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Finance & Marches

Financière de l’Echiquier rachète Acropole AM et vise l’Europe GESTION D’ACTIFS La société de gestion met la main sur le spécialiste des convertibles. Rejane Reibaud rreibaud@lesechos.fr Financière de l’Echiquier veut grandir et le fait savoir. La société de gestion créée en 1991 par Didier Le Ménestrel doit annoncer ce matin l’acquisition de 100 % d’Acropole AM, spécialiste des obligations convertibles. Créé en 2006 par trois anciens collaborateurs de Fortis, dont son président Jacques Joakimides, il gère aujourd’hui 780 millions d’euros d’actifs. Le prix de

l’opération n’a pas été dévoilé, mais il serait « raisonnable » selon Didier Le Ménestrel, probablement proche des 3 % des encours sous gestion. Acropole AM avait été soutenu par l’UFG (devenu depuis La Française AM) qui détient 14,5 % du capital, Cheyne Capital et la Matmut en détenant par ailleurs respectivement 33,5 % et 1 %. Tous les trois vendent à la Financière. Pour Didier Le Ménestrel c’est une opération symbolique à plus d’un titre. D’abord le gérant star, âgé de cinquante-trois ans, veut envoyer un signal fort sur cette classe d’actifs. « Nous avons créé un segment obligataire en 2007 qui a eu de bonnes performances mais nous manquons encore de reconnaissance de la part de cer-

tains investisseurs institutionnels qui voient dans Financière de l’Echiquier avant tout un gérant actions. Cette opération nous permet de nourrir notre expansion dans le monde de la gestion d’actifs en Europe », explique Didier Le Menestrel.

Exister à côté de Carmignac Ensuite, il s’agit pour La Financière del’Echiquierdesepositionnerdans le nouvel environnement, autrementditexisteràcôtédesgéantsque sont les filiales de banques et d’assurances, d’une part, et, d’autre part, des indépendants français dont l’image hors des frontières se limite souvent à celle de Carmignac Gestion, qui absorbe toute la collecte. Ambitieux, Didier Le Ménestrel vise des encours sous gestion « à deux

chiffres »alorsqu’ilsvontpasseravec Acropole AM à 6 milliards d’euros environ. « Nous sommes dans un métier en surcapacité et nous voulons clairement participer à la consolidation du secteur. » Les prochains axes de développement seront dans la gestion diversifiée et/ou le haut rendement obligataire, mais cela peut être autant par croissance externe que par l’embauche de nouveaux talents. « Rien n’est encore décidé. Quant aux actions, nous sommes encore prêts à recruter, surtout sur les émergents », poursuit Didier Le Ménestrel. En 2012, les encours ont progressé grâce à l’effet marché, malgré une collecte négative de 44 millions d’euros, du fait d’un premier semestre difficile. n

Didier Le Ménestrel, président de Financière de l’Echiquier. Photo DR


13.01.30_Les Echos_Acquisition Acropole Copy