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/// À l'heure des nouveaux médias Il semble exister depuis très récemment un phénomène de réactivation des fictions courtes, lié à l’essor des nouveaux médias. Est-ce la multiplication récente de ces formes qui les a naturellement dirigées vers Internet et ses outils ? Ou bien l’inverse : Internet a-t-il offert à ces récits un nouveau terrain, de nouvelles possibilités pour s’exprimer, et de fait, est le déclencheur de cette multiplication des microfictions ? Les microrécits débarquent en masse sur les réseaux sociaux et la « blogosphère ». Les caractéristiques des microfictions en font un genre très facilement adaptable à ces nouveaux médias, qui favorisent les textes courts et concis. Les possibilités de diffusion qu’offrent ces espaces en séduisent plus d’un. Et pour cause : la mise en ligne est aisée, rapide, à la portée de tout le monde. Ce mode de transmission permet aussi de toucher un grand nombre de lecteurs en très peu de temps. De plus, la relation et le dialogue auteur / lecteur sont facilités, quasi-instantanés. //// Le phénomène de la « Twittérature » À première vue, il semblait peu probable que la littérature s’immisce au sein des réseaux sociaux. Et pourtant, la twittérature en est un parfait exemple. Néologisme et genre très récent, il évoque l’ensemble des textes à caractère littéraire publiés sur le réseau social Twitter, actif depuis 2006. Empruntant sa contrainte formelle, les textes ne dépassent donc pas 140 caractères. Il n’est alors plus question ici d’un réseau social à proprement parler, mais bel et bien d’un outil de diffusion de littérature brève. La contrainte imposée donne lieu à des expérimentations littéraires formelles et stylistiques, à des jeux de mots, essais poétiques, à l’emploi de métaphores... Plusieurs critiques se montrent dubitatif quant à l’avenir de ce mouvement en tant que courant littéraire. Ils dénoncent entre autres le côté accéléré de l’écriture que procure ce « gadget numérique ». Les « twittérateurs », comme se nomment les utilisateurs, revendiquent au contraire l’usage alternatif et créatif d’un mouvement qui a sa place dans l’histoire littéraire. En 2010, le québécois Jean-Yves Fréchette et le bordelais Jean-Michel Le Blanc ont fondé l’Institut de Twittérature Comparée (ITC), qui a contribué à promouvoir le mouvement et à lui donner du crédit. L’ITC a notamment créé un manifeste de la twittérature et un festival international la célébrant.

Lire les formes brèves  
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Document écrit de DNAP Design Graphique et Multimédia

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