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24 très délicat : un petit format (11 x 17 cm) orienté à l’italienne, faisant apparaître trois « nouvelles » par page. La préface se différencie par un papier de couleur grise, le tout renfermé dans une épaisse couverture cartonnée, doublée d’une jacquette. Celle-ci se déplie en un poster grand format qui s’avère être un index très détaillé de l’intérieur du livre. Sont compris aussi deux documents annexes glissés dans l’ouvrage. D’autres ouvrages uniques sont le fruit d’une collaboration active entre l’auteur et le graphiste. Ce travail de mise en livre traduit un souci de créer des liens sensibles avec le texte. Récemment, c’est la collaboration entre la graphiste Fanette Mellier et l’écrivain Eric Chevillard, dans le cadre d’une résidence à Chaumont, qui a donné lieu à un ouvrage assez singulier. Le livre, intitulé Dans la zone d’activité 11, recueille une trentaine de textes courts décrivant l’activité de plusieurs métiers et professions. Ce sont tour-à-tour le boucher, le libraire, le notaire, le grutier, le rédacteur funéraire qui sont dépeints. Leur condition, leurs loisirs, leur perception sur leur propre profession, ainsi que la nôtre sont subtilement décrits.

\\\ Les formes brèves chez certains designers La forme brève, même si elle n’est pas un sujet privilégié des designers graphiques, pose cependant question. Celle-ci est notamment au coeur d’un projet nommé « Formules graphiques », initié par Fabrice Sabatier (de l’atelier .CORP) et présenté lors de la Biennale Internationale de Design à Saint-Etienne. Le projet se présente en deux parties distinctes. La première consiste en une cartographie très précise du genre littéraire. Toutes les formes sont répertoriées, classifiées, reliées — ou non — entre elles et sont ponctuées de petites précisions, d’exemples et de noms d’auteurs. Cette carte fait apparaître un genre littéraire beaucoup plus large que l’on pourrait l’imaginer, composé de sous-catégories à première vue très éloignées. Une fois fait l’état des lieux des formes brèves dans la littérature, Fabrice Sabatier propose ses propres récits brefs, au ton humoristique et cruel. Ceux-ci sont imprimés sur une série de cartes de couleurs vives (à ce jour plus de 150 différentes), et sont chacun associés à un prénom. Les récits, déjà assez incisifs en soi, sont renforcés par les couleurs criardes des cartes, les polices de caractère tapageuses et l’utilisation de capitales. Ce travail a été diffusé de plusieurs façons : 11 Chevillard éric, Dans la zone d’activité. Dissonances, 2007.

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Document écrit de DNAP Design Graphique et Multimédia

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