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Françoise Sullivan, Hommages 28 février–21 avril 2019 Commissaires : Gilles Daigneault et Margarida Mafra

Il faut dire que je ne pense pas ma vie en terme de carrière mais comme destin. Destin depuis une enfance attirée par les arts. Destin qui m’a amenée à reconnaître en Borduas le maître exemplaire, l’artiste dont l’œuvre est synonyme de pure connaissance, de vérité, de courage. Aussi, j’ai aspiré à devenir cet artiste et je me suis employée à inventer mon art aux limites du possible pour moi.

— Françoise Sullivan, 1998

Remerciements : Musée national des beaux-arts du Québec, Galeries Bellemare Lambert, Galerie Simon Blais, tous les artistes et les prêteurs Photographie : Guy L’Heureux sauf (1) MNBAQ , Patrick Altman Conception graphique : Fleury / Savard ISBN 978-2-9816233-8-6

© 2019 Fondation Guido Molinari et Françoise Sullivan pour les textes, Françoise Sullivan / SODRAC 2019 pour les reproductions. Tous droits réservés.

fondationguidomolinari.org


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Novembre 1981 Début de la rétrospective de Françoise Sullivan au Musée d’art contemporain de Montréal. « La première et la plus importante », écrit‑on encore aujourd’hui. L’artiste se confiait alors au critique de La Presse : « Une rétrospective, c’est bien sûr une chose qu’on fait une fois dans sa vie. En un sens c’est triste, mais d’un autre côté ça me sert de tremplin pour un nouveau départ. » Si Sullivan se trompait lourdement dans la première partie de son commentaire, en revanche elle voyait très juste dans la deuxième. En effet, une quarantaine d’années plus tard, son travail aura fait l’objet de trois ou quatre rétrospectives muséales, et elle sera devenue une peintre à part entière.

peinture : « La peinture m’habite. Depuis toujours. Mes premières œuvres étaient peintes. Ma curiosité m’a, toutefois, poussée à regarder toute forme d’art et toute nouvelle tendance qui venait occuper le présent. Ainsi, le ton apocalyptique venu se manifester durant les années soixante et soixante‑dix, concernant l’impasse dans laquelle la peinture s’est trouvée, est venu bousculer les prémisses auxquelles je croyais. Pourtant le vingtième siècle tout entier a fait l’objet de bouleversements répétés, cette impasse peut être prise simplement comme l’un des multiples débats qui parsèment l’histoire. »  1

tributaires de la danse, de la sculpture et des performances de Sullivan, mais elle en viendra peu à peu à simplifier considérablement les choses, elle qui a toujours voulu éliminer le superflu dans son travail : « Je me suis mise à rêver d’une peinture à propos de rien, d’une peinture dépendant de rien, et qui pourrait se tenir par sa seule force intérieure. D’une peinture sans image, qui retiendrait l’attention. Cette négation n’est pas nécessairement une position anarchique, ni surtout facile, elle insinue plutôt une ouverture, une précision, une lumière. »  2

et Guido Molinari. S’y ajoutent deux Hommages inédits, réalisés exprès pour l’occasion, à la mémoire de Fernand Leduc et de John Heward, ce dernier étant en cours d’exécution au moment d’écrire ces lignes. Il sera intéressant de voir l’évolution de l’écriture picturale de l’artiste, une quinzaine d’années après les premiers Hommages, tandis qu’à l’étage la Fondation proposera un accrochage de huit nouvelles toiles de Sullivan qui constituent autant d’études préparatoires à la réalisation du grand tableau en hommage à Fernand Leduc.

Or, au tournant du millénaire, le Québec doit faire son deuil de plusieurs artistes importants, et Sullivan entreprend de produire quelques grandes toiles en hommage à ses amis, et notamment à ses amis peintres, ce qui donnera lieu à quelques‑unes de ses plus belles œuvres. Notre exposition en réunit quatre, réalisées entre 2002 et 2004, et dédiées à Edmund Alleyn, Ulysse Comtois, Marcelle Ferron

Par ailleurs, chacune des grandes toiles de Sullivan sera accompagnée d’une œuvre majeure de l’artiste à qui elle est dédiée, histoire de rendre une autre forme d’hommage à ces grands disparus. Enfin, pour faire bonne mesure, le coffre‑fort de la « banque » sera enrichi d’un accrochage de photographies de tous les participants du projet, réalisées par Louise Descoteaux, Alicia Lorente, Gabor Szilasi et Richard-Max Tremblay.

Automne 1987 Le prix Paul‑Émile‑Borduas est attribué (enfin !) à Françoise Sullivan, et les amateurs sentent bien que le jury voulait couronner une artiste résolument multidisciplinaire, comme il l’avait fait, l’année précédente, avec Betty Goodwin. Mais, un peu paradoxalement, la signataire de Refus global la plus touche‑à‑tout du groupe ne cesse de répéter que tout ce qu’elle a réalisé depuis 1941 lui vient de la

Hiver 2019 Françoise Sullivan, donc, est aujourd’hui une peintre chevronnée avec, derrière elle, quelques décennies d’une aventure aussi imprévisible que l’étaient ses années de multidisciplinarité. C’est que, par tempérament et par fidélité à ses origines automatistes, l’artiste se détache d’une manière de peindre dès que ça devient « cérébral ». Bien sûr, les premières séries du tournant des années quatre‑vingt – notamment les Tondos et le Cycle crétois — sont

1 « Ma peinture est… ma peinture Est », catalogue de l’exposition Françoise Sullivan, Musée des beaux-arts de Montréal, 2003 / Éditions Parachute . 2 Ibid.

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— Gilles Daigneault

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1   Marcelle (Saturnienne) de la série Hommages, 2002.

Acrylique sur toile, 198,5 × 198,5 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, don de l’artiste en hommage à John R. Porter, directeur général du Musée de 1993 à 2008 2   Hommage à Ulysse n o 3, 2003. Acrylique sur toile,

244 × 198 cm. Propriété de l’artiste 3   Hommage à John Heward, 2019. Acrylique sur toile,

244 × 182 cm. Propriété de l’artiste 4   Hommage à Fernand, 2019. Acrylique sur toile,198 × 244 cm.

Propriété de l’artiste 5   Réflexion pour un hommage n o 3, 2019. Acrylique sur toile,

76,2 × 101,6 cm. Propriété de l’artiste 6   Réflexion pour un hommage n o 4, 2019. Acrylique sur toile,

76,2 × 101,6 cm. Propriété de l’artiste 7   Hommage à Guido, 2002. Acrylique sur toile, 198 × 198 cm.

Propriété de l’artiste

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Dépliant 15 : Françoise Sullivan, Hommages  

Dépliant 15 : Françoise Sullivan, Hommages  

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