bon sens et si imprimer n’est pas fondamentalement écologique, il est possible de le faire de façon raisonnée. » ... /...

1993

1re machine d’impression numérique jet d’encre avec têtes d’impression piezo avec des encres à solvant puis des encres UV (impression de supports variés sans traitement préalable).

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Les acteurs du Print regardent le Green en face

À la une DOSSIER

Des outils, aide pour une impression raisonnée

Parmi les sources d’information référence, le guide environnement FESPA Planet Friendly, dédié à la sérigraphie et à l’impression numérique, est disponible dans l’espace réservé aux adhérents sur le site du GPSF (cf. encadré p. 28). D’une façon générale, aucune solution n’est à négliger et il faut essayer de les conjuguer au mieux. Ainsi, le gâchis d’encres qui prévalait il y a encore quelques années peut être évité. On peut notamment déterminer la juste quantité d’encre nécessaire (cf. article Opinion... p. 18), mais aussi utiliser des logiciels spécialisés dans la gestion des couleurs comme celui développé par XRite (US) capable de réintégrer les reliquats d’encre dans la composition de nouveaux coloris. Choix des solutions d’impression et des supports, connaissance des imprimeurs et de leurs parcs de machines, suivi de la législation, maîtrise des coûts... les paramètres sont si nombreux que des entreprises se sont spécialisées dans le « print management ». C’est le positionnement du groupe Print Co (92) qui propose aux grands comptes de gérer leurs besoins en impression. Un seul interlocuteur, capable de sourcer près de 400 entreprises partenaires en Europe (dont environ 60% en France) sur un large panel d’outils et de technologies. Hugo Weber, directeur du développement précise : « Lorsque les clients le demandent, nous pouvons leur proposer des solutions d’impression avec un volet environnemental car nous avons intégré dans notre référentiel un pool de prestataires certifiés Imprim’Vert ou Iso 14001 par exemple, que nous affinons au fur et à mesure de l’émergence de labels ou de l’évolution des normes. Dégager le bilan carbone d’une opération est également possible. » Il est des secteurs où les exigences environnementales sont fréquemment exprimées. Le luxe, l’alimentation, l’habillement, le jouet mais aussi la santé. Hugo Weber se souvient d’une campagne de communication en pharmacies pour laquelle il a fallu trouver un support de PLV 100 % recyclable, fabriqué à partir d’amidon et imprimé à l’encre végétale. Et de constater, « aujourd’hui, pour l’offset et la communication petit format, la demande de produits certifiés PEFC ou FSC 7 se banalise. Encore marginale pour le grand format ou pour les applications extérieures, elle va cependant crescendo, boostée par le bilan sociétal auquel les grandes entreprises sont soumises ». ... /...

GARE AUX LOGOS À GOGO

L’environnement, source de business à part entière génère parfois l’utilisation abusive de l’argument écologique. C’est ce que l’on appelle le greenwashing. La vigilance s’impose pour ne pas se perdre dans la jungle des logos, labels et autres certifications. Les logos : créations graphiques pour se positionner sur le marché du développement durable (généralement de couleur verte) n’apportent aucune garantie particulière, ils ont plutôt vocation à donner une visibilité. Les labels : notion non définie par la loi, se caractérisent par leur diversité. Ils peuvent être distingués selon leur origine : officielle (créés par les pouvoirs publics), privée (initiés par des organismes professionnels, des ONG…), internationale, nationale. Attention aux logos et labels auto-proclamés. L’Ademe1 publie un guide à ce sujet pour les professionnels de la communication et du marketing : http://antigreenwashing. ademe.fr 1- Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

Florence Loretzin, Epson :

« C’est le rôle de l’entreprise d’informer ses clients et ses partenaires, notamment en étant capable d’expliquer ses engagements environnementaux. » Hugo Weber, Print Co :

« Le label Imprim’Vert reste un signe positif, aujourd’hui cependant il n’est plus suffisant et doit être complété par d’autres certifications. »

Le print sur le chemin du développement durable

1994

Adaptation du CTS à l’impression Offset : le Computer To Plate (CTP)

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1996

1res versions des normes ISO 14000 sur les systèmes de management environnemental.

1998

1re machine d’impression numérique jet d’encre UV présentée à la SGIA.

1998

Création du label environnement Imprim'Vert®.


Les acteurs du Print regardent le Green en face

À la une DOSSIER

Guide Planet Friendly Planet Friendly est un guide numérique développé pour la FESPA par Michel Caza et Paul Machin. Il accompagne sérigraphes et imprimeurs numériques dans leur démarche environnementale et les aide à intégrer dans leurs pratiques des réglementations européennes lourdes et complexes comme REACH. Cette brochure de 100 pages, mise à jour régulièrement, fournit des informations sur les réglementations en vigueur concernant les rejets dans l’eau et dans l’air, la gestion des déchets, les économies d’énergie ou le management environnemental. Ils s’attachent à proposer des plans d’action concrets et à mettre en avant les meilleures pratiques disponibles pour les ateliers d’impression, quelle que soit leur taille. Destiné aux membres des associations FESPA, en France, il est accessible aux adhérents du GPSF. Pour plus d’information : www.gpsf.fr

Supports : ils font la course au vert

Partie visible de l’iceberg, l’encre ne représente qu’une partie de l’impact environnemental de l’impression. Les supports pèsent également dans la démarche. Fabricants et revendeurs l’ont bien compris et proposent depuis quelques années des gammes plus vertueuses. Composants, mode de fabrication, transport, durabilité et recyclabilité sont à considérer. Martin Kugler, attaché de communication internationale d’Hexis (34), énonce les données du problème, valables pour les films adhésifs respectueux de l’environnement... comme pour les autres supports. « L’objectif est triple : atteindre ou se rapprocher du prix des matériaux classiques, proposer les mêmes qualités techniques et faciliter la mise en œuvre. Si l’un des éléments pèche, ça bloque forcément. » Le PVC8, composant de base des produits adhésifs présente l’inconvénient de dégager un gaz toxique lorsqu’il est incinéré. C’est pourquoi, dès 2010, Hexis a conçu un film imprimable en latex synthétique, anallergique et sans plastifiant tout comme le film de lamination qui le complète. Atouts du latex versus le PVC : moins de chaleur, pas de solvant lors de sa fabrication et dégagement de simples oxydes de carbone lors de sa combustion. Il a donc un meilleur classement au feu. « La demande pour ces produits augmente doucement, révèle Martin Kugler. Certains donneurs d’ordre comme Ikéa ou d’autres opérant dans des endroits sensibles comme les crèches l’exigent déjà, et je suis convaincu que la tendance va s’accentuer. »

Le print sur le chemin du développement durable

1998

Réglementation REACH.

1999

1er système de certification forestière PEFC (l’exploitation des ressources forestières est contrôlée pour les supports dérivés du bois).

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Martin Kugler, Hexis : « Si les clients finaux ou le législateur demandent davantage de films adhésifs sans PVC, techniquement, nous sommes prêts à y répondre ! Même en termes de variété de gammes... »

Le film imprimable en latex synthétique mis au point par Hexis répond avec succès aux mêmes contraintes de pose qu’un produit équivalent avec PVC. Utilisé ici pour une application très exigeante : le total covering de véhicules.


À la une

Eco conçue, cette décoration murale en toile EverGreen Fabrics de Dickson Coatings habille un restaurant de la région lyonnaise et pourra être détruite localement.

lisation avec un minimum d’impact. Les débuts se font dès 1997 avec la fabrication d’une toile légère sans PVC. Puis l’entreprise s’engage dans une démarche d’éco conception en réfléchissant au cycle de vie complet du produit. La gamme textile EverGreen Fabrics voit ainsi le jour en 2003. Depuis, des certifications extérieures à l’entreprise sont venues valider et conforter cette démarche10. Aujourd’hui, la gamme EverGreen Fabrics représente presque 40 % des ventes graphiques de Dickson Coatings et permet notamment l’incinération ou l’enfouissement des toiles dans la ville où elles sont utilisées, sans nuisance majeure. Sans être révolutionnaire, cette démarche privilégiant la destruction locale, se révèle pragmatique et adaptée à des produits de communication très dispersés. ... /...

Les supports textiles se positionnent eux aussi sur le marché du « durable ». Chez Dickson Coatings9 (38), entreprise d’origine française, traditionnellement orientée sur les applications graphiques type bâches et grilles PVC, la prise de conscience s’est faite à la fin des années 90. « Avec l’explosion des bâches à vocation publicitaire, explique Fabien Régudy chef de marché graphique, on est passé d’une utilisation des supports sur une durée longue à une demande de communication unitaire, en grand format pour quelques heures ou quelques jours... Ethiquement, l’énorme volume à jeter n’était pas satisfaisant ! » Considérant comme illusoire de miser sur une collecte des bâches publicitaires dispersées sur tout le territoire, Dickson cherche à créer des supports qui puissent se détruire sur le lieu d’uti-

Fabien Regudy, Dickson Coatings :

Stéphane Edelmann, Tex Tec :

« Utiliser des supports « verts » ne constitue pas un sacrifice. Il faut démontrer aux imprimeurs que sans changer leurs habitudes, ils répondent aussi bien, voire mieux aux exigences de leurs clients.»

« Il n’existe pas de label spécifique pour les supports de communication. Nous avons donc travaillé avec des normes existantes dans le domaine de l’habillement et de la puériculture, telle Oeko-tex® et qui apportent une première garantie à nos utilisateurs. »

1999

1ers travaux de développement de pigments, véhicules et solvants à base végétale.

2004

L’impression numérique jet d’encre UV est adoptée (parts de marché significatives par rapport à l’impression numérique jet d’encre aqueuse ou solvant).

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Les acteurs du Print regardent le Green en face

À la une DOSSIER

... Même produit : le textile. Parti-pris différent : l’introduction de matière recyclée dans sa composition. En 2013, l'entreprise Tec Tex11 (68) a innové et lancé des produits en polyester fabriqués à partir de bouteilles plastiques. Deux gammes présentant l’intérêt d’être sans PVC. L’une enduite acrylique ou polyuréthane est dédiée à l’impression éco-solvant, UV et latex. L’autre, apprêtée, est destinée à la sublimation. Un nombre de plus en plus important de produits dans ces deux gammes sont certifiés Oeko-tex 100®, un label garantissant l’absence de produit toxique pour la peau et l’environnement. Stéphane Edelmann, gérant de Tec Tex précise : « C’est l’enduction qui complique considérablement la recyclabilité. Voilà pourquoi nous proposons depuis peu à nos clients - pour des marchés à partir de 3000 m2 - de récupérer et de recycler les produits sublimés. Le textile étant juste apprêté12, la fibre peut-être broyée et réutilisée pour l’isolation de bâtiments notamment. En revanche, pour l’instant, nous ne pouvons pas fournir de certificat à nos clients. »

La matière grise, moteur du green

Parfois, l’innovation ne vient pas de la matière, mais de la façon de la mettre en œuvre. C’est le cas du Re-board®, un support en carton mis au point par Kurt Alden. Il y a une dizaine d’années,

ce développeur Suédois a conçu un produit dont la structure en sandwich cumule les avantages du bois, du plastique et du carton. Très léger, il possède des propriétés de résistance très élevées. Son cœur est composé de plusieurs couches de carton orientées de façon originale dont la fibre est issue de forêts gérées FSC. Commercialisé pour la PLV et pour la construction de stands, grâce à sa rigidité, il est aussi utilisé en architecture d’intérieur. Son plus environnemental : un recyclage facile, au même titre que n’importe quel papier imprimé. Selon Jacobo Jover, directeur de Northern Design13, distributeur du produit pour la France, l’Espagne et le Portugal, « le plus compliqué est de changer les mentalités en démontrant ses fonctionnalités. Pour y parvenir, nous développons auprès des imprimeurs le « Re-board Partner », un concept qui comprend : formation, partage d’astuces, accès à une base de données de réalisation, gamme d’accessoires spécifiques, support technique etc. Notre ambition est d’abord de faire reconnaître notre produit comme un standard du marché, avec toutes ses qualités, avant d’utiliser son côté environnemental comme clef d’entrée. » Les témoignages convergent : auprès des clients, un argument écologique ne fonctionne que si esthétique et performance sont au rendez-vous. « On séduit si le produit est beau et novateur en qualité perçue. Ses atouts environnementaux n’arrivent qu’après. » ... /...

Jacobo Jover, Northern Design :

Patrice Bernou, HP :

« Le travail de chacun sur les moyens de production et d’impression doit être guidé par une prise de conscience durable et responsable. Modifier les formules existantes pour les rendre moins nocives ne suffit pas, nous devons changer radicalement notre approche. »

« Je suis convaincu des atouts environnementaux de la technologie latex et je gage que dans 5 ou 10 ans, elle sera devenue la norme et aura remplacé toutes les encres à solvants. »

Le print sur le chemin du développement durable

2007

Invention de l’impression UV Led (la polymérisation des encres est effectuée grâce à des Leds permettant de ne plus dégager d’ozone et d’économiser de l’énergie).

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2008

Création du label environnement Print Environnement®.

2009

1re imprimante latex.


À la une

Respecter l’environnement sans renoncer à l’esthétique, c’est possible ! Tel ce pop-up store installé, Noël 2011, aux Galeries Lafayette à Paris. Fabriqué en Re-board® par ATC Groupe pour Diptyque. Structure en carton visible sur la tranche du mobilier pour un effet graphique, à la fois brut et raffiné.

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Les acteurs du Print regardent le Green en face

À la une DOSSIER

Réduire son empreinte fait grandir !

Dépassant le miroir aux alouettes du greenwashing, plusieurs conférences tenues lors du salon C!Print, à Lyon en février dernier, ont mis l’accent sur l’environnement comme une opportunité à saisir pour les entreprises. Deux d’entres elles ont témoigné de leur expérience pour obtenir Iso 14001, une certification désormais exigée dans bon nombre d’appels d’offres. Pour Laurent Schneider qui dirige le groupe Kerdaïno, société de sérigraphie industrielle implantée en Franche-Comté (25), la démarche Iso 14001 démarre forcément avec l’impulsion de la direction. Ce système de management dédié à l’environnement vise à prouver le respect par l’entreprise des règles en vigueur et son engagement dans la voie de l’amélioration continue. Accompagné par une consultante externe14, Kerdaïno a effectué une analyse environnementale de son activité et de la réglementation nationale et internationale. Etape suivante : « mettre en place un plan d’action, avec des objectifs chiffrés, pour limiter notre impact sur l’environnement, mais dans des conditions économiquement réalisables, tient à préciser Laurent Schneider. L’objectif n’est pas de mettre la clef sous la porte ! » En sérigraphie, la maîtrise de tout ce qui entre (énergie, eau, consommables), et surtout de tout ce qui sort, est essentielle. Très contraignant au début, le process qui a pris toute une année, réclame l’implication de tous les salariés. « Au final, c’est toute l’entreprise qui grandit, se réjouit son dirigeant. L’obtention de la certification marque la réussite de toute une équipe. »

Tri sélectif strict et valorisation des déchets chez ATC Groupe : une opération positive pour l’environnement et pour l’entreprise.

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En phase avec son confrère sérigraphe, Martine Gay, en charge du développement durable chez ATC (69), groupe spécialisé dans l’impression numérique, souligne également l’implication indispensable du personnel. Déjà sensibilisé à l’environnement, ATC avait réduit ses déchets grâce au tri sélectif, passant de 140 t en 2007 à 80 t en 2012. La certification a amplifié le processus en systématisant la recherche de fournisseurs capables de revaloriser ces déchets. Dans l’activité spécifique de l’entreprise, le bilan carbone a permis de pointer le poids de tous les entrants : bâches, textiles, PVC... « C’est pourquoi, explique Martine Gay, nous développons d’étroits partenariats avec nos fournisseurs pour sourcer de nouveaux produits plus respectueux de l’environnement. Nous servons de site pilote à différents fabricants de matières pour tester l’impression sur leurs nouvelles conceptions et leur transmettre nos observations. » En interne, tout est repensé : réduction des gammes, optimisation de la matière, acquisition d’imprimantes moins énergivores, réduction des déchets, etc. Résultat : à qualité égale pour le client, la production est à la fois moins impactante pour l’environnement et source d’économie pour l’entreprise. « Soyons réalistes, conclut Martine Gay, nous faisons de notre mieux pour réduire l’empreinte de notre activité sans chercher à revenir au temps de Cro-Magnon. Tout est nouveau dans nos métiers ! Aujourd’hui, nous faisons certains choix en sachant que dans 10 ans nous reposerons certaines questions. D’ici là, tout sera encore différent, des progrès auront été réalisés... et c’est tant mieux ! »


À la une

S’il ne fallait retenir qu’une chose...

De tous ces témoignages, il ressort que la « panacée de l’impression verte » n’est ni pour maintenant, ni pour très bientôt mais que beaucoup de professionnels y travaillent assidument. En attendant, il existe des solutions pour diminuer l’impact des activités qui constituent la longue chaîne de la production de l’impression. Aucune solution n’étant parfaite, pour chaque projet d’impression il convient avant toute décision, de bien prendre en compte le contexte et de se poser les bonnes questions : Où va-t-il prendre place ? Quel est l’effet souhaité ? Pour combien de temps ? Ainsi, une bâche PVC reste aujourd’hui tout indiquée pour une communication extérieure de longue durée. Lui préférer un support textile qu’il faudrait changer régulièrement (donc avec un bilan carbone plus lourd) serait incongru alors que ce même textile aura toute sa place pour une communication éphémère outdoor ou pérenne indoor. Sur le chemin de l’utopie, le bon sens semble un guide fiable. L. B.d.C.

Martine Gay, ATC Groupe :

« Environnement et économie vont de pair. Une bonne gestion, même environnementale, ne rime pas avec philanthropie mais avec économie. »

Laurent Schneider, Kerdaïno : « Iso 140001 inscrit l’entreprise dans une démarche d’amélioration continue qui nous pousse à être vigilants, particulièrement en matière de sécurité, poste étroitement lié à l’environnement. »

1- Citation de Théodore Monod. L’Express, janvier 2013, « Il faut renouer avec l’utopie », interview de Nicolas Hulot. 2- Groupement Professionnel de la Sérigraphie et de l’impression numérique françaises. 3- Federation of European Screen and Digital Printers Associations. 4- Acronyme anglo-saxon pour Enregistrement (R), Evaluation (E), Autorisation (A), Produits chimiques (CH). 5- Notamment les COV (composants organiques volatils) qui font l’objet de nombreuses directives depuis 1999 visant à réduire leurs émissions. 6- Ces substances deviennent CMR ou nocives pour l’environnement. 7- Labels certifiant une gestion durable des forêts. 8- PVC : polychlorure de vinyle 9- En 1997, Dickson Coatings a été racheté par une entreprise familiale américaine de Caroline du Nord. 10- Analyse de Cycle de Vie selon les normes ISO 14 040 14 044 et Oeko Tex. 11- Tec Tex, fournisseur de bâches, textiles, profilés et accessoires, basé en Alsace. 12- Pour la sublimation, le textile est apprêté avec 20 gr/m2 d’ignifugeants contre 70 à 200g/ m2 de produits chimiques divers lorsqu’il s’agit d’enduction. 13- Northern Design adossé depuis 2006 au 2ème groupe papetier du monde, le Scandinave Stora Enso. 14- Cécile Besançon, responsable environnement, à temps partagé, dans les entreprises du groupement Avenir environnement.


À la une ENQUÊTE

Que deviennent les bâches publicitaires en PVC ?

Le recyclage : vaste sujet que la rédaction de Visible a choisi de traiter sous l’angle des supports de communication visuelle. Que deviennent-ils quand ils ont cessé de communiquer ? Premier cas étudié dans ce numéro : les bâches publicitaires en PVC.

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À la une

Un usage éphémère, pour une durée de vie quasi illimitée : la bâche PVC est, en elle-même, une problématique environnementale. Comme tout support composite (tissu polyester + enduction PVC), elle n’est pas facilement recyclable puisque qu’il faut, au préalable, séparer des composants étroitement liés. Le polychlorure de vinyle, dit « PVC », est un thermoplastique issu à 43 % du pétrole et à 57 % du sel. Selon l’ADEME1, les règles communes aux déchets s’appliquent : brûlage et abandon dans la nature interdits, non mélange à d’autres déchets... En effet, non dangereux en lui-même, le PVC se dégrade très lentement et, brûlé, il libère des composés très toxiques dans l’atmosphère.

Recycler les bâches…

En matière de retraitement des bâches usagées, il existe, au niveau européen, le programme Vinyl Plus, chargé de mettre en œuvre l’Engagement Volontaire de l’industrie européenne du PVC sur la voie du développement durable. La société Mehler Texnologies France (69), fournisseur de bâches et autres textiles techniques, a choisi cette option, qui, pour le recyclage, repose sur le système de collecte EPCoat. « Les bâches usagées et chutes de confection de nos clients sont envoyées directement à notre usine en Allemagne ou via notre plateforme logistique de Lyon pour nos clients de la moitié sud » explique Serge Delorme de Mehler Texnologies. Le retraitement est mécanique, c’est-à-dire que la matière est broyée, avant d’être fondue. Les débouchés sont multiples : fabrication de tapis de sol pour centres équestres, par exemple. Autre solution, Texyloop® est le procédé industriel de valorisation des bâches composites PVC actuellement le plus abouti. Co-inventeur de ce procédé avec le groupe industriel européen Solvay, l’entreprise Serge Ferrari (38) est, à l’origine, un fabricant de matériaux composites souples pour l’architecture, le nautisme, l’industrie, etc. Constatant, à la fin des années 1990, l’arrivée massive des bâches PVC sur le marché du « Sign », Romain Ferrari, directeur général, a cherché un moyen de contrer ce désastre écologique annoncé : « Sans solution de recyclage, le développement de ce marché en Europe n’a pas de sens. Les campagnes grand format sont éphémères et, à la sortie, le volume de déchets est énorme ». 10 ans ont été nécessaires pour passer de l’idée au stade industriel, en 2008. Aujourd’hui, Texyloop® compte une centaine de clients et le volume collecté est d’environ 1 million de m2 par an, via une quarantaine de points de collecte en Europe. Avant même de pouvoir être recyclée, la bâche nécessite une préparation, généralement effectuée

par les poseurs/déposeurs : il faut enlever œillets et bordures. Un second tri de contrôle est effectué au centre de collecte de la Tour du Pin, puis les membranes sont envoyées à l’usine de recyclage Vinyloop, située à Ferrare en Italie. Intervient alors un processus de dissolution sélective : un solvant (utilisé en circuit fermé) dissout uniquement le PVC, ce qui permet de récupérer les fibres polyester. Seconde étape : on précipite le PVC dissout pour obtenir des granulats. Chaque composant devient ensuite une nouvelle matière première. Tout le polyester revient au centre de tri où il est compacté puis revendu à des sociétés qui fabriquent des matelas d’isolation, de filtration… Le PVC, commercialisé par Solvay, sert à la fabrication de tuyaux, membranes d’étanchéité, semelles… mais aussi, chez Serge Ferrari, des produits Batyline® (résilles pour mobilier in & outdoor). Le procédé global consomme énergie et eau, mais la nouvelle matière première reste deux fois moins impactante sur l’environnement que son homologue produite à partir de matières premières vierges2. Un plus indéniable pour l’environnement, mais dont le coût est encore prohibitif pour nombre des acteurs de la filière. « La rentabilité du recyclage est encore aujourd’hui très moyenne, reconnaît Romain Ferrari, il faut plutôt y voir une opportunité de créer une valeur ajoutée de positionnement d’entreprise ». ... /...

QUESTION DE COÛT...

la prise en charge d’une bâche par le procédé Texyloop® COÛTE ENVIRON 4 FOIS PLUS CHER QUE LE dépôt en déchèterie qui revient à environ 100 euros la tonne. Pour un retraitement par Vynil Plus, il faut compter entre 175 et 200 euros la tonne.

Romain Ferrari : « Les gens doivent intégrer l’idée que derrière un déchet il y a une matière première potentielle ».

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Que deviennent les bâches publicitaires en PVC ?

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… ou leur donner une seconde vie et le faire savoir !

Se servir d’un déchet comme matière première pour fabriquer autre chose. Ce principe de base du transcyclage (ou « upcycling »), les Suisses de Freitag ont été parmi les premiers à l’appliquer à grande échelle en 1993. En France, plusieurs sociétés sont sur ce créneau de la « récup’ » à forte valeur ajoutée3, parmi lesquelles Bilum qui, depuis 2005, transforme des matières prêtes à être jetées en une collection de sacs et d’accessoires. En 2012, parmi d’autres matières, environ 8 000 m2 de bâches publicitaires ont été traitées, ce qui a permis la création de 12 000 pièces. « Il y a 7 ans, nous nous engagions auprès des marques à ne pas utiliser les logos et parties reconnaissables et nous revendions nos créations donner d'informations sur la publicité d'origine. Aujourd’hui, les annonceurs qui récupèrent une partie de la collection pour l’offrir en cadeaux d’affaires ou la revendre n’hésitent plus à afficher cette démarche valorisante et transparente pour leur image », explique Hélène de la Moureyre, créatrice de Bilum. En effet, pour 15 % environ du budget d’une bâche, l’annonceur s’offre des objets uniques à ses couleurs, fabriqués en France par des ESAT4. Bien qu’elle soit, tout comme le recyclage, plus onéreuse que la décharge, l’offre de Bilum séduit particulièrement, via leurs régies publicitaires, les marques de luxe et les grands comptes (Guerlain, Air France…), de plus en plus nombreux à se soucier de la fin de vie de leurs supports de communication. Hélène de la Moureyre en est convaincue : « Rien de tel pour pérenniser une campagne par essence éphémère ! ». Pérenniser certes, mais sans promesse d’éternité : pour l’heure, rien n’est prévu pour la fin de vie des sacs Bilum même si Hélène de la Moureyre avoue étudier la question de très près… Une fois les feux des campagnes publicitaires éteints, la gestion les bâches publicitaires est donc un sujet complexe, pour lequel il n’y a pas de solution idéale systématique, mais plutôt de bonnes idées, au cas par cas. Telle l’initiative de Recycle Atelier, CAT5 basé dans la Drôme, qui récupère auprès d’imprimeurs grand format des bâches pour confectionner… des sacs de tri sélectif pour les entreprises ! Bel exemple de boucle vertueuse… C. C. 1- Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie 2- L’outil de calcul en ligne Texytool, détermine, pour un produit donné, ses impacts environnementaux avec ou sans la solution de recyclage Texyloop. www.texytool.com 3- Egalement : Econostra (13) et Réversible (69). 4- Etablissement et Service d’Aide par le Travail. 5- Centre d’aide par le travail.

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Ils ont choisi Texyloop®… Fin 2012, JC Decaux, leader en Europe de l’affichage grand format, a signé un contrat de recyclage Texyloop®. Explications croisées de Yves Roquebert, directeur technique Artvertising, et de Virginie Gatin, directeur développement durable et qualité. Virginie Gatin : « Avant de choisir une solution, nous avons mené une ACV* approfondie sur les toiles. Cette démarche de recyclage systématique s’inscrit dans les valeurs du Groupe, personne ne nous l’impose ! Allant plus loin que ce qu’attend le client, nous en assumons intégralement le coût. Les autres solutions étudiées manquaient selon nous d’ambition et de transparence. Là, nous avons visité le site et connaissons la traçabilité des produits. » Yves Roquebert : « En tant que donneur d’ordre, nous imposons à nos prestataires de pose et de dépose, de préparer les toiles pour qu’elles puissent être correctement recyclées. C’est aussi une façon de développer avec eux des échanges commerciaux en véritables « partenaires », pour progresser ensemble ». * Analyse du Cycle de Vie.

9 sacs cabine, 23 sacs business ordinateur et 30 compagnons de voyage ont été fabriqués par Bilum à partir d’une bâche publicitaire géante Air France (collection proposée sur le site shopping.airfrance.com).


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« Design : clé de différenciation dans une économie mondialisée » « Le design est avant tout une manière de penser les projets », soutient JeanPatrick Péché, designer industriel et consultant. Mais de quel design parle-t-on ? En décalage avec la vision surmédiatisée et couramment partagée par le grand public, il explique que le design ne se résume pas à une activité de création : c’est un outil concret de management et de coordination.

Jean-Patrick Péché a animé une conférence sur le design thinking lors du salon C!Print en février dernier. Jean-Patrick Péché, designer, associé-fondateur de Design Utility, ainsi que du groupe Anonymate, titulaire de nombreux prix internationaux, est, depuis septembre 2012, professeur affilié et responsable des enseignements de design du programme MSc in I.D.E.A (Innovation, Design, Entrepreneurship & Arts), porté conjointement par EMLYON et Centrale Lyon. Auparavant, il a été responsable des enseignements du design et du diplôme de l'Ecole de design de Nantes.

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Visible : Qu’est-ce que le design thinking ? Jean-Patrick Péché : Cette notion large, énoncée ainsi par le designer Tim Brown, englobe différents types d’activités - réflexion, création, résolution de problèmes, coordination… -, dont la finalité est de bâtir une innovation. Mais l’innovation ne se résume pas à un produit, si révolutionnaire soit-il, c’est aussi et surtout un nouveau « business model », car on ne peut pas dissocier l’objet du système dans lequel il se trouve. C’est dommage qu’en France, à l’heure actuelle, le design « produit » soit le seul médiatisé. On a tendance à mettre en avant les créateurs tels des génies et non leur travail, ce qui revient à séparer la création de l’économie, à passer sous silence la méthodologie, la technique… Exemple très parlant lorsque Philippe Stark avait collaboré avec la maison Le Nôtre pour créer une bûche de Noël. Le principal quotidien allemand a publié un article de 4 pages qui détaillait cette démarche mêlant art, technique, exigence, méthodologie… Alors qu’en France, l’information a été traitée partout sous le seul angle de la « vision » du créatif. De fait, on peut parler d’une véritable inculture française du design, du moins, dans sa médiatisation grand public, mais aussi et surtout le design est trop souvent absent des cursus des écoles de management ou d’ingénieurs, ou est vu comme un « plus »…


À L'HEURE ACTUELLE, EN FRANCE, LE DESIGN "PRODUIT" EST LE SEUL MÉDIATISÉ.

Selon vous, quelle devrait être la place du design dans l’économie ? Dans une économie mondialisée et caractérisée par une offre pléthorique, il s’avère un formidable accélérateur de ROI1 dès la mise sur le marché d’un produit ! Le design permet en effet de répondre à la volonté de différenciation des marques. Il aide à vendre car il raconte une histoire à travers une grande rigueur de l’usage des codes : par exemple, entre deux voitures, les valeurs différenciantes ne sont plus de l’ordre de technologie, mais des valeurs d’identité et d’usage, comme l’a démontré la Fiat 500 ces dernières années. Le design thinking, ou le design management, en tant que méthode de conception, devrait toujours intervenir avant même les métiers du marketing ou du commerce, et même avant l’ingénierie, au tout début du projet ! Parce que son mode de pensée est unique, à la fois intuitif et cartésien, le designer est à même de coordonner les différentes compétences qui vont venir nourrir le projet… L’idéal est de fonctionner en véritable équipe-projet dès le début. ... /...

« Le design est UN formidable accélérateur de ROI1 ! » 1- Acronyme anglais pour retour sur investissement


« Design : clé de différenciation dans une économie mondialisée »

À la une RENCONTRE

Le design management est donc forcément pluridisciplinaire ? « Pluridisciplinarité » est en effet un des mots clés de la démarche. Là encore, l’absence de culture projet quasi systématique semble être un travers français, hérité directement de notre culture de l’invention, qui est souvent perçue comme un acte éminemment individuel, à l’inverse de l’innovation qui est forcément collective. À contre-courant du mode de travail en silo2, la culture projet convoque au contraire tous les métiers de l’entreprise, pour se placer au carrefour de l’application et des savoirs. Résultat : on est certes dans la « création », mais aussi et surtout dans l’économie avec les notions très concrètes de planning, financement, faisabilité, voire réduction des coûts… Transposé au secteur de la communication visuelle, ça donne quoi ? Le design thinking préconise de traiter identité, charte graphique, packaging, agencement de point de vente, merchandising, etc. de façon globale. Ainsi, chaque projet est pensé tant sur le plan des valeurs matérielles et objectives, que sur celui des valeurs subjectives, comme les codifications non exprimées qui participent à l’identité d’une marque. D’ailleurs, il est symptomatique que la conception d’une chaîne de franchise par exemple soit aujourd’hui davantage confiée à des agences de design global plutôt qu’aux seuls professionnels spécialisés en architecture commerciale, ou en communication visuelle. Actuellement en vogue, le design global ne date pourtant pas d’hier : la réalisation du métro de Paris est un exemple parfait d’articulation réussie entre un mode de construction, une signalétique, une organisation humaine, un plan… Propos reccueillis par C. C. 2- On parle de travail en silo quand une ou plusieurs personnes sont responsables de la production d’un sous ensemble de produit

MSc in I.D.E.A : une formation unique en France Le Master en Innovation, Design, Entrepreneuriat et Arts (dit « MSc in I.D.E.A. ») est une formation portée conjointement par l’Ecole centrale de Lyon et EMLYON Business School. Basée sur les préceptes du Design Thinking, elle vise à former des « entrepreneurs de l’innovation ».

Quand il pénètre dans le FabLab du MSc in I.D.E.A., grande pièce ouverte et quelque peu encombrée, le visiteur, habitué aux salles de cours traditionnelles, a de quoi être perplexe. Ici un étudiant se concentre sur la fabrication d’une maquette, là un petit groupe s’est réuni pour échanger autour d’un projet, professeurs et élèves vont et viennent, ordinateurs et paperboard noircis de graphiques côtoient une imprimante 3D, des machines de découpe, un atelier de soudure… « Est-on dans une école d’ingénieur, de management… ou de bricolage ? » lance en riant Jean-Patrick Péché. Il est l’un des encadrants du Master, avec Renaud Gaultier, spécialisé en communication, évènementiel, design et management, Fabien Mieyeville, ingénieur centralien, et Caroline Cochet, ingénieur et coordinatrice pédagogique. Titulaire d’un financement IDEFI*, cette formation unique en France a accueilli sa première promotion en septembre 2012. Soit 31 étudiants issus d’horizons très divers : management, droit, bâtiment, beauxarts, philosophie, etc. Il n’y aurait donc pas de voie royale pour devenir entrepreneur de l’innovation ? « Surtout pas ! Ils sont entrés tous différents et en ressortiront tous différents ! », insiste Jean-Patrick Péché. Au programme : 2 années de formation pour apprendre à aborder le métier d’entrepreneur différemment avec une approche globale empruntée au Design Thinking, qui fait du mode projet un principe de base. Ainsi, dans le cadre Lyon City Design qui s'est déroulée du 14 au 17 mars 2013 à Lyon, les étudiants ont présenté des projets baptisés « Urban Bees Systems ». D’après une méthodologie calquée sur l’observation de l’écosystème des abeilles, chaque groupe de travail a proposé une activité de production ou de service innovante en réponse à des problématiques sociales et urbaines actuelles. Exemples : un collecteur/ recycleur de mégots de cigarette, un réseau social de proximité visant à récréer du lien au sein des immeubles, une protection de chantier qui en plus d’isoler le piéton de la pollution propose une expérience polysensorielle et sécurisante… Des idées prometteuses qui, exposés lors de Lyon City Design, ont su attirer l’attention de collectivités et entreprises… www.msc-innovation.com * IDEFI, Initiatives d’excellence en formations innovantes, est un fond géré par l’Agence nationale de la recherche (ANR).

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À la une INTERVIEW

Le photovoltaïque, un moteur pour la communication visuelle ? Wysips, filiale du groupe Sunpartner, a inventé un composant innovant capable de transformer n’importe quel support en surface productrice d’énergie solaire. Ludovic Deblois, président et co-fondateur de Sunpartner, nous expose les opportunités et les limites de ce procédé dans la communication visuelle. Visible : En février dernier, Wysips a présenté, lors du Mobile World Congress 2013 un smartphone équipé de cellules photovoltaïque, invisibles à l’œil nu, garantissant sa charge permanente. Comment cela a-t-il été rendu possible ? Ludovic Deblois : L’écran porte en lui-même la production d’énergie. Dans l’exemple du smartphone, le composant Wysips Crystal® est intégré entre la vitre protectrice et l’écran, sans impact sur sa fonctionnalité. Il est relié à une puce de « power management » qui transforme l’énergie électrique issue du composant Wysips pour recharger la batterie. La prouesse technique vient surtout du fait que notre R&D a permis de miniaturiser la cellule et de la rendre invisible grâce l’innovation sur les dispositifs optiques pour atteindre un taux de transparence de 90 %. D’ailleurs, le nom Wysips est un acronyme qui signifie « What You See Is Photovoltaïc Surface »… Autrement dit, on a le panneau solaire sous les yeux sans le voir ! Des écrans de téléphonie au digital média, il n’y a qu’un pas ? Pas tout à fait ! Wysips Crystal appliqué aux écrans digitaux publicitaires ou informatifs, pourquoi pas dans un futur proche, mais avec une limite certaine car on ne pourrait pas les rendre totalement autonomes. La technologie photovoltaïque serait davantage utilisée comme un complément d’énergie. De plus, le volume potentiel du marché de la téléphonie et des tablettes est pour l’heure bien plus porteur.

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Cependant, dans le contexte actuel qui tend à une réduction de la consommation énergétique des équipements, quels qu’ils soient, on peut tout à fait imaginer, à terme, une convergence entre notre technologie et celle des fabricants d’écrans pour le digital média. Dans l’immédiat, quelles peuvent être les applications du procédé dans la communication visuelle ? Sur le même principe technique que Wysips Crystal, nous développons actuellement Wysips Cameleon, qui va concerner tous les types de surfaces communicantes, hors écrans animés. Il pourra équiper des structures diverses : panneaux publicitaires déroulants, colonnes Morris, signalétique, enseignes lumineuses… Comme pour chacune de nos solutions, notre métier est de concevoir pas de produire. Nous bâtissons donc des partenariats sur la signalétique, le mobilier urbain, les enseignes, etc. avec différents acteurs. Par exemple, Prismaflex intègre actuellement notre technologie dans des panneaux d’affichage de 2 à 20 m2. La cellule photovoltaïque permet ici de faire fonctionner les systèmes de déroulement et de rétroéclairage des images, sans aucun raccordement avec le réseau électrique. Il a donc fallu s’adapter aux contraintes de l’affichage urbain, notamment en termes d’autonomie. L’autre intérêt de la technologie est son invisibilité car les panneaux solaires classiques installés sur des éléments de mobilier urbain font régulièrement l’objet de vols ou d’actes de vandalisme.

2,5 mW/cm2

C’est la puissance générée au soleil (sous 1 sun), soit un gain de 2 à 4 minutes de communication toutes les 10 minutes d’exposition d’un écran de smartphone équipé de Wysips Crystal.

Quand verra-t-on les premiers produits Prismaflex équipés de Wysips Cameleon ? La production va débuter en 2013 pour un lancement sur le marché en 2014 d’un produit entièrement autonome sous nos latitudes, mais le processus de développement, qui a duré 18 mois environ, n’est pas terminé. Nous nous sommes fixés une feuille de route sur 3 ans pour encore augmenter les performances énergétiques et la durée de vie de la solution. Raison pour laquelle nous avons tenu à conserver notre indépendance vis-à-vis des différentes technologies photovoltaïques. Ainsi, nous sommes libres d’adopter chaque nouvelle innovation mise sur le marché, d’où une forte évolutivité du procédé sur le long terme. Propos reccueillis par C. C.


À la une COMMUNICATION ET CULTURE

2013 sous le signe des jardins Ce printemps, la météo n’était pas de la partie... Heureusement, deux créations graphiques originales, germées au sein d’un même studio, ont fait écho en beauté à des événements culturels invitant le grand public à fêter les jardins et leurs créateurs. 1613-2013 : depuis quatre siècles le plus célèbre des « jardiniers » français inspire artistes et paysagistes du monde entier. Pour célébrer l’anniversaire de sa naissance, le Château de Versailles a lancé un concours pour la conception et la réalisation de l’identité visuelle du Château durant l’« Année Le Nôtre ». « Presqu’un appel à idées tant le champs des possibles était ouvert, se souvient Elise Muchir, co-fondatrice du studio Des Signes. Nous nous sommes imprégnés de l’univers d’André Le Nôtre pour proposer une création librement inspirée de ses dessins. Nous avons conçu une trame géométrique composée à partir de broderies de jardins à la française. Une création ‘à la façon de’ mais qui ne reprend aucun plan réellement exécuté par le jardinier de Louis XIV. » Les couleurs des bosquets jouent sur un camaïeu de verts avec des touches de rouge et de mordoré pour évoquer les quatre saisons. Un choix pertinent pour une identité visuelle qui doit être déclinée tout au long de l’année, au rythme des manifestations programmées au Château et dans son parc. Quant au logo, il reprend le thème des parterres avec une mise en perspective du jardin et des lettres comme si, dos au Château, le regard se portait à l’horizon, vers le Grand Canal. À la fois évocatrice et très lisible, l’identité a été pensée comme une boîte à outils adaptable à des supports variés : cartes de vœux, sacs, flammes postales, affiches d’expositions, etc. Synthèse presque totale de l’événement, le logo de l’année Le Nôtre

Un savant jeu de perspectives est le résultat d’une composition graphique et typographique aussi inspirée que minutieuse mise au point par Elise Muchir, co-fondatrice du Studio. Surplombant un parterre, les lettres de l’alphabet Apollon®1 composent une perspective qui rappelle les talents de paysagiste et d’architecte de Le Nôtre. Lettre par lettre, un travail sur la typographie a permis d’ajuster chasses et interlettrages pour donner l’illusion d’optique d’une symétrie parfaite. Une version simplifiée, sans la barrette au Soleil et juste en deux couleurs permet une utilisation sur écran. 1- Alphabet exclusif inventé en 2009 par le Studio Des Signes pour la communication du Château de Versailles.

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À la une

L’an vert...

« Le Nôtre n’est cependant pas loin, il se devine derrière la construction très géométrique de l’affiche.»

« Difficile, le vert est une couleur que nous aimons travailler, mais qui ne fonctionne souvent qu’associé à des univers bien déterminés comme la nature ou la chasse, constate Franklin Desclouds. En général, c’est un coloris ‘répulsif’ qui peut suffire au rejet d’une création, alors que la même, en bleue, sera plébiscitée. » Choisi sur concours, cette fois par le ministère de la Culture et de la Communication pour imaginer l’affiche de la 11ème édition des « Rendez-vous aux jardins », Des Signes a eu l’occasion de donner une autre interprétation de cette couleur. Bien qu’inscrite dans l’Année Le Nôtre, cette manifestation ponctuelle sur 3 jours, devait donner une idée plus universelle des jardins et toucher un public jeune (15-25 ans). Tout ou presque est parti du pictogramme d’une feuille de cerisier, symbole du printemps. Une explosion de vert tendre évoque les bourgeons et des couleurs vives, jaune, rouge, rose représentent fleurs et jeunes pousses. Enchevêtrées, les feuilles donnent à l’observateur la sensation d’être sous les frondaisons d’un arbre et d’apercevoir, ici et là, des trouées de ciel bleu. Le mot « jardins » joue à cache-cache avec le feuillage. « Le Nôtre n’est cependant pas loin, glisse le graphiste, il se devine derrière la construction très géométrique de l’affiche. Quant à la trame de lignes dans certaines feuilles, elle fait à la fois allusion à leurs nervures et aux traits de crayon caractéristiques des croquis des paysagistes. » Un brin psychédélique avec ses spirales, naïve avec ses formes à la Douanier Rousseau et définitivement « pepsy » avec ses couleurs toniques... l’identité visuelle de ces « Rendez-vous aux jardins » semble à des années lumières de celle du Château de Versailles. Preuve que sur un thème proche, la créativité graphique peut produire des univers différents tout en gardant sa force. L. B.d.C.

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FOCUS

Crédit photo : Patrice Foutrat

ÉTUDE DE CAS

Un chantier titanesque de 20 mois et 52 tonnes fixées « en l’air », l’habillage en inox poli miroir a été réalisé sur place par les équipes d’Agencement Paul Champs. Au sol, un gigantesque tapis personnalisé a été imprimé à partir d’un croquis des lieux, dessiné par Alain Moatti.

Un auditorium qui fait forte impression Le projet de réaménagement du hall d’entrée du siège de la Banque de France 1 mêle harmonieusement architecture et scénographie. Dans chaque espace, formes, matériaux et couleurs se répondent à en faire – presque - oublier la technicité. Impossible de parler du nouvel auditorium de la Banque de France sans s’arrêter sur le geste architectural remarquable d’Alain Moatti, cofondateur de l’agence Moatti-Rivière. Salles des coffres obligent, le sol ne pouvait être creusé. Alors, il a tout simplement accroché son projet... au plafond ! Grâce à un savant jeu de « boîte dans la boîte », les 4 750 m3 de l’immense hall d’accueil ont été mis à profit pour créer un Centre de conférences avec un auditorium suspendu de 200 places. Ouverte à l’une de ses extrémités et plongeant vers la rue, sur sa face externe la coque de l’auditorium est entièrement habillée de plaques d’inox poli miroir. Une mission très complexe

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confiée à la société Agencement Paul Champs (29). Tel un vaisseau volant étincelant, l’auditorium reflète à la fois lumière et décor surplombé. À l’intérieur, les surprises continuent.

Une seconde peau acoustique...

L’auditorium est doté des équipements audio et vidéo dernier cri pour accueillir le « gratin » de la finance mondiale. Et pour garantir une qualité acoustique sans faille, Alain Moatti a revêtu les murs de Microsorber® 2. Ce voile en polycarbonate microperforé neutralise les ondes sonores et les convertit en chaleur. Légère, très fine (0,1 mm), semi transparente, la feuille microper-


FOCUS

forée fixée à quelques centimètres de la paroi est doublée d’une seconde feuille espacée de 3 cm de la première. Pour faire oublier les caractéristiques très techniques de cette toile, Alain Moatti a eu l’idée de la faire imprimer. « Aujourd’hui, il est possible d’imprimer presque n’importe quel support, constate-t-il avec satisfaction. C’était ici l’opportunité de venir donner de la profondeur à des murs sinon sans épaisseur. » Clin d’œil au passé, le décor reprend des fresques du 17ème siècle qui ornent les plafonds de l’Hôtel de Toulouse qui servait auparavant de centre de conférence pour la Banque de France.

Alain Moatti à côté de la maquette de la Tour Eiffel dont l’agence d’architecture assure actuellement le réaménagement du 1er étage.

... Et très décorative

1- 31, rue Croix des Petits Champs Paris 1er. Le projet global visait aussi à apporter de la lumière naturelle, à réaménager plusieurs salles de conférence et à créer un espace de restauration. L’accès à l’accueil étant libre, le visiteur peut au moins découvrir l’extérieur de l’auditorium. 2- Travail mené avec l’acousticien Jean-Pierre Lamoureux. 3- MICROSORBER®, marque déposée par Kaefer Isoliertechnik GMBH & Co. KG.

Crédit photo : M. Denancé

Les fresques du peintre François Perrier ont été shootées par Michel Denancé, photographe d’architecture. Polychromes au départ, les clichés ont été retravaillés en bleu, écho à la couleur du tampon de la Banque de France. Le voile acoustique étant disponible en laizes de 1,25 m maximum, un calepinage très précis a été réalisé pour recomposer le décor dans son ensemble. Les différentes pièces sont tenues entre elles par un système d’accroche métallique qui matérialise la rencontre entre l’œuvre classique et sa réinterprétation contemporaine. L’impression numérique a nécessité plusieurs tests afin de maîtriser les principales contraintes du support : finesse et microperforations. Les trous absorbant les sons, il ne fallait surtout pas les obstruer... « Rétro-éclairé, le bleu des murs semble diffuser la lumière, un peu à la façon d’une diapositive », décrit Alain Moatti avant d’insister : « Il est important de jouer avec les matériaux, d’oser des applications différentes pour obtenir des effets inattendus. » L’habillage en inox poli miroir pour l’extérieur et en toile acoustique pour l’intérieur est l’heureuse illustration de cette audace. D’ailleurs, seul un œil vraiment averti peut déceler la présence d’une toile technique derrière le ballet des dieux et des déesses échappés des fresques de l’Hôtel de Toulouse. L. B.d.C.

En plus de son potentiel acoustique, le Microsorber® prouve son potentiel décoratif grâce à l’impression numérique pour un coût d’une dizaine d’euros le m2. - page 47


FOCUS REPORTAGE

En fonction de la catégorie de l’hôtel, les supports de la signalétique changent.

Avec Planet 21, le développement durable devient visible Initié en 2012, Planet 21 est le nouveau programme environnemental d’Accor. Un déclaratif commun, mais une signalétique spécifique à chaque enseigne du Groupe qui accompagne le client pas à pas au sein de l’hôtel. Bien que le groupe Accor n’en soit pas à ses débuts en termes de préservation de l’environnement, c’est la première fois qu’il déploie un programme de développement durable aussi ambitieux, concernant ses 4 400 hôtels implantés dans 92 pays, et impliquant aussi bien les hôteliers et leur personnel que les clients. Comme si sa position de premier opérateur mondial de l’hôtellerie lui imposait un rôle de moteur dans ce domaine…

Un projet mondial

Basé sur 7 piliers (santé, nature, carbone, innovation, local, emploi, dialogue) et impliquant 21 engagements et objectifs chiffrés, ce dispositif sera mis en place dans tous les hôtels d’ici

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2015. À fin 2012, ils étaient déjà une centaine à travers le monde à l’avoir adopté. Pour traduire visuellement ce programme, l’agence de design Brandimage est choisie pour créer l’identité visuelle de Planet 21, ainsi qu’une signalétique informative et pédagogique incitant les clients à y contribuer par des gestes simples. « L’enjeu était de trouver une symbolique commune à tout le Groupe et capable de se fondre dans chacune de ses marques, allant des catégories très haut de gamme aux plus économiques », confie Alain Doré, directeur de création. L'agence de design collabore depuis plus de 15 ans avec le Groupe. « Pour ce projet, nous avons travaillé autour du nom du programme inventé par Accord : Planet 21. Il


FOCUS

Dès la porte d’entrée de l’hôtel, Planet 21 s’affiche en vitrophanie

Les chambres portant le nombre 21 affichent l’engagement Planet 21 sur leur porte.

Signalétique accrochée au porte-serviette.

Un déclaratif convivial et impactant

présente l'avantage d'évoquer immédiatement le développement durable », poursuit notre interlocuteur. Ses références à l’Agenda 21 signé lors du Sommet de la terre à Rio, au 21e siècle qui doit faire face aux enjeux d’une économie, d’un environnement et d’une société plus durables et, plus concrètement, aux 21 engagements du programme sont évidentes. Graphiquement, la même simplicité est de mise : une sphère dans un dégradé de vert évoquant la Terre et la nature, où vient s’inscrire le nombre 21, et autour de laquelle s’enroule le mot « Planet » dans la typographie Best Future, conçue spécifiquement par Brandimage pour l’identité visuelle du groupe Accor. L’ensemble étant ponctué par un vol de bernache, l’oiseau iconique du Groupe.

« Pour la signalétique, nous avons choisi volontairement un nouveau ton de communication, plus décomplexé et moins moralisateur, afin d’introduire une complicité entre Accor et sa clientèle », indique Delphine Violet, consultante pour Brandimage. Selon un effet de teasing, 15 points de contact viennent ainsi jalonner le parcours client. Dès sa réservation en ligne, il découvre le logo Planet 21. Puis sur la porte d’entrée s’affiche en vitrophanie le niveau de certification environnemental de l’hôtel. L’engagement Planet 21 est ensuite mentionné via les écrans de la réception, dans les lobbies sur un « Mural 21 » décliné sur un support différent selon la catégorie de l’hôtel (verre, bois, matière végétale…), enfin sur les portes de chambres portant le numéro 21. Concernant le Mural 21, lorsque celui-ci est en bois, le Groupe recommande qu’il soit issu de forêts gérées durablement (PEFC ou FSC1) et d’essences locales. Le parcours se poursuit aussi dans la chambre : au niveau de l’interrupteur central, de la poubelle de tri sélectif, des produits d’hygiène écolabellisés. Jusqu’aux serviettes de bain qui, si elles sont réutilisées plusieurs fois, servent à replanter des arbres grâce à l’économie des coûts de blanchisserie… R. L. 1- PEFC : Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières, FSC : Forest Stewardship Council

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FOCUS REPORTAGE

CONFORAMA VOIT GRAND Un magasin grand public aux prix très accessibles peut-il investir un emplacement prestigieux sans perdre son âme et son ADN ? Pari réussi pour Conforama Etoile. Historiquement implanté en périphérie des villes, Conforama souhaitait renforcer sa présence dans l’ouest de la Capitale1 et conquérir une clientèle parisienne. En acquérant un point de vente monumental (5 000 m2) de style Art Déco sur une prestigieuse avenue2, l’enseigne se confrontait à un format et à un environnement hors normes.

Un lieu atypique

Ainsi que le souligne Philippe Bondon, Directeur Merchandising de Conforama, « c’est inhabituel pour nos magasins d’être déployés sur cinq niveaux. Il nous a donc fallu intégrer au mieux notre concept aux caractéristiques de ce bâtiment ». D’autant qu’au pied de l’Arc de Triomphe, on ne fait pas ce que l’on veut en matière de signalétique extérieure. L’enseigne a confié les rênes à l’agence Zagass Design, épaulée par DT Signs, spécialiste de l’enseigne et de la signalétique, qui a effectué un important travail de préconisation. « La crainte de Conforama, argumente Olivier Zavaro, président et co-associé de Zagass Design, était de se couper de sa clientèle traditionnelle et d’avoir l’air trop chic. Il fallait réussir à communiquer auprès d’une nouvelle cible tout en conservant la première. » Pour être visible depuis l’avenue et attirer le visiteur dans le magasin, l’agence a installé une enseigne surdimensionnée de couleur rouge derrière la vitrine du 1er étage et deux panneaux de part et d’autre de l’entrée, respectant ainsi les codes caractéristiques du petit prix et du magasin grand public. Des oriflammes format XL. Accrochés au plafond du spectaculaire atrium central, des kakemonos géants annoncent les opérations exceptionnelles. Ils sont réalisés en impression numérique sur de la grille mesh.

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« Il nous a fallu intégrer au mieux notre concept aux caractéristiques de ce bâtiment. »


FOCUS Inspiré du plan de métro parisien, le mur Directory informe sur l’offre du magasin.

Exprimer l’offre invisible

La configuration du magasin ne permettant pas d’exposer de produits dans l’entrée, ceux-ci ont été mis en scène via un mur d’images animées sur 20 écrans Samsung récupérés de l’ancien propriétaire des lieux3. En vis-à-vis, DT Signs a recouvert la grande vitre d’un adhésif dos gris opacifiant, imprimé numériquement d’images du catalogue, renouvelées au rythme des saisons. Puis, pour aspirer le visiteur vers l’intérieur, les grandes colonnes, caractéristiques du style Art Déco, ont été habillées sur toute leur hauteur et sans raccords, du rez-de-chaussée au 1er étage, avec un adhésif rouge à colle extra forte, sur lequel a été adhésivée la signalétique en DAO4.

Une entrée majestueuse, donnant sur l’espace restauration rapide « Confo Snack ».

Opération séduction à tous les niveaux

Ce lieu soulevait une problématique de circulation. En effet, sans passage obligé des clients comme c’est le cas sur une plateforme, chaque palier doit avoir son propre attrait. Dès le 1er étage, un mur d’accueil « Directory » met en valeur l’offre des 5 niveaux ainsi que les services de livraison et du web. Habillé avec des plaques en polycarbonate pour le rendre lisse, il a été tapissé d’adhésif blanc imprimé. Cet élément de signalétique est relayé à chaque étage sur d’autres poteaux également adhésivés. « D’autre part, poursuit Olivier Zavaro, les produits étant très présents dans tout le magasin, il fallait une signalétique d’ambiance qui ne soit pas fatigante. Nous avons décidé de l’intégrer directement dans l’architecture, depuis les murs jusqu’aux portes de réserve ». Perle Ghesquières, responsable des projets Signalétique chez DT Signs, ajoute : « Les colonnes de l’atrium constituaient un support de qualité médiocre. Compte tenu du temps imparti, au lieu d’un habillage en adhésif, nous avons préconisé une impression numérique sur toile. Très rapide à produire et à poser- il suffit d’encoller le mur comme pour un papier peint -, le résultat est spectaculaire et sans raccords visuels. Ce qui était primordial compte tenu de l’enchaînement de pictogrammes et de textes. » Surmontées d’une couronne lumineuse en LEDs, ces colonnes renseignent sur l’offre en lettres surdimensionnées, avec une couleur dédiée à chaque étage. Enfin, les numéros de chaque palier sont identifiés par des chiffres géants lumineux (1,30 m de hauteur), réalisés en Luxiol®. Créé par DT Signs dans le respect de l’environnement, ce procédé de lettres boîtiers ultrafines à LEDs permet d’obtenir une luminosité homogène. Une signalétique et une mise en lumière sur mesure pour un lieu démesuré. V. O.

Une signalétique fondue dans l’architecture du magasin.

1- L’enseigne possède deux magasins, à Nation et au Pont Neuf. 2- 10 avenue de la Grande Armée. 3- La Serap. 4- Découpe assistée par ordinateur.

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FOCUS

Retour de plafond animé où on peut lire l’heure et regarder des tours de magie... le tout projeté à l’aide de rétroprojecteurs.

REPORTAGE

McDonald’s à l’heure digitale Déployé en Europe depuis 2011, le concept Spirit of Family du géant américain McDonald’s fait ses premiers pas en France, depuis le 1er décembre 2012, dans le nouveau restaurant du centre commercial Vélizy 2. Expérience digitale garantie !

au-delà de l’aspect « design », c’est bel et bien dans l’offre de divertissements de ce restaurant que réside la vraie nouveauté. #4 - 05/2013 - page 52

« L’objectif de ce nouveau modèle de restaurant est d’offrir une expérience nouvelle à nos clients, particulièrement aux familles, plus directement visées par Spirit of Family », souligne Rachelle Lemière, directrice Design Merchandising et projets spéciaux chez McDonald’s France. En pénétrant au sein du restaurant situé au 2e étage de Vélizy 2, force est de constater l’absence des codes habituels de l’univers McDonald’s. Bien que la présence du McCafé, juste à l’entrée, confirme bien notre présence au sein d’un des établissements de la plus grande chaîne de restauration rapide du monde, l’ensemble du décor et du mobilier a fait totalement peau neuve, sous la houlette de Philippe Avanzi, fondateur de l’Atelier Archange et designer « historique » de McDonald’s France. Celui-ci n’en est pas à son premier fait d’armes au sein de la firme puisqu’il s’est illustré, en 2005, en

opérant un véritable « virage design » au sein du McDonald’s de La Défense, puis en 2010 à travers le concept haut de gamme développé à l’aéroport d’Orly Sud. « Chez McDonald’s France, nous disposons d’un catalogue d’une dizaine de décors différents au sein duquel nos franchisés – 80 % des restaurants en France – peuvent choisir, indique Philippe Poncet, vice-président en charge des restaurants de la compagnie pour McDonald’s France. Spirit of Family est notre dernier concept lancé ». Sur les 1 000 m2 de ce nouveau restaurant proposant 300 places assises, la présence du bois blond a été privilégiée dans le mobilier : tables, comptoirs de commandes, jusqu’au célèbre arbre à ballons, élément iconique du « McDo », revisité dans une structure de carrés empilés. Dans cet univers, à la fois sobre et minimaliste, différents espaces de « seating » se


FOCUS

succèdent, tantôt stand-up (tables et chaises hautes), lounge (canapés et tables basses) ou plus classiques. Sur les murs et le plafond, la décoration se déploie sans ostentation, dans un graphisme directement inspiré de dessins d’enfants crayonnés sur un tableau noir.

Interactivité du sol au plafond

Mais au-delà de l’aspect « design », c’est bel et bien dans l’offre de divertissements de ce restaurant que réside la vraie nouveauté. En effet, outre la douzaine d’iPads à disposition des clients pour surfer sur internet, consulter la presse et avoir accès à différents jeux, ce nouveau concept propose des jeux interactifs directement intégrés au mobilier et au décor. Ainsi, on remarque différentes animations projetées sur des retours de plafond : une pendule, le numéro de la salle, mais également des animations mettant en scène « Mister Happy », la mascotte de l’enseigne, des vidéos montrant des expériences de chimie ou bien encore des activités d’origami… Un hologramme de Mister Happy, inséré dans un cube en bois, s’anime lors de votre passage. Au sein de la nouvelle aire de jeux, baptisée Ronald Gym&Fun, destinée aux enfants de 4 à 10 ans, se trouve projetée au sol une « course d’escargots ». En tapant des pieds sur la case de départ, on fait avancer le gastéropode. Un film montrant des tours de magie effectués avec des produits McDonald’s (barquettes de sauce) est projeté sur un mur de cet espace. Un jeu vidéo de course de quads est relié à deux bicyclettes sur lesquelles les enfants s’installent. Il faut pédaler et guider l’engin de la vidéo à l’aide du guidon. De retour dans l’espace restauration, on peut choisir de s’installer à l’une des tables « magiques » qui permettent, tout en mangeant, de jouer. Une dizaine de jeux sont projetés sur celles-ci, lesquelles s’animent dès qu’on

les touche. On peut, entre autres, s’amuser à attraper des fées ou bien ramasser des emballages qui polluent la terre. Le contenu de la majorité de ces animations a été conçu par McDonald’s et l’intégrateur Apia Solutions en a réalisé le développement, l’installation et la maintenance. Parmi les prérequis indispensables à l’installation figurent les variations de hauteur sous plafond, puisqu’une grande partie des animations digitales sont projetées de cet endroit. « Nous avons travaillé étroitement avec les responsables de la construction de McDonald’s dans les différents pays où nous sommes intervenus afin que les espaces prévus pour l’installation de nos équipements, ainsi que l’alimentation électrique et Internet correspondent à nos besoins », explique Jean-Claude Galan, directeur commercial d’Apia Solutions.

Un laboratoire...

« Le restaurant de Vélizy est une sorte de laboratoire où nous testons les différentes animations et qui permet aux franchisés McDonald’s de France d’appréhender concrètement le concept Spirit of Family », confie Rachelle Lemière. En effet, entre 2011 et 2012, seuls cinq restaurants ont déjà adopté le concept Spirit of Family, tous situés en Europe : 2 en Angleterre, 1 en Allemagne, 1 en Autriche et 1 en France. Il faut reconnaître que l’investissement est un peu plus élevé que pour un autre concept McDonald’s. Mais sur le terrain, Michaël Gaillat, gérant du restaurant de Vélizy, constate déjà le résultat : « Les clients sont très agréablement surpris et nous sommes déjà au-delà de nos prévisions ». Face à cette affluence, qu’en est-il de la maintenance des équipements ? « Aucune installation n’est en contact direct avec la clientèle puisque tout est projeté, reprend Jean-Claude Galan. Le matériel est intégré dans les faux plafonds et l’essentiel de nos interventions se fait à distance. » R.L.

« Table Magique » pour déjeuner tout en s’amusant avec projection interactive sur la surface.

L’hologramme de « Mister Happy » s’anime dès qu’on s’approche

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PRATIQUE SOLUTION TECHNOLOGIQUE

Crédit photo : Aurélien Dupuis

L’usinage des modules de polycarbonate a été réalisé par l’entreprise Voxeljet (Allemagne), sur une imprimante 3D à béton, la plus grande d’Europe dans cette technologie.

L’impression 3D bascule

dans une autre dimension Longtemps réservée au prototypage et à quelques rares applications de pointe, l’impression 3D se démocratise en investissant des domaines grand public. Le point sur cette technologie révolutionnaire et, forcément, très « visuelle »… On pourrait presque parler d’emballement médiatique. Ces derniers mois, les articles consacrés à l’impression 3D se sont multipliés. La technologie inspire les industriels, les stylistes, les architectes, les artistes… De la coque d’iPhone5 produite par Sculptéo moins de 6 heures après la sortie mondiale du nouveau modèle d’Apple à la prothèse d’oreille en collagène, en passant par la robe en Nylon de Dita Von Teese, cette nouvelle solution de personnalisation et de production sur mesure semble chaque jour repousser ses limites. On en viendrait presque à oublier que l’impression 3D est une technologie « vieille » de 25 ans ! Son principe : à partir d’un objet virtuel tridimensionnel (fichier informatique 3D), on crée un objet physique, selon le procédé de la fabrication additive. Autrement dit, la machine « imprime » l’objet par ajout de matière, couche après couche et sans outillage. Si elle est

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utilisée depuis longtemps dans l’industrie pour des prototypes ou des maquettes, elle s’ouvre dernièrement à d’autres types d’applications, à mesure que le coût des machines se réduit. Actuellement, il existe trois principaux fabricants d’imprimantes 3D1. En France, la société 3D Avenir, distributeur des imprimantes et scanners de la marque 3D System, est née en 2008 avec comme objectif de déployer la technologie et de guider les nouveaux utilisateurs. On distingue schématiquement 7 technologies différentes (voir encadré). François Arnoul, directeur de 3D Avenir, précise que chacune est plus spécifiquement conçue pour un certain type d’application ou de matériaux, mais qu’elles nécessitent toutes un posttraitement. « Les technologies poudre donnent des pièces rugueuses, qui sont donc à sabler a posteriori. Sur ZPrinter, on fixe la matière et ses couleurs


PRATIQUE

Aussi simple d’utilisation qu’un photocopieur, une imprimante ZPrinter permet de mélanger les couleurs.

en trempant l’objet dans un fixateur. Les technologies à résine font des pièces plus lisses, mais il faut selon les cas enlever ou dissoudre les supports, rincer les pièces… ». On peut aujourd’hui faire intervenir une imprimante 3D à trois moments-clés de la création d’un produit. Il y a d’abord la phase de l’avant-projet : pour essayer de vendre un produit qui n’existe pas encore, un modèle 3D en couleur réaliste tenu dans la main est bien plus parlant qu’une image sur un écran ! Ensuite, pendant le développement, l’impression 3D est bien moins couteuse que le prototypage traditionnel qui nécessite un moule. À l’image de ce qui se fait dans l’industrie automobile, on peut ainsi tester chaque pièce fonctionnelle, créer plusieurs prototypes à la demande et au final accélérer la mise sur le marché du produit. Quant à la production à proprement parler, l’imprimante 3D est-elle l’usine de demain ? C’est déjà un peu le cas dans le milieu médical, où la technologie permet de créer par exemple des prothèses uniques, adaptés à chaque patient. Dans un autre registre, la haute couture a récemment donné lieu à des créations entièrement réalisées à partir de l’impression 3D et des initiatives originales fleurissent un peu partout sur le Web, à l’image de Sculpteo qui, avec son service d’impression 3D riche de 150 000 modèles d’objets à « finir » en ligne, fait de cette technologie un véritable outil de personnalisation de masse. « Cela devient simple de fabriquer des choses compliquées. Au niveau des formes, on sait déjà tout faire » résume François Arnoul, qui nuance cependant : « Le défi des prochaines années se fera au niveau des matériaux ». En attendant, une innovation révolutionnaire a attiré l’attention des visiteurs du salon Maison et Objet en janvier dernier. « L’habitat imprimé » est tout à la fois cloison, alcôve, bibliothèque, dressing… Conçu sur ordinateur par les designers François Brument et Sonia Laugier, il est composé d’une cinquantaine de modules imprimés en 3D et imbriqués comme des legos. À quand des applications pour l’architecture commerciale ou de la signalétique unitaire ? C. C. 1- 3D System est le leader mondial, suivis de Stratasys et Objet qui viennent de fusionner, et enfin d’EnvisionTEC.

7 TECHNOLOGIES 3D À LA LOUPE SLA (stéréolithographie) est la plus ancienne, un laser agit sur une résine photopolymérisable. Avec DLP (Digital Light Processing), c’est un vidéo-projecteur. Très proches sur le principe, ces deux technologies ont l’inconvénient commun de nécessiter un support. Même chose pour FDM qui permet la modélisation d’un objet par dépôt de matière fondue au moyen d’une extrudeuse. D’une très grande simplicité, cette technologie est à la base des imprimantes « low cost » qu’on voit arriver sur le marché : idéales pour équiper une école, un petit labo… Avec MJM (modelage par projection de matière), la résine photopolymérisable n’est pas durcie mais déposée sélectivement et le « moule » est créé en même temps que l’objet, avant d’être fondu ou dissout pour révéler ce dernier. Il existe aussi des technologies dites « poudres » qui, elles, échappent à la problématique du support. SLS (Selective Laser Sintering) est la surfusion sélective, totale ou partielle (frittage), de la matière. Cette technologie est la plus indiquée pour la fabrication rapide. Avec ZPrinter, la poudre est agglomérée par un réactif chimique. Enfin, EBM (Electron Beam Melted) est le modelage par bombardement d’électrons au moyen d’un tube cathodique.

« On a sorti l’impression 3D de la seule sphère du prototypage pour convaincre le grand public que c’est un moyen de production d’objets de tous les jours »

« C’est un marché naissant, mais certainement pas un marché de niche ! »

Marine Coré-Baillais (Sculptéo) ET François Arnoul (3D Avenir) LORS DE LEURS CONFÉRENCES SUR LE SALON C!PRINT

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PRATIQUE

L’ADHESIF EN CAPITALE Pour la signalétique des « Portes de la Capitale » de Marseille-Provence 2013, l’adhésivage a permis de communiquer de façon visible et éphémère sur tous types de supports.

Aux pieds des visiteurs, une vue d’ensemble du territoire de MP 2013. Afin de marquer l’esprit des visiteurs dès leurs premiers pas en Provence, le projet « Les Portes de la Capitale » a consisté à baliser les entrées touristiques de la ville. Pour cette opération globale -de la création à la réalisation-, l'agence parisienne de design Zélé1 s’est associée au concepteur de signalétique marseillais Parafe2.

Un matériau polyvalent pour raconter une même histoire

Dès le départ, l’équipe a choisi l’adhésif, produit parfaitement adapté aux contraintes de coût, de durée, de météo et qui présente le double avantage d’une pérennité de 3 ans, sans laisser de trace. « Avec l’agence Zélé, explique Joël Boyer, directeur de Parafe, nous avons sélectionné des films PVC3 dont

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la variété de gammes permet de réaliser différents types d’interventions, selon les surfaces et la lumière ». Le maître mot a été de travailler sur la charte graphique de Marseille Provence 2013 (MP 2013). Guillaume Parent, designer et fondateur de l’agence Zélé, commente : « Nous devions accompagner la communication visuelle existante et la magnifier, car c’est une opération qui a besoin de ‘klaxonner’». Caty Olive, artiste lumière, associée de l’agence Zélé, poursuit : « Plutôt que de créer de nouvelles images et de risquer de perdre le fil, nous avons retravaillé le logo générique de l’événement : les trois ronds et le losange ont été déclinés en formats XS et XL, à plat et en volume ». L’autre idée forte, proposée par la jeune femme, a été d’exploiter la lumière du jour, si généreuse dans le Midi, pour jouer avec les reflets et ombres des formes adhésivées.


PRATIQUE

Une signalétique à double effet, avec du soleil…

Des lieux contraignants pour des réalisations spectaculaires

Les « Portes de la Capitale » se matérialisent gare Saint-Charles, gare Aix TGV et à l’aéroport Marseille Provence. Dans ces espaces souvent caractérisés par de très grandes hauteurs, l’installation d’une signalétique événementielle a nécessité le recours à des cordistes. Sans parler du travail de nuit, afin de ne pas perturber le service public... Afin de déterminer le type d’adhésif adéquat, l’équipe a été été attentive aux questions de brillance, de transparence et de lumière de chaque lieu. A l’aéroport, indique l’artiste lumière, « nous avons mis de l’opalescent : la lumière passe au travers, colore l’espace et projette les formes sur le sol avec des déformations, comme des images en anamorphose ». Sur la verrière de la gare d’Aix TGV, 400 m2 d’adhésif transparent ont été posés de nuit sur des hauteurs allant de 3 à 17 m du sol. À la sortie, ajoute Joël Boyer, « un cercle de 5 m de diamètre adhésivé au sol avec une impression numérique présente la carte du territoire de MP 2013. Une façon de donner aux arrivants la mesure de l’événement ! Assemblé sur place, il a été protégé avec un film antidérapant ». Ce plan est repris sur la vitre de sortie, en version effet dépoli, additionné d’un adhésif cristal qui intensifie le rouge. Enfin, gare St Charles, la verrière ouest est recouverte d’un adhésif transparent, accueillant la lumière traversante, de la gare jusqu’aux trains.

Une communication en volume Destinée à valoriser Eurocopter, mécène de MP 2013, une installation sur le Rondpoint des Lavandes met en scène un hélicoptère incliné à 21°. Parafe a réalisé les structures support. Les volumes 3D du logo MP 2013 sont en acier avec habillage en composite aluminium thermo-laqué rouge et la typo en adhésif découpé.

Assurément, la combinaison de tous ces repères visuels fera vibrer les Portes de la Capitale, au diapason de l’événement tout au long de 2013. V. O. 1- Spécialisée en design, scénographie, lumière, communication visuelle, signalétique et agencements spécifiques, l’agence Zélé (75) est composée de Guillaume Parent (designer), Caty Olive (artiste lumière) et Frédéric Lemercier (graphiste). 2- Parafe (13) est concepteur et fabricant d’enseignes et signalétique intérieure et extérieure. 3- Fabricant : Hexis (34), références utilisées : C4232 Cristal Orange Vif, HX5DP03 Dépoli Pailleté et E5179B Rouge Orangé Brillant avec GSOL170 plastification pour les sols.

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PRATIQUE UNE ÉCOLE, UN PROJET

DES LYCÉENS DANS LA COUR DES PROS Dans le cadre de « Marseille, Capitale européenne de la culture », les élèves du lycée professionnel La Cabucelle ont participé à la réalisation de deux véhicules de la Parade des Lumières. Coup d’envoi des festivités, le 12 janvier dernier, la Parade des Lumières a mis en scène des véhicules lumineux imaginés par les ateliers de Sud Side1. Ils ont été élaborés en partenariat avec les élèves des lycées professionnels et des centres de formation de Marseille. Organisée par l’association MarseilleProvence 2013, sous la direction artistique de Bernard Souroque, cette fête devait valoriser la ville et ses habitants et impliquer tous les publics, de la région et de passage.

Un air des « Temps Modernes »

Philippe Moutte, permanent de Sud Side et directeur artistique de la Parade, a contacté dès mai 2012 le lycée professionnel La Cabucelle formant aux métiers de l’enseigne et de la signalétique (MES), pour leur présenter l’avant-projet et ses objectifs : dix véhicules du trafic urbain quotidien (deux roues, engins de travaux, bus, voitures) transformés, customisés, mis en lumière et actionnés manuellement

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par des machinistes d’un jour, dans l’esprit des « Temps Modernes » de Chaplin. L’idée : raconter le passé métallurgique et ouvrier des quartiers nord de Marseille et replacer l’humain au centre du dispositif. Ainsi que l’explique Philippe Moutte, « la volonté artistique était de montrer ce que l’on ne voit pas en général, à savoir les véhicules sans leur enveloppe, pour valoriser le travail des ouvriers et des ingénieurs ».

Une mobilisation de tous les savoir-faire

Les trois classes du Bac AMA2 option MES du Lycée la Cabucelle, encadrées par leur professeur Xavier Dussart, sont intervenues de septembre à décembre pour construire deux véhicules : le Bus à Quatre Temps et le Camion Miroirs. L’enseignant a mobilisé ses classes selon leur niveau de compétences : «Ce projet a permis de démontrer aux 2nde la finalité des apprentissages. Avec les 1e, nous avons travaillé les solutions techniques, les devis et les achats de


PRATIQUE

matériel, en fonctionnant comme une vraie entreprise. Enfin, les élèves de Terminale ont travaillé à la fabrication selon les plans fournis par Sud Side. » Après avoir sous-traité les pièces en bois du dispositif à la section menuiserie du lycée, les élèves ont équipé de tubes fluorescents les caissons du Bus. La progression des couleurs, de froides à chaudes, symbolise les 4 temps d’un moteur thermique : admission (bleu), compression (jaune), explosion (rouge), la détente étant symbolisée par des fumigènes. Le soufflage du verre étant une spécificité du lycée La Cabucelle, les étudiants ont soufflé, en parallèle, à raison de 4 heures par semaine pendant 1 mois, les 32 tubes néon qui forment l’étoile du Camion Miroir. Ils les ont ensuite posés sur le support en bois, formant une majestueuse étoile lumineuse. « Parce qu’ils se sont montrés très professionnels respectant les délais et très attentifs à ce qu’on leur demandait, se félicite le représentant de Sud Side, nous avons pu organiser, juste avant le jour J, deux répétitions avec les élèves faisant fonctionner les véhicules ». Ce projet d’envergure leur a permis d’acquérir et d’expérimenter des savoirfaire techniques mettant leurs compétences en pratique. Une occasion exceptionnelle de participer à un événement culturel et festif unique dans l’histoire de leur territoire. V. O. 1- L’atelier de construction « Sud Side, les ateliers spectaculaires » fait partie de la Cité des arts de la rue qui regroupe six autres structures (compagnie de théâtre, école de cirque, etc.). 2- Artisanat et métiers d’art.

De la canne... au coude ! Pour réaliser l’étoile en tubes néons, les élèves ont appris à « faire un coude ». Après avoir calé la canne de verre sur un gabarit fabriqué par leurs soins, ils ont chauffé le verre au chalumeau puis l’ont plié à mains nues jusqu’à obtenir le bon angle. Un travail qui nécessite de maintenir la pression en continuant de souffler pendant l’opération afin de garder la cylindricité du verre...

Caissons colorés du Bus à Quatre Temps éclairés par des tubes florescents


PRATIQUE NOUVEAUTÉS

Epson investit le marché de la sublimation Le fabriquant de matériels et consommables d’impression Epson a fait son entrée sur le marché de l’impression grand format en sublimation, à l’occasion du salon C!Print en février dernier, où il a présenté en avant-première ses nouvelles imprimantes SureColor SC-F6000 de 44 pouces et SureColor SC-F7000 de 64 pouces. Maîtrisant déjà cette technologie via des matériels utilisant jusqu’alors des encres tierces, la société se lance donc avec une solution packagée 100 % Epson : têtes d’impression (technologie micro-piézo), machines et encres. Ces deux nouvelles imprimantes spécifiques permettent à Epson de se positionner plus avant sur un marché du « soft signage » en pleine mutation, tandis que les encres ultra-chrome DS (en conditionnement poche de 1 litre) vont venir alimenter et cadrer le parc déjà installé. La SC-F6000 et la SC-F7000 sont mises sur le marché respectivement en mai et juin 2013. Pour cela, Epson s’appuie sur un réseau de distribution sélectif, par typologie de marchés cibles : Promattex, Alexandre Frézal Numérique, Encraje et Alternativ. Il s’agit par exemple de la confection textile, de la personnalisation d’objets publicitaires, de la communication visuelle, ou du marquage d’articles de sport… Avec un objectif de 45 % de part de marché d’ici 2015, Elisabeth Vilar-Bothin, Responsable des Marchés Arts Graphiques chez Epson France, ne cache pas ses ambitions : « Devenir officiellement et à part entière un acteur majeur de la sublimation ». www.epson-europe.com

Osez le vernis sélectif avec la nouvelle Arizona 460 d’Océ La nouvelle Océ Arizona 460, imprimante jet d’encre UV à plat, existe en 2 formats : GT (2,50 m X 1,25 m) et XT (2,50 m X 3,05 m). Elle se décline en 6 ou 8 canaux d’encre avec l’intégration d’une encre brillante. Celle-ci permet d’obtenir des effets sélectifs de vernis. Elle imprime sur une large gamme de supports pour la communication visuelle (épaisseur maximum : 5 cm) et apporte de la valeur ajoutée avec l’effet vernis. www.oce.fr

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PRATIQUE

La nouvelle SOLJET PRO 4 de Roland simplifie la communication visuelle Les applications de la XF-640, la nouvelle machine d’impression professionnelle de la série PRO4 dévoilée début avril, sont très larges : total covering, display, décoration de tee-shirt ou d’électroménager… Parmi ses principales améliorations, ses têtes d’impression plaquées or évitent les dépôts d’encre et sont en position décalée pour augmenter la productivité : trois types de gouttes utilisables simultanément sur 7 tailles de gouttes différentes au total. Les couleurs sont disposées en mode miroir sur chacune des têtes pour une très haute qualité en bidirectionnel. De plus, l’utilisation a été simplifiée : chargement des cartouches en frontal, crics de levage pour le chargement et le déchargement des rouleaux (jusqu’à 50 kg, 160 cm laize). « La XF-640 est l’imprimante la plus productive que nous ayons eu dans la gamme », déclare Patrice Denonfoux, responsable des ventes chez Roland en France. www.rolanddg.fr

Relooking de trimaran avec les TuningFilms MACtac Duo de couleurs réussi en rouge brillant et noir carbone : le skipper Eric Defert a entrepris un relooking complet d’Ocean Addict, son trimaran Formule 40 de 12 mètres de long. Cette métamorphose, réalisée par la société CREAPUB (29), a été faite avec des TuningFilms, deux supports dotés de la technologie adhésive micro-structurée (Bubble Free) développée par MACtac. Avec plus de 45 couleurs, effets et matières, les TuningFilms donnent une seconde jeunesse aux coques de bateaux (au-dessus de la ligne de flottaison). Teintes acidulées, effets iridescent, carbone ou métal brossé : autant de finitions impossibles à réaliser avec de la peinture traditionnelle. Véritable « peinture amovible », les TuningFilms protègent en outre la coque initiale qui reste intacte. www.mactac.fr

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PRATIQUE NOUVEAUTÉS

EN BREF Fotolia s’associe à Exaprint

La banque d’images Fotolia a conclu un nouveau partenariat avec Exaprint, société française spécialisée dans l'imprimerie en ligne, pour proposer à ses clients spécialistes des arts graphiques (imprimeurs, agences de publicité, graphistes…) 3 images gratuites en HD parmi l’ensemble du catalogue Fotolia et 30 % de crédits supplémentaires sur leur prochaine commande dans un délai de 3 mois. www.exaprint.fr

Epson présente son nouveau Centre technologique européen

Fin février, Epson Engeneering Europe, le nouveau centre technologique européen de la marque, a ouvert à Créteil (94), au 60 rue Auguste Perret. Il comprend notamment un laboratoire d’impression grand format et un centre d’expertise en robotique industrielle. www.epson-europe.com

Les plaques acryliques Altuglas® gagnent en efficacité énergétique Altuglas International, filiale du groupe ARKEMA a lancé fin mars sa toute dernière génération de plaques Altuglas® parfaitement adaptées aux LED (diodes électroluminescentes), disponibles dans 2 gammes : Altuglas® Led System (10 couleurs « énergisantes ») 
et Altuglas® Night & Day qui se décline désormais en noir et blanc, gris et blanc, vert et blanc, bleu et blanc. La formulation optimisée de ce verre acrylique permet une diffusion uniforme et maximale de la lumière. Résultat : des plaques colorées à transmission lumineuse très élevée réduisant jusqu’à 20 % la consommation énergétique ou le nombre de LEDs du produit final par rapport aux plaques acryliques classiques. Les applications de cette nouvelle génération de plaques sont variées notamment dans le monde de l’enseigne, de l’architecture et du design. www.altuglas.fr

Recto verso et sans transparence !

La société Faber France est spécialisée dans les banderoles, drapeaux, et autres produits de communication extérieure, pour lesquels elle fournit à la fois la maille polyester imprimée et la structure. Depuis début 2013, elle propose un nouveau type de tissu imprimable recto-verso, sans transparence, grâce à une machine acquise en 2012. www.faber-france.fr

Lancement du nouveau site Internet AGEFOS PME - CGM

AGEFOS PME - CGM est l’établissement de gestion de la formation professionnelle dédié aux secteurs de la Communication Graphique et des Multimédias. Il opère principalement auprès des entreprises des branches Prépresse, Imprimerie, Sérigraphie, Reliure-Brochure-Dorure et Routage. Son nouveau site internet, en ligne depuis le 8 mars dernier, offre à ses utilisateurs une plateforme ergonomique, moderne et plus intuitive. www.agefospme-cgm.fr

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Innovation : la plaque PMMA à graver au laser Altuglas International lance la plaque Altuglas® Tattoo en PMMA qui peut se graver au laser. Pour remplacer les techniques d’impression classiques consistant en l’ajout d’un film ou le dépôt d’encre, la plaque brillante noire contient directement la couleur de contraste. Ainsi, sous l’effet du laser, le dessin imaginé par les designers et les créatifs apparait et devient permanent comme un réel tatouage. Les applications possibles sont nombreuses notamment dans le secteur de la communication visuelle, de l’emballage, de l’ameublement et de la signalétique. www.altuglastattoo.com


PRATIQUE

MagneCote : s’imprime comme un papier, agit comme un aimant ! Antalis propose MagneCote, un papier magnétique agissant comme un véritable aimant. Composée d’un mélange de papier couché de première qualité (20 %) et d’une couche magnétique (80 %), la gamme MagneCote, certifiée FSC®, recyclable et biodégradable, comprend trois catégories : une pour la lithographie, une autre pour l'impression numérique (HP Indigo et presses à toner sec) et une troisième pour l'impression jet d'encre utilisant des encres aqueuses. Ce produit permet de créer des campagnes marketing percutantes et créatives : des dépliants publicitaires ou des cartes de visite pouvant être fixés sur un réfrigérateur, aux notes et mémos à disposer de manière stratégique, en passant par des solutions décoratives, etc. www.antalis.fr

Avec Dynamark, Ball lance l'impression variable Ball Packaging, un des principaux fabricants de canettes de boisson en Europe, propose un nouveau procédé d'impression qui permet la différenciation 
des décors dans une production de masse. La technologie d'impression variable Dynamark peut imprimer jusqu'à 24 décors monochromes différents sur les boîtes d'une même série. La possibilité de fabriquer de grands volumes sur-mesure permet aux fournisseurs de boisson de cibler directement les consommateurs en individualisant le produit. Cette technologie facilite aussi la création d'éditions limitées, ainsi que de décors spécifiques s'inscrivant dans le cadre d'évènements promotionnels. Les premières boîtes boisson conçues grâce au procédé Dynamark sont attendues sur le marché au deuxième trimestre 2013. www.ball.com

Big Band', enrouleur imprimable et éco-conçu La société MSM Signalétique (01) a mis au point le Big Band', un enrouleur automatique extra-large imprimable recto verso (10 m x 10 cm). Ce nouveau système de balisage a été produit localement selon une logique d'éco-conception. Fabriqués avec des matériaux tels que le plastique, l'inox et l'aluminium, le Big Band' est un produit entièrement recyclable. Son assemblage et l'impression des bandes sont réalisés de A à Z dans l'établissement de MSM Signalétique. Enfin, les produits en fin de vie sont récupérés pour fabriquer de nouveaux enrouleurs. Ce produit trouve de nombreuses applications dans les espaces d’accueil et pour le guidage de files lors de salons ou autres manifestations événementielles… www.msm-signaletic.fr

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PRATIQUE NOUVEAUTÉS

Deux nouveaux PVC multicouches pour le total covering L'entreprise HEXIS, spécialisée dans les films adhésivés, vient de lancer deux PVC multicouches haute performance à destination des professionnels de l’enseigne et du marquage de véhicules : HX 30 000 (+ de 110 microns) et HX 20 000 (80 microns). Ils sont assortis d’un liner technologie HEX’PRESS spécialement destiné aux applications Total Covering. De par son épaisseur, il leur apporte une opacité plus élevée et leur confère une pose facile et sans bulle, idéale pour les poseurs recherchant des produits « consistants ». www.hexis-graphics.com

Médiagraphic présente le Skylift Indoor pour la signalétique intérieure Proposé depuis début 2013 à la vente ou à la location, le Skylift Indoor s’ajoute au Skylift Outdoor lancé il y a 1 an. La plus grosse différence avec celui-ci est le média : du textile microperforé permettant une manutention réduite. Selon un principe breveté de tension de toile automatisée, le système d’enroulement qui permet d’accéder au remplacement de l’image grâce à une télécommande est rapide et plus sûr. Dimensions possibles : de 80 cm à 6 mètres de large et jusqu’au 10 mètres en hauteur. www.mediagraphic-groupe.fr

La Cronos de Matic facilite la finition Lors du salon C!Print, en février dernier, le fournisseur MultiGraphic a présenté une solution de finition unique sur le marché, la Cronos Plus, fabriquée par la société espagnole Matic. Le principe : une tête de couture classique sur une machine automatisée dédiée au marché du « sign » textile. Velcro, ourlet, ourlet double, jonc silicone : à chaque application correspond un guide spécifique, qui est fabriqué sur mesure pour le client. La couture est réalisée à grande vitesse et une cellule détecte la fin du tissu pour déclencher automatiquement un aller-retour de finition. « C’est le genre d’innovation qui devrait accélérer la conversion du marché du sign vers le textile, car elle permet d’accompagner les clients dans la finition, qui est encore considérée, à tort, comme une difficulté », souligne Olivier Mardas de Multigraphic. www.multigraphic.fr www.matic.es #4 - 05/2013 - page 64


PRATIQUE

Eurexpo Lyon se met à l’affichage dynamique Pour accueillir et diriger plusieurs milliers de visiteurs lors de foires et de salons, le parc des expositions Eurexpo (69) a retenu la solution d’affichage dynamique proposée par l’entreprise lyonnaise Ceresys (en collaboration avec deux autres PME locales Cab Systèmes et Myooh), et déployée pour la première fois en France. Articulée autour d’un serveur de gestion de contenu multimédia, cette solution permet d’afficher différents contenus sur plusieurs groupes d’écrans, parfois distants de plusieurs centaines de mètres, et de diffuser des informations très rapidement sur l’ensemble du parc. Dans le hall d’accueil, on retrouve 2 totems de grande taille (2,50 mètres de hauteur), ainsi que 2 bandeaux d’écrans fixés à 4 mètres du sol, bénéficiant de la technologie ultra lumineuse, inédite en France. Une trentaine d’écrans classiques, à l’extérieur et à l’intérieur, notamment à l’entrée des salles de conférence, complète ce dispositif. www.ceresys.com

Antalis dévoile son catalogue 2013 12 000 références, 752 pages et une version électronique : l’édition 2013 du catalogue d’Antalis, distributeur européen de papiers, de solutions d’emballage et de produits de communication visuelle, se veut un outil de soutien et de conseil. Caractéristiques techniques et tarifs, mais aussi recommandations d’utilisation et exemples d’applications : cet outil s’inscrit dans la volonté d’Antalis d’agir en tant que véritable partenaire de ses clients. Il est aussi complémentaire de son nouveau site Internet qui sera mis en ligne courant juin 2013. Ce catalogue se décline en 4 univers pour couvrir l’ensemble des besoins des clients : Papier, carton, enveloppe ; Communication visuelle et signalétique ; Emballage et hygiène ; Services. Par ailleurs, les produits certifiés et recyclés sont mis en avant de manière transversale, via un système de lecture rapide à base de pictogrammes. www.antalis.fr

Roland offre le recyclage des cartouches d’encre à ses clients Roland a mis en place un système de collecte des cartouches d’encres usagées. Le client conserve le carton d’emballage de ses cartouches pour y placer les cartouches usagées. Il s’inscrit sur le forum Roland DG et reçoit une étiquette à coller sur le carton qu’il amène dans un relais KIALA. « On utilise ainsi le retour à vide des camions de livraison Kiala. Cela n’engage aucune suractivité », précise Laurent Blasquez, Directeur général France de Roland DG Mid Europe. Les cartouches sont traitées dans le nord de la France : le plastique est transformé pour fabriquer des fibres artificielles. L’encre est traitée en Hollande et les métaux contenus sont réutilisés pour la chimie. Enfin, le client reçoit un certificat de destruction et valorisation des déchets. www.rolanddg.fr

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EN IMAGEs

Signés Starck Ils ont un air de famille ces restaurants récemment ouverts à Paris et à Lyon. Et pour cause, tous deux sont signés Philippe Starck. Dans son sillage, le designer a entrainé artistes et professionnels qui impriment aussi leur patte. Au menu, personnalisation maximale : murs, plafonds, sols, rideaux, vaisselle... Jeu de piste pour deviner quelques secrets de fabrication, malgré la grande discrétion du bureau de Philippe Starck.

Miss Ko,

fait rimer Paris avec Asie Héroïne imaginaire, Miss Ko est sans visage... C’est son corps entièrement tatoué qui donne le ton au lieu. Immersion dans son univers et saturation visuelle assurée. 1. Suivez le fil de néon imaginé

par Jean-Philippe Bourdon qui s’étire tout au long du plafond de la salle et se termine au-dessus des cuisines en une pelote lumineuse. 2. Omniprésente, la fresque

murale de l’artiste David Rochline grouille de personnages donnant sa vision de Miss Ko. Quinze mètres d’histoire imprimée sur un papier peint, manga futuriste sans un centimètre de vide.

3. Hypnotique, un double bar recouvert de 25 écrans synchronisés diffusent en continu des journaux télévisés, d’après une composition originale de Starck. Sur cette « nappe » à l’animation justement dosée passe la silhouette d’un dragon imaginé par Eric Dalbin (Label Dalbin).

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4. Au cœur de l’ambiance lumi-

neuse, une théière géante et la projection sur le mur de béton de morphing de visages et du logo du resto. L’identité de Miss Ko créée par l’agence Londonienne GBH ? 9 grains de riz pour les 9 pays d’Asie source d’inspiration du menu.

5. Vue sur les cuisines à travers

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des baies adhésives de films à effets : cristal, semi transparent ou opaque. Mais aussi adhésivage au sol, sur les chaises, les tables et jusqu’aux portes des toilettes.


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Crédit photos : ©Miss Ko

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Signés Starck 1

Mama Shelter, version capitale des Gaules

Après Paris, Marseille et Istanbul, un nouvel hôtel-restaurant Mama Shelter à Lyon (7 ème). Philippe Starck a de nouveau confié l’habillage des plafonds à son complice calligraphe et peintre, Tarek Benaoum. 1. Dès le lobby, on reconnaît les

tags de Tarek Benaoum, directement dessinés à la craie de couleur sur fond noir. Les vitrines remplies d’objets collectors participent à l’animation.

2. Style métissé, moder ne,

branché, coloré pour une salle de restaurant très cocooning avec de lourds rideaux imprimés de gallinacés, des sièges et des coussins rayés ou zébrés...

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EN IMAGEs

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3. En guise de luminaire, du

côté bar comme au-dessus des tables, des bouées d’enfants multicolores, enfilées telles des perles géantes sur un long néon que l’on suppose glissé dans une gaine isolante... Et toujours des graffs pour couronner l’ensemble.

4. Face à l’hôtel, dans la Villa,

des Ateliers, salles très lumineuses pour accueillir réunions ou séminaires. Déco à gogo, à la craie, cette fois sur fond blanc. Et en écho, une moquette également imprimée des graffs.

Crédit photos : Francis Amiand

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EN IMAGEs

VU EN VERT

Ce printemps, structure aluminium et lichen scandinave à l’appui, les enseignes de trois boutiques parisiennes H&M étaient transformées en sculptures végétales par Vegetal Identity. Un écho à « Conscious » la collection éco-responsable de la marque privilégiant les matières biologiques.

www.sodifalux.fr Enseigne végétalisée naturelle sur structure microperforée (4,80 m x 10 m) surmontée de lettres lumineuses. Une réalisation de la société dijonnaise Sodifalux en collaboration avec un paysagiste pour So Green, parc commercial certifié HQE à Seclin (59).

www.vegetal-identity.fr

www.actif-signal.fr #4 - 05/2013 - page 70

À l’occasion de la campagne de publicité orchestrée par JeanPaul Goude pour Kenzo, l’entreprise Actif Signal a réalisé pour la boutique de l’avenue Georges V, une enseigne intérieure de 4,40 m sur 1,15 m en néon vert trafic. Transparence maximale : chaque lettre est « suspendue » dans un caisson de PMMA. Touche finale, le mot Paris s’inscrit en néon blanc lumière du jour à l’intérieur du « O ».


EN IMAGEs

En mai, la vitrine de Lissac Italie (Paris 13ème) a verdi. Green Décor a réalisé une installation en lichen stabilisé, agrafé sur des supports en médium. Trois grandes vagues d’un côté et, de l’autre, quatre présentoirs suspendus mettent en vedette des paires de lunettes. Grâce à ses propriétés, le lichen reste une matière vivante qui garde sa souplesse sans entretien, avec l’humidité de l’air ambiant.

www.green-decor.fr

www.antalis.fr

Plaine Commune, pôle de développement du Grand Paris arbore une nouvelle identité visuelle signée Saguez & Partners. L’agence a matérialisé les 9 villes de la communauté d'agglomération par 9 pièces de puzzle évoquant des visages symbolisant les hommes, la proximité, la solidarité. Un logotype commun... vert et une couleur déclinée par chaque ville.

www.saguez-and-partners.com

Pour Pâques, elles étaient vertes comme la jungle les 14 vitrines parisiennes de la Maison Lenôtre. Trois décors fabriqués à partir des papiers de création d’Antalis, découpés au laser, courbés, ciselés... Pour mettre en valeur les lions, les girafes et autres singes en chocolat du « Safari Show ». Un régal aussi pour les yeux.

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PRATIQUE

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opinion

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