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T’ar ta lacrèm’ à la récrèm’ Comment devenir un grand de l'humour ou de l'art en général ? En ignorant suprêmement le goût du public, la mode, et ce que font les autres. Bon, ça ne marche pas à tous les coups, faut aussi être talentueux, mais ça c'est du boulot, mon gars, bosse ! En voilà un qui a réussi ça et qui brille au firmament du dessin.

André François

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Autoportrait

C'est un Hongrois, car à l'époque Timisoara, où il naît en 1915, est austro-hongroise. Sa mère est autrichienne, son père un homme d'affaires juif. Son enfance est marquée par le climat et les paysages qui lui donneront le goût du dépouillement si frappant dans son œuvre. Il est doué pour le dessin et donc fait les Beaux-Arts à Budapest à 17-18 ans. Mais il n'y tient plus, il étouffe et part pour Paris, ville de toutes les lumières, en 1934, y vit le Quartier latin et Montparnasse, devient un vrai parigot et entre à l'atelier de son dieu, l'affichiste Cassandre. André Farkas signe ses premiers travaux André François, se marie à une Anglaise, a 3 enfants, est vite naturalisé français sous son pseudonyme.

illustré, Candide… Il sera après guerre un des grands du genre, participant à toutes les publications aux côtés des meilleurs. Comme eux, il perce en Angleterre (Punch, Lilliput) et aux Etats-Unis (Holiday, Sports illustrated, Life, Esquire, Fortune, Look et surtout le New-Yorker pour qui il va faire une soixantaine de couvertures magistrales). En France, Paris-Match, Lui, Vogue, Ici-Paris, Bizarre, Haute société sont ses supports. Il est un des trois auteurs du légendaire Manigances (1953) avec Chaval et Bosc (cf. FG nos 75 & 82). Pourtant François va renoncer. Installé à Grisy-les-Plâtres où il vivra jusqu'à sa mort en famille, il se lance dans l'illustration pour la jeunesse. Ses livres illustrent des classiques (Jacques le fataliste ou L'Odyssée d'Ulysse, 1947 ; les Œuvres de Balzac, 1957 ; Ubu roi, 1958 ; Le Meilleur des mondes, 1961…) avec une nette attirance pour les humoristes on le voit. Mais aussi des albums perso comme C'est arrivé à Issy-les-brioches (1943-

Illustrateur

Ses premières affiches sortent juste avant guerre, ainsi que des dessins de presse : Marianne, L'Os à moëlle, Vendredi, Le Rire, etc. La guerre arrive, il se planque à Marseille puis près de la frontière suisse, continue le dessin d'humour dans Ric & Rac, Dimanche

Bizarre

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49), Double bedside book (1952), The tattoed sailor (1953), Le PDG (1961)… Les Etats-Unis l'adorent et le publient aussi : William Waste (1946), Little boy Brown (1949), The magic current bun (1953) illustrent des auteurs célèbres, comme en

Les larmes de crocodile

France Lettres des îles Baladar, 1952 avec Prévert (n° 59), On vous l'a dit, 1954 avec L'Anselme (n° 381), Si tu t'imagines, avec Queneau (n° 101). C'est en 1956 que la célébrité démarre quand il sort un simple album à colorier, mais vraiment d'une simplicité absolue et d'un dépouillement graphiquement parfait : Les larmes de crocodile, traduit partout, primé… Il fait encore des albums seul, Half-naked knight (1958), The Penguin André François (1964) ou illustre Little ou Arthur le dauphin qui n'a pas vu Venise Bizarre

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FLUIDE GLACIAL N°409  

C'est un spécial Stones (Rolling)

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