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3.1_Introduction Selon Anderson et Giberson (2004), l’entrepreneuriat constituerait la pierre d’assise de la stratégie de développement socio-économique des populations autochtones du Canada. Selon ces auteurs, les Premières Nations développent peu à peu leurs capacités entrepreneuriales afin d’accroître leur autonomie et leur capacité d’autosuffisance, de consolider leurs valeurs traditionnelles et d’améliorer leurs conditions de vie. Les Premières Nations s’attaquent ainsi à l’état général de sous-développement qui sévit dans leurs communautés, notamment caractérisé par des problèmes de chômage, de décrochage et de santé (CRPA 1996). Une situation manifeste au Québec, puisque le Forum socio-économique des Premières nations, tenu en 2006, révélait des problèmes similaires (FSPN 2006). Pour illustrer cet état de fait sur des bases statistiques, mentionnons que les membres des Premières Nations «ont une espérance de vie d’environ sept ans inférieure à celle des Québécois; elles sont trois fois plus sujettes à l’obésité; leur taux de personnes atteintes de diabète est trois fois plus élevé; le suicide les frappe cinq fois plus souvent; elles sont davantage confrontées à la pauvreté et à la violence» (Bouchard 2008, p.150). De surcroît, plus de 40% des membres des Premières Nations sont prestataires de l’assurance emploi ou de l’aide sociale et 49% d’entre eux n’ont pas de diplôme d’études secondaires.

Au Canada, 80% des communautés autochtones se retrouvent au sein des territoires de la forêt commerciale (Curran et McGonigle 1999). Le développement d’entreprises liées à la forêt représente pour les communautés autochtones une avenue pour améliorer leur situation socioéconomique. À ce jour, plusieurs entreprises forestières autochtones ont déjà été crées un peu partout au Canada (Wyatt 2008). En 2004, le «monde forestier québécois» faisait écho à leurs ambitions en recommandant que «les entreprises forestières autochtones soient invitées à participer activement aux projets de sylviculture intensive et aux projets de forêt habitée et que les conditions facilitant leur stabilité et le développement de leurs capacités de gestion et leurs compétences professionnelles soient mises en place» (Coulombe et al. 2004, p.240). En outre, les principaux acteurs forestiers reconnaissaient, au Sommet sur l’avenir du secteur forestier du Québec en 2007, l’importance de «réduire l’écart de développement entre les communautés autochtones et les autres localités» et de leur faire une place dans la gestion des forêts (SASFQ 2007). Pour leur part, les gouvernements du Québec et du Canada multiplient les efforts et les investissements pour encourager les communautés dans le créneau forestier (PFPN 2008; Gagnon 2002). Néanmoins, le défi reste de taille, car les initiatives autochtones en foresterie sont relativement récentes et la méconnaissance, voire les préjugés envers la réalité des Premières Nations demeurent importants chez les intervenants forestiers et la population en général. D’ailleurs, force est de constater que très peu d’information est aujourd’hui disponible sur les initiatives forestières menées par des communautés autochtones.

RAPPORT FINAL

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Entrepreneuriat forestier Autochtone  

Rapport final du projet de l'entrepreneuriat forestier Autochtone : le cas de la communauté ilnu de Mashteuiatsh

Entrepreneuriat forestier Autochtone  

Rapport final du projet de l'entrepreneuriat forestier Autochtone : le cas de la communauté ilnu de Mashteuiatsh

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