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gestion très professionnelle des fonds confiés à l’établissement. 87 % des répondants estiment que l’infrastructure informatique deviendra un levier de compétitivité et de croissance durable et qu’elle jouera un rôle prépondérant dans le développement de leur entreprise. Dernier enseignement de l’étude : le profil des équipes est déterminant pour assurer des niveaux de croissance élevés. L’étude révèle en effet une corrélation entre la capacité d’une entreprise à se développer rapidement et le niveau d’études moyen de ses collaborateurs. Une grande majorité des entreprises qui prévoit une augmentation d’au moins 6 % de leur chiffre d’affaires compte deux tiers de diplômés d’écoles de commerce et de masters de finance au sein de leurs effectifs. Les entreprises portant leurs efforts sur les points indiqués ci-dessus semblent donc mieux préparées à croître dans les prochaines années. (1) Le SimCorp StrategyLab est un établissement de recherche privé dirigé par Ingo Walter, titulaire de la chaire Seymour Milstein de finances, de gouvernance d’entreprise et d’éthique à la Stern School of Business de l’université de New York. Ses travaux de recherche visent à identifier, comprendre et proposer des solutions dans des domaines tels que l’atténuation des risques, la réduction des coûts et la dynamisation de la croissance dans le secteur de la gestion d’actifs. www.simcorpstrategylab.com (2) L’étude 2010 sur la croissance du secteur mondial de la gestion des investissements a été préparée par SimCorp StrategyLab. Elle a été menée par l’institut de sondage Nielsen sur la base de 100 entretiens téléphoniques assistés par ordinateur (CATI) auprès de répondants sélectionnés de façon aléatoire parmi des établissements de gestion d’actifs du monde entier. Les personnes interrogées occupaient des postes de haut niveau et/ou stratégiques et/ou décisionnels et siégeaient au directoire ou au conseil d’administration de leur entreprise. Les résultats de l’étude 2010 peuvent être téléchargés sur www. simcorpstrategylab.com. SimCorp StrategyLab a également publié deux ouvrages et deux autres études, respectivement consacrées aux risques et aux coûts.

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DIDIER LE MENESTREL

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MICHÈLE HÉNAFF

« Il faut séparer les sociétés de gestion d’actifs des banques »

9>9>:GA:B:C:HIG:A! EGwH>9:CI 9:;>C6C8>ÎG:9: A¼w8=>FJ>:G!société de gestion de portefeuille indépendante qu’il a fondée en 1991. Diplômé de l’ISG et du Centre de formation à l’analyse financière (SFAF), il est membre de la Société Française des Analystes Financiers. Il gère le fonds Agressor depuis sa création, en novembre 1991.

Didier Le Menestrel, président d’une société indépendante qui gère 4,5 milliards d’euros (et n’entend pas en rester là), plaide pour la fin du monopole de fait des banques dans la gestion d’actifs. Pour les sociétés de gestion indépendantes, comme Financière de l’Échiquier, l’objectif est d’offrir au client le meilleur service possible via l’intervention d’experts de ce métier.

Comment travaille Financière de l’Échiquier ? Financière de l’Échiquier est un gérant d’actifs qui s’est d’abord spécialisé sur le marché des actions avant de se diversifier vers les obligations et d’autres classes d’actifs. Notre principale caractéristique est de gérer avec un horizon long et une approche bottom-up fondée sur la recherche. Tous nos gérants sont analystes financiers et travaillent en suivant le credo : « Loin des marchés, proche des entreprises ». La rencontre avec l’entreprise se place en effet au cœur du processus, de façon à comprendre la stratégie et à cerner les évolutions possibles. Nous pratiquons du pur stock picking et nous créons des fonds dont la composition est déconnectée des indices. Le montant global géré est actuellement de 4,5 milliards d’euros, mais notre ambition est de parvenir à 15 milliards, c’est-à-dire 1 % des

OPCVM et 0,5 % du marché global de la gestion pour compte de tiers domiciliée en France. Pour résumer, je dirai que notre modèle d’analyse intègre, évidemment, beaucoup de chiffres, des rencontres avec les entreprises et de plus en plus d’informations collectées en dehors des sociétés via, par exemple, des services d’expertise. Nous enrichissons en permanence l’analyse et la connaissance des sociétés, de façon à disposer d’une information supplémentaire par rapport aux autres. Notre objectif est en effet de mettre de la valeur dans la gestion, tout en acceptant d’être exclus du marché en cas de performance insuffisante. Qui sont vos clients ? Les clients privés représentent 16 % de nos encours, sous forme de mandat direct dans nos fonds. Les conseils en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), entre 2 000 et

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4 000, qui représentent le cœur de notre clientèle et près de la moitié de nos encours, proposent nos produits via des contrats d’assurance vie. Quant à la part des investisseurs institutionnels, elle se situe autour de 22 %. Enfin, l’international représente entre 15 et 20 % de nos encours. Nos fonds sont enregistrés dans sept pays européens et nous avons aussi quelques mandats aux États-Unis pour des fondations et au Canada pour des fonds de pension. Existe-t-il une recette pour gagner des parts de marché visà-vis des institutionnels ? Il s’agit d’un travail de longue haleine qui passe par de nombreuses rencontres. Il faut également être le premier en performance, irréprochable sur le service, la qualité, la structure et les contrôles. Le fait d’être des spécialistes de ce métier est un atout pour s’affirmer vis-à-vis de cette clientèle. 


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 Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux pour la gestion d’actifs ? Comment voyez-vous évoluer le secteur ? Quel business model pour les sociétés de gestion ? La typologie à mettre en place est de véritablement séparer les sociétés de gestion d’actifs des banques, car les préoccupations des 27 sociétés de gestion filiales de grandes banques diffèrent totalement de celles des autres sociétés dont l’unique métier est la gestion d’actifs. On peut rappeler en effet que deux business model existent aujourd’hui dans le monde de la gestion : d’une part, les banques, qui raisonnent en termes de recherche de PNB par client et interviennent dans ce domaine de la gestion sans systématiquement disposer des savoir-faire adéquats ; et, d’autre part, les sociétés de gestion, comme Financière de l’Échiquier, dont l’objectif est d’offrir au client le meilleur service possible via l’intervention d’experts de ce métier. Je plaide donc pour que nous sortions d’une situation de monopole de fait, ce qui permettrait à la gestion d’actifs de devenir un métier réellement reconnu et véritablement spécialisé. En effet, si la présence des grandes banques est légitime pour les produits demandant une mutualisation

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DIDIER LE MENESTREL

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et des fonds propres importants – de type ETF, produits monétaires, emprunts d’État… –, il n’en est pas de même pour les autres produits. On entend dire que l’AMF souhaiterait une diminution du nombre de sociétés de gestion. Qu’en pensez-vous ? L’AMF aide au développement de la Place de façon de plus en plus pragmatique. Je ne pense donc pas que sa volonté soit de diminuer le nombre de sociétés de gestion. Cela étant, comme 20 à 30 % des sociétés de gestion disposent de peu de fonds propres et connaissent des difficultés économiques, l’Autorité s’attache à surveiller le fonctionnement de l’ensemble des acteurs. J’ajouterai que la réglementation française, lorsqu’elle est adaptée à la taille des entreprises, est généralement enrichissante pour les entreprises. Actuellement, le principal sujet de travail de l’Autorité est la commercialisation des produits, puisque beaucoup de choses ont d’ores et déjà été faites pour autocontrôler la production des produits.

MICHÈLE HÉNAFF

Ebot!opusf!! nujfs!ef!! tfswjdf-!jm!gbvu! fyqmjrvfs!! jombttbcmfnfou!! df!rvf!opvt! gbjtpot-!! dpnnfou!opvt! mf!gbjtpot!fu! qpvsrvpj!opvt! mf!gbjtpot/!Mb! usbotqbsfodf! eft!gpodujpoof. nfout!ftu!! vof!cpoof!! bttvsbodf!qpvs! mf!tpvtdsjqufvs/

Quelle place accordez-vous à la gestion alternative ? La gestion alternative exige une expertise que nous ne possédons

;>C6C8>ÎG:9:A¼w8=>FJ>:GHJGA:ED9>JB En octobre 2010, Financière de l’Échiquier a obtenu la Corbeille Société de gestion 2010 décernée par le magazine Mieux Vivre Votre Argent. Parmi la gamme notée, quatre fonds ont obtenu la note maximale : Agressor et Agressor PEA dans la catégorie actions françaises-général, Échiquier Agenor dans la catégorie actions européennes petites valeurs et Échiquier Major dans la catégorie des actions européennes-général.

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pas et qui est difficile à intégrer au sein d’une équipe de purs stockpickers long only. Cela dit, il s’agit d’un savoir-faire intéressant intellectuellement et qui s’appuie parfois sur une volonté de connaissance des entreprises aussi affirmée que la nôtre. Si nous rencontrions un spécialiste de la gestion alternative affichant le même état d’esprit que nous, pourquoi ne pas nous associer avec lui pour l’accompagner à l’avenir ? Quel crédit accordez-vous à la notation des fonds ? Les agences de notation sont l’un des acteurs qui permettent de se forger une opinion, mais la crise financière vient à nouveau de rappeler qu’elles ne peuvent remplacer l’opinion de l’investisseur final. Comme tout gérant, je suis fier quand je me situe en tête de ma catégorie, mais ce n’est pas suffisant. Au-delà des chiffres, je suis convaincu que l’état d’esprit du gérant et de la société de gestion compte avant tout. Dans notre métier de service, il faut expliquer inlassablement ce que nous faisons, comment nous le faisons et pourquoi nous le faisons. La transparence des fonctionnements est une bonne assurance pour le souscripteur. C’est à cette condition que se bâtit la confiance des investisseurs.

Itw Didier Le Menestrel - Analyse Financière - janvier 2011  

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