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Filippo Pasini - Architecte

BOOK ENSA Paris la Villette Deuxième cycle du master 2011/2013


HAYASTAN RESILIENCE Comment proposer non seulement un musée et un mémorial à la mémoire du génocide mais de façon plus générale un lieu dédié à l’Arménie, sa culture, son peuple ? La proposition répond par la complexité et la reliance, en ce qu’elle tente de croiser les champs disciplinaires (paysage, poésie, architecture, philosophie, sculpture) et les techniques de représentations (textes, croquis, plans et représentations numériques, ...)

Concours Sèvres 2015 - Filippo Pasini, Florian Guérant, Mathias Rollot, Rosalie Pericaud

les accès La zone du projet se présentait très fermée à cause du grand mure qui divisait la parcelle de la rue. On a décidé de créer une rapporte immédiat avec la rue à travers la création de deux entres (une pour le musée et l’université, l’autre pour l’accès direct vers le parc), proposent une nouvelle ouverture du projet au contexte urbain.

pour essayer de constituer un lieu dans toute son épaisseur historique, symbolique et sensible. Un lieu qui ne serait ni une enclave arménienne à Paris, ni un Paris présentant de simples images de l’Arménie - mais des milieux et des singularités différentes. C’est cette position complexe de l’entre que nous avons essayé de dessiner, de graver dans l’espace. Un entre passé et devenir, entre mémoire et pédagogie, entre peu-

Entrée accueil musée et université, avec garage vélo et mise en valeur du batiment existant et du cèdre centenaire

ples en dialogues... Un entre qui peut-être sera à même de servir de catalyseur à une résilience arménienne toujours à l’oeuvre.

PrinciPe de déformation, du mur d’enceinte en pierre vers une facade courbée en acier

Parcours d’entrée Par le Parc, où l’on voit apparaitre les murs de soutènement qui dialoguent avec les poutres bois prises dans le béton du sol.


escaliers vers exposition temporaire

parking

accès parking supérieur entrée musée

mémorial - sanctuaire

parking 36 places + accès futur parking supérieur entrée université

parking 2 roues 17 places

parking deux roues

parking bus 3 places

escaliers vers l’université

dépose-minute bus

bois

signaux cafétéria

corten

béton

9:00 . ouverture

12:58 . déjeuner sur l’herbe

18:17 . clotûre

20:19 . concert

cèdre

cailloux

01:56 . nuit

Un parc à fort potentiel symboique Le parc est composé dans des tons sobres avec des matières laissées brutes : pierre, bois, acier corten, béton. Son principe de composition autant que les plantations qui s’y épanouissent sont des hommages à l’Arménie, symbole du vivant qui unit la France terre d’accueil et l’Arménie en résilience. Il met aussi en valeur le cèdre existant et le batiment classé. indépendant du musée et de l’université, il s’articule avec ces éléments sans pour autant être contraint par leurs accessibilités ou leurs horaires d’ouverture, et on peut imaginer qu’il puisse être un élément attractif en lui-même, pour les habitants du quartier notamment.


Terrasses circulaires ou simples puits de lumières, espace de plantation ou espace minéral, les ouvertures de l’université sont hierarchisées selon leur usage. Certaines, amples et accessibles, sont de véritables lieux de convivialité extérieurs, tandis que d’autres plus modestes éclairent et aérent simplement les espaces de lecture. Une université innovante En positionnant l’université virtuelle en souterconstituer un espace singulier tout en mettant en valeur l’existant. Véritable hétérotopie (foucault), l’espace universitaire tirant sa lumière et sa sérénité des patios circulaires, elle est calme et spatieuse, aérée tout en étant tournée vers ellemême, en lien avec le végétal du parc tout en se plaçant à l’écart de celui-ci. Ainsi sa position singulière permet-elle au monument historique de conserver sa relation actuelle avec le parc, et de la même manière, le parc lui, peut continuer à exister comme extension du musée, librement avec les pratiques d’usages différentes de l’université.


Patrimoine futur De nos jours, la politique de la ville semble plus frileuse, et la tendance est plutôt à la conservation, la protection et la mise en valeur de l’existant. Une politique plus respectueuse de l’Histoire mais qui pourrait s’avérer castratrice pour les réalisations contemporaines. En effet, quel patrimoine pouvons-nous laisser de notre présent dans de telles conditions ? A la question du patrimoine existant il faut adjoindre la question du patrimoine futur : la conservation de ce qui fait témoignage d’une époque ne doit pas empêcher de produire des témoignages de notre présent. Vers un dialogue entre les époques C’est ainsi la question du dialogue entre le neuf et l’existant qu’il faut poser. Quelle stratégie adopter pour permettre les conditions d’un dialogue équitable entre les formes et leurs profondeurs symboliques ? Et dans le cadre du patrimoine qui nous intéresse, quelle position adopter face à ce bâti qui est devenu successivement la demeure d’un général sous Napoléon, repos pour l’armée, aujourd’hui le Collège Arménien, et demain peut-être le Musée de l’Arménie ? Au juste milieu entre des postures trop extrêmes, la position adoptée ici tente d’instituer ce dialogue entre perceptions, imaginaires et symboliques.

La proposition est avant tout celle d’une mise en valeur de l’enveloppe extérieure du bâtiment existant (murs, ouvertures, toitures, menuiseries, perron, etc.). En ce qu’elle est exemplaire de l’architecture, des savoirs-faire, modénatures et mises en œuvres de l’époque, cette structure est considérée comme patrimoine fondamental et inaliénable du site. En choisissant de placer la construction de l’université virtuelle en sous-sol, nous libérons le terrain de toute construction autre : il ne reste ainsi dans le parc que ce monument architectural de 1744 parfaitement mis en valeur. celui-ci En parallèle de cette mise en valeur, l’intérieur du bâtiment, lui, est évidé pour faire place à un volume nouveau qui met en exergue le dialogue recherché. La tension architecturale proposée hiérarchise l’impressionnant volume créé en différents espaces adaptés aux fonctions nouvelles auxquelles doit répondre le projet. Ces spatialités innovantes permettent de présenter sous un jour nouveau le monument historique, et interagir avec lui de façon inédite. Une position sur la question patrimoniale à l’image du projet pour le site : audacieuse.


Sur le volume créé Le volume évidé propose une lecture absolument nouvelle de notre patrimoine XVIIIe siècle. Il offre des conditions spectaculaires pour apprécier celui-ci, le regarder à nouveau : il stimule le visiteur par la surprise, suscitant son intérêt en éveillant sa curiosité, attirant son regard en donnant à lire un rapport nouveau. Les façades intérieures sont convervées à l’exacte identique. Ainsi les papiers- peintes, tapisseries, moulures, rideaux, cadres, cheminées, etc. sont conservées et appréciables en même temps depuis l’entrée même dans le batiment. Les meubles sont déplacés pour être réutilisés et mis en valeur, et de la même façon les escaliers et planchers remontés sur le site pour trouver un usage plus adapté. Nous revenons plus en détail sur ce point sur la planche qui suit.

Expo temporaire Rue intérieure Dans la rue intérieure prennent place les expositions temporaires. La grande taille et la situation de l’espace rendent l’espace perméable à une grande diversité d’expositions et/ou de manifestation différentes. On imaginera aisément aussi que cet espace puisse être scindé en deux pour accueillir plusieurs expositions différentes à la fois. Expo permanente Accéder à l’histoire Le musée permanent, qui renvoie fondamentalement à l’histoire arménienne, est inséré dans l’histoire patrimoniale du lieu, c’est-à-dire dans le bâtiment existant aujourd’hui sur le site. Situé à l’étage, il faut, pour y accéder, entrer entre deux parois hautes de plus d’une dizaine de mètres : une paroi historique, symbolisant le passé, et une paroi explicitement nouvelle, symbolisant l’avenir toujours en construction

Peuple de marcheurs La marche, ce lent déplacement des corps dans l’espace. Balancement rythmé, projection de l’être vers un incertain envisagé, ouverture au devenir, la marche est un déplacement de l’âme. Fondamentale et constitutive, elle symbolise autant l’effort que le renouveau, le passé qui s’éloigne, mais aussi la construction d’un avenir en devenir. Le peuple arménien est un peuple de marcheur, non seulement en ce qu’il a connu les déportations et la migration, mais aussi en ce qu’il a appris à dépasser la perte de repères et la souffrance, et a poursuivit sa marche inlassable vers un dépassement de l’horreur.


PFE - prof Didier Rebois

C O N T RÉSEAUX EN X T E EUROPAN 12

une fracture entre les séquences des sites industriels qui se sont appropriés la côte sud de Lisbonne. La stratégie a été de considérer

Entre les acteurs principaux du territoire, Lisbonne et Almada, existent des relations fortes liées à l’usage. Porto Brandao n’est pas intégré dans ce système de connexions

urbains qui créent une séquence de points où répliquer la stratégie du projet

-

une sequense des points ou repliquer la strategie du projet


STRATÉGIE ENTRE LIMITES, ACTIVITÉS ET FLUX À la suite de la lecture du territoire où le contexte montre deux limites naturelles fortes comme le Tage et les falaises, la stratégie du projet à l’échelle urbaine est de distribuer de manière ponctuelle, des activités différentes dans Porto Brandao et dans le territoire limitrophe.

Porto Brandao

pôle culture - recherche

pôle tourisme événements

pôle habitat

pôle commerce

tissu urbain étendu

limites naturelles

pôle sportif

Les activités proposées sont pensées pour fonctionner dans un réseau global capable de servir des usagers différents à différentes échelles. Porto Brandao se trouve au croisese créent entre le réseau des activités et les infrastructures qui desservent le site le bus boucle


NOUVEAU DYNAMISME ENTRE NATURE ET ESPACE espace intime espace hybride terrasse surélevée espace ouvert

Le projet a été pensé comme une matrice capable de créer une séquence d’espaces avec différents statuts : intime, hybride et ouvert

circulation linéaire circulation mixte

Les relations entre espace construit et espace public sont pensées pour proposer différents types de circulations qui permettent la perception des éléments naturels

circulation verticale

VUE DE PORTO BRANDAO: le projet propose une nouvelle image de Porto Brandao pour les usagers qui arrivent en bâteau

0

25 m

50 m


MIXITÉ D’USAGE POUR UNE NOUVELLE CENTRALITÉ

Échelle de l’intervention urbaine en relation avec son environnement et ses

I° étage

II° étage

toiture

Rez-de- Chaussée

façade extérieure est

schéma des programmes Le bâtiment dialoque avec le front urbain existant et il complète le front de mer

VUE DU BATÎMENT CENTRAL: il se présente comme le starter de la nouvelle mixité et de la nouvelle dynamique

L’intervention crée un nouvel espace public en continuité avec la place qui donne sur le Tage

Le bâtiment contribue à générer un nouveau réseau de circoulations avec la rampe et la place intérieure

façade intérieure est


HABITER ENTRE LA VILLE ET LA NATURE

Chaque maison sera orientée de manière à garantir la vue sur le Tage

système plaques - maisons pluggées + points centraux

le parc relie les différentes zones du site en proposant une nouvelle circulation

L’objectif est d’integrer différents types de végétation dans le dessin du parc et de l’espace residuel entre les maisons

VUE VERS LE TAGE: le projet propose un nouvel habitat dans la nature mais à 10 minutes de Lisbonne

0

50 m

Topographie existante

T3

T 3 avec terrasse

Duplex T 5

Dans les plaques pluggées à la voirie privée certains espaces seront plutôt fermés

Intervention

T4

T 4 avec terrasse

1000m


s9 - prof Didier Rebois

l’aqueduc continu(e)

Larnaca est représentative de la culture chypriote faite d’accumulations historiques: c’est une ville où se côtoient des éléments architecturaux et urbains d’époques complètement différentes. Nous avons voulu travailler à partir de ces contrastes en nous basant sur un bâtiment historique emblématique : l’aqueduc. Construit à l’époque romaine puis reconstruit par les Ottomans, il a alimenté la ville en eau potable jusque dans les années 50. Aujourd’hui il n’en reste que trois fragments dont seulement un est mis en valeur par la municipalité.


L’ambition première du projet est de reconnecter ces frag-

histoire et culture

ments en prolongeant l’aqueduc dans le tissu urbain, ce qui permet à la fois de créer une voie pour les circulations douces et des espaces publics ou collectifs connectés entre eux. Nous avons basé notre méthode sur une analyse de Larnaca qui a pris la forme d’un organigramme composé par des notions ou des éléments

éléments neutres

urbains qui nous ont interpellés. A partir de ces éléments disparates, notre discours s’est construit peu à peu sur les notions d’objet commun devenant problématique, d’éléments neutres auxquels nous donnons un sens déterminés, et de changements – aussi bien dans le cycle d’une journée que d’une époque. Nous avons ménagé une certaine neutralité

H 2O éléments communs devenant problématiques

spatiale de l’aqueduc, notamment dans la partie supérieure (promenade)

espaces publics histoire et culture

éléments neutres

H 2O éléments communs devenant problématiques


éléments naturels

rythmes et mobilités

histoire et culture

histoire et culture

éléments neutres

éléments neutres éléments naturels

H 2O

H 2O

éléments communs devenant problématiques

éléments communs devenant problématiques espaces publics

espaces publics

histoire et culture

tourisme

éléments neutres éléments naturels

H 2O éléments communs devenant problématiques

espaces publics

|

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+


tracé urbain Nous avons travaillé successivement à différentes échelles : le territoire, sur lequel apparaissent les trois grands tracés basés sur le trajet historique de l’aqueduc, l’échelle urbaine de l’intervention, où l’aqueduc relie le ces deux échelles : c’est ce qui nous a poussés à développer une matérialité aussi légère que possible, ainsi qu’à moduler les hauteurs des différents niveaux. A l’échelle des parcelles traversées, l’aqueduc communique selon différents procédés avec les programmes, soit en s’abaissant au niveau de la rue, soit via son deuxième niveau. L’aqueduc continu que nous proposons poursuit plusieurs objectifs : proposer une spatialité et des mobilités alternatives à ceux que nous avons observés à Larnaca, multiplier les lieux collectifs et publics, et susciter un intérêt renouvelé pour le patrimoine historique et naturel de la ville.

6

8

2 1

parcelle : 1000 m 2

pa rc e l l e : 1 1 9 0 m 2

point d’info

salle de concert

p a rc e lle : 1 3 9 0 m 2

école d’art 3

+ usage local

+ usage local

4 + usage local

tracé lacustre L’ o b j e c t i f d e c e s i n t e r v e n t i o n s p o n c t u e l l e s e s t d e p r o p o s e r d e s p a n o r a m a s successifs du lac et de la ville. Actuellement, la promenade est bordée de roseaux qui obstruent les vues vers le lac.

p a rc e lle : 1 9 7 0 m 2

p a rc e lle : 3 2 0 m 2

p arcel l e : 1565 m 2

p arcel l e : 4340 m 2

p arcel l e : 8640 m 2

ateliers d’artistes

salle de lecture + café

logement

learning center

parc urbain

5 + usage local

7 + usage local

+ usage local

tracé agricole Le tissu actuel diffus est fédéré par l’implantation de l’aqueduc qui propose aussi une nouvelle voierie reliant les deux autres fragments d’aqueduc. Une densification légère inspirée du centre historique de la ville est apportée ainsi qu’un lotissement respectueux du terrain en bordure des champs. Les abords de la rivière qui passe sous l’aqueduc sont renaturalisés pour préserver un milieu favorable à la régénération biologique.


logement

La promenade devient une passerelle d’accès pour les habitants. Une grande cour commune relie jardins privés et bâtiment collectif tout en proposant un passage en coeur de parcelle.

parc

6

L’ e s p a c e a c t u e l e s t r e q u a l i f i é e n p a r c u r b a i n intégrant la morphologie du terrain et proposant plusieurs types d’activités notamment pour les enfants et les jeunes.

8

salle de lecture + café A-A’

c o u p e A - A’ B-B’

5

RdC

R + 1

façade nord

R + 2

Dans cette petite parcelle en bordure d’ilôt, l’aqueduc est abaissé au niveau du sol, dessinant les contours d’une place qui se prolonge dans la parcelle vers l’entrée du café. Deux rampes permettent d’accéder directement à la terrasse et abritent des salles de lecture naturellement éclairées et ventilées par un système de tour à vent. Une pattern géométrique dessine les façades et les parapets, et la volumétrie du projet est adaptée aux bâtiments environnants.

coupe B-B’


Filippo Pasini - Architecte

BOOK Politecnico di Milano Cours de Science de l’Architecture et Société

Premier cycle 2011/2013



Book Filippo Pasini