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n°99 Les lions

Le roi des animaux

Le lion pris au piège

Le lion et l’homme

Le lion et le moustique

Un jeune cheval rencontre un grand lion qui prétend être le roi des animaux. Le cheval n’est pas d’accord…

Un lion est coincé sous un tronc d’arbre. Il appelle au secours une antilope. Celle-ci acceptera-t-elle de l’aider ?

Un petit canard et un jeune lion trop sûr de lui, partent à la recherche de l’homme pour le tuer. Vont-ils y parvenir ?

Le moustique est énervé car le lion n’arrête pas de se vanter. Il lui propose de se battre pour savoir qui est le plus fort.

Mille et une histoires

Les plus beaux contes du monde entier

N°99 - sept. 2008 - 4,90 € - Bel / Lux / Dom : 5,70 €

Suisse : 9,80 CHF - Tom : 800 XPF - ISSN  : 1297-0662


P. 3

Le roi des animaux P. 7

Le lion pris au piège P. 15

Le lion et l’homme P. 23

Le lion et le moustique P. 29 : Ta fable

Le corbeau et le renard

P. 33

Pour s’amuser

34 L  es aventures de Loulou 38 La famille Perlimpinpin 40 Ton tableau : “Circé”

par Wright Barker

42 Mille et un dessins

P. 43

Parents

44 Sur les traces du “Roi Lion”


Cette fable d’origine espagnole propose une variation humoristique sur le thème de la jalousie ; un sentiment que les enfants connaissent bien ! On retrouve ici un che­ val orgueilleux qui refuse d’admettre que le lion est le roi des animaux et qui va tenter de ridiculiser ce dernier.

Le roi des animaux

Le cheval galopait joyeusement dans la montagne quand, soudain, il rencontra le lion. C’était la première fois que le cheval voyait un lion. Il le trouva très beau avec sa grande crinière et il en fut un peu jaloux.

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- Qui es-tu ? s’exclama le cheval. Je n’ai jamais vu un animal comme toi. - Je suis le roi des animaux, rugit le lion, fièrement. Sa réponse déplut au cheval qui s’empressa de dire : - Qu’est-ce que tu racontes ? C’est moi, le roi des animaux. Le lion faillit s’étrangler de stupeur et de rage : il regarda le cheval droit dans les yeux et le cheval se dressa sur ses sabots. Les deux animaux se défièrent. Puis le cheval déclara : - Prouve-moi que tu es le roi ! Frappe cette pierre et on verra si tu arrives à faire jaillir des étincelles. Bing ! Le lion frappa très fort la pierre avec sa patte. Pauvre lion, ses griffes furent toutes écorchées mais on ne vit aucune étincelle jaillir.


- Pfft ! Tu n’as même pas de force, dit le cheval. Regarde maintenant, qui est le roi des animaux... Et hop ! d’un coup de sabot ferré sur la pierre, le cheval fit jaillir mille étincelles.

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Le lion en fut stupéfait et terrifié. Il s’enfuit en courant la queue entre les pattes. Il avait beau être vraiment le roi des animaux, certaines choses lui échappaient... Cela le rendit un peu plus sage et il n’osa plus jamais se mesurer au cheval. Quant à celui-ci, il repartit galoper librement dans la montagne, très fier de lui.

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« Un service rendu n’est jamais dû. » C’est ce que nous enseigne ce conte venu d’Afrique, qui nous parle de confiance et de recon­ naissance. Mais ici le jeune lion oublieux de sa pro­ messe se voit donner une bonne leçon...

Le lion pris au piège

Dans la savane africaine, une antilope broute tranquillement quand soudain, elle entend crier très fort. Elle regarde tout autour et ne voit rien. Mais les cris reprennent à nouveau : «  Au secours, à l’aide ! »

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L’antilope cherche partout et voit un arbre tombé par terre avec un lion coincé sous le tronc. L’antilope s’approche. - Que t’arrive-t-il, grand lion ? demande-t-elle. - Tu vois bien, répond le lion, un arbre m’est tombé dessus et je suis pris au piège. Vite, aide-moi ! L’antilope hésite : - Je ne sais pas si j’ai assez de force pour soulever ce tronc d’arbre, dit-elle. - S’il te plaît, supplie le lion, délivre-moi. Je t’en serai reconnaissant toute ma vie.

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L’antilope, fière que le grand lion ait besoin d’elle, rassemble ses forces, et, ho ! hisse ! essaie de soulever le tronc avec ses cornes. Mais l’arbre est trop lourd et il ne bouge pas d’un pouce. - Je n’y arrive pas, dit l’antilope je ne suis pas assez forte. - Je t’en prie, essaie encore, gémit le lion, sinon, je vais rester coincé là. Et je commence à avoir très mal au dos. Il pleure et insiste tellement que l’antilope accepte d’essayer encore. Elle glisse ses cornes sous le tronc d’arbre et, ho ! hisse ! ho ! hisse ! cette fois, elle réussit à le soulever. Le lion est délivré ! Vite, le fauve se remet sur ses pattes. Mais, horreur ! il montre les crocs à l’antilope. - Ah ! maintenant, je vais te manger, rugit-il.

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- Quoi ? s’écrie l’antilope affolée. Quel culot ! Tu devrais plutôt me remercier ! - Je te remercie, dit le lion. Mais je suis quand même mort de faim, donc il serait normal que je te mange. - Quelle honte ! Tu m’avais promis que tu serais reconnaissant, grand lion. Tu ne peux pas me manger, répond l’antilope. Je sais ce qu’on va faire. Allons trouver un animal plus sage qui décidera de ce qui est juste.

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Le lion accepte et les deux compères vont ensemble voir le vieil éléphant. Ils lui racontent toute l’histoire. L’éléphant les écoute attentivement, puis déclare : - Je pense que l’antilope a raison. Toi, lion, tu dois lui être reconnaissant, puisqu’elle t’a sauvé la vie. En même temps, chère antilope, je comprends que le lion ne veuille pas se laisser mourir de faim après une telle épreuve. Le vieil animal réfléchit encore. - J’ai une idée, dit-il. Emmenez-moi près de l’arbre pour que je voie comment tout cela est arrivé.

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L’antilope et le lion mènent l’éléphant devant le tronc d’arbre. Afin qu’il comprenne bien ce qui s’est passé, le lion s’étend sur le sol et l’antilope fait rouler le tronc sur lui. Au bout de deux minutes, le lion s’écrie : - Ouille ! ouille ! Allez, enlève-le, ça fait mal ! - Ah non ! Pas question, dit l’antilope, je suis trop fatiguée maintenant. - Tu vois, grand lion, que l’antilope t’a été bien utile, dit l’éléphant en hochant la tête. Je te laisse y songer et je reviendrai demain matin. Puis sans écouter les cris du lion, l’antilope et l’éléphant vont se coucher.

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Le lendemain matin, l’éléphant revient près de l’arbre. En un clin d’œil, il soulève le tronc avec sa trompe et délivre le pauvre lion.

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Celui-ci a retenu la leçon. Il a eu tellement mal partout ! Il sait maintenant qu’il aurait dû être reconnaissant à l’antilope. Et désormais, quand il voit une famille antilope passer, il ne cherche même plus à les dévorer !

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Roi incontesté des animaux, le lion n’est pas pour autant le maître sur la terre. Car il n’a ni la ruse, ni le cynisme du prédateur le plus redouta­ ble de la nature : l’homme. Dans ce petit conte origi­ naire du Moyen-Orient, un jeune lion fanfaron l’ap­ prend à ses dépens.

Le lion et l’homme

Un petit canard habitait sur une île où tous les animaux vivaient en paix. Mais il voulait absolument aller voir ce qu’il y avait de l’autre côté de la mer. Inquiète, sa mère le prévient : - Attention ! Dans le pays où tu veux aller, vit une créature qu’on appelle l’homme et cette créature est très dangereuse pour les animaux. Évite-la !

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- D’accord, répond le petit canard. Je ferai attention. Et zou ! Il saute dans son bateau et se met à pagayer. Au bout d’un jour et d’une nuit, le canard arrive enfin de l’autre côté de la mer. Sur la berge, il voit un jeune lion qui se chauffe au soleil. - Bonjour, dit le lion. Qui es-tu et où vas-tu ? - Je suis le canard et je viens visiter ce pays. Mais j’ai un peu peur : ma mère m’a dit que l’homme habitait par ici, et qu’il était très dangereux. - C’est ce qu’on dit, répond le lion. Mais moi, je ne l’ai jamais rencontré. - Dis donc, poursuit le canard, tu as l’air très fort, avec tes griffes et tes dents pointues. Toi qui es le roi des animaux, tu pourrais peut-être le tuer. Ainsi, nous n’aurions plus rien à craindre de lui. Flatté, le jeune lion s’étire paresseusement. Puis il répond : - D’accord. Demain, je partirai à la chasse à l’homme et je le tuerai. Si tu veux, tu n’as qu’à m’accompagner. Ainsi tu pourras raconter mon exploit.

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Le lendemain, le canard et le lion se mettent en route. Ils marchent longtemps sans rencontrer personne. Puis ils voient accourir un drôle d’animal, avec de longues oreilles. - Bonjour, lui dit le lion. Qui es-tu et où vas-tu ? - Je suis l’âne et je quitte ce pays. Vous devriez en faire autant d’ailleurs : il paraît que l’homme s’installe par ici. - Viens avec nous et ne crains plus rien, propose le lion. Je cherche justement l’homme pour le tuer. Comme ça, il n’embêtera plus personne. L’âne accepte et les trois compères reprennent leur marche. Bientôt, ils rencontrent un autre animal qui galope en faisant voler sa crinière.

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- Bonjour, dit le lion. Qui es-tu et où vas-tu ? - Je suis le cheval et je quitte ce pays. Faites comme moi les amis, car l’homme arrive ! - Toi aussi, tu as donc peur de l’homme ? s’étonne le lion. Allez, calme-toi et viens avec nous, car je cherche l’homme pour le tuer. La petite troupe se remet en route. Au bout d’un moment, ils croisent un nouvel animal qui trotte en sens inverse. Il est très bizarre, avec son long cou et sa bosse sur le dos. - Bonjour, dit le lion. Qui es-tu et où vas-tu ? - Je suis le dromadaire, répond l’autre et je quitte ce pays : il paraît que l’homme s’est installé près d’ici et je n’ai aucune envie qu’il m’attrape. - N’aie plus peur, grogne le lion. J’ai décidé de débarrasser la région de cet homme qui vous fait si peur. Viens et tu verras qui est le plus fort.

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Les cinq animaux reprennent leur route. Un peu plus loin, ils rencontrent une créature encore plus étrange que les autres. Elle marche sur deux pattes, porte un drôle de chapeau, et enfonce des clous dans une grande caisse. - Bonjour ! rugit le jeune lion. Est-ce toi qu’on appelle l’homme ? - Pas du tout, répond l’autre. Moi, je suis le menuisier. Je construis des maisons pour les animaux. Au fait, j’avais fabriqué celle-ci pour la panthère, mais elle est morte cette nuit. Si tu veux, je te la donne. Il faut juste que tu entres dedans pour que je voie si elle est à ta taille. Flatté, le lion saute dans la caisse. Alors, le menuisier s’exclame : - C’est parfait ! Elle est faite pour toi ! Ne bouge pas, j’ajoute le toit.

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Sur ce, le menuisier pose un couvercle sur la caisse, et le fixe solidement à l’aide de grands clous. Un peu à l’étroit, le lion grogne : - Bon, rouvre cette maison maintenant ! J’étouffe ! - Pas question, répond l’autre en éclatant de rire. Je t’ai menti tout à l’heure : l’homme, c’est moi, et tu es tombé dans mon piège ! Le pauvre lion a beau rugir, il est bel et bien prisonnier. Alors l’âne, le cheval et le chameau comprennent que l’homme est le plus fort et qu’il vaut mieux lui obéir. Seul le petit canard réussit à s’échapper sans attirer l’attention. Il prend son élan et vite, il s’en retourne à tire-d’aile dans son île si tranquille.

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En montrant un lion vaincu par un moustique (un mou­ cheron chez La Fontaine), cette fable nous apprend que nos plus petits enne­ mis sont parfois les plus dangereux. Mais aussi que l’on peut périr bêtement, après avoir survécu aux plus glorieux combats !

Le lion et le moustique

Le lion est vraiment trop prétentieux. Du matin au soir, il passe son temps à se promener la tête haute et la queue en panache, et à répéter : - C’est moi le plus fort. C’est pour cela qu’on m’appelle le roi des animaux !

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Un jour, le moustique en a assez de cette vantardise. Alors, il se plante devant le lion et lui lance de sa toute petite voix : - Moi, je dis que je suis plus fort que toi. Battons-nous et tu verras ! Évidemment, le lion ne le prend pas au sérieux. Il hausse les épaules et passe son chemin. Mais le moustique insiste. Bzzz ! il se pose à nouveau devant le lion et bourdonne : - Je suis plus fort que toi, et je te provoque en duel. Si tu refuses, lion, c’est que tu es un lâche, un peureux, un poltron, un froussard ! À la fin, le lion gronde : - Comme tu voudras, moustique, tu l’auras cherché ! Et vlan ! Il abat son énorme patte sur l’insecte.

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Mais le moustique est rapide : d’un coup d’ailes, il s’est déjà sauvé. Et pic ! le voilà qui pique le lion au museau. Le lion grogne et lève la patte pour assommer son minuscule adversaire. Pas de chance ! le moustique a de nouveau disparu et pic ! il lui pique l’œil si fort que le lion se met à pleurer. Le roi des animaux rugit. Il s’énerve, montre les crocs… Fou de rage, il tourne sur lui-même pour essayer de croquer le moustique.

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Peine perdue : l’insecte est plus rapide que lui. Et pic, pic, pic ! en bourdonnant furieusement, il le pique partout, sur le front, sur le cou, sur le ventre, sur le dos, et même sur les fesses ! À la fin, le lion a eu tant de piqûres que son nez est enflé et ses yeux tout gonflés. Vaincu, il gémit : - Pitié, je n’en peux plus ! Faisons la paix ! - Tu admets que je suis le plus fort ? demande le moustique. - Oui, oui. C’est d’accord, soupire le lion, c’est toi le plus fort ! À ces mots, le moustique triomphe : - Ah ! Tu vois, je te l’avais dit ! Puis, bombant le torse, il fonce annoncer sa victoire aux autres animaux.

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Seulement voilà, le moustique est si fier qu’en volant droit devant lui, il ne voit même pas la fine toile qu’une araignée a tissée en travers du chemin. Paf ! Il s’y fait prendre... Et devine où il finit ? Dans le ventre de l’araignée, pardi !

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Cette fable, sans doute la plus cé­ lèbre parmi toutes celles de La Fontaine, maintes fois adaptée et parodiée, amuse toujours les plus petits car il y est question de flatterie, de ruse... et de gourmandise ! Le goupil n’a pas son pareil pour amadouer le corbeau et ré­ colter son précieux ca­ membert.

Le corbeau et le renard

Le corbeau est tranquille sur sa branche. Il tient son dîner dans son bec : un délicieux fromage ! Il aimerait bien le partager avec la jolie corneille du bois voisin. Mais il n’ose pas lui parler.

Et voilà qu’attiré par la bonne odeur du fromage, le renard arrive...

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D’un ton amical, il dit : « Bonjour, monsieur corbeau ! Comment allez-vous ? » L’oiseau n’est pas sot, il ne répond rien. Le renard reprend : « Hou là ! Que vous êtes beau ! Et vos plumes brillent ! Elles sont d’un noir si élégant ! Quel est votre secret de beauté ? Un crème, un shampooing,, un cirage ? »

Le corbeau voudrait répondre et lui dire que ses plumes sont naturellement belles, mais il y a toujours ce fromage...

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« Au fait, mon ami, continue le renard, on m’a dit quelque chose sur vous... » Le corbeau a bien envie de dire : « Quoi ? » Mais comment faire ?


Le renard reprend : « Il paraît que vous chantez très bien. À vrai dire, je suis un peu jaloux car les biches, les taupes et même la corneille du bois voisin sont amoureuses de vous. Quel succès ! » Le corbeau ne répond toujours pas. Mais au fond de lui, il est tout content.

Le renard ajoute : « Enfin, je crois que l’on m’a raconté des bêtises. En vérité, tout le monde sait bien que les corbeaux chantent faux ! »

Sur ce, le renard fait demi-tour en lançant : « Au revoir, Maître ! » Le corbeau pense : « Zut ! Je dois lui faire entendre ma belle voix ! »

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Alors il s’écrie : « Eh ! Écoutez... » Mais ce « Écoutez » est de trop : le fromage tombe dans la gueule grande ouverte du renard, bien sûr !

« Et ce fromage sent trop bon. Quand tu auras un autre plat, rappelle-moi...

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Le coquin repart en disant : « Désolé l’oiseau, je n’ai plus le temps d’écouter tes chansons... parce que, vois-tu, c’est l’heure de mon dîner ! »

mais apporte-moi plutôt un dessert, un gâteau par exemple ! Allez, à bientôt. Dis bonjour de ma part à mademoiselle corneille ! » Et le rusé Renard s’en va, laissant le pauvre corbeau sur sa faim !


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La chasse au trésor

Les amis sont réunis dans le grenier de Loulou. Ils fouillent les malles, les cartons, les valises à la recherche de vieux jouets pour la kermesse de l’école.

Gudule trouve une poupée de chiffon. « Hi, hi ! Loulou jouait à la poupée ! » ricane Rocco.

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« N’importe quoi ! bougonne Loulou, c’était le doudou de Maman… »


Au fond d’un carton, Jean Édouard découvre un vieux papier enroulé et la photo d’un pirate.

« C’est bizarre, Papa ne m’a jamais dit que son papa était pirate ! » s’écrie Loulou.

Jean Édouard déplie le rouleau. C’est un plan de la forêt avec l’emplacement d’une grotte. Dessous, il est écrit : « Traverser le tunnel sous la grotte et faire 100 pas tout droit après la sortie. »

Loulou n’en revient pas. « On va à la Aussitôt dit, les amis prennent le chemin de la forêt et chasse au trésor ? », propose Gudule. grâce à la carte, ils arrivent vite devant la grotte.

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Loulou y entre le premier. Jean Édouard frissonne : « Brrr, il fait noir là-dedans ! »

Soudain, un affreux grognement résonne dans la grotte. « Horreur ! crie Rocco, il y a un ours… ! »

Mais Jean Édouard bredouille : « Euh… pardon, c’est le bruit de mon ventre… J’ai faim ! »

À la sortie de la grotte, Loulou compte les pas : « Un, deux, trois… » jusqu’à 100.

Enfin, les amis se retrouvent devant une belle maison avec un grand escalier. Ils entrent. Un vieux monsieur les accueille : « Bonjour, je m’appelle René. Vous voulez visiter l’ancien théâtre ? »

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« D’accord, dit Loulou. Nous sommes venus chercher le trésor de Papyloup ! »

Et il lui montre la carte et la photo de son grand-père en pirate. « Eh, eh ! Je comprends tout... » sourit René.

Et il explique : « Quand il était jeune, ton grand-père était comédien ici, et il jouait le rôle… d’un pirate ! »

Puis, pour remplacer le trésor, il leur offre des costumes de mousquetaires.

Les amis sont déçus. Alors, René leur montre la grande scène du théâtre...

« Merci René ! » disent les amis. Puis ils enfilent les habits et s’écrient : « Un pour tous, et tous pour Papylou ! »

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Mamie Sor

Trouve toute la famille Perlimpinpin cachée dans cette image.

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a famille Perlimpinpin dans la savane

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Les lions et la magicienne Regarde comme ces lions sont tranquilles… La belle dame, Circé, les a ensorcelés. Une légende raconte, qu’autrefois, ces lions étaient des hommes… Elle s’accompagnait d’une lyre. Quand les hommes étaient sous son charme, elle les changeait en animaux. Une lionne et un lion semblent obéir à Circé.

Circé attirait les hommes en chantant de belles chansons. Deux autres ont l’air tristes. Étaient-ils un homme et une femme que Circé a changés en lions ? Peintre anglais né en 1864, mort en 1941, Wright Barker s’est spécialisé dans la représentation d’animaux, de scènes de chasse et de pay­ sages. Circé est son tableau le plus connu. Dans L’Odyssée d’Ho­ mère, la magicienne retint Ulysse et son équipage sur son île. Ici, elle est représentée entourée d’ani­ maux sauvages qui semblent sous son emprise. Vous découvrirez le récit de cet épisode, avec vos enfants, dans notre prochain numéro...

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Circé marche sur une peau de tigre.

Ces loups aussi sont apprivoisés par Circé. L’un montre les crocs.

Encore un lion ! Mais celui-ci est une fontaine.

Ces fleurs ressemblent à de la viande rouge.


CircĂŠ, Wright Barker. 1889

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Mille et un dessins Bravo à tous les artistes qui nous ont envoyé leur dessin de sirène. Hélas, nous n’avons pas la place de tous les publier. Alors, voici nos six préférés et le nom des quatorze autres gagnants d’un cadeau surprise.

Lino, 5 ans Saint-Raphaël, 83

Auriane, 5 ans. Le Kremlin-Bicêtre, 94

67 Annah, 5 ans 1/2. Lipsheim,

Pauline, 4 ans 1/2. Marseille, 13 Jérôme, 6 ans. Téteghem, 59

Malo, 5 ans 1/2. Prahecq, 79

Les 14 autres gagnants Cécile, 6 ans. La Chapelle-sur-Erdre, 44 - Louisa, 6 ans. Massieu, 38 - Valentin, 4 ans 1/2. Lagnes, 84 - Yuna, 5 ans 1/2. Saint-Uniac, 35 - Éléonore, 4 ans 1/2. Allouville Bellefosse, 76 - Lisa, 5 ans. Alpe d’Huez, 38 - Sabina, 5 ans 1/2. Neuilly Plaisance, 93 - Célia, 5 ans. Montarnaud, 34 - Victoria, 5 ans 1/2. Porcelette, 57 - Rebecca, 4 ans. Vannes, 56 - Maxens, 5 ans 1/2. Arrabloy, 45 - Énora, 5 ans. Vincennes, 94 - Anna, 5 ans. Vesoul, 70 - Émile, 5 ans. Saint-Julien-Montdenis, 73.


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Le lion, monarque tout-puissant ou gros chat naïf ? (La fontaine de la Rotonde, Aix-en-Provence).

Sa majesté le lion Le lion, roi des animaux, en impose à tous, avec son port altier et souve­ rain. Depuis l’Antiquité, il symbolise la puissance, le pouvoir et la royauté, même s’il perd parfois de son panache dans les fables populaires qui le tournent en dérision et en font un être prétentieux ou carrément ridicule. Ainsi, les quatre histoires de ce recueil mettent l’accent sur son allure de gros chat un peu naïf, pour le grand bonheur des enfants. Il y a quelques années, Le Roi Lion, le plus grand succès de l’histoire du des­ sin animé, a fait remonter sa cote en racontant l’accession au trône d’un lionceau attachant... Depuis, plus personne ne doute de sa supériorité sur les autres animaux ! Nous sommes remontés aux origines de cette belle histoire qui nous a menés jusqu’à... Shakespeare ! Kéthévane Davrichewy

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Sur les traces du “Roi Lion” Le lion, puissant et majestueux, a inspiré bon nombre d’écrivains et de poètes. L’une des œuvres les plus appréciées des enfants est, sans nul doute, « Le Roi Lion », grand film des studios Disney, sorti en salles il y a quatorze ans, et qui trouve son origine dans « Hamlet », la pièce de William Shakespeare. Le Roi Lion de Roger Allers et Rob Minkoff produit par les studios Disney. Ici le futur roi est entouré de tous les personnages du film. Depuis plus de 10 ans, Le Roi Lion est aussi une comédie musicale qui sillonne le monde et rencontre un vif succès.

C

opie ! Plagiat ! » s’exclament les cinéphiles et férus de manga au visionnage du Roi Lion en 1994. Pour ces derniers, le nouveau dessin animé de Disney est certes une réussite, mais il n’est en rien une œuvre originale. L’histoire du Roi Lion serait en effet inspirée d’un manga d’Osamu Tezuka, Le Roi Léo, publié en 1951 et adapté pour la télévision dès

«

1965. Le Roi Léo conte les aventures d’un jeune lion blanc, Louné, qui devra prouver sa bravoure aux autres animaux pour succé­ der à son défunt père. Le parallèle entre Louné et Simba est troublant. Et pour cause ! Ces deux œuvres, en particulier Le Roi Lion, sont des libres adaptations de Hamlet, prince du Danemark, la pièce de Shakespeare pa­ rue en 1603. La preuve par trois…


Cinq personnages dotés d’une même filiation La pièce du grand dramaturge anglais tourne autour de cinq personnages princi­ paux : le jeune prince Hamlet ; son père, le roi défunt ; Claudius son oncle, qui veut usurper le pouvoir ; la reine Gertrude sa mère, et la jeune Ophélie dont Hamlet est épris. Le film de Disney s’articule, lui, autour de cinq lions dont la filiation est identique à celle des héros shakespea­ riens. Simba reprend le rôle d’Hamlet, Mufasa, roi de la Terre des lions, celui du roi du Danemark, Hamlet (père). Scar l’oncle de Simba, est l’équivalent du roi Claudius ; Gertrude et Ophélie étant représentées par la reine Sarabi, mère de Simba, et par la jeune lionne, Nala. En outre, dans les deux créations, le roi défunt apparaît au jeune prince sous la forme d’un spectre. Le parallèle se poursuit avec certains per­ sonnages secondaires. Ainsi le chambellan du roi Claudius, Polonius, peut être com­ paré à Zazu, l’oiseau calao majordome de Mufasa. Quant à Horatio, l’ami fidèle du prince, il cède son rôle à un tandem com­ posé par Timon un jeune suricate et Pum­ baa, un phacochère.

Le prince Hamlet au côté de son compagnon Horatio. Il simulera la folie afin de venger son père. Gravure de Friedrich Pecht. Ci-dessous, le Roi Léo, héros du dessin animé d’Osamu Tezuka.

Une trame identique Jalousie, intrigue, meurtre, amour, ven­ geance... Shakespeare avait réuni dans sa pièce tous les ingrédients nécessaires au succès. Un cocktail explosif repris par les scénaristes de Disney pour créer la trame du film. La jalousie et la vénalité poussent les frères des deux monarques à les as­ sassiner. Perturbés, les jeunes princes héri­ tiers sombrent dans un état dépressif qui les contraint à l’exil. Dans les deux cas,

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Le lion est-il le roi des animaux ?

En Afrique et en Asie, le lion a toujours été le roi des animaux. Son rugissement sonore, sa force mais aussi son allure altière et sa crinière lui ont naturellement conféré ce titre. En Europe, la couronne de « roi des animaux » est portée, jusqu’au Moyen Âge, par l’ours, héros des légendes celtes et germaniques. À cette époque, le dogme chrétien considère l’ours comme un symbole païen, trop proche de l’homme par son apparence, parfois bipède, et par son comportement omnivore et colérique. L’Église qui prône la séparation de l’animal et de l’homme, pourvu, lui, d’une âme, affuble soudain l’ours des pires défauts : paresse, lubricité, gourmandise… Le lion, emblème de l’évangéliste saint Marc, symbole de justice, lui ravit donc le titre. Une légitimité renforcée par la légende selon laquelle les lionceaux naissent morts et sont ranimés par le souffle du lion au bout de trois jours, à l’instar du Christ ressuscité.

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l’oncle assoiffé de pouvoir s’autoproclame roi et asservit la reine devenue veuve. Dans Hamlet comme dans Le Roi Lion, l’ap­ parition des spectres des deux rois dé­ funts et leurs paroles conduisent les héri­ tiers exilés à s’interroger sur leur devoir.

Tous deux parviennent à surmonter leurs peurs et à affronter leur destin en démas­ quant le traître. La version de Disney a su adapter la tragédie en une version pour le jeune public. Ainsi l’histoire d’amour entre Simba et Nala se conclut par un “happy

Gravure de Rudolf Rahn d’après Wilhem Von Kaulbach pour Renart, le goupil de Goethe (1793). Dans cet avatar du Roman de Renart, c’est aussi un lion qui incarne le pouvoir. Ici, Renart fait face au Roi Noble et tourne en dérision la puissance et l’orgueil du souverain.


Un surnom digne des plus grands

end” avec la naissance de Kiara, alors que l’idylle entre Hamlet et Ophélie tourne au drame avec la mort de la jeune fille.

Une tirade adaptée pour le grand écran « Longue vie au roi ! » s’exclame le traître Scar en lâchant le roi Mufasa du haut d’une falaise. Cette réplique est, aux dires des scénaristes du film, inspirée de l’une des dernières tirades de la pièce prononcée par Horatio, le fidèle ami d’Hamlet : « Bonne nuit, doux prince... » William Shakespeare restera une source d’inspiration pour Disney car le second volet des aventures du Roi Lion, L’honneur de la tribu, sorti en 1998, est également une adaptation d’une célèbre tragédie du maître : Roméo et Juliette. Mais cette fois encore, les scénaristes des studios Disney ont su adapter le dénoue­ ment de l’intrigue en vue de satisfaire les attentes de leur jeune public... ■ Karine Jacquet

Ci-dessus, effigie du valeureux roi d’Angleterre (1157-1199) surnommé Richard Cœur de Lion (gravure de Georges Vertue d’après le monument de Fontevrault, XVIIe s.) Ci-contre, le prince Simba, sur les traces du roi, son père. Le jeune lion parviendra à reconquérir son royaume après de nombreuses mésaventures.

Symbole de justice et de puissance, le lion prête parfois son nom aux grands soldats. Le plus célèbre d’entre eux est sans conteste Richard Ier (1157-1199), roi d’Angleterre, surnommé Richard Cœur de Lion. Il conquit ce titre lors de la troisième croisade en Terre Sainte. Parti en 1190 pour reprendre Jérusalem tombée aux mains de Saladin, Sultan d’Égypte et de Syrie, Richard Ier se distingue par sa bravoure et ses qualités de chef militaire. Pieux, rusé, intraitable mais juste, il fait l’admiration des chevaliers et des soldats, français et anglais, qui se battent à ses côtés. Pour saluer ce grand guerrier, ses hommes le surnomment alors “Richard Cœur de Lion”. Un titre dont il fera son emblème. À sa mort, le cœur du vieux lion a été enterré dans la crypte de la cathédrale de Rouen.

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