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LE CAMP DE BALATA Un destin historique, une terre de rĂŠsistance

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LE MOT DU MAIRE

Saluons les grands arbres centenaires de Balata, saluons les grands veilleurs de Balata. Ils pourraient nous conter l’Histoire du lieu, ils pourraient nous dire encore et encore... et le vent qui bruisse dans leurs ramures pourrait nous chanter : Simao... Siamo... mao... mao «Balata Bel-Bwa» Simao - Cimaron «Neg-mawon» échappé de la chicote, du collier à pointes, du masque «pé bouch» et du jarret tranché trouva refuge et liberté au pays des «bet-long» en Balata Bel Bwa. Simao - Cimaron premier occupant des lieux précédant : - les peureux des fièvres et du paludisme - les damnés de la terre parce que juifs mais aussi nous conter les chercheurs du «changement d’air» de «l’oxygène naissant». Et puis, plus près de nous, ils pourraient, les grands veilleurs, nous entretenir de l’acte de rébellion du Commandant Louis-Georges Tourtet et du Capitaine Renaud Manuel, qui depuis le camp militaire de Balata entrèrent en dissidence contribuant à la fuite de la Martinique, de l’Amiral Robert représentant le régime de Vichy, celui dela honte, du déshonneur et de «l’Ombre». Balata-Bel-Bwa, pour que «Liberté, Egalité, Fraternité», continue à flotter au fronton de notre République démocratique et laïque. Balata-Bel-Bwa «Un destin historique... Une terre de résistance.» C’est pour raviver le souvenir que nous avons plaisir à vous remettre cette plaquette et à vous souhaiter : Bonne lecture et meilleure connaissance de Balata-Bel-Bwa. Raymond Saint-Louis-Augustin Maire de Fort-de-France

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Bref rappel historique Camp Tourtet- Balata

Camp de Balata en 1900 Fin XVII- début XIX eme siècle Route de Balata Situé à 450 mètres d’altitude et à une dizaine de kilomètre de Fort-de-France, ce camp militaire date de la fin du XVIII ème siècle ou du début XIX ème siècle. Des relevés pluviométriques y sont effectués en 1809 tandis qu’en 1846, il est temporairement déserté par crainte de la dysenterie. A partir de 1858, suite aux épidémies de fièvre jaune sévissant sur l’île, l’autorité militaire en fait un « camp de préservation », ou sanatorium, devant prévenir les soldats européens des fièvres et du paludisme. Détruit par le cyclone du 19 août 1891, l’hôpital et le camp sont reconstruits. Ils abritent, l’année suivante une partie des troupes durant l’hivernage. Porte monumentale, chemin de ronde, résidence du colonel en forme de chapeau chinois entourée d’une galerie ouverte et d’une véranda abritant une collection d’orchidées rares, font face à la caserne, à la forge et aux ateliers. Les soldats y entretiennent un très grand potager. Au début du XX ème siècle, c’est un établissement thermal fréquenté par les convalescents de la typhoïde tandis qu’en 1917, plusieurs hectares de patate douce y sont plantés pour suppléer au ravitaillement de l’hexagone. La Ville a acquis l’ancien camp militaire Tourtet à Balata. Cette vaste propriété s’étend de la route de Balata à la voie d’accès à la Fontaine Didier. Outre des arbres centenaires remarquables, il y subsiste les vestiges des principaux bâtiments militaires et à ce jour s’y sont installés les locaux de l’ACOM (club de tir) et un terrain de football de quartier.

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Le Camp de Balata … un destin historique … une terre de résistance Balata … source d’inspiration poétique et rebelle … C’est sur le site du Camp de Balata que partit la résistance armée face au régime de Vichy, en 1943. La vie «an tan Robè» est surtout pour beaucoup de Martiniquais, une période d’autosuffisance où l’absence de moyens économiques a réveillé une conscience propice au désir de la population, de prendre les rennes pour se libérer elle-même. Nait alors une lutte clandestine entretenue par la diffusion de tracts et de feuillets qui perdurera jusqu’au ralliement à la France Libre en juillet 1943. Cette opposition est relayée par l’engagement intellectuel, via la revue Tropiques (censurée en mai 1943), de Aimé et Suzanne Césaire, Aristide Maugée, Georges Gratiant et René Ménil… .

«TROPIQUES» : 1943 LA REVUE INTERDITE La revue Tropiques, jouera un rôle majeur dans l’émergence littéraire, culturelle et politique, des Antilles nouvelles de l’après-guerre. Où que nous regardions, l’ombre gagne. L’un après l’autre, les foyers s’éteignent. Le cercle d’ombre se resserre, parmi des cris d’hommes et des hurlements de fauves. Pourtant nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi. Que la terre a besoin de n’importe lequel de ses fils. (Aimé Césaire) Voici un échange de lettres, relatif à l’interdiction par les autorités du régime pétainiste de la revue Tropiques. (source: Tropiques, réédition chez Jean-Michel Place) Lettre du lieutenant de vaisseau Bayle, chef du service d’information, au directeur de la revue Tropiques Fort-de-France, le 10 mai 1943 Monsieur, Lorsque Madame Césaire m’a demandé pour un nouveau numéro de Tropiques le papier nécessaire, j’ai tout de suite acquiescé, ne voyant aucune objection, bien au contraire, à la parution d’une revue littéraire et culturelle. J’en ai, au contraire, de formelles vis-à-vis d’une revue révolutionnaire, raciale et sectaire. Depuis Schoelcher, la France s’est engagée dans une politique d’égalité raciale qu’elle n’a pas seulement proclamée, mais qu’elle a plus profondément mise en pratique que n’importe quel pays : de cette politique, vous constituez un vivant témoignage. 5


Certes, un long chemin reste encore à parcourir; qui le nierait? [...] Une centralisation excessive, mal dont on souffert toutes les provinces françaises, a risqué d’étouffer la perrsonnalité, de lui substituer un être conventionnel et uniforme, de tuer l’art en tarissant la source de la vérité. Un Mistral est le symbole de la réaction nécessaire. J’avais cru voir dans Tropiques le signe d’un régionalisme non moins vigoureux et tout aussi souhaitable. Je constate que je me suis trompé et que vous poursuivez un but tout différent. Je pense que le progrès doit être poursuivi dans la voie dans laquelle on s’est engagé depuis près d’un siècle et je crois d’ailleurs que le problème qui se pose ici est beaucoup plus social que racial. Des principes comme ceux que Monsieur le Maréchal a évoqués doivent, lorsque nous aurons le courage de les traduire dans les faits, le résoudre. Pour vous, vous croyez au déchaînement de tous les instincts, de toutes les passions; c’est le retour à la barbarie pure et simple. Schoelcher, que vous invoquez, serait bien étonné de voir son nom et ses paroles utilisés au profit d’une telle cause. Il ne serait pas concevable qu’un Etat civilisé, conscient de ses devoirs, vous laissât poursuivre la diffusion d’une telle doctrine. J’interdis donc la parution du numéro de Tropiques dont vous voudrez bien trouver ci-joint les manuscrits. Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée Signé: Bayle À M. le lieutenant de vaisseau Bayle Fort de France le 12 mai 1943 Monsieur, Nous avons reçu votre réquisitoire contre «Tropiques» «racistes», «sectaires», «révolutionnaires», «ingrats et traîtres à la patrie», «empoisonneurs d’âmes», aucune de ces épithète ne nous répugne essentiellement. «Empoisonneurs d’âmes» comme Racine, aux dires de Messieurs de Port-Royal. «Ingrats et traîtres à notre si bonne patrie», comme Zola au dire de la presse réactionnaire. «révolutionnaires», comme le Hugo des «Châtiments». «Sectaires», passionnément comme Rimbaud et Lautréamont. «Racistes», oui. Du racisme de Toussaint Louverture, de Claude MacKay, de Langston Hughes – contre celui de Drumont et de Hitler. Pour ce qui est du reste, n’attendez de nous ni plaidoyer, ni vaines récriminations, ni discussion même. Nous ne parlons pas le même langage. Signé : Aimé Césaire, Suzanne Césaire, Georges Gratiant, Aristide Maugée, René Ménil, Lucie Thésée

LES LOIS ANTISÉMITES CONDUISENT DES «PASSAGERS JUIFS» AU CAMP DE BALATA Secondé par le gouverneur Henri Bresolles puis (début 1941) par le gouverneur Yves Nicol, Robert s’empressa d’appliquer aux colonies les lois antisémites promulguées en France métropolitaine. Parmi les plus proches confidents de l’amiral se trouvait le Comte de Cérézy, décrit par les services d’espionnage britanniques à la Martinique comme « très antisémite ». Le comte aurait ordonné le rapatriement des éventuels réfugiés juifs en provenance d’Afrique du Nord et de France métropolitaine. Parmi les intellectuels juifs qui passèrent par la Martinique durant cette période se trouvait Claude Lévy-Strauss. Le régime local ne vit dans l’anthropologue qu’« un judéo-franc-maçon à la solde des Américains ». Parmi les « passagers clandestins » placés sous internement administratif au camp militaire de Balata en tant qu’« individus dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique », se trouvaient un certain Abraham Weisz et un Lévi. 6


LE COMITÉ LOCAL DE LIBÉRATION NATIONALE L’ARMISTICE : LA COMMÉMORATION INTERDITE Parallèlement, un Comité local de Libération Nationale est constitué composé de Rimbaud, Cognet, Sévère et Symphor. Pour certains, cela ne suffit pas, ils s’exilent en tentant la traversée d’une quarantaine de kilomètres dans des embarcations rudimentaires, vers Sainte-Lucie et la Dominique. De jeunes femmes et de jeunes hommes agés souvent entre 16 et 20 ans. Ils sont alors sélectionnés d’apres leurs compétences par les envoyés du Général de Gaulle, le lieutenant –colonel Jean Massip à la Dominique, et Pierre Adigard des Gautries à Sainte-Lucie, et envoyés pour rejoindre les forces navales ou aériennes libres en Angleterre, en France (côté libre), au Canada, en Afrique du Nord, aux Etats-Unis … A la Martinique, le Comité local de Libération Nationale décide d’organiser les 18 et 24 juin 1943, une manifestation pour commémorer l’Appel du 18 juin 1940, près du monument aux morts , sur la Savane, aux cris de «Vive la France, Vive de Gaulle». Le Gouverneur Nicol interdit cette manifestation, qui a quand même lieu . Il menace alors de faire exploser le bassin de Radoub pour noyer Fort-de-France et arrêter les manifestations populaires qui se déroulent dans les rues, réclamant son départ, afin que la Martinique rejoigne ceux qui en France luttent contre le nazisme. Les forces populaires martiniquaises en mouvement occupent la rue Victor Hugo pour empêcher l’arrestation de Paul Symphor et du Docteur Véry. Ces mêmes manifestants montèrent une garde vigilante à l’angle des rues Perrinon et Liberté où siége le Comité de Libération de la Martinique présidé par E.Rimbaud. Le lendemain, le Gouverneur Nicol fait arrêter des membres importants de ce Comité, dont Victor Sévère. La réaction populaire est immédiate : 10 000 personnes descendent dans la rue Les membres du Comité sont relâchés deux jours après.

LE CAMP MILITAIRE DE BALATA : L’APPEL À LA RÉSISTANCE C’est le soulèvement de l’armée de terre qui commence dès le 27 juin 1943. Du camp militaire de Balata, le commandant Tourtet et le capitaine martiniquais Renaud Manuel, firent connaître leur volonté de rejoindre les forces françaises libres. La liaison entre le Comité de Libération de la Martinique et le commandement de la caserne de Balata est assurée par Auguste Duféal et Georges Gratiant. C’est Georges Gratiant qui remet en main propre au capitaine Manuel le message du Comité de Libération. Les évènements se précipitèrent. L’armée était prête à se soulever et menaçe de tirer sur les marins et les navires de l’Amiral Robert si ses forces attaquent la population foyalaise. Ainsi le rapport de force n’est plus en faveur des hommes de Vichy.

COMMANDANT TOURTET

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De plus le trésor de la Banque de France constitué de lingots d’or, stocké à Fort Desaix, échappait au contrôle de l’amiral Robert du fait du ralliement des militaires à la cause de la dissidence. Le Commandant Tourtet, a donné une description précise de cette action dans un rapport détaillé : «la 3ème compagnie, stationnée au Camp de Balata, se mutine. Cette compagnie comprend environ 70 soldats européens, tous soldats de carrière, auxquels s’ajoutent 22 Sénégalais. Elle est motorisée et détient un important armement ....ses hommes réclament la dissidence et leur commandant de compagnie, le lieutement Renvoisé, demande au chef de bataillon Tourtet, de prendre leur tête». Forts du soutien de l’armée de Terre, du Comité Martiniquais de Libération et de quelques marins déserteurs, le 29 Juin, 2000 personnes se réunissent place Galliéni de 18 heures à 2 heures du matin et réclament le passage de la Martinique à la France Libre du Général de Gaulle. La révolte gagne alors les communes les plus proches de Fort-de-France et les ralliements du Fort Desaix et de la garnison de Madiana poussent l’Amiral Robert à se réfugier sur «l’Emile Bertin». Le 30 juin à 12 heures trente,le commandant Tourtet, depuis le camp de Balata, adresse un télégramme aux autorités vichyssoises : «Poste de Camp Balata à population de Fort-deFrance et à toutes autorités. Nous sommes toujours aussi résolus et nos moyens se renforcent. Cependant, pour éviter toute effusion de sang, nous n’avons pas l’intention d’user de notre force, même pour le moment, de descendre à Fort-de-France, tant que la Marine n’aura pas fait usage de ses armes. Nous laissons le soin au Comité Directeur de négocier avec l’Amiral. Cependant, si les Marins tirent sur la population, nous descendrons immédiatement et déclinons toutes responsabilités sur les conséquences qui s’en suivront.» Le 30 Juin 1943, dans la nuit, l’amiral Robert demande, par l’intermédiaire de l’Amiral américain Hoover, l’envoi d’un plénipotentiaire mandaté par Alger avant de résigner ses fonctions. Le dénouement de la crise avait été annoncé dès 19 heures 15, par un nouveau télégramme du commandant Tourtet, LE CAPITAINE RENAUD MANUEL à la population: «A population Martinique. Grâce à notre action commune menée dans le calme et la discipline, une solution satisfaisante semble devoir prochainement intervenir. Nous restons cependant à nos postes et continuerons à veiller avec la même vigilance jusqu’à ce que le pouvoir soit remis aux autorités désignées par le Gouvernement de la France Combattante. Vive la France ! » Dans ces conditions, l’Amiral Robert, le gouverneur Nicol capitulent, évitant un affrontement sanglant. Ainsi la Martinique n’a jamais connu le débarquement des « Alliés » et se « libéra » d’elle même. C’est le 02 juillet qu’un télégramme avisa du ralliement officiel de la Martinique à la France Libre. Le 14 Juillet 1943 sur le contre-torpilleur Le Terrible, Henri Hoppenot ministre représentant le gouvernement d’Alger,, et délégué du gouvernement provisoire de la République, arrive à Fort-de-France . Il nomme Louis-Georges Ponton 1er gouverneur après la « libération » de la Martinique. L’ Amiral ROBERT quitte l’île le 15 Juillet à 22 heures à destination de PORTO-RICO. 8


« Avec doigté et fermeté, ils mirent tout et chacun à sa place. L’amiral Robert se rendit à Porto-Rico et, de là, partit pour Vichy. Le gouverneur Ponton, venu d’Afrique Equatoriale, fut nommé gouverneur de la Martinique. Le secrétairegénéral Poirier, puis le gouverneur Bertaut, reçurent la charge de la Guadeloupe. L’or de la Banque de France, entreposé à Fort-de-France, passa sous le contrôle du Comité d’Alger.» (L’Unité, «Alger», bib. de la Pléiade, p 393)

LE GOUVERNEUR LOUIS-GEORGES PONTON Le gouverneur Ponton favorise l’épanouissement intellectuel et artistique des Antillais, offre un poste d’attaché culturel à l’écrivain Joseph Zobel. «Le ralliement de la Martinique à la France Libre, en 1943, marque la fin du règne répressif de l’Amiral Robert, envoyé du gouvernement de Vichy. Joseph Zobel rencontre alors le gouverneur Ponton, envoyé par le Général de Gaulle et la France Libre. Homme de culture, Louis-Georges Ponton recrute le jeune écrivain Joseph Zobel comme attaché de presse du gouverneur, responsable de deux publications : la revue Antilla et l’hebdomadaire culturel La Semaine Martiniquaise. Cependant les anciens partisans de Vichy complotent dans l’ombre et Louis-Georges Ponton sait qu’il compte de nombreux ennemis. «Le gouverneur Ponton qui assistait au «Méringur» n’en désapprouva pas l’inspiration «Vous avez bien fait me dit il de secouer les Békés blancs. Il faut un peu les aider à réfléchir.» Extrait de «Mayotte Capecia ou L’aliénation selon Fanon» Christiane P. Makward Quelques semaines plus tard le gouverneur Ponton, homme jeune et vigoureux, décédait subitement le 29 juillet 1944. La Martinique tout entière le pleura. C’est Aimé Césaire qui prononça son éloge funèbre.

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Extrait de l’eloge funèbre prononcé par aimé césaire à la mort de louisgeorges ponton Et je me souviens aussi de telle page du « Carnet Voltaïque » où, contre le grand commerce colonial, Louis Georges PONTON, Gouverneur des colonies, préconisait des solutions coopérativistes ou collectivistes. En vérité rien ne l’effrayait. Pas même la jungle martiniquaise. Très vite, il dépassa le hideux « idéal » de certains : assurer la reprise des affaires, et puis la rentrée dans l’ornière, et puis, l’étouffement de la révolution martiniquaise en marche. Le gouverneur PONTON comprit que la Martinique avait une importance qui n’était fonction ni de sa superficie ni du nombre de ses habitants, ni du nombre de sacs de sucre ou de litres de rhum qu’elle exporte par an ; que petite d’étendue, la Martinique avait une immense importance humaine, une immense valeur d’exemple. Il voulait qu’au procès de l’Histoire et de la Civilisation, la Martinique temoignât. Et dès lors il conçut son programme : équiper l’île, l’assainir socialement, l’améliorer techniquement. La promouvoir culturellement. Et la lancer dans la bagarre américaine au nom de la France … Mai c’était rompre avec l’impudeur politicienne, la sournoiserie capitaliste et l’indolence et la veulerie. Georges Louis PONTON, devant les difficultés de toutes parts accumulées, désespéra. Je le comprends. Il dut se sentir seul. Il dut se sentir trahi. Mais ce qu’il ne savait pas. Et qui eût pu le soutenir et que ne surent pas suffisamment lui dire ses conseillers, ses amis, c’était l’amour que lui portait le peuple, la confiance qu’en lui, avait le peuple. Aimé Césaire

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1987 AIMÉ CÉSAIRE LE PROJET DE RÉHABILITATION DU CAMP DE BALATA Il y a plus de 25 ans, le Camp de Balata faisait déjà l’objet de réflexions sur un projet d’aménagement et de fonctionnement, de la municipalité Considérations générales : 1. Le Camp de Balata représente un site naturel exceptionnel. Il serait dommage que cet élément important du patrimoine de la ville de Fort-de-France , ne soit ouvert à la population. 2. Ce parc naturel fait l’objet de convoitises les plus diverses qui ne vont pas toujours dans le sens de la juste utilisation par tous. 3. Une action dans le domaine de la nature et de l’environnement ne peut que venir complète judicieusement la politique sportive en cours de réalisation. 4. Des besoins importants sont à satisfaire dans ce domaine pour toutes les couches de la population sportive en cours de réalisation. 5. Des besoins importants sont à satisfaire dans ce domaine pour toutes les couches de la population et pour toutes les classes d’âge - enfants et jeunes dans le cadre scolaire ou pen,dant les vacances - adultes, personnes âgées, handicapés isolés ou en famille à la recherche d’une activité en pleine nature ou par la simple détente et l’oxygénation 6. L’aménagement doit être suffisamment simple et souple, évitant les potentialités existantes , offrir une capacité d’adaptation à l’évolution des besoins en matière de détente et de loisirs 7. Enfin, le projet, pour tenir compte des moyens financiers de la ville, qui a par ailleurs à faire face à des dépenses dans de nombreux domaines, doit être réalisé dans des conditions raisonnables.

L’Aménagement Il pourrait comprendre quatre secteurs : A) le plateau supérieur nord constitué par les installations actuelles (maison du gardien-parking-ACOM-installation terrainde football) et la Villa Flore. B) Le plateau supérieur sud qui comprend l’espace allant de la Villa Flore jusqu’à la fin de l’Allée de Mahogany. C) Le plateau inférieur qui correspond au secteur qui part du terrain de football et longe les vieux casernements métalliques jusqu’au point de vue sur le sud de l’île. D) La zone forestière constituée par tout le massif forestier hygrophile jusqu’à la Fontaine Didier. L’ensemble du parc aura vocation à la circulation piétonnière sauf dans la zone A. Des poubelles installées en conséquence doivent favoriser une sensibilisation permanente aux problèmes des ordures ménagères. A) le plateau supérieur nord Ce sera la zone d’accueil. Il conviendra d’y réaliser un parking et d’assurer la rénovation de la Villa Flore. Au rezde-chaussée du bâtiment pourront être installés comme déjà prévu, les locaux de l’administration du parc et ceux de l’animation (cafeteria, artisanat, expositions…). A l’étage, la réalisation d’un hébergement autant que possible polyvalent , devrait répondre à deux types d’accueil en séjour court : - Classe de nature – Centre de vacances – Stages - Hôtes de passage

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B) le plateau supérieur… Il comprendrait : - Juste après la Villa Flore, une aire de détente et de repos (Table et bancs) installée à proximité d’air de jeux pour les enfants (Utilisation de la terre déposée à cet endroit). - Des sanitaires - Un centre d’activité pour l’initiation à l’environnement installé dans les locaux rénovés des deux bâtiments dans un état à peu près satisfaisant (Salles de travail - Réfectoire – pour les classes venant y passer la journée – Jardin potager…). - L’implantation du début su sentier d’identification de la nature. C) le plateau inférieur Il comprendrait : - un CRAPA (Circuit Rustique d’Activités Physique Aménagé). - La suite du sentier de promenade (Personnes âgées). - La suite du sentier d’identification de la nature. - L’installation d’abris forestiers avec tables et bancs en utilisant les dalles laissées libres par l’enlèvement des casernements métalliques. - Des sanitaires dans les installations existantes à récupérer. - Un point de vue avec table d’orientation. D) la zone forestière Elle permettrait d’y implanter un sentier de randonnée pédestre qui rejoindrait la Fontaine Didier et Absalon. Ce sentier de type « Alpin » pourrait être conçu sous forme de sentier de découverte pédagogique. D’autres liaisons peuvent être envisagées entre Absalon, Les Jardins de Balata et le Parc.

La réalisation Afin de permettre une ouverture rapide du parc au public, il conviendrait d’éliminer au préalable tous dangers de morsures par les serpents. La première phase de l’opération consistera donc en un nettoyage devra se réaliser sous un contrôle strict de nos services afin d’éviter toute dégradation intempestive et devra être suivi d’un entretien régulier et permanent. La deuxième phase comprendra l’implantation des aménagements légers : - Aire de pique-nique et de promenade - Parcours (CRAPA) - Aire de jeux pour les enfants et aire de détente. La troisième phase comprendra la rénovation des bâtiments et la mise en place des activités.

Fonctionnement et gestion Le fonctionnement du Parc Naturel de Balata doit être assuré par une équipe du Service Municipal des Sports. L’accès au parc pourrait être gratuit, certains services seraient par contre payants, par exemple : - hébergement - la restauration - l’initiation à la nature en partie (achat du fascicule pour le sentier d’indentification) - utilisation des services des animateurs pour la randonnée pédestre.

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Conclusion L’ouverture du Parc de Balata vise bien entendu la population de Fort-de-France, mais intéresse tous les Martiniquais et également de nombreux touristes. C’est la raison pour laquelle les trois phases de sa réalisation doivent être conduites simultanément mais de toute manière, continues. Il s’agit d’un projet d’aménagement global, simple et faisant appel à des investissements raisonnables. Compte tenu de son impact, le financement de ce projet pourrait être assuré avec le concours d’autres partenaires : Etat, Région Pour des raisons évidentes de financement, le projet de réhabilitation du camp de Balata n’a pu être réalisé.

EN HOMMAGE À AIMÉ CÉSAIRE

C’est sur cette terre de résistance, chargée d’histoire et de poétique engagée, que la ville de Fort-de-France a souhaité inaugurer le 15 juin 2013 le parcours-littéraire et le parcours-santé en hommage à ces femmes et ces hommes d’exception qui refusèrent l’ordre établi. Sur les traces d’Aimé Césaire... «Sa parole belle comme l’oxygène naissant» (André Breton)

© Ville de Fort-de-France

Centième anniversaire de sa naissance 13


LES MEMBRES DE LA MISSION DE LA FRANCE LIBRE 1944 Georges Ponton était chef de mission en Gold Coast en Afrique Equatoriale, avant d’être Gouverneur de la Martinique.

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LE CAMP DE BALATA - JUIN 2013

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Directeur de la publication Raymond Saint-Louis-Augustin Maire de Fort-de-France Conception et rédaction Marie-Michèle Darsieres Conception graphique Joël Zobel Communication externe Ville de Fort de France Juin 2013

© Service Communication Externe Ville de Fort-de-France Juin 2013 Impression Service Mécanographie

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LE CAMP DE BALATA  

Publication de la Mairie de Fort-de-France Martinique

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