Page 1

Dans le cadre de l’enseignement d’explora on « li érature et société », les élèves de seconde, ont travaillé sur l’émigra on. A par r de l’étude de la Bande dessinée .

Ils ont tenté de recons tuer des parcours de migrants, dans leur famille ou dans leur entourage. Ils ont également ques onné, un responsable d’une associa on de solidarité ac ve avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile « La Cimade ». Vous trouverez ici quelques parcours de migrants...


Enfance au Maroc Saïd est né aux alentours du 9 juin 197X. Sa date précise de naissance est inconnue car ils n’avaient pas l’habitude de fêter les anniversaires et surtout car il n’était pas obligatoire de déclarer le jour précis des naissances. Cependant, quelques années plus tard, à la naissance de sa petite sœur, il est devenu obligatoire de donner une date. Ses parents ont donc déclaré pour tous leurs enfants la date de naissance de leur dernière fille : le premier décembre et ils ont compté deux ans d’intervalles entre chaque enfant pour les années. Sur ses papiers français, il est donc indiqué qu’il est né le 1 décembre 197X. Il est né à Beni Mellal, précisément à Tagzirt, au Maroc. Cette ville est située dans le Moyen Atlas et les conditions de vie y sont bien différentes des nôtres : pas de chauffage, de l’eau courante seulement deux heures par jour. Saïd a passé toute son enfance et son adolescence au Maroc avec sa famille : ses parents, 1 demi-frère et 4 sœurs. Les liens avec les familles et les voisins sont bien plus forts qu’en France : ils étaient donc très proches de leur entourage. Toute sa scolarité du premier degré a été faite au Maroc. Cependant, lorsqu’il a fallu choisir une voie pour ses études, il s’est tourné vers la France. En effet, il voulait faire des études de Chimie et les études au Maroc sont des études en majeure partie théoriques, notamment dans le domaine scientifique. De nombreux articles dénoncent d’ailleurs le manque de recherche et de réflexion, ce qui fait souvent défaut lorsque l’on débute dans une profession. Pour être mieux préparé au monde du travail, il a donc décidé, en 200X de venir faire ses études en France. Papiers requis pour le départ La somme de papiers nécessaires pour un départ de ce type est astronomique. Il faut constituer un dossier très important. Premièrement, il faut la carte d’identité nationale.

carte d'identité nationale marocaine de M. Saïd


Le second document est l'extrait d'acte de naissance .

Les deux documents à suivre sont réservés aux étudiants, ce qui est ici le cas. Il s'agit de l'attestation de prise en charge de l'étudiant par un membre de la famille. Ce dernier lui versera une certaine somme d'argent tous les mois. Il est également nécessaire de prouver l'appartenance à la même famille, notamment ici car Saïd a été pris en charge par son demi frère : M. Mohammed Bahim.

Attestation de prise en charge par le demi frère : M.

Attestation administrative prouvant le lien de parenté entre M. Saïd et M. Mohammed


Il est également obligatoire de présenter un visa.

Visa de M. Saïd

Un autre document important est l'attestation de scolarité. Il sert à prouver que l'étudiant est bien inscrit à l'université.

Il y a bien évidemment de nombreux autres documents à fournir mais la liste est trop longue pour tous les mettre ici. Les documents ci joint étant les principaux.


Parcours en France

Saïd est donc arrivé à Brest où il a étudié la chimie analytique à l'université de Bretagne pendant 1 an. A la fin de ses études, il a ensuite rejoint Nantes pour finalement arriver à La Roche sur Yon en 200X. D'après ses paroles, l'intégration en France s'est très bien passée pour lui. Le français étant la deuxième langue au Maroc, il a été d'autant plus facile pour lui de s'habituer à son nouveau pays. Il a souligné qu'il n'avait pas eu à souffrir de quelque racisme que ce soit et n'a pas eu non plus de problèmes financiers. Bien sur, il y a un certain mal du pays même si l'on se sent bien intégré. Il y a donc chez lui de nombreuses photos de sa famille, restée au Maroc ainsi que de nombreux souvenirs ramenés de son pays : babouches, djellabas, plats à tajine, plats à couscous, théière, objets de décoration, écharpes,...

Aujourd'hui, Saïd est tout à fait installé en France. En effet, il y a obtenu son master deux en chimie et est actuellement professeur du second degré en mathématiques et physique chimie, bien que sa situation professionnelle soit un peu instable. Il a également toute une vie de famille ici puisqu'il s'y est marié en 200X, avec ma demi sœur, Gwendoline . Tous deux ont eu, en 201X, deux petites filles. Sa demande de nationalité française est en cours de traitement. Son histoire témoigne de l'envie pour de nombreux migrants de venir en France pour leur études. Puis, par la suite, de s'y installer pour les possibilités professionnelles et familiales qui s'offrent à eux.


Yanick est née en 195X à Port au Prince la capitale d’Haï .

Haï se situe dans la mer Rico. Le pays se trouve sur tager entre République Dominicaine et République d’Haï

des Caraïbes entre Cuba et Puerto l’ile d’Hispaniola, ce e île est par-

Contexte historique : Au XXème siècle La République d’Haï est en état d’insurrec on quasi-permanente. Cet état de fait favorise l’invasion de l’île par les troupes du président des Etat Unis pour contrer l’influence de l’Empire Alllemand. Les États-Unis occupent l’île de 1915 à 1934, assainissent les finances publiques, créent une armée enfin digne de ce nom, construisent des écoles, des routes. Après le départ des Américains, l’instabilité poli que reprend, et ne s’achève qu’à par r de 1957 avec l'élec on de Duvalier, dont le régime basé sur le principe du pouvoir au plus grand nombre durera jusqu’en 1986. Par san de la lu e contre les mulâtres qui contrôlent l'armée et qui ont précédemment renversé le noiriste Dumarsais. François Duvalier le père, assied son pouvoir personnel sur la déla on et alimente la terreur à l’aide de ses par sans surnommés tontons macoutes . La dictature des Duvalier est responsable de nombreuses tueries, de massacres d’opposants et de civils, . De nombreux Haï ens s'exilent, notamment aux États-Unis, ou certains, par sans du pouvoir aux plus capables et qui avaient jusquelà monopolisé le pouvoir poli que et militaire se posent en vic mes du régime Duvalier. En 1986, son fils Jean-Claude doit qui er le pays, qui connaît alors une véritable descente aux enfers alors que la démocra e espérée par tous ne se concré se pas.


Famille de Yanick : Yanick est une descendante de résistants à l’esclavage. Sa grand-mère maternelle était, selon elle, une féministe avant l’heure, elle considérait qu’une femme avait les moyens de se passer d’un homme. Les parents de Yanick étaient tous les deux comptables. Le père de Yanick était un opposant enragé à la dictature de Duvalier. Elle a un oncle militaire qui était contre la Milice, les tontons Macoutes, créée par Duvalier. Un jour dans les années 70, le père de Yanick est arrêté par les tontons Macoutes. Il sera libéré un peu plus tard, mais il restera surveillé par le gouvernement. La famille décide alors de fuir Haï , il fallut faire jouer des rela ons pour perme re au père de Yanick de qui er Haï . La famille déménagea alors à New York et réussit à s'adapter à la vie dans un pays si différent en appliquant une sorte de philosophie : ''Ma vie est là où je la vis, et mon pays est mon pays d'accueil''.

Elle dit que lorsqu’elle arriva a New York, elle bénéficia des droits civiques de 1968. Quelques années après elle arriva en France pour poursuivre des études de médecine . Elle retourna une fois à New York et elle reçut des nouvelles de Haï . Aujourd'hui elle est mariée et vit en France, dans le Nord. Sa vie mouvementée et riche en rencontres et en émo ons lui ont permis de se forger une conscience poli que et de se présenter à l’élec on municipale.


Le grand-père d'une amie est venu en France, à Paris pour y travailler. Il est né le 11 février 193X à Marrakech (Maroc). Puis, en 195X à 18 ans, il est parti de Tunis pour venir en France et aller travailler à Paris car il y avait besoin de main d'oeuvre. Il a travaillé chez Citroën, une entreprise automobile, en tant que soudeur. Il y est resté pendant au moins 3 ans. Après, il est parti travailler chez Renault, il était également soudeur et il y est resté 5 ans. Ensuite, il a choisi de faire un stage à l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) parce qu'il souhaitait devenir professeur de soudure. Il a débuté sa nouvelle carrière à Grenoble (au Sud-Est de la France) puis il a été muté à Alençon (au Nord-Ouest de la France) et après il s’est installé à Fontenay le Comte (à l'Ouest de la France) où il a fini sa carrière. Il s'est marié en 1960 à Paris, il a eu quatre enfants. A présent, il ne retourne en Tunisie que pour aller en vacances l'été. Il vit toujours à Fontenay le Comte. Il a donc vécu à Marrakech, Tunis, Paris, Grenoble, Alençon et Fontenay le Comte.


Antonio Fent (A.A.G.P),né en 1892 Rosalia Campeotto ( A.A.G.M),née en 1896 Luigi Fent (A.G.P),né en 1922 à Varmo (Udine) 1924 : Antonio seul avec contrat travail (condition immigration , contrôles réguliers) , Varmo (Udine) → région Strasbourg ,déchargement wagons charbon puis, 1 mois après , Est France → région parisienne, Villemomble → travail entreprise de travaux publics (restera toute sa vie) → trouve logement (grâce à des italiens déjà installés) qq mois + tard → arrivée femme et fils de 2 ans 1935:naturalisation française d' Antonio et Rosalia Enfants → attendre majorité Luigi doit choisir si italien ou français Si hésitation : → droit rester 1 mois max. en Italie ,sinon arrêté → armée italienne → nationalité française → service militaire en France 1938 : Antonio et Rosalia retournés 1ère fois en Italie pour voir parents

En 1924, mon père, Antonio Fent, quitta Varmo près d’Udine en Italie dans la province du Frioul où il avait grandi depuis sa naissance en 1892. A cause du manque de nourriture et de travail, il partit seul en France à pied, muni d’un contrat de travail, nous laissant, ma mère Rosalia Campoetto et moi-même alors âgé de deux ans, en Italie. Il rejoignit la région de Strasbourg pour décharger des wagons de charbon. L’immigration était possible, seulement si le migrant possédait un contrat de travail. Il était ensuite régulièrement contrôlé par la police. Si les migrants ne possédaient pas de contrat de travail, ils étaient alors expulsés. Mon père resta un mois dans l’est de la France avant de rejoindre la région parisienne. A Villemomble, avec l’aide d’Italiens déjà installés. Il fut embauché par une entreprise de travaux publics et trouva un logement. Quelques mois plus tard, ma mère et moi, nous le rejoignirent. Aujourd’hui, mon père travaille toujours dans cette entreprise .


Les papiers officiels accordant la na onalité française à mes parents

Parcours d'émigrés  

Dans le cadre de l'enseignement d'exploration en seconde, littérature et société, les élèves relatent des parcours d'émigrés qui leurs sont...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you