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5 priorités pour l’écoquartier Saint-Vincent-de-Paul

EELV Paris 14 - mars 2013

Saint-Vincent-de-Paul : une vision écologiste Le périmètre de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul est une parcelle unique, de 3,2 hectares, en plein cœur de Paris. Son réaménagement en éco-quartier est donc un enjeu majeur pour les parisiennes et parisiens d’aujourd’hui et de demain. Ils doivent y trouver des lieux de vie et d’habitation accueillants, respectueux de l’environnement et favorisant le lien social au quotidien. L’avenir d’un tel site ne peut se décider en cercle restreint. Il doit faire l’objet de débats aussi larges que possibles associant une grande diversité d’acteurs : conseils de quartier, experts en urbanisme et aménagement du territoire, associations, partis politiques, habitantes et habitants de la ville de Paris…. Nous, écologistes, souhaitons donc qu’une large concertation ait lieu, basée sur un calendrier clair, laissant suffisamment de temps pour penser collectivement le futur éco-quartier Saint-Vincent-de-Paul. Dans le cadre d’une telle concertation, nous voulons avancer quelques propositions pour contribuer à esquisser ce que pourrait être un éco-quartier vraiment exemplaire. Le label «éco-quartier » n’est en effet pas forcément gage d’une grande ambition écologique. Pour nous, un éco-quartier n’est pas uniquement un ensemble de bâtiments construits à partir de matériaux respectueux de l’environnement ; c’est surtout un lieu qui favorise le vivre ensemble, la coopération, le respect d’un mode de vie durable. Que

pourrait

être

un

éco-quartier

Saint-Vincent-de-Paul

« exemplaire » ? Voici

nos

5

priorités :

1/ Un quartier avec de la mixité sociale : Notre société souffre de la montée des inégalités sociales. À Paris, celle-ci prend d’abord la forme des inégalités en matière d’accès au logement : les ménages les plus défavorisés, ainsi qu’une part toujours plus importante des classes moyennes n’ayant plus les moyens d’y habiter. > La répartition des logements devra donc favoriser la mixité sociale : 50% de logements sociaux, 20% de locatif accessible aux classes moyennes, 30% d’accession à la propriété > En ce qui concerne la part de 20% de locatif accessible, des solutions innovantes telles que les baux emphytéotiques devront être encouragées. > Toutes les générations devront être présentes à Saint-Vincent-de-Paul. Nous soutiendrons donc tout projet qui vise à faire cohabiter des équipements destinés à diverses catégories d’âges, des crèches aux EPHAD.

2/ Un quartier respectueux de l’environnement La priorité doit être de limiter autant que possible les émissions de dioxyde de carbone, de tendre vers la sobriété énergétique, et d’optimiser la gestion des déchets > Par conséquent, un objectif ambitieux pourrait être de bâtir un quartier autant producteur que consommateur d’énergie. Toutes les techniques permettant d’atteindre cet objectif à un coût raisonnable devront être envisagées : isolation optimale des bâtiments, énergies renouvelables… > L’ensemble des équipements devra privilégier l’utilisation de matériaux recyclables > La construction des bâtiments intègrera une prise en compte de leur cycle de vie et de leur éventuel recyclage


5 priorités pour l’écoquartier Saint-Vincent-de-Paul

EELV Paris 14 - mars 2013

3/ Un quartier ouvert sur la ville et qui préserve des espaces verts Le futur éco-quartier n’a pas vocation à être un îlot urbain exceptionnel seulement accessible aux quelques privilégiés qui y résideraient. Il doit être un espace ouvert sur les autres quartiers parisiens > Des espaces de circulation et de promenade faisant le lien entre l’intérieur et l’extérieur du quartier devront être aménagés > Seuls les modes de transport doux seront autorisés à l’intérieur du quartier (vélos et piétons notamment) > Une continuité visuelle « verte » tout au long du quartier devra être recherchée, et se faire en lien avec les jardins adjacents comme par exemple ceux de la fondation Cartier

4/ Un quartier qui favorise le vivre-ensemble Cela passe tout simplement par des lieux privilégiés de vie commune, mais aussi par une mutualisation de certains services et équipements. > Une gestion collective de l’eau et des déchets permettant d’une part de susciter une plus grande responsabilité vis-à-vis des enjeux environnementaux, et d’autre part de diminuer le budget consacré au logement > Vers des équipements d’usage et non en propriété : ressourcerie destinée à gérer et valoriser les déchets (compost pour les espaces verts, etc.) qui pourrait être un lieu d’éducation à l’environnement ; laveries collectives économes en eau dans les immeubles, etc. > Des endroits de vie collective : ateliers, cafés associatifs, etc. des locaux devront être mis à la disposition de porteurs de projets impliquant des habitants du quartier

5/ Un quartier qui valorise son patrimoine historique Certains bâtiments doivent être conservés, du fait de leur dimension historique. Ils doivent être valorisés au sein du futur écoquartier. > Un consensus existe pour conserver le bâtiment du Pavillon de l’Oratoire, ainsi que le bâtiment Pierre Robin. > En ce qui concerne les autres bâtiments, une étude énergétique et patrimoniale devra être lancée, afin de pouvoir examiner les différentes hypothèses d’aménagement liées à la conservation des bâtiments, ou à leur démolition, totale ou partielle. > Entre conservation-réaménagement et démolition, les solutions les plus douces devront être privilégiées : les moins émettrices de CO2, et les moins productrices de déchets. La question de la rationalisation du coût financier de ces opérations est évidemment posée, mais dans toutes ses dimensions : à court terme, comme à long terme. De petites économies à court terme peuvent en effet se traduire par des coûts importants à long terme. Un écoquartier doit rendre visible les mutations urbaines amorcées pour négocier le virage de la durabilité et être la manifestation concrète des avancées de la politique écologique et durable de la ville. Il doit permettre d’ouvrir un débat argumenté sur les doutes relatifs à l’efficacité de certaines techniques de construction ou favoriser une expérimentation – in situ et in vivo – de différents dispositifs éco-techniques susceptibles d’être, par la suite, généralisés à la ville entière. Il est un lieu d’inventivité pour la diffusion de comportements éco-citoyens, de modalités participatives de production du bâti ou de la bonne gestion des mixités, un lieu où l’on peut faire la démonstration que l’on peut VIVRE MIEUX ET VIVRE BIEN. C’est le pari de l’écologie politique !

EELV nos 5 priorités pour Saint Vincent De Paul  
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