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N° 3 - 8 NOVEMBRE 2013

ÉDITION FRANÇAISE

Fédération Internationale de Football Association – depuis 1904

Qui complètera le casting de Brésil 2014 ?

Dernier appel

JÜRGEN KLINSMANN : DE GRANDS PROJETS POUR LA COUPE DU MONDE W W W.FIFA.COM

JOSEPH S. BLATTER : “EXCLURE LE RACISME”

SVEN-GÖRAN ERIKSSON : UN SUÉDOIS EN CHINE W W W.FIFA.COM/ THEWEEKLY


DANS CE NUMÉRO

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Cardiff et Swansea – lointains voisins Pour la première fois dans l’histoire de la Premier League, deux équipes galloises sont représentées. Mais d’un point de vue idéologique et économique, Cardiff et de Swansea sont à des annéeslumière l’un de l’autre.

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Match au sommet Le public allemand a le privilège d’assister en avant-première à un duel au sommet : en huitième de finale de la Ligue des Champions féminine, la Turbine Potsdam affronte l’Olympique Lyon.

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Entretien avec Jürgen Klinsmann Le sélectionneur de l’équipe des États-Unis nous parle de la culture américaine du football et de ses ambitions pour la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

En route pour le Brésil Comprendre le Brésil n’est pas chose facile. 31 semaines avant le début de la Coupe du Monde, notre correspondant Sérgio Xavier Filho tente l’expérience.

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Le Top 11 de la semaine Invaincu en Bundesliga depuis 36 matches, le Bayern Munich est pourtant encore loin du Top 11 des plus longues séries d’invincibilité.

Diego Forlan En route pour… la Jordanie

Jürgen Klinsmann Première Coupe du Monde avec les États-Unis

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Amérique du Sud 10 membres 5,5 places en Coupe du Monde www.conmebol.com

km

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Amérique du Nord et centrale 35 membres 3,5 places en Coupe du Monde www.concacaf.com

Joutes intercontinentales Les qualifications pour la Coupe du Monde 2014 entrent dans leur dernière phase. Les barrages entre l’Uruguay et la Jordanie et entre le Mexique et la Nouvelle-Zélande s’annoncent comme les temps forts de ce sprint final. Pour les équipes latino-américaines, clairement favorites, cette étape représente un détour tant sur le plan sportif que géographique. Retour sur les principaux acteurs de cette grande aventure, avec à la clé les derniers tickets pour le Brésil.

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Plus qu'un cliché Le Brésil change

Le plus grand fan du monde Eberhard Kleinrensing habite dans la Ruhr, mais son cœur bat pour le club anglais de Nottingham Forrest... au grand dam de sa future épouse.

Uruguay, nous voilà ! Lors de la première Coupe du Monde de football organisée par l’Uruguay en 1930, les fédérations européennes sont confrontées à un véritable casse-tête logistique. Finalement, seules quatre équipes accepteront de faire le long voyage en bateau à vapeur.

The Sound of Football En 1990, la Fédération anglaise de football a la fabuleuse idée de choisir une chanson de New Order pour faire vibrer ses supporters pendant la Coupe du Monde en Italie.

Qualifiés

Qualifiés

États-Unis

Brésil (pays hôte)

Costa Rica

Argentine

Honduras

Équateur

Barrage les 13 et 20 novembre 2013 Mexique – Nouvelle-Zélande

Chili Colombie Barrage les 13 et 20 novembre 2013 Jordanie – Uruguay

Entretien avec Jürgen Klinsmann Le sélectionneur de l’équipe des États-Unis nous parle de la culture américaine du football et de ses ambitions pour la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

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L A SEMAINE DANS LE MONDE DU FOOTBALL

Europe 53 membres 13 places en Coupe du Monde www.uefa.com

Afrique 54 membres 5 places en Coupe du Monde www.cafonline.com

Asie 46 membres 4,5 places en Coupe du Monde www.the-afc.com

Océanie 11 membres 0,5 place en Coupe du Monde www.oceaniafootball.com

Steven Caulker En rouge avec Cardiff

N° 3 - 8 NOVEMBRE 2013

ÉDITION FR ANÇAISE

Fédération Internationale de Football Association – depuis 1904

Qui complètera le casting de Brésil 2014 ?

Dernier appel

JÜRGEN KLINSMANN : DE GRANDS PROJETS POUR LA COUPE DU MONDE

JOSEPH S. BLATTER : “EXCLURE LE RACISME”

SVEN-GÖRAN ERIKSSON : UN SUÉDOIS EN CHINE

W W W.FIFA.COM

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m 00 k

Qui sera au Brésil ? Thaer Bawab (Jordanie, à gauche), Luis Suarez (Uruguay), Rafael Marquez (Mexique) et Michael McGlinchey (Nouvelle-Zélande) tenteront d'arracher les derniers billets pour la Coupe du Monde à l'issue des barrages.

Inhalt: Getty Images

Sven-Göran Eriksson Une décision lourde de conséquences

Cover Illustration : Barry Down

W W W.FIFA.COM/ THEWEEKLY

Javier Hernandez Escale à Wellington

Qualifiés

Barrages aller

Qualifiés

Italie

Burkina Faso – Algérie 3:2

Australie

Barrage les 13 et 20 novembre 2013

Pays-Bas

Côte d’Ivoire – Sénégal 3:1

Japon

Mexique – Nouvelle-Zélande

Angleterre

Éthiopie – Nigeria 1:2

Iran

Russie

Tunisie – Cameroun 0:0

République de Corée

Belgique

Ghana – Égypte 6:1

Suisse Bosnie-Herzegovine

Barrages retour

Allemagne

Algérie – Burkina Faso, le 19 novembre

Espagne

Sénégal – Côte d’Ivoire, le 16 novembre

Barrage les 13 et 20 novembre 2013 Jordanie – Uruguay

Nigeria – Éthiopie, le 16 novembre Barrages les 15 et 19 novembre 2013 Por tugal – Suède

Cameroun – Tunisie, le 17 novembre Égypte – Ghana, le 19 novembre

Ukraine – France Grèce – Roumanie Islande – Croatie

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À DÉCOUVERT

Un sacré détour

Le plancher des vaches. Après trois semaines de traversée, les joueurs belges découvrent la plage de Montevideo en 1930.

Thomas Renggli

Photo Popperfoto/Getty Images

L

e chemin menant jusqu’à la Coupe du Monde au Brésil est long et sélectif. Depuis l’été 2011, 202 fédérations – de A comme Afghanistan à Z comme Zimbabwe – se livrent à un véritable marathon pour décrocher l’une des 31 places disponibles.

31, c’est également le nombre de semaines qui nous séparent du coup d’envoi à São Paolo et il reste encore onze billets à distribuer : cinq en Afrique, quatre en Europe et deux qui seront attribués à l’issue des barrages intercontinentaux Mexique – Nouvelle-Zélande et Uruguay – Jordanie. L’histoire de ces rencontres intercontinentales remonte à plusieurs décennies. Ce mode de qualification a été utilisé officiellement dans le cadre d’une Coupe du Monde pour la première fois en 1953. À l’époque, l’Italie s’est imposée face à l’Égypte. Mais dès 1934, on assista à des duels entre pays voisins mais appartenant à des continents différents. L’Égypte se qualifia alors pour le tournoi organisé en Italie à l’issue de deux matches contre la Palestine, sur le score final de 11 : 2. On ne pouvait cependant pas encore parler de duel des confé-

dérations, puisque les confédérations asiatique et africaine (tout comme l’UEFA) n’ont été créées qu’en 1954. Les pays sud-américains furent les premiers à se regrouper au sein de la CONMEBOL, dès 1916. La Coupe du Monde 1934 constitua un tournant dans l’histoire du football. Pour la première fois, le nombre d’équipes candidates pour la phase finale de la compétition (32) était supérieur au nombre de places disponibles (16). Il fallut donc mettre en place un processus sportif d’élimination. Mais cette année-là, deux grandes nations boudèrent la compétition  : l’Angleterre, qui décida de boycotter la phase finale car on lui avait refusé le statut de pays organisateur, et l’Uruguay, tenant du titre, qui préféra rester chez lui pour se venger du peu d’intérêt témoigné par les fédérations européennes lors de la première Coupe du Monde, organisée sur ses terres en 1930. À l’époque, seules quatre équipes européennes (Belgique, France, Yougoslavie, Roumanie) avaient bien voulu passer trois semaines sur un bateau à vapeur pour traverser l’Atlantique. Pour en savoir plus sur ce voyage à la découverte du continent sud-américain, lisez notre rubrique T H E F I FA W E E K LY

“Historique”. 83 ans plus tard, les moyens de transport facilitent nettement les déplacements des joueurs et la Coupe du Monde suscite un intérêt de plus en plus grand. Aujourd’hui, le Mexique et l’Uruguay, deux grandes nations du football, seraient sans doute disposées à se rendre à la rame jusqu’en Nouvelle-Zélande et en Jordanie s’il le fallait. Mais même en avion, ce voyage, en plus de peser sur les caisses des fédérations, n’est pas sans risque. Ce déplacement à l’autre bout du monde peut en effet avoir de graves conséquences et une élimination entraînerait un véritable séisme sportif sur le continent américain. La situation est totalement différente du point de vue de la Jordanie et de la Nouvelle-Zélande, qui sont déjà allées plus loin dans cette compétition préliminaire que la grande majorité des pays en lice. Au cours des semaines à venir, ces deux équipes poseront le pied sur le continent amérique – 521 ans après Christophe Colomb. Å

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BARR AGES

RÊVES DE BRÉSIL Des billets de dernière minute pour la Coupe du Monde 2014 à la clé : le Mexique et la Nouvelle-Zélande vont s’affronter dans des barrages intercontinentaux pour une place en phase finale au Brésil, tout comme l’Uruguay et la Jordanie. Pour ces quatre pays, ce seront les matches de la dernière chance. Jason Reed/Reuters

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BARR AGES

U R U G UAY Habitants : 3,3 millions Super ficie : 176 220 km 2 Footballeurs : 241 300 Club champion : Nacional Montevideo Sélec tionneur : Óscar Tabárez Stars : Diego Forlan, Luis Suárez, Diego Lugano Par ticipations à la Coupe du Monde : 11 (champion du monde : 1930, 1950) Position au Classement mondial FIFA : 6

La figure de proue de l’Uruguay : l’attaquant Diego Forlan et son équipe sont au pied du mur dans la course à la qualification.

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Thomas Renggli et Alan Schweingruber

ous les chemins mènent à Rome… et plusieurs chemins mènent à la Coupe du Monde 2014 au Brésil. L’équipe d’Uruguay va néanmoins effectuer un grand détour pour atteindre cette destination. Au lieu d’emprunter la route directe de Montevideo à Rio de Janeiro (1800 km), les Charrúas vont passer par Amman en Jordanie (11 300 km). Pour disputer le match qui les y attend le 13 novembre, ils vont non seulement traverser l’Atlantique, six fuseaux horaires et la frontière entre deux univers culturels bien différents, mais aussi tenter de surmonter leur faiblesse sportive. Au pays, on considère comme une honte le fait que la Celeste, quatrième du grand rendez-vous mondial 2010 et sixième du Classement mondial FIFA, n’ait pas réussi à se qualifier directement pour Brésil 2014. “Il reste un sentiment de colère” : c’est ainsi que le principal journal uruguayen, El Observador, résume le parcours de la sélection nationale dans la compétition préliminaire. L’Uruguay a échoué en cinquième position, derrière l’Argentine, la Colombie, le Chili et l’Équateur. Le Brésil, qualifié d’office en tant que pays hôte, n’a pas eu besoin de participer aux Eliminatorias. Le duel entre l’Équateur et l’Uruguay, à égalité de points, s’est soldé à 8

l’avantage du premier pour une différence de quatre petits buts. La presse locale considère ces barrages comme une “malédiction” et voudrait voir aboli ce mode de qualification controversé en faveur d’un système qui prenne en compte tous les résultats. L’opinion du Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, va dans le même sens. “Ces barrages seront source de passion et de suspense, mais nous devons essayer de trouver une solution pour qu’à la fin des qualifications, aucune équipe n’ait besoin de passer par des barrages”, a-t-il déclaré récemment.

mondiaux et deux sacres olympiques) et dont l’équipe nationale compte des éléments aussi talentueux que Diego Forlán, Edinson Cavani ou Luis Suárez. Le cumul de la valeur des joueurs de la sélection s’élève à 206 millions d’euros, d’après le site Internet Transfermarkt. ch. Pour la Jordanie, la somme serait de 2,3 millions d’euros, pour 20 joueurs. L’Uruguay a par ailleurs été en 2010 la première équipe sud-américaine à atteindre les demi-finales de l’épreuve suprême depuis 2002. Il a en outre remporté la Copa América en 2011.

Une équipe à 206 millions d’euros Les Uruguayens ont déjà dû subir cette épreuve à trois reprises sur le chemin de la Coupe du Monde et l’issue ne leur a pas toujours été favorable : ils ont certes battu l’Australie en 2001 et le Costa Rica en 2009, mais en 2005, leur crochet par l’Australie les a conduits dans une impasse. Un bilan difficile à digérer pour ce pays certes petit (3,3 millions d’habitants), mais au glorieux passé footballistique (deux titres

Face à ces arguments, le palmarès de son adversaire et la composition de son groupe font bien pâle figure. La Jordanie a pris part pour la première fois aux qualifications pour la Coupe du Monde en 1985. Elle n’a jamais réussi à aller au-delà du deuxième tour de la compétition préliminaire asiatique. Seul le sélectionneur Hossam Hassan a déjà fait l’expérience de la phase finale (en 1990 avec l’Égypte). Aucun de ses joueurs n’évolue dans un grand champion-

“Nous devons essayer de trouver une solution pour qu’à la fin des qualifications, aucune équipe n’ait besoin de passer par des barrages.” Joseph S. Blatter, Président de la FIFA T H E F I FA W E E K LY


BARR AGES

Fernando Llano/ AP, Khalil Mazraawi/AFP

J O R DA N I E Habitants : 6,3 millions Super ficie : 92,300 km 2 Footballeurs : 121 191 Club champion : Al - Faisaly (Amman) Sélec tionneur : Hossam Hassan Stars : Thaer Bawab, Amer Shafee, Ahmad Haeel Par ticipation à la Coupe du Monde : 0 Position au Classement mondial FIFA : 70

Moment de joie en Jordanie : à Amman, Ahmad Ibrahim célèbre la qualification de son équipe pour les barrages intercontinentaux.

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NOUVELLE-ZÉL ANDE Habitants : 4,4 millions Super ficie : 268 680 km² Footballeurs : 198 757 Club champion : Waitakere United Sélec tionneur : Ricki Herber t Stars : Ryan Nelsen, Chris Wood, Shane Smelt z Par ticipations à la Coupe du Monde : 2 Position au Classement mondial FIFA : 79

Habituée au statut d’outsider : c’est un match difficile qui s’annonce pour la Nouvelle-Zélande le 13 novembre au stade Azteca (105 000 spectateurs attendus).

nat. Leur parcours à l’étranger se limite aux ligues du Koweït, de l’Arabie Saoudite et de la Roumanie. En tout, 90 % des membres du groupe ont des origines palestiniennes. L’entraîneur de l’Uruguay Oscar Tabarez, lui, se méfie de cet adversaire inconnu : “Nous ferions fausse route si nous pensions que la Jordanie ne risque pas de nous poser de problème.” Sur le plan logistique, rien n’est laissé au hasard. Pour que le voyage et la préparation de l’équipe se déroulent dans les meilleures conditions possibles, un charter a été affrété (pour 700000 dollars) et un stage est prévu en Turquie. Cette délicate opération sportive coûte cher à la fédération. D’autant plus que des matches internationaux lucratifs, en Écosse et en Angleterre, étaient planifiés aux dates des barrages intercontinentaux. Au lieu de la patrie du football, l’Uruguay visitera le désert cet automne. La Jordanie y croit Là-bas, les choses pourraient se compliquer et pas seulement à cause de la différence de climat. Tabarez et ses joueurs risquent effectivement d’être surpris, en arrivant au stade du Roi Abdallah à Amman. Car la fièvre du football s’est emparée de la Jordanie, où l’on riait pourtant de l’équipe nationale il n’y a pas si longtemps encore. Son succès contre l’Ouzbékistan à l’issue des barrages asiatiques a été l’élément déclencheur de ce nouvel enthousiasme. Lors du match 10

retour à Tachkent, la Jordanie ne s’est pas laissé décourager par sa précédente défaite 0:1, ni déconcentrer par la panne de lumière survenue pendant la prolongation. Elle s’est imposée 9:8 aux tirs au but. La chaîne de télévision nationale, victime d’une interruption de la transmission au moment crucial, a parlé de “miracle” dans son bulletin d’informations et expliqué à ses téléspectateurs que les joueurs avaient “rendu possible l’impossible”. Grâce à ce véritable triomphe, la Jordanie s’est hissée à la 70ème place du Classement mondial FIFA... mais n’en reste pas moins 64 rangs derrière l’Uruguay. À l’approche des deux matches les plus décisifs de l’histoire du football jordanien, l’entraîneur Hassan préfère ignorer les chiffres qui ne plaident pas en sa faveur : “Les rencontres avec l’Uruguay se joueront sur le terrain, pas sur le papier. Certes, cette équipe compte dans ses rangs des individualités de grand talent, mais sur deux rencontres, tout est possible.” Le technicien égyptien sait que sur le plan psychologique, l’avantage est dans son camp. Rarement les rôles ont été aussi clairement déterminés avant un match international crucial. Pour la Jordanie, le fait de disputer ces barrages intercontinentaux est une réussite en soi et revêt presque la même importance que la finale de la Coupe du Monde. L’Uruguay, en revanche, considère avec anxiété ce détour par le désert d’Arabie. Après avoir brandi le trophée T H E F I FA W E E K LY

mondial au Maracanã de Rio de Janeiro (en 1950), il a tout à perdre en Jordanie. Le Mexique se trouve dans une situation tout aussi délicate que celle de l’Uruguay. El Tri affrontera pour sa part la Nouvelle-Zélande et devra se montrer à la hauteur des attentes de ses exigeants supporters. Après une défaite contre le “petit” Honduras, une autre contre les ÉtatsUnis, un nul contre la Jamaïque et un revers 1:2 contre le Costa Rica, le moins que l’on puisse dire est que le chemin vers la Coupe du Monde s’est révélé semé d’embûches pour le Mexique. Mais cette aventure aurait pu se terminer dès le 15 octobre. Le soir où leur duel avec le Costa Rica s’est achevé sur une défaite, les Mexicains avaient déjà commencé à tirer une croix sur leur rêve quand ils ont appris la nouvelle : Panama – ÉtatsUnis 2:3. Cette victoire inattendue des Américains (encore menés à la 91ème minute !) a hissé le Mexique à la quatrième place de la Zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes, synonyme de barrages intercontinentaux. C’est donc aux États-Unis, ce pays avec lequel il entretient des relations de voisinage si compliquées, qu’il doit son sursis. Les réactions ne se sont pas fait attendre au Mexique et un mouvement de sympathie plutôt inhabituel s’est manifesté : “God bless America !”, a crié un reporter. Ou encore : “USA, we love you, we love you, we love you”. Le journal Excélsior titrait quant à lui le lendemain : “Merci, les États-Unis !”


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ME XIQUE Habitants : 112 millions Super ficie : 1 972 550 km² Footballeurs : 8 479 595 Club champion : Club América Sélec tionneur : Miguel Herrera Stars : Rafael Márquez, Javier Hernandez, Andres Guardado Par ticipations à la Coupe du Monde : 14 Position au Classement mondial FIFA : 24

Le favori doit améliorer sa cohésion : le Mexique dispose d’une équipe solide, mais doit faire mieux que ses prestations peu convaincantes de la compétition préliminaire.

David Gray/Reuters, Shaun Best/Reuters

Quatre entraîneurs en deux mois Pour autant, tout n’est pas devenu rose du jour au lendemain dans le deuxième plus grand pays d’Amérique latine. Les gens en ont assez des performances irrégulières et des résultats désastreux de l’équipe nationale. Un récent sondage a révélé que la majorité de la population n’espérait même plus la qualification de la sélection pour le tournoi brésilien. De son côté, la Fédération mexicaine fait preuve depuis quelque temps d’une inquiétante nervosité : deux jours après le revers contre le Costa Rica, elle a limogé l’entraîneur Victor Manuel Vucetich pour le remplacer par Miguel Herrera. La nouvelle n’aurait rien de particulièrement choquant, si Herrera n’était pas le quatrième sélectionneur nommé en l’espace de deux mois. Les Néo-zélandais détendus Se préparer à la dernière minute pour des matches couperets ne correspond pas tout à fait aux attentes de cette nation férue de football, ce qui explique en partie la morosité ambiante. Certes, le football mexicain n’a encore jamais atteint les sommets et l’équipe n’a accédé qu’une fois aux quarts de finale de la Coupe du Monde, en 1986, à domicile. Mais le bilan dressé par le plus grand pays hispanophone du monde reste plutôt honorable : le Mexique a déjà pris part à 14 reprises à la reine des compétitions. Seuls les géants du football mondial que sont le Brésil (19 fois), l’Allemagne (17), l’Ita-

“Il sera intéressant de voir si le Mexique saura se montrer à la hauteur des attentes de ses fans.” Ricki Herbert, sélectionneur de la Nouvelle-Zélande

lie (17) et l’Argentine (15) peuvent dire mieux. En outre, les Mexicains se sont hissés cinq fois de suite en huitièmes de finale depuis 1994. N’oublions pas non plus leur triomphe en Coupe des Confédérations 1999. La Nouvelle-Zélande a déjà connu des succès de cette ampleur, mais dans d’autres sports. En football, le pays du rugby et du cricket ne dispose pas encore de championnat professionnel. Le beau jeu n’y est pas populaire, si bien que Wellington Phoenix, la meilleure équipe du pays, joue en A-League australienne. La page d’histoire qui s’est écrite en décembre 2009 n’en est que plus surprenante : la sélection néo-zélandaise, qui recevait Bahreïn en match retour des barrages intercontinentaux, redoutait une certaine apathie dans les tribunes. La veille au soir, le capitaine Ryan Nelsen a donc passé un appel à la télévision et à la radio, demandant à tous les fans de s’habiller en blanc pour la rencontre. L’initiative a été couronnée de succès : 36000 personnes sont venues dans le stade vêtues de la couleur des All Whites. Cette foule inédite sur le sol néo-zéT H E F I FA W E E K LY

landais a permis à l’équipe de décrocher sa deuxième qualification pour la Coupe du Monde après 1982, à la faveur d’une courte victoire 1:0. La décontraction dont les Kiwis font preuve actuellement à l’approche de cette nouvelle épreuve a de quoi étonner. 105000 spectateurs sont attendus au stade Azteca de Mexico pour le duel du 13 novembre. Il en faudrait pourtant davantage pour impressionner le sélectionneur Ricki Herbert : “C’est formidable de pouvoir jouer devant autant de monde. En tant qu’outsider, nous sommes habitués à nous retrouver dans cette position. Le Mexique l’est moins. Il sera intéressant de voir si nos adversaires sauront se montrer à la hauteur des attentes de leurs fans.” Pour le match aller, la Nouvelle-Zélande va se préparer en toute quiétude à Los Angeles. L’entraîneur avait déjà adopté cette stratégie avant les barrages de 2009, en optant pour un séjour à Dubaï. Son choix s’était avéré judicieux. Reste à savoir si l’équipe proposera, cette année encore, une action créative et stimulante pour le match retour à domicile. Å 11


LE S CHAMPIONNAT S À L A LOUPE

VU DES TRIBUNES Premier League

C a r d i f f p a s s e au r o u ge David Winner est un écrivain et journaliste basé à Londres. Sa bibliographie dans le football comprend notamment Brilliant

“L’affaire de Cardiff n’est que le dernier exemple en date de la tendance actuelle.”

Orange et Dennis Bergkamp: Stillness and Speed.

Cardiff City et Swansea City, les deux pensionnaires étrangers de la Premier League anglaise, ont disputé dimanche le premier derby gallois de l’histoire du prestigieux championnat. Par la magie du satellite, les téléspectateurs du monde entier ont pu assister à ce qui était autrefois un duel de clochers. Au final, la victoire 1:0 de Cardiff au terme d’une partie médiocre a moins compté que la toile de fond de ce derby. Les deux clubs mènent leurs barques de façons tellement différentes que cette affiche a reporté l’enjeu sur la question de la propriété dans le football. Swansea est quasi-unanimement considéré comme un modèle de gestion contemporain pour un club britannique. Sauvé de la faillite il y a dix ans par un groupe d’investisseurs locaux, le club est détenu à 20 % par ses supporters. De plus, l’identité britannique est clairement inscrite dans les gènes de sa communauté : les propriétaires et les supporters des Swans raisonnent à l’échelle locale et non globale.

son pays et bien d’autres. C’est ainsi qu’il a abandonné le traditionnel bleu au profit du rouge pour les maillots “domicile” de Cardiff. De même, le merle bleu qui figurait sur l’écusson depuis un siècle a été remplacé par un dragon.

comme ceux du collectif Bluebirds Unite réclamant le retour aux couleurs traditionnelles, sont sceptiques. Dimanche, un groupe de supporters brandissait même une banderole “Tan Out” dans les tribunes.

Si ces changements ont contribué à adapter l’image du club au marché asiatique, ils ont été source de confusion et de désarroi chez les supporters du cru. Dernièrement, Tan a limogé Iain Moody, le bras droit de Mackay, pour engager un Kazakh de 23 ans sans expérience dans le football professionnel (et sans permis de travail au Royaume-Uni, soit dit en passant).

Cardiff n’est que l’exemple le plus criant d’une tendance croissante. La plupart des grosses écuries de Premier League, parmi lesquelles Arsenal, Manchester United et Liverpool, sont désormais aux mains d’étrangers. Pour certains clubs, notamment Chelsea et Manchester City, l’arrivée d’investisseurs extérieurs a été une bénédiction. Pour d’autres, comme les Blackburn Rovers, elle s’est révélée catastrophique.

À Cardiff, la majorité des fans ne crache pas sur l’argent de Tan. Ils reconnaissent que sans lui, leur club n’évoluerait pas en Premier League. En revanche, d’autres supporters,

En tout cas, l’impact culturel et économique à long terme de cette tendance sur le football britannique dans sa globalité est impossible à évaluer précisément. Å

À l’inverse, Cardiff est plongé dans les affres d’une crise identitaire tout aussi contemporaine. Sous la houlette de son très respecté manager écossais Malky Mackay, l’équipe se porte bien. Le problème, c’est que Mackay n’est pas l’homme fort du club. Certains observateurs annoncent même son départ en raison de la détérioration de ses relations avec le propriétaire du club, l’homme d’affaires malaisien Vincent Tan. Tan est l’archétype du milliardaire propriétaire d’un club de football. Il y a trois ans, il a rejoint Cardiff, où il a effacé une dette accablante et mis plus de 100 millions de livres sur la table. Personne ne connaît vraiment ses ambitions sur le long terme, mais il est évident que ce généreux investisseur se projette au-delà des frontières de la Principauté. Tan affiche pour les coutumes locales un mépris seigneurial qui n’est pas sans rappeler l’époque du colonialisme britannique dans

Derby gallois en Premier League. Nathan Dyer (Swansea City, premier plan) vient contrer Andrew Taylor (Cardiff). T H E F I FA W E E K LY

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Bundesliga féminine

Un p u b l ic d e s p é c i a l i s te s Sven Goldmann est spécialiste du football au quotidien Tagesspiegel de Berlin

Les fans de la Bundesliga féminine attendent avec impatience la suite de la Ligue des Champions. C’est un sommet qui s’annonce, une finale avant l’heure que cette rencontre à venir entre le vainqueur de l’édition 2010 et celui de 2011 et 2012 : on peut difficilement rêver d’une plus belle affiche. Mais la saison vient de commencer, il ne faudra donc pas s’attendre à un record d’affluence pour ce match. Dans le meilleur des cas, quelque 5000 personnes viendront assister à ce huitième de finale aller de la Ligue des Champions féminine entre le 1. FFC Turbine Potsdam et l’Olympique Lyonnais. Il faut savoir que les footballeuses de Potsdam sont très appréciées du public ; peu de clubs en Europe peuvent en dire autant. Contre Francfort, elles ont joué une fois devant 7900 personnes. Un record en Bundesliga, mais un record qui date de dix ans. Pour la finale de la Ligue des Champions en mai dernier, 20 000 personnes ont fait le déplacement jusqu’à Stamford Bridge pour voir le VfL Wolfsbourg battre Lyon 1:0. Pour la finale hommes entre le Bayern Munich et le Borussia Dortmund, quelques jours plus tard à Wembley, un million de demandes de billets ont été enregistrées. Les gains n’ont rien à voir non plus. Chez les dames, le vainqueur de la plus prestigieuse des compétitions continentales gagne 250 000 euros. Chez leurs homologues masculins, chaque équipe participant à la phase de groupes touche 8,6 millions d’euros. Quant au vainqueur de l’épreuve, il peut obtenir jusqu’à 37,4 millions d’euros dans le meilleur des cas, s’il parvient à remporter tous ses matches. Autre exemple : Zlatan Ibrahimovic est payé 37 000 euros par jour au Paris Saint-Germain. Pour une joueuse de l’élite, cela représente presque six mois de salaire, recettes publicitaires comprises. D’ailleurs, la grande majorité

Duel au stade Karl Liebknecht. Noelle Maritz (VfL Wolfsbourg, à g.) à la lutte avec l'attaquante de la Turbine Potsdam Genoveva Anonma (1:1, le 19 octobre 2013).

des joueuses de Bundesliga – qui est pourtant peut-être le meilleur championnat féminin au monde – pratique le football comme un loisir. Si les femmes ont réussi à faire valoir leurs droits en politique, dans l’économie ou dans l’art depuis bien longtemps, ce n’est pas encore le cas dans le football. Le niveau est pourtant meilleur d’année en année. Mais si le beau sexe joue de plus en plus au football aux quatre coins du globe, il reste du chemin à parcourir. Que reste-t-il des grandes espérances suscitées il y a deux ans par la Coupe du Monde Féminine en Allemagne? Pas grand chose. Les femmes n’ont pas apprécié que la Fédération allemande de football (DFB) ait vendu ce mondial non pas comme un tournoi de football, mais comme un podium sur lequel onze mannequins jouant au foot se montreraient sous leur plus beau jour. Il s’agissait plus de promouvoir un produit que le sport en lui-même, ce qui n’a pas vraiment conquis le public. Du coup, le football féminin reste quelque chose de confidentiel. Dans les stades de Bundesliga, le public est majoritairement composé de spécialistes de la discipline. Pour preuve, le sommet d’il y a quelques semaines entre Potsdam et Wolfsbourg n’a réuni que 3000 spectateurs. Sur la scène internationale, la Ligue des Champions féminine, instaurée il y a quatre ans, souffre du manque d’homogénéité du football européen. Les championnats allemand et suédois dominent, Lyon représente la France et

“La majorité des joueuses de Bundesliga considèrent le sport comme un passe-temps.” 14

T H E F I FA W E E K LY

Arsenal l’Angleterre. Mais c’est tout. Pour se qualifier pour les huitièmes de finale, l’OL a battu Twente Enschede 10:0 sur l’ensemble des deux matches. Arsenal a battu Almaty 18:2 en cumulé et Potsdam a sorti Pärnu 27:0. Å

Serie A

Milan dans la to u r m e nte Journaliste à la Gazzetta dello Sport, Luigi Garlando est également l’auteur de nombreux livres pour enfants.

C’est finalement le Torino qui est devenu la première équipe à prendre des points à la super Roma de Rudi Garcia. Le nouveau record en reste donc à 10 victoires consécutives. Mais au-delà du match nul du leader et des succès de Naples et de la Juventus, qui suivent à trois unités et qui s’affronteront dimanche prochain, c’est la défaite 2:0 à domicile du Milan contre la Fiorentina qui a fait les gros titres. C’est simple : les Rossoneri sont au fond du trou. Ce cinquième revers enregistré depuis le début du championnat les plonge dans une crise historique. Il faut remonter à la saison 1981/82 pour trouver trace d’un si maigre écot (12 points) après 11 journées, sachant que ce piètre départ avait alors envoyé l’écurie lombarde en Serie B. La défense n’est pas étrangère à ce marasme, puisqu’avec 19 buts encaissés, elle pointe à l’antépénultième rang de l’élite italienne, devant Sassuolo et Bologne. Dans toute


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son histoire, Milan n’a été aussi perméable qu’en deux occasions : en 1941/42 (20 buts) et en 1932/33 (23 buts). Une digue s’est ouverte samedi dernier avec le penalty converti par le Fiorentino Vargas, qui renvoie Milan à 19 points du sommet du championnat. Toutefois, la déconfiture n’est pas uniquement sportive, loin de là ! Elle touche aujourd’hui l’ensemble du club, qui pourrait bientôt faire l’objet d’un profond renouvellement. Cela fait longtemps que l’on enregistre d’inquiétantes secousses du côté de San Siro. Le séisme a finalement éclaté dimanche, après Milan – Fiorentina, alors qu’une dépêche annonçait que Barbara Berlusconi, fille du président et membre du Conseil d’administration, avait demandé à son père un changement radical de la gestion de l’entreprise, remettant en question au passage les choix effectués lors des derniers mercatos. Dans les communiqués de presse qui ont suivi, Barbara Berlusconi a pris soin de souligner qu’elle n’avait rien contre Adriano Galliani, vice-président et administrateur délégué du club. Pourtant le cœur du problème est bel et bien là : entre la fille de Berlusconi, ex fiancée de Pato, qui se verrait bien endosser davantage de responsabilités au sein de l’AC Milan, et le dirigeant le plus proche du Cavaliere, qui a essayé en vain de vendre Pato pour engager Tevez.

Dennis Grombkowski/Getty Images

Aujourd’hui, le risque est réel d’une fin de cycle qui emporterait Galliani, principal artisan de la glorieuse épopée du Milan berlusconien, vainqueur de 5 Ligues des Champions, 3 Coupes du Monde des Clubs et 8 Scudetti. N’oublions pas qu’à la fin des années 1980, sous la houlette d’Arrigo Sacchi, le Milan a révolutionné le football et servi d’exemple à nombre d’adversaires, à commencer par le FC Barcelone. Les fastes du passé ont été emportés par la crise. Berlusconi a toujours eu pour objectif de s’imposer en donnant du plaisir. À la tête de son empire télévisuel, il a proposé des émissions divertissantes et spectaculaires. Mais la baisse de ses ressources l’a contraint à se montrer plus mesuré sur le marché et à vendre des vedettes comme Ibrahimovic ou Thiago Silva, quitte à concentrer ses investissements sur les seuls attaquants, ceux qui favorisent le spectacle. C’est ainsi qu’il a fini par se retrouver avec l’une des défenses les plus médiocres de l’histoire milanaise, oubliant au passage que Sacchi avait besoin de Baresi et Maldini pour faire briller Van Basten et Gullit. Un peu comme ces aristocrates qui continuent de mettre l’argenterie alors que le frigo est presque vide… Å

Primera Division

Mo n c h i , l e c o l l e c t io n n e u r Jordi Punti est écrivain et auteur de nombreux articles sur le football dans les médias espagnols.

Les couloirs du football mondial ont toujours vu passer des personnages truculents, des seconds rôles dont la présence contribue grandement au charme de notre sport. C’est le cas de Ramón Rodríguez Verdejo, même si ce nom n’évoque certainement rien chez la plupart des fans. On le connaît plutôt sous le surnom de Monchi. À sa façon, Monchi aura orienté la destinée du football espagnol au cours des dernières années, au moins pour les équipes les plus importantes. Mais commençons par le début. Entre 1990 et 1999, Monchi est le gardien du Séville FC. Le gardien remplaçant. Au cours de ces neuf saisons, il dispute seulement 81 matches en tant que titulaire, ce qui lui laisse le temps d’en suivre un très grand nombre depuis le banc. D’ailleurs, on le voit souvent sur les photos assis à côté de l’entraîneur, qu’il s’agisse de Bilardo, d’Aragonés ou de Camacho. Toute cette période à jouer les doublures permet à Monchi de se forger l’œil. À 30 ans, quand une blessure chronique le contraint à raccrocher, son amour pour le football et pour le Séville FC le pousse à trouver une nouvelle façon d’aider le club. “Si on m’avait proposé de peindre les lignes du terrain, j’aurais dit oui”, a-t-il confié dans une interview. Mais c’est un poste de délégué de l’équipe qu’on lui offrira, avant de le propulser manager. Monchi se distingue rapidement à ce poste. Il n’est qu’à jeter un œil à la liste des joueurs engagés par Séville ces dernières années pour comprendre que l’homme qui se cache derrière ces choix n’a rien d’un béotien. Voyageurs infatigables, Monchi et ses collaborateurs passent leur temps à dénicher de nouvelles pépites, notamment au Brésil et en Afrique, mais ils travaillent aussi à l’échelle locale, en misant sur la formation. Quant à son crédo dans les négociations avec les étrangers, il est toujours le même : “Acheter bon marché, vendre cher”.

ainsi que Christian Poulsen, Seydou Keita, Frédéric Kanouté, Didier Zokora, Negredo, Palop, Aleksandr Kerzhakov, Khalid Boulahrouz, Arouna Koné, Diego Perotti, Aldo Duscher... Il faudrait d’ailleurs y ajouter les jeunes Sergio Ramos, José Antonio Reyes et Jesús Navas, qui ont rejoint le groupe pro en provenance du centre de formation. On pourrait composer avec eux un onze de folie mais la réalité est qu’ils ont quasiment tous quitté Séville, en échange d’une somme rondelette. Sergio Ramos est devenu l’un des piliers du Real Madrid ; Alves, Keita et Adriano ont contribué à la grandeur du FC Barcelone de Guardiola ; et Negredo et Navas brillent à Manchester City. De son côté, le Séville FC en a profité pour soigner son bilan comptable. Chaque été, le vestiaire sévillan enregistre des mouvements dignes des Nations Unies. Les transactions de Monchi ont permis au club de monter une équipe extraordinaire en 2006, l’année du sacre en Coupe du Roi, en Coupe de l’UEFA et Supercoupe d’Europe. Depuis lors, la formation andalouse demeure à un bon niveau, puisqu’elle participe tous les ans aux compétitions continentales, mais sans jamais convaincre. On entend dire ici et là que Monchi est à la fois la solution et l’origine de ce problème, que l’homme aime mieux échanger des images Panini plutôt que mettre sur pied un effectif performant. Cette saison, par exemple, le club a enregistré le départ de 31 joueurs et l’arrivée de 18 autres, suivis d’un nouvel entraîneur, Unai Emery. Autant dire que l’équipe repart encore de zéro. Le nouvel homme fort semble être le Croate Rakitić, arrivé en Andalousie en 2011 et devenu cette saison le maître de l’entrejeu. Il y a aussi un jeune défenseur de 20 ans dont on dit le plus grand bien : Alberto Moreno, issu du centre de formation. Il a débuté il y a quelques jours avec l’équipe nationale contre la Géorgie, mais pendant combien de temps le Séville FC pourra-t-il encore profiter de ses services ? Seul Monchi connaît la réponse. Å

La longue liste de joueurs engagés par Monchi depuis 2002 inclut les Brésiliens Alves, Adriano, Baptista, Luis Fabiano et Renato, T H E F I FA W E E K LY

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L’ I N T E R V I E W

“Je suis prêt à poursuivre” Ex-champion du monde allemand devenu sélectionneur des États-Unis, Jürgen Klinsmann évoque son expérience à la tête des Stars and Stripes, l’état du football dans son pays d’adoption et la perspective de la Coupe du Monde 2014.

Jürgen Klinsmann : Toutes les équipes qui se qualifient pour la Coupe du Monde traversent des épreuves difficiles, qu’elles évoluent en Amérique du Sud, en Europe ou ici, en Amérique du Nord. Beaucoup de gens en Europe se font une idée fausse de la CONCACAF. Il n’est jamais simple d’affronter une sélection centraméricaine ou caribéenne sur ses terres. J’ai donc beaucoup appris au cours de cette compagne.

tion vont contribuer à améliorer la situation. À l’avenir, les jeunes footballeurs les plus talentueux pourraient rejoindre directement les clubs professionnels. C’est la tendance naturelle du football de haut niveau, partout dans le monde. Nous disposons également d’une grosse marge de progression dans le domaine de la formation des entraîneurs. Nous souhaitons travailler avec des éducateurs diplômés, qui ont l’habitude de se trouver au contact des enfants. C’est le prochain défi à relever pour le football aux États-Unis.

Quels sont les objectifs des États-Unis pour la phase finale ?

Les États-Unis trouveront-ils un jour leur identité sur le terrain ?

Maintenant que le pays a acquis sa septième qualification consécutive depuis 1990, les supporters commencent à devenir exigeants. Les gens souhaitent nous voir livrer de bons matches et je crois qu’ils seraient déçus si nous n’arrivions pas à franchir la phase de groupes. Si nous atteignons les matches à élimination directe, nous serons peut-être en mesure de créer la surprise. Quitter le tournoi à l’issue du premier tour serait de toute façon un échec.

L’Amérique sera toujours un carrefour de différentes cultures. C’est un pays d’immigration. L’équipe nationale reflètera toujours ces différentes influences, mais elle conservera également cette ardeur et cette rage de vaincre. Son style restera marqué par l’ambition, car les Américains ne sont pas très patients. Ce sont des gens actifs et entreprenants.

Le football progresse-t-il aux États-Unis ?

Si tout le monde est content, inutile de changer quoi que ce soit. Malheureusement, le succès d’un entraîneur se mesure toujours au nombre de trophées. La Coupe du Monde reste la référence absolue pour un sélectionneur. Quand je vois aujourd’hui le chemin que nous avons parcouru dans de nombreux domaines, je me dis que la situation est encourageante. Nous avons fait des progrès. L’expérience est très positive de mon point de vue et je suis tout à fait prêt à poursuivre.

Jürgen Klinsmann, quel regard portez-vous sur le parcours des États-Unis dans ces qualifications ?

Je pense que les pièces du puzzle commencent à s’assembler. Les Américains sont déjà familiarisés avec le système des centres de formation. Nous avons maintenant plus de 80 centres à travers tout le pays et chaque équipe de MLS dispose de sa propre structure. Pour moi, la ligue réalise un travail fantastique. Le championnat est encore très récent, mais il s’améliore d’année en année. Cette compétition attire beaucoup de jeunes joueurs talentueux et ambitieux. En outre, ceux qui jouent déjà en MLS progressent régulièrement.

Quels changements aimeriez-vous mettre en place ? Au niveau de la détection des talents, nous devons créer un réseau beaucoup plus serré, notamment dans les communautés hispaniques. C’est indispensable si nous ne voulons pas subir la concurrence des clubs mexicains. Nous travaillons déjà sur le processus d’identification. Les centres de forma16

Souhaitez-vous prolonger votre mandat au-delà du terme de votre contrat actuel ?

L’idée de gérer à nouveau un club au quotidien ne vous tente pas ? Je ne sais pas. Aujourd’hui, mon travail et les projets sur lesquels nous travaillons me satisfont pleinement. J’ai d’autres objectifs, j’évolue dans un environnement différent. Tout ça me plaît. Je conserve de bons souvenirs de l’année passée à Munich, même si la conclusion a été pour le moins mouvementée. Cette aventure s’est terminée sur une grosse bagarre, qui a sans doute laissé des traces des deux côtés. On repense souvent à ce genre de T H E F I FA W E E K LY

circonstances… à condition d’avoir le temps. Heureusement pour moi, je suis très occupé en ce moment, car nous préparons notre participation à la Coupe du Monde au Brésil.

En quoi le football a-t-il changé depuis que vous avez raccroché les crampons ? Sur le terrain, le jeu est devenu beaucoup plus rapide. Il faut réagir plus vite et, techniquement, le football est nettement plus exigeant qu’il y a 20 ans. En dehors du terrain, les défis à relever son encore plus difficiles. Entre Twitter, Facebook et la télévision, les joueurs sont constamment sollicités. Au cours des deux dernières décennies, le paysage médiatique s’est complètement transformé. Il y a beaucoup plus d’argent, mais aussi beaucoup plus de pièges à éviter. Malheureusement, les footballeurs ne bénéficient pas d’une formation spécifique dans ces domaines. Un footballeur passe professionnel à 17 ou 18 ans et doit apprendre à gérer les médias, son argent, les rapports avec son agent et les attentes de son entraîneur. Dans ce métier, il faut apprendre sur le tas. Ce n’est pas évident.

Quels sont vos favoris pour la Coupe du Monde ? Pendant la Coupe des Confédérations, le Brésil a montré qu’il faudrait compter avec lui en 2014. Cette équipe ne manque pas de talent. En outre, aucune sélection européenne n’a jamais réussi à triompher en Amérique du Sud. Ce serait pourtant une belle surprise. Si je devais choisir un favori, je crois que j’opterais pour le Brésil. Propos recueillis à Los Angeles par George Tsitsonis


Nom : Jürgen Klinsmann Date de naissance : 30 juillet 1964 Lieu de naissance : Göppingen (Allemagne) Taille : 1m81 Poste : attaquant Formation : 1972–1974 TB Gingen 1974–1978 SC Geislingen 1978–1981 Stuttgarter Kickers Carrière : 1981–1984 Stuttgarter Kickers 1984–1989 VfB Stuttgart 1989–1992 Internazionale Milan 1992–1994 AS Monaco 1994–1995 Tottenham Hotspur 1995–1997 Bayern Munich 1997–1998 Sampdoria Gênes 1997–1998 Tottenham Hotspur Simon Bruty/Getty Images

2003 Orange County Blue Star Carrière internationale : 108 sélections (47 buts), 1987–1998

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EN ROUTE POUR LE BRÉSIL

→ http://www.fifa.com/worldcup

P L U S QUE 31 SEM A INE S Le Brésil pour les non-initiés Pour comprendre le Brésil, il faut être aussi “déjanté” que la plupart des Brésiliens. Mais les manifestations massives de ces derniers mois ont montré qu’il ne suffisait pas d’être brésilien pour comprendre le pays. Sérgio Xavier Filho

“L

e Brésil n’est pas un pays pour les amateurs”. Cette phrase a souvent été comprise comme une sorte de mise en garde à l’égard de ceux qui venaient au Brésil avec une opinion préconçue. En juin et juillet 2013, pendant la Coupe des Confédérations, le pays s’est arrêté. Membres du gouvernement, analystes et journalistes, nombreux sont ceux qui ont essayé d’expliquer ce phénomène, mais au fond, personne n’y est vraiment parvenu. Le Brésil, qui n’a jamais été un pays pour les non-initiés, n’est manifestement plus non plus un pays pour les experts.

plutôt le contraste avec l’amère réalité. Les nouveaux stades sont à l’opposé des bâtiments du service public, anciens et vétustes. Pourquoi dépensons-nous autant d’argent pour des stades, alors que les problèmes les plus urgents ne sont pas encore résolus ? C’est la question que se

les stations de métro et saccagé les édifices publics. Un sondage réalisé en septembre a révélé que les manifestations recueillaient l’approbation de 74 pour cent de la population, au lieu de 89 précédemment. Le pays semble se lasser des protestations. De plus, la moitié des arènes de la Coupe du Monde ont déjà été inaugurées et sont désormais utilisées par les clubs de football locaux dans le cadre du championnat. La vie de tous les jours a repris le dessus. Enfin, les fans apprécient d’ores et déjà de pouvoir suivre les matches de football dans un confort inédit. Bien

Au cours de l’histoire, des manifestations massives ont déjà eu lieu un certain nombre de fois au Brésil. Dans les années 90, le peuple a même renversé un président, Fernando Collor de Mello. À l’époque cependant, des partis politiques et des syndicats soutenaient les manifestants et contrôlaient les marches dans les rues, quand ils ne les organisaient pas. Cette année, les choses se sont passées différemment. Le peuple est descendu dans la rue sans avoir de chef de file, sans que le moindre drapeau ne soit brandi. Sur les réseaux sociaux, une petite étincelle s’est transformée en incendie.

Felipe Dana/AP

Pourtant, l’économie brésilienne s’est consolidée. Le Brésil ne présente pas un taux de chômage très élevé et ne subit pas de dictature. Mais il souffre de la croissance accélérée de ces dernières années. La qualité des transports publics locaux s’est dégradée et le coût de la vie a augmenté. En outre, les revenus sont répartis de manière très inéquitable : alors que certains roulent sur l’or, la grande majorité des Brésiliens doit se débrouiller pour vivre au jour le jour. Tout cela s’exprime à travers des troubles sociaux et des mouvements principalement inorganisés. Dans ce contexte, la Coupe des Confédérations a seulement agi comme un catalyseur. Le Brésilien n’est pas contre la Coupe du Monde en soi, au contraire. Il aime l’idée de pouvoir suivre la compétition de très près. Le problème serait

Des maillots et des shorts sèchent dans la favela Tavares Bastos de Rio de Janeiro.

posent tous les Brésiliens, ou presque. Et encore, ils ne savent pas tous que le Brésil a dépensé pour les stades de la Coupe du Monde beaucoup plus d’argent que la FIFA ne le lui demandait. Début décembre, les troubles sociaux pourraient entrer dans une nouvelle phase avec le tirage au sort final de la Coupe du Monde 2014. Il n’est pas impossible que des milliers de Brésiliens expriment à nouveau leur colère dans la rue. Mais cela n’arrivera peut-être pas. Car depuis les dernières manifestations, l’aile pacifiste du mouvement s’est détachée de ces manifestants violents qui ont provoqué de la casse dans T H E F I FA W E E K LY

sûr, il y a toujours de la contestation, mais le Brésil est aujourd’hui bien loin de l’agitation vécue pendant la Coupe des Confédérations de la FIFA. Le Brésil n’est cependant pas en mesure de résoudre ses problèmes structurels pour le moment. Par ailleurs, les Brésiliens ont constaté qu’ils pouvaient se faire entendre en descendant dans la rue. Quoi qu’il en soit, la Coupe du Monde n’est pas la source de tous les maux du pays et encore moins la solution à tous ses problèmes. Å

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LE MIROIR DU TEMPS

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Hayes Park, Angleterre

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Exercice de saut. Les joueuses de Hayes s’échauffent à Hayes Park, dans le Middlesex anglais. Leur insouciance sur cette photo est trompeuse. Le 5 décembre 1921, la Football Association a interdit aux femmes de pratiquer le football dans les stades d’Angleterre. Le football féminin est “inapproprié et ne doit pas être encouragé”, selon la FA. Il faudra attendre 1970 pour que l’interdiction soit levée.

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LE MIROIR DU TEMPS

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Norrköping, Suède

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Getty Images

Séance d’étirements. La sélection féminine espagnole au Championnat d’Europe en Suède, avant son match contre la France. Les Espagnoles atteindront les quarts de finale, avant de s’incliner face à la Norvège. De nouveaux jalons ont été posés l’été dernier pour le football européen version dames : l’EURO féminin a attiré en tout 216 888 spectateurs, dont 41 201 pour la finale.

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TRIBUNE

L E T O P 11 D E L A S E M A I N E

Discuter entre connaisseurs

Les 11 séries d’invincibilité les plus longues réalisées par des clubs

Alan Schweingruber

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a communication verbale est l’une des passions de l’être humain. L’homme a besoin de parler. S’il ne peut pas échanger, il se sent vide. Il aime discuter jour et nuit, sur le quai du métro, au restaurant, en repassant son linge… Évidemment, quand on a tant de choses à dire, la probabilité qu’une partie du contenu de ces discours soit futile n’est pas négligeable. Nous éprouvons alors le besoin de nous concentrer sur la substance. Par chance, le risque est moindre quand il est question de football. Car le beau jeu ne manque pas de substance. Dans le stade, ceux qui se contentent de jouer la montre au lieu d’être créatifs se font huer sans pitié. Mais ce n’est pas le tout de critiquer, encore faut-il maîtriser son sujet. Chacun est en droit de se poser les questions suivantes : à quel point le contenu véhiculé oralement correspond-il à la réalité ? Quel est le véritable niveau d’expertise de mon interlocuteur, aussi passionné de football soit-il ? Chaque fan de football est un expert, à sa manière. Ce peut être distrayant, car les jugements subjectifs sont intéressants ou amusants à écouter. Les émotions ont ici la part belle. Le narrateur relate les choses avec sincérité. Pensez à votre collègue de travail qui vous raconte le lundi matin sa sortie au stade. Il vous décrit sa soirée en tribune B jusque dans le moindre détail, à tel point que vous pourriez presque sentir les odeurs de sueur et de saucisse. Les choses se compliquent après la première pause café, quand l’expert potentiel se risque à aborder des sujets d’une autre envergure. Les championnats étrangers par exemple… survolés de loin. “Tu as vu Bale au Real ?”, demande-t-il d’un air pincé. “Il était censé être rapide et énergique. Je te le dis, moi, ce type ne vaut pas cent millions d’euros  !” Inutile d’accorder trop d’attention à une telle analyse. Elle relève du “on dit”. Votre collègue ne fait sans doute que répéter ce qu’il a entendu quelque part. Sur le quai du métro, peut-être.

Les grands clubs possèdent en général de très bons espions. Quand un joueur leur plaît, ils le suivent de très près. Les recruteurs l’observent vingt fois, trente fois, quarante fois. Ils travaillent minutieusement, prennent des notes sur ses capacités athlétiques, sa vivacité, son comportement, sa régularité, sa propension aux blessures, etc. et remplissent des carnets dans lesquels le moindre ongle mal coupé fait l’objet d’une description précise. Sur, disons, 25 matches, le club dispose donc de 2250 minutes de renseignements. Soit 37,5 heures d’information et d’expertise sur un seul et unique joueur. Tout ceci constitue sûrement une base suffisante pour pouvoir décider d’un transfert, mais pas aux yeux de votre collègue revenant de sa pause café… Faisons malgré tout preuve d’indulgence envers ces fans qui croient tout savoir. Rappelons-leur simplement que même un joueur qui se contente de pousser la balle et de courir peut faire, à sa manière, quelque chose de substantiel (par exemple quand son équipe mène à la marque). Par ailleurs, il faut savoir que, même pour une analyse pas très sérieuse et réalisée “de loin”, les informations spécialisées ne sont pas gratuites : un abonnement télévisé à la Premier League anglaise coûte en Espagne 30 euros par mois. Cela ne représente certes que 0,00003 % de l’indemnité de transfert de Bale, mais c’est tout de même une somme non négligeable. Dans le cas inverse, les fans résidant en Angleterre doivent même débourser 44 livres (52 euros) pour pouvoir suivre l’actualité de la Primera División. Rares sont les Britanniques qui profitent de cette offre. Pour juger des qualités de l’ancien Madrilène Mesut Özil, ils n’ont pas besoin de cet abonnement. Désormais en Angleterre, l’Allemand continue de proposer le jeu rapide et élégant qu’il pratique depuis des années. “Je te le dis, moi, ce type d’Arsenal vaut bien ses cinquante millions d’euros”, ne manquera pas de souligner votre collègue, toujours aussi éclairé. Å

La rubrique hebdomadaire de la r é d a c t i o n d e T h e F I F A We e k l y T H E F I FA W E E K LY

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108 matches ASEC Abidjan (CIV) 1989 – 1994

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58 matches AC Milan (ITA) 1991 – 1993; Olympiakos Le Pirée (GRE) 1972 – 1974; Skonto Riga (LVA) 1993 – 1996

104 matches Steaua Bucarest (ROM) 1986 – 1989 85 matches Espérance de Tunis (TUN) 1987 – 2001 71 matches Al Ahly (EGY) 2004 – 2007 63 matches Sheriff Tiraspol (MDA) 2006 – 2008 62 matches Celtic Glasgow (SCO) 1915 – 1917 61 matches Levadia Tallinn (EST) 2008 – 2009 60 matches Union Saint-Gilloise (BEL) 1933 – 1935 59 matches Boca Juniors (ARG) 1924 – 1927; Pyunik Erevan (ARM) 2002 – 2004

Le Real Madrid a lui aussi signé une série remarquable. Entre février 1957 et mars 1965, les Merengues sont restés invaincus à domicile pendant 112 matches. (source : “Das grosse Buch der Fussball-Rekorde”) 23


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LE PORTRAIT

Nottingham Forest, à la vie à la mort

Il aura suffi qu’Eberhard Kleinrensing dépense 1,20 mark en 1978 pour que sa vie s’en trouve changée à jamais. Un article du magazine Kicker lui donne subitement envie d’enfiler écharpe et bonnet pour aller assister à un match de Nottingham Forest. Trente-cinq ans plus tard, cet Allemand est considéré comme le plus fervent supporter de la planète football. Par Alan Schweingruber (texte) et Lars Baron (photographies), à Duisbourg. Eberhard Kleinrensing n’est pas près d’oublier le printemps 2012. En mai, cet habitant de Duisbourg se plaint de se sentir mal, au point que son père le conduit à l’hôpital. La décision s’avère judicieuse : sans intervention médicale, Kleinrensing serait mort dans les deux heures. Sa tension affiche 23. Les médecins le mettent sous perfusion et décident de le garder en observation pendant une semaine. “Je me suis retrouvé là”, raconte Kleinrensing. “J’ai compris que la situation était grave mais je me suis battu, parce que je voulais voir Forest jouer au moins encore une fois.”

Quand Kleinrensing dit Forest, il entend l’emblématique club anglais de Nottingham Forest, l’équipe qui a révolutionné le football européen grâce à son approche offensive à la fin des années 1970. En 1978, Nottingham Forest est couronné champion d’Angleterre, avant de remporter la Coupe d’Europe des clubs champions (devenue la Ligue des champions) en 1979 et 1980. À l’époque, même les petits Italiens jouent à Robin des Bois, le brigand au grand cœur du comté de Nottingham. Aujourd’hui, l’équipe des Midlands végète loin des projecteurs, en Championship. Pour voir quelqu’un défrayer la chronique de nos jours à Nottingham, il faut se tourner vers un citoyen allemand de 53 ans, élu «Fan du siècle» par T H E F I FA W E E K LY

les supporters de Forest. Ebby, comme tout le monde le surnomme ici, a assisté à quelque 1 380 matches de Nottingham Forest. L’exploit est d’autant plus remarquable, qu’il vit toujours à Duisbourg. Aucun match manqué depuis 1997 Tout est donc parti de ce fameux numéro de Kicker, acheté par un Eberhard alors âgé de 19 ans, dans un kiosque à journaux de sa ville natale. Un journaliste euphorique y raconte avec enthousiasme la magie du City Ground. Il chante les louanges du club et de l’équipe sur plusieurs pages. “Je suis incapable de décrire ce qui s’est passé”, commente Kleinrensing. “Après avoir lu cet article, il 25


LE PORTRAIT

“Tu es une femme formidable et une vraie bombe. Mais Nottingham Forest restera toujours numéro 1 dans mon cœur.” Déclaration de Kleinrensing à sa bien-aimée

fallait absolument que je voie Nottingham Forest jouer. Jusque-là, j’étais supporter du MSV Duisbourg. Pourtant, j’ai ressenti subitement le besoin d’aller là-bas. C’est comme ça que tout a commencé.” En 1978, le jeune Kleinrensing voit Nottingham Forest pour la première fois en action à Liverpool. Quelques mois plus tard, il assiste à sa première rencontre à domicile, au City Ground. Ces deux rencontres constituent les numéros 1 et 2 d’une longue série. On imagine aisément l’effet produit par les chants des supporters sur le jeune homme. Dès lors, il ne dépense plus son argent en essence, concerts ou habits, comme le font ses amis de Duisbourg. L’essentiel de ses économies est consacré aux rencontres de Nottingham Forest : vols, hébergements et billets. La curiosité du début se mue en passe-temps, puis le passetemps devient passion. Le mot passion n’est pas exagéré. Depuis 1997, Kleinrensing n’a pas manqué la moindre rencontre de Nottingham Forest, que ce soit au City Ground ou en déplacement. Même la différence entre les matches couperet et les rencontres sans enjeu n’existe plus. Quand Nottingham Forest s’en va disputer un match amical à Tokyo ou aux États-Unis, Ebby est également de la partie. On le croise souvent en compagnie de quelques fans anglais, ou même tout seul. Pareille détermination requiert une certaine ténacité. Parfois, on a bien cru que le fidèle Allemand finirait par manquer une rencontre sur le sol anglais, notamment en 2010, lorsqu’un nuage de cendres volcaniques paralyse une grande partie du trafic aérien européen. On raconte même que les tabloïdes de Nottingham avaient réservé une colonne entière au plus célèbre fan de Forest pour l’encourager à rester chez lui. C’était peine perdue. Vêtu de son écharpe et de sa caractéristique veste en cuir, Ebby avait pris le volant et conduit quatorze heures d’affilée pour rallier Nottingham. Depuis cet épisode, 26

Une passion dévorante : Ebby vit entouré de rouge et blanc.

T H E F I FA W E E K LY


LE PORTRAIT

35 ans de souvenirs : Kleinrensing possède une impressionnante collection de fanions.

il existe désormais deux règles immuables. Premièrement, où que Nottingham Forest joue, Kleinrensing finit toujours par surgir. Deuxièmement, dans son appartement duisbourgeois, Ebby conserve toujours une valise déjà faite. “Au cas où je serais pressé par le temps”, explique Kleinrensing. Forest 1, mariage 0 Avec une passion si chronophage, on peut se demander s’il reste encore de la place pour une relation amoureuse. De même que certains mariages ne résistent pas aux excès d’un époux, Kleinrensing a vu le sien sombrer à cause du football. Pourtant, il estime que sa relation actuelle n’est pas en danger. Il faut dire aussi que Heike, sa compagne allemande, réside à Hucknall, près de Nottingham, et porte également les Tricky Trees dans son cœur. Romantique, Ebby a déclaré sa flamme à sa compatriote à travers une banderole, il y a treize ans. “Heike”, récite-t-il de mémoire, “tu es une femme formidable et une vraie bombe. Mais Nottingham Forest restera toujours numéro 1 dans mon cœur.”

Kleinrensing rit beaucoup quand il parle de Nottingham Forest, en dépit d’énormes problèmes de santé. Depuis ses 18 ans, il souffre de spondylarthrite ankylosante et de rhumatismes. Il a déjà le statut de préretraité. “Ce club lui fait du bien”, avoue son père Manfred, ingénieur du bâtiment à la retraite. “Bien sûr, c’est un passe-temps qui coûte cher, mais nous l’aidons volontiers quand l’argent vient à manquer.”

Nom : Nottingham Forest Championnat : Football League Championship Propriétaire:

Ebby vit depuis toujours chez ses parents, où il occupe un petit appartement. On devine aisément quelles couleurs y dominent. Mascottes, T-shirts, fanions, écharpes, brosses à dents, tasses, briquets – rien ne manque, pour ainsi dire. Kleinrensing trône au milieu de ce petit musée, assis dans son canapé. Depuis son séjour à l’hôpital, il a perdu 31 kilos. “Très honnêtement, sans Forest, je ne serais plus là”, lance-t-il avec le sourire, en guise de conclusion. Å

T H E F I FA W E E K LY

Fawaz Al-Hasawi (Koweït) Palmarès : Vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions 1979, 1980 Champion d’Angleterre 1978 Vainqueur de la FA Cup 1898, 1959 Stars du passé : Peter Shilton, John Robertson, Ian Bowyer

27


LE DÉBAT

Stop au racisme !

La tentation du boycott. Yaya Touré, le milieu de Manchester City, surfe sur la vague.

David Winner L’indignation et la colère générales soulevées par les cris de singe à l’encontre du capitaine de Manchester City Yaya Touré révèlent jusqu’où est allé le débat sur le racisme. Les suggestions de Touré d’un boycott de la Coupe du Monde en Russie a fait grand bruit et entraîné des interventions au plus haut niveau. Le chef de la task force antiracisme de la FIFA, Jeffrey Webb, a demandé à rencontrer Touré à Londres. Le Président de la FIFA Joseph S. Blatter a commenté le sujet, reconnaissant le problème mais affirmant que les boycotts ne le résoudraient pas. Le CSKA a refusé d’admettre que le moindre incident raciste a eu lieu, ce qui a déclenché l’ire de la presse britannique. Il y a une génération de cela, les joueurs noirs au Royaume-Uni étaient régulièrement soumis à des traitements à peu près aussi idiots que celui infligé à Touré par les supporters du 28

CSKA la semaine dernière. Sur le terrain, les footballeurs noirs étaient obligés de faire le dos rond face aux insultes ignobles des supporters adverses, des groupes d’extrême-droite et même des joueurs de l’équipe opposée. Le formidable ailier de Liverpool John Barnes avait été la cible d’un jet de bananes à Goodison Park durant le derby entre Everton et les Reds. Il avait réagi avec élégance, se contentant d’envoyer la banane en touche d’une talonnade, sans cacher son mépris. Aujourd’hui, grâce en partie à des cas qui ont fait le tour des médias comme les commentaires de John Terry et de Luis Suarez sur le terrain, le racisme est devenu complètement inacceptable. Les deux joueurs avaient d’ailleurs été mis à l’amende et suspendus. Le mois dernier, la victoire de l’Angleterre sur la Pologne dans les qualifications pour la Coupe du Monde avait été presque entièrement éclipsée par une blague dénuée de tout racisme, lancée à la mi-temps par Roy Hodgson. Le sélectionneur des Three Lions avait notamment évoqué les singes utilisés par la NASA dans le programme spatial Mercury développé par les États-Unis au début des années 60. Dès que T H E F I FA W E E K LY

l’anecdote est parvenue à la presse, Hodgson a été critiqué pour avoir utilisé le mot “singe”, qui n’était peut-être pas “approprié”. Il a été obligé de présenter ses excuses. Å

L e s d é b a t s d e T h e F I FA We e k l y Q u ’e s t - c e q u i v o u s i n t e r p e l l e ? D e quels sujets aimeriez-vous discuter ? Envoyez vos propositions à : f eedbac k-T heWeek l y @ f i f a.or g.

“La FIFA devrait faire en sorte que les différents continents soient plus équitablement représentés lors de la Coupe du Monde de la FIFA™. On ne peut pas changer le monde si l’on ne commence pas par changer soi-même.” zenzenzito (États-Unis), utilisateur de FIFA.com

“Le racisme existe. Le tribalisme est très répandu en Afrique, où les équipes qui se déplacent peinent à l’emporter et subissent parfois des brutalités.” Idongesit (Nigeria), utilisateur de FIFA.com

Alex Livesey/Getty Images

De façon étrange, alors que le racisme en lui-même a baissé, la sensibilité et la prise de conscience ont augmenté.


LE DÉBAT

“Il est absurde de se faire des ennemis pour une question de race. Peut-être que les insultes cesseront, mais je ne pense pas que je verrai la fin de la haine raciale de mon vivant. Aux quatre coins du monde, y compris en Afrique, on rencontre une haine fondée sur des motifs ethniques.” cnwachuku (États-Unis), utilisateur de FIFA.com

“Je n’arrive pas à comprendre qu’il y ait encore du racisme dans ce monde, et je ne parle pas uniquement de sport. Pourquoi faut-il que les gens continuent à vivre dans le passé ? Le monde est tellement plus beau quand on s’unit. En fin de compte, nous aurons tous besoin les uns des autres pour survivre.”

LE BILLET DU PRÉSIDENT

“Les équipes composées de joueurs venant d’horizons ethniques différents prouvent à quel point on peut bien jouer ensemble. Le Barça, qui compte une certaine diversité ethnique, en est un bon exemple. Les footballeurs évoluant à l’étranger accomplissent un travail remarquable en échangeant avec des personnes d’origines et de cultures différentes, démontrant que nous sommes tous égaux dans le football et dans la vie. Pour ma part, j’ai toujours vu ce sport comme un moyen de renforcer la paix, l’amour, et même la lutte contre la discrimination. Tous ensemble, nous pouvons en venir à bout. Dites non au racisme.” rubty08 (Bangladesh), utilisateur de FIFA.com

dSteppa (Sainte-Lucie), utilisateur de FIFA.com

“Kofi Annan et Joseph S. Blatter se sont rencontrés à Zurich. C’est un pas dans la bonne direction. Je suis convaincu qu’un travail est effectué pour éradiquer complètement le racisme.” King Wise DF (Ghana), utilisateur de FIFA.com

“L’adoption à 99 % de la Résolution de la FIFA contre le racisme lors du dernier Congrès de la FIFA montre bien que le racisme est l’élément nuisible à exclure absolument des arènes sportives. Félicitations au Congrès pour cette courageuse avancée. Toutefois, les règlements ne suffisent pas : il faut savoir où et quand les appliquer. Espérons que les 209 associations membres de la FIFA feront respecter la justice si besoin est.”

“Pourquoi les gens continuent-ils à vivre dans le passé ?”

amotadex (Brésil), utilisateur de FIFA.com

“Il faut retirer des points aux équipes dont les supporters entonnent des chants à caractère raciste. Ces derniers arrêteront alors leurs idioties, ne serait-ce que pour sauver leurs clubs. Ces sanctions feront prendre conscience aux gens de la gravité du problème et celui-ci disparaîtra progressivement. L’argent ne compte pas pour les clubs de football, contrairement aux points et à la fierté : privez-les-en. Les règlements façonnent les comportements. Il est donc impératif qu’ils s’opposent fermement aux chants et gestes racistes.”

“Le racisme est un problème énorme, notamment en matière de stéréotypes. J’espère que la FIFA fait quelque chose par rapport à cela et à d’autres sujets de controverse.” Froyboy96 (États-Unis), utilisateur de FIFA.com

“Le racisme est infantile et stupide. La seule sanction que la FIFA puisse prendre contre les personnes racistes est l’exclusion du monde du football.” cnwachuku (États-Unis), utilisateur de FIFA.com

luqmaan.h (Afrique du Sud), utilisateur de FIFA.com

“Moi, je dis : expulsez le racisme ! Restaurons la confiance, tous ensemble.” aurora2008 (Canada), utilisateur de FIFA.com

“Toute forme de racisme devrait entraîner la suspension à vie du joueur incriminé, point final.”

Exclure le racisme

L

e racisme n’est pas lié exclusivement au football ; c’est un grave problème qui concerne l’ensemble de la société. Il s’invite aujourd’hui dans tous les aspects de notre quotidien : au travail, à l’école, dans la rue. Chacun doit procéder à son examen de conscience, avec la même énergie que nous mettons à débattre de cette question au sein de notre sport. Quand les préjugés disparaissent, les frontières tombent. La tolérance doit supplanter l’ignorance ! Il nous faut cependant agir sévèrement lorsque de tels incidents se produisent dans les stades. En effet, le football doit tenir son rôle de modèle au sein de la société. La FIFA a fait de la lutte contre l’intolérance l’une de ses priorités. À l’issue du Congrès organisé en mai dernier sur l’île Maurice, nous avons adopté un projet en trois points : éducation, prévention, sanction. Au cours de nos échanges sur la mise en pratique de ce concept, nous avons évoqué la présence obligatoire d’un officier anti-discrimination lors de toutes les compétitions, chargé de surveiller le comportement du public dans les stades. En cas de premier manquement, un avertissement ou une amende seraient infligés à l’équipe des supporters mis en cause. En cas de récidive ou de comportements plus graves, un retrait de points ou une exclusion de la compétition sont prévus. Les sanctions sportives sont toujours les plus efficaces. Il faut que la punition fasse mal, sans quoi rien ne change. En outre, tout joueur, entraîneur ou dirigeant qui se rendrait coupable de racisme devrait être suspendu pour une durée d’au moins cinq matches et interdit de stade.

kairos (Canada), utilisateur de FIFA.com

“Le racisme doit être aboli.” T H E F I FA W E E K LY

Nous n’accepterons jamais les débordements racistes dans le football. Si d’autres cas se présentent à l’avenir, nous les traiterons avec la plus grande fermeté. Le temps de la discussion est terminé ; place maintenant à l’action.

Votre Sepp Blatter 29


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LE CL ASSEMENT FIFA Classement Équipe

1 2 3 4 5 6 7 8 8 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 44 46 47 47 49 49 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 61 63 64 65 66 67 68 69 70 71 71 73 74 75 76 77

Évolution Points

Espagne Allemagne Argentine Colombie Belgique Uruguay Suisse Pays-Bas Italie Angleterre

0 1 -1 1 1 1 7 1 -4 7

1513 1311 1266 1178 1175 1164 1138 1136 1136 1080

Brésil Chili États-Unis Portugal Grèce Bosnie-Herzégovine Côte d’Ivoire Croatie Russie Ukraine France Équateur Ghana Mexique Suède Danemark République tchèque Serbie Roumanie Slovénie Costa Rica Algérie Nigeria Honduras Écosse Panamá Venezuela Arménie Pérou Turquie Mali Cap-Vert Hongrie Japon Pays de Galles Islande Norvège Tunisie Paraguay Iran Égypte Burkina Faso Autriche Monténégro Ouzbékistan République de Corée Australie Albanie Cameroun République d'Irlande Libye Afrique du Sud Finlande Sénégal Slovaquie Israël Zambie Guinée Pologne Jordanie Émirats arabes unis Bolivie Sierra Leone Cuba Togo Bulgarie Maroc

-3 4 0 -3 -3 2 2 -8 -4 6 4 -2 1 -3 -3 -3 5 15 2 -1 2 -4 3 6 28 -1 -1 17 -5 9 -3 2 -13 -2 8 8 -8 -1 -8 -1 -1 -1 -6 -27 2 2 -4 -13 2 -1 9 7 -7 2 -5 3 4 8 -4 3 11 -9 -1 10 2 -12 -3

1078 1051 1040 1036 983 925 917 901 874 871 870 862 860 854 850 824 783 778 767 752 744 741 724 720 715 702 692 687 686 670 668 662 636 634 634 633 632 632 613 613 610 598 596 584 582 569 564 563 554 550 540 540 538 530 528 515 513 512 503 502 496 496 493 492 488 487 478

Rang

mai 2013

juin 2013

juillet 2013

août 2013

sept. 2013

oct. 2013

1 -41 -83 -125 -167 -209 1ère place

78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 103 105 106 107 107 109 110 111 112 112 114 115 116 117 118 119 120 121 121 123 124 125 126 127 128 129 129 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 141 143 144

hausse du mois

République dominicaine Nouvelle-Zélande Haïti Trinité-et-Tobago Jamaïque Belarus Gabon Ouganda ARY Macédoine RD Congo Azerbaïdjan Salvador Irlande du Nord Congo Oman Angola Bénin Éthiopie Moldavie RP Chine Botswana Estonie Géorgie Arabie saoudite Zimbabwe Lituanie Irak Qatar Liberia RDP Corée République centrafricaine Koweït Niger Canada Guatemala Antigua-et-Barbuda Guyana Mozambique Tadjikistan Lettonie Kenya Guinée équatoriale St-Vincent-et-les-Grenadines Liban Burundi Bahreïn Malawi Turkménistan Nouvelle-Calédonie Luxembourg Namibie Rwanda Tanzanie Suriname Grenade Afghanistan Chypre Kazakhstan Soudan Philippines Sainte-Lucie Gambie Malte Syrie Lesotho Thaïlande Tahiti

T H E F I FA W E E K LY

baisse du mois

9 -12 -2 4 -4 -3 -1 -4 -11 4 19 4 -4 1 4 -4 -4 -2 33 2 6 -11 -3 8 -1 9 2 3 8 6 -4 0 -8 -5 -12 -1 16 1 1 -2 0 -21 2 -1 3 -2 -2 0 -31 -1 -1 2 -2 4 -13 -1 0 -3 4 4 0 -3 2 2 6 -4 2

474 470 464 457 456 441 438 431 430 411 407 404 399 394 381 380 378 376 369 365 354 351 350 338 328 323 323 313 312 310 310 307 306 296 294 294 286 282 280 277 274 273 271 267 267 266 263 254 249 247 246 242 242 237 233 223 219 216 215 213 203 202 192 183 183 181 179

145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 162 162 165 166 167 168 169 170 171 171 173 173 175 176 177 178 178 180 181 182 183 183 185 186 186 188 189 190 191 192 193 193 195 196 197 198 199 200 201 202 202 204 204 206 207 207 207

Belize Palestine Saint-Kitts-et-Nevis Hong Kong Myanmar Kirghizistan Vietnam Mauritanie Nicaragua Inde Singapour Tchad Maldives Liechtenstein Porto Rico Malaisie Bermudes Indonésie São Tomé-et-Principe Bangladesh Népal Sri Lanka Laos Pakistan Dominique Curaçao Îles Salomon Guam Barbade Aruba Îles Féroé Chinese Taipei Yémen Samoa Maurice Madagascar Guinée-Bissau Vanuatu Swaziland Mongolie Fidji Samoa américaines Tonga Bahamas Montserrat Comores Îles Vierges américaines Îles Caïmans Brunei Timor oriental Érythrée Seychelles Papouasie-Nouvelle-Guinée Cambodge Îles Vierges britanniques Andorre Somalie Djibouti Îles Cook Soudan du Sud Macao Anguilla Bhoutan Saint-Marin Îles Turks-et-Caicos

0 3 -10 0 13 -6 2 -2 0 1 4 2 -5 -2 1 1 -4 8 1 4 -2 2 5 2 -2 4 -2 4 -22 -8 7 -1 -4 -1 -1 -1 -1 -1 3 2 2 2 2 3 4 3 -1 0 -11 -11 0 0 0 1 -2 0 0 1 1 1 -2 0 0 0 0

178 175 172 171 169 161 159 158 155 151 149 148 147 141 139 137 127 120 120 120 119 108 105 102 89 88 86 86 82 82 81 79 72 62 62 57 56 53 49 49 47 43 43 40 33 32 30 29 26 26 24 23 21 20 18 16 14 11 11 10 10 3 0 0 0

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Lieu : île Uros, lac Titicaca (Pérou) A n n é e   : 20 09

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T H E F I FA W E E K LY


FIRS T LOVE

Mariana Bazo/Reuters

THE FIF FA A W E E K LY

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HISTORIQUE

Uruguay, nous voilà !

Comment tout a commencé : le président de la FIFA Jules Rimet (à g.) débarque à Montevideo.

Dominik Petermann

L

e 21 juin 1930 à Gênes, trois équipes nationales (la France, la Roumanie et la Belgique) embarquent en compagnie d’une délégation de la FIFA emmenée par le président Jules Rimet sur le vapeur de luxe SS Conte Verde, à destination de Montevideo. De leur côté, les Yougoslaves font route à bord du MS Florida. Le navire italien se voit en outre confier la lourde responsabilité d’acheminer à bon port le fameux nouveau trophée de la Coupe du Monde, conçu par l’artiste Abel La Fleur. Cette statuette entrera plus tard dans la légende sous le nom de trophée Jules Rimet. Le voyage en haute mer dure près de trois semaines. Aujourd’hui, un tel trajet semble interminable mais, à l’époque, le bateau constitue le seul moyen de franchir les 11 000 kilomètres qui séparent l’Europe et l’Uruguay. Afin de garder la forme pendant cette longue période, les footballeurs doivent faire preuve d’ingéniosité. Les Français pratiquent des exercices de saut en s’aidant du mobilier, tandis que les Roumains s’adonnent à la gymnastique. Les exercices avec ballon sont proscrits, sous peine de voir l’équipement passer par-dessus bord.

Le 29 juin, le bateau fait escale à Rio de Janeiro pour embarquer la délégation brésilienne et le 4 juillet, neuf jours avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde, tout ce petit monde arrive à Montevideo. Dès la création de la FIFA en 1904, l’idée de créer un tournoi de football international trotte dans les têtes de nombreux dirigeants. Le délégué néerlandais Carl Hirschmann soumet son projet à ses collègues parisiens deux jours 34

L’affiche du tournoi : Un mois pour le football mondial. Un long voyage : les Français posent sur le pont du Conte Verde.

après la fondation. Dès lors, la question de la Coupe du Monde ne cesse d’animer les discussions. Si la FIFA, à l’époque, est encore trop modeste pour mettre un tel projet à exécution, sa croissance rapide va remédier au problème. En 1905, l’Allemagne et l’Autriche rejoignent la FIFA, rapidement imitées par l’Italie et la Suède. L’Argentine (1912) et le Chili (1913) viennent par la suite grossir les rangs. Un projet de répartition par groupes apparaît même dès 1906 dans l’optique d’une Coupe du Monde : Groupe 1 : Angleterre, Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord Groupe 2 : Belgique, France, Pays-Bas, Espagne Groupe 3 : Italie, Autriche, Suisse, Hongrie Groupe 4 : Danemark, Allemagne, Suède et une équipe sud-américaine

L’idée est saluée avec enthousiasme par la presse. Toutefois, aucune fédération ne s’inscrit pour participer à cet ancêtre de la Coupe du Monde. Le projet est encore retardé. En 1913, la question revient sur le devant de la scène lorsque la FIFA décide de faire du tournoi olympique de football, prévu à Berlin en 1916, le championnat du monde officiel. Cette fois, c’est la Première Guerre mondiale qui vient se mettre en travers de sa route. L’espoir renaît en 1920, avec l’élection de Jules Rimet à la tête de la FIFA. Le Français est en effet un grand défenseur de la Coupe du Monde. Il faudra cependant patienter dix ans avant d’assister enfin aux grands débuts de cette compétition tant attendue. À l’époque, le profesT H E F I FA W E E K LY

sionnalisme commence à s’implanter dans le football, ce qui provoque des tensions avec les partisans du monde amateur. La Fédération allemande de football (DFB) devient le porte-drapeau des adversaires de cette révolution. Pendant des années, l’Allemagne refusera donc d’affronter des nations tolérant le professionnalisme. Malgré les antagonismes qui agitent le football mondial, la FIFA décide, lors du Congrès d’Amsterdam de 1928, d’organiser une compétition mondiale tous les quatre ans, à partir de 1930. La désignation du pays hôte pose cependant rapidement problème. En effet, aucun pays européen ne souhaite accueillir le tournoi. Les Allemands refusent toujours de discuter avec les professionnels, les Autrichiens manquent de soutien politique, tandis que la Suède et l’Italie hésitent. Après des mois de négociations, l’Uruguay, double champion olympique (1924 et 1928), pose finalement sa candidature. La Coupe du Monde est sauvée. C ap s u r l’ Ur ug u ay Pourtant, les sélections européennes rechignent encore. Le voyage vers Montevideo est pour elles aussi long que coûteux et la grave crise économique qui touche leur continent incite à la prudence. Dans un premier temps, seules la Yougoslavie et la Roumanie se déclarent intéressées. Jules Rimet doit peser de tout son poids pour convaincre la Belgique et la France, sa patrie d’origine, de participer à l’aventure.


HISTORIQUE

Le président de la FIFA Jules Rimet met les équipes européennes en ordre de marche pour la Coupe du Monde 1930. Après un long et pénible voyage, les courageux pionniers ont pu assister au premier sacre du pays hôte.

Coup de grâce : l’Uruguay s’impose 4:2 en finale devant l’Argentine.

lons et refuse catégoriquement de jouer avec ceux de l’adversaire. En homme de compromis, Langenus décide finalement d’utiliser les balles argentines en première mi-temps et les balles uruguayennes après le repos.

Popperfoto/Getty Images, AFP, Archiv

La première star : José Leandro Andrade (Uruguay).

Les Européens arrivent en Amérique du Sud privés de plusieurs de leurs stars, retenues à l’autre bout du monde par leurs obligations professionnelles. En dépit de ces absences, le spectacle se révèle tout à fait satisfaisant. En ouverture, la France domine le Mexique 4:1. Lucien Laurent inscrit le premier but de l’histoire de la compétition, à la 19ème minute. Les Bleus fêteront leur victoire dans un bordel de Montevideo, avec champagne et choucroute. Il faut attendre la deuxième journée pour assister à la première surprise du tournoi. Dans le Groupe II, la Yougoslavie affronte le Brésil, donné largement favori. Sous une pluie battante et par une température inférieure à 20 degrés (conditions typiques d’un hiver sud-américain), les Européens prennent rapidement l’avantage et mènent 2:0 à la pause. En seconde mi-temps, les Sud-américains ne parviendront qu’à réduire l’écart et, contre toute attente, la Yougoslavie l’emporte 2:1. D’autres événements notables surviennent les jours suivants. L’Américain Bert Patenaude signe le premier triplé de l’histoire de la Coupe du Monde à l’occasion de la victoire 3:0 des États-Unis sur le Paraguay. Il est imité 48 heures plus tard par l’Argentin Guillermo Stabile, qui contribue ainsi largement au succès des siens sur le Mexique (6:3). Avec huit réalisations, l’attaquant remporte le premier titre de meilleur buteur de l’épreuve suprême. Le grand animateur de cette Coupe du Monde inaugurale n’est pourtant pas argentin, mais uruguayen : José Leandro Andrade, sur-

nommé La Maravilla Negra (la merveille noire). Ses contrôles impeccables enthousiasment le public de l’époque. Il est aussi considéré aujourd’hui comme le premier footballeur noir de l’histoire de la Coupe du Monde. En 1924, le tout Paris se pâme d’admiration pour “le footballeur aux pieds d’or”, aussi à l’aise sur les pelouses que sur les pistes de tango. Les deux favoris atteignent logiquement la finale. L’Argentine s’est livrée à une démonstration de force tout au long du tournoi, tandis que l’Uruguay a fait parler son statut de pays hôte. La Celeste dispute à cette occasion sa troisième finale consécutive d’une grande compétition internationale. Opposés à leurs petits voisins dans le match décisif, les Argentins n’ont évidemment pas l’intention de salir leurs beaux maillots blancs. Un e q u e s t ion d e p oid s Le Belge John Langenus devient pour sa part le premier arbitre à diriger une finale de Coupe du Monde. L’homme en noir fait aussi office de correspondant pour le journal allemand Kicker, qui n’a pas les moyens d’envoyer un journaliste sur place pour couvrir l’événement. Le duel fratricide entre l’Argentine et l’Uruguay sent évidemment la poudre. La rivalité entre les deux formations est palpable avant même le coup d’envoi. Chaque équipe a amené ses propres balT H E F I FA W E E K LY

Au fil des heures, la tension monte à Montevideo. 70 000 spectateurs s’installent dans les travées du stade. Dès le coup d’envoi, le jeu passe rapidement d’un camp à l’autre. L’Uruguay ouvre le score, mais l’Argentine égalise et prend l’avantage avant la pause. À la 57ème minute, le capitaine Cea remet les deux équipes à égalité (2:2). Le public exulte. Tout redevient possible. Portés par leurs supporters, les Uruguayens cherchent à pousser leur avantage. Servi à l’entrée de la surface de réparation, Iriarte tente une frappe en pivot à 12 mètres, qui termine sa course au fond des filets. La Celeste mène 3:2. Le Centenario est en délire. Les Argentins font l’impossible pour revenir dans le match. À plusieurs reprises, Varallos voit ses tentatives repoussées par les montants. Dans les derniers instants de la partie, Castro enfonce le clou pour l’Uruguay, qui s’impose 4:2. À l’issue de la rencontre, les joueurs argentins se plaignent du ballon uruguayen, qu’ils jugent trop léger. Quoi qu’il en soit, l’histoire retiendra que l’Uruguay est bien le premier champion du monde de l’histoire du football. La FIFA a sa compétition mondiale, le pays hôte tient sa victoire. Les bases d’un avenir radieux sont posées. Sportivement et financièrement, la Coupe du Monde en Uruguay est un succès. Les quelque 435 000 personnes qui ont assisté aux matches ont déboursé près de 255 087 pesos uruguayens. Sans l’obstination et le courage du Français Jules Rimet, rien de tout cela ne serait peut-être jamais arrivé. Å 35


THE SOUND OF FOOTBALL

L’ O B J E T

Perikles Monioudis Le football, comme tant d’autres domaines, est entré depuis longtemps dans l’ère du numérique. La simulation la plus réussie du beau jeu est celle proposée par le jeu vidéo FIFA. Lancée en 1993, cette série, qui bénéficie d’une nouvelle édition tous les ans, est devenue populaire dans le monde entier, même auprès de ceux qui nourrissent les rêves des gamers : les footballeurs professionnels. Avant de constituer un duo de choc sur les pelouses européennes devant des millions de spectateurs, Lionel Messi et Neymar jouaient ensemble à FIFA sur Internet de part et d’autre de l’Atlantique, Messi à Barcelone, Neymar au Brésil. C’est du moins ce que dit la légende.

Hanspeter Kuenzler

Rares sont les moments où l’histoire du football et celle de la musique pop se recoupent en reflétant l’air du temps. “World in Motion” est l’un de ces moments. En 1990, le football anglais est en pleine crise. La cohabitation entre les autorités et le sport national est difficile. Les premières ont tendance à considérer tous les fans du second comme des hooligans en puissance. Le 15 avril 1989, date de la catastrophe du stade d’Hillsborough dans laquelle 96 personnes ont trouvé la mort à cause de mesures de sécurité insuffisantes, reste marqué d’une pierre noire. En équipe nationale aussi, il y a de l’eau dans le gaz. La sélection est revenue de l’Euro 1988 sans le moindre point. La Coupe du Monde en Italie est imminente, il devient urgent de remotiver les troupes. La Football Association réussit alors un 36

coup de maître. Au lieu de faire chanter – ou plutôt beugler – aux joueurs l’hymne habituel, elle fait adapter la chanson de la Coupe du Monde par un groupe new wave de Manchester, New Order. Celui-ci compte parmi les pionniers de l’électro-pop. Depuis dix ans, il combine avec succès mélodies élégantes et rythmes dansants subtils. Il vient en outre de connaître la consécration avec l’album Technique. Avec son nouvel hymne destiné à soutenir la sélection anglaise, New Order ne déçoit pas. Le titre, qui commence par la citation d’un célèbre commentaire de la télévision anglaise (“They think it is all over. It is now”), est un vrai tube. Le groupe réussit même à y intégrer un rap endiablé de la star de l’équipe d’Angleterre John Barnes. En suivant les dernières tendances musicales, la techno d’Allemagne et la house de Chi-

cago, il donne de nouveaux accents à la musique électronique. Différents mixages de la chanson sont d’ailleurs disponibles. Celle-ci se place tout de suite en tête des charts britanniques, avant d’être diffusée sur les pistes de danse du monde entier. Avec ce tube, New Order réussit à bâtir un pont entre le football et l’esprit décontracté de l’époque. Jusque-là, le ballon rond n’était pas au goût du jour. Finalement, l’Angleterre, galvanisée, brille comme elle ne l’avait pas fait depuis longtemps en Coupe du Monde. Elle ne s’incline qu’aux tirs au but en demi-finale face à la République Fédérale d’Allemagne, future championne du monde. Æ

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Tous les jours, de nombreux joueurs professionnels jouent à être … eux-mêmes : ils se choisissent eux-mêmes comme personnage dans le jeu et dirigent ce personnage, avec les qualités qui les caractérisent, dans le monde virtuel du football international. Dans FIFA 14, 500 équipes de 30 championnats différents sont disponibles. Les gamers peuvent même faire le grand saut dans le monde réel en disputant la FIFA Interactive World Cup, dont la Grande Finale aura lieu cette année à Rio de Janeiro. Ainsi, même le commun des mortels se voit offrir une chance de devenir un jour champion du monde de la FIFA. Lorsque les frères Uli et Dieter Hoeness étaient petits, ils n’avaient pas d’ordinateur à leur disposition. C’est avec le jeu Tipp-Kick qu’ils simulaient leur future carrière sous le maillot du Bayern Munich. Celui-ci comporte des figurines de joueurs de la taille d’un doigt, munies d’un bouton rouge sur la tête et d’une jambe mobile. Quand on appuie sur le bouton, un mécanisme fait bouger la jambe droite, qui tire, en essayant bien sûr d’envoyer le ballon dans le but. Tipp-Kick a connu la consécration après le “Miracle de Berne” de 1954, lorsque l’Allemagne a remporté son premier titre mondial. Cette année-là, 180000 jeux ont été écoulés. Une version comportant des figurines de joueuses est sortie sur le marché à l’occasion de la Coupe du Monde Féminine 2011, soit 90 ans après que le jeu TippKick eut été breveté. La collection de la FIFA en compte un exemplaire. Å

Gian Paul Lozza

“World in Motion”


LE TOURNANT

“Je reste le premier supporter de l’Angleterre”

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Le Suédois Sven-Göran Eriksson a mené l’équipe d’Angleterre en quarts de finale de l’Euro 2004, de la Coupe du Monde 2002 et de la Coupe du Monde 2006, avant de prendre une mauvaise décision qui a eu un impact sur la suite de sa carrière.

ravailler dans un pays dont on ne parle pas la langue n’est jamais chose aisée. Je l’ai découvert au Portugal, quand j’entraînais Benfica. J’en ai eu la confirmation quelques années plus tard, en rejoignant la Lazio. Ma dernière expérience en date me conforte dans cette opinion. Je vis et je travaille en Chine. J’apprends le chinois, mais je dois reconnaître que le portugais et l’italien étaient plus faciles.

Nom : Sven-Göran Eriksson Date de naissance : 5 février 1948 Lieu de naissance : Sunne (Suède) Carrière d’entraîneur : 1977 – 1978 Degerfors IF 1979 – 1982 IFK Göteborg 1982 – 1984 Benfica Lisbonne 1984 – 1987 AS Rome 1987 – 1989 Fiorentina 1989 – 1992 Benfica Lisbonne

Il est essentiel pour un entraîneur de connaître la culture du pays dans lequel il se trouve. La langue est aussi un outil précieux. Mais pour remporter un titre, il faut surtout une bonne équipe. Cette règle reste valable partout dans le monde. À Göteborg, à Benfica et à la Lazio, je disposais de très bons joueurs et je pouvais compter sur le soutien de mes dirigeants.

1992 – 1997 Sampdoria Gênes

Je suis venu en Chine car les offres en Europe ne me convenaient pas vraiment. Auparavant, j’ai occupé la fonction de directeur sportif à Dubaï. Quand le président de Guangzhou R&F m’a proposé de revenir sur le banc, j’ai accepté sans hésiter. Malgré mon âge, je reste un entraîneur dans l’âme. Ici, je peux exercer mon métier.

Depuis 2013 Guangzhou R&F

imago

Le football progresse en Chine. Certains clubs de l’élite ont ouvert des centres de formation. C’est précisément le cas de Guangzhou R&F. Bien au-delà des frontières de la ville, des centaines et des centaines de garçons poussent les portes de ces académies. C’est exactement ce dont le football chinois a besoin. Certes, ce sport est connu dans tout le pays, mais il ne jouit pas encore d’une popularité comparable à ce que l’on peut voir en Europe ou en Amérique du Sud. En ville, les jeunes ne peuvent pas jouer n’importe où. Dans les parcs, il est souvent interdit de jouer au ballon. Le football n’est pas encore un sport de masse en Chine. Les terrains ne sont pas assez nombreux. Aujourd’hui, les talents doivent être repérés et accompagnés dès leur plus jeune âge, à l’image de ce qui se fait en Angleterre. Avant la Coupe du Monde 2006, je pensais sincèrement que l’Angleterre avait une chance

1997 – 2001 Lazio Rome 2001 – 2006 Angleterre 2007 – 2008 Manchester City 2008 – 2009 Mexique 2009 – 2010 Notts County (directeur sportif) 2010 Côte d’Ivoire 2010 – 2011 Leicester City 2012 BEC Tero (directeur sportif) 2013 Al Nasr (directeur sportif) Vient de paraître : Sven. The Final Reckoning, chez HarperCollins, la biographie d’Eriksson.

d’atteindre la finale, voire même de remporter le titre mondial. Malheureusement, nous nous sommes inclinés aux tirs au but contre le Portugal, en quart de finale. Deux ans plus tôt, nous avions connu le même sort à l’Euro. À l’époque comme aujourd’hui, l’équipe d’Angleterre n’était pourtant pas loin de faire partie des meilleures à mes yeux. L’année prochaine au Brésil, les Anglais ne seront pas favoris. Les fans et les médias n’en espèrent pas beaucoup. Ce sera peut-être un avantage. En 2002 et en 2006, le poids des attentes était énorme. Pour moi, le Brésil sera le grand favori de la Coupe du Monde 2014. L’Espagne a aussi ses chances. Pour remporter une telle épreuve, il faut aussi pouvoir compter sur un brin de réussite.

là. J’ai ensuite reçu une nouvelle offre de Benfica, mais j’ai préféré rejoindre la sélection mexicaine. Après Manchester City, je n’ai plus jamais travaillé avec une grande équipe. C’est la vie.

Je ne suis plus sélectionneur aujourd’hui, mais je reste le premier supporter de l’Angleterre, autant pour son peuple que pour son équipe. Après mon passage à la tête de l’équipe nationale, j’ai entraîné Manchester City pendant sept mois. Je pense que le tournant de ma carrière se situe

Propos recueillis par Perikles Monioudis

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Aujourd’hui, je suis heureux. Je vis dans un pays immense, qui progresse dans de nombreux domaines. Les gratte-ciel sont de plus en plus hauts et le football s’améliore de jour en jour. La Chine, qui était déjà présente en 2002, se qualifiera bientôt à nouveau pour une Coupe du Monde. Guangzhou Evergrande, l’équipe de Marcello Lippi, est la première formation chinoise à atteindre la finale de la Ligue des Champions asiatique. Une victoire serait vécue comme un événement fantastique. Å

Dans la rubrique “Le Tournant”, de grands noms du football reviennent sur les moments qui ont marqué leur vie 37


Only eight countries have ever lifted the FIFA World Cup Trophy.

Yet over 200 have been winners with FIFA. As an organisation with 209 member associations, our responsibilities do not end with the FIFA World Cup™, but extend to safeguarding the Laws of the Game, developing football around the world and bringing hope to those less privileged. Our Football for Hope Centres are one example of how we use the global power of football to build a better future. www.FIFA.com


COUPE MYSTÈRE DE L A FIFA

The FIFA Weekly Revue hebdomadaire publiée par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA)

Commençons par deux petites questions, en guise d’échauffement. C’est parti !

Site Internet : www.FIFA.com/TheWeekly Éditeur : FIFA, FIFA-Strasse 20, Postfach, CH-8044 Zurich, Tél. : +41-(0)43-222 7777 Fax : +41-(0)43-222 7878 1

Président : Joseph S. Blatter

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Secrétaire Général : Jérôme Valcke Directeur de la Communication et des Affaires publiques : Walter De Gregorio

Une parfaite symétrie : les drapeaux des lauréats de sept Coupes du Monde successives sont alignés ci-dessus. À quelle année correspond le drapeau situé le plus à droite ?

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Rédacteur en chef : Thomas Renggli

E

Italie 1934

Rédaction : Perikles Monioudis (rédacteur en chef adjoint), Alan Schweingruber, Sarah Steiner Collaborateurs réguliers : Jordí Punti (Barcelone), David Winner (Londres), Hanspeter Kuenzler (Londres), Roland Zorn (Francfort), Sven Goldmann (Berlin), Sérgio Xavier Filho (São Paulo), Luigi Garlando (Milan)

W

1970

1994

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2002

Les derniers billets pour la Coupe du Monde au Brésil seront distribués dans les prochains jours. Lors de quelle édition le pays hôte a-t-il dû passer par les qualifications ? A

Conception artistique : Markus Nowak

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1958

I

Brésil 1950

Angleterre 1966

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Espagne 1982

Nous passons aux choses sérieuses. Du sang-froid !

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Ce tournoi n’est peut-être pas le plus important au monde, mais il porte un nom très connu. À qui cette compétition doit-elle son nom ?

Service photo : Peggy Knotz

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Production : Hans-Peter Frei (directeur), Richie Krönert, Philipp Mahrer, Marianne Crittin, Mirijam Ziegler, Peter Utz, Olivier Honauer

L

I

C

Correction : Nena Morf Ont collaboré à la rédaction de ce numéro : Honey Thaljieh, Dominik Petermann

La société nationale des chemins de fer suisse est connue pour sa ponctualité… et pour avoir fourni une tribune mobile lors d’une Coupe du Monde. Les spectateurs ayant bénéficié de cet équipement inédit ont pu voir onze buts. De quel match s’agit-il ?

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Secrétaire de rédaction : Loraine Mcdouall

E L

Traduction : Sportstranslations.com Responsables de projet : Bernd Fisa, Christian Schaub Impression : Zofinger Tagblatt AG Contact : feedback-TheWeekly@fifa.org La reproduction des photos et des articles, y compris sous forme d’extraits, est interdite, sauf accord de la rédaction et sous réserve de la mention “© The FIFA Weekly, 2013”. La rédaction n’a aucune obligation de publier des textes ou des photos non sollicités. Le logo FIFA est une marque déposée. Produit et imprimé en Suisse.

Autriche – Suisse France – Italie

K Hongrie – Allemagne T Angleterre – Uruguay

Bonne réflexion !

Faites-nous parvenir vos réponses le 13 novembre 2013 au plus tard à l’adresse suivante : feedback-TheWeekly@fifa.org. Les concurrents qui auront correctement répondu à toutes les questions jusqu’au 31 décembre 2013 participeront à un grand tirage au sort pour tenter de remporter deux billets pour assister au Gala FIFA Ballon d’Or 2013, qui aura lieu le 13 janvier 2014. Avant de participer, nous vous invitons à consulter les conditions générales, ainsi que le règlement de la compétition. Vous trouverez toutes les informations utiles à cette adresse : fr.www.fifa.com/aboutfifa/organisation/the-fifa-weekly/rules.pdf. Å Solution de l’énigme de la semaine précédente : BAND (explications détaillées sur FIFA.com/theweekly). T H E F I FA W E E K LY

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DEMANDEZ À L A FIFA !

LE SONDAGE DE L A SEMAINE

Investisseurs étrangers dans le football : fléau ou bénédiction ?

Le milliardaire russe Roman Abramovitch a offert à Chelsea un titre en Ligue des Champions, trois triomphes en Premier League, ainsi que quatre Coupes d’Angleterre. L’argent apporte-t-il la garantie de remporter des titres ? – Envoyez vos réponses à : feedback-TheWeekly@fifa.org

Ronald Koeman. Au cours de sa carrière, le Hollandais a inscrit en tout 193 buts pour Groningue, l’Ajax Amsterdam, le PSV Eindhoven, Barcelone, Feyenoord Rotterdam et l’équipe des Pays-Bas. Le top 5 est complété par Daniel Passarella (Argentine/134 buts), Fernando Hierro (Espagne/110), Edgardo Bauza (Argentine/108) et Paul Breitner (Allemagne/103). Thomas Renggli, rédacteur en chef

R É S U LTAT S D E L A S E M A I N E D E R N I È R E :

!+#

LE BUT DU GARDIEN

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secondes, c’est le temps qu’il a fallu à Asmir Begovic, le gardien de Stoke City, pour permettre à son équipe de mener contre Southampton en Premier League. Aidé par le vent, le portier a trompé son collègue Artur Boruc d’un dégagement depuis sa propre surface de réparation. Begovic est le cinquième gardien du championnat d’Angleterre à avoir endossé le rôle de buteur.

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Manchester United peut-il revenir dans la course au titre ?

ANALYSES, REPORTAGES, PHOTOS. The FIFA Weekly paraît tous les vendredis en version papier et électronique (www.Fifa.com/TheWeekly).

≠ NON ≠ OUI

En plus de proposer des informations sur les plus grandes stars et les plus beaux buts, le magazine ouvre le jeu vers les lecteurs. Venez participer au débat sur le plus beau sport du monde.

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LE NOUVE AU MAGA ZINE DE FOOTBALL

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Slovènes, notamment

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grâce à un triplé de

bilan actuel du Bayern

Célia Sasic. Mais le

Munich. Les champions d’Alle-

record des Alle-

magne ont battu le record établi

mandes remonte à

il y a 31 ans par le Hambourg SV.

2011 et à leur

Avec 29 points récoltés en onze

L A MACHINE À BUTS

fois, la Mannschaft féminine l’a emporté sur un score à deux chiffres. Samedi dernier, les Allemandes se sont imposées 13:0 face aux malheureuses

victoire plus qu’écrasante

LE S INVAINC US

matches d’affilée sans défaite en Bundesliga, tel est le

rencontres, Pep Guardiola signe également le meilleur résultat

sur le

obtenu par un entraîneur nouvel-

Kazakhstan

lement nommé, à égalité avec

(17:0). T H E F I FA W E E K LY

Klaus Topmöller.

Getty Images

Quel est le défenseur à avoir marqué le plus de buts dans l’histoire du football ? Daniela Di Viesti, Bari


The FIFA Weekly Edition #3