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INTRODUCTION

Au Québec, comme au Canada, la forêt fait partie intégrante de notre richesse collective. Le développement de l’industrie forestière et l’accroissement subséquent de la pression sur les ressources naturelles ont engendré de nombreux conflits avec les communautés autochtones (Wyatt 2004). Elles ont généralement été exclues de la forêt et de son développement. Pourtant, la forêt constitue les racines de leur identité, de leur culture et de leurs valeurs. D’ailleurs, la durabilité des systèmes d’aménagement forestier du Canada requière une harmonisation d’intérêts économiques, sociaux et environnements. Elle fait une place particulière aux enjeux autochtones. Le Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF) a introduit en 1996 des critères et indicateurs pour évaluer la durabilité de l’aménagement forestier. Le critère 6 reconnait l’importance d’accroître la participation des autochtones dans le secteur forestier. De plus, le CCMF (2006, p. 134) recommande notamment aux acteurs du secteur forestier de renforcer les capacités des collectivités locales afin qu’elles puissent prendre une part active aux processus débouchant sur leur stabilité et de permettre aux collectivités autochtones d’avoir accès à une juste part des avantages découlant de l’exploitation des terres et des ressources forestières. Wyatt (2008) propose un cadre conceptuel pour l’analyse des différentes formes possibles d’une participation des autochtones à la foresterie canadienne. Ce cadre suggère quatre variantes différentes. D’abord, il y a la «foresterie par les autochtones» qui consiste simplement à incorporer les autochtones au modèle forestier conventionnel. Ensuite, une «foresterie pour les autochtones» où la gestion forestière conventionnelle prend en compte leurs valeurs, leurs besoins et leurs connaissances. Puis, il y aurait une «foresterie avec les autoch-

tones», c’est-à-dire une foresterie où ces derniers sont partenaires à part entière de l’aménagement des forêts. Enfin, ce qui reste à inventer selon Wyatt, une véritable «foresterie autochtone». Il s’agirait d’une situation où la culture et les savoirs traditionnels se maillent à la foresterie conventionnelle afin d’instaurer des pratiques forestières spécifiques à l’occupation autochtone de la forêt. Les résultats de notre recherche permettront de tester la dialectique de la foresterie entre autochtones et acteurs industriels proposée par Wyatt. Soulignons aussi qu’il existe plusieurs initiatives économiques pour favoriser la participation des autochtones à la foresterie. Jusqu’à maintenant, plusieurs études ont porté sur les entreprises détenues par les conseils de bande (Hickey et Nelson 2005). Les partenariats représentent une autre possibilité qui a été explorée. Hickey et Nelson (2005) ont identifié quatre différentes structures de partenariat, soit : la coentreprise, le protocole d’entente, la relation contractuelle et les ententes de collaboration commerciale. Les travaux d’Anderson (1997) montrent d’ailleurs que les partenariats d’affaires entre autochtones et non-autochtones constituent un élément clé de la stratégie de développement des communautés autochtones. L’entrepreneuriat, souvent associé aux activités des petites entreprises (Shepherd et Wiklund 2005), constitue une autre possibilité pour accroître la participation des autochtones à la foresterie. C’est ce dernier modèle économique qui a retenu notre attention dans le cadre cette étude.

RAPPORT FINAL

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Entrepreneuriat forestier Autochtone  

Rapport final du projet de l'entrepreneuriat forestier Autochtone : le cas de la communauté ilnu de Mashteuiatsh

Entrepreneuriat forestier Autochtone  

Rapport final du projet de l'entrepreneuriat forestier Autochtone : le cas de la communauté ilnu de Mashteuiatsh

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