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16ème Congrès de la FNTV :

un changement d’ère dans le transport

2ème AETA :

une révolution culturelle en marche ?

Deux des évènements d’Autocar Expo à Nice du 22 au 25 octobre 2008


Congrès FNTV :

« Nous avons aujourd’hui une formidable Un changement d’ère occasion de construire une nouvelle offre de transport collectif ». pour le transport Cette affirmation du président de la FNTV,

Serge Fouquet, n’a rien d’une incantation. Mais s’appuie sur un constat, mis en exergue lors des débats : la mobilité connaît une mutation de fond, favorable au transport collectif.

Un boulevard s’ouvre pour les transports collectifs ! A en croire en effet Francis Beaucire, géographe et professeur à Paris VII Sorbonne, « nous vivons de façon très rapide un changement d’ère et la génération qui vient va penser la mobilité de façon différente ». La raison ? Entre l’étalement urbain - dont la voiture a été « la clé de voûte » - et la hausse des prix du carburant entamée dès le début des années 2000, le coût des déplacements a doublé entre 2003 et 2007. L’enjeu, aujourd’hui, réside dans une « réponse rapide de la puissance publique » à cette évolution pour éviter « d’aller vers une crise financière des ménages ». Autrement dit, proposer une nouvelle offre adaptée de transports collectifs.

per à une hausse des températures de 2,5 degrés », a affirmé Yves Mathieu, directeur du cabinet Missions publiques et bénévole de l’association d’Al Gore, Climate Project. Pour ne pas aller au-delà, il faut réduire par quatre d’ici à 2050 les émissions de CO2, en basculant vers une croissance dite froide, qui consiste à diminuer le recours au pétrole et à utiliser de nouvelles énergies. « C’est là qu’intervient le transport collectif », selon Yves Mathieu. Soit, comme cela se fait dans la ville canadienne de Calgary, en alimentant les tramways par éoliennes. Soit en « faisant en sorte que les autocars soient plus remplis ». C’est déjà le cas dans le pays roi de la voiture, les Etats-Unis. Qu’elle soit motivée par la hausse de l’énergie ou un nouveau comportement écologique, toujours est-il que la fréquentation du transport public urbain a grimpé, selon les villes, de 5 à 15 %. Parallèlement, constate Yves Mathieu, de nouvelles lignes routières interurbaines sont créées, avec des véhicules de haut niveau de qualité et des systèmes de tarifs inspirés de ceux des compagnies low cost.

Des verrous Croissance froide sautent Si le prix du carburant est un élément déclencheur pour une nouvelle mobilité, la prise de conscience environnementale joue aussi un rôle prépondérant. Plus personne ne peut ignorer les effets à venir du réchauffement climatique (inondations, désertification,…). D’ores et déjà, « on sait que nous ne pourrons pas échap-

Et en France ? Tous les opérateurs se disent prêts à répondre aux nouveaux besoins, en construisant des offres fondées sur trois socles : l’intermodalité, la simplicité, la quantité. Pour Francis Beaucire, le maillage des nouveaux territoires – caractérisés par l’étalement urbain et la création de nouveaux petits centres

urbains dans des zones rurales – impose « la mise en synergie » de tous les moyens. Si l’intermodalité n’est pas un concept nouveau, « il faut réfléchir à aller plus loin », a convenu Jean Ghedira, directeur du développement, de l’intermodalité et de l’innovation de SNCF Proximités. En la matière, l’opérateur ferroviaire semble prêt à faire sauter des verrous, pour que l’intermodalité prenne mieux en compte la pertinence de chaque mode et soit plus ouverte. A preuve, il « réfléchit à une substitution de la route au rail en Auvergne », qui « pourra être étendue ailleurs si c’est une réussite ». Il se dit également « prêt à étudier la question des liaisons par autocars sur autoroutes » et « à voir où cela peut être testé ». La fréquentation « en hausse » des lignes express routières régionales entre Nice, Aix et Marseille, assurées depuis 1996 par Jean-Philippe Peglion notamment, laisse augurer de l’utilité de telles liaisons autoroutières. Au-delà, a affirmé le PDG du groupe TRAM à Nice, il est clair que « seule la route peut desservir certains territoires ».

Des solutions, avec quel financement ? Autre certitude du représentant de la FNTV PACA : l’attractivité du transport collectif passe par « des tarifs clairs et une information sans faille ». C’est ce qui est fait dans les Alpes-Maritimes depuis le début 2008, avec un prix unique de 1 € pour les transports interurbains.


Conjuguée à un renforcement des dessertes, la mesure a déjà produit des effets, constate Jean-Philippe Peglion, puisque « la fréquentation a doublé » sur ses dessertes de moyenne montagne. Cet exemple illustre les convictions de Francis Grass, directeur général France Voyageurs du groupe Veolia. A savoir que « pour améliorer l’offre, il faut de la simplicité, de la lisibilité et de la quantité ». Si les professionnels « ont les solutions techniques » pour répondre à ces objectifs, leur mise en œuvre est liée à un préalable, a toutefois noté le représentant de l’UTP : leur financement. Et de remarquer qu’« une offre attractive, sur le plan tarifaire, ne facilite pas l’équilibre économique ». C’est une vraie question, selon Eric Ritter, juriste et consultant AFT-IFTIM Managers. En effet, si l’on évoque actuellement un versement transport pour le transport ferroviaire régional, « on ne parle jamais du financement du transport interurbain ». Pas plus, a-t-il ajouté, que l’on « ne voit les contrats laisser la porte ouverte à l’initiative des entreprises » et à leurs propositions.

Les Alpes-Maritimes en avant-garde « Nous sommes tellement encadrés, dans les appels d’offres, que nous ne pouvons pas faire n’importe quoi », a répondu Louis Nègre, sénateurmaire de Cagnes-sur-Mer et viceprésident du Conseil général des Alpes-Maritimes. Ce qui n’empêche pas, en amont, d’avoir « un maximum de contacts avec les entreprises pour faire remonter les réalités du terrain ». Au-delà, pour l’élu, « tout est d’abord un problème de volonté politique », qu’il s’agisse de politique tarifaire, de volume d’offre ou d’organisation. Sur ce dernier point, celui qui est également premier vice-président du GART a été clair : « il faut élaguer notre mille feuilles institutionnel » ! Rien ne l’interdit et notamment pas l’Union européenne, a souligné Thomas Avanzata, juriste consultant, qui laisse chaque Etat membre maître de l’organisation de ses transports. Ainsi, en Belgique, ce ne sont plus les villes mais les trois régions qui ont la responsabilité des transports interurbains et ur-

bains. Au Danemark, les structures ont également été simplifiées : les comtés ont été supprimés, le nombre de villes a été réduit de 300 à 100 et cinq régions ont été créées. En France, les réflexions sont en cours. Mais les Alpes-Maritimes sont à l’avant-garde, a expliqué en clôture du débat Christian Estrosi, député-maire de Nice et président du Conseil général. D’ici à cinq ans, en effet, il souhaite que le département ne compte plus qu’une seule autorité organisatrice. Une première étape d’unification est programmée le 1er janvier 2009, avec « la même billetterie et la même livrée » pour les autobus niçois et les autocars départementaux. Un exemple à suivre ? En tout cas, a conclu Michel Laramée, membre du Bureau de la FNTV et fil rouge des débats, pour répondre aux nouvelles attentes des clients, il sera impératif de « proposer une offre multimodale, développer des partenariats, faire évoluer les structures politiques pour apporter des réponses coordonnées ». Le programme est ambitieux mais le jeu en vaut la chandelle…

Dominique Bussereau :Place au pragmatisme « L’autocar n’est pas ringard, au contraire c’est un produit d’avenir qui va redevenir un atout maître des déplacements, au-delà du simple transport scolaire ». Un produit qui a « une place incontournable » dans l’intermodalité « que nous voulons promouvoir », a affirmé Dominique Bussereau dans son discours de clôture du congrès, avant d’aborder plusieurs dossiers professionnels. - Accessibilité : « Je suis partisan d’une approche pragmatique et progressive, tenant compte des contraintes des exploitants, mais en gardant néanmoins l’objectif de rendre, à terme, les réseaux accessibles à tous ». - Ceintures de sécurité : « C’est une contrainte mais aussi une attente forte des familles. On peut procéder à des ajustements dans le calendrier, tout en gardant en tête l’objectif fixé ». - Ethylotests : « Je sais que c’est coûteux. On va étudier ensemble les modalités pratiques et techniques » de mise en œuvre. - Liste des passagers : « On a besoin de progresser. Les organisateurs devront fournir une liste précise aux transporteurs. Quant au bracelet individuel pour les enfants, on expérimentera ». - Conduite à 18 ans : « Les ministres européens ne jugent pas opportun d’abaisser l’âge de la conduite des autocars. Ils sont plus ouverts, en revanche, sur le dossier des jours de repos ».


2ème AETA :

une révolution culturelle en marche ? Pour mieux vendre l’autocar, la profession doit faire sa révolution culturelle ! La synthèse est brutale mais c’est bien le message fort qui est ressorti des débats organisés dans le cadre des AETA. Explications.

« Commençons par balayer devant notre porte avant d’accuser les autres de ne pas bien vendre l’autocar ». Il a été

largement entendu par les professionnels. Il faut un « grand changement de mentalité », a d’emblée affirmé Luc Glorieux, secrétaire général de la Fédération belge des autocaristes et agents de voyages. Au lieu de se considérer comme des transporteurs, les autocaristes « doivent d’abord se définir comme des prestataires de tourisme ». Cette affirmation a ouvert

les vannes d’une véritable remise en cause du positionnement métier. Pour Jean-Claude Martin, président de la FNTV Alpes-Maritimes et « fil

rouge » des débats, « on doit presque oublier la notion de transport pour être pleinement dans la notion de service ».

Ce qu’a traduit un congressiste en définissant l’autocariste comme un

« producteur de voyages et pas seulement un transporteur ».

Rénover l’offre Le métier étant clairement défini, priorité doit être donnée à l’innovation. « Nous devons trouver des

idées nouvelles car, aujourd’hui, on fait du classique, nos circuits datent », a

constaté Joël Verdié, PDG de Verdié Voyages à Rodez et président de la FNTV Midi-Pyrénées. La situation est la même en Belgique, selon Luc Glorieux, avec des professionnels qui « conçoivent des circuits comme il

y a quarante ans, alors que la clientèle

a évolué ». Place donc, notamment,

à des circuits à thème modernisés et originaux qui auront le mérite de

« valoriser toute la plus value de l’autocar, c’est-à-dire le sightseeing, le temps de voir ».

Michel Salaün l’a confirmé : c’est par « une offre intéressante » - qui ne doit « pas exclure des produits haut de gamme », selon Joël Verdié - que les autocaristes pourront mieux vendre l’autocar auprès des agences de voyages. Mais le PDG de Salaün Holidays, à Pont de Buis, y ajoute deux conditions : proposer aux agences un taux de rémunération « attractif » et « pousser le produit » grâce à une politique commerciale. Il est vrai qu’ils « ne vendent pas à fond leurs produits ni les avantages de l’autocar, comme par exemple la sécurité qu’il donne aux clients, totalement pris en charge », a confirmé Assiya Benhou, conseiller voyages dans une agence Thomas Cook de Lyon. Pour Thierry Schidler, président du SNET, il est impératif que les professionnels « développent le marketing, en le calquant sur celui des tour-opérateurs ». Soit en organisant des chal-

lenges pour les vendeurs en agences, comme le fait Michel Salaün, soit en

leur proposant des voyages d’études ou des workshops, comme l’a suggéré un congressiste.

L’avenir est partenariat

au

Mais l’incitation à l’autocar peut également se faire dès l’amont, selon Thierry Schidler, en demandant aux TO, aux croisiéristes d’intégrer l’autocar dans leurs brochures. Pas de problème, a répondu en substance Philippe Rossi, directeur régional PACA-Corse du Sud de Costa Croisières. Parce que « le produit croisière

est en symbiose avec le produit autocar. La première impression du client sur le voyage en croisière, c’est l’autocar ».

Même réaction d’Alberto Cossa, assistant manager continental transport de Globus Cosmos à Lugano, pour qui l’autocar permet de « voir beau-

coup de choses, ce qui plaît aux touristes américains et australiens ». « La vraie piste à suivre, a appuyé Pierre Zanon, directeur de l’office de tourisme et des congrès de Nice, c’est la combinaison entre acteurs : travailler ensemble pour trouver de nouveaux produits et mieux les présenter ».

Il n’y a plus qu’à…

Nouvelle orientation pour les AETA « Le car ne fait pas rêver, il a une image vieillotte, on y est serré »… On peut s’interroger sur l’avenir de l’autocar quand on sait que ces commentaires émanent d’étudiants en BTS Tourisme. Autant dire ceux qui, demain, seront des prescripteurs de voyages. Face à ce constat, la FNTV a décidé de donner une nouvelle orientation aux AETA, pour en faire le plateau d’échanges annuels entre la profession et ses futurs interlocuteurs. Porte ouverte, donc, l’an prochain aux jeunes pour qu’ils deviennent, on l’espère, des promoteurs du tourisme en autocar.

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Michel Seyt, président de la Commission Tourisme de la FNTV, l’avait dit en ouverture des débats :


Congrès de la FNTV