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ÉDITION SPÉCIALE - 1ère ANNÉE - No ZÉRO - ÉTÉ 2012 - 48 PAGES

UNE PRODUCTION DE UFFAA

HOR SS ÉR I E

LANGUE FRANÇAISE... SON AVENIR DANS LE MONDE

FORUM MONDIAL

ALLIANCE FRANÇAISE

ALLIANCE FRANCOPHONE

DESTIN CROISÉ DE 10 FRANCOPHONES PUISSANTS ET INFLUENTS

SENTINELLE DE LA LANGUE FRANÇAISE DEPUIS 1883

POURQUOI UNE AUTRE ALLIANCE À L’INSTAR DE LA FRANCOPHONIE ?

ADIFLOR

UFFAA

UNE MULTIPLICATION DES FRANCOPHONES ET FRANCOPHILES DE DEMAIN À TRAVERS LA LECTURE

ENFIN! NAISSANCE AU QUÉBEC D'UN PUISSANT F Magazine • mai / juin 2012 1 VEILLEUR DE LA LANGUE FRANÇAISE


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Forum Mondial de la Langue Française Destin croisé à Québec de dix Francophones puissants et influents - Abdou Diouf - Jean Charest - Jean-Claude Jacq - Jean R. Guion - Régis Labeaume - Pierre Michel Bouchard - Michel Audet - Daniel Gélinas - Michaelle Jean - Monique Gagnon-Tremblay

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DOssIeR canada / États-Unis d’Amérique Ces huit maladies qui entrainent un décès prématuré

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Alliance Française Sentinelle de la langue française depuis 1883

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Alliance Francophone Pourquoi une autre alliance à l'instar de la Francophonie ?

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cordon Bleu International Cette prestigieuse école de gastronomie française ne forme pas que des Chefs

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UFFAA Enfin ! Naissance au Québec d'un puissant veilleur de la langue française

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sÉnÉGAL Cet État francophone de l'Afrique occidentale ne finit pas de donner leçons de démocratie à ses pairs et au reste du monde

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ADIFLOR Une multiplication des francophones et francophiles de demain à travers la lecture

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concours et prix Quelle est la ville considérée comme le berceau de la francophonie dans les Amériques ? 1er prix : Toyota Yaris 2012 (Valeur 20 000 $) 2e prix : Voyages 10 jours / 2 personnes + 3 nuitées gratuites à une destination au choix (Valeur 7 000 $) 3e prix : Portable Apple 2012 (Valeur 1 500 $) Téléphone Intelligent (Valeur 800 $) 4e prix : IPad Apple 2012 (Valeur 1000$) 5e prix : Chèque certifié de Western-Union (Valeur 500 $)

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ne s’appelle pas DIOUF qui veut ...

FORUM MOnDIAL

DOssIeR Langue Française... son avenir dans le monde Recueil des réactions des journalistes à travers le monde de 1999 à 2012

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Éditorial

ADIFLOR

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UFFAA

SoMMAIRE


ÉDIToRIAL

Langue française... par : Brekwald A. de GOh, III ____________________________ Des fois, elle sonne romantique, mais elle peut aussi être furieuse. C'est une langue pour toutes les émotions. Car, c'est la langue que parle le coeur. Elle est une langue très importante en Europe. Elle demeure une langue pleine de surprises. on ne sait jamais comment on doit l'écrire. C'est ce qui fait sa force. Elle est reconnue comme l'une des plus belles langues du monde pour ne pas dire la plus belle et vaste. Elle regorge de pleines de richesses à l'écrit comme à l'oral. C'est surtout grâce à sa prononciation, ses sonorités qu'elle est plus douce. Elle est très musicale et berce. C'est la langue des plus grands écrivains de la planète. Même les trois mousquetaires parlaient cette langue. Ses mots sont parfois longs, mais ils sont toujours dynamiques. C'est une langue très belle à l'ouïe. Elle fait partie des plus belles langues dérivées du latin. Quand on la parle, le soleil brille et resplendit. Elle est très chaleureuse et calme. Elle colore les plus beaux poèmes du monde. C'est la langue de la liberté. Elle est ouverte à tout le monde et demeure universelle. Langue de salon, langue de prestige, langue de justice, langue de philosophie, langue d'histoire et d'amour. Comment ne pas succomber à la tentation de bien faire son éloge. Quoi de plus beau que cette consonance latine moderne ! Quoi de plus riche que ce patrimoine linguistique qui évolue depuis des siècles et des siècles ! Exprimer ses sensations en français relève de la perfection. Les termes sont justes et précis, mais en même temps si nuancés par leur beauté intrinsèque. D'ailleurs, l'admiration démesurée de la langue française ne peut se traduire qu'en français … bien évidemment ! C'est une langue mélodieuse et harmonieuse. Elle a beaucoup voyagé en transcendant les frontières existantes que inexistantes. Elle tient ses racines de la Grèce ainsi que sa mythologie, son histoire sans toutes fois oublier ses légendes et ses mystères de ce même pays riche en histoire. Elle a voyagé dans tous les continents et y a laissé une trace indélébile. Elle vit à travers ceux qui la parlent... Enfin, Grâce à son vocabulaire et sa complexité elle dégage une notoriété mais aussi une richesse inégalée et inégalable. Chacun de ses mots porte une histoire cachée en lui ce qui la rend plus complexe mais fièrement riche. Comme le mot «vilain» qui veut dire «paysan» jadis, et maintenant il signifie «méchant». Elle permet d'exprimer une multitude de nuances et pour toute la culture dont elle est l'héritage. Le français ne fut jamais isolé: il reçoit et emprunte, il donne et lègue; il s'affirme et se développe à l'abri du latin et contre lui malheureusement. Il absorbe le norrois des 5

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Vikings danois pour en faire les Normands, après avoir avalé la langue des rois francs. Il se nourrit de l'occitan qu'il réduit hélas; il ignore le breton avant de le mettre à mal, mais le basque lui résiste gaillardement et il doit finalement composer avec l'alsacien venu des Alamans, tout comme les dialectes germaniques de Suisse. À la fin du XVIIIe siècle, la langue se replie graduellement dans le nord de l'Italie, mais s'étend avec rigueur vers la Corse et s'impose unilatéralement en Savoie. Dans l'ensemble, le français met bien à mal les langues et dialectes dans ce qu'on appellera plus tard l'«Hexagone». À partir du XVIe siècle, cette langue française s'était répandue hors d'Europe. Elle reculera en Amérique du Nord, mais s'imposera dans les «îles» à côté d'une langue nouvelle, le créole, et résistera victorieusement au Québec et en Acadie. Au XIXe siècle, par des raisons en rien culturelles, la colonisation, d'abord monarchique, puis impériale, enfin républicaine, fait du français une réalité en toute impartialité mondiale que le XXe siècle, dans un conflit culturel, compromet. Francophones, Francophiles, permettez-moi de vous rappeler que : le chinois se dessine, l'hindou se chante, l'anglais se siffle, l'espagnol adoucit, l'italien séduit, le portugais caresse, l'arabe se crache, l'allemand s'aboie, le russe se mâche, le créole se danse mais, seul, le français se parle. Brekwald A. de GoH,III Fondateur de UFFAA Brekwald A. de GOh, III


Recueil des réactions des journalistes à travers le monde de 1999 à 2012

par : Daniel Bermond _______________________________ publié le 01/04/1999 (L'EXPRESS CULTURE) Le linguiste Claude Hagège dément les rumeurs les plus pessimistes: le français tient bien sa place dans le monde. Il suffit de se battre. on est sûr de ne perdre que les batailles qu'on n'engage pas. Pour le linguiste Claude Hagège, professeur au Collège de France, la cause du français dans un monde dominé par l'anglo-américain n'a rien de désespéré. Il n'est question chez les esprits chagrins et nostalgiques des XVIIIe et XIXe siècles que de déclin du français. Si déclin il y a, faut-il y voir une fatalité? Claude Hagège. Déclin, dites-vous. Mais de quel déclin parlez-vous? Si vous entendez par là l'état du français aujourd'hui dans le monde par comparaison avec les positions qu'il occupait dans le passé, j'emploierais plutôt le terme de décrue. Non pas tant d'ailleurs par rapport au XIXe siècle qui amorce déjà un retrait que par rapport à l'époque classique. En fait, deux époques figurent le destin universel du français: le XIIe-XIIIe siècle, grosso modo le règne de Louis IX ou, pour complaire aux usages imposés par l'Eglise, de Saint Louis, qui fut assurément une période de grande illustration de la langue française, tout au moins sous sa variante d'oc, la langue parlée dans les universités du midi du royaume fréquentées alors par des gens venus de partout, y compris du Levant. Puis vient à partir du XIVe siècle un déclin correspondant à l'ascension des bourgeoisies nationales avant que l'on en arrive à la seconde époque du grand lustre du français dont on peut dater la naissance du début du règne de Louis XIV en 1661 à la fin du Congrès de Vienne en 1815, qui redessine la carte de l'Europe après l'aventure ou l'épopée, selon l'appréciation que l'on en a, napoléonienne. C'est de cette longue période que se nourrissent précisément les nostalgies...

C.H. Il est vrai que le français n'a plus ce prestige que lui conférait autrefois la reconnaissance des élites européennes. Mais si l'on raisonne en chiffres, il est non moins vrai qu'il est beaucoup plus répandu qu'en ces temps de grand lustre. Et là, je ne vois pas que la notion de déclin s'impose. Au contraire. Si, en nombre de locuteurs, le français est devancé largement par l'anglais, bien sûr, mais aussi par le chinois, l'arabe, l'espagnol, l'hindi ou l'indonésien, en degré de diffusion dans le monde il vient en deuxième position, certes loin encore derrière l'anglais. L'autre raison qui m'amène à relativiser très fortement l'idée de déclin, c'est que le club de la francophonie - club, après tout, est un mot français depuis 1731, employons-le sans scrupule - ne cesse de s'agrandir et qu'avec près de cinquante pays membres maintenant il témoigne de la vitalité d'une langue dont on aurait tort d'annoncer l'irrémédiable régression. Ce n'est donc pas en soi que le français décline, il souffre surtout des progrès galopants de l'anglais. Quels sont les risques de la domination sans partage d'une langue, en l'occurrence de l'anglais? Que tout le monde finisse par penser comme tout le monde? C.H. Je ne crois absolument pas que l'apprentissage et la pratique d'une langue entraînent des schèmes de pensée particuliers. on peut constater simplement qu'il existe en France un certain nombre de professions portées par le dynamisme des pays anglo-saxons, où la terminologie technique a privilégié l'usage de l'anglais et exclu de fait le français. Par renoncement ou par paresse, par esprit de lucre ou par esprit expéditif, pour toute une série de raisons, toutes moins avouables les unes que les autres, notre langue a reculé. La domination d'un idiome a ceci de dangereux qu'il peut entraîner la marginalisation des autres. Du fait de sa position, l'anglais n'offre-t-il pas aussi, beaucoup mieux que ne le fait désormais le français, la clé d'une ouverture sur le monde? C.H. Si l'on prend le cas des pays du nord de l'Europe - Finlande, Suède, Norvège et Danemark -, on observe une très forte demande des intellectuels en faveur de l'anglais, qui peut aller concomitamment, comme en Finlande au moins, avec une attitude de rejet à l'égard du français. Pourquoi? Ces États auxquels j'ajouterai les Pays-Bas ont chacun une langue F MagazinePlus • été 2012

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Langue française ... Quel avenir pour le français ?

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son avenir

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Langue française...

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DoSSIER qui n'est parlée, sauf rarissimes exceptions, que par leurs nationaux et, dans ces conditions, l'anglais, bénéficiant à leurs yeux de son statut de langue de l'universel, leur apparaît comme un instrument de désenclavement. A rebours, ils ont tendance à prendre la revendication offensive du français comme une manoeuvre de diversion, comme une manière d'empêcher de tourner en rond ou plutôt d'angliciser ou d'américaniser en rond. Cette hostilité est très perceptible également dans la partie flamande de la Belgique, mais elle est là partie intégrante du conflit avec les Wallons francophones. Du temps de sa splendeur dans l'Europe des Lumières, le français n'encouraitil pas les mêmes reproches que l'on peut faire aujourd'hui à l'anglais et à son impérialisme culturel? C.H. Je serais tenté de répondre d'abord non, dans la mesure où le français était très recherché par tous les pays d'Europe, je veux dire par leurs élites aristocratiques et bourgeoises. Son caractère impérialiste ne me semble donc pas une donnée acquise pendant l'époque classique. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de réactions allergiques au français quand il a été imposé dans le sillage des conquêtes militaires de Louis XIV ou, plus tard, à la suite des annexions entreprises sous la Révolution et l'Empire, par exemple dans les Répu-bliques bataves.

L'impérium de l'anglais étant maintenant ce qu'il est, se battre pour le français ne fleure-t-il pas tout de même son combat d'arrière-garde?

Est-ce à dire que le combat pour le français passe par le combat pour l'Europe et que le culturel s'efface derrière le politique?

C.H. Ceux qui sourient peuvent être tenus pour des réalistes, c'est-à-dire pour des gens qui baissent les bras, considérant que la défense du français relève moins d'ailleurs d'un esprit d'arrière-garde que d'une pure utopie. Il est vrai aussi que se répandre dans des activités en faveur du français, c'est aller à contre-courant de cette impression générale que la diffusion planétaire de l'anglo-américain est inéluctable et qu'elle rend bien des services. Je me permets pourtant de dire qu'un combat volontariste ne peut être d'arrière-garde s'il n'est pas désespéré. La bataille est perdue si l'on tient la défaite pour certaine. Ce que je ne pense pas. Par ailleurs, il est clair que la domination de l'anglo-américain n'est pas liée à un phénomène proprement linguistique mais à quelque chose d'extérieur, autrement dit à la domination politique et économique des Etats-Unis, certes une démocratie amie mais une puissance face à laquelle l'Europe en train de se faire fonde sa légitimité et cherche la voie de son autonomie. Je ne sache pas que cette construction, telle qu'elle se dessine, apparaisse le moins du monde irréaliste.

C.H. Culturel et politique se confondent. La promotion d'une langue importante de l'Europe, le français en l'occurrence, signe à l'évidence un acte d'affirmation contre une certaine forme d'américanisation de notre vie culturelle et de notre vie politique.

Quel avenir pour le français?

Mais croyez-vous que la domination de l'anglo-américain gêne vraiment les Européens? C.H. D'aucuns vont même jusqu'à prétendre que les Européens pourraient se réapproprier l'anglo-américain pour en faire une langue européenne. Après tout, disent-ils, il s'agit à l'origine de l'idiome d'un des principaux membres des Quinze et il n'est en rien la propriété inaliénable des Etats-Unis. Je ne partage évidemment pas cette thèse que je tiens - et je renvoie cette politesse à leurs auteurs - pour utopique. L'avenir de l'Europe est au contraire au multilinguisme parce que telle est sa tradition, son histoire, et je ne vois pas en quoi une seule langue, quelle qu'elle soit, lui suffirait. C'est pourquoi je plaide dans le cadre européen pour une éducation scolaire qui intégrerait un enseignement bilingue dès le plus jeune âge.

par Daphnée Dion-Viens _________________________________ Le Soleil (Québec) Publié le 18 octobre 2008 En perte de vitesse dans les grandes organisations internationales, le français doit maintenant rivaliser avec de nouveaux joueurs sur l'échiquier linguistique mondial. La concurrence est féroce. Après l'anglais, voilà que le mandarin fait une percée. Jean-Louis Roy, ancien secrétaire général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, le reconnaît d'emblée : la langue de Molière a perdu du terrain sur la scène internationale. «Le français a régressé à l'Union européenne», dit-il. Aux Nations unies, le scénario était le même il y a quelques années. Depuis, une offensive menée par la Francophonie a permis de sauver les meubles. «Il y a une bataille considérable qui est conduite à ce niveau», dit-il en entrevue au Soleil.

res Confucius pour u mondial de cent ea rés un ce pla en La Chine met culture. sa langue et de sa la promotion de

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Cette bataille est d'ailleurs plus pertinente que jamais, dans un contexte de mondialisation et de nouvelle concurrence, explique Jean-Louis Roy dans son dernier essai Quel


centres confucius Mais ce n'est pas tout. Depuis 2004, la Chine met en place un réseau mondial de centres Confucius, «l'armature de la politique chinoise» pour la promotion de sa langue et de sa culture. Déjà, 145 centres existent dans une cinquantaine de pays. L'objectif est d'en créer 1000 d'ici 2020. «La mise en place du réseau des centres Confucius constitue une opération gigantesque. on l'a qualifiée d'équivalent linguistique de l'envoi d'un homme sur la Lune», écrit M. Roy. Comme le notait le plus récent Rapport sur la francophonie dans le monde, «il faut compter dans les années à

La langue française en danger ? par : Dimitri Boisdet __________________________________ 1/7e de citoyen du monde 12.09.10 La langue française est l'objet de débats récurrents sur sa santé et son avenir. D'un côté, le post colonialisme, la perte d'influence géopolitique de la France et la mondialisation sont quelques-unes des raisons ayant mis la diffusion et la pratique du français dans une situation nouvelle. L'arrivée d'Internet et la domination de l'anglais en son sein ont aiguisé davantage encore le constat. D'un autre côté, la langue telle qu'elle est aujourd'hui pratiquée par nos contemporains (politiques, journalistes, footballeurs, lycéens, internautes, etc.) soulève de nombreuses interrogations. Des voix s'élèvent ainsi régulièrement pour défendre notre langue — tant dans sa qualité propre que pour sa place dans le monde — et pour vouloir la sauver de dangers pourtant pas forcément bien identifiés. La tendance est généralement dans le « ce n’est pas nous, c'est la faute à ». Nous pouvons certes blâmer d'in-

La Russie rêve aussi de redonner à sa langue son lustre d'antan, en déclin après la chute de l'Union soviétique. Les autorités russes multiplient les initiatives en ce sens, notamment avec la création en 2003 du Conseil international des compatriotes de la Russie, qui vise notamment à soutenir l'enseignement de la langue russe aux quatre coins de la planète. Avec la montée de ces nouveaux joueurs, le français doit jouer du coude pour garder sa place. Ce qui rend la Francophonie plus pertinente que jamais, affirme M. Roy: «on se dit une chance qu'on l'a créée! Ce qu'on a fait depuis 20 ans est significatif, notamment avec la création de TV5. Mais quelle est la prochaine génération de projets culturels? Il y a une demande énorme pour la numérisation de produits culturels. Il ne faut pas man quer le bateau. on doit s'assurer que nous sommes dans les bons créneaux et que nous faisons la coopération du XXIe siècle. certains coupables et trouver des boucs-émissaires, mais comme pour tout problème, le chemin des recherches de solutions ainsi suivi n’est rarement très honnête ni convaincant. Il s'agit, en tant que francophones, de véritablement identifier les natures et origines des écueils, et de se pencher sur les éléments constitutifs de ceux-ci pour y remédier correctement chaque fois que nous pouvons nous-mêmes le faire.

L'anglais coupable de tous les maux ? Par réflexe primaire, reportant la cause de nos propres déboires sur d'autres, certains défenseurs du français ont un coupable tout désigné quant à sa perte de diffusion et d'influence : l'anglais. S'il est évident que l'anglais est aujourd'hui la langue internationale par excellence, c'est d'abord un paramètre à prendre en compte pour ce qu'il est, une variable parmi d'autres. Le français était roi dans les siècles précédents, ça n'est simplement plus le cas, point. Prétendre combattre l'anglais pour redonner sa place d'antan à notre langue est illusoire et prétentieux. occupons-nous de notre langue d'abord, sans non plus se comporter en vierges effarouchées face aux mots anglais colonisant notre quotidien (nous allons-y revenir) . Toutes les langues ont leurs problèmes, même l'anglais. F MagazinePlus • été 2012

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Le mandarin est déjà la première langue du monde, en raison du poids de la population chinoise. Son utilisation s'étend toutefois bien au-delà des frontières du pays. Elle est la première langue d'Asie, puisqu'elle est enseignée aux écoliers à Taiwan, à Singapour, en Malaisie, en Mongolie, en Thaïlande, en Corée du Sud...

Mais la Chine n'est pas le seul pays émergent à rêver d'expansion culturelle. L'Inde, dont la diaspora est répartie dans 136 pays, mise sur ce vaste réseau pour promouvoir sa langue et sa culture. Des institutions ont été créées pour soutenir la production culturelle indienne dans le monde et renforcer les liens avec la diaspora, sous l'autorité d'un ministère qui lui est entièrement consacré. La famille mondiale indienne compte aujourd'hui entre 25 et 30 millions de personnes, un chiffre qui doublera d'ici 2025.

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La montée en puissance de la Chine, comme économie émergente, ne surprend plus personne. or le pays d'Hu Jintao a aussi de grandes ambitions culturelles. «La Chine a une politique d'expansion culturelle à peu près équivalente à sa politique d'expansion économique, affirme M. Roy. Elle veut faire du mandarin l'autre lingua franca du XXIe siècle. La Chine investit énormément à ce niveau.»

venir avec la concurrence du chinois, en Amérique du Nord, la Chine développant une politique très offensive en faveur de sa langue, finançant entièrement les programmes (professeurs et matériel pédagogique) pour les établissements qui le souhaitent, comme en Amérique latine».

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avenir pour la langue française?, publié aux Éditions Hurtubise HMH. L'anglais règne toujours en roi et maître, mais d'autres joueurs émergent. La langue de Shakespeare n'est plus la seule rivale.

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DoSSIER Au Royaume-Uni et aux États-Unis existe une préoccupation grandissante quant à la place de l'anglais dans ces deux sociétés. En 1980, 23 millions d'Américains déclaraient parler une autre langue que l'anglais à la maison (espagnol, mandarin, etc.). En 2007, ce chiffre atteignait 55,4 millions, soit une augmentation de 140 % face à un accroissement simultané de la population de 34 %. Le Royaume-Uni découvre pour sa langue les limites de sa politique de tolérance envers les communautarismes. Les amoureux de la langue anglaise ont d'autre part un vrai ennemi, le globish : contraction de global et english, il désigne une version simplifiée de l'anglais n'utilisant que les mots et les expressions les plus courants de cette langue. Aux francophones de se préoccuper de telles dérives dans leur propre langue plutôt que de s'apitoyer sur la montée en puissance des langues de Shakespeare ou de Cervantes.

L'inefficacité politique Une maladie bien française est la création de commissions, d'observatoires, d'agences ou de Grenelles en tout genre. La langue n'y a pas échappé. En 1989, Michel Rocard, Premier Ministre, crée le « Conseil supérieur de la langue française ». En 1996, ce fut le tour de la « Commission générale de terminologie ». Placée elle aussi auprès du Premier Ministre, elle se définit comme « la clef de voûte du dispositif d'enrichissement de la langue française ». C'est elle qui promeut et approuve la féminisation de termes, elle qui valide et normalise les néologismes. Le français n'a pourtant pas attendu cette date, ni les politiciens, pour s'enrichir. Alors pourquoi ? Pour le défendre contre les « attaques » extérieures ? Celles de l'anglais, encore, alors que ses premières intrusions remontent à 1700 selon l'Académie Française et qu'aujourd'hui les emprunts à cette langue ne représentent jamais que 5 % de notre vocabulaire* ? L'exemple symbolique de l'obligation faite à l'administration — et de la recommandation faite à vous et moi — d'utiliser le terme « mél » (pour mail) est plutôt risible comme résultat si on veut parler d'enrichissement ! C'est encore plus navrant quand on observe les contradictions d'un ministère des Affaires Étrangères qui en parallèle réduit drastiquement le budget des Alliances Françaises et les subventions aux Lycées Français présents aux quatre coins du monde. Prétendre défen10

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dre et diffuser une langue et une culture tout en réduisant les moyens pour y arriver mériterait explication. D'autres — intellectuels, linguistes, écrivains — prônent une simplification du français. Communément considérée comme une des langues les plus difficiles au monde, simplifions là pour en rendre l'accès et l'apprentissage plus aisés, à commencer par l'orthographe. Le Conseil créé par Rocard relevait principalement de cette mission. Ce fut chose faite, en collaboration avec d'autres pays francophones, en 1990. Un rapport publié au Journal officiel énumérait des recommandations, mais pas des obligations. En comparaison, la réforme allemande de 1996 a-t-elle été rendue obligatoire en 2005 ? Dans les deux cas, cela n'a pourtant pas manqué de soulever de vives polémiques et de révéler des incohérences et des ambiguïtés nouvelles quand le but était justement de les éliminer.

Main de fer, gant de velours L'orthographe et la grammaire constituent les piliers d'une langue. S'y attaquer signifie prendre le risque de la faire vaciller. Aussi difficiles que soient l'orthographe et la grammaire françaises, laissons-les tranquilles et maintenons un cadre solide ; éliminons les quelques incongruités les plus flagrantes peut-être, mais gardons l'essentiel. Agissons plutôt quand il le faut, comme face à des évolutions grossières parmi lesquelles cette tendance nouvelle à ne plus accorder le verbe avec son sujet, pourtant b-a ba de la grammaire. Continuons aussi de nous offusquer devant le tragique spectacle offert par une trop grande majorité d'internautes : comment ne pas être effondré devant la syntaxe et l'orthographe terriblement malmenées dans nombre de commentaires à des articles du Monde ou de L'Équipe, ou dans des statuts postés sur Facebook ? De même, comment accepter que l'orthographe née de la limitation à 160 caractères des textos (ou des 140 sur Twitter) se retrouve dans une dissertation ou dans une lettre de motivation ? Le danger pour le français est d'abord là, en interne, pas en provenance de l'extérieur et d'autres langues. Arrêtons de crier au loup, surtout quand il est dans notre propre bergerie. Que les politiciens, les journalistes et les animateurs radio ou télé

commencent par faire un effort pour s'exprimer correctement. Que l'Éducation Nationale se penche donc sur ses méthodes d'enseignement et ses lacunes pour éviter que les nouvelles générations, et leurs idoles de la chanson ou du foot, ne massacrent cette langue dont la beauté est reconnue partout. Fixons des règles, un cadre — comme en tout domaine de la société —, mais laissons ensuite faire. Les apports nouveaux à notre langue ont de tout temps contribué à son dynamisme. Les langues parlées dans les anciennes colonies et ailleurs, les dialectes et autres patois, l'argot, les expressions sorties des banlieues, en sont les meilleurs exemples. Cela constitue une source considérable d'enrichissement pour le français. Pourquoi vouloir aujourd'hui y mettre un frein ? Il est de toute façon impossible et illusoire de prétendre à l'immobilisme d'une langue face aux mouvements continus de tout ce qui l'entoure. Accompagnons donc le mouvement pour lui éviter les dérives. Ce faisant, insistons également sur la nécessité de maitriser plusieurs langues ; beaucoup de critiques et de replis défensifs dérivent de la frustration de ne pouvoir s'exprimer que dans sa langue maternelle ! Préserver sa propre langue (et la ou les cultures qui lui sont associées) ne passe pas par vouloir en combattre d'autres, surtout quand la diffusion des langues est étroitement liée à des réalités démographiques et migratoires, ou technologiques comme avec Internet. Défendre sa propre langue passe par agir au cœur de celle-ci et lui permettre de vivre et évoluer librement dans un cadre clair, mais suffisamment large pour en assurer la vivacité et la pérennité. N’a-t-on jamais eu l'idée de vouloir préserver notre gastronomie, notre musique ou notre littérature d'évolutions internes ou d'influences étrangères ? Non. Il y en aura certes toujours pour regretter que le couscous soit le plat le plus consommé en France, devant la blanquette de veau, et d'autres pour vouloir prétentieusement et stupidement inscrire cette même blanquette ou le cassoulet au Patrimoine Mondial de l'Humanité. Mais nos grands chefs, écrivains ou artistes ne seraient rien s'ils devaient se limiter à faire un steak-frites, à écrire comme au XIXe ou à jouer du biniou...


par Daniel Turp _____________________________________ Professeur à la faculté de droit Université de Montréal, 1 juin 2010 Au Québec, la deuxième ville francophone du monde, Montréal, s’anglicise. La langue française pourrait prendre sa place parmi les langues du monde si des mesures audacieuses étaient adoptées. Je suis préoccupé par l'avenir de la langue française, mais aussi et surtout inquiet pour cet avenir. Je suis déçu par l'importance très relative que la Francophonie confère elle-même à la protection et à la promotion de la langue française et je crois qu'il y a urgence d'agir pour que la langue que 70 États et gouvernements disent avoir en partage ne soit pas marginalisée au sein de la communauté internationale. Ma préoccupation et mon inquiétude sont fondées sur des réalités et des faits qui annoncent un dangereux déclin de la langue française. Au Québec, la deuxième ville francophone du monde, Montréal, s'anglicise. Au Canada, le Commissaire des langues officielles a déclaré dans son dernier rapport que des fonctionnaires franco-

que les Canadiens continuent de résister à l'idée que les juges de la Cour suprême du Canada aient une connaissance du français. En France, j'ai récemment été accueilli à mon arrivée à l'aéroport Montpellier-Méditerranée par des affiches commerciales unilingues anglaises et ai vu un journal télévisé de France 24 «en anglais», sans pouvoir d'ailleurs avoir accès à TV5... et retrouver dans la grille horaire du journal Le Monde celle de TV5! Les droits linguistiques de certains francophones belges semblent en péril, et l'Association suisse des journalistes de langue française a plaidé, au début de la présente année, pour la présentation au Parlement de la Confédération helvétique d'un projet de loi concernant l'usage de la langue française. Sur le continent africain, le ministre de l'Éducation nationale du Rwanda a décrété la fin de l'enseignement du français au Rwanda pour 2011, alors qu'au Vietnam l'anglais est devenu la langue étrangère choisie par 85 % des lycéens du pays. J'ai constaté que la langue française n'avait pas droit de cité dans le nouvel aéroport de Barcelone, qui se trouve pourtant à une centaine de kilomètres de la frontière française, comme c'est le cas de la très grande majorité des aéroports, gares et ports du monde où les francophones sont orphelins de leur langue. Comme chercheur, j'ai constaté que le portail de l'Union européenne ne présente les nouveautés qu'en anglais, que le F MagazinePlus • été 2012

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Un geste d'éclat pour protéger le français

phones ont toujours de la difficulté à travailler dans leur langue et

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Avenir ... de la langue française -

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Jacques Nadeau - Le Devoir

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DoSSIER site de l'Union africaine (www.africaunion.org) nous accueille, sur sa page en français, par le slogan «Make Peace Happen 2010» et que le site de l'organisation des États américains, dont le français est une l'une des quatre langues officielles, ne réserve qu'une place infime à la langue qu'ont pourtant en partage deux de ses États membres, le Canada et Haïti, et que parlent des millions de francophiles répartis dans les Amériques.

prendre sa place Je pourrais multiplier les exemples qui tendent à démontrer que la langue française est en voie d'être oblitérée dans l'espace public international et que les États et gouvernements de la Francophonie eux-mêmes n'exercent pas la vigilance qui s'impose pour prévenir son effacement de l'espace public national. Sans souscrire à l'idée que l'avenir de la langue française est irrémédiablement compromis, je crois que celle-ci peut prendre sa place parmi les langues du monde si des mesures audacieuses sont adoptées. Les initiatives récentes de la Chine et de la Russie pour que leurs langues s'imposent comme langues internationales devraient être un réel incitatif pour que la Francophonie agisse avec célérité pour assurer la protection et la promotion de la langue française au sein de ses propres États et gouvernements de la Francophonie et qu'il s'agit d'une action qui devrait d'ailleurs précéder toute initiative visant à assurer la protection et la promotion de la diversité linguistique, et à promouvoir l'adoption par l'UNESCo

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d'une nouvelle convention analogue à celle relative à la diversité des expressions culturelles.

Test de volonté Un geste d'éclat doit être fait, un geste symboliquement fort et juridiquement contraignant en cette année du 40e anniversaire de la Francophonie: l'annonce de l'élaboration d'une Convention internationale sur la protection et la promotion de la langue. La Charte de la Francophonie, telle qu'elle a été adoptée lors de la Conférence ministérielle de la Francophonie du 23 novembre 2005, n'énumère même pas parmi ses objectifs la promotion et la protection de la langue française, et l'élaboration d'une telle convention lancerait un message clair à la communauté internationale sur la volonté des États et gouvernements de la Francophonie de passer à l'offensive. Une telle convention testerait la volonté réelle des membres de la Francophonie de s'engager dans un combat réel en faveur de la langue française. Cette convention devrait contenir des engagements à caractère national, inspirés par ceux contenus dans la Charte de la langue française adoptée du Québec et la loi Toubon en France, régissant le statut de la langue française et reconnaissant des droits linguistiques fondamentaux. Les États et gouvernements devraient également s'y engager à protéger et à promouvoir l'utilisation de la langue française comme langue de la législation et de la justice, de l'Administration, du travail, du commerce et des affaires et de l'enseignement.

S'agissant des engagements à caractère international, la future convention pourrait faire fond sur les énoncés relatifs à la langue française contenus dans le Cadre stratégique décennal de la Francophonie (2005-2014) et la Déclaration finale du Sommet de Québec (2008), mais également s'inspirer du contenu de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l'UNESCo. La création d'un Fonds international pour la protection et la promotion de la langue française pourrait être envisagée et l'on devrait également songer à la création d'une Conférence ministérielle permanente des ministres responsables de langue française (CoNFELF) pour assurer la mise en oeuvre et le suivi de la nouvelle convention. Pour rendre hommage aux pionniers de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori, Habib Bourguiba et Norodom Sihanouk ainsi qu'au Québécois Jean-Marc Léger, le secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf, doit prendre l'initiative et inviter ses États et gouvernements membres de la Francophonie à être audacieux en adoptant une Convention internationale sur la protection et la promotion de la langue française qui contribuera à assurer la pérennité et le rayonnement de la langue française comme la langue internationale. Extraits d'une communication prononcée lors des dixièmes Entretiens de la Francophonie le 27 mai 2010 à Lyon. La version intégrale peut être consultée à l'adresse www.danielturpqc.org.


Une langue reste "vivante", car elle évolue et se transforme face aux différentes situations de contacts (violentes ou pacifiques) qui lui sont imposées au cours des siècles. La naissance de la langue française en est un exemple; langue romane, elle a subi des transformations liées aux influences celte, romaine et germanique. À la chute de l’empire romain et suite à la présence germanique, le "français" a évolué du latin vers la langue "gallo-romane". À la fin du IXe siècle, de nouveaux termes politiques, technologiques et légaux ont été rajoutés à la langue "gallo-romane" pour se rapprocher de la structure et la forme de la langue française telle que nous la connaissons.

Selon l’organisation mondiale de la francophonie (oMF)1, nous estimons aujourd’hui à 220 millions le nombre de francophones dans le monde (environ 5% de la population mondiale). Ce chiffre devrait atteindre 700 millions en 2050. Le français fait partie des dix langues qui comptent plus de 100 millions de locuteurs. Les autres langues sont le mandarin, l’espagnol, l’anglais, l’hindi, l’arabe, le portugais, le russe et le bengali. De plus, le français est la seule langue (hormis l’anglais) utilisée sur tous les continents (France, Amérique du Nord [Québec], dans les caraïbes [Haïti et les Antilles françaises], au Moyen-orient, en Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne et dans une partie de l’Asie [Vietnam]. Elle reste par ailleurs une langue officielle dans les organisations internationales telles que l’oNU. En 2010, 66% des personnes apprenant le français ou en français viennent d’Afrique subsaharienne et du Moyen-orient. Alors pourquoi cette question sur l’avenir de la langue française.

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Le ceRcLe. Le développement d'une langue aujourd'hui est-il lié simplement au développement économique ? La France perd sur le terrain de l'export (3,37% de par de marché en 2010 contre 5,53% en 1995). cela risque-t-il d'affaiblir l'importance de la langue ? La culture a-t-elle son rôle à jouer ? La Francophonie a-t-elle encore sa place ?

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par Dieneba n'Diaye ________________________________ 24/02/2012

Les premières littératures françaises sont imprimées au XIIIe siècle et au XVIe siècle. La langue "françois" évolue et se diversifie pour devenir une langue de littérature et de science. Les premiers dictionnaires sont introduits. L’Académie française fondée en 1635 a permis de structurer la langue française qui évolua de surcroît pour s’émanciper au rang de langue internationale au XVIIIe siècle.

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La langue française : quel avenir ?

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DoSSIER L’Afrique porte l’avenir de la langue française si...

tion, d’ici à 2020, de mille Centres Confucius dans lesquels l’apprentissage du chinois sera à l’honneur. Plus d'une centaines de ces centres existent dans 50 pays pour l'instant.

par : Brekwald A. de GOh, III __________ 24-05-2012

L’objectif de la Chine est clairement affirmé par ses autorités: faire un jour du chinois la langue du monde, ni plus ni moins. Elle y met toute sa volonté politique qui est grande et des moyens humains et financiers considérables, y inclus en Afrique francophone où elle investit beaucoup dans tous les secteurs de l’économie, d'urbanisme sans oublier l’audiovisuel... en français. Il en va de même, à des degrés moindres, de la Russie et de l’Inde ainsi que de l’entreprenante hispanophonie.

Depuis quelque temps, les acteurs de la scène linguistico-politique s’intéressent à cette bataille des langues qui fait rage et qui pourrait bientôt conduire à la diminution sinon à la fin de la prédominance de l’anglais dans le monde, ce qui entraîne ipso facto un dangereux déclin de la langue française. Cependant, je constate que certains pays émergents prenant des forces économiques et politiques pour développer parallèlement des ambitions pour leur langue et leur culture entre autres la Chine et les pays hispanophones. Le mandarin est la langue parlée par le plus grand nombre de locuteurs dans le monde et elle est répandue dans toute l’Asie qui, vraisemblablement, domine économiquement la planète à ce siècle présent rendant son pays stratégiquement incontournable. La Chine s’est donnée une véritable et féroce politique linguistique extérieure, dont un puissant réseau d’enseignement à distance et une grande chaîne télévisuelle multilangues (CCTV )que l’on peut, en effet, capter dans sa version française un peu partout dans le monde. Mais le coeur de son offensive réside dans la créa-

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Quel avenir, par conséquent, pour la langue de Molière dans cet univers de concurrence sans merci ? Malgré, les efforts inlassables fournis par certaines institutions comme l’organisation Internationale de la Francophonie, l’Agence Universitaire de la Francophonie et TV5Monde pour assurer sa protection et sa promotion. Aussi, la contribution concrète des programmes éducatifs et de coopération multilatérale des Alliances françaises, des Centres culturels français et des lycées français présents partout dans le monde, le français perd ses plumes et se relègue au quatrième rang mondial loin derrière l'anglais qui fût jadis sa concurrente de taille avant et après les 2 guerres mondiales. Par conséquent, je pense très humblement que nous francophones et fran-

cophiles devons converger nos forces pour redynamiser les différentes missions de cette belle langue à travers les 5 continents. Dans l'hexagone, elle a une mission Politique, dans les Amériques , elle a une mission Culturelle, en Asie et en océanie elle a une mission Économique et enfin dans le vieux continent où se trouve son avenir elle a une mission d'anti illettrisme. Nous ne restons pas sans savoir que sur les 56 États partageant le français comme langue officielle ou co-officielle, plus de la moitié se trouve en Afrique. De ce fait, je peux me permettre de conclure que mathématiquement parlant, l'Afrique francophone de par sa population devrait garantir l'avenir du français si elle est bien accompagnée. Francophones, francophiles, le renforcement et la redynamisation des différentes missions de la langue française à travers les 5 continents ne doivent pas et ne peuvent pas nous laisser indifférents. Ils sont les vrais outils de lutte pour sa survivance, pérennité et son rayonnement dans le monde. Francophones, francophiles dignes de ce nom retroussons nos manches et rentrons en action... Il y a urgence d'agir.


- Le français est la langue étrangère la plus largement apprise après l’anglais et la neuvième langue la plus parlée dans le monde. - 200 millions de francophones sont répartis dans le monde, dont 72 millions de francophones partiels. - Avant l’Europe, c’est le continent africain qui affiche le nombre le plus important de francophones, avec un taux de près de 10 % par rapport à sa population globale. - En Afrique subsaharienne, les trois pays qui regroupent le plus grand nombre de francophones et francophones partiels additionnés sont : la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la République démocratique du Congo. - Dans les pays de l’océan Indien, si Madagascar comptabilise le plus grand nombre de francophones, c’est à Maurice que la langue française reste la plus présente du fait de sa proximité linguistique avec le créole. - En Afrique du Nord, si les francophones réels et partiels sont plus importants en nombre au Maroc, c’est la Tunisie qui passe au premier plan en pourcentage de sa population. - L’Algérie, non membre de l’organisation internationale de la Francophonie, comptabilise la seconde communauté francophone au monde, avec environ16 millions de locuteurs. - Au Moyen-orient, le Liban devance l’Égypte en nombre de francophones et en pourcentage de population francophone. Rappelons qu’il y a environ cinq cent mille francophones en Israël. - Dans l’Union européenne, le français est en deuxième position pour le nombre de locuteurs en langue maternelle, à égalité avec l’italien (16 %), derrière l’allemand (23,3 %) et devant l’anglais (15,9 %). Cependant, l’anglais arrive en première position pour le classement en langue étrangère (41 %) devant le français (19 %), l’allemand (10 %) et l’espagnol (7 %). - En Europe centrale et orientale, la Roumanie, puis la Pologne et la Moldavie sont les pays qui comportent le plus grand nombre de francophones et francophones partiels. - En Amérique du Nord, le Québec recense plus de 6,8 millions de francophones, soit 83,1 % de sa population, sur près de 9,2 millions pour l’ensemble du Canada où le nombre de locuteurs de français est en augmentation. Les États-Unis comptent plus de sept cent mille francophones.

- Le français fait partie des six langues officielles et de travail de l’oNU (avec l’anglais, le chinois, l’espagnol, le russe et l’arabe) et des deux langues de travail du Secrétariat général (avec l’anglais). - Le français fait également partie des langues officielles de l’Union africaine avec l’anglais, l’arabe, l’espagnol, le français, le kiswahili, le portugais et « toute autre langue africaine ». - Après l’anglais, qui représente 45 % des pages Internet, et l’allemand (7 %), le français est la troisième langue de la Toile avec 5 %, devant l’espagnol (4,5 %), tandis que 90 % des langues du monde ne sont pas présentes sur Internet. - 96 % de la population mondiale parle 4 % des langues existant dans le monde. Inversement, 96 % des langues du monde ne sont pratiquées que par 4 % de la population mondiale ! 90 % des langues du monde sont menacées de disparition au cours du XXIe siècle. - Soixante-huit États et gouvernements font partie de l’organisation internationale de la Francophonie (cinquante-cinq États et gouvernements membres et treize observateurs). - La population totale des soixante-huit pays de l’organisation internationale de la Francophonie s’établit à 803,44 millions, soit 12,6 % de la population mondiale. - L’État le plus peuplé de l’organisation internationale de la Francophonie est le Vietnam, avec 84 millions d’habitants avec seulement 0,2 % de sa population francophone), suivi de l’Égypte, avec 74 millions, et de la France, avec 62 millions. - Le français est langue officielle dans trente-deux États et gouvernements membres de l’organisation internationale de la Francophonie. - Sur les soixante-huit États et gouvernements de l’organisation internationale de la Francophonie, on trouve :

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- Le français est, avec l’anglais, l’une des deux seules langues parlées et apprises sur tous les continents.

- L’Asie, avec des chiffres très faibles, reste stable. Si l’anglais, par le biais notamment de l’Asean, continue sa pénétration dans la région, le français y demeure la langue de l’enseignement et de la transmission de savoirs dans des domaines très spécialisés comme la médecine.

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À l’occasion du Forum Mondial de la langue française, je vous présente la langue française en quelques chiffres :

francophones, due notamment aux difficultés récurrentes que rencontre Haïti.

A) vingt-quatre États européens, dix pays d’Afrique centrale, six d’Afrique de l’Est et de l’océan Indien, onze d’Afrique de l’ouest, cinq d’Afrique du Nord et du Moyen-orient, six États et gouvernements d’Amérique (dont le Québec et le Nouveau-Brunswick) et des Caraïbes, six d’Asie et du Pacifique ; B) quatorze États sont membres de l’Union européenne, trente pays sont membres de l’Union africaine, deux pays sont membres du G8, sept sont membres de la Ligue des États arabes.

- Dans les Caraïbes, on constate une baisse du nombre de F MagazinePlus • été 2012

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La langue de Molière en quelques chiffres par : Brekwald A. de GOh, III __________________________

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Forum Mondial de la langue française Destin croisé de dix francophones puissants et influents à Québec

par : Brekwald A. de GOh, III _________ Lors du XIIIe Sommet de la Francophonie, à Montreux en octobre 2010, les chefs d'État et de gouvernement ont adopté à l'unanimité que soit organisé un Forum mondial de la langue française. Cet événement sans précédent dans la Francophonie a été pensé et initié par le Secrétaire général de l'organisation Internationale de la Francophonie (oIF), S.E.M. Abdou Diouf, et se tiendra dans la ville de Québec, grâce à la politique extérieure plus que dynamique du premier ministre du Québec, M. Jean Charest . Un événement qui sera sûrement marqué dans les anales de l'histoire du Fait Français

dans les Amériques. Pour la toute première Édition, c'est avec une grande fierté et honneur que le peuple québécois uni veut écrire cette belle histoire dans les plus belles pages du Québec. Avec comme vocation de rassembler les forces vives de la société civile en vue de réfléchir sur l'avenir de la langue française, le forum rejoint une série de grands chantiers internationaux animés par des espaces linguistiques comme celui de l'hispanophonie ou de la lusophonie. L'événement sera aussi une occasion de fêter et de célébrer la langue

française puisque, pendant sa tenue, la ville de Québec s'animera aux couleurs du forum, conviant ainsi la population locale à la rencontre des participants venus d'Afrique, d'Asie, d'Europe, du Maghreb, de l'océan Indien et d'autres régions du monde. Le forum se tiendra du 2 au 6 juillet 2012 au Centre des congrès de Québec. Le Forum fera une très large place à la jeunesse ainsi qu’aux autres forces vives de la société civile, dans une ambiance résolument contemporaine avec une programmation riche, diversifiée, interactive et festive. Au total, plus de 100 activités seront présentées à Québec du 2 au 6 juillet prochain. C'est un événement unique qui marquera la francophonie en 2012 ! oui ! C'est là où le destin de dix francophones puissants et influents va définitivement se croiser pour garantir un résultat plus que satisfaisant , faisant de cet événement , un rassemblement historique international des acteurs de la langue de Molière positif rempli de succès indéniable bien inégalé!

[ Les photos se retrouvent en pages 18 et 19. ]

1. Abdou Diouf Secrétaire Général de l'organisation Internationale de la Francophonie Ancien Président de la République du Sénégal Ancien Premier Ministre du Sénégal 2. Jean Charest Premier Ministre du Québec Avocat & Chef du Parti Libéral du Québec Le premier Ministre du Québec Jean Charest et Abdou Diouf le Secrétaire Général de l'organisation Internationale de la Francophonie, lancent le Forum lors de la conférence de presse donnée au siège de l’oIF à Paris, le 5 octobre 2011.

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5. Régis Labeaume Maire de Québec, Maire bâtisseur 6. Michel Audet Représentant de Québec auprès de l'UNESCo Premier Commissaire du Premier Forum Mondial de la Langue Française Économiste et Homme Politique Québécois Ancien Ministre du Développement Économique et Régional puis des Finances 7. Glenn o’Farrell Président Directeur Général TFo 8. Michaelle Jean Co-fondatrice de la Fondation Michaelle Jean Chancelière de l'Université d'ottawa Représentante Spéciale de l'UNESCo pour Haïti Ex-Gouverneure du Canada Michel Audet, Commissaire Général du Forum répond aux journalistes lors de la conférence de presse donnée au siège de l’oIF à Paris, le 5 octobre 2011.

3. Gérard Le Chêne Président Directeur Général Les Vues d’Afrique

9. Suzanne Gouin Présidente Directrice Générale TV5 Canada 10. Monique Gagnon-Tremblay Ministre des Relations Internationales Ministre Responsable de la Francophonie Ministre de l'Estrie

4. Louise Marchand Présidente Directrice Générale de l’office Québecois de la langue française

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Destin croisé à Québec de dix francophones puissants et influents CE QU’ILS PENSENT DE LA LANGUE FRANÇAISE... ET SON AVENIR DANS LE MONDE

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Ces huit maladies qui entrainent un décès prématuré

L'organisation mondiale de la santé estime qu'en plus de tuer déjà plus de 24 millions de personnes par année, le cancer, les maladies cardiaques et autres maladies chroniques alourdiront le fardeau de souffrances et de handicaps de centaines de millions d'autres.

au-delà de leur délimitation normale, peuvent envahir des parties du corps adjacentes et essaimer dans d'autres organes - formant ce qu'on appelle des métastases. Elles sont la principale cause de décès par cancer. L'ennemi n°3 de la santé :l'attaque célébrale 5,5millions de personnes meurent chaque année d'un accident cérébro-vasculaire.

L'ennemi N°1 de la santé : les maladies cardiaques Le coeur est le moteur du système cardiovasculaire.

Accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d'origine vasculaire.

Il assure la circulation du sang dans tout l'organisme, permettant aux cellules de recevoir oxygène et nutriments. Dans le même temps, le dioxyde de carbone et les autres déchets du métabolisme doivent être collectés et éliminés. L'ensemble de ce système peut être défaillant entraînant différentes pathologies Les maladies coronariennes sont aujourd'hui la cause première de mortalité dans les pays industrialisés provoquant plus de 7,2 millions de décès par ans.

L'effet visible de l'AVC : perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient.

L'ennemi n°2 de la santé : le cancer

La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire.

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L'ennemi n°4 de la santé: la maladie d'Alzheimer

Principale cause de démence chez les personnes âgées, elle touche environ 26 millions de personnes dans le monde et vraisemblablement quatre fois plus d'ici 2050 Généralement diagnostiquée à partir de l'âge de 65 ans. ... SUITE DES HUIT MALADIES DANS NOTRE PROCHAIN HORS SÉRIE

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Cancer" est un terme général appliqué à un grand groupe de maladies qui peuvent toucher n'importe quelle partie de l'organisme. on parle aussi de tumeurs malignes ou de néoplasmes malins. L'un des traits caractéristiques du cancer est la prolifération rapide de cellules anormales qui,

L'hypertension artérielle est la principale cause d'attaque vasculaire cérébrale.

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par : Brekwald A. de GOh, III _________________________

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CANADA / ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE:

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Web : www.usa.com

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Histoire de l’Alliance Française Avec plus d’un siècle d’existence et un réseau développé dans le monde entier, l’Alliance Française est devenue une véritable institution en France. Au cours des vicissitudes de l’histoire, l’Alliance Française a-t-elle su garder son esprit d’origine? 1.1. L’origine parisienne[1]: Tout a commencé le samedi 21 juillet 1883. Un certain nombre de personnes dont MM. Paul Bert, Pierre Foncin et Louis Liard se réunissent au Cercle Saint-Simon, sous la présidence de l’Ambassadeur Paul Cambon, pour jeter les bases d’une association qui aurait pour but de « maintenir et étendre l’influence de la France par la propagation de sa langue dans les colonies et à l’étranger ». on compte bientôt parmi les membres du Conseil d’Administration des personnalités venues des horizons les plus divers : hommes politiques, diplomates, écrivains, archéologues, savants, ingénieurs, historiens, magistrats, éditeurs, gens d’églises. Ferdinand de Lesseps, Louis Pasteur, Ernest Renan, Hippolyte Taine, Jules Verne, Armand Colin sont quelques-uns de ces hommes éminents acquis à la cause de l’institution, dès sa création, et s’engagent avec détermination pour la faire vivre et prospérer. L’Association est approuvée par arrêté du Ministère de l’Intérieur le 24 janvier 1884. Elle élabore ses statuts et les vote au cours de l’Assemblée Générale du 10 mars de la même année, date officielle de la fondation de l’Alliance Française. La présidence de la nouvelle Association est confiée à M. Tissot, Ambassadeur de France. En 1884, elle compte 4 500 adhérents en France où de nombreux Comités se constituent. Des adhésions arrivent de tous les pays du monde et des Comités se fondent à Londres, Dakar, Lima, Sydney, Tunis, Tokyo, Mexico, New York... 1.2. Les principes fondateurs :

Alliance française Paris Ile-de-France

Treize ans après la défaite de 1870, qui a appauvri le pays et amputé le territoire national, la France retrouve son unité et sa confiance dans un contexte privilégié de renouveau culturel et intellectuel. Il s’agit d’abord de rendre à la France sa place dans le monde. L’Alliance Française fait appel aux hommes de bonne volonté, de toute opinion ou de tendance politique ou religieuse, ainsi qu’à tous les amis de la France dans le monde, pour mener à bien son action par un moyen unique : la langue française. Ainsi selon l’article premier des statuts, l’Alliance française est une association à but non lucratif qui a pour objet de « diffuser la langue française » et de « regrouper tous ceux qui désirent contribuer au dévelopF MagazinePlus • été 2012

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par Jean Dubois _____________________________________


l’occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale qui les interrompt toutes en France, n’empêchent aucunement l’Alliance Française de devenir une véritable institution nationale comme le montrent les différentes déclarations officielles.

pement de la connaissance et du goût de la langue et de la pensée françaises ». Elle est de plus « étrangère à toutes préoccupations politiques, religieuses ou raciales. » Mais le principe le plus original, dans le contexte historique et culturel de l’époque, que retiennent les pères fondateurs était le suivant : l’Alliance Française ne serait jamais française, sauf en France, mais de droit local, administrée par les hommes et les femmes du pays d’accueil, et avec le soutien des pouvoirs publics français.

Déjà au début du siècle, Raymond Poincaré, alors président de la République, avait souligné au cours d’une réception à l’Elysée le 4 avril 1914 : « Tout Français doit considérer comme un devoir d’apporter son concours à l’œuvre poursuivie par l’Alliance française. »[2]

1.3. Le rapide développement d’un réseau mondial : En 1886, reconnue d’utilité publique, l’Alliance Française poursuit son œuvre de propagation de la langue française en France et à l’étranger sous les présidences successives de Ferdinand de Lesseps, de Victor Duruy, du Comte Colonna Ceccaldi, du Général Parmentier, et sous l’impulsion de Pierre Foncin, Secrétaire Général depuis la fondation, avant de devenir, à ton tour, Président. L’effort porte principalement sur l’Amérique du Nord, l’Amérique Latine, l’Extrême-orient, l’Afrique du Nord. L’Alliance Française organise des tournées de conférences et récompense les meilleurs élèves de français des pays étrangers. En 1893, à l’occasion du 10ème anniversaire, a lieu le premier Congrès mondial. En 1894, l’Alliance Française compte 30 000 adhérents dans une centaine de Comités en France et 73 à l’étranger. Elle apporte son aide à plus de 500 écoles pour l’enseignement du français hors de France. Elle ouvre à Paris des cours de vacances pour étrangers : c’est une réussite, la première du genre. En 1900, à l’Exposition Universelle de Paris, le pavillon de l’Alliance Française témoigne de la vitalité de l’association. on y voit une collection de devoirs de français envoyés par des écoliers du monde entier. Aussitôt constituée, l’Alliance française s’est dotée de structures afin de se faire connaître et d’étendre son influence sur tous les continents. Elle est ainsi devenue dès le début du 20ème siècle un véritable réseau mondial. Dès leur ouverture, les cours de l’Alliance Française de Paris connaissent un succès grandissant et passent de 516 étudiants en 24

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1901 à un millier dix ans plus tard. Durant cette période, à l’étranger, des Comités se constituent en Italie, en Allemagne, en Suisse, au Luxembourg, en Russie, etc. Des écoles de filles sont créées en Afrique du Nord et en Afrique Noire, ainsi que des cours pour travailleurs étrangers en Meurthe-etMoselle. Mais les activités de l’Alliance Française parisienne, perturbée par la première guerre mondiale (l’historien Albert Mallet, devenu, Secrétaire Général, est tué lors des combats), ne reprendront normalement qu’en 1919. L’Alliance Française de Paris, victime de son succès, s’est posé très vite la question de l’espace, les locaux occupés s’étant révélés trop étroits pour répondre à une demande grandissante. Après avoir plusieurs fois déménagé, l’Alliance Française concrétise en 1919 un important projet immobilier. Grâce à la source de revenus que représentent les cours ainsi qu’à la fondation d’une « Société Civile des Amis de l’Alliance Française » destinée à réunir le capital nécessaire, l’Ecole Pratique de Langue Française peut ouvrir ses portes à l’adresse actuelle, au 101 boulevard Raspail, dans un bâtiment qu’elle fait construire sur un terrain vendu, à des conditions privilégiées, par l’Université de Paris. En 1930, on y compte près de 5 000 étudiants et le nombre de candidats aux examens de l’Alliance Française va croissant. 1.4. Une institution nationale : Les obstacles de l’histoire, d’une part, la crise économique mondiale des années 30 qui impose un certain ralentissement des activités ; et d’autre part

Devenu le Président de l’Alliance française il avait déclaré, lors de la commémoration du 40ème anniversaire de celle-ci : « Nous ne visons pas à l’hégémonie du français ; nous ne visons même pas à l’universalité. Nous défendons notre langue maternelle parce qu’elle est le meilleur véhicule de nos pensées ». Si les circonstances tragiques de l’occupation allemande obligent l’Alliance Française de Paris à fermer ses portes, elle n’en reste pas moins active à l’étranger comme à Londres où s’installe un Conseil de gérance sous la présidence du Général de Gaulle, ou bien comme en Amérique latine où les Alliances, grâce à leur principe d’autonomie, poursuivent leur action. Ainsi le 30 octobre 1943, à Alger, à l’occasion du 60ème anniversaire de l’Alliance, le Général de Gaulle prononçe un discours mémorable : « Nous avons, une fois pour toutes, tiré cette conclusion que c’est par de libres rapports spirituels et moraux établis entre nous-mêmes et les autres que notre influence culturelle peut s’étendre à l’avantage de tous et qu’inversement peut s’accroître ce que nous valons. Organiser ces rapports, telle fut la raison de naître, telle est la raison de vivre, telle sera la raison de poursuivre de l’Alliance française ». Dès la Libération en 1944, Georges Duhamel, élu à la présidence en 1937, et Marc Blancpain, nouveau Secrétaire Général, relancent les activités. Il faudra attendre encore 1948 pour que l’Ecole pratique retrouve ses effectifs d’avant-guerre. Emile Henriot est élu


ser. Universelle, elle apparaît aujourd’hui plus précieuse que jamais, pour affirmer la diversité culturelle et le nécessaire dialogue des civilisations. » [3]

De gauche à droite : Mr Jean-Claude Jacq Secrétaire-Général Mondial Alliance Française , en deuxième position, Mr André J.Cointreau PDG de Cordon Bleu International et enfin en troisième position à droite Jean-Pierre de Launoit Président Mondial Alliance Française

président et les relations sont rétablies avec les Comités de l’étranger. L’action de l’Alliance Française est clairement définie : priorité est donnée à l’enseignement du français aux étrangers. En 1952, l’Ecole se développe et prend son nom actuel : « École Internationale de Langue et de Civilisation françaises ». L’Alliance Française s’agrandit, surélève ses anciens bâtiments, en construit de nouveaux et peut ainsi créer une « Maison de l’Alliance Française ». Quinze ans après son premier discours, en décembre 1958, lors du 75ème anniversaire de l’association, le Général de Gaulle rend ainsi hommage à l’institution ayant surmonté de nombreux obstacles : « L’Alliance française m’apparaît comme une sorte d’ambassadrice permanente de ce qu’il y a au-dessus de la politique, au-dessus du « au jour le jour », au-dessus des difficultés, des divisions et des critiques, ce qu’il y a d’éternel dans une grande pensée, dans une grande action, et ce qu’il y a toujours de moderne dans cette action et dans cette pensée-là, de plus moderne que jamais. (...) Il y a beaucoup d’ombre sur le monde où nous vivons aujourd’hui. Gloire aux lumières, gloire à la lumière de la France ! Merci à l’Alliance française qui se fait un devoir et un honneur de la représenter partout ! ». D’autres présidents de la République sauront rendre honneur à l’Alliance Française. Très attentif au rayonnement de l’Alliance, le président François Mitterrand, à son tour, célèbre son « esprit de symbiose intellectuelle ». À l’occasion du centenaire de l’Alliance en 1983, F. Mitterrand est désigné Président d’honneur de l’Association. Un Congrès mondial réunit 761 personnes venues de 74 pays. En 2000, le président Jacques Chirac, nouveau Président d’honneur, s’exprime en ces termes reconnaissants : « Née voici 117 ans de la reconstruction morale et politique de la France après Sedan, confortée dans sa mission prosélyte et résistante par le Général de Gaulle en 1943, l’Alliance a su s’enraciner, se développer et s’impo-

Ainsi, pour Robert Chaudenson, à l’origine, à la fin du 19e siècle, c’est par « anticléricalisme » que l’État français aurait favorisé le développement « d’initiatives associatives » comme l’Alliance Française , afin de « contrecarrer l’influence religieuse ». [4] Les missionnaires chrétiens assuraient en effet depuis longtemps bénévolement la diffusion du français à l’étranger, dans le but bien sûr de convertir les populations autochtones. Cela se faisait à moindre frais pour l’État colonial français pour qui l’envoi de professeurs français à l’étranger a l’inconvénient d’être très coûteux. Mais avec l’apparition de l’Alliance Française, la possibilité d’une diffusion mondiale du français « laïque » et de plus autofinancé est une véritable chance pour le pouvoir républicain. L’Alliance a été politiquement et économiquement utile à l’Etat français qui l’a toujours en retour soutenue, ce qui explique une partie de son succès. Qu’en est-il aujourd’hui ? 1.5. Une multinationale culturelle : Pour l’ancien président Jacques Viot, ( 1994 – 2004 ), même si l’enseignement de la langue française reste « la priorité des priorités », l’Alliance Française est devenue aujourd’hui la plus importante « multinationale culturelle ». Elle organise en effet de nombreux événements culturels (musique, théâtre, danse, arts plastiques) impliquant la France et le pays d’accueil. Elle compte aujourd’hui 29 associations en France et 1072 à l’étranger installées dans 138 pays. Chaque année de 350 000 à 400 000 étudiants de tous âges, de toutes nationalités et de toutes professions fréquentent les écoles de l’Alliance. L’Ecole internationale de l’Alliance française située au 101 boulevard Raspail a enregistré 28 732 inscriptions en l’an 2002, les étudiants provenant de 158 pays différents. Une formation de professeurs de FLE (français langue étrangère) est offerte grâce à la préparation d’un diplôme à distance avec le CNED (centre national d’enseignement à distance) et à une formation sur place à l’École. L’ouverture vers le monde de l’entreprise se développe. L’Alliance française de Paris a ainsi conclu des partenariats avec 120 entreprises de la région parisienne, telles Alcatel, Cap Gemini/Ernst et Young, Eutelsat, les Galeries Lafayette, IBM, Hertz, KLM, Schlumberger, etc... L’Alliance Française semble devenir elle-même une sorte d’entreprise défendant son propre « label » grâce à une véritable politique « marketing » où l’image de l’institution est centrale. Toute l’attention est ainsi portée au site électronique de l’Alliance ou « site-portail », « sorte de toile dans la Toile », censé renforcer « la logique de réseau ». on peut cependant se demander si cela ne répondrait pas plutôt à une logique économique. F MagazinePlus • été 2012

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L’histoire de l’Alliance Française nous montre ainsi que la reconnaissance officielle par l’État français de ce qui n’était au départ qu’une association est ainsi totale. Il est vrai que les intérêts de l’une et de l’autre se sont souvent confondus dans les différentes conjonctures historiques. Il apparaît clairement précédemment que l’histoire de l’Alliance concorde constamment avec les intérêts nationaux.


Le rapport Alliances 2000 [5] souligne que : « Le site-portail de l’Alliance Française de Paris pourrait très certainement offrir de fortes possibilités de dégager des recettes nouvelles en orientant les visiteurs vers des pages commerciales tout en proposant un service conforme à sa mission. » Cette mission prend ainsi davantage la forme d’un partenariat commercial que d’une réelle politique linguistique, culturelle ou éducative. C’est le choix du « pragmatisme » affirme-t-on à l’Alliance, les deux parties d’un partenariat devant y trouver chacune leur intérêt. Comme exemple de partenaire de l’Alliance Française citons Edufrance dont un espace est créé dans chaque Alliance pour assurer la promotion de l’enseignement supérieur français. Mais derrière cela, c’est toute la question du rapport entre le culturel et l’économique qui se pose. Si la langue et la culture sont inséparables c’est-àdire si l’on pense avec le linguiste allemand Wilhelm von Humboldt, que chaque langue exprime une culture particulière, une « vision du monde » ? [6], quelle conception donner alors à la défense d’une langue ? Doit-on la défendre en raison de la culture qu’elle véhicule ou en raison se son utilité économique ? Ainsi Jacques Viot souligne la fonction économique de la langue : « toute langue qui veut se maintenir à un niveau international doit témoigner de son utilité, en particulier dans le domaine économique. » Sous prétexte d’adaptation, n’estce pas une façon de réduire la langue française ? Concernant l’Alliance Française, Jacques Viot poursuit ce raisonnement selon lequel il faut s’adapter au monde moderne en affirmant que le double principe d’ « autonomie » et de « droit local » révèle aujourd’hui « toute sa modernité » : elle repose en effet sur « l’initiative civile et l’esprit de partenariat » Mais c’est le sens commercial qui semble prévaloir dans cette idée de partenariat. En voyant dans l’Alliance Française moderne, à l’origine une association à but non lucratif, une 26

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« multinationale culturelle », ne risquet-on pas de dériver vers une sorte d’économisme subordonnant la dimension culturelle à la dimension économique ? Cette logique économique est particulièrement forte dans le cas des Alliances de Chine où c’est précisément le contexte économique chinois qui oriente les Alliances vers le modèle de l’entreprise. L’adaptation au monde économique contemporain est bien sûr vitale pour l’Alliance Française qui tire pour une grande part ses ressources financières du monde privé. Mais comme nous l’avons vu, elle bénéficie d’une reconnaissance à part entière de l’État français dont elle reçoit une aide financière essentielle à son fonctionnement, remettant en cause sa réelle autonomie. 1.6. Un partenaire de l’etat dépendant : Dans quelle mesure les Alliances sont-elles autonomes ? A un niveau interne, nous avons vu que chaque Alliance avait la nationalité du pays d’accueil : elle est brésilienne au Brésil, britannique en Grande Bretagne, chinoise en Chine... Cependant elles relèvent toutes d’une procédure d’approbation par l’Alliance française de Paris. C’est l’Alliance Française de Paris qui décide ainsi d’accorder ou de retirer le label AF. Ce centralisme n’est pas toujours sans poser de problèmes notamment en ce qui concerne la nomination des directeurs d’Alliance. Il est ainsi vrai que les Alliances sont assez largement indépendantes des administrations, mais le soutien des pouvoirs publics français possède un double tranchant et entretient au niveau politique et financier une certaine dépendance de l’Alliance vis-à-vis de l’État. Jacques Viot montre ainsi que dans la mesure où les Alliances « contribuent de fait à la coopération internationale de la France, leur action et leur développement s’inscrivent dans les orientations générales en matière linguistique et culturelle définies par le ministère des Affaires étrangères. » L’Alliance française est ainsi liée de près à la politique culturelle extérieure de la France dont elle est un partenaire

privilégié, voire un outil de coopération. Comme nous l’avons vu auparavant, elles convergent toujours dans leurs nouvelles orientations et opèrent ainsi actuellement le même mouvement de rapprochement avec la Francophonie institutionnelle. Du côté du ministère des Affaires Etrangères, il s’agit pour la France d’œuvrer avec ses partenaires de la Francophonie (principalement l’organisation Internationale de la Francophonie, l’oIF), afin de « conforter » le statut international de la langue française « au sein des grandes enceintes multilatérales et internationales, au nom du plurilinguisme et de la diversité culturelle ». [7] Du côté de l’Alliance, Jacques Viot, dans son allocution du rapport annuel 2002-2003 veut mettre fin « à cet étrange éloignement qui existait depuis des années entre la Francophonie et l’Alliance Française » Il souligne que les associations du réseau sont présentes dans de nombreux pays membres de l’organisation internationale de la Francophonie et qu’elles ne demandent qu’à développer leurs activités et à ancrer plus profondément la langue française en certains lieux où sa présence est limitée. Dans cette perspective, les statuts de l’Alliance ont changé en mars 2000 et l’article 1 stipule que les Alliances doivent développer « la pratique de la langue française et le goût des cultures francophones » et non plus « la connaissance et le goût de la langue et de la pensée françaises ». Les Alliances deviennent ainsi de véritables maisons de la Francophonie. À ces visées communes de rapprochement avec la Francophonie s’ajoute un véritable partenariat. Les pouvoirs publics détachent près de 230 fonctionnaires, une cinquantaine de contractuels et une centaine de volontaires internationaux auprès des implantations de l’Alliance Française. C’est ainsi que le ministère des Affaires étrangères contribue à hauteur de 43 millions d’euros chaque année à la rémunération de personnels, à l’attribution de subventions diverses destinées aux actions de coopération et, dans une moindre mesure, à des investissements immobiliers. Le ministère de l’Éducation nationale, également, apporte un soutien à l’Alliance française de Paris.


Malgré ce financement privé, les Alliances restent cependant étroitement dépendantes de l’aide publique. En effet, le remaniement actuel du dispositif culturel extérieur de la France n’est pas sans conséquences sur le fonctionnement du réseau des Alliances. La politique est à la restriction budgétaire. Ainsi, dans le rapport annuel 2002-2003, Jacques Viot déclare dans son allocution : « L’aide que nous apporte l’Etat diminue d’année en année et l’on nous a annoncé de nouvelles réductions pour 2003. (...) soyons lucides. Nous sommes entrés dans des temps difficiles. Notre avenir repose sur nos propres forces (...). » Le Secrétaire Général, Jean-Claude Jacq, dans son rapport, va plus loin en exprimant fortement son inquiétude concernant cette réduction de moyens. Il explique que certains services culturels ont demandé de supprimer des postes de directeurs d’Alliances pour les échanger contre des crédits leur permettant de réaliser des opérations ponctuelles ou de prestige. Il met en cause la relation même entre l’Alliance et l’État affirmant que la méfiance de l’administration à l’égard de l’initiative privée reste vive et cite Jacques Rigaud :

a été interrogée. L’une des plus anciennes associations encore en activité a montré au cours de son histoire de multiples visages : sa mission s’est révélée à la fois linguistique, éducative, politique, diplomatique, économique. Mais afin de ne pas être instrumentalisée, n’est-ce pas sa dimension humaniste qui doit être cultivée ? Comme l’écrit Jacques Viot : « Il faut veiller à préserver son âme. Sa mission essentielle reste certes l’enseignement de la langue française, mais du fait de sa structure associative et de son insertion dans les pays d’accueil, elle est particulièrement bien placée pour encourager le dialogue des cultures et développer les valeurs d’échange, de partage et d’amitié. » Les présidents de l'Alliance Française depuis 1883 jusqu'en 2012 •

Charles Tissot 1883 - 1887

Ferdinand de Lesseps 1887 - 1888

Victor Duruy 1889 - 1891

C. Colonna Ceccaldi 1891 - 1892

Gén. Parmentier 1892 - 1899

Pierre Foncin 1899 - 1914

Jules Gautier 1914 - 1919

Paul Deschanel 1919 - 1920

Raymond Poincaré 1920 - 1925

Paul Doumer 1925 - 1930

Raymond Poincaré 1930 - 1934

Joseph Bédier 1934 - 1937

Georges Duhamel 1937(?) - 1949

Émile Henriot 1949 - 1961

Wilfrid Baumgartner 1961 - 1978

Marc Blancpain 1978 - 1993

Jacques Viot 1994 - 2004

Jean-Pierre de Launoit 2004 -

Les secrétaires Généraux de l'Alliance Française depuis 1883 jusqu'en 2012 •

Pierre Foncin1883 - 1897

Alfred Muteau 1897 - 1899

Léon Dufourmantelle 1899 - 1909

Émile Salone 1909 - 1914

Albert Malet 1914 - 1915

Paul Labbé 1919 - 1934

Louis Dalbis 1934 - 1937

C’est donc bien un principe de souveraineté de l’État dans la diffusion de la langue française dans le monde qui s’exprime ici faisant davantage de l’Alliance Française un partenaire dépendant qu’une entité privée réellement autonome.

Jean Lichnerowicz 1937 - 1944

Marc Blancpain 1944 - 1978

Philippe Greffet 1978 - 1988

Au travers de cette présentation historique de l’Alliance Française, c’est la nature même de sa mission qui

Jean Harzic 1988 - 2001

Jean-Claude Jacq 2001-

« Il existe en vérité dans notre État des traces de la mentalité des légistes de Philippe le Bel : la conviction que l’État détient le monopole de l’intérêt général et que toute initiative extérieure à lui qui prétendrait concourir au bien commun est nécessairement suspecte, se situant quelque part entre une congrégation religieuse vue par les anticléricaux de temps du père Combes et une association de malfaiteurs. »

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ALLIAnce FRAnçAIse

Cependant le réseau des Alliances françaises reste une organisation de nature privée et grâce à la coordination assurée par l’Alliance française de Paris, se finance pour la plus grande partie elle-même. Sur près de 140 immeubles ou maisons constituant actuellement la propriété des Alliances Françaises et représentant une valeur d’environ 100 millions d’euros, le budget français n’en a financé que 10 %. Les Alliances sont gérées par des responsables locaux, bénévoles et passionnés par la France. La plupart des associations assurent elles-mêmes, grâce aux recettes des cours, la majeure partie du financement nécessaire à leurs activités. Leur action repose aussi sur la générosité de certains mécènes étrangers, à titre individuel ou au nom d’une entreprise. Par exemple l’Alliance Française de Pékin, qui a fêté son dixième anniversaire en février 2006, a été créée grâce au don d’un mécène chinois de Hong-Kong qui avait souhaité l’ouverture d’une Alliance dans la capitale en plein centre de la ville à quelques centaines de mètre de la cité interdite (elle a déménagé et se trouve aujourd’hui au sein du centre culturel français depuis 2005).


Alliance Francophone Pourquoi une autre alliance a l'instar de la Francophonie ?

Présente dans 108 pays à travers le monde, l’association compte aujourd’hui plus de 5 400 Pierre Mesmer, président fondateur membres, dont plus de d'Alliance Francophone de 1992 à 2007 (20 mars 1916 – 29 août 2007) 2 000 en dehors de l’espace francophone. Cette richesse humaine exceptionnelle encourage l’Alliance, dans un esprit de fraternité, de culture et d’humanisme, à œuvrer, en synergie avec les partenaires extérieurs (États, associations, entreprises, individus sans exclusion), pour le dialogue et la défense de toutes les diversités. Apolitique, l’Alliance Francophone constitue une véritable force de proposition qui peut se prévaloir d’être animée par des esprits libres. pourquoi une Alliance ? L’image de la francophonie, aussi prestigieuse soitelle, paraît subir une légère érosion. L’esprit de solidarité, la culture, l’humanisme, qui constituent la base des valeurs francophones, sont aujourd’hui inégalement valorisés. Avec plus de 50 pays membres, la Communauté francophone représente pourtant une force géopolitique et un pouvoir économique essentiels. Si son influence reste considérable, le monde de la francophonie souffre d’un déficit de notoriété en termes de création et de production. De ce constat est née l’Alliance Francophone, une association qui entend dynamiser l’esprit et les valeurs francophones grâce à l’appui de professionnels et de personnalités de convictions francophones, en France mais aussi à l’étranger.

L’Alliance Francophone est une des rares associations, et peut être la seule, a s’autofinancer avec pour uniques ressources les adhésions et dons de ses adhérents. L’Alliance Francophone, fidèle à son éthique, n’a jamais demandé de subventions étatiques estimant que ces dernières ne devraient, en tout état de cause, qu’être redistribuées intégralement aux causes humanitaires ou de solidarité à l’intérieur de la Communauté francophone et, en aucun cas, affectées aux gestions administratives des associations. Elle diffuse « La Lettre Francophone », publication trimestrielle diffusée à 15 000 exemplaires (adhérents et abonnements) vers 99 pays différents. Les Objectifs de l’Alliance... Participer par tous moyens, tant en France qu’à l’étranger, à la promotion et au rayonnement de la francophonie, des potentialités de toute nature qu’elle génère et des valeurs qu’elle sous-tend. C’est le cas en particulier de l’esprit de solidarité, de culture et d’humanisme que partage et anime cette communauté. Pour cela, les membres de l’association s’attachent à rechercher et à exploiter toutes les occasions de contact et de synergie avec l’ensemble des partenaires extérieurs (Etats, associations, entreprises, individus sans exclusion). Dans un souci d’efficacité, compte tenu de l’ampleur des actions à entreprendre, la gestion de celle-ci s’effectue au travers de cercles thématiques, animés par des personnalités reconnues pour leurs compétences. La Francophonie des hommes et des peuples La langue française a été et demeure le vecteur de cet humanisme. La francophonie est trop souvent perçue comme passéiste, élitiste, nostalgique pour ne pas dire dépassée. Notre francophonie n’est pas une forteresse assiégée où l’on constaterait avec affliction des brèches dans ses F MagazinePlus • été 2012

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Fondée par PierreMessmer en 1992, avec comme Président d’Honneur Maurice Druon de 2007 à 2009, l’Alliance Francophone dont Jean R. Guion, est le Président, a pour ambition de participer par tous les moyens, tant en France qu’à l’étranger, à la promotion et au rayonnement des valeurs véhiculées par la langue française.


http://fr-fr.facebook.com/pages/INTCHE-JEANS/377561613539

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d’Etat) 9% Diplomates 4,5% Etudiants 18,9% Médecins 7,2% Humanitaires 12,6% Enseignants 10,2% ArtistesCulture 10,9% Divers 3,7% Implantation Pays : Afghanistan , Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Bangladesh, Belgique, Bénin, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Centre Afrique, Colombie, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Corée du Sud, Cuba, Djibouti, Dubaï, Ecosse, Egypte, Espagne, Etats-Unis, France, Gabon, Grèce, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Haïti, Hongkong, Hongrie, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Irlande, Italie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kurdistan, Laos, Liban, Liberia, Luxembourg, Madagascar, Malaisie, Mali, Maroc, Mauritanie, Mexique, Namibie, Niger, Nigeria, Pakistan, Palestine, Panama, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Québec, Roumanie, Russie, République Dominicaine, Sénégal, Singapour, Sri Lanka, Suisse, Syrie, Taïwan, Tchad, Thaïlande, Togo, Tunisie, Uruguay, Venezuela, Vietnam… Bureaux régionaux Aman – Bagdad - Bangkok - Bruxelles – Gaza – Haïti - Marbella – Montréal – Nagoya - Niamey - ouagadougou - Paris – Singapour – Tunis – Tokyo

remparts. Notre francophonie est un espace ouvert sur le monde. La conception qu’en a, et que veut en faire partager l’Alliance Francophone, est celle d’un « savoir être » projeté dans le XXIe siècle si riche en défis exaltants. Ceux qui, en France et ailleurs, se réclament des valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité, utilisent souvent notre langue pour rester les artisans convaincus de la compréhension, de la tolérance et de la générosité. L’Alliance Francophone n’entend pas limiter son concept aux seuls aspects linguistiques, car si la francophonie s’exprime notamment dans la littérature ou les arts, tout comme dans le droit, l’économie, l’environnement, la gastronomie, la recherche, la santé, le sport et l’urbanisme, elle est aussi un « art de vivre ». L’Alliance Francophone rassemble tous ceux qui partagent une « certaine idée » de l’humanité. C’est cette francophonie qu’entend servir l’Alliance Francophone. Les adhérents : qui sont ils ? L’Alliance Francophone c’est : 5 400 adhérents actifs dans 108 pays un réseau de 450 000 personnes adhérentes ou associées composé de 53,1% de femmes et de 46,9% d’hommes la proportion de francophones hors "champs de l’oIF" est de 54%, (supérieure à celle des francophones de l’oIF, 46%) Sociologie : ouvriers / salariés 12,30% Retraités 6,3% Chefs d’entreprises 8,1% Politiques (Ministres Chefs

Jean R. Guion Président International de l'Alliance Francophone depuis 2005 F MagazinePlus • été 2012

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Maurice Druon de Reyniac Président d’Honneur d'Alliance Francophone 2007-2009 (23 avril 1918 - 14 avril 2009)


Cordon Bleu International CETTE PRESTIGIEUSE ÉCoLE DE GASTRoNoMIE FRANÇAISE NE FoRME PAS QUE DES CHEFS! Leader mondial dans la gastronomie, hôtellerie et de la gestion

Des saveurs canadiennes dans un établissement culinaire unique au monde « Le Cordon Bleu ».

Fondée à Paris en1895 l'académie culinaire le Cordon Bleu une école de prestige et d'excellence. Un réseau de renommée mondiale des établissements d'enseignement dédiés à fournir le meilleur niveau d'instruction culinaire et l'hospitalité grâce à des programmes de classe mondiale. Évoluant en combinant l'innovation et la créativité avec la tradition à travers la mise en place d'un baccalauréat et une maîtrise en administra32

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tion des affaires qui mettent l'accent sur les exigences d'une industrie de l'hospitalité internationale croissante, le Cordon Bleu applique sa méthode d'enseignement particulière où les élèves acquièrent de l'expérience par le biais d'apprentissage pratique grâce à sa faculté internationale de Maîtres Cuisiniers et professionnels.

André J. Cointreau P.D.G. Cordon Bleu International

Le Cordon Bleu est considéré comme le gardien de la technique culinaire française à travers ses programmes culinaires qui continuent à préserver et transmettre la maîtrise et l'appréciation de l'art culinaire qui ont été la pierre angulaire de la gastronomie française depuis plus de 500 ans.


Le Cordon Bleu International compte à nos jours 30 écoles dans 15 pays différents de 70 nationalités et affranchit plus de 27 000 étudiants chaque année à travers le monde. Ce faisant, le cordon Bleu forme indirectement des francophiles et voire des francophones par amour pour la gastronomie française. Devons-nous cependant prendre en compte ces 27.000 étudiants diplômés annuellement comme locuteurs partiels francophones ?

UFFAA

ADIFLOR

ALLIAnce FRAncOphOne

par : Brekwald A. de GOh, III _________________________

FORUM MOnDIAL

Ce diplômé d’HEC et de Sciences Politiques, dont la carrière commencée chez Unilever évolue rapidement jusqu’à la direction des Cognacs Frapin, puis, multiplie l’ouverture d’écoles dans le monde et développe ce qui constitue aujourd’hui l’un des fleurons de l’enseignement gastronomique « à la française ».

ALLIAnce FRAnçAIse

Mais, c’est seulement en 1984 que André Cointreau, descendant direct des fondateurs de la liqueur cointreau et du Cognac Rémy Martin, a pris le contrôle de l’École du Cordon Bleu créée à Paris en 1895.

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FORMULAIRE D'ADHÉSION UFFAA (Adhésion individuelle) Nom...................................................................Prénom.............................................................. (Adhésion d'un groupe) Nom de l'établissement.............................................................................................................................. Représenté par nom.....:..........................................................Prénom.........................................................

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Enfin! Naissance au Québec d’un puissant veilleur de la langue française UFFAA : Union des Francophones et Francophiles des Amériques et d'Ailleurs En outre, UFFAA soutient tout projet bien structuré lié aux enjeux de la francophonie tout en enrichissant les échanges et le partenariat des réseaux francophones du Canada, des Amériques ainsi que du reste du monde francophone. Devant la position alarmante du fait français au sein de la communauté internationale,UFFAA a vu jour pour donner une nouvelle dynamique au FAIT FRANÇAIS dans les Amériques et dans le reste du monde.

info@uffaa.org

Créée le 04 Mai 2010 au Canada dans la province de Québec par Brekwald A. de GoH,III, UFFAA positionne ainsi le Canada en rassembleur et chef de file de la francophonie des Amériques en faisant croître , rayonner voire renforcer sa prospérité Politique, Économique, Sociale et Culturelle. Union des Francophones et Francophiles des Amériques et d'Ailleurs est une association à but non lucratif qui veut regrouper les Francophones et Francophiles des Amérique et d'Ailleurs. Elle est indépendante, sans distinction de sexe, de race, de nationalité, de religion ni de statut social. 36

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En effet, elle a mis en place 4 supports médiatiques regroupés en une seule entité dénommée FMAGMoNDE dédiés à l’information autour de la notion de francophonie, de multilinguisme, de développement d’échanges culturels, éducatifs et intellectuels entre les francophones et francophiles de tous les pays. L’association peut concevoir, participer ou collaborer à toutes actions permettant des échanges culturels sur la base de la promotion et de l’étude de la francophonie. www.fmagazine.info qui est le portail d'information continue et bottin électronique francophone en devenir par excellence. www.fmagazineplus.com qui est le magazine de saisons sans compter ses hors séries de 32 à 72 pages disponible sur toutes les tablettes mobiles d'ici la fin de l'année 2012 (Ipod, Ipad, Iphone, Blackberry) ainsi que les versions DIGITALE - PDF et PAPIER.

www.fmag-radio.info la radio qui va dévoiler et encourager les petites étoiles de la musique francophone en herbe. www.fmagtv.com la télé qui publiera en direct les noms des gagnants ou gagnantes des divers concours et la diffusion de certaines vidéos francophones intéressantes.

MISSION UFFAA veut être le plus grand bottin francophone gratuit en ligne par excellence mettant à la disposition de tous les francophones du monde tout contact francophone existant sur la toile.

OBJECTIF UFFAA veut lutter pour la promotion, protection et la consolidation du fait français au Canada,dans les Amériques et dans le reste du monde en misant sur la diversité culturelle et linguistique.

VISION UFFAA veut développer l'épanouissement des francophones et francophiles du Canada, des Amériques et du reste du monde francophone par des concours, conférences ou tous autres regroupements, jeux, voyages et évènements dans le monde du divertissement. par : Brekwald A. de GOh, III _________


Sé né gal

Cet État francophone de l’Afrique occidentale ne finit pas de donner des leçons de démocratie à ses pairs et au reste du monde

Après Saint-Louis, Dakar devient, en 1902, la capitale de l'Afrique occidentale française, l'une des colonies françaises. En janvier 1959, le Soudan français (actuel Mali) et le Sénégal se fusionnent pour former la Fédération du Mali,

Macky Sall

qui devient complètement indépendante le 20 Juin 1960. Cette indépendance est la conséquence des transferts de pouvoirs convenus dans l'accord signé en France le 04 Avril 1960 et qui est retenue comme le jour officiel de l'accession à l'indépendance du Sénégal. Le premier président fût Léopold Sédar Senghor, leader charismatique et poète de renom. Ancien député français du 21 octobre 1945 au 05 Décembre 1958, Léopold Sédar Senghor fût aussi président de la fédération du Mali du 17 Janvier au 20 Août 1960. Premier et seul président catholique de la première république du Sénégal du 07 Septembre 1960 au 30 Décembre 1980 avec une population de plus de 96 % musulmans et pour Premier ministre Abdou Diouf, un musulman qui le succédera du 1er Janvier 1981 au 1er Avril 2000 après sa démission. Léopold Sédar Senghor fût le premier dirigeant de l’Afrique moderne à prendre sa retraite de son propre chef. Une première leçon de démocratie quelque soit la raison. Et pas seulement pour l' Afrique , mais pour le monde. F MagazinePlus • été 2012

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UFFAA

L'une des plus anciennes colonies françaises, le Sénégal est situé sur la côte ouest de l'Afrique sur une superficie de 196.192 km2 avec une population de 14.086.103 habitants. Bordé par l'océan Atlantique à l'ouest, la Mauritanie au nord, à l'est le Mali et la Guinée Conakry et enfin au Sud par la Guinée Bissau. Il est totalement enclavé sur une superficie de 300km à l'intérieur par la Gambie. Les îles du Cap-Vert sont situées à 560 km de la côte sénégalaise. Le pays doit son nom au fleuve qui le borde à l'est et au nord et qui prend sa source dans le Fouta-Djalon en Guinée Conakry. Pendant la période coloniale, plusieurs comptoirs à différents empires coloniaux s'établissent le long de la côte.


Saint-Louis du Sénégal Abdou Diouf qui a succédé à Boutros-Boutros Ghali le 1er Janvier 2003 est à son troisième mandat, en tant que premier Secrétaire-Général de l'organisation Internationale de la Francophonie, une décision unanime sans précédant des Chefs d'États membres de la Francophonie. Ce septuagénaire est le père de l'alternance politique du Sénégal dont bénéficie son président actuel Macky Sall qui n'est autre que le deuxième héritier.

Dakar, Sénégal

fique fût réalisée en 2000 par un leader humaniste exemplaire et intégral . oui ! Un homme de rassemblement et de

Abdoulaye Wade

Souvenons-nous bien que la toute première alternance politique paci-

Abdou Diouf

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dialogue pour ne pas dire un politicien visionnaire et exceptionnel; sieur Abdou Diouf.. Après avoir perdu les élections présidentielles de 2000 organisées par lui-même, il appela son successeur Me Abdoulaye Wade et le félicita et sans rancune ni rancoeur , Monsieur Abdou Diouf s'inclina devant le choix du peuple sénégalais d'alors. Comme on le dit souvent: Il faut savoir quitter le pouvoir quand il est temps ...sinon c'est le pouvoir qui vous quittera. Et moi j'ajouterai « Dans quelle condition ? » Fort de cette expérience, le peuple sénégalais a répété le même scénario le 25 Mars 2012 par l'intermédiaire de son chef d'état le président sortant Me Abdoulaye Wade, en proclamant Macky Sall le nouveau homme fort de la république. Ce dernier, juste trois heures après la fermeture des bureaux de votre, a reçu les félicitations et les encouragements de son prédécesseur Abdoulaye Wade qui a reconnu sa défaite électorale. Lors de la passation du pouvoir qui s’est dérou-

lée, lundi le 26 Mars 2012, dans une atmosphère conviviale, l'ancien Président de la République du Sénégal a formulé des prières pour son successeur à qui il a souhaité plein succès dans ses nouvelles fonctions. Voilà la formule du sage Abdou Diouf qui s'applique bien à la lettre par ses successeurs et qui fait du bien à ce pays. C'est grâce à cette fameuse formule que le Sénégal incarne une solidité des institutions démocratiques, une consolidation des acquis de la démocratie. Le plus stable pays en Afrique francophone, le Sénégal n'a jamais connu de coup d'état militaire. Cet État francophone de l'Afrique occidentale, ne finit pas de donner leçons de démocratie à ses pairs et au reste du monde à travers ses modes de transition du pouvoir. Une mode pacifique et démocratique. L’alternance politique pacifique qui s'est déroulée au Sénégal pour la deuxième fois n’est pas seulement un signal destiné à son continent, mais bien au-delà, au monde d'entier. À bon entendeur salut ! Brekwald A. de GOh, III______________


ADIFLOR Une multiplication des francophones et francophiles à travers la lecture Depuis 1985, ADIFLOR a soutenu plus de 1 500 projets. Chaque année plus de 200 000 livres viennent enrichir des bibliothèques publiques, des centres de documentation et des établissements scolaires ou universitaires de pays francophones ou francophiles. Par ailleurs, les grands évènements de la Francophonie sont pour ADIFLOR l’occasion d’initier ou de participer à des actions visant à promouvoir la diversité culturelle francophone. Chaque année à l’occasion de "la semaine de la Francophonie", ADIFLOR intervient dans des établissements scolaires pour familiariser les jeunes élèves à la notion de Francophonie et afin de leur faire découvrir de façon ludique la langue française.

favoriser l'apprentissage par les livres, encourager la lecture facteur de maîtrise du français et de réussite scolaire, cultiver le plaisir de lire.

participer à la promotion de la diversité culturelle francophone dans le monde.

Association pour la Diffusion Internationale Francophone de Livres ouvrages et Revues

ADIFLOR est Association pour la Diffusion Internationale Francophone de Livres, ouvrages et Revues à but non lucratif. Elle a été créée en 1985 par Xavier Deniau, un ancien ministre français (sous le mandat du Président Georges Pompidou avec pour premier ministre, Pierre Messmer )décédé le 29 Mars 2011 à l'âge de 87 ans. ADIFLOR est présidée par Louis Duvernois, Sénateur des Français établis hors de France et animée par Isabelle Le Camus de Lagrevol entourée d’une équipe de bénévoles. ADIFLOR s’est fixée plusieurs missions : •

Encourager, faire vivre la lecture en français partout dans le monde en semant le plaisir de lire en français;

Valoriser la diversité culturelle francophone ;

Aire partager le patrimoine culturel de la France ;

Cultiver l’action solidaire.

Depuis 2007, ADIFLOR présente une « Petite Bibliothèque Francophone » destinée aux enfants de 5 à 11 ans. Francophones, Francophiles, faire un don à ADIFLOR, c'est garantir et multiplier le nombre de locuteurs de demain francophones dans le monde. C'est purement et simplement une garantie de la relève de demain francophone et francophile. par : Brekwald A. de GOh, III ____________________ Fondateur de l’UFFAA F MagazinePlus • été 2012

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Ne s’appelle pas DIOUF qui veut ... Brekwald A. de GOh, III_________________________

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24 10. JACQUES DIOUF DIRECTEUR GÉNÉRAL DE FAo (NEW YoRK) USA

19. NDELLA MADIOR DIOUF FEMME PoLITIQUE SÉNÉGALAISE (DAKAR) SÉNÉGAL

2. MOUSTAPHA DIOUF AUTEUR-CoMPoSITEUR-CHANTEUR (DAKAR) SÉNÉGAL

11. MIGNANE DIOUF ATTAQUANT INTERNATIoNAL DE FooTBALL (DEMBARS) SÉNÉGAL

20. PAPE DIOUF CHANTEUR-LEADER DU GRoUPE GÉNÉRATIoN CoNSCIENTE (DAKAR) SÉNÉGAL

3. BINETA DIOUF JoUEUSE INTERNATIoNALE DE BASKETBALL LANDES (NANTES) FRANCE

12. MAMADOU DIOUF DoCTEUR, AUTEUR-CoMPoSITEURJoURNALISTE (VARSoVIE) PoLoGNE

21. PAPE DIOUF HoMME PoLITIQUE SÉNÉGALAIS MINISTRE

4. BIRAM DIOUF ATTAQUANT INTERNATIoNAL DE FooTBALL (HANoVRE) ALLEMAGNE

13. MAMADOU DIOUF PRoFESSEUR PoLIToLoGUE DIRECTEUR DE L'INSTITUT D'ÉTUDES AFRICAINES À CoLUMBIA UNIVERSITÉ (NEW YoRK) USA

1. ABDOU DIOUF ANCIEN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'oIF (PARIS) FRANCE

5. BOUCAR DIOUF DoCTEUR, ANIMATEUR-CoNTEURHUMoRISTE (QUÉBEC) CANADA 6. EL HADJ DIOUF AVoCAT, HoMME PoLITIQUE SÉNÉGALAIS (DAKAR) SÉNÉGAL 7. EL HADJI DIOUF ATTAQUANT INTERNATIoNAL DE FooTBALL DoNCASTER RoVERS (DoNCASTER) ANGLETERRE 8. ÉLAGE DIOUF AUTEUR-CoMPoSITEUR-CHANTEURPERCUSIoNNISTE (QUÉBEC) CANADA 9. GALANDOU DIOUF HoMME PoLITIQUE SÉNÉGALAIS, ANCIEN PARLEMENTAIRE À LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS FRANÇAISE

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14. MAMADOU DIOUF SYNDICALISTE , SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU SYNDICAT UNIQUE ET DÉMoCRATIQUE DES ENSEIGNANTS DU SÉNÉGAL (SUDES) (DAKAR) SÉNÉGAL

22. PAPE DIOUF ANCIEN PRÉSIDENT DE L'oLYMPIQUE DE MARSEILLE (MARSEILLE) FRANCE 23. SARAH DIOUF PDG MAGAZINE GHUBAR (NEW YoRK) USA

15. MATY DIOUF MANNEQUIN (MILAN) ITALIE

24. ARONA DIOUF PRoFESSEUR-CHERCHEUR-CoNSULTANT INTERNATIoNAL ET DIRECTEUR DES PRoGRAMMES DES SCIENCES DE LA TERRE ET DE L’ENVIRoNNEMENT À L’UNIVERSITÉ NC & T (GREENSBoRo) USA

16. MODH DE DIOUF AUTEUR-CoMPoSITEUR-CHANTEUR-PoÈTE (NEW YoRK) USA

25. NAFISSATOU DIOUF AUTEURE, ÉCRIVAINE, JoURNALISTE (PARIS) FRANCE

17. MOUSS DIOUF CoMÉDIEN-ACTEUR-HUMoRISTE (PARIS) FRANCE 18. NAFY NGOM DIOUF ANCIENNE MINISTRE DU SÉNÉGAL (DAKAR) SÉNÉGAL

... SUITE DES DIOUF DANS NOTRE PROCHAIN HORS SÉRIE


Web : www.codinainternational.com courriel : reem@codinainternational.com

Web : http://www2.ulaval.ca courriel : anne-france.desvignes@vre.ulaval.ca

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Directeur de Publication Serge Lerus

Directeur Illustration Jean Yves Burtschell

Co-fondatrice Marylin Sanek

Directrice Infographie Allie Hylton

Directrice Impression Marilyn Côté

Président Godwin K. DEGOH

Directrice Conception Solange Lortier

Éditorialiste Brekwald A. de GoH,III

Rédaction Brekwald A. de GoH,III Daniel Bermond Daphnée Dion-Viens Dimitri Boisdet Daniel Turp Dieneba N'Diaye Jean Dubois

Production UFFAA info@fmagazineplus.com www.fmagazineplus.com Imprimé au Canada


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