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ÉDITO Tout Comprendre Max est édité par Fleurus Presse SAS au capital de 500 000 € Comité de direction : Emmanuel Mounier (Président et Directeur de la publication), Sarah Cathelineau (Directrice administrative et financière), Julien Beytout (Directeur commercial et Business Development), Juliette Salin (Directrice des rédactions). Rédaction : 2, villa de Lourcine 75014 Paris Rédactrice en chef : Karine Jacquet Secrétaire générale de rédaction : Clara Baudel Concepteur-graphiste : Denis Truchi Secrétaire de rédaction : Michelle Foucart-Orsel Iconographe : Béatrice Bon Ont collaboré à ce numéro : Laurène Bertelle, Alice Bomboy, Gisèle Foucher, Delphine GastonSloan, Patrick Gaumer Crédits couverture : © Callofthewild ; iStock ; Yathin Krishnappa ; Wiki ; Velvetfish ; SPL ; Fotolia

Responsable des ventes directes : Thibaud Moussion Gestion des ventes au numéro : Réservé aux dépositaires et aux marchands de journaux : Destination Media, Tél. : 01 56 82 12 06. Fax : 01 56 82 12 09. Distribution : Presstalis Publicité : Unique Heritage Media Directrices de publicité : Nathalie Demougeot Tél. : 01 56 79 36 53 Email : n.demougeot@uniqueheritage.fr Marie Cabuil Tél. : 01 56 79 36 51 Email : m.cabuil@uniqueheritage.fr Fabrication : Créatoprint, 06 71 72 43 16. Impression : Corelio Printing, Keerstraat 10 9420 Erpe-Mere; Belgique Conditionnement : BRC, ZI du Bois de l’Épine, 10 avenue du Front Populaire, 91130 Ris-Orangis. Commission paritaire : 0619 K 92154. Loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Dépôt légal à parution Actionnaire : UNIQUE HERITAGE MEDIA

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Une incroyable source d’inspiration E

n 1991, Bernard Werber offrait dans son livre Les Fourmis une incroyable et inédite plongée au cœur d’une colonie de fourmis. Les lecteurs découvraient, stupéfaits, les comportements, les us et coutumes de ces insectes sociaux, et finissaient par s’attacher à une famille d’insectes à laquelle généralement personne ne prête attention, même si elle est omniprésente. Huit siècles plus tôt, Le Roman de Renart livrait, lui, une peinture plutôt satirique de la société féodale avec pour personnages principaux un renard, un loup, un lion… et une horde d’autres animaux hauts en couleur. L’homme, cet animal social comme le décrivait Aristote, évolue dans un monde peuplé d’animaux. Et s’il trône au sommet du règne animal, il ne peut s’empêcher de les observer. Et de les admirer. La diversité de leurs formes,

de leurs tailles, de leurs modes de vie, de leurs comportements et de leurs performances est une source inépuisable d’étonnement et, pour certains comme les auteurs, les cinéastes, les peintres… d’inspiration. Comment ne pas être impressionné par la vitesse d’un guépard, les constructions des termites, les dimensions d’une baleine bleue, l’abnégation du mâle hippocampe pour ses petits ? Car pour peu que l’on prenne le temps de s’y intéresser, tous les animaux, des plus petits aux plus grands, se révèlent fascinants. Bien que certains soient terrifiants, voire dangereux, ils n’en restent pas moins étonnants. D’ailleurs, même ceux qui ont disparu de la surface de la Terre nous intriguent. Au point que certains scientifiques travaillent d’arrache-pied à les ressusciter… La rédaction

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Sommaire 06 DERNIÈRE MINUTE 18 LES ANIMAUX EN CHIFFRES 22 L’ESPÉRANCE DE VIE DES ANIMAUX 24 LEURS CYCLES DE VIE 26. 28. 30. 31. 32. 33. 34. 36.

Le manchot empereur Le poisson-clown La libellule La limace de mer La méduse La grenouille L’hippocampe Le papillon

38 DES MILIEUX ET DES ESPÈCES 40. 42. 44. 46. 48. 50. 52. 54. 56. 58. 60. 62. 64. 66. 68. 70. 72. 73. 74. 76. 78.

L’Amazonie Les forêts tropicales humides Zoom sur le panda géant Les déserts chauds Zoom sur le suricate Zoom sur le scorpion Les îles Galápagos Les récifs coralliens L’Arctique Zoom sur l’ours polaire L’Antarctique Zoom sur le manchot empereur La taïga Les étangs Zoom sur le martin-pêcheur La savane Zoom sur le vautour Zoom sur la termitière Les estrans Yellowstone Zoom sur le loup

80 LES MAÎTRES DU CAMOUFLAGE 90 DRÔLES DE GUEULES 92. Le grand avaleur 93. La chauve-souris rouge à lèvres Le crapaud cornu 4 | TOUT COMPRENDRE MAX

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94. La limule 95. Le lézard à collerette 96. La fourmi zombie Le rat-taupe nu 97. Le papillon marin L’axolotl 98. La myxine 100. Le cerf d’eau chinois L’antilope girafe Le loup à crinière 101. L’aye-aye 102. Le narval 103. Le blobfish Le condylure étoilé 104. Le bec-en-sabot du Nil L’échidné à long bec 105. L’olm La tortue molle de Floride La chauve-souris Yoda

106 MICRO ET MACRO-MONSTRES 108. Les acariens 110. Le pou 112. Le morpion Le lépisme 113. Le termite 114. Où sont-ils dans la maison ? 116. Les insectes Le weta géant 118. Le scarabée titan Le scarabée Goliath 120. La mante chinoise La chenille cornue du noyer L’atlas

122 LES GRANDS PRÉDATEURS Les félins Zoom sur la chasse Zoom sur le guépard Zoom sur le lion Les oiseaux de proie Les reptiles Les requins L’orque

140 DISPARUS POUR TOUJOURS ? 164 LES ANIMAUX EN CHIFFRES 168 ACTUS SCIENCES & TECHNO 180 AGENDA 190 QUIZ

© Thinkstock ; Dreamstime ; iStock ; Shutterstock ; Wiki ; Callofthewild ; Velvetfish

124. 126. 127. 128. 130. 132. 136. 138.

Ce numéro comporte : - un encart kiosque sur les exemplaires destinés aux kiosques - une offre de réabonnement

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DERNIÈRE MINUTE

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Chenille à plumes

© J. Luis Rodriguez/Solent/Sipa

De loin, ils passent pour une chenille, mais ce sont bien neuf oiseaux qui se sont agglutinés ainsi sur une branche ! Les guêpiers d’Europe n’ont pas l’habitude de se coller les uns aux autres, et il est probable qu’ils aient choisi de se regrouper en rang serré pour se tenir chaud. Il faut dire que ces petits volatiles colorés n’aiment pas le froid : si on les trouve en été dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord, ils migrent vers les régions moins froides de l’Afrique tropicale, de l’Inde ou du Sri Lanka quand vient l’hiver. L’instant a  été capturé par le photographe José Rodriguez, près  de la rivière Adaja, en Espagne.

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DERNIÈRE MINUTE

Le crapaud et l’ombrette Cette photographie semble tout droit sortie d’un livre des fables de La Fontaine : elle montre un batracien s’accrochant au bec d’une ombrette africaine, dans un ultime espoir de survie avant d’être avalé ! Cet oiseau (aussi appelé ombrette du Sénégal) peuple tout le continent, du sud du Sahara à l’Afrique du Sud. Il vit près des eaux peu profondes où il traque ses proies – généralement des têtards, crapauds, poissons et insectes. Mais sa nourriture ne se laisse pas toujours faire : en témoigne ce moment immortalisé par Hendri Venter, Sud-Africain spécialisé dans la photographie d’animaux sauvages.

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Deux en un

© Hendri Venter/Solent News/Sipa ; Estani Santos

Vous préférez les chats noirs aux yeux bleus, ou roux aux yeux verts ? Avec Quimera, pas la peine de choisir ! Comme son prénom l’indique, cette jolie chatte argentine est un cas rare de « chimère », une anomalie génétique où un seul organisme possède deux ADN différents. Ce nom est inspiré de la mythologie grecque : la chimère est un monstre ayant une tête de lion, un corps de chèvre et une queue de serpent ou de dragon. En génétique, rien d’aussi extrême : l’anomalie est provoquée par la fusion de deux œufs fécondés dans le ventre de la mère, comme si deux jumeaux avaient fini par ne former qu’une seule personne. Une erreur de la nature qui a valu à Quimera un très grand succès sur internet.

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DERNIÈRE MINUTE

Buffles en tenue d’apparat Ils se parent de bijoux et de couleurs pour l’occasion : chaque année, les buffles d’Asie sont mis à l’honneur à Bali, en Indonésie, lors d’une course traditionnelle appelée Makepung. Celle-ci oppose deux communautés agricoles de Negara, capitale du district de Jembrana. L’une est représentée par la couleur verte ; l’autre, par le rouge. L’événement a lieu en automne pour fêter la fin des récoltes et  dure environ cinq heures, durant lesquelles plus de 200  buffles, utilisés le reste de l’année comme animaux de trait, courent alors  sur une distance de  presque 2  km.

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© Carters News/Sipa

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DERNIÈRE MINUTE

Des manchots par milliers Quelle surprise pour les scientifiques qui étudient l’Antarctique ! En scrutant des images satellite prises au-dessus d’un archipel du continent de glace, ils ont identifié un groupe contenant à lui seul environ 1,5 million de manchots Adélie ! Les chercheurs savaient déjà que ces îles abritaient un grand nombre de ces oiseaux, mais le décompte n’avait jamais pu être réalisé et il était largement sous-estimé. « Nous avons été stupéfaits par la quantité trouvée. À eux seuls, ils représentent plus de la moitié des manchots de la péninsule Antarctique ! » commente l’Américaine Heather Lynch, coauteur de l’étude. D’après elle, les conditions particulièrement froides et glacées de ce lieu expliqueraient cette densité. Car si cette rudesse climatique convient bien aux oiseaux repérés, elle est aussi très appréciée des krills, ces mini-crevettes que les manchots choisissent volontiers dans la composition de leurs repas.

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© Michael Polita, Louisiane State University ; Biotropica

Un bébé qui ne manque pas de piquant Son arrivée a fait beaucoup de bruit : le 7 décembre 2017 est  né un bébé coendou au jardin Biotropica, en Normandie. Le coendou est une espèce de porc-épic originaire d’Amazonie. Il en existe seulement une trentaine en Europe, et jamais un coendou n’était né en France auparavant. Le petit animal est déjà doté de piquants et son pelage est roux, pour l’instant ; il s’assombrira bientôt comme celui de ses parents. Baptisés Picasso et Rési, les deux porcs-épics sont arrivés il y a moins d’un an dans la serre tropicale de ce parc

animalier, lieu d’accueil de nombreux animaux qui ne vivent pas habituellement sous le climat tempéré de la France, tels que les paresseux ou les perroquets. Le couple s’y plaît tellement que le jeune porc-épic aura bientôt un petit frère, dont la naissance est prévue en juin. Animaux nocturnes et arboricoles (ils vivent 85 % du temps dans les arbres), les  coendous ont la particularité d’avoir une queue préhensile, c’est-à-dire qu’ils peuvent s’en servir pour saisir des objets, comme une main !

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DERNIÈRE MINUTE

Vortex animal Il arrive parfois que l’on soit bien entouré lorsqu’on part faire de la plongée ! Les carangues noires sont des poissons d’environ 70 cm que l’on trouve dans les eaux tropicales claires des océans Indien, Pacifique et Atlantique, entre 25  et 65  m de profondeur. Elles forment parfois des bancs, comme c’est le cas sur ce cliché de Jerome Kim, photographe sous-marin coréen parti explorer les eaux du complexe hôtelier El  Rio y Mar, aux Philippines, en compagnie d’un ami qui a pu repartir avec une belle photo souvenir. 14 | TOUT COMPRENDRE MAX

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Affrontement dans les airs

© Caters/Sipa ; Scott Suriano/Solent News/Sipa

Emblème des États-Unis, cet oiseau agrippant son rival n’est pas un aigle, malgré la croyance populaire, mais un pygargue à tête blanche. Contrairement à son cousin l’aigle royal, charognard qui se nourrit de petits mammifères, le pygargue est piscivore : il mange essentiellement du poisson. C’est bien là l’objet de la discorde entre les deux oiseaux observés par le photographe américain Scott Suriano près du barrage de Conowingo, dans le Maryland : l’un essaie vraisemblablement de  voler sa proie à l’autre en plantant ses serres  dans sa queue, tandis que l’agressé tente  de  fuir en piqué vers le sol.

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DERNIÈRE MINUTE

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Marchand de poissons

© Lê Quóc Phong

Non, ce n’est pas un poisson d’avril ! Si vous allez au marché de Hai Phong, dans le nord du Vietnam, vous apercevrez peut-être ce chat parmi les étals. Il s’appelle Chó, ce qui signifie « chien » en  vietnamien – son propriétaire, Lê Quóc Phong, qui adore le déguiser, a choisi ce nom parce que le chat se comporterait au quotidien comme un  canidé. Très populaire sur les réseaux sociaux pour s’être mis dans la peau d’un empereur, d’un policier ou d’un pirate, Chó a été invité par une vendeuse du marché pour attirer sa clientèle. Pas  d’inquiétude : le chat n’a pas à se tenir debout. Il  est confortablement assis sur ses quatre pattes, visiblement occupé à humer le poisson, tandis que  son déguisement est attaché comme un bavoir.

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Les animaux en chiffres Des centaines de milliers d’espèces Nombre d’espèces vivantes décrites (Nombre total estimé)

Oiseaux

9 990

(plus de 10 000)

Insectes

Araignées

(5 000 000)

(600 000)

1 000 000

102 248

Poissons

31 153

(40 000)

Crustacés

47 000

Mammifères

5 487

Amphibiens

Reptiles

(15 000)

(10 000)

6 515

(5 500)

(150 000)

8 734

Mollusques

85 000

(200 000)

Source : Arthur D. Chapman, Australian Biodiversity Information Services

Une tortue peut rester

3h

sous l’eau sans respirer

300 km/h

C’est la vitesse que le faucon pèlerin atteint lors d’un piqué

10 MÈTRES La taille du plus long serpent jamais répertorié

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LES BATTEMENTS CARDIAQUES DE LA BALEINE BLEUE S’ENTENDENT PARFOIS À

3 km

À LA RONDE

8 mètres La hauteur des plus grandes termitières en Afrique

3 000

23

heures C’est le temps qu’une harpie féroce (un aigle) peut passer perchée quand elle traque une proie

300 espèces

différentes

de coléoptères sont consommées par l’homme

200 kg C’est le poids d’un gorille des montagnes

30 mètres

C’est la longueur moyenne de la baleine bleue, soit 3 bus, pour un poids de 150 tonnes © Freepik

C’est le nombre de dents que l’on trouve dans les mâchoires d’un requin TOUT COMPRENDRE MAX | 19

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2 600 PLUS de

400 ESPÈCES DE REQUINS ONT ÉTÉ DÉCRITES

3,50 m

La taille que peut atteindre le crabearaignée géant du Japon

200 Le nombre moyen d’embryons que porte un mâle hippocampe dans sa poche

KM

C’est la longueur de la Grande Barrière de corail en Australie

Le scarabée Goliath est le plus lourd des coléoptères. Il pèse jusqu’à

100 g

11 cm pour

30 ans C’est le record de longévité d’une femelle mygale à pattes rouges

165 000 espèces de papillons ont été recensées dans le monde ; le plus grand, l’ornithoptère de la reine Alexandra, a une envergure de 27,5 cm

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650 kg

LE CŒUR D’UNE GIRAFE PÈSE

11 KG

ET SA LANGUE MESURE

C’est le poids de la plus grande tortue luth

50 CM

85 %

des espèces animales

Un œil de libellule contient jusqu’à

Le scarabée rhinocéros EST CAPABLE DE soulever

850

30 000 fois facettes

15 minutes

son poids

C’est le temps qu’il faut à une meute de hyènes pour dévorer un zèbre

Un manchot empereur peut nager jusqu’à

500 m

de profondeur © Freepik

Les insectes représentent

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L’espérance de vie des animaux 1

6

ANNÉES

1

Insectes

La plupart ne dépassent pas un an. L’éphémère, lui, porte bien son nom puisqu’il ne vit qu’un jour !

Loup gris

Crapaud

Le crapaud commun vit une dizaine d’années à l’état sauvage.

Dans la nature, il succombe souvent à des blessures, mais en captivité, il peut vivre jusqu’à 15 ans.

30

Perroquet

35

10

La plupart des espèces vivent une trentaine d’années. Les cacatoès et les perroquets amazoniens peuvent atteindre les 75  ans.

Rhinocéros noir

Hippopotame

Dans la nature, ce gros mammifère herbivore vit en moyenne 35 ans, mais certains atteignent 50  ans.

40

Sans véritable prédateur une fois adulte, cet animal amphibie atteint aisément les 40 ans.

Humain

L’espérance de vie moyenne en France est de 79,4  ans pour les hommes et de 85,4  ans pour les femmes, soit environ 82  ans.

82

Baleine bleue

90

Le plus grand animal du monde vit de 80 à 90 ans. D’autres espèces de baleines peuvent aller jusqu’à 200  ans !

120

160

200 240 280 320 360

400 Requin du Groenland

Le plus vieux vertébré du monde Le record de longévité chez les vertébrés (animaux dotés d’une colonne vertébrale) revient au requin du Groenland et à ses 400 ans d’espérance de vie ! Il surpasse, et de loin, la baleine boréale (qui évolue aussi dans les eaux froides de l’Arctique) et ses 200 ans. Il grandit de 0,5 à 1 cm par an, et peut dépasser les 7 m de longueur.

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Toucan

Son espérance de vie atteint les 20 ans.

15

12

Chat

Un chat domestique vit en général 15 ans… soit 76  ans en « années chat ».

Mouton

Certains individus atteignent les 20 ans, mais l’espérance de vie moyenne est de 12  ans.

25

20

Cheval

Il vit jusqu’à 25 ans, bien que cela puisse varier selon la race.

50

Cygne

Les cygnes peuvent aller jusqu’à 50 ans, mais les dangers de la vie sauvage font que nombre d’entre eux ne dépassent pas 7 à 12  ans.

60

Éléphant d’Afrique

Il vit une soixantaine d’années en liberté. Sa durée de vie diminue de moitié en captivité.

Moule perlière

Tortue géante

C’est l’un des invertébrés qui vivent le plus longtemps : un siècle ou plus !

Son métabolisme lent lui offre une durée de vie moyenne de plus de 100 ans. Certaines vont jusqu’à 150  ans.

150

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Leurs cycles de vie

26

LE MANC HOT EMP EREUR

32

LA MÉDUS E

28

LE P OISSONC LOWN

33

LA GRENOU IL L E

30

LA LIBELLULE

34

L’HIP P OC AM P E

31

LA LIMAC E DE MER

36

LE PAP ILLO N

© Shutterstock; Corbis; Dreamstime; Science Photo Library

sommaire

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CYCLES D E VI E

le manchot empereur 1

2

3

J an v i er - f év r i er

il part à la pêche

C’est l’été en Antarctique – n’oubliez pas que dans l’hémisphère Sud, les saisons sont inversées ! Le manchot adulte part pêcher de quoi se nourrir (poissons, crustacés, calmars…). Ma r s

il se prépare à L’hiver

Dès le mois de mars, les températures commencent à baisser. Bientôt, la région sera fouettée par des vents glaciaux, et il fera entre – 40 °C et – 70 °C ! Brrr… Av r i l

il migre vers le sud

Le mâle et la femelle reviennent de leur pêche et se dirigent vers le sud, où ils vont se reproduire.

4

M ai

il s’accouple et la femelle pond

Bien qu’une colonie de manchots puisse compter 12 000 individus, environ 15 % d’entre eux retrouvent le ou la même partenaire que l’année précédente. Après l’accouplement, la femelle pond un unique œuf, qu’elle laisse immédiatement entre de bonnes mains… ou plus exactement entre de « bons pieds », ceux du mâle, qui va se charger de le garder bien au chaud.

5

6

J u in-juille t

le mâle couve l’œuf

Durant neuf longues semaines, le mâle protège l’œuf, bien calé dans une sorte de poche au bas de son ventre qui isole et maintient la chaleur. Tout au long de cette période, il n’a rien à manger. Sur la glace, les conditions climatiques deviennent de plus en plus hostiles. Les mâles se protègent du froid en se serrant les uns contre les autres, et se relaient pour aller au centre du groupe, là où il fait le plus chaud.

M ai

la femelle va chercher à manger

Une fois l’œuf en sécurité, la femelle se lance dans une expédition périlleuse vers la mer, parcourant entre 80 et 160 km pour trouver de la nourriture.

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7

Ao û t

l’œuf éclôt

En plein cœur de l’hiver, généralement avant le retour des femelles, les poussins commencent à naître. Afin d’éviter qu’ils ne cassent facilement, les œufs du manchot empereur ont une épaisseur supplémentaire de coquille. Du coup, les poussins mettent parfois plusieurs jours à en sortir ! Les bébés manchots, recouverts d’un épais duvet gris argenté, restent ensuite sur les pieds du mâle, bien à l’abri sous la poche ventrale. Les malchanceux qui tombent de cette position ne survivent pas plus de quelques minutes aux températures glaciales.

S eptem b re

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la femelle revient

L’estomac rempli, la femelle retrouve sa famille juste après la naissance du poussin. Elle reconnaît facilement son partenaire dans la foule de manchots car chacun a un cri différent. Elle régurgite ensuite la nourriture stockée dans son estomac dans le bec de son petit pour le nourrir.

le petit quitte le nid

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Le juvénile fait sa première sortie

Tandis que l’hiver s’éloigne, le poussin quitte son « nid » douillet après sept semaines passées entre les pieds et le ventre de ses parents. Son duvet fait place à de vraies plumes imperméables. Pour se tenir chaud, les petits se rassemblent en groupes serrés appelés « crèches ».

S eptem b re

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O cto b re-no v embre

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le Mâle part à son tour en quête de nourriture

no v em b re

Les températures se radoucissent et font fondre la glace, qui se divise, permettant aux manchots d’approcher la mer plus facilement. Les jeunes, à présent complètement recouverts de leurs plumes d’adulte, peuvent suivre leurs parents et faire leur premier plongeon.

Enfin libéré de son devoir, le mâle se dirige vers la mer pour aller manger. Il est affamé : il a perdu près de la moitié de son poids au cours de ce long jeûne ! À son retour, il va se relayer avec la femelle pour rapporter de la nourriture.

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© F. Krahmer/Corbis ; Freepik ; Image Publishing

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CYCLES D E VI E

le poisson-clown

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abitants des eaux tièdes des océans Indien et Pacifique, les poissons-clowns sont des hermaphrodites protandriques : à leur naissance, tous les individus naissent mâles. Chaque colonie de poissons-clowns (environ 10 à 15 individus) vit dans une anémone de mer. Ce groupe est très hiérarchisé et comprend une femelle (généralement le plus gros poisson de la colonie), un mâle dominant et des mâles immatures dont le développement sexuel est interrompu. Si la femelle meurt, le mâle dominant se transforme en quelques jours en femelle tandis que le mâle immature le plus agressif et le plus gros se développe pour devenir le mâle reproducteur. 2. Parade nuptiale

1. Temps des amours

Pour attirer la femelle, le mâle dresse les rayons de ses nageoires, puis poursuit et chasse les autres prétendants. Il prépare également un nid (à l’abri d’une pierre, d’un rocher…) pour protéger les  œufs des prédateurs.

La reproduction peut avoir lieu toute l’année, mais est généralement concentrée six à dix jours avant la nouvelle lune, peut-être en raison de la visibilité accrue et des courants marins plus forts qui disperseront mieux les larves à la pleine lune.

3. Ponte

Emportées par les courants, les larves échappent à la protection de leurs géniteurs. Huit à douze jours sont nécessaires pour que la larve devienne un juvénile. À ce stade, le jeune poisson-clown quitte la colonie à la recherche d’une nouvelle anémone de mer.

4. Éclosion

Une dizaine de jours après la ponte, les yeux des larves, très brillants, apparaissent à la surface. Les œufs éclosent.

© Corbis

5. Dispersion des larves

Durant des heures, la femelle nage au-dessus du nid et y pond en moyenne 300 à 400 œufs (de 3 à 4 mm de diamètre), que le mâle va ensuite féconder. Ce dernier a  également la charge de brasser l’eau pour apporter de l’oxygène aux œufs fixés à la roche par des filaments adhésifs et éliminer les œufs non viables. Pendant ce temps, la femelle garde la zone, empêchant les intrus d’approcher du nid.

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animaux

marins en bande dessinée

Les Animaux marins en BD Tome 2 © 2014 Bamboo Édition - Cazenove & Jytéry - www.bamboo.fr

Le poisson-clown et sa copine Anémone

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CYCLES D E VI E

La libellule

D

ès l’arrivée des beaux jours, les libellules volent, virevoltent au-dessus des mares, des cours d’eau et des étangs : le printemps sonne l’heure de la saison des amours pour ces insectes de la famille des odonates. Les mâles patrouillent au-dessus de l’eau ou le long des berges, chassant le premier rival qui oserait s’aventurer dans leur espace. De leur côté, les femelles assistent aux prouesses aériennes des mâles avant de se laisser courtiser. Une fois l’élu trouvé, chaque couple se lance dans ce que les spécialistes nomment la roue de l’accouplement, une position digne des contorsionnistes, l’enchevêtrement des deux corps formant parfois un gracieux cœur. Abandonnée par le mâle sitôt l’acte accompli, la

1. Accouplement

Le mâle saisit la femelle par la tête à l’aide d’appendices (des pinces) situés à l’arrière de son corps. La femelle recourbe son abdomen et en place l’extrémité contre le deuxième segment abdominal du mâle. L’accouplement dure environ dix minutes.

femelle pond. Les œufs mettront entre quelques jours et une semaine à éclore suivant les espèces. La larve qui sort de chaque œuf ne ressemble en rien à ses élégants parents : aquatique, elle respire par des branchies et se nourrit de larves de moustiques. Durant des mois, voire des années selon les espèces, la larve grossit au gré de mues successives, changeant à chaque fois de peau.

DERNIÈRE

MUE . Quand la larve aptère (sans ailes) a atteint sa taille maximale, elle subit une ultime mue, qualifiée d’imaginale. Deux paires d’ailes bien développées apparaissent, ses organes génitaux mûrissent et son système respiratoire achève son développement pour lui permettre de respirer dans l’air.

7. Séchage

Avant de s’envoler, la libellule reste immobile le temps que ses ailes se déploient et  sèchent au soleil.

La larve est prête pour la grande métamorphose, mais d’abord, elle doit quitter l’eau et trouver un support, souvent une tige ou une pierre sur laquelle se fixer. L’enveloppe se fend derrière les yeux puis sur toute la longueur du corps. La libellule s’extrait doucement, le thorax en premier, puis la tête et les pattes. Totalement molle, translucide, les ailes fripées et l’abdomen compressé, la libellule reste prostrée le temps que son corps durcisse et que ses organes comprimés par l’exosquelette exigu prennent leur place. Ce processus dure environ trois heures.

6. Sortie de l’enveloppe

D’un violent coup de reins, la libellule adulte libère son abdomen de son enveloppe larvaire, l’exuvie.

5. Métamorphose

La larve mature passe au stade de nymphe. Elle émerge de l’eau et grimpe sur une tige ou un rocher. Elle s’immobilise, puis peu à peu son corps se gonfle d’air, faisant éclater sa peau juste à  l’arrière des yeux. Elle s’en  extirpe alors lentement.

2. Ponte

La femelle largue des centaines d’œufs dans l’eau, à l’intérieur d’une tige creuse ou sur la végétation.

4. Mues

Le stade larvaire dure de quelques mois à cinq ans suivant les espèces. La larve croît par mues successives (jusqu’à neuf). À chaque mue, elle déchire son ancienne peau (exosquelette), devenue trop étroite.

© Dreamstime

3. Éclosion

L’œuf éclôt en quelques jours et libère une prolarve, qui va entamer son développement par une série de mues successives. Carnivore vorace, elle se nourrit de larves d’insectes, de petits têtards, de vers voire de petits poissons.

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la limace de mer

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a « limace de mer » est un terme fourre-tout pour désigner diverses espèces d’animaux marins. La plus familière fait partie des mollusques gastéropodes mais est dépourvue de coquille, même si elle en possède une petite au stade larvaire. D’une taille pouvant varier de 7 à 40 cm suivant les espèces, les limaces de mer arborent des couleurs et des motifs très différents en fonction de leur environnement : rouge, brun, violet, vert, noir, uni, maculé, rayé, marbré… Hermaphrodites, elles ont un système reproducteur à la fois masculin et féminin, capable de produire des cellules sexuelles mâles et femelles. Pour autant, les limaces de mer ne peuvent pas s’autoféconder et doivent donc s’accoupler. Ces animaux peuvent cependant produire des œufs sans partenaire grâce à la parthénogenèse. Dans ce cas, les œufs sont des clones de la limace mère.

1. Œuf

La limace de mer pond ses œufs sur des hydraires, de petits invertébrés vivant en colonies sur des algues.

2. Véligère

À l’éclosion, la larve minuscule (de quelques centaines de micromètres de longueur) s’appelle une véligère. Elle rampe pour s’installer sur ses propres hydraires.

3. Perte de la coquille

Après une semaine, elle développe la radula, un organe couvert de milliers de petites dents acérées, qui servent à  râper les hydraires dont  elle se nourrit.

5. Croissance des rhinophores

Ces tentacules sensoriels émergent sur la tête. Ils détectent les substances chimiques, le mouvement et la pression de l’eau. © Thinkstock ; Alamy

La véligère ressemble à un escargot durant quelques jours puis perd sa coquille larvaire.

4. Émergence de la radula

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CYCLES D E VI E

La méduse

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résentes dans toutes les mers et tous les océans du globe, les méduses se reproduisent alternativement de manière sexuée, c’est-à-dire entre mâles et femelles, et de manière asexuée, par simple bourgeonnement. Le cycle de vie des méduses passe ainsi généralement par deux étapes : la première correspond à un stade où l’organisme, appelé polype, est fixé ; la seconde commence lorsque cet organisme devient sexué (mâle ou femelle) et nage librement. C’est alors une méduse.

7. Méduse juvénile

L’éphyrule croît et développe une grande ombrelle. Elle devient alors une méduse juvénile.

8. Méduse adulte

Indépendante de sa colonie, la méduse achève son développement. Elle est alors sexuée et capable de se reproduire à son tour.

1. Fécondation

La majorité des femelles méduses pondent des ovocytes dans l’eau, fécondés aussitôt par les spermatozoïdes des mâles.

5. Croissance

Le polype se développe en produisant des clones par bourgeonnement asexué. Le tout forme une colonie qui ressemble un peu à un empilement d’assiettes.

3. Planula

Une fois le développement embryonnaire entamé, l’œuf donne naissance à une minuscule larve ciliée appelée planula.

6. Éphyrule

2. Œuf

4. Polype

En quelques jours (entre cinq et quarante suivant les espèces et les conditions environnementales), la planula tombe au sol et se fixe. Elle se métamorphose alors en polype.

L’œuf formé par cette fécondation externe flotte librement dans l’eau.

© SPL

La nouvelle colonie de polypes se développe sur la tige du polype principal, reliée par des tubes d’alimentation. Les polypes s’éjectent les uns après les autres et prennent le nom d’éphyrules.

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la grenouille

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e mode d’accouplement des grenouilles s’appelle « amplexus » : le mâle s’accroche au dos de la femelle et féconde ses œufs. Une femelle pond environ 6 000 œufs. À l’intérieur, les embryons sont entourés d’une gelée protectrice, dont ils se nourrissent. Au bout d’une semaine, les têtards sortent puis, durant trois mois, subissent une série de transformations : des branchies externes apparaissent puis deviennent internes, les pattes arrière se façonnent et une queue se forme. À 12 semaines de vie, le têtard se dote de pattes avant et d’yeux. Ses branchies deviennent des poumons tandis que sa queue se résorbe. À 5 mois, la grenouille peut bondir hors de l’eau, respirer de l’air et se nourrir d’insectes.

1. Amplexus

Tel est le nom du mode d’accouplement des grenouilles. Le mâle, plus petit que la femelle, s’accroche sur son dos et la maintient, ce qui stimule la production des cellules sexuelles femelles, les ovocytes.

2. Frai (fécondation) Les ovocytes libérés dans l’eau sont aussitôt fécondés par les spermatozoïdes des mâles. On parle de fécondation externe.

6. Métamorphose

Entre les 13e et 16e semaines de vie, le têtard ressemble de plus en plus à une petite grenouille. Peu à peu, sa queue disparaît tandis que ses pattes s’allongent.

3. Œufs

Les milliers d’œufs, gélatineux, se collent entre eux et forment des amas visqueux.

7. Grenouille

La jeune grenouille grandit et grossit ; elle peut à présent quitter le milieu aquatique. Elle ne sera mature sexuellement, et donc apte à se reproduire, qu’à l’âge de 3 ans.

4. Têtards

Après une semaine passée dans leur gangue gélatineuse, les têtards éclosent et nagent.

© Pixabay

5. Développement

Au fil des semaines, le têtard subit de grandes transformations : il se dote de branchies puis de poumons, et des bourgeons de pattes et d’yeux se façonnent tandis que la queue se développe.

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CYCLES D E VI E

l’hippocampe

S

’il est un poisson insolite, c’est bien l’hippocampe. Outre sa nage lente et verticale, cet animal présente un mode de reproduction unique dans le règne animal, car c’est le mâle qui effectue la gestation. En effet, la femelle pond des œufs qu’elle transfère aussitôt dans la poche située sur la partie ventrale de la queue du mâle. La gestation débute alors. Celle-ci dure trois à huit semaines et s’achève par « l’accouchement » du mâle. Il se produit généralement à l’aube et dure très peu de temps, car les violentes contorsions du mâle expulsent par groupes les jeunes hippocampes. 6. Développement

7. Adulte mature

Une fois atteinte leur maturité, vers 6 mois, les mâles et les femelles entament leur première saison de reproduction (entre avril et septembre suivant la température de l’eau). En liberté, ils vivent entre un et cinq ans.

Le jeune hippocampe continue de grandir. Il se sert de sa nageoire dorsale pour nager, et de sa trompe pour se nourrir de petits crustacés.

5. Alevins

La plupart des espèces donnent naissance à 100 voire 200 jeunes. Les alevins libérés flottent dans l’eau environnante, puis s’accrochent à une algue ou à un autre congénère par la queue.

4. Expulsion

Lorsque les jeunes hippocampes sont suffisamment développés, le mâle contracte ses muscles périphériques pour les expulser.

1. Danse rituelle 3. Gestation

2. Accouplement

Alors qu’ils sont collés ventre contre ventre, la femelle transfère en quelques secondes ses œufs dans la poche ventrale du mâle, qui les féconde aussitôt.

Le mâle fournit tout l’oxygène et les nutriments dont les embryons ont besoin pour se développer. La gestation dure de trois à huit semaines en fonction de la température de l’eau et des espèces.

© Shutterstock; DR

Les mâles entrent en compétition pour être choisis par une femelle. Pour cela, ils s’engagent dans une  sorte de danse qui  peut durer trois jours. La femelle choisit un mâle, s’accroche à lui par la queue et se laisse embarquer dans la  danse.

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L’hippocampe

HIPPOCAMPE

Hippocampus hystrix  Taille : 6 à 15 cm.  Régime alimentaire : Carnivore.  Particularité :Dès : Dès leur naissance, les

petits sont les répliques identiques des parents, excepté qu’ils ne dépassent pas 1 cm ! Profondeur : 5 à 80 m

NE*

Localisation

*Indice d’extinction. Voir tableau en début d’album.

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CYCLES D E VI E

le papillon

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i la plupart des papillons meurent à l’automne (certains hibernent), ils laissent néanmoins derrière eux une trace de leur passage : des œufs, qui éclosent au printemps suivant et libèrent des chenilles. Voraces, ces dernières se jettent sur toutes les feuilles vertes situées à proximité. Au fil de leur croissance (qui peut durer entre un et deux ans), elles grandissent vite et doivent donc à plusieurs reprises changer de peau pour qu’une nouvelle enveloppe plus grande se forme. Dès que la chenille a atteint sa taille adulte, elle tisse avec de la soie qu’elle produit une enveloppe dans laquelle elle s’abrite : le cocon. À l’intérieur, la chenille effectue une mue qui va la transformer en chrysalide (ou nymphe). Cette étape peut durer de quinze jours à deux ans, période durant laquelle la chrysalide évolue en papillon. Sa métamorphose achevée, celui-ci découpe son cocon ou le dissout en sécrétant une substance particulière. On parle d’émergence. Libéré, le papillon déploie ses ailes molles et humides afin qu’elles sèchent avant de prendre son envol. La plupart des papillons ne vivront que quelques jours, le temps de se repaître du nectar des fleurs et de trouver un congénère pour se reproduire.

Yeux

Constitués de milliers de cellules visuelles hexagonales, nommées ommatidies, ces yeux composés donnent à l’insecte un champ de vision extrêmement étendu. Beaucoup d’espèces possèdent des yeux simples, ou ocelles, plus petits, au-dessus des premiers.

Antennes

Les deux antennes, terminées par une sorte de massue chez les papillons de jour, sont couvertes de poils sensoriels qui constituent des organes olfactifs (odorat), tactiles (toucher), voire auditifs (ouïe). Grâce à elles, le papillon repère sa nourriture et d’éventuels partenaires.

Proboscis

Cette trompe sert de bouche au papillon. Elle est généralement enroulée dans une structure protectrice, mais se déploie quand l’animal veut par exemple aspirer le nectar.

Pattes

Le papillon exhibe trois paires de pattes (dans certains cas, la paire avant est très réduite), nanties d’ongles et de coussinets qui lui permettent d’identifier les plantes dont il se nourrit.

1. Œufs

Pondus par centaines, ils sont généralement fixés sous une feuille pour être préservés des intempéries.

3. Cocon

2. Chenille

L’œuf éclôt au bout de deux à dix jours. La chenille qui en  sort va subir plusieurs mues au cours de sa croissance.

Parvenue à maturité, la chenille se confectionne un cocon de soie dans lequel elle s’enferme pour se transformer en chrysalide.

4. Émergence

La chrysalide est devenue un papillon adulte prêt à s’extraire de son cocon.

5. Papillon

Une fois sec, le papillon peut enfin s’envoler et partir à la recherche de nourriture et d’un partenaire.

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Ailes

© Thinkstock ; DK Images

Les papillons possèdent deux paires d’ailes avant et arrière qui se chevauchent. Elles se composent d’une double membrane fine renforcée de nervures sur toute la surface et recouverte d’écailles sur les deux faces.

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des milieux et des espèces

sommaire L’A M AZO NI E

54

LES RÉC IFS CORALLIENS

68

ZO O M S U R L E M ARTIN -P Ê C H E U R

42

LES FO R ÊTS T R O PI CA LES HUM I DES

56

L’ARCTIQUE

70

LA S AVAN E

44

ZO O M SUR LE PA ND A G ÉA NT

58

ZOOM SUR L’OURS P OLAIRE

72

ZO O M S U R L E VAU TO U R

46

LES D ÉSERTS CHAUD S

60

L’ANTARCTIQUE

73

ZO O M S U R LA TE RM ITIÈ RE

48

ZO O M SUR LE SUR I CAT E

62

ZOOM SUR LE MANC HOT EMP EREUR

74

L E S E STRAN S

50

ZO O M SUR LE SCO R PI O N

64

LA TAÏGA

76

Y E L LO WSTO N E

52

LES Î LES G A LÁPAG O S

66

LES ÉTANGS

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ZO O M S U R L E LO U P

© Alamy ; Thinkstock ; iStock ; Dreamstime

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D ANS LE URS M I L I E UX

FORÊT AMAZONIENNE

AMÉRIQUE DU SUD

L’Amazonie

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Ocelot

Deux fois plus gros qu’un chat domestique, ce félin est un bon grimpeur, qui chasse aussi bien dans les arbres que dans les rivières. Ses proies : des rongeurs, des poissons et des singes.

ette vaste région naturelle d’Amérique du Sud s’étend sur 5,5 millions de km2 (plus de 8 fois la France) et pas moins de neuf pays : principalement le Brésil, puis le Pérou, la Colombie, la Bolivie, le Venezuela, l’Équateur, le Guyana, le Suriname et la Guyane française. Traversée par le fleuve Amazone et ses affluents, elle forme un réseau complexe de multiples écosystèmes : forêt tropicale bien sûr (la plus grande du monde), mais aussi savanes, marécages, prairies et plaines inondables. Pas étonnant, donc, que ce milieu offre une biodiversité d’une telle richesse : près de 400 milliards d’arbres, appartenant à 16 000 essences différentes ; 2,5 millions d’espèces d’insectes (un seul arbre de la forêt amazonienne héberge plus d’espèces de fourmis que certains pays sur tout leur territoire !) ; 2 200 espèces de poissons ; 1 294 espèces d’oiseaux ; 427 mammifères ; 428 amphibiens ; 378 reptiles… Au total, une espèce animale ou végétale sur dix vit dans la forêt amazonienne (alors qu’elle ne couvre « que » 1 % environ de la surface terrestre).

Dauphin rose de l’Amazone

Ce cétacé vit exclusivement en eau douce. Son corps gris apparaît rosé dans le bassin du fleuve Amazone, à cause de la vase et de la  végétation décomposée.

Piranha

Boa émeraude

Ce redoutable serpent peut atteindre 2 m de longueur. Il chasse la nuit, s’attaquant aux mammifères, aux  oiseaux et aux reptiles.

L’Amazonie abrite 20 espèces différentes de ce poisson aux dents acérées, qui se nourrit de  poissons, de crustacés, de  vers et de charognes.

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Ara rouge

Ce grand perroquet coloré (environ 85 cm de longueur) vit en moyenne 80  ans et évolue dans un groupe d’une vingtaine d’individus.

Paresseux

Vivant dans les arbres, il doit son nom à ses déplacements d’une extrême lenteur : 0,2 km/h en moyenne !

Iguane vert

Vivant principalement dans la canopée (l’étage supérieur de la forêt), ce saurien est l’un des plus grands lézards d’Amérique du Sud (jusqu’à 2 m et 5  kg).

Jaguar

Le plus grand félin de la forêt tropicale est un très bon nageur, qui n’hésite pas à plonger dans les rivières pour chasser poissons, tortues et caïmans.

Saïmiri

Celui qu’on nomme aussi singe-écureuil est très bruyant et vit toujours en groupe. Il mange des fruits, des insectes et des graines.

© R ed mond Du rrell/ Alamy Stock P hoto ;

ACTU 381 nouvelles espèces au compteur ! Fin août 2017, l’institut brésilien Mamirauá et le WWF ont annoncé la découverte, entre 2014 et 2015, de 381 nouvelles espèces en Amazonie : 216 plantes, 93 poissons, 32 amphibiens, 20 mammifères, 19 reptiles et 1 oiseau. Selon le rapport du WWF, une nouvelle espèce est découverte tous les deux jours en Amazonie.

© d ieK leinert/ Alamy Stock P hoto

Tapir

Ce mammifère nocturne se nourrit de jeunes pousses, de fruits et de graines qu’il attrape à l’aide de sa courte trompe.

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D ANS LE URS M I L I E UX

Les forêts tropicales humides

étage Inférieur

S

ur Terre, on distingue trois principaux types de forêts en fonction de la latitude et du climat. Outre les forêts boréales et les forêts de zones tempérées, les forêts tropicales – situées entre les tropiques du Cancer et du Capricorne – sont soit sèches, soit humides. Cette distinction dépend, en toute logique, de la quantité de pluie qu’elles reçoivent. Alors que la moyenne des précipitations dans les forêts tropicales sèches n’est que de 0,4 à 1,5 m d’eau par an, les forêts tropicales humides sont, elles, copieusement arrosées (entre 2 et 8 m de pluie par an). Dans ces dernières, la saison des pluies s’étale sur neuf à douze mois et les températures fluctuent entre 23 et 27 °C.

IMMEUBLE. Environ 30 % de la superficie

des forêts mondiales (soit 2 % de la surface de la Terre) sont couverts par des forêts tropicales humides, comme celles d’Amazonie, du bassin du Congo, de Monteverde au Costa Rica, ou de Yanoda en Chine. Elles abritent entre 50 et 75 % de la biodiversité terrestre. À elles seules, elles concentrent 84 % des reptiles, 91 % des amphibiens et 75 % des insectes ! Mais on y trouve également une multitude de mammifères comme les singes, les éléphants, les jaguars… Cette faune se répartit du sol à la cime des arbres comme dans les étages d’un gigantesque immeuble. Au-delà de 35 m de hauteur, le tapis verdoyant formé par l’enchevêtrement de branches et de feuilles forme la canopée. Dans la forêt amazonienne, les étages inférieurs sont le sanctuaire des jaguars, ocelots, insectes, vers, reptiles et amphibiens ; les niveaux supérieurs sont le royaume des oiseaux et des singes.

Milan à queue fourchue

Cet oiseau de proie prend ses quartiers d’hiver dans les forêts tropicales humides d’Amérique du Sud. Il survole la  forêt à  la recherche d’insectes, d’œufs, de petits reptiles et  d’amphibiens.

Tamandua mexicain

Ce fourmilier grimpe et redescend le long des arbres grâce à ses puissantes griffes et à sa queue préhensile qu’il enroule autour des branches.

Singe laineux

Ce singe au pelage dense et duveteux vit en groupes de 20 à 50 individus. Principalement frugivore, son territoire se situe dans les arbres qu’il ne quitte que très rarement pour gagner le sol.

Ocelot

Ce chat sauvage passe beaucoup de temps dans les arbres, même s’il chasse plutôt au sol. Tout ce qu’il peut tuer, il le mange : oiseaux, singes, souris…

Jaguar

Ce félin est un solitaire qui chasse à l’aube et au crépuscule. Ses proies : tapirs, serpents, oiseaux, poissons… Il surprend ses victimes, les étouffe par une morsure à la gorge ou les tue en plantant ses canines à l’arrière du crâne. Il passe la journée à l’ombre de la végétation, et peut grimper aux arbres en  cas d’inondation.

Ibis rouge

Grégaire, cet oiseau vit en colonie de centaines, voire milliers d’individus. Il s’installe près de l’eau, mais apprécie aussi de se percher à la cime des arbres.

Coati

Tapir du Brésil

Animal nocturne, le tapir se cache le jour dans l’épaisse végétation pour échapper à ses prédateurs, le jaguar et l’anaconda. Il se nourrit d’herbe, de feuilles, de fruits et de  plantes aquatiques qu’il saisit avec son nez en forme de trompe.

Paca commun

Ce petit rongeur vit dans un terrier et se déplace surtout la nuit. Il est doté d’une mâchoire puissante qui lui permet d’ouvrir les noix du Brésil et d’en extraire la graine.

Ce mammifère omnivore vit en groupes de 20 à 80 individus, constitués uniquement de jeunes et de femelles. Si le coati passe la journée au sol, il grimpe aux arbres pour y dormir et se sert de sa longue queue comme d’un balancier pour garder l’équilibre.

Anaconda

Ce serpent, non venimeux mais pesant environ 250 kg, vit près des rivières et des marais. Il capture ses proies (rongeurs, oiseaux, poissons…) avec ses dents acérées puis s’enroule autour avant de les noyer.

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étage Supérieur Harpie féroce

Avec une envergure de près de 2 m, c’est l’un des rapaces diurnes les plus puissants de la forêt. Il trône à la cime des arbres où il chasse les singes, les paresseux et les aras.

Saïmiri

Également appelé singe-écureuil, il vit en groupes d’une douzaine à une centaine d’individus. Il emprunte souvent les mêmes pistes dans les arbres, qu’il marque d’empreintes odorantes. Il peut passer en quelques bonds de la canopée au sol.

Quetzal resplendissant

Ce magnifique oiseau ne mesure qu’une trentaine de centimètres, mais les plumes de sa queue peuvent atteindre 50 cm à 1  m. Son plumage est composé d’une mosaïque de pigments qui réfléchissent la lumière du soleil, le rendant quasi invisible aux yeux de ses prédateurs.

Ara

C’est le plus grand représentant de la famille des perroquets : de 30 cm à 1  m du bec à la queue. Il évolue en groupes d’une vingtaine d’individus scrutant la canopée à la recherche de fruits mûrs ou  de  graines. Son plumage varie suivant les espèces : bleu, jaune, rouge, vert…

Singe-araignée

Il se tient parfois suspendu à sa queue pour chercher des fruits et des noix là-haut dans la canopée.

Cassique huppé

Cet oiseau niche en colonies de deux à une trentaine de nids en forme de paniers suspendus, longs de plus d’un mètre. Construits par les femelles, ils abritent un  ou deux œufs.

Toucan toco

Cet oiseau vole peu et saute généralement de branche en branche. Il se sert de son long et large bec pour saisir les fruits, les baies et les graines. Il capture aussi des insectes et des araignées sur l’écorce des arbres et dans le feuillage.

Paresseux tridactyle

Ce mammifère se déplace lentement (0,2 km/h) dans les arbres à l’aide de ses longues griffes. Son pelage verdâtre est dû à la présence d’un véritable écosystème composé d’algues, d’insectes et de champignons, niché dans ses poils, qui renforce son camouflage parmi les feuillages.

Ibijau

Posé sur une branche, cet oiseau nocturne au plumage gris-vert se confond avec le bois et échappe ainsi à ses prédateurs pendant la  journée.

Elle chasse des petits mammifères ou des oiseaux la nuit, et passe généralement la journée perchée sur une branche à l’abri du couvert végétal.

© DK I mag es ; Thinkstock

Chouette à lunettes

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zoom sur Le panda géant

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Ailuropoda melanoleuca TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 2 m de hauteur POIDS (ADULTE)

Jusqu’à 135 kg RÉPARTITION

Centre de la Chine POPULATION

Environ 1 900 à l’état sauvage DURÉE DE VIE

20 ans

ALIMENTATION

Herbivore (par évolution)

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olitaire et paisible, le panda géant se tient la plupart du temps assis, calé sur ses hanches. Carnivore de constitution, ce membre de la famille des ours rejette pourtant presque totalement la viande, son choix alimentaire s’étant orienté vers un régime végétal à 99 %, composé de feuilles, tiges et pousses de bambou qu’il engloutit durant plus de quatorze heures par jour. Le bambou étant très pauvre en éléments nutritifs, l’animal doit en ingurgiter chaque jour entre 12 et 40 kg pour obtenir les calories nécessaires à sa survie. De plus, le panda possède un seul estomac et un intestin court, typique des carnivores, ce qui ne lui permet pas de retenir assez longtemps cette nourriture dans son appareil intestinal pour la digérer. Pis, il ne dispose pas dans son ADN de gènes « codant » pour des enzymes permettant de dégrader la cellulose (glucide présent dans les végétaux). Résultat : seuls 17 à 20 % de la quantité de bambou

avalée sont assimilés. Pourquoi le panda s’est-il détourné de la viande ? Des études de fossiles ont révélé que ses ancêtres y ont renoncé, au profit du bambou, il y a 2 à 7 millions d’années. La raison : une mutation aurait rendu inactif le gène responsable de la fabrication de récepteurs du goût pour la viande. Les pandas en seraient donc venus à la rejeter.

VULNÉRABLE. À l’état sauvage, les

pandas géants peuplent les forêts humides des régions montagneuses du centre de la Chine (voir carte). Leur habitat ne cesse de rétrécir en raison de la déforestation, de l’urbanisation et de l’expansion de l’agriculture. Ce territoire morcelé limite la migration et la recherche de partenaires pour ces grands solitaires. La création de réserves en Chine a permis de sauver cet animal menacé d’extinction. En septembre 2016, l’Union internationale pour la conservation de la nature l’a classé dans la catégorie des espèces

« vulnérables ». D’autant plus que le panda a un taux de reproduction plutôt faible, la femelle n’étant féconde que quarantehuit heures dans l’année, à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Et même si les femelles trouvent un partenaire et s’accouplent, seules 30 % d’entre elles donnent naissance à un ou deux petits.

où vit-il ? 1 Monts Minshan : 45 % des pandas en liberté

vivent dans ces forêts montagneuses chinoises, riches en biodiversité. 2 Monts Qinling : 200 à 300 pandas s’abritent sur les versants sud, frais et humides, de ces montagnes chinoises.

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Pouce

Une excroissance de l’os du poignet forme un pseudopouce qui permet au panda de  saisir les bambous.

Dents

Doigts

Le panda possède 42 dents. Ses molaires larges et plates sont adaptées pour broyer les végétaux.

Fourrure

Le panda a deux types de poils : de longs poils hérissés et une sous-couche épaisse et laineuse.

Cinq doigts puissants lui servent à éplucher les bambous.

Membres antérieurs

Le panda se sert de ses pattes avant souples et puissantes pour tirer les pousses de bambou et les briser en morceaux, et pour grimper aux arbres.

Coussinets

Des coussinets de peau résistants se sont développés pour faciliter la prise.

ACTU

des nouvelles de yuan meng

Peau

Sous sa fourrure noire, la peau du panda est grise ; sous sa fourrure blanche, elle est rose. Les pandas nouveau-nés sont entièrement roses et presque glabres (sans poils).

Les pattes arrière du panda sont largement écartées, ce qui lui permet de s’asseoir confortablement durant des heures, mais ne le sert pas vraiment dans la course…

Le 4 août 2017, le zoo du parc de Beauval (Loir-et-Cher) célébrait l’arrivée d’une boule de poils de 143 g : un bébé panda géant ! Une première en France, car ce zoo est le seul à héberger – en location – un couple de pandas géants. En février, ce mâle, baptisé Yuan Meng (ce qui signifie en chinois « accomplissement d’un rêve »), pesait déjà 14 kg. Le bébé devrait rester en France jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans avant de partir pour la Chine, où il sera remis en liberté dans l’une des réserves naturelles du pays.

© Science P hoto L ib rary ; iStock ; Z oo P arc d e B eau v al

Membres postérieurs

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Les déserts chauds

J

ournées brûlantes (plus de 50 °C), nuits glaciales (proches de 0 °C), eau et végétation rares : les déserts chauds constituent des environnements hostiles. Pourtant, c’est là, dans ces régions situées de part et d’autre des tropiques du Cancer et du Capricorne, que certaines espèces animales ont élu domicile. La faune y est peu dense et principalement constituée de reptiles, dont les serpents, d’arthropodes (insectes et arachnides), d’oiseaux et de mammifères comme les dromadaires, les rongeurs ou encore les gazelles. Leur point commun : avoir développé des mécanismes pour économiser l’eau et supporter les écarts de températures.

Addax

L’addax est une antilope dotée de larges sabots, ce qui facilite sa marche dans le sable. Animal nocturne, il se repose le jour à l’ombre d’un arbre ou d’un buisson et se nourrit à l’aube ou le soir. En été, sa fourrure brune devient plus claire pour réfléchir la lumière du soleil. Nomade, il arpente le Sahara pour trouver des herbes et des feuilles qui lui fournissent toute l’eau dont il a besoin.

Dromadaire

Tout comme son cousin à deux bosses, le chameau, originaire d’Asie, le dromadaire possède une morphologie adaptée à  la  vie désertique : sa robe claire réfléchit la  lumière du  soleil et sa  peau épaisse le protège de la chaleur. Ses  pattes élancées maintiennent son corps au-dessus des températures élevées du sol, tandis que ses longs cils filtrent les rayons lumineux, telle une visière. D’autres mécanismes physiologiques lui  permettent de faire face à  la sécheresse. Il est capable de tenir deux semaines en saison chaude sans s’alimenter ni boire. Dès qu’il a accès à un point d’eau, il peut ingurgiter jusqu’à 130  litres en quelques minutes, mais le  plus souvent, il se contente de 50  litres à  la  fois. Pour économiser l’eau, il est apte à  stopper sa  sudation et limiter sa diurèse (élimination de  l’urine). Ses  narines, grandes et  profondes, permettent de refroidir l’air expiré et de condenser l’eau qu’il contient pour la  récupérer. Enfin, sa  bosse fait office de réserve de graisse dans laquelle il  va puiser l’énergie nécessaire quand les plantes épineuses et  l’herbe se font rares.

Rat-kangourou

Le manque d’eau n’est pas un problème pour ce petit mammifère qui ne boit jamais. Il trouve le précieux liquide, indispensable à sa survie, dans les plantes et les graines qu’il mange. Pour ramollir les graines sèches, il les  stocke dans son terrier profond et  humide où elles se gorgent l’eau.

Où se trouvent les plus grands déserts ? 1 Dé sert d u Sahara ( nord d e l’ Af riq u e) 2 Dé sert d ’ Arab ie ( p é ninsu le Arab iq u e) 3 Dé serts d u K alahari et d e N amib ( su d - ou est d e l’ Af riq u e) 4 Dé sert d e P atag onie ( Arg entine/ C hili) 5 Dé sert d u G rand B assin ( ou est d es É tats- U nis) 6 Dé sert au stralien ( Au stralie) 7 Dé serts d e G ob i et d u Taklamakan ( M ong olie et C hine) 8 Dé sert d ’ Atacama ( C hili) 9 Dé sert d u K arakou m ( Asie centrale, p rincip alement Tu rkmé nistan) 10 Dé sert d u Thar ( I nd e)

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Hyène tachetée

C’est la plus grande représentante de la famille des hyènes (jusqu’à 1,60 m de longueur). Elle vit en groupes de 10 à 90  individus et chasse ses proies de préférence la nuit. Elle dispose de mâchoires puissantes et possède des sucs gastriques qui lui permettent de digérer toutes les parties de sa proie (sauf les poils et les sabots) pour en tirer les substances nutritives, y  compris celles des os et des excréments.

Géocoucou de Californie

Surnommé le « coureur de route », alias « Bip Bip », cet oiseau de 60 cm et 3  kg effectue des sprints à  plus de 30  km/h. Pour économiser l’énergie, il diminue sa température corporelle la nuit et se réchauffe le  matin en prenant un bain de  soleil. Il se nourrit de  lézards, de  serpents, d’insectes et de scorpions, parfois de fruits.

Moloch

Également surnommé diable cornu, ce lézard a le corps hérissé d’épines. Une apparence terrifiante pour un animal inoffensif qui se nourrit exclusivement de fourmis noires. Sous ses épines court un réseau de petits canaux (des sillons) qui récupèrent la rosée du matin et  l’eau de pluie et les conduisent (par  capillarité) jusqu’à sa bouche.

Suricate

Fourmi argentée du Sahara

C’est l’un des insectes les mieux armés pour le désert. Cette fourmi résiste à des températures de surface de 60 °C grâce à  ses longues pattes qui maintiennent son corps au-dessus du sol bouillant, et aux poils qui la recouvrent et font office de bouclier thermique en réfléchissant 95 % des  rayons solaires. Mieux, dès qu’elle sort de  la  fourmilière, elle produit des protéines qui la protègent du choc thermique.

© Dreamstime ; Alamy

Lièvre

Plus petit que son cousin européen, le lièvre du désert possède des oreilles très longues (une quinzaine de centimètres) qui lui servent à évacuer la chaleur. Les coussinets et les poils de ses pattes l’isolent du sol brûlant. Et comme la nourriture dans le désert est rare (quelques buissons rabougris et des plantes grasses), il mange ses crottes pour récupérer certaines vitamines.

Comme de nombreux animaux du désert, le suricate tire toute l’eau nécessaire à sa survie des aliments qu’il consomme, et possède une morphologie adaptée au milieu désertique (lire pages suivantes).

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CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Suricata suricatta TAILLE (ADULTE)

30 cm

POIDS (ADULTE)

730 g

RÉPARTITION

Afrique australe DURÉE DE VIE

10 ans

ALIMENTATION

Insectes, lézards, oiseaux, tubercules et œufs

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zoom sur le suricate

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ressés sur leurs pattes arrière, le nez au vent et le regard pointé au loin, les suricates font partie des animaux les plus emblématiques des déserts chauds de l’Afrique australe (Namibie, Angola, Botswana, Zimbabwe et Afrique du Sud). Ils appartiennent à la famille des herpestidés, comme les mangoustes, d’où leur surnom de « mangoustes du désert ». Ces animaux sociaux vivent en clans d’une vingtaine d’individus, dominés par un couple reproducteur. Les autres, mâles et femelles, adultes et jeunes, participent à la garde, aux soins apportés aux petits

et à la recherche de nourriture. Les individus du groupe vivent dans un vaste terrier creusé dans le sol sableux. Au gré de leurs déplacements, ils percent de nouvelles galeries au sein de leur terrain de chasse, qui peut couvrir jusqu’à 10 km2. Le terrier possède généralement une quinzaine d’entrées (de simples trous) et se ramifie sur plusieurs niveaux.

SENTINELLE. Chaque matin, la troupe en sort pour se réchauffer le ventre au soleil. Sur cette partie du corps, la fourrure est plus fine et la peau sombre absorbe bien la chaleur. La journée,

une partie du clan part à la chasse tandis qu’une sentinelle, généralement deux ou trois individus postés sur un rocher, une butte ou une termitière, veille sur les autres, guettant le ciel et les oiseaux de proie prêts à fondre sur eux. Et pour cause : quand ils cherchent de la nourriture, les suricates creusent parfois profondément pour dénicher des insectes. Tête dans le sol, ils deviennent alors des proies faciles. Au moindre danger, les guetteurs aboient ou sifflent. Le cri d’alarme varie suivant l’origine de la menace (air ou sol). Les chasseurs regagnent alors le terrier.

Oreilles

Yeux

Ils distinguent bien le relief et évaluent les distances. Le suricate peut ainsi repérer un oiseau de proie à plus de 300 m de distance. Les taches sombres autour de ses yeux réduisent la réverbération du soleil, tandis qu’une membrane nictitante (sorte de paupière transparente) les protège du sable.

Elles sont petites, rondes et se ferment hermétiquement lorsque le suricate creuse ou est pris dans une tempête de sable.

Fourrure

Elle varie de l’ocre au grisbeige et se confond avec le sol du désert africain. Elle est plus fine sur le  ventre, c’est pourquoi le suricate prend souvent un bain de soleil le matin pour se réchauffer après une nuit glaciale.

Pieds et mains

Ses puissantes cuisses se terminent par des petits pieds. Ses mains sont dotées de longues griffes, utiles pour creuser le terrier et extirper les insectes du sol.

Oui, le suricate mange aussi bien des scorpions que des serpents. Cette « mangouste du désert » évite de se faire piquer en attrapant le scorpion par la queue et en lui arrachant son aiguillon (lire pages suivantes). Elle frotte ensuite la partie mutilée sur le sol avant de l’engloutir. Si la technique échoue et que le suricate est piqué quand même, son organisme tolère la dose de venin injectée. En effet, il possède un neurotransmetteur (messager nerveux) qui empêche les toxines de provoquer une paralysie des muscles. Cette tolérance au venin n’est en revanche pas très efficace en cas de morsures multiples.

© R ob ert H ard ing P ictu re L ib rary L td / Alamy ; Alamy

Queue

Très longue, elle lui sert d’appui pour garder son équilibre lorsqu’il se dresse sur ses pattes.

Mange-t-il des proies venimeuses ?

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zoom sur Le scorpion

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ousins des araignées, les scorpions sont des arachnides. Ils se distinguent des autres membres de cette classe par leurs pédipalpes (ou pattes-mâchoires) développés en pinces, et par l’aiguillon venimeux (ou telson) qu’ils portent au bout de leur queue. Les scorpions possèdent entre deux et dix yeux selon les espèces, mais ils ont une mauvaise vue et sont juste capables de faire la distinction entre le jour et la nuit. La plupart d’entre eux chassent la nuit ou au crépuscule. Le corps du scorpion est recouvert de soies sensibles aux vibrations. Il détecte ainsi le plus léger déplacement d’air. En comparant le temps que mettent les vibrations de surface à atteindre chaque patte, l’animal peut trianguler la position de sa cible. Lorsqu’il en est suffisamment proche, il avance brusquement et la saisit à l’aide de ses puissantes pinces. Celles-ci ne sont pas des pattes, mais des pédipalpes (elles font partie de la bouche). Une fois la victime fermement agrippée, le scorpion arque sa queue au-dessus de son dos et plante son aiguillon dans sa proie, pour y injecter son venin. Les scorpions s’alimentent en deux temps car ils n’ingèrent pas de nourriture solide. D’abord, ils déchiquettent leur proie avec leurs pièces buccales en forme de crochet, appelées chélicères. Les bouchées sont placées dans une petite cavité sous la bouche où des sucs digestifs envoyés depuis l’intestin les digèrent. Une fois que les enzymes ont liquéfié la nourriture, celle-ci peut être ingérée. Les scorpions avalent plusieurs fois leur poids en un seul repas et emmagasinent le surplus. Leur métabolisme très lent leur permet de jeûner de long mois, voire une année complète.

Pince

Elle se compose d’une partie fixe nommée tibia, et d’une partie mobile appelée tarse.

Où croiser des scorpions ? Les scorpions vivent sur tous les continents, excepté en Antarctique. La majorité se trouve dans la zone la plus foncée sur cette carte, mais certains vivent plus au nord, par exemple en Angleterre, d’autres plus au sud, comme en Nouvelle-Zélande.

Ganglion céphalique

Ce faisceau de nerfs n’est pas suffisamment complexe pour être qualifié de cerveau, mais il permet de contrôler toutes les actions de l’animal.

Muscles

L’épais réseau de fibres musculaires des pinces permet de saisir et d’écraser les proies.

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Glandes à venin

Au nombre de deux, elles sont situées dans le dernier segment de la queue du scorpion.

Aiguillon

Il transperce la proie qui reçoit le poison produit par les glandes à venin.

Métasome

Les six derniers segments du corps composent la queue, ou métasome. L’anus se trouve à son extrémité, juste avant l’aiguillon.

Telson

L’extrémité de la queue du scorpion, ou aiguillon, est un dard creux qui injecte le poison. Les deux glandes à venin ajustent la dose en fonction de la taille des proies.

Prosome

Également appelé céphalothorax, ce segment relie la tête au corps et porte les yeux, les pattes, la bouche et les chélicères (mâchoires).

Mésosome

Il correspond à la partie avant de l’abdomen et se compose de sept segments. Il  contient les  organes sexuels et respiratoires et les peignes (organes sensoriels).

Intestin

Les scorpions opèrent la plupart de leur digestion de façon externe et ont un  appareil digestif simple.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Scorpiones

TAILLE (ADULTE)

12 mm à 20 cm

Sacs pulmonaires

Il s’agit de quatre structures plissées qui approvisionnent le sang en  oxygène.

POIDS (ADULTE)

4 à 60 g

RÉPARTITION

Partout dans le monde (sauf Antarctique) DURÉE DE VIE

Il fonctionne comme un cœur primitif, faisant circuler le sang entre les poumons et les extrémités du corps.

Jusqu’à 25 ans © DK I mag es ; iStock

Vaisseau sanguin dorsal

ALIMENTATION

Petits animaux

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D ANS LE URS M I L I E UX Frégate superbe

ÎLES GALÁPAGOS ÉQUATEUR OCÉAN PACIFIQUE

Buse des Galápagos

Ce bruyant rapace émet des séries de hurlements courts et perçants sous forme de « kee kee kee ». Il chasse aussi bien les oiseaux que les rongeurs, les lézards, et même les jeunes iguanes ou tortues.

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PROTÉGÉES. Chaque île abrite ainsi des espèces animales spécifiques. Par exemple, on recense dans l’archipel pas moins de 14 espèces de pinsons, des oiseaux chanteurs longs de 10 à 20 cm. Toutes ont un très vieil ancêtre commun. En peuplant des îles différentes, ses descendants ont évolué pour former des espèces variées, qui se distinguent notamment par la taille et la forme de leur bec. Depuis 1959, l’archipel des Galápagos est devenu un parc national dont 97 % des terres sont protégées. Il est même entré en 1978 au patrimoine mondial de l’Unesco, tandis que ses eaux sont devenues une réserve marine en 1998.

Cet oiseau plutôt calme aime les espaces découverts et sauvages.

Cet oiseau marin possède des ailes effilées, étroites et pointues, une queue fourchue et un long bec crochu. Les mâles présentent une poche membraneuse orange au niveau de la gorge qui vire au rouge vif en période nuptiale.

Les îles Galápagos n archipel composé d’une quarantaine d’îles (13 principales, dont 5 seulement sont habitées) et d’îlots, perdu au beau milieu de l’océan Pacifique, à 1 000 km au large des côtes équatoriennes : voici les Galápagos. Un endroit exceptionnel où le visiteur peut croiser des animaux uniques au monde, comme la tortue géante, l’otarie à fourrure des Galápagos, le fou à pieds bleus, le crabe rouge, l’iguane marin et de multiples pinsons. Sur ces îles volcaniques riches d’innombrables oiseaux, poissons, reptiles, insectes, amphibiens, arbres et fleurs, environ 200 espèces animales et végétales sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les trouve « naturellement » nulle part ailleurs. En effet, grâce à l’isolement de l’archipel, les espèces qui y sont arrivées il y a des milliers d’années ont évolué de façon indépendante, sans la moindre perturbation extérieure (comme la présence de l’homme).

Hibou des marais

Tortue terrestre

Animal emblématique des Galápagos, cette tortue peut peser jusqu’à 420 kg et mesurer 1,2  m de long. Elle avale de grandes quantités d’herbe, de feuilles et de fleurs tombées à terre.

Crabe rouge

Fou à pieds bleus

Surnommé sally-pied-léger en raison de sa vitesse de déplacement, il vit en symbiose avec les iguanes marins qu’il débarrasse des tiques présentes sur leur peau.

Facile à reconnaître avec ses pattes bleues, cet oiseau marin se nourrit de poissons et de calmars.

Iguane marin

Seul lézard marin au monde, il flâne sur les rochers et mange les algues qui y poussent. Des études ont montré que son cœur bat sur terre à 45  battements par minute et ralentit jusqu’à 8  à  9  battements sous l’eau.

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Pélican brun

Maladroit quand il marche, il est très agile dans les airs d’où il effectue des plongeons impressionnants pour pêcher.

Iguane terrestre

Trois espèces d’iguane terrestre se trouvent sur ces îles. Ils se nourrissent surtout de fleurs et de feuilles de cactus.

Otarie des Galápagos C’est la plus petite représentante des otaries. Elle vit en colonie sur le sable ou les rochers et chasse la nuit.

Héron des laves

Son plumage gris ardoise lui permet de se confondre avec les rochers de lave durcie.

Cormoran aptère

Avec ses ailes réduites, cet oiseau est incapable de voler. En revanche, c’est un excellent nageur qui poursuit sous l’eau ses proies : poissons, calmars et poulpes.

Tortue verte

Manchot des Galápagos

Il passe généralement ses journées en mer où il chasse de petits poissons tropicaux, des sardines, des mulets et des crustacés. Il  ne regagne la terre ferme  que la nuit.

Requin-baleine

Le plus gros poisson de la mer croise dans les eaux des Galápagos pour profiter du plancton qui y prolifère entre juin et novembre.

© F reev ectormap s. com ; C orb is ; Thinkstock ; Sol9 0

La seule tortue de mer à nidifier sur les îles revient sur les mêmes plages chaque année. Les nouveau-nés éclosent en avril et en mai.

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Les récifs coralliens

Tortue caouanne

Corail de feu

Il libère un venin qui paralyse ses proies et provoque brûlures et démangeaisons chez les plongeurs qui le touchent.

Cette grande tortue (2 m de longueur et 450 kg) est menacée d’extinction. Elle se nourrit de coraux et surtout de mollusques et de crustacés.

Poisson-ange royal

Solitaire, parfois en couple, ce poisson se cache souvent dans les cavités du récif.

Ver de feu

Long de 70 cm, ce ver est couvert de touffes de soies qui, lorsqu’on les touche, libèrent une toxine urticante.

Bénitier

Les cellules photoréceptrices de ce mollusque bivalve lui permettent de percevoir les variations d’intensité lumineuse.

Corail cerveau

Il doit son nom à sa ressemblance avec le cerveau humain. Il peut atteindre 1,20 à 1,80  m de diamètre.

Oursin perforant

Il creuse les récifs avec ses épines pour s’aménager une alvéole dans la roche. Là,  il  se nourrit d’éponges.

Poisson-clown

Étoile de mer à mailles rouges

Il vit en symbiose avec les anémones de mer qu’il nettoie et protège, en échange d’un abri sûr.

Cet échinoderme sort son estomac de son corps pour se nourrir d’algues et de petites éponges, et peut régénérer ses membres endommagés.

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Éponge tuyau d’orgue

Mesurant de 25 cm à 1,20  m, cette éponge possède des parois molles qui, lorsqu’on les touche, sécrètent un pigment pourpre.

Requin-tigre

Redoutable prédateur pouvant atteindre 800 kg, il dévore tout ce qui lui tombe sous la  dent, de la grande raie au petit crustacé.

Anémone magnifique

Souvent présente en groupe, cette anémone se fixe entre 5 et 20 m de profondeur. Les tentacules autour de sa bouche sont en forme de doigts arrondis, longs d’environ 8  cm. Si elle est dérangée, elle se rétracte en boule et ne laisse dépasser que quelques tentacules.

Bernard-l’ermite des récifs

Ce crustacé long de 8 cm, qui s’abrite dans la coquille vide d’un mollusque, se nourrit d’algues et de détritus.

Plume de mer Haut de 60 cm, ce gracieux invertébré, au pied enfoui dans le sable, abrite une colonie de polypes.

ien qu’ils ne représentent que 0,2 % de la surface des océans, les récifs coralliens abritent 30 % de la biodiversité marine : coquillages, éponges, poissons, vers, crustacés… Ces structures sont formées par des colonies de centaines, voire milliers d’animaux, les polypes, appartenant à l’ordre des cnidaires (comme les anémones de mer ou les méduses). Ces invertébrés rudimentaires et immobiles possèdent un corps cylindrique, surmonté par un orifice entouré de tentacules urticants qui capturent la nourriture (du zooplancton), digérée ensuite dans leur estomac. Ils vivent généralement en symbiose avec des algues (les zooxanthelles), lesquelles, grâce à la photosynthèse, fournissent nutriments et oxygène au corail. Toute leur vie, les polypes sécrètent un squelette externe calcaire. Seule la partie nouvellement excrétée est habitée. Les « étages inférieurs », constitués par les squelettes solides des coraux morts, s’accumulent durant des centaines, voire milliers d’années, formant d’immenses barrières de corail qui font office d’oasis dans l’immensité océanique. Si certaines espèces de coraux peuplent les eaux froides, les régions tempérées ou les eaux profondes, la majorité des récifs se trouve dans les vingt premiers mètres de profondeur des eaux tropicales. Aujourd’hui, 70 % des polypes de récifs sont menacés d’extinction par la pollution, la pêche et le changement climatique.

où se trouvent Les plus grands récifs coralliens ? 1 2 3 4 5 6

Grande barrière de corail (Australie) Récif corallien de la mer Rouge Lagons de Nouvelle-Calédonie Barrière de corail méso-américaine Îles Keys (Floride) Barrière de corail d’Andros (Bahamas)

© C orb is ; Sand ra Doyle/ Art Ag ency

Raie manta

Son envergure dépasse souvent 5 m (parfois 7 m pour les géantes). Plutôt inoffensive, elle se nourrit principalement de plancton.

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Pieuvre aux anneaux bleus Très venimeuse, elle sécrète deux venins : l’un pour terrasser ses proies, l’autre pour repousser ses prédateurs. Ses anneaux bleus n’apparaissent que lorsqu’elle est stressée.

Zoanthus

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Ce corail mou et bariolé change de couleur selon la lumière qu’il reçoit. Face au danger, il exsude une toxine nocive pour l’homme.

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l’arctique

Harfang des neiges

A

Plus il vieillit, plus le plumage de ce hibou blanchit chez les mâles ; celui des  femelles et des jeunes est  légèrement tacheté.

u pôle Nord, le jour et la nuit durent six mois d’affilée, les températures peuvent plonger sous les – 30 °C, une épaisse couche de glace recouvre tout… À l’horizon, du blanc à perte de vue. Un désert hostile qui pourrait décourager toute forme de vie, et pourtant… De nombreuses espèces animales (dont l’homme !) ont élu domicile sur la banquise, dans la toundra (paysage végétal constitué principalement de mousses, de lichens et d’arbrisseaux) et dans l’océan Arctique (qui borde six pays : la Russie, la Norvège et l’Islande, le Canada, les États-Unis avec l’Alaska, le Danemark avec le Groenland). L’ours polaire, bien sûr (lire pages suivantes), mais aussi des oiseaux, des poissons et bien d’autres mammifères, terrestres ou marins.

ADAPTATION. L’évolution a donné à chacun des armes pour survivre. Il y a ceux, comme le renard polaire, qui se dotent d’une épaisse fourrure blanche l’hiver. Ou bien ceux, tels le phoque ou le morse, dont l’alimentation leur procure une épaisse couche de graisse, bien utile pour les protéger du froid. Ceux qui migrent vers le sud à l’approche de l’hiver, comme le caribou, et ceux qui restent, tel le bœuf musqué, protégé par un manteau de fourrure hirsute dont les poils creux sont si longs qu’ils emprisonnent une couche d’air chaud sous l’animal. Finalement, la principale menace qui pèse sur ces espèces, ce n’est pas le froid, mais le réchauffement climatique. En novembre 2016, au pôle Nord, des températures de – 5 °C ont été enregistrées… soit 20 °C de plus que la normale ! En parallèle, la taille maximale de la banquise (surface gelée de l’océan, qui fond l’été et se reconstitue l’hiver) n’atteignait en mars 2017 que 14,42 millions de kilomètres carrés, la plus petite superficie jamais enregistrée depuis 1980 et les premières mesures satellites. Savoir comment les animaux de l’Arctique vont réussir à s’adapter à ces changements – s’ils y parviennent – demeure une inconnue…

Mouflon de Dall

Ce mouton sauvage vit dans les montagnes du nord de l’Alaska et du Canada ; les individus les plus nordiques ont un pelage blanc presque immaculé.

Morse

Reconnaissable à sa silhouette massive, ses longues défenses et ses moustaches, il passe la plupart de son temps sur la glace, d’où il plonge pour chasser les mollusques.

Phoque

Les phoques annelés, à capuchon et du Groenland sont trois des phoques arctiques les plus courants. Ils sont un repas de choix pour l’ours polaire.

Cétacés

Le cachalot, le narval (ce drôle de mammifère marin muni d’une longue défense torsadée), l’orque, le béluga (ou « baleine blanche »), le dauphin… ont tous pour foyer les eaux glacées de  l’océan Arctique.

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Loup arctique

Ours polaire

Le plus grand prédateur de l’Arctique règne en maître incontesté sur la banquise (lire pages suivantes).

Plus petit que les autres loups, et doté d’une fourrure plus épaisse, il chasse les lemmings (petits rongeurs) et les lièvres en solitaire, et s’attaque aux caribous et aux bœufs musqués en meute.

Bœuf musqué

Renard polaire

L’été, son pelage prend une teinte brune qui lui permet de se fondre dans son environnement (la toundra) ; l’hiver, il redevient entièrement blanc pour se confondre avec la neige.

Caribou

Ce cervidé des régions arctiques et subarctiques évolue dans la toundra, où il est chassé par le loup arctique. Il est gravement menacé par le réchauffement climatique, qui induit un changement de végétation et la disparition du lichen, dont il se nourrit.

Protégé du froid par une épaisse toison de laine, ce grand mammifère herbivore n’est pas un bovin, comme son nom l’indique à tort, mais un capriné (de la famille des chèvres) !

Lagopède alpin

Cet oiseau change de plumage selon la saison, et devient entièrement blanc l’hiver.

Poissons

Plus de 400 espèces de poissons (morue polaire, hareng, saumon…) évoluent dans ces eaux froides ; chez certaines espèces a été découverte une « protéine antigel » qui empêche leur sang de geler !

© DK I mag es

Requin du Groenland

Plus gros requin carnivore de la planète avec le requin blanc (2,5 m à 4,5  m en moyenne), cette espèce détient aussi le  record de longévité chez les vertébrés : il vit jusqu’à 400  ans !

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zoom sur l’ours polaire

T

out en haut de la chaîne alimentaire de l’Arctique, l’ours blanc, ou ours polaire, est un champion de la survie en conditions extrêmes. Le deuxième plus grand prédateur terrestre (après l’ours kodiak, une sous-espèce de l’ours brun vivant en Alaska et pesant jusqu’à 850 kg) est un chasseur redoutable, doté d’un très bon odorat : il est capable de sentir l’odeur d’une carcasse à plusieurs kilomètres de distance, ou de détecter un phoque, son mets préféré, caché sous la glace. Il n’a plus qu’à attendre que ce dernier surgisse dans un trou d’air pour le harponner à l’aide de ses grandes pattes griffues. Aussi à l’aise dans l’océan que sur la banquise, l’ours polaire est un très bon nageur, qui peut parcourir des centaines de kilomètres dans l’eau ou rester en apnée plusieurs minutes – il mérite bien son nom scientifique d’Ursus maritimus, ou « ours marin » !

Petites extrémités L’ours polaire a de très petites oreilles et une petite queue, pour limiter la perte de chaleur.

Régime énergétique

Ses repas à base de phoques, riches en graisses, lui fournissent l’énergie nécessaire pour faire face au froid.

RÉCHAUFFEMENT. L’ours blanc est issu

de la même lignée que l’ours brun, et s’est probablement différencié de ce dernier il y a environ 100 000 ans : en traversant le détroit de Béring (entre la Sibérie orientale et l’Alaska) pour coloniser l’Amérique du Nord, certains ours ont pu rester prisonniers de la banquise et ont dû s’acclimater à cet environnement hostile – d’où l’évolution, au fil du temps, vers une fourrure blanche, camouflage idéal dans ce monde de glace et de neige. Contrairement à d’autres animaux des pôles, cette fourrure ne change pas de couleur avec les saisons. Parfaitement adapté au froid extrême, l’ours polaire souffre en revanche du réchauffement climatique et de la disparition de la banquise, son lieu de vie, de chasse et de reproduction. L’été, il passe de plus en plus de temps sur la terre ferme où, affamé, il se rapproche dangereusement de l’homme… L’espèce est classée « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Coussinets

Noirs et rugueux, ils lui servent d’antidérapants.

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Graisse isolante

Une épaisse couche de graisse de plus de 10 cm le protège du froid, et fait également office de réserve d’énergie quand la  nourriture se fait rare.

Reproduction

E ntre octob re et mars, la f emelle hiv erne d ans sa taniè re, où elle met b as et s’ occu p e d e ses p etits à l’ ab ri d u f roid .

Peau noire

Sa couleur lui permet d’absorber au maximum la chaleur du soleil.

Chauffage central Su r ce thermog ramme ( imag e ob tenu e à l’ aid e d ’ u ne techniq u e ap p elé e la thermog rap hie, q u i montre la ré p artition d e la temp é ratu re p ar analyse d es inf rarou g es) , on p eu t v oir la chaleu r é mise p ar l’ ou rs p olaire ( p lu s on v a v ers l’ orang é - rou g e, p lu s elle est imp ortante) . Son é p aisse f ou rru re of f re u ne si b onne isolation q u e p eu d e chaleu r est p erd u e. E lle s’ é chap p e p rincip alement p ar les yeu x , le nez et les oreilles, c’ est p ou rq u oi ces ex tré mité s sont si p etites !

Fourrure épaisse

Elle est constituée d’une couche duveteuse de sous-poils, qui garde la chaleur, et de longs poils raides et creux (des jarres), qui emprisonnent l’air et repoussent l’eau, la rendant imperméable. Ces jarres sont en fait transparents, mais sont perçus comme blancs à cause de leur façon de réfléchir la lumière.

Poils creux transparents Fourrure laineuse blanche

Peau noire

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Ursus maritimus

TAILLE (ADULTE)

2 à 3 m

POIDS (ADULTE)

350 à 680 kg

© Thinkstock ; Stev e B loom I mag es/ Alamy ; Ag e f otostock/ Alamy ; SP L

RÉPARTITION

Sur la banquise autour du pôle Nord, au bord de l’océan Arctique POPULATION

Larges pattes

Méga-griffes

Robustes et très acérées, elles mesurent jusqu’à 5 cm : idéal pour chasser ou escalader les blocs de glace.

Couvertes de poils et légèrement palmées, elles lui permettent de nager (il s’en sert alors comme de pagaies) ou bien de marcher sans s’enfoncer dans la neige, en répartissant équitablement le poids du corps.

Entre 20 000 et 25 000 individus environ DURÉE DE VIE

15 à 30 ans

ALIMENTATION

Principalement des phoques annelés (en moyenne 45 par an), mais aussi des poissons, morses, œufs, carcasses…

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l’Antarctique

B

ienvenue sur le continent le plus froid (la station russe Vostok y a enregistré une température record de – 89,2 °C en 1983) et le plus venteux (les rafales dépassent souvent les 200 km/h) de la planète. Environ 98 % de la superficie de ses terres sont enterrés sous des kilomètres de neige et de glace. L’hiver, le soleil se lève à peine sur l’horizon ; même en été, il reste bas dans le ciel, et sa lumière est faible. Malgré ces conditions extrêmes, la faune locale est riche et variée. Les eaux glaciales de l’océan Antarctique, en particulier, fourmillent de vie ! La croissance puis la fonte annuelle des glaces draguent en effet des nutriments des eaux profondes : le phytoplancton. Ces algues microscopiques (un seul litre d’eau peut en contenir plus d’un million) sont mangées par le krill, de minuscules crevettes dévorées à leur tour par les phoques, poissons, baleines… Sur terre comme dans l’eau, toutes ces espèces se sont adaptées physiologiquement au froid extrême.

Phoque crabier Malgré son nom, ce phoque se nourrit de krill (petites crevettes des eaux froides), la forme très particulière de ses dents lui permettant de  filtrer  l’eau.

Albatros

Avec ses ailes colossales (jusqu’à 3,50 m d’envergure), ce grand oiseau est bien adapté au vol dans les vents violents de l’Antarctique.

Éléphant de mer

Doté d’un nez en forme de courte trompe qui lui a valu son surnom, ce phoque imposant (jusqu’à 3,7  t) est  équipé d’un système sanguin particulier : volume supérieur à celui des autres mammifères par rapport à  la  taille et davantage d’hémoglobine pour transporter l’oxygène. Résultat, il  peut rester sous l’eau plus longtemps.

Manchot à jugulaire

Ce petit oiseau de mer (65 à 80  cm) est muni d’une couche dense de plumes, à la fois isolantes et imperméables.

Prion de l’Antarctique

Morue de roche

Une « protéine antigel » empêche le sang de ce poisson des eaux froides de geler.

Les îles de l’Antarctique abritent de nombreuses colonies de cet oiseau qui se nourrit de poissons, de calmars et de crustacés.

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Manchot empereur

L’espèce emblématique de l’Antarctique est équipée d’un  « système antifroid » sophistiqué (lire pages suivantes).

Orque

Également appelé épaulard, ce cétacé est protégé du froid par  une épaisse couche de graisse sous la peau, qui lui fournit également de l’énergie quand la  nourriture se fait rare.

Cachalot

Ce mastodonte (jusqu’à 20 m de longueur et 57  t) peut  retenir son souffle jusqu’à 90  minutes en plongée – utile pour partir à  la chasse au calmar géant.

Manchot papou

Profilé pour la nage, c’est un excellent pêcheur ; poissons et crustacés représentent l’essentiel de  son alimentation.

Léopard de mer

© DK I mag es

Redoutable, ce mammifère de la famille des phoques s’attaque aux petits d’autres phoques ainsi qu’aux manchots.

Petit rorqual

Ce cétacé migre vers les eaux chaudes des plus hautes latitudes pour se reproduire.

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zoom sur le manchot empereur

E

spèce emblématique du continent antarctique, le manchot empereur est le plus grand et le plus lourd des manchots. Manteau de plumes imperméable recouvrant une épaisse couche de graisse, vie en communauté pour se tenir chaud et protéger les plus jeunes, ailes profilées pour la nage… L’empereur est un oiseau parfaitement adapté aux conditions de vie hostiles du Grand Sud (il ne vit d’ailleurs que sur ces terres glacées). S’il se reproduit en plein hiver, c’est justement pour que ses petits grandissent au printemps, au moment où ils ont le plus de chances de s’en sortir – seul un poussin sur cinq survivra cependant à sa première année de vie…

Glandes à sel

Langue râpeuse

Situées au-dessus des yeux, elles évacuent l’excès de sel que le manchot avale en quantité lorsqu’il ingurgite ses proies dans l’eau de mer.

Couverte de petits crochets, elle agit comme un filtre pour retenir ses proies (krill, petits poissons et calmars).

Corps élancé

Long et profilé, il est parfaitement adapté à la plongée et à la nage.

INCUBATION. Les couples de manchots

empereurs suivent une stricte répartition des tâches. Après la ponte (un seul œuf par an, vers le mois de mai), l’œuf est laissé aux bons soins du mâle, qui va le caler délicatement au creux de ses pieds, recouvert par un épais repli de peau pour le tenir bien au chaud. L’opération est périlleuse : au cours du transfert de la femelle au mâle, l’œuf risque de tomber sur le sol glacé… il est alors perdu. Pendant toute la période d’incubation (neuf semaines environ), la femelle part pêcher tandis que le mâle jeûne. Lorsqu’elle revient nourrir sa progéniture, après l’éclosion de l’œuf, le mâle peut à son tour aller se restaurer. Ils se relaieront ensuite durant quelques mois, jusqu’à ce que le petit puisse les suivre dans l’océan.

Plumes étanches

Très dense (comme une véritable fourrure !), le plumage est recouvert d’une huile sécrétée par une glande proche de la queue, qui le rend imperméable. À la base de chaque plume se trouve un amas de poils duveteux qui retiennent l’air. Sous la peau, une couche de graisse de plusieurs centimètres isole du froid et  stocke des calories.

Duvet

Quand le poussin sort de l’œuf, il est recouvert d’un épais duvet gris clair qui sera remplacé, au bout de trois mois, par des plumes.

Pattes palmées

Puissantes, elles servent autant à la nage qu’à la marche ; leurs grandes griffes assurent alors une bonne prise sur la glace.

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Chauffage central

Vie en communauté

L es manchots se b lottissent en g rou p es d e milliers d ’ ind iv id u s et se relaient p ou r occu p er le milieu , là où il f ait le p lu s chau d .

Ailes nageoires

Elles ne lui permettent pas de voler, mais sont des sortes de « rames » puissantes, faites de larges os plats quasiment soudés les uns aux autres, qui le propulsent dans l’eau.

À l’ instar d es au tres oiseau x et d es mammif è res, le manchot est u n animal « à sang chau d » , q u i d oit constamment ré g u ler la temp é ratu re d e son org anisme. E n p lu s d e son p lu mag e isolant et d e son mod e d e v ie en commu nau té ( lire lé g end es) , le systè me circu latoire d u manchot lu i p ermet d ’ aj u ster la q u antité d e chaleu r à conserv er ou à ex p u lser. L es artè res et les v eines sont rap p roché es p ou r minimiser les p ertes d e chaleu r d ans le sang q u i arriv e et rep art d es ex tré mité s, ce q u i ex p liq u e p ou rq u oi ses p ied s ne g è lent p as. E t q u and il f au t se raf raî chir, les v aisseau x sang u ins p eu v ent au ssi se d ilater et ramener la chaleu r à la su rf ace d e la p eau , où elle est d issip é e.

Marche

M alg ré ses cou rtes p attes et sa d é marche « d and inante » , le manchot g ard e l’ é q u ilib re et p eu t p arcou rir j u sq u ’ à 1 2 0 km p ou r se rep rod u ire ou mang er.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Aptenodytes forsteri TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 1,20 m

© Dreamstime ; Science P hoto L ib rary ; C orb is ; Solv in Z ankl/ V isu als U nlimited , I nc.

POIDS (ADULTE)

De 20 à 40 kg RÉPARTITION

Côtes de l’Antarctique POPULATION

600 000 individus environ, dans une quarantaine de colonies DURÉE DE VIE

20 ans

ALIMENTATION

Poissons, calmars, krill (petites crevettes)

Couvaison

P end ant les d eu x mois d ’ incu b ation, l’ œ u f est p osé su r les p ied s d u et recou v ert d ’ u n rep li d e p eau p ou r rester b ien au chau d .

mâ le

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la taïga

É

galement appelée forêt boréale, la taïga couvre environ 10 % des terres émergées. Elle recouvre les zones de l’hémisphère Nord comprises, en moyenne, entre les 45e et 60e parallèles nord, et jusqu’au 70e en Scandinavie. La taïga est principalement composée d’arbres résistants comme les conifères (pins, sapins, épicéas, mélèzes) et de feuillus comme les bouleaux et les aulnes. Elle compte de nombreux lacs et marécages. La température moyenne annuelle oscille entre – 5 et + 5 °C, avec des pics à 10-15 °C l’été et des hivers rudes affichant parfois jusqu’à – 60 °C. Le sol est généralement acide et pauvre en éléments nutritifs, et la majorité de l’eau arrive sous forme de neige. De nombreux animaux ont trouvé refuge dans ce milieu hostile et relativement peu peuplé par l’homme : loups, ours bruns, grizzlis, lynx, renards, gloutons, élans, campagnols, aigles, busards… Beaucoup se sont adaptés (fourrure) ou ont développé des stratégies (terrier) pour faire face aux longs et rigoureux hivers.

Orignal

Plus connu sous le nom d’élan, ce mammifère reconnaissable à ses bois aplatis en éventail est le plus grand des cervidés : la hauteur au garrot d’un mâle peut atteindre 2,20 m, pour un poids allant jusqu’à 800  kg. Ses longues pattes lui permettent de marcher même dans la neige profonde.

et la Toundra ? La toundra est l’écosystème terrestre le plus froid. Il forme un cercle autour du pôle Nord et fait suite à la taïga. Les températures moyennes y sont négatives durant six à dix mois de l’année, et les précipitations y sont inférieures à 250 mm par an, soit moins que dans certains déserts. Avec des conditions environnementales aussi rudes, la toundra est quasiment dépourvue d’arbres. En effet, les racines profondes ne peuvent pénétrer dans le sous-sol gelé en permanence (le pergélisol). La végétation est donc basse (mousses, lichens, herbes et arbustes) et les quelques arbres nains qui y poussent ne dépassent pas 40 cm de hauteur. Quelques animaux, comme les ours polaires et les renards arctiques, se sont adaptés aux étés courts et aux hivers longs et sombres, en menant un mode de vie nomade et en stockant de la graisse pour pouvoir survivre durant la saison froide.

Blaireau eurasien

Ce mammifère nocturne passe l’hiver dans de grands terriers complexes. Il n’hiberne pas, mais stocke de la graisse à l’automne pour tenir jusqu’au printemps.

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Hirondelle rustique

Cet oiseau chanteur établit ses quartiers d’été dans la taïga canadienne avant de regagner les tropiques pour l’hiver. Il  peut parcourir jusqu’à 970  km par jour.

Milan royal

Charognard, cet oiseau de proie au plumage couleur rouille chasse aussi de petites proies vivantes comme les campagnols.

Léopard de l’Amour

Ce félin en voie de disparition possède un épais manteau de fourrure pour faire face aux hivers rigoureux. Ses longues pattes lui permettent de se déplacer dans la neige où il chasse.

Ours brun

Il fait partie des plus grands carnivores vivants. Dressé sur ses pattes arrière, il peut mesurer 2,4 m de hauteur.

Porte-musc de Sibérie

Renard roux

Ce mammifère mange presque n’importe quoi, y compris des fruits, des grenouilles et les détritus des humains. Sa queue épaisse lui sert de couverture dans le froid.

Ce petit cerf est dépourvu de bois, mais doté de crocs qui dépassent de sa mâchoire supérieure.

Carcajou

Également nommé glouton, il ressemble à un petit ours, mais appartient en réalité à la famille des mustélidés comme la belette. Très solitaire, il peut se déplacer sur un territoire de 1 500  km2 en se nourrissant de carcasses d’animaux.

où se trouvent les principales forêts boréales ? 1 Alaska (États-Unis) 2 Canada 3 Highlands (Écosse) 4 Scandinavie 5 Mongolie du Nord 6 Sibérie (Russie)

1

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4

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Campagnol-lemming boréal Ce rongeur reste bien au chaud l’hiver en nichant avec cinq à dix autres individus. La température du terrier reste au-dessus de 0 °C alors que les températures extérieures plongent beaucoup plus bas.

© Sol 9 0 I mag es

Lynx boréal

Sa fourrure dense lui permet de supporter les températures très basses. Ses pattes sont longues et fines, et ses pieds larges… un peu comme des raquettes pour se déplacer dans la neige !

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les étangs

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lus grand qu’une mare mais plus petit qu’un lac, un étang est une étendue d’eau plus ou moins stagnante et généralement peu profonde (4 m maximum). Qu’il soit artificiel ou naturel, il abrite une faune et une flore particulières, toutes ces espèces étant étroitement liées les unes aux autres pour la nourriture, les abris, la reproduction… Cette interdépendance fait de ce plan d’eau un écosystème fragile. Un étang peut se créer à la suite d’aménagements humains, comme lors de la construction d’une digue sur un cours d’eau, ou naturellement, lorsqu’une formation de barre sablonneuse retient les eaux. Dans ce cas, l’eau peut provenir de la fonte de glaciers, d’une ouverture vers une nappe phréatique, d’accumulation d’eau provenant de rivières et ruisseaux… Au fil du temps, l’étang se peuple de plantes aquatiques et d’animaux. Les végétaux, comme les nénuphars ou les algues, colonisent les différentes parties de l’étang, tandis que divers insectes, telles les corises (punaises aquatiques), occupent sa surface. La présence de multiples plantes finit par créer des abris pour différents animaux, amenant certains, telles les grenouilles, à investir l’étang et à y pondre leurs œufs.

Héron

Perché sur les berges ou à l’affût dans l’étang, il se nourrit de poissons, de grenouilles, de plantes et de tout ce qu’il peut attraper avec son long bec.

Grèbe huppé

Il plonge la tête sous l’eau et peut rester en apnée plusieurs minutes, le temps d’attraper poissons et crustacés.

Naucore

Cet insecte de la famille des punaises d’eau est une proie pour les oiseaux et les rongeurs, et un prédateur pour les larves d’insectes et les têtards.

MARAIS. L’écosystème s’enrichit alors

de nouvelles espèces, chaque forme de vie soutenant les autres. Depuis les bactéries microscopiques, qui dégradent la matière organique, jusqu’aux oiseaux, poissons et amphibiens, les uns apportent leur contribution aux autres en agissant comme proie, abri ou prédateur. Peu à peu, la nature comble les eaux stagnantes de l’étang. L’accumulation des déchets animaux et la prolifération anarchique des végétaux le transforment en marais ou en zone humide. Puis, après des dizaines, voire des centaines d’années, si l’étang ne subit pas d’intervention humaine, il deviendra forêt. Un processus nommé évolution climacique.

Habitat en eau libre

Cette zone de l’étang (entre la surface et le fond) regorge de poissons, crustacés, larves d’insectes et plancton, qui constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire. Certains animaux plus grands, comme les tortues et les oiseaux, chassent d’autres animaux dans cette partie de l’étang.

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Libellule

Martin-pêcheur

Elle pond ses œufs dans l’eau, où se développent les larves.

Habile pêcheur, il fait du vol stationnaire à la  surface de l’eau pour repérer les poissons qu’il attrape en plongeant dans l’eau (lire pages suivantes).

Canard colvert

Habitat de surface

Comme les poules d’eau, il se régale d’insectes et de mollusques, mais aussi de pousses, racines et graines.

Ragondin

Ce grand rongeur de 40 à 60 cm (sans la queue, de 20  cm) se nourrit de plantes aquatiques, de racines, d’herbes et d’écorces de jeunes arbres. Plutôt nocturne, il partage son temps entre la nage et le repos dans son terrier, creusé dans les berges.

Au ras de l’eau se trouvent des animaux flottant ou marchant sur l’étang, telles les araignées d’eau. Elles se nourrissent de plantes mortes et d’insectes ou  d’autres petits invertébrés qui  se trouvent à la surface.

Perche

Ce petit poisson se nourrit principalement d’élodées (plantes aquatiques).

Achigan à grande bouche Ce poisson vert et argent, de la famille des brochets, apprécie les crustacés, les petits poissons et les grenouilles. Les mâles entretiennent un nid et attirent les femelles, qui pondent quelques centaines d’œufs au  printemps ou en été.

Grenouille taureau

Grand d’environ 15 cm, cet amphibien est un vorace qui se nourrit de crustacés et d’insectes. Il dévore aussi les autres amphibiens comme la rainette ou la grenouille verte, dont il menace la survie dans les étangs qu’il envahit. Les femelles pondent de 10 000 à 20 000  œufs entre mai et juillet.

Habitat des fonds

© C halliyan

La vie au fond d’un étang dépend de la nature de l’eau. Une étendue d’eau stagnante aura un lit sableux ou vaseux habité par des éponges, des écrevisses et des escargots. Dans un étang où les eaux sont turbulentes, la lumière ne peut pas atteindre le fond, ce qui empêche les plantes de le coloniser. Avec un taux d’oxygène faible et un manque d’abris, il y aura peu de vie à part quelques spécimens, comme des vers de terre.

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zoom sur Le martin-pêcheur

F

amilier des berges des rivières, des marais et des lacs, le martinpêcheur est un animal discret, qui passe aisément inaperçu grâce à son allure gracile et son plumage coloré. En effet, le bleu éclatant de son plumage se révèle un parfait camouflage, car selon l’incidence de la lumière, ses rayons sont réfléchis et décomposés par la structure des plumes. Résultat : le bleu métallique de son plumage prend différentes nuances. Ces reflets se confondent alors avec les teintes de la rivière quand il rase l’eau à la recherche d’une proie, ce qui le rend presque invisible ! Le martinpêcheur adulte passe d’ailleurs environ deux heures par jour à lisser et sécher ses plumes ; un soin qui lui permet de nager plus vite dans l’eau. Un dimorphisme sexuel permet de distinguer les mâles, dont le bec est entièrement noir, des femelles, qui arborent une teinte orange sur le dessous du bec. Les couples nichent dans des terriers creusés dans les berges de terre ou de sable. Durant les trois semaines de couvée, mâle et femelle se relaient au nid pour couver la ponte.

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CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Alcedo atthis

TAILLE (ADULTE)

16 cm (25 cm d’envergure les ailes déployées) POIDS (ADULTE)

25 à 40 g

RÉPARTITION

Europe, Afrique du Nord et Asie DURÉE DE VIE

1. À l’affût

Posé sur une branche, le martin-pêcheur scrute la surface de l’eau. Il guette le moindre mouvement des poissons qui s’approchent de la surface. Sa proie repérée, il déploie ses ailes.

7 ans en moyenne ALIMENTATION

un pêcheur hors pair

Poissons mais aussi batraciens, lézards, crevettes, écrevisses et insectes aquatiques

2. Plongeon

Ailes repliées, l’oiseau plonge en piqué d’une hauteur de 1  à 3  m en gardant la  tête dans le prolongement du  corps. La vitesse et la précision sont capitales.

3. Impact

Son bec long et fin, pointu tel un poignard, fend l’eau en premier pour saisir le poisson. L’oiseau peut plonger jusqu’à 1  m de profondeur.

4. Repas

© C orb is ; F otolia

La prise dans le bec, le martinpêcheur transporte son butin sur un arbre où il assomme sa proie en la frappant violemment contre la branche, avant de l’avaler la tête la première.

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La savane

Vautour

Avec ses grandes ailes, ce charognard peut planer haut dans le ciel, à l’affût d’une proie (lire pages suivantes).

L

a savane est une immense étendue d’herbes et de broussailles, parsemée de quelques arbres et arbustes. Ce milieu végétal se forme dans les régions chaudes (autour des tropiques), marquées par deux saisons bien distinctes : une saison sèche et une saison humide. La quantité d’eau apportée par les pluies permet aux plantes de s’épanouir, sans toutefois donner naissance à une forêt. De même, si la saison sèche est aride, elle n’est pas suffisamment longue pour transformer l’endroit en désert. Dans la savane vit une faune importante et variée composée essentiellement d’herbivores comme l’éléphant, la girafe ou le rhinocéros, de carnivores, à l’image du lion ou du vautour, et de saprophages qui se nourrissent de matières organiques en décomposition, comme le bousier.

MIGRATIONS. Suivant sa localisation, la savane reçoit différents noms. En Asie, elle est baptisée « steppe », en Amérique du Nord, « prairie », et en Australie, « pâturage ». En général, seules les prairies d’Afrique sont appelées « savanes ». L’une des plus célèbres s’étend sur quelque 60 000 km2 à cheval entre la Tanzanie et le Kenya. C’est là que se produisent les plus grandes migrations animales du monde. Deux fois par an, en mars-avril et en octobre-novembre, près de 2 millions de gnous, 300 000 zèbres et des centaines de milliers d’antilopes se lancent dans une gigantesque transhumance, passant de la Tanzanie au Kenya à la recherche d’eau et d’herbes grasses. Dans la savane, les points d’eau sont des endroits vitaux. Ces bassins saisonniers ou permanents, alimentés par les rivières et les pluies, sont essentiels pour les animaux qui parcourent parfois plus de 3 000 km pour venir s’y désaltérer. Là, prédateurs et proies se côtoient, ce qui participe à l’équilibre de l’écosystème.

Girafe

Avec son long cou, elle atteint la cime des arbres, dont elle arrache de savoureuses feuilles grâce à sa langue puissante.

Gnou

Ce ruminant possède de longues cornes recourbées, une crinière et une queue « de cheval » d’environ 0,6 à 1  m.

où y a-t-il des savanes ? 1 Afrique (Sahel, parc du Serengeti, réserve du Masai Mara…) 2 Amérique du Sud (Cerrado au Brésil, Llanos en Colombie et Venezuela)

3 Australie (région du Kimberley, comté de Mitchell, nord-est du Queensland…) 4 Myanmar (ex-Birmanie) 5 Inde 6 Ouest de Madagascar 7 Centre des États-Unis

7 5

1

4

Termite

2 6

3

Vivant en colonies, cet insecte érige des termitières en boue, solides comme de la roche. À l’intérieur y règne en permanence une température de 27 °C (lire pages suivantes).

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Éléphant

Ses grandes oreilles et sa peau fripée régulent sa température.

Zèbre

Les rayures qui ornent sa robe le prémuniraient contre les piqûres de  la mouche tsé-tsé et du taon.

Rhinocéros

Sa peau d’environ 6 cm d’épaisseur le protège des  épines des arbustes, mais  pas des piqûres d’insectes.

Bousier

Il recycle les excréments laissés par les autres créatures de la savane : il les décompose puis pond ses œufs à l’intérieur.

Lion

© DR

Sa robe couleur miel lui permet de se fondre dans son environnement pour mieux surprendre ses proies.

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zoom sur Le vautour

L

e vautour vit dans des écosystèmes comprenant principalement de gros brouteurs. Ce qui pose un problème à ce carnivore, car un oiseau de 4 kg peut difficilement abattre un gnou de plus de 200 kg… Il laisse donc aux autres prédateurs, les lions notamment, le soin de le faire pour lui, ou patiente le temps que sa proie meure de causes naturelles. Généralement, peu avant l’aube, le vautour s’envole dans le ciel, entre 200 et 500 m d’altitude. Là, il plane grâce à ses grandes ailes et scrute la savane. S’il repère un animal affaibli, il peut l’attaquer et l’achever à coups de bec, qu’il a très crochu. Une fois la charogne découverte, l’oiseau plonge sa tête chauve et son long cou dans la dépouille et fouille avec son bec. Il attaque généralement son repas au niveau des plaies, car son bec ne peut pas déchirer les peaux épaisses. Il peut ainsi engloutir 1 kg de chair, de préférence les viscères et les parties molles, en un repas. Pratique pour décharner les carcasses, le long cou du vautour lui est aussi utile pour réguler sa température corporelle : il l’étire et l’arrondit pour ajuster la quantité de chaleur perdue par la peau exposée. Après avoir fait ripaille, l’oiseau de proie, somnolent, se perche sur un rocher ou dans un arbre, où il digère en attendant un courant ascendant assez fort qui l’aidera à s’élancer à nouveau dans les airs.

Yeux

Voix

Le vautour n’a pas de syrinx, cet organe du chant présent chez les autres oiseaux ; il  ne peut donc émettre que  des grognements et  des  sifflements.

C’est par la vue que le vautour repère généralement les animaux morts ou blessés, ou les jeunes affaiblis et isolés du  troupeau.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Gyps africanus

TAILLE (ENVERGURE)

Environ 2,20 m

POIDS (ADULTE)

De 4 à 7 kg

DURÉE DE VIE

19 ans

ALIMENTATION

Carcasses d’animaux morts (charognard)

Bec

Sa forme crochue lui permet de déchiqueter des lambeaux de viande, mais pas de percer les peaux épaisses.

Odorat

Certains vautours, notamment ceux d’Amérique, ont un excellent odorat et peuvent détecter le mercaptan éthylique, un gaz relâché par les animaux morts, à plus d’un kilomètre de distance.

Où croiser des vautours ? 1 Europe du Sud et Afrique du Nord 2 Afrique centrale 3 Moyen-Orient

4 Inde 5 États-Unis 6 Amérique centrale et du Sud

1

5

Pattes

Le vautour urine délibérément sur ses pattes. L’acide urique tue les bactéries qu’il attrape en marchant dans les carcasses.

3 2

4

6

Plumes primaires

Leur extrémité présente des espaces (échancrures) qui réduisent la turbulence et augmentent la portance du vol plané.

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zoom sur La termitière

C

ette cathédrale d’argile peut atteindre 8 m de hauteur. Un exploit pour des insectes xylophages (mangeurs de bois) dont la taille, suivant le statut (ouvrière, soldat, reine…), fluctue entre 5 mm et 2,5 cm. La termitière abrite un nid où réside une colonie de plusieurs milliers, voire centaines de milliers d’individus. La reine, parfois plusieurs, pond un œuf toutes les deux secondes en moyenne. La structure des termitières permet le maintien d’une température (27 °C) et d’une humidité de l’air optimales. Le principe de cette climatisation repose sur les hautes cheminées centrales qui surplombent le nid. La température est modulée par des clapets de ventilation dans la structure ou dans le sol : lorsqu’ils sont ouverts, l’air entre pour rafraîchir la termitière ; quand ils sont fermés, la chaleur y est piégée. À l’intérieur, elle est attirée vers le haut et évacuée par les cheminées. Ce mouvement crée un appel d’air extérieur autour du nid, par les clapets situés au niveau du sol. Cet air circule sous terre où il se refroidit dans les puits creusés par les ouvriers. Les termites sont importants pour l’écosystème de la savane, car en consommant du bois et des végétaux, ils participent à la conversion des arbres morts en matière organique, qui peut alors fertiliser le sol.

Clapet de ventilation

Des ouvertures sur l’extérieur créent des courants d’air chaud ou froid pour maintenir la température ambiante à 27 °C, qu’il fasse 1 °C ou 40 °C dehors.

Revêtement

La termitière est constituée d’un mélange d’argile de 3 à 5  m d’épaisseur. Une fois sèche, la structure est solide comme la roche.

Cheminée

Elle sert à évacuer la chaleur et les gaz tels que le méthane produits par la digestion des termites.

Champignonnière

Les termites cultivent des champignons sur un lit d’herbes et d’excréments situé dans des alvéoles. Ces champignons prédigèrent les restes de végétaux pour les rendre plus assimilables par les termites.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Isoptera TAILLE

Jusqu’à 2,5 cm (soldat) DURÉE DE VIE

Environ 4 ans

ALIMENTATION

Bois (xylophage)

Nid

Posé sur des piliers, le nid, d’environ 1,2 m de diamètre, est séparé de l’extérieur par des parois qui constituent une muraille protectrice contre les aléas climatiques et les prédateurs.

Chambre royale

Au cœur du nid se trouve la chambre royale, où loge le couple reproducteur de la colonie.

© iStock ; Dreamstime ; Sally B ensu sen/ SP L

Tunnel

Des galeries plongent sous terre (jusqu’à 70 m) pour permettre aux termites de remonter l’argile nécessaire à  la  construction.

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Escargot marin

Les estrans

Patelle

À marée basse, ce gastéropode se fixe à la roche ; il peut s’en détacher à marée haute pour aller brouter des algues.

C

et écosystème correspond à la bande côtière qui est chaque jour couverte, puis découverte par la marée. Inondées une partie de la journée et à l’air libre le reste du temps, ces rivages, notamment ceux rocheux, offrent une riche variété d’espèces, certaines étant capables de supporter l’immersion puis le retrait de l’eau, les écarts de température importants (de l’ordre de 10 °C), les vagues, le vent et les variations de salinité liées à l’évaporation ou à la pluie. Selon leur résistance et leur capacité d’adaptation, elles ont élu domicile à différents niveaux.

Ce gastéropode se cache sous les algues pour se protéger des prédateurs et conserver une certaine humidité à marée basse.

Huîtrier pie

Friand de mollusques et de bivalves comme les moules, les coques, palourdes, huîtres et autres pétoncles, cet oiseau possède un bec adapté pour ouvrir les coquilles de ses proies qu’il « pêche » à marée basse.

MARÉES.

La zone supralittorale, la plus haute, n’est immergée que lors des fortes marées. Elle héberge donc une faune qui ne supporte que partiellement l’immersion. En dessous, l’étage médiolittoral subit de plein fouet les variations de niveau d’eau liées aux marées quotidiennes. Enfin, la zone infralittorale (la plus proche du sol) n’est à découvert que lors des marées basses de vives eaux (les grandes marées). Les espèces qui la peuplent sont donc le plus souvent immergées. Les crabes ou les vers s’enfouissent dans le sable humide à marée basse ; les blennies, dans des anfractuosités pleines d’eau. Les moules, elles, se referment pour éviter d’être desséchées en plein soleil, tandis que les patelles et les balanes emprisonnent dans leur coquille une réserve d’eau. Beaucoup d’espèces, comme les étoiles de mer ou les moules, se fixent solidement aux rochers pour résister à la force des vagues.

Blennie commune

Ce poisson possède une épaisse couche de mucus au lieu d’écailles, qui l’aide à se faufiler entre les rochers et le protège du dessèchement s’il se trouve hors de l’eau entre deux marées.

les trois étages de l’estran

Bernard-l’hermite

Z one su p ralittorale

0 ,7 5 à 2 ,1 0 m

Z one mé d iolittorale

0 à 7 5 cm

Z one inf ralittorale

Ce crustacé qui s’abrite dans une coquille abandonnée par une  autre espèce vit dans les flaques situées entre les rochers. Peu mobile, il se nourrit de petits crustacés et de mollusques.

Étoile de mer

Installé dans la zone infralittorale, cet échinoderme se nourrit principalement de mollusques et autres crustacés.

– 5 0 à 0 cm

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Crevette

Translucide, elle se rencontre dans les flaques médiolittorales et infralittorales.

Éponge

Elle peut moduler ses ouvertures pour contrôler la quantité d’eau qui entre et sort de son corps lors des  marées.

Balane

Crabe

Dissimulé sous des algues ou dans une anfractuosité, il attend la marée haute pour sortir et aller se nourrir.

Fixé à vie à son rocher, ce crustacé se nourrit à marée haute de particules en suspension qu’il piège grâce à des  filaments.

Ligie

Ce crustacé qui ressemble à un cloporte vit dans la zone supralittorale de l’estran. Il s’installe à marée basse dans les interstices rocheux humides.

© DK I mag es ; G u ttorm F latab ø

Couteau

Ce mollusque bivalve (dont la coquille est constituée de deux parties) s’enfonce dans le sable à marée basse.

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Yellowstone

D

ans le nord-ouest des États-Unis, le parc de Yellowstone abrite une faune extrêmement diversifiée : 67 espèces de mammifères, près de 300 d’oiseaux, 16 de poissons, 4 d’amphibiens et 6 de reptiles. Depuis la réintroduction du loup gris en 1995 (voir encadré ci-contre), on y trouve presque toutes les espèces animales qui peuplaient le parc lors de sa création, en 1872. Les visiteurs adorent apercevoir grizzlys et ours noirs, bisons, chevaux sauvages, sans oublier le symbole national américain : un rapace cousin de l’aigle, le pygargue à tête blanche. Les animaux sont protégés par la loi : seuls les gardes du parc ont le droit de tirer, même si les visiteurs peuvent obtenir des permis de pêche. Mais cela ne veut pas dire que la vie à Yellowstone est facile pour ses habitants. Ils doivent supporter des hivers rigoureux, avec des températures qui descendent parfois en dessous de 0 °C dès novembre, et des chutes de neige abondantes, au point que les routes principales sont fermées durant des mois. Les bisons

ont trouvé une astuce : ils paissent et se réchauffent près des zones hydrothermales du parc ! Tout l’écosystème de Yellowstone s’appuie sur un équilibre délicat entre les prédateurs et les proies, soumis aux fluctuations climatiques, aux feux de forêt et à l’activité volcanique. Les loups, autrefois considérés comme une menace pour les autres espèces, sont désormais reconnus comme étant la pierre angulaire de cet écosystème. Et si les feux de forêt étaient vus auparavant comme des fléaux amenant mort et destruction, aujourd’hui, les brûlis contrôlés constituent une étape nécessaire dans le cycle naturel de régénération de la végétation.

Balbuzard pêcheur

Il s’accouple et nidifie dans le parc de Yellowstone, mais migre vers le sud l’hiver.

Wapiti

Cerf mulet

Coyote

Durant les mois les plus froids, il  chasse en meute pour  trouver de  la  nourriture.

Mouflon canadien

Il vit sur des pentes orientées au sud, où les chutes de neige sont moins nombreuses et la végétation plus  accessible.

Loup gris

Il se pare d’une fourrure épaisse et isolante en hiver. Elle est composée d’un sous-poil duveteux et chaud, protégé de l’humidité par des poils épais et imperméables.

Ours grizzly (et son ourson)

Il hiberne de décembre à mai en abaissant sa température et  sa  fréquence cardiaque.

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Le loup gris prospérait à Yellowstone avant qu’il ne soit systématiquement abattu ou empoisonné, jusqu’à être éradiqué du parc en 1926. Sans lui, tout l’écosystème fut bouleversé : la population des wapitis explosa, et ils broutèrent presque toute la végétation. En 1995, 14 loups ont donc été réintroduits. Depuis repousse une végétation ligneuse prisée des castors, dont les tanières sont importantes pour les loutres, poissons, reptiles et amphibiens. Renforcées par cette végétation, les berges des rivières voient leur érosion ralentir. Les loups empêchent aussi la prolifération des coyotes, ce qui profite aux petits mammifères. Quant aux ours, ils se délectent des baies revenues en quantité et des carcasses laissées par les loups.

O

p gris Lou

comment le loup gris a rééquilibré l’écosystème

Pélican blanc

Les mâles perdent leurs lourds bois au début de l’hiver, afin d’économiser leur énergie.

Au printemps, il s’établit en colonies sur le lac Yellowstone pour nidifier, mais il passe l’hiver sur les côtes du Mexique, de la Californie et du sud-est des États-Unis.

Sarcelle à ailes vertes

Petit fuligule

Écureuil terrestre d’Uinta

Ours noir

Bison de Yellowstone (et son petit)

Il utilise son énorme tête comme chasse-neige pour dégager le sol et trouver de la nourriture.

Marmotte à ventre jaune

Elle hiberne jusqu’à huit mois de l’année, survivant sur ses réserves de graisse.

Pika

Ce petit mammifère proche du lapin passe l’été à cueillir de la végétation pour l’hiver, qu’il entasse en « meules de foin » et qu’il défend vigoureusement.

Antilope d’Amérique

© N ational P ark Serv ice/ R ob ert H ynes ; Shu tterstock ; W iki

Cygne trompette

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zoom sur le loup

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Canis lupus

TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 1,60 m de longueur POIDS (ADULTE)

A

ncêtre des chiens domestiques, Canis lupus compte pas moins de 37 sous-espèces. Au sein de la meute, chacun occupe une place bien définie qui assure la cohésion du clan et donc sa survie. Généralement, une meute compte entre 7 et 12 individus d’une même famille. Le mâle dominant, que l’on nomme le « mâle alpha », et la femelle dominante sont les seuls « autorisés » à se reproduire. Le reste du clan est composé des frères et sœurs et des jeunes des dernières portées. La hiérarchie est bien marquée et peu remise en cause. C’est le mâle dominant qui prend l’initiative des déplacements et de la chasse.

Entre 30 et 80 kg pour un mâle, de 23 à 55 kg pour une femelle

Privilège du statut, c’est aussi lui qui se sert le premier sur une carcasse. Les loups communiquent entre eux par des hurlements, des grognements, des gémissements et des attitudes. Ce langage corporel (position de la queue, des oreilles…) révèle non seulement la place d’un individu dans la hiérarchie du clan, mais aussi son état émotionnel : agressif, soumis…

BANNIS.

Les louveteaux profitent des soins de tout le groupe, y compris des louvards, les jeunes nés de la précédente portée (âgés de 1 à 2 ans). Au bout d’un an, un loup a atteint sa taille adulte et peut désormais participer à la chasse au gibier.

DURÉE DE VIE

5 à 6 ans à l’état sauvage ALIMENTATION

Carnivore

Il lui arrive alors de parcourir 60 km par jour en trottinant et d’effectuer des pointes à 70 km/h. Certains loups quittent la meute vers 2 ou 3 ans. Ils partent à la recherche d’une femelle et d’un territoire (entre 200 et 1 000 m2) à conquérir, ou bien ils intègrent un autre clan. Les loups sont parfois solitaires : ce sont des mâles alpha déchus de leur statut, ou des individus bannis pour avoir affronté le dominant du groupe.

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Anatomie du loup Intestins

Les loups, carnivores, n’ont pas besoin de longs intestins : ceux-ci ne font donc que 3 fois et demie la  longueur de leur corps (contre 6  à 8  fois chez les humains).

Cage thoracique

Elle permet aux pattes antérieures d’être proches l’une de l’autre et plus à la verticale, ce qui augmente la longueur de la foulée.

Vue

Le loup perçoit assez mal les couleurs, mais sa vision nocturne est plutôt bonne.

Odorat

Très sensible, son flair lui permet de repérer une proie à l’odeur, mais aussi d’évaluer l’état de santé d’un congénère en le reniflant.

Dents

Les longues canines pointues agrippent et tuent la proie, tandis que les dents dites carnassières (les molaires) cisaillent la chair.

Orteils

Griffes

Les loups sont digitigrades : ils marchent sur les orteils. L’étendue de leurs pieds permet des foulées plus longues.

Robustes, elles agrippent bien le sol quand le loup poursuit sa proie.

cohésion de la meute Marquage

L’urine et les excréments servent à marquer le territoire de la meute. Ils sont déposés tous les  240  m et renouvelés toutes les deux à trois semaines.

Dominé

Tête baissée, regard détourné, oreilles aplaties, gueule fermée et queue entre les pattes sont les signes d’un individu de rang inférieur.

Hurlements

Les loups hurlent pour rassembler la meute, identifier et localiser un individu isolé (chaque loup ayant sa propre mélodie), indiquer un danger ou annoncer la présence d’une proie. Un hurlement peut porter jusqu’à 10 km à la ronde.

Dominant

Un mâle dominant se reconnaît à ses oreilles droites, son regard fixe et sa queue droite ou à l’horizontale.

Affrontement

Soumission

© Dreamstime ; DK I mag es

En période de rut ou autour d’une carcasse, le mâle dominant s’impose comme chef et n’hésite pas à sortir les crocs pour rappeler son statut de mâle reproducteur.

Pour montrer sa soumission, le loup roule sur le dos.

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La mante orchidée porte bien son nom : avec ses pattes semblables à des pétales, impossible pour ses proies de la repérer !

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Les maîtres du camouflage Pour survivre, certaines espèces usent d’ingénieuses techniques afin de se rendre invisibles aux yeux de leurs proies et prédateurs. Découvrez les meilleurs imposteurs du monde animal. . . enfin, si vous parvenez à les voir ! Par Alice Bomboy

A

arborent des couleurs qui imitent à la perfection celles de leur environnement, comme le caméléon, du même vert que son habitat ; d’autres, des motifs qui se confondent avec les détails d’un paysage, tels les insectes mimant des écorces d’arbre ; d’autres encore, des formes plus complexes, comme ces oiseaux semblables à des branches ! Simple ou ultrasophistiqué, le camouflage est toujours le résultat de millions d’années de sélection naturelle. Pour comprendre son intérêt, un simple exemple suffit. Imaginez un instant que les panthères soient… roses. Il serait certainement difficile pour elles d’attraper une gazelle, même après un bon sprint, tant on les verrait approcher de loin !

© Thinkstock

vez-vous réussi à distinguer au premier coup d’œil la mante orchidée perchée sur la fleur ci-contre ? Peut-être. Mais si vous étiez en train de vous promener en forêt, vous ne l’auriez sûrement pas remarquée… tout comme les insectes dont raffole cette mante ingénieuse et qui s’aventurent, insouciants, auprès d’elle : en deux mouvements de pattes avant, la mante les capture ! Que ce soit chez les plantes ou les animaux terrestres ou aquatiques, la nature a souvent opté pour le camouflage. Il permet aux prédateurs d’approcher leurs proies sans être vus ; et, à l’inverse, aux proies de ne pas se faire repérer. Le camouflage a parfois pris des directions étonnantes : certains animaux

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CAM OUFLAG E

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ourquoi le léopard a-t-il des taches, et pas le lion ? Parce que ces animaux sont bien adaptés à leur environnement et que leur pelage leur permet de s’y camoufler. D’après des scientifiques britanniques de l’université de Bristol, qui ont étudié 32 espèces de félidés, les caractéristiques de leur pelage sont en effet liées à leur habitat.

La grenouille cornue asiatique se confond à la perfection avec les feuilles mortes.

Il y a fort à parier que de telles panthères ne pourraient pas survivre, faute de pouvoir se nourrir, et ne donneraient pas vie non plus à une descendance. C’est ainsi que fonctionne la sélection naturelle : les individus les mieux adaptés à leur environnement se reproduisent plus facilement et ont plus de descendants que les individus moins bien adaptés. Par exemple, sans poils, un ours blanc aurait peu de chances de survivre sur la banquise et de se reproduire, contrairement à un ours blanc au pelage bien fourni et chaud, adapté au froid et capable de se fondre dans les paysages enneigés. C’est donc logiquement ce dernier qui survivra assez longtemps pour pouvoir procréer et donner naissance à des portées possédant les mêmes avantages génétiques que lui, transmis génération après génération.

HASARD.

L’apparition de ces caractéristiques, comme le fait d’avoir une épaisse fourrure ou pas du tout de poils, est le fruit du hasard : des erreurs appelées mutations apparaissent parfois dans notre ADN. Si ces erreurs entraînent des caractéristiques bénéfiques, comme le fait d’avoir plus chaud pour un animal vivant dans les régions polaires, elles seront conservées grâce à la sélection naturelle. Mais si elles causent de gros dégâts, comme le fait de grelotter toute la journée sur la glace, elles seront éliminées. Le camouflage fonctionne sur ces mêmes principes : lorsqu’une innovation

intéressante apparaît, telle que des taches sur le pelage des léopards passant beaucoup de temps en forêt, elle est sélectionnée. Si la nouvelle caractéristique est, à l’inverse, handicapante, elle ne persiste pas. S’il faut normalement de très nombreuses générations pour qu’une nouvelle adaptation se répande au sein d’une espèce, la phalène du bouleau est un contre-exemple intéressant. Avant le XIXe siècle, la forme claire de ce papillon nocturne dominait en Grande-Bretagne : grâce à ses ailes blanches tachées de gris et de noir, il se fondait bien dans le paysage, notamment sur les arbres couverts de lichens où il avait élu domicile. Cependant, observée pour la première fois en 1848, une forme sombre est devenue majoritaire en 1954, d’après les scientifiques qui l’étudiaient. Pourquoi ? Parce qu’en raison de la pollution liée à la révolution industrielle qui battait alors son plein, les troncs des arbres se sont couverts de résidus issus de la combustion du charbon. Les lichens, eux, ont progressivement décliné. Dans ce nouvel environnement, où dominait la couleur noire, la forme claire du papillon n’était plus un avantage : elle le faisait repérer trop facilement par les oiseaux ! Mieux adaptée, la forme sombre a fini par s’imposer. Mais peut-être plus pour longtemps : avec l’amélioration des normes industrielles et la diminution de la pollution comparée aux années 1950, la forme claire de la phalène du bouleau serait en train de regagner du terrain !

Rayures

Tigre

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zoom sur le pelage des félins

Taches régulières

Guépard

du temps au milieu des arbres, plus ses taches sont irrégulières ! C’est le cas du jaguar, originaire d’Amérique centrale et du Sud, ou de son cousin d’Afrique et d’Asie du Sud-Est le léopard, qui s’adaptent aussi bien aux forêts qu’aux prairies et aux déserts, et dont les taches varient en taille et en forme. Le guépard, qui vit dans les prairies herbeuses et

Pelage uni

Lionne

peu arborées d’Afrique et d’Asie de l’Ouest, possède quant à lui des taches très régulières. Les scientifiques avouent cependant buter sur le cas du tigre, qui peuple toute l’Asie : il est le seul félin à arborer des rayures verticales. Pourquoi ce type de camouflage n’est-il pas plus répandu chez les autres félidés ? Mystère…

Taches irrégulières, marbrées

© FLPA ; Thinkstock ; Illustration by The Art Agency/Nick Sellers

Ainsi, les félins résidant dans un environnement ouvert présentent un pelage uni, sans taches ni rayures. On trouve dans cette catégorie le puma, qui peuple les montagnes du continent nord-américain, ou le lion, roi de la savane africaine. Les félins préférant les forêts portent, eux, des taches. Et plus un animal passe

Léopard

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Les meilleures stratégies pour se fondre dans le décor

L

es techniques de camouflage sont presque aussi nombreuses et variées que les espèces qui les ont adoptées pour survivre. Il y a celles qui s’adaptent aux saisons, celles qui imitent les paysages ou se déguisent, celles qui perturbent la vision de leurs prédateurs, et d’autres encore qui se font passer pour plus méchantes qu’elles ne sont. Certains animaux ont même poussé très loin les innovations, en adoptant un camouflage… chimique et sonore ! C’est le cas du papillon Maculinea, qui parasite les fourmis et dévore leurs larves. Pour ce faire, il a une technique très au point : une fois pondus, les œufs de papillon doivent être ramassés par une fourmi et ramenés au nid, comme s’ils faisaient partie des larves de fourmis. La tactique pour tromper leurs futures proies et infiltrer le nid ? Les scientifiques pensent que les larves de ce papillon posséderaient sur leur cuticule (couche externe) des molécules proches de celles des larves de fourmis. Encore mieux : les chenilles du papillon seraient capables d’émettre des stridulations proches de celles de la reine des fourmis ! Ainsi installées dans le nid de leurs futures victimes, les chenilles, quand elles sortiront de leur cocon, n’auront plus qu’à se servir !

TEMPORAIRE.

Dans certains cas, le camouflage n’est pas permanent. Pour certains animaux, être invisible n’est en effet vital qu’en bas âge, et le camouflage disparaît en grandissant. Les bébés tapirs portent ainsi des rayures très lumineuses, de couleur claire, le long du corps et des membres. Leur mère est quant à elle monochrome. Logique : elle n’a plus besoin de se cacher aussi bien que ses petits, puisqu’elle a beaucoup plus de chances qu’un nouveau-né de se défendre avec succès contre l’un de ses rares prédateurs naturels.

1. changer de couleur selon la saison Le renard arctique perd sa fourrure deux fois par an : au printemps et en été, il arbore un pelage brun et léger, remplacé dès l’automne et pendant tout l’hiver par une épaisse fourrure blanche. En plus de lui tenir chaud, celle-ci le rend invisible dans les paysages enneigés ! C’est un

pigment appelé mélanine, absent dans la fourrure blanche, qui donne au renard arctique son manteau brun d’été. D’autres animaux effectuent ces deux mues de fourrure annuelles : c’est le cas du lièvre d’Amérique, de l’hermine ou du lagopède (aussi appelé perdrix).

2. Imiter son environnement Cachée au cœur d’une forêt humide, la grenouille cornue asiatique (voir photo pages précédentes) est invisible : sa couleur tout comme sa forme lui font imiter à la perfection une feuille tombée au sol ! L’ibijau, un oiseau originaire d’Amérique centrale et du Sud, est tout aussi imaginatif. Il se pose en général au sommet d’une souche d’arbre ou d’une branche et prend la pose, immobile, le bec levé en l’air dans l’alignement de son corps : on le prend alors pour le prolongement du morceau de bois ! S’il se camoufle, c’est pour protéger son unique œuf, qu’il dépose en général dans le creux de la souche.

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3. Se faire passer pour plus méchant ou désagréable

4. Porter un déguisement

À défaut de passer inaperçus, certains animaux inoffensifs adoptent l’apparence d’espèces nocives afin de repousser leurs prédateurs. On appelle cela le mimétisme batésien. Ainsi, le serpent roi écarlate, en imitant à la perfection ses motifs et ses couleurs, peut aisément être confondu avec un intimidant serpent corail, au dangereux venin. Le papillon vice-roi mise sur une technique similaire : il ressemble au papillon monarque, au goût très mauvais, que personne n’aurait envie d’avaler ! Enfin, des scientifiques taïwanais ont récemment découvert que l’araignée Cyclosa ginnaga, originaire d’Asie du Sud-Est, disposait d’un abdomen argenté et de pattes couvertes de taches brunes qui donnent l’apparence… d’excréments d’oiseaux ! Dégoûtés, les prédateurs passent là aussi leur chemin. Vous ne voyez sur l’image ci-dessus qu’un cumul d’éponges et d’algues ? Erreur : voici le crabe décorateur, une araignée de mer qui recouvre son corps de tout ce qu’elle trouve dans les récifs coralliens et les herbiers de l’océan Indien, où elle vit. Résultat : si elle ne bouge pas, elle est presque invisible, seuls ses yeux émergeant de ce camouflage naturel. Autre adepte du déguisement : « l’insecte assassin », originaire d’Afrique de l’Est. Une fois ses proies (essentiellement des fourmis) vidées de leurs entrailles, il fixe leurs cadavres sur son dos et se promène ainsi afin d’intimider ses ennemis !

5. Brouiller la vision des prédateurs Vision humaine

Vision du lion © WIKI/Sage Ross/Lomvi2/4028mdk09 ; Getty ; FLPA; Thinkstock ; Science Photo Library

Pourquoi les zèbres ont-ils des rayures ? Les scientifiques ont avancé un nombre incroyable d’hypothèses : leurs bandes blanches et noires serviraient à réguler la température de l’animal, elles aideraient les zèbres à se reconnaître entre eux, elles permettraient de séduire un partenaire pour la reproduction et… elles contribueraient également au camouflage. Lorsqu’un troupeau est menacé par un prédateur, les zèbres apeurés s’enfuient dans toutes les directions. L’attaquant ne voit plus qu’une masse de rayures en mouvement et, désorienté, ne sait plus où attaquer ! Des chercheurs de l’université de Californie ont récemment émis une autre idée : les insectes suceurs de sang, comme la mouche tsé-tsé, détestent se poser sur des surfaces qui ne sont pas de couleur uniforme. Grâce à ses rayures, le zèbre repousse aussi ses plus petits ennemis !

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Bienvenue dans le monde invisible Question créativité, rien n’arrête ces espèces quand il s’agit de gagner une partie de cache-cache aquatique…

La baleine à bosse

La plie

La plie, comme les autres poissons plats que sont la sole, le turbot ou le flétan, pourrait être surnommée « l’œil de Moscou » : non seulement sa forme plate lui permet de passer inaperçue lorsqu’elle nage à ras des fonds marins, mais elle possède également deux yeux du même côté pour mieux surveiller son environnement ! À sa naissance, ses yeux sont pourtant de part et d’autre de son corps. En grandissant, ce poisson finit par nager sur un seul flanc : l’œil qui était sur le flanc inférieur migre alors progressivement vers le flanc supérieur.

Dans la nature, la lumière vient généralement d’en haut et éclaire le dos d’un animal, tandis que son ventre, qui ne reçoit pas de lumière, est plus sombre. Or, la baleine a un dos gris foncé et un ventre blanc ! Cet effet, appelé contre-illumination, servirait à  brouiller les pistes. Les zones ombrées ou éclairées sur un visage ou un corps permettent en effet normalement de déduire la forme en trois dimensions de l’animal. Mais si la coloration naturelle de ce dernier brouille les cartes, les prédateurs peinent à  distinguer leur proie et à percevoir ses contours.

Le poisson-ogre

Comparées à sa taille, les dents de ce poisson sont les plus grandes du monde marin. Anoplogaster cornuta n’en a pas moins de redoutables ennemis, comme les thons et les marlins, des poissons bien plus gros que lui. Son atout ? Sa couleur, un dégradé de noirs (sur cette photo il  apparaît rouge car les couleurs ont été retouchées pour montrer son anatomie), qui lui permet de passer inaperçu dans les  fonds océaniques. Il vit en  effet entre 500 et  5 000  m de  profondeur, là  où  aucune  lumière ne  parvient…

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d


des profondeurs marines

Le dragon de mer feuillu

La pieuvre mimétique

En Asie du Sud-Est, cette pieuvre a plus d’une corde à son  arc. Elle est capable d’imiter pas moins de 15  espèces d’animaux marins différents, tous dangereux : anémone de mer, méduse, coquillage, raie, rascasse volante… Lorsqu’elle copie le serpent de mer, Thaumoctopus mimicus prend une teinte jaune et noir, enfouit six de ses huit bras et fait onduler les deux bras restants à la manière d’un serpent. Pour choisir son déguisement, la pieuvre s’adapte à son environnement : quand elle voit surgir un de ses prédateurs, elle imite… le prédateur de ce prédateur !

Les protubérances que porte ce poisson apparenté aux hippocampes ressemblent à de grandes feuilles. Brunes aux reflets jaunes, vertes ou orangées, elles copient les algues de son milieu naturel, dans les eaux du sud de l’Australie. Elles lui permettent ainsi de passer inaperçu aux yeux de ses prédateurs.

© WIKI/ Sage Ross/ Lomvi2/ 4028mdk09; Getty; FLPA; Thinkstock

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Le poisson-pierre

L’anguille de jardin

Ce poisson, plutôt que de nager, a choisi de rester planté dans le sol ! Après avoir creusé un tunnel vertical dans le sable, enduit de mucus, il s’y enfouit à moitié et vit ainsi, la pointe de la queue accrochée au sable et la tête émergeant hors du  puits. Dès qu’un danger surgit, il se réfugie dans sa cachette. Sous l’effet de la houle, l’anguille de jardin semble être une herbe marine qui se  balance au gré des courants.

La patience paie : le poisson-pierre capture des petits poissons et des crevettes en restant immobile sur le fond marin, semblable à une pierre. Quand ses proies passent à proximité, il se jette soudainement sur elles. Sa peau est dépourvue d’écailles, mais sécrète du mucus auquel adhère tout ce qui flotte alentour : algues, débris coralliens… Ainsi accoutré, le poissonpierre se fond dans l’environnement. Contre ses propres prédateurs, il est équipé de treize épines dorsales, reliées à des glandes à venin : une fois dressées, elles peuvent injecter de dangereuses toxines à l’agresseur.

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zoom sur La seiche

Chromatophores

Les cellules pigmentaires présentes sous la peau des seiches s’appellent les chromatophores. Lorsque la cellule est détendue, le pigment forme un petit point en son centre : la couleur est très discrète. Mais lorsque le chromatophore contracte ses muscles, le disque de pigment est étiré : la couleur est plus visible.

Transformation de la texture

Les muscles disposés en bande circulaire sous la peau des céphalopodes permettent de faire varier la texture de leur chair. La seiche épineuse imite par exemple l’aspect d’une roche ou d’un corail naturellement présent dans l’environnement.

Focale longue

Les yeux de la seiche font des mises au point comme l’objectif d’un appareil photo. Ils peuvent discerner les bords d’un objet, estimer la distance à laquelle il se trouve et identifier les objets disposés à l’arrière-plan.

Vision monochromatique

Malgré leur capacité à changer de teinte, les céphalopodes ne disposent que d’un seul type de photorécepteurs et ne peuvent donc pas voir les couleurs. Des scientifiques californiens ont avancé que ces animaux seraient cependant capables d’ajuster la focale de leurs yeux pour détecter les différentes longueurs d’onde de la lumière et reconstituer une image en couleurs de  leur environnement.

Iridophores

Constitués de plaques de protéines cristallisées réfléchissantes, semblables à des prismes, les iridophores changent la façon dont la lumière se réfléchit sur la peau, la rendant ainsi plus ou moins colorée. Ils sont responsables de l’apparition de couleurs chatoyantes.

Leucophores

Ils utilisent les mêmes protéines que les iridophores, mais plutôt que d’être utilisées sous forme de plaques, celles-ci sont disposées sous la surface de la cellule. En fonction de la pression exercée et de l’aplatissement de la cellule, la  quantité de lumière réfléchie est modulée.

Bras mobiles

Les muscles des tentacules, lorsqu’ils se contractent, permettent d’augmenter leur longueur. S’ils se relâchent, ils raccourcissent. Cette musculature permet aussi de bouger les bras afin de les maintenir dans les différentes positions nécessaires à un bon camouflage.

© Getty ; FLPA ; Thinkstock ; Illustration by The Art Agency/Tom Connell

L

a seiche, tout comme d’autres céphalopodes tels que le poulpe, est capable de modifications extrêmes pour se camoufler – et cela en un éclair. Son secret ? Les chromatophores, des cellules pigmentaires grâce auxquelles le céphalopode peut changer la couleur de sa peau. Les chromatophores peuvent contenir des pigments rouges, jaunes ou bruns. Trois couleurs seulement, mais en combinant différentes couches de cellules colorées et de cellules réflectrices (appelées iridophores et leucophores), la seiche peut prendre presque n’importe quelle teinte. Toutes ces couches de cellules sont contrôlées de façon indépendante, via leurs propres muscles : la seiche peut ainsi changer de couleur en moins d’une seconde ! Les caméléons utilisent un système similaire de cellules colorées. Celles-ci sont cependant contrôlées par les hormones, et non par des influx nerveux comme chez les céphalopodes. Leur changement de couleur se produit donc bien plus lentement.

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LES ES

animaux

marins en bande dessinée

Les Animaux marins en BD Tome 1 © 2013 Bamboo Édition - Cazenove & Jytéry - www.bamboo.fr

© Getty ; FLPA ; Thinkstock ; Illustration by The Art Agency/Tom Connell

Une seiche multicolore

SEICHE COMMUNE Sepia officinalis

 Taille : 40 centimètres (avec les tentacules)  Régime alimentaire : Carnivore  Particularité

: Pour ne plus les confondre : la seiche a un « os », le calamar a une plume, la pieuvre n’a aucun squelette. Profondeur : 0 à 150 m

NE*

Localisation

*Indice d’extinction. Voir tableau en fin d’album.

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Drôles de gueules sommaire LE G RA ND AVALEUR

100

93

LA CHAUVE- SOURIS R O UG E À LÈVRES LE CRA PAUD CORNU

101

L’AYE- AYE

94

LA LI M U LE

102

LE NARVAL

95

LE LÉZARD À CO LLERETTE

103

LE BLOBFISH LE CONDYLURE É TO IL É

96

LA FO URMI ZOMBIE LE RAT- TAUP E NU

104

LE BEC- EN- SAB OT DU N IL L’ÉC HIDNÉ À LO N G BE C

97

LE PA PILLON MARIN L’A X O LOTL

105

L’OLM LA TORTUE MOL L E DE F LO RIDE LA C HAUVE- SOU RIS YO DA

98

LA M YX INE © Corbis ; Alamy ; David Liittschwager

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LE C ERF D’EAU C H IN O IS L’ANTILOP E GI RAF E LE LOUP À C R IN IÈ RE

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D RÔ LES D E G UE UL E S

Le Grand avaleur Mâchoires

Extensibles, elles s’ouvrent largement pour gober de très grosses proies.

Estomac

Cette poche extensible se gonfle comme un ballon et lui permet d’avaler des proies dix fois plus lourdes que lui, et jusqu’à quatre fois plus grandes.

Palais

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Les dents pointues des mâchoires et du palais peuvent être inclinées vers l’intérieur pour laisser passer la proie puis empêcher son évasion.

Chiasmodon niger TAILLE (ADULTE)

Entre 4,5 et 25 cm

Dents

Plusieurs grandes dents acérées sur le devant, munies de crochets, l’aident à enfoncer sa proie dans son gosier.

RÉPARTITION

Profondeurs océaniques, entre – 700 et – 3 900 m ALIMENTATION

Proies animales

C

e poisson ressemble à une créature tout droit sortie d’un film de science-fiction. Pourtant, il est bien réel… Le grand avaleur vit dans les abysses, les profondeurs océaniques. Son nom en dit plus sur son appétit que sur sa taille, car bien que terrifiant, l’animal dépasse rarement les 25 cm de longueur. Il doit en réalité son appellation à son estomac extensible. Suspendu sous son ventre comme un ballon, celui-ci se distend pour lui permettre d’avaler des proies gigantesques : trois à quatre fois plus grandes que lui, et jusqu’à dix fois

plus lourdes ! Pour ingurgiter de telles quantités, le grand avaleur se sert de ses mâchoires, elles aussi extensibles, et utilise ses dents acérées pour les avaler petit à petit. Un peu comme un serpent avec une très grosse proie. Après un festin, le grand avaleur peut rester longtemps sans manger. Une chance, car dans les grandes profondeurs, la nourriture se fait plutôt rare. Mais si avaler un énorme repas est un moyen efficace de conserver de l’énergie plus longtemps, cela n’est pas sans risque. Ce gourmand a bien souvent les yeux plus gros

que le ventre, et il le paie, parfois, de sa vie… Son grand estomac distendu peut en effet se déchirer. Dans d’autres cas, lorsque le repas est trop copieux, il n’est pas digéré assez rapidement et commence à se décomposer directement dans l’estomac. Ce qui produit un dégagement de gaz forçant le poisson à remonter à la surface. En 2007, un grand avaleur noir, long de 19 cm, a été retrouvé mort au large de l’île Grand Cayman, dans la mer des Caraïbes. Son estomac contenait un escolier serpent (un long poisson fin) de 86 cm, soit quatre fois sa taille !

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LA Chauve-souris rouge à lèvres

M

algré son nom, cette curieuse bestiole est un poisson. Rond et aplati comme un pancake, arborant une bouche toute rouge (orange chez certains spécimens), c’est un piètre nageur qui se déplace en appui sur le bout de ses nageoires pectorales. Il vit sur les fonds marins sableux de l’océan Pacifique, entre 200 et 1 000 m de profondeur. Sa nageoire dorsale ne lui sert pas plus à nager. La première épine de celle-ci porte une protubérance, que les spécialistes nomment « illicium », dotée d’un CARTE D’IDENTITÉ filament rétractable que l’animal utilise pour NOM SCIENTIFIQUE « pêcher » les petits poissons Ogcocephalus darwini TAILLE (ADULTE) et crevettes dont il se Jusqu’à 50 cm nourrit. Quant au « rouge à lèvres », il serait un signe de RÉPARTITION Pacifique, mer Rouge reconnaissance de l’espèce ALIMENTATION lorsqu’un individu recherche Petits poissons et crustacés un partenaire sexuel.

Le crapaud cornu

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Phrynosoma cornutum TAILLE (ADULTE)

Environ 15 cm RÉPARTITION

Du sud du Canada au Guatemala DURÉE DE VIE

© Corbis ; Alamy

Environ 5 ans ALIMENTATION

Insectes

É

galement appelé Tapaya, le crapaud cornu est en fait un lézard à cornes dont le corps est hérissé d’épines. Pour éviter de se retrouver au menu de ses prédateurs, comme les coyotes, il peut doubler de volume tel un poisson-globe. Et si cela ne suffit pas, il possède une

arme très efficace : en comprimant certains muscles situés sous l’œil, il augmente la pression dans ses veines. Une cavité se remplit de sang au point que l’afflux de liquide finit par rompre la poche, expulsant un jet de sang jusqu’à 1,50 m de distance, à l’odeur

très désagréable. En effet, ce reptile se nourrit de fourmis Maricopa, dont le venin est très toxique. Loin de terrasser ce lézard, les toxines sont stockées et recyclées. Elles donnent à son sang une odeur et un goût particuliers, qui font fuir les victimes de ces jets oculaires. TOUT COMPRENDRE MAX | 93

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D RÔ LES D E G UE UL E S

Charnière

Carapace

Faite de chitine (substance organique azotée) épaisse, la carapace est souple mais protège la limule des prédateurs et du soleil lorsqu’elle se trouve près de la surface ou sur la plage.

Une charnière flexible, située entre le céphalothorax et l’abdomen, aide la limule à bouger et nager.

Yeux

La limule en possède dix ; ceux-ci sont les structures les plus visibles.

Pinces

Appelées chélicères, elles saisissent les proies et les portent à la bouche.

Pattes articulées

La limule a trois types de pattes : pour marcher, pour nager, pour saisir et broyer.

La limule

A

pparue il y a quelque 450 millions d’années, la limule, surnommée « crabe fer à cheval » en raison de sa forme arrondie, a survécu à cinq grandes extinctions et a très peu évolué depuis ces temps reculés. Aujourd’hui, on en dénombre quatre espèces. Cet arthropode, comme les scorpions, marche sur le fond marin, se nourrissant de mollusques bivalves et de vers. Outre leur allure de samouraï, ce qui fascine chez ces animaux, c’est leur sang, ou plus exactement leur hémolymphe (terme employé pour les arthropodes)… bleue. Cette couleur est due à la présence d’hémocyanine, une protéine riche

en cuivre, qui, comme l’hémoglobine, transporte l’oxygène. La limule est dépourvue de système immunitaire, mais elle possède une substance appelée LAL qui lui permet de transformer son hémolymphe en gel au contact de bactéries. Le « sang » forme alors un caillot protecteur pour ne pas contaminer l’organisme tout entier. Depuis la fin des années 1960, la LAL est utilisée par l’industrie pharmaceutique pour tester la présence de bactéries et toxines sur ou dans les implants, le matériel médical, les substances injectées à l’homme… Ce qui pourrait, à terme, menacer la survie des limules.

Bouche

Elle est au centre du corps, entourée de cinq paires de pattes.

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Le lézard à collerette

L Faux telson

Cette épine n’est pas un dard car l’animal n’est pas venimeux. Elle lui sert surtout à nager et à se retourner quand il se retrouve sur le dos.

es couleurs du lézard à collerette varient en fonction de la végétation locale : du vert à l’orange foncé. Long de presque 1 m, il présente autour de sa tête une membrane cutanée attachée à des épines en cartilage, elles-mêmes reliées à la base de la langue. Quand le lézard ouvre la bouche, la collerette se déploie. Ce collier sert à la fois pour la parade nuptiale et pour éloigner les prédateurs. Une technique d’intimidation qu’il complète en sifflant et en frappant le sol avec sa queue. Si l’ennemi ne fuit pas, le lézard à collerette détale sur ses pattes arrière pour se réfugier dans l’arbre le plus proche. Il est d’ailleurs le seul lézard au monde capable de garder l’équilibre sur deux pattes.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Chlamydosaurus kingii TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 90 cm ; déployée, sa collerette peut atteindre 30 cm de diamètre POIDS (ADULTE)

500 g

RÉPARTITION

Australie et Nouvelle-Guinée DURÉE DE VIE

10 ans

ALIMENTATION

Insectes et petits lézards

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Xiphosura

TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 50 cm RÉPARTITION

Atlantique Ouest, Asie du Sud-Est, Japon DURÉE DE VIE

30 ans

ALIMENTATION

Branchies

Des plis de tissus composent les branchies. Elles garantissent l’apport d’oxygène et peuvent onduler pour la nage.

© Getty Images ; Alamy ; Dreamstime

Mollusques et vers marins

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D RÔ LES D E G UE UL E S

Black swallowers

La fourmi zombie

E

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

n fouillant le sol de la forêt, les fourmis charpentières ramassent involontairement des spores qui ont été produits par un champignon mature. Leur sort est alors scellé, et leur mort inévitable… En effet, le champignon oriente alors la fourmi vers un endroit propice à sa propre croissance. Il la force ensuite à mordre la face inférieure d’une feuille à l’aide de ses puissantes mâchoires, pour s’y accrocher. La fourmi meurt au bout de quelques jours, mais son cadavre reste accroché à la feuille. Le champignon utilise alors son squelette externe (exosquelette) comme protection et s’y développe. Une fois mature, il libère des spores qui tombent sur le sol de la forêt. Ces spores infecteront d’autres fourmis charpentières… redémarrant ainsi un nouveau cycle mortel pour ces travailleuses.

Camponotus leonardi (fourmi) ; Ophiocordyceps unilateralis (champignon) TAILLE (ADULTE)

Quelques millimètres RÉPARTITION

Forêts tropicales de Thaïlande MODE DE VIE

Entomopathogène (le champignon parasite la fourmi)

Champignon

Sa tige principale, équipée d’une sorte de bulbe (le stroma), sort de la tête de la fourmi. C’est ce bulbe qui produit les spores, lesquelles permettront au champignon de se reproduire.

Fourmi

Parasitée par le champignon, elle est « dirigée » mentalement jusqu’à une feuille, à laquelle elle s’accroche en la mordant… avant de mourir. Le champignon se sert de son corps pour se développer.

Le rat-taupe nu

A

vec sa peau glabre et plissée, ce rongeur a des allures de petit vieux. Et pourtant, l’animal est une véritable force de la nature. Non seulement son cerveau et ses artères ne vieillissent pas, mais en plus, il est immunisé contre les cancers et les maladies neurodégénératives et cardio-vasculaires. Mieux, il ne ressent pas la douleur et peut même survivre dix-huit minutes privé d’oxygène sans que ses cellules ne meurent. Son secret : il a réorganisé son métabolisme pour pouvoir maintenir ses fonctions vitales dans un environnement pauvre en oxygène. Autant de facultés qui intéressent beaucoup la recherche.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Heterocephalus glaber TAILLE (ADULTE)

De 8 à 33 cm sans la queue (8 cm) POIDS (ADULTE)

De 28 g à 1,5 kg RÉPARTITION

Zones arides de l’Afrique de l’Est DURÉE DE VIE

35 ans en captivité ALIMENTATION

Racines

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Le papillon marin

L’axolotl

C

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Limacina helicina TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 8 mm RÉPARTITION

Eaux arctiques de l’Atlantique DURÉE DE VIE

1 à 2 ans

ette salamandre aquatique, présente dans les lacs d’altitude du Mexique, est en voie de disparition. Outre son allure étrange avec sa tête ornée de branchies en forme de fougères et son sourire figé, cet amphibien a la particularité de rester de dix à quinze ans à l’état larvaire, et de pouvoir se reproduire durant cette période : on parle de néoténie. Il peut aussi, fait rarissime, se transformer en adulte terrestre doté de poumons. Autre particularité, il est capable de régénérer une partie de son corps si elle est sectionnée : œil, doigt, branchie et même un morceau de cerveau ou de colonne vertébrale.

ALIMENTATION

Phytoplancton et zooplancton

M

algré son nom, ce drôle d’animal n’est pas un papillon, mais un escargot marin de la taille d’une lentille, à la coquille translucide. Plutôt que de ramper sur le sol marin, son pied a évolué en une paire de fines « ailes » pourpres (des parapodes) qui battent dans l’eau. Il nage la plupart du temps à l’envers. L’animal se nourrit de plancton

qu’il piège dans des toiles produites par ses parapodes. Constituées de filaments de mucus, ces toiles peuvent s’étirer sur 5 cm de longueur. Ce papillon marin est un hermaphrodite protandre, c’est-à-dire qu’il est d’abord un mâle, puis une femelle. Il pond au début du printemps ; les larves qui sortent de ses œufs mesurent 0,2 mm.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Ambystoma mexicanum TAILLE (ADULTE)

© Shunfa Teh ; Corbis ; Alamy ; David Liittschwager

Jusqu’à 25 cm RÉPARTITION

Mexique (à plus de 200 m d’altitude) DURÉE DE VIE

10-15 ans à l’état de larve sans se métamorphoser ALIMENTATION

Vers, larves d’insectes et petits poissons

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D RÔ LES D E G UE UL E S Vésicules de mucine

la myxine

Cette ligne de trous blancs le long du corps sécrète des protéines de mucus qui se transforment en gel visqueux au contact de l’eau.

Tentacules sensoriels

Trois paires de tentacules ornent la tête, les plus courts servant à détecter la nourriture.

L

Bouche

Une plaque de cartilage entre et sort de la bouche, servant à déchirer les carcasses.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Myxine glutinosa TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 80 cm RÉPARTITION

Atlantique Nord ALIMENTATION

Carcasses d’animaux

Dents

Deux rangées de dents cornées, dirigées vers l’arrière, de chaque côté de la bouche, guident la nourriture vers la gorge.

© Corbis ; SPL/Tom McHugh

a myxine a beau ressembler à une anguille, ce n’en est pas une. Ce poisson n’a pourtant ni nageoire, ni mâchoire, ni colonne vertébrale, remplacée par ce que les spécialistes nomment une corde. Il vit dans les fonds marins, jusqu’à 300 m de profondeur, enfoui dans la vase, et se nourrit de cadavres de toutes sortes. Outre son aspect, la myxine intrigue surtout par sa technique de défense. Elle peut en effet mettre en fuite de gros prédateurs tels qu’un congre ou un requin en lui envoyant des jets de mucus. Ce mucus, constitué de fibres très fines (d’un diamètre 100 fois plus petit que celui d’un cheveu), est libéré par plus d’une centaine de pores disséminés le long de son corps. Au contact de l’eau, il se gélifie instantanément et multiplie plusieurs centaines de fois son volume initial. Suffisant pour obstruer, en moins d’une demi-seconde, les orifices (comme les branchies ou la gueule) de ses ennemis ! 98 | TOUT COMPRENDRE MAX

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LES ES

animaux

marins en bande dessinée

Les Animaux marins en BD Tome 4 © 2016 Bamboo Édition - Cazenove & Jytéry - www.bamboo.fr

La myxine

MYXINE DU NORD Myxine glutinosa

 Taille : De 25 à 40 cm.  Régime alimentaire : Charognard carnivore.  Particularité

: Il possède un axe élastique dorsal, la corde, en guise de colonne vertébrale. Profondeur : 30 à 300 m

LC*

Localisation

*Indice d’extinction. Voir tableau en début d’album.

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D RÔ LES D E G UE UL E S

CARTE D’IDENTITÉ

Le Cerf d’eau chinois

I

l est plus fréquent de voir un cerf avec des bois qu’avec des défenses… Le cerf d’eau chinois, également appelé hydropote, est le seul membre de la famille des cervidés à ne pas porter de bois, mais deux canines surdimensionnées qui pendent depuis sa mâchoire supérieure sur ses babines. Celles des mâles peuvent atteindre jusqu’à 8 cm de longueur.

Hydropotes inermis TAILLE (ADULTE)

Entre 45 et 55 cm au garrot RÉPARTITION

Ces deux redoutables crocs se transforment en armes pour les combats entre mâles pendant la période de rut. La longueur de ces défenses est un bon indicateur de l’âge de l’animal, sachant que le maximum est atteint vers l’âge de 2 ans. Peu encombrantes, ces canines articulées s’inclinent en arrière lorsque l’animal broute, pour ne pas gêner la mastication.

L’antilope girafe

L

a gazelle de Waller, ou gérénuk, est une antilope dotée d’un cou si long qu’elle a été surnommée l’antilope girafe. Ce cou lui permet d’atteindre les feuilles des hautes branches des acacias.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Litocranius walleri TAILLE (ADULTE)

Entre 1,4 et 1,6 m au garrot RÉPARTITION

Afrique de l’Est DURÉE DE VIE

10 ans

ALIMENTATION

NOM SCIENTIFIQUE

Feuilles, principalement d’acacia

Chine, Corée, introduit en Grande-Bretagne DURÉE DE VIE

Entre 10 et 12 ans ALIMENTATION

Végétation

Le loup à crinière

S

orte de croisement entre un loup et un renard, le loup à crinière est le plus grand canidé sauvage. Outre ses longues et fines pattes et ses grandes oreilles, il se distingue surtout des autres canidés (chien, lycaon, chacal…) par la crinière de poils noirs qui recouvre sa nuque.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Chrysocyon brachyurus TAILLE (ADULTE)

Entre 75 et 90 cm au garrot RÉPARTITION

Est de l’Amérique du Sud DURÉE DE VIE

Entre 12 et 15 ans en captivité ALIMENTATION

Omnivore

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Fourrure

Dents

Comme nos ongles, elles ne cessent de pousser. Acérées, elles servent à déchiqueter l’écorce des arbres et les branches pour capturer les vers qui se trouvent à l’intérieur.

l’Aye-aye

de nourriture. Il se déplace dans les arbres, dont il tapote l’écorce avec ce long doigt. Une méthode qui lui permet de détecter, grâce aux réverbérations du son, les galeries creusées sous l’écorce par les larves des insectes perceurs de bois. Car si l’aye-aye est surtout frugivore, il se régale également de nectar, de graines, d’insectes et de champignons. Dès qu’il repère une galerie (synonyme de larves à croquer), l’aye-aye y perce avec ses doigts de minuscules trous, d’où il extrait ses proies à l’aide de ses longues griffes. Autre particularité, ce lémurien est le seul primate à arborer des tétons non sur la poitrine, mais sur l’abdomen !

Tétons

Ils ne sont pas situés sur sa poitrine, mais sur son abdomen : il est le seul primate ainsi constitué !

Doigts et orteils

Dotés de griffes pointues (sauf les deux gros orteils qui ont des ongles plats), ils constituent les principaux outils de chasse de l’aye-aye.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Daubentonia madagascariensis TAILLE (ADULTE)

Entre 75 et 90 cm environ (dont 44 à 53 cm pour la queue) RÉPARTITION

Madagascar DURÉE DE VIE

20 ans

ALIMENTATION

Insectes, fruits, nectar, graines, champignons…

Bras et jambes

Ils ont tous la même longueur, ce qui permet à l’aye-aye de se déplacer facilement à quatre pattes. Ils sont également puissants et  agiles, adaptés à la vie dans la forêt.

© Alamy ; Kyslynskyy ; Christian Musat

N

e regardez jamais un aye-aye dans les yeux. C’est un conseil que les natifs de Madagascar ne manquent pas de donner aux touristes fraîchement débarqués sur leur île. Si l’aye-aye pointe vers vous son long doigt médian, c’est, paraît-il, un mauvais présage… Vrai ou faux, ce petit lémurien nocturne est en tout cas très étrange. Il possède des yeux et des oreilles disproportionnés, de longues incisives pointues qui poussent continuellement, ainsi que des doigts et des orteils parmi les plus surprenants du royaume animal. Longs et maigres, ses doigts sont prolongés par de grandes griffes pointues. Le troisième doigt (le médius) est particulièrement allongé et noueux. Il dépasse les autres doigts de plusieurs centimètres. De plus, comme il est pourvu d’articulations sphériques, il peut pivoter dans toutes les directions, un peu comme nous le faisons avec nos épaules. Ce curieux doigt bizarrement articulé n’est pas là par hasard, bien au contraire. À la nuit tombée, l’aye-aye part en quête

Elle est épaisse et sombre, ce qui est inhabituel pour un climat aussi chaud.

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D RÔ LES D E G UE UL E S

Le narval Corps

Le corps du narval est cylindrique, plus trapu que celui d’autres cétacés tel le dauphin, et dépourvu de nageoire dorsale. Cette forme, ainsi que son épaisse couche de graisse sous-cutanée (10  cm), lui permettent de garder sa chaleur dans  les eaux glacées.

Corne

Cette dent spiralée est l’apanage des mâles. Flexible mais fragile, elle serait à la fois un organe sexuel et sensoriel, voire une arme.

Taches

La peau foncée du narval adulte est criblée de taches blanches, qui s’étalent à mesure qu’il vieillit.

S

’il a une lointaine ressemblance avec la mythique licorne, le narval, lui, est bien réel. Il appartient à la famille des cétacés comme les dauphins, et croise dans les eaux froides des océans Arctique et Atlantique Nord. Sa caractéristique la plus flagrante est sa corne, d’où son surnom de « licorne des mers ». Ce rostre correspond à l’excroissance de l’incisive gauche (située sur la mâchoire supérieure) et n’est présent que chez les mâles. Il pousse à la puberté, vers l’âge d’1 an, et atteint sa taille définitive (environ 3 m) vers 8-9 ans. Selon une étude menée en 2015, plus la corne d’un mâle est longue, plus celui-ci est fertile. Cette défense est composée d’émail (à l’intérieur, contrairement à une dent) et de pulpe (à l’extérieur). Sa fonction exacte

reste mystérieuse, mais la présence dans la pulpe de nombreuses terminaisons nerveuses laisse penser que la corne serait un organe sensoriel. Elle informerait ainsi l’animal sur la salinité de l’eau, la température, la pression ou encore la présence de bancs de poissons. Des recherches récentes ont également révélé que le narval peut utiliser sa corne comme un harpon pour capturer une baudroie (un gros poisson) avant de la dévorer, ou comme une massue pour assommer d’autres proies. À l’image de la plupart des cétacés, le narval vit en bancs dont la taille varie de quelques individus à plusieurs milliers, notamment lors de la saison migratoire. Très friand de flétan, ce cétacé peut plonger jusqu’à 1 800 m de profondeur pour y débusquer sa nourriture favorite.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Monodon monoceros TAILLE (ADULTE)

De 4 à 5 m, jusqu’à 3 m pour la défense POIDS (ADULTE)

Jusqu’à 1 600 kg RÉPARTITION

Arctique et Atlantique Nord DURÉE DE VIE

Environ 50 ans ALIMENTATION

Poissons, calmars, crevettes

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Le blobfish

P

our voir ce poisson (qui a reçu en 2013 le titre peu envié d’animal le plus hideux au monde), il faut plonger à environ 1 km de profondeur, là où la pression est 100 fois plus grande qu’à la surface. Il y résiste sans problème grâce à son corps mou et gélatineux. Moins dense que l’eau de mer, celui-ci lui permet en outre de flotter au-dessus du fond de l’océan sans dépenser la moindre énergie. Passif, le blobfish ne chasse pas ses proies (détritus organiques, pennatules, petits crabes ou CARTE D’IDENTITÉ escargots NOM SCIENTIFIQUE de mer), Psychrolutes marcidus mais TAILLE (ADULTE) les avale Jusqu’à 35 cm quand elles RÉPARTITION Pacifique, au large de l’Australie passent ALIMENTATION à proximité Détritus et petits animaux de sa (crabes, escargots de mer…) bouche.

Alors que chez la majorité des poissons la femelle abandonne ses œufs, le blobfish, lui, « s’assied » sur le nid où il a déposé entre 1 000 et 100 000 œufs roses. Une précaution qui lui évite qu’ils ne soient dévorés par ses congénères.

Découvert il y a quarante ans, le blobfish est victime de la pêche au chalut de fond et classé parmi les espèces en voie de disparition. Vu sa croissance lente et son taux de reproduction très faible, sa survie est particulièrement menacée.

Le condylure étoilé

© Corbis ; Caters News Agency Ltd

D

e tous les mammifères, le condylure étoilé est le mangeur le plus rapide. Il lui faut moins d’un cinquième de seconde pour identifier un insecte comestible et l’engloutir. Son secret ? Un anneau en forme de pieuvre, formé de 22 tentacules symétriques recouverts de capteurs sensoriels et disposé autour de son nez. De cet appendice nasal, il fouille le sol et peut toucher 10 ou 12 endroits différents en moins d’une seconde. Son cerveau reçoit alors les informations provenant de quelque 100 000 fibres nerveuses ! Pratique pour cet animal qui vit dans l’obscurité totale CARTE D’IDENTITÉ d’un tunnel. NOM SCIENTIFIQUE Son réseau de Condylura cristata couloirs souterrains TAILLE (ADULTE) Environ 20 cm, dont un tiers est généralement pour la queue creusé sur les berges POIDS (ADULTE) des marécages et peut De 35 à 75 g atteindre jusqu’à 270 m RÉPARTITION Canada et nord-est de longueur. Bon des États-Unis nageur, il a de l’odorat DURÉE DE VIE même sous l’eau, en 3 ans soufflant des bulles ALIMENTATION Mollusques, vers, d’air et en les aspirant crustacés, poissons… par le nez. TOUT COMPRENDRE MAX | 103

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D RÔ LES D E G UE UL E S

le Bec-en-sabot du Nil

C

’est un nom approprié étant donné la taille colossale de son bec ! Ce curieux oiseau, un grand échassier solitaire, est présent dans les zones marécageuses de l’est de l’Afrique tropicale. Il utilise son énorme bec de 21 cm de longueur et 10 cm de largeur pour capturer ses proies par surprise en restant longtemps en embuscade. Le bec-en-sabot du Nil dévore poissons, serpents, tortues, anguilles et même des bébés crocodiles !

Son bec est une arme redoutable, avec ses deux mandibules munies de bords tranchants capables de décapiter ses proies, et son crochet (à l’extrémité de la mandibule supérieure) qui peut embrocher même la plus remuante victime ! En dépit de son poids (4 à 7 kg), l’animal est souvent perché sur de la végétation flottante, d’où il guette, la tête penchée vers le bas pour une meilleure vision, ses proies venant respirer à la surface de l’eau.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Balaeniceps rex TAILLE (ADULTE)

Entre 1 et 1,2 m de hauteur, et jusqu’à 2,3 m d’envergure RÉPARTITION

Afrique de l’Est DURÉE DE VIE

36 ans

ALIMENTATION

Proies animales : poissons, tortues, serpents, bébés crocodiles…

l’échidné à long bec

T

rès rare, cette créature couverte d’épines est aussi connue sous le nom de CARTE D’IDENTITÉ zaglossus. Son étrangeté vient de son museau NOM SCIENTIFIQUE Zaglossus bruijni allongé, en forme de TAILLE (ADULTE) trompe. Dépourvu de Entre 45 et 70 cm dents, l’échidné capture RÉPARTITION des fourmis, des termites Nouvelle-Guinée et autres insectes DURÉE DE VIE 30 ans avec sa longue langue ALIMENTATION collante, qu’il écrase Insectes contre son palais. 104 | TOUT COMPRENDRE MAX

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La Chauvesouris Yoda L’Olm

S

urnommé le « poisson humain » à cause de sa peau qui ressemble à celle de l’homme, l’olm (ou protée anguillard) est une salamandre du monde souterrain. Cette étrange créature est aveugle et peut atteindre jusqu’à 40 cm de longueur. Elle vit exclusivement sous l’eau, pendant un temps incroyablement long : jusqu’à 100 ans ! Cet animal est dit « néoténique », c’est-à-dire qu’une fois adulte, il conserve certaines caractéristiques larvaires, comme ses branchies externes. Adapté à la vie dans l’obscurité totale, il a des sens très développés, notamment l’électrosensibilité qui l’aide à repérer ses proies. Son seul prédateur ? Un autre olm !

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Proteus anguinus TAILLE (ADULTE)

Entre 20 et 40 cm RÉPARTITION

Certaines grottes karstiques du sud de l’Europe DURÉE DE VIE

70… à 100 ans ALIMENTATION

Crabes, gastéropodes et insectes

CARTE D’IDENTITÉ

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Apalone ferox TAILLE (ADULTE)

15 à 60 cm de diamètre RÉPARTITION

États-Unis

DURÉE DE VIE

Entre 25 et 30 ans

la Tortue molle de Floride

ALIMENTATION

Poissons, crustacés…

N

on seulement cette tortue aquatique n’a pas d’écailles solides, mais en plus, son long nez en forme de tube semble avoir été tranché à l’extrémité pour laisser apparaître deux narines. La partie dorsale de sa carapace est plate

et recouverte d’un cuir épais, lisse et souple, dont les rebords sont plus larges. Cette tortue passe beaucoup de temps enfouie dans le sol, en ne laissant dépasser que sa tête. Une technique qui lui permet de chasser sans être vue et de se cacher en cas de danger.

© Alamy ; Nazzu Michal Ninger

C

NOM SCIENTIFIQUE

Nyctimene robinsoni ette TAILLE (ADULTE) chauve10 cm environ souris, RÉPARTITION découverte Papouasie-Nouvelleen 2009 en Guinée et Australie ALIMENTATION PapouasieNouvelle-Guinée, Fruits est considérée par le magazine National Geographic comme l’une des espèces les plus étranges récemment découvertes. Il faut dire qu’avec son curieux sourire et ses narines en forme de tubes ouverts sur les côtés, la chauve-souris Yoda (également appelée nyctimène du Queensland) est peu commune. Son drôle de nez lui confère heureusement un sacré avantage, car quand sa tête est plongée dans les fruits, elle peut manger tout en continuant de respirer ! Habituellement solitaire, ce mammifère peut se rassembler en petits groupes pour dormir. Comme toutes les chauves-souris, elle utilise l’écholocation pour se déplacer : elle émet des bruits spécifiques en contractant son larynx, puis analyse les échos pour déterminer les limites de l’espace qui l’entoure.

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Micro et macromonstres sommaire

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LES AC ARIENS

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OÙ SONT- ILS DANS LA MAISON ?

110

LE P OU

116

LES INSECTES LE WETA GÉANT

112

LE MORP ION LE LÉP ISME

118

LE SC ARABÉE TITAN LE SC ARABÉE GO L IATH

120

LA MANTE C HIN O IS E LA C HENILLE CORN U E L’ATLAS

LE TERMITE

© Mcevan ; Science Photo Library

113

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MICRO ET MACRO-MONSTRES

Les Acariens

D

es milliards et des milliards d’acariens peuplent notre planète. Les chercheurs ont déjà recensé quelque 50 000 espèces, mais ils sont sans doute bien plus nombreux : selon certains scientifiques, ce chiffre ne représenterait que… 5 % de leur nombre total ! Résistants, ces invertébrés appartenant à la même famille que les araignées ont su parfaitement s’adapter aux changements qui ont affecté la planète et ont évolué pour coloniser, depuis le Dévonien (il y a 416 à 359 millions d’années), les différents environnements : aquatique, terrestre, chaud, froid… Généralement invisibles à l’œil nu – leur taille varie de 0,1 à 0,6 mm pour ceux qui logent dans nos maisons –, ils ont révélé leur faciès de micromonstre avec l’avènement du microscope au XVIIe siècle. Un choc ! Et pas seulement visuellement…

ACARIEN SOYEUX NOM SCIENTIFIQUE

Trombidium holosericeum CARACTÉRISTIQUES

Reconnaissable à sa couleur rouge, ce gros acarien de 3 à 4 mm vit dans l’herbe et sur les arbres fruitiers ou les vignes, où il chasse de minuscules insectes comme les pucerons, ainsi que des œufs et larves d’insectes.

ALLERGIES. En effet, si beaucoup d’acariens vivent dans le sol ou dans l’eau sans importuner la flore et la faune locales, certains sont au contraire des parasites qui se nourrissent sur l’animal ou la plante qu’ils colonisent. C’est le cas notamment de la tique, qui pompe le sang de son hôte (chien, chat…). Quelques-uns se révèlent de vrais monstres, responsables de maladies comme la gale (qui provoque des lésions de la peau accompagnées de démangeaisons), tandis que d’autres sont responsables d’allergies respiratoires. Or, il n’est pas facile de se débarrasser de ces petites bestioles. Ainsi, les acariens domestiques, comme celui de la poussière (Dermatophagoides pteronyssinus), se nourrissent exclusivement de détritus organiques tels que les peaux mortes, les débris d’ongles, les poils… Autant dire qu’ils ne manquent pas de nourriture, d’autant plus qu’il suffit de 0,25 g de peau morte pour nourrir des millions d’individus durant trois mois. Sachant que l’animal est très prolifique – une femelle pond entre 20 et 80 œufs par mois au cours de sa courte vie (deux à trois mois) –, on comprend mieux pourquoi ils sont omniprésents chez nous. Un chiffre : un matelas en hébergerait plus de 1 million… D’autres s’invitent dans nos cuisines, sur les fromages, la viande, les œufs ou dans les aliments moisis à base de farine. En voici quelques-uns…

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ACARIEN DU FROMAGE NOM SCIENTIFIQUE

Tyrolichus casei (en photo), Acarus siro CARACTÉRISTIQUES

Les acariens du fromage infestent, comme leur nom l’indique, les fromages, mais aussi d’autres aliments, et sont généralement considérés comme des parasites, provoquant notamment de l’asthme chez les personnes sensibles qui respirent l’air contaminé. Certains fromages cependant, comme la mimolette, sont délibérément infectés par des acariens afin d’obtenir une saveur particulière.

ACARIEN DE LA MOISISSURE NOM SCIENTIFIQUE

Tyrophagus putrescentiae CARACTÉRISTIQUES

Cet acarien des denrées alimentaires (aliments industriels secs, viande, fromage, fruits secs et céréales) prolifère dès que les conditions de conservation sont mauvaises : température autour de 23 °C et humidité à 70 %.

ACARIEN DE LA POUSSIÈRE NOM SCIENTIFIQUE

Dermatophagoides pteronyssinus Des millions d’acariens de la poussière habitent dans nos maisons, se nourrissant notamment des cellules mortes de notre peau. Ils sont présents partout, principalement dans la literie (matelas, couvertures, oreillers). Ils ne piquent pas et sont généralement inoffensifs ; cependant, leurs déjections et cadavres peuvent induire des réactions allergiques.

© Science Photo Library

CARACTÉRISTIQUES

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MICRO ET MACRO-MONSTRES CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Pediculus humanus CARACTÉRISTIQUES

Le pou de tête (2,5 à 3 mm de longueur) vit dans nos cheveux et suce le sang du cuir chevelu. Il peut se métisser avec une autre sous-espèce du pou de l’humain, le pou de corps.

© Science Photo Library

La lente (l’œuf) a une coquille aérée, qui sera percée lors de l’émergence de la nymphe.

Le Pou

O

n dénombre pas moins de 3 000 espèces de poux présents sur les oiseaux et les mammifères, dont trois sur les humains : les poux de la tête (Pediculus humanus capitis), ceux du corps (Pediculus humanus corporis) et ceux du pubis (Phtirus pubis), plus connus sous le nom de morpions (voir pages suivantes). Les poux sont des parasites qui vivent du sang de leur hôte. Les poux de tête s’accrochent aux cheveux avec leurs pattes en forme de pince de crabe. Ils

mesurent 2,5 à 3 mm de longueur. Pour se nourrir, les poux s’attaquent au cuir chevelu qu’ils mordent, y injectant leur salive pour coaguler le sang avant de le pomper. Cette salive contient une protéine à l’origine de la formation d’une petite vésicule : c’est elle qui provoque les démangeaisons.

CONTACT.

La femelle pond pendant trois semaines entre 4 et 10 œufs par jour, nommés lentes, qui adhèrent aux cheveux

par une sorte de colle. L’éclosion se produit sept jours après la ponte, et libère une nymphe. Au bout de dix jours, celle-ci atteint le stade adulte et peut à son tour se reproduire. En quarante jours, un seul couple de poux peut engendrer 125 000 descendants ! Dépourvus d’ailes, les poux passent d’une tête à l’autre par contact. Ils survivent dans l’eau plusieurs heures, mais ne résistent que trente-six heures s’ils sont privés de leur hôte humain.

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LES

en bande dessinée

Le pou, quel fléau ! qu'est­ce qu'une vie de pou pour les hommes ?

à les entendre, nous sommes des parasites pas franchement fréquentables ! la question que tout le monde se pose !

en plus, ils sucent le sang du cuir chevelu, dégueu...

des poux ! berk, je pique pas ici, moi !

profiteurs, nous vivons aux dépens du milieu qui nous entoure, ouaip !

et on n'a aucune pitié... hommes ou femmes, jeunes ou vieux, on s'en prend à tout le monde ! allez, on se dépêche ou on va rater l'école !

nous épuisons les ressources de notre environnement, quitte à le détruire complètement...

Les Insectes en BD © Bamboo Édition - Cazenove, Vodarzac & Cosby - www.bamboo.fr

hé ! va bouffer ailleurs !

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ce que vous pou vez être lentes...

pour le typhus, c'est vrai, ok...

car le pou peut propager le typhus et la mort !

mais y a plus d'ail­ leurs...

le pou de l’homme

mais pour le reste, c'est quand même les hommes qui ont commencé !!!

Ordre / Famille : Pht iraptera / Pediculida e Genre & espèce : Pediculus humanus

ATTAQUE : + 4 DÉFENSE : + 2 Description : Ped iculus humanus est le parasite de l’homme. On distingu e deux espèces : le pou du corps (humanus humanus) et le pou de tête (hu manus capitis) . Taille

Mini : Maxi :

2 mm 4 mm

Pouvoirs

• Prolifération • Démangeaisons

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MICRO ET MACRO-MONSTRES

Le Morpion CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Phtirus pubis

CARACTÉRISTIQUES

Le morpion est tristement célèbre pour habiter dans les régions génitales de l’humain, vivant sur les poils et descendant sur la peau pour la percer et boire son sang.

P

lus petit (moins de 2 mm) que les poux de tête ou de corps, le morpion, de couleur marron, est aussi plus trapu avec un thorax plus large et un abdomen plus court. Il porte des pattes puissantes avec des pseudo-pinces énormes (plus fortes que celles du pou de tête), équipées de crochets qui lui permettent de s’agripper solidement aux poils épais du pubis où il niche en colonie. Certains peuvent remonter sur les aisselles, le thorax, dans la barbe, voire, dans de très rares cas, dans les sourcils. Comme les autres poux humains, le morpion se nourrit de sang et plante son rostre dans les petits vaisseaux sanguins de la peau. L’injection de sa salive (et des protéines contenues dans celle-ci) provoque des démangeaisons et parfois une inflammation cutanée que l’on nomme pédiculose, ou phtiriase. Un pou de pubis vit environ un mois, mais seulement vingt-quatre heures loin de son hôte. La femelle pond autour de 3 œufs par jour (les lentes) à la base des poils. Comme pour les poux de tête, la contamination se fait par contact direct ou par les vêtements, les serviettes de toilette, la literie ou tout autre article contaminé posé à même le corps.

Le Lépisme

É

galement nommé poisson d’argent en raison de la couleur des écailles qui recouvrent son corps, cet insecte aptère (sans ailes) est vif, nocturne et silencieux. Il mesure entre 10 et 12 mm et est reconnaissable aux deux longues antennes qui prolongent sa tête, à ses trois paires de pattes brun-jaune et aux trois longs prolongements fins (deux cerques et un épiprocte couvert de soies au centre), semblables à des antennes, qui terminent son abdomen. Il se faufile en ondulant de maison en maison et d’une pièce à l’autre à travers les petites fissures, les trous dans les murs et les plafonds.

AMIDON.

Les lépismes nichent de préférence dans des pièces chaudes et humides, comme la cuisine, la salle de bains, les chambres, voire un sous-sol humide. Ces insectes ne sont pas des parasites, contrairement aux mites et

aux poux. Friands d’amidon et de sucres, ils font ripaille des miettes de pain oubliées au sol, de farine, de pâtes ou de pommes de terre et peuvent même digérer la cellulose du coton, du papier, voire de la moquette ou des tissus. Certains lépismes peuvent pondre jusqu’à 20 œufs par jour, qu’ils déposent dans les fissures et les crevasses des murs. Leur durée de vie varie de deux à trois ans et ils sont capables de jeûner durant des mois. Sans danger pour l’homme, leur présence en grand nombre dans une habitation peut endommager les papiers peints et les livres. Dans de rares cas, ils risquent de contaminer les aliments avec les bactéries et les champignons qu’ils transportent sur leurs pattes.

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Le Termite

E

n France, six espèces de termites appartenant au genre Reticulitermes (termites souterrains) et une espèce de Kalotermes flavicollis (termites de bois sec) ont été décrites. Ces espèces sont classées selon les régions où elles « sévissent ». Kalotermes flavicollis vit en petites colonies et provoque peu de dégâts, contrairement aux Reticulitermes. Ces espèces sont lucifuges : elles fuient la lumière et construisent des galeries pour creuser le bois, plus particulièrement la cellulose qui le compose, dont elles se nourrissent. Sociaux, les termites vivent en grandes colonies pouvant contenir jusqu’à 200 000 individus. Une communauté peut s’étendre sur une surface d’une dizaine de mètres de diamètre et plusieurs mètres de profondeur. Dans leur recherche de nourriture, ces insectes n’hésitent CARTE D’IDENTITÉ pas à traverser la maçonnerie NOM SCIENTIFIQUE des habitations pour s’attaquer Reticulitermes à l’intérieur des planches, escaliers CARACTÉRISTIQUES en bois, poutres et charpentes, Les termites engloutissent la cellulose sous toutes ses formes voire au papier et au carton. Ces (bois, papier, carton…), qu’ils bestioles dites xylophages, qui dégradent grâce à des micromesurent de 3 à 5 mm, apprécient organismes présents dans leur tube digestif, et régurgitent toutes les essences de bois, sauf pour nourrir la colonie. le chêne et certains bois exotiques.

Les nymphes de lépisme sont plus pâles que les adultes et dépourvues d’écailles.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Lepisma saccharina Cet insecte couvert de squames (écailles) argentées se déplace rapidement. Il possède un corps effilé, deux longues antennes et trois longs poils au bout de l’abdomen.

© Science Photo Library

CARACTÉRISTIQUES

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MICRO ET MACRO-MONSTRES

Où sont-ils dans la maison ? Salle à manger

Rideaux et moquette

• Acariens de la poussière • Termites

• Acariens de la poussière

Cuisine

• Acariens du fromage, de la viande et de la poussière • Lépismes

Plantes et animaux • Acariens blancs, de la gale et des végétaux (tétranyques)

Chambre

© iStock ; Science Photo Library

• Punaises de lit • Acariens de la poussière

Salle de bains et toilettes

• Lépismes • Acariens de la poussière

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LES

en bande dessinée

j'ai ouvert la chasse aux punaises, anton ! je déteste ces sales bestioles !

qu'est­ce que tu fais, mamie ?

tu sais que certaines punaises, comme les pentatomes ou punaises à bouclier, ont sur le torse des glandes odoriférantes ?

eh bien, elles peuvent dégager de très mauvaises odeurs, si fortes qu'elles provoquent des migraines chez certains humains !

hein ? qu'est­ce qu'elles glandent, tu dis ?

mais si tu te pinces le nez, tu ne seras pas embêtée !

bien... j'en avais repéré une par ici, il me semble...

Les Insectes en BD © Bamboo Édition - Cazenove, Vodarzac & Cosby - www.bamboo.fr

très bonne idée, mon chéri !

'marche pas ton histoire de pince à linge... j'ai quand même une grosse migraine...

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MICRO ET MACRO-MONSTRES

les INSECTES

L

es insectes sont la classe animale la plus répandue sur la planète (en nombre d’espèces). Environ 1,3 million d’espèces sont connues, soit plus de 80 % du règne animal, mais selon les estimations, il y en aurait entre 5 et… 80 millions ! Apparus il y a plus de 400 millions d’années et présents dans presque tous les milieux et climats terrestres, ils présentent une grande diversité de morphologies. Tous les insectes sont cependant conçus sur le même « modèle » de base. Ce sont des arthropodes, un groupe qui comprend aussi les araignées et les crustacés. Le corps d’un arthropode se compose d’un exosquelette (squelette externe) divisé en segments, avec une paire de pattes à chaque segment. Certains arthropodes, comme les millepattes, collent assez étroitement à ce plan primitif. Chez les insectes, en revanche, les différents segments ont fusionné et se sont organisés en trois parties distinctes : la tête, le thorax et l’abdomen. La tête présente des pièces buccales

(mandibules), une paire d’antennes et au moins une paire d’yeux composés. Le thorax est formé de trois segments (le prothorax, le mésothorax et le métathorax), dotés chacun d’une paire de pattes. Il peut aussi porter une ou deux paires d’ailes, bien qu’elles soient absentes chez de nombreux insectes. Enfin, l’abdomen contient les organes internes (intestins, appareil reproducteur…) et peut porter un dard, une filière (organe de sécrétion de fil) ou un ovipositeur (organe de ponte chez les femelles) à son extrémité.

OXYGÈNE.

La plupart des insectes sont petits. Leur taille est limitée pour deux raisons. D’abord, un exosquelette plus grand serait aussi trop lourd à porter, et risquerait d’écraser les organes internes ! Ensuite, il y a la question de la respiration. Les insectes ne possèdent ni branchies comme les poissons, ni poumons comme les mammifères. L’air traverse leur corps, et lui apporte, au passage, l’oxygène dont il a besoin,

en entrant et en sortant par de minuscules trous, appelés stigmates, et en parcourant un réseau de tubes nommés trachées. Les insectes font palpiter leur abdomen et battent des ailes pour ventiler ces stigmates, mais la diffusion de l’oxygène étant un processus très long, plus le corps grandit, moins elle est efficace. Pour le dire autrement : s’ils étaient plus gros, les insectes manqueraient d’air ! Il y a environ 350 millions d’années, durant le Carbonifère, l’atmosphère comportait 35 % d’oxygène (contre 21 % actuellement). Ceci, combiné au fait que les prédateurs mammifères n’avaient pas encore évolué, a conduit certaines espèces à devenir énormes. Des insectes aux airs de libellule, mais de la taille d’une mouette, ainsi qu’une sorte de mille-pattes de plus de 2 m vivaient à cette époque ! Avec leur quinzaine de centimètres et leur centaine de grammes maximum, les actuels détenteurs des records de taille sont certes un peu plus modestes… mais n’en restent pas moins impressionnants. Galerie de portraits de ces méga-insectes.

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anatomie d’un insecte

Ovaires

La majorité des insectes adultes ne sont que des machines reproductrices. La plupart des insectes pondent 50 à 300  œufs au cours de leur vie, certains beaucoup plus.

Nerfs

Les muscles des ailes peuvent se contracter à chaque influx nerveux, pour des battements plus rapides.

Appareil digestif

De nombreux insectes ingèrent des aliments faciles à digérer comme la sève des plantes, ou régurgitent des enzymes sur leur nourriture et lapent la  soupe qui en résulte.

Cœur

Les organes baignent dans le sang. Le cœur est une veine ouverte à une extrémité, qui « brasse » le sang pour qu’il irrigue tous les organes vitaux.

Tubes de Malpighi

Ces tubes ramifiés fonctionnent comme des reins pour éliminer les déchets hors du corps de l’insecte.

© Recevant, 2010

Stigmates

L’oxygène n’est pas transporté dans le sang : il entre par de minuscules ouvertures, les stigmates, et parcourt un réseau de tubes appelés trachées.

le Weta géant

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Deinacrida

TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 10 cm, sans les antennes POIDS (ADULTE)

Environ 35 g RÉPARTITION

Nouvelle-Zélande DURÉE DE VIE

2 ans COMPARÉ À UNE MAIN HUMAINE

ALIMENTATION

Plantes et insectes

© DK Images ; Science Photo Library

Antennes

Beaucoup d’insectes sont aveugles, mais même ceux qui voient se servent de leurs antennes pour toucher, sentir les courants d’air et les odeurs.

S

ous ses faux airs de grillon (il est classé parmi les orthoptères, la famille des sauterelles et des criquets), le weta géant a de quoi faire frissonner… En 2011, un spécimen a été capturé sur l’île de la Petite Barrière, au nord de la Nouvelle-Zélande : il pesait 71 g, soit l’équivalent de deux moineaux ! Ces dimensions hors normes sont dues à un phénomène appelé gigantisme insulaire : en l’absence de prédateur (comme ce fut le cas sur les petites îles néo-zélandaises, longtemps privées de mammifères), les insectes n’ont pas besoin de se cacher et grandissent donc très vite, en quelques générations seulement. Ils remplissent alors la fonction occupée ailleurs par les petits rongeurs, sortant la nuit pour nettoyer le sol des débris végétaux ou d’autres insectes morts dont ils se nourrissent. Dépourvus d’ailes, ces insectes ne peuvent pas voler. Ils ne sont pas non plus venimeux. Endémiques de la Nouvelle-Zélande, ils sont menacés depuis l’introduction par les colons européens, dès le XIXe siècle, de petits prédateurs tels que les rats, les chats ou les hérissons, et par la destruction de leur habitat. TOUT COMPRENDRE MAX | 117

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MICRO ET MACRO-MONSTRES

CARTE D’IDENTITÉ

Le scarabée titan

Le Scarabée Goliath

L

a larve du scarabée Goliath vit dans les feuilles et les bois décomposés du sol des forêts humides africaines. Ayant besoin de plus de protéines que les autres larves de coléoptères pour grandir, elle se nourrit également d’insectes et de charognes. Lorsqu’elle atteint la bonne taille, elle construit une enveloppe pour se protéger tandis qu’elle se transforme en pupe (nymphe). Une fois que l’insecte adulte émerge de la chrysalide, il hiberne dans l’enveloppe jusqu’à ce que sa carapace durcisse et que la saison sèche se termine. Il en sort dès les premières pluies, et passe alors son temps à rechercher un partenaire. Il se nourrit d’aliments riches en sucres et peut vivre une année. 118 | TOUT COMPRENDRE MAX

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pas, vivant sur les réserves qu’il a accumulées pendant qu’il était à l’état de larve, probablement durant des années (sa larve n’a jamais été observée). En dépit de sa taille, le scarabée titan est capable de voler. Comme il ne peut pas décoller du sol, il grimpe aux arbres d’où il s’élance pour effectuer un vol plané.

Armure

Sa paire d’ailes extérieures renforcées, appelées « élytres », protège une autre paire d’ailes en dessous.

Titanus giganteus TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 16,7 cm POIDS (ADULTE)

80 g

RÉPARTITION

Forêts amazoniennes (Brésil, Pérou, Colombie, Équateur et Guyane)

COMPARÉ À UNE MAIN HUMAINE

DURÉE DE VIE

Inconnue, probablement plusieurs années ALIMENTATION

Rien au stade adulte

Corne

Il dispose également d’une solide corne en forme de Y qui lui sert de protection supplémentaire.

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Goliathus

TAILLE (ADULTE)

Une dizaine de centimètres POIDS (ADULTE)

Une centaine de grammes RÉPARTITION

Afrique tropicale, dans la canopée DURÉE DE VIE

Environ 1 an COMPARÉ À UNE MAIN HUMAINE

ALIMENTATION

Sève et fruits

© Science Photo Library ; H. Zell

V

oilà un sérieux candidat au titre de plus gros insecte du monde. Le titan est une charmante bébête de plus de 15 cm, de la famille des coléoptères. Ses solides mandibules pourraient briser un crayon, et son prothorax (premier segment du thorax) est doté de chaque côté de trois épines. Sa courte vie d’adulte est consacrée à la reproduction. Il ne se nourrit même

NOM SCIENTIFIQUE

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LES

en bande dessinée

Le scarabée rhinocéros à ma droite, l'étonnant scarabée rhinocéros !!! ouais !

allez !

que le combat des titans commence ! ding !

ouah !!! c'est trop géant comme ils se bastonnent !

allez !

c'est qui qui va gagner, à ton avis ?

Les Insectes en BD © Bamboo Édition - Cazenove, Vodarzac & Cosby - www.bamboo.fr

yah !

à ma gauche, le tout aussi époustouflant lucane cerf­ volant !!!

et ce n'est pas en se tapant dessus qu'ils vont se départager...

houlà, il est encore trop tôt pour le dire !

ah bon ? ils vont faire comment ?

Le SCARABée RHINOCéROS simple !

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le premier qui se décoince a gagné !

aïe aïe !!!

arrête de tirer !

Ordre / Famille : Col eoptera / Scarabaeid ae Genre & espèce : Oryctes nasicornis

ATTAQUE : + 4 DÉFENSE : + 6 Description : C’est l’un des plus grands coléoptères du monde. Il peut atteindr e 16 cm et soulever jusq u’à 850 fois son poids. Le mâle pos sède une corne céphali que. Taille Pouvoirs Jusqu’à Puissance • 160 mm • Carapace

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MICRO ET MACRO-MONSTRES

La mante chinoise

L

Tête chercheuse La mante peut tourner sa tête à 180°.

COMPARÉE À UNE MAIN HUMAINE

Yeux

Deux grands yeux composés (ou à facettes) donnent à la mante un large champ de vision.

Pattes avant

Difficile, même pour une grande proie, d’échapper à la prise de ces longues et puissantes pattes bordées d’épines.

Corps

Si ses pattes sont flexibles et souples, son corps est plutôt droit et rigide.

es mantes sont des prédateurs voraces. La mante chinoise est si grande qu’elle peut s’attaquer à pratiquement n’importe quel insecte et même à de petites grenouilles ou des lézards, voire des colibris. Pour cela, elle porte un coup de façon fulgurante, de ses pattes avant repliées. Celles-ci se terminent par une pointe, pour empaler la proie, et sont bordées d’épines sur la face intérieure des deux segments CARTE D’IDENTITÉ les plus longs, pour NOM SCIENTIFIQUE tenir fermement Tenodera sinensis la victime, dévorée TAILLE (ADULTE) Jusqu’à 10 cm vivante. L’espèce POIDS (ADULTE) a été introduite Environ 25 g en Amérique du RÉPARTITION Nord vers 1895 Chine, introduite pour contrôler les en Amérique du Nord DURÉE DE VIE insectes nuisibles 10 à 12 mois et est maintenant ALIMENTATION assez commune Insectes, petits reptiles dans le nord-est et amphibiens des États-Unis.

L’Atlas

C COMPARÉE À UNE MAIN HUMAINE

La Chenille cornue du noyer CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Citheronia regalis TAILLE (ADULTE)

3 mois à l’état de larve puis de nymphe ; 1 semaine à l’état adulte ALIMENTATION

Rien au stade adulte

Jusqu’à 15 cm POIDS (ADULTE)

Environ 100 g RÉPARTITION

Amérique du Nord DURÉE DE VIE

Quelques semaines ALIMENTATION

Feuilles de noyer blanc d’Amérique, de cotonnier, de caryer…

© iStock ; Mcevan

E

lle a beau être énorme, très colorée et couverte de pointes, cette chenille est inoffensive. Ses « cornes » ne sont que de simples appendices visant à effrayer les prédateurs. Les œufs, d’à peine 2 mm de diamètre, sont pondus sur la face supérieure des feuilles d’arbres. Les chenilles muent cinq fois au cours de leur vie. Les plus jeunes ressemblent à des déjections d’oiseaux pour décourager ces derniers. Seul le dernier stade larvaire arbore des couleurs vives et des cornes. La chenille est alors assez grosse et terrifiante pour pouvoir manger à son aise. Adulte, elle ne survit que quelques semaines.

’est l’un des plus grands papillons nocturnes du monde. Sa taille rend d’ailleurs son vol très COMPARÉ À UNE MAIN HUMAINE instable. Lorsque la femelle émerge du cocon, elle s’accroche CARTE D’IDENTITÉ simplement à un endroit et diffuse des phéromones dans NOM SCIENTIFIQUE Attacus atlas l’air pour attirer les mâles, TAILLE (ADULTE) légèrement plus petits mais Entre 20 et 30 cm très actifs. Le papillon adulte POIDS (ADULTE) ne vit que pour la reproduction 25 g et ne mange pas ; il ne survit RÉPARTITION qu’une semaine sur ses réserves Asie du Sud-Est DURÉE DE VIE accumulées à l’état larvaire.

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LES

en bande dessinée

La mante religieuse la mante religieuse est une

... ses pattes aux pointes acérées en font un piège ambulant...

vraie serial killeuse...

ouaiiis ! j'adore !

il est sympa le parfum de leur nou vel insecticide...

... et sa voracité est terrifiante... si elle a pas pris son goûter, on est morts...

oups ! fais gaffe !

une

mante !!!

... rares sont les inconscients à oser l'affronter... qu'est­ce qu'on va faire ?

elle ne nous a pas vus, alors on va attendre qu'elle

parte...

plus tard...

Les Insectes en BD © Bamboo Édition - Cazenove, Vodarzac & Cosby - www.bamboo.fr

elle est toujours là...

on va quand même pas passer notre vie planqués derrière un panier de pinces à linges !!!

ça durera pas...

fais­moi confiance, je te dis !

elle finira par se

lasser...

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ouah délire, ta mante religieuse en plastique !!! tu l'as achetée où ?

La mante religieuse Ordre / Famille : Ort hoptera / Mantidae Genre & espèce : Mantis religiosa

ATTAQUE : + 7

DÉFENSE : + 6 Description : Surnom mée le « Tigre de l’he rbe », elle passe inaperçue dan s la végétation. Elle est capable de voler et de voir en reli ef. Sa tête pivote à 180°. Taille Pouvoirs Mini : 50 mm • Immobilisme Maxi : 80 mm • Rapidité

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Les grands prédateurs

sommaire LES FÉLINS

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LES OISEAUX DE P ROIE

126

ZOOM SUR LA C HASSE

132

LES REPTILES

127

ZOOM SUR LE GUÉPARD

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LES REQUINS

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ZOOM SUR LE LION

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L’ORQUE

© iStock ; Dreamstime ; Thinkstock ; SPL

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GRANDS PRÉDATEURS

TIGRE NOM SCIENTIFIQUE

Panthera tigris

Les félins

TAILLE (MÂLE ADULTE)

1 m au garrot et 2,90 m de longueur (sans la queue) POIDS (MÂLE ADULTE)

L

es félins (ou félidés) sont une famille de mammifères carnivores. Ces prédateurs ont une morphologie parfaitement adaptée à la chasse : un corps souple et musclé, idéal pour la course ; un pelage uni ou taché leur garantissant un camouflage efficace ; une mâchoire courte et puissante ; des dents acérées (entre 28 et 30), dont quatre longues canines utilisées pour tuer et quatre carnassières servant à trancher la viande ; des griffes rétractiles (sauf chez le guépard) ; une longue queue (parfois un tiers, voire la moitié de leur corps) qui leur permet de garder l’équilibre, notamment ; et des vibrisses (« moustaches » faisant office d’organes sensoriels). On distingue parmi les félins deux grandes sous-familles : les petits félins (ou félinés), dont font partie les guépards et les pumas ; et les grands félins (ou panthérinés), qui réunissent les lions, les tigres, les léopards (également appelés panthères), les léopards des neiges, les panthères nébuleuses et les jaguars.

BONS GRIMPEURS. Bien qu’on associe souvent aux félins leurs redoutables rugissements, tous ne sont pas capables d’émettre ces sons produits par les parois d’un larynx particulièrement allongé, qui vibre lorsque le fauve exhale. Ainsi, le puma, le guépard et le léopard des neiges ne rugissent pas, émettant à la place des sortes de miaulements, des cris ou des grognements. Tous les félins, en revanche, sont capables de grimper aux arbres. Les léopards sont les plus forts à ce jeu : un mâle adulte peut hisser la carcasse d’un girafon de plus de 120 kg à 6 m de hauteur dans un arbre, pour pouvoir dévorer son repas tranquillement, à l’abri des hyènes et autres charognards. Tous sont aussi de bons coureurs, certains plus que d’autres, en particulier le guépard (lire pages suivantes). En dépit de leurs atouts pour la survie, les populations de félins ne cessent de décliner et de nombreuses espèces sont menacées d’extinction. La faute à l’homme, qui détruit leur habitat en déboisant les forêts et les chasse illégalement (pour leur peau, notamment).

Jusqu’à 300 kg POPULATION

Estimée à 4 000 à l’état sauvage DURÉE DE VIE

15 ans en liberté, 20 à 26 ans en captivité ALIMENTATION

Grands herbivores

LÉOPARD DES NEIGES NOM SCIENTIFIQUE

Panthera uncia

TAILLE (MÂLE ADULTE)

Environ 60 cm au garrot et jusqu’à 1,30 m de longueur (sans la queue) POIDS (MÂLE ADULTE)

45-55 kg

POPULATION

Entre 3 500 et 6 500 DURÉE DE VIE

12 à 15 ans en liberté, 20 ans en captivité ALIMENTATION

Ongulés, petits mammifères, oiseaux, végétaux…

JAGUAR NOM SCIENTIFIQUE

Panthera onca

TAILLE (MÂLE ADULTE)

70-75 cm au garrot et jusqu’à 1,85 m de longueur (sans la queue) POIDS (MÂLE ADULTE)

50-100 kg

POPULATION

Estimée à 10 000 dans les réserves d’Amérique du Sud DURÉE DE VIE

GUÉPARD NOM SCIENTIFIQUE

Acinonyx jubatus TAILLE (MÂLE ADULTE))

80-95 cm au garrot et jusqu’à 1,50 m de longueur (sans la queue)

12-15 ans en liberté, 23 ans en captivité

POIDS (MÂLE ADULTE)

ALIMENTATION

Estimée à 7 000 à l’état sauvage

Tout ce qu’il trouve, des singes aux caïmans

Environ 50 kg POPULATION

DURÉE DE VIE

13 ans en liberté, 21 ans en captivité ALIMENTATION

Antilopes, jeunes phacochères…

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PUMA , OU COUGUAR

LÉOPARD, OU PANTHÈRE NOM SCIENTIFIQUE

NOM SCIENTIFIQUE

Panthera pardus

Puma concolor

TAILLE (MÂLE ADULTE)

TAILLE (MÂLE ADULTE)

45-78 cm au garrot et jusqu’à 1,60 m de longueur (sans la queue)

60-75 cm au garrot et jusqu’à 1,60 m de longueur (sans la queue)

POIDS (MÂLE ADULTE)

POIDS (MÂLE ADULTE)

58 kg en moyenne

55-70 kg

POPULATION

POPULATION

Plusieurs centaines de milliers

Inconnue, mais en diminution

DURÉE DE VIE

DURÉE DE VIE

12 ans en liberté, 20 ans en captivité

Environ 10 ans en liberté, plus de 25 ans en captivité

ALIMENTATION

ALIMENTATION

Grands et petits mammifères

Tout ce qu’il peut attraper : singes, gazelles, rongeurs… et charognes

PANTHÈRE NÉBULEUSE NOM SCIENTIFIQUE

Neofelis nebulosa TAILLE (MÂLE ADULTE)

50-60 cm au garrot et jusqu’à 1 m de longueur (sans la queue) POIDS (MÂLE ADULTE)

18-23 kg

POPULATION

Moins de 10 000 DURÉE DE VIE

11 ans en liberté, 13-15 ans en captivité ALIMENTATION

Rongeurs, singes, oiseaux…

NOM SCIENTIFIQUE

Panthera leo

TAILLE (MÂLE ADULTE)

Environ 1,20 m au garrot et jusqu’à 2,50 m de longueur (sans la queue)

où vivent-ils ? ■ Lions : Afrique subsaharienne ; population unique (environ 500 individus) dans la forêt de Gir (nord-ouest de l’Inde) ■ Tigres : Inde ; Asie du Sud-Est ; Sibérie orientale

POIDS (MÂLE ADULTE)

■ Guépards : Afrique subsaharienne ; petite population en Iran

POPULATION

■ Pumas : côte Ouest des États-Unis et du Canada ; Amérique centrale et du Sud

Jusqu’à 230 kg

Entre 16 500 et 30 000 DURÉE DE VIE

7-12 ans en liberté, plus de 30 ans en captivité ALIMENTATION

Principalement des bovidés

■ Jaguars : Amérique centrale et du Sud ■ Léopards : Afrique orientale et centrale ; Inde ; Asie du Sud-Est ; Chine ■ Léopards des neiges : Hindou Kouch (chaîne de montagnes en Afghanistan et au Pakistan) ; Himalaya ; montagnes de l’Altaï (centre de l’Eurasie) ; monts Khangaï (Mongolie) ■ Panthères nébuleuses : Népal ; Chine ; Asie du Sud-Est

© Dreamstime ; Ivankmit ; Ajfi90 ; Musat ; Isselee ; Ivanka80

LION

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zoom sur La Chasse

L

es fauves chassent en général entre le crépuscule et l’aube. Ce sont des prédateurs d’embuscade, qui se faufilent dans les sous-bois denses, se servant de leurs excellentes vue et ouïe pour repérer leurs proies avant qu’elles ne les découvrent. Il leur faut être discrets : bien que tous soient de bons sprinters (la palme revenant au guépard, avec ses pics à 93 km/h, et un record enregistré à 115 km/h !), les félins manquent d’endurance et s’épuisent vite. La plupart d’entre eux abandonnent leur proie s’ils ne peuvent la rattraper en trente secondes. Ils privilégient donc une approche silencieuse, aidés en cela par leur colonne vertébrale très souple, qui leur permet de ramper à travers la végétation, et leurs pattes équipées de coussinets, pour amortir le bruit de leurs pas, avant d’attaquer brutalement, bondissant d’une cachette ou d’une branche d’arbre. Alors qu’un loup poursuit sa proie jusqu’à l’épuiser, un félin va sauter au cou de sa victime et écraser sa trachée sous ses mâchoires puissantes, ou lui briser la colonne vertébrale en une morsure.

1. Embuscade

Une ou deux lionnes parmi les plus robustes approchent, face au vent ; elles peuvent passer une heure à avancer pas  à  pas, toujours plus près du troupeau.

2. Manœuvre de flanquement

D’autres femelles font un grand cercle autour du  troupeau et se cachent dans les herbes hautes.

3. Sprint

Quand elles se trouvent à environ 30 m du membre le plus proche du troupeau, les lionnes foncent dessus par  surprise.

6. Distraction

Le buffle est si concentré sur le fait d’échapper à ses attaquants initiaux qu’il porte moins d’attention au danger devant lui.

OPPORTUNISTES. Les repas sont plutôt copieux : un félin peut manger entre 25 et 50 kg de viande en une fois. Après un tel festin, il est capable de jeûner jusqu’à deux semaines. Les grands fauves sont des chasseurs opportunistes : si leurs proies préférées ne sont pas disponibles, ils se rabattent sur les singes, rongeurs, lézards, porcs-épics, œufs… De nombreux félins complètent leur repas avec des insectes, un peu de fruits et de la végétation.

L’école de la chasse

LION Jouer à combattre fait partie de l’apprentissage. Les lions encouragent les petits à bondir et à se traquer les uns les autres.

4. Bond meurtrier

Courant à côté du buffle pour éviter un dangereux coup de sabot, une des lionnes bondit et tente de le faire tomber.

5. À l’affût

Les femelles cachées face au troupeau lancent des attaques séparées tandis que les buffles passent devant elles.

TIGRE À 18 mois, les petits sont des chasseurs qualifiés. Ils ont appris en observant leur mère.

LÉOPARD Les mères enseignent aux jeunes la façon d’attraper un animal et le meilleur endroit pour serrer une gorge.

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zoom sur Le guépard Yeux

Colonne vertébrale

Muscles dorsaux

Orientés vers l’avant, avec un système intégré de stabilisation d’image, ils permettent au guépard de rester ciblé sur sa proie pendant qu’il court.

Flexible, elle se courbe afin de permettre aux pattes arrière de dépasser les pattes avant, maximisant la longueur de la foulée.

Des muscles puissants soutiennent la colonne vertébrale.

Fibres musculaires

Elles sont à contraction rapide, pour un effort intense, mais sur une courte durée.

Narines

Grandes, elles lui permettent de  respirer vite et d’absorber davantage d’oxygène afin d’aider les muscles.

Tête

Petite, elle s’aligne avec le corps, réduisant la résistance au vent à grande vitesse.

Squelette

Un corps léger fait aller plus loin, plus vite.

Cœur

Queue

Longue d’environ 70-80 cm, elle agit comme un contrepoids et un gouvernail, facilitant les virages serrés à grande vitesse.

Griffes et coussinets

Des coussinets robustes et des griffes non rétractiles assurent adhérence et traction lors des sprints.

qui est le plus rapide ?

qui mord le plus fort ?

60 km/h

Le quotient de force de morsure est la mesure de la force de morsure d’un animal par rapport à sa taille corporelle (celui d’un chat domestique est de 58).

Léopard

Il a de longues pattes puissantes pour accélérer.

70

59 km/h

60

Lion

C’est assez rapide pour attraper un gnou qui galope, s’il opère en groupe.

50

140

80 90

56 km/h Tigre

Le plus grand des félins peut s’autoriser de courtes pointes de vitesse.

40

135

80 km/h

100

Jaguar

C’est le deuxième plus rapide après le guépard.

93 km/h Guépard

130 Tigre

127

C’est l’animal terrestre le plus rapide.

GUÉPARD La mère enseigne la chasse à ses petits en rapportant des proies jeunes ou faibles à la tanière. Les petits en font leurs exercices pratiques.

112

137

125 120 115

Lion

JAGUAR Les jeunes restent avec leur mère pendant deux ans ou plus. Ils apprennent à chasser en suivant son exemple.

Jaguar

110 105 100

Guépard

119

Léopard

94

© DK Images ; Getty Images ; Thinkstock

Il est assez grand pour que le sang riche en oxygène soit pompé rapidement dans tout le  corps, afin d’alimenter les muscles pendant les sprints.

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zoom sur le lion

L

e « roi des animaux » se distingue par sa crinière majestueuse (chez les mâles), sa queue ornée d’un « plumeau » et ses rugissements terrifiants, qui retentissent à 8 km à la ronde… mais pas seulement. Le lion est surtout le seul félin à s’organiser en groupes, ou hardes. Alors que tous les autres félidés sont des chasseurs solitaires, à l’approche plus subtile, les lions se servent de leur force brute et de l’énergie du groupe pour attraper leurs proies, fondant sur elles depuis divers angles pour semer la confusion. Composé de 2 à 40 membres (1 à 3 mâles adultes, qui sont souvent des frères, plusieurs femelles et leurs petits), le groupe est régi par des règles hiérarchiques bien définies. Les petits y sont soumis dès leur naissance. En cas de changement du mâle dominant, les lionceaux existants sont tués sans pitié par le nouveau venu, pour laisser place à sa propre portée.

Jeunes mâles

À l’âge adulte (3 ans et demi au plus tard), ils sont chassés de la harde s’ils ne sont pas déjà partis d’eux-mêmes. Ils errent alors, seuls ou à deux ou trois, avant de prendre la place de mâles plus faibles à la tête d’un autre groupe.

NOMADES.

S’ils survivent jusqu’à l’âge adulte (3 ans et demi au plus tard), les jeunes mâles quittent la harde (ou en sont exclus) pour ne pas entrer en concurrence avec le chef du clan, et deviennent alors des nomades. Ils rôdent autour des autres meutes, guettant les signes de faiblesse d’un mâle pour prendre sa place. Les lions plus âgés, blessés ou malades, sont, eux, condamnés à errer en solitaire. Les lionnes ont à la fois une fonction de reproductrices et de chasseuses. Elles élèvent les petits ensemble, les allaitant à tour de rôle et se répartissant les autres tâches. Plus sveltes et rapides que les mâles, elles chassent seules ou à plusieurs, pour cerner un troupeau par exemple. Bien qu’elles abattent environ 80 % du gibier consommé par la harde, c’est aux mâles dominants que revient l’honneur d’entamer le repas, suivis des chasseuses, et enfin du reste du groupe.

Lionnes

Elles restent dans la même tribu toute leur vie. Elles s’entraident, élevant ensemble les petits et chassant souvent à plusieurs.

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Lions malades

Les lions blessés, malades ou trop âgés pour continuer à  remplir leur fonction au sein du groupe en sont chassés.

Mâle dominant

Il ne chasse pratiquement pas, mais garde le territoire, protège son clan et chasse les intrus et les prétendants à son trône en rugissant ou en se battant.

Lionceaux

© Alamy

Ils ont tous pour père le mâle dominant. Très joueurs, ils simulent le combat. Ils suivent leur mère à la chasse dès l’âge de 14  semaines, en  restant à distance. À  1  an, ils rabattent les proies ; à  2  ans, ils chassent seuls.

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GRANDS PRÉDATEURS

Les oiseaux de proie

I

ls attaquent dans les airs, au sol et dans l’eau. Les oiseaux de proie, ou rapaces, sont tous des prédateurs du sommet de la chaîne alimentaire. Ils appartiennent pour la plupart à deux familles : accipitridés (aigles, éperviers, buses, milans, busards, vautours…) et falconidés (faucons, faucons crécerelles, fauconnets…). Il existe également deux familles de chouettes et quelques espèces, comme le balbuzard pêcheur et le serpentaire, qui ont leur propre famille. Les rapaces adoptent différentes techniques de chasse suivant leur famille. Les grands accipitridés et les balbuzards planent haut au-dessus du sol, scannant le terrain à la recherche de cibles potentielles, puis piquent vers elles tel un missile, ou tournent autour avant de frapper soudainement. Les balbuzards pêcheurs, qui chassent aussi bien dans les eaux douces qu’en mer, repèrent les poissons sous la surface à 40 m d’altitude, puis fondent sur eux les serres en avant. Les aigles, eux, préfèrent saisir leurs proies en plein vol.

SERRES.

où trouve-t-on les rapaces les plus connus ? 1 Aigle royal 2 Pygargue de Madagascar 3 Buse des Galápagos

4 Aigle philippin 5 Aigle d’Amérique 6 Chouette lapone

6

1

5 4

3 2

Les faucons et les buses font la chasse aux autres oiseaux. Le faucon pèlerin (voir page de droite) attaque les pigeons et les oiseaux aquatiques en piquant sur eux à une vitesse pouvant atteindre 300 km/h. Les espèces de rapaces qui ne peuvent pas rivaliser en vitesse comptent sur leur agilité pour se nourrir. Le faucon de forêt guette, posté sur un arbre, et repère, grâce à son ouïe très fine, les oiseaux volant dans le voisinage. Quand une proie passe à proximité, il la poursuit dans un slalom effréné à travers les branchages. Chez la plupart des rapaces (sauf les faucons), le bec sert à déchirer des lambeaux de chair de la victime. Pour la tuer, ils utilisent leurs serres. La forme de celles-ci est adaptée aux proies chassées. Les hiboux ont des orteils courts et musclés dotés de serres acérées pour étouffer les petits mammifères. Celles des aigles et des buses sont plus courbées sur le premier orteil avant et l’orteil arrière et forment ainsi une pince puissante. Quant aux vautours et condors, leurs griffes sont relativement faibles car ils se nourrissent de charognes.

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bâtis pour la chasse

Bec

Cou

Crochu et très tranchant, c’est l’instrument idéal pour déchiqueter la chair en lambeaux. La couleur de la partie supérieure du bec indique la santé de l’oiseau aux partenaires potentiels.

Il est doté d’une extrême mobilité. Les rapaces peuvent effectuer une rotation de la tête à 270°, contre 90° pour l’homme. Cette souplesse est en partie due à la présence de 14 vertèbres cervicales (7 chez l’humain) qui permettent à la tête de  pivoter davantage.

Plumes de vol

Les rémiges longues et rigides assurent le vol battu et plané. Le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) possède en tout plus de 7 000  plumes !

Queue

Yeux

Ils ont une position frontale et sont gros par rapport à la tête. Les globes oculaires sont relativement fixes dans les orbites, ce qui oblige l’oiseau à tourner la tête pour voir autour de lui.

Les plumes rectrices (de la queue), effilées, permettent de rapides changements de direction lors des combats aériens et peuvent être déployées pour aider à l’atterrissage.

Os

Le faucon pèlerin en piqué

Pattes

Recouvertes d’écailles et de plumes, elles comportent quatre doigts, trois vers l’avant et un  vers l’arrière, sauf pour les chouettes et hiboux, chez qui deux doigts sont orientés vers l’arrière. Chaque doigt est pourvu d’une griffe longue et  acérée.

2. Mise en place Lorsque la cible est repérée, l’oiseau se  met en position pour  le piqué.

1. Vigie

Le faucon pèlerin fait des cercles haut dans le ciel, à la recherche d’une proie potentielle.

4. Impact

3. Aérodynamisme

Ailes fermées, le faucon pèlerin plonge en piqué sur plusieurs centaines de mètres. Sa vitesse augmente mais s’il a besoin de corriger sa trajectoire, il ralentit en écartant les ailes.

L’oiseau frappe sa proie à grande vitesse (jusqu’à 300 km/h), la saisissant dans ses serres. L’impact est tel qu’il peut tuer la proie.

la vision des rapaces La plupart des oiseaux de proie chassent grâce à leur très grande acuité visuelle. Non seulement leur exceptionnelle rotation de la tête à 270° leur assure un champ de vision binoculaire, presque unique dans le monde animal, mais leur fovéa (zone la plus sensible de la rétine) contient 5 fois plus de cellules photosensibles que chez l’homme. Les rapaces diurnes possèdent en outre deux fovéas (une seule pour les rapaces nocturnes) : une située sur le bord de la rétine et l’autre au centre, qui joue le rôle de loupe. Un faucon peut ainsi discerner un objet d’à peine 2 mm à une hauteur de 18 m, tandis qu’un aigle est capable de repérer une proie de 16 cm à 1 500 m de distance. Mieux, les yeux des rapaces peuvent amplifier la lumière et accentuer les contrastes. Ils voient donc très bien de près, mais aussi de loin, ce qui explique que la vision des rapaces diurnes soit 8 à 10 fois plus performante que la vision humaine.

© SPL ; Dreamstime ; DK Images

La plupart des os d’un oiseau sont creux, ce qui l’allège pour le vol. À  l’intérieur, une  charpente complexe assure leur  solidité.

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GRANDS PRÉDATEURS

Les reptiles

L

es tortues, les lézards, les serpents ou les crocodiles appartiennent tous à la classe des reptiles. Ils ont le corps recouvert d’écailles (faites de kératine, comme les cheveux), pondent des œufs à quelques rares exceptions près, comme l’anaconda vert, et ont une température interne qui varie en fonction de celle du milieu où ils se trouvent. Les spécialistes parlent dans ce cas d’animaux poïkilothermes, ou, plus communément, « à sang froid ». On dénombre plus de 8 000 espèces de reptiles. Elles peuplent surtout les régions chaudes, même si certaines se sont adaptées au froid en hibernant. Les reptiles comptent des espèces qui n’ont pas leur pareil pour tuer leurs adversaires, que ce soit par leur force brute, leur ruse ou leur venin. Le cobra royal, par exemple, injecte une quantité létale de poison dans ses proies, tandis que d’autres reptiles, comme le crocodile, utilisent leurs mâchoires puissantes pour les maîtriser. Et nul besoin de mesurer 5 m de longueur pour être un redoutable prédateur : la morsure venimeuse du monstre de Gila, un petit lézard, peut venir à bout d’un ennemi comme un petit mammifère. Serpents, lézards ou crocodiles, voici cinq reptiles parmi les plus dangereux au monde…

Crochets

Deux crochets fixes longs d’environ 1,25 cm injectent le venin dans la proie qui succombe très vite.

Mâchoires

Le cobra royal peut ouvrir très grand ses mâchoires pour avaler de grosses proies.

Cou

Les écailles sur son cou s’aplanissent lorsqu’il est menacé, étalant sa « coiffe ».

Estomac

Il digère lentement sa proie tandis qu’elle descend dans son corps. Après un gros repas, il peut rester sans manger durant des mois.

où vivent-ils ? 1 2 3 4 5

Cobra royal Monstre de Gila Crocodile marin Dragon de Komodo Anaconda

Le cobra royal

2

1 5

3

3 4

H

eureusement pour nous, le cobra royal est timide et se tient généralement à l’écart des chemins empruntés par l’homme. Toutefois, lorsqu’il doit défendre son territoire ou ses œufs, il devient l’un des reptiles les plus meurtriers connus. Et pour cause, c’est le plus long serpent venimeux au monde. Face à un ennemi, il peut se dresser

à 1,80 m du sol puis se jeter en avant pour attaquer. Le cobra royal frappe et plante ses crochets dans sa victime. Si son venin est l’un des moins toxiques de sa famille, les Elapidæ, où sont également rangés les mambas noirs, taïpans et autres serpents corail, la quantité injectée par morsure (entre 380 et 600 mg) est telle qu’elle en devient létale.

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Le monstre de Gila

Yeux

Le cobra royal a une vue excellente. Par ailleurs, bien qu’il n’ait pas d’oreille, il perçoit les vibrations du son.

C

e gros lézard au corps trapu et aux courtes pattes est, avec le lézard perlé (Heloderma horridum), l’une des deux espèces de lézards de la famille des hélodermatidés venimeux. Le monstre de Gila vit dans les déserts du sud des États-Unis (Californie, Arizona, Nevada, Utah, Nouveau-Mexique et désert de Mojave) et du nord du Mexique (désert de Sonora notamment). Craignant le soleil, il reste caché dans son terrier le jour et ne sort que la nuit. Mais en cas de menace, il n’hésite pas à sortir les dents et à mordre. Sa salive contient une douzaine de substances toxiques produites par les glandes salivaires. Lorsqu’il mord, le venin coule tout simplement le long de ses dents

Peau

Il mue environ cinq fois par an.

rainurées et entre dans la blessure, provoquant une vive douleur, un œdème, voire la mort pour les petits mammifères. Le monstre de Gila utilise cette arme uniquement pour se défendre. Carnivore, il mange peu (cinq à six fois par an), plutôt des œufs d’oiseaux ou de reptiles qu’il déterre à l’aide de ses griffes ou qu’il déniche CARTE D’IDENTITÉ en grimpant NOM SCIENTIFIQUE aux arbres. Heloderma suspectum À l’occasion, TAILLE (ADULTE) il dévore aussi 30 à 60 cm POIDS (ADULTE) de petits 1,3 à 2,2 kg oiseaux, lézards VITESSE MAXIMALE et mammifères. 0,25 km/h DURÉE DE VIE

Environ 20 ans ALIMENTATION

Œufs, lézards, oiseaux, petits mammifères

VITESSE DE MORTALITÉ DE LA MORSURE

15 min

Degré de létalité

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Ophiophagus hannah TAILLE (ADULTE)

3,6 à 5,5 m

POIDS (ADULTE)

6 à 9 kg

VITESSE MAXIMALE DURÉE DE VIE

20 ans

ALIMENTATION

Autres serpents (couleuvres), parfois des lézards ou des mammifères

Une seule dose contient suffisamment de neurotoxines pour décimer 20 hommes ou un éléphant. Une fois morte, la victime du cobra est engloutie d’une seule bouchée. Les cobras font partie des rares serpents à construire un nid pour leurs œufs. La femelle pond 20 à 40 œufs à la fois, au printemps. Les cobras royaux vivent généralement en Asie du Sud-Est, le plus grand résidant en Malaisie.

Peau

Elle est trop perméable pour retenir sa transpiration : treize minutes sous un soleil de plomb et c’est la mort par déshydratation.

VITESSE DE MORTALITÉ DE LA MORSURE

1 heure

Degré de létalité

© iStock

19 km/h

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GRANDS PRÉDATEURS

Le crocodile marin

L

e plus grand crocodilien vivant sur Terre mange de tout, même des humains. Il est l’un des prédateurs les plus dangereux et agressifs au monde. Sa morsure est la plus puissante du règne animal avec une pression de plus de 2,5 tonnes par cm2. De quoi briser le crâne d’un buffle ou la carapace d’une tortue de mer. Caché sous la surface de l’eau, l’animal attend patiemment une proie potentielle : poissons, oiseaux, mammifères et même d’autres reptiles. Lorsqu’elle se présente, il bondit soudainement hors de l’eau à l’aide de sa queue puissante, la saisit dans sa gueule et l’entraîne au fond de l’eau pour la noyer. Pour déchiqueter sa victime, il la hisse sur la berge ou la

tient au-dessus de l’eau et l’avale à la verticale. Sur terre, le crocodile marin se déplace sur ses pattes robustes à 17 km/h environ, tandis que dans l’eau, il se sert de sa queue géante pour se propulser jusqu’à 30 km/h. CARTE D’IDENTITÉ Les crocodiles marins résident généralement dans des eaux NOM SCIENTIFIQUE saumâtres (légèrement salées) Crocodylus porosus TAILLE (ADULTE) telles que les rivières, les 4,30 à 7 m marécages et les estuaires. POIDS (ADULTE) Ils sont parfois aperçus en pleine 408 à 1 000 kg mer car ils peuvent parcourir VITESSE MAXIMALE plus de 1 000 km à la nage. 30 km/h DURÉE DE VIE Ils peuplent couramment 70 ans les côtes de l’Australie du Nord, ALIMENTATION de Nouvelle-Guinée et d’Asie du Poissons, mammifères, oiseaux, Sud-Est, plus rarement de l’Inde. parfois d’autres reptiles

Écailles

Des écailles ovales couvrent son dos et des rectangulaires tapissent son ventre.

Pattes

Les pattes postérieures sont palmées et aident aux manœuvres dans l’eau.

Crêtes

Les crêtes qui courent le long de sa tête sont plus proéminentes à l’âge adulte.

Température

Tête

Grande, elle porte une paire de crêtes qui partent de l’arrière des yeux jusqu’au museau.

VITESSE DE MORTALITÉ DE LA MORSURE

Degré de létalité 1 min

© Midori

© Midori ; Mats Stafseng Einarsen ; iStock ; SPL

Animal à sang froid, il se rafraîchit dans l’eau et se réchauffe en paressant au soleil.

Yeux

Des paupières transparentes lui permettent de voir sous l’eau.

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Le Dragon de Komodo

VITESSE DE MORTALITÉ DE LA MORSURE

Degré de létalité

Griffes

Puissantes et longues de 5  cm, elles lui permettent de grimper aux arbres et d’attaquer ses proies.

Langue

Bifide (fourchue), elle détecte les particules olfactives et gustatives et l’aide à se repérer dans l’obscurité.

P

résent sur un petit groupe d’îles indonésiennes dans la mer de Florès et de Bali, cet énorme lézard dévore à peu près tout ce qui passe à portée de sa langue puisque c’est le plus gros prédateur des lieux. Il poursuit sa victime, repérée à l’odeur, et lui inflige plusieurs Dents morsures de ses dents crénelées, puis Soixante dents la laisse filer, agonisante. Et pour cause : crénelées, coupantes comme des scies, outre les dégâts causés par sa morsure et déchiquettent la transmission de nombreuses bactéries les  prises. contenues dans sa salive, le varan produit un venin, proche de celui du monstre de Gila et de nombreux serpents. Des glandes venimeuses situées dans la mâchoire CARTE D’IDENTITÉ inférieure libèrent des toxines NOM SCIENTIFIQUE qui empêchent le sang de la Varanus komodoensis proie de coaguler, provoquant TAILLE (ADULTE) 2 à 3 m des hémorragies. L’animal saisi POIDS (ADULTE) est en état de choc, et s’il 60 à 90 kg peut échapper à la morsure VITESSE MAXIMALE (6 fois moindre que celle d’un 20 km/h crocodile), il finit en quelques DURÉE DE VIE Jusqu’à 50 ans heures ou quelques jours ALIMENTATION par se vider de son sang. Poison

Des glandes acheminent le venin entre les dents de l’animal via des  canaux. Le venin est ensuite injecté dans la victime.

3 jours

Proies animales et charognes

L’anaconda

CARTE D’IDENTITÉ

C

e gros serpent vit surtout dans les marécages et les ruisseaux des forêts tropicales des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque. Lent et maladroit sur terre, il est rapide dans l’eau. Si les jeunes chassent depuis une branche en se laissant tomber sur leur victime pour s’enrouler autour d’elle et l’étouffer, les adultes rôdent dans l’eau en ne laissant dépasser que leurs yeux et leurs narines. Sitôt une proie repérée, l’anaconda glisse sous elle, la saisit et la noie. Puis il l’avale tout rond (sans la mâcher), la digérant au fur et à mesure. Ses crochets dirigés vers l’arrière de sa gorge empêchent l’animal mordu de s’échapper, toute tentative ne faisant que l’empaler un peu plus. Ce serpent constricteur se nourrit d’animaux aussi grands que des jaguars, des cochons et des cervidés. Les femelles sont généralement beaucoup plus grosses que les mâles. VITESSE DE MORTALITÉ DE LA MORSURE

NOM SCIENTIFIQUE

Eunecte murinus TAILLE (ADULTE)

6 à 10 m

POIDS (ADULTE)

132 à 250 kg VITESSE MAXIMALE

19 km/h

DURÉE DE VIE

Jusqu’à 50 ans ALIMENTATION

Grandes proies animales

Peau

L’anaconda grandit même une fois adulte. À chaque mue, il se libère de plus d’un kilo de peau.

Tête

Gueule

Degré de létalité

Il peut ouvrir ses mâchoires à 180 degrés.

Les yeux et les narines sont positionnés sur le dessus de la tête. Le serpent peut ainsi voir et  respirer même si son corps est immergé.

2 min

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GRANDS PRÉDATEURS

Les requins

L

e film Les Dents de la mer, de Steven Spielberg, a fait du grand requin blanc un monstre des mers. Et avec lui, les requins en général. Ces chasseurs redoutés appartiennent à la classe des Chondrichtyes,, qui comprend également les raies. Avec plus de 500 espèces de requins dans le monde, on en trouve des petits de 14 cm de longueur, comme l’Etmopterus Etmopterus perryi, perryi et des très grands (plus de 20 m pour le requin-baleine) ; des inoffensifs qui se nourrissent de plancton, comme le requin-pèlerin ou le requin grandegueule, mais aussi de redoutables prédateurs, tels que les requins blanc, bouledogue, marteau, taureau, mako ou bleu. Ces requins sont équipés pour la chasse depuis leur nez jusqu’au bout de leur nageoire caudale.

ARSENAL.

Leur corps effilé fend l’eau, tandis que leur peau, constituée de denticules cutanés (leurs écailles), facilite son écoulement. Tous ces requins sont dotés de puissants muscles natatoires, attachés à une toile de collagène résistante et flexible qui facilite le mouvement. Ils possèdent en outre un arsenal unique de sens, dont la chimioréception (détection des signaux chimiques dans l’eau) et l’électroréception (détection des impulsions électriques), toutes deux essentielles à la chasse. Ayant conquis la plupart des océans, les espèces de requins ont évolué pour s’adapter à leur environnement. Par exemple, la tête en forme de marteau dudit requin-marteau est une évolution qui lui permet de trouver sa nourriture préférée, les raies, sur le fond océanique. De même, les requins bleus ont développé un type de branchies qui empêche les petites proies de s’échapper par les fentes branchiales. Les aliments étant parfois rares, la moindre proie est une denrée précieuse.

Anatomie du requin Seconde nageoire dorsale Lobe supérieur

Nageoire caudale

Lobe inférieur

Organes reproducteurs Les mâles possèdent deux ptérygopodes en guise de pénis. Les femelles ont à la place un  cloaque qui s’ouvre entre les  nageoires pelviennes.

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Œil

Il est composé d’un cristallin, d’une cornée, d’une rétine ainsi que d’une pupille qui peut se dilater et se contracter.

Colonne vertébrale

Première nageoire dorsale

Constituée de cartilage, elle se prolonge dans la nageoire caudale supérieure. Ce squelette cartilagineux est plus léger que celui des poissons osseux.

Cloaque

Il constitue l’orifice postérieur pour les voies intestinales, urinaires et génitales.

Narines

Elles servent à flairer en goûtant l’eau, et non pas à respirer. Les requins peuvent suivre une trace chimique sur des kilomètres.

Cœur

De petite taille, il est situé dans l’axe médian du tronc, en arrière des fentes branchiales.

Estomac

Très grand par rapport à l’intestin, il peut s’étirer en  cas de grands festins.

Nageoire pelvienne Valve intestinale

Cette structure interne à la fin de l’intestin, en forme de tire-bouchon, augmente la surface absorbante sans accroître la taille de l’organe.

Nageoire pectorale

Foie

Il occupe la plus grande partie de la cavité abdominale. Cet organe lisse et huileux peut représenter jusqu’à 25 % du poids total du requin.

Que mange le grand blanc ?

Poissons

Certains grands blancs adultes peuvent choisir de ne se nourrir que de petits poissons et de calmars, plutôt que de chasser de gros mammifères marins.

Phoques

Leur graisse est un mets délicieux et nutritif pour les grands blancs adultes. Lesquels attaquent souvent par-dessous, pour l’effet de surprise.

Restes

© Alamy ; Thinkstock ; DK Images

Cétacés

S’il a suffisamment faim, le grand blanc pourchassera des dauphins et même de  petites baleines.

Le grand blanc ne dédaigne pas un repas facilement gagné : certains peuvent se contenter de charognes telles que des carcasses de baleine.

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GRANDS PRÉDATEURS

L’orque

M

éfiance ! L’héroïne aquatique du film Sauvez Willy n’a rien d’un gentil cétacé… Le superprédateur, c’est elle, et d’ailleurs, elle n’hésite pas à s’attaquer aux requins ! En dehors de l’homme, elle n’a aucun prédateur. L’orque est la reine de toutes les mers, même la Méditerranée. Également appelé épaulard, ou baleine tueuse, ce mammifère est un chasseur redoutable. Il dévore aussi bien les oiseaux (dont les manchots), les tortues, les calmars, les poissons et autres requins, que les mammifères (dauphins, jeunes baleines, phoques, morses…). Nageuse hors pair (56 km/h) malgré son poids, l’orque est dotée d’un système d’écholocation, sorte de sonar naturel qui lui permet de communiquer, repérer les obstacles et débusquer ses proies, même dans le noir. Les orques vivent en groupes familiaux de 3 à 25 individus, organisés autour de la doyenne des femelles. Nomades, les orques dépensent énormément d’énergie : une adulte a besoin d’environ 230 kg de nourriture par jour.

PRATIQUES. Pour combler cet appétit, certaines sous-espèces chassent les bancs de poissons en les attaquant par-dessous et en relâchant des bulles pour semer le désordre dans leurs rangs. D’autres encerclent les bancs de harengs. Certains individus empêchent les poissons de se disperser, tandis que d’autres les assomment à coups de queue. D’autres encore pratiquent l’échouage : ils se jettent sur le sable pour attraper lions de mer, phoques et manchots. Les orques de la mer Arctique chassent sur les glaces flottantes (voir page de droite). Aucune de ces pratiques n’est instinctive : les épaulards éduquent leurs jeunes, attrapant et libérant souvent plusieurs fois une proie pour permettre aux novices de s’entraîner.

Aileron dorsal Il assure une stabilité face au roulis pendant la nage ; le mâle a un aileron plus long.

Tache grise en forme de selle

La forme de la tache varie en fonction de l’individu ; elle permet ainsi aux scientifiques d’identifier l’animal.

Évent

Il se ferme lorsqu’il est détendu. L’épaulard doit donc le contracter délibérément pour pouvoir respirer.

Nageoire pectorale À l’inverse des nageoires dorsale et caudale, la nageoire pectorale contient des os, dont une « main » à  cinq doigts.

Dents

Les dents avant sont légèrement inclinées vers l’avant, pour éviter qu’elles ne soient arrachées lors d’une lutte avec une proie.

Melon

Ce sac de tissu graisseux focalise les ondes sonores sortantes provenant des « clics » d’écholocation de l’orque.

Où trouve-t-on le plus d’orques ? 1 Côtes norvégiennes 2 Côtes islandaises 3 Arctique canadien et du Groenland 4 Côtes de la ColombieBritannique, de Washington et de l’Oregon 5 Mer du Japon 6 Océan Austral

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zoom sur La chasse 2. Repositionnement Si l’opération échoue, l’orque fait tourner et pousse la glace flottante loin des autres plaques pour l’isoler.

1. Mouvement en avant

Une des orques s’échoue sur la banquise pour essayer d’attraper le phoque avant de regagner l’eau.

3. Guet

L’une des orques se place derrière le phoque et souffle par son évent pour donner le départ de l’attaque.

Nageoires caudales

La plus grande partie de la poussée est générée par le  battement ascendant des deux nageoires de la queue.

4. Formation

Les autres orques nagent aussi vite que possible pour générer une grosse vague devant elles.

6. École des orques

Une jeune orque observe l’attaque coordonnée pour apprendre cette technique de chasse.

5. Déséquilibre

Au dernier moment, elles plongent sous la glace et la vague renverse bien souvent le phoque vers le guetteur.

Encoche médiane

Elle permet de réduire la turbulence dans le sillage de l’orque et maintient ainsi la traînée au minimum.

Gros plan sur l’attaque

2. Charge

Les orques chargent en direction de la proie. La vague créée oblige le phoque à monter sur un bloc de glace, où il est piégé.

1. Guetteur

Les orques glissent verticalement hors de l’eau pour espionner leurs proies.

CARTE D’IDENTITÉ

5. Bascule

NOM SCIENTIFIQUE

3. Capture du gibier

Orcinus orca

Une fois que l’une de ces tactiques a fonctionné, une orque affamée attaque, mâchoires ouvertes.

TAILLE (ADULTE)

Jusqu’à 9 m

POIDS (ADULTE)

Jusqu’à 8 t

Les orques peuvent aussi secouer le bloc de glace ou se jeter dessus afin de faire glisser la proie vers elles.

DURÉE DE VIE

50 ans à l’état sauvage Poissons, lions de mer, phoques, manchots…

4. Vague

Avec leur nageoire caudale, les orques créent une grosse vague pour qu’elle entraîne la proie dans l’eau.

6. Bulles

L’orque peut également souffler des bulles par son évent pour désorienter la  proie dans l’eau.

© Dreamstime ; DK Images

ALIMENTATION

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disparus pour toujours ? Elles sont venues, elles ont vécu, elles ont disparu. . . Toutes les espèces ont une durée de vie limitée. Mais certains phénomènes ont pu, jadis, précipiter leur déclin. Et si nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une sixième extinction de masse, causée en partie par l’homme, la génétique laisse entrevoir la possibilité de faire revivre des animaux du passé.

© Science Picture/Corbis/Vision of tomorrow

Par Laurène Bertelle

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

L’extinction, un phénomène naturel

I

l y a 3,5 milliards d’années, la vie est apparue sur Terre, mais nous étions encore bien loin des animaux que nous côtoyons aujourd’hui. À l’époque, il s’agissait uniquement d’organismes unicellulaires tels que des bactéries. Puis, il y a 600 millions d’années, est apparue la faune d’Ediacara, constituée de petits invertébrés semblables à des vers ou des méduses. Il faudra attendre encore plus de 100 millions d’années pour que les vertébrés colonisent les océans. Plus tard, la vie terrestre se développera, avec la naissance d’insectes et l’adaptation à la vie terrestre d’animaux anciennement aquatiques. Le monde animal a donc une très longue histoire derrière lui, et pourtant, sur toutes les espèces qui ont foulé la Terre, on estime que 99,9 % ont déjà disparu. Comment ? Lors d’extinctions. Bien qu’on en entende beaucoup parler

aujourd’hui, ce phénomène naturel n’est pas nouveau. Toute espèce a une durée de l’ordre de cinq à dix millions d’années ; il est donc normal que, passée cette durée, elle vienne à s’éteindre naturellement et qu’en l’espace de plus de trois milliards d’années, la vie animale se soit maintes fois renouvelée.

CAUSES

OBSCURES . Cependant, certains événements au cours de l’histoire ont accéléré les cycles naturels, provoquant la disparition d’un nombre élevé d’espèces sur une période courte (à l’échelle de la Terre, c’est-à-dire plusieurs milliers d’années !) : on appelle cela une extinction de masse. Elle se définit par un déclin à grande échelle de la diversité de la vie, lorsque le taux de décimation (mort des espèces) dépasse la vitesse de spéciation

(création de nouvelles espèces). Sur les 542 derniers millions d’années, cinq extinctions de masse majeures se sont produites, chacune ayant décimé plus de 50 % des espèces animales. Elles sont généralement baptisées du nom de la combinaison des deux grandes ères dont elles marquent le début et la fin : extinction de l’Ordovicien-Silurien (445 millions d’années), du Dévonien (374 millions d’années), du Permien-Trias (252 millions d’années), du TriasJurassique (200 millions d’années) et du Crétacé-Tertiaire (65 millions d’années). Les causes de ces extinctions de masse sont en grande partie encore obscures : changement climatique, éruptions volcaniques, météorites, anoxie

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Si les dinosaures et les dodos sont maintenant des animaux légendaires, tigres et pandas pourraient subir le même sort…

cinq extinctions majeures

L’analyse de la disparition des espèces marines fossiles permet de faire apparaître cinq grandes extinctions de masse. (Ma : millions d’années)

(252 Ma) Permien-Trias (200 Ma) Trias-Jurassique (374 Ma) Dévonien

(445 Ma) Ordovicien-Silurien

(65 Ma) Crétacé-Tertiaire

© Dreamstime ; SPL

% D’EX TINCTION

(manque d’oxygène)... De nombreuses hypothèses existent, les unes n’étant pas incompatibles avec les autres, et restent souvent difficiles à vérifier. L’extinction du Permien-Trias fut la plus meurtrière : on estime qu’elle a décimé plus de 90 % de toutes les espèces marines, et 70 % de toutes les espèces de vertébrés terrestres. Mais la plus célèbre reste l’extinction du Crétacé-Tertiaire, qui marque la disparition des dinosaures. Elle est également la dernière des cinq grandes extinctions connues à ce jour. Toutefois, les scientifiques considèrent aujourd’hui que nous sommes à l’aube d’une sixième extinction de masse, qui aurait commencé il y a 10 000 ans avec la fin de la période glaciaire, marquant la disparition d’animaux comme le mammouth. Baptisée extinction de l’Holocène, elle serait en grande partie aggravée par les activités humaines.

MILLIONS D’ANNÉES TOUT COMPRENDRE MAX | 143

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zoom sur l’extinction du crétacé-tertiaire 4. Hiver d’impact

L’impact et les éruptions volcaniques en chaîne ont libéré d’énormes quantités de cendres et de poussières dans l’atmosphère, entourant la planète et occultant les rayons du Soleil. Pendant des mois, voire des années, la Terre fut privée de lumière et de chaleur : on appelle cela un « hiver d’impact ». Lorsque le nuage s’est enfin dissipé, les gaz qu’il contenait ont provoqué un effet de  serre qui a réchauffé considérablement la  Terre et modifié les  quantités d’oxygène disponibles.

1. Météorite

Il y a 65 millions d’années, une météorite d’un diamètre de 10  km s’est écrasée sur la Terre. Elle a laissé pour trace un cratère de quelque 180  km de diamètre, découvert dans les années 1990 dans la péninsule du Yucatan (Mexique) et baptisé cratère de Chicxulub. La collision qui en a résulté aurait généré une explosion équivalente à plusieurs milliards de fois celle de la  bombe atomique d’Hiroshima.

2. Trapps du Deccan

Parallèlement à l’impact de la météorite, les scientifiques ont enregistré une activité volcanique importante dans la région de Deccan (ouest de l’Inde), qui aurait formé ses célèbres « trapps » (empilements de roches volcaniques). Difficile de savoir si les éruptions ont été provoquées par l’impact ou si elles avaient débuté avant, faisant du météore le point d’orgue d’une situation déjà très instable sur Terre.

5. Pluies acides

En entrant en contact avec la vapeur d’eau, un des gaz contenus alors dans l’atmosphère, le trioxyde de soufre, est retombé sur la Terre sous forme de  pluies acides pendant probablement une dizaine d’années.

6. Hécatombe marine

Les pluies acides ont généré une acidification rapide et importante des océans, entraînant la mort des espèces vivant le plus en surface, notamment le plancton, à la base de la chaîne alimentaire. La vie marine plus profonde en fut également affectée : la  réduction des courants des hautes mers pourrait avoir été responsable d’un manque d’oxygène dans les profondeurs. Des  milliers d’espèces, allant des microorganismes jusqu’aux grands spécimens comme les pliosaures, ont péri dans les océans du  monde entier.

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3. Onde de choc

L’onde de choc de l’impact a provoqué presque aussitôt un immense tsunami de 300 m de hauteur et un tremblement de terre que l’on pourrait placer à 10,1 sur l’échelle de Richter (le séisme qui a entraîné la catastrophe de Fukushima en 2011 est classé 9 sur cette échelle). La matière éjectée est retombée sous forme de roche en fusion, entraînant de gigantesques incendies. Les animaux qui se trouvaient à moins de 1 000  km du choc ont été tués sur le coup. La zone de l’impact fut rapidement recouverte sous des centaines de mètres de débris.

8. Extinctions en chaîne

D’énormes volumes de plantes terrestres disparaissant rapidement, les herbivores sont morts les premiers, suivis par leurs prédateurs. Les organismes qui vivaient de matières mortes, tels que les vers, les escargots, les champignons ou les insectes charognards, ont survécu, ainsi que les animaux qui s’en nourrissaient, comme  certains oiseaux.

7. Disparition de la flore

Sur Terre, les changements environnementaux et atmosphériques ont aussi provoqué un effondrement de la chaîne alimentaire. Au premier niveau, la flore (notamment celle qui s’appuyait sur la photosynthèse) a succombé en raison du manque d’ensoleillement et des conditions météorologiques extrêmes. Une modification radicale des groupes de  plantes dominantes s’en est suivie.

10. Nouveaux écosystèmes

Le bilan n’est pas glorieux : aucun animal de plus de 25 kg n’a survécu. Mais toute forme de vie n’est pas morte pour autant, et après des millions d’années de régénération, des écosystèmes stables ont émergé une fois de plus. La disparition de certaines espèces a entraîné le développement de nouvelles : de nombreux oiseaux modernes, reptiles et amphibiens sont les descendants de cette période. L’extinction des dinosaures a permis également l’avènement des mammifères, qui se sont multipliés de façon importante jusqu’à  dominer aujourd’hui le règne animal.

9. Fin des dinosaures

© DK Images

L’extinction d’un grand nombre d’espèces de plantes, d’insectes et de reptiles lança celle, totale, des dinosaures terrestres, des plus petits aux plus grands. Les carnivores, tels le T. rex, n’eurent pas plus de chance que les herbivores. Des études de fossiles d’hadrosaures ont en effet révélé qu’ils ont fini par se nourrir de bois décomposé, pour tenter – en vain – de survivre grâce aux  nutriments récupérés.

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

La mégafaune de la fin de la période glaciaire

B

ien que l’extinction massive du Crétacé-Tertiaire soit la dernière à avoir décimé plus des deux tiers de la faune de la planète, de nombreuses espèces ont également disparu lors d’un événement majeur plus récent : la fin de la dernière période glaciaire, il y a 10 000 ans. Celle-ci marque la disparition de célèbres mammifères géants (la « mégafaune »), comme le mammouth ou le tigre aux dents de sabre, et ne serait en réalité que le début d’une sixième extinction massive, toujours en cours aujourd’hui.

HOLOCÈNE.

Une glaciation est une période de refroidissement durant laquelle une bonne partie des continents se retrouve sous la glace. Elle est généralement suivie par une phase interglaciaire durant laquelle le climat se réchauffe. La dernière glaciation a commencé il y a 100 000 ans et s’est achevée il y a environ 10 000 ans, marquant la fin de l’ère du Pléistocène (entamée il y a 2,5 millions d’années) et le début d’une période interglaciaire dans laquelle nous sommes toujours actuellement, baptisée Holocène. La transition fut très rapide : on estime que le climat avait déjà radicalement basculé en une année seulement. La neige a fondu et entraîné une élévation du niveau des eaux, réduisant la surface d’habitation de beaucoup d’espèces terrestres. La végétation s’en est aussi trouvée modifiée, bouleversant toute la chaîne alimentaire. Pourtant, le réchauffement climatique ne semble pas suffire à expliquer l’extinction de cette mégafaune. Des scientifiques ont en effet démontré que des animaux comme les mammouths avaient déjà survécu à des périodes interglaciaires similaires. Il est donc très probable que l’homme ait aussi joué un rôle important dans l’extinction de certains animaux qu’il chassait abondamment.

1. LE Rhinocéros laineux Il mesurait jusqu’à 4 m de longueur et 2 m de hauteur et possédait deux cornes sur sa tête, la plus longue d’entre elles pouvant atteindre 1 m. Sa fourrure, dont il tire son nom, faisait jusqu’à 15 cm d’épaisseur et lui permettait de résister au froid glacial des

steppes où il vivait. Des études récentes ont montré que cet herbivore a d’abord habité les régions montagneuses et froides du Tibet, avant de redescendre pendant la période glaciaire pour peupler l’Europe et la Sibérie.

2. le lion des cavernes Espèce similaire au lion moderne, bien que plus grande, le lion des cavernes était imposant avec ses 2 m de longueur. Si l’on en croit les peintures préhistoriques, le mâle ne possédait pas de crinière.

Probablement originaire d’Afrique, le lion des cavernes s’est divisé en sous-espèces qui ont peuplé différentes parties du monde, de l’Europe à l’Asie (notamment la Sibérie) en passant par l’Amérique du Nord.

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4. le MÉgathérium Différentes espèces de paresseux géants ont peuplé la Terre pendant la dernière période glaciaire, notamment le genre des mégathériums. Le plus imposant d’entre eux était le Megatherium americanum : il mesurait environ 6 m de longueur et pesait plus de 3 t. Il ne grimpait donc pas aux arbres comme le font les paresseux terrestres de nos jours, mais était capable de se redresser sur ses deux pattes arrière pour attraper des branches depuis la terre ferme. Il possédait également des griffes de 30 cm qui lui permettaient de déterrer de la nourriture et de se défendre. Le Megatherium americanum était à l’origine une espèce endémique

3. le Smilodon Aussi appelé « tigre aux dents de sabre », ce félin portait bien son nom : avec ses deux canines supérieures de 20 cm et sa mâchoire qui s’ouvrait à 120°, il était l’un des prédateurs les plus redoutables de son époque. On distingue aujourd’hui trois espèces différentes. Smilodon gracilis est la plus ancienne et la plus petite. Elle est l’ancêtre de Smilodon fatalis , qui la remplaça petit à petit en Amérique du Nord, et qui envahit aussi l’ouest de l’Amérique du Sud il y a 3 millions d’années pendant le Grand échange interaméricain (une période de grande migration marquée par la formation de l’isthme de Panama, qui incita les animaux du nord du continent à découvrir le sud, et inversement). Sur l’actuel Brésil, on retrouva une troisième espèce, le Smilodon populator, plus gros que ses cousins : entre 200 et 350 kg.

d’Amérique du Sud ; on ne le trouvait nulle part ailleurs. Toutefois, lors du Grand échange interaméricain, il partit à contresens du smilodon et remonta vers l’Amérique du Nord.

5. l’Ours des cavernes Son squelette ressemble à celui de l’ours brun, mais son museau est moins proéminent. Comme les autres espèces de l’époque, il était bien plus grand que ses descendants actuels, et pouvait atteindre 3,5 m lorsqu’il se dressait sur ses pattes arrière. Ses molaires très développées et ses petites canines portent à penser qu’il était en grande partie herbivore. C’était un animal solitaire qui vivait en Eurasie, dans des régions montagneuses et boisées. Il passait également la saison froide à hiverner dans des grottes, où de nombreux squelettes ont été retrouvés.

6. le Megaloceros giganteus

© Hemis ; Franco Atirador ; Philip72 ; akg-images

Du haut de ses 2 m au garrot (aux épaules) il est le plus gros cervidé qui ait jamais vécu. Chaque année, les mâles se dotaient de bois de plus de 3 m d’envergure. Ceux-ci, combinés à la taille imposante de l’animal, l’empêchaient certainement de vivre dans des forêts denses, et l’on pense qu’il préférait les espaces dégagés. Cet herbivore était adapté aux zones froides des steppes et de la toundra, mais également aux environnements plus humides comme les marécages ou les tourbières. Le Megaloceros a peuplé toute l’Europe et une grande partie de l’Asie, mais n’a jamais colonisé l’Amérique. Le grand nombre de spécimens découverts dans les tourbières d’Irlande lui a valu les petits noms de « grand cerf des tourbières » et « cerf irlandais ». Bien que la majorité ait disparu à la fin de l’ère glaciaire, deux groupes ont été retrouvés qui auraient survécu jusqu’à il y a 7 000 et 5 000 ans.

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zoom sur le mammouth Graisse

J

usqu’à leur extinction complète il y a 4 000 ans, les mammouths étaient une espèce prolifique et répandue, de l’Afrique centrale à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe. Ces mammifères géants sont apparus il y a environ 5 millions d’années et se sont divisés en plusieurs espèces d’apparence et de taille différentes. À partir des restes congelés de spécimens trouvés aux XXe et XXIe siècles, les scientifiques ont pu constater que l’ADN de mammouth était presque identique à celui des éléphants modernes. De nombreux facteurs contribuèrent à leur disparition de la surface de la Terre, tels que le réchauffement climatique de la fin de l’ère glaciaire, et la chasse : on sait désormais que l’homme consommait de la viande de mammouth et se servait de ses os comme outils. Bien que la majorité de l’espèce ait été décimée au début de l’Holocène, il y a 10 000 ans, quelques petits groupes ont survécu plus longtemps : les spécimens les plus récents, retrouvés en Sibérie, ont vécu jusqu’à il y a 4 000 ans.

Les mammouths arboraient une bosse graisseuse sur le haut de leur colonne, qui leur servait de réserve d’énergie. Cette protubérance leur permettait a priori de parcourir plusieurs centaines de kilomètres sans nourriture ni eau.

Dos

Les pattes postérieures étant plus courtes que les pattes antérieures, le dos était fuyant des épaules jusqu’aux hanches.

Où vivaient les mammouths ? 1 M. africanavus : Afrique 2 M. armeniacus : Arménie 3 M. columbi : Amérique du Nord et centrale 4 M. exilis : Amérique de l’Ouest 5 M. imperator : Amérique du Nord 6 M. jeffersonii : Amérique centrale

10

5

3 4 6

7 M. trogontherii : Sibérie 8 M. meridionalis : Europe centrale 9 M. subplanifrons : Afrique du Sud 10 M. primigenius : Sibérie, Amérique du Nord 11 M. lamarmoræ : Sardaigne 12 M. sungari : Chine

10 8

2

11

7

Pattes

En raison de leur poids imposant et de leur taille colossale (jusqu’à 5 m), les pattes des mammouths étaient d’énormes colonnes de chair, de muscles et d’os.

12

1

Pieds

9

Les mammouths avaient des pieds à quatre doigts, écartés comme ceux d’un humain, pour l’équilibre.

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Large cage thoracique

Tête

Le mammouth avait une grande tête surmontée d’un dôme et un crâne épais et solide, pratique pour se battre et  se  défendre.

Os des pattes robustes

Défenses

Elles étaient beaucoup plus longues et plus incurvées que celles des éléphants, et leurs pointes s’enroulaient vers l’intérieur. Elles servaient aussi bien à gratter la neige et la glace du sol pour se nourrir que dans les rituels de domination, ainsi qu’à se protéger.

Pied à quatre doigts

CARTE D’IDENTITÉ NOM SCIENTIFIQUE

Mammuthus

TAILLE (ADULTE)

3 à 5 m

POIDS (ADULTE)

4 à 8 t

RÉPARTITION

Monde entier POPULATION

Éteint

DURÉE DE VIE

50 à 70 ans

ALIMENTATION

Végétaux

Trompe

À l’instar de celle des éléphants d’aujourd’hui, la trompe du mammouth lui servait à boire et à arracher les plantes.

5m 4m 3m

Les mammouths laineux, une variété native de l’Europe du Nord et de la Russie, avaient évolué jusqu’à être complètement recouverts de poils d’1  m de longueur. Les mammouths qui vivaient sous des climats plus chauds étaient moins poilus.

2m 1m Mammuthus sungari était l’une des plus grandes espèces de mammouths : il mesurait 5 m de hauteur.

© DK Images

Poils

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

Les extinctions dues à l’homme actuellement menacés d’extinction dans le monde. Qui plus est, de nombreux animaux sont intimement liés par la chaîne alimentaire, chacun survivant grâce à l’existence des autres. En éradiquant une espèce, nous créons un effet domino sur les autres, forcées alors de s’adapter rapidement sous peine de mourir. Chaque extinction entraîne une réduction de la biodiversité qui, à long terme, affectera l’homme, faisant de nous, une espèce en danger elle aussi.

Le quagga

CONSCIENCE.

Toutefois, il existe une différence fondamentale entre Homo sapiens et toute autre espèce : c’est la conscience de la situation, et la possibilité d’agir pour l’améliorer. Grâce à cette capacité, un grand nombre de personnes, d’institutions et de projets participent aujourd’hui à la préservation de la biodiversité, en protégeant la faune et la flore les plus menacées. Avec des

L

’homme, depuis sa présence sur Terre, a toujours été une cause majeure d’extinction. La chasse, une des raisons les plus anciennes, a fait disparaître de nombreuses espèces animales et continue de le faire de nos jours. L’éléphant de Syrie, le dodo, l’oiseau-éléphant, la vache de mer de Steller, le tigre persan et le rhinocéros noir de l’Ouest, pour n’en citer que quelques-uns, doivent tous leur disparition aux activités humaines. Mais l’homme aggrave également la situation en décimant des espèces de façon indirecte, à cause de son mode de vie. La déforestation, l’urbanisation, la surexploitation des ressources naturelles et le réchauffement climatique provoqué

les dates clés

par la pollution réduisent l’habitat et la nourriture de milliers d’espèces, qui disparaissent à une vitesse inquiétante. Gerardo Ceballos, chercheur à l’Université nationale autonome du Mexique, a démontré que le taux « normal » d’extinction était d’environ 2 espèces sur 1 000 tous les 100 ans. Aujourd’hui, ce taux serait bien plus élevé. On estime par exemple que 9 espèces de vertébrés auraient dû s’éteindre depuis 1900 : on en compte en réalité plus de 450. En quarante ans, ce sont ainsi plus de 50 % des espèces animales terrestres qui ont disparu ! Et selon l’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN), 41 % des amphibiens, 25 % des mammifères et 25 % des oiseaux sont

100 av. J.-C.

L’éléphant de Syrie Sous-espèce de l’éléphant d’Asie, cet animal fut chassé jusqu’à sa disparition pour son ivoire, très prisé par les artisans syriens.

env. 1600

L’oiseau-éléphant Impossible de connaître la date exacte de la disparition de ce grand oiseau de Madagascar, aussi appelé æpyornis. Il mesurait 3 m de hauteur pour environ 400  kg.

Le bouquetin des Pyrénées

1662/1681

Le dodo Certains témoignages laissent à penser que le dodo a disparu en 1681, mais la dernière observation confirmée remonte à 1662.

1768

La vache de mer de Steller Vingt-sept ans après la découverte de ce mammifère marin herbivore du Pacifique nord, la  chasse l’avait déjà éradiqué.

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L’éléphant de Syrie

Disparus à l’état sauvage

organisations non gouvernementales telles que le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l’UICN, ainsi que des groupes intergouvernementaux tels que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’entreprise est menée avec sérieux. Les zoos permettent également de sensibiliser le grand public au sort des animaux en danger, de sauvegarder le patrimoine génétique des espèces et, parfois, d’en réintroduire dans la nature. Ainsi, en 2016, le panda géant L’oiseau-éléphant est passé du statut d’espèce en danger d’extinction – où il était classé depuis 1990 –, à celui d’espèce « vulnérable », résultat des efforts menés par la Chine pour protéger ce mammifère.

1883

Le quagga Le dernier spécimen de cette sous-espèce du zèbre, autrefois commun en Afrique du Sud, mourut au zoo d’Amsterdam.

1936

Le thylacine Aussi appelé tigre (ou loup) de Tasmanie, cet animal australien était un marsupial (il possédait une poche comme les kangourous).

Le hocco mitou : ce volatile brésilien a failli disparaître totalement dans les années 1980 à cause de l’exploitation intensive du sucre de canne. Il n’en reste plus qu’une quarantaine en captivité.

Le lion de Barbarie, ou lion de l’Atlas : il peuplait l’Afrique du Nord et était également utilisé lors des combats de gladiateurs à l’époque romaine.

La tourterelle de Socorro : le dernier spécimen a disparu de son habitat naturel, le Mexique, en 1972. Quelque 150 oiseaux sont aujourd’hui en captivité et un plan de réinsertion est programmé.

Le cerf du père David : cet animal originaire de Chine fut découvert et ramené en Europe par le père Armand David au XIXe siècle, avant que l’espèce ne disparaisse totalement.

Le cerf du père David

Le râle de Guam : ce petit volatile, comme 10 des 12 oiseaux endémiques de l’île de Guam (située dans la mer des Philippines), a été éradiqué par le serpent Boiga irregularis , introduit sur place dans les années 1940.

Les partula : la majorité de ce genre d’escargots terrestres a disparu de la nature suite à l’introduction de La tourterelle l’escargot carnivore de Socorro Euglandina rosea en Polynésie française.

1972

Le tigre persan Ce félin, aussi nommé tigre de la Caspienne, a vu son habitat disparaître lorsque les steppes d’Asie occidentale furent transformées en champs.

2000

Le râle de Guam

Le bouquetin pyrénéen Cette sous-espèce du bouquetin d’Espagne a  disparu, mais plusieurs de  ses cousins hispaniques ont  été relâchés en France pour  essayer de la faire revivre.

2016

Melomys rubicola Ce petit rongeur est le premier mammifère à disparaître en raison du réchauffement climatique et a été déclaré éteint en 2016.

© SPL; Shutterstock; DR

Le tigre persan

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zoom sur le DODO

I

l ressemblait à un gros dindon, bien qu’il soit plutôt apparenté au pigeon : le dodo est l’une des espèces disparues les plus célèbres. Ce ne sont pourtant ni sa découverte ni sa vie qui lui ont valu sa célébrité, mais son extinction. Aucun réchauffement climatique, volcan ou météore : l’oiseau est le triste exemple d’une espèce qui ne doit sa disparition qu’à l’homme. Le dodo était une espèce endémique de l’île Maurice ; on ne pouvait le trouver nulle part ailleurs. Avant que l’homme ne pose le pied sur l’île, le dodo y vivait paisiblement. Isolé de tout prédateur durant des milliers d’années, il n’avait pas développé de peur vis-à-vis des animaux. Comme il n’avait pas à fuir ni à parcourir de longues distances pour se nourrir, il n’avait pas non plus besoin de voler, et possédait donc des ailes minuscules. Des particularités qui se sont révélées être un handicap majeur lorsqu’il vint à rencontrer les hommes.

Un nom lourd de sens Pourquoi le dodo s’appelle-t-il ainsi ? On ne sait pas exactement. Les Hollandais l’auraient tout d’abord appelé « walgovel », ce qui signifiait « oiseau répugnant ». On peut penser qu’en l’appelant « dodo », ils faisaient référence à l’adjectif hollandais « doodars » : « paresseux ». Une autre hypothèse suggère que le nom proviendrait des Portugais, les premiers visiteurs de l’île Maurice : dans

ACTU

leur langue, « doudo » voulait dire « nigaud ». Dans tous les cas, force est de constater que les hommes n’avaient pas une très haute opinion de cet animal un peu gauche et inoffensif. Depuis, son nom est souvent employé pour faire référence à son sort tragique. En anglais, l’expression « as dead as a dodo » (« aussi mort qu’un dodo ») signifie ne plus avoir aucune influence ou popularité.

Un squelette qui vaut de l’or

Les squelettes de dodo sont très rares, ce qui explique la difficulté que nous avons aujourd’hui à le connaître avec précision. Ils valent donc très cher ! En 2016, au Royaume-Uni, un squelette de dodo de 61 cm a été vendu aux enchères pour 408 000 euros. Il s’agit d’une reconstitution faite à partir d’os collectés depuis 40 ans par son ancien propriétaire, à laquelle il manque juste deux griffes et une partie du crâne. On recense seulement 13 squelettes de dodo dans le monde, la plupart appartenant à des musées et tous, mis à part un, sont des assemblages d’os provenant de différents individus.

DOCILE. Ce sont les Hollandais qui découvrirent le dodo en débarquant sur l’île à la fin du XVIe siècle (ils furent les premiers à en témoigner, les Portugais qui les avaient précédés n’ayant pas mentionné l’animal). Docile, le volatile était une proie facile à capturer. La chasse fut donc en partie responsable de sa disparition, mais pas seulement. Les chiens, les chats, les cochons ou les rats ont pu également attaquer les œufs, qu’ils dénichaient facilement puisque les dodos, n’ayant pas à protéger leurs nids des prédateurs, les CARTE D’IDENTITÉ déposaient à même le sol. NOM SCIENTIFIQUE La déforestation Raphus cucullatus TAILLE (ADULTE) pour le chauffage 70 cm à 1 m et la construction POIDS (ADULTE) de maisons ont 10 à 20 kg aussi contribué à RÉPARTITION réduire l’habitat Île Maurice forestier de l’oiseau. POPULATION Éteint Résultat : moins DURÉE DE VIE d’un siècle après 30 ans leur découverte, ALIMENTATION Probablement graines les dodos étaient et fruits une espèce éteinte.

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Cerveau

Le dodo n’était sûrement pas aussi stupide que le pensaient les colons de l’île Maurice : des scientifiques ont démontré que le cerveau du dodo n’était pas, proportionnellement à sa taille, plus petit que celui de ses cousins les pigeons. Il aurait également eu un bulbe olfactif (région du cerveau responsable du sens de l’odorat) très développé, chose rare chez les oiseaux.

Bec

Le dodo possédait un grand bec d’une vingtaine de centimètres, qui reflétait sûrement ses habitudes alimentaires : il est probable qu’il lui ait servi à casser des aliments comme des noix de coco ou à fouiller la terre pour trouver des graines, dont il se serait en grande partie nourri.

Ailes

Le dodo était un oiseau aptère, c’est-à-dire dans ailes, donc incapable de voler : il n’en avait pas besoin . L’absence de prédateurs à éviter et l’abondance de nourriture ont probablement contribué à  l’atrophie de ses ailes.

Plumes

Récemment, l’analyse des os de l’oiseau a révélé de nombreux détails sur sa vie. Les scientifiques ont notamment appris que le  dodo muait une fois par an, se  parant de nouvelles plumes après  la  reproduction.

Pattes

© SPL

Jaunes et semblables à celles d’une poule, les pattes du dodo étaient puissantes et lui permettaient de soutenir son poids (plus de 10 kg) et de parcourir les forêts où il vivait et  se nourrissait.

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

RAT ARBORICOLE À CRÊTE ROUSSE Description : avec un seul individu confirmé en 114 ans, nous ne connaissons que très peu les habitudes de ce rat, et les menaces potentielles dont il fait l’objet. Il mesure environ 40 cm

TORTUE DES MARAIS Description : cette espèce semi-aquatique, appelée aussi tortue de Muhlenberg, mesure moins de 10 cm pour à peine plus de 100 g et possède une marque orange sur les côtés de la tête

Lieu : Colombie, notamment la Sierra Nevada de Santa Marta Évolution : vulnérable en 1996, en danger critique d’extinction depuis 2011

Lieu : États-Unis, notamment Caroline du Nord, Pennsylvanie et Virginie

Habitat : forêts tropicales et forêts montagneuses

Évolution : espèce rare en 1988, en danger critique d’extinction depuis 2011

Menaces : exploitation forestière, construction de maisons de vacances, changement climatique

Habitat : marais et marécages Menaces : drainage agricole, animaleries

VISON D’EUROPE Description : ce mammifère carnivore et semi-aquatique fait partie de la famille des belettes, fouines et putois. Autrefois prolifique dans toute l’Europe, il n’existe plus aujourd’hui que dans des poches isolées Lieu : Europe, notamment France, Espagne et Roumanie Évolution : vulnérable en 1988, en danger critique d’extinction depuis 2011 Habitat : berges des rivières Menaces : perte d’habitat (baisse de 85 % depuis 1850), chasse, invasion étrangère (vison d’Amérique)

ATELOPUS PATAZENSIS Description : ce petit crapaud endémique du Pérou mesure seulement quelques centimètres et vit en altitude. Il est reconnaissable grâce à ses couleurs : orange sur le ventre et les paumes, parsemé de taches noires sur le dos Lieu : Pérou, notamment la province de Pataz, La Libertad Évolution : en danger critique d’extinction depuis 2000 Habitat : cours d’eau des montagnes, prairies alpines parsemées d’arbustes Menaces : exploitation minière industrielle, déchets domestiques

LISTE ROUGE

11 espèces actuellement en voie de disparition

ARA À GORGE BLEUE Description : espèce endémique aux couleurs vives, l’ara à gorge bleue, aussi appelé ara canindé, ressemble à l’ara bleu, mais il est beaucoup plus rare. Il arbore des couleurs bleues et jaunes et peut voler à 55 km/h Lieu : Bolivie, notamment les savanes de Beni Évolution : en danger en 1994, en danger critique d’extinction depuis 2000 Habitat : forêts galeries et bosquets Menaces : commerce d’animaux, exploitation forestière, agriculture

Quelques espèces animales récemment ajoutées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) 154 | TOUT COMPRENDRE MAX

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ESTURGEON DE L’ADRIATIQUE Description : ce poisson osseux est caractérisé par sa taille (environ 2 m, tout en longueur) et son absence d’écailles

GARRULAXE DE COURTOIS

Lieu : mer Adriatique, notamment au large de la côte orientale de l’Italie (région du Pô)

Description : 240 individus estimés à l’état sauvage. Il niche souvent dans les camphriers et les érables

Évolution : vulnérable en 1996, en danger critique d’extinction depuis 2010 (peut-être disparu)

Lieu : Chine, notamment la province de Jiangxi

Habitat : grands fleuves, mers costales

Évolution : préoccupation mineure en 2006, en danger critique d’extinction depuis 2007

Menaces : surpêche (légale et illégale), perte d’habitat

Habitat : forêts et broussailles Menaces : commerce des animaux, destruction de l’habitat

RHINOCÉROS NOIR Description : un rhinocéros noir adulte peut faire jusqu’à 1,8 m de hauteur à l’épaule et 3,8 m de longueur. Ses cornes jumelles constituées de kératine peuvent atteindre plus de 1 m de longueur Lieu : Afrique, notamment Angola, Kenya, Namibie, Afrique du Sud et Tanzanie Évolution : espèce menacée en 1986, en danger critique d’extinction depuis 2011 Habitat : déserts, savanes et forêts Menaces : braconnage

Description : ce lémur vit en groupe de sept à dix individus ; il est omnivore (feuilles, bourgeons, fruits, insectes). Il a les yeux bleu turquoise, ce qui est unique chez les primates. Le mâle est de couleur noire, mais la femelle est orangée Lieu : Madagascar, notamment la péninsule de Sahamalaza Évolution : menacée en 1986 , en danger critique d’extinction depuis 2011 Habitat : forêts primaires et secondaires tropicales subhumides Menaces : agriculture sur brûlis, exploitation forestière, chasse, animaleries

© NASA; Ikiwaner-jjron; Lizzie Noble-ProAves; Anrie; Pierre Fidenci; Shutterstock; David Friel; Alessandro Catenazzi; Immortel; Drow male; Greg Hume

LÉMUR NOIR AUX YEUX TURQUOISE

TIGRE DE MALAISIE Description : longtemps confondu avec le tigre d’Indochine, il lui ressemble en apparence, bien qu’il soit plus petit. On compte moins de 350 adultes aujourd’hui. Lieu : Asie du Sud-Est, notamment la péninsule malaise (ou péninsule de Malacca) Évolution : classé en danger d’extinction en 2008, en danger critique d’extinction depuis 2015 Habitat : forêts reculées, steppes et régions marécageuses Menaces : braconnage et commerce, perte d’habitat (passé de 99 km2 dans les années 1970 à 55 km2 en 2000)

TARSIER DE L’ÎLE DE SIAU Description : ce tarsier est l’un des plus petits primates : environ 15 cm ! Il est reconnaissable à ses grands yeux. C’est l’une des créatures les plus rares d’Indonésie. L’espèce n’est présente que sur l’île de Siau, dominée par un grand volcan actif Lieu : Indonésie (île de Siau) Évolution : en danger critique d’extinction depuis 2011 Habitat : forêts primaires et secondaires, mangroves Menaces : changement climatique, perte d’habitat, chasse

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

Ressusciter des espèces éteintes

A

lors que partout sur la planète, la biodiversité s’érode à un rythme effréné, une poignée de chercheurs dans le monde s’est lancé le pari fou de ressusciter des espèces éteintes. Pure science-fiction ? Plus vraiment, car depuis la découverte en 1953 de la structure de la molécule d’ADN, sorte de code-barres génétique de chaque être vivant, les progrès en biologie, génétique et biotechnologie sont tels que relever le défi semble à portée de main… ou plutôt d’éprouvette. Dans cette quête controversée (lire l’encadré ci-contre), baptisée « désextinction », les scientifiques disposent de trois techniques, ou plus précisément de trois angles d’attaque (voir pages suivantes). La première reprend une méthode utilisée depuis des décennies : la reproduction et l’élevage sélectifs, ou « rétrosélection ». Grâce à cette technique, les éleveurs ont sélectionné des races de chiens, de bovins, de chats, de chevaux, etc., plus performantes, plus productives ou répondant à des critères esthétiques

particuliers. Dans le cas des espèces disparues, comme l’aurochs ou le quagga, il s’agit de choisir des descendants actuels qui possèdent le plus de caractéristiques physiques rustiques de l’ancêtre disparu, et de les faire se croiser entre eux pour remonter à l’original. Il faut plusieurs générations pour obtenir des individus semblables aux disparus, mais l’avantage est que si les chercheurs disposent de l’ADN de l’original, ils peuvent le comparer avec celui des animaux obtenus par croisements.

GÉNÉTIQUE.

La deuxième technique, célèbre depuis 1996 et la naissance de la brebis Dolly, est celle du clonage du dernier représentant de l’espèce. Il s’agit alors d’implanter les noyaux de cellules – prélevées le plus souvent sur l’animal éteint – dans les œufs énucléés (sans noyau) d’une espèce cousine, puis de les transférer dans une mère porteuse. Plusieurs expériences ont déjà été tentées, notamment sur le bouquetin des Pyrénées et sur une

grenouille australienne à incubation gastrique. Des essais infructueux, parce que le clonage est une technique délicate et que l’ADN se détériore très rapidement après la mort de l’organisme. La troisième technique relève de l’ingénierie génétique et s’appuie sur le séquençage du génome. Les chercheurs déterminent la séquence nucléotidique (les maillons élémentaires) de la molécule d’ADN présente dans chaque cellule d’un organisme donné. Pour faire simple, ils définissent l’ordre des gènes. Une fois qu’ils disposent de la séquence, ils peuvent alors introduire des morceaux d’ADN (les gènes), responsables par exemple d’un caractère physique de l’espèce disparue, dans le génome d’une espèce parente vivante. Pour cela, les chercheurs disposent d’un super outil nommé CRISPR/Cas9, qui supprime, modifie ou ajoute des fragments d’ADN selon les besoins. Cette réécriture génétique est d’ores et déjà à l’œuvre pour concevoir un hybride entre le mammouth et l’éléphant d’Asie.

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5 arguments contre En avril 2013, la célèbre revue américaine Science publiait un article qui soulevait différents risques et interrogations concernant la désextinction. 1. Le bien-être animal : le clonage donne naissance à des individus pouvant souffrir de pathologies diverses.

3. Le risque sanitaire : ces espèces éteintes depuis longtemps et ramenées à la vie pourraient avoir dans leur génome des rétrovirus dangereux, ou encore être porteuses d’agents pathogènes mortels. 4. Le devenir des espèces menacées : s’il devient possible de cloner des animaux disparus, alors il n’y a plus de raison de protéger les espèces aujourd’hui menacées ou en voie d’extinction… 5. La morale : ressusciter des espèces éteintes reviendrait à se prendre pour « Dieu »…

© Sovfoto/Universal Images Group/REX Shutterstock ; Thinkstock

2. L’adaptation : une espèce ressuscitée pourrat-elle survivre dans son nouvel habitat naturel ? D’autre part, ne risque-t-elle pas de devenir une espèce invasive (c’est-à-dire nuisible aux espèces existantes) ?

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zoom sur les 3 techniques Le clonage Sept ans après la naissance, en 1996, du premier clone (la brebis Dolly), les chercheurs ont, en vain, utilisé cette technique pour ramener à la vie Célia, la dernière représentante du bouquetin des Pyrénées, officiellement éteint en 2000 (lire aussi p. 162). La technique consiste à prélever un noyau de cellule (contenant toute l’information génétique) sur un individu vivant et à l’implanter dans un ovocyte énucléé (sans noyau) d’une espèce génétiquement proche. L’embryon formé est ensuite implanté dans une mère porteuse. Au terme de la gestation, si tout se passe bien, un clone voit le jour.

Ovocyte non fécondé

1

Des cellules sont prélevées en laboratoire sur l’animal en vie. Dans certains cas, elles sont extraites d’une dépouille bien conservée, par exemple dans la glace.

2

Un ovocyte non fécondé est prélevé sur une femelle d’une espèce vivante proche de l’animal disparu. Le noyau de l’ovocyte est extrait : on parle de cellule énucléée.

Dépouille de mammouth congelée

ADN de mammouth

ADN d’éléphant d’Asie

ADN modifié d’éléphant

ADN

1

L’ADN, intact ou fragmenté, est obtenu à partir d’échantillons parfaitement conservés de peau, d’os ou d’autres tissus prélevés sur des spécimens congelés. Il est  ensuite séquencé pour révéler le  code génétique.

la Rétrosélection Lorsque des parents proches d’une espèce éteinte vivent encore et partagent le même patrimoine génétique, la rétrosélection, ou reproduction sélective, permet de remonter vers l’espèce originale. Diverses espèces partagent des traits communs avec des espèces disparues, comme le quagga (un zèbre beige, rayé seulement sur l’avant du corps et disparu depuis 1883, lire aussi p. 163) et le zèbre des plaines. En sélectionnant les individus de l’espèce actuelle ayant des caractéristiques physiques ancestrales et en les croisant entre eux sur de nombreuses générations, les chercheurs parviennent à produire des animaux ressemblant trait pour trait à l’espèce éteinte.

Noyau retiré

Cellule de bouquetin

la Réécriture génétique Lorsque la séquence d’ADN complète n’est pas disponible, la solution peut consister à insérer des gènes de l’animal disparu dans le génome de l’espèce vivante la plus proche génétiquement. Cette méthode permet d’obtenir un hybride entre l’espèce éteinte et une espèce actuelle, présentant des caractéristiques physiques (comme de petites oreilles, de longs poils bruns, une adaptation au froid…) de l’espèce disparue. Pour le moment, cette technique n’a encore jamais dépassé le stade cellulaire.

Chèvre

Bouquetin des Pyrénées

2

Le génome de l’éléphant d’Asie est séquencé, et des gènes sélectionnés sont remplacés par des séquences issues du mammouth. En 2017, des chercheurs seraient parvenus à effectuer 45  changements dans le génome de l’éléphant d’Asie.

Candidats zèbres

Quagga de référence

Zèbre des plaines

1

Pour mettre en œuvre cette technique, il faut identifier l’espèce actuelle la plus proche génétiquement de l’espèce éteinte. Ici, le zèbre des plaines possède le même ADN, à quelques rayures près, que le quagga.

2

La première étape consiste à identifier les animaux qui partagent des traits physiques (ici : peu de rayures) avec l’espèce disparue. L’ADN séquencé de l’animal éteint est comparé à celui d’animaux vivants.

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Mère porteuse

Embryon

ADN de bouquetin

Clone de bouquetin des Pyrénées

Ovocyte énucléé Mère porteuse Embryon

3

Le noyau isolé de la cellule de l’animal à cloner est introduit par électrofusion (décharge électrique) dans l’ovocyte énucléé. La nouvelle cellule est mise en culture, le temps qu’elle se divise et forme un embryon.

4

Embryon

ADN réécrit d’éléphant

5

L’embryon est transplanté dans une mère porteuse d’une espèce proche génétiquement. Les chances de réussite sont infimes si le porteur n’est pas compatible avec la progéniture.

Au terme de la gestation, un clone vivant de l’animal éteint, génétiquement identique à l’original, naît. Cependant, le risque de malformations congénitales et de vieillissement accéléré est élevé.

Mère porteuse

Mère porteuse

Ovocyte énucléé Hybride mammouth / éléphant

Embryon

3

4

L’ADN réécrit (c’est-à-dire modifié) est introduit dans un ovocyte énucléé (sans noyau) d’une femelle éléphant d’Asie. Un choc électrique déclenche la division cellulaire. L’œuf devient un embryon doté à la fois de gènes d’éléphant et de mammouth.

5

L’embryon est ensuite transplanté dans une mère porteuse, une éléphante, où il se développe durant vingt à vingt-deux mois. Les changements apportés au génome étant nombreux, les chances de succès sont incertaines. La recherche n’est encore jamais parvenue jusqu’à cette étape.

Le petit qui verra le jour sera un hybride combinant les génomes de l’animal éteint et du parent vivant, l’éléphant d’Asie. En « réécrivant » du matériel génétique, les chercheurs espèrent recréer un animal très proche physiquement de l’original.

Descendance des meilleurs candidats

Zèbre semblable au quagga

Meilleurs candidats

Un large groupe d’animaux est examiné. Ceux qui se rapprochent le plus de l’animal disparu sont croisés. La progéniture qui hérite des caractéristiques souhaitées est sélectionnée pour le croisement suivant.

4

Après cinq générations de reproduction sélective, les derniers individus nés sont en tout point identiques à leur ancêtre quagga. N’étant pas issus du croisement entre deux espèces d’équidés distinctes (comme un zèbre et un  cheval), ils sont fertiles et peuvent donc se reproduire.

5

Ce type de projet vise à produire des animaux qui ressemblent à l’espèce éteinte. Ces derniers peuvent ainsi repeupler des écosystèmes. Seule condition : il faut  que les cousins vivants n’aient pas trop évolué par  rapport à l’espèce disparue.

© Thinkstock ; Dreamstime

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

Les candidats potentiels Le mammouth laineux Plusieurs équipes dans le monde, une à l’université de Tokyo, une à Harvard (États-Unis) et un consortium russo-coréen, prévoient de ressusciter le mammouth laineux d’ici dix ans. En réalité, s’ils y parviennent, l’animal créé ne sera pas un vrai mammouth, mais plutôt un éléphant d’Asie avec de petites oreilles, une couche de graisse sous la peau et de longs poils bruns… autant de caractéristiques héritées de son défunt cousin. En effet, l’espèce Mammuthus a disparu de la surface de la Terre il y a 4 000 ans, ce qui proscrit le clonage à partir d’une cellule vivante. La solution ? La réécriture génétique (voir pages précédentes), qui consiste à séquencer le génome du mammouth et à introduire des fragments de son ADN dans le génome de l’éléphant d’Asie. Aucune tentative n’est encore parvenue à créer un embryon ; une simple question de temps, selon les chercheurs…

le Tigre de Tasmanie Le thylacine, ou tigre de Tasmanie, un marsupial de la taille d’un loup vivant au sud-est de l’Australie, a été chassé jusqu’à l’extinction au XXe siècle. Le dernier, Benjamin, est mort en captivité en 1936. Depuis les années 1990, le paléontologue australien Michael Archer travaille sur des fragments d’ADN extraits des dents et du crâne d’un chiot thylacine conservé dans l’alcool depuis… 1866. Après avoir introduit des gènes de l’espèce disparue dans un embryon de souris, son équipe et lui ont obtenu en avril 2016 des échantillons de tissus du cœur, du foie, des muscles et de la moelle osseuse du tigre de Tasmanie. Prochaine étape : démêler le code génétique de l’animal et l’insérer dans l’ovocyte d’un diable de Tasmanie (un autre marsupial) pour incubation. Avec l’espoir d’obtenir un embryon.

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la grenouille Rheobatrachus Éteint depuis 1983, à la suite, entre autres, de l’introduction d’un champignon pathogène sur son territoire (nord-est de l’Australie), Rheobatrachus était un genre d’amphibiens (deux espèces) célèbres pour leur mode d’incubation. En effet, ils avalaient leurs œufs pour les incuber dans leur estomac. Après un mois et demi passé dans cette poche, temps durant lequel la grenouille ne s’alimentait pas, des petites grenouilles sortaient par la bouche. Depuis quelques années, des

chercheurs australiens travaillent sur un projet baptisé Lazare et visant à ressusciter cette grenouille unique au monde. En mars 2013, après avoir récupéré des noyaux cellulaires dans des tissus congelés de Rheobatrachus et les avoir transférés dans l’ovocyte d’une espèce parente, Mixophyes fasciolatus , ils ont obtenu des œufs d’une centaine de cellules. Depuis, les chercheurs s’attellent à produire des embryons.

l’Aurochs conservé de l’ADN d’aurochs, pour les croiser entre elles. Les animaux sont choisis dans différents pays pour leur apparence et leurs gènes rustiques. En 2015, le séquençage du génome de l’aurochs à partir d’ADN fossile a permis de comparer les races obtenues avec l’original. Résultat : ces individus présentent une grande concordance, bien qu’ils ne soient pas identiques. Même si les chercheurs ne créent que des avatars, ils comptent bien, en quatre générations, obtenir des veaux très semblables à leur ancêtre aurochs à l’horizon 2025. Certains de leurs parents ont déjà été réintroduits en semi-liberté aux Pays-Bas, en Croatie, en Hongrie, au Portugal et en Espagne.

la Tourte voyageuse Les tourtes voyageuses représentaient autrefois 40 % de la population des oiseaux aux États-Unis. La déforestation et la chasse ont, en quelques décennies, décimé l’espèce Ectopistes migratorius . Son dernier représentant, une femelle baptisée Martha, est mort en 1914 au zoo de Cincinnati (Ohio). Une équipe menée par Beth Shapiro, chercheuse à l’université de Californie à Santa Cruz, a séquencé l’ADN de cette espèce. En introduisant des extraits de son ADN dans celui d’un pigeon à queue barrée, les chercheurs espèrent recréer l’espèce disparue d’ici à 2022.

Illustrations by Peter Scott/Art Agency

Haut de 2 m et pesant 1 t, doté de deux grandes cornes en forme de lyre, l’aurochs est l’ancêtre de tous les bovins domestiques de la planète. Si autrefois il peuplait des aires géographiques allant de l’Afrique du Nord à la Chine en passant par l’Europe et l’Inde, il est éteint depuis 1627 : le dernier spécimen a été abattu par un braconnier en Pologne. Depuis 2008, un projet néerlandais, le programme Tauros, tente de faire revivre l’espèce en utilisant la technique de rétrosélection (voir pages précédentes). Pour cela, les spécialistes sélectionnent des races rustiques de bovins actuels (pajuna, maremmana, busha…) ayant

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DISPARUS POUR TOUJOURS ?

Les essais grandeur nature

Le bouquetin des Pyrénées Le 6 janvier 2000, la dernière représentante de Capra pyrenaica pyrenaica, une sous-espèce du bouquetin d’Espagne, disparaissait le crâne fracassé par la chute d’un arbre dans le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu. L’espèce étant déjà en voie d’extinction (15 individus recensés en 1997), des chercheurs avaient, quelques mois plus tôt, prélevé des cellules cutanées de l’oreille et du flanc gauches de ce bouquetin femelle âgé de 13 ans et baptisé Célia. En 2003, un laboratoire de biotechnologie espagnol a extrait les noyaux des cellules de Célia et les a implantés dans des ovocytes énucléés de chèvre domestique. Les 54 embryons obtenus ont été transférés dans l’utérus de 12 femelles porteuses. En vain : aucun des embryons n’a atteint le terme de la gestation (cinq mois). En 2009, une seconde tentative a abouti à la formation de 154 embryons clonés puis transplantés dans 44 chèvres hybrides nées du croisement de bouquetins des Pyrénées et de chèvres domestiques. Un petit est arrivé à terme, mais avec une malformation pulmonaire. Il a succombé quelques minutes plus tard, devenant pendant sa très courte vie le premier animal disparu ressuscité… Seule consolation, l’examen de son ADN a confirmé que le clone et Célia étaient bien génétiquement identiques.

La résurrection du bouquetin des Pyrénées

1999

Des cellules cutanées sont prélevées sur la dernière représentante de l’espèce, Célia.

2000

Célia meurt dans un accident.

2003

Célia est clonée, mais les embryons ne survivent pas au-delà de deux mois de gestation.

2009

Une seconde tentative donne naissance à un petit qui ne survit pas.

2013

Les chercheurs prévoient d’obtenir d’ici quelques années un clone viable.

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Le Quagga Dans la vallée de Riebeek, en Afrique du Sud, galope un troupeau composé d’une centaine de drôles d’animaux. Ils ressemblent à des zèbres qui auraient perdu leurs rayures sur une partie du ventre et de la croupe. Et pour cause, ce ne sont pas des zèbres, mais des quaggas de Rau, une sous-espèce. Mieux, ce sont les représentants d’une espèce disparue depuis 1883, exterminée pour sa viande et sa peau par les colons ! Tout commence à la fin des années 1980. Un spécialiste allemand d’histoire naturelle, Reinhold Rau (1932-2006), compare l’ADN des zèbres des plaines (ou zèbres de Burchell) avec celui d’échantillons de peau de quagga conservés dans un musée. Résultat : l’ADN des deux espèces est identique… à quelques rayures près. Soit une simple différence d’apparence. Le chercheur se lance alors dans un vaste projet de reproduction sélective. Avec son équipe, il sélectionne dès 1987 une dizaine de zèbres des plaines peu rayés, qu’il fait se reproduire pour concentrer dans leur descendance les gènes sans rayures. Une technique de sélection pratiquée depuis des décennies pour façonner des races de chiens, de chats… Aujourd’hui, cinq générations plus tard, les six individus des deux dernières générations sont en tout point identiques au quagga d’origine. Pour les distinguer de leurs ancêtres éteints, ils ont été nommés quaggas de Rau. Fertiles, ils devraient peu à peu repeupler les grandes plaines d’Afrique du Sud.

En 1993 sortait le film Jurassic Park , de Steven Spielberg. Le pitch : une équipe de scientifiques, financée par un milliardaire, parvenait à recréer une dizaine d’espèces de dinosaures après avoir décrypté puis cloné leur ADN à partir de gouttes de sang prélevées sur un moustique (friand de sauriens) fossilisé dans de l’ambre. Vingt-cinq ans plus tard, alors que sort sur les écrans (le 6 juin) le second opus de Jurassic World, accompagné d’une exposition à la Cité du cinéma de Saint-Denis (du 14 avril au 2 septembre), l’idée de ressusciter des dinosaures relève toujours de la pure science-fiction. Et le restera. Peu importe les évolutions technologiques à venir, les chercheurs se heurteront toujours au même problème de taille : l’absence de matériel exploitable. Et pour cause : la structure de l’ADN se

détériore inexorablement avec le temps, pour devenir inexploitable au bout d’une centaine de milliers d’années. Une paille au regard des 65 millions d’années des plus récents dinosaures… À défaut d’espérer, ou de craindre, voir ressuscité un T. rex

ou un diplodocus, il reste toujours leur squelette. Même s’ils ne livrent qu’un aspect anatomique de ces gigantesques animaux, ils nous laissent entrevoir les risques invasifs qu’il y aurait à les ramener à la vie… surtout les prédateurs.

© Warren Seah/Alamy ; Science Photo Library; Universal

Jurassic Park : de la pure science-fiction

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Les animaux en chiffres Le record de vitesse d’un guépard est de

LES POUMONS D’UNE GIRAFE PEUVENT EMMAGASINER

115 km/h

UN HIPPOPOTAME PÈSE JUSQU’À

4

tonnes Une femelle scorpion porte jusqu’à

100 petits sur son dos

55 litres d’air

40 KG 3 500

espèces de moustiques ont été recensées dans le monde

C’est la quantité d’herbe broutée par un hippopotame en un repas

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UN SINGE HURLEUR FLAIRE UN FRUIT MÛR À

2 km

DE DISTANCE Les défenses d’un morse atteignent

1 mètre de longueur

2 ans

115

DÉCIBELS

C’est le volume sonore atteint par un grognement d’hippopotame

0,1 %

DU PLANCHER OCÉANIQUE EST COUVERT DE RÉCIFS CORALLIENS

9 kg La quantité de nourriture que l’estomac d’un loup peut contenir

Un rhinocéros au galop effectue des pointes à 55 km/h

© Freepik

C’est le temps que peut jeûner un crotale après un bon repas TOUT COMPRENDRE MAX | 165

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1,80 m

Le requin blanc peut sentir une goutte

de sang dans

IL FAUT 3 SECONDES AU GUÉPARD POUR PASSER DE

C’est le record de taille observé pour la ramure (les bois) d’un orignal

KM/H

10 km

0 À 90

L’iguane marin peut retenir sa respiration pendant

45 mn

330

espèces de tortues ont été recensées

4de millions litres d’eau

C’est la distance à laquelle un dragon de Komodo détecte un animal blessé

Le plus petit aigle, le serpentaire menu, ne pèse que

450 g

quand le plus grand, le pygargue de Steller, atteint en moyenne

7 kg

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UN DROMADAIRE BOIT JUSQU’À

130 L D’EAU EN 13 MN

80 % de son poids

– 70 °C La température à partir de

en un repas

Une larve du bupreste, un coléoptère, a vécu près de

La cigale ne chante que si la température extérieure dépasse les

50 ans 22 °C

dans une poutre en bois avant de En dessous, ses devenir adulte muscles ne peuvent pas s’activer

laquelle le renard polaire commence à grelotter

Le lion dort en moyenne

20 heures par jour

© Freepik

Un dragon de Komodo avale jusqu’à

C’est le nombre de loups déjà observés dans une seule meute

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ACT US - AG E N D A Sommaire

170 ACTUS SCIENCES & TECHNO

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EXPOS & BD / LIVRES

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© Vincent Callebaut architectures; Boom Technology; Ferme aux crocodiles; Jane Hobson ; Ville de Berck-sur-Mer; , Wang & Al; Qiang Sun and Mu-ming Poo, Institute of Neuroscience of the Chinese Academy of Sciences

180 AGENDA :

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ACT US

ScienceS & techno

POUR LA PREMIÈRE FOIS, DES PRIMATES ONT ÉTÉ CLONÉS

© Qiang Sun & Muming Poo, Institute of Neuroscience of the Chinese Academy of Sciences ; Boom Technology ; Seon-Yeong Kwak

Souvenez-vous. En 1996, une brebis, Dolly, faisait la une des journaux. Et pour cause, elle était le tout premier mammifère né par clonage ! Depuis, d’autres animaux ont été clonés : des cochons, des chevaux, des chiens et même des dromadaires… Mais avec la naissance, annoncée en janvier en Chine, de Zhong Zhong et Hua Hua, deux macaques génétiquement identiques, la technique (une variante de la méthode de clonage de Dolly) a fait un bond spectaculaire. Jamais elle n’avait été testée sur une espèce si proche de l’humain… Une avancée prometteuse pour la recherche qui n’est pas sans poser de lourdes questions éthiques. Bientôt le clonage possible de l’homme ?

LE SUCCESSEUR DU CONCORDE PRÉPARE SON ENVOL Quel sera le prochain avion supersonique, autrement dit plus rapide que la vitesse du son (de l’ordre de 340 m/s) ? Peut-être bien ce projet de la start-up américaine Boom. La compagnie japonaise Japan Airlines a annoncé qu’elle allait investir 10 millions de dollars pour accélérer le développement de cet engin dans les tout prochains mois. À terme, l’avion pourrait voler à Mach 2,2, c’està-dire à 2 700 km/h (soit 500 km/h plus vite que le Concorde), grâce à trois turboréacteurs. De quoi relier Londres à New York en trois heures et quinze minutes ! Premier vol d’un prototype prévu dans le courant de l’année, avant une mise en service annoncée pour 2020. Reste à savoir combien coûtera un tel voyage pour les passagers… Sur ce sujet, l’entreprise reste évasive.

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ET SI ON S’ÉCLAIRAIT AVEC DES PLANTES ? Rentrer chez soi et « allumer » son ficus pour faire de la lumière : voilà une drôle d’idée ! Elle a pourtant inspiré une équipe américaine du renommé Massachusetts Institute of Technology (MIT). Dans la nature, certains êtres vivants, comme les lucioles, émettent de la lumière : c’est ce qu’on appelle la bioluminescence. Les chercheurs sont partis de ce principe pour fabriquer des molécules bioluminescentes, qu’ils ont emprisonnées dans des nanoparticules et insérées dans des feuilles de cresson. Résultat ? Les plantes se sont mises à éclairer pendant quatre heures, avec une intensité certes très limitée,

mais bien réelle ! Cette équipe n’est pas la première à tenter cette expérience, mais jusqu’ici, les tests avaient été réalisés avec des manipulations génétiques sur des plantes spécifiques. « L’avantage de notre technique, c’est qu’elle va pouvoir s’appliquer à n’importe quelle plante pour devenir une source d’éclairage », précise SeonYeong Kwak, du MIT. De quoi créer de nouvelles loupiotes qui ne consommeraient pas un seul watt d’électricité ! En termes d’économies d’énergie, l’enjeu est de taille : en France, le secteur de l’éclairage représente à lui seul plus de 10 % de la consommation d’électricité.

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CHEDDAR MAN, L’ANCÊTRE DES BRITANNIQUES, SE DÉVOILE C’est le plus ancien humain retrouvé en Grande-Bretagne, où il aurait vécu il y a 10 000 ans. Découverts dès 1903 dans le sud-ouest de l’Angleterre, les restes de « l’homme de Cheddar » viennent d’être réanalysés par une équipe du Musée d’histoire naturelle de Londres, qui a reconstitué ce à quoi devait ressembler son visage. Pour cela, les chercheurs ont prélevé de l’ADN au niveau de son crâne et l’ont étudié pour déterminer ses caractéristiques génétiques et physiologiques. Surprise : l’ancêtre des Britanniques avait a priori la peau noire, les cheveux foncés et les yeux bleus ! De quoi laisser certains spécialistes perplexes, car on croyait que la couleur de peau des premiers Européens s’était éclaircie très vite après leur arrivée sur le continent, il y a 45 000 ans. La qualité des informations obtenues avec cet ADN devra être vérifiée par d’autres travaux avant de pouvoir conclure.

NOS CANIVEAUX GROUILLENT DE VIE Difficile d’imaginer qu’ils soient si peuplés, et pourtant… D’après une étude réalisée à Paris par le CNRS et l’Institut Max-Planck (Allemagne), pas moins de 6 900 espèces vivraient dans l’eau des caniveaux ! Parmi elles se trouvent des champignons, des éponges, des mollusques, des micro-algues… Tout un petit monde vivant en communauté. La seconde surprise est venue de la grande variabilité des espèces d’un lieu de prélèvement à l’autre, sachant que toutes les mesures ont été réalisées dans différents arrondissements de la capitale. Des recherches sont en cours pour mieux cerner l’origine de ces organismes, leur activité, leur faculté d’adaptation et leur rôle dans le traitement des eaux de pluie. Et voir s’ils pourraient servir contre la pollution, en faisant disparaître les déchets. De nouveaux alliés pour préserver notre environnement ?

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S’envoler au-dessus du sol… simplement porté par la force d’un son. Ce scénario semble relever de la sciencefiction. C’est pourtant la prouesse incroyable qu’ont réussi à accomplir des chercheurs de l’université de Bristol (Royaume-Uni), en mettant au point le plus puissant système de lévitation acoustique jamais fabriqué. Des essais de ce type avaient déjà été menés, mais jamais avec un objet aussi gros. Cette fois, la démonstration a été faite avec une bille de 2 cm de diamètre qui a été stabilisée dans les airs. Deux centimètres, cela peut sembler encore petit, mais ce n’est qu’un début ! « Les chercheurs étaient frustrés jusqu’ici par la taille limite des objets à faire léviter, raconte Asier Marzo, l’auteur principal des travaux. On vient de surmonter cet obstacle, et cela ouvre la porte à de nombreuses autres utilisations ! » Parmi elles, la possibilité de manipuler des objets fragiles ou dangereux sans avoir à les toucher.

UN MAGASIN SANS CAISSE EST TESTÉ PAR AMAZON Sa vitrine ressemble à celle de n’importe quel supermarché, mais à l’intérieur, on se contente de faire ses courses avant de ressortir… sans passer par l’étape porte-monnaie ! Ouvert à Seattle (États-Unis), en janvier, par le géant américain du e-commerce, le magasin Amazon Go préfigure peut-être les commerces de demain. À l’entrée, les clients doivent simplement « badger » avec leur smartphone, sur lequel ils ont préalablement téléchargé une application. Ensuite, des caméras suivent les déplacements de chacun dans l’enceinte du magasin, et repèrent les produits passés du rayon au Caddie grâce à un système de vision et d’intelligence artificielle. À la sortie, les achats sont directement facturés sur le compte Amazon de chacun. Un vrai test en grandeur réelle d’un premier magasin entièrement automatisé !

Ma

UNE CHASSE AUX ŒUFS EXCEPTIONNELLE En Chine, 215 œufs ont été découverts d’un coup dans une roche. La trouvaille est d’autant plus belle qu’il s’agit de fossiles de ptérosaures dans un excellent état de conservation. Du jamais vu ! Le ptérosaure n’est pas un dinosaure, mais un reptile volant d’environ 1,2 m de hauteur, qui vivait il y a 65 à 225 millions d’années. À partir de ces découvertes, et notamment de certains œufs contenant des embryons fossilisés, les chercheurs espèrent en apprendre plus sur l’évolution de l’animal et sur son mode de reproduction. Et la chasse n’est peut-être pas terminée, car jusqu’à 300 œufs pourraient être identifiables dans ce même lieu, certains étant enterrés sous d’autres. Patience, donc…

© Channel 4, Plimsol Productions ; Pascal Jean Lopez/BOREA/MNHN/IRD/UPMC/UNICAEN/UA/CNRS ; University of Bristol ; Wang & Al. - Shutterstock;

ILS FONT LÉVITER LES OBJETS AVEC DU SON

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© Vincent Callebaut architectures ; Shuguang Li/Wyss Institute at Harvard University ; Adam Summers/University of Washington Copyright IPTC

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IMPRIMER DES VILLES EN 3D À PARTIR DE LEURS GRAVATS Comment rebâtir une ville qui a été entièrement bombardée ? La question se pose dans des endroits comme Mossoul, en Irak, où les forces de l’État islamique ont détruit plus de 50 % des lieux, laissant des tonnes de gravats au sol. L’architecte belge Vincent Callebaut a eu l’idée de recycler ces ruines pour les utiliser comme matière première et imprimer

de nouveaux bâtiments en 3D grâce à elles ! Concrètement, des drones iraient récupérer les débris disséminés dans les rues, puis les apporteraient dans des zones de recyclage où ils pourraient être broyés, avant d’être réutilisés par des imprimantes 3D dédiées à la construction des murs. Grâce à cette technique, l’architecte envisage de construire

55 000 habitations en cinq ans, réparties sur cinq ponts ! Pour ne rien gâcher, ces logements seraient autonomes en énergie grâce à des chauffe-eau solaires, des pergolas photovoltaïques et des cheminées à vent garantissant le rafraîchissement de l’air. Pour l’heure, ce projet n’en est qu’au stade du concept, mais il a déjà été soumis à un concours d’architecture.

CE ROBOT PORTE 1 000 FOIS SON POIDS ! De loin, cette silhouette bleue ressemble vaguement à une marionnette. En fait, il s’agit d’un robot très musclé, capable de porter jusqu’à 1 000 fois son poids ! Il a été mis au point par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de Harvard. Composé de pliages inspirés des origamis japonais, ce muscle artificiel en plastique

se contracte très fortement dès qu’une pompe vient aspirer l’air ou le liquide présent dans sa structure. Il emporte alors tout ce qui est accroché à son extrémité. Ces travaux pourraient conduire demain à l’élaboration de robots spatiaux ou de structures capables de se faufiler et de manœuvrer dans le corps humain… à la place des chirurgiens !

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CURIEUSE RENCONTRE DANS LES ABYSSES… Vous imaginez tomber nez à nez avec cette drôle de créature, dont la peau translucide laisse entrevoir tous les organes internes, et qui n’a de solide que les dents ? Pas de risque : ce poisson évolue là où même le plus aguerri des plongeurs ne pourra jamais aller… Et pour cause : repéré dans la fosse des Mariannes, la zone la plus profonde de la planète (jusqu’à près de – 11 000 m), dans l’océan Pacifique, Pseudoliparis swirey – c’est son nom – vit à 8 000 m de fond ! « C’est un record pour un vertébré et un poisson, personne n’en avait jamais observé à cette profondeur,

commente Thomas Linley, spécialiste des poissons des abysses à l’université de Newcastle (Angleterre). À cet endroit, il règne une telle pression qu’il peut paraître invraisemblable que ce genre d’animal réussisse à y vivre. Il s’agit probablement de la profondeur la plus extrême où il soit possible de s’installer, et ce poisson s’est incroyablement adapté pour parvenir à supporter de telles conditions. » Les scientifiques sont tombés sur l’étrange bestiole en utilisant des capteurs et des caméras qu’ils ont plongés dans les sombres abysses. Étonnante trouvaille !

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UN DRÔLE D’ATTELAGE EN DIRECT DE L’ESPACE Le 6 février a décollé la fusée la plus puissante du monde. Baptisé Falcon Heavy, ce gros bijou technologique, conçu par l’entreprise SpaceX, contenait à son bord un curieux engin : une voiture décapotable Tesla Roadster, conduite par un mannequin nommé Starman ! Cet événement a fait beaucoup de bruit. Certains ont même crié au coup de com’ gratuit et futile. Quoi qu’il en soit, cet épisode devrait rester dans les annales de l’aventure spatiale, car il a prouvé qu’une entreprise privée comme celle du milliardaire Elon Musk était désormais capable de concurrencer les plus grandes agences spatiales gouvernementales, telle la Nasa. Cerise sur le gâteau, SpaceX a montré qu’elle était capable de faire réatterrir deux boosters (propulseurs d’appoint) de sa fusée au sol, quelques minutes après le décollage. Une vraie prouesse. Aujourd’hui, Starman et sa voiture continuent leur périple dans l’espace. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils se situent à 4,8 millions de kilomètres de la Terre, et devraient arriver au plus près de Mars le 7 octobre 2020. Leur voyage peut être suivi en direct sur internet (www.whereisroadster.com).

UNE BACTÉRIE CHANGE LA BOUE EN OR Le petit nom de cet organisme est Cupriavidus metallidurans. Cette bactérie a été découverte en 2009 et depuis, elle intrigue les chercheurs : elle se montre en effet capable d’agglomérer l’or présent dans les sols boueux et pollués pour en faire des petits tas de métal précieux pur ! Un peu comme un orpailleur qui extrait l’or présent au fond de l’eau avec ses outils. Personne ne comprenait quelles réactions chimiques entraient en jeu… jusqu’à ce que des chercheurs allemands et australiens repèrent comment la bactérie agit au

niveau cellulaire. Elle vit essentiellement dans des milieux riches en métaux lourds qu’elle ingère au fur et à mesure. Au bout d’un certain temps, pour éviter l’intoxication, elle rejette du cuivre et de l’or sous leur forme pure afin de former une sorte de barrage empêchant les autres composés toxiques de pénétrer dans ses cellules. Ce mécanisme d’autoprotection intéresse beaucoup les chercheurs. Non pas pour l’or récupéré (il est présent en trop petites quantités), mais pour la possibilité de s’en inspirer pour extraire l’or des mines…

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DES HOLOGRAMMES EN 3D… POUR DE VRAI !

© SpaceX ; Technical University of Munich ; Daniel Smalley Lab Nate Edwards/BYU Photo ; Siberian Times

Quand on parle d’hologrammes, on pense en général à ces images en relief présentes dans certains films de science-fiction, comme la princesse Leia dans Star Wars. Ou encore à cette technique utilisée dans certains spectacles ou meetings politiques. En réalité, ces images flottantes ne sont pas de vrais hologrammes. Ce sont plutôt des trucages ou des effets optiques qui s’en approchent. Car créer une véritable silhouette en 3D suspendue dans l’air relève encore de l’exploit… Des chercheurs américains de l’université Brigham Young ont tenté leur propre expérience avec ce que l’on appelle des images volumétriques. En fait, ils ont fabriqué des objets et des personnages avec des lasers en projetant des lumières et des couleurs dans l’air. Ils sont ainsi parvenus à créer des reliefs, visibles depuis n’importe quel angle. « C’est un peu comme si on faisait une impression en 3D avec de la lumière », explique le chercheur Daniel Smalley, à l’origine du projet. Leurs objets virtuels sont effectivement confondants de réalisme…

CE PETIT LIONCEAU POURRAIT AVOIR 50 000 ANS Ce curieux animal est ce qu’il reste… d’un lionceau des cavernes ! Il a été retrouvé en Sibérie, enseveli dans une couche de terre gelée, le pergélisol, ce qui explique son excellent état de conservation. D’après les premières estimations, il pourrait avoir vécu il y a 20 000 à 50 000 ans. Deux autres lionceaux avaient été retrouvés en 2015 dans cette même région, mais ils étaient moins bien préservés. Ces trois spécimens vont faire l’objet d’études poussées pour mieux comprendre leur évolution. Pour rappel, le lion des cavernes était un félin qui vivait à la même époque que les mammouths. Ne vous fiez pas au petit gabarit de ce lionceau, long de 45 cm : adulte, il pouvait mesurer jusqu’à 3,5 m !

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QUAND LES CAMÉLÉONS VIRENT AU BLEU FLUO ! C’est bien connu, les caméléons changent de couleur en fonction de leur environnement. Plus étonnant, ils peuvent même devenir fluorescents s’ils sont exposés à des rayons ultraviolets ! C’est la découverte incroyable qui a été faite par des chercheurs allemands en janvier. Ces derniers ont vu une curieuse tonalité de bleu apparaître sur la peau de ces animaux baignés par la lumière. La fluorescence est un phénomène déjà bien connu chez certaines espèces marines comme les crevettes, mais chez les animaux terrestres, elle s’avère beaucoup plus rare. Pour les caméléons, elle serait due à leurs os qui, soumis aux UV, renverraient cette fluorescence à certains endroits du corps, là où la peau est très fine. Un moyen lumineux de se faire des signes entre comparses dans la jungle sombre !

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XIAOYI, LE ROBOT QUI A RÉUSSI LE CONCOURS DE MÉDECINE Ce robot chinois joue les bons élèves : il a passé un concours pour devenir médecin et il a obtenu de super notes, bien meilleures que celles de la plupart des autres élèves ! Pour parvenir à de tels résultats, Xiaoyi (dont le nom signifie « petit docteur » en chinois) a planché sur plus d’un million d’images médicales, 53 ouvrages spécialisés, 2 millions de dossiers médicaux et 400 000 documents et rapports. Et après ? Fort de cette démonstration qui a surtout servi à ses concepteurs à prouver ses capacités de mémorisation et d’analyse, ce robot devrait être utilisé dès ce printemps pour établir des diagnostics et aider les futurs étudiants en médecine dans leur parcours de formation. En revanche, pas question de remplacer un vrai doc !

Voici la Joconde la plus petite du monde ! À la vue de ce tableau, Léonard de Vinci aurait été pour le moins surpris… En réalité, il n’aurait même pas pu le regarder de ses propres yeux. La raison ? Le motif mesure seulement 700 nanomètres de largeur : c’est environ 100 fois plus petit que le diamètre d’un cheveu ! Pour arriver à ce résultat, des chercheurs américains de l’Institut de technologie de Californie ont manipulé des morceaux d’ADN qu’ils ont pliés à la manière d’un origami. Une prouesse qui sert surtout à montrer jusqu’où il est possible d’aller en matière de miniaturisation à base d’ADN.

L’I.A. DÉSORMAIS IMBATTABLE MÊME AUX ÉCHECS Échec et mat ! Les progrès en intelligence artificielle (I.A.) n’en finissent pas de nous surprendre. Après les prouesses des machines au jeu de go, des chercheurs de Google ont mis un point en décembre dernier un programme, baptisé AlphaZero, qui a réussi à apprendre à jouer aux échecs tout seul, simplement à partir des règles du jeu. Plus impressionnant encore, il est devenu le meilleur joueur du monde, plus fort que le programme de référence Stockfish, en quatre heures seulement ! À la suite de cette performance qui s’appuie sur de l’apprentissage par renforcement, les chercheurs de Google ont annoncé qu’ils imaginaient déjà de déployer les facultés de leur I.A. dans d’autres secteurs que le jeu : par exemple la recherche médicale, la physique des matériaux ou encore la chimie…

L’IMPRESSION 3D GAGNE EN RAPIDITÉ Fabriquer des objets en relief est désormais à la portée de tout propriétaire d’une imprimante 3D. Le hic, c’est que l’opération prend beaucoup de temps, à cause de l’accumulation de couches de matériaux nécessaire pour dessiner une forme. Cela peut durer des heures, voire des jours. À moins que… Une équipe américaine du Laboratoire national de Lawrence Livermore a eu l’idée de partir sur une autre piste. Elle a utilisé trois lasers qu’elle a pointés sur un bac de résine. Avec cette énergie canalisée en différents points du matériau, elle est parvenue à solidifier et à matérialiser des formes dans le bac en une dizaine de secondes. Pour l’instant, les formes restent simples et nécessitent d’être perfectionnées, mais cette technologie paraît déjà ultraprometteuse en termes de rapidité.

© David Prötzel ; China Daily ; The Qian laboratory/Caltech ; Shutterstock ; C. Hunts/L. Livermore/National Laboratory

UNE MONA LISA VERSION MINI… FAITE EN ADN

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AG E N D A

Par Michelle Foucart-Orsel

Expos

ACTU

UNE SAISON AU ZOO Les animaux vous passionnent ? Vous rêvez de voir « en vrai » les tortues géantes, les élégantes créatures des savanes telles que les girafes, les antilopes ou les félins, les adorables lémuriens de Madagascar ou encore la redoutable grenouille bleue, aussi jolie que mortelle ? Les « rendez-vous sauvages » du zoo de Vincennes offrent toute l’année l’occasion d’approcher, le temps d’un week-end, une espèce particulière. Au programme : séances de nourrissage commentées, rencontres avec des experts et des soigneurs, coulisses du zoo et activités manuelles (comme fabriquer des enrichissements alimentaires) autour du thème à l’honneur. « Rendez-vous sauvages » du zoo de Vincennes (Val-de-Marne), spécial rhinocéros les 26 et 27 mai, spécial girafes les 16 et 17 juin. Tarifs : 20 € / 17 € / 15 €. Plus d’infos sur : www.parczoologiquedeparis.fr

s.o.s. animaux à protéger Le parc zoologique de Vincennes s’engage pour la protection des espèces en danger et participe à des programmes de conservation de ce patrimoine vital. Il vous propose de « parrainer » un animal du zoo parmi les trente proposés, qu’il fasse partie des espèces menacées, comme le maki catta (un lémurien) ou la tortue rayonnée, ou des espèces plus emblématiques, telles que le lion, le jaguar ou le manchot de Humboldt. Les dons permettent de financer des équipements, des soins, des études au sein du zoo ou des programmes de conservation dans les milieux d’origine.

Offres de parrainage à partir de 20 €. Formulaire disponible sur : www.parczoologiquedeparis.fr

« GUERNICA » SE RACONTE À PARIS Quarante-cinq ans après la disparition de Picasso (18811973), son œuvre continue de fasciner. En particulier son célèbre Guernica, peint en 1937, peu après le bombardement de la ville espagnole du même nom, et devenu un symbole de l’engagement antifasciste de l’artiste. Pour comprendre l’étendue de ce qu’elle représente, le musée Picasso de Paris accueille un prêt d’esquisses, d’études (comme la tête de cheval ci-contre), et d’écrits du maître, qui expliquent la genèse de l’œuvre, conservée précieusement à Madrid. « Guernica », au musée national Picasso-Paris jusqu’au 29 juillet. Tarifs : 12,50 € / 11 €. Plus d’infos sur : www.museepicassoparis.fr

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DES SUPER-HÉROS EN LEGO®, L’EXPO À LA CROISÉE DE DEUX UNIVERS MYTHIQUES Saviez-vous que le Lego® est le jouet le plus populaire de la planète ? Pas étonnant que même les super-héros s’en soient emparés ! Pour nous le prouver, ils seront plus de 120 à s’exhiber fièrement dans des reconstitutions qui ont nécessité environ 2 millions de briques ! Tout un art, que maîtrise à la perfection l’Américain Nathan Sawaya, ancien avocat de New York qui a tout quitté pour se lancer dans la sculpture en Lego®. Superman, Wonder Woman, Batman et sa Batmobile, le Joker… Super-héros et super-vilains conjuguent leurs univers avec celui de la brique mythique, pour le plus grand bonheur de notre âme d’enfant. « The Art of brick: DC Super-heroes » à l’espace Chapiteaux, Parc de la Villette (Paris), du 29 avril au 19 août. Tarifs : 15 € / 12 €. Plus d’infos sur : www.lavillette.com

Curieux de nature, passionné de voyages et largement inspiré par les romans de Jack London et de Robert Louis Stevenson, le dessinateur et auteur de bande dessinée italien Hugo Pratt a donné naissance à l’emblématique héros Corto Maltese, « le marin romantique ». Cette exposition de dessins et d’objets nous entraîne dans son univers exotique, parfois ésotérique, au-delà des horizons qui l’ont toujours fasciné. « Hugo Pratt, lignes d’horizons » au musée des Confluences de Lyon (Rhône), du 7 avril au 24 mars 2019. Tarifs : 9 € / gratuit pour les moins de 26 ans. Plus d’infos sur : www.museedesconfluences.fr

THOMAS PESQUET AU FUTUROSCOPE Depuis sa réouverture le 10 février, le Futuroscope propose de vivre l’aventure, jour après jour, de notre célèbre astronaute national. Depuis son entraînement jusqu’aux dernières minutes de son séjour à bord de la Station spatiale internationale (ISS), Thomas Pesquet partage son expérience, nous emmène avec lui dans les coins et recoins de l’ISS… et même dans l’espace, lors de sa sortie extravéhiculaire ! Il se révèle aussi musicien et se livre à un solo de saxophone dans le dôme d’observation de la station… Magique ! Filmé en partie par l’astronaute et réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff et Jürgen Hansen, Dans les yeux de Thomas Pesquet

plonge le spectateur, grâce au dispositif Kinémax et à l’écran de 600 m2 (le plus grand d’Europe) du Futuroscope, dans un voyage unique et poétique qui révèle à la fois la beauté et la fragilité de notre planète. « Dans les yeux de Thomas Pesquet », la nouvelle attraction du Futuroscope, film coproduit par le Futuroscope et la Vingt-cinquième heure, en partenariat avec la Cité de l’Espace de Toulouse ; durée : vingt-cinq minutes. Plus d’infos sur : www.futuroscope.com

© Getty Images ; F-G. Grandin ; Succession Picasso 2017 ; Photographic Archives Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, 1992 ; Jane Hobson ; M. Corlay ; Futuroscope

CORTO MALTESE L’AVENTURIER

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AG E N D A

UN T. REX COMME VOUS N’EN AVEZ JAMAIS VU… Un squelette de dinosaure en excellent état, parmi les trois plus complets retrouvés sur la planète, avec le crâne intact et la mâchoire ouverte laissant entrevoir les dents, est au cœur de cette exposition impressionnante. L’animal, une femelle T. rex baptisée Trix, a été découvert en 2013 par des chercheurs néerlandais dans le Montana (États-Unis). Trix mesure environ 12 m de longueur et était âgée de plus de 30 ans au moment de sa mort, survenue il y a plus

de 66 millions d’années. La galerie de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle fête ainsi en beauté et en gigantisme ses 120 ans. Ne manquez pas les films, conférences et ateliers proposés, ni la « Fossil Week », du 9 au 13 juillet, rencontre internationale des spécialistes du domaine. « Un T. rex à Paris », au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, du 6 juin au 2 septembre. Tarifs : 8 € / 12 €. Plus d’infos sur : www.mnhn.fr

LA FÊTE DU VENT La plage de Berck-sur-Mer accueille comme chaque année son célèbre festival de cerfs-volants. Pour cette 32e édition, les plus belles créations, aux formes géantes de super-héros, animaux marins et autres figures imaginaires, rivaliseront avec le nouveau plus grand cerf-volant du monde. Des démonstrations synchronisées, véritables chorégraphies aériennes, des compétitions – les Français conserveront-ils leur titre de champions du monde ? –, des expériences d’ascension humaine par cerf-volant, sans oublier le final pyrotechnique, promettent neuf jours de spectacle époustouflant. Et du grand air. Du 14 au 22 avril à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). Plus d’infos sur : www.cerf-volant-berck.com

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DALÍ REÇOIT DE NOUVEAU

LA CRÈME DES FLEURS À CHANTILLY Sorte de « Fashion Week » végétale, les Journées des plantes de Chantilly allient élégance et créativité. Dans le site raffiné du domaine de Chantilly, près de 250 pépiniéristes sélectionnés viendront charmer les jardiniers et paysagistes passionnés avec des collections classiques ou nouvellement obtenues. « Journées des plantes de Chantilly », les 18, 19 et 20 mai. Tarifs : 17 € en prévente / 20 € sur place. Plus d’infos sur : www.domainedechantilly.com

D’HISTOIRE NATURELLE

17 FÉVRIER 2018 10 MARS 2019

LA NATURE EST (TRÈS) BIEN FAITE Ville du Havre - 01/2018 - © Sabine Bernert

L’ingéniosité qui se cache dans chaque EXPOSITION forme de vie pour se développer, se nourrir, communiquer, se reproduire… force museum-lehavre.fr continuellement l’admiration. Deux photographes animalières, Christine Denis-Huot, spécialiste, avec son mari Michel Denis-Huot, de la savane africaine, et Sabine Bernert, qui a exploré des réserves inaccessibles au public en Nouvelle-Zélande, ont conçu une exposition magnifique pour en apprendre toujours plus sur le règne animal. Saviez-vous par exemple que le tuatara, un reptile encore en vie de nos jours, est vieux de plus de 200 millions d’années ? Des photos grand format, des posters explicatifs, un espace sonore inédit – où l’on apprend à reconnaître le cri des animaux –, accompagnés de spécimens naturalisés tout au long du parcours divisé en plusieurs thèmes (biomimétisme, communication, adaptation…), rendent hommage au génie de Dame Nature sur 500 m2. L’occasion de (re) prendre toute la mesure de la nécessité de protéger notre environnement. « Le Génie de la nature », au Muséum d’histoire naturelle du Havre (Seine-Maritime) jusqu’au 10 mars 2019. Tarifs : 5 € / 3 €. Plus d’infos sur : www.museum-lehavre.fr éditions

© Marten van Dijl ; Ville de Berck-sur-Mer ; Jean-Pierre Delagarde ; Archives personnelles de M. Levi ; Studio Adeline Rispal ; Sabine Bernert

USÉUM

Depuis 1991 existe à Paris un musée niché dans une petite rue de Montmartre, qui abrite plus de 300 sculptures, dessins et objets du plus célèbre des surréalistes. Après plusieurs mois de fermeture pour travaux, l’Espace Dalí rouvre ses portes le 13 avril, pour mettre en lumière des facettes méconnues de cet artiste unique. Espace Dalí (Paris), rouvert à partir du 13 avril. Plus d’infos sur : www.daliparis.com

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AG E N D A

LA GRANDE AVENTURE DE L’ÉVOLUTION EN RÉALITÉ VIRTUELLE Le Muséum national d’histoire naturelle a ouvert son cabinet de réalité virtuelle, cette technologie qui permet de plonger dans un décor en 3D évoluant selon nos mouvements. Ici, le dispositif invite à explorer « l’arbre du vivant », une sorte de sphère qui représente l’évolution de tous les êtres vivants de la planète, depuis notre ancêtre commun Luca (Last universal common ancestor). On « plonge » virtuellement au milieu de bulles transparentes révélant les différentes espèces, ramifiées entre elles, pour rencontrer

nos lointains ou proches cousins. S’affichent alors – au choix – des questions ou des fiches pour en savoir plus sur l’espèce choisie, ses liens de parenté avec les espèces voisines et sa classification. Les séances (quinze minutes) offrent une expérience aussi insolite que réjouissante, que l’on a immédiatement envie de réitérer ! Grande galerie de l’évolution, MNHN (Paris). Tarif unique : 5 € en complément du droit d’entrée à la Grande galerie (12 € / 9 €). Sur réservation. Plus d’infos sur : www.mnhn.fr/vr

LE NUMÉRIQUE ENTRE AU PALAIS À l’heure où tous les domaines se digitalisent, où nos communications et nos documents se dématérialisent de plus en plus, où nous ne pouvons plus vivre sans nos ordinateurs ou smartphones, il était tout naturel que le numérique trouve une place pérenne dans un espace dédié aux sciences et aux progrès technologiques. La section « Informatique et sciences du numérique », qui a ouvert ses portes le 13 mars au Palais de la découverte, est entièrement consacrée à ce thème qui a révolutionné les dernières décennies. Découvrez les origines de l’informatique, ses « langages », comment fonctionne un algorithme, un programme, internet, ce qu’est le Big Data, quels sont les records et les limites de l’intelligence artificielle… Tout un monde complexe, décortiqué pour mieux l’appréhender. Espace « Informatique et sciences du numérique » au Palais de la découverte (Paris). Tarifs : 9 € / 7 €. Plus d’infos sur : www.palais-decouverte.fr

CES OBJETS QUI NOUS RACONTENT Cent objets pour raconter l’histoire de l’humanité… C’est le pari de cette exposition réalisée en collaboration avec le British Museum de Londres, qui retrace 2 millions d’années au travers de vestiges primitifs (comme ce galet préhistorique taillé), raffinés (comme cette lyre royale parée de pierres précieuses) ou high-tech (telle la lampe solaire). Un voyage dans l’espace et le temps… « L’histoire du monde en 100 objets », au musée des Beaux-Arts de Valenciennes (Nord) du 19 avril au 28 juillet. Tarifs : 6 € / 4 €. Plus d’infos sur : www.valenciennesmusee.valenciennes.fr

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Atelier

Édition 2018

Les petites bêtes qui font peur… mais pas trop ! Le 25 mai 2018 Saint Cloud - 92 Thème annuel / Labellisée

LA POMME DE TERRE À L’HONNEUR Le célèbre tubercule occupe une place de choix dans nos habitudes alimentaires aux quatre coins de la planète, et se retrouve au cœur d’une économie et de phénomènes culturels et sociaux qui méritaient bien qu’on lui consacre une exposition ! Retrouvez la sympathique « patate » dans un parcours poétique et ludique qui invite à découvrir la plante, sa culture – démarrée il y a environ 8 000 ans au Pérou – et ses modes de consommation. « Patate ! », à la Cité des sciences et de l’industrie (Paris), jusqu’au 6 janvier 2019. Tarifs : 12 € / 9 €. Plus d’infos sur : www.cite-sciences.fr

NATURE EN FÊTE

Votre enfant vous rapporte des insectes ou s’y intéresse ? Vous voulez l’accompagner dans ses découvertes ? Mais vous en avez un peu peur ou vous ne savez pas trop comment fairetoute pour les les activités Organisées dans laapprocher France,et les observer ? Eh bien cette session est faite pour vous !

de la Fête de la Nature, qui a cette année pour thème « Voir l’invisible », promettent d’être variées : chasse aux papillons, écoute des chauves-souris, exploration des bébêtes de nos sols, découverte des secrets des plantes, observation de la vie cachée dans les feuillages… Rendez-vous Saint Cloud -  92 sur le site de la manifestation pour découvrir la programmation. Organisateur La Fête de la nature, partout en France du 23 au 27 mai. Plus d’infos sur : www.fetedelanature.com GRATUIT !

Le 25 mai 2018

Personnes majeures

Metro, RER/Train régional,  Tram,  Bus

en lien avec

FASCINANTES PLANTES CARNIVORES Participer

© MNHN Orange/Manzalab C. Degardins ; AdobeStock ; Edelweiss ; Ferme aux crocodiles

Les plantes carnivores sont des végétaux étonnants, qui n’hésitent pas à user de pièges variés pour capturer les petits insectes composant leurs repas. L’exposition d’une centaine de spécimens des genres Drosera, Dionæa, Utricularia ou encore Pinguicula – inoffensives pour l‘homme –, réalisée avec le concours du spécialiste en botanique William Teocchi, vous donnera l’occasion d’approcher de près ces « attrapemouches » spectaculaires. « Carnivores », à la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte (Drôme) jusqu’au 14 mai. Tarifs : 17 € / 11 €. Plus d’infos sur : www.lafermeauxcrocodiles.com

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AG E N D A

BD/Livres BD ado-adulte

IRENA, T. 3, VARSO-VIE DE JEAN-DAVID MORVAN, DAVID EVRARD, SÉVERINE TRÉFOUËL ET WALTER

Durant la Seconde Guerre mondiale, Irena Sendlerowa, une résistante polonaise, sauva plusieurs milliers d’enfants en les faisant évader du ghetto de Varsovie. Elle fut déclarée « Juste parmi les Nations » (distinction honorifique accordée à des personnes non juives ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs) en 1965. Inspirée de la vie de cette femme exceptionnelle, décédée en 2008, cette bande dessinée historique s’attaque à un sujet délicat. Comment parler de la torture et de la déportation tout en restant accessible au grand public ? Comment aborder aussi l’après-guerre, ces années durant lesquelles le cauchemar n’est pas terminé pour tous ceux qui, abandonnés par les Alliés ou persécutés par les communistes, ne pensent plus qu’à rejoindre leur Terre promise ? Dessinée dans un style réaliste, Irena aurait été purement insoutenable. Pour décrire l’horreur, il fallait au contraire le trait doux et « fragile » de David Evrard, proche de l’école Spirou (journal dans lequel l’illustrateur a d’ailleurs travaillé sous le pseudonyme d’E411), et toute la délicatesse du coloriste Walter. Il fallait enfin un récit à hauteur d’homme (de femme, en l’occurrence) pour retracer l’incroyable destin de cette oubliée des livres d’histoire. Un grand merci, donc, aux scénaristes Séverine Tréfouël et Jean-David Morvan qui ont su, avec pudeur et intelligence, signer ce récit poignant dont on ressort le cœur serré, la larme à l’œil. Éd. Glénat, 72 pages, 14,95 €.

Manga

ONE PIECE MAGAZINE

COLLECTIF, D’APRÈS L’UNIVERS CRÉÉ PAR EIICHIRŌ ODA Vingt ans déjà que l’Équipage du Chapeau de Paille, commandé par le capitaine Monkey D. Luffy, vogue à travers le Grand Line, l’océan le plus dangereux du monde, à la recherche du One Piece, un trésor détenu par le mythique pirate Gol D. Roger. Plus tenace, y’a pas ! En attendant de découvrir un jour l’éventuel magot, la bande de sympathiques frappadingues s’en donne à cœur joie et enchaîne bagarres et grosses rigolades. One Piece, le manga le plus

vendu au monde (430 millions d’exemplaires), est devenu au fil du temps un véritable phénomène de société. Et Glénat, son éditeur français, l’un des leaders du marché, avec pas moins de 85 tomes de cette série au compteur… Et ce n’est pas fini ! S’y ajoute désormais One Piece Magazine, un « mook » (contraction de magazine et de book) décliné en trois tomes. Au sommaire : des planches inédites ; une interview-fleuve d’Eiichirō Oda, son créateur ; un romanfeuilleton écrit par Shô Inata et illustré par Katsuya Terada ; des posters ; des reportages sur la flibuste ou bien encore la rubrique « Let’s DIY » (Do it yourself, « Fais-le toimême »), dans laquelle Franky le charpentier nous montre, entre autres, comment construire une véritable malle de pirate… Attention aux doigts ! Éd. Glénat, trois volumes de 160 pages, 19,90 € chacun.

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BD tout public

LES INSECTES EN BANDE DESSINÉE DE CHRISTOPHE CAZENOVE, FRANÇOIS VODARZAC ET COSBY

Inutile d’espérer y échapper, ils sont partout. Qui ça ? Mais les insectes, voyons ! Rampants, volants, à pattes ou à pinces, nuisibles ou bénéfiques. Certains scientifiques (des entomologistes) les étudient et leur prédisent un bel avenir. Face à la surpopulation humaine, ces petites bestioles pourraient même nous sauver de la famine. Allez, vous reprendrez bien un peu de purée de scarabée ? Et parce qu’on apprend toujours mieux en s’amusant, Christophe Cazenove et François Vodarzac (les scénaristes), aidés de Cosby (le dessinateur), en ont même fait des personnages de BD. Avec une série de gags ou d’histoires courtes, accompagnés à chaque fois d’une petite fiche explicative. Dans le quatrième tome, en bonus, on trouve aussi un reportage sur le phasme, que vous avez peut-être déjà aperçu au cours de vos balades. Non ? Remarquez, c’est normal, ce drôle d’insecte s’étant spécialisé dans l’art du camouflage et prenant, selon la variété et l’endroit, l’apparence d’une brindille, d’une feuille d’arbre ou d’une tige épineuse. On vous explique même comment en élever chez vous… Les parents vont adorer ! Éd. Bamboo, 4 tomes de 48 pages, 10,60 € chacun.

BD tout public

LES ANIMAUX MARINS EN BANDE DESSINÉE DE CHRISTOPHE CAZENOVE ET JYTÉRY

Porté par le dessin enlevé de Jytéry, le scénariste Cazenove part à la découverte du monde du silence. Un silence tout relatif, notons-le, les auteurs prêtant à leur faune marine des réactions et propos bien humains ! Drôle et savant à la fois, Les Animaux marins en bande dessinée brosse ainsi les portraits, parfois croisés, des poissons, mammifères, reptiles, oiseaux, crustacés, mollusques et autres invertébrés qui peuplent nos littoraux et nos fonds marins. L’occasion de découvrir, parmi des dizaines d’espèces singulières, le dipneuste africain, un poisson osseux muni de poumons et capable de survivre en cas de sécheresse, en s’enterrant et en fabriquant son propre cocon avec du mucus. Cet animal, que l’on croirait tout droit sorti de la préhistoire, peut « hiberner » ainsi quelques années, sans manger ni boire… Belle performance. Éd. Bamboo, 4 tomes de 48 pages, 10,60 € chacun. Par Patrick Gaumer

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Biopic

EST-OUEST

DE PIERRE CHRISTIN ET PHILIPPE AYMOND « Pour vivre heureux, vivons cachés », a-t-il coutume de dire à ses proches. Et puis, comme tant d’auteurs, n’a-t-il pas mis le meilleur de lui-même dans ses albums de bande dessinée, ses livres illustrés ? Ses camarades de jeu se nomment Jean Giraud alias Moebius, qu’il rencontra ado, Jean-Claude Mézières (avec qui il signe la série Valérian et Laureline), ou Enki Bilal (et le prémonitoire Partie de chasse). Dès lors, on s’interroge : qu’est-ce qui a bien pu pousser le scénariste, écrivain et universitaire Pierre Christin à sortir de sa réserve et à se lancer dans ce road comic ? Sans doute l’envie de nous rappeler, en creux, qu’il n’a eu de cesse de s’inspirer de sa propre expérience, de ses voyages, pour nourrir ses histoires, offrant ses lettres de noblesse au roman graphique et à la BD de reportage. L’envie, aussi, de nous transporter à bord de guimbardes cabossées des deux côtés du « rideau de fer », en un temps, si proche et déjà si lointain, où le monde était bipolaire : la « société du bien-être » à l’Ouest contre « l’avenir radieux » à l’Est – tandis que la France, elle, en cette fin des années 1960, basculait brutalement dans la modernité. Restait à mettre ces « choses vues » (et entendues) en images. Philippe Aymond, complice de longue date de l’auteur, dessinateur et coloriste inspiré, s’en charge. Et plutôt bien ! En quelques traits, quelques teintes aquarellées, on passe de la chaleur écrasante du Midwest à la grisaille des années lycéennes parisiennes, puis à l’éclosion des « années Pilote » (hebdomadaire édité entre 1959 et 1989 qui publia notamment, en 1967, la première aventure de Valérian et Laureline). Vient enfin la découverte de l’« autre » Europe, un périple qui s’achèvera, des années plus tard, au pied du « sarcophage » de Tchernobyl. Éd. Dupuis, 136 pages, 26 €.

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AG E N D A Concentré d’infos

Vulgarisation

LES RECORDS DU MONDE…

FUN SCIENCE

DE CHARLIE MCDONNELL

L’ambition de Charlie McDonnell, Britannique de 25 ans, n’est pas de trouver une contre-proposition à la théorie de la gravité de Newton ni de faire « avancer la science ». D’entrée, il prévient, il n’est pas scientifique. Il a juste eu cette révélation, un jour, que maîtriser un savoir scientifique, c’est comprendre le monde. Depuis, il est mordu. Lui qui doit son initiation à de talentueux vulgarisateurs a décidé de transmettre à son tour. Il a commencé avec l’outil de son siècle, YouTube, il continue avec ce livre. L’adresse directe au lecteur, les pages colorées, les petits dessins humoristiques, les polices de caractères flexibles ne font pas gadget. Nos connaissances sur l’Univers, le corps, les éléments et autres progressent vraiment grâce à l’énergie communicative de l’auteur. Et on y a pris du plaisir. À lire pour le fun ! Éd. Bayard Jeunesse, 256 pages, 15,90 €.

CHEZ LES ANIMAUX DE NATHALIE TORDJMAN ET FRÉDÉRIC MICHAUD

Comment ? Après ce numéro spécial de Tout Comprendre Max dédié aux animaux, vous vous posez encore des questions ? Ce bouquin de la collection « Antisèches pour parents en détresse » promet de parfaire votre éducation, de 50 façons, dans la série des records. Par exemple, vous y apprendrez – avec en prime un bon paragraphe d’explications – que le bébé coucou est le champion du lancer de poids (il peut pousser aussi lourd que lui), que le plus gros oiseau volant pèse 19 kg (l’outarde kori), que le sanglier remporte la palme de l’hygiène, que le hérisson compte 5 000 à 7 000 piquants… Un livre qui n’en manque pas ! Éd. Salamandre, 104 pages, 12,90 €. Encyclopédie

LE PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

ILLUSTRÉ POUR LES NULS

DE DOMINIQUE WILLIATTE

En 1945, l’Organisation des nations unies est fondée par des États désireux de travailler main dans la main pour garantir la paix mondiale. Cette préoccupation majeure ne leur fait pas oublier les ravages connexes du conflit et ils instituent l’Unesco, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Alors qu’elle veille à une coopération intellectuelle internationale,

ILS PEUVENT TUER MAIS AUSSI SAUVER DES VIES

DE KARIM AMRI

Mais les venins ne sont pas seulemen t des armes fatales : certains possèdent, comme d’autres substanc es animales, de précieux potentiels pour la médecine de demain. Le sang du varan de Komodo contient par exemple des protéines capables de combattre les staphylocoques dorés ou les salmonel les ; le venin de différents scorpions peut aider à lutter contre les maladies auto-immunes ; celui de la tarentule à poils frisés inhibe la prolifération des cellules cancéreuses ; et à partir de la salive du monstre de Gila a été conçu un traitement contre le diabète de type II.

L’ouvrage débute par une liste des 12 animaux les plus venimeux au monde, de quoi se sentir Alors, tueurs ou sauveurs ? Les animaux dangereux sont surtout en danger rien qu’à tourner les pages ! Pourtant, attiré par leur méconnu beauté, fasciné par rleur pouvoir s. Des 800 volts que peut décharge une anguille électrique aux parfaites capacités de camouflage du poisson-pierre, en passant par la fluoresce nce des scorpion mortel, on ne lâche plus ce guide aux photos tellement réalistesveillesqu’on s’attend à ces, ilsque sont desle merde sophistication biologique. Il est grand temps d’apprendre à les connaître et de changer leur image négative ancrée terrible animal surgisse des pages pour nous grimper sur l’avant-bras… chaque spécimen, dans l’esprit collectif, Pour pour replacer leur importance vitale dans notre écosystème. qu’il appartienne au monde marin ou terrestre, qu’il soit reptile, amphibien ou arachnide, qu’il Diplômé en chimie, Karim Amri est un herpétologue passionné et reconnu, vive en Asie ou sur tout autre continent, l’auteur décline son identité (noms scientifique et avec plus de 20 ans d’expérience et près de 2’500’000 manipulations d’animau x vernaculaire), précise où le rencontrer et comment il se reproduit. Il s’attarde surtout sur venile sujet meux ou réputés dangereux. Il est le créateur de la plus grande expositio n itinérante d’Europe central : pourquoi/comment est-il aussi méchant ?! À la lecture, justement, on dans perd ce domaine.ce jugement dicté par la peur pour reconnaître à ces forces de la nature leur rôle dans l’écosystème. Éd. Favre, 296 pages, 22 €. 9 782828 916367

K. AMRI

ANIMAUX MYSTÉRIEUX

Ce guide magnifiquement illustré s’adresse aux curieux, aux voyageurs, aux étudiants, aux amateurs ou aux spécialistes. On y trouve les espèces les plus intéressa ntes autour du globe, avec leur biologie, leurs habitats, leur degré de toxicité et les premiers gestes à faire ou à éviter en cas de morsure ou de piqûre.

ILS PEUVENT TUER MAIS AUSSI SAUVER DES VIES

Guide

Karim amri

SAUVER DES VIES

Serpents, araignées, grenouilles, scorpions, lézards, crocodiliens, myriapodes, piranhas, méduses , cônes, murènes… : qu’ils soient terrestres ou marins, ces animaux sont parmi les plus venimeux de la planète. Nombreux sont mortels pour l’homme.

ILS PEUVENT TUER MAIS AUSSI

SAUVER DES VIES

FAVRE

ILS PEUVENT TUER MAIS AUSSI

en 1972, elle décide d’ajouter une corde à son arc : protéger le patrimoine naturel et culturel. Les premiers « biens » seront inscrits en 1978. On en compte aujourd’hui 1 073. Découvrez ces trésors dans ce livre encyclopédique, agrémenté de photos pour certains sites, d’une multitude de petites infos, d’une chronologie et d’un glossaire éclairant. First Éditions, 432 pages, 29,95 €.

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Document

QU’EST-CE QUI FAIT SOURIRE LES ANIMAUX ? ENQUÊTE SUR LEURS ÉMOTIONS ET LEURS SENTIMENTS DE CARL SAFINA

Certains scientifiques restent réticents à l’idée de reconnaître des émotions et sentiments aux bêtes, l’anthropomorphisme étant un chiffon rouge. Écologue et professeur américain, documentariste pour la télévision, Carl Safina n’est pas de ceux-là. Dans ce livre, il élargit son champ traditionnel – le milieu marin – pour évoquer les loups aussi bien que les éléphants, les singes, les chiens… Vivant auprès de multiples espèces, il rend compte de ses observations, livre ses analyses. L’ouvrage est davantage un reportage vivant qu’un traité de psychozoologie, invitant à la fois au voyage et à la réflexion. Car évoquer les sentiments des animaux, c’est aussi fouiller les émotions de l’homme. Éd. La librairie Vuibert, 512 pages, 24,50 €.

Guide pratique

ZÉRO PLASTIQUE ZÉRO TOXIQUE

101 ASTUCES ET DIY POUR UN QUOTIDIEN SAIN ET ÉCOLOGIQUE D’ALINE GUBRI

Les animaux marins vous disent merci de suivre ces conseils pratiques pour faire chuter votre volume de déchets en plastique, car chaque année, entre 6,5 et 8 millions de tonnes de ces déchets sont jetées à la mer – 206 kg par seconde, cela vous parle davantage ? L’auteure a 22 ans, elle nous donne l’espoir que la jeune génération soit sensibilisée à ces questions de mode de vie écologique et sobre afin de ne pas reproduire les bavures de ses aînés. Pour passer à l’action, elle est carrée : les domaines du quotidien sont égrenés. Des gestes à accomplir à l’achat, dans la cuisine ou la salle de bains, avec les enfants, au moment des corvées ménagères ou des fêtes… Il n’est pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour bien faire. Gagnant gagnant. Thierry Souccar Éditions, 192 pages, 13,90 €.

Guide

LES ARBRES ET LEURS HÔTES LA VIE INSOUPÇONNÉE DANS LES ARBRES ET ARBUSTES DE MARGOT ET ROLAND SPOHN

Depuis le succès incroyable de l’ouvrage La Vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben (évoqué dans Tout Comprendre + n° 89), les arbres sont tendance. Les rayons des librairies bourgeonnent de livres à leur sujet comme magnolias au printemps. Intéressons-nous à celui-ci puisqu’il ajoute un pan de connaissances sur notre thème animalier. Ici, les arbres et arbustes tels que l’épicéa, le noisetier, le platane, le saule, le rosier, le gui, etc. (58 portraits au total) ne sont pas seulement décrits en tant que végétaux, ils le sont aussi en qualité de home sweet home. Leur fonction d’accueil d’une faune abondante est capitale. Oiseaux, insectes, petits mammifères… Venez observer où et comment ils sont installés ! Éd. Delachaux et Niestlé, 304 pages, 24,90 €. Par Delphine Gaston-Sloan

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Mémo

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN 100 ROMANS DU MOYEN ÂGE À NOS JOURS D’YVES STALLONI

Envie de vous lancer dans la lecture de romans « littéraires » ? Rien que ce qualificatif vous intimide ! Et puis, par où commencer ? La littérature, vous aimez, mais vous avez le sentiment d’être passé à côté de tellement d’œuvres. Mélange savamment dosé de résumé et d’analyse, ce livre est pour vous. L’auteur propose 100 titres. Toute sélection, il l’admet, a sa part de subjectivité, le professeur qu’il est sait aussi la dépasser. Du Moyen Âge à nos jours, 100 romans, c’est beaucoup et peu à la fois. Vous allez y prendre goût et découvrir d’autres titres par vous-même. À la fin, la courte biographie des écrivains cités est un plus. Éd. du Chêne, 256 pages, 14,90 €.

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QUIZ

Qu’avez-vous retenu de votre lecture ? Pour le savoir, répondez à ces 40 questions.

1. Qui se charge de couver l’œuf chez le manchot empereur ?

5. Quel oiseau est le rapide « Bip Bip » d’un dessin animé ?

2. Quel nom donne-t-on aux petits des grenouilles ?

6. Que fait le suricate, perché sur ses deux pattes arrière ?

A. Le mâle B. La femelle C. Il est couvé en groupe au sein de « crèches » de manchots

A. Grenouilleaux B. Crapouillaux C. Têtards

3. Quel est le premier stade de la vie d’un papillon ? A. Le cocon B. La chenille C. Le moucheron

4. Pourquoi certains animaux des déserts chauds sont-ils hauts sur pattes ? A. Pour s’éloigner de la chaleur du sol B. Pour courir plus vite quand ils sont à la recherche d’eau C. Pour échapper aux prédateurs rampants

A. L’autruche B. L’émeu C. Le géocoucou

A. Il fait le guet B. Il cherche un partenaire sexuel C. Il s’oxygène

7. À quels animaux sont apparentés les scorpions ? A. Aux araignées B. Aux fourmis C. Aux serpents

8. Pour quelle raison trouve-t-on une faune si exceptionnelle dans les îles Galápagos ? A. Le climat B. L’isolement de l’archipel C. La salinité de l’air

9. Comment nomme-t-on l’étage supérieur de la forêt tropicale humide ? A. Le faîtage B. La canopée C. Le climax

10. Pourquoi le panda, à l’origine carnivore, est-il devenu herbivore ?

A. À cause de la raréfaction de la viande dans son milieu B. À cause de sa domestication par l’homme C. À cause d’une mutation génétique

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Par Michelle Foucart-Orsel

11. Quel animal polaire terrestre est aussi un excellent nageur ? A. Le renard polaire B. L’ours polaire C. Le mouflon de Dall

12. À quoi correspond la taïga ?

A. Aux forêts des régions froides de l’hémisphère Nord B. Aux terres émergées des pôles C. À la végétation des steppes d’Asie

13. Qu’est-ce que le corail ? A. Un minéral B. Un végétal C. Un animal

14. De quelle manière peut évoluer un étang sans intervention humaine ? A. En marais puis en forêt B. En rivière C. En lac

15. Quel nom donne-t-on aux animaux qui se nourrissent de cadavres ? A. Nécromanes B. Cadavriers C. Charognards

16. En quelle matière sont construites les termitières ?

A. En bois B. En boue C. En excréments séchés

17. Quelle est la particularité géologique du parc de Yellowstone ?

A. Il est situé sur un supervolcan B. Il possède un océan salé sous sa surface C. Il ne comporte que des roches calcaires

18. Quel animal a permis de rétablir l’écosystème de Yellowstone ? A. Le loup gris B. L’ours noir C. Le cygne trompette

19. À quoi servent les cellules dites chromatophores de certains animaux ?

A. À briller dans la nuit B. À changer de couleur pour se fondre dans l’environnement C. À devenir blanc en hiver comme le renard arctique

20. Quel pelage arborent les félins des espaces découverts ?

A. Un pelage noir et blanc pour rester « neutre » B. Un pelage tacheté qui les camoufle dans les hautes herbes C. Un pelage uni aux couleurs du décor

21. Qu’appelle-t-on une fourmi zombie ?

© Dreamstime ; Alamy ; iStock ; DR

A. Une fourmi parasitée par un champignon qui en prend le contrôle et finit par la tuer B. Une fourmi capable de ressusciter dans les vingt-quatre heures après sa mort C. Une fourmi à l’aspect effrayant

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QUIZ

22. À quelle classe d’animaux appartient la chauve-souris rouge à lèvres ? A. Aux oiseaux B. Aux poissons C. Aux mammifères

23. Qu’est-ce qui caractérise le cerf d’eau chinois ? A. Il n’a pas d’oreilles B. Il chasse dans l’eau C. Il n’a pas de bois, mais de longues canines semblables à des défenses

24. Où trouve-t-on des acariens dans une maison ? A. Un peu partout (matelas, tissus, moquette, nourriture…) B. Seulement dans les pièces d’eau C. Seulement dans la nourriture

28. Comment chassent les lionnes ?

A. Elles chassent en groupe, donnant l’assaut par surprise B. Elles attendent que leurs proies se rendent C. Elles courent après leurs proies pour les épuiser et sautent dessus quand elles se reposent

29. Quel félin est le plus rapide à la course ? A. Le léopard B. Le guépard C. Le puma

30. Lequel de ces trois félins a la morsure la plus puissante ? A. Le lion B. Le tigre C. Le jaguar

25. De quoi se nourrissent les poux de tête ? A. Du sébum présent sur les cheveux B. Des pellicules C. Du sang pompé sur le cuir chevelu

31. Combien faut-il de temps à un crocodile marin pour tuer sa victime ? A. Une heure B. Une minute C. Trente minutes

26. Quel phénomène a permis à des insectes géants de se développer au Dévonien ? A. L’atmosphère de l’époque B. L’absence de prédateurs C. Des températures moins élevées qu’aujourd’hui

27. Quelle proportion du règne animal représentent les insectes ? A. 50 % B. 10 % C. Plus de 80 %

32. Pourquoi les rapaces diurnes ont-ils une vue plus perçante que les humains ? A. Ils ont cinq fois plus de cellules photosensibles B. Leur pupille peut se fermer presque complètement pour concentrer les rayons lumineux C. Ils possèdent un champ de vision à presque 360°

33. Qu’est-ce qu’un « dragon de Komodo » ? A. Un crocodile B. Un animal imaginaire de Bali C. Un varan (gros lézard)

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34. Quelle est la taille adulte du plus petit des requins ? A. 14 cm B. 1,50 m C. 5 m

35. Quel autre nom donne-t-on à l’orque ? A. Le lion de mer B. L’épaulard C. Le requin-baleine

39. Quelle était la particularité de la grenouille (disparue) Rheobatrachus ? A. Elle ne pondait pas d’œufs B. Elle incubait ses œufs dans son estomac C. Ses œufs se développaient dans des poches placées sur son dos

40. Quel est l’autre nom du tigre de Tasmanie ? A. Le thylacine B. Le diable de Tasmanie C. Le quagga

36. Quand s’est achevée la dernière glaciation sur Terre ? A. Il y a 65 millions d’années B. Il y a 100 000 ans C. Il y a 10 000 ans

37. À quoi est due l’extinction des mammouths ?

A. À la chute d’une météorite B. Au réchauffement climatique au début de l’Holocène C. À une raréfaction de l’oxygène sur Terre

38. D’où était originaire le dodo ?

© Science Photo Library ; Dreamstime ; iStock ; Peter Scott/Art Agency ; DR

A. De l’île Maurice B. De Madagascar C. Des îles Kerguelen

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