Epiaison #002

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#02 - 05/2022

Dossier PAC

Rencontre avec Philippe Albert

D’ici et d’ailleurs


L’équipe administrative

Le Bureau National 2

Steve Pierre Vice-Président Jeune agriculteur Ardennes luxembourgeoises

Guillaume Van Binst Secrétaire Général

Olivier Plunus Suivi des politiques agricoles

Mélanie Favereaux Gestion du centre de formation

Anne-Catherine Dalcq Vice-Présidente Jeune agricultrice Hesbaye brabançonne

Julien Hubert Animation des structures

Olivier Collignon Animation des structures et installation en agriculture

Harmonie Baudoin Formation - Coordinatrice stages agricoles

Robin Vanneste Vice-Président Jeune agriculteur Région sablolimoneuse hennuyère

Léa Rouxhet Stagiaire

Valentine Beyens Formation

Valérie Michaux Détachée pédagogique

Damien Grenson Vice-Président Projet d’exploitation familiale Zone herbagère liégeoise

Anne-Sophie Janssens Juriste – Pôle Conseil

Pierre D’Hulst Communication

Séverine Yernaux Secrétaire administrative


Edito Guillaume Van Binst Secrétaire Général Vos retours positifs suite au lancement de notre magazine nous rendent encore plus enthousiastes au moment de vous faire parvenir ce second numéro. Pour débuter, adressons nos pensées aux jeunes agriculteurs ukrainiens, qui ont été contraints de prendre les armes à défaut de prendre la fourche. Ce conflit nous rappelle aussi qu’être dépendant d’autres régions du monde nous rend tout à fait vulnérable. C’est vrai pour l’énergie, mais aussi pour l’alimentation. La conquête de nouveaux marchés ne doit pas occulter l’objectif premier d’assurer une souveraineté alimentaire à l’Union Européenne au travers de la PAC. En parlant de PAC, vous découvrirez dans ce numéro un large dossier consacré à l’analyse du Plan stratégique wallon, qui traduira la mise en œuvre de la prochaine PAC sur notre sol au 1er janvier 2023. Une des volontés d’Epiaison est également de donner la parole à une personne extérieure au monde agricole. À cet égard, nous avons eu la chance de rencontrer Philippe Albert, qui nous livre sa vision de la profession. Un joli moment de partage à ne pas manquer, « je vous le dit bordel… ». Vous le verrez également, la FJA met le paquet dans sa mission de favoriser l’installation en agriculture en vous proposant désormais la rédaction et l’introduction de votre dossier d’aide à l’installation. Une corde de plus à l’arc de notre Pôle Conseil, qui se veut à l’image de notre organisation : proactif, innovant, et surtout à votre service ! Bonne lecture.

Fédération des Jeunes Agriculteurs Rue Royale, 4 - 5080 Emines Tél. : 081 81 01 01 Mail : info@fja.be Site web : www.fja.be Facebook : FJA - Fédération des Jeunes Agriculteurs + FJA Formations & Informations Twitter : FJA (@fja_be) Instagram : fja.nationale

Sommaire

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PHILIPPE ALBERT

Rencontre avec un homme de valeurs !

LA FJA VOUS ACCOMPAGNE DANS VOS PROJETS Présentation de notre Pôle Conseil

D’ICI ET D’AILLEURS

Zoom sur deux jeunes agriculteurs

DOSSIER PAC

Tout savoir sur le projet de Plan stratégique wallon 2023-2027, mais aussi sur les propositions et réactions FJA

GRAINE D’AVENIR

Quand ferme, ville et différence ne font qu’un !

Editeur responsable : Guillaume Van Binst Rédaction et contact pub : pierre.dhulst@fja.be – 0499/20.63.89 3


L’invité Pierre D’Hulst

Philippe Albert : « Vous faites un métier de fou ! » Avant de devenir une des voix des Diables Rouges et un consultant apprécié, Philippe Albert a connu une carrière de joueur qui l’érige au rang des légendes du football belge. Dans ses analyses footballistiques comme sur le terrain durant sa carrière, il a toujours adopté un style efficace, sans fioritures. Rencontre avec un homme de valeurs !

C’est dans un club de tennis, un sport qu’il pratique assidûment depuis des années, que Philippe Albert a eu la gentillesse de nous rencontrer. S’il a toujours été passionné par la petite balle jaune, c’est bien évidemment le ballon rond qui l’a rendu célèbre ! Le colosse ardennais est un des plus grands défenseurs que la Belgique ait connu. Partout où il est passé, il a su conquérir le cœur de ses supporters. Grâce à son talent, mais aussi à ses valeurs : travail, respect et abnégation. Bref, Philippe Albert est quelqu’un qui ne triche pas. Et cela se confirme aujourd’hui encore dans son rôle de commentateur et de consultant : il y fait le bonheur des téléspectateurs grâce à ses analyses sans détours et à son côté naturel. Le meilleur exemple de cette spontanéité est son fameux « je l’ai dit bordel », sorti dans la foulée du but victorieux des Diables face au Japon lors du Mondial 2018. Une séquence visionnée des milliers de fois, et une réplique devenue mythique qui a d’ailleurs été déclinée à toutes les sauces (sonnerie Gsm, t-shirts et casquettes, …). 4


Philippe, as-tu des origines agricoles ? Non, je suis issu d’une famille ouvrière. Mes parents travaillaient tous les deux à l’usine. Cela dit, j’ai grandi à Bouillon et nous étions entourés de nombreux agriculteurs. Mes parents leur achetaient souvent des produits, et nous avions des relations amicales avec eux. Mon beau-fils est quant à lui issu d’une famille d’agriculteurs, mais il s’est dirigé vers des études d’ingénieur et il ne reprendra pas la ferme familiale. Quelle est ta perception du métier ? J’ai énormément de respect pour cette profession. C’est un métier de fou : il n’y a pas d’horaires, et il faut savoir tout faire. Être agriculteur, c’est plusieurs métiers à la fois au final. Pour moi, c’est un des métiers les plus difficiles, encore plus quand on voit les changements au cours des 20 dernières années. Je suis également attristé de voir que la reprise de la ferme familiale se fait de plus en plus rare. C’est bien dommage. Tu aurais pu envisager de le devenir ? Oui, si j’étais né dans cet environnement, j’aurais pu le devenir. Je n’ai jamais eu peur d’abattre des heures, je pense que j’ai la mentalité pour. Il y a beaucoup de contraintes, mais tu es ton propre patron et personne ne te dit ce que tu dois faire. Je me serais sans doute dirigé vers les cultures. Je n’ai pas la fibre « animale ». Mon épouse bien : nous avons un petit manège avec quatre ou cinq chevaux à la maison. Vois-tu des points communs entre un agriculteur et un footballeur ? La force de caractère, indéniablement. Dans les deux cas, il faut un mental d’acier et il faut accepter de travailler dur. Attention, je parle surtout ici du footballeur d’avant les années 2000. Depuis lors, ce n’est plus la même chose : les joueurs sont nettement plus dorlotés, et l’argent a changé la donne. À mon époque, c’était différent. Des joueurs comme Gerets, Ceulemans, Clijsters et Preud’homme avaient une mentalité d’agriculteur. Avec eux, il fallait bosser d’arrache-pied six jours sur sept. Et le septième jour, c’était le match. Si tu te relâchais à l’entraînement, tu le sentais passer, psychologiquement et physiquement. Mais à leur contact, tu progressais beaucoup !

La notion du travail semble ancrée en toi… J’ai été élevé dans un milieu où on ne rechignait pas à la tâche. C’est différent pour moi aujourd’hui, c’est peut-être un peu plus cool dans le sens où je ne fournis plus un travail physique. Mais à partir de mes 18 ans, j’ai bossé dur. Le footballeur a la chance de faire un des plus beaux métiers du monde, mais si c’était si facile, tout le monde le ferait… Et avant de devenir consultant, j’ai aussi travaillé un peu plus de 10 ans en tant que manutentionnaire dans les fruits et légumes. Avec les horaires et les efforts que cela impliquait. J’ai apprécié cette période également, mais lorsque j’ai senti que cela devenait compliqué, j’ai préféré être honnête et arrêter. Une dernière question : nous avons la chance d’avoir une génération exceptionnelle chez les Diables. Lequel aurait pu te dribbler avec des bottes ? Eden Hazard, sans hésitation. Eden, c’est un footballeur hors norme. Depuis qu’il a six ans, il met la gêne à tout le monde avec cette percussion qui le caractérise. En tant que défenseur, il faut pouvoir accepter cela. Cela se passe moins bien pour lui en ce moment, mais il ne faut pas oublier tout ce qu’il a fait : il a collectionné les trophées collectifs et individuels. Et puis en 2018, il était tout simplement le meilleur joueur du monde… Je crains que cela devienne difficile après autant de saisons sans enchaîner les matches, mais je lui souhaite évidemment de revenir à son meilleur niveau, pour lui comme pour nous. Le football a besoin de joueurs comme Eden. Sinon, dans un tout autre registre, j’aurais aimé affronter Romelu Lukaku. Je pense que nous aurions pu nous livrer de beaux duels…

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UNE CARRIÈRE EXCEPTIONNELLE La trajectoire de Philippe Albert est inspirante. Durant toute sa jeunesse, alors qu’il usait ses crampons sur le terrain de Bouillon, rien ne lui prédisait vraiment une telle carrière. Et pourtant… Dès l’âge de 16 ans, il intègre l’équipe première. Il s’y forge un mental d’acier, au fil des nombreux derbys face aux villages voisins. « Lorsque tu débarques dans ce type de matches où l’esprit de clocher est exacerbé et où les contacts sont rudes, il faut répondre présent directement. Cela m’a beaucoup servi par la suite ». À 18 ans, il est repéré par le Sporting de Charleroi qui le convie à un test. Son pied gauche, son jeu de tête et sa taille lui permettent d’obtenir un délai d’un an pour convaincre. « Soit cela se passait bien, soit j’entrais à l’usine avec mon père à la fin de la saison », explique-t-il. La grande aventure pouvait commencer… Il dispute cinq matchs en équipe première en fin de saison, puis ne quittera plus le onze de base durant les quatre saisons suivantes. Il obtient ensuite un transfert vers Malines, alors une référence au niveau belge (89-92), puis se dirige vers Anderlecht (92-94), d’où il traversera la Manche pour rejoindre le Newcastle de la grande époque. Il y restera cinq saisons (94-99), avant de boucler la boucle à Charleroi, où les blessures le contraindront à mettre un terme à sa carrière à l’âge de 33 ans. Il compte également 53 sélections en équipe nationale pour 41 caps, avec cinq buts à la clé et des participations à deux coupes du monde (90 et 94).

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COUP D ŒIL DANS LE RÉTRO… Des souvenirs en tant que joueur, Philippe Albert en a beaucoup. Voici ses trois meilleurs : Ma première sélection chez les Diables Rouges a une saveur toute particulière : elle est arrivée le 29 avril 1987, et mon père comme ma mère sont nés un 29 avril ! C’était le plus beau cadeau que je pouvais leur offrir. Le Soulier d’or en 1992. Quand tu joues encore en deuxième provinciale à 18 ans et que tu remportes le Soulier d’or à 25 ans, tu vois le parcours que tu as accompli. Il ne s’agit pas d’un fait précis, mais plutôt d’une période : les cinq années passées à Newcastle étaient exceptionnelles. J’ai eu la chance d’être coaché par des monstres sacrés comme Kevin Keagan et Kenny Dalglish. Et puis dans l’équipe, il y avait des pointures comme Alan Shearer. C’était une période merveilleuse au cours de laquelle j’ai eu la chance d’affronter des équipes incroyables telles que l’Arsenal de Bergkamp, Overmars et Vieira par exemple. (NDLR : Le Manchester United de Cantona, Beckham et Schmeichel également, à qui il a d’ailleurs infligé un lob mythique que nous vous invitons à découvrir sur Youtube si ce n’est déjà fait).

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REMPLISSEZ VOS FICHES DE CULTURES EN TOUTE SÉCURITÉ Jean-Luc Mehauden est agriculteur à Willaupuis, petit village du Hainaut. Il cultive plus de 35 ha de betteraves, chicorées, pommes de terre, céréales ainsi que du maïs. Les grandes cultures ont des réglementations sur le suivi et l’utilisation de produits phytos ainsi que d’engrais. Toutes ces réglementations deviennent de plus en plus strictes et plus complexes. En tant qu’agriculteur, comment êtes-vous toujours certain d’être en ordre ? Jean-Luc raconte son histoire.

DES RÉGLEMENTATIONS DE PLUS EN PLUS COMPLEXES

UNE ADMINISTRATION FACILEMENT ORGANISÉE

Tout comme d’autres agriculteurs en Belgique et en Europe, Jean-Luc doit se conformer à des réglementations de plus en plus complexes, il est allé chercher une solution afin d’organiser son administration. « Il y a quelques années, j’avais l’impression d’être plus impliqué dans mes papiers que dans mes champs. Heureusement, cela a changé. Depuis 2018 j’utilise CropVision pour mes fiches de cultures et plan d’assolement. Cela me fait gagner beaucoup de temps et donc j’ai moins stress ».

« En début de saison, je prépare mon assolement sur mon PC », poursuit Jean-Luc. « Je l’organise à partir des informations de l’année précédente. Pour le reste de la saison, je peux tout remplir sur mon Gsm. En pratique, je remplis mes fiches de cultures sur mon Gsm lorsque je suis sur mon tracteur, ou lorsque je remplis la cuve du pulvérisateur. A la fin de l’année je peux automatiquement contrôler tout ce que j’ai remplis au cours de l’année et imprimer ma fiche de culture. De cette façon, elles sont toujours en ordre, et cela rapidement et correctement ».

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ean-Luc est un agriculteur passionné : « J’ai toujours rêvé de devenir agriculteur. Je suis très fier d’avoir pu reprendre cette ferme et de continuer son évolution jusqu’aujourd’hui grâce aux différents outils mis à la disposition de l’agriculture et de l’agriculteur ». 8


DES APERÇUS ET CONSEILS TOUJOURS À PORTÉE DE MAIN Mais Jean-Luc tire plus de CropVision que ses fiches de culture. « Non seulement je peux consulter et compléter mes fiches de culture n’importe où et n’importe quand à partir de mon Gsm, mais le logiciel me conseille également sur les produits phytos. Il me dit si le produit est homologué et son dosage autorisé. Les conseils tiennent également compte de toutes les applications phytos qui ont déjà été faites sur cette parcelle afin que je sois toujours dans les normes ».

REPRENDRE LE CONTRÔLE SUR SA FERME Quand on demande ce que CropVision lui a apporté, Jean-Luc est clair: « Je suis très content de CropVision. Cela fonctionne bien, rapidement, intuitivement, le tout à moindre prix. Le logiciel est tout aussi simple à utiliser depuis mon PC que via mon Gsm. Et le service support d’AgroVision est également excellent. Ils sont toujours disponibles et connaissent le monde agricole. J’organise maintenant mieux mes fiches de culture, je peux faire plus de travail au champ et passer plus de temps avec ma famille ».

Commencez rapidement avec CropVision et profitez de la remise de 50%. Êtes-vous intéressé ? Nous sommes heureux de vous montrer les possibilités de CropVision. Demandez une démo via www.cropvision.be/fr ou appelez le 055 230 720

LES AVANTAGES DE CROPVISION P P P P P P P

L’enregistrement rapide et facile de vos cultures Des alertes proactives lors de l’utilisation de produits phyto Des liens simples avec les stations météo de Sencrop et Geobas Vos enregistrements sont automatiquement transférés à la comptabilité de gestion de Ceres Vous répondez à toutes les certifications (Global GAP, sécurité alimentaire, fiche de culture, …) Partage simplifié vers vos clients Disponible sur PC, tablette, smartphone et terminal Trimble

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Graine d’avenir La FJA, un Pôle Conseil étoffé à votre service ! La FJA a toujours mis un point d’honneur à accompagner les jeunes dans leur installation en agriculture. Depuis plusieurs mois, elle a étoffé les services de son Pôle Conseil. Petit tout d’horizon de ce que nos experts peuvent vous apporter. Le Pôle Conseil de la FJA a pour rôle : • d’accompagner le porteur de projet dans sa réflexion • d’apporter des réponses aux questions juridiques, économiques et administratives pré et post installation • de permettre au porteur de projet de finaliser son installation et d’éventuellement solliciter l’aide à l’installation

Les conseils donnés et les recommandations visent à faciliter le processus d’installation. Ils visent également, in fine, à sécuriser au maximum les engagements financiers qui seront pris par le jeune qui concrétise son projet et à assurer la pérennité de l’activité développée.

Olivier Collignon Conseils généraux

Anne-Sophie Janssens Conseils Juridiques

Réservé aux membres Premium 10

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Pr

Pôle Conseil

Nouveau Service Faisabilité économique Concrétisation du projet Rédaction des dossiers ADISA


Les conseils généraux Les conseils généraux s’articulent autour de trois catégories : • La structuration de la réflexion autour du projet d’installation ; • Le relais vers les structures spécialisées ; • L’organisation de séances d’information autour des thématiques de l’installation. 1) La structuration de la réflexion autour du projet d’installation Cette structuration s’articule autour du parcours à l’installation.

Plan de financement

Plan d’investissement

Profil

Projet

Calcul de viabilité

L’objectif est d’attirer l’attention du porteur de projet sur certains points précis en passant en revue toutes les étapes du parcours à l’installation et ce, de la définition du projet et du profil du candidat jusqu’à la concrétisation du projet. Cette démarche permet de cibler les lacunes du projet et/ou les méconnaissances du porteur du projet dans l’un ou l’autre domaine particulier et ce, afin d’alimenter et de susciter la réflexion, et ainsi, consolider progressivement le projet. Cet accompagnement s’organise via un ou plusieurs entretiens individuels ainsi que des échanges téléphoniques et e-mail. Aussi, des fiches thématiques reprenant l’ensemble des étapes du parcours à l’installation et régulièrement actualisées sont mises à disposition, sur demande, pour les membres Premium. 2) Le relais vers les structures spécialisées L’agriculture et l’horticulture sont des domaines larges et variés qui nécessitent des connaissances particulières en fonction des orientations et spéculations choisies.

Finalisation du projet

3) L’organisation de séances d’information autour des thématiques de l’installation Un des objectifs du Pôle Conseil est également d’informer le plus grand nombre de futurs agriculteurs et de vulgariser l’information sur les différents sujets qui concernent l’installation. Dans ce but, des séances d’informations générales ou techniques sur le thème de l’installation au sens large sont organisées. Le public concerné est constitué des élèves des écoles d’agriculture et des participants aux formations A et B, de groupements d’agriculteurs, de groupements de jeunes issus du milieu agricole ou d’opérateurs actifs dans les domaines agricoles/horticoles et dans l’insertion professionnelle. En fonction des demandes et du public concerné, ces séances d’informations peuvent avoir lieu au sein des écoles, ou lors d’animations de réunions.

Il est donc indispensable pour les porteurs de projet de pouvoir contacter ces personnes ressources en fonction des spécificités de leur projet. Le pôle conseil de la FJA joue donc le rôle d’intermédiaire entre le porteur de projet et l’organisme spécialisé.

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canisme sans pour autant négliger les intérêts du cédant. Cette transmission peut être affectée de conditions, de clauses qui protègent le donateur (conservation de l’usufruit, clause de retour conventionnel, interdiction de vente et d’hypothèque à charge du donataire,…). • Accompagnement individuel tout au long du processus de l’installation.

Nouveau service et nouvel engagement Les conseils juridiques Les aspects juridiques liés à l’installation ou reprise d’une exploitation ne doivent pas être négligés. La reprise d’une exploitation agricole est une opération complexe, aux implications diverses. Chaque exploitation est unique et sa transmission doit être abordée de manière singulière, en tenant compte de différents facteurs : la situation familiale, patrimoniale, financière, affective, etc… De par cette singularité, le conseil juridique est individualisé, il s’adapte aux parties et tend à respecter un équilibre entre les droits et les obligations de chacune d’entre elles. Le volet juridique de ce pôle apporte un appui juridique dans les domaines tels que : • La forme sociétale de l’exploitation : sous quelle forme est-il opportun d’exploiter ? Personne physique ou personne morale ? • Statut social du repreneur : une reprise est-elle adéquate ? Le jeune doit-il s’installer comme aidant, salarié avant la reprise ? • Quid des baux à ferme ? Cession des baux lors immédiate ou ultérieure ? Suite à la réforme de la loi sur le bail à ferme, une analyse des différents baux de l’exploitation est réalisée. • Calcul du salaire différé ? Du montant de la reprise, peut éventuellement être déduit le salaire revenant au descendant qui a travaillé dans l’exploitation avant sa reprise. • Convention de reprise ou convention d’association : le pôle conseil peut rédiger la convention qui établira les clauses d’engagement de chacune des parties, organisant leur travail tout au long de l’association. • Transmission d’entreprise : Intrafamilial, la transmission d’exploitation est régulièrement associée à la programmation successorale, et notamment à la transmission d’entreprise au taux réduit, c’est-à-dire 0%. Le pôle conseil apportera une attentive particulière à ce mé-

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Dans l’objectif de toujours améliorer les conseils apportés à ses membres, la FJA a procédé à un nouvel engagement (entrée en fonction prochainement) afin de proposer un nouveau service du Pôle Conseil qui s’articulera autour de trois grandes thématiques : • La faisabilité économique • La concrétisation du projet d’installation • La rédaction des demandes d’aides à l’installation et à l’investissement 1) La faisabilité économique La faisabilité économique est une des principales pierres d’achoppement des projets d’installation ; de nombreux projets ne voient jamais le jour faute d’avoir pu établir une étude prévisionnelle de rentabilité solide. Une étude prévisionnelle de rentabilité permet d’établir la faisabilité économique du projet, de réduire les risques encourus par l’activité et d’obtenir des conditions intéressantes auprès des organismes de crédit et autres créanciers. Ce nouveau service permettra de rédiger avec le porteur de projet le business plan qui comprendra un plan d’investissement, un plan de trésorerie, une étude prévisionnelle de rentabilité et un plan de financement. L’objectif poursuivi sera l’analyse, tant en termes de moyens que de méthodes de production, de la situation de l’exploitation (main d’œuvre, environnement familial, situation des biens fonciers, productions végétales et animales en place, situation juridique, fiscale, …) et l’évaluation des ressources potentielles futures. Cette analyse permettra au porteur de projet de déterminer les principaux risques et les impacts du projet et de ses évolutions probables sur son revenu. Elle aura pour but d’évaluer si ces risques sont « supportables » du point de vue du porteur de projet.


2) Concrétisation du projet d’installation La FJA a constaté que les porteurs de projet à l’installation se sentent très souvent dépassés face à la complexité des démarches administratives à réaliser pour concrétiser leur projet. De même, certains n’ont pas correctement entrepris les démarches et ne remplissent donc plus certaines conditions nécessaires à l’obtention des aides à la première installation. Via une ligne du temps des étapes à réaliser, la FJA proposera un accompagnement où le porteur de projet pourra situer l’état d’avancement de son projet tout en respectant la chronologie des étapes encore à accomplir. Cet accompagnement permettra aux candidats de finaliser leur installation tout en respectant les obligations légales des exploitations agricoles et horticoles et en évitant les embûches liées aux subtilités de certaines législations.

3) Rédaction des demandes d’aides à l’installation et à l’investissement La FJA proposera également un service de consultance pour la rédaction et l’introduction des demandes d’aides à l’installation et à l’investissement. Pour les demandes d’aides à l’installation, le consultant est obligatoire alors que pour les demandes d’aides à l’investissement, le consultant est vivement conseillé.

Pour conclure, sachez également que le pôle conseil est également accessible pour toute question que les membres ou nonmembres (moyennant facturation) se posent dans le cadre de leurs activités agricoles. Envie de profiter de l’expertise de notre équipe ? Ne tardez pas à devenir membre Premium via la plateforme www.jedeviensmembrefja.be et profitez de tous nos services !

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D’ici et d’ailleurs Zoom sur deux jeunes agriculteurs ! Cette fois encore, nous allons vous dresser le portrait de deux jeunes qui ont des histoires différentes mais qui travaillent le même produit. Le fruit de leur savoir-faire remplit nos verres de délicieux bevrages. Si les vignes sont nouvelles chez Simon, chez Samuel en revanche cela fait des générations que la famille les cultive. Interview croisée.

Samuel (à droite) et son frère SAMUEL MASSE – 33 ANS France – Saint Bauzille de Montmel (Hérault) Domaine de Favas Qualification : Master en viticulture et œnologie

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© Régis Domergues - Domaine de Favas

Mélanie Favereaux

SIMON DELFORGE – 31 ANS: Belgique – Fexhe-Slins (Liège) Domaine Tour de Tilice Qualification : Bachelier en Techniques et gestion Horticole Simon et sa compagne

Samuel, avant toute chose, peux-tu décrire les vins du Languedoc ? Les vins du Languedoc sont produits sur un vaste territoire, qui s’étale de Perpignan à Nîmes en couvrant les départements de l’Aude, le Gard et l’Hérault. Les vignobles ont des profils de sols très variés et de nombreux cépages sont cultivés. Cela mène à une forte diversité des vins qu’on peut trouver dans cette région, que ce soit du rouge, du rosé ou du blanc. Enfin, cette région de France est celle qui recense le plus de vignerons indépendants ! Simon, qu’est-ce qui t’a poussé à mettre des vignes ? Comment as-tu mis cela en place ? Cela faisait plusieurs années que j’avais le souhait de me diversifier. Mes parents sont amateurs de vins et organisaient des dégustations entre amis, j’ai donc appris à apprécier le vin. De plus, nous avions des terres bien exposées sur les hauteurs, avec du silex, cela se prêtaient donc bien aux vignes. J’ai suivi une formation d’œnologie au château Massart durant une année. C’était principalement axé sur la dégustation, les différentes régions viticoles, les cépages, les appellations, etc. Par la suite, j’ai suivi un an de cour à l’IFAPME sur

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la viticulture mais cela ne me convenait pas car j’avais besoin d’une formation davantage axée sur la partie chimie et élaboration du vin. J’ai beaucoup appris grâce à la littérature mais également en échangeant avec un œnologue champenois qui nous suit toujours actuellement. Enfin, je travaille avec une personne dans le vignoble et en cuverie. Il a 10 ans d’expérience et nous pouvons échanger facilement nos idées afin d’avancer dans la même direction.

Aperçu du paysage à Fexhe-Slins

Simon et Samuel, à quoi ressemblent vos exploitations respectives ? Simon : Nous cultivons avec mon père une trentaine d’hectares de pommiers et poiriers, une quarantaine de grandes cultures et 5.5 hectares de vignes en mode biologique. Nous avons planté d’abord 2ha de Chardonnay, Johanniter et Muscaris. Ensuite nous avons poursuivi avec 3.5ha de Chardonnay et Pinot Noir. Cette année, nous allons planter 2ha supplémentaires de Pinot Noir.

d’un côté de garantir la vente via la coopérative et donc une sécurité financière. De l’autre côté, nous pouvons proposer nos vins dans notre cave particulière. En plus des vignes, nous avons quelques oliviers, des ruches et des chênes truffiers, mais cela reste de la production pour notre famille. Depuis quand êtes-vous installés et comment s’est déroulé votre installation ? Simon : Après mon graduat en techniques et gestion horticoles, j’ai voyagé pendant 8 mois en Amérique latine avant de m’installer en 2018 sur l’exploitation familiale. J’ai bénéficié de l’aide à l’installation et j’ai obtenu un financement pour investir dans un hall de stockage avec frigo pour nos pommes et poires. Cela nous permet de conserver nos fruits et de choisir le moment pour les vendre, quand le prix nous semble correct. Avant, nous devions louer des frigos pour une partie de notre récolte et le reste devait être vendu directement, ce qui ne nous permettait pas d’obtenir le meilleur prix. Samuel : Après avoir étudié la viticulture et l’œnologie à Montpellier, je suis parti faire un master en marketing ciblé sur l’agriculture à l’Université de l’Ohio (Etats-Unis). J’ai ensuite réalisé un stage dans une exploitation viticole dans le Maryland (Côte Est des Etats-Unis), où je gérais un domaine de 10ha. Dès mon retour en France en 2012, j’ai repris le vignoble familial seul. Je me suis d’abord attelé à la restructuration du vignoble, qui consiste à remplacer les cépages et/ou modifier la densité des pieds de vigne. Ensuite, mon frère m’a rejoint en 2018 et nous avons démarré la vinification d’une partie de notre production. Pour cela, nous avons investi dans du matériel de vinification et rénové un bâtiment pour y installer notre cave.

Samuel : Je cultive 20 hectares de vignes en mode biologique avec mon frère, sur le vignoble familial. Nous sommes d’ailleurs la 22e génération à reprendre ce vignoble, nous avons retracé l’histoire familiale jusqu’aux années 1400 ! 80% de notre production est vendue à une coopérative et nous gardons 20% pour produire nos propres bouteilles. Cela nous permet

Aperçu du paysage au domaine de Favas 16


Samuel : Nous produisons 3 cuvées : - Domaine de Favas Rouge (Grenache noir et Syrah) : une robe Ruby intense, nez de petits fruits rouges et tanins grenus. - Domaine de Favas Rosé (Grenache noir et Syrah) : une superbe robe framboise, nez de notes de fraises et bonbon anglais. - Domaine de Favas Blanc (Grenache blanc et Roussanne) : robe or avec reflets dorés, nez éclatant avec notes de sorbet poire William. Nous avons également deux nouvelles cuvées spéciales, Le Réale et Origine, qui sont élevées en jarres en terres cuites, respectivement 9 et 24 mois. Au domaine de Favas, le vin est une histoire de famille

Quels types de vins produisez-vous ? Simon : Nous produisons uniquement des vins effervescents, selon la méthode traditionnelle. - Cuvée 101 : C’est un extra brut élaboré par l’assemblage de Muscaris, Johanniter et Chardonnay. Il séduit par sa fraîcheur aromatique, quelques notes de fleurs blanches et de pommes Granny. Nous lui avons donné le nom 101 tout simplement car c’est le numéro de la ferme. - Cuvée Chardonnay : c’est un extra brut obtenu par assemblage de nos cuvées de Chardonnay avec un bref passage en fût de chêne. Les bouteilles seront disponibles en décembre 2022. Ces deux cuvées comportent respectivement 4000 et 3000 bouteilles. Nous allons également sortir une bulle rosée et un blanc de noir, réalisés avec le Pinot Noir. Nous espérons les sortir fin 2023 selon nos vendanges.

Le saviez-vous ?

, sont à is les rouges et noirs pr m co y , ns isi ra les Tous ges dits « n de quelques cépa tio ep xc l’e (à c an bl s ju anc proc de noir est un vin bl teinturiers »). Un blan l’occurrouges ou noirs. Ici en duit à partir de raisins ec ses r un blanc de noir av se ali ré va on m Si e, renc blanc est l’inverse, un blanc de À ir. No t no Pi ns isi ra s rouges n blanc. Enfin, les vin produit avec du raisi ents prér coloration aux pigm et rosés doivent leu s raisins. sents dans la peau de

Pour la récolte 2021, cela représente 12.000 bouteilles. Reprendre l’exploitation familiale, était-ce une évidence pour toi ? Simon : Oui totalement ! Je suis né ici, j’ai toujours travaillé avec mon père, que ce soit au champ ou dans les vergers. Après l’école, je fonçais rejoindre mon père. C’était une fierté de reprendre l’exploitation familiale et aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir y habiter avec ma compagne, ma fille et sa petite sœur qui nous rejoindra bientôt. Samuel : J’ai repris l’exploitation de ma grandmère maternelle. Mon père était ingénieur des mines, nous avons beaucoup voyagé durant mon enfance et nous venions en vacances dans le vignoble familial. J’étais le seul petit-enfant à aider mon grand-père dans les vignes mais je ne voyais pas cela comme un objectif de vie. Après mes différentes formations, mes grands-parents devenaient âgés et reprendre ce vignoble est apparu comme une évidence ! Aujourd’hui, je ne me vois pas faire autre chose comme activité. Quels sont vos futurs projets ? Simon : Nous avons déjà pas mal d’activités sur la ferme donc il ne faut pas trop s’égarer. Nous allons nous concentrer sur les vignes pour les futurs projets. Tout d’abord, nous allons poursuivre dans l’élaboration de nouvelles cuvées et la plantation de nouvelles vignes. Nous aimerions aménager une partie des bâtiments de la ferme pour pouvoir recevoir nos clients, organiser des visites, dégustations, séminaires, etc. Nous allons également nous concentrer sur l’aspect commercialisation et marketing, afin de mettre notre produit en avant et trouver des partenaires commerciaux fiables.

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Samuel : Nous ne manquons certainement pas de projets ! Nous cultivons actuellement les vignes en mode biologique. Nous aimerions passer en biodynamie. Mais cette transition ne peut pas se faire du jour au lendemain. Pour cela, nous devons produire nous-même le fumier pour fertiliser les vignes et donc détenir nos propres bêtes. Nous allons travailler en partie en traction animale pour la vendange et le travail entre les lignes. Nous pensons aussi élever d’autres animaux mais en faible nombre. Notre problème actuel est la main d’œuvre, car nous n’avons pas le temps de nous occuper d’un élevage ni les moyens d’engager un ouvrier qualifié. L’idéal serait de trouver un apprenti mais c’est très compliqué à trouver. Nous avons également comme projet de rénover une partie de nos bâtiments pour y installer un caveau de dégustation et une boutique afin d’accueillir les visiteurs. Nous pourrions ainsi être repris dans les circuits touristiques et cela nous permettrait d’augmenter la part de notre récolte que nous vendons directement chez nous. Enfin, nous souhaitons diversifier nos oliviers pour en faire de l’huile, des tapenades et olives de bouche. Notre miel et nos truffes viendraient s’ajouter à cette offre de produits que nous pourrions retrouver dans notre future boutique. Pouvez-vous donner une définition personnelle du métier d’agriculteur ? Samuel : Un agriculteur classique travaille la terre pour nourrir les gens. Nous, vignerons, nous travaillons la terre pour créer des moments de partage, de voyage, de plaisir. Nous avons également le devoir de faire en sorte que les terres laissées à nos descendants soient parfaites et préservées.

Simon : Un agriculteur est quelqu’un de passionné par la terre. Dans le cas de la viticulture, il va transformer et sublimer un produit de base. Il est également là pour préserver l’environnement, entretenir le paysage et permettre aux citoyens d’avoir une nourriture de qualité dans leurs assiettes. D’un point de vue syndical, sur quel point pensez-vous qu’il serait important d’insister afin de d’assurer un avenir prospère aux agriculteurs ? Simon : L’accès à la terre est primordial en agriculture, surtout pour les jeunes qui n’ont pas la chance de pouvoir reprendre le patrimoine familial ! Il faudrait essayer de limiter la hausse des prix influencée par les investisseurs qui n’ont aucun lien avec l’agriculture et qui utilisent les terres agricoles comme placement d’argent. Un autre aspect crucial, c’est d’assurer un marché stable pour les productions. C’est très difficile de gérer les finances d’une exploitation avec des prix fort variables d’une année à l’autre, ou même les demandes de financement auprès des banques. Samuel : J’ai toujours été fort investi dans la défense des jeunes agriculteurs (de l’échelle locale jusqu’au niveau européen avec le CEJA). Il est important de mettre à disposition des agriculteurs tous les outils nécessaires pour gérer les risques auxquels nous faisons face : changement climatique, contraintes sociétales, enjeux économiques, etc. Où peut-on trouver vos bouteilles ? Simon : Nos bouteilles sont en vente directement à la ferme, il faut cependant nous contacter avant pour fixer un rendez-vous pour le retrait. Nous travaillons également avec de nombreux cavistes en région liégeoise. Rue de Tilice 101 4458 Fexhe-Slins www.tourdetilice.be Samuel : Nos bouteilles sont en ventes directement au domaine. Nous avons également un partenariat avec le magasin Racine à Emines, où vous trouverez nos bouteilles. Rue du Roc 1 34160 Saint Bauzille-de-Montmel - FRANCE www.domainedefavas.com

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Rencontre avec notre stagiaire Bonjour à tous, Moi c’est Léa Rouxhet, et je suis la nouvelle stagiaire de la FJA. J’ai 21 ans, j’habite à Ozo, un petit village de la commune de Durbuy. Je suis issue du milieu agricole : mes parents ont une exploitation avec un élevage viandeux (Blanc-Bleu) et laitier (Holstein). À la ferme, le lait est transformé en beurre, fromage, yaourts, glace, etc… Je connais la FJA depuis un petit temps maintenant car je suis dans la section locale de la Nord Lux. Je participe aux différentes soirées que les sections locales organisent ainsi qu’à quelques évènements. Maintenant, grâce à mon stage, je vois comment cela se passe à l’intérieur de la FJA, au contact de l’équipe administrative. J’ai choisi de faire mon stage à la FJA pour plein de raisons : garder une proximité avec le monde agricole, pouvoir en apprendre plus sur cette ASBL, défendre moi aussi les intérêts des jeunes agriculteurs, élargir mes connaissances sur différents sujets et rencontrer de nouvelles personnes. Mais aussi car j’ai plusieurs points

communs avec la FJA. En effet, la FJA est reconnue comme un centre de formation agricole et je suis moi-même en formation dans le milieu agricole : je suis en bac 3 à l’ISIa à Huy. La FJA est également reconnue comme un mouvement de jeunesse et je suis moi-même dans un de ces mouvements, un Patro de la province de Liège au sein duquel je suis animatrice et co-présidente. Par ailleurs, la FJA a aussi une cellule de conseil pour aider les jeunes agriculteurs à s’installer en agriculture et mon travail de fin d’étude parlera lui aussi de la transmission d’exploitation agricole et plus particulièrement sur les transmissions hors cadre familial. Cela va bientôt faire 2 mois et demi que je suis en stage à la FJA et j’ai déjà fait plein de choses comme par exemple organiser les élections provinciales, participer à des réunions, participer au projet « café transmission », assister aux rendez-vous dans le cadre du projet installation, etc… D’ailleurs, si toi aussi tu veux rejoindre cette équipe dynamique et avoir un job polyvalent, n’hésite pas à postuler parce qu’ils sont souvent à la recherche de jeunes talents pour enrichir leur équipe. À très vite, Léa. 19


PAC : Projet de Plan stratégique wallon 2023-2027 Présentation, propositions et réactions FJA

Olivier Plunus

Le 17 janvier 2022, le Gouvernement wallon a adopté le projet de Plan stratégique wallon (PSW) relatif à la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) pour la période 2023-2027. L’accord a ensuite fait l’objet d’une relecture technique par l’Administration pour aboutir, deux mois plus tard, soit le 17 mars dernier, dans la boîte aux lettres de la Commission européenne. Dans ce dossier nous vous présentons les mesures proposées, en rappelant tout d’abord brièvement le cadre réglementaire européen dans lequel elles s’inscrivent. Nous revenons également sur les principales propositions et revendications que la FJA a défendues tout au long du processus de concertation qui s’est étalé sur plus de 18 mois. Vous le verrez, nous relevons plusieurs motifs de satisfaction mais également certaines questions sur lesquelles nous attendons des réponses. Nous devons également malheureusement déplorer qu’aucun des critères proposés pour l’exclusion des bénéficiaires d’une pension de retraite et des sociétés de gestion ne figure pour l’instant dans le projet de définition de l’agriculteur actif. Vous ne serez toutefois pas surpris de lire que cette déception ne signifie pas résignation et que la FJA poursuit son travail pour obtenir des résultats concrets.

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Vous l’aurez compris avant d’entamer la lecture de ce dossier, le processus de validation du PSW est toujours en cours. Certains éléments de contenu des mesures que nous présentons ici de façon synthétique pourraient dès lors encore faire l’objet de modifications. Au moment où vous lirez ces lignes, l’ensemble des organisations qui ont participé au processus d’élaboration auront fourni leurs ultimes remarques et avis sur le projet de PSW du 17 mars. Ces prochaines semaines, le PSW devrait également encore être soumis à enquête publique et faire l’objet d’une étude d’évaluation environnementale. Quant aux services de la Commission européenne, ils disposent désormais de trois mois pour envoyer leur lettre d’observations et de demandes d’adaptations. Ce n’est qu’après ces échéances que de nouveaux échanges seront organisés pour aboutir à l’introduction formelle du PSW « révisé » qui précédera l’adoption définitive.

Le projet de Plan stratégique wallon traduit bien entendu ces évolutions.

Présentation, propositions et réactions FJA

Les objectifs du PSW Pour schématiser le contexte européen dans lequel s’inscrit la future PAC 2023-2027, nous pourrions dire qu’il allie à la fois restrictions budgétaires et ambitions environnementales renforcées, en lien avec le Green Deal. Les Stratégies «De la ferme à la fourchette (Farm to Fork)», « Biodiversité 2030 », et les « Objectifs climat 2030 », ne sont pas (encore) juridiquement contraignantes mais donnent la direction vers laquelle doivent tendre les politiques publiques européennes pour les prochaines années. Il s’agira donc de « faire mieux avec moins ».

Tout d’abord, en ce qui concerne les budgets attribués à la Wallonie, et compte tenu de la période de transition de deux années, qui nous mènera à un démarrage effectif de la PAC au 1er janvier 2023 , le budget total wallon affiche une baisse de 15,1 % en euros constants (c’està-dire en tenant compte de l’inflation). Ensuite, si l’objectif de soutien au revenu des agriculteurs reste bien entendu prioritaire, l’objectif de protection de l’environnement s’est renforcé. Plusieurs nouvelles actions qui ont pour but la lutte contre le changement climatique, la gestion durable des ressources naturelles (eau et sol) et la protection de la biodiversité seront développées. Cela se traduit par un renforcement de la conditionnalité (BCAE) et par la mise en œuvre de ce qui constitue l’une des principales nouveautés de cette future PAC : les Eco-régimes, que nous décrivons dans ce dossier. Enfin, favoriser la reprise et la création d’exploitations par les jeunes agriculteurs fait également partie des objectifs prioritaires du PSW. La FJA salue différentes avancées qui vont dans le sens de revendications portées de longue date et tout au long des discussions. Nous relevons toutefois quelques incohérences entre les ambitions affichées en matière de renouvellement des générations et les budgets programmés, notamment pour les aides à l’installation.

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LES DÉFINITIONS AGRICULTEUR ACTIF Définition obligatoire pour les Etats Membres. Des critères « objectifs et non-discriminatoires » sont à définir. Pour la FJA, l’objectif principal de cette définition est de permettre de différencier les agriculteurs qui exercent une profession au sein d’exploitations (qui peuvent avoir des tailles, des modes de production et de commercialisation divers) de ceux qui ont une activité de loisir, de prestation de service, de rente ou de placement. L’enjeu principal est un enjeu financier, d’utilisation équitable des aides de la PAC, et de transparence vis-à-vis des citoyens européens, dans un contexte marqué par la diminution de ce budget public.

Les personnes qui cumulent l’obtention d’aides PAC et d’une pension de retraite (en comptabilisant les associations dans lesquelles il y avait un agriculteur pensionné « sans jeune ») représentent (2020) 18,45% des agriculteurs wallons et occupent près de 13 % de la SAU. Le total des paiements directs qui leur est consacré (annuellement) représente près de 12 % du budget wallon du premier pilier de la PAC.

Aux yeux de la FJA, pour être considéré comme «agriculteur actif », il serait nécessaire de respecter plusieurs conditions :

Pour la FJA l’enjeu est de pouvoir mobiliser les aides vers les plus jeunes agriculteurs tout en contribuant à l’amélioration de la mobilité foncière.

P Formation Disposer d’une formation minimale en agriculture ou d’une expérience pratique suffisante.

P Liste négative (exclusion de certaines activités) La FJA est favorable à l’extension de cette liste aux sociétés de gestion foncière et aux sociétés de patrimoine. La FJA est défavorable à la proposition d’inclure les activités d’enseignement agricole à cette liste.

P Recettes agricoles (≠ Revenus) « Absolues » → « Production Brute Standard » (PBS ) dégagée par l’exploitation (indépendamment des revenus extérieurs). L’objectif est de « favoriser » les activités productives par rapport aux activités de maintien de la surface agricole dans de bonnes conditions agronomiques. « Relatives » : part des recettes agricoles de l’exploitation par rapport aux recettes non agricoles. Il serait opportun qu’un lissage des variations des recettes sur 3 ans soit prévu. P Moyens de production et contrôle effectif Disposer des moyens de production nécessaires et exercer un réel contrôle effectif de son exploitation. Cela pourrait être démontré par un droit de jouissance (droit de propriété, bail à ferme, contrat de sous-location, contrat saisonnier) sur un pourcentage minimal (20 - 30 %) de la superficie agricole utile (SAU) exploitée. L’objectif est d’exclure les sociétés de gestion.

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P Ne pas disposer simultanément d’une pension de retraite et d’aides PAC Le système de paiements directs découplés de la production (et lié aux « hectares admissibles ») tel qu’existant, conduit (notamment) au maintien d’agriculteurs en activité bien au-delà de l’âge légal de leur pension. Cela a un impact sur le budget PAC (en diminution) et conduit également à freiner la mobilité foncière au détriment des jeunes agriculteurs.


P Critère qualification (formation et expérience) : disposer d’une formation minimale ou à défaut, d’un nombre suffisant d’années d’expérience pratique. Enseignement à orientation agronomique

Enseignement à orientation non agronomique

Tableau : « Formation et expérience pratique minimale requises » - Définition « Agriculteur Actif » Projet PSW

Formation

Cours B

Expérience pratique

Master ou bachelier

-

-

CESS technique de transition

-

-

CESS et CQ6

-

-

CESS ou CQ6

oui

-

Master ou bachelier

oui

-

CESS

oui

-

Aucune

oui (si pas expérience pratique)

3 ans (si pas cours B)

P Liste négative : aucun critère qui permettrait l’exclusion des pensionnés et des sociétés de gestion.

L’absence actuelle de critères qui permettraient l’exclusion des bénéficiaires d’une pension de retraite et des sociétés de gestion est une déception. Les déclarations du Ministre, que ce soit lors de la conférence de presse du Gouvernement wallon du 17 janvier ou devant les Parlementaires réunis en Commission Agricole du Parlement wallon du 24 février, laissaient entrevoir une possibilité de traduire l’accord politique du Gouvernement wallon dans les faits.

La voie fédérale : « aides PAC → pas de pension » Rappelons enfin que la FJA a également demandé que l’autre voie qui pourrait conduire à l’interdiction de cumul des aides PAC et du bénéfice d’une pension de retraite soit explorée. Celle-ci, qui est du ressort du Service Fédéral des Pensions, consisterait à ce que l’agriculteur ne puisse pas obtenir sa pension tant qu’il demeurerait « agriculteur actif » en activité.

Des discussions juridiques informelles ultérieures en auront décidé autrement. La FJA continue à plaider pour que l’accord pris par le Gouvernement wallon soit respecté et demande que ces critères soient formellement soumis à l’analyse juridique européenne. Enfin, la FJA regrette qu’aucun des autres critères proposés n’ait été retenu. En l’absence d’extension de la liste négative aux sociétés de gestion foncière et aux sociétés de patrimoine, la FJA demande que le critère « moyens de production et contrôle effectif » soit proposé pour être formellement soumis à l’analyse européenne.

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JEUNE AGRICULTEUR La définition du «jeune agriculteur» est déterminée de manière à ce que soient prises en compte: - une limite d’âge supérieure située entre 35 et 40 ans. - les conditions à remplir pour être «chef d’exploitation». - la formation appropriée ou les compétences requises, déterminées par les États membres.

P Limite d’âge de 40 ans maximum (avoir moins de 41 ans) au moment de la demande d’aide. P Modification de la définition du « contrôle effectif » : suppression de la condition « agriculteur à titre principal » pour permettre l’installation progressive. P Harmonisation du critère formation P1 et P2: favorable aux conditions de formation telles que définies actuellement pour l’accès aux aides ADISA 1ère installation. - Age : être âgé de moins de 41 ans (40 ans + 364 jours) au moment de l’introduction de la demande - Critère qualification (formation et expérience) : Tableau : « Formation et expérience pratique minimale requises » - Définition « Jeune Agriculteur » Projet PSW Formation

Cours B

Enseignement à orienta- Master ou bachelier tion agronomique CESS technique de transi- tion

Expérience pratique -

CESS et CQ6

-

-

CESS ou CQ6

oui

2 ans

oui

2 ans

oui

2 ans

?

?

Enseignement à orienta- Master ou bachelier tion non agronomique CESS Aucune

La FJA constate que rien n’est prévu à défaut de l’une des qualifications reprises dans cette liste. Pour ces situations, la FJA demande que l’obligation de détenir un certificat de formation post-scolaire de type B soit assorti d’une obligation de posséder une expérience minimale de 5 ans. La possibilité pour le jeune agriculteur d’être auditionné par un Comité du type « Comité d’installation » qui pourrait attester ou valider l’expérience pratique devrait également être prévue. 24


LES PAIEMENT DIRECTS (PILIER 1) Doté d’une enveloppe de 1,328 milliard d’euros sur 5 ans, et entièrement financée par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), le premier pilier de la PAC vise à garantir le revenu des agriculteurs tout en soutenant la transition environnementale et climatique via les Eco-régimes.

Tableau : Répartition des moyens budgétaires (€) du Pilier 1 de la PAC 2023-2027 pour la Wallonie (Source : Gouvernement wallon)

PAIEMENT DE BASE ET CONVERGENCE INTERNE P La convergence des droits au paiement doit débuter en 2023 pour atteindre une valeur de minimum 85 % du montant unitaire moyen prévu en 2026, par paliers potentiellement différenciés.

P L’« aide de base au revenu » est un paiement découplé annuel par hectare admissible.

P Limitation possible du plafond individuel de pertes à maximum 30 %.

P Une convergence partielle est prévue (méthode « tunnel ») :

P Favorable à une convergence progressive et partielle pour que l’atterrissage se fasse de la façon la plus douce possible : arriver à un droit au paiement de base (DPB) équivalent à minimum 85% du DPB en 2026.

P Le montant unitaire moyen prévu varie de 112,5€ par droit (2023) à 108,5€ par droit (2027).

- Les droits les plus faibles arriveront à un DPB équivalent à minimum 85% du DPB moyen en 2026.

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- Le « plafond arithmétique » serait situé à 114% du montant du DPB moyen actuel (estimé à 112,5 €). - Aucun plafond de réduction maximum n’est proposé.

P Plafonnement du montant du paiement de base au revenu (donc hors paiement redistributif, paiement jeune, aides couplées et éco-régimes) à 100.000 €/exploitation. P La réduction du montant du paiement de base au revenu excédant 60.000 € sera appliquée selon les tranches suivantes : - réduction de 30% pour la tranche comprise entre 60.000 € et 75.000 € ; - réduction de 85% pour la tranche comprise entre 75.000 € et 100.000 €.

PAIEMENT REDISTRIBUTIF P Les Etats membres doivent consacrer 10 % du premier pilier aux paiements redistributifs.

RÉSERVE ET TRANSFERT DES DROITS

P Favorable à cette mesure qui répond à l’objectif de soutenir des revenus agricoles viables.

P La réserve est utilisée, en ordre prioritaire pour les jeunes agriculteurs.

P Demande de conserver le déplafonnement par Unité de Travail (UT) sans augmentation du plafond du nombre d’hectare (30 ha) ni du budget.

P En cas de reprise d’exploitation, le transfert des droits n’est pas automatique. Celui-ci doit être demandé via un formulaire.

La FJA se réjouit que les jeunes agriculteurs continuent à être prioritaires pour l’accès à la réserve.

P Augmentation du budget à 19,5 %. P Montant du paiement redistributif : ± 139 €/ ha pour les 30 premiers hectares. Déplafonnement conservé.

PAIEMENT JEUNE AGRICULTEUR PLAFONNEMENT ET DÉGRESSIVITÉ P Base volontaire pour les Etats membres. P Limiter le paiement de base à 100.000 € d’aide par exploitation. P Réduire les aides de maximum 85% du montant à partir de 60.000 €. P Possibilité de déduction préalable des coûts salariaux (avant application de ces règles).

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P Minimum 3 % du budget du P1 doit être consacré au financement de cette “Aide complémentaire au revenu pour les jeunes agriculteurs”, de l’aide à l’installation et du “bonus jeune” des aides aux investissements P Aide annuelle octroyée à l’hectare (nombre d’hectares non défini) pour une durée de 5 ans maximum


P Budget : demande d’augmentation. Il s’agit d’une aide importante pour la sécurisation et la stabilisation du revenu des jeunes agriculteurs davantage fragilisés en cas d’aléas. Un mécanisme permettant de dépenser la totalité du budget chaque année doit également être prévu. P Nombre d’hectares éligibles à revoir à la hausse.

P Augmentation du budget à 2,9 % P Jeune agriculteur ˂ 41 ans à la 1ère demande (et non plus à la date d’installation). P Maximum fixé à 100 droits par exploitation (vs 90 ha). P Nouveau : 2 paliers afin de renforcer le soutien aux exploitations de taille moyenne : • Un premier palier de 0 à 50 ha : aide de 140 €/ha. • Un deuxième palier de 51 à 100 ha : aide de 80 €/ha. P Aide octroyée pour 5 ans maximum. P Mise en place d’un mécanisme de flexibilité nécessaire pour éviter la sous-consommation des fonds.

Tableau : Exemples du montant total du paiement jeune agriculteur qui sera perçu dans le cadre de la PAC 2023-2027 comparativement à la programmation actuelle. Exploitation (SAU)

Montant à percevoir PAC 2023-2027 (€)

Montant perçu PAC actuelle (€)

Pourcentage d’augmentation

64 ha

8.120 €

5.760 €

+ 41 %

8.100 €

+ 35%

100 ha (maximum éligible) 11.000 € La FJA se réjouit de l’augmentation du nombre de droits éligibles et du renforcement du budget.

La FJA est satisfaite de l’augmentation du nombre de droits éligibles et du renforcement du budget. La FJA se réjouit qu’un mécanisme d’ajustement du montant de l’aide soit prévu afin que la totalité du budget annuel fixé soit dépensé (redistribution annuelle des budgets non-utilisés sur l’ensemble des jeunes agriculteurs). Il s’agissait d’une revendication que la FJA a portée depuis le début des discussions.

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AIDES COUPLÉES

AIDE COUPLÉE VACHES VIANDEUSES

P Aider des secteurs ou productions à remédier

P Budget : 18 % du P1 (vs 18,8%).

aux difficultés rencontrées par l’amélioration de la compétitivité, de la durabilité ou de la qualité. P Max. 13% du budget du 1er pilier + 2% pour les protéagineux mais dérogation pour les Etats membres qui consacraient plus de 13% aux aides couplées dans la PAC précédente.

P Opposition à la réduction de l’enveloppe destinée à financer les aides couplées. Il n’est pas incompatible d’avoir à la fois des aides couplées pour soutenir les revenus des éleveurs et d’encourager, via les éco-régimes notamment, ceux qui veulent augmenter la part de prairie ou mieux leur autonomie fourragère. P Dispositif essentiel au maintien de l’élevage, dans les zones où les contraintes pédologiques ou climatiques sont plus fortes. P Modalités d’octroi des aides couplées vaches viandeuses: • Suppression des références: défavorable. Il s’agit d’un signal d’encouragement à la production. Alternative: revoir et adapter les conditions d’accès à la réserve, notamment pour les nouveaux entrants. • Nombre d’animaux admissibles à l’aide: - Age : favorable à la suppression du plfond de 84 mois vers 120 mois si le système des références est maintenu. - Nombre minimum de vêlages: 75 % - Nombre de veaux détenus pendant min. 3 mois consécutifs multiplié par 3. • Limitation du nombre animaux primés: défavorable à la proposition de « 100 / UT » car pénalisant pour les jeunes agriculteurs qui vont effectuer leur « deuxième phase » d’installation.

P Maintien du budget de 21,3 %. P Durant la période 2023 – 2027, tout excédent provenant d’une consommation incomplète des enveloppes des aides couplées alimentera l’enveloppe des éco-régimes : • 50% vers l’Eco-régime « maillage écologique ». • 25% vers l’Eco-régime « prairies permanentes ». • Le reste sera réparti en fonction des besoins. 28

P Modalités d’octroi: • Suppression des références. • Le nombre d’animaux admissibles à l’aide est le plus petit des 3 nombres suivants : - Age : nombre de femelles de type viandeux âgées de minimum 18 mois et maximum 120 mois. - Nombre minimum de vêlages : 75% (soit nombre de vêlages x 1,33) (vs 50 % ou x 2 actuellement). - Nombre de veaux détenus pendant au minimum 3 mois consécutifs, multiplié par 3 (vs 25 % ou x 4 actuellement). • Maximum de 145 animaux admissibles par unité de travail (personnes physiques titulaires à titre principal ou conjoint(e) aidant(e)). P Montant unitaire maximum : 178 €/animal.

La FJA est satisfaite du maintien de cette aide à un niveau comparable à celui de la période de programmation actuelle. La FJA regrette toutefois la suppression des références. Les jeunes agriculteurs et ceux installés depuis moins de 10 ans seront tous impactés négativement par cette disposition.

AIDE COUPLÉE VACHES MIXTES

P Budget : 1,26 % du P1 (vs 1,2%). P Modalités d’octroi: • Suppression des références. • Le nombre d’animaux admissibles à l’aide est le plus petit des 3 nombres suivants : - Nombre de femelles de type mixte. - Nombre de veaux détenus pendant au minimum 3 mois consécutifs, multiplié par 2. • Maximum de 100 animaux admissibles par unité de travail. P Montant unitaire maximum : 150 €/animal.


AIDE COUPLÉE VACHES LAITIÈRES

ECO-RÉGIMES

P Budget : 1,16 % du P1 (vs 1,1%).

P Mesures destinées à renforcer les réponses apportées par les agriculteurs aux enjeux environnementaux de la PAC: objectifs « D » « E » et « F » : lutte contre le réchauffement climatique, protection des ressources naturelles, biodiversité.

P Modalités d’octroi: • Suppression des références. • Le nombre d’animaux admissibles à l’aide est le plus petit des 3 nombres suivants : - Nombre de femelles de type laitier. - Nombre de veaux détenus pendant au minimum 3 mois consécutifs, multiplié par 10. - Nombre de vêlages (100% de vêlage). • Maximum de 50 animaux admissibles par unité de travail (vs 100 actuellement). P Montant unitaire maximum : 25 €/animal. AIDE COUPLÉE OVINS

P Budget : 0,24 % du P1 (vs 0,2 %). P Modalités d’octroi: • Suppression des références. • Le nombre d’animaux admissibles à l’aide est le nombre minimum journalier de brebis éligibles de plus de 6 mois, observé durant la période de rétention. • Plafond maximum : 400 brebis admissibles par agriculteur. P Montant unitaire : 27 €/animal (brebis de plus de 6 mois). AIDES COUPLÉES POUR LES PROTÉAGINEUX Objectif général : soutien aux protéagineux autonomie alimentaire. Prime à l’hectare : pois protéagineux d’hiver et de printemps, fèves et féveroles d’hiver ou de printemps, lupin, soja, lentilles, pois chiches et fenugrec. Sans contrainte environnementale. Montant : 300 €/ha. La FJA estime que cette mesure est intéressante ; Le développement des cultures de protéagineux contribuera en effet au renforcement de l’autonomie fourragère et participera à l’indispensable diminution de la dépendance de l’UE aux importations de protéines végétales, et en particulier du soja.

P 25% du budget du P1 – Mise en œuvre obligatoire pour les Etats membres. P Facultatives pour l’agriculteur – annuelles.

P Les jeunes agriculteurs de la FJA sont prêts à poursuivre leur travail, et à faire évoluer leurs pratiques en vue d’atteindre ces importants objectifs environnementaux mais regrettent et dénoncent le problème de financement de la « transition » : ces nouvelles mesures ne sont en effet pas assorties de budgets spécifiques complémentaires. P Demande de privilégier les éco-régimes accessibles au plus grand nombre d’agriculteurs, en veillant à une bonne répartition entre orientations technico-économiques, agronomiquement pertinents et suffisamment attractifs pour susciter l’adhésion la plus large possible. Sans quoi les bénéfices environnementaux escomptés ne seront pas atteints. Propositions de 5 Eco-régimes (ER): «Couverture longue des sols », « Cultures favorables à l’environnement », « Maillage écologique », « Prairies permanentes », et « Réductions d’intrants ». ER «COUVERTURE LONGUE DES SOLS » P Ratio de sol couvert (par rapport à la surface totale) durant la période hivernale allant du 01/01 au 15/02. P Hectares couverts = Intercultures longues avant culture de printemps + cultures d’hiver + prairies temporaires + prairies permanentes + cultures pluriannuelles avec couvert permanent. P Premier travail superficiel du sol possible dès le 15 janvier – sans destruction chimique.

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P Aide en fonction de seuils : Ratio de sol couvert (%)

Montant de l’aide (€/ha exploitation)

70 % + 0,1*proportion PP et/ou PT

15 €/ha

80 % + 0,1*proportion PP et/ou PT

30 €/ha

90 % + 0,05*proportion PP et/ou PT

45 €/ha ER « MAILLAGE ÉCOLOGIQUE » P Encourager le maintien et le développement des zones favorables à la biodiversité.

Pour la FJA, cette mesure représente un intérêt à la fois pour la protection de l’eau, la lutte contre l’érosion et le maintien de la biodiversité. Les montants actuellement proposés semblent toutefois trop faibles pour avoir un réel effet incitatif pour l’adhésion des agriculteurs. Le problème de la gestion du monitoring (télédétection ?) tout en conservant l’objectif de simplification administrative reste également à clarifier.

ER « CULTURES FAVORABLES À L’ENVIRONNEMENT » Objectif général : promouvoir des cultures favorables à l’environnement de par leurs qualités intrinsèques. P Montant aide : 300 €/ha - 3 variantes de cultures: - Légumineuses fourragères : luzerne, sainfoin, lotier et autres protéagineux à l’exception du trèfle, du pois protéagineux, du lupin, de la fève, de la féverole et du soja (déjà reprises dans le soutien couplé). - Cultures moins intensives : céréales de printemps (froment, orge, triticale, avoine, seigle, épeautre) et chanvre, orge brassicole, sarrasin, quinoa, caméline, millet, engrain, tournesol. - Cultures en mélange : céréales avec légumineuses (récolte > 15/06). P Interdiction d’insecticides (ni pulvérisation, ni enrobage). Les semences enrobées seraient permises pour « cultures moins intensives », uniquement en 2023 et 2024. P Maximum (plafond) 30% des terres arables avec minimum de 1 ha et maximum de 50 ha.

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P Prise en compte de surfaces non productives (SNP) et d’éléments structurants du paysage (ESP) : arbres, haies, mares… + zones refuges en prairies + parcelles engagées dans les Eco-régimes + MAEC en culture (tournière + bande/parcelle aménagée) + couvert végétal permanent (CVP) en bords de cours d’eau (…). P Paiement des surfaces allant au-delà du pourcentage minimum de la conditionnalité BCAE 8 (*). P Les surfaces et les éléments du paysage sont convertis en hectares environnementaux (HE) pondérés par des coefficients de bonification selon leur couverture et leur positionnement au sein de la matrice du paysage et des écosystèmes wallons. P Montant: 300 € / HE. P Plafond maximum : 35 % d’HE par rapport à la superficie de l’exploitation.

La FJA est satisfaite que le montant proposé soit plus attractif, et ce dès les premiers hectares allant au-delà de la conditionnalité (BCAE 8). Cela devrait conduire à une plus grande adhésion, chez un plus grand nombre d’agriculteurs, et donc in fine sur une superficie plus importante. La FJA demande toutefois que le problème lié à la cartographie actuelle, qui ne prend pas en compte tous les ESP, puisse être résolu.


(*) Focus conditionnalité BCAE 8 : Part minimale de la surface agricole consacrée à des zones ou des éléments non productifs. Les agriculteurs devront consacrer une part minimale d’au moins 4 % des terres arables de leur exploitation agricole aux zones et éléments non productifs, y compris les terres mises en jachère. Ce pourcentage minimum peut être abaissé à 3 % si l’agriculteur s’engage à consacrer: - au moins 7 % de ses terres arables à des zones ou à des éléments non productifs, y compris des terres mises en jachère, dans le cadre d’un éco-régime renforcé. - au moins 4 % de ses terres arables à des cultures dérobées, et fixatrices d’azote (CIPAN), cultivées sans utilisation de produits phytopharmaceutiques. Le facteur de pondération des cultures dérobées et fixatrices d’azote sera de 0,3 (idem actuel verdissement) .

ER « PRAIRIES PERMANENTES » CONDITIONNÉE À LA CHARGE EN BÉTAIL P Objectifs : maintenir les prairies permanentes (PP), valoriser la contribution des éleveurs qui détiennent des charges en bétail (Unité Gros Bétail - UGB) moins élevées et inciter ceux qui possèdent des charges élevées à diminuer celles-ci. P Aide de base : 40 €/ha PP - minimum 0,6 UGB/ha.

La FJA est satisfaite qu’une aide de base soit prévue pour le maintien des prairies permanentes, sans que celle-ci ne soit conditionnée à une diminution de charge comme cela avait initialement été proposé.

ER « RÉDUCTIONS D’INTRANTS » P L’agriculteur doit respecter une interdiction d’application de certains produits. Les molécules prohibées sont celles considérées comme « à substituer » dans la réglementation européenne (liste à préciser). P L’agriculteur devra tenir un registre d’exploitation pour renseigner les produits utilisés, les parcelles, la fréquence d’utilisation et la quantité. P Les parcelles éligibles sont les terres arables (autres que les prairies temporaires et assimilées) et les cultures permanentes (sauf sapins de noël). P Le «montant unitaire uniforme prévu» est de 80 €/ha. Une fourchette de variation est prévue en fonction du taux d’adhésion. P Non cumulable avec les aides à l’agriculture biologique, MAEC et les indemnités Natura 2000.

P Aide additionnelle liée à la charge (UGB/ha de superficie fourragère SF) UGB/ha SF

Montant (€/ha PP)

0.6 à 2

68

2 à 2.2

58

2.2 à 2.4

48

2.4 à 2.6

38

2.6 à 2.8

28

2.8 à 3

18

Le palier « 2.8 à 3 UGB/SF » disparaîtra en 2025. Le palier « 2.6 à 2.8 UGB/SF » disparaîtra en 2027. Cet éco-régime peut être cumulé avec la MAEC 9 « autonomie fourragère ».

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LES MESURES DE DÉVELOPPEMENT RURAL (PILIER 2) Doté d’une enveloppe de 534 millions d’euros sur 5 ans, le second pilier de la PAC est co-financé par le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) (37 %) et par la Wallonie (63 %). Il s’adresse en priorité aux agriculteurs (80% de l’enveloppe totale) mais également à d’autres acteurs du monde rural parmi lesquels les communes, les « Groupes d’Action Locale » (GAL), les Parcs naturels, et le secteur forestier. Ces aides concernent notamment le soutien à l’agriculture biologique, les mesures agro-environnementales et climatiques et les aides à l’investissement et à l’installation des jeunes agriculteurs (ADISA). Tableau : Répartition des moyens budgétaires (€) du Pilier 2 de la PAC 2023-2027 pour la Wallonie (Source : Gouvernement wallon) Les mesures de développement rural (Pilier 2) Doté d’une enveloppe de 534 millions d’euros sur 5 ans, le second pilier de la PAC est co-financé par le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) (37 %) et par la Wallonie (63 %). Il s’adresse en priorité aux agriculteurs (80% de l’enveloppe totale) mais également à d’autres acteurs du monde rural parmi lesquels les communes, les « Groupes d’Action Locale » (GAL), les Parcs naturels, et le secteur forestier. Ces aides concernent notamment le soutien à l’agriculture biologique, les mesures agro-environnementales et climatiques et les aides à l’investissement et à l’installation des jeunes agriculteurs (ADISA). Tableau : Répartition des moyens budgétaires (€) du Pilier 2 de la PAC 2023-2027 pour la Wallonie (Source : Gouvernement wallon)

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AIDES À L’INSTALLATION (FUTUR ADISA) P Aide octroyée pour soutenir l’installation des jeunes agriculteurs (qui répondent à la définition). P Les conditions d’octroi doivent être prévues par chaque Etat membre dans leur Plan stratégique. P Montant forfaitaire et/ou instruments financiers de maximum 100.000 €. Différenciation possible sur base de critères objectifs.

lié à un critère « architecture verte » (agriculture bio / éco-régimes et/ou MAEC). Ces majorations devraient être assorties d’un relèvement du budget de 1ère installation.

P Critères d’admissibilité : - Permettre le démarrage à titre « complémentaire » (installation progressive) : la condition « à titre principal » serait vérifiée non pas lors de l’introduction de la demande d’aide mais au terme du plan d’entreprise (ou du parcours à l’installation), qui pourrait s’étaler sur 60 mois. - Maintien du stage (obligatoire) de minimum 20 jours. - Maintien de l’obligation de faire appel à un consultant agréé.

P Critères d’admissibilité : possibilité d’accès à l’aide pour les jeunes agriculteurs à titre complémentaire s’ils s’engagent et deviennent agriculteur à titre principal en fin de plan d’entreprise (PE), soit après 5 ans maximum. Engagement à le rester durant au moins 3 ans.

P Critères « Production Brute Standard » (PBS), « seuil » et « plafond » de viabilité au début du plan : - Proposition que le seuil du PBS minimum soit descendu à 0 € pour éviter que les jeunes agriculteurs qui créent leur exploitation sans production initiale soient exclus. - Favorable au maintien du plafond PBS tel que défini actuellement (1.000.000 €/exploitation). - Favorable au maintien du « seuil de viabilité » (actuellement fixé à 15.000 € /UT) sous-réserve de possibilité d’analyse individualisée en cas de difficulté.

P Niveau de revenu ou « seuil de viabilité » : atteindre, en fin de PE, un revenu de minimum 15.000 €/personne physique identifiée au SIGEC.

P Critères de sélection : favorable au maintien des critères de sélection existants. P Suivi de plan d’entreprise : demande que la notion de « développement » soit supprimée. P Niveau de l’aide et modulation éventuelle : favorable à une augmentation du montant maximal de l’aide à l’installation de 70.000 à 100.000 €. Une des majorations pourrait être

P Critères PBS et « seuil » et « plafond » de viabilité au début du plan : la PBS doit être comprise, ou prévue en cas de création, entre 12.500 € et 425.000 € par personne physique identifiée au SIGEC.

P Suivi de plan d’entreprise (PE) : suppression de l’obligation de « développement ». Présenter un PE à 5 ans et tenir une comptabilité de gestion à partir de la date d’installation et ce jusqu›à son terme. Tout au long de la réalisation de son PE, le bénéficiaire, avec éventuellement l’aide d’un consultant, est tenu d’effectuer un autocontrôle, c’est-à-dire de relever annuellement les indicateurs de résultats prévus par le plan, et d’inscrire ses observations. P Critères de sélection : ajout d’un critère « horticulture ». P Niveau de l’aide et modulation éventuelle : aide forfaitaire de 70.000 €. P L’aide sera versée en tranches successives, dont la dernière tranche de 25% sera versée en fin de plan et après vérification de l’atteinte des objectifs et du seuil de viabilité.

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AIDES AUX INVESTISSEMENTS

La FJA se réjouit de l’éligibilité des agriculteurs qui débutent à titre complémentaire et de la suppression des objectifs de développement pour l’accès aux aides à l’installation, qui sont deux revendications que nous portions de longue date. La FJA regrette que le stage (obligatoire) de minimum 20 jours ait été retiré des critères d’admissibilité et demande que ce critère soit maintenu. La FJA demande que l’accompagnement du jeune agriculteur par un consultant agréé pour le dépôt et le suivi du plan d’entreprise soit obligatoire (comme cela est actuellement le cas) et non pas facultatif. La FJA demande que le versement de la dernière tranche de 25 % soit uniquement conditionné au statut social du demandeur en fin de PE (càd agriculteur à titre principal) et au revenu seuil exigé (15.000 €) et non pas aux « objectifs à 5 ans ». La FJA déplore que le budget proposé pour cette mesure soit revu à la baisse. Nous considérons que ce budget est insuffisant pour atteindre les objectifs de renouvellement des générations. Nous demandons qu’il soit relevé pour permettre de financer au minimum un nombre d’installations équivalent à celui de la programmation actuelle (soit ± 120 installations/an).

P Utilisation du principe de « coûts simplifiés ». Le coût éligible sera fixé sur base d’une liste des investissements avec prix fixés (et non plus sur base du coût réel). P Subventions : • Taux de base: 10 % pour les personnes physiques, groupements de personnes physiques et 20 % pour les CUMA. • Majorations, liées: - au demandeur : répond à la définition de «jeune agriculteur» : 10 % (« bonus jeune »). - à l’exploitation : * partiellement en agriculture biologique ou en conversion: 2,5% ; totalement : 5% * située en zone à contraintes naturelles spécifiques (ZCNS) : 4% * système herbager (min 50% de la SAU en prairie permanente) : 4% En cas de cumul de ces 2 critères, le taux maximum est de 6% * de moins de 60 ha/personne physique identifiée au SIGEC : 2,5% * dans un système «polycultures» (minimum 5 cultures différentes) : 6% - à l’investissement : * si rencontre les objectifs liés à l’architecture verte : 5% * si rencontre les objectifs de résilience économique: 5 %. Pas de cumul possible si l’investissement rencontre les 2 besoins ci-dessus. * si s’inscrit dans une filière de qualité différenciée : 5% Plafonnement de l’aide à 40 % du coût simplifié. P Critères de sélection : jeune, bio, diversification des cultures, nombre de personnes sur l’exploitation.

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Ces montants sont majorés de 150 €/ha pendant 2 ans si conversion. Concernant les majorations, la FJA serait plutôt favorable à privilégier des taux aides plus élevés uniquement sur certains investissements, que l’agriculteur soit en bio ou qu’il ne le soit pas. L’objectif serait de permettre aux agriculteurs qui veulent utiliser ce matériel dans une perspective de « transition » de bénéficier également d’une majoration complémentaire. La FJA s’interroge sur les raisons qui motivent l’interdiction de cumul des majorations si l’investissement rencontre à la fois les objectifs de l’architecture verte et de la résilience économique. Pour la FJA, il s’agit d’objectifs distincts et complémentaires ; les majorations devraient donc pouvoir être cumulées.

P Aide au maintien et à la conversion dans le P2. P Majorations de tous les montants et majorations complémentaires de plus de 7% pour les zones vulnérables. Tableau : montant des soutiens à l’agriculture biologique 2023-2027 – Source : Gouvernement wallon. Aide au maintien par tranche de superficie (€/ha) 0 à 60 ha

> 60 ha

220 + 40

132 + 24

Cultures four220 + 40 ragères

132 + 24

Autres cultures

252 + 24

Prairies

420 + 40 0 à 3 ha

Arboriculture, maraîchage et semences

3 à 14 ha

1.250 + 40 800 + 40

MESURES AGRO-ENVIRONNEMENTALES ET CLIMATIQUES (MAEC) P Les MAEC retenues pour bénéficier d’un soutien sont : la MB11 «Détention de races locales menacées», la MC7/8 «Parcelles et bandes aménagées», la MC4 «Prairie à haute valeur biologique», la MB2 «Prairies naturelles», la MB5 «Tournières enherbées», la MB6 «Céréales sur pied», la MB9 «Autonomie fourragère» et la MB10 «Plan d’action agro-environnemental ». P Il ne devrait pas y avoir de changement pour les mesures déjà existantes. Certaines majorations des montants pourraient être prévues.

AGRICULTURE BIOLOGIQUE

Groupes de culture

P Indemnité : 4.000 €/ha pour les agriculteurs déclarant au moins 3 ha sur le code « maraîchage diversifié sur petites surfaces ».

> 14 ha 420 + 40

* majorations en zones vulnérables (€/ha)

P Nouvelle MAEC «Sol» : nouvelle mesure visant au maintien et à l’augmentation des teneurs en carbone organique dans les sols. Une rémunération au résultat serait prévue. Le contenu reste à préciser. Cette mesure n’est pas reprise dans ce projet de PSW car elle serait financée exclusivement par des moyens régionaux (Aides d’Etat).

INDEMNITÉS DANS LES ZONES À CONTRAINTES NATURELLES SPÉCIFIQUES (IZCN) P Prime annuelle : 50 € pour les 20 premiers ha et 30 € au-delà jusqu’à 75 ha

NATURA 2000 (AGRICULTEURS) P Indemnités pour les agriculteurs ayant des parcelles en zones soumises à des désavantages spécifiques. Deux types d’indemnités : - pour les prairies à contraintes fortes : 460 €/ha - pour les bandes extensives le long des cours d’eau : 1.100 €/ha

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TIERCÉ GAGNANT Saint-Maur, un charmant village typique du Tournaisis. C’est ici, au cœur de l’exploitation familiale, que nous avons rencontré la famille Vaucant. Depuis un an, l’activité fonctionne en association entre deux frères et leur père. Les clés de la réussite du trio : des rôles bien définis, de la complémentarité et de l’entraide. C’est sous un soleil radieux qu’Adrien Vaucant, sa

compagne et sa maman nous ont ouvert leurs portes. Beau temps oblige, son frère aîné Alexandre et son père étaient quant à eux retenus par le travail au champ. Depuis plusieurs générations, l’agriculture est une histoire de famille chez les Vaucant. C’est donc tout naturellement que les deux frères ont choisi de perpétuer la tradition. Alexandre (33 ans) a rejoint l’activité en tant qu’aidant en 2009, Adrien (28 ans) en 2018 alors que sa maman levait le pied. Depuis un an, l’activité a été reprise en association avec Joseph-Alexandre, le père. Chacun détient donc désormais un tiers de cette exploitation polycultureélevage qui se décline en réalité sur deux sites : celui de Saint-Maur, principal, ainsi qu’un autre situé à une quinzaine de kilomètres de là. « Nous y avons gardé un hangar sur la ferme de la famille de mon père, et nous y cultivons les terres », explique Adrien.

Les cultures comprennent essentiellement des betteraves, des pommes de terre, des céréales ainsi que du fourrage pour le bétail. Au niveau de l’élevage, on dénombre 170 têtes de bétail, parmi lesquelles on retrouve des vaches laitières, des blondes d’Aquitaine et de jeunes bêtes. Une trentaine de brebis

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viandeuses complètent le cheptel. La famille propose également des travaux d’entreprise agricole pendant les périodes plus creuses, ainsi que de la vente de lait via un distributeur installé en bord de route.

BIEN S’ENTOURER

Le passage en association à trois a nécessité de multiples démarches. « Cela n’a pas été de tout repos, notamment à cause du Covid. Il aurait été précieux de pouvoir rencontrer nos interlocuteurs, mais tous les échanges ont dû se faire par téléphone », explique la maman. « Cela dit, nous avons pu compter sur l’aide précieuse de notre conseiller Stéphane Decaigny, de l’agence Crelan Tournaisis Services. Il nous a aiguillés tout au long du parcours ».

« Installer en même temps deux frères qui vont encore travailler plusieurs années avec leur père, c’est rare. Et une association de ce type qui fonctionne, c’est encore plus rare », explique pour sa part M. Decaigny. « La famille Vaucant est un exemple inspirant. Ils ont bien compris que pour qu’une telle association fonctionne, il est important que les rôles soient bien répartis (NDLR : Adrien s’occupe de l’élevage, Alexandre et son père des cultures), mais aussi que chacun puisse donner un coup de main à l’autre à certains moments-clés. Ils sont également très complémentaires, chapeau à eux ».


DIVERSIFICATION

L’association devenue effective, les deux frères ont introduit un dossier pour bénéficier des aides à l’installation. Un véritable parcours du combattant qui semble désormais proche du dénouement. Après avoir analysé plusieurs pistes, le projet retenu pour apporter une plus-value aux revenus de la ferme est celui de la vente directe de produits de la ferme (pommes de terre, œufs,…), avec également de la transformation via la fabrication de crèmes glacées et de yahourts. « Cela permettra à Zélie, ma future épouse, de s’impliquer dans l’exploitation, tout en conservant son métier d’enseignante bien entendu. Nous en sommes à la phase des tests, et nous comptons concrétiser le projet en fin de saison », précise Adrien. Vous l’aurez compris, en plus de faire tourner l’exploitation au quotidien, la famille se projette également dans le futur. « Une démarche judicieuse que nous accompagnons en tant que conseiller. Aider à se projeter à long terme fait partie de notre mission », termine M. Decaigny.

* Contenu sponsorisé par Crelan

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Graine d’avenir Mélanie Favereaux

Quand ferme, ville et différence ne font qu’un ! Me voilà aux portes de Bruxelles… Si les buildings ne trônaient pas au loin, je me serais crue en pleine campagne ! Pour ce deuxième numéro, nous avons choisi de vous présenter une ferme atypique et riche en partages. C’est parti pour la découverte de 5 hectares surprenants ! Historique La ferme a été créée en 1971 par Nelly Filipson, qui avait le souhait de créer une structure permettant d’accueillir les personnes en situation de handicap. Le projet a débuté avec quelques poules, des légumes et du vin à embouteiller. Quelques années plus tard, la ville de Bruxelles leur met à disposition un bâtiment et quelques hectares pour y développer les activités actuelles. Le nom de la ferme n’est autre que l’anagramme du nom Filipson ! Aujourd’hui, la ferme emploie 145 travailleurs en situation de handicap.

Le concept Le ferme est une entreprise de travail adapté, elle propose des contrats à durée indéterminée pour les personnes en situation de handicap. Leurs tâches sont adaptées à leurs capacités et évoluent, elles sont adaptées en fin de carrière afin de tenir compte de leur état de santé. Ces travailleurs sont encadrés par des professionnels (boulangers, agronomes, cuisiniers, jardiniers, etc.) afin de garantir la qualité des services proposés. En effet, si le but premier est d’offrir un emploi à ces personnes, il ne faut pas oublier l’aspect économique pour faire vivre la ferme. La ferme vit grâce aux subsides mais aussi via le chiffre d’affaires lié à leurs services, à parts égales. Parallèlement aux nombreux emplois proposés, la ferme encadre des stagiaires et jeunes en contrat d’adaptation professionnelle afin de les former et familiariser avec le monde du travail, que ce soit sur le plan technique ou social.

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s « Nous avons une vache Highland, et nou avons acheté un mâle pour lui tenir com Je pagnie. Ce mâle était supposé castré… , rise surp in, dis bien supposé car un mat tir une promeneuse est venue nous aver qu’un veau était né… les Au début, nous n’y avons pas cru. Avec la que é arqu poils, nous n’avions pas rem vache était pleine ! Toute la famille se porte bien et fait le bon qui heur de leurs soigneurs et de tous ceux les croisent ». Thierry Valentin

Epicerie L’épicerie permet de vendre les produits préparés dans les ateliers de la ferme (biscuits, pains et pâtisseries principalement). Certains légumes sont également produits sur place, mais en faible quantité. En effet, ils ne sont pas suffisamment équipés pour produire des légumes permettant d’approvisionner le magasin en toute saison et en quantité suffisante. De plus, le travail de maraichage étant très lourd physiquement, il n’était pas adapté aux travailleurs, qui n’ont pas toujours une bonne condition physique. A coté des produits issus de la ferme, on peut trouver toute une série de produits tels que féculents, conserves, boissons, viandes et charcuteries, fromages. Ils s’assurent que tout ce qui est proposé soit de qualité, bio, issus de circuits courts ou du commerce équitable.

Atelier et boulangerie Bio Ils produisent une vingtaine de sortes de biscuits sucrés et salés, des pains et pâtisseries. Ils conditionnent également des produits alimentaires bio, notamment pour les box repas eFarmz. En plus de l’épicerie, les biscuits sont vendus dans de nombreux magasins Bruxellois et du Brabant-wallon. En 2021, ce n’est pas moins de 104.000 paquets de biscuits qui ont été vendus. Ils espèrent progresser cette année afin de garantir du travail à tous les travailleurs. Jardinerie La jardinerie propose toute une série de plantes pour jardin et potager, mais aussi le matériel de jardinage, d’apiculture et de transformation des fruits et légumes. Ils produisent certains plants qui sont mis en vente, de mêmes que des arbres fruitiers greffés au sein de la ferme. Enfin, ils vendent également les réalisations faites dans leur atelier bois, tels que nichoirs à oiseaux, poulaillers, etc.

Parc animalier et ferme pédagogique Dès le plus jeune âge, il est important de sensibiliser les enfants à l’environnement, la biodiversité, la qualité de notre alimentation et le respect de la différence. La ferme accueille des enfants, que ce soit en sortie scolaire, en stage, lors d’anniversaires ou en famille. Cela permet de leur faire découvrir les animaux de la ferme tout en étant en contact avec les personnes en situation de handicap. Le parc comprend un large éventail d’animaux (vache, moutons, chèvres, âne, cheval, cochons, lapins, poules, etc.). Deux parcours de visite ont été créés : le sentier des abeilles et le parcours ornithologique. Un véritable moment d’évasion au cœur même de la ville. 39


Entreprise de jardinage Les travailleurs, encadrés d’architectes paysagistes et jardiniers expérimentés, offrent une série de services, que ce soit pour des espaces verts privés ou publics. Leurs jardins se veulent le plus naturels possibles, afin de stimuler la biodiversité tout en créant un environnement de détente et d’émerveillement. Les équipes s’attèlent également à l’entretien du parc et des parcelles potagères, qui ont davantage une vocation pédagogique que productive. Les déchets verts issus des différents chantiers sont transformés sur le site en plaquettes qui servent à alimenter les deux chaudières qui chauffent une grande partie des bâtiments, serres et ateliers.

Nous avons aimé : savourer un bon plat fait maison à la brasserie l’Estaminet présente sur le site, mais aussi discuter avec les travailleurs, souriants et attachants sans oublier les délicieux biscuits achetés à l’épicerie et la promenade dans le parc !

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Comme vous avez pu le lire, la ferme nos Pilifs est un véritable poumon vert à Bruxelles, qui amène la ferme dans la ville et permet aux personnes en situation de handicap de s’épanouir dans un emploi et une communauté. Quelques pages permettent de donner un aperçu de ce magnifique projet, mais c’est en vous y rendant que vous pourrez comprendre, échanger, goûter et profiter de cette parenthèse bucolique ! INFOS PRATIQUES : Trassersweg 347, 1120 Bruxelles www.fermenospilifs.be 02/262.11.06


<a href=»https://fr.freepik.com/photos/affaires»>Affaires photo créé par jcomp - fr.freepik.com</a>

Sudoku

Di iculté: Di icile

Vérification des erreurs

À vous de jouer ! Sudoku.com

Quiz

by Easybrain

1.

En quelle année est née la FJA ? a. 1999 b. 2001 c. 1985

4.

Parmi les 3 personnes citées, qui n’a pas (encore) été Président de la FJA ? a. Pierre André b. Claudy Focan c. Gary Vanvinckenroye

2.

Parmi ces produits, lequel bénéficie d’une AOP ? a. Le crémant de Wallonie b. Le saucisson gaumais c. La Tarte al Djote de Nivelles

5.

Combien de sections locales compte la FJA ? a. 38 b. 61 c. 42

3.

Qui est le meilleur buteur de l’histoire des Diables Rouges ? a. Dries Mertens b. Jan Ceulemans c. Romelu Lukaku

6.

Complète l’expression : Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin… a. Elle s’use b. Elle se brise c. Elle déborde

Mots mêlés

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Réponses : b-a-c-b-c-b


© Arnaud Siquet / Ferme de la Vallée

L’ordinaire des uns est l’extraordinaire des autres : la ferme comme terrain d’aventure Se lever au chant du coq pour aller s’occuper des animaux, se ganter de vert pour regarder pousser les plantes, partir ramasser les œufs des poules, voire mouler, presser ou affiner des fromages, si ces activités vous semblent familières, sachez qu’il n’en est pas de même pour tout le monde. Pour de nombreuses personnes, le monde de la ferme ou l’univers de la campagne n’ont rien de « naturels ». Pour de nombreux enfants, une vache n’est qu’une image facile à colorier. Et pour de nombreux automobilistes, un tracteur n’est qu’un gros obstacle à contourner pour mieux appuyer sur le champignon. Et si on changeait tout ça ? Et si on ouvrait la ferme aux autres ? Enfants, adultes, familles, personnes en difficulté ou en recherche d’une bulle d’air… Pour beaucoup, la campagne est un autre monde, un Narnia si proche et pourtant tellement lointain qu’il leur reste encore beaucoup à explorer. Que ce soit pour voyager, visiter, apprendre, découvrir, tester ou se ressourcer, la

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ferme peut offrir ce que le métro-boulot-dodo ne permet pas. Parce que votre quotidien peut être une aventure et que votre ordinaire en devient extraordinaire, et si vous ouvriez les portes de votre ferme à ceux qui ne les ont jamais passées ? Que votre visée soit sociale, pédagogique, éducative ou simplement pécuniaire, l’accueil est plus que jamais une diversification porteuse pour l’agriculture de demain.


Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’est pas nécessaire de partir loin pour se sentir complètement dépayser. Lorsque quelqu’un qui n’a jamais passé les portes d’une exploitation agricole le fait pour la première fois, il y découvre des senteurs inconnues, y voit des engins ou des animaux nouveaux, y entend pour la première fois la douce cacophonie poétique de la ferme et, d’un coup, se sent transporté dans un nouveau monde, un monde plus proche de la nature, des animaux, des saisons et de la terre. Certains vont alors y trouver un formidable terrain d’aventure, d’autres un lieu de ressourcement, les plus petits vont y apprendre le monde, les plus grands redécouvrir leur âme d’enfant… On aura toujours une bonne raison d’aller vaguer quelques heures à la campagne !

Fermes pédagogiques : les 5 sens comme professeurs Une ferme pédagogique, c’est une incroyable classe à ciel ouvert où les élèves découvrent le rythme des saisons, la magie de la campagne, les secrets des animaux de basse-cour ou encore le travail de la terre. C’est une des bases fondamentales d’une meilleure compréhension du monde rural, un excellent outil contre l’agribashing et un moment magique pour ces petites têtes blondes qui quittent enfin les quatre murs de leurs classes pour découvrir, voir, sentir, goûter, entendre ou toucher de nouvelles choses. Apprendre loin du tableau noir, en plein air et dans un endroit vivant rempli d’activités, voilà la promesse d’une ferme pédagogique. Mais une ferme n’est pas qu’une salle de cours à ciel ouvert, c’est aussi une cour… de récréation ! Devenir ferme pédagogique, c’est aussi s’ouvrir à la possibilité d’accueillir des anniversaires ou d’organiser des stages pendant les vacances, en dehors du cadre scolaire. C’est l’avantage de cette diversification : que vous n’ayez qu’un jour de libre ou l’envie d’accueillir tout le temps, que vous ne soyez libre qu’en semaine, le week-end ou pendant les vacances, il y aura toujours des enfants désireux de venir s’épanouir à la campagne. Si vous avez l’âme d’un.e pédagogue et l’envie de partager votre métier, alors cette activité est faite pour vous ! Si la charge de travail peut être importante, voire

conséquente et parfois nécessiter d’embaucher, le succès de cette diversification fait que ces fermes désemplissent rarement et que cette ouverture peut être source d’un réel apport financier. Le jeu en vaut donc la chandelle pour ceux qui savent jongler entre leurs tâches agricoles et l’animation d’enfants.

Le saviez-vous ?

Le terme « Ferme péda gogique » est une dénomination protégée pa r la Région wallonne. N’importe quelle ferm e ne peut s’appeler ainsi, il faut répondre à un certain nombre de critères, comme avoir suivi des formations ou la sécurisation des lieux , pour pouvoir en bénéficier. Plus d’infos su r: https://accueilchampe tre-pro.be/fermes-pedagogiques/

Accueil social : une mise au vert qui donne du sens Il arrive que certaines personnes ressentent le besoin de s’évader, de quitter le train-train quotidien, de retrouver le plaisir des choses simples ou simplement de se sentir utile. Ce besoin de mieux-être peut faire suite à des difficultés sociales, familiales ou de santé et trouve naturellement réponse dans un monde agricole riche d’une longue histoire d’accueil et d’entraide. Cette agriculture du mieux-être porte un nom : l’accueil social. Et son but est de semer les graines d’un meilleur lendemain. On n’accueille pas une personne dans un but social comme on accueille un visiteur d’un jour. Cela demande un certain investissement mais surtout de l’envie : l’envie d’aider, l’envie de bien faire, l’envie de partager. Car l’agriculture sociale n’est pas (encore ?) une vraie source de revenus, au mieux y est-on légèrement défrayé. Cet accueil, on le fait pour l’autre avant de le faire pour

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© François-Xavier Cardon / Ferme de la Grande Chevée

© Arnaud Siquet / Ferme de la Vallée

soi. On en retire néanmoins toujours quelque chose de gratifiant, quelque chose de valorisant, comme si on donnait un sens nouveau à son travail. Les agriculteurs qui s’ouvrent à l’accueil social expliquent souvent que le partage conduit à une situation de win-win où l’agriculteur casse un peu la monotonie et la solitude de son travail tout en créant une nouvelle relation de travail avec une personne chez qui ce retour à la terre procure de nombreux bienfaits. Pour faciliter et accompagner l’accueil, il existe entre l’accueillant et l’accueilli un troisième acteur tout aussi important : la structure sociale ou de santé qui suit ce dernier et recherche des activités hors des murs de l’institution. Ensemble et via des tâches aussi « simples » que la nourriture des animaux, le paillage, les semis, l’étiquetage… ils réussissent à transformer positivement la société, récolte après récolte, traite après traite, jour après jour. Si vous avez l’esprit social et l’envie d’aider votre prochain, alors cette activité est faite pour vous !

Le saviez-vous ?

pas aussi Si l’agriculture sociale n’est dans d’autres développée en Wallonie que de l’accueil régions d’Europe, les graines à longtemps social y ont été plantées il y a déj ie, depuis et cette diversification bénéfic e wallon de 2019, d’un cadre légal dans le cod l’agriculture. cueilchampePlus d’infos sur https://ac tre-pro.be/agriculture-sociale/

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Le saviez-vous ? Si vous souhaitez bénéficier de la mise en lumière apportée par ces visites de ferme mais n’avez que peu de temps à y consacrer, l’APAQ-W organise chaque année des Journées Fermes Ouvertes permettant au public de venir visiter un certain nombre d’exploitations. Une belle opportunité pour montrer votre savoir-faire et mettre en avant vos produits ! Plus d’infos sur https://www.jfo-maquinzaine.be/

Les visites de ferme : un complément qui tombe sous le sens De nombreuses fermes proposent des visites, qu’elles soient gratuites ou non. L’avantage de cette formule est que l’agriculture, outre le fait de partager sa passion, peut mettre en lumière son activité et expliquer son métier. Il y trouve aussi là l’occasion de montrer sa ferme et ses activités… Et souvent de vendre ses produits. Proposer des visites de ferme est quelque chose de facile à mettre en place : un système de réservation, un peu de disponibilités, l’envie de partager et le tour est joué. Si vous avez une activité sur le côté, que ce soit un hébergement, un magasin, une activité pédagogique voire un loisir, c’est tout bénef’ puisque vous proposez quelque chose qui sort de l’ordinaire à vos visiteurs qui, en échange, vont se baser sur ce critère pour vous choisir parmi la concurrence. Un réel bénéfice qui ne demande pas grand investissement mais peut apporter une belle visibilité à votre ferme. Si vous avez envie de rencontrer des gens et de papoter avec des visiteurs pendant vos journées de travail, alors cette activité est faite pour vous !


Un peu de littérature Julien Hubert

Glyphosate, l’impossible débat : intox, mensonges et billets verts C’est un fait pour les agriculteurs, y compris les jeunes : le grand public ne comprend pas certaines pratiques agricoles. À commencer par l’utilisation raisonnée du glyphosate, principale molécule active de l’herbicide « Round-Up » de Monsanto. Depuis plusieurs années, la substance subit une exposition médiatique surdimensionnée et alimente d’interminables débats. Gil Rivière-Wekstein, originaire de Bruxelles, un milieu citadin qu’il qualifie lui-même comme « bobo-écolo », a commencé à s’intéresser à l’écologie et l’environnement dès ses 15 ans. Ses recherches se sont alors inévitablement confrontées à l’agriculture pointée du doigt comme responsable d’un grand nombre de dérèglements environnementaux. Le débat sur le glyphosate, aussi nébuleux soit-il, méritait un peu plus d’éclaircissements. À travers son livre « Glyphosate l’impossible débat, intox, mensonges et billets verts », le journaliste révèle la face cachée du débat. Au fil de la lecture, nous comprenons très vite que le nœud du problème se situe à l’intersection de deux mondes distincts : la science et l’idéologie. Il est clair que dans notre entourage, tout le monde a sa position sur le sujet. Mais qui peut vraiment expliquer pourquoi avec des arguments solides et vérifiés ? Pas grand monde, et la discussion vient à tourner en rond…

GRW adore se mettre dans la peau de l’enquêteur privilégiant les arguments scientifiques en démêlant le vrai du faux dans la presse. Aujourd’hui, tout incrimine le glyphosate. Comprenez, sa première faute étant d’être un enfant de la firme Monsanto, véritable ennemi public des militants écologiques. Ses chances en tant qu’accusé demeurent quasi nulles. Mais l’auteur va plus loin. Son enquête, qui se lit tel un roman policier, va de rebondissements en rebondissements. Il épluche, tour à tour, les différents procès et les diverses études menées ainsi que tous les avis qui en ont découlé. Mais surtout, il s’attarde sur les questions fondamentales : « pour quoi ? », « pour qui ? » et « par qui ?», sans perdre de vue une validation scientifique pertinente. La molécule active a notamment été jugée cancérigène. Qu’en est-il vraiment ? Tentative de réponse dans l’ouvrage. L’agriculture doit, au 21ème siècle, subir des évolutions indiscutables. Dans le monde actuel, s’informer est devenu incontournable pour nous, jeunes agriculteurs. Ce livre vous donnera de quoi alimenter votre esprit critique peu importe votre position et vous permettra d’avancer de véritables arguments à vos interlocuteurs. Les bonnes pratiques agricoles et la conscientisation de l’agriculteur et du citoyen doivent à l’avenir faire partie de notre combat à tous !

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L’actu des sections Chimay : joli succès pour le premier CMJ ! La section locale de Chimay, qui a vu le jour il y a quelques mois, organisait son premier CMJ. Une grande réussite, sous un soleil généreux ! Enormément de monde avait fait le déplacement pour cette grande première, et notamment une belle délégation de la section locale de Gembloux.

Vos bonhommes de paille égaient les campagnes

Gros week-end pour la FJA Centre Ardenne Une soirée le vendredi et une journée portes ouvertes au poulailler poules pondeuses en plein air de la famille Lapraille le dimanche : la section Centre Ardenne a vécu un week-end chargé les 8 et 10 avril derniers, avec à la clé de grands moments de convivialité, de partage et de découverte. La section remettra le couvert le 28 août prochain, avec leur traditionnel CMJ.

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Les bonhommes de paille FJA fleurissent à nouveau, et tout le monde s’en réjouit ! En image ici, celui de la section locale de Gembloux, particulièrement réussi !

Florennes et Nivelles-Genappe voient la vie en fluo Hasard du calendrier : les sections locales de Florennes et de Nivelles-Genappe organisaient toutes les deux une soirée fluo le 9 avril dernier. Deux soirées hautes en couleurs où les accessoires scintillants et le bon son ont constitué la recette de grands moments !


SOIRÉE/SOUPER FOIRE AGRICOLE SPORT CMJ JEUX INTER FJA/AGRIJEUX CONCOURS DE TRACTION

MAI Sa Ve Sa Ve Sa

7 13 14 20 21

WPJ/Silly TNG Ciney/Mons-Quièvrain Leuze Philippeville/Seneffe

JUIN Ve 17 Sa 18 Ve 24 Sa 25 26 Di

Tournai Hannut/Basse-Hesbaye/ Mons-Quièvrain Ath Condroz-Liégeois/Ath/Seneffe Ath

JUIN Di 19 Sa 25 Di 26

Tournai 1 Henry-Chapelle Soignies

MAI Di 1 Di 8 Di 15

Gembloux Leuze TNG

JUIN Di 19 Sa 25 Di 26

Dinant Henri-Chapelle Fosses

JUILLET Di 3 Silly Di 17 Tournai 2 Je 21 Beauraing

JUILLET Ve 1 Silly Sa 2 Rochefort/Seneffe Fleurus Ve 8 Sa 9 Namur-Sud/Fleurus Ve 15 Nivelles/Tournai 2 Sa 16 Beauraing/Nivelles/Tournai 2 Me 20 Soignies Ve 22 Merbes-Binche/Tournai 1 Sa 23 Merbes-Binche/Tournai 1 Di 24 Tournai 1 AOÛT Sa 13 Merbes-Binche Sa 20 Florennes/Mons-Quièvrain Ve 26 Leuze Sa 27 Eghezée/Leuze/Nivelles Di 28 Leuze

JUILLET Ve 29 Libramont Sa 30 Libramont 31 Libramont Di

AOÛT Lu 1 Libramont 21 Mons-Quièvrain Di

JUILLET Sa 2 Blegny Di 3 Rochefort/Seneffe 10 Namur-sud/Fleurus Di 17 Beauraing/Nivelles Di Je 21 Soignies 24 Merbes-Binche/Andenne Di 31 Condroz-Liégeois Di

AOÛT Sa 6 Aubel Di 7 WPJ/Beaumont Di 14 Bastogne/Philippeville Di 21 Nord-Lux/Florennes Di 28 Centre-Ardenne/Eghezée FP

AOÛT Di 14

Merbes-Binche

AOÛT Di 28 Nivelles 47


OFFRES D’EMPLOI L’AGRICULTURE ET LA FORÊT SONT DES SUJETS QUI VOUS PASSIONNENT ?

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1. un.e chargé.e de projets “agriculture et alimentation” pour accompagner et développer les projets portés par le Cercle agricole (choix des thèmes de la Foire de Libramont, notamment). Expérience de 5 à 7 ans, de formation bachelier ou master en agronomie, économie rurale, vétérinaire, ... 2. un.e chargé.e de projets en marketing et communication. Expérience de 5 à 7 ans, de formation bachelier ou master. 3. un.e assistant.e en administration commerciale parfaitement bilingue français - néerlandais

Rejoignez-nous, nous recrutons !

Pour obtenir plus d’informations sur les profils recherchés, contactez-nous par e-mail à l’adresse info@libramontcoop.com ou par téléphone au 061 23 04 04.

Libramont Coopéralia SCES agréée Rue des Aubépines, 50 à B - 6800 Libramont Tél. : 061 23 04 04

Nous recherchons également encore plusieurs jobistes et saisonniers pour le (dé)montage de la Foire de Libramont de début juillet à la mi-août. Si vous êtes intéressé.e, inscrivez-vous sans tarder sur www.foiredelibramont.com/jobiste

Personnes de contact : Natacha Perat (profil 1) et Caroline Willems (profils 2 et 3).