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Un jour à

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Sommaire

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Préface CATHERINE PÉGARD Introduction Le rêve d’un roi Splendeurs et symboles Excellence et savoir-faire Un palais aux mille reflets Sciences et merveilles Les fastes du sacré Versailles, théâtre de la mode L’élégance d’une reine Sublimes délicatesses Plaisirs champêtres Fêtes, bals et spectacles Le théâtre de l’histoire Parade et chuchotements Théâtres de verdure Jardin d’hiver Le royaume des chevaux

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Remerciements

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PAGE 2 mniprésent, le soleil, attribut d’Apollon devenu symbole de Louis XIV, accueille les visiteurs de Versailles dès les grilles du château. PAGES 4-5 Pierre Patel, Vue perspective du château et des jardins de Versailles, 1668. Cette minutieuse vue présente l’ancien château de Louis XIII et les jardins après les premiers embellissements ordonnés par Louis XIV, théâtre de fêtes mémorables voulues par le roi. e PAGE DE GAUCHE Disparue à la fin du xviii  siècle, la grille séparant la Cour royale de la cour d’Honneur a été reconstituée entre 2005 et 2008. Sous l’Ancien Régime, toute personne bien mise pouvait la franchir pour accéder aux Grands Appartements et, peut-être, apercevoir le souverain.

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Excellence et savoir-faire

Dans ses souvenirs, Pierre de Nolhac, conservateur du palais de 11892 à 1919, relate que, se trouvant sur le parterre d’Eau, il surprend la réflexion d’un jeune élève de sortie avec sa classe. Devant les groupes de bronze disposés sur les margelles ceinturant les bassins, le garçon exprime en ces termes simples son admiration sur la qualité de ce qu’il voit : « C’étaient tout de même de bons ouvriers, ceux d’autrefois qui ont fait des choses pareilles. » Grâce à des générations d’artisans et d’artistes, Versailles a pu concentrer en un peu plus d’un siècle ce qui se faisait de mieux dans le royaume, tandis que de son côté le pouvoir tendait à favoriser l’épanouissement des arts et des sciences en accordant son soutien à des académies, en promouvant des manufactures et, bien entendu, en passant d’innombrables commandes. Résultat de la volonté d’un homme, le château et tout ce qui l’entoure est le fruit du travail des hommes, au premier rang desquels il faut certainement mettre le génie personnifié de l’organisation que fut Colbert. En instituant ou en réorganisant de nombreuses manufactures et académies au service de la Couronne, en dénichant et en attachant au service du roi ceux qui étaient capables de répondre à ses désirs, il traça une voie que ses successeurs se firent fort de conserver. Pourtant Versailles a été créé au grand regret du ministre, qui jugeait que seul le Louvre, son architecture et les travaux qu’il avait engendrés étaient dignes de la grandeur du monarque. C’était sans compter sur un Louis XIV épris du site et qui, par sa détermination, en fit le palais le plus admiré d’Europe et la référence en matière artistique et d’art de vivre. Car il faut bien admettre que Versailles et tout ce qui l’orne relève parfois du miracle, souvent du prodige, toujours de la virtuosité.

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PAGE DE DROITE anufacture de Sèvres, Vase « jardin », 1780. La manufacture de Sèvres exposait ses dernières productions dans la salle à manger intérieure de l’appartement du roi à Versailles, offrant l’occasion pour la famille royale et les courtisans de faire des achats. Ce vase appartient à une paire achetée par Louis XVI en 1780 et placée dans sa chambre de parade.

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Versailles,

théâtre de la mode Pendant près d’un siècle, Versailles et Paris furent le modèle en matière de goût et de comportement en société. Lorsque la princesse Palatine, belle-sœur de Louis XIV, considérait que la politesse n’était plus de mise et l’art de la conversation abandonné au profit de l’intrigue, il faut imaginer que seule la nostalgie d’une époque révolue – sa jeunesse – la poussait à concevoir de telles pensées. Les cours d’Europe ne s’y trompaient pas et donnaient pour mission à leurs représentants en France de dresser un tableau politique et économique du pays, mais aussi d’expliquer les usages de la cour et d’adresser les dernières nouvelles en matière de mode, d’invention et de création de toute nature. Les commandes aux fournisseurs de la famille royale et les expéditions d’échantillons ou des modèles de ce que l’on faisait de neuf (les « commissions » du baron Scheffer pour la cour de Suède) prenaient une partie non négligeable de leur temps ! Au-delà du modèle architectural et décoratif que symbolisait le château, que représentaient Versailles et sa cour ? En premier et avant tout un art de vivre magistralement exprimé par Talleyrand en ces termes célèbres mais quelque peu déformés : « Qui n’a pas connu l’Ancien Régime n’a pas connu la douceur de vivre. » Cet art de vivre, dont la qualité de l’accueil était proverbiale, s’exprimait à tous les niveaux. Sa manifestation la plus raffinée était probablement le fameux service à la française qui, en multipliant le nombre de plats de nature variée disposés sur la table à chaque service, évitait à l’hôte de contraindre ses invités en leur faisant consommer des mets qu’ils auraient pu ne pas apprécier.

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PAGE DE DROITE e château est le décor rêvé pour la mode de Christian Dior ; il est à la fois statutaire et tout emprunt d’onirisme poétique. Il rappelle le rayonnement international de la France, ce à quoi aspire la haute couture. Les collections Dior sont photographiées sous le Péristyle du Trianon, dans la cour de Marbre, au bas des marches du parc, dans les salons ou la galerie des Glaces, comme ici avec le mannequin Daria Strokous vue par les photographes Inez Van Lamsweerde & Vinoodh Matadin pour Secret Garden, collection automne 2012.

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2012

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Trois détails d’éléments du cabinet de la Méridienne de Marie-Antoinette : l’entretoise de la console (par les Rousseau), l’accotoir d’un fauteuil (par Georges Jacob) et l’encadrement en bronze des glaces des portes (par Pierre Gouthière ?)

du côté des jardins.

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CI-DESSUS rain de Sainte Marie, A souper dormant Samedi 8 janvier [1752]. Extrait d’un manuscrit enluminé répertoriant les séjours de Louis XV au château de Choisy en 1752 et contenant le détail des soupers donnés à ces occasions. Sur cette page sont détaillés les différents plats composant le service des entrées et celui du rôt plus leurs entremets, servis lors du souper du 8 janvier. Le « dormant » concerne les pièces de forme qui ne devaient pas être enlevées lors du changement de service. PAGE DE DROITE « Il y a bien du monde ce soir à Versailles… », aurait dit Marie-Antoinette à Mme Du Barry. Les mannequins Stella et Capucine dans l’Orangerie lors du bal donné au bénéfice des œuvres de la Ligue française contre le cancer, 17 juin 1953.

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Théâtre de verdure

PAGE DE GAUCHE

Le parterre de l’Orangerie sous la neige.

À la veille de la Révolution, le domaine de Versailles ne comprenait pas moins de huit mille hectares ceints de quarante trois kilomètres de murs. Il se composait de trois entités distinctes : le jardin proprement dit, dont la superficie correspondait à celle de l’ancien parc de Louis XIII, le petit parc, qui englobait les terrains autour du canal avec les domaines de la Ménagerie et de Trianon, et, enfin, le grand parc réservé à la chasse. De ce gigantesque ensemble a été préservé un domaine d’environ huit cent quinze hectares correspondant à peu près au petit parc et au jardin, ce dernier formant la partie purement décorative qu’ornent fontaines et statues pour composer le plus grand musée de la sculpture française du Grand Siècle. Même si Louis XIV était pressé de voir ses jardins achevés, jusqu’à faire déplacer des arbres adultes, le temps inhérent à la croissance de la nature fit qu’ils n'atteignirent leur pleine maturité que vers la fin de son règne. Les jardins de Versailles ont été conçus sur le modèle du jardin à la française mais Louis XIV ne pouvait se contenter d’en reprendre le schéma classique sans lui imprimer sa personnalité. De fait, il leur accorda une ampleur incomparable et attribua à l’eau un rôle encore jamais atteint. De surcroît, la symbolique originelle centrée sur la figure d’Apollon faisant écho à la décoration des salles du château est d’une conception unique. Mais avant d’en arriver à ce que nous admirons aujourd’hui, il a fallu de nombreuses années, des remuements de terre, des apports de plantes et des travaux hydrauliques qui dépassent l’entendement, le tout lapidairement résumé par Saint-Simon dans cette phrase célèbre : « La violence qui y a été faite partout à la nature repousse et dégoûte malgré soi. »

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