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Jean-Luc FLINES

La chaisière du Luxembourg

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Jean-Luc Flines

La chaisière du Luxembourg nouvelle


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La chaisière du Luxembourg

La chaisière du Luxembourg Août 2007 J’avais rencontré, en plein mois d’août, assis sur une chaise métallique verte du jardin

du Luxembourg, un gars qui voulait absolument trouver la responsable de ces chaises pour lui payer la location de la sienne. Il me demanda si je n’avais pas une idée du prix sachant qu’il était là depuis 11 heures du matin et, qu’en ce milieu d’après-midi, il souhaitait régler son dû avant de rentrer chez lui! Le jardin en question est un lieu propice à la rêverie et à la sérénité. Le parc attenant au Sénat a la particularité d'offrir à ses promeneurs des chaises et fauteuils mobiles à volonté dans les allées ombragées du parc ou au bord du grand bassin. C’est effectivement au XVIIIe siècle, que l'enthousiasme des visiteurs pour les jardins parisiens incita les pouvoirs publics à y installer des sièges bien plus commodes que les bancs existants. L'activité de location des sièges fut adjugée à des entrepreneurs privés. A l’époque, la rétribution du loueur avait été fixée à 10 centimes par chaise, pour les 1500 chaises en bon état mises à dispositions des flâneurs pendant la belle saison. Mais pendant les périodes troublées qui précèdèrent l'avènement de la IIIe République et le retour du Sénat à Paris, tout fut bouleversé dans la gestion de ce patrimoine public. Donc, depuis 1872, la concession des sièges avait été adjugée aux enchères publiques et c’est l'Etat français qui fut propriétaire du jardin et qui dut administrer ce bail particulier! En 1920, les tarifs, en francs, étaient ainsi fixés à 0,20 pour les chaises et 0,30 pour les fauteuils. En 1929, la gratuité des sièges fut définitivement acquise, en tout cas pour les mutilés de guerre. Les chaisières étaient souvent croquées en vieilles femmes hargneuses dont le métier ingrat ne disparaîtra qu'en 1974 suite à la gratuité totale de tous les sièges! Voilà donc plus de 30 ans qu’on ne paie plus rien pour s’asseoir au jardin du Luxembourg!

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N’en déplaise à cet homme original qui s’était mis en tête de régler la note de son temps de quiétude parmi les promeneurs, les moineaux et les quelques insectes agaçants de l’été! Je m’étais écarté de sa présence car j’exècre être plongé dans une situation absurde! C’est vrai qu’en vrai Parisien, je trouvais incongru d'ignorer cette pratique de la gratuité qui n’est pas une exception dans la Ville Lumière! J’avais gagné la fontaine de Médicis, histoire de me dépêtrer de ce gars, pas bien méchant mais quelque peu raseur. Au bout de dix minutes, il rappliqua! Alors qu’il y avait encore, en ce début de soirée, pas mal de monde dans le jardin, il fallait absolument que ce soit moi, qui l’éclaire sur la manière de régler sa note de location de la chaise verte qu’il avait occupée une bonne partie de la journée! Une véritable mise en abîme qui eut tôt fait de m’exaspérer! Je me disais en moi-même que la connerie de ce type ne devait être que la partie visible de son crétinisme! Ce genre de scène au cinéma ou à la télévision me déconcerte mais ici elle me pétrifiait plus qu’elle ne me fascinait ! « C’est quand même formidable, bredouilla-t-il en se penchant vers moi, à l’heure où tout se paie très cher et où chaque centime compte dans la vie économique d’un homme, je ne trouve personne pour régler le prix de ma chaise! C’est stupéfiant, non!? Même Madame Edith n’est pas à son poste! -Madame Edith!?, lui dis-je avec étonnement; -Oui, la petite dame en noir qui déplace les chaises et perçoit la location régulièrement! Vous n’allez pas me dire que vous ne la connaissez pas! - Je n’ai jamais vu cette petite Edith dans ce jardin, et pourtant j’y viens régulièrement Oui! Insaisissable cette chaisière! Sans doute une petite furibonde et goguenarde qui se retrouva dans les bouges de Paris avant d’embrasser ce boulot auquel elle dut sa survie en milieu bien tempéré du jardin du Luxembourg! Mais est-ce bien de cette personne dont m’entretenait cet individu quelque peu singulier! Sais-t-on jamais?! J’ignorais si je devais me laisser poursuivre par cet égaré d’un autre temps, par ce désespéré opiniâtre ou si je devais me forcer à le considérer tragiquement dans la situation où il s’était placé! La bêtise avait l’air de s’imposer comme le seul antagoniste à sa dimension. Je tentai de me lever une fois de plus de ce banc, mais il revint à la charge et me colla aux basques en me tirant par la manche! Je le laissai faire. - Je dois vous montrer quelque chose mon cher Monsieur, qui vous aidera sans doute à vous mettre sur la piste de la personne que je recherche en vain! Me dit-il sur un ton suppliant! Il tira d’une enveloppe brune une photo qui me stupéfia dès qu’il me la dévoila ! http://alexandrie.online.fr

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-Vous, voyez, Monsieur, c’est elle, chaque fois, c’est elle ….c’est bien elle dans sa petite robe noire!... -Madame Edith Pi….? lui fis-je faussement intrigué ! -Oui, c’est elle,... C’est bien elle Madame Edith ! - J’étais confus intérieurement et je levai les yeux au ciel car j’étais pétri de honte d’avoir traité Edith Piaf de petite furibonde goguenarde, sans savoir que c’était elle! Car c’était bien elle! Pas de doute possible! Elle était placée devant une série de chaises dans ce Jardin du Luxembourg et en soulevait une à l’avant plan, pour la déplacer. Elle souriait largement, probablement parce qu’on la photographiait amicalement! -C’est donc elle, votre chaisière! ajoutai-je encore sous l’impression penaude d’avoir été grugé par ce type qui confondait la « môme Piaf » avec une préposée au mobilier urbain du jardin du Sénat!... Tout compte fait, je me dis que c’était bien possible qu’Edith Piaf soit venue en balade dans le jardin avec quelques amis relatant son quotidien, son travail, ses amis, ses amours, ses blessures, ses drames et disposant, d’une façon plus conviviale, les chaises métalliques vertes pour ses familiers. J’imagine aussi volontiers un Charles Aznavour ou un Eddy Barclay tirant le portrait d'une femme fragile et d'une artiste écorchée vive à mille lieues de la star immortelle de la chanson française. Il fallait donc que je l’admette. - C’est quand même une bêtise, cette histoire de chaise!... Vous ne trouvez pas, Monsieur ? me dit-il le plus sérieusement du monde! J’éprouvais de la pitié pour cet homme déjà âgé! Et si j’éprouvais de la mansuétude c’est qu’il était arrivé quelque chose qui fasse vraiment pitié et que tout ne m’était pas encore égal. Pourquoi donc avais-je, soudain senti que ça ne m’était pas égal et que j’avais pitié de cet égaré du temps? - L’élite croit que la méchanceté prouve son intelligence et que la bonté démontre la bêtise. Le drame est là! me glissa-t-il subrepticement à l’oreille pendant que je m’épanchais sur mon aptitude à éprouver de la condescendance. Oui! et c’est là qu’était le drame! Voilà un lieu commun qui constitue une manifestation remarquable de la bêtise! - Il faut absolument purifier l’esprit de ce mystère et lui donner l’occasion de s’extraire de l’amalgame afin d’accéder à une certaine idée de la liberté et échapper ainsi à l’étourderie! Ne pensez-vous pas, Monsieur!?

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-Un savant m’a dit un jour qu’on avait plus de contacts avec le mystère si l’on n’était pas engoncé par les doctrines, avec la chance si l’on jetait sa pièce de-ci de-là sur des chiffres, au lieu de se plier aux martingales. Que la science retardait sa course en se comptant et recomptant les jambes et que l’école buissonnière risquait de nous mettre sur le bon chemin. Qu’on avait vu des meutes perdre la trace alors que le nez d’un roquet tombait juste!…. Je restais sans voix car j’essayais de décoder cette pensée qui n’était, à mes yeux du moins, qu’une bêtise intelligente. Cet homme qui, a première vue, perdu et déphasé me semblait audacieux et performant dans des lieux communs finement taillés, sortes de bouées lancées dans la mer de mon ignorance pour tenter d’éclaircir cette évidence alambiquée. Sa façon de m’entretenir hors de tout contexte palpable me procurait une certaine douleur mystérieuse et flottante dans la situation . Non, j’étais incapable de traduire cette impression transitoire qui m’était apparue à ce moment précis. Cela m’agaçait! Mon interlocuteur était vraiment sorti du problème qui le préoccupait quelques minutes avant cette réflexion complexe : trouver une chaisière qui puisse satisfaire son besoin de régler la location de son siège. Moi je me sentais de plus en plus idiot et c’est évident que la contexture de certains microcosmes nous rend de plus en plus bête! Et cet homme virait sérieusement au délire avec une maîtrise de soi incroyable! Peut-être était-ce de l’orgueil ? Je sentis de l’inspiration en fixant ces yeux bleus et je lui sortis assez spontanément: «Vous savez, mon ami, l’invisible a ses sentiers, et moi, j’ai les miens. Il ne partage pas mon besoin de me fortifier dans l’intelligence. S’il me fuit, c’est très bien pour lui et tant pis pour moi. Peu lui importe mon rôle d’aliéné et ma suffisance à penser que je suis libre!» - Je ne comprends rien à rien, mon bon monsieur ! D’ailleurs, l’homme est un infirme. Je veux dire qu’il est réduit par des perspectives qui le limitent et le condamnent à ignorer l’infini hors dimension. Par exemple, voyez-vous, j’ignore dans ce petit périmètre où peut bien se nicher Madame Edith et je suis condamné à errer dans ce jardin jusqu’à son prochain passage pour que je puisse enfin régler ma location. Et je ne la vois pas venir et je me tue à l’attendre! Je sais que cette dame n’est pas faite que pour moi seul! Je me ronge les sangs, le monde n’existe plus et je sens que je vais m’éteindre avant même d’avoir régler mon dû. Je n’ai même plus de plaisir à m’installer sur un siège dans ce parc car je sais que désormais je ne trouverai personne pour s’occuper de ma location. Cette préoccupation me hante à tel point que je ne suis même plus saisi par le charme de ce jardin, qui reste, malgré son prestige et sa grandeur, un jardin de quartier. Il a été fréquenté par les plus grands Parisiens, entraînant dans leur vie d'homme accompli les souvenirs inaltérables des courses de voiliers sur le bassin central, des petites randonnées en poneys suivies de pauses-friandises dans les petites baraques en bois vertes ou encore des balançoires titanesques qui vous emportaient presqu’au ciel . Pourtant, je le sais, le charme est resté probe. Vous y croisez toujours des promeneurs romantiques, qui se regroupent

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souvent au bord de la fontaine Médicis, des étudiants, des gens ordinaires, des familles, ou des mélomanes qui profitent des concerts. Il soliloquait sans réellement m’adresser la parole. Son regard s’était figé tout comme le temps suspend son vol. Il se laissait gagner par l'envie de flâner sous le couvert ombragé de quelques pensées fleuries et exotiques, arpentant des allées bordées d’images ressassées. Et puis, noyé dans ses songes éthérés, sans déplacer son regard errant, il sortit lentement de la poche intérieure de son manteau, un miroir brisé, acéré vers le bas. Puis il me le tendit vers mon visage en cachant le sien, tant et si bien que ma tête s’était substituée à la sienne. Ce miroir me dérangeait. -Sans se miroir, prononça-t-il de sa voix métallique, sans ce miroir, la bêtise triompherait, grassement assise sur les pelouses de ce jardin. Ce miroir donne forme à une matière incertaine qui voudrait être l’esprit mais qui n’est encore que le corps. Les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer les images. -Ah ! jolie pensée !..le miroir…. -Silence, jeune homme ! Ce miroir ne fait pas les choses mais il les raconte! À force de ne jamais réfléchir, on a un bonheur stupide. Alors taisez-vous encore une fois! Ceux qui font les choses se taisent et vous vous allez faire de grandes choses dans ce monde! - Je ne suis guère brillant et encore moins prophète et comme écrivain l’avenir…. -L’avenir n’appartient à personne. Il n’y a pas de précurseurs, il n’existe que des retardataires. Vous êtes un enfant prodige ! - Comment le savez-vous ! -Vos parents ont beaucoup d’imagination, je les ai souvent rencontrés autour du bassin quand vous veniez jouer avec votre père et vos voiliers multicolores… Il abaissa lentement le miroir vers le bas et je découvris avec stupeur que les orbites de ses yeux étaient ensanglantées et obscures. Un léger filet de sang coulait là où généralement ruissellent les larmes. -Beaucoup d’hommes naissent aveugles, murmura-t-il à peine, et ils ne s’en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux.On ferme les yeux des morts avec douceur; c’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants. Alors ouvrez les vôtres! -Mais vous saignez, vous êtes blessé…. Permettez que….. -Assez, je vous reproche d’avoir dit trop de choses à dire et pas assez de choses à ne pas dire. Je ne suis pas aveugle, au contraire tout est clair! 8

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-Je crois cher monsieur que faire son salut à Paris est impossible; l’âme est trop distraite. Je vous assure que vous vous trompez, les chaises, ici au Luxembourg comme dans tous les parcs de Paris sont gratuites! De plus il n'y a pas de «Madame Edith» dans ces allées! Ca y est, je lui avais dit, tant pis! Enfin une bonne action! J'en avais assez de poursuivre cette rencontre absurde! Cet infirme du temps était limité par des dimensions qui le rendaient ridicule et l’empêchaient de profiter pleinement des plaisirs simples et libres de cet havre de paix au coeur de la capitale où de telles dimensions surréalistes n'existaient que dans les livres. Je ne comprenais pas pourquoi le destin lui infligeait cette infirmité démente et cette hantise ridicule d'être coupable d'un méfait dont les bases frisaient l'extravagance, jusqu'à concevoir et se noyer dans l’inconcevable. La chaise était bien plus qu'un accessoire du mobilier urbain de ce jardin. Elle était investie d'un rôle et participait à la mise en place de la tension tragique. Objet du souvenir de l'âme d'enfant dans un corps de vieillard égaré! Les sièges métalliques verts, dispersés et abandonnés sont les moyens qui permettaient le passage d'un lieu à un autre. L'inconnu se déplaçait de chaise en chaise ne sachant plus s'il pouvait continuer à les occuper sans la présence de la chaisière. Ces objets banals, apparemment sans âme, peuplaient à eux seuls le lieu. L'homme aux yeux crevés se considérait comme intrus tant qu'il n'avait pas régler le prix de cette location! Il volait le rôle des chaises et les empêchait de converser entre-elles! Une évidence! Cet homme était un poète et comme tout poète, son drame, c’était qu’il devait vivre au-dessus des moyens de son époque! La folie du temps avait fait de lui un personnage à qui il refuserait même de serrer la main! Sa propre superstition l'obligeait à se mettre en règle avec les coïncidences. Ce prophète du passé se souvenait du présent et de l'avenir comme un flash-forward d'un passé sans frontière, un homme posthume et un artiste vivant que l'élégance obsolète et le tact dans l'audace lui permettaient d'aller trop loin dans l'absurde. Un homme pur, libre et suspect plein de sagesse dans sa folie dont les circonstances valaient la peine qu'on s'y intéressât! Et cet homme me fascinait malgré tout! Au coeur de ma rêverie et de mon hypnose, il proclama debout: «Après votre révélation sur l'inutilité de ma quête, j'ai compris que plus je vieillissais, plus je savaitque ce qui ne s'évanouissait pas, c'étaient les rêves!» Il se rassit très lentement. Ses yeux avaient retrouvé leur forme ordinaire mais toujours inondés de ce bleu presque blanc. Après un moment il me fixa au milieu du front et me posa la question: «Qui croyez-vous que je sois?!» - Un dieu, lui dis-je un peu en panne d'inspiration!... un dieu parmi d'autres! Ajoutai-je

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- Ouh! là! Les dieux existent : c'est le diable! - Alors vous êtes le diable et vous vous en amusez! - C'est vrai, je pourrais être le diable car pour que les dieux s'amusent beaucoup, il importe que leur victime surgisse du plus lointain des temps et le temps des hommes est de l'éternité pliée! Moi le diable, je suis une victime qui est sortie du rang! Pour être libre, il faut se déclasser, sortir du lot sinon vous empestez la mort! - Et par quel prodige est-ce possible! Formulai-je un rien amusé. - Un prodige!? mmh!mmh! Je ne me l'explique pas! Simplement admettez- que s'en est un! Songez qu'ils nous arrangent et lorsque les phénomènes nous dérangent, il vaut mieux ne plus y croire et penser alors simplement que c'est une gracieuseté du... Là, il s'interrompit et son regard s'immobilisa. Ses yeux dégageaient une lumière douce. Je me tournai vers la source de son regard. Je vis pointer du fond de l'allée une petite slihouette frêle et noire! Une apparition avec un sourire plein de tendresse et des yeux fiévreux. Une femme enfantine et désespérée à la fois. Elle n'était rien que toute petite, toute maigre, mal coiffée avec un petit chandail noir et des souliers ordinaires un peu boueux! Le poète tendit les bras vers elle comme pour libérer un espace réservé d'avance afin que quelqu'un vienne se glisser à l'intérieur de lui! - Vous, Edith!...enfin!... Je désespérais!... Allons venez Edith! Vous asseoir sur cette chaise, dans ce jardin où j'abite! Ici vous serez à l'aise! Laissez-vous faire, Edith! Et prenez bien vos aises, vos peine sur mon coeur et vos pieds sur cette chaise! Je vous reconnais Edith! On s'est connu avant, je ne suis qu'un poète hors du temps! On s'est frôlé chaque jour quand vous passiez hier comme une ombre dans l'allée. La petite dame en noir lui serrait les deux mains! Moi je ne voulais pas briser cette intimité et je reculai lentement sans faire de bruit. Je vis des larmes qui se cristalisaient sur les joues du poète et, avant de disparaître, j'eus encore l'opportunité d'entendre Madame Edith lui souffler avec une grande tendresse: «Mais vous pleurez, Milord Jean, ça je ne l'aurais jamais cru!» fin

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«Le seul mot qui puisse remplacer le mot Paris, c'est le mot Piaf» Jean Cocteau

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Jean-Luc Flines Jean-Luc Flines est un auteur dont l'inspiration est à la fois classique et surréaliste, à la frontière de l'absurde. Il écrit également des nouvelles et des romans.L'écriture est une de ses raisons de vivre et son imagination, l'âme de ses histoires. J-L Flines écrit notamment des textes sur le thème du fantastique, des chroniques imaginaires à propos de l'Amérique des années 1910-1960 et des récits dans lesquels l'art occupe une place essentielle. Il est également aquarelliste et illustre régulièrement ses propres textes. Enseignant de formation, il s'occupe d'un atelier d'écriture théâtrale pour des jeunes âgés de 10 à 12 ans. Il a régulièrement participé à des stages de mise en scène et d'acteur au sein du Théâtre National de la Communauté Française de Belgique avec notamment Bernard De Coster et l'auteur Bernard da Costa pour l'écriture dramatique. Il réalise régulièrement des films de courts-métrages pour présenter ses oeuvres picturales. Ses aquarelles ont été exposées à Bruxelles, Charleroi, Paris, Marseille, Nîmes, Arles, Avignon,Sion, Francfort, Tokyo.

La chaisière du Luxembourg Paris, recomposer son visage éternel au travers de personnages insolites. Des rencontres promenades avec l’étrange. On croit qu’on rêvasse le long d’un trottoir, au bord de la Seine, au milieu d’un parc de verdure et on se souvient!......On se souvient qu’au jardin du Luxembourg, le Sang du Poète était bien vivant le temps de croiser Madame Edith, la môme-chaisière!?....

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LA CHAISIERE DU LUXEMBOURG  

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