Epiaison #001

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#01 - 12/2021

Graine d’avenir

Rencontre avec Gui-Home

D’ici et d’ailleurs


L’équipe administrative

Le Bureau National 2

Steve Pierre Vice-Président Jeune agriculteur Ardennes luxembourgeoises

Guillaume Van Binst Secrétaire Général

Olivier Plunus Suivi des politiques agricoles

Mélanie Favereaux Gestion du centre de formation

Anne-Catherine Dalcq Vice-Présidente Jeune agricultrice Hesbaye brabançonne

Julien Hubert Animation des structures

Olivier Collignon Animation des structures et installation en agriculture

Harmonie Baudoin Formation - Coordinatrice stages agricoles

Robin Vanneste Vice-Président Jeune agriculteur Région sablolimoneuse hennuyère

Marie Braconnier Formation - Permis G

Valentine Beyens Formation

Valérie Michaux Détachée pédagogique

Damien Grenson Vice-Président Projet d’exploitation familiale Zone herbagère liégeoise

Anne-Sophie Janssens Juriste – Pôle Conseil

Pierre D’Hulst Communication

Séverine Yernaux Secrétaire administrative


Edito Guillaume Van Binst Secrétaire Général Quel plaisir que celui de vous faire parvenir le premier numéro de notre magazine ! Un nouveau produit 100% FJA qui est né de votre envie très marquée de disposer d’un support papier édité par notre mouvement. Après un long processus de réflexion et d’élaboration, nous sommes aujourd’hui très heureux de vous faire découvrir le fruit de notre travail. « Epiaison » constitue un outil supplémentaire au service de notre communication. Il se voudra trimestriel, avec des parutions prévues en janvier, en avril, en juillet et en octobre. Ce premier numéro arrive donc un peu en avance par rapport au calendrier des parutions, mais nous étions trop impatients de débuter l’aventure ! Comme vous le découvrirez en le parcourant, notre magazine propose un contenu varié. Actualité agricole décortiquée, rubriques techniques, rencontres de terrain, jeux, humour et actualité de la FJA s’y côtoient, avec en toile de fond un objectif : celui de vous informer ! Vous l’aurez compris, « Epiaison » a été conçu pour être à l’image du ton que nous voulons donner à notre mouvement : dynamique, innovant et tourné vers le futur. Bonne lecture !

Fédération des Jeunes Agriculteurs Chaussée de Namur, 47 - 5030 Gembloux Tél : 081/627.441 Mail : info@fja.be Site web : www.fja.be Facebook : FJA - Fédération des Jeunes Agriculteurs + FJA Formations & Informations Twitter : FJA (@fja_be) Instagram : fja.nationale

Sommaire

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GUI-HOME VOUS DEFEND ! Rencontre décalée avec un humoriste qui a le vent en poupe

ANNE-CATHERINE DALCQ Porte-voix des jeunes agriculteurs européens !

D’ICI ET D’AILLEURS

Zoom sur deux jeunes agriculteurs

PAC

La FJA plaide pour une véritable définition de l’agriculteur actif

20 ANS DE LA FJA

Retour en images sur la fête des 20 ans de la FJA

Editeur responsable : Guillaume Van Binst Rédaction et contact pub : pierre.dhulst@fja.be – 0499/20.63.89

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GuiHome vous défend !

Pierre D’Hulst

Sur le web, sur scène, en radio et à la télévision : GuiHome fait rayonner son humour décapant et sa bonne humeur à tous les étages. Une bulle d’oxygène salutaire ! Il s’est prêté au jeu de notre première interview décalée. Tout en prenant le temps d’aborder avec nous plusieurs sujets liés à l’agriculture. Morceaux choisis… GuiHome, entrons directement dans le vif du sujet : un dimanche 13h, tu débutes un barbecue à la campagne avec des amis. Un tracteur vient travailler dans le champ voisin. Quelle est ta réaction ? C’est un son que je n’entends plus de par ma jeunesse à la campagne. Un peu comme toutes ces personnes qui vivent à côté d’un aéroport et qui n’entendent plus les avions à la longue. Pour tout vous dire, je dirais plutôt que si je fais un barbecue à la campagne, ce n’est pas normal que le gars qui est censé être dans le tracteur ne soit pas en train de prendre l’apéro avec nous.

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Toujours ce même barbecue du dimanche, une petite odeur de fumier vient te titiller les narines. Comment le prends-tu ? À part se le dire, on ne peut pas faire grandchose (rires). Mais je ne serai pas de ceux qui vont faire circuler une pétition pour autant. Mon opinion est la suivante : on ne peut pas revendiquer vivre à la campagne et vouloir enlever ce qui en fait l’âme. Au final, je dirais donc que si tu es dans un jardin à la campagne et que tu es gêné par un bruit de tracteur ou une odeur de la ferme, c’est toi qui n’es pas à la bonne place et pas l’inverse…


Les jeunes agriculteurs travaillent dur mais ils savent aussi s’amuser, notamment dans les soirées de la FJA. C’est quoi, toi, ta fête parfaite ? Je suis déjà allé à une soirée de la FJA. Je me rappelle m’être bien amusé jusque 22h. Après, je ne me souviens plus de grand-chose (rires). Pour des raisons de sécurité, je n’y vais donc plus… Pour le reste, les fêtes improvisées sont les meilleures. Plus on prend le temps de les préparer, plus on accepte le risque d’être déçu. La FJA organise des actions de terrain pour défendre les jeunes agriculteurs. Et toi, c’est quand la dernière fois que tu t’es retrouvé sur le terrain pour défendre une cause qui te parle ? Mon terrain, c’est le web. Je participe à des campagnes pour des causes qui me tiennent à coeur : le consentement sexuel chez les jeunes ou encore les aidants proches, notamment. Pour le moment, je travaille par exemple avec Ardennes Etapes pour pousser les wallons à découvrir leurs propres contrées avant de penser à sauter dans un avion. J’appelle aussi cela être sur le terrain au final, parce que mon personnage utilise ce qu’il sait faire pour défendre des causes. Sinon, la dernière fois que je suis sorti dans la rue, c’était pour les grandes manifestations étudiantes liées au climat. Il est de notoriété publique que l’agriculteur a une certaine propension à se plaindre. Et toi, qu’est-ce qui te fait râler ? Si les éléments ne sont pas réunis pour un tournage, je peux me mettre à râler. Je suis tributaire de la météo, comme les agriculteurs au final. Si un tournage est prévu en extérieur et qu’il pleut sans arrêt, je suis contrarié. Et puis il y a aussi les éléments liés à la prise de son. Un avion qui tourne dans le ciel, par exemple.

Tu es engagé pour travailler une semaine à la ferme : quelle tâche t’approprierais-tu volontiers ? Et à l’inverse, laquelle essaierais-tu à tout prix d’esquiver ? Je suis au top pour la conduite des petits engins agricoles. Vous pouvez faire appel à moi sans souci. Cela m’a toujours attiré. Dans mon enfance, j’enviais les fils de ferme qui étaient sur le tracteur à 10 ans pendant que nous, on recevait des modèles en plastique à Noël. Je me verrais bien m’occuper du bétail également. Et si la ferme s’est diversifiée avec un point de vente, vous pouvez compter sur moi : vendre le produit fini en sympathisant avec les clients et sans trop me fatiguer, là je suis au top ! D’autant plus que je fais partie de cette catégorie de personnes capables de vendre des glaces à un esquimau. Je suis par contre un prototype raté du bon agriculteur au niveau du travail physique : je ne sais absolument rien porter de lourd. Donc je pense que je me ferais vite éjecter pour les charrées de ballots.

GuiHome vous détend GuiHome vous détend www.guihome.be

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Guihome

rapidement. Pour moi, le vrai défi, c’est d’y confronter tout le monde ! La crise sanitaire y contribue certainement, mais le défi reste de taille. Consommer au bon moment, éviter les produits qui ont traversé le globe, c’est un réel enjeu d’éducation. Et il y a la question du budget, il faut aussi le dire ».

Un spectacle qui cartonne, en plus de tout le reste…

Une enfance au rythme de la ferme du village S’il vit aujourd’hui à Namur, GuiHome se considère comme un vrai rat des champs. « Je retournerai d’où je viens, c’est certain ! J’ai grandi à Maillen, un petit village du Namurois. J’ai passé mon enfance à faire des cabanes dans les bois et à explorer la ferme du village. J’ai des souvenirs de balades en tracteurs, et notre quotidien était rythmé par la vie de cette ferme, de son bétail, des allées et venues des tracteurs, … C’était une chouette époque ».

Local et de saison, deux évidences… pour un défi ! S’il est sensible à consommer local et de saison, GuiHome insiste sur ce qu’il estime être le vrai défi sous-jacent. « J’y suis sensible, je fais le maximum tout en sachant que nos rythmes de vies ne nous permettent pas toujours de faire tout ce que l’on voudrait. Mais je dois avouer qu’étant issu d’un milieu rural avec une maman qui y était très attentive, j’ai eu la chance d’être éveillé à cet enjeu très 6

Hyperactif, GuiHome ? Jugez par vousmême : écriture et tournage de ses capsules vidéo qui cartonnent sur le web (NDLR : il approche notamment les 1.500.000 abonnés sur sa page Facebook !), chroniqueur en radio tout en passant régulièrement sur les plateaux tv, il est aussi à la tête de sa propre agence de communication digitale. Il gère également sa marque de merchandising « Oui et non », créée l’an dernier. Et comme si cela ne suffisait pas, il monte également sur scène avec son spectacle, « GuiHome vous détend LeGrand ». « Certains pensent que c’est parce que j’ai grandi, d’autres y voient la référence au conte de fée et à l’imaginaire de la jeunesse. Ou encore un rapport à la royauté et donc à la Belgique. Au final, c’est un peu toutes ces idées qu’on retrouve dans le spectacle. Mon personnage s’y confronte à la vie réelle aux différentes étapes de l’âge adulte. En d’autres termes : terminé d’être un enfant qui pense que la vie est un dessin animé ! ». Nous ne vous en dévoilerons pas plus, mais nous vous recommandons le spectacle si vous avez envie de passer un moment de rire au travers du regard aiguisé et décalé qui caractérise GuiHome quand il s’agit de décrire une situation…

Envie d’assister au spectacle ? Plusieurs dates sont programmées aux quatre coins de la Wallonie dans les semaines et les mois à venir. Ne traînez pas, plusieurs d’entre-elles affichent déjà complet ! Infos et réservations : www.guihome.be


Le chiffre 569 : C’est le nombre impressionnant de personnes inscrites sur la liste d’attente de la FJA dans le cadre des formations pratiques pour l’obtention du permis G. Pour rappel, toute personne née après le 1er octobre 1982, doit être titulaire de ce permis spécifique aux machines agricoles et forestières pour circuler sur la voie publique. Suite à l’obtention du permis théorique, une épreuve pratique (comprenant une partie manœuvre et une partie sur la voie publique) doit donc être réussie pour décrocher le précieux sésame. Il existe trois moyens de se former à l’examen pratique : la filière libre, la filière via une auto-école ou l’écolage via un centre de formation agréé. La première possibilité exige de se rendre à l’examen avec son propre matériel correspondant à des normes strictes en matière de MMA notamment. Toutes les exploitations ne possèdent pas forcément cet ensemble tracteur + benne réglementaire. En outre, la filière libre ne permet pas à l’apprenant de s’exercer sur la voie publique. La deuxième façon de se préparer à l’examen règle l’écueil de disposer du matériel adéquat mais comporte l’inconvénient d’un coût prohibitif (entre 900 et 1.000 €). En outre, les auto-écoles proposant la préparation à l’examen du permis sont rares : 2 seulement en Wallonie. Reste alors, dernière possibilité via un centre de formations tel que celui de la FJA. Afin d’aider les futurs agriculteurs dans leur apprentissage, la FJA propose des formations individuelles avec du matériel correspondant aux normes exigées et des formateurs aguerris. De plus, avec le soutien de la Wallonie et des différentes provinces wallonnes, la FJA peut mettre en place des formations beaucoup plus avantageuses financièrement. Le bémol, est que nous sommes victimes de notre succès et que la demande excède largement l’offre que nous sommes en

capacité d’offrir. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la diminution des subventions, l’augmentation du prix de la location du matériel, la rareté de formateurs qualifiés, l’accessibilité réduite aux pistes agréées et la surcharge des centres d’examens … Les deux confinements successifs lors desquels aucune formation n’a pu être organisée n’ont évidemment rien arrangé de sorte qu’on obtienne des délais d’attente de plus d’un an ! La FJA est légitimement interpellée par cette situation et se déploie sans relâche pour régler cette situation. Le permis G est indispensable pour les acteurs de monde agricole. Nous appelons de tous nos vœux pour qu’au-delà d’un coup de pouce, les pouvoir publics prennent enfin cette problématique à bras le corps. Infos sur le permis tracteur ? www.fja.be/page/formation-permis-g

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Anne-Catherine Dalcq Pierre D’Hulst

Porte-voix des jeunes agriculteurs européens ! Tout à tour Présidente de section locale, membre du Comité directeur puis Vice-Présidente au sein de la FJA, et maintenant Vice-Présidente du CEJA : à 29 ans à peine, Anne-Catherine Dalcq a déjà une belle carte de visite en matière de syndicalisme agricole. Elle a également réussi avec brio des études de bioingénieur ainsi qu’un doctorat, après quoi elle s’est installée sur l’exploitation familiale à Jodoigne. Rien que cela… Rencontre avec une jeune agricultrice dynamique et engagée. Convaincue de l’importance du syndicalisme agricole, Anne-Catherine Dalcq est une jeune agricultrice engagée. Son parcours à la FJA débute en 2009, au sein de la section locale WPJ (Wavre-Perwez-Jodoigne). Pendant des années, elle y découvre le côté festif du mouvement, sillonnant la Wallonie au rythme des soirées et des CMJ. Elle deviendra ensuite Vice-Présidente, puis Présidente de la section. C’est à ce moment qu’elle a une révélation, à la lecture d’un roman historique de Ken Follet

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(La Chute des Géants). « Au fil de l’Histoire, l’auteur y traite de la lutte syndicale pour améliorer les conditions de travail des ouvriers dans les mines au début du siècle dernier. Pour les faire évoluer, cela a pris un siècle. Cela m’a fait comprendre un élément primordial : le syndicalisme porte ses fruits si beaucoup de monde s’engage et que l’on considère les choses à moyen et long terme. Cela ne veut pas dire que les actions à court terme ne sont pas nécessaires : elles sont essentielles pour obtenir un changement des


conditions plus en profondeur. En parallèle, il faut maintenir la pression et voir la situation évoluer de manière durable à plus long terme », explique-t-elle. Pour faire bouger les choses, Anne-Catherine intègre alors le Comité directeur de la FJA, puis le Bureau national en tant que Vice-Présidente, en 2019. « Une superbe expérience qui enrichit mes connaissances agricoles, au sein d’une chouette équipe qui se bat pour des revendications légitimes ».

Vice-Présidente des jeunes agriculteurs européens ! Son engagement au sein de la FJA lui ouvre également les portes du Conseil Européen des Jeunes Agriculteurs (CEJA), où la FJA dépêche deux représentants pour y exposer ses positions et revendications. Séduite par la mission du syndicat européen, consciente du rôle fondamental de l’Union européenne dans les politiques agricoles et toujours enthousiaste à l’idée d’échanger avec de nouvelles personnes, elle décide de se présenter à ses élections, en juin dernier. Avec succès puisqu’elle fait partie des cinq heureux élus, au sein d’un Bureau composé d’une Présidente italienne, et de trois autres Vice-Présidents issus de Slovénie, d’Irlande et de Pologne. Depuis quelques mois, elle s’investit donc au niveau européen, au travers des multiples missions du CEJA. « Nous communiquons au nom des jeunes agriculteurs européens auprès du monde politique et de la société en général, sur des thèmes variés tels que la durabilité, l’accès à la terre, les marchés internationaux ou encore le changement climatique. Pour cela, nous nous basons sur des positions construites lors de groupes de travail mensuels avec l’ensemble des organisations de chaque pays membre de l’UE ». Ces positions, le CEJA les expose directement à différents Commissaires européens, mais aussi au Vice-Président de la Commission, aux Parlementaires européens, au Conseil Agricole Européen ainsi qu’à de multiples organisations internationales. « Ce rôle de porte-voix des jeunes agriculteurs européens prend beaucoup de temps, mais il est surtout passionnant et enrichissant », explique la jeune agricultrice, qui est également bien occupée sur l’exploitation familiale de Jodoigne. Une exploitation sur laquelle elle travaille avec ses parents et ses deux sœurs.

« Un moment-clé pour l’agriculture » « Après des études de bioingénieur et un doctorat de 6 ans à la Faculté de Gembloux, c’était le bon moment pour m’installer sur la ferme familiale », continue-t-elle. « Il s’agit d’une exploitation mixte situé en plein cœur de la Hesbaye, avec des cultures ainsi que de l’élevage viandeux et laitier ». Depuis septembre 2020, elle s’y investit donc sans relâche à titre principal et y apporte sa vision. « Nous testons des pratiques win-win revenu/environnement. Je réfléchis également à des solutions pour trouver un meilleur rapport de force dans les filières classiques ainsi qu’à des filières différentes pour augmenter le contrôle sur la valorisation de mon produit. Cela représente beaucoup de travail, mais c’est passionnant. D’autant plus que l’agriculture est à un moment-clé. Le consommateur s’y intéresse de plus en plus, il est prêt à contribuer à des filières plus durables. Et nous connaissons les enjeux environnementaux. Avec notre savoir-faire et nos compétences, nous avons l’opportunité de relever ces challenges et c’est le moment de le faire ! ». À ce sujet, si elle prône l’évolution et l’ouverture d’esprit en tant que jeune agricultrice, elle veillera aussi, en tant que syndicaliste, à insister auprès des instances sur un point primordial : pour y arriver, tous les agriculteurs doivent être en mesure de tirer un revenu de leur métier !

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D’ici et d’ailleurs Zoom sur deux jeunes agriculteurs ! Un vent nouveau souffle sur l’agriculture européenne. Les jeunes en sont les premiers acteurs grâce à une vision novatrice et diversifiante du métier d’agriculteur. Pour ce premier numéro, nous avons donné la parole à Doris, en direct depuis la Slovénie, ainsi qu’à Matthieu, depuis son Brabant wallon natal. Tous deux ont l’ambition de reprendre l’exploitation familiale et produisent notamment des fruits. Interview croisée.

DORIS LETINA - 29 ANS Slovénie - Selo Organisation agricole : CEJA + ZSPM (Association de la jeunesse rurale slovène). Qualification : Economie et ensuite qualification en agriculture. Type Exploitation : Production de pommes, châtaignes, prunes.

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Mélanie Favereaux

Julien Hubert

MATTHIEU LEBRUN - 24 ANS Belgique - Piétrebais Organisation agricole : FJA président de Section Locale. Qualification : Bachelier en Techniques et Gestion Agricoles. Type Exploitation : Cultures traditionnelles et arboricoles.

Avant toute chose, Doris, peux-tu décrire le modèle agricole slovène ? Doris : En Slovénie, aucune ferme ne se ressemble. Sur une surface qui représente à peine 70% de la Belgique, nous avons la chance d’avoir les montagnes, les collines, les plaines et la mer. La taille moyenne d’une exploitation agricole est de 7ha et la plupart sont très diversifiées. Nous ne pouvons pas être compétitifs avec les autres pays européens sur la quantité produite, alors nous devons nous démarquer par la qualité et la diversité de nos produits. La qualité est notre force, et elle est d’ailleurs reconnue par les consommateurs. La particularité slovène, c’est la taille des parcelles agricoles. Par le passé, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche avait instauré une loi, qui stipulait que chaque agriculteur qui cédait sa ferme à ses enfants devait diviser chaque parcelle agricole par le nombre d’enfants qu’il avait. Cette loi s’est appliquée sur plusieurs générations, ce qui a mené à avoir de très petites parcelles. Pour vous donner un exemple, sur ma ferme de 20 hectares, nous avons plus de 100 parcelles !

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Doris, Matthieu, à quoi ressemblent vos exploitations respectives ? Doris : La ferme est composée de 20 hectares. L’activité principale est la culture de pommes, qui occupe la moitié de la surface. Nous produisons aussi des prunes, des châtaignes, et nous avons quelques terres arables ainsi que des parcelles forestières. Sur nos terres arables, selon les années, nous plantons du tournesol, du potiron afin de faire de l’huile avec les pépins, du blé, du colza, etc.

Matthieu : Je compte m’installer dans les années à venir en reprenant l’exploitation familiale. Pour ce faire, je compte me faire aider par la FJA avec ses conseils en installation et la FWA pour monter mon dossier financier. La Province peut également m’aider dans certaines démarches. Bénéficier des aides à l’installation ne sera pas négligeable pour développer l’activité de l’exploitation quand je m’installerai. Pour le moment, je suis déclaré comme aidant.

Matthieu : Notre exploitation est composée de 110 ha de cultures traditionnelles (céréales, betteraves, pommes de terre, chicons, maïs, colza, …) et de 20 ha de vergers (pommes et poires). En tant que fils d’agriculteur, j’ai toujours été dans ce milieu et j’ai toujours apprécié le travail à réaliser dans les vergers. Celui-ci est certes plus important que dans une spéculation végétale classique mais il est, à mon sens, plus gratifiant. Nous valorisons ce travail en transformant une partie de nos fruits en jus et en le commercialisant en vente directe.

Quelle est votre plus grande fierté ? Doris : Continuer la ferme familiale, que nous avons réussi à développer, tout en la rendant durable et riche en biodiversité. L’été dernier, nous avons repéré une espèce d’oiseau rare et protégée dans nos pommiers, des organisations environnementales se sont alors intéressées à notre ferme et sont venues faire des photos et vidéos, c’était vraiment gratifiant de voir que nous pouvons produire tout en gardant une biodiversité dans nos vergers !

Quand avez-vous prévu de vous installer et comment pensez-vous franchir le pas ? Doris : Actuellement, je suis employée avec mon frère sur l’exploitation gérée par ma mère. Cependant, il reste beaucoup d’investissements à réaliser avant que nous puissions nous installer véritablement. Chez nous, nous avons des chambres d’agricultures qui encadrent les jeunes dans leur demande aux aides à l’installation et qui font du très bon boulot. Cela nous assure un bon accompagnement pour obtenir les aides (45.000€ à titre principal ou les 18.500€ à titre complémentaire), octroyées à l’installation en Slovénie.

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Matthieu : Ma plus grande fierté est de pouvoir succéder à mes parents, tout comme eux l’ont fait avant moi. En effet, je suis fier de pouvoir continuer la ferme, et donc continuer ce que mes ancêtres ont construit jusqu’à maintenant. J’’espère pouvoir la faire évoluer comme chacun d’entre eux l’a fait avant moi. Quels sont vos futurs projets ? Doris : Nous avons pour projet de cultiver des raisins de table, de faire également du jus avec une petite partie de nos pommes. Nous sommes également en train d’installer un système d’irrigation pour les pommes, afin de lutter contre la sécheresse.


Matthieu : Mon principal projet est de pouvoir réaliser l’entièreté de la chaine des fruits directement à la ferme (culture, récolte, stockage, triage) et d’arriver à valoriser notre production dans son entièreté grâce au marché local (vente à la ferme, dans les magasins locaux que ce soit les épiceries ou les grandes-surfaces). Nous sommes aussi en réflexion quant à un éventuel passage au bio pour l’arboriculture. Pouvez-vous donner une définition personnelle du métier d’agriculteur ? Doris : Un agriculteur est quelqu’un qui a beaucoup de compétences, du bon sens, qui ne produit pas seulement de la nourriture mais qui le fait aussi d’une manière passionnée. Matthieu : Pour moi, le métier d’agriculteur, c’est d’abord la base de l’alimentation. Sans notre métier, nous ne pourrions pas nourrir toute la population. C’est aussi un métier de passion qui se transmet de génération en génération, un métier qui permet de voir des choses nouvelles chaque jour. Car en agriculture, chaque jour est différent. Matthieu, sur quel point penses-tu qu’il serait important d’insister auprès des décideurs politiques afin de t’assurer un avenir prospère en tant qu’agriculteur ? Matthieu : Le point qui me semble le plus important serait de pouvoir établir un prix minimum pouvant garantir un revenu équitable pour tous. Je pense qu’il serait également intéressant de pouvoir alléger les démarches administratives liées à la profession.

À PIÉTREBAIS OU À SELO, LES OBJECTIFS SONT LES MÊMES. Optimisation des techniques, augmentation de la biodiversité, s’assurer un revenu correct. Toutes ces finalités représentent nos enjeux d’aujourd’hui et de demain. Comme nous l’a dit Doris, Si tu veux aller vite marche seul, mais si tu veux aller loin marchons ensemble. Appliquons cela dans nos projets et allons plus loin tous ensemble !

Pour le bien-être de votre élevage Optez pour une alimentation naturelle

MODÈLES DIFFÉRENTS, Doris, le mot de la fin pour les jeunes qui ENJEUX SIMILAIRES ! voudraient s’installer ? Doris : « Go for it ! ». L’agriculture n’est pas juste un job, c’est une manière de vivre, il faut être passionné mais il ne faut pas oublier de prendre du temps pour soi, conserver ses relations sociales et également s’investir dans les organisations agricoles. « Si tu veux aller vite marche seul, mais si tu veux aller loin marchons ensemble »

Rue Baron d’Obin 65 4219 Ambresin | Belgique +32 (0)81 856 515 | www.4epis.be 13


L’AVENIR EST UN ŒUF COUVÉ ! Du haut de ses 35 ans, Vincent Lust a déjà bien roulé sa bosse. Depuis quatre ans, il est à la tête de la Ferme Bois du Roi, un élevage de poules pondeuses qu’il a créé de A à Z. Pour en arriver là, il a dû faire preuve de persévérance, tout au long d’un parcours à l’installation qui s’est étalé sur plusieurs années. Une ténacité payante : le voilà aujourd’hui épanoui et plein d’idées dans la tête pour l’avenir ! Rencontre avec un jeune agriculteur passionné et fier de son produit. 14


Gougnies, en plein cœur des campagnes de la commune DES ANNÉES DE CHEMINEMENT de Gerpinnes. C’est ici que la Ferme Bois du Roi est sortie de terre, en 2017. Une installation moderne qui abrite aujourd’hui 31.000 poules pondeuses. Bâtiments spacieux, jardins d’hiver et 13 hectares de parcours enherbé : le bien-être animal est au centre du projet créé par Vincent Lust, un jeune agriculteur inspiré et inspirant. À l’infrastructure d’élevage s’ajoutent un local à œufs hyper équipé (triage, calibrage, stockage des cartons, …) et une fumière pour les effluents d’élevage, vide à l’heure actuelle. Un contrat a en effet été signé avec la commune voisine d’Aiseau-Presles, qui récupère les fientes de poules pour fabriquer de l’énergie dans son unité de biométhanisation. Une collaboration qui s’ancre dans une volonté de diminution de l’impact écologique, au même titre que les 200 panneaux photovoltaïques récemment installés qui couvrent la moitié de la consommation électrique annuelle. « Dès la conception de mon projet, je me suis fixé des objectifs : créer un bel élevage plein air en qualité différenciée pour distribuer des œufs de qualité en circuit-court », explique-t-il. Normes supérieures en matière de bien-être animal, nourriture 100% végétale, eau de boisson biodynamisée, Vincent s’est donné les moyens de ses ambitions pour arriver à obtenir un produit dont il est fier. « Il s’agit de la base à mes yeux. Je veux être fier du produit que je livre moi-même à mes clients ». Plusieurs fois par semaine, Vincent part donc en tournée et livre boulangeries, restaurants, boucheries, magasins à la ferme et commerces locaux. Une tâche gratifiante qui lui permet d’avoir un retour direct sur son produit. L’enseigne Delhaize a également repéré son travail de qualité et distribue ses œufs depuis cette année sous le nom « Ferme du Roi ». Une belle opportunité qui a nécessité l’engagement d’un employé à temps plein.

Petit-fils d’agriculteurs, Vincent est aujourd’hui un jeune entrepreneur épanoui. Mais pour en arriver là, il a dû faire preuve de ténacité. Et fourbir ses armes, également. Après un parcours scolaire dans les secteurs de la boucherie et de l’Horeca, Vincent travaille cinq ans dans une entreprise agricole tout en donnant des coups de mains dans les fermes reprises par ses oncles. Après quoi il s’installe comme indépendant dans les services agricoles. C’est à ce moment-là qu’il débute son projet de création. « J’ai d’abord demandé à mes parents si je pouvais leur racheter les quelques hectares nécessaires. Ils ont tout de suite accepté car ils savaient que ce projet était ma destinée. Je peux donc dire que l’accès à la terre n’a pas été un souci pour moi, et je suis conscient qu’il s’agit d’une chance ». Cela dit, la suite ne sera pas aussi simple. Et notamment au niveau de l’octroi du permis d’urbanisme. Comme souvent pour ce type de projet, les riverains se fédèrent et s’opposent. « À certains moments, j’ai pensé à abandonner. Il y a eu plusieurs rebondissements, avec comme point d’orgue la mise à l’arrêt du chantier alors que les travaux de terrassement avaient débuté. Mais je me suis retroussé les manches, et mes arguments ont fini par l’emporter au Conseil d’Etat, grâce notamment à l’oreille attentive de Carlo Di Antonio, en charge de l’Aménagement du Territoire à l’époque ». Au niveau du crédit, c’est de bonne guerre, il frappe à plusieurs portes. Elles restent toutes closes, hormis celle de Crelan, et plus précisément celle de Thomas Delchambre. « Notre première rencontre date de 2014, et je l’ai vu revenir plusieurs fois à la charge tout au long de son parcours. La qualité de son projet partant d’une feuille blanche et sa ténacité face aux aléas nous ont convaincus », explique l’agent actif à Fosses-la-Ville et Mettet. En cours de route, une réforme de la PAC entre en vigueur

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et la garantie de la Région Wallonne disparait. « Heureusement, cela n’a pas remis en question la parole donnée au niveau du crédit. J’en suis reconnaissant envers M. Delchambre, qui est une personne-clé dans mon parcours, au même titre que la FJA et les personnes qui se sont décarcassées pour m’obtenir des aides à l’installation à hauteur de 70.000€ ou encore monter mon dossier. Frapper aux bonnes portes fait partie des impératifs. Avoir une épouse est important également, et je tiens à remercier la mienne. Sans elle, je n’y serais pas arrivé ».

SE RÉAPPROPRIER SON PRODUIT

En regardant dans le rétroviseur, Vincent est satisfait du chemin parcouru. Mais en bon gestionnaire, il regarde également vers l’avenir. Et les idées ne manquent pas. « Je préfère les garder pour moi à l’heure actuelle. Mon but n’est en tout cas pas de m’agrandir, mais plutôt de maximiser la valorisation de mon produit. Je sais que cela n’est pas donné à tout le monde. Par contre, je suis convaincu que dès que cela s’avère possible, les agriculteurs ont tout intérêt à se réapproprier leurs produits. Avec comme avantages une fierté accrue au quotidien, et une augmentation de la plus-value en diminuant les intermédiaires ». Vous l’aurez compris, la remise en question et la recherche d’améliorations sont permanentes. « Il s’agit de maîtresatouts auxquels nous sommes forcément sensibles », ajoute Thomas Delchambre. « Nous sommes ravis d’intervenir en soutien financier pour la création d’un nouvel outil, mais aussi pour y apporter diverses améliorations liées au développement de l’activité du client. Notre priorité est la relation à long terme, en parfaite concordance avec la stratégie que le client met en place pour chacun de ses investissements. Je tiens par ailleurs à féliciter Vincent pour le dynamisme et la flexibilité dont il fait preuve à chaque instant depuis son installation. Son parcours doit être une source d’inspiration pour tous les porteurs projets ». Pierre D’Hulst

*CONTENU SPONSORISÉ PAR CRELAN

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Un peu de droit… Anne-Sophie Janssens

Le bail à ferme doit être écrit La loi du 04 novembre 1969, modifiée par la loi du 07 novembre 1988 stipulait en son article 3 que le bail à ferme devait être constaté par écrit. Le législateur de l’époque avait déjà donné une préférence pour l’écrit. Cette disposition mentionnait néanmoins qu’à défaut d’écrit, celui qui exploitait le bien pouvait fournir la preuve de l’existence du bail par toutes voies de droit, témoins et présomptions compris. Dès lors que le preneur d’un bail à ferme verbal apportait la preuve du paiement de fermage, il y avait donc bail à ferme. Décret du 02 mai 2019 Un point important de la réforme de la loi est l’établissement de l’écrit. Le législateur wallon a incité les parties à constater leur accord par écrit. Cet écrit sera enregistré et notifié à l’observatoire wallon. Cette notification se fera via le portail de la Région wallonne, wallonie.be. Le déclarant est invité à se créer un profil et à remplir les données demandées. L’authentification via la carte d’identité garantit l’identité du déclarant. Une fois le formulaire complété et envoyé à l’administration, le déclarant reçoit un accusé de réception et une copie de la notification. Contenu L’écrit apporte une sécurité juridique en enlevant toute interprétation possible sur les éléments essentiels du bail1. L’article 3 impose une liste de mentions minimales telles que : - l’identité des parties ; - la date de prise de cours ;

- la durée du bail ; - la désignation cadastrale des parcelles avec mention de la Commune, les références cadastrales ainsi que le nom de la rue ou le lieu-dit ; - le revenu cadastral non-indexé de chaque parcelle louée ; - la région agricole dans laquelle se situe la parcelle. Toute modification apportée au contrat fera également l’objet d’un écrit. Un système de protection a été mis en place pour forcer l’écrit par voie judiciaire. Faute d’exécution dans les 20 jours qui suivent une mise en demeure par envoi, la partie la plus diligente pourra contraindre l’autre partie en saisissant le juge de paix pour la contraindre à dresser l’écrit. Cette procédure n’est toutefois applicable que pour les baux conclus après l’entrée en vigueur du décret, soit après le 1er janvier 2020. Pour les anciens baux, l’offre personnelle de paiement est toujours d’application.

(1) Le modèle type se trouve via le lien https://agriculture.wallonie.be/lebailaferme/generalites ou via l’adresse conseil@fja.be pour conseils individuels. 17


TAURELIER Un métier méconnu au contact des animaux Veiller au bien-être des taureaux et récolter leur semence : telles sont les deux missions principales du taurelier (ou bouvier). Une profession méconnue qui intrigue le grand public autant qu’elle passionne ceux qui se lancent dans l’aventure. Pour la coopérative Inovéo, qui fait partie de l’Association Wallonne des Eleveurs (awé groupe), ils sont plusieurs à se relayer sur les deux sites de Ciney et celui de Wavre. Au total, ils s’occupent quotidiennement d’environ 170 taureaux. Quatre fois par semaine, les bouviers récoltent les semences des taureaux. Pour mener à bien la mission, il faut les acheminer vers la salle de monte et les mettre en situation. Après quoi chacun use de quelques trucs et astuces, comme le fait de créer une ambiance musicale pour éviter que les taureaux ne soient dérangés par d’autres bruits, ou encore créer un effet de groupe pour faire monter la tension. Une fois prêts, les taureaux sont placés devant un boute-en-train. La récolte du sperme peut alors avoir lieu, puis les laborantins se chargent de contrôler la qualité de la semence et la conditionner. Il s’agit là d’un vrai travail d’équipe. À côté de cette tâche spécifique, le métier de taurelier comprend également toute une série de missions liées au bien-être des pensionnaires : les laver tous les jours, parer leurs pattes, les nourrir, les pailler et s’occuper des prairies et des clôtures.

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UN MÉTIER EXIGEANT MAIS PASSIONNANT

Devenir taurelier peut très vite se révéler passionnant : il y a le contact avec ces taureaux, qui sont impressionnants de par leur musculature et leur majestuosité, mais il y a aussi le plaisir de travailler avec l’élite belge de notre race locale, la race Blanc-Bleu Belge. Mais il est vrai que ce métier implique également certaines contraintes : tout contact en-dehors du centre avec des bovins, des porcs et des moutons est interdit, ou alors il faut respecter une période de 72 heures avant de reprendre le travail. Les deux tâches ne sont pas compatibles pour des raisons sanitaires évidentes. En effet, l’homme peut être porteur et vecteur de maladies, qu’il peut ensuite transmettre aux bovins. C’est notamment le cas pour l’IBR (Rhinotrachéite infectieuse bovine). Le travail au niveau des cultures est par contre tout à fait compatible avec le métier de taurelier, sans restriction sanitaire. Cela dit, si cette contrainte relative aux biongulés peut sembler assez lourde, on constate néanmoins que certains taureliers qui se destinaient à la reprise de l’exploitation familiale sont toujours là, fidèles au poste, après de longues années.

UNE VIGILANCE DE TOUS LES INSTANTS

La proximité avec les taureaux comprend bien évidemment des risques qui demandent une vigilance de tous les instants, afin d’éviter un accident si vite arrivé. Par exemple une charge ou se faire écraser. C’est pour cette raison que les opérations au contact direct des animaux sont effectuées à deux, outre la présence de certains aménagements dans chaque espace pour limiter les risques. Mais au-delà de ces risques inhérents à la profession, c’est avant tout la passion qui guide ceux qui se destinent à une carrière de taurelier, qui permet de créer des liens privilégiés avec un animal aussi noble et aussi prestigieux : le summum de la race Blanc-Bleu Belge, qui s’exporte partout dans le monde. Vu cette demande croissante en croisement, nous sommes continuellement à la recherche de taureliers. N’hésitez pas à nous contacter pour de plus amples renseignements ou pour nous faire part de votre intérêt.

Offre d’emploi Dans le but de renforcer ses équipes, Inovéo scrlfs recherche:

UN TAURELIER (H/F) POUR WAVRE ET CINEY (TPLN OU TPTL) DESCRIPTION DE LA FONCTION: •Prendre soin au quotidien des taureaux •Participer aux collectes des taureaux •Participer aux tournées de garde organisées au sein de l’équipe •Entretenir les bâtiments COMPÉTENCES REQUISES: •Formation agricole •Etre capable de manipuler correctement les bovins •Etre capable de surveiller l’état de santé des animaux •Aptitude à travailler en équipe Contrat: salarié (Temps plein ou temps partiel) Intéressé(e)? Envoyez votre CV et lettre de motivation à l’attention de Madame Catherine LATOUR.

Coordonnées: INOVÉO SCRLFS chemin du Tersoit 32 5590 Ciney Tél: +32 83/68.70.70 Fax: +32 83/68.70.39 Email: clatour@awegroupe.be www.awenet.be 19


PAC Guillaume Van Binst

Olivier Plunus

La FJA plaide pour une véritable définition de l’agriculteur actif La réforme de la PAC doit prendre effet au 1er janvier 2023. Comme on en a l’habitude maintenant, cette réforme engendra des évolutions majeures pour le quotidien des agriculteurs mais ne sera certainement et malheureusement pas gage de stabilité économique et administrative. Les aides accompagnant ces mesures, continueront à être capitales pour tenter d’assurer la viabilité économique des exploitations agricoles wallonnes. Par ailleurs, et alors que le financement de la « transition » restera une nouvelle fois le parent pauvre de cette réforme, ces aides seront également davantage orientées vers de nouvelles mesures destinées à renforcer les réponses apportées par les agriculteurs aux enjeux environnementaux. Au-delà des mesures en tant que telles, sur lesquelles nous aurons encore l’occasion de revenir, un enjeu essentiel est de définir « l’agriculteur actif », soit in fine déterminer qui doit pouvoir bénéficier de ces aides publiques. Pour la FJA, la réponse est claire.

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Le 25 juin dernier, soit 3 ans après les premières propositions de la Commission européenne, les représentants des trois institutions européennes (Conseil, Parlement et Commission) réunis en « trilogues », sont parvenus à un accord sur la prochaine PAC qui s’appliquera de 2023 à 2027. Afin de rendre la mise en œuvre effective au 1er janvier 2023, chacun des Etats Membres (des Régions en Belgique) travaillent à l’élaboration de leur plan stratégique comprenant les objectifs, les mesures, les moyens alloués, les réalisations attendues et les indicateurs à vérifier. Le Plan stratégique que la Wallonie mettra en place devra préalablement faire l’objet d’un accord au sein du Gouvernement wallon, être soumis à diverses études et consultations, avant l’ultime étape de validation par les services de la Commission européenne. La FJA s’est déjà exprimée sur le fait que cette nouvelle méthode engendrera de nouveaux risques de distorsions de concurrence entre Etats Membres plus ou moins « ambitieux » sur telle ou telle mesure. Ce dégagement de la responsabilité de l’Union européenne vers les Etats Membres est, quoiqu’il en soit, une nouvelle étape évidente vers une

renationalisation de cette politique qui apparait, au fil des réformes, de moins en moins stratégique pour l’UE. La FJA craint par ailleurs que le nouveau modèle de mise en œuvre proposé aille plutôt dans le sens opposé des objectifs de simplification pourtant nécessaires de la PAC. Il faudra être attentif à ce que ce nouveau système ne se fasse au détriment des agriculteurs et ne nuise à l’efficacité de la PAC. L’élaboration du plan stratégique wallon entre aujourd’hui dans sa dernière phase. Il résulte d’une large discussion entre toutes les parties prenantes, en ce y compris avec les organisations environnementales, pilotée par l’Administration sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture et de la Ministre de l’Environnement compétente toute une série de mesures du 2ème Pilier. La FJA, en tant qu’organisation agricole reconnue, participe activement à ces discussions et est particulièrement attentive aux aspects qui concernent directement les jeunes agriculteurs et leur installation.

Qui doit bénéficier des aides PAC ? Les paiements directs découplés constituent le principal instrument de stabilisation du revenu de la PAC actuelle. Ce sera encore le cas pour la future PAC. La FJA est déçue de constater l’absence de réflexions et de propositions qui viseraient à moderniser et à réorienter cet important outil. En effet, le système de paiements découplés de la production : • Ne constitue plus la réponse appropriée aux fluctuations des marchés et aux baisses prolongées et répétées des prix que nous connaissons depuis plusieurs années ; • Engendre une capitalisation du montant des paiements directs dans le prix de la terre, ce qui contribue notamment aux pratiques de majorations illégales des fermages et plus globalement à l’accroissement de la pression foncière ; • Conduit au maintien d’agriculteurs en activité bien au-delà de l’âge légal de leur pension. Pour ces raisons, la FJA regrette qu’il n’y ait eu aucune évolution vers la mise en place progressive de nouveaux mécanismes d’attributions des aides, de type contracycliques, indépendantes des hectares éligibles et plus flexibles pour faire face aux variations et aux baisses des cours des matières premières agricoles.

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Renforcer la définition de « l’agriculteur actif » Le maintien du système d’attribution des paiements directs découplés rend d’autant plus indispensable le renforcement de la définition de « l’agriculteur actif ». Pour la FJA, l’objectif principal de cette définition est de permettre de différencier les agriculteurs qui exercent une profession au sein d’exploitations (qui peuvent avoir des tailles, des modes de productions et de commercialisation divers) de ceux qui ont une activité de loisir, de prestation de service, de rente ou de placement.

L’enjeu principal est un enjeu financier, d’utilisation équitable des aides de la PAC, et de transparence vis-à-vis des citoyens européens, dans un contexte marqué par la diminution de ce budget public. Aux yeux de la FJA, pour être considéré comme « véritable agriculteur », il serait nécessaire de respecter plusieurs conditions : • Disposer d’une formation minimale en agriculture ou, à défaut, d’un nombre suffisant d’années d’expérience pratique ; • Démontrer que les activités de production sont prépondérantes et qu’une partie substantielle du temps de travail sur l’exploitation est assurée par l’agriculteur lui-même. • Disposer des moyens de production nécessaires et exercer un réel contrôle effectif de son exploitation. Cela pourrait être démontré

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par un droit de jouissance (bail à ferme, droit de propriété) sur un pourcentage minimal de la SAU exploitée ; • Ne pas disposer simultanément d’une pension de retraite et d’aides PAC. L’objectif serait que, par le biais d’un ou plusieurs de ces critères, ne soient pas considérés comme « véritables agriculteurs » : • Les sociétés de prestations de services : sociétés de gestion foncière et entreprises de travaux agricoles ; • Ceux qui détiennent un droit sur le foncier (qu’ils soient propriétaires ou preneurs) sans avoir de cheptel ou de matériel en lien avec les productions pratiquées ; • Ceux qui détiennent un droit sur le foncier (qu’ils soient propriétaires ou preneurs) et qui confient la gestion de leurs terres à des prestataires de services (sociétés de gestion foncière) ; • Ceux qui ne consacrent pas un certain volume d’activité et qui ne dégagent pas un certain niveau de recettes agricoles par rapport aux recettes extérieures. Il conviendra toutefois d’être attentif à ce que cette définition n’aboutisse pas à décourager ou empêcher les installations progressives ni à exercer le métier d’agriculteur avec un certain niveau de pluriactivité. Bien entendu, chaque critère pris isolément ne pourra pas, à lui seul, résoudre l’épineux problème de la distribution des aides PAC. C’est l’addition de plusieurs critères qui devra décourager ceux que nous pourrions qualifier d’«opportunistes » à ne plus confisquer une partie substantielle des aides PAC. La FJA est consciente que la mise en œuvre et le contrôle de ces critères ne sont pas choses aisées. Cependant, à un moment où les agriculteurs, et en particulier les jeunes agriculteurs, vivent une situation économique extrêmement compliquée et que les budgets de la PAC sont en constante diminution, il est du devoir des pouvoirs publics d’orienter et de concentrer les aides vers celles et ceux qui exercent réellement une activité agricole.


La question des pensionnés Le système de paiements directs découplés de la production (et lié aux « hectares admissibles ») tel qu’existant, conduit (notamment) au maintien d’agriculteurs en activité bien au-delà de l’âge légal de leur pension. Une des raisons qui motivent ces agriculteurs (preneurs ou propriétaires) à rester en activité est la possibilité pour eux de continuer à percevoir des aides (sans nécessairement produire) tout en bénéficiant de leur pension de retraite. D’après les dernières statistiques disponibles pour l’année 2020, les personnes qui cumulaient l’obtention d’aides PAC et d’une pension de retraite (en comptabilisant les associations dans lesquelles il y avait un agriculteur pensionné « sans jeune ») représentaient 18,45% des agriculteurs wallons et occupaient près de 13 % de la superficie agricole utilisée. Le total des paiements directs qui leur est consacré (annuellement) représente près de 12 % du budget wallon du premier pilier de la PAC. On peut par ailleurs s’attendre à ce que cette problématique s’accroisse à l’avenir vu l’augmentation de l’âge moyen des agriculteurs dans le futur. Sur base de ces constats, la FJA demande qu’il ne soit plus possible de bénéficier à la fois d’une pension de retraite et des droits à paiement. L’enjeu est double. D’abord financier, d’utilisation équitable des aides de la PAC, et de transparence vis-à-vis des citoyens européens, dans un contexte marqué par la diminution de ce budget public. Pour la FJA l’enjeu est également de pouvoir mobiliser les aides vers les plus jeunes agriculteurs tout en contribuant à l’amélioration de la mobilité foncière. La FJA ne tient évidemment pas à créer un conflit de génération ni à stigmatiser les agriculteurs pensionnés mais appelle à prendre en compte la situation catastrophique du renouvellement des générations : a peine 5% des agriculteurs ont moins de 35 ans. Il est donc urgent d’orienter les actions et les moyens prioritairement vers la génération émergente d’agriculteurs qui seront les garants du maintien du modèle d’agriculture familiale que nous défendons.

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Cette volonté de la FJA butte contre ce qui serait perçu par l’Administration wallonne, d’après leurs sources à la Commission, comme discriminatoire ou « non conforme à la Charte des droits fondamentaux de l’UE ». La FJA remet en cause cette analyse car cette Charte (en son article 21) fait référence à l’âge mais non au bénéfice d’une pension (ou au statut social). Le critère « pension » en tant que tel n’est donc pas considéré comme discriminatoire au sens de l’article 21. Nous relevons également qu’actuellement certaines personnes qui ont atteint l’âge légal de la retraite ne bénéficient pas d’une pension de retraite (statut social « pensionnés Y »). Il n’y a donc pas de lien automatique ou systématique entre « pension de retraite » et « âge ». Enfin, notre Administration nous avait rapporté que les services de la Commission avaient précisé qu’il serait toujours possible pour les Etats Membres d’exclure les agriculteurs retraités du bénéfice de certaines aides du pilier 2, comme cela est actuellement le cas. Nous avons demandé pourquoi la Charte des droits fondamentaux de l’UE s’appliquerait distinctement entre les deux piliers, cela nous semblant incohérent ? Nous n’avons pas reçu de réponse claire à cette question. 24

La FJA a par ailleurs récemment attiré l’attention sur la volonté du Ministre et du Ministère de l’Agriculture français de proposer un critère d’exclusion basé sur l’âge (« ne pas être en capacité de bénéficier d’une retraite à taux plein », 67 ans) dans le projet de plan stratégique français qui sera soumis à la Commission. L’un des arguments mis en avant est « qu’un critère d’âge peut être introduit dans la mise en œuvre de politiques publiques dès lors qu’il est justifié par un objectif légitime et que les moyens de réaliser cet objectif sont appropriés et nécessaires. Le renouvellement des générations en agriculture est un objectif légitime qui justifierait la mise en place d’un critère d’âge pour l’accès aux soutiens de la PAC ». La FJA insiste ardemment pour qu’une avancée significative soit engrenée sur la problématique des agriculteurs pensionnés dans le plan stratégique wallon. Vu la moyenne d’âge des agriculteurs actuellement et de son évolution dans les prochaines années, il est primordial que la Wallonie soit proactive sur cette question au risque de voir encore s’empirer la situation du renouvellement des générations en agriculture.


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20 ans de la FJA : quelle belle fête ! 20 ans, cela se fête ! Message reçu 5 sur 5 puisque vous étiez près de 1.200 à Saint Germain le 19 novembre dernier : merci à vous pour votre enthousiasme ! 2 ambiances, des cadeaux et des surprises : tout était réuni pour vivre une grande soirée, et cela a été le cas grâce à vous ! Vous avez mis une ambiance de feu, tant dans la salle principale que sous le chapiteau prévu pour l’occasion. Retour en images sur une soirée d’anthologie au cours de laquelle vous avez également pu découvrir la nouvelle bière de la FJA (Colostrum). Une bière dont nous vous parlerons plus en détail dans le prochain numéro !

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Graine d’avenir Marie Braconnier

Local et de saison : un partenariat dans l’air du temps ! Pour ce premier numéro de « Graine d’avenir », j’ai rencontré Jean-Michel et Laurent pour qu’ils nous parlent de leur partenariat. Vous les avez peut-être déjà vus à la télévision cet été dans l’émission « En route Simone » ! L’un est maraîcher, l’autre est restaurateur, tous deux sont passionnés par leur métier. Ensemble, ils vont nous démontrer qu’il n’y a littéralement qu’un pas entre le champ et l’assiette. Jean-Michel produit des aliments de qualité et Laurent les sublime dans les cuisines de son restaurant et régale sa clientèle. Une association dans l’air du temps : locale et de saison !

Laurent MOUTOY – 27 ans

Jean-Michel BODART – 29 ans

Chef et Propriétaire du restaurant Laurent Moutoy à Gembloux – Cuisine bistronomique Son restaurant est noté au Gault 13/20 et a une Toque ! Son parcours : 2015 – Diplômé de l’Ecole Hôtelière de Namur J’ai fait ensuite fais mes armes dans différents établissements - Chai Gourmand, 1 étoile - Beuzet - L’Essentiel, 2 étoiles - Nice - Château de Strainchamps, 1 étoile - Fauvillers.

Maraîcher du Radis de Saint- Denis Maraîchage diversifié de petite surface Son parcours : – Erasmus à Prague – Stage en Afrique 2017 – Diplômé Ingénieur Agronome « C’est suite à ces expériences que j’ai pris conscience que c’était ici, en Belgique, près de mes proches et de mes racines que j’avais l’ambition de créer quelque chose ». 2017 – Début de l’activité maraîchère en activité complémentaire. « Je disposais d’une très petite surface de terre. Les ouvrages de Jean-Martin Fortier et Elie Coleman m’ont beaucoup inspiré. Le maraîchage était une évidence pour moi, au sein d’une « ferme » à taille humaine, agroécologique et durable ». 2020 – Agrandissement de la surface de culture - Maraîcher à temps plein

2015 - Création de ma société de traiteur et d’événementiel 2019 - Ouverture de mon restaurant. Il était temps pour moi de poser mes bagages et de proposer mon univers culinaire.

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Jean-Michel, Le maraîche est-il ton activité principale ? J’ai commencé en tant qu’indépendant complémentaire : pendant 3 ans, j’ai conservé un emploi à temps plein et je développais le maraîchage après journée. En août 2020, j’ai été licencié suite à la crise sanitaire. J’ai alors décidé d’agrandir la surface cultivée et j’envisage aujourd’hui d’en faire mon activité principale. Peux-tu nous décrire tes installations ? Elles sont plutôt sommaires : 550m2 de serres, irrigation par aspersion en plein champ, irrigation gouttes à gouttes en serre. Je fais un travail du sol superficiel et j’utilise beaucoup d’équipements manuels. Le tracteur n’est pas au centre des travaux. Quelles cultures retrouve-t-on au Radis de Saint-Denis ? Je cultive environ 40 variétés : beaucoup de légumes à cycle court, des cultures à haute valeur ajoutée telles que le mesclun, les tomates et les concombres. J’évite les cultures plus longues et plus exigeantes en termes d’espace telles que les choux. As-tu des animaux également ? Oui, j’élève également des lapins, des poules, des poulets et des cochons pour ma propre consommation. Cela me procure non seulement de la viande de qualité pour toute l’année mais aussi du fumier pour les parcelles maraichères. Les légumes invendus participent à l’alimentation de mes animaux. Ainsi, la boucle est bouclée. Quels ont été les éléments qui t’ont aidé dans la mise en place de ton projet ? Ma localisation est certainement un atout. En effet, les habitants de La Bruyère sont sensibles au soutien des petits producteurs désireux de fournir des aliments de qualité à la communauté. Par ailleurs, l’expérience de deux ans que j’ai vé-

cue dans une ferme m’a permis d’acquérir des connaissances qui me sont utiles. Cela m’a ouvert l’esprit sur certaines problématiques tout en m’offrant l’opportunité d’étoffer mon carnet d’adresse dans le domaine agricole. À l’inverse, quels ont été les obstacles au développement de ton projet ? C’’est clairement le fait de démarrer sans aucune notoriété. J’ai mis un certain temps à me créer une clientèle. Il faut également souligner que j’ai fait le choix d’utiliser peu de matériel motorisé, ce qui ne m’a pas facilité la tâche. Et pour la suite, quels sont tes projets ? J’aimerais continuer à évoluer et développer mon projet pour pouvoir en vivre pleinement. J’ai aussi pour ambition de m’associer à d’autres producteurs locaux à l’avenir et de travailler davantage avec des restaurateurs. À quoi ressemble ta journée type ? Deux jours par semaine sont dédiés aux récoltes et le samedi matin à la vente. Pour le reste, les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est ça qui est beau dans ce métier. Quelle est ton activité préférée en tant que maraîcher ? Celle que tu aimes le moins ? Ce que j’aime le plus, c’est la vente, le contact avec les gens, cette proximité avec la communauté. En revanche, j’aime moins le désherbage. Tout se fait manuellement/mécaniquement. C’est un travail sans fin, éreintant physiquement et mentalement. Quelle est ta plus grande fierté ? Ce que tu aimerais améliorer ? Je suis fier du projet dans sa globalité et du retour des clients. Par contre, j’aimerais allonger ma saison culturale afin de proposer des légumes frais tout au long de l’année.

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Selon toi, quelle est la plus grande difficulté des maraîchers à l’heure actuelle ? Trouver une clientèle qui soit prête à mettre le prix pour des légumes de haute qualité ! Le prix que l’on met dans des légumes issus d’une exploitation comme la mienne n’est pas juste une rémunération du temps de travail ou des charges. C’est aussi donner sa confiance et faire vivre quelqu’un dont la passion est de nourrir ses concitoyens avec des produits de qualité. Quel élément a été le plus inattendu dans le développement de ton activité ? Le succès exponentiel (rire) Qu’est-ce que les clients recherchent en venant chez toi ? Qu’est-ce qui les fidélise ? Les gens viennent chez moi pour la fraicheur et le goût des légumes cultivés naturellement. En achetant mes produits, ils savent aussi qu’ils participent à une autre forme de consommation, plus responsable et plus proche du cycle naturel des saisons. Les clients reviennent car je propose un large choix de légumes. Certains saluent d’ailleurs la variété de produits que je parviens à produire sur une petite surface. De plus, le cadre est accueillant, l’ambiance est bon enfant et conviviale. Ce petit marché sur site créé une très forte proximité avec et entre les clients.

Laurent, Comment qualifierais-tu ta cuisine ? Je dirais qu’elle est authentique et locale. Je propose une cuisine aux saveurs de chez nous, où plaisir et partage sont les maîtres mots. Je crée des assiettes avec un goût de « reviens-y », un peu comme la cuisine de nos grands-mères mais mise au goût du jour. Quel message veux-tu faire passer à travers ta cuisine ? Je veux mettre en valeur les produits du terroir et montrer qu’il est possible de manger varié tout en mangeant local et de saison. Quel produit préfères-tu travailler ? Les produits de la terre et les poissons. Ce sont deux produits plus difficiles à exploiter chez soi. À la maison, on achète une salade, des tomates, un saumon surgelé sans trop savoir comment les décliner pour en retirer le meilleur. Prenons par exemple la tomate : on peut travailler l’eau de la tomate, l’épluchure et les pépins, de plein de façons. De même le poisson peut se déguster cru, mi-cuit ou en croute de sel, … Il y a tellement de possibilités !! Est-ce compliqué d’utiliser des produits locaux et de saison en tant que chef ? Si oui, niveau prix, logistique, offre, etc. ? Car on a l’impression que peu de restaurateurs font cette démarche…. Non, il faut un bon partenariat, quelqu’un de confiance et surtout suivre la saison et écouter son maraîcher. Je travaille le produit en fonction de ce que la terre m’offre et de la qualité de la récolte. Mes cartes sont établies en fonction des produits que Jean-Michel me propose.

Vous souhaitez découvrir les produits de Jean-Michel ou déguster la cuisine Bistronomique de Laurent ? LE RADIS DE SAINT DENIS Rue de Beauffaux 63, 5081 La Bruyère Facebook : Le Radis de Saint Denis Instagram : Le_radis_de_saintdenis RESTAURANT LAURENT MOUTOY Chaussée de Wavre 7, 5030 Gembloux Facebook : Restaurant Laurent Moutoy Instagram : laurent_moutoy_restaurant 30


Le partenariat Comment vous êtes-vous rencontrés ? Laurent : On a fait l’Athénée de Gembloux ensemble il y a 10 ans et nous nous sommes retrouvés un peu par hasard via Facebook il y a 2 ans. Comment est né votre partenariat ? Jean-Michel : Laurent me suit depuis mes débuts sur Facebook et m’a contacté cette année pour entreprendre un partenariat tout au long de l’année Laurent : Un appel, une visite du lieu, une découverte des produits et c’était parti !!!

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Quels sont vos projets ? Laurent : Nous aimerions continuer notre aventure avec plus de personnalisation : choisir des variétés et déterminer des quantités ensemble. Ainsi, je pourrais travailler en 100% local et uniquement avec les produits de chez Jean-Michel. Quelles dispositions avez-vous prises pour surmonter la crise sanitaire ? Jean-Michel : Hormis des normes d’hygiène, rien n’a changé pour ma part. Au contraire, je pense que la crise a participé à un succès croissant cette année. La vente des légumes se fait en plein air. Je pense que les gens avaient besoin de quelque chose de simple, d’un retour à quelque chose de terre à terre.

Je ne sais pas si c’est pour le cadre, pour les produits ou pour les deux mais la crise a clairement amené plus de monde chez moi. Laurent : Des vidéos pour mettre en avant mes plats, des partenariats et une bonne communication. Est-ce que les clients adhèrent et se tiennent au défi du « manger local et de saison » ou ont-ils plutôt tendance à « compléter » leurs emplètes de grande surface avec tes produits ? Jean-Michel : Mes clients ont ce déclic, font l’effort de consommer un maximum local et de saison mais je ne saurais pas proposer une gamme infinie de légumes à tout moment de l’année. J’ai bien entendu moins de légumes (quantité et diversité) en basse saison et beaucoup de gens ne sont pas encore totalement prêts à abandonner la diversité des grandes surfaces durant l’hiver. Laurent : Pour ma part, je pense que les citoyens complètent avec les supermarchés, mais ils sont de plus en plus nombreux à être sensibles aux produits locaux et de saison. Cela dit, ils ne sont pas encore assez nombreux.

Bon appétit Le Rutabaga

RECETTE ET ASTUCES Ingrédients : 2 rutabagas, 2 carottes, 1 oignon, 1 pomme de terre, ail, 200ml de bouillon de légumes (ou cube), huile d’olive, sel, poivre et herbes de Provence. Le rutabaga est un croisement entre un chou et un navet. Cultivé en automne et en hiver, il a un goût assez prononcé, des arômes puissants et des notes terreuses. C’est pour cela qu’il est souvent associé à des ingrédients plus sucrés ou d’autres légumes à la saveur plus douce. Il peut se décliner de plusieurs façons pour régaler tout le monde, et notamment en poêlée !

Ecraser la gousse d’ail au fond d’une cocotte, la recouvrir d’un généreux filet d’huile d’olive. Couper les rutabagas, les carottes, l’oignon et la pomme de terre en petits dés. Placer le rutabaga dans la cocotte, verser le bouillon et mettre chauffer. Après ébullition pendant 10 minutes, ajouter les carottes. 5 minutes plus tard, ajouter l’oignon et la pomme de terre. Laisser mijoter à feu moyen pendant 10 à 15 minutes en remuant de temps à autre. 31


100 ans… L’Ecole Provinciale d’Agronomie et des Sciences de Ciney fête ses 100 ans Ce vendredi 12 novembre, notre école a fêté cent ans d’histoire ! Cette journée fut l’occasion de mettre en perspective les préoccupations qui étaient celles de nos prédécesseurs depuis 1921 et celles qui nous animent aujourd’hui, en 2021, en particulier à l’heure où s’initie la réforme du Pacte d’excellence ainsi que la nécessité de viser l’excellence pour l’enseignement qualifiant. Une journée d’anniversaire fêtée en deux temps

Une centaine d’invités ont participé à la séance académique au théâtre communal de Ciney. Celle-ci s’est déroulée en présence des représentants du Pouvoir organisateur de l’école qu’est la Province de Namur, ainsi que des ministres de l’agriculture fédéral et régional. Dans le public, des étudiants et enseignants d’hier et d’aujourd’hui de même que l’ancien directeur, Jacques Warnier. Des capsules vidéo ont rythmé la séance : des anciens élèves ont partagé des souvenirs de leur passage à l’EPASC et présenter leur parcours professionnel. Les participants à cette cérémonie ont pu par la suite visiter une exposition retraçant le siècle d’existence de notre école. En soirée, le public a pu assister à une conférence intitulée « Agriculture et changement climatique : enjeux et perspectives ».

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100 ans dans le rétroviseur de l’EPASC

En 1921, la Province de Namur achète le Domaine de Saint-Quentin pour y ouvrir l’Ecole Moyenne Professionnelle d’Agriculture. Les étudiants, au nombre de 40, y suivent une formation pendant 2 ans en vue d’obtenir un certificat de qualification. On y parle également de l’école ménagère pour les jeunes filles issues de la campagne, afin de les préparer à leurs tâches de ménagère et de fermière. Très vite, le projet pédagogique est élargi : enseignement secondaire de type1, études scientifiques de transition (options sciences agronomiques et sciences appliquées), enseignement professionnel et techniques, 7ième années complémentaires et plus récemment ouverture de l’enseignement en alternance. Sans oublier, un premier degré complet et autonome !


En parallèle, au niveau du site Saint-Quentin, les vieilles étables sont transformées, des infrastructures modernes et diversifiées sont construites (Internat, locaux de cours, restaurant scolaire, hall de mécanique, hall de sport, serres chauffées, étables, poulailler, …). Force est de constater que ces 10 décennies sont le résultat d’une action concertée et appropriée aux besoins de celles et ceux qui considèrent que l’agriculture, l’horticulture, la mécanique, l’environnement, les sciences et tous les métiers dits du secteur vert représentent toujours un enjeu majeur en termes de formation humaine, scientifique et professionnelle.

Un établissement scolaire en phase avec son temps

L’EPASC offre aujourd’hui des filières de formation très diversifiées de qualification et de transition. Cette année, 725 élèves se sont inscrits dans cette école centenaire, dont 300 sont internes. Du côté du personnel, on dénombre environ 160 personnes !

L’enseignement qualifiant doit rester ambitieux, avec une formation en phase avec les réalités du monde professionnel. Il faudra encore intensifier les collaborations avec les partenaires et poursuivre le développement des infrastructures et des équipements. L’ouverture au monde via les échanges internationaux doit se poursuivre ! Encore d’autres projets traduisent la volonté des acteurs de l’EPASC à s’adapter, à renouveler et à évoluer en permanence ! Bref, vous l’aurez compris, l’EPASC à Saint-Quentin est une marque de fabrique scellée dans un siècle d’existence ! Elle représente un ensemble de valeurs dont chacun peut être fier ! Notre école a été et est un véritable tremplin pour des milliers de jeunes aujourd’hui installés dans des secteurs très diversifiés. Françoise Deliège, Chef des travaux

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Reprendre le contrôle de ses finances par la diversification, le B.A.-ba d’un monde agricole qui évite les crises Ça y est, le moment est arrivé de reprendre la ferme familiale ! Entre les acquis et les projets futurs, le plan est beau et ambitieux. Mais, alors que vous passez aux détails pratiques, une question vous traverse l’esprit : comment éviter les crises qu’a connu « l’agriculture à papa » ? Car, entre l’effondrement du prix du lait, la vache folle et la peste porcine, le secteur agricole a connu plus de haut et de bas qu’une montagne russe de fête foraine un samedi soir. Se lancer dans ce secteur, est-ce vraiment une bonne idée ? Évidemment ! Les perspectives sont bonnes et les possibilités nombreuses… Pour celui qui sait les saisir et saura repenser son exploitation.

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Vous l’avez compris, on ne veut plus penser le monde agricole comme un monde qui subit. Entre les innovations technologiques et la redynamisation de la campagne, il suffit presque d’avoir l’esprit entrepreneurial pour pouvoir complètement repenser son modèle agricole. Les success stories à la belge s’enchainent de plus en plus et ont souvent comme point commun la volonté de ne plus dépendre d’un marché toujours plus gourmand pour voir arriver la fin du mois. Autre similitude : ce sont souvent de jeunes agriculteurs qui façonnent leurs productions pour être en phase avec leur époque. Et ça fonctionne ! Le Belge aime consommer belge, que ce soit pour son alimentation (le local a le vent en poupe depuis quelques années maintenant), ses achats (Made In Belgium devrait être votre argument de vente numéro 1), ses vacances (les confinements l’ont prouvé) ou ses loisirs (puisque ce satané virus est une source d’incertitude constante). Les possibilités de se vendre « autrement » sont toujours plus nombreuses pour un agriculteur audacieux. Et si c’était vous, ce MacGyver agricole ?! Se diversifier, ce n’est pas simplement créer un à-côté secondaire et accessoire. C’est voir sa ferme ou son terrain sous un nouveau jour. Vous avez peut-être déjà pensé aux drones pour votre production, aux satellites pour votre champ ou aux applications smartphone pour votre gestion, mais pourquoi ne pas, en plus, profiter de vos terrains ou créer une plus-value propre sur votre production ?

de votre production et augmenter cette somme en créant un produit nouveau, original et maison. L’avantage de cette formule est qu’elle ne demande pas forcément de grands investissements : vous pouvez très bien créer une petite production limitée destinée à mettre du beurre sur les épinards et à adoucir les fins de mois. Vous pouvez aussi voir les choses en grand et rediriger toute votre production vers une transformation « maison » en créant votre marque ou votre produit unique. À vous la casquette d’entrepreneur ! Enfin, vous pouvez vous concentrer sur la fin de la chaîne et ouvrir un magasin en circuit court. Vous seriez alors le chainon central entre le client et le monde agricole et augmenteriez vos profits et ceux de vos collègues agriculteurs en court-circuitant les grosses filiales et les grandes surfaces. Et si la place vous manque, vous pouvez toujours penser aux colis et vendre vos produits sans lieu de vente. Les petits plus : le contrôle sur les différents prix et coûts, le rapport au client, le boom actuel pour le local Les points d’attention : l’augmentation du temps de travail ou la nécessité d’embaucher, la place pour les machines ou le local de vente

Produire, transformer, vendre : le circuit court comme moteur de l’agriculture

Accueillir, louer, partager : la Wallonie comme future place to be

La manière la plus simple de créer une plus-value sur sa production a toujours été de la transformer – et si possible de la vendre soi-même. Le calcul est simple : plus il y a d’intermédiaires (de vente ou de transformation) entre un produit et un consommateur, moins le producteur touchera sur le prix payé par le client. Si, au lieu de vendre du lait à une laiterie - qui le transformera en un produit fini puis l’enverra dans des commerces -, vous transformez et vendez-vousmême votre lait, vous gagnez un contrôle quasi complet sur le prix de vente et le prix de revient. Ce qui signifie que vous pouvez tirer un prix juste

S’il y a bien une chose que les différents confinements ont mis en valeur, c’est que la Wallonie reste une terre de tourisme. Les différentes restrictions de ces derniers mois ont poussé les Belges à redécouvrir leur pays. Et les indicateurs montrent que ce ne sera pas forcément passager et que ce boom de la belgitude n’a rien d’un effet de mode forcé : la Wallonie plaît et le plat pays séduit les touristes d’ici ou d’ailleurs. Et s’il y a une augmentation de la demande d’offre touristique, il y a une offre à proposer et une opportunité à saisir. Une superbe occasion de transformer un bâtiment inoccupé en hébergement touristique ! Faire d’une vieille grange un gîte ou rentabiliser

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une ferme trop grande en ouvrant des chambres d’hôtes dynamise une exploitation, crée une attractivité et change le visage de la campagne. Rénover est souvent nécessaire, alors pourquoi ne pas le faire avec un objectif précis, celui d’accueillir des touristes et de rentabiliser l’investissement réalisé ? Une aventure s’ouvre alors à vous, pleine de découvertes, de rencontres et de partages. Le tourisme rural séduit un toujours plus grand nombre, pourquoi ne pas en profiter ?! Les retombées économiques peuvent être très intéressantes et vous permettraient de vous tourner vers l’avenir de manière plus sereine. Les petits plus : les rencontres, la rénovation d’un espace, l’attrait des touristes pour la Wallonie Les points d’attention : les travaux parfois conséquents

scolaires, cette nouvelle activité pourrait bien remplir votre agenda et vous donner un bol d’air financier ! Les petits plus : le plaisir de partager, l’animation dans la ferme, la joie des enfants Les points d’attention : un local couvert et aménagé, les sanitaires

Les loisirs, les salles, les restaurants… Mille manières de transformer votre exploitation

Montrer, expliquer, animer : à la découverte des fermes pédagogiques Et si vous repensiez votre ferme comme un grand terrain de jeux et de découvertes pour les plus petits ? Une ferme pédagogique est une exploitation en activité comme une autre à la seule exception qu’elle accueille de manière régulière des classes, des familles ou des groupes d’enfants pour leur faire découvrir la vie à la ferme, leur montrer les animaux, leur expliquer les saisons… Si vous avez l’âme d’un pédagogue et le goût du partage, cette diversification est faite pour vous ! Entre les anniversaires à la ferme, les stages de vacances et l’accueil de groupes

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Entre les loisirs à la ferme (des golfs champêtres aux sentiers pieds-nu en passant par… Le lancer de hache !), la location de salle de réception (encore une belle manière de rentabiliser ses avoirs immobiliers), les restaurants à la ferme, l’agriculture sociale… Il y a mille manières de repenser « son » agriculture et de transformer sa ferme. En 2021, créer une structure multiforme apparaît de plus en plus comme une évidence. L’agriculture de demain sera une agriculture aux mille visages qui façonnera la campagne de ses multiples activités. Et si c’était ça, la solution pour un secteur tourné vers l’avenir ?

Ces idées vous intéressent ? Ça tombe bien, Accueil Champêtre en Wallonie est la structure phare en Wallonie pour tout ce qui touche à la diversification agricole. Vous avez une idée ? Nous avons l’expérience. Et si on en parlait ? Accueil Champêtre en Wallonie info@accueilchampetre.be +32 (0) 81 627 454 www.accueilchampetre-pro.be www.accueilchampetre.be


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Sudoku

Di iculté: Facile

Vérification des erreurs

À vos bics ! Quiz

Sudoku.com by Easybrain

1)

Selon la légende, quel savant grec s’est écrié « Eureka » en prenant son bain ? a. Archimède b. Hérodote c. Thalès d. Pythagore

3)

Quel pays a remporté la coupe du monde de football en 2014 ? a. L’Italie b. L’Allemagne c. L’Argentine d. Le Brésil

2)

« On ne laisse pas bébé dans un coin » : dans quel film trouve-t-on cette réplique ? a. Flashdance b. Sexy Dance c. Dirty Dancing d. La Fièvre du samedi soir

4)

Que signifie l’adjectif volubile ? a. Qui parle beaucoup b. Qui parle peu c. Qui est agressif d. Qui est gros et gras

Le don du Bonheur Tout le monde aime les roses, mais rares sont ceux qui aiment les feuilles. C’est ordinaire d’aimer le magnifique, mais c’est magnifique d’aimer l’ordinaire. Inconnu

Mots mêlés

Vivement Maintenant !

Réponses (1) : a - c - b - a

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Coopération… Collectif Stratégies Alimentaires

Pour une agriculture solidaire et durable avec les agriculteurs familiaux

Le Collectif Stratégies Alimentaires et la Fédération des Jeunes Agriculteurs entretiennent une relation de collaboration depuis plus de 30 ans. Différents événements et rencontres ont déjà vu le jour suite à des séances de travail communes pour répondre à certains besoins des membres de la FJA. Mais pour rappel : qu’est-ce que le Collectif Stratégies Alimentaires ?

Le Collectif Stratégies Alimentaires (CSA) est une organisation non gouvernementale (ONG) qui œuvre depuis plus de trente ans à la défense de l’agriculture familiale. L’une de ses missions principales est d’appuyer différentes organisations paysannes (OP) à travers le monde et de les accompagner dans la poursuite de leurs objectifs. En effet, le rôle des organisations paysannes n’est pas à négliger, car elles assurent un rôle de représentations politique et professionnelle et appuient elles-mêmes directement les producteurs.

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À côté de son appui aux OP, le CSA tient également à mettre en place régulièrement des dynamiques solidaires entre acteurs du Nord et du Sud concernés par l’agriculture et l’alimentation. Cette solidarité passe par une reconnaissance de la diversité des situations, par une compréhension des enjeux communs et par une coopération, tant sur le plan politique que sur le plan opérationnel. A noter que certaines problématiques rencontrées par les jeunes agriculteurs du Nord sont également rencontrées par ceux du Sud, comme l’installation des jeunes agriculteurs, le financement des exploitations, la recherche de financement, l’intégration dans les marchés, etc. Pour faire avancer les choses tous


ensemble, divers types d’activités sont organisés, tels que des formations, du renforcement organisationnel et institutionnel, du plaidoyer, des rencontres et des échanges ou encore des visites de terrain. Car nous en sommes convaincus : la collaboration entre agriculteurs est une des clés pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels ils sont confrontés ! Un séminaire international sur les systèmes alimentaires durables

Le séminaire annuel organisé par la FJA, l’UAW, la FWA et le CSA vient d’avoir lieu. Il a porté cette année sur les systèmes alimentaires durables. Alors que la crise du Covid a ramené l’attention sur la fragilité des systèmes alimentaires mondiaux, c’est au tour des Nations unies d’organiser cette année leur sommet annuel sur les systèmes alimentaires durables. Ce sommet s’est tenu fin septembre et a permis de mettre

en avant l’importance des systèmes alimentaires dans l’atteinte des objectifs de développement durable, mais aussi de lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde. C’est dans ce sillage que nous avons choisi de traiter cette thématique. Conscient du caractère complexe et multifactoriel de l’agriculture et de l’alimentation, le séminaire a abordé sous différents angles la thématique. Ainsi, la relocalisation de l’alimentation, la durabilité technique des systèmes agricoles ou encore la transformation et la distribution ont fait partie des grands thèmes de la journée. La force du CSA est de pouvoir faire échanger OP du Nord et du Sud afin d’établir un agenda commun de travail/d’action. L’objectif de l’exercice était donc de réfléchir à des systèmes alimentaires durables qui prendraient en compte les contraintes des agriculteurs du monde. Trop de transitions se sont faites en excluant les premiers concernés ; si nous voulons une transition, nous la voulons inclusive pour l’ensemble des agriculteurs !

Voyage d’études JAP – SAJA – CSA au Sénégal

La matinée de cette journée était dédiée à des mises en contexte de la situation actuelle des systèmes alimentaires. Deux expertes ont présenté les enjeux à différentes échelles territoriales en balayant la situation d’un niveau international à un niveau wallon. Les OP ont ensuite eu l’occasion de présenter leurs revendications, après quoi il a été discuté de durabilité technique, de transformation, de distribution et de relocalisation. Suite à ces apports théoriques, la journée s’est poursuivie par des activités pra-

tiques. Des sous-groupes de discussion et de réflexion ont permis de présenter des projets innovants en la matière, du Nord comme du Sud, mais aussi et surtout de stimuler les échanges sur les contraintes que rencontrent les OP dans la mise en place de projets. Une journée enrichissante sur le plan des apports et du contenu !

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L’actu des sections Succès massif pour le retour des CMJ

C’est avec une joie intense et un enthousiasme exceptionnel que nous attendions tous le retour des CMJ dans le paysage festif des sections locales. Malheureusement, la levée tardive des mesures sanitaires n’a pas permis le déroulement complet du calendrier. Toutefois, nous avons pu y (re)goûter brièvement le temps de deux dimanches, et non sans plaisir. Organisés par les sections provinciales de Namur et du Luxembourg, les deux événements nous ont rappelé à quel point cette ambiance est identitaire de la FJA !

Une nouvelle section locale à Chimay

La FJA est heureuse de vous annoncer une naissance : celle de la section locale de Chimay ! À l’origine de l’initiative, on retrouve James Pirson, qui souhaite rassembler les jeunes ruraux de la région chimacienne et promotionner l’agriculture, ressource indéniable de la Botte du Hainaut. Une première réunion a eu lieu le 5 novembre dernier, elle a rassemblé une trentaine de personnes. L’enthousiasme est donc de mise ! Félicitations et bon succès !